chapitre 7 1. Des problèmes et des luttes de tous les jours L enseignement

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1 chapitre 7 7 L enseignement 1. Des problèmes et des luttes de tous les jours À Molenbeek, Nassredine a dû mener une lutte contre la direction de l école pour que sa petite sœur n ait pas cours dans une classe dont le plafond allait s effondrer. À la Haute-école de Liège, les élèves sont descendus plusieurs fois dans la rue pour réclamer une réaction de la Ville : depuis des mois, il manque une fenêtre au labo de chimie et quand il pleut dehors, il peut aussi dans le couloir. La dernière fois, ils ont été rejoints par les élèves du lycée Waha, qui s inquiètent pour leurs futures études. À Anderlecht, des élèves de Bracops se sont retrouvés à plus de 50 en classe à la rentrée. Ils ont eu cours au réfectoire pendant plusieurs semaines. En médecine à l ULB, il y a parfois 800 inscrits au début de l année. Mais aucun auditoire ne peut contenir autant de gens et il y a trop peu d assistants pour encadrer les travaux pratiques. On pourrait se dire qu il y a trop de jeunes voulant étudier la médecine. Pourtant, il y a un manque croissant de médecins en Belgique. Rudy aurait voulu devenir kiné. Mais il n a plus les moyens de payer ses études. Après un an, il a donc abandonné pour faire une formation d ambulancier. À contrecœur. Arun voulait faire la physique. Pour certains étudiants qui sortaient de «bonnes écoles», les premiers mois n étaient qu une révision. Mais pas pour lui. Il a rejoint les rangs des 59 % des étudiants de première génération qui ratent leur première année d étude à l unif. Ces problèmes ne sont pas un hasard. Ils sont les conséquences en termes humains de ce que les statistiques disent avec des chiffres : l enseignement belge est dans un sale état. Enfin pas pour tout le monde, puisqu il est aussi le plus inégalitaire d Europe. Les chiffres le montrent bien : Un enfant de 6 ans a 3,2% de chance d entrer à l université si son père n a qu un diplôme de primaire. Il a 80% de chance d y entrer si son père est lui-même universitaire 1. Seuls 40 % des élèves terminent leurs secondaires sans avoir échoué une fois en Communauté française. 30 % des jeunes, découragés, quittent l enseignement avant la fin du secondaire Minerval, kot, supports de cours, transport, nourriture, etc. : en 2007, une année d étude coûtait plus de en moyenne pour un étudiant koteur en Communauté française 2. Pourtant, on entend dire que «si on veut, on peut!», que l enseignement est gratuit en Belgique. Et n importe quel ministre affirmera que «bien sûr, l enseignement est un droit». Comment se fait-il que dans un des pays les plus riches du monde, on n ait pas un meilleur système d éducation? 1 Marcel CROCHET, L inégalité des chances à l entrée de l université, Discours de rentrée académique, UCL, 16 septembre 2002, p 6. 2 Enquête réalisée par la Fédération des étudiants francophones en octobre et novembre 2007 auprès de étudiants. Ces chiffres sont moins élevés en Flandre car le minerval est inférieur en moyenne. 129

2 2. Une analyse du système 2.1 L enseignement dans le système capitaliste Qui avait le droit d aller à l école en 1830? Même si on ne connaît pas bien l histoire de la Belgique, on sait tous plus ou moins qu à l époque, il n y avait pas beaucoup d écoles et que la plupart des enfants devaient travailler. Mais pourquoi 150 ans plus tard, l enseignement est-il devenu obligatoire pour tous les jeunes jusqu à 18 ans? Pourquoi une université comme l ULB compte aujourd hui étudiants alors qu il y en avait moins de 2000 en 1940? Quels sont les mécanismes qui ont fait changer l enseignement? L évolution de l enseignement est déterminée par plusieurs facteurs. 1. Cette évolution est liée aux besoins économiques de la société et plus précisément à ce qu on appelle les forces productives. Les forces productives, en langage marxiste, c est ce qui fait tourner l économie. Elles sont composées de deux éléments : le travail de l homme (force de travail) et les moyens de production (machines, matières premières). L enseignement va donc s adapter aux besoins de l économie capitaliste, il va s adapter au développement des forces productives. Par exemple, plus les machines sont compliquées à utiliser, plus il faut être formé pour les faire tourner et inversement, plus les machines sont simples, moins il faut être formé formation pour les utiliser. Le développement des forces productives a donc une influence sur le niveau de formation des travailleurs qui est demandé et donc aussi sur le système d enseignement. 2. L évolution de l enseignement est donc aussi liée aux intérêts de la classe dominante. À chaque étape de l histoire humaine, il existe d une classe dominante : sous le féodalisme, il s agit de l aristocratie, du clergé et de la noblesse ; sous le capitalisme, il s agit de la bourgeoisie. Cette classe dominante a besoin d un système pour maintenir sa position sociale, pour maintenir sa domination. Elle veut éduquer «ses enfants» pour avoir une main d œuvre dont le niveau de qualification est adapté aux différents besoins du marché du travail, présents et à venir. Donc, même si certains professeurs sont vraiment critiques envers le système dans lequel on vit, l enseignement, en général, reproduira sans cesse la pyramide sociale et ne donnera pas les armes pour que l on puisse réellement changer le système. 3. L évolution de l enseignement dépend aussi des luttes qui ont été menées pour le changer. Comme dans les autres domaines de la vie en société, l état de l enseignement reflète également les rapports de forces entre la classe dominante et la classe ouvrière. Au cours de l histoire du capitalisme, la classe ouvrière a donc pu décrocher des victoires pour améliorer son accès au bien-être et à l éducation. Ainsi, par exemple, au 19 e siècle, nous sommes en pleine industrialisation, les capitalistes ont besoin de beaucoup de main d œuvre, ils font donc travailler les femmes et les enfants. Mais à cause de cela, les familles sont détruites et l éducation ne peut plus se faire au sein de celles-ci. C est pour cela que vers 1890, on interdit le travail des enfants de moins de 12 ans. Ceux-ci doivent aller à l école primaire, qui est là pour leur donner une éducation morale. L école primaire devient aussi nécessaire pour une autre raison : les capitalistes ont besoin d une main d œuvre un peu qualifiée, donc un peu formée, pour qu elle sache travailler sur les machines. L école primaire apprend donc aux enfants à lire, écrire et calculer un minimum. Au début du 20 e siècle, l école primaire devient également un outil pour renforcer l identité nationale chez les jeunes et lutter contre les idées révolutionnaires qui se développement dans le mouvement ouvrier. Jusqu en 1945, l école secondaire, elle, reste encore uniquement réservée aux enfants des élites. Par contre, presqu un siècle plus tard, après la Deuxième Guerre mondiale, l enseignement secondaire devient lui aussi obligatoire. C est donc le début de l ouverture de l enseignement secondaire aux masses populaires. Pourquoi? Tout d abord, parce que l industrie se modernise, le travail est plus compliqué. Les capitalistes ont donc besoin d une main d œuvre plus qualifiée et donc plus formée. Ensuite, la croissance économique des années 1950 à 1975 environ (les «trente glorieuses») permet à l État de financer massivement l enseignement pour réaliser ces objectifs. Enfin, à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, le mouvement ouvrier est renforcé et soutenu par les pays socialistes et les grands partis communistes occidentaux. Le rapport de force est en faveur du mouvement ouvrier, ce qui oblige la classe dominante à faire des concessions, car elle a peur d une victoire du mouvement communiste en Europe occidentale. 130

