Conférence de Dakhla Novembre Intelligence Economique Territoriale

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1 Conférence de Dakhla Novembre Intelligence Economique Territoriale Innovation et développement régional. Intelligence Compétitive et création de savoir pour l action Henri Dou, Professeur émérite, Directeur d Atelis, Research professor Peking University 1 Introduction La tendance actuelle du développement politique mondial, conduit de plus en plus de régions à avoir une autonomie de décision plus importante qu elle ne l avait auparavant. En effet, la monopolisation des forces régionales pour créer une synergie induisant un développement local endogène se trouve conforté par une liberté de décision plus forte. Le problème est de ne pas se tromper au niveau des stratégies à développer. En effet il n est pas question pour un pays de mettre ses propres régions en compétition interne. On ne va pas «dépouiller Pierre pour enrichir Paul»! Il devient donc évident qu il va falloir dans le développement local essayer de créer soit les conditions d un investissement étranger direct, soit le développement de produits ou de services destinés à l exportation. Actuellement, la mondialisation a introduit un nouveau «terrain de jeu» pour les entreprises, où les règles de la concurrence sont plus fortes que jamais et où il faut à tout prix à partir de ses ressources locales créer des produits à valeur ajoutée pour accéder à de nouveaux marchés. Donc, il ne faut pas créer de concurrence interne, mais essayer par synergie de s ouvrir vers l extérieur 1. Actuellement, en l état de nos connaissances, la majeure partie des pays développés, suivis par les pays en développement, considèrent que l innovation est le maître mot qui va permettre de créer des avantages concurrentiels. Cette manière de voir est mise en évidence par un certain nombre de rapports internationaux tels que le rapport Palmisano (USA) (2004) 2, le rapport Commonwealth (Australie) (2003) 3, le rapport sur la créativité (Canada) (2001) 4, etc. C est ainsi que la science et la technologie prennent actuellement de plus en plus d ampleur. Les travaux de Schumpeter (1954) 5 ont mis en évidence le rôle majeur de l innovation qui sous l action d un entrepreneur va briser la routine pour créer un équilibre économique nouveau. De même Keith Pavitt (1999) 6 a constamment milité pour que l importance de la science mais surtout des innovations soient prises en compte dans les politiques économiques ce qui est bien mis en évidence dans son éloge (2003) 7 publié dans Research Policy. L application, de nos jours, de ces orientations économiques se caractérise entre autre par les 1 Dou H., La Inteligencia Competitiva, hoy - Competitive Intelligence today Conference Internationale, Competitive Intelligence, Madrid, University Carlos III, November 2007 Inaugural conference 2 SHUMPETER T., «Analyse du rapport Palmisano, RIETI (Japan)» (2004) 3 Commonwealth of Australia. Backing Australia s ability. The commonwealth government s commitment to innovation (2003) 4 Canada creativity and innovation in the next millennium (2001) innovationstrategy.gc.ca/gol/innovation/site/nsf/fr/in05177.html 5 SCHUMPETER, J.A., Histoire de l analyse économique, (1954). Pour plus d information sur les théories de Schumpeter 6 PAVITT K., Technology, Management and Systems of Innovation, (1999a) éditeur Edward Elgar Publishing 7 Eloge de Keith Pavitt (2003), Research Policy, vol.32, issue 2, p.iii

