Vers un Management Responsable des Technologies de l Information (MRTI) : exploration de 3 études de cas 1

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1 Vers un Management Responsable des Technologies de l Information (MRTI) : exploration de 3 études de cas 1 Sanaa AIT DAOUD Isabelle BOURDON Florence RODHAIN Université Montpellier 2 Laboratoire MRM - Montpellier Research in Management 1 Cette recherche est également proposée pour l AIM2013

2 Résumé Titre : Vers un Management Responsable des Technologies de l Information (MRTI) : exploration de 3 études de cas Nul ne peut nier, ni les conséquences négatives relatives à la production informatique, ni l apport des Green IT dans le cadre des pratiques responsables dans les organisations. Certes cet apport est mitigé compte tenu des effets rebonds à l œuvre. Cependant, la réalité observée témoigne d une adoption croissante des pratiques Green IT dans les organisations. Il nous semble ainsi pertinent, d aller au-delà de l état des lieux et de comprendre la motivation quant à la mise en place de ces pratiques Green IT et d un Management Responsable des TI (MRTI). D après Molla et Cooper (2009) peu de travaux en systèmes d information se sont intéressés à cette question. C'est pourquoi une étude de cas est menée, les résultats de cette étude montrent l émergence de motivations essentiellement institutionnelles et instrumentales. Mots-clés : Green IT, RSE, Motivations, Pratiques MRTI, étude de cas Abstract Nobody can deny nor negative consequences of the production computer, nor the contribution of Green IT in the context of responsible practices in organizations. Even if this contribution is mitigated given the rebound effects at work. However, the observed reality reflects a growing adoption of Green IT practices in organizations. It thus seems appropriate to go beyond the current situation and to understand the motivation for the implementation of Green IT and other practices of Responsible Management of IT (RMIT). According to Molla and Cooper (2009) few researches in information systems have focused on this issue. This is why a case study is conducted. The results of this study show essentially the emergence of institutional and instrumental motivations. Key-words: Green IT, CSR, motivations, RMIT practices, case study «Nos vieux ordinateurs sèment la mort» telle est l accroche employée par le magazine Géo 2 pour mettre en avant les conséquences écologiques négatives des technologies de l information (TI) en fin de vie. Depuis leurs apparition, les TI ont principalement été étudiées par rapport aux avantages et aux opportunités qu elles offrent aux entreprises et aux citoyens. Aujourd hui, ces technologies sont considérées comme nocives en matière de développement durable. Des travaux scientifiques étudient les retombées néfastes de ces dernières non seulement sur l environnement mais également sur les deux autres piliers du développement 2 : édition Octobre 2012

3 durable : la société et l économie (Deltour, 2010 ; Daly et Butler, 2009 ; Elliot, 2007 ; Molla et Cooper, 2009). Un autre courant de recherches met, quant à lui, en avant le rôle positif que peuvent jouer les TI pour sensibiliser et promouvoir des politiques vertes de développement durable (Breuil et al., 2008 ; Petit, 2009). Les TI vertes ou les «Green IT» sont conçues ou employées dans l objectif de réduire les effets négatifs des activités humaines sur l environnement (Ait-Daoud et al., 2010). Aujourd hui, nul ne peut nier, ni les conséquences négatives relatives à la production informatique, ni l apport des Green IT dans le cadre de pratiques responsables dans les organisations. Certes, cet apport est mitigé compte tenu des effets rebonds à l œuvre (Ait- Daoud et al., 2010), cependant, la réalité observée témoigne d une adoption croissante des pratiques Green IT dans les organisations. Il nous semble ainsi pertinent, d aller au-delà de l état des lieux, et de tenter de mieux comprendre les motivations de la mise en place des Green IT et, plus largement de ce que l on nomme un Management Responsable des TI (MRTI). En effet, d après Molla et Cooper (2009), peu de travaux en systèmes d information se sont intéressés à cette question. Notre objectif est donc de répondre aux questions suivantes : Comment les organisations peuvent elles mettrent en place des pratiques de management des TI responsables, tout au long de leur cycle de vie? Pourquoi les organisations mettent-elles en place ces pratiques de management responsable des TI tout au long de leur durée de vie? Pour répondre à ces questions, une revue de la littérature a été menée sur les pratiques de MRTI, afin d en proposer une catégorisation et trois études de cas ont été réalisées auprès d organisations françaises, afin d explorer les raisons de la mise en place de pratiques de MRTI. Cette communication est organisée comme suit : la première partie présente une revue de littérature sur les pratiques Green IT et propose une catégorisation de ces dernières, la seconde expose les résultats des études de cas menées concernant les motivations expliquant la mise en place des pratiques de management responsable des TI. 1 Qu est ce que le Management Responsable des TI? : Revue de la littérature 1.1 Pour une définition du MRTI Le management responsable des TI englobe les différentes «pratiques et technologies qui ont pour objectifs de prendre en considération les enjeux du développement durable tout au long du cycle de vie des TI (production, usage et fin de vie)» (Ait Daoud, 2012). Nous présentons, dans cette partie, une revue de la littérature des pratiques et technologies responsables en matière des TI, qui vont de l éco-conception (1.1) en phase de production, à la réduction de la consommation énergétique des TI (1.2), en phase d utilisation jusqu à la règle des 3R (1.3), en phase de fin de vie. Cette catégorisation des pratiques de MRTI est exposé dans les paragraphes suivants. 1.2 L éco-conception des TI La première pratique de MRTI concerne l éco-conception, qui est une démarche structurante dont l objectif est de concevoir un produit de manière systémique, en mettant l accent sur les

