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1 DANS CE NUMÉRO P.7 AUTEUR> La parole avant tout Entretien avec Alain Julien Rudefoucauld P.8 L ÉDUCATION (ARTISTIQUE) EN QUESTION> Un œil hors norme Entretien avec Carole Lataste P.12 DERRIÈRE L ÉCRAN> Une fantastique petite entreprise : AElementworks JUILLET AOÛT SEPTEMBRE Lettres & Images d Aquitaine est une publication d Écla, agence culturelle du Conseil régional d Aquitaine, chargée de mettre en œuvre l action en faveur de l écrit, du cinéma, du livre et de l audiovisuel. Couleur de peau : miel Une histoire d adoption et d adaptation P. 11 Écla Aquitaine reçoit le soutien du Conseil régional et de la direction régionale des Affaires culturelles d Aquitaine. Retrouvez Écla Aquitaine sur

2 02 LETTRES & IMAGES D AQUITAINE N 96 SOMMAIRE Lettres & Images d Aquitaine P.3 AUTEUR La parole avant tout, entretien avec Alain Julien Rudefoucauld P.4 ÉDITEUR Le métier du temps, entretien avec Georges Monti, Le temps qu il fait P.5 LIBRAIRIE Apprentissage en alternance P.6 BIBLIOTHÈQUE Le clic des bibliothèques P.7 PATRIMOINE De GéoCulture à la France des écrivains P.8 L ÉDUCATION (ARTISTIQUE) EN QUESTION entretien avec Carole Lataste P.9 PAROLES DE PROFESSIONNEL Laurence Brenguier, chef décoratrice P.10 ENJEUX La Méca : BIG culture P.11 DERRIÈRE LA CAMÉRA Le miel du temps P.12 DERRIÈRE L ÉCRAN Une fantastique petite entreprise : AElementworks P.13 SORTIES LIVRES / MUSIQUE / CINÉMA P.15 ACTUALITÉ & VIE D ÉCLA P.16 VIE LITTÉRAIRE Un voyage introspectif, rencontre avec Francesca Popolizio ÉDITO Lettres & Images d Aquitaine est une publication d Écla, association loi Bâtiment 36-37, rue des Terres neuves Bègles / Tél. +33 (0) La voïvodie la région de Varsovie a diminué de 23 % les subsides accordés à Kameralna, l opéra de poche de la capitale polonaise. Ce lieu magique, cette ancienne église évangélique du XVIII e, tout entière vouée à Mozart est en danger et risque de devoir fermer ses portes à l automne prochain 1. Trente autres établissements culturels de Varsovie sont victimes de ces coupes budgétaires. Le sort de Kameralna est un exemple parmi bien d autres dans le monde mais il est emblématique de la nécessité vitale des politiques publiques en l occurrence régionales en matière culturelle. Nos défis sont là. Ils ont un double visage. En ces temps de crise économique et budgétaire, les ressources publiques et les aides privées menacent toujours de se raréfier. Mais en même temps, on attend des priorités de la nouvelle majorité présidentielle qu elles favorisent l engagement en faveur des créateurs, des industries culturelles et de leurs publics. Si l on ajoute à cela les interrogations que posent les bouleversements technologiques (en premier lieu le numérique, sa richesse et ses risques ), le rôle d Écla est plus essentiel que jamais. Comme intermédiaire entre les auteurs et les opérateurs culturels d une part et les politiques publiques de l autre mais aussi comme inspirateur et garant des synergies entre les acteurs de l ensemble du champ culturel qu ils appartiennent au domaine de la création, de l édition, de la production, de la diffusion ou de la formation. La première lettre de son nom, «É» pour Écla, définit sa vocation. «É» pour Écriture, mais l écriture dans tous ses états, ceux de la littérature, du cinéma, de la musique et des arts vivants ; «É» pour écriture partagée et offerte à ceux qui n y ont pas encore ou insuffisamment accès. C est bien sous ce signe de l écriture que je souhaite placer ma présidence qui succède à celle conduite avec rigueur et générosité par Claude Villers. Ma situation je viens «d ailleurs» mais l Aquitaine est ma terre d élection m offre un point de vue particulier, celui qui naît de la recherche permanente de la «bonne distance» qui définit par excellence le cinéma documentaire dont je suis issu. Proche des créateurs et des opérateurs culturels comme de ceux qui les servent à Écla et en même temps préservant cette distance qui permet de mettre en perspective et de garder un regard critique sur le travail collectif et sur sa propre responsabilité. Une tâche modeste mais qui exige de la vigilance dans le cadre des objectifs fixés par l agence. Ces objectifs que nous aurons à redéfinir collectivement dans les années qui viennent avec la construction annoncée de la Méca, la Maison de l économie créative et de la culture en Aquitaine 2. Hugues Le Paige nouveau président d Écla Aquitaine 1. Voir Le Monde du 13 juin Voir p. 10 Directeur de la publication : Hugues le Paige Rédacteur en chef : Patrick Volpilhac Rédaction et suivi de fabrication : Catherine Lefort / Ont collaboré à ce numéro : Géraldine Arnoux, Patricia Boisvin, Isabelle Camus, Laurence Cénédèse, Aline Chambras, Bénédicte Chapard, Corinne Chiaradia, Christophe Dabitch, Bernard Daguerre, Éléonore Drexel, Christophe Dupuis, Pantxoa Etchegoin, Jean-Renaud Galtier, Sébastien Gazeau, Elsa Gribinski, Benoît Hermet, Guilhem Joanjòrdi, Nina Julien, Frédéric Lacoste, Catherine Lefort, Olivier du Payrat, Alexandre Péraud, Olivier Thuillas, Véronique Tramut/Élisabeth Roger, Marie-Laure Vallée, Patrick Volpilhac. Photos : Écla Aquitaine sauf mention contraire Diffusion : Catherine Lefort Corrections : Jean Bernard-Maugiron Design graphique : kubik/www.kubik.fr Imprimeur : Imprimerie Laplante (Imprim vert) Parc d activité Mérisud 3, impasse Jules Hetzel Mérignac Lettres & Images d Aquitaine est imprimée avec des encres végétales sur un papier recyclé : Cyclus Offset. ISSN : Dépôt légal : Hugues Le Paige Né en 1946 à Bruxelles, Hugues Le Paige, après une licence en Philo et Lettres (Journalisme et Communication sociale, Université Libre de Bruxelles) et un parcours dans le journalisme à la RTBF, s est tourné vers le documentaire (auteur producteur au département documentaire à la RTBF ; puis auteur réalisateur indépendant) parce que dit-il «le documentaire me semblait la seule possibilité de développer un point de vue sur le monde d ici et d ailleurs». Depuis 1990, il a ainsi écrit et réalisé une quinzaine de films, dont deux emblématiques : Il fare politica, chronique de la Toscane rouge ( ) sur la question : que peut la politique? et Le Prince et son image (2011) sur François Mitterrand et le rapport entre image et pouvoir. Mais pour Hugues Le Paige, «l écriture est multiple» : il est l auteur d une dizaine de livres son dernier : La Vérité s écrit avec un v minuscule, Chroniques (La Mesure du possible, Bruxelles, 2007) et aussi directeur de la revue de débats Politique. Ses engagements sont tout autant multiples : dans le journalisme, l enseignement, le cinéma (FIPA). Enfin, il intervient régulièrement aux Vendanges de Malagar.

