le Processus de Barcelone : Les obstacles monétaires.. Mr. Rebaï Djermane LE PROCESSUS DE BARCELONE : LES OBSTACLES MONETAIRES

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1 1 LE PROCESSUS DE BARCELONE : LES OBSTACLES MONETAIRES Mr. Rebaï Djermane, Docteur d Etat ès Sciences de Gestion Docteur de 3ème Cycle Analyse industrielle Faculté des Sciences économiques, de Gestions & Commerciales Université de Constantine Introduction Pour atteindre les objectifs du partenariat euro-méditerranéen dan le but de constituer une zone de libre échange en 2010, les pays maghrébins partenaires (PMP) et l Union européenne sont obligées d élaborer et de mettre en œuvre des stratégies coordonnées. 1 Celles-ci doivent résoudre des problèmes tels l allègement de la dette de la plupart des pays de cette région, l élargissement de la structure d éducation, l augmentation des moyens disponibles en sciences et technologies dans le but d apporter des solutions spécifiques aux problèmes régionaux. 2 Mais suite à la nouvelle configuration du système monétaire international conjuguée aux autres contraintes (politiques, institutionnelles, endettement, éducation, sciences et technologies, sécurité régionales, ) l adoption de la monnaie unique complique davantage le processus. Un projet de partenariat d une telle ampleur ne saurait passer sous silence les conséquences l introduction de l euro. Les acteurs européens et méditerranéens ( vingt sept partenaires ) qui ont engagé ce qu il est convenu d appeler le Processus de Barcelone qui a démarré à compter du 28 novembre 1995, ont certainement sous-estimé la dimension monétaire notamment la mise en œuvre de projet euro. L adoption par les onze pays de l Union européenne de la monnaie unique le 1 janvier 1999, révèle une autre dimension (monétaire) de l ampleur et de la complexité des problèmes qui resteront à résoudre notamment à moyen ou à long terme. 3 Cet article expose les éléments théoriques fondamentaux qui ont été à l origine des débats et controverses qui ont précédé la mise en œuvre du projet euro. Il propose un débat sur la portée d un tel projet sur les éventuels projets d union, de partenariat ou d association. 4 Les notions fondamentales sont présentées telles : la zone monétaire optimale, la région économique, les chocs symétriques. 5 I. La monnaie unique : un projet de longue haleine L idée de l union monétaire européenne est suggérée par Robert Mundell, professeur d origine canadienne qui enseigne à Columbia University de New York et ce, dès le début des années soixante. En 1965, Mundell envisage une zone monétaire européenne qui viendrait s ajouter aux zones monétaires dollar et sterling. Mundell qui se range au rang des «monétaristes», est convaincu que la fixation des taux de change et l adoption d une monnaie unique assurent une convergence suffisante des économies candidates à l union ; convergence des taux d inflation et d intérêt sous réserve de renoncer à l autonomie de la politique monétaire nationale. Néanmoins, le succès du processus d union monétaire dépendra d un management capable de gérer la politique monétaire commune

2 2 Rappelons que la vision des «économistes», voit dans l union monétaire un long processus de convergence des économies candidates qui exigent des conditions très strictes comme ceux exprimés par les accords de Maastricht ou le Pacte de stabilité. Certes, la création de l euro relève de considérations techniques et économiques, mais celle-ci doit-être placée dans une perspective plus large ; celle du système monétaire international. Il est évident que l Union monétaire découle d un long processus de réflexion mais elle s est concrétisée par un acte politique liée à l évolution historique de l Europe. Une telle union reflète un contre pouvoir face à l hégémonie politique, économique et monétaire des Etats-Unis. Elle représente un contre poids au dollar qui reste toutefois la monnaie dominante. La création de l euro est u projet de longue haleine. Si Victor Hugo rêvait de l Europe des Etats-Unis, le prix Nobel canadien Robert Mundell a élaboré les éléments théoriques qui ont suscité débats et controverses et qui ont permis finalement l adoption par les pays, onze à l origine, de la monnaie unique. Au cœur de la réflexion de Mundell, réside la théorie des zones monétaires optimales. II. La zone monétaire optimale et la région économique La théorie des zones monétaires optimales de Mundell, est considérée comme l une des contributions scientifiques les plus importantes du dernier siècle. 