Une gouvernance économique mondiale est-elle pertinente, voire nécessaire?

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1 Cycle de conférences Prépa Une gouvernance économique mondiale est-elle pertinente, voire nécessaire? Christian VAUTHIER Diplômé de Reims Management School, Maîtrise de sciences économiques Université Paris Panthéon,. Professeur de Chaire Supérieure en Economie-Management Professeur de classe préparatoire au lycée Chevrollier (Angers) de 1977 à 2008, Suivant les principes d Adam Smith et Ricardo, le système économique mis en place au 19 ème siècle n a laissé qu une place limitée aux Etats sur le plan national, et seuls des accords bilatéraux ont été réalisés sur le plan des échanges internationaux. Ceux-ci s appuyaient sur le système de l étalon-or, système qui s est installé de façon «naturelle», comme l avaient enseigné les «pères de l économie». La création de l URSS, à la suite de la Révolution de 1917, mettant en place un système concurrent du capitalisme, les crises économiques et notamment la Grande Crise de 1929, vont persuader les dirigeants occidentaux de la nécessité de poser les bases d une entente internationale, et ce dès avant la fin de la seconde Guerre Mondiale. C est ainsi qu en 1944 sera créé le FMI (Fonds Monétaire International), avec la Banque Mondiale. La Charte de la Havane de 1947 donnera naissance au GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), ayant pour rôle de faciliter les échanges commerciaux internationaux, tandis que l application du plan Marshall obligera les pays européens à mettre en place l OECE (Organisation Européenne de Coopération Economique), afin de bénéficier de l aide américaine. On notera que, sur le plan politique, l ONU (Organisation des Nations Unies) verra le jour en 1945, en remplacement de la SDN (Société des Nations) qui, mise en place à la fin de la Grande Guerre, fut incapable d empêcher le second grand conflit mondial. Quelle part ces institutions économiques ont-elles prise dans la fabuleuse croissance économique des 30 Glorieuses? Nul ne peut le dire exactement, mais l on peut néanmoins affirmer qu elles ont contribué au développement économique des pays occidentaux pendant cette période. 1

2 Le retour de l inflation, la crise pétrolière, l émergence de nouveaux pays, vont peu à peu bouleverser l ensemble des économies, qui vont entrer à partir des années 1970 dans ce que les économistes appellent un «environnement instable et incertain». Le système monétaire international mis en place en 1944 éclatera en 1976, donnant ainsi un rôle nouveau au FMI ; le GATT montrera ses limites et laissera la place à une nouvelle organisation en 1992, l OMC (Organisation Mondiale du Commerce). La chute du Mur de Berlin (1992) et la disparition de l URSS, entraînent la quasidisparition du système collectiviste. Le phénomène de mondialisation se poursuit, avec la globalisation des systèmes économiques et financiers. Mais les crises économiques et financières à répétition, démontrent l insuffisance des institutions économiques internationales à régler les problèmes (et encore moins à les anticiper). Des tentatives de règlement vont se développer en réunissant directement les chefs d Etat ou de gouvernement, (du G6 au G20), tandis que la question des dettes souveraines au sein de l Europe oblige ses dirigeants à mettre en place de nouvelles réponses aux défis actuels. Peut-on conclure à l esquisse d une véritable gouvernance mondiale? Nous examinerons tout d abord les institutions internationales mises en place jusqu à la fin du siècle dernier (1). Puis, en analysant successivement les crises mondiale et européenne (2), nous verrons les réponses données afin de déterminer si l on peut sérieusement envisager la mise en place d une telle gouvernance. 1. Les institutions économiques internationales mises en place au 20 ème siècle 1.1. Le FMI et la Banque Mondiale La création du FMI La conférence de Bretton-Woods (juillet 1944) met en place le système de l étalon de change-or. Le nouveau SMI, en permettant aux pays de gager leur monnaie sur l or, ou sur une autre monnaie (par exemple le dollar ) va créer les liquidités nécessaires au développement du commerce international, ce que ne permettait pas le seul étalon-or. Pour que le système fonctionne, on décide que les parités entre les monnaies doivent être stables (à l intérieur d une marge de fluctuation de + ou -1%). Et c est le rôle du FMI de veiller au respect de ces parités, en aidant les pays dont la monnaie se dévaloriserait sur les marchés des changes, et en évitant autant que possible les changements de parités (dévaluations ou réévaluations). Les différentiels de croissance économique nécessiteront des réajustements de parités, la dévaluation pouvant donner l illusion d un coup de fouet et permettant de relancer la machine économique, (à condition toutefois de mettre en place les ajustements structurels nécessaires). Le dollar prenant la place de monnaie de référence, le besoin de liquidités mondiales va être comblé par les billets verts, provenant du déficit de la balance des paiements américaine (du aux investissements des FMN américaines, aux dépenses militaires hors territoire US, et aux aides diverses apportées par les USA aux pays du Tiers-Monde, notamment en Amérique Latine). Ces dollars, bien que convertibles, vont être conservés par les détenteurs étrangers (les Banques Centrales) : dollar «as good as gold». Vont alors se développer les «mondo-dollars», mettant ainsi en danger la convertibilité du dollar. Face à quelques demandes de mise en place d un nouveau SMI, basé sur une autre monnaie que le dollar, il n y aura aucune réaction du FMI. Celuici fonctionnant comme une société anonyme, les voix sont attribuées en fonction des apports de chaque pays, et ceux-ci étant proportionnels aux PIB, les USA détiennent une large majorité 2

