TRANSCRIPTION DES DEBATS DU FORUM SAINT VINCENT DE PAUL DEMAIN? UN QUARTIER POUR ET PAR LES HABITANTS TABLE DES MATIERES

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1 TRANSCRIPTION DES DEBATS DU FORUM SAINT VINCENT DE PAUL DEMAIN? UN QUARTIER POUR ET PAR LES HABITANTS 20 avril 2013 à l'ecole Spéciale d'architecture TABLE DES MATIERES Table ronde Aline Rocher...2 Michelle Untersteller...2 Jean Paul Armangau...3 Célia Blauel...5 Jacqueline Lorthiois...5 Questions de la salle...7 Intervention intervention 2 - JP Coulomb...7 intervention 3 Francis Tournois...7 intervention 4 Nicolas Behr...7 intervention 5 Gilles Garby...8 intervention 6 François Schlumberger...8 Réponse des intervenants...8 JP Armanguau...8 Jacqueline Lorthiois:...8 Celia Blauel...9 intervention 4bis Nicolas Behr...10 intervention 7 Jacques Amaury...10 Table ronde Joseph Rabie...11 Taoufik Souami...12 Franck Faucheux...14 Jean Paul Armangau...18 Questions de la salle... 18???...18 Jean Paul Armangau...18 Guillaume Faburel, (modérateur)...19 La salle...19 Jean Paul Armangau...19 La salle...19 Franck Faucheux...19 La salle...20 Celia Blauel...20 Joseph Rabie...20 La salle...20 Franck Faucheux...21 La salle...21 Franck Faucheux...21 Jean Paul Armangau...21 Franck Faucheux...22 CONCLUSION Christian Faliu...22 Hervé Saillet...23 Guillaume Faburel...24 Christian reprend la parole /09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

2 TABLE RONDE 1 Heré Saillet modérateur Aline Rocher H21 et CESVP Remerciements à Marlène Ghorayeb et Marie Hélène Amiot Depuis 2 ans s est élaboré un long travail de réflexion au sein du groupe St Vincent-de-Paul au travers de réunions, formations et voyages dans le but de constituer un bagage d expériences diverses et de nous permettre d amorcer une culture du vivre ensemble, de définir des valeurs communes, de comprendre ce qu est une démarche participative, et de préciser les modes d organisation que nous souhaitons pour notre habitat. St Vincent de Paul, nous le voulons pour et par les habitants Il nous était nécessaire de créer ce collectif afin de préfigurer le futur écoquartier et inscrire la démarche de participation durant tout le temps de la construction du quartier, et également introduire dès maintenant sur le site Saint Vincent de Paul différents types d activités, de services et autres initiatives avec un certain nombre d associations du 14 ème arrdt qui ont rejoint le collectif : associations militantes du logement social, de l urbanisme participatif, de l économie sociale et solidaire ainsi que des associations porteuses d activités liées à l habitat participatif. Notre sommes convaincus que c est à partir de nos structures associatives Groupe Saint Vincent de Paul et Collectif St Vincent de Paul que nous pouvons nous lancer dans une nouvelle phase de formalisation et de programmation de ce projet. Notre politique est de monter un partenariat pour concrétiser ce modèle d habitat innovant et ouvert sur le quartier, couplant habitat et activités pour une économie résidentielle, maitrisée et basée sur la valeur d usage plutôt que spéculative. Nous vous soumettons ce rapport aujourd hui et souhaitons profiter de l éclairage, de l expérience et de l engagement de tous les intervenants et participants de ce forum. Cet échange aujourd hui est symbolique de notre philosophie : savoir mutualiser et partager, nous croyons à l intelligence collective. Michelle Untersteller H21 et CESVP Hespère 21 est une association qui cherche à créer de l habitat participatif dans Paris, le grand problème étant bien évidemment l accès au foncier. Notre moteur c est vivre autrement tout simplement, et cela passe par se loger autrement, nos valeurs ce sont la convivialité, la solidarité, l autogestion, la mixité, Hespère 21 fait partie de tout un ensemble d associations en France et dans le monde ; lors des Rencontres Nationales de l Habitat Participatif en novembre dernier, la ministre Cécile Duflot a déclaré que l habitat participatif serait la 3 ème voie dans la Loi à venir - sur le logement, après l habitat libre et l habitat social. L habitat coopératif et participatif est donc pris en compte dans la discussion de la loi sur le logement. Hespère 21 a commencé à faire un travail sur le groupe Broussais et au bout d un an, nous avons compris qu il n y aurait pas d habitat coopératif à Broussais. Le maire, qui nous a soutenus par 2 fois, pour avoir des subventions de la Fondation de France, nous a fait la promesse d un habitat coopératif sur le site de St Vincent de Paul ; nous travaillons donc sur ce projet depuis 3 ans. St Vincent de Paul c est 3.4 ha, un lieu symbolique, ce fut un excellent hôpital, dont la fermeture a été très polémique. Le projet de la Ville de Paris est de construire un écoquartier sur ce site et pour cela il est impératif de changer le PLU- plan local d urbanisme - car un hôpital appartient à la catégorie «grand service urbain» et il est formellement interdit de construire autre chose qu'un GSU sur un terrain ainsi qualifié. Le programme de la Mairie (à reprendre de la présentation, slide 7) prévoie une forte augmentation de la densité, 400 à 500 logements dont 50% de logements. 600 m² de locaux associatifs, m² gymnase et salles de sport, école maternelle et élémentaire,, de l activité dont m² de prise en charge du handicap. Un programme qui ne rencontre pas l unanimité dans le quartier! Le collectif Saint Vincent de Paul : Une des règles de fonctionnement de notre collectif est d être vigilant sur la répartition des logements sociaux, entre les PLAI, PLUS, PLS ces différentes catégories de logement plus ou moins chères selon les revenus des personnes. 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

3 Pourquoi ce collectif? - Nous souhaitons prendre pied sur le site au plus vite : pourquoi laisser vides autant de m²? Nous avons d ailleurs repéré le local qui nous conviendrait : la lingerie. Nous pourrions investir ce lieu tout de suite, y vivre afin de nous permettre de définir ce que serait le quartier plus tard. Nous voulons exister en tant que force de proposition et devenir un interlocuteur dans l élaboration du futur quartier, Nous soutenons un habitat participatif dans un écoquartier pour plusieurs raisons : - Nous pensons que les valeurs que nous portons, de partage, de solidarité, d entraide, de mixité et d acceptation de la différence, peuvent être un ferment, un moteur de vie pour ce quartier, D autre part, nos valeurs favorisent un savoir vivre durable au travers de l écologie et du respect des règles d optimisation du développement durable mais aussi parce que la prise en main de la gestion de son propre cadre de vie offre une garantie de pérennité et de sécurisation ; Nous avons l intention d être vraiment un habitat coopératif mixte et d associer à notre projet toutes les populations qui ont été définies dans le programme : étudiants, immigrés, jeunes, handicapés... : notre objectif est que notre habitat soit à l image de ce programme. Hespère 21 a accumulé beaucoup d expériences notamment au travers de ses formations et de ses voyages en France et à l étranger (Autriche, Allemagne, Suisse, Belgique) et est tout à fait disposée à en faire bénéficier tous ceux que cela intéresse! à venir.. Il reste beaucoup à faire.. - L accès au foncier est notre plus gros souci ; le coût du terrain à St Vincent de Paul est énorme et nous sommes à la recherche de montages afin de ne pas acheter le terrain, celui-ci resterait la propriété de la ville, de l Etat et l habitat coopératif serait locataire du terrain en quelque sorte. - Il nous faut faire une étude de faisabilité : nous avons fait une enquête sur nous-mêmes, nous sommes une soixantaine de familles et à partir de cette enquête, il nous faut commencer à construire un vrai projet. - Nous souhaitons que notre habitat coopératif soit en partie de l habitat social et donc nous sommes confrontés à un vrai problème car l accession au logement social est assez complexe, avec des commissions d attribution, et, afin que les habitants de notre coopérative participent dès le début à la fabrication du projet - ce qui est notre objectif- il faut que les conditions d attribution soient modifiées, ce sera compliqué! En ce qui concerne la participation des habitants : pour l instant, l étude urbaine est en suspens, l urbaniste n est pas venu au Forum pour cette raison ; La concertation est également arrêtée selon la personne qui a le marché de la concertation sur Saint Vincent de Paul ; Et le site est en sommeil Michelle est présente au Conseil de Quartier Montparnasse-Raspail et témoigne de la forte inquiétude des habitants car peu d information, aucune concertation sur la modification du PLU pour l instant, les seules informations arrivent par l intermédiaire du Conseil de quartier et ne concerne que le patrimonial, la conservation ou la destruction de certains bâtiments et le programme reste flou. Jean Paul Armangau de l association Urbanisme et Démocratie (qui va fêter ses 20 ans en 2013) Au sujet de la culture de luttes urbaines et de la participation des habitants : Udé14 est une association d habitants, centrée sur le quartier Pernety, un peu plus au sud qu ici, même si, Il y a 10 ans, on a été assez actifs dans le collectif qui s était monté pour sauver Saint Vincent de Paul, il y a des combats que l on peut gagner et d autres que l on peut perdre. Le 14 ème, et plus précisément le quartier administratif Plaisance qui va de Pernety à Porte de Vanves, a plus une tradition de luttes urbaines depuis les années 70, notamment depuis les énormes transformations urbaines qui ont eu lieu : recul de la gare Montparnasse, construction de la tour Montparnasse, et puis entre Montparnasse et la porte de Vanves beaucoup de destructions et reconstructions ; les rénovations urbaines (en terme urbanistique) ont profondément modifié le paysage urbanistique et social du quartier et conduit 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

