MINISTERE DE L ECONOMIE ET DES FINANCES

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1 Un Peuple - Un But Une Fo MINISTERE DE L ECONOMIE ET DES FINANCES DIRECTION DE LA PREVISION ET DES ETUDES ECONOMIQUES Document de traval N 03 GESTION DU RISQUE DE CREDIT ET FINANCEMENT DES ECONOMIES DE L UEMOA Aout 2007

2 Geston du rsque de crédt et fnancement des économes de l UEMOA Août 2007 Fatou DIANE Mouhamadou B. DIOP 1 RESUME Il est ben connu dans lttérature que le partage de l nformaton amélore les condtons d accès au crédt en rédusant les problèmes de sélecton adverse et d aléa moral. Ce paper a ms en exergue le rôle détermnant du dspostf de partage de l nformaton et le respect des normes nternatonales d audt dans la réducton des dffcultés d accès au crédt. D autre part, les estmatons ont également montré que les banques commercales devraent plus renforcer l explotaton des nformatons sur les détenteurs de comptes complées par la Banque Centrale. Classfcaton JEL: D82, G21, G28. Mots Clés: Dffuson de l nformaton, marché du crédt, geston du rsque. ABSTRACT Theory predcts that nformaton sharng among lenders contrbutes to the elmnaton of adverse selecton and moral hazard phenomena and can therefore ncrease lendng and reduce default rates. Among others factors, ths paper ponts out the role of sharng nformaton and the respect of nternatonal accountng standards (external audtors) to overcome the dffcultes of credt access n West Afrcan Economc and Monetary Unon. Moreover, commercal banks must explot more the compled nformaton n publc regster. JEL Classfcaton: D82, G21, G28. Keywords: Informaton sharng, credt market, rsk management. 1 Drecton de la Prévson et des Etudes Economques (DPEE). Nous tenons à remercer Sushmtha NARSIAH et Mamadou NDIONE pour le souten qu ls nous ont apporté dans la collecte des données ans que certans lecteurs anonymes. Les erreurs et mprécsons ans que les ponts de vue sont les nôtres et n engagent en aucun cas la DPEE 2

3 SOMMAIRE TABLES DES ILLUSTRATIONS... 4 INTRODUCTION... 5 Secton 1 : Fats stylsés et aperçu du système fnancer dans les pays de l UEMOA Le système bancare de l UEMOA La geston de l nformaton par la Banque Centrale Secton 2 : Cadre théorque et emprque de la geston du rsque Eléments théorques Etudes emprques Secton 3 : La Modélsaton Présentaton du modèle Descrpton des varables explcatves a Varables mesurées au nveau du pays b Varables ndvduelles Secton 4 : Résultats Résultats de la Modélsaton de la varable Acces par les deux méthodes retenues Résultats de la Modélsaton de la varable Coût par les deux méthodes retenues CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS REFERENCES ANNEXE

4 TABLES DES ILLUSTRATIONS Tableau 1 : Utlsatons des crédts déclarées à la Centrale des rsques en Décembre : UEMOA... 9 Tableau 2 : Utlsatons des crédts déclarées à la Centrale des rsques en Décembre : Côte d Ivore... 9 Tableau 3 : Utlsatons des crédts déclarées à la Centrale des rsques en Décembre : Sénégal Tableau 4 : Taux de couverture (% d adultes) Tableau 5 : Accès au fnancement (Probt ordonné) Tableau 6 : Accès au fnancement (Modèle bnare) Tableau 7 : Coût du fnancement (Probt ordonné) Tableau 8 : Coût du fnancement ( Probt bnare) Tableau 9 : Régresson smple avec 4 varables explcatves Tableau 10 : Introducton des varables talle, PROP et GDP Tableau 11 : Varable talle scndée en deux : MEDIUM ET LARGE Tableau 12 : Introducton des varables crosées : AUDIT*IS et AGE*IS Tableau 13 : Régresson smple avec 7 varables Tableau 14 : Regroupement de MEDIUM ET LARGE en une varable TAILLE Tableau 15 : Introducton de la varable nflaton (INFL) Tableau 16 : Varable dépendante : ACCESS Tableau 17 : Varable dépendante : COST

