Cahiers de Chaillot. Septembre n 54. Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? Pierre Hassner

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1 Cahiers de Chaillot n 54 Septembre 2002 Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? Pierre Hassner

2 En janvier 2002, l Institut d Études de Sécurité (IES) est devenu une agence autonome de l Union européenne, basée à Paris. Suite à l Action commune du 20 juillet 2001, il fait maintenant partie intégrante des nouvelles structures créées pour soutenir le développement de la PESC/PESD. L Institut a pour principale mission de fournir des analyses et des recommandations utiles à l élaboration de la politique européenne. Il joue ainsi un rôle d interface entre les experts et les décideurs à tous les niveaux. L IESUE succède à l Institut d Etudes de Sécurité de l UEO, auquel une décision du Conseil de l UEO avait donné naissance en 1990 afin de catalyser le débat européen en matière de sécurité. Les Cahiers de Chaillot sont des monographies traitant de questions d actualité et écrites soit par des membres de l équipe de l Institut soit par des auteurs extérieurs commissionnés par l Institut. Les projets sont normalement examinés par un séminaire ou un groupe d experts réuni par l Institut et sont publiés lorsque celui-ci estime qu ils peuvent faire autorité et contribuer au débat sur la PESC/PESD. En règle générale, la responsabilité des opinions exprimées dans ces publications incombe aux auteurs concernés. Les Cahiers de Chaillot peuvent également être consultés sur le site Internet de l Institut :

3 Cahiers de Chaillot n 54 septembre 2002 Version originale La traduction anglaise est également disponible Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? Pierre Hassner Institut d Etudes de Sécurité Union européenne Paris

4 L auteur Pierre Hassner est directeur de recherches émérite au Centre d Etudes et de Recherches Internationales de la Fondation nationale des Sciences politiques (Paris). Il enseigne au Centre européen de l Université Johns Hopkins (Bologne) et a été professeur invité aux universités de Chicago et de Harvard. Il est l auteur de La Violence et la Paix : de la bombe atomique au nettoyage ethnique (Paris, rééd. Points, Seuil, 2002) et de nombreux travaux sur la sécurité européenne, le nationalisme, le totalitarisme, l intervention humanitaire et, plus généralement, la guerre et la paix. Institut d Etudes de Sécurité Union européenne Paris Directeur : Nicole Gnesotto Institut d Etudes de Sécurité de l Union européenne, Tous droits de traduction, d adaptation et de reproduction par tous procédés réservés pour tous pays. ISSN Publié par l Institut d Etudes de Sécurité de l Union européenne, imprimé à Alençon (France) par l Imprimerie Alençonnaise, conception graphique : Claire Mabille (Paris).

5 Sommaire n 54 septembre 2002 Préface Nicole Gnesotto 5 Introduction 7 1 Histoire et contradictions de l Amérique 13 Traditions et tendances 13 Dilemmes et priorités 20 2 Opinion publique, médias, militaires et politiques 22 Une opinion publique complexe 22 Des militaires insatisfaits 28 Oscillations au sommet 34 3 La stratégie américaine après le 11 septembre 38 Guerre au terrorisme 38 Conclusion 46 La force de l empire ou l empire de la force? 46 Et l Europe? 48

6 Préface Nicole Gnesotto Un an après, qu est-ce que l Amérique? Depuis les attentats du 11 septembre 2001, cette question n en finit pas de troubler les partenaires de Washington. Dans l Union, les Européens ont réagi en effet autant aux réactions américaines au terrorisme qu à la menace terroriste elle-même. Avec un mélange de solidarité instinctive et de scepticisme croissant sur les orientations choisies par Washington, avec autant de fascination que d incompréhension face à une effervescence politique américaine qui, de l Afghanistan à l Irak, de la mobilisation anti-terroriste à la dénonciation de la Cour pénale internationale, de l obsession technologicomilitaire à la raréfaction des visions politiques, bouscule toutes les certitudes et les données traditionnelles des débats transatlantiques. Les Etats-Unis évoluent-ils sur une autre planète, dans un système de références désormais différent de celui des Européens? Les attentats du 11 septembre ont-ils créé une rupture totale dans la relation que l Amérique entretient avec le monde extérieur ou existe-t-il, dans l héritage et la culture stratégiques des Etats- Unis, des fondements historiques, des tendances lourdes qui permettraient de mieux comprendre, à défaut d approuver, les nouvelles attitudes des Etats-Unis face à la force et à l usage de la force dans les relations internationales? Nul autre que Pierre Hassner, actuellement directeur de recherches émérite au Centre d Etudes et de Recherches Internationales de Sciences Po, ne pouvait conjuguer autant d ampleur dans la réflexion stratégique et de connaissance concrète des Etats-Unis - et notamment des responsables actuels de l administration Bush - pour pouvoir répondre à ces questions. Dans cet essai brillantissime, Pierre Hassner, qui fut aussi récemment senior visiting fellow à l Institut, recherche et décortique, de la guerre de sécession à celle de Corée, de l endiguement des Soviétiques à la guerre contre le terrorisme, les ingrédients politiques et technologiques qui nourrissent aujourd hui l unilatéralisme et l exceptionnalisme américains. «De la guerre totale à la guerre sans risque et désormais à la guerre sans règles», ce Cahier de Chaillot dresse l histoire d une relation tout à fait particulière que l Amérique entretient avec l usage de la force, aux trois niveaux déterminants de toute politique : les opinions, les responsables militaires et les élites politiques successivement en charge du destin américain. Devenue «aussi vulnérable qu invincible», aussi «souverainiste pour elle-même qu interventionniste pour les autres», l Amérique du post-11 septembre repose donc aux Européens l éternel défi de la conciliation des 5