3 Auteur La parole avant tout Entretien avec Alain Julien Rudefoucauld Propos recueillis par Frédéric Lacoste Récemment adoubé par le prestigieux prix France Culture/Télérama, l écrivain Alain Julien Rudefoucauld évoque la rédaction du Dernier Contingent, revient sur les difficultés rencontrées pour trouver un éditeur et parle de son esthétique romanesque. Pour lui, point de salut dans l autofiction. La littérature est affaire de métaphore. Et de fable. Frédéric Lacoste Pour faire publier votre roman, Le Dernier Contingent, on peut dire, en osant un mauvais jeu de mots, que ce fut un véritable parcours du combattant Alain Julien Rudefoucauld C est le moins que l on puisse dire. En tout, j ai essuyé 80 renvois de livres, plus d une soixantaine de refus dont quinze sans réponse. Aucun éditeur bordelais n était intéressé. Je n ai obtenu aucun rendez-vous auprès d eux. C était toujours des refus nets, catégoriques. Je trouve cela un peu étrange car, même si je ne dispose d aucun «réseau» pour être introduit, j avais quand même été publié par d importants éditeurs de collection, et je n étais donc pas un novice débarquant en terre inconnue. Bref, au bout d un moment, j avais fini par décider d arrêter de contacter les éditeurs F.L. Comment le livre est-il arrivé sur le bureau des éditions Tristram? A.J.R. C est Renaud Cojo 1 qui m a parlé de Tristram au cours d une discussion. Il avait mis en scène Sniper de Pavel Kak, un texte qui avait été édité chez eux. Pour la première fois, je téléphonais à un éditeur. Je me souviens qu ils m ont dit avoir été «impressionnés» par mon livre. Nous avons alors débuté une collaboration rare et précieuse. Ils me soutiennent vraiment et se montrent d une grande générosité intellectuelle. Désormais, les choses sont claires : quels que soient mes projets d écriture, ce sera toujours Tristram qui sera consulté en priorité. F.L. Comment avez-vous vécu la consécration du prix France Culture/Télérama? A.J.R. Je crois que cela m a rasséréné, m a apaisé, et a conforté une confiance qui ne m avait jamais vraiment quitté. Il faut savoir que ce prix n est pas attribué par un collectif de lecteurs, mais par des critiques très exigeants qui s interrogent réellement sur la qualité du texte. Moi, je savais que je faisais de mon mieux pour chaque texte. J ai toujours travaillé le plus honnêtement possible. Vous savez, 650 feuillets, ça ne se fait pas comme ça. F.L. Justement, comment s est déroulée la rédaction de votre roman? A.J.R. J ai commencé à l écrire en Le texte est venu d un coup, avec le personnage de Sylvie. Je travaillais par monologues, mais pas de manière linéaire. Les conditions variaient souvent: j écrivais debout, assis, dans un train ou dans un tram, toujours sur papier. L ordinateur n est intervenu que pour m aider à faire le montage que j avais dans la tête. À l exemple de Flaubert, j ai passé le texte à l épreuve du «gueuloir». J ai toujours procédé ainsi, même beaucoup plus jeune. Comme j avais le texte dans l oreille, qu il était pour ainsi dire lu intérieurement, mon écriture ne comportait quasiment pas de ratures. F.L. Vous êtes également l auteur d une abondante production théâtrale 2, et certaines de vos pièces ont été créées pour la scène bordelaise. D où vous vient ce goût pour la dramaturgie? A.J.R. Je me suis intéressé très tôt au théâtre. Mes premières pièces ont été jouées à l école. Je devais avoir 8 ou 9 ans. Les représentations avaient lieu sur les terrasses de mon quartier en Algérie. Je me souviens qu à cette époque, j écrivais de longues rédactions qui remplissaient souvent cinq pages doubles. Avec quelques-uns de mes camarades, nous avions l habitude de la «palabre» en ce sens que nous nous rassemblions tous les jeudis pour nous raconter, pendant deux ou trois heures, les films que nous avions vus. Cela démontrait une réelle jubilation à produire de la parole. Très tôt, j ai baigné dans ce monde de communication verbale pour séduire les adultes. F.L. Votre installation en France s estelle bien passée? A.J.R. Pas vraiment. Quand je suis arrivé en France, j ai été mis en quarantaine. J ai essuyé quantité d insultes, j ai été pris dans des guets-apens. La première chose que j ai alors faite fut d éliminer mon accent, ce qui est terrible. Au collège, on me considérait comme un trublion car j étais assez agité. Mais je ne regrette pas cette période car j ai pu rencontrer des gens extraordinaires. F.L. Plusieurs de vos pièces prennent la forme de monologues, procédé d écriture que l on retrouve dans Le Dernier Contingent. Est-ce un moyen privilégié pour explorer la conscience d un personnage? A.J.R. Le monologue est considéré comme l art le plus difficile dans le théâtre. Il ne véhicule pas un récit. En tant qu appropriation subjective du texte, il permet de faire surgir l émotion. Joyce, Faulkner l ont pratiqué. Dans tous les cas, il s agit de produire une voix en constitution. Quand on est enclin à la rêverie ce qui est mon cas le monologue est en effet une technique d écriture privilégiée. Mon prochain roman est d ailleurs conçu intégralement comme un unique monologue intérieur. F.L. Vous aimez voir dans le roman une «métaphore du réel». Pouvez-vous préciser les enjeux d une telle définition? A.J.R. Je veux dire par là que la littérature doit atteindre le niveau d une fable édificatrice, qu elle doit susciter la réflexion. La Métamorphose de Kafka, par exemple, appartient à cette catégorie. En revanche, tout ce qui relève de l autofiction et de la littérature expérimentale ne m intéresse absolument pas et devrait rester dans les tiroirs. Je veux dire par là que la littérature doit atteindre le niveau d une fable édificatrice, qu elle doit susciter la réflexion. Alain Julien Rudefoucauld Catherine Gugelmann/Opale/Éditions Tristam Je préfère prendre en compte la position du lecteur, qui construit aussi le livre. Je ne veux pas lui imposer un monde. Le sens doit échapper, se situer dans un système ouvert. L écriture, c est faire surgir la beauté condensée du réel, beauté dont je suis le témoin. Pour que la littérature existe, il faut qu il y ait métaphore. F.L. Est-ce pour cette raison que vous situez le cadre de votre roman, non dans le présent, mais dans un futur proche 3? Votre «fable» vise-t-elle à nous faire prendre conscience que le pire serait à venir? A.J.R. En fait, je souhaitais ce léger décalage par rapport au présent pour plusieurs raisons. Pour