5 INTRODUCTION Le fnancement des entreprses dans les pays en voe de développement est devenu, de nos jours, prmordal au regard des dffcultés que rencontrent les états à assurer une crossance soutenue et durable. Depus quelques années, les chercheurs et balleurs de fonds s ntéressent à cette source de développement économque. De ces nvestgatons, l ressort le constat d une nsuffsance de fnancement des entreprses locales par le système bancare. En partculer dans la sous-régon, le clmat des affares est caractérsé par le fnancement des projets des entreprses sous fonds propres et un comportement d auto-ratonnement. Ans, les fonds propres fnancent les nvestssements et les besons en fonds de roulement à plus de 50% dans presque tous les pays de l UEMOA, en rason du fable accès des entreprses au système bancare. En effet, au Sénégal, 64% des entreprses ont accès au crédt, 38% des entreprses manufacturères bénnoses déclarent avor accès à des fnancements bancares tands qu au Mal, ce chffre s établt à 55%. Cette contrante dépend, entre autre, de la talle de l entreprse ; les grandes entreprses éprouvent mons de dffculté d accès au crédt car elles sont aptes à fournr des nformatons fnancères aux prêteurs d où la relaton complexe qu prévaut entre prêteurs et emprunteurs. Dès lors, l est mportant d évoquer qu une large parte de la lttérature économque s est ntéressée aux problèmes d asymétre d nformaton qu exstent entre ces deux partes, problèmes qu aboutssent généralement à un ratonnement du crédt d où le recours à d autres sources de fnancement par les entreprses. Ce ratonnement ans que les taux d ntérêt élevés découlent de l ncapacté des banques à obtenr les bonnes nformatons mas également à contrôler les actons des emprunteurs après octro du crédt. Pour reméder à ces problèmes nformatonnels, les travaux théorques et emprques ont opposé le mécansme de partage de l nformaton. Ce système d échange est sot contrôlé par les banques centrales sous forme de regstres publcs, sot par le prvé et dans ce cas l est géré par les bureaux prvés de crédt qu opèrent pour le compte des nsttutons fnancères. Ans, l objet de ce paper est de détermner les prncpaux facteurs explcatfs des contrantes d accès au crédt des entreprses de la sous-régon mas également de tester l hypothèse d une améloraton du fnancement des entreprses va une bonne explotaton du dspostf de partage de l nformaton. 5

6 Le reste de l artcle s organse comme sut. Dans la secton 1, les fats stylsés ans qu un état des leux du marché de crédt dans la zone UEMOA sont présentés. La secton 2 expose les cadres théorque et emprque de la geston du rsque de crédt. La secton 3 fat une Descrpton des varables utlsées dans la modélsaton. La modélsaton proprement dte est tratée dans la secton 4. La secton 5 analyse les résultats. Enfn les recommandatons ssues des recherches ans que la concluson sont contenues dans la secton 6. 6

7 Secton 1 : Fats stylsés et aperçu du système fnancer dans les pays de l UEMOA Cette premère secton du traval décrt les condtons de fnancement bancare de l économe des pays de l UEMOA et a pour prncpal objectf de fournr un cadre aux dfférents acteurs ntervenant dans le secteur fnancer, leur permettant de fare l état des leux du fnancement bancare de l économe dans les pays de l UEMOA et de rechercher des solutons approprées aux dffcultés d accès des agents économques au crédt bancare. A cet égard, les réflexons devaent permettre de : - cerner les causes essentelles de l nsuffsance et du coût jugé élevé du fnancement bancare de l économe dans les Etats membres de l UEMOA, au regard notamment des condtons d accès des agents économques, en partculer des PME/PMI, au crédt bancare. L analyse crtque de ces causes devrat porter, entre autres, sur l examen de l envronnement soco-économque et judcare dans lequel évoluent les banques et établssements fnancers de l Unon ans que les autres agents économques; - examner également les pratques bancares en vgueur dans l Unon, dont la rgdté, en partculer les crtères de sélecton des dossers de fnancement ou de la clentèle, et le coût relatvement élevé des nterventons, excluent des servces bancares, une frange mportante de la populaton (noton de sélecton adverse). - aborder ans les questons relatves à la bonne gouvernance (entreprses réglementées encore domnées par le secteur nformel), au bon fonctonnement de l admnstraton judcare (drots des créancers), etc. - formuler des recommandatons précses concernant les actons à envsager à court, moyen et long termes, afn de favorser un fnancement bancare accru des agents économques de l Unon, compatble avec la soldté du système bancare. - Enfn, cette évaluaton devrat déboucher sur des propostons ou recommandatons pertnentes, vsant notamment à amélorer l envronnement du système bancare, en renforçant la confance entre le système bancare et les agents économques, afn de leur faclter l accès aux fnancements bancares à des condtons approprées. 7