7 Préface principes et du réalisme, du droit et de la force. Elle devrait obliger à une réflexion européenne enfin commune sur le monde de l après-terrorisme - ce qui serait un minimum - mais surtout sur les complémentarités possibles des puissances américaine et européenne, s il est encore temps pour une telle conjugaison des contraires. Paris, juillet

8 Introduction Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? Il n y a pas de société ni de politique sans contradictions, mais certaines sont plus contradictoires que d autres. C est certainement le cas des Etats-Unis. Raymond Aron avait relevé un paradoxe classique en donnant pour titre à son livre sur les Etats-Unis : «La République Impériale» 1. Ce paradoxe a une double dimension : les institutions de la république (faites pour garantir l équilibre des pouvoirs et les droits des citoyens) sont-elles adaptées à la gestion d un empire ou nuisent-elles à la capacité de décision et de continuité qu implique celle-ci? Inversement, les dépenses en ressources et en attention de la fonction impériale et surtout les méthodes employées pour la conquérir et la conserver ne mettentelles pas en question la santé économique, politique et morale de la métropole républicaine? Ces dilemmes sont rendus encore plus aigus lorsque, d un côté, il ne s agit pas d une république classique, à la romaine, mais d une société bourgeoise, individualiste, centrée sur la prospérité plutôt que sur la guerre, et, d autre part, du premier empire vraiment mondial, à une époque où les menaces qui pèsent sur l humanité mettent en premier plan, au-delà des intérêts de l hyperpuissance, ceux du système international et ceux de la planète elle-même. Enfin et surtout, pour notre sujet, les tensions (et les manières contradictoires de les résoudre) auxquelles tous les Etats doivent faire face aujourd hui plus qu à d autres époques, et les Etats-Unis plus que d autres Etats, concernent l emploi de la force. Entre l utopie négative, hobbesienne, de la guerre de tous contre tous et l utopie chrétienne positive de la renonciation universelle à la violence, le compromis des Etats modernes encore théorisé par Raymond Aron dans Paix et Guerre entre les Nations 2 consiste à se réserver à la fois le monopole de la violence à l intérieur et le droit de l exercer entre eux sous forme de guerre. La fragilité de ce compromis éclate aujourd hui où la guerre entre Etats est rendue très improbable, voire dans certains cas impensable par un certain nombre de facteurs, alors que les guerres civiles et la violence 1. Raymond Aron, République Impériale : Les Etats-Unis dans le monde , Calmann- Lévy, Paris, Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations, Calmann-Lévy, Paris,

9 1 Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? sociale se répandent. C est particulièrement net dans le cas des Etats-Unis dont la situation impériale brouille la distinction entre l intérieur et l inter-étatique. Mais le cas américain comporte des paradoxes spécifiques qui nous mettent sur la voie des problèmes qui nous occuperont dans ce Cahier. Les Etats-Unis subissent et tolèrent beaucoup plus de violence à l intérieur de leurs frontières que la plupart des Etats modernes, comme en témoignent la non-interdiction des armes à feu et le maintien de la peine de mort, et sont beaucoup plus réticents à risquer la vie de leurs soldats à l extérieur, en s efforçant de réduire les pertes par le recours à la technique ou aux alliés. Si l utilisation des supplétifs ou des troupes indigènes est classique pour les puissances coloniales et celle des alliés pour les puissances maritimes, la foi dans le remplacement du risque physique par la technique est caractéristique des Etats-Unis, puissance plus avancée que les autres dans la conception moderne ou bourgeoise de la société, alors que la pratique de l autodéfense individuelle à l intérieur et de la peine capitale renvoie à un passé pré-moderne resté plus vivace qu ailleurs. Cependant, cette combinaison paradoxale de tradition et de modernité, voire de passéisme et de futurisme semble, comme l articulation de la violence à l intérieur et à l extérieur, fondamentalement modifiée par le choc du 11 septembre. Certes, les réactions américaines à celui-ci confirment certaines tendances permanentes ou apparues au cours des années précédentes : c est le cas pour la préférence accordée aux solutions militaires malgré la grande supériorité des Etats-Unis dans d autres domaines, et pour la combinaison des sentiments croissants de vulnérabilité et d invincibilité. Mais pour d autres, comme la répugnance à s engager durablement à l extérieur, le refus du risque ou l attachement au règne de la loi ou la division de la société, ce type d attentat terroriste provoque des renversements spectaculaires. Une société dont on déplorait la double tendance à la fragmentation et au repli sur soi devient une société unie dans la lutte contre l ennemi terroriste et contre ses soutiens aux quatre coins du monde. Certes cette société et surtout son action continuent d être soumises à des tensions et de rechercher des objectifs contradictoires. Mais la manière dont ces contradictions sont perçues ou dissimulées, gérées ou résolues, est en quelque sorte inversée. On saisit ainsi la dialectique des permanences et des changements qui caractérise particulièrement l histoire américaine. Les 8