déjouer les Cassandre, en montrant que le pire est quasiment déjà là, et qu il faut faire quelque chose, qu il est possible de s en sortir. Pour éviter aussi que l on prenne mon livre pour un roman documentaire ou sociologique qui se serait inspiré de faits réels. Et enfin pour couper court aux critiques qui auraient vu dans mon livre une attaque contre tel gouvernement de droite ou de gauche. F.L. Pourtant, Le Dernier Contingent possède en creux une dimension politique indéniable, qui dénonce tout particulièrement le fait que la République aurait abandonné ses «enfants». A.J.R. J ai voulu montrer la nécessité de remettre à plat les principes de la République. Les enfants comme les parents sont des citoyens qui ont droit au respect absolu. Or, ces droits sont aujourd hui bafoués. De plus, les enfants sont victimes de la démission des parents à leur encontre. Je sais bien que les mères sont crevées et que les pères sont largués. Mais être géniteur est loin de suffire pour devenir un père ou une mère. C est l enfant qui vous fabrique. Et ce n est pas en cherchant à satisfaire continuellement leurs petits besoins qu ils vont satisfaire leurs désirs. Pour moi, il était très important de donner aux adolescents une parole qu on ne leur donnait pas d habitude. J ai eu envie de leur rendre justice. C est pour cela que j ai déclaré, lors de mon discours à la remise du prix France Culture : «Grâce leur soit rendue!». F.L. Une adaptation cinématographique de votre roman a été évoquée. Vous confirmez? A.J.R. Deux producteurs sont intéressés. C est tout ce que je sais. Trois metteurs en scène se sont également manifestés pour une adaptation théâtrale. Dans tous les cas, si cela se fait, je souhaiterais m impliquer dans l aventure. 1. Auteur, acteur et metteur en scène girondin. 2. A.J. Rudefoucauld a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre. Certaines ont été créées pour le festival du Court au TNT Manufacture de chaussures, pour le Festival de Pessac ou celui de Blaye. 3. Le Dernier Contingent se passe ainsi en grande partie dans la région bordelaise, après la construction du pont Bacalan-Bastide. À lire aussi : une note de lecture du Dernier Contingent de Frédéric Lacoste dans le précédent numéro de LIA (n 95 / avril 2012, p. 14). 03 AUTEUR

4 Éditeur Le métier du temps Propos recueillis par Sébastien Gazeau Les éditions Le temps qu il fait sont à Bazas depuis un an, un «vieux pays» où leur fondateur, Georges Monti, défend son métier et ses auteurs avec un goût inaltéré pour la liberté. À l arrière de sa nouvelle maison, dans une cour séparée des rues étroites par de hauts murs et le chant des oiseaux, la conversation a glissé d un sujet à l autre, comme à l abri du temps. 13, 14 & 15 juillet Le temps qu il fait fête son installation en Gironde, au Moulin de Piis à Bassannes : exposition, visite des lieux, rencontres avec les auteurs, lectures, spectacles, dégustations de produits et mets de la région Renseignements : / pour survivre. Je pensais pour ma part que je ne céderais jamais sur certaines choses, comme l impression numérique. Mais il faut savoir faire des sacrifices. Sébastien Gazeau Vous avez écrit que Bazas est un «centre d écoute idéalement situé». Qu entendiez-vous par là? Georges Monti La vie de village a ceci de bien qu elle nous donne une certaine distance par rapport aux choses que nous prétendons maîtriser. À Bazas, on est assez près de la vie citadine pour que les bruits y parviennent et assez loin pour ne pas être pris dans l agitation inutile. Cette installation est le fruit de circonstances voulues. Je suis professeur associé à l IUT métiers du livre de Bordeaux depuis quatre ans et j en avais assez de faire les allers-retours depuis Cognac où Le temps qu il fait était basé depuis sa création en S.G. Certains écrivains qu on trouve notamment dans votre catalogue font œuvre à partir d un lieu. Est-ce le même cas pour vous en tant qu éditeur? G.M. De par mon histoire, je ne suis attaché à aucun lieu en particulier. Je peux travailler avec acharnement de n importe où! Ce qui me retient en revanche, ce sont les endroits où l on sent le passage du temps. En venant jusqu ici via la place de la cathédrale, il n y a aucun doute que c est un «vieux pays», comme le disait André Frénaud. Je suis sensible aux écrivains comme André Dhôtel ou Henri Thomas qui écrivent depuis un territoire identifié. Cela donne au travail littéraire une charge particulière, qui n a rien à voir avec cette notion douteuse d enracinement ou d attachement à la ruralité. Quand on lit Pascal Commère [dont Georges Monti a publié dix livres, NDLR], ce n est pas l image du paysan bourguignon qui est intéressante, il se passe autre chose. S.G. Le centre d écoute, pour une maison d édition comme Le temps qu il fait, n est-ce pas l éditeur lui-même, où qu il soit? G.M. C est ce que je pense en effet, avec le problème que cela pose, l identification de la maison à ma personne, bien que ce ne soit pas si vrai dans la réalité. Certains livres sont le résultat d interventions extérieures, par exemple de certains de mes auteurs qui me poussent à lire un manuscrit, voire à le publier, non pas contre mon désir, mais parce que je les écoute, tout simplement. Derrière la surpersonnalisation, il y a tout de même un travail collectif S.G. Cette surpersonnalisation est aussi ce qui singularise Le temps qu il fait et lui évite peut-être par exemple d être acheté, à la manière d une société quelconque ou d une marque G.M. Le temps qu il fait n est pas achetable car cela signifierait acheter l éditeur avec Ce qui me pose un problème, c est plutôt la notion de succession. Je n y pense pas tous les jours mais je me dis que c est idiot de ne pas pouvoir imaginer une transmission, d autant que cette question peut influencer une politique éditoriale. Je pourrais ainsi laisser vieillir mon catalogue avec moi sans essayer de faire de la place à de nouvelles voix, plus jeunes. S.G. La manière dont vous gardez la totalité de votre fonds toujours accessible ne s apparente-t-elle pas à une forme de patrimonialisation? G.M. Oui, même si ça n a plus beaucoup de sens, à une époque où il n y a plus de librairies pour garder du fonds. De fait, c est une conception liée à la vieille manière artisanale du métier d éditeur : une maison, c est un fonds. Si modeste soit-elle, c est une institution qui s inscrit dans la durée. Elle est faite pour dépasser