4 à la création de beaucoup de logements sociaux le long des voies ferrées, notamment de la rue Vercingétorix. Le quartier Plaisance comprend le plus de logements sociaux du 14 ème : dans certains secteurs, on est entre 60% et 80% de logements sociaux et à Porte de Vanves on approche pratiquement les 100% ; et donc par rapport à un quartier "faubourien" qui existait jusqu à la fin des années 60, on imagine cette transformation urbaine et la modification des rapports au sein de la population. Jean Paul Armangau (suite) Quand il y a eu d autres opérations urbaines dans les années 80 dans ce quartier, les habitants qui en avaient déjà soupé se sont un peu rebellés et ont formé pas mal de contestations et comme toujours, on n est pas 100 % gagnant ; je vous parlerai d une lutte que l on a gagnée : la ZAC Didot, près du métro Pernety, entre rue du Château /rue Didot/rue Losserand et Pernety, il y avait 1 ha à aménager de friches urbaines, ancien dépôt de bus, c était des transports automobiles municipaux qui étaient sur l emplacement de l ancien château du Maine, qui donnait pas loin de de l avenue du Maine. Dans les années 80, il y a un projet de réaménagement de cette zone, une enquête de vie a lieu qui est passée complètement inaperçue aux yeux des habitants ; Fin 90, les travaux n ont toujours pas commencé, les habitants se rendent compte de ce qui va leur tomber sur la tête en terme d aménagement urbain et commencent à contester ; ils se regroupent lors d une réunion publique d information organisée par UD et les habitants vont essayer de comprendre ce qui se passe, près de chez eux, de savoir où en est le projet, de contester ce qui est contestable, de modifier ce qui est modifiable, de proposer un autre quartier que ce qui était prévu puisque, si le projet faisait la part belle au logement, c était beaucoup de logements privés et peu de logements sociaux, espaces verts réduits, des voies automobiles - on a obtenu, à la fin, des voies piétonnes- prévu aussi un équipement sportif en plein air, on a obtenu un gymnase couvert avec des salles de sport polyvalentes, et bien sûr pas de locaux associatifs - on a obtenu des locaux associatifs. Pour nous, le logement social ne va pas sans accompagnement social, vu que les bailleurs sociaux ne le font plus depuis des lustres, on a demandé à ce que ce soit la population elle-même qui s organise pour cet accompagnement social au sein d activités associatives ou sociales. Et donc sur 1 ha, on a obtenu : un café associatif, une petite maison de quartier, un local de 100 m² pour des réunions associatives, un gymnase avec 2 grandes salles la nuit - un jardin pour la petite enfance et aussi un city stade avec panneau de basket, foot, hand, polyvalentes dans lesquelles on peut faire des réunions et des concerts, une place piétonne, un jardin ouvert la nuit- on s est bagarré, c est un des seuls jardins du 14 ème à rester ouvert pour que les jeunes puissent se défouler. Il n y avait que du logement social au dire de la ville de Paris pas au nôtre parce qu il y a l équivalent des PLI et PLUS, donc des vrais logements sociaux mais il y a aussi des vrais-faux logements sociaux comme de l ASP, l accession sociale à la propriété, qui n est pas compté dans le pourcentage du logement social et puis il y a aussi du logement intermédiaire, très peu ; ces logements intermédiaires, lorsque l on regarde le plafond de ressources pour accéder à ces logements là, toutes les associations comme la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs, le Droit au Logement demandent depuis 2002 que ces logements soient sortis du quota des logement sociaux. Aujourd hui, c est un quartier qui vit, que tout le monde vient voir de partout en trouvant incroyables ses logements sociaux ; c est un quartier qui est beau, respecté, dans lequel il peut y avoir de ci ou là quelques incivilités comme on dit, mais les habitants participent, s intéressent, font modifier des choses avec les pouvoirs publics quand c est modifiable, et le fait qu il y ait le café associatif qui anime un peu la place de la Garenne, c est une espèce de régulateur qui fait qu il n y a pas trop de débordement dans le quartier. Il y a eu un problème à l ouverture, à l inauguration du jardin ouvert la nuit. Les riverains qui sont arrivés après, qui n avaient pas participé à la concertation avant, se sont inquiétés de ce jardin qui restait ouvert toute la nuit. On a fait une expérimentation sur un an, en disant si cela ne marche pas, on mettra des grilles, et l expérimentation a été plutôt concluante parce que, au bout d un an plus personne n a demandé à fermer le jardin. Il y des correspondants de nuit qui sillonnent le quartier à partir de la fin d après-midi jusqu à 2-3 heures de matin et, pour m y promener fréquemment avec ma gamine de 5 ans, il n y a pas du tout de soucis dans ce quartier comme on peut en rencontrer ailleurs. C est un exemple concret d habitants qui se prennent en charge, qui veulent vivre la ville de façon participative et de façon agréable, qui vont jusqu au bout, aussi avec les pouvoirs publics, et ce n est pas facile à Paris car tout prend du temps, nous ça été 10 ans! Et il ne faut pas lâcher l affaire, il ne faut jamais lâcher le morceau, les majorités peuvent changer, les pouvoirs publics 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

5 changent, il faut rester vigilant ; ce sont les habitants qui gèrent les locaux associatifs, le café, la maison de quartier est gérée par l association Florimont, c est vraiment de l auto gestion. Il y a certes des subventions mais ce sont les habitants, ils sont présents, ils sont dedans et c est eux qui font vivre le quartier à leur image et à leur besoins. Célia Blauel Conseillère d'arrondissement Paris 14 Remerciements pour le forum et sa participation Travaille sur SVP en tant que conseillère d'arrondissement. Débats sur ce sujet au sein de la Mairie, les écologistes s'intéressent particulièrement à l'avenir de ce quartier. Participation, les grandes lignes + le logement. Qu'est-ce que c'est un écoquartier préconçu, à la mode, développement durable, fait monter le prix de vente, Avant tout c'est une démarche qui remet en cause la manière de faire de l'urbanisme, répondre d'une manière globale à un certain nombre d'enjeux. Logement, santé, biodiversité, répondre aux enjeux du réchauffement climatique avec la mise en œuvre d'énergies différentes, des questions à se poser avant de commencer à construire, en particulier dans une démarche participative, ne pas se construire par les techniciens, partir d'un diagnostic partagé. Pas 2 écoquartiers ne se ressemblent actuellement Inventer son propre modèle (cf Dominique Voinet lors de son intervention à la réunion publique sur l écoquartier Saint-Vincent-de-Paul, organisée par EELV Paris 14e, le 3 avril 2013 à 20h00 au FIAP Jean Monnet) Participation des habitants, accompagner les futurs habitants Empreinte écologique réduite, les bâtiments, les déchets, limitation des gaz à effet de serre, construire en privilégiant les économies ne préserve pas seulement la planète mais aussi allège les charges des futurs habitants Biodiversité Ouverture sur le quartier, loin d'un ilôt de privilégiés, sortir de l'aménagement à la parcelle. Préservation du patrimoine, préserver l'histoire du quartier. Mixité fonctionnelle : c'est sortir d'une logique de parcellisation, recréer un quartier de ville dans la ville, avec du logement, des activités, des équipements publics, créer de l'emploi, des commerces de proximité, une logique qui sorte de ce que l'on a pu faire dans le passé. mixité sociale : crise du logement de plus en plus vive, explosion des coût des loyers qui repousse jusqu'à la 3è couronne les revenus les plus faibles, mais maintenant ces difficulté touchent aussi la "classe moyenne" se font exclure de Paris. Travailler à cette mixité sociale est un des enjeux prioritaires pour que Paris ne devienne pas un ilot de privilégiés. Pour y arriver on réfléchit à différentes choses. SVP pourrait être un site pilote pour mettre en place une nouvelle politique du logement. - Continuer la politique de logement de la Ville de Paris avec les 50% de lgmt social fléché, pour atteindre les 20% de la loi SRU - Comment constituer un parc privé abordable? Sortir de la spéculation? L'Habitat participatif est une piste à laquelle travaille H21. Pour y arriver le démembrement de la propriété est une piste, les coopératives d'habitants sur lesquelles travaille la ministre du logement, les baux emphytéotiques, le modèle CLT. A long terme c'est la collectivité qui reste propriétaire des emprises. Les loyers sont moins élevés, ca plus liés au foncier, maîtrise de l'urbanisation sur de longues durées, les collectivité gardent leur patrimoine. Les dernières emprises publiques, il faut les garder publiques, ne pas laisser la spéculation se faire. - Le logement est devenu un bien de spéculation comme un autre. Ce n'est pas acceptable. Il faut faire rentrer le logement dans le bien commun. (52:44) Jacqueline Lorthiois Socio-économiste et Urbaniste, spécialiste de l'ess Je vais commencer par un cas très concret, une histoire. Co fondation du MHGA avec Yves de Lagausie et Pierre Lefèvre, architecte (1977). On prépare un premier colloque sur le thème de l'habitat autogéré à Cergy Pontoise. On installe un tréteau, des tables, sur le marché de Cergy et on distribue du papier et des crayons aux passant, on leur demande de dessiner la maison de leurs rêves. Ils dessinent tous des maisons Phénix. Ennuyés, embarrassés, on propose à des volontaires un "atelier de décontamination". Soirées diapos sur des habitats étranges, étonnants, la maison gonflable de Meyer, tipis, cases africaines, arbres habitables, "softstructuren", des architecte allemands qui emportaient des camions citerne d'eau vers le cercle polaire, pour construire des cathédrales de glace. Diapos magnifiques, sur fond de soleil de minuit. Une fois que les gens avaient perdu tous leurs repères, on travaillait sur les plans de leurs logements, on posait des questions sur leur mode de vies. Vous vous 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

6 levez, vous faites le café, pourquoi vous allez toujours de là à là? pourquoi vous êtes toujours au nord? vous êtes toujours dans cette petite pièce? pourquoi passer par le petit couloir alors que vous en avez un grand? Jacqueline Lorthiois (suite) Cela a duré des semaines, et lorsqu'on a jugé qu'ils étaient bien décontaminés, on leur a redonné des crayons et ils ont dessiné des appartement touts différents. Le résultat était tellement créatif que lorsqu'on a décidé de postuler à un concours d'urbanisme lancé par la ville de Cergy Pontoise sur Cergy le Haut et on a déposé en tant qu'habitants, experts puisque nous habitons là et nous nous sommes présentés comme participants au concours. On nous a donné bouquin de 600 pages de normes et de cahier des charges. Evidemment, nous n'avons respecté aucune des 600 pages, rien, et nous avons déposé notre projet. On s'est appelés HC comme Hors Concours. Bien entendu, nous avons été rejetés. 58:40 - Furieux, nous sommes allés au ministère. A cette époque, il existait encore au fond d'un couloir une personne perdue au fond d'un couloir qui s'occupait de l'innovation. Il existait une ligne budgétaire que personne ne pensait jamais à solliciter. Nous avons décrit ce que nous voulions faire "nous sommes des innovateurs et nous avons besoin d'argent pour faire ce qui nous plait" et à notre grande surprise, nous avons obtenu cette ligne budgétaire et nous avons créé le lotissement "Y-a-plus-qu'à" qui est maintenant dans toutes les revues d'architecture. 59:33 C'est la méthode fissure qui consiste lorsqu'il y a un gros rocher avec les institutions, un cahier des charges, là, je suis effrayée de ce que j'ai entendu tout à l'heure, il y a tant de logements pour des handicapés, tant de machins avec x milliers de m² pour les équipements sportifs, le truc etc. etc. On est dans le comment, le quoi. Qui fait l'habitat participatif? Qui fait un habitat autogestionnaire? C'est la volonté de faire des choses ensemble, le caractère novateur des choses. Qu'est-ce qui pousse les gens à faire des choses ensemble? C'est parce qu'ils y croient, qu'ils en ont envie, qu'ils sont portés par une conscience sociale et qu'ils imaginent des choses. Quand quelqu'un a la main verte, cela ne sert à rien d'étudier sa main, que des chercheurs se penchent sur quelle main spéciale il faut avoir. Ce n'est pas parce que vous allez voler le pinceau de Léonard de Vinci que vous allez faire une seconde Joconde. C'est la motivation, c'est le sens, c'est d'y croire. C'est ce qui vous soude. C'est au nom de quoi on fait les choses qui font qu'on réussit. La méthode fissure, vous avez un gros rocher, plein d'institutions, 600 pages de règlements, une pensée déjà sur le quartier par la Mairie de Paris, on commence à réfléchir, on pense au bail emphytéotique. Mais oui, mais, la durée de vie des gens ayant augmenté, combien, faut-il de temps pour être sûr que tout le monde soit mort à la fin du bail. On n'est pas sur des outils, des solutions, sur des questions du quoi ou du comment, moi je propose d'être sur le??? où l'on fait les choses, qu'est-ce qui fait sens? Dans les histoires d'ateliers de décontamination, qu'est-ce qu'on a fait tout simplement? Premièrement on est allé ailleurs, on a sorti du cadre, on a laissé tomber l'habitat classique, on a rêvé des exo-structures, des cavernes de glace, des arbres habitables, etc. et après on s'est lancé sur le pratique. Ce qui nous soudais, c'est une conscience sociale, l'envie de faire quelque chose ensemble? après on a trouvé des moyens. 1: 00 - Donc, si vous voulez, la méthode fissure, c'est la petite goutte d'eau toute petite, minuscule, mais qui gèle dans une petite fissure du rocher, et qui finit par faire péter le rocher parce qu'elle gèle et qu'on y revient et qu'on refait couler une petite goutte d'eau et ainsi de suite et puis finalement, c'est l'envie de faire ensemble, la capacité de décision, c'est le collectif, c'est d'y croire qui fait que de toutes façons "ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait". Je me sers encore de cette méthode. Comme vous le voyez, j'ai eu???, une greffe de la colonne vertébrale ; je me suis battues avec mes médecins ; mes médecins ont fait des comptes-rendus opératoires qu'ils adressaient avant??? sans jamais qu'ils m'adressent la parole. J'ai dit à mon chirurgien que j'étais expert d'usage, qu'il posait des prothèses mais que c'est moi qui les vivait. J'étais très bien placée pour savoir que la vis 394 qu'il avait posée était mal posée et qu'elle me faisait mal et qu'il fallait qu'il l'enlève ou qu'il la mette ailleurs. Comme mon chirurgien ne me répondait pas, j'ai fait des comptesrendus d'expertise d'usage, je les ai mis sur Internet, j'ai fait une association d'expert d'usage santé, je siège au ministère de la santé et je travaille sur les malades de l'amiante et les prothèses mamaires. 1:04 - Donc voila, tout cela pour dire que nous sommes des experts d'usage et que nous fonctionnons au sens, e qui est important c'est autour de quoi nous faisons les choses, qu'est-ce qui nous rassemble, la façon de résoudre ça se trouve sur place, les outils qu'on a, j'ai toute confiance en la créativité. Jacqueline Lorthiois (fin) 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

