Fureur de lire 2009 Auteurs en cage Fred Bocquet Eugène Blaise Hofman Paule Mangeat Michaël Perruchoud. Les réfractaires

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1 Les réfractaires Je n ai jamais su résister aux invitations. Curiosité, disaient mes parents. Oui, curiosité, mais pas comme dans leurs mots, dans leurs réprimandes. La curiosité n est pas un défaut, jamais. Elle est un moteur, le seul chemin qui mène à l autre. J avais déjà le cœur ailleurs, sur les chemins de traverse. Je me suis fourvoyée, ô combien! On trébuche quand on ne regarde que là où l on désire, toujours, partout. Je n ai rien rejeté, rien maudit. Tout gardé pour moi, le tendre comme le pire, tout adopté, tout conservé. Avec la tendresse que l on doit à son vieux doudou rapiécé. Je n ai jamais su résister aux invitations. Mais tout de même, me dis-je en repliant le carton en quatre, en le glissant dans mon sac, tant de cérémonie pour ma seule présence Rue de la Servette. Pluie. Des trams qui accélèrent et des voitures qui s enfument les unes les autres : Genève ressemble à un immense caillot de sang congestionné au milieu de l Europe. Envie d envoyer un coup de volant vers la droite pour que se vautrent les cyclistes qui avancent, eux. Pas de haine. J ai pédalé moi aussi, autrefois. Je pédale encore, j ai juste troqué les intempéries contre une salle de fitness. C est l immobilité qui m enrage, le moteur qui crache sans avancer. Je n ai simplement pas le temps d en perdre et je ne fais que cela. Entrepreneur. C est un sale mot, ça, entrepreneur On voit les dents longues, la soif de pouvoir. Chez moi, vous verrez juste l envie de bâtir. Depuis les tours en Legos, gamin. Faire quelque chose de mes mains, modeler mes jours, et me coucher harassé, crevé, avec plus à faire pour le lendemain. Romuald Vallin. Faut bien que je me présente. C est ce que je fais le plus souvent, me présenter, le patronyme, la main tendue; parfois pour de l argent, pas toujours. L argent, c est réducteur pour me qualifier, je veux juste que les choses bougent, des affaires, des contrats, de l action quoi! Comment se sentir vivre autrement qu en mouvement? Bouchons, bouchons et méta bouchons alors que le Pont du Mont Blanc se profile à peine! Devant les palaces cinq étoiles, quelques voitures de sport construites à quelques exemplaires dorment gentiment, le museau en aluminium posé sur le macadam. Sur la route, taxis, bus, camionnettes et autocars se flairent le derrière. Que les préposés à l organisation des travaux sur le périmètre de Genf City soient égorgés comme des pourceaux incultes! 1

2 Mon portable. Six messages. Pas envie de répondre. J ai hésité longuement. Je l ai pourtant dit à Sophie. Traverser le canton pour cette stupide expérience Mais elle n a pas tort quand elle parle du temps perdu, des cernes que nous ne voulions pas, de ces journées à nous apitoyer sur nous-mêmes alors que nous valons tellement mieux que ça. Tellement mieux que quoi? Un coup de Klaxon, quelques bordées de jurons. La circulation ne rend pas poète, que diable! Surtout la circulation qui ne circule pas. La pluie redouble de violence; les gouttes matraquent mon pare-brise. Et moi qui aspire à la légèreté, à l efficacité. But de l expédition : un ancien monastère en France voisine Elle n est pas si voisine, la France, le vendredi vers 17 heures. Le long bâtiment principal se blottit au milieu d un labyrinthe de thuyas touffus coupés avec nonchalance. Les proprios oisifs qui succédèrent aux moines n avaient pas le don de l horticulture. Mais le poil dans la main des uns fait les bonnes affaires des autres et contribue à leur tranquillité. J ai racheté le lieu presque sans y penser. J ai tendance à m intéresser à tout ce qui se reprise. J aime les œuvres lisses, finies, sans failles. Des sacs de victuailles. Il n est pas de réunions sérieuses sans agapes. Je suis assez sûre de moi. J ai longtemps pensé qu il me manquait quelque chose. Maintenant, je sais que j ai quelque chose en trop. Et qu il est temps de m en débarrasser. J adore le parc, les mauvaises herbes. J imaginais que j entendrais des cris, des protestations, mais rien. Bon signe, mauvais signe? Il y a longtemps que j ai perdu le goût des pronostics, longtemps que l avenir ne m attire plus. Je retourne dans le bâtiment central sans prêter attention au blason que j ai fait graver à mon nom au dessus du linteau : Sophie Lafarge. La cuisine. Une armada d appareils ménagers Alessi et de casseroles étincelantes accrochées aux murs. J y entre à chaque fois avec le même sentiment de soulagement. C est la seule pièce qui me corresponde, la seule pour laquelle je suis capable d investir démesurément. Les maîtres queux sont la plus imbécile confrérie de paons dominants que l humanité ait engendrée. J ai décidé de réagir à la hauteur de mes moyens financiers et ils sont sans limite. Je cuisine comme un art, comme une détente, une thérapie Je ne fais pas la popote, je propose des chefs-d œuvre. 2