2 travaux de Michael Porter (1990) 8 montrant l importance des «clusters», ainsi que par les travaux de l école hollandaise sur la triple hélice (1998) 9 (plus connue sous le vocable de «nouveaux partenariats publics privés» Le mécanisme de l innovation De très nombreuses références concernant des travaux sur l innovation existent (Pittaway 2004) 11. Mais, pour rester dans un univers opérationnel et pour aller directement vers la finalité même de l innovation en tant que création de valeur économique nous prendrons comme base de réflexion les travaux développés par la communauté européenne (Zanardelli 2006) 12, on peut distinguer deux phases dans le processus d innovation : L Etat fournit les moyens matériels aux institutions de recherche pour développer des compétences et des savoirs. Il faut alors transformer ces savoirs et ces compétences en produits acceptés par le marché et susceptibles d être exportés. Il est donc clair que pour créer ces conditions, il va falloir surtout organiser la seconde partie du processus, c'est-à-dire le passage des compétences et des savoirs vers la production industrielle (Dou 2008) 13. Il va falloir aussi créer les conditions qui montrent aux chercheurs que la première étape n est pas une fin en soi. Elle ne peut exister que si la seconde se développe et si on entre dans un «cercle vertueux» où la troisième mission de l université pourra se développer : une activité amenant un bien être social. On rejoint ainsi le titre du rapport de Bernard Carayon : Intelligence Economique, Compétitivité et Cohésion Sociale. La cohérence entre ces deux étapes trouve une manière de s exprimer dans le développement de la «triple hélice», c'est-à-dire dans la création et l organisation de partenariats publics privés mettant en jeu les pouvoirs publics (la puissance de l Etat), la recherche et l industrie. C est pour cela qu à partir du travail de M Porter et de l Ecole Hollandaise différents pays développent une politique de clusters, c'est-à-dire de mise en cohérence d un ensemble d acteurs concernés par un même sujet de développement et bien entendu comprenant les acteurs étatiques, de la recherche et de l industrie. 3 Les freins et les leviers Nous avons publié différents écrits sur ce thème, en mettant en évidence les freins institutionnels, et ceci même s il existe une cohérence dans le langage des politiques : freins liés à la reconnaissance des chercheurs engagés dans le processus de valorisation de leur savoir et de 8 Michael Porter, The Competitive advantage of Nations, (1990) Editeur Free Press 9 Leydesdorff L., Etzkowitz H., The Triple Helix as a Model for Innovation Studies, (1998), (Conference Report), Science & Public Policy Vol. 25(3), pp Voir aussi Industry & Higher Education (1998), 12, n 4, pp On trouvera un certains nombre de textes, de comptes rendus de conférences ou simposium concernant ce thème sur le site : ou (accès en Chine) 11 Luke Pittaway, Maxime Robertson, Kamal Munir, David Denyer, Andy Neely, Networking and innovation: a systematic review of the evidence, International Journal of Management Review, (2004), vol.5, issue 3-4, pp Zanardelli G., Centro Formativo Provinciale, Aziendo Speciale de la Provincia de Brescia (2006), Interreg IIIC, Bricks Workshop, Aalborg 13 Dou Henri, Recent progress in Competitive Intelligence, Competitive Technical Intelligence and Knowledge Management, (2008), Revista Ibero-americana de Ciência da Informação (RICI), v.1 n.1, pp

3 leur compétence, ceux liés au partage de l information réellement stratégique pour le cluster, l activité de la gouvernance, la qualité de la feuille de route, etc (DOU 2008) 14. Dans cette présentation nous souhaitons plus particulièrement focaliser le propos sur la création de connaissances pour l action à partir de l information, c'est-à-dire sur la partie la «plus noble» du cycle de l intelligence. Cela conduira à donner un exemple de traitement et d analyse de l information d une part, et d autre part cela soulignera la nécessité de créer régionalement un centre ou une unité permettant à partir de l information de générer des connaissances pour l action en fonction des objectifs de valorisation choisis. Cet aspect dépasse la simple mise en place d une unité d Intelligence Economique 15 (nous utilisons ici le terme français, l appellation internationale étant Intelligence Compétitive ou Intelligence Compétitive Technique). En effet, dans la majorité des pôles de compétitivité, il existe au mieux une unité de type documentaire qui recueille plus ou moins bien les informations accessibles via les bases de données scientifiques et techniques en premier lieu et ensuite les informations issues de l Internet pour les compléter. 16 Nous verrons ensuite que cette démarche aura un profond retentissement sur la gouvernance du pôle. 3.1 Créer un savoir pour l action Les anglo-saxons utilisent le terme «actionable knowledge», qui en France reste flou. On parle de recherche action (Manullang 2004) 17, de recherche appliquée, mais rarement de la création de compétences focalisées à partir des informations accessibles dans le monde. En fait on va utiliser les résultats obtenus et publiés par des tiers pour comprendre quelles sont leurs interactions avec les objectifs que l on choisis et ensuite par une analyse SWOT 18, identifier les forces, opportunités, faiblesses et menaces. En même temps on utilisera les cinq forces de Porter 19 pour permettre de situer les acteurs et leurs interactions dans le domaine d application choisi. Ainsi, la connaissance pour l action ne se trouve pas dans une bibliothèque, ni dans une liste de publications, ni dans des rapports aussi épais soient ils. En fait cette connaissance, à partir d une sélection rationnelle d informations pertinentes doit être créée. C est ainsi que les processus de création de savoir ou de compétences pour l action deviennent un enjeu majeurs dans les pays développés. 3.2 La situation de la création d information pour l action dans le cycle de l ntelligence 14 Dou Henri, Symposium International Competitive Technical Intelligence, Beijing, China, 7-18 September 2008, Proceedings of International forum on technological innovation and competitive intelligence 2008, pp , Peking University Press ISBN Dou Henri, Symposium International Competitive Technical Intelligence, Beijing, China, 7-18 September 2008, Proceedings of International forum on technological innovation and competitive intelligence 2008, pp , Peking University Press ISBN Dou Henri, Recent progress in Competitive Intelligence, Competitive Technical Intelligence and Knowledge Management, (2008), Revista Ibero-americana de Ciência da Informação (RICI), v.1 n.1, pp C est une erreur grossière de penser que toutes les informations se trouvent accessibles en interrogeant l Internet. En fait les informations les plus utiles se trouvent dans des bases de données structurées accessibles via des serveurs payant ou gratuits selon le cas et qui n apparaissent pas en interrogeant directement via Google par exemple ou via un quelconque logiciel de recherche sur Internet aussi performant soit il. 17 Manullang S, Bai Y, Ismail A., Therah P, Dou H., Intelligence compétitive & recherche-action, deux éléments stratégiques pour les pays en voie de développement (2004), ISDM Information Science for Decision Making, n 15, article