le destin individuel de son fondateur. Dans la réalité, il y a assez loin de la coupe aux lèvres, mais c est conçu comme ça. C est une manière d être professionnellement. Pour une bonne part, je choisis de publier, ou de rééditer (moins maintenant qu à mes débuts), des livres pour leur intemporalité. C est peut-être une histoire de génération. La mienne lisait volontiers les auteurs passés. Je ne parle pas des classiques mais de littérature contemporaine, c est-à-dire des écrivains qui avaient publié vingt ou quarante ans auparavant, parfois encore vivants mais qui, d une certaine manière, étaient des auteurs du passé. Beaucoup des éditeurs de ma génération sont venus à ce métier pour permettre à des auteurs d être toujours réédités. Armand Robin par exemple, qui est resté une sorte de saint patron pour moi [Le temps qu il fait est le titre d un roman d Armand Robin, NDLR], je ne comprenais pas pourquoi un livre aussi magnifique que La Fausse Parole était épuisé depuis vingt-cinq ans. Et cela m a paru suffisamment absurde pour faire acte d édition. Je ne suis pas convaincu que la jeune génération soit dans cette disposition d esprit, à l exception de quelquesuns comme les époux Boizet aux éditions Finitude. Mais ils sont très peu nombreux. S.G. Et parmi les écrivains? G.M. Il y a une «tyrannie du présent» également chez les écrivains. L histoire de la littérature semble commencer avec eux. Ce n est pas vrai pour tous, il ne faut pas exagérer, mais il me semble que c est la tendance. Il y a par ailleurs une mutation profonde de la temporalité des écrits qui est sur le point d aboutir du fait de la mutation technologique. Je pense que le rapport au papier n est pas le même qu à l électronique. Je ne dis pas ça en mauvaise part, mais le livre a cette vertu physique d être un objet fermé, qui induit un texte fini. Ce que François Bon appelle de ses vœux, le chantier ouvert permanent permis par le support numérique, où le dernier état est celui du jour et où celui de la veille est déjà périmé, ne me semble pas être un progrès. Réunir, corriger, mettre en forme, c est donner un poids littéraire qui manque fondamentalement à l écriture quotidienne, qu elle ait lieu sur un blog ou dans un cahier. S.G. L environnement technologique actuel ne vient-il pas contredire, voire empêcher le métier d éditeur tel que vous le concevez, en lui refusant ce pouvoir d arrêter l écriture et de faire un livre qu on puisse refermer? G.M. C est possible pour une part de son activité, mais je pense que la fonction éditoriale élémentaire la médiation, le tri, le choix n est pas remise en cause, pas même par la facilité actuelle de l autoédition. Reste que la dématérialisation va faire perdre une partie de la personnalité des éditeurs qui est aussi graphique. Il y a une image graphique Le temps qu il fait n est pas achetable car cela signifierait acheter l éditeur avec attachée aux éditeurs, et singulièrement aux petits. Le livre numérique, qu il paraisse chez Hachette ou chez publie.net aura la même apparence graphique. Je pense qu il y a quelque chose qui se perd dans ce phénomène. S.G. Est-ce révélateur d une époque ou propre à votre parcours que vous vous soyez séparé de votre outil de production en 2007? G.M. C est révélateur de bien des choses J avais effectivement une imprimerie où jusqu à neuf personnes ont travaillé pour le compte du Temps qu il fait et de nombreux éditeurs. Comme d autres, j ai été victime de la mutation technologique et du phénomène de concentration qu on a connu, aussi au niveau des imprimeurs, dans le monde de l édition. Les coûts sont devenus trop élevés et la mévente aidant, les gens, malgré leur désir de fidélité à l imprimerie artisanale, sont allés au moins cher S.G. Est-ce que cela a modifié le projet littéraire qui soutient votre travail d éditeur? G.M. Non. Économiquement, j étais plus autonome. Je jouais d un équilibre permanent entre l imprimerie et l édition. J ai réduit la voilure jusqu à admettre cette formule toute simple je travaille seul depuis deux ans : pour continuer à être libre, il faut en payer le prix, c est-à-dire ne plus avoir tout à fait le même degré de professionnalisme. Ce qui n empêche pas la «professionnalité», si j ose dire. Quand j étais entouré de personnes qui travaillaient avec moi, je pouvais me concentrer sur les tâches nobles et moins répondre au téléphone. On peut vivre ça comme une régression. Mais d une part, c est à prendre ou à laisser et puis je ne suis pas sûr qu on n y gagne pas en liberté. Quand on a des salaires à payer, on est contraint de trouver des solutions pour boucler son chiffre d affaires. Ce que je constate aujourd hui, c est que plus on allège les coûts, plus on agit librement. Le temps qu il fait 24, rue Grangier Bazas / INFOS 15 ans de Cairn À cette occasion, la maison d édition paloise a publié un recueil de nouvelles de Marie Darrieussecq : La mer console de toutes les laideurs, un bel hommage à la mer et au Pays basque qui l ont vu naître et grandir. À lire la note de lecture p. 13 À venir, 55 jours. La Traversée de Pyrénées, de l Atlantique à la Méditerranée, le récit en texte et images de la randonnée réalisée par Marie Bruneau et Bertrand Genier de l agence de design graphique Presse Papier, qui ont conçu la maquette de l ouvrage et créé une nouvelle ligne graphique pour marquer cet anniversaire. L Union des éditeurs de voyage indépendants (UEVI) est née Cinq éditeurs : Magellan & Cie, Transboréal, Géorama, Ginkgo et l aquitain Élytis se sont alliés et ont officiellement scellé leur union à l occasion du dernier festival Étonnants voyageurs à Saint-Malo. Tout en gardant leur indépendance, les éditeurs mettent en commun des moyens pour renforcer leur visibilité, notamment sur les salons. > UEVI : Nolvenn Cointo / 04 ÉDITEUR