7 QUESTIONS DE LA SALLE Intervention 1 "je n'habite pas le quartier, je m'intéresse aux problématiques de l'habitat social, à l'écologie, je viens en curieuse " Je me demandais en écoutant les différents témoignages je me faisait la réflexion que les programmes comme l HP, les écoquartiers reposent sur une forte volonté collective, comment ça joue après, quand les motivés de la première heure quittent le quartier, déménagent pour des raison x ou y? Y a t il une passation générationnelle possible, y a t il le risque que l écoquartier ou le quartier participatif redevienne finalement un quartier «un peu lamda» occupé par des gens qui ne souscrivent pas au même projet du vivre ensemble intervention 2 - JP Coulomb (Collectif Logement Paris 14 ) Ici personne n'a été invité par la mairie de Paris, en rêvant de l'avenir de ce quartier, nous sommes tous des originaux et des revendicatifs puisqu'on ne nous demande pas notre avis, on le donne quand même, c'est une bonne voie pour commencer la réflexion sur ce quartier Je vais plutôt intervenir sur la question du logement On a des proportions de logement prévus. Cela peut faire peur d'avoir des logements sociaux dans un quartier où il y en très peu puisque on peut imaginer que ce sont des gens peu fréquentables. Or moi qui suis dans une association de logement, les gens que l'on reloge, je peux vous dire, c'est l assistance maternelle, l'épicier, le serrurier, le restaurateur du coin, des salariés, l infirmière, l instituteur, des gens normaux, donc ces gens là aujourd'hui s'ils ne sont pas dans le logement social ils devraient y être. S'Ils travaillent à Paris ils consacrent 40 à 50% de leur revenu pour leur logement ou bien ils doivent aller ailleurs. C'est cela qui serait normal, qu'il y ait de logements sociaux pour des gens tout à fait normaux. Deuxième sujet : les différents types de logements sociaux. Il faut faire attention. Il y en a qui sont dans le collimateur de l'association, les PLS. Ils sont plus cher que les autres. Par exemple, un logement "familial social", un PLS va coûter 1000 alors qu'un hlm normal coûtera 450 et 400 pour un logement très social. Vous voyez la différence. On nous dit c est pour loger les classes moyennes, mais cela ne veut pas du tout dire que c'est la réalité. C est une espèce d embrouille. Dans les PLS, on met des gens qui ont des revenus relativement faibles parce qu'ils sont sur des listes d'attente, ils ont besoin de se reloger, une famille qui a grandi, etc. Ils ont un revenu très légèrement supérieur aux autres. par exemple Ils gagnent environ 3000 à deux, on va leur demander un loyer de 1000, ils seront à 30% de taux d'effort. 30 % de leurs revenus. Ces gens là ils sont en dessous du plafond qui leur permettrait d'avoir un vrai HLM. Si on les met dans des PLS, c'est parce qu'on va tirer au maximum de leur possibilité et si on pousse les officiels dans leurs retranchements, on entend "ah oui, on est obligé de faire des PLS parce que, comme ils sont moins subventionnés, on a plus de facilités à les construire et les loyers vont davantage participer du coût de la construction.. Donc finalement, les PLS sont attribués à personnes des classes moyennes qui sont en dessous des plafonds des HLM normaux et donc ces PLS empêchent de mieux subventionner de vrais logements hlm. intervention 3 Francis Tournois (représentant du Conseil de Quartier Didot -Pte de Vanves ) Je voudrais dire quelque chose par rapport à la mixité sociale. Un écoquartier devrait être considéré comme un quartier dans la ville reproduisant tous les aspects la vie sociale avec, des commerces, des logements Pour qu'il y ait véritablement de la mixité sociale, ce qui est important c'est que chaque bâtiment qui constitue ce quartier participe aussi de la mixité sociale parce que si d'un côté on fait un bâtiment pour le logement privé, et puis d'un autre pour le logement social, entre les 2, il n y aurait pas de passerelle. Est-ce que la mixité sociale ne se prévoit pas à l intérieure même des logements, à l intérieure d un groupement de logements, à l intérieure d'un bâtiment même. intervention 4 Nicolas Behr (représentant du Conseil de Quartier Mouton Duvernet - ancien aménageur sem/40 ans) Depuis le début, j entends beaucoup parler de logement. J'ai envie de vous dire, attention vous êtes en train de vendre la peau de l ours avant de l avoir tué. Autrement dit, il faut remonter en amont. Autrement dit, s il n y a pas de maitrise publique de l achat du foncier et maitrise de l aménagement, jamais les idées qui s'agitent là ne se réaliseront. Si la vente se fait là à partir d'un PLU 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

8 modifié, directement à des promoteurs, adieu l habitat participatif, cochons, poules et autres choses! Voilà, c'était juste ma petite contribution à cette journée. intervention 5 Gilles Garby (architecte) Ma question porte sur l'actualité des luttes urbaines dans le quartier et plus généralement à Paris. en matière de squats. On voit bien que ce sont des squats qui sont souvent à l origine de projets de participation. Quand l'écoquartier se réalise, les luttes ne sont pas terminées et les squatteurs continuent à défendre les valeurs auxquels ils sont attachés. intervention 6 François Schlumberger (Habitant récent du quartier) Je retire ce que j'ai dit lors de l'intervention réalisée par EELV où Célia Blauel a dit à peu près les mêmes choses qu'aujourd'hui, aussi intéressantes. Vous aviez dit encore plus fort qu'aujourd'hui et comme Monsieur vient de le redire, Nous n aurons peut-être pas tous les mêmes idées sur ce que peut ou ce que devrait devenir ce futur quartier. Mais comme vient de le dire Monsieur et c'est pour cela que j'interviens C'est que, entre nous c'est très gentil de nous dire tout ça, mais tant que le maire se refusera à discuter avec nous, à ouvrir le dialogue avec l ensemble des projets qui sont autour de la table, cela ne sert à rien? Le maire dit «la concertation aura lieu quand le prix du terrain aura été fixé par l APHP». Or le prix du terrain dépend de quoi? Du nombre de logement, de leur taille, de leur qualité. Cela veut donc dire que la concertation portera sur la couleur des volets, tout ça c est très gentil d'être ici, là, de discuter entre nous, mais ça ne sert pas à grand chose ; Il faut que le maire soit là et avant que l'hôpital soit vendu à la ville de Paris. Vous parliez tout à l'heure du Conseil de Quartier. Il faudrait que vous soyez tous là le 4 juin à la plénière du Conseil de Quartier «pour faire du poids». Autre intervenant : «il suffit d aller squater!» (rires) Autre intervenant (Hervé) : «il y aussi la méthode fissure!» REPONSE DES INTERVENANTS JP Armanguau sur la question n 1 : sur la force de la volonté collective et comment cela se passe ensuite. Chaque exemple va être différent. A Paris, il y a un large turn over de la population, c'est charge à ceux qui sont là et qui se sont battu pour avoir quelque chose qui leur convient et qui semblait convenir à l'intérêt général, de faire passe le message, et de passer le flambeau pour que les nouveaux habitants se l approprient d'où l' Importance des associations implantées dans ces lieux là. C'est par ce biais en discutant avec les gens qu'on va transmettre ce pour quoi on s est bagarrés, comment on a réfléchi d habiter. Il n'y a pas que les associations, il y a les jardins publics, les places publiques, premiers vecteurs de communication. La place de la Garenne, un espace piéton, les jardins, les espace de rencontre, c'est comme ça que la parole circule, on se transmet les choses entre habitants. Depuis 2003, 2006 la fin de l'aménagement, on a déjà vu le turn over. Il ne faut jamais lâcher l affaire (en gros) ; Quand on s en va il faut faire attention d avoir transmis les choses à ceux qui sont derrière. Sur la question des logements sociaux, La démonstration est claire, il faut s'approprier la problématique du manque de logements sociaux à Paris, parce que c'est un drame humain. Il faut rejoindre les associations, arrêter cette de vision misérabiliste. Ce sont des gens normaux, nos voisine, des parents de nos copains, des copains de nos enfants, c'est nos familles, c'est nos collègues qui sont dans ces situations là. Il faut arrêter de croire que le mal logement ne concerne que les autres. Il faut construire beaucoup de logement social à Paris et en Ile de France si l'on veut arrêter cette spirale infernale qui dure depuis plus de 50 ans (en gros) Jacqueline Lorthiois: sur la question n 1 : qu'est-ce qui se passe qand les gens partent? J'ai fait un tournée des Habitats groupés avec Yves Delagosie il y a très longtemps. On a été voir 5000 personnes : taux extrèmement faible de turn over. Le fait de concevoir ensemble pas seulement le logement, mais le-vivre ensemble est un facteur d'enracinement et de relocalisation sociétale qui tire 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