8 1.1 Le système bancare de l UEMOA L'évoluton du système bancare de l'unon a été marquée au cours des années 80 par une crse fnancère aguë, qu s'est tradute notamment par la dsparton de près du quart de l'effectf des banques et établssements fnancers. Aujourd'hu, globalement assan au prx d'une vgoureuse poltque de restructuraton, le réseau bancare de l'uemoa est consttué de 79 banques et 19 établssements fnancers en actvté en fn 2005 dont le captal est contrôlé à hauteur de 38.5% par des ntérêts natonaux et à 61.5% par des nvestsseurs étrangers. Les succursales et flales de banques étrangères jouent un rôle relatvement mportant dans l'ntermédaton bancare ; en partculer sept prncpaux groupes domnent le système bancare de l'unon. Il s'agt du groupe BNP/Parbas, de la Socété Générale, du Crédt Lyonnas, de la Belgolase, de Ctbank-NA, d'ecobank et de Bank of Afrca, qu contrôlent la plupart des établssements de crédt et détennent plus de la moté des parts du marché, à fn décembre L objectf vsé par cette poltque d mplantaton de nouvelles banques est de relever le nveau de bancarsaton de l économe de la sous-régon, d amélorer l accès des populatons aux servces fnancers, de lutter contre la pauvreté et de promouvor la crossance par l améloraton du fnancement des actvtés économques. L'actvté bancare est exercée à travers quelque 768 guchets, sot un rato de couverture géographque d'envron 1 guchet pour habtants. Par alleurs, avec un total de détenteurs de comptes bancares à fn décembre 2005, à comparer avec une populaton totale de 79.9 mllons d'habtants 2, l'unon affche un fable taux de bancarsaton de sa populaton, sot mons de 4%. Au vu de la nature de leurs actvtés, envron 87.9% de l'effectf des banques sont à vocaton unverselle avec 698 guchets contre 12.1% pour les banques spécalsées dans le fnancement de l'agrculture, de l'ndustre ou de l'habtat sot 70 guchets ouverts. Au 31 décembre 2005, les ressources collectées par les banques et établssements fnancers de l'umoa sont étables à mllards de FCFA, dont 82.34% de dépôts et emprunts et 2 Sources : Commsson de l UEMOA, Comté de Convergence et BCEAO, avrl

9 17.36% de fonds propres et autres ressources. Les emplos, quant à eux, se sont chffrés à mllards, sot 80% de crédts à la clentèle. L'analyse sectorelle des utlsatons de crédt fat toujours apparaître une part relatvement fable des fnancements en faveur du secteur prmare, envron 4% des crédts totaux à l économe en fn 2004, alors que ce secteur contrbue à la formaton du PIB à concurrence de 14,5% et concentre plus des deux ters de la populaton actve. Les prncpaux secteurs bénéfcares des crédts restent le commerce qu absorbe 37% des fnancements, les ndustres manufacturères avec 22%, et les servces dvers avec 14%. Tableau 1 : Utlsatons des crédts déclarées à la Centrale des rsques en Décembre : UEMOA Secteurs d actvté Agrculture, sylvculture et pêche 7% 6% 4% 4% Industres extractves 1% 1% 1% 1% Industres manufacturères 23% 24% 22% 22% Electrcté, gaz, eau 3% 3% 4% 4% Bâtments, travaux publcs 4% 4% 4% 4% Commerces, restaurants, hôtels 36% 33% 37% 38% Transports, entrepôts et communcatons 7% 8% 9% 10% Assurances, mmoblers, servces aux entreprses 5% 5% 5% 6% Servces dvers 14% 16% 14% 11% TOTAL 100% 100% 100% 100% Source : BCEAO 3 Tableau 2 : Utlsatons des crédts déclarées à la Centrale des rsques en Décembre : Côte d Ivore Secteurs d actvté Agrculture, sylvculture et pêche 3% 4% 5% 4% Industres extractves Industres manufacturères 29% 28% 28% 28% Electrcté, gaz, eau 2% 3% 3% 3% Bâtments, travaux publcs 1% 2% 2% 2% Commerces, restaurants, hôtels 37% 31% 32% 41% 3 Extrat du Rapport annuel de 2005 de la Commsson Bancare de l UMOA 9