4 Depuis les travaux de S. Dedidjer 20 l introduction de la connaissance dans les organisations est devenu un enjeu crucial. Nous sommes dans la société de la connaissance c'est-à-dire qu au travail, à la terre et au capital s ajoute maintenant une autre valeur : la connaissance. Figure 1 : Le cycle de l Intelligence et la création d un savoir pour l action à partir des informations Ce processus étant crucial, nous allons montrer dans l exemple qui suit comment on peut à partir d un type d information (ici plus technique car concernant les brevets) avoir un panorama relativement complet des travaux et acteurs d un domaine. 4 Exemple de création d un savoir pour l action : l APA (Automatic Patent Analysis) Le «mapping technologique» est utilisé par de nombreux pays et sociétés pour mettre en évidence les acteurs, évolutions et développements dans un domaine donné. Cette manière de procéder est utilisée par exemple par la Thaïlande (Toryod 2004) 21 qui la couple avec une politique agressive de développement de clusters. Différents travaux concernant la valorisation des ressources naturelles 20 Stevan Dedijer, 1995 SCIP Meritorious Award recipient Mario Profaca SCIP Online, (December 2004) Stevan wrote his first paper on Global Social Intelligence at Dartmouth College in USA in l972 (from preceding citation) Hommage à Stevan Dedidjer (2004), Philippe Clerc, Regards sur l IE, n 5, pp TORYOD, (2004),