9 vers le haut la quartier, attire et fait venir. Du coup, aucun problème de gestion des départs sur la question n 2 : logements sociaux En prenant l'exemple des finances solidaires, on a inventé les premiers outils financiers solidaires dans une coopérative alternative et solidaire, avec un slogan «on accepte les riches». En ce moment, en pleine période Cahusac, vous avez remarqué les patrimoines qui sont avoués par les ministres! C'est à qui essaiera de faire le plus pauvre, les maisons ne sont pas des maisons, ce sont des masures, elles croulent sous les emprunts immobiliers, les gens ne sont pas propriétaires, les voitures sont pourries, elles sont anciennes, etc., etc. Nous au contraire, dans les finances solidaires, on accepte les riches parce que, justement, Il faut des riches pour pouvoir partager. Par contre ce qu'il faut mettre en cause ce sont les règles du partage. Le pouvoir n était pas proportionnel à l argent. C'est le principe de la coopération : 1 personne /1 voix. Par contre,. il faut des riches et des pauvres. S il n y a que des pauvres on ne peut pas partager, donc il faut des richesses. Celia Blauel la question n 1 : la question de la passation Je suis assez d'accord avec ce qui vient d'être dit. Mais c'est un enjeu dans les écoquartiers. Quand on est dans des bâtiments spécifiques qui fonctionnent un peu différemment,il peut y avoir des ratés parce que la passation ne s'est pas très bien faite, D'une manière générale, je suis assez optimiste sur la façon dont la passation peut se faire. On a un exemple dans le 14. Quand Jean Paul Armangau parle du café associatif géré par des bénévoles depuis Il y a toujours du monde, un turn over et des gens pour passer la main, des gens qui se forment et cela continue. Je suis très étonnée, il y a des initiatives du plus petit au plus gros. Quand une dynamique se crée, cela s'enchaîne, il n'y a pas de souci. Par contre ce qui est important c'est que plus tôt en fait le travail de participation se fait autour du projet, l appropriation du quartier se fait par les habitants et mieux ca fonctionne derrière. Les différentes expériences en France l'ont montré. Il y a gros enjeu à réfléchir dès maintenant à ce futur quartier. sur la question n 2 : logements sociaux Dans notre imaginaire, il y a encore beaucoup cette image du logement social, ces espèces de tours dégradées, moches où on vit très mal. Je vous invite à visiter les nouveaux programme sortis par la Ville de Paris ces derniers 10 ans. Cela n'a rien à voir. C'est moins de parler de logemnt social que d'avoir avoir un parc de logement public où l'on maitrise ce qui s y passe Il faut bien se rendre compte qu'aujourd'hui, 70% d entre à Paris nous peuvent prétendre logement social. Ce n'est pas quelque chose d'isolé, de marginal. Après parmi ces 70% de personnes qui sont éligibles, il y a comme le disait Jean Pierre Coulomb des catégories et des niveaux de revenus différents. Ce que nous écologistes on défend depuis toujours, c'est une vraie réponse. Si dans ces 70%, il y a une grosse proportion de personne aux revenus très faibles, il faut une production de logements qui corresponde aux revenus des personnes, éviter de faire du logement qui ne soit accessible qu'à une seule partie de la population. Ce n'est pas très révolutionnaire. car si vous prenez un ville comme Singapour, il y a 80% du foncier qui appartient à l'état qui le met en location à sa population. Sur l intervention 6 concernant le PLU Je remercie Monsieur Schlumberger pour son intervention qui me rassure sur la constance de mes propos sur l'écoquartier St Vincent-de-Paul. Effectivement c'est un petit peu la poule et l œuf sur ce dossier SVP. Il y a un espèce d'ironie sur ce sujet. Il intéresse. Je n'aurais jamais pensé que nous serions aussi nombreux un samedi après-midi pour en discuter. Et pourtant; c'est une initiative qui devrait venir de la mairie de paris mais «ca ne vient pas» Du coup il y a deux choses. Comment entrer dans la dynamique et se faire entendre et mettre en, œuvre la participation et puis cette question du PLU. Effectivement, qu'est-ce qu'on fait si ce terrain nous échappe et n'arrive pas dans le giron public. Cela parait inconcevable qu'un terrain publicui a eu une vocation publique depuis des années fasse l'objet d'une vente à la promotion privée. Le verrou, c est la modification du PLU. A. l'heure actuelle l'hôpital St V de Paul est classé au Plan Local d'urbanisme comme un Grand Service Urbain, si 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

10 quelqu'un l'achète, il doit construire un hôpital! Je ne crois pas qu'un promoteur soit motivé par une activité non lucrative. La seule entité qui aujourd'hui peut décider de ce qu'il y aura après sur le site c'est la Ville de Paris et c'est en fonction de cela que se fera le prix de la parcelle. Après, c'est vrai, il y a un vrai enjeu, à quel moment on fait la concertation? La modification du PLU est charnière dans le projet. La programmation va donner la modification du PLU qui va donner le projet. Il faut influencer la programmation avant la modification du PLU. Dans ce cas-là, j'ai envie de parler de ce que vous pouvez faire? Un écoquartier, c est une administration particulière, ce n est pas un urbanisme classique, nous (élus écologistes) on en parle à l institution, on pousse, Mais vous, le collectif, vous avez un rôle important à jouer. Pour faire ce travail, il faut que vous partagiez une envie, un projet, mais après, effectivement, une fois que ce collectif existe, il va falloir aller taper à la porte de la Mairie et vous faire entendre, bousculer l institution. us avez dans cette pièce pas mal de gens qui savent faire, par exemple au bout de la table JP Armangau qui a une bonne expérience avec Urbanisme et Démocratie. Dans l histoire de ce quartier de belles choses ont été faites. Je pense à quelque chose qu'on soutient et qu'il faut suivre le conseil de quartier, relancer la demande d intégrer le site assez prochainement, pour pouvoir avoir un lieu, discuter, élargir de plus en plus, suivre de très près ce qui se passe au sein du conseil d'arrondissement, faire du lobbying il faut influencer Hervé : C'est l'idée du pied dans la porte, Michelle : Le pied dans la porte, c'est ce qui nous a poussé à créer le collectif, mais il faut avouer, nos essais pour contacter la Mairie se sont révélés complètement infructueux. Celia : c est le bon moment, l'échéance électorale, cela aide. intervention 4bis Nicolas Behr Juste préciser : il n'y aura pas de problème au niveau de la modification du PLU, parce que pour modifier le PLU, la Ville va être obligée de lancer une concertation et là, on pourra intervenir. Pour l'instant cette concertation n'a pas été votée. Je doute qu'elle soit lancée avant les municipales. Mon souci n'est pas à ce niveau là. Le PLU une fois modifié, deux solutions : - scénario 1 : l'aphp vend directement à 1 ou 2 promoteurs, suivant le programme défini dans le PLU. Mais dans ce cas, la maîtrise de l'aménagement et la richesse que peut apporter les réflexions que j'ai entendu est peu probable, - scénario 2 la maitrise publique c'est-à-dire le foncier maitrisé au travers d une structure publique style SPLA, SEM permettra à ce moment là de mieux contrôler l usage et le respect du PLU et ensuite du programme et de la richesse que vous voulez y mettre en termes participatifs. intervention 7 Jacques Amaury (Urbaniste, commissaire enquêteur) Il ne faut pas croire que pour faire une consultation il faut modifier le PLU je suis commissaire et je m'occupe d'une modification de PLU à la porte de Versailles. Il suffit simplement que le maire le décide après conseil de son conseil, ça peut aller très vite, environ 1 mois. Ce n est l intérêt aujourd'hui de dire de faire le projet, car si on change aujourd hui l UGC (usus), actuellement comme il n y a pas de POS, il n'y a pas de COS, on pourrait faire aujourd hui des grands travaux urbains. Par exemple transférer le parc de la porte de Versailles (Grand Service Urbain) sur SVP, pas besoin de faire un hôpital. Et si jamais on changeait tout de suite le PLU, à ce moment là il y a un programme et le terrain prendrait une énorme valeur, et là on ferait une erreur stratégique. C est pourquoi, (et je ne veux pas défendre le maire) ce n est pas le moment de modifier le PLU. Il faut d abord une maitrise foncière, ce serait une catastrophe. La modification du PLU donne la valeur du terrain, ce serait valeur prodigieuse, vous vous rendez compte, avec 500 logements! Effectivement la discussion c est la maitrise du lieu. Alors, il y a des artifices, des SEM, des établissements publiques fonciers, il ya des tas d autres lois Une autre question que je me pose, il y a des lois de concertations, mais pb pourquoi on ne les fait pas?. Dans tout projet, dans toute modification, il doit y avoir concertation. Hervé : il y a une charte de la concertation de la Ville de Paris (il tient le petit livret à la main), mais il n'y a pas de calendrier avec! 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