6 C est la raison pour laquelle le Comité Nobel a décidé de lui décerner l honorable prix le 10 décembre Sans conteste les avis sont unanimes, Mundell est le père de l euro. Selon Mundell la zone monétaire est une zone caractérisée par la présence de taux de changes fixes. Le domaine approprié d une telle zone est la région économique. Cette dernière est appréhendée comme une région à l intérieur de laquelle les facteurs sont mobiles. Par contre, ceux-ci sont immobiles par rapport aux autres régions. La théorie des zones monétaires optimales suggère que le concept de région se substitue à celui de nation avec la novelle configuration monétaire du monde. Ainsi, deux ou plusieurs régions pourraient créer leur propre monnaie sous réserve d abandonner leur propre souveraineté monétaire. La réponse à une telle condition nécessite une analyse en termes de coûts-avantages de l union monétaire. III. Les avantages-coûts de la zone euro La théorie de Mundell, va servir comme cadre idéal d analyse aux nombreux débats qui ont plaidé en faveur de la création de la monnaie commune européenne. Mais ces débats ont aussi généré de nombreuses controverses aux opposants d une telle Union. L existence de vastes empires, rendait possible la réduction des monnaies et l adoption d une monnaie unique. A l époque de César, l Europe ne disposait que d une monnaie unique. Ainsi, il paraît évident que si le monde était gouverné par un seul pouvoir (gouvernement mondial), une monnaie unique aurait inévitablement, prévalue pour assurer l ensemble des transactions internationales. Le système serait efficient sous réserve de l existence du régime de taux de change fixes et d un management efficace pour assurer son bon fonctionnement.

3 3 Les économistes classiques ont bien montré les avantages inhérents à l existence d une unité monétaire commune comme moyen privilégié pour assurer la complexité des différents échanges. Par extension, une monnaie unique pour l ensemble du monde serait donc la meilleure solution pour l ensemble des acteurs impliqués dans les transactions. La nouvelle configuration du système monétaire international confirme un monde politique et économique tripolaire dominé par les devises les plus fortes : le dollar, l euro et le yen. C est la confirmation du poids économique des principales puissances économiques qui atteint plus de 60% du total mondial dont 25% pour les Etats-Unis, 20% pour l Union européenne et 15 % pour le Japon. Les avantages de l adoption d une monnaie unique comprennent : la réduction de divers coûts de transaction propres aux monnaies différentes, un gain en liquidité de la monnaie dû notamment à l extension de son aire de transactions, ce qui profitera également à l ensemble des marchés financiers. Pour les entreprises de l Union européenne sans conteste l un des principaux avantages est l élargissement des marchés financiers et monétaires avec un taux de change fixe. Pour les entreprises partenaires, le risque de change est réduit. Les coûts potentiels proviennent d la suppression d un taux de change entre les membres de l union. Il n est plus possible de laisser le taux de change absorber les chocs qui viendraient frapper de façon asymétrique les diverses régions d une union monétaire. En l absence de mobilité des facteurs de production, les chocs asymétriques pourraient être résorbés par une variation du taux de change. Mais cette hypothèse suppose que les régions affectées disposent de leur propre monnaie. Chaque banque centrale pourrait alors miser la variation des taux de change et d intérêt pour réaliser les ajustements nécessaires ( résoudre les problèmes d inflation, de chômage ). Ainsi, en théorie, des conditions très strictes sont nécessaires pour justifier de l existence dune zone monétaire optimale ou d une région économique. IV. Critères d appartenance à la région économique La théorie des zones monétaires optimales pose la question de savoir quels sont les critères économiques selon lesquels diverses régions pourraient décider d adopter une monnaie unique. Il en découle du raisonnement précédent que pour répondre à de tels critères et devenir une région économique adoptant une monnaie commune, une région doit satisfaire à des conditions strictes. Tout d abord, elle ne doit pas être sujette à des chocs asymétriques fréquents et de grande amplitude. Ensuite les facteurs de production doivent jouir d une mobilité parfaite. Ainsi, pour une économie ouverte et diversifiée, les avantages de l adhésion à l union monétaire en termes de gains de liquidité et de stabilité financière peuvent compenser les coûts d ajustements supplémentaires que pourrait imposer son isolement par rapport à la région économique. Néanmoins, une économie qui se caractérise par la diversification des exportations, réduit l impact des chocs asymétriques.