3 Ce soir, les petites marmites vont dans les grandes : c est le grand soir. Nous sommes douze convives. Enfin, douze plus un. La plupart sont déjà arrivés. Leurs voitures alignées dans la cour intérieure. Une Audi de seigneur, deux Renault fatiguées, une Mercedes de collection et quatre Peugeot de pauvres. Il ne manque plus que le 4x4 de Romuald Vallin et la moto japonaise de Suzanne. Je prépare les douze cocktails dans les verres bleus en forme de colibris. Douze : quel beau chiffre pour démarrer la nuit qui verra crever l amour. J espère que vous avez fait bon voyage! s exclame Mathieu avec toute la théâtralité ridicule qui ponctue chacune de ses phrases. J habite aux Pâquis, répond Marc. Pour éviter de me retrouver coincé dans les bouchons, je suis parti à midi. Oh, vous habitez aux Pâquis? On raconte que c est un quartier mmmh difficile. Ne croyez jamais la presse, s emporte Marc. On adore détester ce quartier, mais moi qui Dites-moi, interrompt une vieille dame ni belle ni pas belle habillée d un tailleur strict, vous vous rendez compte que vous enchaînez des âneries polies? Les autres convives installés dans le salon rouge de la demeure restent bouche bée. Personne ne la connaît encore. Est-elle toujours comme ça? Ou est-ce l aspect unique de ce qui va arriver qui lui autorise à casser les codes de bien séance? Jean, un solide gaillard, pose sa clope dans le cratère étrusque qu il a pris pour un cendrier et répond par une anecdote : vous savez, juste avant de monter dans la fusée qui les a emmenés vers la lune, Neil Armstrong et Buz Aldrine discutaient de hot dog Tant mieux pour ces deux crétins spécialisés, ricane la vieille bique. Bon. Et peut-on savoir comment vous vous appelez? Je n ai pas à vous répondre. Nous formons un club anonyme, non? Bon. Disons que je m appelle Corinne. Elle n en dit pas d avantage et se plonge dans la lecture du dernier Vogue. Pour un peu, on aurait pu la croire installée à une table chez le pâtissier Desplanche, au centre de Genève, en train de savourer une mousse aux framboises accompagnée d un thé blanc. Quel âge peut-elle bien avoir? Quarante ans? Et pourquoi porte-elle un bandeau noir à son bras? De quel deuil porte-elle la marque? 3

4 Le bruit que je préfère, c est le son délicat de mon 4x4 pour cyclope sur le gravier d une belle demeure. Vous devriez essayer, rien qu une fois. La moto japonaise de Suzanne est déjà rangée dans l allée. Normalement, c est elle qui est la plus en retard. Je suis bon dernier, mais je sais qu avec ce que je paie comme émoluments, Sophie n a pas pu commencer sans moi. Tarifs au prorata de vos gains annuels : connerie oui. Les trois chômeurs du groupe se fendent de deux malheureux milliers de balles, tandis que moi, je déverse des dizaines de milliers de jetons dans la crousille. Je gravis les quatre marches, traverse le grand réfectoire aussi vide qu une tête d alter mondialiste pour me retrouver face à une grande porte. Ils sont tous là. Les onze installés autour d une spectaculaire pyramide de homards à la pistache de Syrie nappés d un coulis au safran et nougatine. Du moins si j en crois le menu envoyé par Sophie à chacun d entre nous. Je suis en retard, c est normal, je suis le plus riche. Quelques regards pointés vers le plafond accueillent cette remarque. Mais non, je déconne. Je suis en retard parce que je suis le plus odieux. Une fois assis, je regarde à droite à gauche. J inspecte les coins. Et je finis par poser la question : Où est-elle? Sophie pose les coudes sur la table (un geste rare chez cette espèce de Madame de la Haute) et me fixe de son regard tendre comme un couteau en inox : Elle arrive. Si l amour donne des ailes, rien n indique où l on se pose ensuite. J en suis là de mes réflexions lorsque la porte s ouvre. Je tends mon invitation à un majordome en livrée. Je suis attendue. L homme ne regarde pas le nom inscrit avant d annoncer mon arrivée aux autres convives. Mademoiselle Marie Monna. Rien ne se passe. Quelques têtes se tournent, les discussions reprennent. L homme me fait signe de le suivre, je m exécute, gênée. Votre pièce est prête, me dit-il. Ma pièce? J aimerais qu on me rende mon carton d invitation, peut-être ai-je mal lu, j aimerais intervenir avant que le malentendu ne s installe complètement. Le carton disait que j étais invitée à prendre la parole lors d une conférence sur l amour. Votre réputation dans votre quartier est sans tache. Tout le monde vous adore. 4

5 Parmi différents psychologues et sociologues, nous souhaiterions que vous preniez la parole pour parler de la façon dont vous envisagez la relation avec votre réseau social précisait la lettre accompagnant le carton d invitation. L amour, le beau le grand le pur le qui fait mal et que c est bon, le qui fait du bien même si on chiale. L amour. Je connais. Je maîtrise mon sujet. Je veux bien vous en parler des heures, vous le désaper, le décortiquer, vous le rendre lubrique et suave, doux et frustrant, ravageant et sordide, fort. Mais pour parler d amour, j ai besoin d un auditoire. Cette pièce qui est réservée à mon nom m angoisse. Parler d amour aux murs peut être savoureux lorsqu ils ont le goût d une proche aventure, lorsqu ils ont le soyeux d une chambre d hôtel et la promesse d une nuit d ivresse corporelle. Rien dans ce monastère ne sent l ivresse. Je n ai pas peur. La porte s est ouverte et la livrée me fait signe d entrer. Mon instinct s est barré au moment où il a vu le nœud papillon du majordome. Je passe le pas de cette porte. Une pièce de belle taille, sans fenêtre, confortablement meublée. Des tentures drapent quatre murs qui semblent ne plus finir. Le tout ressemble à un bordel italien. J aurais pu apprécier le moment, me recueillir un peu avant de prendre la parole, faire le tri dans l argumentaire, travailler mes figures de style, mettre au point ma sortie, me projeter dans les questions potentielles des autres convives, me chauffer la voix pour un éventuel débat houleux sur la place de l amour dans ce siècle sans sentiment. J aurais pu. Mais le bruit de cette clef qui referme la porte derrière moi me glace. J ai peur. Il était temps. Elle est arrivée. L annonce de sa venue n a remué personne. En liberté elle n intéresse pas. La voir se mouvoir entre nous est une sensation déplaisante. Ce qu elle représente nous est insupportable. Ce qu elle est, est ce que l on cherche à tuer. La soirée peut commencer. Nous sommes douze. Hommes. Femmes. Des homards. Une porte fermée à clef. L art de recevoir. Je fais tinter mon verre. Le son est doux. Les têtes se tournent, les homards éprouvent leur premier moment de solitude. Chers amis, vous avez rêvé de ce moment pendant de longs mois, il est arrivé enfin. Une porte vous sépare d Elle. La serrure de cette porte a fait naître douze clefs que vous garderez autour du cou. Elles vous serviront à circuler librement cette première nuit, et les jours suivants. Vous aurez tout loisir de visiter 5