11 TABLE RONDE 2 Guillaume Faburel, modérateur, vient d'arriver Joseph Rabie (Architecte, Urbaniste, chercheur) Je vais essayer de décoder cette notion de participation et de concertation qui se situe entre bonne volonté et domination. On a vu dans la 1 ère partie toute une série de mouvements habitants apparaître depuis 30/40 ans pour se confronter à un système de production de l humain à toutes les échelles du projet de territoire jusqu à la production du logement, notamment avec les grands ensembles ; à une certaine époque, peut-être révolue, c étaient les élus, les techniciens, les architectes qui décidaient, les habitants eux n étaient pas considérés comme aptes à participer à la production des espaces qu ils étaient destinés à habiter et politiquement cette situation cadrait, de façon paradoxale, avec la démocratie parce que vivant dans un cadre démocratique représentatif, on délègue à nos représentants. Quand on regarde les attitudes qui motivent les habitants, il y a une sorte de hiatus entre la notion de se loger (Le Corbusier dans les années 50 dans les grands ensembles) et l exigence qui est d habiter dans tous les sens du terme, portés par différentes philosophes (Heidegger, Bachelard, Henri Lefèvre). Nous sommes face à l irruption d un habitant qui veut être acteur et non pas simplement consommateur. On a vu par les exemples précédents comment les contestations par rapport à l environnement urbain, par rapport aux grands projets de rénovation avec la destruction de quartiers comme à Roubaix ou encore dans le quartier de Belleville furent de très grands opérateurs de prise de conscience des habitants, mais aussi autour des grandes infrastructures comme les autoroutes, centrales nucléaires, etc on arrive à une situation où il y a un questionnement de notre propre cadre de vie urbain, de nos modes de vie et des questions plus larges touchant à la consommation, à l argent Sous cette pression, il y a eu une évolution de la législation depuis longtemps pour inclure cette question de la participation et de la concertation ; c est la réussite de ces rapports de force établis par les opposants qui en bloquant des projets par des actions de justice, par d autres actions militantes sur le terrain (occupation de terrains) ont obligé le législateur à légiférer. Regardons quelques-unes de ces législations : L enquête préalable : Les premières enquêtes préalables datent de 1833 ; au début elles sont faites pour protéger les droits de propriétaires, d où plus une notion d un intérêt particulier que général, qui est le grand motivateur aujourd hui ; cela donne lieu aujourd hui à la question des études d impact, tout grand projet a besoin d une grande enquête publique mais souvent elles sont plus ou moins confidentielles, l information est plus ou moins secrète donc on se trouve dans une situation où le public est appelé à réagir à postériori sur un projet qui, s il n est pas déjà ficelé, est déjà très élaboré et souvent les habitants vont venir et on leur rétorquera que c est trop tard, que l on va faire ceci cela. La Loi SRU (Solidarité Rénovation Urbaine de décembre 2000) a posé toute une série de procédures de concertation dans les projets urbains, il doit y avoir une concertation mais les modalités de la concertation sont laissées au libre choix des collectivités organisatrices qui peuvent organiser une expo, un débat, mettre en place un atelier ou toutes sortes de choses.il n y pas d obligation de résultats, il a fait preuve d avoir fait une concertation mais il n est pas obligé d intégrer ce qui a été décidé dans la concertation. C est la Loi relative à la démocratie de proximité, la loi du 27 février 2002, qui a instauré les conseils de Quartier, qui sont finalement quelque chose d assez paradoxal parce que s ils donnent un pouvoir très local face à des projets en cours dans le quartier et permettent une certaine liberté d action et une certaine légitimité aux habitants à un niveau très local, une intervention à une échelle plus grande est exclue par exemple dans mon conseil de quartier à Montreuil, le sujet du jour depuis longtemps est le «square Papa poule» mais si l on essaye de discuter avec la municipalité de projets d urbanisme à plus grande échelle, les portes sont très solidement fermées. Il y a d autres institutions comme La Commission Nationale du débat public qui organise les débats sur des sujets très importants permet aussi d illustrer ce point ; par exemple, quand il y a eu un conflit entre les deux systèmes de transports pour l Agglomération parisienne entre le projet «Arc express» de la Région et le «grand 8» de Christian Blanc porté par le gouvernement Sarkozy, finalement il y a eu en parallèle deux débats publics séparés et, avant la fin, le Conseil Régional d une part et l Etat d autre part sont arrivés à un accord sur une sorte de synthèse entre les deux systèmes de transports et puis le débat a 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

12 été complètement oublié, «il est sorti du radar», les habitants sont là à certains moments et très vite oubliés à d'autres. Joseph Rabie (suite) Du point de vue de la municipalité maintenant, c est un moyen efficace pour désamorcer le conflit et canaliser le mécontentement, elles sont preneuses de ce type de démarche et l idée de démocratie participative est bénéfique pour l image d une ville qui veut être attractive face à des populations urbaines ; si je prends l exemple de Montreuil, il y a des tas d expression de participation dans toutes sortes de cadres mais en fait la réalité est beaucoup moins glorieuse lorsque l on regarde dans le détail le vrai pouvoir donné aux habitants. On voit se mettre en place des entreprises spécialisées dans la participation, celle-ci devient un métier avec des professionnels de la consultation, entre la médiation et la communication. Dans le meilleur des cas on va avoir une mise en place des ateliers, des débats etc dans le pire des cas, ce sera juste de la pure communication avec des plaquettes très joliment faites dans lesquelles on va expliquer ce que l on est en train de faire pour les habitants avec éventuellement un site web où l on peut laisser des commentaires etc Je vais citer un chercheur qui s appelle Rémi Eliçabe, qui appelle ce processus «la fabrication de l acceptation par la mise en performance de la participation», les habitants sont considérés comme des usagers et des consommateurs de l espace urbain qui est de plus en plus marchandisé ; quand on arrive aux vrais questionnements, aux vrais problèmes, en fait tout est extrêmement canalisé par ces structures ; il y a des choses que l on peut dire et des choses qui ne sont pas discutables ; ces entreprises sont des anciennes associations qui avec le temps et leur pratique, commence à répondre à des appels d offres lancés par des collectivités et, très vite, elles se retrouvent dans des situations très difficiles car d un côté, elles ont toujours la volonté de représenter les habitants mais en même temps elles sont commanditées par un commanditaire qui les paie et ainsi se retrouvent dans une situation contradictoire. Je vois cela par exemple avec La Fabrique à Montreuil, plateforme citoyenne, avec des gens toujours sincères, de bonne volonté, qui veulent faire avancer les choses et parler avec les habitants mais qui restent redevables à un commanditaire. Cette expertise d'usage, qui est plus ou moins reconnue et est appelé de leurs vœux par les élus - beaucoup d élus que je connais parlent de l expertise d usage comme le 3 ème éléments par rapport à l expertise politique et l expertise technique de professionnels (architecte, promoteur, paysagistes, service technique). Comment dépasser cette sorte de système de concertation sous tutelle où les habitants sont limités dans leur démarches pour aller vers quelque chose où ils auront plus d autonomie, c est par les exemples que l on a vu dans la première partie, les habitant sont obligés de prendre part à des groupements, des associations, des fédérations etc Le problème c est que c est énormément de travail, c est très coûteux, il y a une nécessité de réclamer des assemblées citoyennes de plus, nous sommes bientôt en période électorale- Au lieu de payer très cher des prestataires, les municipalités, avec la moitié de l argent, pourraient financer un local éventuellement, des moyens techniques, payer éventuellement quelqu un qui pourrait aider les habitants et ceux-ci auraient une autonomie accrue pour travailler, feraient partie des comités de pilotage mis en place de plus en plus souvent afin d être véritablement acteurs des projets qui sont en cours. Taoufik Souami (Architete Urbaniste, professeur chercheur université de Marne la Vallée) Je ne vais pas vous présenter, comme cela était prévu, les retours d expérience notamment d exemples européens, car en vous écoutant il me semble que 2 points en particulier qui peuvent être éclairant au regard de l état des lieux, en tout cas de vos initiatives pour ce projet en particulier Le 1 er point (et vous me contredirez j espère) se joue autour de la nature de ce projet, en tout cas de votre contreprojet : vous le présentez, là où ça coince si j ose dire, on le voit c est quand qu il (hésitation) En tout cas ce que l on voit dans les expériences en Europe, c est que les habitants s insèrent dans le processus de décision quand ils arrivent à faire remonter leur contreprojet urbain comme un contreprojet politique Vous n allez pas vous tous présenter aux élections, vous entendez bien ce que je veux dire, il s agit concrètement de montrer en quoi ce projet a un apport non seulement en matière de production de logements mais un apport à l ensemble du territoire urbain et de la ville sur plusieurs plans, car il ne s agit pas de réaliser un développement (logement) pour 40 ou 60 ménages mais bien de d apporter (et je vais y revenir en détail) sur plusieurs plans : un apport au fonctionnement, à la vie, au meilleur vécu du cadre de vie et pour employer un terme plus encore à la mode un apport du «bien être des citadins» Ca été quasi systématiquement le cas dans beaucoup de projets qu on observe, on peut prendre comme exemple - fil conducteur - le cas de GW- 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

13 Terrein, qui est un projet dans le centre d Amsterdam, où les populations se sont mobilisées contre une projet classique, ont eu des contrepropositions de natures techniques et urbanistiques elles ne sont arrivées à rentrer et à créer la faille (pour reprendre le vocabulaire de tout à l heure) qu au moment où elles sont montées (je ne sais pas si on peut parler de monter ou descendre, ou de coté..) sur le plan du projet politique, c est à dire ils ne portaient pas un projet pour un ensemble ou un groupe social, certes inter- générationnel mixte, mais ils portaient aussi un intérêt général au delà de celui-là. Et pour se faire ils ont essayé d apporter la démonstration sur 3 plans : Taoufik Souami (suite) Un premier plan que j appellerai rapidement projet urbain et de cadre de vie, c est un projet qui est ouvert, dans lequel il y a des espaces publiques accueillant et venant rééquilibrer des manques d espaces publiques ou en tout cas d aménité (c est pour faire plaisir à Guillaume Faburel) qui ne concerne pas uniquement ceux qui vont habiter dans le quartier, dans le périmètre ou dans l arrondissement. Deuxièmement sur le Plan programmatique, on m a dit que vous y avez travaillé, donc je passe très rapidement je passe très rapidement au troisième plan qui est le plan économique et dans ces projets-là, même s ils n ont pas toujours abouti, (habités=lapsus significatif) ont été proposés un certain nombre d éléments de fonctionnement, c est à dire qu ils ont proposé de faire en plus des logements des lieux d activités et même de petites productions locales, alors ils n étaient pas sur de leur coup, dans certain nombre de projets çà a fonctionné dans d autre ça n a pas fonctionné, autrement dit, ils ont démontrés quel était l apport de leur contreprojet au fonctionnement économique, au développement de la (inaudible???.) C est micro mais c est un élément extrêmement important pour démontrer qu il s agissait bien des contre-propositions certes de projet urbain mais qui avaient un sens politique et donc ils ne se préoccupaient pas de résoudre un certain nombre de problème de fonctionnements locaux ou de manque de logements localement, mais, comme la collectivité, comme la ville de Paris, eux aussi dans le cas d Amsterdam, en tant qu habitants d Amsterdam, ils étaient en position de proposer directement - sans passer par l intermédiaire d une entité publique, la ville ou un organisme travaillant pour la ville ils étaient capables d offrir à leurs co-citadins un certain nombre d améliorations de leur cadre de vie. Je souligne en particulier cet aspect des retours, on va dire, d enseignement. Maintenant, un deuxième aspect qui me semblait important, et pour rester dans les cinq minutes, la participation à la dynamique du projet, parce que ce dont je vous ai parlé jusque là, c est quelque chose qui semble relativement statique, c est d avoir des propositions et parvenir tant bien que mal à les porter à un plan de projet politique au premier sens du terme. Ceci évidemment n est pas statique et la difficulté que rencontre un certain nombre de groupes sociaux et d habitants, c est de s insérer dans une dynamique de projet, autrement dit d être à différents moments dans ces interactions : on n est pas dans une situation figée, c est ce qui fait, ce qui a été rappelé tout à l heure, l énergie, c est que c est extrêmement difficile de faire du projet urbain. Je ne sais pas si vous réalisez ce que ça veut dire, c est un miracle qui semble tout à fait naturel de dire aux gens que ce soient des habitants ou que ce soient des professionnels : «Ici on a une friche urbaine, voire même une friche industrielle, c est un endroit qui est déjà alourdi d un certain nombre de contraintes puis demain, il y aura tout à fait autre chose, il y aura des pars, il y aura des immeubles, il y aura des gens qui vont y vivre, qui vont s aimer, divorcer, subir quelques accidents éventuellement, guérir, revenir et partir, mais ça n existe pas Et donc ce que l on va vous demander de faire, c est d y mettre de l énergie. Vous ne savez pas ce qui va se passer après, on va passer du temps, et de l énergie. A vous en tant qu habitants on va vous demander de mettre de l argent aujourd hui, maintenant d y investir, mais vous n êtes pas sur du résultat final, mais pour autant vous aller y investir. Je fais rapidement un petit rappel, juste rappeler que faire du projet, faire sortir des propositions collectives du milieu urbain est quelque chose de particulièrement difficile. Alors qu est-ce que ca veut dire, ca veut dire dépasser un certain nombre de contradictions difficiles, et là je n ai pas de solution, mais on pourra en reparler, à des moments particuliers, par exemple à un moment avant (amont?) que vous avez évoqués, qu on pourrait qualifier de la «négociation amont». Or on est à un moment, en tant que citoyen, toujours plutôt revendicatif sur le plan de la transparence (je voudrai juste rappeler ce qui se passe dans la transparence gouvernementale et je referme la parenthèse sans mot). Dans le champ urbain, cela a été rappelé en matière de produit urbain, il y a une contradiction en tout cas il y a deux impératifs contradictoires qu il 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