10 Introduction tensions sont permanentes, mais il y a des périodes où elles mènent à la paralysie, d autres où elles aboutissent à des compromis efficaces, d autres enfin où le balancier passe abruptement d un extrême à l autre. Certains auteurs ont ainsi cru déceler des cycles dans la politique étrangère américaine 3, alternant entre l isolationnisme ou le retrait et l expansionnisme ou l internationalisme. Dans cette perspective, après l activisme lié à la guerre froide et le retrait lié à l échec vietnamien, Reagan aurait inauguré un cycle de ré-affirmation américaine («America is back!» succédant à «Come Home America!») qui serait repris et prolongé sous George W. Bush après les présidences de transition plus timides de George Bush senior et de Bill Clinton (encore que chacune des deux ait eu des aspects offensifs sur les plans diplomatique et militaire pour Bush avec la gestion de la réunification allemande et la guerre du Golfe, sur les plans économique et idéologique pour Clinton avec son engagement pour le libre-échange et pour l encouragement de la démocratie à travers le monde). Ce serait, cependant, céder à un déterminisme quelque peu mécanique et faire bon marché des chocs venus de l extérieur (Pearl Harbour, 11 septembre) et de l existence de situations d urgence et de menaces réelles (les deux guerres mondiales, Hitler, Staline, le terrorisme), qui n ont pas été inventées par les Etats- Unis pour les besoins de la cause. Mais il reste que la réponse à ces chocs a été en grande partie fonction du sentiment de puissance et de dynamisme procuré par l évolution intérieure, notamment économique et technique, de l Amérique. Le 11 septembre (comme l attaque contre le navire de guerre Maine qui déclencha la guerre contre l Espagne) est intervenu au terme d une période de croissance américaine impressionnante. Une partie des élites américaines brûlait de traduire cette croissance intérieure en une politique extérieure plus conquérante ou dominatrice. Le thème néo-impérial, la référence à Theodore Roosevelt, étaient présents dans une partie de la droite américaine mais apparaissaient comme relativement marginaux. Le choc du 11 septembre d une part, la facilité apparente de la victoire en Afghanistan de l autre leur ont donné un écho et une légitimité qu ils n avaient pas. C est la combinaison premièrement d un nouveau sentiment de vulnérabilité, deuxièmement d une indignation morale devant l hostilité gratuite d une partie du monde et la solidarité insuffisante d une autre partie, et troisièmement d un sentiment de puissance 3. Arthur M. Schlesinger Jr., The Cycles of American History, Houghton Mifflin Co., New York,