3 relative, et ne vont pas sacrifier un système qui leur convient si bien! (à noter que les USA disposent encore aujourd hui d un véritable droit de veto). Il faudra attendre 1969 pour la mise en place des DTS (Droits de Tirage Spéciaux), monnaie basée sur un ensemble de monnaies, mais leur usage restera extrêmement limité, et ne remettra pas en cause la suprématie du dollar. Août 1971 : le président Nixon ne peut que reconnaître l inconvertibilité du dollar, reconnaissance qui sera suivie d un remaniement général des parités en décembre, dans le cadre du FMI. Après une dévaluation du dollar en février 1973, celui-ci «flottera» en mars, entraînant le flottement général des monnaies, et l abandon du système de parités fixes, entériné par les accords de la Jamaïque de Le nouveau rôle du FMI après 1976 N ayant plus à faire respecter les parités désormais disparues, il permettra cependant la réunion des ministres des finances occidentales pour limiter le flottement du dollar à la hausse (Accords du Plazza de 1985) ou à la baisse (Accordes du Louvre de 1987). En effet, de trop grandes variations monétaires ne sont pas propices au développement des échanges. Mais l essentiel de son rôle va désormais être tourné vers les pays du Tiers-Monde, dont plusieurs pays, aux prises avec le grossissement de leur dette, vont menacer de se mettre en faillite, et de faire ainsi exploser tout le système financier international. Le rôle du FMI est ainsi exposé sur son site web: «Le champ d action du FMI : l objectif premier du FMI est de veiller à la stabilité du système monétaire international, en d autres termes, le système international de paiements et de change qui permet aux pays (et à leurs citoyens) d échanger des biens et des services. Ceci est essentiel pour promouvoir une croissance économique durable, accroître les niveaux de vie et faire reculer la pauvreté. À la suite de la crise, le FMI a entrepris de clarifier et de rénover son mandat pour l étendre à l ensemble des politiques macroéconomiques et financières ayant une incidence sur la stabilité mondiale. La surveillance des économies : afin de maintenir la stabilité et de prévenir les crises du système monétaire international, le FMI procède à des revues de l évolution économique et financière à l échelle nationale, régionale et mondiale, dans le cadre formel de sa mission de surveillance. Le FMI prodigue des conseils à ses 187 États membres, les encourage à prendre des mesures visant à assurer leur stabilité économique, à réduire leur vulnérabilité aux crises économiques et financières, et à accroître les niveaux de vie. Le FMI présente à intervalles réguliers, une évaluation des perspectives économiques dans les Perspectives de l économie mondiale, un état des lieux des marchés financiers dans le Rapport sur la stabilité financière dans le monde et publie une série sur les perspectives économiques régionales. L assistance financière : les financements du FMI donnent aux États membres l appui qui leur est nécessaire pour remédier à leurs problèmes de balance des paiements. Un programme économique appuyé par le FMI est élaboré par les autorités nationales en étroite coopération avec les services du FMI, et les concours financiers restent subordonnés à la réalisation effective du programme. Pour épauler les pays face à la crise économique mondiale, le FMI a renforcé sa capacité de prêt et a décidé une refonte complète des modalités d octroi de ses financements. Il fournit une assistance financière aux pays à faible revenu par ses guichets de financement concessionnel. Le FMI a doublé les limites d accès à ses financements et accroît ses prêts aux pays les plus pauvres du monde, à des taux d intérêt nuls jusqu en 2012.» «Prêteur en dernier ressort», le FMI accorde des liquidités aux pays en difficulté, leur permettant ainsi d avoir recours aux banques commerciales, mais en subordonnant son aide à des 3

4 «ajustements structurels» drastiques : moins de subventions, moins d aides aux défavorisés, augmentation des impôts, le tout devant permettre un rééquilibrage du budget, ainsi que de la balance commerciale, et de celle des paiements. Là où il intervient, le FMI, avec l aide d autres organisations internationales octroyant des prêts (comme la Banque mondiale), négocie donc des plans dits d ajustement structurel. Ils consistent généralement à améliorer les conditions de production et d offre via la promotion des mécanismes du marché. Parmi les mesures concrètes souvent exigées on trouve, l ouverture du pays aux capitaux étrangers et au commerce international, la libéralisation du marché du travail et la réduction du poids de l État, c est-à-dire la privatisation de nombreuses entreprises. L économiste américain John Williamson a regroupé l ensemble de ces idées sous le terme de «consensus de Washington», en soulignant qu elles sont partagées par la plupart des grandes organisations internationales (Fonds monétaire international, Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce ) dont la plupart ont leur siège à Washington. Appliquant ainsi les méthodes des monétaristes (Friedman), les «Chicago boys» vont se faire une réputation calamiteuse auprès de nombreuses populations du Tiers-Monde, qui les accueilleront souvent à coups de cailloux Et aujourd hui? Depuis 1976, le rôle du FMI consiste en premier lieu à soutenir les pays connaissant des difficultés financières. Lorsqu un pays est confronté à une crise financière, le FMI lui octroie des prêts afin de garantir sa solvabilité et d empêcher l éclatement d une crise financière semblable à celle qui frappa les États-Unis en Le FMI est en ce sens, le responsable de dernier ressort de la liquidité du système financier international, pour éviter le blocage des échanges et la contagion à tout le système (risque systémique) de problèmes momentanés de solvabilité d'un pays ou d'une banque centrale donnés. Joseph Stiglitz, «prix Nobel d économie» en 2001 a souvent critiqué la politique du FMI, notamment dans son ouvrage paru en 2002, «La grande Désillusion». Il met en cause les politiques d ajustement trop drastiques, qui pénalisent surtout les populations pauvres des pays aidés. En 1998, le président de la Banque Mondiale, James Wolfensohn, déclarait «qu'il souhaiterait que les programmes de sauvetage financier attachent plus d'importance aux préoccupations sociales (comme le chômage) et que le FMI insistait trop en revanche sur la stabilisation des monnaies». Avec la crise actuelle, il est clairement mis en lumière que c est le système financier dans son ensemble qui en a été le responsable : mise en place des subprimes, émission de titres «pourris» pour se débarrasser des défauts de paiement, spéculation à outrance, multiplication des produits financiers Le FMI vient en aide aux pays mis en difficulté à l occasion de cette crise financière : c est ainsi qu il a sauvé l Islande de la faillite, en lui prêtant deux milliards de dollars à l automne Avec des ressources triplées fin 2008, le FMI dispose désormais de plus de mille milliards de dollars. Il a pu proposer son aide à la Grèce en Ce qui permettait à Dominique Strauss-Kahn d affirmer fin 2009 : «le FMI a contribué à sauver le monde de la plus grande crise qu il ait jamais connue». Mais il n a pas pour rôle de remettre de l ordre dans le système bancaire Mais surtout, le FMI semble bien impuissant dans ce que l on appelle aujourd hui «la guerre des monnaies» : 4