4 interactions entre le produit et les différents éléments de son environnement (Patingre et Vigneron, 2001). L éco-conception exige de nouveaux modèles de production économique et des outils de gestion environnementale (Fuchs, 2008). L objectif est d étudier principalement, en amont, l impact environnemental de chaque étape du cycle de vie du produit et de proposer des solutions visant à réduire cet impact. Il s agit de déterminer les flux et la description de chaque processus élémentaire et de valider ces informations en se basant sur des données quantitatives préexistantes ou recherchées (Caillol, 2008). L éco-conception est une démarche préventive qui consiste d'une part à éliminer les produits toxiques du circuit de fabrication des ordinateurs et d'autre part à produire des équipements moins gourmands en énergie, tout en consommant moins d'énergie lors de leur fabrication (Berthoud et al., 2007). L éco-conception permet également, selon Flipo et Gossart (2008), d'augmenter le taux de recyclabilité des équipements. Cependant, ces chercheurs soulignent la difficulté d éco-concevoir des TI écologiques, car même si les produits TI sont les mêmes dans le monde entier, les capacités de traitement varient énormément selon les territoires : il est presque impossible de prévoir des procédés de recyclage universels comme c est le cas pour la production des TI. L éco-conception apparaît comme une solution qui peut s appliquer à la production des TI afin de la rendre plus responsable vis à vis de l environnement. Il n en demeure pas moins que ces solutions techniques sont fructueuses uniquement lorsqu elles sont accompagnées d une prise de conscience de l utilisateur. 1.3 La réduction de la consommation énergétique en phase d usage des TI Les TI consomment énormément d énergie en phase d usage (Berthoud et al ; Anderson et al., 2008). Selon Drezet (2006) et Flipo et Gossart (2008), la principale problématique de l usage des TI est liée à leur consommation électrique, étant donné que l'énergie électrique consommée se transforme en chaleur rejetée dans l'atmosphère, générant ainsi une quantité important de dioxyde de carbone (Flipo et Gossart, 2008). Réduire la consommation énergétique des TI permettrait donc de réduire leur empreinte carbone en phase d usage. Différentes pratiques de management responsable peuvent être envisagées comme par exemple la sensibilisation des utilisateurs, la virtualisation ou les green data center La sensibilisation des utilisateurs L information des utilisateurs constitue un volet important du management responsable des TI. Elle met à disposition des utilisateurs des gestes simples permettant d économiser jusqu à 80% de l énergie dépensée par les ordinateurs (Berthoud et al. 2007). Par exemple, éteindre son ordinateur à la fin d une journée de travail permet théoriquement de diviser la consommation électrique par 5. Un calcul simple montre que sur une année (8800 heures) les heures de travail ne dépassent pas 2000 heures. Ainsi, arrêter un ordinateur le soir avant de rentrer permet un gain de près de 7000 heures de consommation par an. D autres pratiques, cette fois technologiques, peuvent affecter la consommation énergétique. Nous détaillons ici les deux pratiques les plus citées dans la littérature : la virtualisation et le Green Data Center La virtualisation La virtualisation des serveurs est une solution logicielle qui consiste à regrouper sur un même serveur physique plusieurs serveurs logiques sans affecter la productivité (Loveland et al., 2008). Un serveur utilise en moyenne rarement plus de 6% de sa capacité disponible. Dans

