L électricité et l eau en Afrique Panorama, Enjeux et Perspectives

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1 Panorama, Enjeux et Perspectives Publication PMC Janvier 2008

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7 2 "!" L électricité et l eau en Afrique 1. Présentation descriptive des secteurs de l électricité et de l eau et cartographies des différentes chaînes de valeur 1.1. L électricité $ %3 %' '+ 7*9? +% * +* %, " ' 456+%3 %'%7$$ " 8** ',9 " " " " " "4" 4" +% < %7$ ' 7 9F %&$ ', " 7 'L9

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11 & << & 7 L9 < " "L % ' F '+ % 4P E Q / 6R2$ ( 2' :$3 AE Connaissance et analyse des différents marchés de l eau et de l électricité 1.3. Analyse de l offre en utilities en Afrique &%&$$ 1* +% %&$$ $$ +$ + B % % (%$ B ' +. %CD +156' %+% %7$$% %$ $ %71 BAABA CAB5FA <IE<HE 5AH5<C 5HEAHC 5HC 5EI 5I AIII AIIB 1 CC5E FCE< E5E AEH 1%7 AEHA <HEE H<H 5IHIH 5BBF 1%7 EB 5BBA AAABH AEHHB <B<FI 1%" % AICIB <I<< E<FE 5B<<FA 5EC5CF 1 EABH 55<A 5EBFF A<CAEE AHHAEI :? = / 5' %' 5 '% ( 6 R 2$ * =

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16 L électricité et l eau en Afrique %$A6+% %&.%$$ 1 La production d hydro-électricité est la principale source d énergie alternative actuellement exploitée en Afrique, mais les possibilités dans ce domaine restent énormes. Contrairement au pétrole, cette source d énergie n est pas consommée lors de la production d électricité; elle est donc considérée comme renouvelable et durable. L hydroélectricité est produite à partir d hydro-turbines, généralement incorporées dans les barrages construits sur certains des nombreux fleuves du continent. Le projet hydro-électrique du fleuve Volta, au hana, est l un des plus anciens et des plus connus d Afrique. Selon le Ministère ghanéen de l énergie, il a généré environ 83 % de la production énergétique totale du pays en La centrale principale d Akosombo a produit Wh et celle de Kpong 910 Wh La construction du barrage de MANANTALI dans la région de Kayes (Mali) a commencé en Le barrage est administré conjointement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal dans le cadre de l Organisation régionale pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). A l origine, l objectif était d irriguer km² de terre et d assurer la navigabilité sur le fleuve entre Saint-Louis au Sénégal et Ambidédi au Mali. Des hydro-turbines d une puissance installée de 200 MW ont ensuite été construites avec l assistance financière de la Banque mondiale, et le premier mégawatt a alimenté le Mali en Depuis, l énergie produite de 800 Wh est également distribuée en Mauritanie et au Sénégal. Deux barrages d une capacité installée de 1775 MW ont été construits aux chutes d Inga (République démocratique du Congo). L énergie qui s y dégage par an est de l ordre de Wh 7. Un projet de troisième barrage à Inga, une énorme centrale hydroélectrique d une capacité installée de MW, est également à l étude. Les partisans du NEPAD estiment qu il pourrait fournir de l électricité à l ensemble de la région, notamment à l Afrique du Sud, à condition que les lignes électriques d Inga soient rattachées aux réseaux électriques de l Angola et de la Namibie voisines. Les coûts de construction étant estimés à six milliards de dollars environ, le projet pourrait produire l équivalent de la production électrique de tous les pays de l Afrique australe combinés. Le Barrage hydroélectrique de Kaléta dans la ligne de mire de l OMV 8. La salle de conférence du ministère de l énergie et de l hydraulique a été le 6 novembre 2007 dernier à Conakry le cadre choisi pour le lancement des réunions techniques sur les modèles financiers, institutionnels et les modalités d intégration de l aménagement hydroélectrique de Kaléta au Projet Energie de l Organisation de la Mise en Valeur du Fleuve ambie (OMV). Ces réunions qui se tiendront jusqu au 10 novembre prochain, regroupe les participants venus de la sous-région notamment de la ambie, de la uinée Bissau et du Sénégal. Pour Monsieur Amadou Moustapha Fall, le représentant du secrétaire exécutif de l Organisation de la Mise en Valeur du Fleuve ambie, ce projet constitue un début de solution à la crise énergétique dont sont confrontés nos pays respectifs. Il pense qu avec de telles performances, le projet Energie devrait combler le déficit énergétique de nos pays dès la mise en service des ouvrages en 2012, de couvrir près de 25% de la demande totale en électricité à un coût plus compétitif que la solution thermique.. )R 3;% ;$/11 0 RA > 10/11.