5 Librairie Apprentissage en alternance Une option autant qu une mission pour les libraires Par Isabelle Camus* Libraire! Un mot à haut pouvoir symbolique qui fait souvent rêver. Un métier conjuguant commerce et culture qui, même s il est difficile, voire en pleine mutation, pour ne pas dire menacé, n empêche en rien les nouvelles générations de se tourner vers lui. Parce que, de la commande à la mise en rayon, devenir libraire ne s improvise pas, plusieurs formations existent. Parmi toutes les filières, trois témoignages de libraires qui ont fait le choix de l apprentissage. Pour devenir libraire, il ne suffit pas d aimer lire. Curiosité, culture générale, goût du contact sont des atouts également requis. À quoi il faut rajouter de sérieuses compétences en gestion du stock (production pléthorique) et une bonne forme physique brasser des cartons de livres, c est lourd! Des qualités que l on peut posséder naturellement mais qui se révèlent le plus souvent au prisme de l expérience. Avant et après le bac, plusieurs filières existent qui forment aux métiers du livre : du cursus classique dispensé dans les DUT et les universités, au CAP d employé de vente spécialisé en librairie papeterie presse en passant par le brevet professionnel (BP) de libraire et la licence pro 1. Cette dernière formule représentant de sérieux atouts tant pour les libraires (exonération des cotisations sociales et aide financières de l État) que pour les apprentis, qui pendant deux ans apprendront, en alternance, un métier où se mêlent théorie et pratique, passion et pragmatisme. Comme le définit l Institut national de formation de la librairie, l apprentissage a pour but de donner à des jeunes travailleurs ayant satisfait à l obligation scolaire une formation générale, théorique et pratique, en vue de l obtention d une qualification professionnelle sanctionnée par un diplôme d État de l enseignement professionnel. Tout jeune âgé de 16 à 25 ans peut entrer en apprentissage. Une dérogation est possible pour les jeunes de 15 à 16 ans ayant effectué la scolarité du premier cycle de l enseignement secondaire. Violène, Lionel et Gregory, Dans ma librairie Lionel Vischi, responsable de la librairie Dans ma librairie, à Agen, le sait bien, qui a fait le pari de ce type de contrat, depuis plusieurs années. D abord avec Benjamin, puis avec Violène et Grégory. «Quand on lance une boutique, c est rassurant de bénéficier d un bras droit efficace, d un soutien qui ne pèse pas, grâce à un financement à 75 % sans charge et des aides de l État qui, même si elles décroissent au fil des ans, sont compensées par l augmentation de l efficacité. En même temps, il faut savoir que la période du premier mois d essai est cruciale, car après on signe pour deux ans. Il faut être sûr de son choix. L apprenti est un adulte en devenir. Il y a de notre part une forme de responsabilité vis-à-vis d un jeune qui peut changer d avis. Il n y a pas que les avantages financiers en jeu, la présence d un apprenti peut être la meilleure comme la plus perturbante des choses. Certains sont venus en disant : «j aime les mangas!» Alors qu il faut bien comprendre que cette fonction consiste pour beaucoup à ouvrir des cartons, faire des retours, étiqueter, ranger ce qui permet aux libraires de faire tout le travail avec les collectivités ou répondre aux appels d offres. C est une relation vraiment complémentaire. J ai vu Benjamin grandir physiquement et relationnellement. Pour sa mère, étonnée de la bonne volonté de son fils, nous l avons ouvert à un monde et avons développé sa curiosité, comme satellisé. Aujourd hui il est devenu major de son IUT en management des unités commerciales.» Damien, Librairie Jeux de mots Même son de cloche avec Christophe Bertrand, de la librairie Jeux de mots, à Cadillac. Quand, il y a deux ans, il a agrandi sa librairie avec salon de thé, jouets en bois et rayon disques, il a choisi Damien, 17 ans, en bac pro commerce dans le cadre de l institut consulaire de formation en alternance (ICFA). Depuis un an, c est une affaire qui marche. «De la maîtrise de l outil informatique à la fonction, Damien a tout ingurgité! Embauché en juillet 2011, à Noël il était opérationnel. Au bout des deux ans, je le relâcherai et prendrai un nouvel apprenti. Je suis une plate-forme professionnelle qui aide aussi à trouver du travail et fait agir son réseau en amont.» Avec son vendeur à temps plein de 56 ans au passé de libraire à Cadillac à qui il a proposé de finir sa carrière chez lui, c est une passation intégrale de savoir-faire entre les générations. Sara, La Colline aux livres Sara a 20 ans. Après son DUT, elle a entrepris une troisième année en licence pro, uniquement dispensée à l IUT de Bordeaux. Sa formation pratique, elle l effectue à Bergerac, dans la librairie de Coline Hugel, La Colline aux livres. Coline Hugel Présente deux semaines d affilée, qui peuvent aller jusqu à trois semaines, elle navigue entre les deux villes et les deux logements qu elle est amenée à avoir. Détail pratique, le Sires Aquitaine, une agence de services gratuits, branche du Conseil régional, aide les stagiaires et les apprentis à se loger chez l habitant. «Ils sont très efficaces, ils prennent tout en charge. On les appelle pour leur donner nos dates, puis ils nous rappellent, questionnaire à la clef et service à la carte. Ils sont là pour les visites et, ce qui est appréciable, le Conseil régional a fixé un loyer maximum de 275 par mois. En tant qu apprentis, nous avons des aides pour la restauration et le trajet.» Ce qui a motivé Sara, et il faut l être pour cumuler travail en entreprise et travail universitaire, c est «qu à la fin de l année on sait faire un métier, on peut suivre et monter un projet et l on est paré pour un poste à responsabilité». Illustration à la clef, mi-juillet, Coline Hugel, qui apprécie sans réserve le système de la formation en alternance, tant humainement que financièrement, transformera le contrat de Sara en embauche. La Colline aux livres comptera alors trois libraires pour un temps à définir après visite chez l expert-comptable. Sara, très toucheà-tout au niveau des tâches, pourra continuer à exercer ses dons manuels en décoration des vitrines et en informatique (elle a complètement refait le site de la librairie). En attendant, son sujet de mémoire étant le classement de la pochothèque, en juin elle aura chamboulé tous les rayons pour élaborer un classement géographique par nationalité. Les atouts de l apprentissage sont indéniables. Si le dispositif est exigeant du fait de l alternance entre l entreprise et le CFA ou l IUT, il permet le partage de connaissances, la transmission de savoir-faire, et place le libraire comme l apprenti dans un accord gagnantgagnant. Le tout étant par la suite de pérenniser l essai, dans un secteur où la visibilité quant à l avenir de la librairie est incertaine, mais ça, c est une autre histoire 1. CAP employé de vente spécialisé option produits de librairie-papeterie-presse ; BP (brevet professionnel) libraire (accès au niveau