4 4 V. Difficultés à réaliser une Région économique Il découle de conditions d optimalité précitées que les pays même européens et ce, quel que soit le nombre, ne constitueraient pas une zone monétaire optimale. Ainsi, l union européenne ne répondrait en fait que partiellement aux critères précités. Tout d abord, les zones monétaire optimales ne correspondent pas cause aux limites d un état. Ensuite, l optimalité monétaire stricto sensus signifie que diverses régions d un même état, peuvent rejoindre des zones monétaires différentes, chacune dotée de sa propre monnaie. Cette condition implique que toute proposition d union entre états existant pourrait être rejetée pour cause de non optimalité. Enfin, concernant la mobilité des facteurs de production, le marché du travail dans les principaux pays européen souffre de rigidités prononcées. Le facteur travail déjà peu mobile à l intérieur de certains pays l est encore moins entre eux. VI. Compétitivité des zones monétaires Depuis que le système monétaire international a changé de configuration, la zone monétaire euro est entrée en concurrence avec la zone dollar. Un pays n a intérêt à fixer sa monnaie par rapport à une autre que si cette dernière est forte et stable. Ainsi, une économie performante ne peut pas garantir sa stabilité monétaire en fixant sa devise par rapport à celle d une économie moins efficace. A l évidence, il ne s agit point d un colonialisme monétaire. Les zones et les unions monétaires traduisent des alliances. En dehors des questions d hégémonie, elles ne fonctionnent que s il y a des objectifs communs et qui sont permanents tels les accords sur l harmonisation des taux d inflation ainsi que sur les mécanismes d ajustement monétaires. Toutes choses étant égales par ailleurs, il est évident que plus la zone monétaire est importante plus elle est efficiente du fait notamment de l avantage des économies d échelle. Les adhérents aux principales zones monétaires ont intérêt à éviter des fluctuations exagérées des taux d inflation et des taux d intérêt. Des variations de change désordonnées dollar/euro ou yen / dollar ne peuvent qu engendrer des effets pervers sur les économies réciproques ainsi que celles qui y ont ancré leurs monnaies. La création de la zone euro a produit un effet de démonstration important surtout pour les suivistes potentiels. Cette nouvelle zone s est révélée une expérience attractive pour le reste des pays de l Europe (centrale et de l est) qui convoitent une adhésion prochaine. D ici 2004, il est prévu que dix autres pays européens rejoindraient l Union européenne. La ferme volonté exprimée par ces pays fournit la preuve que ceux-ci sont convaincus de l efficience de la zone euro qui offre sûrement plus d avantages que de coûts.. A long terme, la zone euro mesurée en terme de domaine de transactions serait appelée à s élargir pour concurrence davantage la zone dollar. Cette dernière devrait s étendre selon toute probabilité en Amérique latine, à certaines régions d Afrique centrale et d Asie. La Banque centrale européenne et la Fed américaine seront appelées à développer des accords de coopération au fur et à mesure de l expansion du domaine respectif des zones euro et dollar dans le but de stabiliser les prix, les taux d intérêt et d inflation. Les pays n appartenant ni à la zone euro ni à la zone dollar devront peser les avantagescoûts de l adoption d une monnaie unique et de taux de change fixes.