6 notre hôte en solitaire ou en groupe. Selon vos humeurs, vous testerez le discours, vous jouerez de l argumentaire, vous subirez la passion de temps à autres, probablement, mais le plaisir que vous aurez à voir s effondrer cette tour, à la voir perdre, pierre après pierre, de sa hauteur, de sa superbe, vous apportera joie et contentement. Mes amis, joignez-vous à moi et prenez part, à mes côtés, à la mise à mort de l amour. Enfermée. Captive. On se moque de moi. Je suis enlevée. C est con. Qui va nourrir le chat? Je veux être le premier. Romuald aura beau jouer des coudes, c est moi, Jean, qui portera le premier coup. Je veux la voir, suante de bons sentiments, se liquéfier sous mon absence totale de compassion. Tous ces gens, naturellement heureux, doués pour l amour et ses mystères, me fatiguent depuis trop longtemps. Pas un livre, pas un film, pas une discussion qui ne tourne autour de ce sujet, c en est trop. Même les putes quand elles te baisent se sentent obligées de donner du mon chéri. Ce monde n est qu un tas de guimauve puant. Cette vaste supercherie me rend malade. On nous gave de romantisme, on nous colle de l eau de rose en intraveineuse, on nous fait croire qu on ne peut pas vivre sans amour, que c est la plus belle chose au monde, que d être seul est une aberration. Je conchie ce monde. L amour est un concept. Les concepts enferment la pensée. Je la libère. Je me libère. Enfin. Je suis tétanisée. Au centre de cette pièce, incapable de bouger. J aimerais crier. Mais je ne sais pas le faire. On ne nous apprend pas à crier à l école, résultat, quand vient le moment de le faire, on ne sait pas. Je sens bien mûrir le son au fond de ma gorge, je sens bien mes cordes vocales frétiller, je sens également la panique nouer mes tripes en forme de porte-voix, mais je n ai pas conscience de la puissance à donner. J aimerais que mon cri perce ces parois, traverse le parc, remonte la route jusqu au village aperçu en contrebas. J aimerais. Mais mon cri sera ridicule, fluet, empreint de maladresse, gauche. Mon ego me dit de me taire. Je l écoute. 6

7 J entends des pas derrière la porte. Beaucoup de pas, ça fait beaucoup de pieds. Il y a du monde donc. Je me sens soudainement moins seule mais je n ai aucune envie de faire la connaissance de mes ravisseurs. Une porte s est ouverte. Sur la gauche je crois. Une autre, sur la droite cette fois. Mes sens sont en éveil, je cherche la faille dans cette réalité sordide, les murs semblent se rapprocher, j entends des bruits d étoffes froissées, une clef, quelqu un a sorti une clef, sur la gauche, j entends un bruit métallique, un mécanisme est actionné, les murs bougent, ne pas tomber, respirer lentement, ne pas céder à la panique, les tentures se lèvent lentement, je me mets à hurler, j en étais sûre, le cri est aigu, idiot, ça me rappelle de vieux films américains, l actrice se met à crier, les mains sur le visage, avec un air pathétique, ridicule. Derrière les tentures, des vitres. Je me retrouve enfermée dans une cage de verre. Une sorte de chambrette posée au milieu d un sous-sol éclairé par des appliques design. Derrière les vitres, des hommes, des femmes. Six de chaque côté. Douze donc. Treize avec moi. C est biblique ça, treize. Un truc avec des apôtres et des peintres de la Renaissance et des femmes égorgées et dépecées et des colliers d épines dorsales. Tout doux l adrénaline, pas le moment de perdre les pédales. Mes hôtes n ont pas revêtu le costume du sacrifice humain, j ai donc quelques heures à vivre encore. Et s ils pensent égorger une vierge, ils ont dix ans de retard Ils n ont pas l'air méchant. Les femmes ont ce regard dur de la lionne à l affût, mais j en croise des dizaines par jour en liberté, les hommes me scrutent, sans émotion, sans lubricité, ils m observent, comme un fœtus dans du formol, scientifiquement. J essaie de raisonner. Neuf hommes. Trois femmes. Certains sont en costume, d autres en habit de ville, les tenues sont modestes pour quatre d entre eux. Tous milieux donc. Traditionnellement on pense que les pauvres sont plus généreux, plus humains, qu ils vous tendront la main en cas de coup dur. À voir. Les riches vous laisseront crever sur le bord de la route. À voir. Pas de têtes amies parmi mes hôtes. Les regards sont froids, inexpressifs. Les pièces annexes n ont pas de fenêtres, elles sont le prolongement de celle dans laquelle je me trouve. Un haut-parleur grésille audessus de ma tête, sur la droite, une femme, belle, bourgeoise, me parle. Marie Monna, née le 23 janvier 1985, fille de Martin Monna, boulanger de son état, et de Madeleine Magnenat, couturière. Vous avez ouvert l année dernière une boutique de perles dans un quartier populaire de Genève qui vous fait vivre modestement. Vous vivez seule dans un deux pièces, rue de l Industrie, aux Grottes. Vos rideaux sont blancs et fleuris, votre chat s appelle Gus et mange trop, vous payez régulièrement vos factures en retard et préférez les livres aux plantes vertes. 7