11 Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? 4. David Halberstam, War in a Time of Peace: Bush, Clinton and the Generals, Scribner Book Company, New York, Charles Krauthammer, The Washington Post, 18 décembre Charles Krauthammer, «The Short, Unhappy Life of Humanitarian War», The National Interest, 57, automne 1999, pp Charles Krauthammer, «The Real New World Order. The American Empire and the Islamic Challenge», The Weekly Standard, 12 novembre Charles Krauthammer, «The Axis of Petulance», The Washington Post, 1er mars 2002, et «They Splutter Through The War», The Washington Post, 22 mars sinon d infaillibilité inégalée, qui rassemble aujourd hui les dirigeants, les idéologues impériaux et l Américain moyen qui, hier, n avait aucune envie d aventures extérieures. Etre à la fois une victime innocente, incomprise et menacée, et une puissance irrésistible si elle se décide à éliminer ses adversaires, tel est le cocktail qui, pour un temps et peut-être pour un temps seulement, semble rendre les Américains si unis et si imperméables aux objections extérieures, y compris et peut-être surtout celles de leurs alliés, et celles de leurs intellectuels libéraux qui font presque figure d émigrés de l intérieur. Mais la formule unificatrice de la guerre contre le terrorisme conçue comme une défense illimitée et préventive ne recèle pas moins de contradictions que la formule précédente, résumée par le titre du livre de David Halberstam sur l emploi de la force pendant les présidences de Bush senior et de Clinton : War in a Time of Peace 4. On peut l illustrer par les positions d un critique virulent de la phase précédente, partisan encore plus passionné de la nouvelle politique, Charles Krauthammer. Celui-ci, qui avait célébré dès la chute de l Union soviétique «le moment unipolaire», avait critiqué les notions de «maintien de la paix» (indigne d une superpuissance : «we don t peace-keep» 5, annonçait-il avec mépris) et surtout, d intervention militaire humanitaire dont il avait annoncé le décès dans un article percutant et, en partie, irréfutable : l intervention militaire humanitaire est, disait-il, condamnée par essence à échouer car, pour réussir, elle devrait assumer des risques et des coûts qu un Etat n assume que pour sa propre survie 6. Avec l élection de Georges W. Bush et, surtout après le 11 septembre, Charles Krauthammer annonce triomphalement qu enfin le système international prend forme, celle d une guerre bipolaire entre l empire américain et le terrorisme islamique 7. Et il fustige les rares critiques, américains ou européens, qui réclament, comme ceux des interventions humanitaires de naguère, une «stratégie de sortie» de l Afghanistan : cette notion, dit-il, n a de sens que pour les «guerres de choix» (wars of choice), non pour «les guerres de nécessité» : pour celles-ci, il n y a pas d autre sortie que l anéantissement de l adversaire ; c est : «il meurt ou tu meurs» 8. Bien évidemment, les contradictions de cette conception qui semble, peu ou prou, partagée par George Bush et Ariel Sharon, ne sont pas moindres que celles de l intervention militaire humanitaire. La notion de guerre s applique-t-elle à la lutte contre le terrorisme? La nécessité de la légitime défense s étend-elle à la préemp- 10

12 Introduction tion, à l autre bout du monde? La guerre est-elle par essence totale, illimitée, ne connaît-elle pas d autres formes et d autres issues que l anéantissement de l adversaire? S il n y a pas de compromis avec les terroristes, si ni les causes qu ils prétendent servir, ni les populations sur lesquelles ils s appuient, ni le reste du monde, alliés, rivaux ou spectateurs, ne sont pris en compte, le résultat n est-il pas soit une guerre indéfinie contre le monde entier, finissant par reconstituer une coalition hostile, soit un isolement total des Etats-Unis résultant de l empire universel qui les laisserait maîtres du monde en attendant les révoltes futures ou, au contraire, du retour à l isolationnisme à la suite d un ou de plusieurs désastres, financiers, sociaux et surtout humains? Les articles des experts stratégiques et politiques anglais les plus proches des Etats-Unis comme Michael Howard et Shirley Williams 9 semblent aussi dévastateurs que l étaient, précédemment, ceux de Charles Krauthammer. Il y aura donc bien une troisième phase par rapport à l avant et à l après-11 septembre, mais son caractère est impossible à déterminer puisqu il dépendra à la fois des réactions extérieures et des divisions intérieures qu elles réveilleront. Le 11 septembre a été un tel choc précisément parce qu il a confronté trois mondes à la fois liés et totalement étrangers l un à l autre : celui de la société moderne, bourgeoise et technique, celui des réactions de ses adversaires, et celui des traditions propres américaines, en partie prémodernes, manichéennes, violentes et fondamentalistes à leur manière, réveillées et renforcées par l attaque. La dialectique entre société transnationale, traditions nationales et logique de la confrontation a peu de chances de trouver une solution prévisible et durable. Le grand paradoxe américain, dénoncé par les critiques tout au long du siècle mais particulièrement manifeste ces dernières années, était l écart entre les objectifs des Etats-Unis et les moyens qu ils étaient prêts à leur consacrer ou les sacrifices qu ils étaient prêts à accepter en d autres termes entre leurs ambitions et leur position impériales d une part, le caractère de leur système politique, de leur société, de leurs valeurs de l autre. Pendant la guerre froide, la nature de l adversaire, l existence des armes nucléaires et la lucidité des dirigeants ont réussi à concilier ces exigences contradictoires malgré des bavures comme le maccarthysme et un échec historique, celui du Vietnam. Comme dans ce cas, lors des heurts entre principes ou objectifs, d une part, et répugnance au 9. Cf. Michael Howard, «What's in a Name?», Foreign Affairs, janvier-février 2002, et Shirley Williams, «Please, America, listen to your foreign friends», The International Herald Tribune, 29 mars