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22 1.4. Analyse de la demande en utilities en Afrique % %%&$$ 2 $ ' $ % %$'++ $$ + % % &$$* &() &$ $1 $ +$ (, ',+$ $ % '$++($%% %&$$% % $ $1 %$<6 %&$ 1, 5F En Afrique subsaharienne, l accès aux énergies modernes demeure une équation complexe que semblent figer les multiples contraintes auxquelles les populations et les unités économiques sont confrontées : faiblesse des revenus, dispersion de l habitat, hausse des prix sur les marchés internationaux, faibles disponibilités en devises, etc. Le bois de feu demeure la source d énergie domestique par excellence. Le secteur de l électricité confirme cette règle générale. Avec 35,5 % de la population électrifiée en 2002, l Afrique présente les taux d électrification les plus faibles du monde en développement : 42,8 % en Asie du Sud, 89,2 % en Amérique Latine, 88,1 % en Asie de l Est et 91,8 % au Moyen Orient 17 Des disparités importantes existent entre l Afrique du Nord électrifiée à 93,6 % et l Afrique subsaharienne dont seulement 23,6 % des ménages ont accès à l électricité. Or, à l intérieur des États de l Afrique subsaharienne, les disparités sont particulièrement affirmées entre le monde des villes et celui des villages, à ce point que les taux d électrification rurale sont généralement inférieurs à 5 %. Ce constat est effectué dans un contexte historiquement marqué par : - Un opérateur national unique dans chaque pays, traditionnellement constitué par une société à capitaux publics concessionnaire de l ensemble du service national de l électricité ; - Un faible intérêt commercial pour l opérateur national dans un contexte de péréquation tarifaire qui ne reflète pas les coûts réels de l électricité en milieu rural ; - Une source de financement unique des projets d électrification rurale : l État dont les ressources financières sont limitées ; - Des choix techniques pratiquement réduits aux solutions conventionnelles, en particulier l extension du réseau ; - Plusieurs années d une politique d ajustement structurel que les institutions de Bretton Woods et les principaux partenaires au développement considéraient comme incontournables pour amorcer le développement. L ensemble de ces problématiques sont de nature à faire «balbutier» le développement de l électrification rurale en Afrique Subsaharienne. - ) E' $ '. 4$ %6%2 $ /11/11-

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29 %$B6 1&& D'ici le milieu du XXIème siècle, la population mondiale aura augmenté de 50%, passant de 6 milliards fin 1999 à près de 9 milliards en 2050, représentant une augmentation de 60 millions d individus chaque année. * 1,4 milliards d habitants n ont pas accès à l eau potable et 2,3 milliards d habitants manquent d assainissement adéquat. * 7 millions d habitants meurent chaque année de maladies induites par l eau. * La consommation quotidienne en eau par habitant dans les zones résidentielles s élève à 600 litres en Amérique du Nord et au Japon, et entre 250 et 350 litres en Europe. * La consommation quotidienne en eau par habitant en Afrique sub-saharienne est de 10 à 20 litres. * La moyenne mondiale de consommation d'eau annuelle est de 600 m 3 d'eau par habitant, dont environ 50 m 3 d'eau potable, soit 137 litres par jour. * Au cours de ces 100 dernières années, la population mondiale a triplé alors que la consommation d'eau destinée à l'utilisation humaine a été multipliée par 6. * Répartition de la population mondiale privée d'accès à un système sanitaire amélioré, par région : Europe (2%), Afrique (13%), Asie (80%) Amérique latine et les Caraïbes (5%) soit un total de 2.4 milliards de personnes Aujourd'hui, la pénurie d'eau affecte 250 millions de personnes dans 26 pays, pour un volume annuel de moins de 1,000 m3 par personne. :?T T T