8 Vous connaissez le prénom de vos voisins, de leurs enfants, mais également de leurs proches, de leurs cousins et des voisins de leurs cousins. Vous aimez parler et faire parler les autres, le silence vous angoisse et vous n aimez pas la couleur verte. Vous buvez trop de sodas, et manquez cruellement de vitamine C malgré les fruits dans lesquels vous croquez sans vous faire prier. Vos chaussures doivent être cirées et vos placards ressemblent à Verdun cinq minutes après la fin des hostilités. Vous êtes désordonnée, vous avez peur des araignées et vos pieds sont trop grands. Vous n êtes pas croyante, ne menez aucune quête spirituelle, n entrez dans les églises qu en été parce qu il y fait frais. Vous avez eu 26 amants et vous avez récemment décidé de faire une pause avant de réviser votre alphabet. Depuis vous suivez les hommes jusqu à leur lit pour leur faire la lecture, mais votre corps vous dit que ça ne durera pas. Votre boîte aux lettres déborde de courrier amoureux et votre passion pour les tulipes est connue de tous les fleuristes du quartier. Vous dormez nue avec deux gouttes de Chanel n 5 sur le corps, comme Marilyn Monroe, mais vous avez remplacé le liquide hors de prix par une eau de toilette bon marché. Vous n avez rien contre le mensonge et n avez gardé de morale que la lettre m, dont vous signez tous vos courriers, et votre amour du blasphème est pathologique. Qui êtes-vous? Que me voulez-vous? Pourquoi suis-je enfermée ici? Comment savez-vous tout cela de moi? Vous me faites surveiller? Je hurle cette fois, avec le bon ton de voix, la puissance juste et l intonation ferme, je suis fière de moi. Je scrute chacun des visages, personne ne semble étonné de la situation, personne ne s offusque de mon intimité violée. Qu est-ce que je fous là, nom de Dieu, et qui va nourrir le chat? Vous avez des amis, les mêmes depuis toujours, des nouveaux chaque semaine. Vous aimez danser dans les parcs et portez des robes à fleurs dès que possible. Vous séduisez d un regard, vos courbes affolent, et vous le savez. Les hommes vous aiment, les femmes ne vous détestent pas, vous incarnez la sensualité et vous la saupoudrez d un humour viril. Lorsque vous tombez amoureuse, plusieurs fois par mois, vous savez vous faire aimer en retour. La puissance de votre magnétisme et les sentiments que vous faites naître dans le cœur des hommes sont d une force jamais égalée. Les hommes se sentent valorisés par votre amour, vous avez le don de les faire exister. Toute votre vie tourne autour de l amour, des sentiments, des émotions, tout n est que poésie et romantisme, tous vos actes sont teintés de rose et sentent le printemps. Vous êtes l incarnation de Vénus, Aphrodite, Initiale BB et autres abjectes muses sensuelles. Et ça vous défrise? Non, Mademoiselle, cela ne nous défrise pas le moins du monde, cela nous renvoie l image d un monde qui nous est inconnu. Nous, vos hôtes, subissons l outrage de votre bonheur depuis de longues années; vous et vos comparses nous obligez à évoluer dans ce qui est pour nous un enfer. Vous mordez à pleines dents dans la vie mais la vie ne s en offusque pas. Vous êtes perpétuellement désarçonnée et vous ne tombez jamais. Vous vous rendez compte? Vous ne tombez jamais! 8

9 Oh si, je tombe, je vous assure. Comme les garçons, je grimpais aux arbres, comme les garçons, je saignais des genoux. Et j aimais bien passer mon doigt sur la plaie. Le goût du sang ne fait pas mal. On fait glisser la douleur sur ses lèvres, avec l index, comme pour lui intimer le silence. Et les mauvaises heures s en vont en sourdine. Glissez votre doigt sur vos lèvres tant que vous vous voudrez Je puis vous assurer que vos tourments ne passeront pas. Ils ne dirent plus rien, ni les uns ni les autres. J essayai bien de leur poser quelques questions, de leur montrer toute l absurdité de la situation. Ils m observaient, ils me détaillaient comme une bête de foire. Je ne comprends pas. Je ne vois pas en quoi ma façon de vivre peut les déranger. Quelques intégristes religieux rêvent sans doute de me lapider et je suis interdite de mariage dans les trois-quarts des pays du globe, mais je ressemble en cela à la plupart de mes voisines, de mes amies. Je ne sens pas de jugement moral chez eux, juste une colère, froide, profonde Une gifle de ma mère lorsque j avais cassé le vase de sa grandmaman Depuis, je n ai plus ressenti ce sentiment, je le préviens, je l esquive. D un sourire. Si l esquive au sourire était une discipline sportive, je m inscrirais direct aux Jeux Olympiques. Bien, ils ne se décident pas à m en dire plus, je ne vais pas papillonner des paupières en vain, poser des questions qui resteront lettre morte. Autant fermer les yeux, me plonger dans des temps jolis, dans des bras, sous un arbre, une caresse sur ma peau, un homme, une femme, le soleil, qu importe, une caresse lente vers le sommeil Jamais je n aurai eu tant de public pour me regarder dormir. Je n imaginais pas qu elle pourrait s endormir ainsi. Quelle force de caractère À moins que ce ne soit de l indifférence, une capacité de jeter l autre par-dessus bord, sans remords, naturellement. Nous nous tenions là, coudes serrés, dans une vague gêne, geôliers peu à l aise, inquisiteurs inconsistants, mais nous étions tous dans notre rôle, en représentation; et elle irradiait de naturel. Sophie a enclenché le mécanisme, l a soustrait à notre regard. Le premier point était pour elle. Sophie nous a indiqué nos chambres, sans un mot. Nous n avions pas envie de trinquer autour d un pousse-café. 9

10 J ai ouvert ma valise. Mon rasoir, ma trousse de toilette. Qu est-ce que je fous ici? Sophie est folle, c est entendu, mais c est une folle convaincante Mitterrand avait une astrologue, les hommes de pouvoir se soumettent aux oracles les plus absurdes, les charlatans ont de l avenir et le marché de la crédulité est sans doute le plus florissant que l on puisse imaginer... Mais tout de même, me retrouver là, dans ce palais décati, dans ce décorum rococo, comme un cadre moyen dans un bordel prétentieux. Jusqu où peut-on pousser le ridicule? Jusqu où irais-je pour ne plus avoir mal? Je ne dors pas. Je la revois s assoupir, là, la tête entre les mains, recroquevillée, petite boule de chair fragile, cernée, disséquée Insoumise. On devrait savoir avec l âge, l expérience, qu il est des lits où l on ne devrait pas mettre les pieds. Les relations amoureuses ne sont pas différentes de l équitation ou de la géographie. On est plus ou moins doué. Mais il est plus facile de faire le deuil d une équation au deuxième degré que de renoncer à l idéal d une relation Idéal et relation sont deux mots qu il est impropre de prononcer dans une même phrase. J ai toujours eu peur de perdre les femmes que j ai perdues. Et puisqu on ne peut supprimer la perte, autant supprimer la peur et tout ce qui s ensuit, l obsession, la douleur, l insomnie. L insomnie. La revoir. Je me relève, pieds nus. Sophie ne nous a pas offert une clé pour rien Et je suppose que les petites faiblesses nocturnes font partie de la thérapie. Sur la pointe des pieds. Je prie pour ne pas faire craquer une marche de l escalier. Comme un gamin qui craint d être pris en faute. Eh, Sophie, c est inclus dans le programme, ce syndrome du pot de confiture? Je sais que le mécanisme fait du bruit, que je risque de la réveiller, pire, de réveiller un de mes collègues de cure. Alors je reste là, droit dans la nuit, à jouer à pile ou face dans ma tête. C est toujours face qui perd. Ma clé dans le mécanisme est comme une boule dans la gorge. Je connais bien. Les prémisses du virus. Pire que la grippe, pire que l hiver, pire que la mort. Je frotte mes mains l une contre l autre. J attends quoi, qu il me pousse un bouquet de fleurs dans la paume? Elle n a pas bougé, pas vraiment, à peine remué, comme un trouble dans son rêve. C est moi qui n ose plus respirer. J attends quoi, qu elle me sourie? Je suis en pleine incubation, moi. Elle dort. Son visage est plongé dans la pénombre. Elle est belle quand elle dort et je me vois déjà dormir près d elle. Maudites soient ces couches habitées, ces vieux rêves que je ne parviendrai jamais à tuer. Sa vie me plaît, j éprouve une tendresse préventive pour son chat, l évocation de ses amants ne me dérange en rien et j accepterais même qu un assortiment de sodas fluo vienne camper dans mon frigo. Tu vois où j en suis, Sophie? Ça fait partie de la thérapie, ce grésillement dans mon ventre? Il est toujours trop tard, disait Camus. Il ne parlait pas d amour. 10