3 Depuis les années 1970, l économie capitaliste est entrée en crise économique. Partout en Europe, les gouvernements ont décidé d accorder moins d argent aux services publics, dont l enseignement. La diminution progressive de l influence des pays socialistes, puis leur disparition au début des années 1990 ont aussi laissé le champ libre aux capitalistes pour reprendre à la classe ouvrière une partie des acquis qu elle avait obtenu par le passé. On en arrive à la période actuelle, qu on verra plus en détail dans la partie suivante. Mais donc, pour synthétiser, retenons que 1) l enseignement est organisé pour répondre au développement des forces productives et aux intérêts de la classe dominante, mais 2) que nous pouvons, dans une certaine mesure, aller contre cette tendance et obtenir des améliorations, si le rapport de force est en notre faveur, c est-à-dire en faveur du plus grand nombre, en faveur de la classe ouvrière. 2.2 Et aujourd hui, qu en est-il? Pour comprendre les mesures qui sont ou ne sont pas prises en matière d enseignement, il est donc intéressant de regarder quels sont les besoins des capitalistes. Cela nous donne une ligne générale afin de mieux voir vers quoi notre enseignement se dirige. Aujourd hui, la crise économique et ses conséquences donnent un nouveau cadre auquel les capitalistes doivent s adapter pour défendre leurs intérêts. Le marché de l emploi est caractérisé par un fort besoin en emplois très peu qualifiés (nécessitant très peu de formation) et des emplois très qualifiés (nécessitant une longue formation). Le besoin d emplois «intermédiaires» par contre diminue. C est par exemple, le rôle des filières (professionnelles, techniques et générale) d orienter les jeunes en fonction de ces besoins. Le rythme des innovations technologiques, donc des forces productives, augmente plus rapidement qu avant. Tout change tout le temps. Pour répondre aux intérêts de la classe dominante, l enseignement doit donc aussi pouvoir changer plus rapidement qu avant, pour s adapter aux nouveautés. C est l enjeu qui se cache derrière les mots «employabilité», «capital humain», «compétences», «mobilité», «qualité», «société de la connaissance», «socle de compétences-clés», etc. utilisés par les ministres de l Enseignement partout en Europe. La concurrence économique au niveau international est de plus en plus forte. Les capitalistes cherchent de nouveaux marchés à conquérir. L enseignement est l un d entre eux. Pour gagner la course aux profits, les capitalistes doivent donc tout faire pour adapter l enseignement à ces changements. Nous allons voir ce que cela représente concrètement pour l enseignement obligatoire (partie 3), puis pour l enseignement supérieur (partie 4). Nous aborderons ensuite les enjeux liés à la démocratie dans les établissements scolaires (partie 5) et nous conclurons sur la nécessité de développer un autre système d enseignement dans une autre société (partie 6). 3. L enseignement obligatoire 3.1 L adaptation aux besoins du marché Les capitalistes ont besoin d une main d œuvre très qualifiée. À côté de cette main d œuvre très qualifiée, ils ont également besoin d une main d œuvre peu qualifiée. Il y a donc une hiérarchisation dans les types de main d œuvre dont le marché a besoin. D autre part, la bourgeoisie a besoin d une main d œuvre flexible, qui s adapte à différentes circonstances. L émergence des nouvelles technologies de l information et la communication (NTIC) force en effet les entreprises à constamment revoir leur production. Sous la pression de la bourgeoisie, le système scolaire va donc s adapter à cela. 131