5 * le yuan chinois est manifestement sous-évalué, ce qui facilite l exportation des produits chinois vers le monde entier, en attendant que le marché intérieur chinois puisse prendre la relève des exportations en tant que moteur de croissance * le dollar américain est en baisse (taux d intérêt quasi nuls, utilisation de la «planche à billets»), ce qui permet de compenser l atonie de la consommation intérieure * l euro est à un niveau très élevé, ce qui peut attirer les capitaux étrangers, mais qui à court terme est une entrave aux exportations des produits européens La Banque Mondiale L'élargissement du champ d'action du FMI l a conduit à interférer avec les compétences de la Banque mondiale et pose la question de la concurrence (et/ou complémentarité) entre les deux organisations. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la création des deux institutions financières internationales, FMI (Fonds monétaire international) et Banque mondiale, est née d'une double préoccupation : ne pas voir se répéter les crises monétaires des années 30 et la chute des échanges mondiaux qui en a découlé, rôle dévolu au FMI, et reconstruire l'europe, pour la Banque mondiale. Le système adopté lors de la conférence financière et monétaire tenue à Bretton Woods est alors conçu de manière complémentaire : veiller à l'équilibre des balances de paiement et fournir des crédits à court terme revient au FMI, financer la reconstruction et le développement par des prêts à long terme à la Banque mondiale. Les ressources du FMI sont essentiellement constituées par la mise en commun des devises des États membres alors que la Banque Mondiale recourt à des emprunts. Un pays doit obligatoirement être membre du FMI pour adhérer à la Banque mondiale. En 1988, un accord entre le Fonds et la Banque a été conclu, conditionnant strictement les prêts de la Banque à un accord entre le pays emprunteur et le Fonds. Le partage des tâches entre les deux organisations intergouvernementales sera toutefois toujours soumis à certaines incertitudes. Enfin, le partage des pouvoirs est dévolu aux Etats-Unis et à l'europe : traditionnellement, le directeur général du FMI est un Européen, et le président de la Banque mondiale, un Américain. Situation que les pays du Sud, se considérant comme concernés au premier chef, commencent à contester. 1.2 L organisation des échanges commerciaux internationaux Adam Smith avait montré dans son principal ouvrage (Causes de la richesse des nations 1776) comment la division du travail pouvait favoriser ce que l on appellerait aujourd hui la productivité et la croissance économique. David Ricardo, puis John Stuart Mill, avec leurs théories des avantages absolus ou relatifs, ont démontré que la division internationale du travail (la DIT) était elle aussi facteur de croissance, chaque pays ayant intérêt à se spécialiser dans les productions où il détenait le plus fort avantage, ou dans les productions où il était le moins désavantagé. La théorie classique des échanges internationaux sera complétée à partir des années 1970 par la «nouvelle théorie des échanges internationaux», qui mettra en avant d autres facteurs, et qui renforcera les adeptes du libre échange. Comment le développement des échanges a-t-il été favorisé, faut-il à tout prix favoriser le libre échange? Le rôle du GATT après la seconde guerre mondiale En 1945, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la charte de l'organisation des Nations unies (ONU) fut signée à San Francisco. Tirant les leçons de l'impuissance de la Société des 5

6 Nations (SDN), des désordres économiques de l'entre-deux-guerres, en particulier de la crise économique de 1929 (la Grande Dépression), elle faisait beaucoup plus attention à la coopération économique internationale. Les chapitres IX et X de la Charte affirment même la nécessité de créer les outils internationaux pour développer cette coopération. Ce seront les Accords de Bretton Woods en juillet 1944 qui fixeront les règles du jeu monétaire entre les pays en créant le FMI, qui sera suivi par la création en décembre 1945 de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). En 1947, la conférence internationale sur le commerce et l'emploi de La Havane donnera lieu à la signature de la Charte de La Havane instituant l'organisation internationale du commerce (OIC). Tentative avortée à cause du refus du Congrès des États-Unis de la ratifier. Il n en restera qu un simple accord, le GATT. Quels sont les principes appliqués dans le cadre du GATT? La liberté des échanges, par abaissement des droits de douane et réduction des restrictions quantitatives ou qualitatives aux échanges. Les droits de douane doivent être le seul moyen de protection mais les signataires se fixent comme objectif de les réduire progressivement sur la base de la réciprocité. La consolidation : une fois fixés, les tarifs douaniers ne peuvent plus être augmentés, sauf cas de clause de sauvegarde, sans compensation auprès des partenaires commerciaux. Le principe de non-discrimination et de réciprocité : clause de la nation la plus favorisée, non-discrimination entre les exportateurs étrangers et les producteurs nationaux (phénomène appelé «traitement national»).. La clause de la nation la plus favorisée (NPF) : un pays qui accorde un avantage commercial à un autre pays doit l'étendre immédiatement aux pays bénéficiaires de cette clause.. La clause du traitement national : chaque pays s'engage à appliquer les mêmes règles (fiscalité, normes) sur son territoire au niveau des produits et entreprises étrangers qu'au niveau des produits et entreprises nationaux. Le principe de l'interdiction des restrictions quantitatives. Il porte tant sur les importations que sur les exportations : les contingentements (fixation de quotas ou contingents) sont prohibés Le principe de l'interdiction du dumping et des subventions à l'exportation. Ces dernières sont interdites pour les produits industriels mais néanmoins tolérées pour les produits de base, sauf si elles conduisent un État à détenir une position dominante sur le marché concerné. Le règlement des différends : le GATT privilégiait les règlements à l'amiable par une procédure de conciliation, En cas d'échec, les parties devaient se soumettre aux conclusions d'un «panel», avec en dernier recours l'autorisation de mettre en place des mesures de rétorsion si le pays perdant ne se conformait pas aux conclusions du panel. Les négociations entre pays se font dans le cadre de ce que l on appellera les «rounds». Le premier round du GATT fut signé par 23 Etats emmenés par les Etats-Unis. Le GATT a connu un certain succès puisqu'en huit cycles de négociation, on est passé de 23 pays en 1947 à 120 pays signataires à la fin de l'année Ces cycles sont généralement désignés par le nom de la ville où ils ont été ouverts, par le pays auquel appartient cette ville, ou encore par des noms de responsables politiques. De 1947 à 1962, les 5 premiers cycles de négociation ont surtout produit des accords de réduction des droits de douane : cycle de Genève (1947), cycle d'annecy (1949), cycle de Torquay (1951), un autre cycle de Genève (1956) et le Dillon Round ( ). De 1964 à 1994 les 3 derniers cycles de négociation (Kennedy Round, de mai 1964 à juin 1967, Tokyo Round de septembre 1973 à avril 1979, Uruguay Round de septembre 1986 à avril 1994) ont vu augmenter le nombre de pays signataires, et en même temps s'étendre le champ des négociations. L Uruguay round a été le plus long et le plus discuté des cycles de négociations. Outre une nouvelle réduction des tarifs douaniers, ont été négociés des accords sur les mesures non tarifaires, 6