5 certaines entreprises, jusqu'à 30 % des serveurs ne sont pas du tout utilisés. Or, ces serveurs gaspillent de l'énergie et occupent un espace précieux dans les centres informatiques 3. Sachant qu un serveur consomme de l énergie indépendamment de son taux d utilisation, la virtualisation a donc pour objectif de réduire le nombre de serveurs et par conséquent la consommation énergétique et la pollution y correspondant Les green data center Le Green Data Center est un entrepôt de stockage, de gestion et de diffusion de données où l'éclairage, l'électricité et les systèmes informatiques sont conçus pour une efficacité énergétique maximale et un impact environnemental minimal (Garreston, 2007, Brodkin, 2009). La construction d'un centre de données vert comprend des technologies de pointe et des stratégies spécifiques tels que minimiser les empreintes des bâtiments, minimiser l énergie dépensée pour le refroidissement de l infrastructure, utiliser des sources d'énergie alternative comme l'énergie photovoltaïque, les pompes à chaleur, ou le refroidissement par évaporation. Les pratiques mises en place lors de cette phase de vie des TI se focalisent essentiellement sur la réduction de la consommation énergétique. Certains producteurs tentent, par ailleurs, de développer des équipements qui consomment moins d'énergie tout en améliorant le niveau de performance des équipements. Malheureusement, ce mouvement s accompagne d un fort taux de remplacement des TI, qui génère une grande quantité des déchets électroniques (edéchets). 1.4 La gestion des e-déchets et la règle des 3R Après acquisition d un produit de nouvelle génération, l ancien se retrouve dans les placards ou dans le garage... Selon la définition donnée par Flipo (2006), un équipement électrique ou électronique (EEE) est en fin de vie lorsqu il est hors d'usage, lorsqu il est réparable mais le coût de la réparation est prohibitif, ou lorsqu il fait partie d'un tout dont un élément est hors d'usage, ou encore lorsqu il devient obsolète et qu il est remplacé par un plus récent. Afin de réduire les conséquences liées aux déchets informatiques, nommés également «e- déchets», des pratiques de réutilisation et de reconditionnement visant à allonger leur durée de vie peuvent être mises en place dans le cadre d un MRTI. D autres procédures de recyclage sont également mises en oeuvre afin de traiter les déchets dans le respect de l environnement. Nous exposons dans ce qui suit plus en détail ces pratiques de MRTI en fin de vie, sous la forme de la règle des 3R pour réutilisation, reconditionnement et recyclage La réutilisation Pour des contraintes d obsolescence programmée ou de durée de vie comptable des ordinateurs (généralement 5 ans), les entreprises sont dans l obligation de renouveler leur parc informatique régulièrement. Les équipements informatiques se retrouvent donc en fin de vie malgré leur bon état de fonctionnement. Afin d éviter tout gaspillage, il est recommandé de réutiliser les TI en les réattribuant en interne à des utilisateurs qui n ont pas besoin de machines ultra performantes; il est également possible d adresser les TI pour une réutilisation en dehors de l entreprise (revente à prix bas ou don). Le gouvernement français encourage la réutilisation des ordinateurs à travers le programme Ordi Ce programme a pour objectif d équiper la population modeste en mettant à leur 3 www-05.ibm.com/innovation/be/smarterplanet/fr/itinfrastructure/?ca=content_body&met=be_smarterplanet_fr 4

6 disposition une plateforme de récupération d ordinateurs en état de marche. Les donateurs des ordinateurs sont majoritairement des professionnels. Ces derniers sont exonérés des charges sociales et fiscales sur les dons. Certes, la réutilisation est un moyen pour allonger la durée de vie du matériel de quelques années, cependant le problème n est pas résolu pour autant, car ce matériel finira par s ajouter au circuit des déchets mais ultérieurement Le reconditionnement Le reconditionnement consiste à nettoyer et tester les différentes composants de la technologie et à changer uniquement les pièces défectueuses avant de revendre ou céder la machine. La production d un ordinateur reconditionné coûte moins cher en énergie qu un ordinateur neuf (Renaissance Numérique, 2010). Le reconditionnement représente également un marché économique florissant. Les conséquences positives du reconditionnement sur le plan écologique et économique sont importantes. En France, des entreprises se sont spécialisées dans le reconditionnement du matériel informatique. L entreprise Eco-Informatique 5 et ATF GAÏA 6 en sont deux exemples. Ces entreprises rachètent des ordinateurs en fin d amortissement auprès des professionnels, les reconditionnent et les revendent à petit prix au grand public. De plus, selon le site Ordi 2.0, la majorité des professionnels du reconditionnement et du recyclage appartient au secteur de l Economie Sociale et Solidaire (ESS), ce qui permet l insertion professionnelle et/ou sociale de personnes en situation d exclusion à travers le développement d emploi destiné à des personnes peu qualifiées ou en réinsertion sociale. D autres solutions peuvent être envisagées lors du reconditionnement, comme par exemple installer des logiciels libres 7 afin de contourner le problème de l obsolescence programmée des TI. Après avoir présentés les pratiques de MRTI en trois catégories relatives aux trois phases du cycle de vie des TI : l éco-conception, la réduction de la consommation énergétique des TI et enfin la gestion des TI en fin de vie, nous nous interrogeons sur les motivations de mise en place par les organisations de ces pratiques. Dans la partie suivante, nous présentons les modalités et les résultats d études de cas menées dans des organisations françaises afin de répondre à la question de recherche posée. 2 Quelles sont les motivations de la mise en place d un MRTI? Résultats de trois études de cas L objectif de notre communication est de mieux comprendre les pratiques de MRTI, ainsi que les facteurs de motivations de la mise en place des différentes pratiques de management Les logiciels non propriétaires. A ne pas confondre avec logiciels gratuits.