13 Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? sacrifice de l autre, ce sont les premiers qui ont cédé, au Liban sous Reagan, en Somalie, en Haïti, ou, d une autre manière, à Srebrenica ou au Rwanda sous Clinton. Aujourd hui, l heure est plutôt à donner le primat à la guerre contre le terrorisme, au risque d altérer le caractère de la société américaine, et en faisant appel à des traditions plus martiales, qu il s agisse de Theodore Roosevelt qui disait «Unless we keep the barbarian virtues, gaining the civilized ones will be of little avail» 10 ou des traditions pré-chrétiennes comme dans le dernier livre de Robert Kaplan : Warrior Politics : Why Leadership Demands a Pagan Ethos 11, dû au même auteur dont un précédent ouvrage (Balkan Ghosts) est censé avoir dissuadé Bill Clinton de s engager dans les Balkans. L Amérique va-t-elle retrouver l esprit du Far West ou celui de l empire romain en pariant, avec Robert Kaplan, «qu il n y a pas de monde moderne», en faisant donc mentir Benjamin Constant, pour qui vouloir transformer des individus modernes en Spartiates comme la Révolution française ou en soldats romains comme Napoléon ne pouvait aboutir qu à la tyrannie, et, surtout, en tournant le dos à toute sa tradition récente, qui consistait à être à l avant-garde de la modernité, celle du capitalisme et de la mondialisation? Ou assistons-nous simplement à un «syndrome post- 11 septembre» qui ne ferait que recouvrir ou remplacer «le syndrome post-vietnamien»? On ne peut le prédire, faute de connaître la nature et l ampleur des prochains chocs. Mais on peut baliser le terrain des développements futurs en retournant en arrière, pour analyser le répertoire des réactions américaines possibles. Nous examinerons successivement les traditions et tendances de l histoire américaine, les dilemmes et débats postérieurs à la guerre froide mais antérieurs au 11 septembre, et les transformations introduites par celui-ci avant de revenir à notre interrogation sur l avenir et de conclure sur la place et les rôles possibles de l Europe dans cet affrontement de la «nouvelle Rome» et des «nouveaux barbares». 10. Cité par David Healy, U.S. Expansionism: the Imperialist Urge in the 1890s, University of Wisconsin Press, Madison (Wis.), 1970, p Robert D. Kaplan, Warrior Politics : Why Leadership Demands a Pagan Ethos Random, House, New York,

14 Histoire et contradictions de l Amérique Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? 1 Traditions et tendances L image que les Etats-Unis présentent aux Européens a toujours été à la fois celle de leur avenir et celle de leur passé. Tocqueville y voyait surtout la préfiguration de l avenir des sociétés démocratiques, mais il soulignait en même temps qu avec leur montée en puissance et leur sortie de l isolement, le rôle du pouvoir exécutif et de la bureaucratie s accroîtrait, sur le modèle européen. Hegel, reprenant la phrase de Napoléon : «Cette vieille Europe m ennuie» considérait, dans son Esthétique, que l épopée, remplacée par le roman bourgeois en Europe, n était plus possible qu en Amérique où la prouesse individuelle pouvait encore être célébrée ; mais lui aussi pensait qu avec le développement économique et la différenciation sociale viendraient d une part l Etat rationnel et d autre part la monotonie prosaïque et le primat de la vie privée caractéristiques du monde moderne. Ni l un ni l autre n auraient été surpris de voir coexister, à notre époque, les traces et la nostalgie du passé pionnier, l évangile de la concurrence, et la conviction de constituer l exception qui doit servir de modèle à l humanité ou lui dicter ses règles sans pour autant s y soumettre elle-même. Cependant, vu d Europe, mais aussi dans une grande mesure, selon une interprétation américaine traditionnelle, on peut lire l évolution de la politique extérieure des Etats-Unis à la lumière d une double opposition : celle de l idéalisme et du réalisme, et celle de l isolationnisme et de l internationalisme (ou de l impérialisme). Les Etats-Unis seraient passés de l idéalisme au réalisme sous l influence des théoriciens venus d Europe (de Hans Morgenthau à Henry Kissinger) et de l isolationnisme à l impérialisme (avec Theodore Roosevelt) et à l internationalisme (avec Woodrow Wilson et Franklin Roosevelt) sous l effet de la montée en puissance à la fois de l Amérique elle-même et de ses rivaux potentiels. Déjà, la dualité des termes d'impérialisme et d'internationalisme indique que ces oppositions sont rien moins que claires et évi- 13