5 ont aussi été publiés dans ce cadre 22. Notons aussi que l OMPI 23 (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle) développe depuis peu un programme d innovation pour les PME des pays en développement à partir des acquis de la propriété intellectuelle. Dans l exemple qui va suivre nous allons explorer le domaine des cactus. Ce sujet est choisi pour mettre en évidence l importance d un centre de veille ou laboratoire de veille (l expression convient mieux). La futur «cactopôle» 24, concerne l exploitation des cactus et la création de produits à valeur ajoutée à partir de ces derniers. L espèce concernée est celle qui est déjà implantée sur place au Maroc, ce qui n empêchera pas dans le futur de développer d autres espèces si nécessaire. Nous allons procéder par ordre en suivant le cycle de l intelligence : La vision : développer des produits ou usages à valeur ajoutée à partir des cactus Choix des sources d information : o Scientifiques 25 (les plus importantes : Chemical Abstracts, Medline, Biosis, Agricola, IRD) o Technologiques : les brevets, base EPO monde à partir du serveur de l OEB en utilisant un robot pour accroître la productivité et favoriser l analyse automatique 26 o Généralités, Internet, normes REACH (Communauté Européenne, etc.) Dans cette publication nous présenterons une étude réalisée sur la base des brevets de l OEB. Cette étude doit être complétée si nécessaire car elle n est présentée ici que pour valeur d exemple. Le thème brevet est choisi car les brevets constituent un lien naturel entre la science et les applications donc entre le domaine de la recherche et de l industrie. Les brevets sont une source d information unique car les informations publiées dans des brevets ne sont généralement pas publiées ailleurs. En outre les brevets (on envisage aussi les certificats d utilité), ont une durée limitée après laquelle ils peuvent être exploités sans droit, ils peuvent aussi être déchus (non paiement des annuités par exemple) et dans ce cas utilisés aussi librement. Enfin ils peuvent n être publiés que dans certains pays et donc s ils ne sont pas étendus dans d autres les exploitations de leurs résultats dans ces pays peuvent être faites librement En quoi consiste l APA L analyse automatique des brevets consiste à utiliser les informations contenues dans la notice bibliographique d une brevet (obtenu via le serveur de l OEB), à reformater ces différentes informations pour qu un logiciel d analyse puisse les traiter et ensuite présenter les résultats en facilitant au maximum le travail des experts pour comprendre les évolutions, les acteurs, les sujets, 22 Bibliometry technique and software for patent intelligence mining (chapter) in Managing Strategic intelligence. Techniques and Technologies a review Henri Dou and Jean-Marie Dou Jr Editor Mark Xu, IGI Global, England ISBN May WIPO (SME resources), 24 Agence pour l Promotion et le Développement Economique et Social des Provinces du Sud du Royaume. Téléphone Comme dans le cas de la Thaïlande nous utiliseront le produit Matheo-Patent 27 Il faut dans ce cas faire attention pr exemple au développement de produits (dans le pays X) réalisé à partir d un brevet qui ne couvre pas le pays X, et l exportation de ces produits dans des pays couverts par le même brevet.

6 apparaissant dans la recherche effectuée (elle est toujours suivie par la création d une base de donnée locale sur votre ordinateur, cette base peut être actualisée en permanence) et donc analysable ensuite «offline» 28. On fait ainsi apparaître les corrélations nécessaires pour répondre aux questions classiques : Importance du sujet et évolution dans le temps Différentes technologies et applications concernées Qui fait quoi et comment (benchmarkinbg automatique des sociétés) Quelles sont les tendances de recherche et d application par déposants, inventeurs ou groupe d inventeurs, par pays Quelles sont les technologies de coeur Quelles sont les technologies porteuses d innovation 29, etc. Cette manière de travailler a été décrite dans de nombreux travaux qui mettent tous en évidence la richesse des informations ainsi obtenues. 4.2 Le lien entre création de savoir pour l action et gouvernance du pôle La compréhension des informations et leur impact sur la stratégie ou les stratégies de développement du pôle conduit à la nécessité d établir un lien direct entre cette unité de traitement et les personnes en charge de la décision. Ce n est donc pas la documentation qui est concernée. Il ne s agit pas de faire une confusion entre documentation et création d information pour l action. Ce sont deux choses complètement différentes. La première peut être utilisée si nécessaire en tant que de besoin, la seconde fait appel à des groupes d experts, de la prospective, de l évaluation et des traitements sophistiqués. Il est donc important de bien considérer la position de cette structure dans la hiérarchie de l organisation du pôle. La placer trop bas, sans liens directs avec les décideurs est une erreur. Toutes les organisations qui ont suivi ce modèle ont été conduites à des échecs. 5 Méthodologie et résultats obtenus Nous allons maintenant exposer brièvement les résultats obtenus pour mettre en évidence la méthode de travail et son lien direct avec la stratégie de développement. La base de donnée utilisée est celle de l OEB (non pas la base directe accessible via l Internet manuellement, mais une base dédiée à l interrogation par des robots : la base OPS v.2.6). Elle couvre les brevets déposés par plus de 80 pays. Cette couverture est amplement suffisante pour avoir un panorama quasi complet de ce qui se passe dans un secteur d activité. 5.1 Méthodologie et corrélations simples 28 Les interrogations de la base de données sont gratuites. On peut donc faire autant de recherches que nécessaire. Ces recherches peuvent aussi être faite manuellement (EPO (European Patent Office) Worldwide database) mais dans ce cas il y a une impossibilité de traitement statistique d une part et une augmentation du temps de travail (de 1 à 100 généralement). 29 Dou Henri, Bai Ying, A rapid analysis of Avian Influenza patents in the database R&D strategies and country comparisons (2007), World Patent Information 29 (2007) 26 32