7 l'agriculture, les services, la propriété intellectuelle, le système de préférence généralisée pour les pays en voie de développement. Le système GATT de 1947 restait un système politique et non une véritable organisation internationale : peu de structure (un seul organe permanent - le secrétariat à Genève), pas de personnalité juridique internationale, des dérogations trop nombreuses, ce qui finalement revenait pour les États contractants (on ne parlait pas d'états membres) à adhérer à un «GATT à la carte» en fonction de leurs intérêts du moment et, parfois, à s'abstenir de respecter les principes directeurs (comme la clause de la «nation la plus favorisée») au gré des orientations politiques et commerciales nationales. Ces défauts ont été en partie corrigés par les accords de Marrakech instituant l'omc. En avril 1994, les États membres signent l'acte fondateur de l'omc La mise en place de l OMC (Organisation Mondiale du Commerce) L OMC regroupe 153 pays membres ; son siège est à Genève, et elle est aujourd hui dirigée par le français Pascal Lamy. On peut en lire la définition suivante sur le site web de l organisation : «Il y a de nombreuses façons de considérer l'omc. C'est une organisation qui s'emploie à libéraliser le commerce. C'est un cadre dans lequel les gouvernements négocient des accords commerciaux. C'est un lieu où ils règlent leurs différends commerciaux. L'OMC administre un système de règles commerciales. (Mais ce n'est pas Superman, au cas où l'on penserait qu'elle peut résoudre ou causer tous les problèmes du monde!).» Elle reprend les principes mis en avant dans le cadre du GATT : supprimer toute discrimination dans les échanges libéraliser progressivement le commerce par négociations promouvoir une concurrence loyale encourager le développement et les réformes économiques Elle dispose d un Organe de Règlement des Différends, (ORD), auprès duquel les pays qui s estiment lésés peuvent déposer une plainte. Une procédure de règlement se met en place, basée avant tout sur la négociation. L OMC est donc avant tout un cadre de négociation, à l intérieur duquel les Etats membres confrontent leur point de vue, pour essayer de gommer leurs problèmes commerciaux. Chaque Etat dispose d une voix, quelque soit son poids économique, ou politique.» En novembre 2001 s'est ouvert le Cycle de Doha, au Qatar, (qui aurait dû s'achever le 1 er janvier 2005) et qui visait essentiellement à améliorer l'accès pour les Pays en développement (PED) aux marchés des pays développés. Il englobait aussi bien les questions de l agriculture, des produits industriels, de la propriété intellectuelle, des investissements, de l accès aux produits de santé, du développement durable Non achevé, ce round connaît en fait un certain échec, même si Pascal Lamy, en juillet 2010, notait «une certaine dynamique dans la reprise des discussions» L OMC face à la crise actuelle Pour ses détracteurs, l'omc, reste trop focalisée sur la libéralisation du commerce international, et ce malgré les dernières évolutions relatives aux éléments autres que l'économie, comme l'intégration de la société civile, l'établissement de réglementations environnementales, sur la santé ou sur les conditions de travail. Par ailleurs, une des principales critiques qui a pu être faite par les alter mondialistes tient à l'inégalité d'influence entre les pays les plus riches et les autres. La plupart des décisions émanent des pays développés. Et demander à des pays à l'économie fragile d'ouvrir leurs marchés de manière asymétrique fait d'abord le jeu des intérêts des grandes 7

8 puissances et des multinationales. D autre part, pour ne prendre que cet exemple, le problème de l agriculture, et des subventions accordées par les pays riches à leurs producteurs, est toujours source de conflit avec les pays en voie de développement. Devant le développement de la crise actuelle, le concept de «démondialisation» s ancre dans les esprits : le libre échange à tout prix ne semble plus faire l unanimité! Enfin, face à la «guerre des monnaies», l OMC semble aussi démunie que le FMI. Et pourtant, le «dumping monétaire» n est pas tout à fait une pratique de concurrence loyale 1.3 Les débuts de concertation au niveau mondial Les théories keynésiennes, qui ont vu le jour alors que la crise de 1929 ravageait les économies occidentales, vont montrer, en particulier, le rôle moteur que peuvent jouer les Etats dans la relance économique. Les différentes politiques publiques mises en place après 1945 ne sont d ailleurs pas étrangères à l embellie des Trente Glorieuses. Mais seul un ensemble de politiques cohérentes peut assurer l efficacité de la relance en cas de crise : politique monétaire, politique budgétaire (incluant la politique fiscale), politique industrielle, politique sociale Chaque pays a pu plus ou moins bien «tiré son épingle du jeu» en menant sa politique économique, voire en changeant totalement d orientation, avec le renouveau des politiques libérales à partir de Mais aujourd hui, avec la mondialisation, les Etats semblent quelque peu démunis, face aux stratégies des firmes multinationales et aux capitaux particulièrement volatiles. La plupart ont accordé leur autonomie aux Banques Centrales. Quant aux pays européens, ils ont abandonné une certaine part de leur souveraineté au profit de l Union Européenne. Comment assurer un développement économique, équitable, durable, à l échelon de la planète? De l OECE à l OCDE L Organisation européenne de coopération économique (OECE) fut créée en 1947 afin d administrer l aide américaine et canadienne dans le cadre du Plan Marshall pour la reconstruction de l Europe après la seconde guerre mondiale. Son siège a été établi au Château de la Muette, à Paris, en Ayant rempli sa mission, il fut décidé de conserver une organisation qui regroupait les pays développés européens, et d y adjoindre les autres économies de marché ; c est ainsi que l OCDE, Organisation de Coopération et de Développement Economique vit le jour, en Voici la mission de l OCDE telle qu elle est définie sur son site : «L OCDE regroupe les gouvernements attachés aux principes de la démocratie et de l économie de marché en vue de : soutenir une croissance économique durable développer l emploi élever le niveau de vie maintenir la stabilité financière aider les autres pays à développer leur économie contribuer à la croissance du commerce mondial L Organisation offre aux gouvernements un cadre leur permettant de comparer leurs expériences en matière d action publique, de chercher des réponses à des problèmes communs, d identifier les bonnes pratiques et de coordonner leurs politiques nationales et internationales.» 8