15 1 Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? 12. Robert Osgood, Ideals and Self- Interest in America s Foreign Relations, University of Chicago Press, Chicago, Walter A. McDougall, Promised Land, Crusader State. The American Encounter with the World since 1776, Houghton Mifflin, Boston (Mas.), 1997, ch Ibid., Introduction p. 10. dentes. On a montré depuis longtemps que l isolationnisme et l internationalisme américains avaient, chacun, une version ou une face soit idéaliste soit intéressée et, réciproquement, que la recherche de l intérêt national comme celle de la vertu pouvaient les mener soit à l engagement extérieur soit au retrait 12. Surtout, des travaux récents ont bien montré que la conviction puritaine de la coïncidence entre l intérêt propre des Etats-Unis et celui du Bien n était jamais absente, que l isolationnisme réel n avait jamais existé ou, en tout cas, n avait jamais été synonyme de passivité quand il s agissait des intérêts américains (entre 1801 et 1904 les Etats-Unis ont envoyé leur marine et leurs Marines 101 fois en Asie, en Afrique, en Méditerranée et en Amérique latine, pour prévenir ou punir des atteintes aux citoyens ou aux biens américains), que les termes appropriés étaient ceux d exceptionnalisme et d unilatéralisme. Pour comprendre leur contenu, leur évolution et leur pertinence quant au problème de l intervention militaire, il faut distinguer les fins et les moyens, la diplomatie et la stratégie, l évolution de la société américaine et celle du monde international. Analysant la rencontre de l Amérique et du monde depuis , l historien Walter McDougall oppose deux conceptions de l exception américaine, inspirant huit politiques successives, toutes marquées, à des degrés divers, du sceau de l unilatéralisme. Ce qu il appelle l Ancien Testament est inspiré par l idée de l Amérique comme Terre Promise : il s agit avant tout de défendre ce que l Amérique est et devient, comme exemple de régime fondé sur la liberté, notamment par rapport aux querelles et aux ambitions du Vieux Continent. Il y inclut l exceptionnalisme et l unilatéralisme, mais aussi la doctrine du système américain et l expansionnisme continental au nom de l idée de «Destinée manifeste». Ce qu il appelle «Le Nouveau Testament», qui prend le dessus après 1898, repose sur l idée d Etat croisé. Il concerne plutôt ce que l Amérique fait et la manière dont elle veut transformer le monde : il s agit de l impérialisme progressiste de Theodore Roosevelt, du Wilsonisme ou internationalisme libéral, de l endiguement et de ce qu il appelle le Global Meliorism ou la volonté de «faire du bien» ou de guérir les maux de l humanité 14. McDougall considère l «Ancien Testament» comme à la fois plus moral et plus réaliste que le «Nouveau», sans dissimuler l hypocrisie qui pouvait se cacher derrière l égoïsme vertueux du premier, et le réalisme que la nouvelle puissance américaine a pu, au 14

16 Histoire et contradictions de l Amérique 1 XX e siècle, sembler donner aux ambitions du second. Il se livre à une critique féroce du wilsonisme, de son hubris et de son dogmatisme, et à une critique plus modérée du «méliorisme». Ce qui semble résulter le plus clairement de la comparaison des politiques successives, c est qu il y en a deux qui combinent vraiment morale et réalisme, souci des principes et de l équilibre : c est celle des Pères Fondateurs, combinant exceptionnalisme et «système américain», et celle de l endiguement. La première est bien résumée dans la formule de Daniel Webster, selon laquelle le degré de proximité et la taille de l adversaire ne changent rien aux principes, mais modifient complètement le caractère prudent ou imprudent de leur application, et dans celle de John Quincy Adams, selon laquelle l Amérique souhaite la liberté et l indépendance de tous mais ne s engage que pour les siennes propres (discours du 4 juillet 1821). La deuxième, le containment, est à la fois et indissolublement une défense de la liberté contre le totalitarisme et une défense de l équilibre contre l ambition hégémonique d un rival continental. La différence entre les deux est que la première interdit les entangling alliances et que la seconde innove en acceptant d engager les Etats-Unis dans une alliance permanente matérialisée par l intégration de ses forces et une présence physique à durée indéterminée dans des terres lointaines. Encore faut-il remarquer premièrement qu il s agit d organisations et d alliances dominées par les Etats-Unis, deuxièmement que ceux-ci n ont, à aucun moment, manqué de se réserver un résidu d unilatéralisme et de liberté de choix, et, troisièmement, que leur enthousiasme (très partiel) pour le multilatéralisme de l organisation internationale semble être limité aux lendemains de guerre (SDN après la première, ONU après la seconde, ONU à nouveau dans les premières années de l après-guerre froide) et être mis en question lorsque, à l intérieur de ces organisations, leur primauté est, ou risque d être, contestée et lorsque l urgence de la menace ou du défi extérieurs semble disparaître ou, au contraire, s intensifier, tout en les mettant en cause directement comme après le 11 septembre 15. Les Etats-Unis retrouvent alors l inspiration anglo-américaine de la puissance insulaire, dont le privilège est (contrairement aux puissances continentales) d avoir le choix de l engagement ou du retrait, qui essaie avant tout de jouer sur l engagement et l équilibre des autres, et dont la force, surtout maritime dans un cas, aérienne dans l autre, peut être engagée plus ou moins selon les 15. Cf. Stanley Hoffmann, «The Crisis of Liberal Internationalism», dans World Disorders : Troubled Peace in the Post Cold-War Era, Rowman and Littlefield, Lanham (Md), 1998, ch. 5, pp