11 Qu est-ce que tu fous? Je me retourne. C est Jean. Le colosse, le solide, celui qui semble capable d effacer les coups; et surtout d en asséner sans prévenir. J ai la clé Sophie, nous l a donnée Et Je Je ne transgresse rien Pourquoi, ce besoin de me justifier? Il s est levé, il est venu la voir, il est aussi atteint que moi! Tu veux qu on en finisse oui ou non? Bien sûr Nous avons payé assez cher pour ça Et alors? Et alors rien. J ai eu besoin de la voir, c est tout. Tu sais ce que je vois quand je te regarde? Un saboteur, un traître à la cause, une lavasse! J entends du bruit dans mon dos. C est elle. Elle s est réveillée, elle s est relevée. Elle nous observe. Alors les garçons, vous faites des heures supplémentaires? Toi, ta gueule, tu te tais, tu t écrases On va t arracher le cœur, au laser ou au burin, on va en presser tout le mauvais jus, tout ce qui suinte, tout ce purin! Il est fou, totalement fou, cinglé, il tambourine contre la vitre comme s il voulait la fracturer. Je reste coi, alors que Marie recule jusqu au fond de la cage, les bras devant le visage, comme pour éviter les coups. Et puis les autres arrivent. Sophie ne semble pas décontenancée, elle donne des instructions, un cachet pour Jean, un whisky pour moi, sa main sur mon épaule. Je baisse les yeux. Je crois que je ne suis pas sur la bonne voie. Le chemin est tortueux. La paix est un investissement. Oui, Sophie, mon compte bancaire s en souvient, et malgré tes petits plats et ton whisky hors d âge, j ai comme l impression de m être fait avoir. J attendais quoi, une potion magique? Encore envie de la voir. Le virus. Comme aux plus beaux jours. 11

12 Je ne supporte pas qu on me réveille au milieu de la nuit. Du temps perdu. Je suis programmé pour six heures de sommeil. L idéal avant une journée pleine et sans coup de mou. Oui, je suis un promoteur du coït à heure fixe, un adversaire résolu et victorieux des caresses du matin et je n héberge ni mes neveux ni mon filleul sans une provision de boules quiès à portée de main. Oui, j ai fait avorter quelques rêves de grossesse à la seule idée de me relever la nuit et de me retrouver à proximité d un lange souillé. Oui, je suis un affreux crevard qui voudrait aujourd hui assumer la vie qu il s est choisie. J ai souffert de la perte, du manque, j ai mordu l oreiller, tant mon corps refusait de se séparer de certains autres. Je suis resté là, les yeux grands ouverts, incapable d oublier, de dormir, à laisser péricliter mes affaires, à manquer des marchés, à bousiller des opportunités. Je ne veux plus de ça. J ai payé cher pour jouir de mon corps sans plus souffrir. Jouir et oublier. Sophie est une spécialiste, une professionnelle. Du moins, ses tarifs le laissent penser. Il est dès lors inadmissible qu elle ne choisisse pas ses clients avec plus de soin. Ce Jean, je l ai mal senti dès notre première rencontre. Ses yeux, sa façon d osciller d avant en arrière Limite déséquilibré. Et l autre, là, Marc, on sent tout de suite son potentiel fleur bleue. Un perdant. Un éternel perdant. Il a dû se réciter Eluard à seize ans et truffer ses bouquets de roses de petits poèmes ridicules. Nous n avons définitivement pas le même problème. La qualité des prestations offertes est intimement liée à l état de développement d une société. Je n accepterai pas qu on me gruge. J ai moyennement apprécié de débourser plus que les autres pour un programme semblable, mais je me suis dit que la cause valait bien quelques accommodements avec mes convictions politiques, mais là, ma chère Sophie, je crains qu il ne te faille rapidement me donner des explications circonstanciées. Le dernier aigrefin qui a tenté de rouler Romuald Vallin dans la farine se souvient encore des conclusions du procès. Si l on mesure la valeur d un homme à la pugnacité de son avocat, je n ai rien à craindre. Conneries. À qui oserais-je raconter que j ai fait appel à une gourou psychologue pour me purger enfin du sentiment amoureux? Moi, avec ma gueule et mon curriculum de fonceur Quelle dérision! Cette algarade ne me dit rien qui vaille. Je n arrive pas à croire que ces deux imbéciles se sont relevés la nuit pour voir cette fille. Comment Sophie l a-t-elle sélectionnée? Je ne veux pas croire qu il s agisse d un premier choix. Elle n est certes pas hideuse Mais enfin, ce look des quartiers de gauche, ça n augure pas un corps-à-corps qui coupe le souffle. J imagine assez bien. Des bras confortables, de l enthousiasme, mais pas de quoi se damner, que diable! 12