30 2. Panorama des évolutions et des bouleversements dans le secteur des utilities 2.1. Evolution et impacts au niveau mondial %. 1%&$' %$%&$$, '$% ( $ ++3%08A9 % -6, $ +%%$% &$$&$ $1 ' '$ Y &<%$$ %% ( $ $$$' %& $ $2% ' < ' < <?+' % $ $ 2 % +(%& (*$1$$ %$$ +> % +1 +.= ' < $ ' *% %$ ' %(% - + +$ $1 1 %' +$+ ) ) ' %+' %& 1 $ +>% & %+$( )&T '$% &$$ % < " < " " % % &$$ % ) +$ % $+ '$ % +% 8; %9% '$% %%, $ )++1% '$ 1%$ &(0$0% %%, K%' +$0 $% +1 +,F $% (, 0' %+0 + 1&1 %$ ), ' '' 7 S 9%&3 & % & % % + %, %+0 ). W< '?% * ' 3 $

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45 %$C6&1%& + %&$ ( La flambée des cours mondiaux du brut n explique pas, à elle seule, la profonde crise énergétique de l Afrique de l Ouest, d abord liée à la vétusté des infrastructures de production et de distribution, et à des aléas endogènes. A Lomé, comme à Bissau ou encore à Dakar et dans presque toutes les capitales et autres villes secondaires ouestafricaines, il n est pratiquement plus un seul jour sans que les entreprises et les ménages ne soient sevrés d électricité, pendant de longues heures. Faute de pouvoir répondre à une demande qui dépasse, de très loin, leur capacité de production et de distribution, les compagnies nationales ne trouvent de solution que dans les «délestages». Ce néologisme, passé dans le langage courant depuis des années, se traduit, dans les faits, par des coupures intempestives de courant pratiquées, certes de façon tournante, mais sans que nul abonné ne soit averti de quand et où elles doivent avoir précisément lieu. Un lourd handicap économique Ces «délestages» ralentissent considérablement les activités économiques dans la région. Des grandes sociétés aux plus petits ateliers, il n y a pas d entreprise de production ou de service qui n en souffre pas. Chaque heure passée sans électricité représente un manque à gagner énorme, en termes d outils de production altérés, de produits détériorés, de commandes non satisfaites dans les délais. Les ménages ne sont pas logés à meilleure enseigne. En plus de torturer leurs appareils électroménagers, les coupures brutales et longues de courant ruinent leurs provisions en produits frais et les font retourner à l âge de la lampe-tempête et de la bougie. Les «délestages» à l origine de ces graves distorsions préjudiciables aux économies des pays de l Afrique de l'ouest, mais également au fonctionnement de leurs administrations, résultent, de prime abord, de la profonde crise structurelle de leur système de production énergétique. La plupart des centrales thermiques et réseaux de transport d'électricité de la région ont été mis en place dans les années 50 et 60, voire bien avant cette période. Faute d investissements conséquents pour leur modernisation et entretien, ils sont devenus vétustes et sont aujourd hui au bord de l obsolescence. Privatisations peu efficaces Dans le contexte des politiques d ajustement structurel imposées par les Institutions de Bretton Woods, les contreperformances des compagnies nationales d électricité avaient été attribuées à l inefficacité de la gestion étatique. La privatisation devait en être la solution miracle. La privatisation n a point donné les résultats escomptés. Au Sénégal, la Société nationale d électricité (SENELEC) est restée moins de deux ans entre les mains de son repreneur, le groupe HYDROQUEBEC HELYOS. Contrairement aux engagements auxquels il avait initialement souscrit, ce consortium a très peu investi dans la modernisation de la SENELEC. L entreprise a plutôt continué à s enfoncer dans l ornière, jusqu à ce que le gouvernement ne dénonce, à grands frais, le contrat passé avec HYDROQUEBEC HELYOS, pour limiter les dégâts. La situation de la compagnie sénégalaise s est dégradée ces dernières années. Au Cameroun, la privatisation de la SONEL n a guère amélioré la situation. Dans certains pays, ce sont les conflits internes qui ont exacerbé la crise énergétique. Il en a été ainsi au Libéria dont l infrastructure de production et de distribution de l électricité a été, en grande partie, détruite durant la guerre civile. Selon les estimations les plus optimistes, c est quelque 107 millions de dollars US qu il faudra investir, sur au moins cinq ans, pour remettre le système en état. En Sierra Leone, la guerre a également mis une lourde hypothèque sur le projet hydroélectrique de Bumbuna, alors que les travaux tiraient à leur fin. Si ce n est pas la guerre, c est la sécheresse qui s en mêle pour limiter les possibilités internes de diversifier et d augmenter l approvisionnement en énergie par le biais hydroélectrique. Au hana, en Côte d Ivoire, ou entre les pays membres de l Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Sénégal, Mali et Mauritanie), l'hydroélectricité produite a diminué et sa distribution a dû être rationnée. A l heure actuelle, pour pallier, tant soit peu, les insuffisances des compagnies d électricité, de plus en plus d entreprises et de ménages font recours à des groupes électrogènes et ne sont pas forcément à la portée de toutes les bourses. Selon leur puissance et qualité, leur coût varie de 400 à euros, voire plus pour le haut de gamme. Ils requièrent des investissements que seules les familles et les sociétés qui ont des moyens importants peuvent se permettre. D autant qu à leur prix d acquisition il faut ajouter le coût de plus en plus onéreux de l essence ou du gasoil dont les groupes électrogènes sont fortement consommateurs., *$ $)&$% $I 7 + %$ $ ) & * +$) %%7$$+ %$+ % 0, %++ 2 ( $EW$ P