17 1 Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? 16. Cité par John Keegan, The First World War, Edition 2000, Vintage, Vancouver (Wash.), p. 45. cas, «tak[ing] as much, or as little, of the war as he will» selon la formule de Francis Bacon 16. Cette liberté d action réservée à ceux qui ne sont pas, comme les continentaux, soumis à la nécessité permanente de défendre leur pré carré encourage l idée du remplacement de la guerre par le commerce : si l isolationnisme américain reproduit le «splendide isolement» britannique, les deux approches combinent l option du retrait politique et militaire avec le maintien et l encouragement des liens économiques, et avec une propension aux idées humanitaires et universalistes. Sur le plan diplomatico-militaire proprement dit, la flexibilité permet une plus grande économie d hommes et d argent : ainsi l Angleterre manœuvrait-t-elle entre les puissances continentales et, à l intérieur de son empire, envoyait-elle à la bataille les troupes d élites formées à partir de minorités indigènes. Il existe cependant entre ces deux traditions des différences significatives à la fois sur les plans moral et politique et sur le plan stratégique. L individualisme américain, la méfiance envers l Etat, la tradition des milices de la guerre d Indépendance et celle du Far West expliquent à la fois, d une part, l importance de la violence individuelle et la résistance au contrôle des armes à feu à l intérieur et, d autre part, l importance attachée à la vie de chaque soldat américain : le modèle est toujours celui d individus se rassemblant volontairement et temporairement pour donner la chasse aux criminels ou pour les éliminer. Par ailleurs, si la tradition britannique préférée est celle de la stratégie indirecte, faite de ruse et de manœuvre, la tradition américaine est plutôt celle du choc frontal et massif : les deux stratégies se sont confrontées en permanence durant la Seconde Guerre mondiale à propos du débarquement en Europe. Mais c est là justement qu interviennent l histoire du XX e siècle et les transformations opérées par les guerres (celles de Corée et du Vietnam plus encore, peut-être, que celle des deux guerres mondiales), les nouvelles possibilités de la technique tant en matière de destruction que de transport, et le nouveau primat des Etats-Unis, dans leur conception de l emploi de la force. Peut-être la matrice originelle est-elle celle de la Guerre de Sécession où l enjeu (l esclavage et la survie de l Union) était quasi absolu, la stratégie poursuivie celle de l anéantissement, où l innovation technologique contribuait au caractère meurtrier, où, proportionnellement, le nombre des pertes militaires américaines fut 16

18 Histoire et contradictions de l Amérique 1 supérieur à celui de toutes les guerres du XX e siècle, où les limitations qui avaient émergé en Europe aux XVIII e et XIX e siècles (comme la distinction des combattants et des non-combattants) étaient refusées (tout comme les règles de chevalerie ou les critères de proportionnalité et de discrimination de la tradition chrétienne) au nom du principe énoncé par le général Sherman : «War is hell». Dans les deux guerres mondiales on retrouve ce qu on a appelé «the American way of war» 17 : un objectif radical à caractère de croisade, la construction d une force militaire massive, la poursuite des opérations militaires qui, se donnant «un seul but, la victoire», fait abstraction des considérations politiques sur l aprèsguerre. Cependant, dès 1945, l apparition des armes nucléaires et la perspective d une confrontation avec l allié soviétique représentent un défi radical pour cette tradition. La politique de l endiguement et la stratégie de la dissuasion impliquent un rôle de la force essentiel, mais négatif, qui se satisfait de l absence de défaite en attendant que l évolution économique et sociale entraîne la consolidation du camp occidental et la décomposition du camp soviétique. A la marge, des interventions par la menace (comme pour la république d Azerbaïdjan en 1946) ou la subversion (comme le renversement de Mossadegh en 1953) contribuent de manière plus active au maintien du statu quo. C est la guerre de Corée qui introduit une série de révolutions et de frustrations par l idée d un emploi limité de la force au service non de la victoire totale mais d un statu quo local. Contrairement à la logique militaire américaine, exprimée, au départ, par le général Omar Bradley («It is the wrong war at the wrong place, at the wrong time, and with the wrong enemy») et, en cours de route, par le général Mac Arthur, désireux de bombarder la Chine, voire d utiliser la bombe atomique («Il n y a pas de substitut à la victoire»), les nouvelles circonstances et l autorité du président Truman imposèrent un engagement terrestre, long, frustrant, coûteux en vie humaines et pour l économie américaine. De là datent une tension et une alternance toujours renouvelées entre pouvoir politique et pouvoir militaire et entre la stratégie du tout ou rien et celle du gradualisme et de la guerre limitée. Les frustrations de celle-ci produisent avec John Foster Dulles le slogan politique du refoulement opposé à l endiguement et la stratégie des représailles massives et du recours privilégié à l arme aérienne. 17. Cf. Russell F. Weigley, The American Way of War, University of Indiana Press, Bloomington (Ind.),