13 J en ai connus à l époque où je m encanaillais, quand je n avais pas un rond et que je gardais mon ambition au frais. Je crois avoir suffisamment roulé ma bosse pour ne plus devoir tolérer les défauts de carrosserie. Sophie, ma chère, Sophie, j ai comme l impression que notre entretien risque de ne pas être à ton goût. Je ne dors pas. Le petit-déjeuner est pour dans trois heures et je rumine sans la moindre raison. Je suis pris au piège de pensées qui n en valent pas la peine. Je suis allé trop loin pour demander qu on me rembourse. Mais je veux des résultats. Quoi qu il en coûte. Même la nuit. Ils viennent. Ne me lâchent pas. Finalement ils ne sont pas si différents de mes fantômes habituels, un poil plus lugubre, un brin plus habillés, avec ce quelque chose de l autre monde. J ai toujours pensé qu il fallait être pote avec sa part obscure, ne pas la rejeter, accepter l ombre c est prendre la lumière en pleine face. Ces hommes, ces femmes, puent la tristesse. Elle transpire de leurs pores comme un mauvais whisky un lendemain de cuite. Des deux hommes venus cette nuit je ne sais pas lequel me fait le plus peur. L un est hargneux et semble vouloir en découdre, rempli d une déception perpétuelle, l autre est dubitatif, me regarde comme une petite chose fragile qui lui offrira la rédemption et le délestera de l amour comme on pose un péché aux pieds d un curé. Je n ai pas à devenir le faire-valoir d une cause absurde. Détruire l amour pour arrêter de souffrir, et c est sur moi que ça tombe! Je n ai rien d une héroïne de manga. L amour, ça vous fou, les tripes à l air et ça vous dézingue le cerveau, comme une drogue dure. Et l accoutumance, la sale accoutumance, vient vite et violente. Bien sûr qu il serait plus facile de vivre sans amour, mais plus facile, c est mieux? Ce matin ressemble à tous les autres. Mes ouailles s ébrouent gentiment autour d un petit-déjeuner royal, tentant de livrer bataille avec leurs propres contradictions, entre deux bouchées de croissant. Les questions fusent dans leur petite tête de gros déçu. Fuir. Rester. La sauver. La tuer. L aimer. Dans trois jours ils sauront. Ils prendront du plaisir à décapiter un à un les bons sentiments de la belle et reprendront ensuite leur vie tranquille, sans amour, sans peur, sans émotions. Enfin. Et moi, Sophie la Bourgeoise, j irai poursuivre mon œuvre ailleurs, dégotter des spécimens intéressants à éprouver, détruire un peu plus la belle et harmonieuse hypocrisie de ce monde. Sophie? Marc 13

14 Je crois que je vais partir ce matin. Cette expérience n est pas pour moi. Vous allez donc la laisser entre les mains de Romuald? Le tendre Marc. Perclus de morale, en proie à des démons qu il ne soupçonne pas encore Ma phrase est efficace, elle l est toujours avec les Marc. Bercé par des contes chevaleresques toute son enfance, comment en serait-il autrement. Le jour où les parents liront Nietzsche à leur enfant le soir pour les endormir, le monde changera. Il est temps d officier. Mes amis, comment était votre première nuit au monastère? Troublante. Pourquoi, Suzanne? J ai du mal à comprendre le principe de votre thérapie. Hier, nous avons bu, mangé du homard, visité la prisonnière un court instant, vous avez énuméré les grandes lignes de sa vie, et nous avons regagné nos chambres. En quoi suis-je censée me sentir mieux? Suzanne, de quoi avez-vous rêvé cette nuit? D une mise à mort. Et vous Franck? Une mise à mort. Les autres? Mise à mort. Romuald? Votre silence m étonne Mise à mort?? Êtes vous devenus fous? Des pauvres nanas frivoles j en tue douze tous les matins avec ma caisse. Je ne suis pas venu pour ça. Je veux la voir souffrir ce que l on souffre tous les jours, je veux voir son univers se détruire, je veux qu elle crache sa vérité et la noyer dedans. Qu elle se rende compte enfin que cette merde d amour est une chose futile, contrôlée par des magnats du bon sentiment. On se fait plus de fric avec l amour que d or avec du pétrole. Quand j en aurai fini avec la demoiselle, c est elle qui réclamera la corde pour se pendre. Et donnez-moi le programme de la journée, j en veux pour mon fric. Impatient Sophie se saisit d une grande boîte en osier qui traîne dans un coin de la grande salle. Elle la pose aux pieds des convives. Et d un geste rapide, comme un 14

15 maître d hôtel découvrant un plat en retirant le couvercle bombé, Sophie ouvre la boîte. En voyant la tête de son chat pointer hors de la boîte, Marie est attendrie. Les moustaches du félin vibrent dans l air chargé d électricité de la pièce souterraine. Puis, un sentiment de terreur envahit la poitrine de la captive : Qu ont-ils l intention de faire à mon chat? Les douze sont partagés : certains sourient avec délectation, comprenant qu il se passera bientôt quelque chose de moche, tandis que les autres remuent dans leur fauteuil, de plus en plus mal à l aise. De sa main gauche, Sophie soulève le chat aux rayures noires et blanches par le ventre; elle pose un baiser sur la nuque du petit animal. Sans prévenir, elle dépose le minou sur les genoux de Marc qui fond en voyant le museau fureteur s enfouir sous son pull-over. Toujours en silence, Sophie sort un objet de la boîte. Un rouleau de scotch fort de couleur grise. Ce genre de scotch que les techniciens du spectacle utilisent pour fixer un projecteur à une barre métallique. Du solide. Elle le tend à Marc qui fronce les sourcils. Qu est-ce que vous voulez que je fasse avec ça? demande-t-il. À votre avissourit Sophie. Faites du mal à Marie. Mais comment? Je je ne comprends pas, proteste-t-il. Enroulez dix mètres de scotch autour de son chat. À ces mots, Marie se colle contre la paroi de verre de la cage, les paumes ouvertes. Non! Vous êtes fous? Arrêtez ce cirque! ça a assez duré, maintenant. Veuillez faire ce que je vous ai dit, ordonne Sophie à Marc. Le chat se doute de quelque chose; ses miaulements déchireraient n importe quelle âme normalement constituée. Par réflexe, sa queue s est enroulée autour de son corps couvert de poils soyeux. Marc dodeline de la tête. Je ne peux pas Mais si! Vas-y, c est qu une crevure de chat, encourage Jean. Laisse mon chat tranquille, hurle Marie en cognant des deux mains sur le vitrage épais. Tout le monde vous attend, précise Sophie en croisant une jambe sur l autre. 15