46 2*%$ %%$ -$)&, %&0 * %7 $ % + %$1 % $0 % %, % % & % &$$ ' % ) 0+ & %7$'%%, %&%&$$, 1* %$,%, %7 ' %+ $*1 + %$%+, V) %*)% '%7 ' <F + T '%, '$892 T '%+ +, +'$+%%+%& % +% + %,+$ $ '%+'$*% &+1% %' +, %1$+$ 1% % +++$ %$F6+ +,+'89 L'expression partenariats public-privé 37 désigne tout type d'accord (partenariat) entre acteurs publics et privés. Ils ne doivent pas être confondus avec les opérations de privatisation où la gestion et la propriété des infrastructures d'eau sont transférées au secteur privé. Il existe une grande diversité de formules pour assurer la participation du secteur privé à l'amélioration des performances des systèmes d'eau et d'assainissement. Certaines consistent à laisser l'exploitation (et la propriété) aux mains du secteur public, mais à faire participer le secteur privé à la conception et à la construction des infrastructures. D'autres formules font intervenir des acteurs privés dans la gestion, l'exploitation et/ou le financement des actifs. Elles impliquent donc une répartition variable des compétences entre secteur public et secteur privé dans la fourniture des services. Toutefois, dans toutes ces formules, les autorités publiques conservent un rôle de supervision et doivent en définitive veiller à la satisfaction des besoins des usagers. Elles restent responsables en dernier ressort de la définition et de l'application des normes de performance. De par la situation de monopole naturel local qui caractérise le secteur de l'eau, celui-ci doit faire l'objet d'une stricte réglementation de façon à assurer le respect des normes de performance et la protection des intérêts des consommateurs. Le PPP comme levier de développement stratégique 38 Bien conçus, les partenariats public-privé (PPP) représentent l un des débouchés les plus prometteurs de l aide publique au développement (APD). Les PPP supposent un partage de responsabilité et de propriété, entre gouvernement et secteur privé un partage garanti par contrat de longue durée. Parmi les secteurs typiquement ou potentiellement concernés : l eau potable, l assainissement, les transports, les infrastructures de communication, la santé, l éducation. C est notamment le cas dans le domaine des NTIC en Tunisie du Forum international en Tunisie sur les technologies de la communication et de l information dont l objectif est d échanger les bonnes expériences dans le domaine des PPP. Cet échange permettra d offrir une opportunité pour les entreprises exerçant dans les TIC pour présenter leurs produits au sein du forum. Il permettra également de présenter les modalités opérationnelles et les nouvelles approches pour l'établissement et la réussite des PPP permettant de faciliter la tenue de rencontres d'affaires entre responsables d'entreprises participants dans ce domaine. Les PPP ne sont pas une «recette» que le Nord réserve au Sud. De nombreux pays riches ont adopté cette démarche dans l intérêt de leur propre population. Deux motivations fondamentales expliquent ce choix. D abord la recherche d une plus grande efficacité dans l utilisation des fonds publics, d un meilleur rapport qualité/prix de certains services d intérêt commun. Pour des raisons dues à la connaissance des marchés ou à la structure des incitations, les bonnes décisions technologiques et managériales seront souvent plus facilement et plus rapidement prises lorsqu un capital privé est en jeu. De là une réduction des coûts, à qualité constante, dont le contribuable entend bénéficier. (- (. (0 W : ' <$E! /11(

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