4 On présente ici deux manières utilisées dans l enseignement obligatoire pour adapter l enseignement aux besoins du marché. Les filières L enseignement obligatoire est hiérarchisé en différentes filières de la manière suivante : L enseignement général prépare les jeunes à une formation de plus haut niveau (université) ; L enseignement technique (de transition ou de qualification) entraîne les jeunes vers un niveau de formation moyen (hautes-écoles) ; L enseignement professionnel est la filière qui forme une main d œuvre peu qualifiée, directement employable à la sortie du secondaire par les entreprises. Dès 14 ans, les jeunes sont amenés à choisir une filière d enseignement. Les filières techniques et professionnelles jouent également un rôle de voies de garage : les «mauvais» élèves se retrouvent relégués dans ces filières. Au lieu d aider les jeunes à redresser la barre ou à combattre leurs lacunes, le système scolaire s occupe de les reléguer vers les filières «inférieures». Cette hiérarchisation scolaire adapte le système d enseignement aux besoins des capitalistes. En outre, cette hiérarchisation scolaire se calque en réalité sur une hiérarchisation sociale. Cela signifie que la division des élèves entre les différentes filières est parallèle aux inégalités sociales. On le voit très bien sur le graphique ci-dessous. Répartition des élèves de 15 ans dans les filières de l enseignement secondaire selon le niveau de richesse des parents Chacune des dix colonnes du tableau représente 10% des familles en Belgique. À gauche, les 10% des familles les plus pauvres. À droite, les 10% les plus riches 3. En clair, seuls 10% des enfants des familles les plus pauvres sont encore dans l enseignement général à 15 ans, tandis que c est le cas pour plus de 80% des familles les plus riches. À l inverse, les enfants nés dans les 10% des familles les plus riches ont 1 chance sur 100 d être dans l enseignement professionnel à l âge de 15 ans. Dans les 10% des familles les plus pauvres, ce chiffre s élève à près de 45% 4. 3 Calculs de Nico Hirtt, selon les chiffres de l enquête PISA Calculs de Nico Hirtt, selon les chiffres de l enquête PISA

5 L origine sociale détermine très fortement la filière d enseignement suivie. Aux enfants des classes supérieures, l université et aux enfants des classes populaires, l usine, pourrait-on écrire pour simplifier. Diviser l enseignement en filières et les hiérarchiser est donc un mécanisme de reproduction des inégalités sociales, mais également une adaptation de l enseignement aux besoins du marché. L approche par compétences L approche par compétence est une méthode d apprentissage qui fait en sorte que l enseignement réponde au mieux aux besoins des capitalistes 5. Ceux-ci demandent en effet des travailleurs flexibles, polyvalents, qui s adaptent facilement à différentes situations. Cette demande est liée aux moyens de production et à leur évolution très rapide depuis l émergence des NTIC. Comment cela se passe-t-il? Un patron n a pas besoin que son secrétaire connaisse le latin, l histoire, ou la philosophie. Par contre, il doit pouvoir répondre au téléphone, envoyer des s, utiliser un ordinateur, faire des présentations Power- Point. Pour les capitalistes, faire en sorte que tous les jeunes apprennent des savoirs qui ne sont pas utilisables dans la vie économique ne sert à rien. L école ne doit plus servir à apprendre des savoirs. Le savoir va donc être remplacé par le savoir-faire, une capacité d action à développer. Un professeur d histoire devra donc apprendre à ses élèves à «rédiger une synthèse de», «présenter un PowerPoint sur», «rédiger un article sur» Peu importe le contenu du travail de l élève, pourvu qu il apprenne un savoir-faire. L élève sortira donc de l enseignement sans savoir que le Congo était une colonie belge, mais en sachant faire une présentation sur ce sujet-là. Et c est exactement ce que la bourgeoisie veut. Cela ne signifie pas que plus aucun jeune n apprend des savoirs. Les capitalistes ont besoin de jeunes très bien formés, avec beaucoup de savoirs. Seulement, ce privilège est réservé à une certaine couche de jeunes, hautement qualifiés, qui terminent des études supérieures et qui formeront l élite dont ont besoin les entreprises (voir la partie sur l enseignement supérieur). 3.2 Ouverture à l investissement privé Les classes sont bondées, les écoles manquent de matériel, les professeurs malades ne sont pas toujours remplacés, les locaux tombent en ruine, il manque d écoles 6 et ainsi de suite. Ces problèmes ont une cause commune : le sous-financement chronique de l enseignement en Belgique. 5 N. HIRTT, A qui profitent les compétences?, mars On parle de la nécessité de construire 80 écoles à Bruxelles d ici 2015! 133

6 Valeur ajoutée dans l enseignement belge en % du PIB 8,5% 8,0% 7,5% 7,0% 6,5% 6,0% 5,5% 5,0% 4,5% 4,0% Ce graphique montre l évolution dans le temps du financement de l enseignement en rapport avec le PIB. Ce sous-financement provoque des pressions sur le système scolaire. Cela a plusieurs conséquences : le choix politique qui est posé de désinvestir dans l enseignement accentue les pressions sur le portefeuille des familles (l école va chercher dans les poches des familles ce qu elle ne trouve plus auprès de l État). D un autre côté, cela laisse la porte ouverte aux entreprises à investir pour se faire du profit. D une part, le sous-financement fait supporter certains coûts sur les jeunes (et donc leurs familles). Ainsi, le manque de matériel oblige les élèves à acheter eux-mêmes des livres nécessaires pour l école. Les familles doivent supporter elles-mêmes le coût du transport puisque les transports publics sont payants, et qu il n existe pas de système de ramassage scolaire. La Ligue des familles a épinglé le coût que représente une année scolaire pour les écoliers 7. Le constat est limpide : on est loin de la gratuité effective de l enseignement! 3.3 La ségrégation à l œuvre dans l enseignement obligatoire D autre part, le sous-financement permet au privé d investir dans le système scolaire. C est le cas via des mécanismes de Partenariats Public- Privé (PPP). En clair, l État, ne voulant pas mettre une certaine somme d argent pour financer la rénovation ou la construction de bâtiments scolaires, conclut un partenariat avec le secteur privé. Celui-ci réalise les travaux et l État lui verse en contrepartie une somme d argent. Le problème, c est que l État paye cela le prix fort : pour éviter de débourser une fois une somme d argent, l État va étaler le paiement sur plusieurs dizaines d années, mais payer ainsi le double voire le triple sur le long terme. Selon les études PISA réalisées par l Organisation de Coopération et de Développement économique 8 (OCDE), nous avons en Belgique l enseignement obligatoire le plus inégalitaire des États membres de l OCDE. Cela signifie que les 7 Enquête disponible sur 8 Il s agit grosso modo de l organisation des pays riches. En sont membres la plupart des pays européens, les Etats-Unis, le Canada, l Australie, la Nouvelle-Zélande, mais aussi le Mexique, Israël, etc. Cette organisation fonctionne comme un gigantesque centre d études sur toutes sortes de 134