bac ou avec 5 ans d expérience). Ce diplôme de haute qualification est très apprécié dans la profession. BTS édition ; DUT information-communication option métiers du livre et du patrimoine ; licence information/communication, parcours métiers du livre ; licence pro librairie (Paris 10, IUT Bordeaux 3, IUT Aix-en-Provence, Laval, Mulhouse ) ; master pro pôle des métiers du livre (Paris 10). Coordonnées des universités sur le site du ministère de l Enseignement supérieur. Et aussi, formations spécialisées : À la CCI de Lyon : vendeur conseil en unité commerciale spécialisée (niveau bac) ; responsable d unité commerciale spécialisée en librairie (niveau bac + 2). Et au Centre de formation en librairie d Épernay (CFCL) : vendeur responsable de rayon produits culturels option livre. * INFO Les Rencontres nationales de la librairie Organisées par le SLF (Syndicat de la Librairie Française) et la fédération Libraires en régions, elles se dérouleront à Bordeaux au printemps LIBRAIRIE

6 Bibliothèque Le clic des bibliothèques Par Benoît Hermet BABORD + est la nouvelle interface des bibliothèques universitaires de Bordeaux. Ce moteur de recherche innovant met en commun leurs ressources et s adapte aux évolutions des pratiques à l heure du Web. Internet et les technologies numériques ont transformé notre rapport à la connaissance. On surfe quotidiennement, les écrans se multiplient, les livres se dématérialisent, même si l essentiel de notre patrimoine est encore sur les rayonnages des bibliothèques et dans leurs amples réserves. «Les étudiants de la génération actuelle sont nés avec Internet et utilisent Google pour tout», résume Delphine Coudrin du département documentation des universités de Bordeaux. La jeune femme a porté avec une équipe de 14 personnes, documentalistes et informaticiens, une nouvelle interface de recherche en ligne, BABORD +, inaugurée en septembre 2011 après deux années de développement. Dans sa version précédente, BABORD pour BAse documentaire des universités de BORDeaux, désignait le site-catalogue des ouvrages disponibles dans les bibliothèques. Un socle précieux de références, qui demandait cependant à être modernisé. «Une requête donnait un trop grand nombre de résultats, ce qui était dissuasif, et nous passions beaucoup de temps à en expliquer le fonctionnement», rappelle Delphine Coudrin. Collecter, rebondir, échanger S ouvrant sur une page d accueil épurée, BABORD + est dotée d un moteur de recherche performant qui liste rapidement les ressources existantes : livres, essais, revues, articles Des recoupements sont proposés automatiquement par sous-catégories : auteur, sujet, année de publication La navigation est affinée par un correcteur orthographique et prolongée par des corrélations. L onglet «Rebondir» renvoie vers d autres bibliothèques ou des portails institutionnels tels que la BNSA (Banque numérique du savoir en Aquitaine), ou Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France. Babord + fait partie intégrante du projet de portail des bibliothèques de l agglomération bordelaise (voir ci-contre). Des «Nuages de mots» élargissent l interprétation par des noms, des associations thématiques, chronologiques. Un panier permet de collecter les titres, de sauvegarder sa liste et de l imprimer pour préparer une visite en bibliothèque. «C est aussi un moyen d effectuer une veille en suivant et en consignant l actualité d un sujet», indique Delphine Coudrin. L internaute, qu il soit étudiant ou enseignant, constitue sa bibliographie virtuelle et peut recommander les références pertinentes grâce à des liens dynamiques. Adresses mail, profil Facebook, compte Twitter, l éventail des réseaux sociaux et des blogs connaît une montée en puissance chez les chercheurs pour diffuser leur travail. De fait, durant ses deux années de réalisation, BABORD + a été l occasion d un important enrichissement des données : ajouts d illus- trations, de résumés, fusion des ressources papier et numériques, avec une forte augmentation de ces dernières. «Les revues, qui restent la référence en matière de recherche, précise Delphine Coudrin, sont en grande majorité devenues électroniques. Nous achetons aujourd hui plus de documentation digitale que papier, notamment dans les sciences.» Autre innovation, la conception en open source. L interface ne découle pas d un logiciel acheté clé en main mais d une application développée spécifiquement. Celle-ci pourra intégrer par la suite de nouvelles fonctionnalités et être enrichie par les professionnels de la documentation. «L outil devait être commun à toutes les universités, explique Delphine Coudrin, tout en permettant à chacune de conserver des rappels de son identité graphique, mais aussi son environnement Web, avec des paramétrages différents pour répondre le mieux possible à sa communauté d utilisateurs.» La coopération, moteur de la recherche La mise en réseau des ressources par un portail Web dédié est une étape supplémentaire dans la coopération des universités bordelaises. Dès 2007, au niveau national, la création des Pôles de recherche et d enseignement supérieur (Pres) avait constitué un premier mouvement de regroupement des universités françaises, ceci afin de soutenir des projets communs et d accroître la visibilité de la recherche hexagonale sur le plan international. Selon les régions, chaque Pres a choisi des compétences différentes, Bordeaux ayant la particularité d avoir réuni les services documentaires de ses quatre universités, auxquelles s ajoutent l Institut d études politiques et l Institut polytechnique, ainsi que d autres grandes écoles d ingénieurs. Cette gestion croisée de la documentation, assez rare en France et que l on retrouve à Toulouse, a pour objectif de mieux valoriser les productions intellectuelles et répond à un besoin de transversalité entre disciplines de la recherche contemporaine. L intérêt est en outre de mener une politique d achats concertée et de permettre à tout étudiant bordelais l accès aux 71 bibliothèques 1 de l enseignement supérieur présentes dans l agglomération. «Ce sont des lieux de vie importants, souligne Delphine Coudrin. Les bibliothèques sont très fréquentées pour y travailler, mais nos statistiques démontrent que la recherche documentaire y est peu utilisée. L un des enjeux de BABORD + est d avoir une entrée plus attractive sur Internet vers des données filtrées, validées, pour que les étudiants