7 responsable des TI. Pour cela, trois cas ont été étudiés. Nous commençons par présenter les modalités de l étude menée (échantillon, méthode de collecte et d analyse des données). Ensuite, nous présentons les principaux résultats. Enfin, nous terminons cette partie avec une conclusion. 2.1 Trois études de cas exploratoires Afin de répondre à notre objectif de recherche, rappelons le : comprendre les motivations de la mise en place des pratiques MRTI, nous avons mené une enquête auprès de trois organisations françaises. Nous détaillons ci après les modalités de sélection de l échantillon, la méthode de collecte et d analyse des données collectées Le choix de l échantillon Les terrains privilégiés de cette recherche ont concerné des organisations différentes de par leur type et leur activité. Le premier et le second cas concernent des organisations que nous qualifions d utilisatrices des TI. Le troisième cas, est un acteur majeur de l industrie des TI, que nous qualifions de producteur TI. Ainsi, l'hétérogénéité des cas nous aide à étudier d une manière holistique une panoplie de motivations quant à la mise en place des pratiques de MRTI. Les trois organisations étudiées sont multi-sites. Nous avons mené des enquêtes aussi bien au niveau de leur siège qu au niveau des différents sites. En tout 52 entretiens ont été réalisé auprès de différents collaborateurs impliqués dans le management des TI (responsables Green IT, directeurs et responsables informatique, responsables environnement, responsables des achats TI, responsables des services généraux, responsables RSE, responsable de l Agenda 21, responsables communications, responsables logistique) La méthode de collecte de données Nous avons opté pour les entretiens semi-directifs comme principale méthode de collecte de données. Le guide d entretien comprend trois thèmes principaux : - Les pratiques de MRTI : Ce thème permet de comprendre la manière dont se traduit la RSE pour le management des TI. - Les motivations de la mise en place de ces pratiques : après avoir identifié les pratiques relatives au MRTI, nous interrogeons les interviewés sur les raisons de leur mise en place. - Les limites de la responsabilité en matière de management des TI : le management du cycle de vie des TI nécessite de faire appel à des acteurs externes, notamment lors de leur l achat et en fin de vie. L étude de ces deux pratiques permet de définir l étendue et les limites du management responsable des TI sur tout leur cycle de vie. Compte tenu de l intérêt de combiner plusieurs méthodes dans un même travail de recherche (Yin, 2009 : p 13), nous avons fait le choix de procéder, en plus des entretiens, à une analyse documentaire (rapport d activité, compte rendu des réunions) ainsi qu à une observation nonparticipante La méthode d analyse des données Les entretiens on été retranscrit intégralement et une analyse de contenu a été menée. Le codage des données est réalisé en deux étapes.

8 - la première étude de cas et le codage des données réalisé a permis de dégager différents thèmes et sous thèmes et de les structurer dans une grille d analyse. - la seconde et troisième étude de cas ont été analysé à l aide de la grille d analyse précédemment citée. Etant dans une démarche abductive, le cadre d analyse est itératif : il intègre de nouveaux thèmes issus de ces deux études de cas. Nous détaillions plus avant ces éléments. L analyse des données de la première étude de cas exploratoire est réalisée manuellement. La première étape d analyse consiste à lire le contenu des retranscriptions. Ensuite, lors de la seconde lecture, un travail de sur-lignage et de remarques sur les marges est réalisé (Bardin, 2003). Cette première analyse a permis de regrouper, sous chaque thème, les sujets évoqués. En s inspirant des travaux de Miles et Huberman (1991, 2003), nous avons établi dans une premier étape une méta-matrice non ordonnée au sens de ces derniers (1991). Cette méthode suppose de rassembler sur un grand tableau des informations de base provenant de plusieurs sites ou cas (p 272). Après avoir identifié les thèmes et sous-thèmes, nous les avons représentés à l aide d un logiciel spécialisé dans le traitement des données qualitatives : Nvivo. Le choix de Nvivo est justifié de par (1) sa facilité d usage il offre une bonne visualisation des données, (2) ses fonctionnalités il permet d un côté d établir différentes vues (extrait) sur les données en fonction des items choisis et, d un autre coté, de croiser différentes données pour éventuellement établir des liens entre les différents thèmes étudiés. Les trois études de cas qualitatives réalisées montrent l émergence de motivations essentiellement institutionnelles et instrumentales à la mise en place de pratiques de MRTI. La partie suivante énumère les principaux résultats des études de cas. 2.2 Les motivations d adoption des pratiques de MRTI Cette partie est consacrée aux résultats des études de cas exploratoires menées. Nous présentons dans un premier temps les différentes pratiques mises en place par les trois organisations étudiées ainsi que les motivations explicatives de leur adoption Des pratiques de MRTI différenciées Les études de cas menées ont permis d identifier des pratiques de MRTI différenciées que les interviewés relient fortement au concept de développement durable et à la RSE. Ces pratiques concernent différentes phases de vie des TI. Les pratiques de MRTI en phase de production concernent évidemment le cas du producteur informatique. Les autres pratiques ont été observées chez les trois organisations étudiées. En phase d achat deux pratiques de MRTI sont mis en avant. D abord, les interviewés considèrent le choix des fournisseurs comme primordial dans le cadre d une politique d achat durable. Celui-ci doit assurer un transport et un emballage de ces produits dans le respect des contraintes du développement durable. Ensuite, le choix des produits informatiques labélisés est considéré comme une pratique de MRTI. En phase d usage, les interviewés s intéressent à la réduction de la consommation énergétique