7 L interrogation de la base peut de faire suivant différentes entrées. Nous avons choisi de réaliser l interrogation via la stratégie suivante : Cactus OR (oropuntia and ficus and indica) dans les titres et le résumé des brevets. OR étant un opérateur booléen soit cactus ou «oropuntia ficus indica» Ceci pur la période de 1990 à 2010 (on peut remonter dans le temps bien plus loin, pour la base OPS jusqu en 1960). Le nombre des brevets recueillis est de 534, la recherche ayant été faite le 11 Septembre 2010 à 18 heures 10. Une base de donnée locale de 534 brevets est donc constituée hors ligne. Les traitements et analyses vont être réalisés sur cette base. Matheo Patent permet de visualiser l ensemble des références et d accéder à leur notice bibliographique, au résumé, à l analyse textuelle du contenu (titre et résumé) ainsi qu à la vie du brevet (extension, modification, déchéance ). La figure ci dessous donne un exemple de cet accès. Mais, lire l ensemble des brevets un par un est une tâche trop longue qui ne permet pas de faire les corrélations utiles à la vision complète du sujet. Figure 2 : Vue générale de la base locale. Un clic sur un brevet donne accès aux informations qui le concerne Pour mettre en place une analyse plus poussée de ce corpus, on utilise l analyse automatique qui permet de déterminer les technologies et applications via la Classification Internationale des Brevets (CIB à 4 ou 8 digits) 30, les pays concernés, les déposants, les chronologies, ceci dans une série d histogrammes. 30 ou

8 Figure 3 : Les pays concernés par les dépôts. On a sélectionné le seul brevet marocain concernant le sujet. On peut de la même façon réaliser les histogrammes de la CIB, des auteurs, des déposants, des années, etc. On trouvera à partir de la référence citée à propos de la Thaïlande la présentation de traitements plus systématiques qui ne sont pas présentés ici pour ne pas alourdir la publication. 5.2 Exemples de traitements plus sophistiqués : Quels sont les concurrents directs potentiels du brevet marocain sélectionné ci dessus? Pour ce faire on remarque que le brevet marocain a été indexé dans plusieurs CIB : A23L1/308 et 305 ; A23L1/052 et 053. Remarquons que pour ces deux dernières classes il n y a pas de concurrent dans la base cactus. (sujet générique de la classe A23L consulter 31 ).Le logiciel Matheo Patent permet de réaliser des ensembles de brevets en sélectionnant des données bibliographiques de ces derniers. Nous réalisons donc le groupe des brevets ayant des CIB identiques (ce groupe comprend le brevet marocain plus des concurrents potentiels). Ceci ne veut pas dire que ces concurrents font la même chose, mais simplement qu ils ont la capacité de faire la même chose ou quelque chose de proche). Ce groupe qui contient 5 brevets étant constitué ont peut sur ce groupe réaliser les histogrammes et corrélations pour mieux connaître son contenu. Dans cet exemple on constante (voir figure cidessous) que les concurrents potentiels du brevet marocain, qui est encore unique dans les classes A23L1/052 et 053 pour le domaine des cactus sont des entreprises chinoises. La question qui se pose alors est de mieux connaître les déposants, les inventeurs et de bien être conscient que le 31 FOODS, FOODSTUFFS, OR NON-ALCOHOLIC BEVERAGES, NOT COVERED BY SUBCLASSES A23B TO A23J; THEIR PREPARATION OR TREATMENT, e.g. COOKING, MODIFICATION OF NUTRITIVE QUALITIES, PHYSICAL TREATMENT (shaping or working, not fully covered by this subclass, A23P); PRESERVATION OF FOODS OR FOODSTUFFS, IN GENERAL Pour une information plus détaillée sur le contenu des classes voir:

