SEVRAGE TABAGIQUE EN CENTRE DE READAPTATION VASCULAIRE

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1 SEVRAGE TABAGIQUE EN CENTRE DE READAPTATION VASCULAIRE SFT-Paris Dr Voyer Cardiologue et tabacologue Centre de réadaptation cardiovasculaire Bois Gibert Tabacologue CHU Tours

2 La réadaptation vasculaire Fait partie intégrante des recommandations Prise en charge globale, spécifique et pluridisciplinaire Améliore la qualité de vie, la claudication et diminue le risque global

3 La réadaptation vasculaire Repose sur le trépied : - réentraînement - optimisation traitement - éducation thérapeutique et correction FDRCV Maladie chronique: forte adhésion du patient, connaître pour comprendre et agir sur sa maladie, cohérence des soignants

4 La réadaptation vasculaire => découvrir qu il est possible d arrêter de fumer et de réapprendre à marcher, ces derniers étant intimement liés, en redécouvrir le plaisir

5 La prise en charge du tabagisme Tabac = FDRCV n 1 dans l AOMI, rôle majeur dans la maladie, son évolution et ses complications Bénéfices à l arrêt clairement démontrés dans l AOMI mais taux de sevrage faible (3-5% sans aide), 73 % refument à un an Poursuite du tabac est associée à mauvais pronostic local et général

6 La prise en charge du tabagisme Prise en charge mieux étudiée chez le coronarien: 50% à 6 mois post SCA, le double si suivi tabacologique téléphonique Facteurs indépendants de poursuite tabac: absence de réadaptation, utilisation ANX ou antidépresseurs, ATCD CV, nombre cigarettes

7 La prise en charge du tabagisme Tabagisme sous évalué chez artériopathe, car minimise, forte culpabilité : => dosage CO expiré ++ => à rechercher à chaque consultation et organiser la prise en charge = reco IA

8 La prise en charge du tabagisme Pas assez de proposition d aide chez l artériopathe: - Population sous traitée, y compris SN - Représentation erronée des praticiens («éthylotabagique non motivé»..) souvent découragés - Mauvaise connaissances des soignants y compris des médecins (gestion SN, 21% des cardiologues prescrivent régulièrement des SN; réadaptation vasculaire)

9 Le sevrage tabac Définition de l ETP : «ensemble de pratiques permettant l acquisition de compétences pour prendre en charge activement sa maladie, ses soins et sa surveillance en partenariat avec les soignants» => acteur responsable de l optimisation de sa santé par des comportements adaptés

10 L éducation thérapeutique Complètement intégrée dans Centre de rééducation car : - équipe pluridisciplinaire aux compétences complémentaires avec actions structurées - dans un même lieu et même temps A la fois sur le plan du sevrage tabac, alimentaire et psychologique

11 L éducation thérapeutique Entretien motivationnel: - Questions ouvertes++ - Utilisation «4R»: recontextualiser, reformuler, résumer, renforcer - Tirer au clair les motivations

12 L éducation thérapeutique Exploration de l ambivalence: - Craintes, balance motivationnelle (avantage/inconvénient) - Percevoir l importance du changement («vouloir changer») - Avoir confiance dans sa capacité à changer («être capable») - Permettre la décision de changement - Renforcer la confiance dans le changement - Etre prêt à changer => dialogue et écoute++

13 Cycle de Proschaska s intègre dans modifications plus globales de l hygiène de vie % Ne recommence pas Fumeur satisfait Recommence Maintien Arrête % Envisage de s arrêter Source : Prochaska and Di Clemente, Am Psychologist 1999,47:1102 Décide de s arrêter % Essaie d arrêter préparation

14 L éducation thérapeutique => travail global sur le changement, avec cible prioritaire sur le tabac. Ateliers interactifs, globaux et ciblés, coordonnés, associés à séances individuelles, contrat de soin, signature d objectifs, participation active du patient et évaluation finale

15 L évolution lors du sevrage Rôle du stress et de l anxiété, sous-estimé, dépression sous jacente fréquente Effets psychologiques bénéfiques de la réadaptation, dédramatisation, amélioration capacités physiques et générales : cercle vicieux devient vertueux et Î confiance en soi

16 L évolution lors du sevrage Survenue d un épisode aigu ou diagnostic de la maladie = étape majeure dans l histoire du patient, début d un parcours accompagné Initiation du sevrage à l hôpital, mais hospitalisation courte, prise de conscience Intérêt des substituts nicotiniques dans population souvent très dépendante Rôle empathie du soignant++

17 Une étude réalisée dans le service Sur 30 patients artériopathes fumeurs, En 2012, ans, 88% hommes À l entrée: 36% fument encore, 20% jamais d arrêt antérieur, 96% avaient arrêtés à la sortie Evaluation 6 mois après RCV : 46% ont repris entre 15j et 4 mois, mais 72% ont une consommation + faible 21% n a pas acheté les SN prescrits

18 Une étude réalisée dans le service Amélioration sommeil et stress Majorité sans augmentation poids Ceux qui ont repris, ont plus souvent un entourage proche fumeur et une consommation nocive d alcool 40% avaient difficultés en partant, peu de suivi, utilisation SN insuffisante

19 Une étude réalisée dans le service Limites de l études: Déclaratif, Pas d analyse Co ni épreuve d effort pour évaluation objective; Faible population Comparé aux études : 96% arrêt lors séjour au centre/44% arrêts transitoires 46% refument à 6 mois/ 73% refument à un an = 54% ne refument pas et 72% fument moins

20 La réadaptation : lieu propice Bénéfices démontrés de l entraînement : recul ischémie et douleur, amélioration Pm, diminution retentissement psychologique => contexte sevrage tabac + favorable Activité physique elle-même : symptômes de manque, valorise bien-être physique et ses retentissements, améliore sommeil et tonus, stress mieux géré

21 La réadaptation : lieu propice Travail complémentaire kiné, diététicienne et psychologue même lieu, même temps Accompagnement plus attentif si résistance, Fréquence des échanges, Soutien et partage expériences entre patients, Confiance avec l équipe soignante

22 La réadaptation : lieu propice Réadaptation : suivi tabacologique rapproché, ajustement quotidien/tracas du sevrage et substituts si besoin Consultations et ateliers de groupe Renforcement alliance thérapeutique travail prévention rechutes, organisation retour domicile

23 La réadaptation : lieu propice Rôle des soignants convaincus et vigilants : amélioration observance Prescription Partenariat Environnement favorable : lieu non fumeur, contexte domicile et de l entourage Intérêt ambulatoire: transition, ou pour les patients non prêts

24 L e-cigarette? risques pour la santé mais : Principe de précaution/innocuité non démontrée Produit de consommation médicament Rapports experts OFT Risque de rappeler le tabac aux patients en arrêt => non licite ni logique de l autoriser en réadaptation

25 Conclusion Un séjour en réadaptation offre : - Conditions précieuses pour initier ou consolider sevrage tabac - Travail de maturation et confiance en soi dans les possibilités de changements - Cercle vertueux : Marcher et arrêter de fumer = intimement liés => Convaincre nos collègues: la réadaptation, ça marche aussi dans le sevrage tabac!

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