16 Marc prend son souffle, puis serre entre ses dents l extrémité du rouleau et déroule un bon mètre cinquante de ruban. En gémissant de dégoût, Marc enrobe les côtes, le dos et le ventre du chat. Celui-ci feule et se débat de toutes ses forces. Làbas, derrière sa vitre, Marie n est plus qu une boule de sanglots. Et Marc continue. Il déroule des dents un autre mètre de scotch pour emprisonner cette fois les pattes, les oreilles. Les onze convives sont stupéfaits : visiblement, personne ne le croyait capable d une telle cruauté. Une fois son œuvre achevée, Marc dépose à terre le chat qui, impuissant, s étouffe lentement. Tout le monde observe la réaction de Marie. Criera-t-elle un je vous hais bien sonore, signal d une victoire écrasante des douze? Non, aucune parole, elle sanglote sans fin. Le chat meurt le museau collé contre la vitre. Autour de lui, les spectateurs sont pétrifiés au fond de leur fauteuil, d autres serrent les mâchoires. Jean ricane comme un bossu tandis que Romuald est scandalisé qu on puisse faire souffrir un animal à cause d une nana. Il n y a que Sophie qui pose un regard admiratif sur la captive. Elle était sûre de sa méthode. Selon toutes probabilités, Marie Monna aurait dû haïr le bourreau. Mais rien n est venu, juste le chagrin. Faudra-t-il passer à la phase deux de son plan? Pas si vite, se dit-elle. Beaucoup de choses peuvent sortir d une confrontation. Elle saisit donc Marc par l avant-bras et l attire vers la cage, qu elle ouvre sans ménagement. Marc et Marie sont à présent face à face. Amusée par cette nouvelle situation, celle qui se fait appeler Corinne laisse flotter un sourire en forme de serpe sur son visage émacié. Elle n a qu un seul regret : ne pas avoir eu l occasion de faire souffrir elle-même cette belle garce de Marie. Depuis trois ans elle rêve de ça. Car contrairement aux autres convives, celle qui se fait appeler Corinne a une dette très concrète à régler avec la captive. Trois ans : 1000 jours d une mortelle attente enfin récompensée. Mais assez ressassé. Là-bas, dans la cage, un spectacle nouveau est en train de se jouer. Marc s approche de Marie. - Je ne savais pas que j aurais à faire des trucs pareils murmure-t-il. Marie soupire. Son bourreau s agenouille. Pitoyable et ridicule. Il mériterait une gifle. Ou un crachat. Ah, si seulement Marie voulait bien lui cracher au visage. Les convives se penchent en avant. On se croirait dans une pièce de Racine : on nous a promis une tragédie et le public la veut. Marie redresse son buste et prenant appui sur la vitre, elle se lève. Son bourreau est à ses pieds. Ils vous ont obligé, murmure-t-elle. Arrêtez de pleurer. L assistance reçoit sa déclaration comme une claque. Ne vous tourmentez plus, voyons. 16

17 Marie entoure les épaules de Marc. De son autre main, elle lui caresse les cheveux. Le malheureux bourreau se blottit contre la poitrine de Marie. Ses seins accueillent les larmes de Marc. Celui-ci enfouit son visage au plus profond de la douceur qui l entoure. Une fois ses tremblements et ses sanglots un peu calmés, Marc redresse la tête en direction des yeux de Marie. Je vous aime, dit-il. Moi aussi. Sophie hausse un sourcil. Eh bien, elle est coriace, la salope. Quelques heures plus tard. Dans le jardin peuplé d érables du Japon aux feuilles plus rouges que du velours du Moulin Rouge. Ils sont tous là. Même Marc qui a pourtant craqué. Lui, il ne sait ni partir ni rester. Les verres de kir royal sont vides. Corinne prend la parole. Chère Sophie, après cet échec cuisant, je suggère de passer à une nouvelle épreuve. Et vite. Rien n agace plus Sophie que lorsqu on lui dicte sa conduite. Ne vous en faites pas. Tout est prévu. Du bluff, peste Romuald. Je doute de plus en plus de vos méthodes. Et bien, vous allez pouvoir en juger par vous-même, répond Sophie. Je vous sollicite pour la prochaine épreuve. Ah, ne me demandez pas de torturer son canari. Je n ai rien contre une bande d excités qui se ramasse une bombe lacrymogène sur la gueule, mais laissez les animaux tranquilles, s il vous plaît. soir. Ne vous inquiétez pas, nous ne nous en prendrons plus qu aux humains ce Sophie sort un téléphone portable de son sac. Rose avec un pendentif en forme d arc-en-ciel. Il appartient à la conne? demande Jean. Evidemment, répond la maîtresse de cérémonie. A présent, veuillez me suivre. 17