14 faut tenir, c est à la fois l impératif de transparence, c est à dire de communication et de mise à connaissance suffisamment ouverte, mais en même temps, ça a été évoqué et c est très important que ce soit pris en compte, très concrètement si vous dites quel va être votre programme sur une opération, si vous annoncez que vous avez un projet, vous avez des inflations de prix extrêmement rapides: Grosso modo les aménageurs vous disent «l opération est perdue, si ce n est grosso modo par des subventions importantes». Donc il faut à la fois arriver à tenir un niveau de circulation de l information qui permet de tenir justement cette énergie qui fait le projet comme je l ai évoqué tout à l heure et en même temps de tenir suffisamment à distance un type de circulation d information pour éviter en tout cas que des processus de spéculation se mettent en place et bloquent des projets ou que les projets soient débloqués qu à coup de subventions relativement importantes. Au passage, l APHP ou la Ville de Paris vont sortir à tous les coups beaucoup d argents de leurs poches et donc en tant que citoyens portant des projets urbains d intérêt général, on les prend en compte également Et puis, troisième et une dernière séquence de cette dynamique de projet, (qui semble gérer ;;;) pour lequel il est important de gérer des impératifs de projets qui sont contradictoires, c est le moment de la vie de projet, la manière où dès aujourd hui on peut projeter la vie de projet, entre les gens qui portent la vie de projet dans des dynamiques : je peux reprendre le cas de GW Terrein (quartier d Amsterdam) dans lequel, vous avez un quartier qui est extrêmement vivant, dans lequel il y a des associations qui font vivre beaucoup d activités, qui sont en gestion directe d un certain nombre d espaces publics, cela a été évoqué aussi pour ce quartier (Pernety) dans le quatorzième arrondissement et qui pose la question de l insertion de l accès, de ce que je appelle le cout social de l accès de la vie du quartier et qui suppose d y investir du temps, d y investir du capital social, c est à dire de la relation sociale, de rentrer en conflit avec des voisins parce qu un certain nombre de règles communes en tout cas édictées ne semblent plus respectées et donc ne semblent plus assurer le bon fonctionnement du lieu qu on a pu imaginer. Donc à la fois un investissement important et en même temps arriver à faire en sorte que d autres puissent prendre le relais et que ce cout social et de temps et l énergie de l on y met ne fasse pas fuir en tout cas de démobiliser un certain nombre des habitants, y compris des habitants successifs Et pour conclure, à nouveau j insisterai sur le caractère politique du projet, (c est dommage que l élue écologiste soit partie, non, elle est là, c est très bien) donc il faut absolument pousser et rappeler aux élus qu ils sont là à ce - que pour leur dire que il y a quelque chose pour le quel ils sont élus : cela veut dire qu un élu, il faut le pousser, mettre des ressorts et notamment lui rappeler qu il est en situation d agir et non pas d inviter les autres à agir. Donc agissez pour que les élus se sentent obligé d agir, quelque soit la situation, à l intérieur de la majorité ou à coté de la majorité, en allant jusqu au bout des menaces nucléaires du type «je démissionne de mon mandat électoral puisque que vous ne voulez pas ouvrir de concertation sur un certain nombre de projets». J espère que l invitation est entendue, j attends avec impatience le communiqué de presse. Taoufik Souami (fin) Franck Faucheux (Ingénieur Architecte DGUHC/PUCA) Je suis fonctionnaire de l'état, j appartiens à la Direction de l Urbanisme et je pilote la démarche éco-quartier du ministère depuis 4 ans. J ai quelques images pour montrer notre démarche. (mises à disposition sur le site CESVP). A notre niveau sur un autre projet, on a fait de la concertation, je suis conscient que c est long, pénible, que personne n en veut vraiment et que celui qui le pilote s en prend plein la gueule Le mot éco-quartier est sorti tout seul des conférences Grenelle, et 2 mois plus tard on m a dit : «on n a pas d argent mais il faut faire des éco-quartiers» En 2008 c est quoi un éco-quartier? Après un sondage dans mon équipe, pas une seule définition identique. Nous avons proposé à l époque, comme l engagement du Grenelle avait comme date 2012, on va profiter de ces 4 ans pour co-construire la notion de éco-quartier car à chaque fois que l on donnait une définition ou une image, ce n était jamais la bonne. On s est dit que l on allait faire 2 appels à projets pour pouvoir sortir directement du territoire, en prenant des exemples de quartiers qui nous parlaient de la mixité, de l énergie, de la mobilité, qui parlaient de tout ce qui s est dit dans les tables rondes précédentes, en se demandant si cela est un éco-quartier, voir quels sont les points communs et les différences pour coconstruire une image de quelque chose qui soit un peu plus empirique plutôt 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

15 que 4 grands polytechniciens qui décideraient à Paris de comment est un éco-quartier, une chose qui ne serait finalement pas reproductible. Donc 1 er appel à projet en 2009, avec grande surprise 160 dossiers et avec très grande surprise du milieu très rural, de la petite ville, de la ville moyenne et de la ville de Paris et d ailleurs, chose assez intéressante, le plus petit projet de 2009 a été porté par la ville de Paris, Fréquel-Fontarabie dans le 20ème, une petite pépite portée par la ville de Paris, on avait un différentiel d échelle avec à côté une ville de 2000 habitants qui nous propose un éco-quartier de 4000 habitants! Comment le mot éco-quartier fait que les gens vont se ruer dans ce territoire où il n y a pas d emploi! Comme quoi, on sent aussi que le mot éco-quartier était co-porté avec un imaginaire où tout allait se vendre alors que l on se rend compte aujourd hui que cela ne se vend pas vraiment Franck Faucheux (suite) A l époque, 1 er appel à projet, on met en place une triple expertise ; globalement une concertation montrait qu'il fallait parler avec tout le monde mais peut- être pas au même moment et en donnant à chacun des rôles ; il fallait d abord parler avec l élu, «c est vous qui faites l éco-quartier», et non pas la ménagère, le promoteur, ni le bailleur social, c'est l'élu qui fait l'éco-quartier car c est lui qui passe les commandes sur l eau, d énergie, qui décide du marché, c est lui qui, demain, sera embêté s il y a un problème, il est responsable. Quand la tempête Xynthia fait 50 morts sur un lotissement, ce n est pas le lotisseur qui va en prison, ce n est pas le maçon qui va en prison, ce n est pas tous ces professionnels qui normalement devaient savoir, parce que c était écrit que le terrain était en zone inondable, qui vont en prison ; pas un a dit, on va vous faire une mezzanine ; dans certains territoires, on oblige les gens d avoir un étage, en disant vous êtes dans une zone inondable pendant 40 ans vous ne serez pas inondés, mais il se peut qu un jour une vague arrive chez vous et donc on vous impose une mezzanine à 3 mètre de hauteur, là, personne n y a pensé, donc les gens sont morts dans leur rez de chaussée, parce qu il n y avait pas d étage, et bien aujourd hui, c est le maire qui est pénalement responsable, car c est lui qui a donné l autorisation. En cas de problème, le promoteur ne sera plus là, les bailleurs sociaux seront encore là parce qu ils gèrent, le maire est responsable Donc demander d abord aux élus, les éco-quartiers, ensuite faire une triple expertise - en gros le ministère donne aussi beaucoup d outils - il y a aussi beaucoup de gens, des architectes, des professionnels, des bailleurs sociaux, des promoteurs, c est eux qui décident de venir ou pas, et aussi plein de gens que l on a du mal à faire intervenir comme les chercheurs, sociologues, des associations, plein de gens qui vont dire «ce n est pas bien», «on ne va pas assez loin»mais en gros on va leur demander de regarder avec nous ; Puis après on fait un jury, un côté un peu bling bling, on fait venir les décideurs, toutes les grandes fédérations, tous ces gens qui ont signé toutes les chartes à tous les niveaux ; Cette concertation, c est d abord : on fait parler ceux qui font vraiment, les élus, ensuite on fait regarder ceux qui ont un avis d experts, et trois, on fait décider ceux qui auraient les moyens financiers et politiques de faire les écoquartiers. On se rend compte que la concertation c est le même outil, c est le même dossier qui passe de l un à l autre, certains projets remontent d autre non. Après, il faut un moment pendant lequel on réunit tout le monde, vous êtes contents ou vous n êtes pas contents ; c est ce que l on faisait quand les palmarès des beaux quartiers sortaient en presse, certains disaient c est un scandale, vous avez Bouygues, oui on a Bouygues mais il a fait la concertation (???) à Bordeaux, il a mis la chaudière, le tramway, Bouygues remplit 4 cases sur 20 questions, cela paraît pas si mal alors que dans certains territoires on a de l habitat participatif avec du c+++ qui gagne 4, 5, 6000 euros, qui gagne très bien, il n y a pas de mixité sociale, et quand on dit «ce serait bien du logement social», on nous répond «ah non!» Le Grand Prix en 2009, la ZAC de Bonne qui a réussi à faire de la mixité à l escalier, il a fallu expliquer aux voisins que certains appartements étaient vendus euros et qu en face c était euros, que la différence c était de l accession sociale pour une mère divorcée. Il faut expliquer, il faut raconter l histoire, c est toujours pareil, on ne veut pas de logement social mais «pardon, monsieur le maire, mon fils ne trouve pas de logement étudiant!», pas de problème on va mettre du logement étudiant, ça s appelle du logement social, «ce n est pas possible, il n y a pas de nourrice dans le quartier!», c est pareil on va mettre du logement social. 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