10 Transports, entrepôts et communcatons 9% 11% 11% 13% Assurances, mmoblers, servces aux entreprses 4% 3% 4% 4% Servces dvers 15% 18% 14% 4% TOTAL 100% 100% 100% 100% Source : BCEAO 4 Tableau 3 : Utlsatons des crédts déclarées à la Centrale des rsques en Décembre : Sénégal Secteurs d actvté Agrculture, sylvculture et pêche 3% 3% 3% 3% Industres extractves 1% 1% 0% 0% Industres manufacturères 29% 38% 29% 30% Electrcté, gaz, eau 4% 4% 4% 4% Bâtments, travaux publcs 6% 5% 5% 6% Commerces, restaurants, hôtels 29% 23% 27% 25% Transports, entrepôts et communcatons 7% 7% 7% 7% Assurances, mmoblers, servces aux entreprses 7% 6% 7% 7% Servces dvers 14% 13% 18% 18% TOTAL 100% 100% 100% 100% Source : BCEAO Le système bancare a contrbué sgnfcatvement à l économe de l unon au cours des 5 dernères années du fat d une hausse du volume du crédt qu est passé de 639,6 mllards de FCFA en 2000 à mllards de FCFA en décembre Les crédts à court terme demeurent la forme la plus fréquente des concours bancares accordés. Ils s établssent à mllards en 2005 représentant 61,6% des crédts ordnares contre 26,8% pour les crédts à moyen et long terme 5. La structuraton des crédts à l économe a, dans presque tous les pays de l unon, fat peser de fortes nquétudes sur le souten aux nvestsseurs du secteur bancare. Au total en fn 2005, le secteur bancare fnance le PIB de l'unon à concurrence seulement de 18%. Ce constat de sous-fnancement des actvtés économques, contraste avec les excédents 4 Extrat du Rapport annuel de 2005 de la Commsson Bancare de l UMOA 5 En plus des crédts long, moyen et cout terme, les crédts dvers consttuent un autre poste dans le classement publé par la Banque Centrale et concernant les lgnes octroyées. 10

11 de trésorere de 818 mllards affchés par les banques et établssements fnancers au 31 décembre Plus généralement, c'est l'ensemble des opérateurs économques de l'unon, et tout partculèrement les pettes et mcro entreprses, qu déplorent pérodquement les dffcultés de fnancement auprès du secteur fnancer classque. Cette stuaton est corroborée par les dfférentes enquêtes réalsées dans le cadre de l évaluaton du clmat des nvestssements (ICA Survey). En effet, les résultats de ces enquêtes dans les pays de la sous régon montrent que la plupart des entreprses fnancent leurs nvestssements et leurs fonds de roulement à partr de fonds propres. La part des ressources propres dans les nvestssements et fonds de roulement s élèvent à plus de 80% (entre 82% et 89%) au Mal, plus de 70% au Sénégal et à plus 60% Bénn alors qu elle se stue à 30% en Inde 54% au Ngéra et 45% au Kenya. Cette stuaton explque le fable accès des entreprses au système bancare. En effet, au Sénégal, 64% des entreprses ont accès au crédt, 38% des entreprses manufacturères bénnoses déclarent avor accès à des fnancements bancares tands qu au Mal, ce chffre s établt 55%. Cette contrante dépend, en effet, de la talle de l entreprse ; les grandes entreprses éprouvent mons de dffculté d accès au crédt car elles sont aptes à fournr des nformatons fnancères aux prêteurs. 1.2 La geston de l nformaton par la Banque Centrale Elle consttue, après le respect des ratos de solvablté, la seconde composante de la geston du rsque. Sa mse en œuvre passe par la créaton de deux structures. Les regstres publcs consttuent le premer pler ; ls sont gérés par une entté supra bancare (Banque Centrale). Le bureau prvé de crédt consttue la seconde structure; ce bureau peut être créé par les nsttutons de crédt qu décdent de partager mutuellement les nformatons de leurs clents pour mnmser les problèmes d asymétre d nformaton. Dans le cas partculer des pays de l UEMOA, se trouve au sen de la Banque Centrale des Etats de l Afrque de l Ouest (BCEAO), un servce qu se charge de la centralsaton de tous les rsques lés à l octro de crédt. Ans, à travers une centralsaton de toutes les nformatons relatves aux engagements bancares des entreprses et des partculers, la Centrale des Rsques regroupe chaque mos les encours de crédts de chaque nsttuton de crédt dans un «lvret vert» qu elle met à la dsposton de chaque banque et établssement fnancer. Ce «lvret vert» qu repose sur le dspostf des accords de classements, présente les dfférents clents avec leurs dfférents crédts consents. Ans, ce document permet, entre 11