9 Après avoir identifié les pratiques MRTI adoptées par les trois organisations étudiées, nous nous intéressons dans la partie suivante aux raisons explicatives de leur mise en place. des TI en virtualisant les serveurs et les postes de travail ou en faisant recours à l usage des Green Data Center. Ces pratiques sont observées chez le producteur informatique. Les deux organisations que nous qualifions d utilisatrices optent pour des pratiques moins couteuses comme la rationalisation des impressions et la réutilisation des ordinateurs que ce soit en interne à l organisation ou en externe pour des écoles ou des associations de proximité. En fin de vie deux thématiques sont abordées. D abord, le traitement des e-déchets par des filières spécialisées et le suivi de ces e-déchets sont considérées dans les trois cas comme pratiques responsables pour le management des TI. Par contre, nous avons remarqué que le niveau de suivi change en fonction du statut de l organisation (producteur, utilisateur). Dans le cas comme du producteur pratiques la responsables traçabilité des pour e-déchets le management est beaucoup des TI. Par plus contre transparente, nous avons le producteur est remarqué capable de que suivre le niveau l acheminement de suivi change des e- en déchets fonction jusqu à du statut leur de élimination, l organisation contrairement aux (producteur, utilisateurs utilisateur). qui se considèrent Dans le cas déchargés du producteur de toute la responsabilité traçabilité des vis-à-vis e-déchets des est e-déchets à partir beaucoup du moment plus transparente, de leur collecte. le producteur La responsabilité est capable de incombe suivre l acheminement selon ces utilisateurs des e- aux soustraitants. déchets Nous jusqu à avons l élimination. contacté un Contrairement de ces sous-traitants, aux utilisateurs et avons qui également se considèrent constaté qu il se décharge déchargés de de la toute responsabilité des vis-à-vis e-déchets des dès e-déchets que le à sous-traitant partir du moment (sous-traitant de la du sous traitant) collecte. prend La en responsabilité charge les e-déchets. incombe selon ces utilisateurs aux sous-traitants. Nous avons contacté un de ces sous-traitants, et nous avons constaté également qu ils se Le déchargent tableau suivant de la responsabilité résume les des différentes e-déchets dès pratiques leurs MRTI sous-traitants mises (sous-traitant en place par les trois organisations du sous traitant) étudiées prend : en charge les e-déchets. Tableau Le tableau 1 : Pratiques suivant résume de Management les différentes Responsable pratiques MRTI des mises TI (MRTI) en place par les trois organisations Cycle de vie Pratiques de M RTI Exemples de stratégies ou technologies Fabrication Eco-conception Suppression de produits toxiques de la fabrication Achat Achat responsable Choix du fournisseur (transport et emballage) Choix du produit (labélisation) Usage Réduction de la consommation liée au TI Virtualisation Green Data Center Rationalisation impressions Allonger la durée de vie des Usage du papier recyclé Réduction des impressions Réutilisation interne Réutilisation externe Fin de vie Traitement des e-déchets Reconditionnement Réutilisation (re-manifacturing) Recyclage Choix de la filière de traitement Traçabilité Suivi par bordereau de suivi de déchets Tableau 1 : Pratiques de M anagement Responsable des TI (MRTI)

10 Après avoir identifié les pratiques MRTI adoptées par les trois organisations étudiées, nous nous intéressons dans la partie suivante aux raisons explicatives de leur mise en place Les motivations explicatives de la mise en place des pratiques MRTI Les études de cas ont permis de dégager de nombreuses motivations qui expliquent la mise en place des pratiques MRTI comme nous montrons dans ce qui suit. Nous proposons de regrouper ces motivations selon qu elles sont de nature instrumentale, normative, institutionnelle ou prospective (Ait-Daoud, 2012) : Des motivations instrumentales Les motivations instrumentales sont basées sur une éthique instrumentale. Facilité d usage Certaines pratiques ont été mises en place pour faciliter la gestion du parc informatique. Par exemple, en fin de vie, pour répondre à des contraintes de stockage (manque d espace le stockage des e-déchets), les organisations font appel à des filières de gestion de e-déchets. Au niveau de l usage, la réutilisation en interne répond à un besoin de disponibilité occasionnelle des machines de test ou des machines de secours. Il est plus facile, selon les interviewés, de mettre de côté un ordinateur de secours (en local) que de lancer une procédure d achat (auprès du siège). Image de marque L image de marque est un argument évoqué uniquement par le producteur IT. En effet, étant une des grandes références du secteur des TI, le producteur accorde beaucoup d importance à l image de marque qu elle peut relier à ses produits (serveurs, supports de stockage, etc.). Réduction des coûts L usage des Green Data Center, des serveurs virtualisés permet de réaliser des économies d énergies et donc des économies sur la facture énergétique 8. Molla et al. (2009a) considèrent que dans une démarche «Green IT», la recherche de l efficience énergétique est importante. Cette efficience permet, en conséquent, de réduire les coûts relatifs à l usage des TI. Lors des entretiens, c est la réduction des coûts qui est mise en avant Des motivations normatives Les motivations normatives s appuient sur une éthique normative Bonne pratique De nombreux interviewés ont considéré que la réutilisation (interne ou externe) et le recyclage sont mise places parce qu ils représentent de bonnes pratiques dans le cadre d une démarche responsable ou Green. Ces pratiques jouent un rôle important pour la préservation des 8 L'efficacité énergétique est le rapport entre l'énergie produite par un système dans un but précis par rapport à l'énergie consommée (http://www.energies-solairesrenouvelables.eu/0053/definition-efficacite-energetique.html)