16 Il faut raconter l histoire, cette histoire marche à condition de savoir pour qui on le fait, donc le diagnostic et le contexte sont très importants. En 2009, on voulait la chaudière, du tramway, de l habitat basse consommation, on ne pensait pas que les aspects sociaux, sociétaux, la mixité et le bien vivre ensemble était aussi importants et c était intéressant d avoir pu notamment par cette triple expertise et en réunion des experts associatifs et sociologues nous faire remonter des projets, le projet s est bien passé car il y a un truc en plus. L'île de Nantes, ce n était pas le quartier où l on voulait vivre, car à l ouest, la présence de vieux hangars désaffectés, au milieu une sorte de faubourg avec des bars sympathiques fréquentés par des dames qui travaillent très tard le soir, et au bout une forme urbaine avec des tours et des barres de logements privés, en face du centre-ville. A l époque, la ville de Nantes a fait appel à Monsieur Chemetov. Personne ne connait l île de Nantes, un gros travail va être fait pour faire venir les Nantais sur cette île. Globalement, on réhabilite un hangar qui s appelle le Hangar 32, qui devient le lieu systématique de toutes les concertations, de toutes les présentations du projet, de toutes les maquettes, de toutes les fêtes, les gens s y habituent peu à peu. Surtout on fait la fête. On propose à la troupe Royal de Luxe, troupe de théâtre de rue avec des marionnettes géantes, que les Nantais adorent, de mettre leur muse éléphant au cœur de l île, les Nantais vont suivre (biennale de l art contemporain ). Ce n est plus l ile des hangars désaffectés, des trafics, c est l'ile où l on vient avec son copain, avec laquelle s est créé un lien sentimental. Aujourd hui, c est un projet qui vit tout seul ; on se rend compte que ce sont d abord des projets privés qui sont sortis et maintenant c est le projet social qui est en train de sortir. La ville a maîtrisé tous les terrains tout autour, et les promoteurs sont arrivés, un immeuble puis un deuxième ont été construits puis la maison des avocats ; Aujourd hui, on dit «tout a été fait» : des espace publics, etc et maintenant on va faire du logement social, il faut intégrer la nourrice, l infirmière, donc il faut du logement social. C est un peu comme cela que le quartier des Batignolles est en train de se vendre... on met un jardin, ce trésor dans Paris doit être partagé donc on fait du logement social, et pour le partager à plusieurs, il faut plus de logements sociaux donc on va faire des tours ; si on avait dit on fait des tours d emblée, cela aurait été plus compliqué. Pour beaucoup, on se rend compte que faire vivre d abord l espace public avant le projet, cela passe mieux. Parce que très souvent, on fait d abord le bâtiment donc pendant 10 ans les gens vivent dans un chantier, on leur dit «c est super, vous êtes dans le quartier aux 7000 arbres», sauf que là il n y a aucun arbre!! Faire vivre le quartier aussi pendant le chantier. Il faut que le marché arrive, le tramway aussi. Ce sont aussi des modes de financement un peu différents. Franck Faucheux (suite) Faux la Montagne, formidable projet en Limousin. Madame la Maire tient le café le samedi matin et le projet est fait avec les habitants ; elle a convoqué entre autres les architectes des bâtiments de France, la DDT, qui était capable de retraduire toutes les volontés de l association des habitants en outil et ils ont commencé une association, qui est aujourd hui un syndic de construction, qui va devenir un syndic de copropriété pour les espaces publics. Les outils existent, il faut juste les trouver au bon moment. Lyon Confluence : énorme projet au centre ; comment faire pour qu il parle aux lyonnais, car on est derrière la gare dans un lieu aujourd hui pas très habité ; il faut pouvoir en parler, mais l urbaniste et la communication ne savent pas faire, donc la ville de Lyon a pris un professionnel de la concertation, de l animation citoyenne : les Robins des Villes qui ont dit «il faut parler, sensibiliser, et faire des choses concrètes.» : Double grand prix à Nancy, on n est plus dans la ZAC de bobos, comment on passe d une immense barre à ce quartier de petits immeubles? On découpe la barre, on refait des petits immeubles, on fait des places, on crée un petit peu de vie. Comment à Lyon et à Roubaix, on refait une ZAC sur une ZAC industrielle qui était extrêmement polluée? On va mettre de l emploi et ainsi les gens vont venir et principalement de l emploi de très haut niveau, car cela attirera d autres emplois, car, si vous mettez une maison de retraite avec un Pôle Emploi, globalement cela ne créera pas beaucoup d animation dans le quartier, mais si vous mettez Cap Gémini, etc ( ils ont mis des bureaux de consultants, le Pôle Image ), petit à petit vous verrez arriver le pressing, les 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

17 restaurants d affaires, puis les petits bars et les gens se diront qu il serait bien de pas habiter trop loin ; il faut accepter ces différents travaux mais il faut penser à l ensemble de la chaine, car il faut aussi penser à la nourrice, à la boulangerie, il faut penser à ceux qui vivent, à ceux qui viennent, et à ceux qui passent. Franck Faucheux (suite) Ces 2 grands prix étaient intéressants car ils étaient très revendicateurs de modes de concertation : autour de Nancy, il y avait le plateau de Haye avec les aventures partagées du plateau de Haye, une expérience participative, une co-construction avec les habitants qui a permis de passer de la ZAC où personne ne voulait aller à un éco-quartier aujourd hui. Et puis bien sûr le projet de l Union (Lille Roubaix, Tourcoing). Patrick Bouchain est un architecte qui a une pratique professionnelle très ouverte avec les habitants. 20 habitants ont fait un collectif «rase pas mon quartier». Pendant 20 ans on les a laissés tranquilles dans une ZAC polluée puis on arrive en leur disant «on va vous exproprier, on va faire un super projet», ils ne sont pas d accord et rétorquent qu ils sont propriétaires et veulent rester là. Patrick Bouchain a reçu mission de Martine Aubry de négocier. «Aujourd hui vos maison n ont pas de valeur, elles sont en très mauvais état, il faut les réhabiliter car le projet tout autour va créer de la valeur dans le quartier et pour éviter que certains vous les rachètent un bouchée de pain, il faut les réhabiliter, ainsi tout le monde va s y retrouver». Donc ils achètent????? avec la mairie, ils font un atelier, «l atelier électrique», un lieu de rencontres et d échanges, et en même temps ils proposent aux gens de faire de la concertation, des chantiers de réhabilitation et puis certaines maisons vont être revendues dans le privé, d autres dans le social, pour refaire un nouveau quartier. Tous ces projets se sont faits avec la légitimité de la mairie : à Nantes, à Lyon etc. les mairies étaient d'accord. Est ce qu il faut trouver le lieu? Moi, je pense qu il faut trouver le maire, si le maire est d accord, tous les outils sont là. La place des éco-quartier est dans notre grille du ministère. On n a pas fait un outil, on a juste mis à plat tous les outils qui existaient : la loi SRU, le Grenelle 1, 2, la charte d Aalborg, la charte action 21. tous les outils qui étaient mondiaux, ceux qui étaient européens et ceux qui étaient français. Au niveau français, c est????, au niveau européen, c est du volontaire et au niveau mondial c est du très volontaire. L ensemble de ces lois, de ces éléments là nous montrent qu un écoquartier c est un processus, c est qui le fait, c est un quartier pour qui, pour quoi, qu est-ce qu on y fait? C est aussi de l économie, un quartier ça va aussi avec des superettes et avec des boulangeries, mais c est aussi de la performance?????? Un éco-quartier, c est tout cela donc forcément ici vous risquez d avoir des bureaux d études, et là vous aurez des habitants, il faut quand même ici avoir un architecte et puis de temps en temps il faut discuter avec des promoteurs donc c est aussi comment partager l ensemble? Notre grille éco-quartier du ministère est une grille synthèse, et quand on rentre dans le détail, on remet chacun en face de son engagement (le maire, le promoteur) et de ses possibilités. Le problème c est que quand vous dîtes à la mairie qu il n y a pas de concertation, elle, elle pense faire de la concertation ; sauf que les chercheurs, comme Monsieur Faburel, ont expliqué que l information n est pas la consultation, la consultation n est pas la concertation et la concertation n est pas de la coopération Chacun de ces mots a une vraie définition, sauf que l on ne les connait pas bien, souvent sous information (plaquette) on pense à la concertation et dans la coopération, on pense juste donner son avis alors que vous demandez une prise de pouvoir. Quand vous faites dans la concertation sans le vouloir, on introduit la peur, peur pour les élus qui vont s en prendre plein la gueule tout simplement, peur pour les concepteurs car «de toutes façons les habitants n ont aucune conception, aucune culture architecturale, tout ce qu ils veulent ce sont des maisons phénix» -les 1ers exemples de la table ronde étaient assez intéressants- et puis les habitants se disent que «de toutes façons, on va décider pour nous». Tout le monde a peur. Il faut simplement des lieux, des espaces et du temps pour faire de la concertation. Et il faut avoir quelqu un qui a les outils, la conception, le temps et qui n a pas peur de traduite entre tout le monde. Aujourd hui, beaucoup de 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

18 professionnels viennent de la communication, il faudrait qu ils viennent du milieu associatif comme les Robins des villes. - F. Faucheux (fin) Jean Paul Armangau Exemple de concertation menée depuis dix ans : le cas du réaménagement du site de l'hôpital Broussais : 4 ha 6 dans le sud de l'arrondissement. Il y avait un fort attachement de la population locale à l hôpital. Il y eu une haute lutte pour le conserver comme à Saint Vincent de Paul. La déception de la perte de la bataille fut égale. A l époque (fin des années 1990) les logements sociaux les moins chers de Paris sont à la porte de Vanves. Les associations se montent en collectif. C'est un quartier déshérité. Le collectif demande à ce qu il n y ait pas de spéculation, pas de promotion immobilière. Il demande également le rachat par la ville pour qu elle ait la maitrise du sol, demande enfin un quartier qui réponde aux besoins des habitants, à leur façon de vivre spécifique. L'opération débute à la fin des années Tiberi. Il y eut des actions démonstratives pour interpeller les élus insaisissables. Et à la toute fin du mandat et surtout par la mandature arrivant de Delanoé, il est acquis que la vente ne se fera pas à un promoteur privé par l APHP et que le quartier réalisé se fera en concertation avec les habitants. Malgré cette victoire c est à partir de la que les difficultés ont commencé. En fait la ville ne rachètera jamais le site Elle n aura jamais la maitrise de l aménagement. Le site sera vendu par lots, le plus beau lot, central, à la Croix Rouge, ce qui a bloqué tout réaménagement global cohérent. Tout les quinze jours pendant dix ans il y aura eu sur le site des ateliers populaires d urbanisme, les samedi matin selon le concept des années 70. Pendant deux ans on va d abord faire parler les habitants, sur leurs attentes, la connaissance de leur quartier, sur leurs besoins. Ce fut une source de richesses tout à fait considérable, J ai ainsi appris beaucoup de choses sur le quartier. On a également fait intervenir des étudiants urbanistes, architectes, paysagistes, afin d obtenir compréhension mutuelle entre les experts techniques et les experts d usage, à savoir les habitants. On a commencé à réaliser des maquettes «d habitants» non professionnelles donc. De nombreuses ont été faites selon les participants (commerçants, habitants, artiste). 300 personnes ont participé aux ateliers en privilégiant toujours le côté festif. Petit à petit a été mis en forme le projet. Et le projet a été présenté en réunion officielle à plusieurs reprises et aussi fut au centre de notre participation à deux nuits blanches. Ce fut très riche, très fort pour les acteurs. La déception fut à la hauteur de l investissement. Alors que la deuxième mandature de Delanoé devait porter tout notre espoir d aboutissement, la ville n a pas racheté le site dans sa globalité et en quelques mois elle a balayé toute cette concertation. On a eu droit à des phrases grandioses de la part du Maire d arrondissement comme "la concertation va commencer quand le Maire de Paris aura décidé (du projet". La messe était dite. Décision hautement politique pour un processus «Top Down». Et le collectif a jeté l éponge il y a à peu près deux ans. Il y a beaucoup d enseignement à tirer de cela pour Saint Vincent de Paul. Des choses à ne pas faire et des choses à faire. On veut travailler avec les politiques et ceux-ci de tous bord ont été conviés aux ateliers. L opposition n est jamais venu, la majorité est venue en ordre dispersé. Mais tout a été piloté par la maire de Paris au final. Le site est en construction, et même un promoteur (BNP Paris bas) est revenu et a réussi à obtenir la construction de 90 logements de hauts standing. Le résultat est qu'il n y a pas eu 4,6 ha vendu à la promotion immobilière. Jean Paul Armangau (fin) QUESTIONS DE LA SALLE??? Quel est l état de la lutte urbaine à Paris? Notamment des squats? Jean Paul Armangau Je connais incomplètement le sujet, mais à Paris il y a peu de sites non artistiques. Il sont là pour utiliser le lieu, pour y produire. Ils sont peu en lien avec le quartier. Ils n ont pas de revendications politiques. Ils partent sans bruit au terme imposé. Le quartier est à peine prévenu de leur départ. Le contre exemple est dans le 14 avec la gare XP squat artistique et politique toujours très ouvert sur le quartier avec la volonté d occuper les lieux dans la durée. ils ont débuté dans une gare de la petite ceinture. Il s agit donc d un squat surtout politique. 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