12 autres, de comparer le nombre de crédts bénéfcant d accords de classement et l encours total de crédts dstrbué par chaque banque, de classer les dfférents crédts par secteur d actvté mas également de fare ressortr la dverson selon la nature des crédts (court, moyen et long terme). A cet égard, chaque banque est tenue de répondre à un questonnare de la banque centrale et de façon régulère. A noter également que la Centrale des Rsques procède à une note qu elle puble à la fn de chaque année vsant à fournr les nformatons nécessares ; ce qu consttue pour le système bancare un outl de suv qualtatf du portefeulle de crédts. Cette note prend en compte la qualté de l entreprse, le système d nformaton comptable utlsé conformément aux dspostons du SYSCOA, la talle de l entreprse selon le chffre d affares et les ncdents enregstrés au cours de l année. En tant qu outl d ade à la décson, le système d nformaton ans ms en place par la Centrale des Rsques permet aux banques de rédure le rsque de crédt dû aux asymétres d nformaton. Ans, l nformaton nécessare mse à la dsposton des nsttutons de crédt va permettre une melleure apprécaton des rsques encourus. Outre la centrale des rsques, la BCEAO compte un autre servce appelé Centrale des Incdents de Paements (CIP). Ce servce a pour vocaton de collecter et de dffuser les ncdents de paements concernant l émsson des chèques, bllets à ordre et cartes bancares. Dans le contexte de restaurer la confance du publc face aux moyens de paements scrpturaux notamment par chèque, bllet à ordre, lettre de change et carte bancare, la CIP veut contrbuer à la promoton de l utlsaton de cette forme de monnae. Apres déclaraton des ouvertures de compte et des nterdctons bancares prononcées sute à des ncdents de paements, les établssements fnancers sont tenus avant toute émsson d un chéquer de se conformer à la réponse de la BCEAO quant à la régularté du clent au sen du système bancare. Ce système permet de sécurser l atmosphère bancare en assurant un envronnement propce à l assanssement des transactons courantes et commercales, mas également de conforter la foncton d ntermédaton fnancère en offrant aux banques un système d dentfcaton des personnes physques et morales recensées et détenteurs de comptes. Cette centralsaton nformatve des ncdents de paements et des rsques au nveau de la Banque Centrale combnée aux efforts consents par les gouvernements dans le cadre de 12

13 l applcaton des drectves du 19 Septembre 2002 de l UEMOA portant sur les mesures de promoton du taux de bancarsaton de la zone et de l utlsaton des moyens de paements scrpturaux, montrent en effet la sensblté des gouvernants au rôle mportant que joue l nformaton fnancère dans le secteur bancare. Les taux de couverture calculés et publés dans les Rapports Dong Busness montrent que les pays dont la légslaton est d orgne anglo-saxonne prvlégent plutôt les bureaux prvés de crédt alors que ceux pour lesquels l obédence est romane ont des regstres publcs même s dans ce domane les pays d Amérque Latne mélangent les deux mécansmes. Concernant l UEMOA, seul le Bénn a attent les 10% en 2006 en termes de couverture des regstres publcs s approchant ans de la France (12.3%) et très lon derrère l Argentne et le Chl. En ce qu concerne la couverture des bureaux prvés de crédt, on peut noter l absence totale de ces structures dans les pays francophones. Ce constat révèle qu l y a des efforts à fare dans le domane de la dffuson de l nformaton dans les pays de l UEMOA pour garantr un marché de crédt vable et stable. Tableau 4 : Taux de couverture (% d adultes) Pays regstres publcs bureaux prvés Sénégal Bénn Burkna Faso Cote d Ivore Mal Togo Gunée Bssau Nger France Maroc Argentne Chl Colombe Etats-Uns Chne Source : Rapport Dong Busness 2005, 2006,