9 L Organisation a permis notamment, après 1974, aux pays durement touchés par l inflation et la crise pétrolière, de confronter leurs points de vue, et de tenter de mettre en œuvre des politiques de réponse à la crise. Afin de contribuer au développement de l économie mondiale, l OCDE a élargi progressivement son champ d action afin d y inclure un nombre croissant de pays tiers, en plus de ses 32 membres. Elle partage maintenant ses compétences spécialisées et l expérience qu elle a accumulée avec plus de 70 pays en développement et économies de marché émergentes Du G6 au G20 Egalement en réponse à la crise de 1974, et sur l initiative de la France, fut créé en 1975 le G6, incluant les six économies les plus puissantes de l époque : les États-Unis, le Japon, la République fédérale d'allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'italie. Il s agissait d une «simple rencontre des dirigeants, afin de discuter de façon informelle des questions économiques et financières». Elargi en 1976 au Canada, puis à la Russie en 1998, il devint le G7, puis le G8. Les réunions se déroulent chaque année. En 1997, à l occasion de la réunion du G7, il fut décidé de créer le G20! Composé de 19 pays plus l Union Européenne, ce groupe qui représente aujourd hui les deux-tiers du commerce et de la population mondiale, et plus de 90% du Produit Mondial Brut, a pour but de favoriser la concertation internationale. A l issue du sommet du G20 qui s est tenu en 2008 à Washington, au début donc de la crise financière actuelle, le communiqué final précise que «la crise financière de 2008 résulterait d'un manque de coopération économique, de problèmes d'évaluation des risques, de normes comptables peu adaptées et disparates, et de déficiences quant à la surveillance des marchés». Le sommet a condamné la tentation protectionniste et recommandé «des mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides», il a également souligné «l'importance du soutien que la politique monétaire peut apporter dans les conditions appropriées à chaque pays». Il n était pas question de renouveler le scénario de la crise de 1929! Mais, on le voit, ce communiqué mettait bien en avant les problèmes liés au manque de coopération entre les pays, autrement dit l absence de gouvernance mondiale. Quelques titres du «Monde de l économie» de 2010 mettent bien en lumière ce besoin de gouvernance de notre planète : «Que peuvent les Etats contre la spéculation?», «200 économistes contre les dogmes du marché», «Le monde du travail aussi a besoin de régulations», «Quel mode de gouvernement économique faut-il pour l Europe?». 2. Le besoin de gouvernance face aux crises économiques et financières du 21 ème siècle 9

10 2.1. La crise, dans le monde et en Europe Les crises économiques, on le sait, sont inhérentes au système capitaliste, et reviennent même de façon très régulière. Mais, déjà en 1929, par le biais de liens financiers entre les Etats- Unis et l Europe, la crise, partie des USA, s était ensuite propagée à notre continent. Désormais, avec le phénomène de mondialisation, la globalisation financière, et les nouvelles technologies, il n y a plus aucune frontière, et la moindre secousse peut se propager instantanément à l ensemble de la planète. Il est intéressant de noter que, selon des chercheurs suisses, 737 firmes seulement détiennent 80% de la valeur des entreprises recensées comme firmes multinationales. 40% du contrôle de la valeur de ces entreprises sont détenus par seulement 147 firmes, dont les ¾ appartiennent à l industrie financière (banques, assurances, fonds de placement)! La genèse de la crise mondiale Les graphiques ci-dessous, réalisés d après le livre de Jacques Attali, «La crise et après» illustrent très bien la manière dont les prémices de la crise se sont mis en place dès 2003, (graphique 1) pour se développer avec la fameuse crise des «subprimes», et la faillite de la banque américaine Lehman Brothers (graphiques 2 & 3). 10

11 graphique 1 : 2001/2006 GENESE DE LA CRISE explosion de la bulle internet liquidités abondantes 11 septembre 2001 amorce de crise économique en 2001/2003 baisse des taux de la FED (de 7% en 2001 à 1% en 2005) guerre en Irak faible coût de l'argent stagnation des salaires ménages incités à s'endetter (prêts à consommation) l'immobilier augmente ménages incités à s'endetter (prêts immobiliers) conditions de crédit très souples consommation augmentation de la valeur des biens augmentation du risque excellents résultats des entreprises augmentation de l'effet richesse titrisation des créances création d'emplois accession à la propriété de foyers pauvres crédits subprimes (600Mds de $ en 2006) crédits prime, crédits Alt-A 11

12 graphique 2 : 2006/2007 : la machine se grippe risque d'emballement de l'économie raréfaction du crédit immobilier déficit commercial abyssal hausse des taux de la FED (de 1% en 2005 à 3,75% en 2007) défaut de règlement de certains ménages (notamment subprimes) surendettement des ménages hausse des saisies immobilières les produits titrisés s'effondrent la valeur de l'immobilier chute crise de liquidités des banques : elles ne se prêtent plus entre elles les produits titrisés deviennent illiquides dépréciation des actifs 12

13 graphique 3 : / : e x t e n s i o n d e l a c r i s e d é p r é c ia tio n d 'a c tif s e t d e p a tr im o in e n o r m e s c o m p ta b le s illiq u id ité d e s a c tif s d e s b a n q u e s p e r te s im p o r ta n te s p o u r le s b a n q u e s e x te n s io n d e la c r is e im m o b iliè r e à l'e n s e m b le d e la s p h è r e f in a n c iè r e r é é v a lu a tio n d u b ila n d e s b a n q u e s r a r é f a c tio n d u r e f in a n c e m e n t f a illite s b a n c a ir e s c h u te d e la v a le u r d e s b o u r s e s o b lig a tio n d e v e n te s g e l d u c r é d it s p é c u la tio n ( v e n te s à d é c o u v e r t) c h u te d e la c o n s o m m a tio n c r is e d e c o n f ia n c e, p a n iq u e d e s m é n a g e s e n tr e p r is e s e n d if f ic u lté d e s tr u c tio n d 'e m p lo is f a illite s r é c e s s io n d é p r e s s io n A la suite de la crise boursière de 2001 causée par l effondrement des valeurs internet, la FED (Banque centrale américaine) a permis de pratiquer des taux d intérêt extrêmement faibles. Les ménages américains ont pu ainsi s endetter pour acheter de l immobilier. A côté des taux normaux (prime rates), certains ménages offrant de moindres garanties se sont vu appliquer des taux moins préférentiels (subprimes). Ces crédits étaient gagés par des hypothèques, mais l augmentation des prix de l immobilier offrait de bonnes chances aux prêteurs d être remboursés en cas de défaillance de l emprunteur. Mais l évolution de la croissance américaine et du taux d inflation ont mené la FED à relever ses taux directeurs, ce qui a eu pour effet d alourdir la charge des emprunts. Le retournement (inévitable) des prix de l immobilier a accéléré les défaillances des emprunteurs, et mis en difficulté les établissements de crédit spécialisés dans l immobilier. A l été 2007, on comptait un taux de défaillance de 15% chez les emprunteurs subprimes, alors que le taux moyen de défaillance était de 5%! (on peut noter qu à cette époque les agences de notation n ont rien remarqué d anormal ). Cela aurait pu être une simple crise de l immobilier, mais elle s est étendue à l ensemble du système financier, à cause du phénomène de «titrisation». Cette opération consiste à inclure dans des titres des créances, que l on peut revendre à d autres établissements bancaires en cas de besoin 13