7 élèves issus de milieux défavorisés se retrouvent le plus souvent dans de mauvaises écoles, dans des filières professionnelles et obtiennent bien souvent de mauvais résultats, tandis que les élèves issus de milieux favorisés connaissent le sort inverse. Mais pourquoi les enfants des familles riches réussissent-ils mieux que les autres? Seraient-ils donc plus intelligents génétiquement? Bien sûr que non. Ces énormes inégalités montrent avant tout une chose : que la réussite des enfants ne dépend pas seulement de ce que l école leur apporte, mais aussi beaucoup de leur origine sociale. Pour les enfants de familles riches ou éduquées, les parents peuvent aider à la maison ou peuvent payer des cours particuliers. Il est aussi plus facile de travailler à la maison si on a une chambre individuelle et qu on peut étudier au calme. Mais la plupart des enfants n ont pas tous ces avantages. Si les enfants des familles les plus riches et plus éduqués réussissent mieux en moyenne, ce n est pas parce qu ils ont plus de «capacités», mais parce que leur origine sociale leur donne les outils nécessaires pour «réussir». L organisation en filières, qui sélectionne les élèves dès 14 ans (cf. ci-dessus), est un des mécanismes qui explique en partie cela les très fortes inégalités dans l enseignement belge. Par un tri systématique des «bons» et des «mauvais» élèves et étudiants, le même système d enseignement obligatoire et supérieur forme à la fois les enfants de la classe dirigeante à devenir la nouvelle élite et les enfants des travailleurs à être eux-mêmes des travailleurs dociles au service de la classe dominante. Un autre élément d explication est l organisation de ce qu on appelle le «quasi-marché scolaire». On parle de quasimarché parce que les parents peuvent être comparés à des clients qui décident d utiliser un service (l enseignement) auprès d un fournisseur de leur choix (une école). Ceci est lié à une double liberté en matière d enseignement qui existe en Belgique : une liberté quasi totale de choisir l école pour son enfant (1), et une liberté quasi totale de créer son école (et de la faire subventionner par l État) (2). 1. L absence, pendant longtemps, de toute forme de régulation des inscriptions dans les écoles est un premier élément. Cela conduit les familles aisées à pouvoir choisir l école de leur enfant, tandis que pour beaucoup d enfants, il n y a pas d autre choix que d aller dans une école de 2 e ou 3 e catégorie. En effet, comme les directions des «bonnes écoles» sélectionnent aussi, la liberté de choix n est pas la même pour tout le monde. Même si c est illégal, la plupart des directeurs d école avouent refuser des élèves sur base de leurs résultats, leur religion, etc. Les écoles d élite utilisent notamment les frais d inscription illégaux pour décourager les familles moins aisées. 2. Ce système a pour résultat une très forte homogénéité sociale des écoles : d un côté les écoles d élite, dans lesquelles on retrouve majoritairement les enfants des familles aisées. De l autre, et parfois à quelques centaines de mètres seulement, les écoles dites «poubelles», où sont concentrés les élèves des familles populaires. Certaines écoles organisent même une homogénéité sociale au sein des classes. L Institut Saint-André à Ixelles répartit les élèves de 1 ère année dans les classes en fonction du métier des parents! D autre part, l organisation en réseaux de l enseignement favorise également cette ségrégation. Les réseaux sont des restes des guerres scolaires que la Belgique a connues au 19 e et au 20 e siècle. L enjeu était le contrôle sur l école et donc sur le contenu de la formation dispensée aux élèves. Historiquement, l Église catholique a été très présente en Belgique dans l enseignement, elle a organisé beaucoup d écoles primaires, secondaires et supérieures. L Église catholique voyait donc d un mauvais œil l implication croissante de l État dans l enseignement. Cela a culminé par deux «guerres scolaires», qui se sont soldées par un compromis : la coexistence de différents réseaux d enseignement. À côté du réseau officiel, organisé directement par l État coexiste un réseau «libre», composé majoritairement d écoles catholiques. Ce réseau libre, quoique relativement indépendant, est subventionné par l État. Nous avons donc un enseignement privé financé par l État, en d autres termes, par tout le monde. politiques. En proche coopération avec l Union européenne, elle influence fortement les décisions prises par les gouvernements des Etats qui en sont membres. 135

