Fréquence, modalités, et déterminants de l éducation nutritionnelle en médecine générale : l étude Nutrimège

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1 Fréquence, modalités, et déterminants de l éducation nutritionnelle en médecine générale : l étude Nutrimège Dr Annabelle COVI-CROCHET Département de médecine générale Faculté de médecine de Créteil

2 Introduction Nutrition Importance croissante en santé publique Prévention primaire et secondaire Lien entre alimentation et pathologies chroniques Diabète, obésité, pathologies cardio-vasculaires, cancers... (Nöthlings, J Nutr, 2008) PNNS Prévention tournée vers l éducation nutritionnelle Dépistage précoce et prise en charge des troubles nutritionnels

3 Rôle clé du médecin généraliste Atouts Conseils nutritionnels attendus par les patients (Wallace et Haines, BMJ, 1984) Source principale d information en nutrition (Hiddink, Am J Clin Nutr, 1997) Efficacité des conseils nutritionnels en médecine générale (Campbell, Am J Public Health, 1994) Responsabilité reconnue par 72% des médecins généralistes (Gruaz, ORS Rhône-Alpes, 2004) Obstacles (Kushner, Prev Med, 1995) Temps Connaissances Outils Environnement

4 Objectifs Principal Décrire la fréquence et les modalités de l éducation nutritionnelle en médecine générale Secondaires Identifier les caractéristiques des patients et des médecins associées à la pratique de l éducation nutritionnelle Estimer l impact de l éducation nutritionnelle sur la durée de la consultation

5 Méthodes Étude transversale En décembre 2007 Dans le Val-de-Marne 60 médecins généralistes sollicités Recueil des données 1 questionnaire «Médecin» 10 questionnaires «Consultation» 10 premiers patients consultant un jour donné Participation 45 médecins 410 patients

6 Fréquence des démarches nutritionnelles Conseils nutritionnels au cours de la consultation n 174 (%) (42,4) Conseils nutritionnels au cours de la consultation et lors de consultations antérieures Patients adressés à un professionnel de santé (70,7) (5,4)

7 Modalités des conseils nutritionnels Type de conseils n (%) Diététique 90 (51,7) Exercice physique 17 (9,8) Diététique et exercice physique 67 (38,5) Origine du conseil A l initiative du médecin 142 (81,6) A la demande du patient 32 (18,4) Support Oral 140 (80,5) Fiche de conseils 16 (9,2) Oral et fiche de conseils 18 (10,3)

8 Déterminants liés aux patients Conseils nutritionnels p Oui Non n (%) n (%) Hommes 72 (43,1) 95 (56,9) 0,90 Femmes 102 (42,0) 141 (58,0) Moyenne d âge 48,9 41,8 < 0,01 IMC moyen 27,6 23,9 < 0,01 Problèmes de santé diagnostiqués Pathologies chroniques Obésité 100,0% Alcoolisme chronique 100,0% Excès pondéral 100,0% Diabète de type 2 87,5% Diabète de type 2 94,7% Lombalgie 80,0% Dyslipidémie 85,7% Angor 66,7% Gastro-entérite 76,9% Dyslipidémie 65,5%

9 Déterminants liés aux médecins Sexe Conseils nutritionnels % Hommes 42,1 0,93 Femmes 43,7 Âge < 45 ans 32,8 0,01 45 à 54 ans 41,9 55 ans 55,8 Conventionnement Secteur 1 40,1 < 0,01 Secteur 2 (ou 3) 62,9 MEP Oui 65,0 < 0,01 Non 36,7 Exercice Individuel 46,8 0,37 De groupe 39,5 p

10 Durée de la consultation Avec conseils nutritionnels : 17,5 minutes Sans conseils nutritionnels : 16,5 minutes Augmentation d 1,0 minute de la durée moyenne de la consultation (IC 95% : 0,2 à 2,1 minutes)

11 Discussion Fréquence des conseils nutritionnels Élevée (42%) Entre 20 et 40% dans la littérature internationale augmentation récente de la fréquence des conseils nutritionnels? augmentation des problèmes métaboliques augmentation des pratiques de prévention biais d observation (effet Hawthorne)? biais de sélection des médecins? Échantillon de médecins représentatif Pas de différences avec les généralistes du Val de Marne pour le sexe, la moyenne d âge, le secteur conventionnel, les exercices particuliers Participation élevée (75%)

12 Modalités et déterminants Conseils oraux (80%) Fiches de conseils trop générales ou trop restrictives, et pas toujours indépendantes (Gruaz, ORS Rhône-Alpes, 2004) Conseils écrits personnalisés plus efficaces (Campbell, Am J Public Health, 1994) Développement d outils informatiques (Van Binsbergen, Eur J Clin Nutr, 1999) Conseils diététiques seuls (52%) Bénéfice de l activité physique associée à l alimentation dans la prévention des maladies métaboliques (Van Dam, BMJ, 2008) Principalement en prévention secondaire Patients de 40 ans et plus, obèses, avec pathologies chroniques

13 Collaboration avec d autres professionnels de santé Peu développée (5%) : diététiciens, nutritionnistes, endocrinologues... Complément et renforcement de l action des médecins généralistes dans le suivi des pathologies chroniques (diabète, dyslipidémies, maladies cardio-vasculaires ) Proposition du PNNS de remboursement par l Assurance Maladie, dans certaines conditions, des consultations auprès des diététiciens

14 Durée de la consultation Le conseil nutritionnel augmente d une minute en moyenne la durée de la consultation Conseils personnalisés en moins de 5 minutes? Contacts répétés avec les patients (67% de patients avec pathologies chroniques) Adaptation et renforcement des messages au fur et à mesure (Van Weel, Am J Clin Nutr, 2003)

15 Conclusion L éducation nutritionnelle en médecine générale est : Fréquente (42%) Brève (1 minute) mais répétée (71%) Essentiellement orale (80%) Rarement collaborative (5%) Orientée vers la prévention secondaire

16 Propositions Utiliser des supports écrits personnalisés (informatisés) Collaborer avec les diététiciens libéraux Valoriser les consultations de conseils nutritionnels en médecine générale Renforcer la formation initiale et continue en nutrition et en prévention Renforcer la politique de santé publique

17 Remerciements Département de médecine générale de l université Paris XII Valde-Marne Dr Jacques-Claude Cittée Pr Claude Attali Centre d Investigation Clinique de Créteil Dr Philippe Le Corvoisier

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