5 5 Conclusion L adoption de l euro par la plupart des pays de l Union européenne est le prélude d une série d évènements qui auront de profondes conséquences aussi bien au niveau macro qu au niveau microéconomique. L architecture du système monétaire international est modifiée et connaîtra une sérieuse modification à long terme. Ainsi, la stabilité des prix, des taux de change, d inflation et d intérêt, devront être des objectifs prioritaires pour toute politique monétaire. La constitution des zones monétaires, exprime des alliances devant concrétiser des objectifs à long terme. Combien même elles traduisent des buts hégémoniques, elles ne peuvent fonctionner de façon optimale que si les membres qui y adhèrent ont des objectifs communs notamment sur les niveaux du taux d inflation, la stabilité des prix ainsi que sur les mécanismes d ajustement monétaires. Tout nationalisme exacerbé rend les projets monétaires, objet de nombreuses résistances. On devine dans quelle mesure de nombreux problèmes (contrôle des réserves, taux d inflation, ancrage, ) en sus des égoïsmes nationaux empêchent la réalisation de tels projets. L affirmation de la souveraineté par le biais de la monnaie nationale (monnaie politique) n exprime en fait que des ressentiments illusoires. Mais, il faut se convaincre que les transactions nécessitant l utilisation de plusieurs monnaies entre nations ne sont pas efficientes si l on tient compte des coûts de transactions et de l étroitesse de leur domaine. Les nombreuses contraintes légales et institutionnelles, l instabilité politique et sociale, la bureaucratie, la corruption, l absence d une réelle démocratie ainsi que le décloisonnement des marchés sont autant des obstacles majeurs à surmonter avant de prétendre à l union monétaire. Le processus de Barcelone doit-être repensé en tenant plus compte des conséquences qu implique la monnaie unique à long terme. En plus des problèmes liés aux barrières à l entrée entravant la libre circulation des capitaux, des marchandises, des hommes et des services, les PEM devront méditer un tel processus en tenant compte des implications à long terme du projet d union monétaire. 7 Mais de nombreux autres défis doivent être relevés par ces pays car l environnement régional méditerranéen devient de plus en plus hostile. En raison de la dotation privilégiée en ressources énergétiques et de l importance des flux migratoires, la Région offre revêt un enjeu géostratégique convoitée par les grandes puissances. Paradoxalement, unetelle dotation au lieu de contribuer à sa prospérité s avère au contraire une source d inertie et de sous développement. Les économies des PMP sont faiblement diversifiées et sont très vulnérables aussi bien aux chocs internes qu externes. Ces pays tardent à mettre en œuvre les réformes nécessaires à l entrée dans l économie de marché. Les processus de privatisation et de démocratisation se confrontent à de nombreuses résistances sociales, ce qui rend illusoire toute stabilité politique. Les fausses manœuvres des réformateurs sont à l origine de nombreux mécontentements de l opinion publique et des protestations sociales parfois exprimées avec véhémences par les personnels licenciés suite à la privatisation des anciens monopoles publics. Or, rien que pour maintenir les niveaux d emplois actuels, il est nécessaire de créer près de quarante millions d emplois au cours de la prochaine décennie 8. Par ailleurs, les questions d identité et de culture demeureront une source importante de discorde qui ne cessera pas d alimenter des conflits complexes. 9 Il en découle un écart important de développement entre les pays du nord et du sud de la Région. De plus, l élargissement imminent de l UE qui va bientôt regrouper vingt cinq pays laisse craindre que les avantages potentiels visés dans le cadre du Processus de Barcelone, ne

6 6 profitent d abord aux nouveaux partenaires de l Europe de l Est. Déjà que les aides économiques, l assistance technique et certaines concessions commerciales octroyées par l actuelle Union ne suffisent guère à faire progresser les réformes amorcées. Beaucoup reste à faire pour les gouvernements des PMP en place. Ceux-ci doivent s engager plus fermement dans les différents processus nécessaires pour entrer dans l économie de marché. Ce qui passe par la promotion de l esprit d entreprenariat, la privatisation non pas «politique» 10 mais économique, financière et monétaire. Il en dé coule, de profonds remaniements des comportements bureaucratiques des administrations publiques pour attirer les investisseurs et soutenir la création d entreprises nouvelles. NOTES : 1 Les PMP regroupent : l Algérie, Chypre, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Territoires palestiniens, Tunisie, Turquie, Syrie. 