8 L existence de différents réseaux induit une concurrence entre écoles. La liberté d organiser son école, la manière de donner cours et dans une mesure importante le contenu même des cours donne l occasion aux écoles de se profiler en véritables fournisseur de service. Certaines écoles catholiques ont ainsi une réputation de mieux encadrer que certaines écoles officielles. Elles attirent donc un public particulier, plus privilégié. Couplé à la sélection opérée directement par les directions d école, on comprend comment cette coexistence de réseaux peut renforcer la ségrégation à l œuvre dans l enseignement. 3.4 En résumé Ces différents mécanismes répondent donc bien aux besoins de la classe dominante. L organisation en filières lui procure de la main d œuvre pour les différents niveaux de qualification dont les entreprises ont besoin. L approche par compétence leur offre une main d œuvre flexible sachant «mobiliser les compétences» nécessaires pour constamment s adapter aux nouveaux besoins des entreprises dans leur recherche de profit. Le sous-financement public provoque une augmentation du coût pour les parents de l enseignement obligatoire. Cela laisse également à la bourgeoisie le loisir d imposer sa solution : le financement privé de l enseignement. Enfin, la ségrégation scolaire entretient la ségrégation sociale. Les capitalistes assurent à leurs enfants un enseignement d élite et sélectionnent ainsi les futurs travailleurs hautement qualifiés dont ils ont besoin. Tout est fait pour qu ils suivent la filière de l enseignement général dans une bonne école et se préparent adéquatement à l enseignement supérieur. Concrètement, Comac défend pour l enseignement secondaire : L application d un modèle finlandais d enseignement obligatoire : - Gratuité. Cela veut dire que l école doit prendre en charge les frais suivants : livres et manuels scolaires, cahiers, photocopies et activités obligatoires, aides aux devoirs, garderie... - Tous les enfants doivent trouver à l école l encadrement et l aide individualisée que certains trouvent aujourd hui à la maison. Concrètement, cela signifie une diminution des effectifs des classes (15 élèves maximum en primaire et 20 en secondaire) et de la charge horaire des enseignants, surtout dans le fondamental. Cela signifie également du personnel qualifié pour assurer gratuitement à l école un soutien à l étude et aux devoirs. Au total, cela signifie qu il faut créer pas moins de emplois (enseignants ou éducateurs) au cours des dix prochaines années. - Une profonde réforme de l enseignement avec un enseignement commun de 6 à 16 ans, combinant une formation générale et une formation polytechnique qui englobe les mathématiques et les sciences, les langues et l histoire, mais aussi la culture et le sport, les technologies ainsi que le travail manuel de base. - Tous les élèves ont droit à une école de qualité, proche ou aisément accessible en empruntant les transports publics ou le bus de ramassage scolaire. Pas d examens centraux de «sortie» dans le secondaire. 4. L enseignement supérieur En 1999, 30 ministres européens de l enseignement supérieur signent la Déclaration de Bologne. Celle-ci vise à mettre en place «un espace européen de l enseignement supérieur». A priori, cela ne paraît pas dérangeant. Toutefois, il faut se demander ce qui a mené ces ministres à signer cette Déclaration. 136

9 La déclaration de Bologne répond à deux impératifs. Premièrement, celui des gouvernements européens qui veulent concurrencer économiquement le bloc américain et le bloc asiatique (particulièrement le Japon). Ceci revient à tenter d augmenter les profits et faire diminuer les coûts. Deuxièmement, celui des entreprises (qui créent la croissance économique) qui demande une main d œuvre flexible, mobile et qualifiée pour les besoins du marché. Pour répondre à ces deux impératifs, il fallait transformer le mode de fonctionnement de l enseignement supérieur. Et c est que le processus de Bologne a fait au niveau de l Europe entière. 4.1 La face visible du processus de Bologne Lorsqu on parle des réformes de Bologne, cela nous évoque : le découpage du diplôme en système «3-5-8» (3 ans de Bachelier, 2 ans de Master, 3 ans de Doctorat) ; la comptabilisation des heures de cours sous forme de «crédits», les ECTS 9 ; la mobilité, que ce soit par le fait de partir en Erasmus pour 6 à 12 mois ou par le fait de changer d université entre le Bachelor et le Master et entre le Master et le Doctorat. On parle moins souvent du supplément au diplôme 10, du LifeLong Learning (LLL) 11 ou de l autonomie des universités 12. Mais aucune de ces mesures n est dérangeante en tant que telles. Si nos ministres ont voulu créer un espace d enseignement supérieur européen, il faut bien que nous ayons les mêmes règles pour toute l Europe et ces changements ne sont donc que des changements de forme nécessaires. 4.2 La face cachée du processus de Bologne Mais tous ces changements «de forme» cachent énormément de choses sur le fond : l adaptation de l enseignement supérieur aux besoins du marché, la volonté de privatiser l enseignement supérieur et l accentuation de la ségrégation sociale. Ces trois aspects correspondent à l impératif général des ministres européens et des grandes entreprises : ils veulent livrer une guerre économique aux autres blocs et pour cela, il faut une main d œuvre la moins chère possible et formée selon leurs besoins. L adaptation aux besoins du marché Les entreprises ont besoin d une main d œuvre flexible et qualifiée (mais pas surqualifiée, parce que ça coûte cher!). Avec le découpage en 3-5-8, le processus de Bologne a découpé l enseignement de façon à créer différents niveaux 9 European Credit Transfer System (ECTS). Auparavant, les cours étaient comptabilisés en «heures de cours», maintenant il le sont en «crédits». 10 Le supplément au diplôme est une feuille, annexée au diplôme, qui détaille les cours que l étudiant a suivi ainsi que ses notes pour chacun de ses cours. Avant Bologne, l étudiant avait juste son diplôme où était mentionné l option qu il avait choisie ainsi que son grade. 11 Le LifeLong Learning (LLL) ou Education tout au long de la vie permet à des adultes de s inscrire à l université pour y suivre des cours dans des matières spécifiques. Une personne de 45 ans pourrait par exemple venir reprendre des cours de marketing. 12 Si l autonomie des universités et hautes écoles est déjà très large en Belgique très peu dépendent réellement du gouvernement l autonomie des universités a été un grand débat en France, notamment avec le mouvement de la LRU (Loi de Réforme des Universités). 137

10 de qualifications. Les étudiants peuvent désormais «choisir» d intégrer le marché de l emploi après 3, 5 ou 8 ans d études. Après 3 ans d études, les étudiants ne seront pas hautement qualifiés, mais peuvent répondre aux besoins immédiats des entreprises. Généralement, ces étudiants se seront vus offrir, s ils en ont les moyens, la possibilité de faire un Erasmus qui leur aura permis d apprendre une nouvelle langue et de s intégrer dans un milieu différent de leur milieu d origine. Aller travailler à l étranger ne sera donc plus autant un obstacle qu avant. Comme le système capitaliste va de pair avec une grande instabilité, notamment parce que «la bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production» 13, les connaissances nécessaires aux entreprises évoluent très vite. Les travailleurs sont donc amenés à se «recycler» régulièrement. Le LifeLong Learning va aider ces personnes aux connaissances périmées pour le marché de l emploi à se recycler. Le supplément au diplôme, quant à lui, permet de donner un moyen de pression supplémentaire à l employeur lors de l engagement 14. En effet, auparavant, tous les diplômés avaient un même diplôme. Avec le supplément au diplôme, on a individualisé le diplôme. Nous ne sommes plus diplômés de sociologie ou de physique. Nous sommes diplômés de ces filières en ayant suivi des cours spécifiques avec des cotes spécifiques. Cela permet à l employeur de négocier plus facilement (à la baisse) un salaire individualisé. Cela empiète donc fortement sur les droits acquis collectivement par les travailleurs, comme les conventions collectives de travail qui sont négociées par les syndicats pour assurer un salaire minimum à tous les travailleurs. Les mesures décidées dans le cadre du processus de Bologne permettent donc bien de répondre aux intérêts de la classe dominante puisqu elles créent une main d œuvre flexible, mobile, qui se recycle en fonction des besoins de l économie et qu on paie moins cher. 13 Marx et Engels, Manifeste du Parti Communiste, Chapitre «Bourgeois et Prolétaires», L employeur peut très bien commencer à regarder les notes de cours qui l intéresse particulièrement et décider, sur base de ceux-ci, s il engage ou non un candidat. 138