19 Sur SVP il y a évidemment des choses à squatter donc s il y a des gens qui sont prêts, concertez vous. Personnellement j aime bien cette mixité telle que le collectif de la gare expérimentale la pratique. Ils en sont au 4 ième. La façon dont il font les choses est tout à fait en lien avec les besoins des habitants pour avoir un point d appui pour aménager un lieu ou réfléchir à l aménagement d un lieu. Guillaume Faburel, (modérateur) Sur GW Terrein (Amsterdam) il y avait bien un squat d artistes dans une démarche politique critique à la fin des années 70, et à Faux la montagne (Limousin) un projet du néoruralisme de la même époque, là aussi dans une perspective marquée (autonomie), et quelques occupations remarquées. Le squat est donc aussi lié aux trajectoires qui nous ont été décrites. La salle Merci beaucoup je fais partie de H21. Par rapport au dernier point vous parliez du bureau du maire. Ils ont évidemment une vision d ensemble et peuvent faire des alliances à différents niveau c est la grande différence avec les associations de quartier. Est ce que vous pensez qu il y aurait avantage à unifier les différentes associations partenaires locaux à se coordonner face à la mairie. Jean Paul Armangau Je peut répondre que oui. Je suis syndicaliste et l unification des luttes me parle énormément. Si on a gagné sur la ZAC Didot un des élément est que nous avons été en lien avec d autres associations qui avaient fait des choses sur Paris. Pour SVP il faut trouver d autres luttes similaires. Et quand il y a des réussites quelque part ça donne la pêche et l envie d aller de l avant et de ne pas baisser les bras. Les arbitrages politique il y en a toujours, mais sur Paris tout se décide au Conseil de Paris qui n'est aussi qu une chambre d enregistrement. Sur Paris depuis qu il y a un maire en 77 tout est décidé au cabinet du maire. Le maire du 14 peut participer à des arbitrages et taper sur la tables sur certains points d où la nécessité de l avoir dans notre camp ou de l y amener par la peur pour sa place via tout les chemins possibles. Il y a toujours ce jeu qui, pour les habitants, est très fatiguant lesquels n ont pas cette vue politique puisque ce sont des jeux qui ne sont pas les leurs et où il est difficile de rentrer. La salle Pour compléter sur les squats. Il ne suffit pas qu il y ait un squat. Il faut qu il soit avant tout capable de mettre sur l agenda politique tel ou tel projet. Dans le treizième (squat du dépôt) il ont eu un effet sur la modification du projet. Franck Faucheux Je voulais intervenir sur l incompréhension des décisions qui sont prises. On se rend compte souvent qu il y a le circuit politique et technico-administratif. Ne pas oublier pour rentrer puisque finalement vous êtes totalement expert sur la partie du jeu politique de ne pas oublier le jeu technique avec des gens qui n ont pas du tout envie de rentrer dans le jeu politique. Ces derniers ont une logique très séquentielle. Achat du terrain, valeur de revente, équilibre du logement sociale etc. Tout cela est très technique (on leur demande des tailles de voirie etc), peu transparent. Donc il ne faut pas oublier de faire appel à des gens entre les deux : des agence d urbanisme, CAUE, agence d architecte etc qui sont souvent en contact avec les services qui organisent un peu les décisions. C est toujours intéressant. Je prend mon cas quand on a eu la demande de venir ici aujourd hui, je ne vous dis pas le stress dans le couloirs : mais qu est ce qu ils nous veulent? On va être pris politiquement. Ben non on va présenter ce qu on a fait. On arrête pas de dire qu il faut qu on se concerte on va donc bien y aller, mais on sent bien surtout qu il y a plein de gens qui ont surtout envie de ne pas venir. Beaucoup de gens ont une tête hyper bien faites, ce sont des ordinateurs sur pattes, mais ils ne savent pas parler aux gens. Ils savent faire une programmation sur dix ans savoir, au camion près, ce qu il faut pour enlever les gravats. Mais ils ne voulaient pas venir aujourd hui vous parler. Aujourd hui il y a besoin de quelqu un, typiquement le rôle de mon bureau, on est à moitié des ingénieurs, à moitié des architectes, des urbanistes qui sont là à la fois pour écouter, pour rendre compte et à la fois pour retraduire en disant : là c est une question sur la programmation, là c est une question sur la foncier, là si on met un groupe de pilotage, il faut faire une place le plus en amont possible. N oubliez pas les agence d urbanisme. Il y en a, à bon niveau à Paris. Au delà de l APUR il y a l IAURIF qui sont très en lien avec les services globaux pour avoir une bonne vision sur Paris à long terme, notamment sur le grand Paris. Les CAUE, dans les mairies de quartiers les architectes conseils et lpig conseil. 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

20 La salle Je voudrais revenir sur les squats On a effectivement parlé des squats d artiste mais il y a aussi les squats de lutte contre le mal logement je pense à jeudi noir et au DAL. Je ne pense pas que ce soit pour eux une solution. Il ne faut pas dire, il vont venir, il vont occuper, ils vont rester parce que ce n est pas si simple que cela. Mais c est aussi une manière de les rapprocher du problème de logement. Parce qu il est difficile de dire qu à Paris il n y a pas de problème de logement. Il faudrait rentrer en contact avec ces gens là. Celia Blauel Je voulais juste réagir mettre une petite note d enthousiasme. Du fait même de l organisation des intervenants on a terminé sur Broussais un dossier qui n a pas forcément bien terminé. On est très nombreux à regretter que le travail de concertation ait été balayé d un revers de la main. Pour autant sur SVP ce qui s ouvre à nous c est énormément de possibilités. Et je ne voudrais pas que vous repartiez de cet après midi sur cette note difficile à dire qu il y a eu une mobilisation d habitants que des gens se sont mis dans la boucle et que ça n a rien donné. Simplement comme cette après midi il y a quand même du monde qui a envie de travailler la dessus, que les mentalités sont quand même en train d évoluer que les choses sont en train de bouger, qu aujourd hui il y a des organismes qui savent faire cette traduction de la paroles des habitants vers le politique et vers le technique et que cette coordination elle se fait de mieux en mieux. Juste pour remettre une note positive là dessus. Une autre note par rapport au politique. J ai entendu beaucoup de choses depuis le début je ne voulais par forcément réagir. Entre le fait qu il fallait que je démissionne de mon mandat, j allais aller en prison et que les politiques ne servaient à rien. Sans rire effectivement il y a des jeux qui sont compliqués mais je vais un peu prêcher pour ma paroisse il y a aussi des gens qui y croient, qui, par conviction, portent des projets par forcément en terme de calcul électoral. Je fais partie d une formation politique qui, si elle ne faisait que du calcul électoral ça se saurait en tout cas on ferait de meilleures scores. En tout cas je crois fortement en un duo qui peut améliorer les choses. A nous, formation politique, d être le parleur politique justement d une demande sur le terrain. Ce n est qu en avançant ensemble qu on pourra faire sortir ce projet de terre. C est sûr que ça va être très compliqué et que l on est une minorité à penser comme ça. Mais plutôt que de démissionner je vous invite à donner plus de poids à ceux qui portent ce type de projet. Joseph Rabie L enthousiasme est très important mais ce qui l est le plus c est le rapport des forces. Il y a une situation totalement dissymétrique entre les habitants et les municipalités qui n ont de fait pas les mains libres avec des budget limités et des contraintes de toute sorte. Il peut y avoir les meilleurs intentions qui se trouvent soumises à des contraintes de la situation, sans solution. Ce que je veux dire par rapport à ce rapport de force vous donner un témoignage particulier sur la concertation à Paris c est par rapport à la ZAC des Batignolles dans le 17 ième. Il y avait à un moment donné une démarche exemplaire avec les habitants. Beaucoup de rencontres avec les habitants, les associations, etc., les techniciens la mairie etc. autour de l élaboration d un projet. A un moment donné est arrivé le projet d implantation du nouveau tribunal. Bâtiment de 200 m de hauteur. S opposant à l expérience qui montre que les bâtiments de grandes hauteur posent des problèmes en termes de conception écologiques : énergétiques etc. Il y a eu rupture entre les associations et la mairie. Toutes les règles du jeu ont alors été faussées. Il n y a plus eu de discussion. C est une mesure de la dissymétrie égale à celle de l exemple de Broussais. La salle On a vue la capacité de la mairie à faire de la concertation à rebours. A rebours c est à dire qu ils décident de tout. Puis ils vont concerter la population. Voilà on vous donne la parole puis on prend le projet au départ on va faire des comités de pilotage, des ateliers, etc. C est ce qui s est passé pour la chaufferie de Broussais. Il y a eu un projet collectif qui a été porté, moi je m occupais du Conseil de Quartier avec le Collectif Redessinons Broussais. Il y a eu un projet collectif qui a été déposé tout le monde était d accord pour ce projet. Il a été complètement renversé par la mairie lors de la dernière réunion publique. C est vraiment une concertation à rebours. J aurais voulu savoir pourquoi la mairie de Paris n est pas représentée ici. A propos de la consultation à rebours dont il a été question. Vous nous avez donné des sortes de protocoles pour monter des projets par vos exemples présentés. Pour les Batignolles on commence par faire les jardins (qui sont en quelque sorte une gratification locale) et après on fait un peu ce qu on veut. C est bien un peu une concertation à rebours? 27/09/2013 Transcription du Forum du Collectif Ecoquartier Saint Vincent-de-Paul à l'ecole Spéciale d'architecture le 20 avril /25

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