14 de liquidités. Le risque n étant plus supporté uniquement par l organisme prêteur, celui-ci peut multiplier les crédits à risque, empochant à chaque fois sa commission Et c est ainsi que des créances «pourries» vont se retrouver mêlées avec d autres créances plus saines, dans les actifs de tout le système financier. L effondrement de la valeur de ces titres va entraîner début 2007 un retrait massif des banques, et un assèchement de la liquidité bancaire à partir de juillet Cette crise, à l origine financière, va se transformer en crise économique, et entraîner un ralentissement de la croissance, ainsi qu une augmentation du chômage, dans l ensemble des pays développés (la mondialisation et la globalisation financière font que plus aucun pays n est à l abri). Afin de faire face à ce ralentissement, les gouvernants vont choisir des politiques de relance, qui entraîneront une augmentation des déficits publics, et une aggravation de la dette! Les chiffres suivants sont suffisamment parlants pour montrer l ampleur du problème. Déficit public En 2007 En 2009 Dette publique En 2007 En 2009 Zone Euro 0,7 % 6,38 % Zone Euro 66,2 % 79,3 % USA 2,8 % 11,2 % USA 66,4 % 84,5 % Royaume-Uni 2,7 % 11,4 % Royaume-Uni 44,5 % 69,6 % Japon 2,4 % 8,7 % Japon 180 % 210 % (source : Eurostat et FMI) La crise perdurera jusqu à aujourd hui, à tel point que le 5 août 2011, les USA verront leur note dégradée par l agence Standard and Poor s La crise en Europe Au sein de cette crise mondiale, l Europe va se trouver dans une situation particulière Du serpent monétaire à l euro En 1972, en réaction à l augmentation des marges de fluctuation décidée à Washington fin 1971, l Europe mit en place le serpent monétaire européen, afin d établir une zone de changes fixes à marges plus étroites entre les pays membres, En 1973, création du Fonds européen de coopération monétaire qui aide les banques centrales nationales à maintenir la parité de leur monnaie dans le serpent monétaire. En 1978, alors que les changes fixes ont été abandonnés au niveau international, l Europe se dote d un système monétaire européen (SME) qui limite les variations de taux de change entre monnaies européennes. La solidarité entre banques centrales est renforcée. Le SME entre en vigueur en En 1985, c est l adoption de l'acte unique européen, qui a pour projet d'établir progressivement un marché unique prévoyant la libre circulation des marchandises, des services, des hommes et des capitaux. 14

15 1992, le traité de Maastricht est adopté, créant l'union européenne et prévoyant la mise en place d'une monnaie unique à la fin de la décennie. C est également l année où certaines monnaies européennes font l objet d une forte spéculation : de nouvelles attaques spéculatives au sein du SME poussent les autorités à élargir les marges de fluctuations, qui sont fixées à +/- 15 %! 1994 : création de l'institut monétaire européen qui préfigure la future Banque centrale européenne (BCE), laquelle sera mise en place en mai La liste des pays participant à l euro sera établie en mai 1998, et les taux de change entre les monnaies deviennent irrévocables le 1 er janvier L euro circulera à partir du 1 er janvier Pourquoi fallait-il une monnaie unique? Le triangle d incompatibilité ou triangle de Mundell, est un principe économique développé par Robert Mundell et Marcus Fleming dans les années 1960, selon lequel, dans un contexte international, une économie ne peut pas atteindre simultanément les 3 objectifs suivants : avoir un régime de change fixe disposer d une politique monétaire autonome. avoir une parfaite liberté de circulation des capitaux (intégration financière) Par exemple, si un pays diminue ses taux d intérêt pour relancer la croissance, les capitaux internationaux émigreront vers des places plus rémunératrices, ce qui aura pour conséquence de faire baisser le taux de change ; Si l on ne veut pas toucher au taux de change, il faut alors restreindre la circulation des capitaux. Et vouloir maintenir son taux de change, tout en laissant les capitaux circuler librement, implique de coller ses taux d intérêt aux partenaires commerciaux (ce fut le cas de la France à partir de 1990, avec la politique dite du «franc fort»). Ce troisième cas de figure va s imposer à l ensemble des pays européens : à partir du moment où les capitaux pourront circuler librement (juillet 1990), et où l on choisit d avoir des changes fixes, il faut renoncer à une politique monétaire autonome. D où la création de la BCE, et la création d une monnaie unique. Taux de changes fixes Mobilité des capitaux 15 Politique monétaire autonome

16 Le traité de Maastricht et ses conséquences Le traité de Maastricht précise les conditions du futur passage à la monnaie unique. Afin de permettre une certaine harmonie nécessaire à l union monétaire, les européens décident de critères de convergence conditionnant pour chaque pays membre la possibilité d intégrer l union monétaire : le taux d inflation ne doit pas excéder de plus de 1,5% celui des trois pays membres ayant les plus faibles taux d inflation ; le déficit public doit être inférieur à 3% du PIB ; la dette publique doit être inférieure à 60% du PIB ; les taux d intérêts réels à long terme ne doivent pas excéder de 2% celui des trois pays membres ayant les plus faibles ; il ne doit pas y avoir de dévaluation dans les deux années précédant l intégration à l union monétaire. A l inverse de la politique monétaire, la politique budgétaire demeure une compétence nationale. Aussi, le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) a été adopté au Conseil européen d Amsterdam en juin Il prolonge l effort de réduction des déficits publics engagé en vue de l adhésion à l Union économique et monétaire (UEM). Il impose aux États de la zone euro d avoir à terme des budgets proches de l équilibre ou excédentaires. Le PSC comporte deux types de dispositions : La surveillance multilatérale, disposition préventive : les États de la zone euro présentent leurs objectifs budgétaires à moyen terme dans un programme de stabilité actualisé chaque année. Un système d alerte rapide permet au Conseil Ecofin, réunissant les ministres de l Économie et des Finances de l Union, d adresser une recommandation à un État en cas de dérapage budgétaire. La procédure des déficits excessifs, disposition dissuasive. Elle est enclenchée dès qu un État dépasse le critère de déficit public fixé à 3 % du PIB, sauf circonstances exceptionnelles. Le Conseil Ecofin adresse alors des recommandations pour que l État mette fin à cette situation. Si tel n est pas le cas, le Conseil peut prendre des sanctions : dépôt auprès de la BCE qui peut devenir une Amende-Condamnation à payer au Trésor Public (de 0,2 à 0,5 % PIB de l État en question) si le déficit excessif n est pas comblé. L'appréciation du non-respect de ces critères a été assouplie en mars 2005 sous l'impulsion de l'allemagne et de la France, sous la justification de tenir compte de la situation économique et des réformes structurelles engagées. Un dépassement «exceptionnel et temporaire» est désormais autorisé. Il est fondamental de remarquer qu avec la monnaie unique, les pays se privent désormais d une politique monétaire autonome, et d une politique de manipulation des taux de change (la dévaluation, même si elle comporte certains risques et constitue de toute façon un constat d échec, a souvent été utilisée pour relancer une économie) La crise de l euro? 16