11 ressources. Notons que l argument «Bonne pratique» est abordé essentiellement par des interviewés faisant partie du niveau opérationnel de l organisation. Respect de l environnement Le respect de l environnement apparaît comme motivation dans le choix des TI lors de l achat, de la mise en place des Data Center, de l usage du papier recyclé, du recyclage (pour le producteur) et du choix des filières de traitement (pour les utilisateurs). Respect des normes Le respect de certaines normes (ex : bonnes pratiques recommandées par l ADEME pour les e-déchets, ou Code of Conduct EU pour les Green Data Center 9 ) est également évoqué comme facteurs explicatifs de la mise en place des pratiques de MRTI Des motivations institutionnelles Les motivations institutionnelles sont une réponse à des pressions institutionnelles externes mais aussi internes. Les études de cas montrent l émergence de deux types de pressions institutionnelles (DiMaggio et Powell, 1983) externes qui se manifestent par la réglementation (pressions coercitives), les contraintes environnementales (pressions normatives) et internes : la stratégie générale et le mimétisme entre les différents sites de l organisation Pressions institutionnelles internes Pressions mimétiques Les pressions mimétiques apparaissent en interne à l organisation. Comme il est indiqué dans la littérature sur le sujet, les pressions mimétiques provoquent la convergence de comportements d organisations similaires dans des situations d incertitude (Messeghem, 2003). Lors des études empiriques chez une organisation utilisatrice, certains sites ont mis en place des pratiques de gestion des e-déchets par mimétisme envers les autres sites. Ce mimétisme est le résultat d un manque d information et de formation sur les pratiques de MRTI. Stratégie générale De nombreuses pratiques sont mises en place parce qu elles sont décidées par la direction générale ou par la DSI. Quand nous questionnons les acteurs opérationnels sur les motivations des pratiques de MRTI, ils répondent que c est une stratégie générale et nous renvoient vers les supérieurs hiérarchiques qui expliquent l adoption de MRTI par des pressions institutionnelles externes que nous détaillons ci-après. Pressions institutionnelles externes Pressions coercitives 9

12 Trois cadres réglementaires concernent les pratiques de MRTI (Ait-Daoud et al. 2010) : - La directive RHoS pour l éco-conception, - La circulaire du 3 décembre 2008 relative à l exemplarité de l Etat au regard du DD dans la fonction d achat 10 et le guide de l achat public éco-responsable 11, - La directive DEEE sur les e-déchets. Pressions normatives Il est important de signaler que ce qui considéré comme «respect de l environnement» chez les utilisateurs est considéré comme une contrainte, voire une pression chez le producteur. Comme nous l avons mentionné auparavant, ce dernier est plus sensible aux questions écologiques sur les TI. Par la mise en place des pratiques MRTI, le producteur a pour but d anticiper la réglementation et de développer une position de leadership Des motivations prospectives Les motivations prospectives ont pour objectif d innover afin d anticiper les pressions institutionnelles. Leadership La volonté d acquérir une position de leadership est fortement exprimée par les interviewés (dans le cas du producteur). Il s agit ici non d un leadership traditionnel au sens de Boal et al. (2001) qui «se développe, se concentre, et permet de structurer l organisation, le capital humain et social pour répondre, en temps réel, aux opportunités et aux menaces» (Boal et Schultz, 2007 : p 412) mais d un leadership institutionnel qui, selon Selznick (1957), permet de promouvoir et protéger les valeurs de l organisation (Selznick, 1957 ; cité dans (Washington et al., 2007 : p 2)). Le leadership joue un rôle dans le développement des idées et de la vision qu on a de ces idées. Il permet de promouvoir l innovation et l'apprentissage organisationnel ainsi qu inculquer un sens aux idées et aux visions. Il est un moyen de créer et de légitimer l'action de l'organisation (Boal et Schultz, 2007). Innovation &dateTexte=&oldAc tion=rechjo&categorielien=id 11 nsable.h tm