11 La privatisation de l enseignement supérieur Cette privatisation comporte deux volets. Le premier est l injection d argent dans l enseignement en provenance des entreprises. Le second est l injection d argent en provenance des étudiants et de leurs familles de par le fait que le coût des études augmente. Pour faire de l enseignement un vrai marché, la classe dominante a donc fait pression pour diminuer le financement public dans l enseignement et la recherche scientifique, créant ainsi un manque structurel de moyens. Pris à la gorge par le manque de moyens, les recteurs et directeurs-présidents finiront par supplier le privé de venir investir chez eux. Ce processus est souvent présenté positivement sous prétexte que les établissements vont devenir de plus en plus autonomes par rapport à l État. En réalité, ils vont devenir de plus en plus dépendants par rapport au privé. Comme pour les autres services publics, cette privatisation a commencé par la sous-traitance ou la vente des secteurs périphériques de l enseignement au privé : la nourriture, boissons, le transport, les infrastructures sportives, l entretient des bâtiments, l impression des syllabus, l offre des kots, etc. Toutefois, cela commence aussi à toucher les éléments centraux de l enseignement, à savoir l offre de cours et le financement de la recherche. C est le cas par exemple des chaires privées 15 comme la chaire Electrabel à Leuven. Les entreprises financent également des programmes de recherche. Mais que dit l État de tout ceci? Ne fait-il rien contre l influence des capitalistes? Non, car ce sous-financement structurel de l enseignement est accepté par l ensemble des partis politiques au pouvoir en Belgique. Après plus de trente ans d offensive néolibérale contre les services publics, c est-à-dire contre les acquis du mouvement ouvrier, le désengagement de l État dans les services publics est devenu un consensus, y compris en matière d enseignement. La privatisation rampante de l enseignement est également accompagnée d un discours idéologique visant à nous convaincre que l enseignement supérieur est un investissement individuel. Il serait normal de payer (cher) pour étudier, car les diplômés de l enseignement supérieur sont généralement mieux payés sur le marché du travail. Les étudiants paient cher le droit d étudier, mais ils le récupèreront plus tard. Ce discours individualiste reflète en réalité les intérêts de la bourgeoisie dans sa volonté de privatiser l enseignement supérieur et propage activement que l enseignement n est pas un droit, mais un privilège. C est la combinaison de cette idéologie bourgeoise et du sous-financement public qui explique que les frais d inscription en Angleterre peuvent désormais atteindre 9000, soit près de En Belgique, une bonne partie de la population, y compris des recteurs et directeurs d établissement, est encore attachée au financement public de l enseignement. L idéologie bourgeoise qui présente l enseignement comme un privilège et comme un investissement individuel est moins influente qu en Angleterre ou aux Pays-Bas (mais plus qu en Grèce par exemple, où la gratuité de l enseignement supérieur est garantie par la Constitution). C est pourquoi le coût des études en Belgique reste 15 Les chaires privées sont des cours donnés dans les établissements d enseignement supérieur, mais payés par des des entreprises. Ces cours sont intégrés dans les programmes de cours et sont parfois même obligatoires. Théoriquement, c est l établissement qui décide du prof et du contenu du cours. Mais comme les établissements sont sous-financés, la marge de négociation du privé est importante. 139

12 malgré tout moins élevé que dans plusieurs autres pays européens où le coût des études s envole littéralement. C est pourquoi Comac soutient activement toutes les initiatives allant dans le sens d un refinancement de l enseignement et défend un enseignement gratuit et complètement public. L accentuation de la ségrégation sociale L enseignement secondaire est inégalitaire. L enseignement supérieur ne fait que renforcer ces inégalités. La courte durée des études (et donc la rapidité d intégration sur le marché de l emploi et la perspective de gagner rapidement un salaire) est un des principaux attraits des Haute-Ecoles pour les étudiants 16. Le coût des études est donc un élément déterminant de la ségrégation sociale. Bologne aussi a permis d accentuer cette ségrégation. Comme toutes les universités européennes jouent désormais avec les mêmes règles, dans le même espace, elles sont en concurrence les unes avec les autres. Elles doivent attirer les professeurs les plus renommés et avoir de bonnes infrastructures. Et comme l État refuse de financer davantage, les universités font la course aux financements privés. Le choix est le suivant : soit elles adaptent les contenus des cours aux besoins du privé et elles attirent des financements privés, soit elles refusent cette logique et ne peuvent compter que sur (éventuellement) de maigres fonds publics. Les professeurs renommés iront dans les établissements les plus renommés, attireront les étudiants les plus fortunés et ceux-ci seront prêts à «investir» dans leur formation, car leur diplôme leur promet un beau salaire. Le processus de Bologne a donc permis une hiérarchisation de l enseignement : d un côté, il y a les universités qui acceptent les financements privés, adaptent leurs contenus pour coller aux mieux aux demandes du marché et attirent les étudiants qui savent payer. De l autre, il y a les universités de «seconde zone» et même de «troisième zone», avec moins de moyens, qui concentrent la grande majorité des étudiants qui ne peuvent pas «investir» dans leur avenir. Le sous-financement de l enseignement induit un autre mécanisme de sélection : les examens d entrée ou le numerus clausus. Ce mécanisme est de la sélection directe et il s applique entre autres dans les Écoles Artistiques, les facultés de médecine au Nord et au Sud, ainsi que les facultés Polytechniques en Communauté française. L argument principal qui justifie l introduction d examens d entrée est que les établissements du supérieur n ont pas assez d argent (manque des locaux, des profs, etc.) pour accueillir tous les étudiants qui le voudraient. Ainsi, ils filtrent, sur base des connaissances des élèves au début des études supérieures. Officiellement, cela permet de ne prendre que les «meilleurs», ceux qui ont le «mérite», ceux qui «réussiront». En réalité, cela ne fait que renforcer les mécanismes de sélection (et donc de ségrégation sociale) qui existent en secondaire. Concrètement, Comac défend pour l enseignement supérieur : Pour un financement de l enseignement supérieur et de la recherche intégralement public Pour rendre l enseignement supérieur gratuit : L enseignement est un droit, pas un privilège. La gratuité en est une condition. Comac défend donc l inscription des objectifs du Pacte de New York dans la Constitution belge. Suppression progressive de tous les droits d inscription dans l enseignement supérieur. 16 DE KERCHOVE, A.-M. et J.-P. LAMBERT (2001), «Choix des études supérieures et motivations des étudiant(e)s», Reflets et Perspectives de la vie économique, 2001/4, p