17 La situation actuelle entraîne un cercle vicieux, que résume le graphique ci-dessous (d après Alternatives économiques, HS octobre 2011). LE CERCLE VICIEUX rationnement du crédit crise bancaire (menace sur la solvabilité des banques) recapitaliser les banques coût des sauvetages bancaires pour les finances publiques augmentation des créances douteuses CRISE DE GOUVERNANCE pertes sur le portefeuille d'obligations publiques des banques soutenir l'activité apporter un soutien aux Etats crise économique (freinage de l'activité et de l'emploi) augmentation des déficits publics effort d'austérité accru crise souveraine (doute sur la solvabilité des Etats) Après la crise irlandaise, la crise grecque (cf. annexes) menace très sérieusement l ensemble de la zone euro, notamment depuis l été L Espagne, le Portugal et même l Italie (3 ème puissance de la zone euro) sont eux aussi menacés par les spéculateurs. Ces crises successives amènent à se poser la question de la viabilité de l euro, à la capacité de résistance de la zone, et à savoir si à terme, suite par exemple à la sortie d un pays (par exemple la Grèce), si ce n est pas le système dans son ensemble qui serait menacé (on notera qu une majorité de citoyens allemands, selon certains sondages, seraient favorables à un retour aux monnaies nationales ). «Le ressort de la contagion est simple, explique l économiste Anton Brender : «Pourquoi dégrader le Portugal au moment précis où les autorités européennes cherchent justement le moyen d éviter un défaut grec? Parce que les perspectives de progression des exportations étant faibles et l endettement des agents privés déjà élevé, l austérité fiscale va, au Portugal comme en Grèce, asphyxier la croissance. Or, sans retour de la croissance, le pays n a aucune chance de se financer à des taux soutenables sur les marchés. La seule issue pour lui sera alors de demander une aide supplémentaire à l Europe, aide qui, comme pour la Grèce, risque d être assortie d une participation des investisseurs privés. En dégradant la note du Portugal, Moody s vient simplement de prévenir les détenteurs d obligations portugaises qu ils ont de bonnes chances d être appelés demain à aider «volontairement» le Portugal à se financer».» (Les Echos 19 juillet 2011) On trouve dans la suite de l article : «Le problème sans doute le plus grave est que le fonctionnement de la zone Euro a entrainé des divergences économiques croissantes au lieu de favoriser la convergence économique des Etats membres. Cette évolution est soulignée par des économistes français d horizons divers (Patrick Artus, Henri Sterdyniak, Christian Saint Etienne). 17

18 D un côté l Allemagne et les pays du nord de la zone ont mené des politiques de développement économique fondé sur l industrie, la compétitivité et l exportation (y compris dans le cas de l Allemagne avec une certaine austérité salariale). De l autre côté, les pays du Sud (dans une moindre mesure l Irlande) se sont désindustrialisés et ont opté pour une spécialisation dans la construction et les services (tourisme mais aussi services domestiques non exportables). Le premier groupe accumule les excédents commerciaux (4% du PIB) et le second accumule les déficits. La crise exacerbe les problèmes liés aux divergences de situation économique : la croissance potentielle des pays du sud est très faible. Un retour à la croissance dans le cadre de la spécialisation économique des années passées est très improbable. A fortiori dans le cadre de politiques budgétaires et de crédits restrictives, et sans pouvoir dévaluer sa monnaie. Le risque est fort d accroître encore les différences entre les deux groupes de pays en termes de croissance, de chômage et de déficits extérieurs. Ceci n est pas tenable sans certains mécanismes de transferts financiers et de correction des stratégies économiques des uns et des autres. Faute de quoi la zone est menacée d explosion.» 2.2 Quelles réponses à la crise? Les réponses au niveau mondial Le sommet de 2010 s est tenu à Toronto, et a donné lieu dans Le Point du 28 juin à l article suivant, intitulé : «Toronto, un G20 pour (presque) rien». Pas de taxe bancaire et financière«cela ressemble fort à un coup d'épée dans l'eau. Réunis samedi et dimanche, les pays du G20 ont décidé... de ne rien décider. Le sommet de Toronto, qui devrait coûter 1,2 milliard de dollars (960 millions d'euros) aux contribuables canadiens, est certainement la rencontre la plus stérile du genre depuis le début de la crise : il a accouché d'une déclaration d'intention des plus consensuelles. Quarante-cinq heures de négociations ont été nécessaires pour s'accorder sur la nécessité de renforcer la reprise économique tout en réduisant les déficits publics. Deux objectifs pas forcément compatibles à très court terme mais destinés à rapprocher les États-Unis et l'europe. L'Union européenne a clairement marqué un point en obtenant d'inscrire dans le texte commun la nécessité de "réduire d'au moins de moitié les déficits d'ici 2013 et de stabiliser ou de réduire les ratios de la dette publique au PIB d'ici 2016". Mais plus qu'un objectif contraignant, il s'agit d'une déclaration de bonne intention, comme l'a reconnu Nicolas Sarkozy à demi-mot. Le Japon, dont la dette atteint 200 % du PIB, a d'ailleurs obtenu une dérogation... Quant à la Chine, elle aussi repart du Canada sans avoir rien lâché. Très critiquée à cause de la sous-évaluation de sa monnaie par rapport au dollar, elle a réussi à éviter tout engagement contraignant sur l'appréciation du yuan. Le texte mentionne prudemment la nécessité "d'accroître la flexibilité du taux de change dans certains marchés émergents". La réforme financière attendra également. Aucun coup d'accélérateur n'a été donné à Toronto. La déclaration finale ne fait que reprendre les objectifs fixés lors des sommets précédents (cadre de réglementation robuste, supervision financière efficace, évaluation internationale transparente et l'examen par les pairs, la surveillance des institutions financières d'importance systémique). L'idée d'avoir recours à une taxe financière et bancaire portée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel est tout simplement abandonnée même si l'europe peut la mettre en œuvre seule. "Ce qui est déjà extraordinaire, c'est qu'on ne nous empêche pas de le faire et ça fera tache d'huile", s'enthousiasme Nicolas Sarkozy. Le Président oublie de dire que le G20 n'est pas un gouvernement mondial et qu'il ne peut en rien obliger certains pays à prendre ou ne pas prendre des mesures... 18