13 Facilité d usage Image de marque Réduction des coûts «C est une bonne chose» Respect de l env. Respect des normes Contrainte s environne mentales Mimétisme (faire comme) Réglement ation Stratégie générale Leadership Anticipatio n de la rég. Innovation Un seul interviewé (appartenant à une organisation de type «utilisateur») considère la mise en place des pratiques MRTI comme une volonté d innover dans un domaine où peu d actions «Green IT sont prises au sérieux». Nous résumons ces résultats des études de cas menés dans le tableau suivant : Tableau 2 : Motivations du Management Responsable des TI (MRTI) M otivations pour le M RTI Cycle de vie Pratiques responsables / Gr een IT Attr ibuts de pr atiques Instrumentales Normatives Institutionnelles Prospective Production Ećo-conception Limitation de produits toxiques de la fabrication X X X X X Achat Usage Fin de vie Achat responsable Réduction de la consommation énergétique Rationalisation des impressions Allonger la durée de vie Traitement des e- déchets Choix du fournisseur Choix de produits labélisés X X Réduction de la consommation des ordinateurs X Green Data Center X X X X X Virtualisation X X Usage du papier recyclé X X Réduction des impressions X X Réutilisation interne X X X Réutilisation externe Reconditionnement X X Réutilisation (re-manifacturing) X X X X Recyclage X X X X X X X X X Choix de la filière de traitement X X X X X X Suivi des e-déchets Suivi par BSD X Conclusion Nous avons présentés les pratiques de MRTI ainsi que les motivations du MRTI en fonction de quatre catégories (Ait-Daoud, 2012) : instrumentales, normatives, institutionnelles et prospectives. Ces résultats empiriques trouvent leur justification dans des travaux théoriques en sciences de gestion et en philosophie portant sur le concept de la responsabilité. En effet, pour expliquer les motifs d adoption de pratiques responsables, la littérature sur l éthique managériale expose principalement une logique binaire qui consiste à présenter les motivations comme oscillant entre deux extrémités : égoïsme et altruisme (Baugher et Weisbord, 2009), stratégique et moral (Smith et Nystad, 2006) ou encore utilitarisme et déontologie (Mathieu, 2004). Ces deux extrémités peuvent être représentées selon deux approches : instrumentale et normative (Da-Rosa et Flores, 2009; Capron, 2006; Smith et Nystad, 2006; Garriga et Melé, 2004, Lantos, 2002). La dualité de l éthique instrumentale versus éthique normative repose sur une éternelle discussion philosophique qui oppose Socrate, Bentham et Mill à Aristotle, Kant et Morin. Les premiers supposent que toute action dont les conséquences apportent un bonheur (utilité) est éthiquement correcte, pour les

14 seconds ce ne sont pas les conséquences qui priment mais l intention et la sagesse du décideur guidées par la morale, la rationalité des sages et la justice (Ait-Daoud, 2012). Transposer ces deux approches philosophiques au management responsable, c est inscrire les motivations de mise en place de toute pratique responsable dans deux paradigmes opposés : le premier relie la responsabilité à l éventuelle utilité qu elle pourrait apporter aux entreprises (Melé, 2006). A titre d exemple, le respect de l environnement pourrait apparaître, potentiellement, comme une source d avantage compétitif (Persais, 2002). Le second considère la responsabilité comme une réponse à un devoir moral et déontologique basé sur le principe de droit et de justice (Lantos, 2002). Les résultats empiriques montrent également l importance des facteurs institutionnels (Meyer et Rowan, 1977) dans l adoption des pratiques MRTI. Nous pouvons mobiliser le concept de l isomorphisme et de recherche de légitimité (DiMaggio et Powell, 1983) pour mieux comprendre ces motivations institutionnelles. Le courant institutionnel est de plus en plus mobilisé notamment pour expliquer l adoption de pratiques responsables en sciences de gestion, et plus précisément dans le champ des SI (Béji-Bécheur et Bensebaa, 2005; Dhaouadi et BenKehla, 2010; Ménard, 2003; Osman et Mounoud, 2006; Robinstein, 2006 ; Ait-Daoud et al. 2012). La mise en place des pratiques de MRTI est également justifiée par la volonté d innover, de développer une position de leadership et d anticiper la réglementation et non la subir. Ces motivations sont observées chez le producteur informatique. Nous pensons que la théorie de la vision organisante (Ramiller et Swanson, 1997 ; Carton et al., 2003 ; de Vaujany, 2009) pourra nous aider à mieux comprendre cette motivation. Nous pensons qu il existence un lien entre ces trois motivations : le leadership, l anticipation et l innovation. En effet, dans le cas du producteur des TI, l organisation étant dans une position de leadership, innove et construit ainsi une connaissance, lui permettant, à travers son discours (communication, publicité, conférence, etc.) d initier, de structurer la vision autour du concept de MRTI et de Green IT. C est pourquoi, nous considérons ces raisons explicatives comme un ensemble de motivations s inscrivant dans le cadre d une approche prospective. En guise de conclusion le tableau suivant résume les pratiques et les motivations d un Management Responsable des Technologies de l Information. Bibliographie Ait-Daoud, S (2012). Le management Responsable des Technologies de l Information : Entre approches éthique et institutionnelle. Thèse. 321 pp. Ait-Daoud, S., I. Bourdon, et al. (2011). La gestion des e-déchets dans un groupe industriel : étude exploratoire et perspectives de recherche. 16ème colloque de l'association Information Management AIM, Saint-Denis, La Réunion. Ait-Daoud, S., J. Laqueche, et al. (2010). "Ecologie & Technologies de l'information et de la Communication (TIC) : une étude exploratoire sur les éco-tic " Avenir et Management 9(39). Anderson, G., P. J. Corriveau, et al. (2008). "Power Efficiency and Sustainable Information Technology." Intel Technology Journal 12(4): Bardin, L. (2003). L'analyse de contenu. Paris, Le psychologue - Presses Universitaires de France. Baugher, D. et E. Weisbord (2009). "Egoism, Justice, Rights and Utilitarisme : Student Views of classic ethical positions in business." Journal of Academic and Business Ethics 1: 11. Béji-Bécheur, A. et F. Bensebaa (2005). Responsabilité sociale de l entreprise : les apports prometteurs du pragmatisme. AIMS XIVième Conférence Internationale de Management Stratégique. Pays de la Loire Angers: 33.