13 Introduction d une facture maximale, alignée vers le bas, pour les supports et matériel de cours. L État fédéral et les régions doivent investir, avec des fonds publics, dans la construction et la gestion de logements étudiants de qualité et à prix modéré. Gratuité des transports en commun pour permettre un maximum de mobilité pour tous. La généralisation d une allocation d étude mensuelle pour tous les étudiants, comme cela se fait dans plusieurs pays scandinaves, pour que ceux-ci puissent étudier et vivre dans de bonnes conditions tout au long de leurs études tout en étant responsables de leurs choix de vie. Un enseignement universitaire orienté sur la réussite : Pour une augmentation de l encadrement, particulièrement en première année (de plus petites classes, plus de suivi personnalisé, cours de rattrapage pour les étudiants en difficulté). Pour des horaires d examen constitués en collaboration avec les délégués étudiants, avec un intervalle de minimum 36h entre deux examens. Un enseignement supérieur sans examens d entrée et sans numerus clausus. Un enseignement supérieur doté d une vraie mobilité. Il faut une véritable politique de bourses pour permettre à tous d étudier à l étranger. Une recherche scientifique au service du plus grand nombre et pas des grands actionnaires, orientée vers les besoins de la population en médicaments, en sécurité alimentaire, en bien-être sur les lieux de travail, etc. Ce n est pas aux multinationales de décider des priorités en matière de recherche. Le financement de la recherche scientifique doit donc être intégralement public. Les résultats de la recherche appartiennent à l humanité, aucune découverte ne peut être privatisée Une mobilité des étudiants et des chercheurs au service du développement du Sud en priorité. La mobilité n a pas pour but de voler les cerveaux des pays du Tiers-monde, mais bien d aider ceux-ci à augmenter le nombre de leurs médecins, scientifiques, etc. dans le but de contribuer effectivement au développement du Sud. 5. Pour une démocratie à l école, en haute-école et à l université La liste des problèmes est longue et la liste de nos revendications l est donc aussi! Mais comment va-t-on faire pour changer tout ça? En nous organisant, pour mobiliser, sensibiliser et organiser un maximum de jeunes pour un enseignement et une société démocratique. Et en joignant nos luttes à celles du monde du travail. Mais concrètement, pour y arriver, nous devons revendiquer le droit de débattre et agir là où nous passons l essentiel de notre temps, c est-à-dire à l école, en haute-école et à l université. 5.1 «Ici, on apprend à lutter» Les écoles, les hautes-écoles et les universités sont le cœur de notre travail. Le manuel écolier du 2 e Congrès l explique bien : «Si nous, jeunes du secondaire, voulons changer les choses pour construire une société juste, nous devons avant toute chose apprendre à nous mobiliser, nous conscientiser et nous organiser dans notre milieu et avec des jeunes de notre âge. Et c est l école qui permet le mieux cet apprentissage. En effet, c est là que nous sommes rassemblés avec le plus grand nombre. Pour cette raison, c est là que nous pouvons lancer des petits ou des grands mouvements de protestation [ ]. C est aussi dans l école que nous pouvons apprendre toute une série de compétences nécessaires pour amorcer ou envisager le moindre changement [ ]. En d autres mots, nous pouvons y apprendre à lutter, à écouter, à se faire respecter, à construire un groupe, à négocier, à créer un rapport de force, à mener un projet» Tout cela est aussi valable pour les hautesécoles et les universités. L école, la haute-école et l université doivent donc être un lieu où les jeunes ont leur mot à dire. Sur ce qui se passe dans l établissement, sur les réformes dans l enseignement, mais aussi sur les grands débats de société. Pour cela, ils doivent pouvoir s organiser entre eux, à 141