14 Secton 2 : Cadre théorque et emprque de la geston du rsque 2.1 Eléments théorques Il est connu que l échange d nformaton entre établssement fnancers a quatre effets. Il partcpe à l améloraton de la connassance des caractérstques des emprunteurs, à la réducton des rentes nformatonnelles (en renforçant la concurrence entre les banques). D autre part, la dffuson de l nformaton dscplne les emprunteurs et rédut leur propenson au surendettement. Ce rôle détermnant joué par l nformaton dans les marchés de crédt a suscté un ntérêt depus les travaux théorques de Jaffee et Russell (1976), Stgltz et Wess (1981). En effet, une bonne parte de la lttérature a montré que ces problèmes d asymétre d nformaton entre prêteurs et emprunteurs aboutssent à une allocaton neffcace du crédt [ratonnement du crédt et/ou des taux d ntérêt élevés]. En réalté, ces types de problèmes apparassent à deux nveaux dfférents dans la relaton entre prêteurs et emprunteurs. D abord, la premère forme d asymétre arrve lorsque le prêteur gnore certanes nformatons mportantes sur l emprunteur ; face à une telle stuaton, l allocaton des crédts devent neffcace et condut surtout à des problèmes de ratonnement du crédt ou à des taux d ntérêt élevés. En réalté, lorsque le prêteur veut charger un taux d ntérêt élevé, seuls les mauvas payeurs se font sélectonner. Sam et Delorme (2004) ont fat un survol des problèmes d asymétre d nformaton dans les pays émergents et affrment que les banques en présence de sélecton adverse ratonnent le crédt ou demandent aux emprunteurs des contrepartes que peu d entreprses sont capables de fournr s l on consdère que la plupart des entreprses de la zone sont, sot de l nformel, sot de talle pette. Le second problème apparaît après l octro du prêt. Pluseurs stuatons d asymétre d nformaton peuvent se présenter ; elles peuvent être résumées comme sut : - sot l emprunteur dssmule ses efforts au prêteur ou décde de déployer les fonds vers d autres projets non dentfés lors du montage fnancer ; - sot l emprunteur cache ses résultats à la banque. Dans tous ces cas, on parle d aléa moral. 14

15 Au début des années 80, la lttérature s est massvement développée mas la premère démarche rgoureuse permettant la possblté de rédure les problèmes de sélecton adverse va le mécansme d échange d nformaton revent à Pagano et Jappell (1993). Selon ces derners, le partage d nformaton partcpe à l améloraton de la sélecton des emprunteurs, donne une ndcaton de leurs rsques de défaut, basse le taux d ntérêt et renforce la compétton entre prêteurs en lmtant les rentes nformatonnelles. Dans leur modèle, chaque banque détent une nformaton prvée sur ses clents et aucune donnée sur ceux des autres vlles. Ans, elles font face à une stuaton de sélecton adverse. Ans lorsque les banques échangent des nformatons sur leurs clents, elles dmnuent les problèmes de sélecton adverse qu se posaent jads. Il découle de ce clmat d échange la basse du taux de défaut. D autre part, ces mêmes auteurs montrent que l mpact sur les crédts est assez ambgu en ce sens que la hausse des prêts pour les bons payeurs serat compensée par une basse des prêts accordés aux mauvas emprunteurs. Pour ce qu est de l aléa moral, les travaux de Padlla et Pagano (2000) révèlent que la dffuson de l nformaton entre prêteurs a un rôle dscplnant. En effet, lorsqu un emprunteur fat défaut alors l envoe un sgnal de mauvase réputaton et ses demandes de prêts futurs sont sot refusées sot obtenues à un coût très élevé. Un tel dspostf rédut les rsques de défaut et augmente le volume de crédt. Récemment, Jappell et Pagano (2005) ont prouvé que la dffuson d nformaton partcpe à la réducton des problèmes de sélecton adverse sur deux aspects. D abord, elle amélore la connassance des caractérstques des clents et rédut l endettement des emprunteurs. Un autre aspect mportant de la dffuson de l nformaton, ms en exergue par Padlla et Pagano (1997), est la lmtaton du phénomène de hold up [rente nformatonnelle]. En effet, lorsque la banque entretent d ancennes relatons avec un emprunteur, elle en tre une nformaton prvlégée et exerce un certan pouvor de marché. Ces auteurs montrent que la dffuson de l nformaton permet de renforcer la concurrence entre banques et lmte le monopole de la banque. Ans, le taux d ntérêt basse ans que les probabltés de défaut et on obtent des prêts plus élevés qu en stuaton d absence de partage d nformaton. Cependant, l est ntéressant de sgnaler que ce mécansme peut être lmté lorsqu une banque 15