19 1 Etats-Unis : l empire de la force ou la force de l empire? 18. Cf. Pierre Hassner, «On ne badine pas avec la force», Revue Française de Science Politique, Mais l inaction au moment de Dien Bien Phu et de la révolution hongroise montre son absence de crédibilité, surtout dans la nouvelle situation de parité nucléaire avec l URSS. Dès lors prolifèrent les doctrines de guerre limitée et de riposte graduée ou flexible. Promues avant tout par une nouvelle école de stratèges civils issus en majorité de l économie, elles prétendent intégrer le militaire et le politique au service d une diplomatie de la violence ou d une «négociation coercitive», où la force servirait moins à détruire l adversaire ou à occuper son territoire qu à influencer ses calculs. L évolution de la technique permettrait ainsi une stratégie fine de micro-gestion ressuscitant les principes de proportionnalité et de discrimination, et cette stratégie pourrait être gérée directement, en temps réel, par l autorité politique. Cette révolution a semblé faire merveille dans la crise de Cuba : même s il s agit moins d un triomphe américain qu on ne le crut à l époque, le résultat fut certainement plus favorable aux Etats- Unis et à la paix que ne l eût été une intervention militaire, préconisée par les généraux. En revanche, la guerre du Vietnam fut le Waterloo de la diplomatie coercitive et de la micro-gestion politique 18. Le président Lyndon B. Johnson voulait décider lui-même des cibles de tous les bombardements et mener une escalade graduelle sans dépasser le niveau tolérable par l opinion américaine. Mais les destructions opérées, tout en étant trop lentes et progressives pour faire plier les Vietnamiens, finirent par être humainement et moralement inacceptables pour une opinion américaine qui assistait en direct par la télévision aux horreurs de la guerre, où se trouvaient engagés certains de ses fils. La fin sans gloire a engendré, entre les trois groupes de la trinité clausewitzienne - gouvernement, armée, peuple -, une méfiance réciproque qui a duré au moins jusqu au 11 septembre et n est pas complètement surmontée. Les militaires critiquaient le gradualisme imposé par les politiques et estimaient qu en y «mettant le paquet» dès le départ, ils auraient pu gagner la guerre. Ils estiment en outre avoir été lâchés par la société américaine à un moment où, militairement, ils étaient proches de la victoire et ce, en grande partie à cause de la presse et de la télévision. D où une réaffirmation de la doctrine traditionnelle exigeant une force prépondérante avant de s engager et un usage précoce de cette force, une répugnance à tolérer l intrusion des civils dans la poursuite des opérations, une 18

20 Histoire et contradictions de l Amérique 1 tentative de contrôler la communication et l information du public, enfin et peut-être surtout un effort pour éviter de porter la responsabilité d échecs éventuels, en exigeant la participation d unités extérieures aux forces armées proprement dites (comme la garde nationale) à toutes les interventions militaires et en prenant le maximum de précautions pour éviter les pertes dans les rangs américains. La première mission des forces armées semblait désormais être de se protéger elles-mêmes. De leur côté, les politiques s efforçaient, autant que les militaires, d éviter d être mis en accusation en cas d échec. Plus encore que ces derniers, ils insistaient sur la nécessité d éviter les pertes américaines, craignant la révolte de l opinion publique : d où le retrait précipité de Reagan au Liban et de Clinton en Somalie dès les premiers morts américains et en Haïti devant une foule hostile attendant sur les quais l arrivée des soldats américains. L ironie est que ce public, dont militaires et politiques craignaient tant les réactions, semble beaucoup plus complexe et dans sa composition et dans ses jugements que ne tendaient à l imaginer ses dirigeants. Beaucoup dépend de l autorité et du pouvoir de persuasion de ces derniers. Mais surtout, depuis la fin de la guerre froide, une situation nouvelle s est fait jour. La perception de la menace communiste provoquait une homogénéisation forcée à la fois des situations extérieures et du public américain. La disparition de l Union soviétique a confronté les Etats-Unis, d une part, à une multiplicité de conflits ou de situations anarchiques appelant l intervention d un sauveur ou d un policier extérieur et, d autre part, à des menaces potentielles et diverses à leur hégémonie. D où la renaissance d un débat sur les priorités de l action américaine dans le monde et sur ses méthodes, qui s est poursuivi tout au long de l administration Clinton et a été relancé sous l administration Bush. Celle-ci retrouve sous une forme nouvelle le problème du rapport entre anciennes et nouvelles menaces, entre intérêts nationaux au sens étroit (ce qu Arnold Wolfers appelait «possession goals») et intérêts nationaux au sens large («milieu goals») 19 entre unilatéralisme et multilatéralisme, avec une tendance à privilégier de plus en plus le premier terme de ces alternatives, retrouvant ainsi une tradition historique alors que, peut-être, la constellation actuelle du système international tendrait à privilégier le second. 19. Arnold Wolfers, Discord and Collaboration : Essays on International Politics, The Johns Hopkins Press (Md), Baltimore, 1962, ch

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