viennent consulter les documents qui vont alimenter leur réflexion.» Depuis sa mise en ligne, BABORD + a rapidement fait l unanimité des usagers et des équipes. En bibliothèque, les demandes sont renseignées plus efficacement. Dans les coulisses des bases de données, le travail d acquisition et d indexation est ainsi harmonisé. Sans oublier les formations dispensées à chaque rentrée par les documentalistes pour initier les étudiants de première année à cet outil. «C est une évolution naturelle de nos métiers, observe Delphine Coudrin, et notre motivation est que le service rendu soit le meilleur possible, en proposant une alternative aux grands fourre-tout du Web.» Repéré par d autres universités françaises, BABORD + a reçu le prix de l innovation numérique décerné par l Enssib, qui forme les bibliothécaires et les professionnels des sciences de l information. Un bel encouragement pour préparer la fusion des universités, qui sera effective à partir du 1 er janvier bibliothèques intégrées et 34 associées. À voir, à consulter Il existe également un lien URL pour chaque université bordelaise avec une page d accueil personnalisée. INFOS Biblio.gironde.fr En avril dernier, la bibliothèque départementale de la Gironde a ouvert son portail du réseau de bibliothèques partenaires biblio.gironde.fr : nombreux services aux usagers (catalogue, nouvelles ressources ), un espace pro d échanges et de collaboration pour les professionnels et bibliothèques partenaires. Portail des bibliothèques de l agglomération bordelaise Mise en ligne en janvier 2013 sur un volet d information : agenda, manifestations et coups de cœur des bibliothèques municipales et universitaires de l agglomération bordelaise. La médiathèque communautaire André-Labarrère de Pau a ouvert ses portes en juin m 2 sur 5 niveaux, dont m 2 consacrés à l accueil du public documents accessibles et ouverture 32 heures par semaine (40 heures pour la salle d actualité) > Place Marguerite-Laborde / Pau / Du nouveau dans les bibliothèques de Bordeaux 18 juin > 10 septembre : fermeture pour travaux de la bibliothèque Mériadeck en raison d importants travaux prévus cet été : ouverture la bibliothèque de Belcier-Armagnac (1 000 m 2 ) dans le futur quartier Euratlantique : ouverture de la médiathèque de Saint-Augustin. > Ouverture de la médiathèque du Marsan : à l automne 2012 sur le site de l ancienne caserne Bosquet dans un espace de m 2. Une médiathèque à Aire-sur-l Adour Un projet de lecture publique est lancé dans la Communauté de communes d Aire-surl Adour (Landes) : ouverture en 2014 d une médiathèque «tête de réseau» à Aire et deux annexes à Eugénie-les-Bains et Barcelonne-du-Gers. Rapport annuel 2011 de l IGB Disponible sur le site de l Inspection générale des bibliothèques (IGB). > www. enseignementsup-recherche.gouv.fr Limb, une innovation destinée aux bibliothèques Développée dans le cadre du consortium Polinum (initié en 2009 par la Région Aquitaine), Limbs est une solution logicielle innovante permettant aux bibliothèques de traiter, numériser leurs fonds, d enrichir les fonctionnalités des livres numérisés, d en choisir les modes d accès : elle constitue un pas en avant vers une alternative à Google. > 06 BIBLIOTHÈQUE

7 PATRIMOINE LesAmisdesChadourne Photo : Louis Chadourne, écrivain voyageur (http://geo.culture-en-limousin.fr/accords-le-pin) dont un recueil de nouvelles a été publié par les éditions Arbre vengeur. De GéoCulture à la France des écrivains L Aquitaine vue par les écrivains par Olivier du Payrat Après l expérience du «Limousin vu par les artistes», Écla a choisi d être parmi les premières structures régionales pour le livre à s impliquer dans le projet national «La France vue par les écrivains», porté par la Fédération interrégionale pour le livre et la lecture (Fill) avec le soutien du CNL (Centre national du livre). Il s agit de créer un service qui mette à la disposition du public des extraits littéraires géolocalisés, s appuyant sur une base de données accessible sur une interface Web et en mobilité, grâce à des applications pour tablettes et smartphones (fonction «autour de moi»). Disponible en mode texte, l offre privilégiera une lecture courte renvoyant à des œuvres et des auteurs, et se doublera de «bonus» audio et vidéo, d extraits lus par les auteurs ou des comédiens. «La France vue par les écrivains» proposera aussi des itinéraires littéraires et des parcours thématiques «Sur les traces de». Enfin, le service sera collaboratif, les lecteurs-visiteurs pouvant eux-mêmes proposer de nouveaux extraits. Un comité scientifique, constitué dans chaque région, validera et complétera ces propositions. Le chantier, soutenu par le Conseil régional d Aquitaine, sera l occasion de renforcer les liens de coopération entre les acteurs du livre réunis par Écla et d ouvrir au numérique. Plusieurs points restent à définir, depuis le choix du comité scientifique (incluant bibliothécaires et universitaires) jusqu aux partenaires associés, qu ils relèvent du livre et de la lecture, de la culture et du patrimoine, mais aussi du tourisme, en passant par la géolocalisation complémentaire des bibliothèques et librairies pour un accès aux œuvres in extenso. En lien avec la BNF, un travail est aussi en cours pour rendre possible l interopérabilité des données entre Géo- Culture et les catalogues des bibliothèques partenaires. «L Aquitaine vue par les écrivains» fera donc la part belle à la littérature, du patrimoine comme contemporaine et quel qu en soit le genre (fiction, poésie, policier, BD, etc.). Enfin, GéoCulture Aquitaine pourrait bien, dans un second temps, s ouvrir à des extraits de films, traduisant les missions d Écla autour du cinéma et donnant non seulement à lire mais aussi à voir la région à travers le regard des artistes. Entretien avec Olivier Thuillas, chargé de mission pour l économie du livre et la vie littéraire, chef de projet GéoCulture au Centre régional du livre (CRL) en Limousin. Propos recueillis par Catherine Lefort Catherine Lefort Quel a été le point de départ de GéoCulture? Et comment a-til vu le jour? Olivier Thuillas Le service GéoCulture est né en 2010 dans une période où de nombreux services de géolocalisation voyaient le jour. De notre côté, au CRL Limousin, nous avions publié en 2007 un Guide de balades littéraires 1 qui avait connu un beau succès et qui nous avait permis à la fois de rassembler environ 200 textes