16 ne coopère pas dans la dffuson de l nformaton 6 [free rder] en voulant conserver la rente nformatonnelle d où l mportance de la régulaton publque. 2.2 Etudes emprques Depus les travaux de Pagano et Jappell (1993) et Padlla et Pagano (2000), un nombre élevé d études ont été réalsées pour tester l hypothèse de la dffuson de l nformaton. En effet, ces études peuvent être regroupées en deux approches. La premère catégore utlse des données ndvduelles et la seconde a recours aux données macroéconomques. Chandler et Parker (1989), Barron et Staten (2003), Kallberg et Udell(2003), Powell et al. (2004), Luoto et al. (2004) ont montré que l explotaton des nformatons centralsées par les bureaux prvés de crédt permet une melleure prévson des rsques défaut des emprunteurs. En testant une relaton postve entre partage de l nformaton et faclté d accès au fnancement sur 43 pays, Jappell et Pagano (2002) ont prouvé que le marché de crédt est plus performant dans les pays où la dffuson de l nformaton état ben étable ; de surcroît, dans ces mêmes pays, les taux de défaut étaent les plus fables. Dans ce même sllage, Brown et al. (2006) ont révélé que l échange d nformaton permet un melleur accès aux crédts des frmes ans qu une réducton des coûts de crédt dans les pays communstes (Europe de l Est et ancennes républques sovétques). Les travaux de Galndo et Mller (2001) s nscrvent dans le même sens. Au plan macroéconomque, Djankov et al. (2006), réalsant une étude sur les détermnants du crédt prvé dans 129 pays consttués auss ben de pays pauvres et de pays rches, ont montré que la dffuson de l nformaton en est un facteur clé. 6 Lorsque le marché n est pas segmenté où qu l n y a pas de lmtaton à l entrée, les banques peuvent avor des atttudes à ne pas partcper à la dffuson d nformaton. 16

17 Secton 3 : La Modélsaton Les dfférentes approches proposées dans cette parte s nspre de Brown et al. (2006), Jappell et Pagano (2002) et Jappell et Pagano (2005). Elles relent les problèmes d accès au crédt et les coûts de fnancement aux caractérstques de la frme telles que sa talle, son secteur d orgne, le respect des normes nternatonales de geston etc., l envronnement macroéconomque (nflaton), PIB par tête et la varable d ntérêt qu est c le partage de l nformaton. En effet, deux types de modèles sont proposés. D abord, le modèle polytomque est analysé pus l est queston du modèle bnare obtenu après regroupement de la varable endogène. Dès lors, elle prend 1 s l y a contrante d accès ou de coût au fnancement et zéro snon Présentaton du modèle Cas du modèle polytomque ordonné Ce modèle est une varante des modèles ordonnés qu sont utlsés lorsque les valeurs prses par la varable multnomale correspondent à des ntervalles dans lesquels va se trouver une seule varable latente nobservée contnue. Ans, la varable dépendante y prend m modaltés ordonnées les unes par rapport aux autres. Dans un premer temps, nous allons explquer les contrantes d Accès au fnancement bancare représenté c par la varable observée y qu est la manfestaton d une varable latente nobservée y *. Dans un second temps, les contrantes lées au Coût sont explquées par la varable z selon la même spécfcaton que y. La varable y prend la valeur 1 s l y a des obstacles majeurs, 2 lorsque les obstacles sont modérés, 3 en présence de problèmes mneurs et 4 s l n y a aucune dffculté. Dès lors, les varables latente et observée sont relées par la transformaton suvante : y 1 s y c 2 s c y c = 3 s c 3 y c 4 s c 4 y 17

18 Par alleurs, on a : y = X β + σ ε et c1 = et c5 = + ε est une erreur dont la dstrbuton F est supposée connue et X est le vecteur de varables explcatves dont la descrpton est réservée dans la secton suvante. c j+ 1 x β c j x β Rappelons que P y = j X = x = P c j y c j X = x = F F σ σ Ans, la log-vrasemblance s écrt comme sut : l N c y x β c y x β c,, = ln F F = 1 σ σ + 1 ( β σ ) Cas de la varable endogène bnare Dans cette parte, un regroupement de la varable endogène est opéré. Dans cette étude, avec la modélsaton des contrantes lées à l accès au fnancement bancare (respectvement aux coûts), la varable y (respectvement z ) prend la valeur untare s l y a contrante d accès au crédt (respectvement de coût de fnancement élevé) et zéro snon. Sot un échantllon d observatons de N pars de varables (, ) où { 0,1} y et y X, =1,., N, K X R est un vecteur de varables explcatves. Ans, on a : 1 s y 0 y = 1{ y 0} = avec y = X β + ε 0 s y 0 * y : Varable latente généralement nobservée. β : Vecteur de paramètres à estmer X : Vecteur de varables explcatves Dès lors, on peut calculer la log-vrasemblance va le calcul des probabltés d occurrence des événements : ( ) P y = 1 X = x = F xβ N ( ) = 1 Et l ( β ) = y F ( x β ) + ( 1 y ) 1 F ( x β ) Les technques classques postulent que la dstrbuton des erreurs est sot gaussenne et on parle de modèle probt, sot logstque et on parle dans ce cas de modèle logt. Cependant, une 18