9 brevet marocain n étant pas étendu en Chine, une entreprise chinoise pourra utiliser ce brevet sans payer de royalties et exporter le ou les produits dans les pays où le brevet marocain n est pas étendu. Figure 4 : Groupe des concurrents potentiels du brevet marocain On a travaillé pour cet exemple sur un intervalle de dates entre 1990 et Mais il faudrait ensuite étendre la recherche sur un intervalle de dates bien plus grand pour voir dans quelle mesure des brevets dans le domaine public ne seraient pas utilisables. Enfin, il faut focaliser la recherche par exemple sur les classes A23L1/052 et 053 pour voir s il y a d autres brevets dans ce domaine, sur le thème cactus et dans un intervalle plus grand. Une recherche effectuée dans ce sens met en évidence le brevet suivant : Figure 5 : Recherche sur cactus et A23L1/052 OU A23L1/053 On utilise ici la base de l OEB accessible manuellement à titre d information d une part et aussi parce que la base OPS est limitée à Le brevet recueilli est de 1958, il est donc largement dans le domaine public (plus de 20 ans) et de ce fait utilisable sans payer de droit. Il faudra analyser son contenu. Sur un plan plus général (ceci montre comment les études s enchaînent), il est évident que les produits issus du cactus, peuvent avoir des concurrents «économiques» hors de ce champ. Pour avoir une vision de ce développement, on peut re interroger la base de données de l OEB (OPS) avec les classifications A23L1/052 et A23L2/053, puisqu il n y avait pas de brevet concurrent dans la base cactus réalisée. Le résultat conduit à un nombre de brevets trop important pour être utilisé tel quel.

10 Il faut donc affiner la recherche en utilisant non pas seulement le terme cactus, mais des termes relatifs aux usages potentiels du brevet marocain, ou aux noms chimiques contenus dans le brevet, etc. Exemple : Une recherche sur la totalité de la base sans limite de dates, avec : Arabinogalactan* AND (A23L1/308 OR A23L1/305) conduit à 19 brevets qui devraient être analysés avec soin, etc (* opérateur de troncature, AND = ET) On peut aussi travailler de manière plus large en réalisant des groupes plus importants ou en faisant via des matrices un «benchmatking» automatique des sociétés et de leur savoir faire, sur l ensemble de la base (les 534 brevets), etc. Exemple : Figure 6 : vue partielle de la matrice Déposants/CIB (à 4 digits). Les chiffres dans le cases indiquent le nombre de brevets. On pourra aussi utiliser l analyse des expressions significatives dans les titres et les résumés, soit pour effectuer des recherches fines dans le corpus de la base hors ligne, soit pour travailler sur la base globale de l OEB (OPS) soit pour aller rechercher des données dans l Internet, etc. 5.3 La recherche de niches et d opportunités Elle est facilement réalisable. Nous avons vu que la Classification Internationale des Brevets permet d accéder aux technologies et aux applications. Il est donc aisé de réaliser un histogramme de cellesci et de choisir les domaines (avec les brevets de ces derniers) les plus attractifs (compte tenu des compétences du pôle). On peut aussi procéder non plus par la CIB mais en utilisant les expressions significatives issues des titres et des résumés et de cette manière sélectionner les brevets afférents à ces thématiques, constituer des groupes, puis les analyser, etc.

11 Conclusion Les quelques exemples ci dessus illustrent comment les premières étapes du cycle de l intelligence doivent être traitées. N est pas abordée ici la constitution de groupes d experts qui vont analyser le contenu des brevets, d abord en partant d une sélection, puis du résumé, puis ensuite du texte intégral si besoin est (toujours accessible via Matheo Patent). Il faut noter aussi que le groupe d experts, outre sa fonction d analyse pourra aussi suggérer des recherches nouvelles en fonction de leurs intuitions et des résultats de leur discussion. La recherche bien entendu ne doit pas se limiter aux brevets, mais aussi aux entreprises déposantes, aux laboratoires, à l ensemble du contexte qui entoure l utilisation des cactus. On pourra ainsi, dans le domaine de la R&D alimenter une analyse SWOT ainsi que la connaissance du pourtour du domaine en répondant au mapping nécessaire pour matérialiser les 5 forces de Porter. Il est donc évident qu un pôle de compétence ne doit pas être uniquement une association de laboratoires, mais nécessairement un partenariat public privé dans lequel les techniques modernes de traitement, d analyse et de compréhension de l information jouent un rôle majeur. A la fois au service des laboratoires de recherche, des industriels et de la gouvernance du technopôle, cette unité qui s insère dans la mouvance de l intelligence économique est un outil indispensable pour gagner du temps et générer à partir de l expérience accumulée de manière endogène ou exogène un changement des mentalités et le développement des innovations.

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