15 Berthoud, F., E. Drezet, et al. (2007). Comment se diriger vers une informatique durable? La septième édition des JRES (Journées Réseaux) novembre - Strasbourg. Breuil, H., D. Burette, et al. (2008). "TIC et Développement durable." Conseil général de l'environnement et du développement durable (N ) & Conseil général des Technologies de l Information (N IV ): 96 pp. Brodkin, J. (2009). "Measuring data center efficiency." Network World 26(11): 15. Caillol, S. (2008). "Analyse de cycle de vie et éco-conception : les clés d'une chimie nouvelle." Réalités Industrielles 34. Daly, M. et T. Butler (2009). Environmental Responsibility and Green IT: An Institutional Perspective. Proceedings of the European Conference on Information Systems (ECIS 2009), Verona, Italy. Deltour, F. (2010). Peut-on produire des «TIC vertes»? Equipementiers et parties prenantes dans le débat sur le caractère écologique des TIC. 15ème colloque de l'aim. La Rochelle. Dhaouadi, I. s. et K. BenKahla (2010). L émergence d une conception politique de la responsabilité sociale de l entreprise : Une perspective généalogique. Journées d'histoire de la Comptabilité et du Management France. DiMaggio, P. et W. Powell (1983). "The iron cage revisited: institutional isomorphism and collective rationality in organizational fields." American Sociological Review 48: Drezet, E. (2006). Les faces cachées de l'informatique : énergie et déchets. Admin06- Resinfo 05/2006. A. CNRS-CRHEA. Elliot, S. (2007). Environmentally Sustainable ICT: A Critical Topic for IS Research? Pacific Asia Conference on Information Systems (PACIS, 2007), Auckland, New Zealand Flipo, F. (2006). Projet E-dechets Ecologie des infrastructures numériques. Bretagne, INT - ENST. Flipo, F. et C. Gossart (2008). Infrastructure numérique et environnement : L impossible domestication de l effet rebond. Colloque international "Services, innovation et développement durable" mars - Poitiers (France). Flipo, F., C. Gossart, et al. (2009). Technologies numériques et crise environnementale : peuton croire aux TIC vertes?, Université de Caen Basse- Normandie - Telecom et Management Sud Paris - Telecom Bretagne: 213. Fuchs, C. (2008). "The implications of new information and communication technologies for sustainability." Environ Dev Sustain 10: Garretson, C. (2007). "Inside a green data center." Network World 24(43): 49. Garriga, E. et D. Melé (2004). "Corporate Social Responsibility Theories: Mapping the Territory " Journal of Business Ethics 53: Lantos, G. P. (2002). "The Ethicality of Altruistic Corporate Social Responsibility." Journal of Consumer Marketing 19(3): Loveland, S., E. M. Dow, et al. (2008). "Leveraging virtualization to optimize highavailability system configurations." IBM systems journal 47(4): 15. Messeghem, K. (2003). Analyse stratégique des relations entre PME et grande distribution. XIIème Conférence de l'association Internationale de Management Stratégique. Miles, M. B. et A. M. Huberman (1994). Qualitative data analysis, CA: Sage. 338 pp. Miles, M. B. et A. M. Huberman (2003). Analyse des données qualitatives, De Boeck. Molla, A. et V. Cooper (2009). "green it readiness: a framework and preliminary proof of concept." Australasian Journal of Information Systems 16(2): 19. Molla, A., S. Pittayachawan, et al. (2009a). Green it diffusion: an international comparison. The Green IT Working Paper Series Patingre, J.-F. et J. Vigneron (2001). Eco-Conception - Concept, Méthodes, Outils, Guides Et Perspectives.

16 Persais, E. R. (2002). "L'écologie comme atout stratégique: une validation de l'approche ressources par la méthode PLS." Revue Finance, Contrôle, Stratégie 5(3): 195. Petit, M. (2009). "Les technologies de l'information et de la communication (TIC) au service du développement durable." Réalités Industrielles. Renaissance Numérique (2010). Robinstein, M. (2006). "le developpement de la responsabilite sociale de l entreprise : une analyse en termes d isomorphisme institutionnel." Varia 113(Semestre 1): 20. Smith, K. H. et Ø. Nystad (2006). Is the motivation for CSR profit or ethics? The Corposate Responsibility Research Conference. Trinity Collage Dublin, Ireland: 26. Yin, R. K. (2003). Case Study Research: Design and Methods. London, Sage Publications.

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