18 L aimable assemblée retourne au chevet de la torturée. Quand elle les voit regagner leurs fauteuils, un frisson lui parcourt l épine dorsale. Que vont-ils encore inventer? Je vous demande encore une fois de me relâcher. Vous n arriverez à rien. Je n ai rien à prouver et vous non plus. Ça ne mène nulle part. Sophie ne répond rien. Elle lui montre son téléphone portable. La captive fronce les sourcils comprenant qu un nouveau jeu sadique est en train de se mettre en place. Sophie affiche la liste des contacts de Marie. Du bout de l index, elle fait défiler les noms. Dites-moi stop, ordonne-t-elle à Mathieu, un bonhomme qui jusqu à présent s est montré aussi actif qu une théière. Heu stop! dit-il au bout de quelques secondes. Madeleine Magnenat! proclame Sophie avec ravissement. Votre propre mère. Avouez que nous avons de la chance. On fronce les sourcils dans l assistance. On ne saisit pas encore tout le sel de ce nouveau jeu. A présent, ma chère Corinne, vous allez composer un message. Un message qui va définitivement ruiner la relation entre une mère et sa fille. Corinne, qui ronge son frein depuis bien trop longtemps, ne saisit pas la subtilité du jeu proposé. Ses premières pensées s égarent du côté de l enfance, des téléphones anonymes passés au hasard de l annuaire, la boucherie Sanzos, la plomberie Quidéquonne, la Naza. Puis, loin de se soupçonner si perverse, son esprit s oriente sur des jeux d adultes bien plus sordides. L impulsion lui fait saisir un long message que l on devine plein de reproches et de vilaines accusations. Mais Corinne se ravise : la perversion est louable empreinte de finesse, les gros sabots sont donc à proscrire. Le message est bref. Je sais tout. Concis. Une mère a tellement de choses à cacher à sa fille, une vie entière, ou presque, un gouffre sous les pieds d un enfant. Combien de relations mère-fille ont été détruites pour un secret éventé. Ces quelques mots, suivis d un silence de plusieurs jours, suffiraient à rendre folle toute mère, tout être humain. La réponse ne se fait pas attendre. Le téléphone sonne. Marie, qui a suivi la scène de loin, sans vouloir prendre part à l action par de vaines protestations, se redresse. Elle se sait en mauvaise posture. La mort de son chat, la docilité de Marc, le plaisir non dissimulé de Sophie et le regard torve de Corinne ne présagent rien de bon. 18

19 Ses relations avec sa mère, aussi improbables et chaotiques soient-elles, sont le fruit de plus de trente ans d amour. Rien dans l abject stratagème de Sophie ne pourrait détruire leur histoire. Marie en arrive à la conclusion que le seul moyen de se sortir de cette situation dramatique est de rester dans la demi-mesure permanente, ne pas les décevoir, ne pas leur donner ce qu ils veulent non plus. Le petit chat est mort, se répète-elle. Mauvaise chanson de Renaud. Mais quelle excellente réplique pour garder les idées claires. Personne n a autant d imagination qu un être amoureux. Si ces tarés ne sont pas capable d aimer, ils ne sauront pas me surprendre. Le coup du chat, pauvre Gus, était la première salve. Ils ont failli m avoir. Ca n arrivera plus. Marie jette un regard lucide sur les douze. Parmi eux se trouve son salut. Mais lequel? Corinne semble nourrir une haine profonde que ni son bandeau noir ni ses manières strictes et hautaines ne parviennent à voiler. Marc est le petit chiot perdu prêt à suivre n importe quel maître. Jean, comme tant d autres hommes, n est que violence, sans nuance aucune. Il manque le Philosophe. Elle vient de se faire cette réflexion. Tout débat sur l amour n est concevable qu avec une base philosophique forte. Il doit bien y avoir, dans cette improbable assistance, un homme, une femme, qui remette en cause les fondements de l amour, dans sa relation abstraite à l Homme, à la Nature, à l Art, au Sacré. Qui, parmi les douze, observe une distance empreinte de relativisme? Qui s est improvisé anthropologue du sentiment pour arriver à la conclusion que l amour n est qu une vaste supercherie? Qui? Qui? Qui? Lui. Évidemment. Le maigrichon haut sur pattes avec ses yeux de crocodile triste. Il n a pas encore parlé. A gardé la distance raisonnable. A sûrement noté, dans un coin de son esprit, chaque réaction, a fait les liens qu il convient entre les émotions, la raison, les croyances, le hasard. Il hausse les épaules parfois, triture un bout de ceinture. Il ne s est montré particulièrement nerveux que lors de l épisode félin et a froncé les sourcils lors de l envoi du message censé détruire la relation mère-fille. Sa quête est ailleurs. Peut-être n est-il pas là pour détruire l amour, mais pour le comprendre. Le processus doit l intéresser plus que le résultat et il semble désapprouver le déroulement des événements. Il est mon allié. Improbable planche de salut. Sa capacité de réflexion va servir mes desseins. Le petit chat est mort. 19

20 Le Philosophe n a pas aimé ça. Face à moi, Sophie se pavane, se gargarise, parle pour ses hôtes payants plus que pour la captive. Il faut bien que je l écoute, ne pas saper son autorité, attendre. Comment se sent votre pauvre Maman? Va-t-elle essayer d appeler encore? Sans doute Mais à chaque fois que le téléphone sonnera nous lui raccrocherons au nez. Raffiné, ne trouvez-vous pas? Extrêmement raffiné. Quand vous nous regardez, n éprouvez vous pas quelques doutes sur la bonté de l espèce humaine? Que lui dire? Se peut-il que cette cruche hautaine me croie si stupide? On peut aimer sans être naïf, s abandonner, décrocher, se laisser aller, se pâmer, caresser, ronronner (Gus, j ai mal) sans oublier que les hommes violent, pillent, torturent, convoitent, tuent (Gus, j ai vraiment mal) Sophie agite les bras, referme le mécanisme pour que je marine dans le bouillon de mes angoisses. C est ce qu elle a dit. Que je marine dans le bouillon de mes angoisses. Et les autres ont approuvé. Pas tous. Marc baisse la tête, il ne relèvera les yeux vers moi que dans un siècle ou deux. Jean serre les dents, les yeux fixes, rien ne lui plaît, rien ne le soulage, sinon l idée de me voir éventrée, boyaux à l air, définitivement impropre aux choses de l amour. Et Lui. Je n ai pu m empêcher de me tourner vers lui, juste avant que les tentures retombent. J ai cru (j ai voulu?) lire de la compassion dans son regard, une réprobation pour tout ce cirque. J ai cru. J ai voulu? Il y a dans les yeux tout ce qu on croit y voir. Les yeux ne trompent pas. Jamais, je n y ai lu un sentiment qui ne s y trouvait pas. Est-ce qu il m aidera quand j aurai vraiment besoin de lui? Est-ce qu il se contentera de fermer les yeux? Chez les philosophes, le courage est souvent en option. Ceux qui débattent se battent rarement. Et ceux qui se battent peuvent se passer de débattre. Un allié, un spectateur impartial? Un espoir. Je m assieds sur le sol, j ai la main verte : je sais cultiver mes espoirs. Vous vouliez me voir? Il est dix-sept heures. Dix-sept heures. Il y a des années que je n ai pas vécu un aussi vain après-midi. La mère a appelé 13 fois, Romuald 13 fois. C est un signe. 20

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