19 Consciente tout de même de la pauvreté du sommet de Toronto, la présidence française s'est employée tout le week-end à en minimiser la portée, le qualifiant de sommet "de transition". "Les temps étant plus apaisés, il est normal qu'on rentre dans des G20 à connotation moins dramatique", a fait valoir Nicolas Sarkozy. "On ne peut pas prendre des décisions historiques à chaque fois, mais chaque fois, c'est important de discuter". En réalité, le président français pense déjà aux prochains G20. Après le sommet de Séoul en Corée du Sud à la mi-novembre, c'est lui qui prendra pour un an les rênes du G20. À Toronto, il a assuré se préparer "activement" à ce mandat, et a déjà programmé une tournée chez ses principaux membres à l'automne. "Je veux essayer d'obtenir les résultats les plus audacieux possibles", car "le G20 doit imposer des grands desseins, une vision", explique-t-il. Ce n'était clairement pas le cas samedi et dimanche.» «Le G20 n'est pas un gouvernement mondial et il ne peut en rien obliger certains pays à prendre ou ne pas prendre des mesures...». Autrement dit, le G20 ne constitue pas une instance de gouvernance mondiale! Mais il n est de toute façon pas prouvé que les Etats dans leur ensemble désirent cette gouvernance Au sein même des Etats-Unis, le refus systématique de la fraction dure du Parti Républicain (le Tea Party) d augmenter les impôts a conduit à une crise interne au moment où il aurait fallu faire front pour relever le plafond de la dette. C est cette crise qui a entraîné la baisse de notation des USA, même si cela ne gêne guère le pays pour emprunter Cette absence d entente se retrouve au niveau européen Les réponses au niveau européen La crise de la zone euro est d abord une crise de confiance des marchés financiers en la capacité de l Etat, dont ils détiennent une partie de la dette, à la rembourser. Puisqu ils craignent que l Etat fasse faillite, les marchés exigent des taux d intérêts bien plus importants sur les titres qu ils acceptent de lui prêter. Il devient donc très cher pour l Etat de se refinancer, ce qui aggrave sa dette et ainsi s enclenche un cercle vicieux. Il fallait donc trouver une solution pour permettre aux Etats en difficulté de continuer à se financer. C est ainsi qu a été mis en place, le 9 mai 2010, le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le FESF est défini comme un fonds commun de créances visant à préserver la stabilité financière en Europe en fournissant une assistance financière aux États de la zone euro en difficulté économique. Le FESF a son siège à Luxembourg. Klaus Regling a été nommé directeur général à sa création en Juin Cependant, les hésitations successives face aux mesures à prendre pour aider la Grèce ont montré les limites de ce nouveau mécanisme. Suite au sommet de l'eurozone du 11 mars 2011 réunissant les dirigeants des pays de la zone euro, un accord a été trouvé pour augmenter la capacité d'intervention effective du FESF à 440 milliards d'euro, grâce à une augmentation des garanties des États de la zone euro. Par ailleurs, depuis ce sommet, le FESF a le droit d'acheter de la dette primaire, c'est-à-dire nouvellement émise, par les États. Le FESF est complété par le mécanisme européen de stabilisation financière, qui, à la différence du FESF, est garanti par le budget de la Commission européenne, c'est-à-dire in fine par tous les États de l'ue (pas uniquement ceux de la zone euro). Ces deux fonds seront remplacés en 2013 par le Mécanisme de stabilité européen. Le jeudi 21 juillet 2011, les européens ont décidé d'élargir le rôle du FESF : il pourra maintenant racheter des obligations d'etat sur le marché secondaire, participer au sauvetage des 19

20 banques en difficulté, prêter à des États en situation difficile. Son action est conditionnée à l'avis unanime des pays participants et de la BCE. D un montant total de 750 milliards euros, il s organise en trois sources de fonds mobilisables pour venir en aide aux Etats nécessiteux. D abord, 60 milliards d'euros pourront, sur autorisation du Conseil Ecofin, être empruntés sur les marchés par la Commission, étant garantis par les Etats membres. Cette somme pourra ensuite être reprêtée en urgence. Dans un second temps, les Etats pourront verser, en tout, jusqu à 440 milliards d euros en prêts bilatéraux, ou bien se servir de cette somme pour constituer des garanties. Enfin, le FMI pourrait ajouter 250 milliards si nécessaire. Il faut préciser que les fonds ne dormiront pas quelque part dans une enveloppe, en attente d'être mobilisés : ils correspondent à des engagements de la part des Etats, et ne seront effectivement versés que si un Etat en difficulté le réclame. En réalité, les Etats espèrent ne jamais avoir à utiliser ces «Eurobonds». Mais contrairement au plan d aide à la Grèce, le déclenchement d un financement ne nécessitera pas d être approuvé par chaque Parlement national. Toutes les décisions, sur la conditionnalité de l aide et les conditions de son octroi, s effectueront au sein de l Eurogroupe. Les Etats ont beaucoup insisté sur la forte conditionnalité qu auraient ces financements, à la manière des garanties qui avaient été demandées à la Grèce. Depuis sa création, le mécanisme de stabilisation financière a été mobilisé en faveur de l Irlande (novembre 2010) et du Portugal (mai 2011) Le besoin d une gouvernance mondiale Peut-on envisager un monde sans institutions de régulation, et faire confiance à «la main invisible» d Adam Smith? Le comportement des multinationales, des banques et des spéculateurs en tout genre nous montre bien les dérives auxquelles l on peut s attendre. Exemple : l augmentation du prix du blé (quasi doublement en un an entre 2009 et 2010) est certes due à la pénurie en Russie, mais doit être imputée pour moitié à la spéculation des fonds d investissement! La recherche d un profit immédiat (15% annuels) est devenue la règle dans les grandes entreprises internationales ; l emploi ou l environnement ne sont alors que des variables secondaires! De même qu une bonne politique économique au niveau national exige une coordination de ses diverses composantes (politiques monétaire, budgétaire, fiscale, sociale, industrielle, extérieure ), un minimum d harmonisation est requise au niveau international. Dans la période de crise que nous traversons actuellement, la relance des uns est annihilée par la politique de rigueur des autres, étant donné l enchevêtrement des économies. La lutte contre le chômage se heurte aux délocalisations, incitées par des exonérations fiscales ou des salaires extrêmement bas, ou non soumis à des cotisations sociales. Un pays ne peut lutter seul pour la sauvegarde de l environnement, au risque de pénaliser ses entreprises en alourdissant leurs coûts (exemple de la taxe carbone). Etc. Dès lors, un minimum de concertation semble requis pour éviter les grands déséquilibres, et en particulier sortir d une crise telle que celle que nous traversons actuellement. Quelques extraits de presse nous montrent clairement ce besoin de gouvernance : 20

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