2 Khader Bichara, Partenariat euro-méditerranéen (EMP) : les tâches non accomplies, Université Louvain la Neuve, Belgique, Les Quinze à l exception du Danemark, e la Grèce, du Royaume Uni et de la Suède. 4 Serge Vincon, Sur le Projet de loi autorisant la ratification de l accord euro-méditerranéen établisant une association entre les Communautés européenne et luers Etats membres, d une part et lerouame hachémite, d autre part, Rapport 144 ( ), Commission de Affaires étrangères, 29 /8/ Certaines notions ont été suggérées par les débats relatifs au Processus de Barcelone à l occasion de la journée d études organisée parle laboratoire LERM et qui à eu lieu à l Université de Constantine le 30 octobre Robert Mundell est professeur d Economie internationale à l université Columbia de New York. Il a reçu le prix Nobel d économie le 10 décembre A Valence le 22 avril 2002, l Algérie a signé un accord d association avec l UE. Selon les termes de cet accord, l Algérie doit procéder à des réductions substantiels des tarifs douaniers pour les exportations agricoles européennes. Elle s engage en outre, à mettre en place une législation moderne sur la concurrence et la protection de la propriété intellectuelle. L UE absorbe 62% des exportations algériennes (13,3 milliards d euros) et fournit 56%des produits importés (5,79 milliards d euros ) ; in El Ahram Hebdo : Partenariat euro-méditerranéen : Etats des Lieux. 8 Chris Patten, Notre Destin n et pas inscrit dans les étoiles,il est entre nos mains, l Actualité autrement vue, in le Quotidien d Oran, jeudi 04 décembre Un fondation euro-méditerraenne est en train de se constituer : on but est d œuvrer à l instauration d un dialogue des cultures. Un projet d création d une assemblée parlementaire euro-méditerranéeenne est aussi e cours. L objectif est de favoriser l échange des idées démocratiques, les débats sur les droits de l homme et l état de droit dont l indépendance de la justice. 10 Notre interpellation à ce propos du ministre de la Privatisation lors d une conférence débat à l université de Constantine, décembre 2000.

7 7 Bibliographie Khader Bichara, Partenariat euro-méditerranéen (EMP) : les tâches non accomplies, Université Louvain la Neuve, Belgique, Laurant Carrou, l Euro Verrou de l Orthodoxie, le Monde diplomatique, janvier 1999 Bernard Cassen, Dans l Etau de l Euro,, le Monde diplomatique, mai R. Mundell, Currency Areas, Volatility and Intervention, Washington Post, avril 2000 R; Mundell, "The International Impact of the Euro and its Implications for the Transition Countries," Paper prepared for the 4th Dubrovnik Conference on the Transition Economies. Forthcoming in Proceedings. R; Mundell, Euro and the Stability of the International Monetary System,Papier préparé pour la Conference à Luxembourg, 3 Décembre, R. Mundell, "The International Implications of the Euro," Revised version of Luncheon Speech presented at the National Bank of Austria Conference on the occasion of Austrian leadership, Vienna, May 8, Forthcoming in proceedings. R.Mundell, "What the Euro Means for the Dollar and the International Monetary System," Atlantic Economic Journal, 26, No (September): R. Mundell, "The Impact of the Euro on the International Monetary System," The International Spectator XXXIII,No (April-June). R.Mudell, "Great Expectations for the Euro: Part I," Wall Street Journal March 24, R.Mundell,"Great Expectations for the Euro: Part II," Wall Street Journal, March 25, R.Mundell, "Making the Euro Work," Wall Street Journal, April 30, R.Mundell, "Money and the Sovereignty of the State," Paper prepared for the International Economic Association Conference in Trento, September 4-7, Forthcoming in the Cambridge University Press, edited by Axel Leijonhufvud. R.Mundell, "EMU, Economic Performance, and the Monetary Future of Europe," Paper presented at the 8th Villa Mondragone Conference, June 24-25, Forthcoming in Rivista di Politica Economica and St. Martin's/SIPA. Serge Vincon, Sur le Projet de loi autorisant la ratification de l accord euro-méditerranéen en établissant une association entre les Communautés européenne et leurs Etats membres, d une part et le Royaume hachémite, d autre part, Rapport 144 ( ), Commission de Affaires étrangères, 29 aoüt Nihon Keizai Shimbun "The Spot Dollar and the Forward Yen," (Japan Economic Journal) January 9, (In Japanese.) "Jacques Rueff and the International Monetary System" in Actualité de la pensée de Jacques Rueff. Paris, Proceedings du Colloque tenu à l occasion du centenaire de la naissance de Jacques Rueff, 7 novembre 1996, Paris.

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