14 travers des organisations politiques, comme Comac, et aussi plus largement dans des organisations de type syndical 17. Pourtant, c est encore loin d être facile. 5.2 Pour une liberté d expression et d association partout, même à l école! Même si la constitution belge nous donne le droit de nous organiser et de manifester nos opinions, il y a en réalité beaucoup de limites à l émancipation des jeunes. C est dans les écoles que c est le plus problématique. En effet, une loi de 1959 interdit de faire de la politique à l école. De cette façon, on considère que les jeunes n ont pas le droit de se positionner sur ce qui les concerne. Pourtant, à 18 ans, on doit commencer à voter. Et on n aurait pas le droit d en discuter quand on est à l école? Dans l enseignement supérieur aussi, les freins sont importants. Plusieurs sections de Comac ne sont pas reconnues officiellement par leur université, n ont donc pas de local et un accès difficile aux locaux pour organiser des activités. Même les sections reconnues font face à des problèmes : pression des profs contre les speechs dans les auditoires, interdiction de faire un stand de rentrée, locaux payants, contrôle des activités par les autorités, etc. 5.2 Pour la promotion du syndicalisme écolier et étudiant Aujourd hui, partout en Europe, les modes de participation à la gestion des universités qui ont été mis en place après les contestations étudiantes de mai 1968 sont remis en cause. La Commission européenne promeut une vision de l université gérée comme une entreprise, offrant des services à des étudiants-clients et à des entreprises qui veulent profiter des laboratoires universitaires pour faire plus de profits. Pour avancer dans cette logique, il faut des directeurs forts pouvant gérer l université comme des grands patrons. De la sorte, la participation de tous les acteurs de l université dans la prise de décision est remise en cause. Comac s oppose à ce processus. 17 Voir aussi le chapitre 4 «Comac, un mouvement de jeunes tourné vers la lutte», partie 5 Travailler en front avec d autres organisations. 142

15 Comac défend une vision à l opposé de celle de la Commission européenne et soutient une promotion large du syndicalisme étudiant. Cela passe par un élargissement de la participation étudiante dans la prise de décision à tous les niveaux de pouvoir et par un meilleur financement du mouvement étudiant. Cela passe également par un assouplissement des règlements électoraux (seuils, périodes et méthodes de vote), qui rendent quasi impossible l élection de délégués en première année de bachelor et en master. Comac travaille activement au renforcement des structures étudiantes 18. Au niveau écolier, les défis sont importants aussi. Du côté francophone, ce n est que très récemment qu un syndicat écolier a commencé à voir le jour : le Comité des élèves francophones (CEF). Pendant longtemps, la Communauté française a été une des seules régions d Europe à ne pas avoir de syndicat écolier. Comac soutient la création du CEF et encourage ses membres à travailler à sa construction. Concrètement, Comac défend : L abrogation de la loi antidémocratique de 1959 qui interdit le travail politique dans les écoles. Une liberté d expression et d association dans les établissements du secondaire et du supérieur, ce qui comprend : une reconnaissance rapide et facile des organisations syndicales et politiques par les directions d établissement, l interdiction aux directions d école d exclure les élèves syndicalement actifs dans leur école, le droit à faire des annonces ou speechs dans les classes et les auditoires, la mise à disposition de locaux gratuits pour se réunir ou organiser des activités, une augmentation financement du mouvement étudiant en respectant son autonomie et un budget de fonctionnement pour les syndicats écoliers, des moyens mis à la disposition des représentants pour s adresser aux élèves de l école ou à la communauté universitaire, l absence de contrôle politique des activités, au-delà de ce qui est déjà prévu par la loi (qui sanctionne le racisme et la xénophobie). Des règlements électoraux et une promotion des élections qui favorisent la représentation dans toutes les classes et auditoires. Une participation paritaire des représentants écoliers et étudiants aux prises de décision dans leur établissement. Contre la tendance managériale et totalitaire à restreindre le pouvoir de décision entre les mains des directions. 6. Conclusions 6.1 Pour un autre enseignement Les grandes tendances actuelles de réforme dans l enseignement diminuent l accès aux savoirs et aux savoir-faire qui permettent de comprendre le monde, qui permettent donc aussi d y agir. Et ce particulièrement pour les enfants de la 18 Voir chapitre 4 «Comac, un mouvement de jeunes tourné vers la lutte», partie 5.3 «Renforcer les organisations syndicales». 143

16 classe des travailleurs. La qualité de l enseignement diminue pour le plus grand nombre des jeunes, mais ce sont surtout les plus exploités que l on prive des armes intellectuelles dont ils ont besoin pour lutter. La tendance actuelle est donc exactement à l opposé de toutes les luttes sociales, où des dizaines de milliers d étudiants et travailleurs se sont soulevés pour faire de l école et l université/haute école un véritable lieu d émancipation. En conclusion, la vision de l enseignement que Comac défend est à l opposé de tout cela. Pour Comac, l enseignement est un droit pour tous et pas un privilège de quelques-uns. Un droit collectif qui doit s étendre le plus largement possible et gagner les moindres recoins de la société. Qui n est pas une machine de reproduction des inégalités et de hiérarchisation sociale, mais bien un instrument de suppression des inégalités. Qui est un instrument au service de ceux qui le financent, c est-à-dire l ensemble du monde du travail. En conclusion, Comac défend un enseignement public, gratuit, libre d accès, au service du plus grand nombre, axé sur la réussite et démocratique. Concrètement : Un enseignement intégralement public et non scindé en différents réseaux. Refus de toute participation du secteur privé dans l enseignement De solides investissements dans l enseignement. Pour un budget de l enseignement représentant au minimum 7 % du produit intérieur brut national, dont 2 % consacrés à l enseignement supérieur. Un financement des écoles, des universités et des hautes écoles attribué en fonction des besoins et non selon des «enveloppes» arbitraires ou selon la prospérité économique de la communauté. L introduction d une taxe des millionnaires dont les fruits seraient en partie consacrés à l enseignement. Une solidarité des écoles, hautes-écoles et universités avec le monde du travail, en s intéressant à ses problèmes et en étant présent à ses côtés dans ses luttes. 6.2 dans une autre société Toutefois, si l on veut faire de l enseignement un outil d émancipation et un droit pour tous, c est le capitalisme qu il faut renverser. Aussi longtemps que nous serons sous le capitalisme, l enseignement continuera à reproduire les classes sociales et le système capitaliste. C est pour cela qu il faut combiner la lutte pour notre projet d enseignement avec la lutte contre le système capitaliste et pour le socialisme. 144

17 les notes 145

18 les notes 146

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