19 telle hypothèse peut aboutr à une mauvase spécfcaton d où le recours aux méthodes non et sem paramétrques. On a : = 1 ( ) N ˆ β = arg max y Fˆ x β + 1 y 1 Fˆ x β β ( ) ( ) ( ) 3.2. Descrpton des varables explcatves Dans cette secton, l est queston de défnr les varables utlsés dans nos travaux emprques. En effet, deux varables sont à explquer : Acces et Cost (se conférer à la spécfcaton). Quant aux varables explcatves, elles sont de deux types ; une premère catégore mesurée au nveau du pays et une seconde qu relève des ndvdus. 3.2.a Varables mesurées au nveau du pays Cette catégore de varables est composée de l ndce du partage de l nformaton qu est la varable clé de l étude et des varables captant la stuaton macroéconomque (nflaton, PIB par tête). L ndce du partage de l nformaton est mesuré dans la plupart des études rencontrées par une varable bnare (Djankov et al. (2006)) ou polytomque (Brown et al. (2006)). Par contre, dans cette étude, elle est mesurée par le taux de couverture des regstres publcs calculé dans le cadre des enquêtes Dong Busness de la Banque Mondale. Ce chox s appue sur deux rasons. D abord, dans les pays étudés, l unque forme de dffuson d nformaton recensée est le regstre publc et la seconde rason est plutôt d ordre technque; en effet, une façon de mesurer le partage de l nformaton est le recours aux varables bnares qu, dans certanes crconstances, pose des problèmes de mult-colnéarté. Selon l enquête Dong Busness, le taux de couverture des regstres publcs, qu est la varable «IS» est défn comme étant le nombre d ndvdus au sens large (entreprses en personnes) dont on a les nformatons sur leurs emprunts et l hstorque du paement de leurs dettes ; l ensemble de ces ndvdus est lsté sur un regstre publc géré par la Banque Centrale. Ce taux est calculé par rapport à la populaton adulte. Il donne une bonne ndcaton sur le système de dffuson de l nformaton d un pays. La revue de la lttérature théorque et en partculer les travaux de Pagano et Jappell (2000) a montré que la dffuson de l nformaton permet de rédure les problèmes d asymétre de l nformaton rencontrés dans le marché du crédt et elle rédut par conséquent les contrantes d accès au fnancement. 19

20 Par alleurs, l est ntrodut dans cette famlle de varables des ndcateurs au plan natonal pour contrôler les dfférences de performance macroéconomque. En effet, plus la stuaton macroéconomque est favorable («GDP»), plus les entreprses ont des facltés d accès au crédt tands que l nflaton («INFL») a plutôt un effet négatf sur l accès au fnancement. Ces varables macroéconomques ont été trées de World Development Indcators de b Varables ndvduelles Les autres composantes du vecteur de varables utlsé dans notre spécfcaton relèvent des caractérstques des entreprses. Ces varables et les contrantes d accès au fnancement pour contrôler les varatons de rsque de crédt à travers les entreprses. En effet, l s agt de l âge de la frme, de sa talle mas également de la fablté des comptes de l entreprse par une vérfcaton de ces comptes par un cabnet d audt et du secteur d actvté. La talle est mesurée par tros varables bnares défnes par le nombre d employés que compte l entreprse. Pour ce qu est de la premère mesure, l entreprse est qualfée de pette talle («SMALL») lorsqu elle a entre 1 et 49 employés, moyenne («MEDIUM») pour une populaton de 50 à 249 travalleurs et fnalement elle est consdérée comme une grande entreprse («LARGE») s elle a plus de 250 employés. Cette répartton s nspre des travaux de Brown et al. (2006). D autre part, l âge («AGE») de l entreprse est calculé par la dfférence entre la date d exécuton de l enquête et la date d établssement de l entreprse. Ces deux varables partcpent à la réducton des contrantes de fnancement de l entreprse. En effet, plus l entreprse est grande, plus elle a des facltés de crédt surtout dans nos économes ; dans ce même sllage, l ancenneté de l entreprse lu permet de jour d une bonne notorété auprès des établssements de crédts. Par alleurs, une autre varable qu donne une vsblté de l entreprse auprès du système fnancer est la varable «AUDIT». Bnare, elle ndque s l entreprse a fat audter ses comptes par un cabnet ou non. L audt des comptes d une entreprse permet d obtenr une nformaton fnancère plus sure et devrat partcper à la réducton des problèmes d asymétre de l nformaton. Et enfn, cette secton s achève par la présentaton des varables qu tratent du nveau d nstructon du proprétare («ETUDE») et de la nature de l actonnarat («PROP»). La varable «ETUDE» permet de tester s le nveau d nstructon du proprétare. Elle consttue un sgnal qu permet aux structures fnancères de faclter l accès 20

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