littéraires en lien avec notre région et de nous rapprocher des professionnels du tourisme. Mais GéoCulture a avant tout pu voir le jour grâce au professeur Bertrand Westphal, inventeur de la théorie de la géocritique, qui propose d analyser des lieux en fonction de la somme des représentations artistiques qui s y attachent. La parution de son ouvrage 2 et les bonnes relations que le Centre régional du livre en Limousin entretient avec l université de Limoges depuis de nombreuses années nous ont permis d expérimenter avec le laboratoire Géolab de la faculté des lettres et sciences humaines une cartographie littéraire du plateau de Millevaches. Je venais pour ma part de terminer un master professionnel à l Observatoire des politiques culturelles de Grenoble et cette ouverture à tous les domaines artistiques m a convaincu de ne pas limiter notre projet à la littérature mais de l ouvrir à l ensemble des champs artistiques. L idée était là : créer un service de géolocalisation de contenus culturels permettant à la fois de valoriser le travail des artistes et de donner une image différente de notre région, le Limousin. Dans le même temps, le ministère de la Culture a lancé son premier appel à projet sur les services culturels numériques innovants, pour lequel notre projet a été retenu. Le Conseil régional du Limousin avait compris d emblée l intérêt et les enjeux touristiques et culturels du projet et l Europe a pu compléter l enveloppe de nécessaires pour lancer l expérimentation. C.L. Sur le terrain, comment GéoCulture fonctionne-t-il? O.T. C est un service qui est destiné en premier lieu aux utilisateurs de smartphone (téléphone doté d une connexion Internet et d un système de GPS) qui accèdent à des informations en fonction de l endroit où ils se trouvent avec l offre «Autour de moi» : horaires des bus, concert, vernissage Géo- Culture va encore plus loin, en proposant à l utilisateur le regard que les artistes ont porté sur ou à proximité de ce lieu. Je contemple un beau paysage limousin et j accède sur mon téléphone à une toile de maître qui a peint ce paysage, à une photographie d un artiste contemporain, à un extrait d un roman dont l action se déroule ici, à une chanson qui évoque le site Un site Internet (http://geo.culture-en-limousin.fr) permet également d accéder à l ensemble des œuvres. C.L. Le patrimoine et la création contemporaine en région ont-ils pris une nouvelle dimension aux yeux des responsables des politiques culturelles? O.T. Non, pas vraiment, dans la mesure où le soutien à la culture vivante et au patrimoine est depuis de nombreuses années une priorité des politiques publiques en Limousin, en particulier au sein de l institution régionale. Cependant, GéoCulture a peut-être permis une prise de conscience de la nécessaire transversalité des politiques publiques en matière de tourisme et de culture. Au-delà du discours souvent volontariste en la matière, GéoCulture offre une matière concrète pour faire travailler ensemble les acteurs culturels (musées, associations, auteurs, bibliothèques, services culturels des collectivités territoriales ) et les professionnels du tourisme avec un objectif commun : valoriser ensemble un territoire en offrant aux visiteurs une nouvelle manière de la découvrir. GéoCulture nous permettait aussi d affirmer de nouveau que le Limousin est une terre littéraire et que les écrivains ont toute leur place pour participer à un «récit de territoire». C.L. Avec le recul, quel bilan tirezvous de cette expérience? Des évolutions ont-elles été réalisées? O.T. Le CRL Limousin reste un partenaire important de GéoCulture Limousin mais le service est désormais porté par l Agence de valorisation économique et culturelle (Avec) du Limousin, qui gère également un agenda culturel en ligne très complémentaire de l offre de GéoCulture. De notre côté, nous sommes engagés avec enthousiasme aux côtés de la Fill (Fédération interrégionale du livre et de la lecture) et de six SRL (Structure régionale pour le livre) dont Écla Aquitaine dans l expérimentation GéoCulture : la France vue par les écrivains. L heure du bilan est donc loin d être encore venue, mais on peut déjà constater que ces projets rencontrent trois enjeux majeurs. Le premier porte sur le choix des œuvres et des extraits littéraires proposés. Les services que nous offrons participent d une démarche anthologique : on propose des contenus qualifiés, vérifiés, on choisit parmi des milliers d œuvres celles qui nous semblent pertinentes pour évoquer un territoire. Mais qui est ce «on» et quelle est sa légitimité? Le rôle et la composition des différents comités scientifiques sont essentiels dans ce choix. Les professionnels sont-ils seuls légitimes pour faire ce choix? Quelle est la place des lecteurs, des utilisateurs du service? Le deuxième enjeu de ce type de service porte sur la coopération. De très nombreuses collectivités locales ou institutions culturelles envisagent de proposer un service de type GéoCulture. Par ailleurs, le monde enseignant trouvera probablement dans ces contenus culturels géolocalisés une matière riche d investigations pédagogiques. Chacun va-t-il agir de son côté? Va-t-on attendre qu un des acteurs déjà quasiment GéoCulture nous permettait aussi d affirmer de nouveau que le Limousin est une terre littéraire et que les écrivains ont toute leur place pour participer à un «récit de territoire». hégémoniques du numérique mondial du type Google 3, Amazon ou Apple nous proposent/imposent leurs solutions commerciales? La coopération interrégionale et interprofessionnelle dans le secteur du livre me semble un bon modèle à suivre. Écouter les problématiques de chacun, débattre et donner une chance à l intelligence collective tout en valorisant chaque partie du territoire est un exercice difficile, et plus encore dans ces projets expérimentaux et innovants, mais c est notre seule alternative face à des modèles purement commerciaux. Le troisième enjeu est justement celui du modèle économique. Peut-on envisager un système économiquement pérenne qui respecte les droits des auteurs et des artistes en fonction de l usage qui est fait des œuvres et des données et offre un service de qualité aux utilisateurs, particuliers ou entreprises. Là encore, la coopération et la mutualisation des moyens peuvent être une réponse. 1. Guide de balades littéraires en Limousin, Centre régional du livre en Limousin, La Géocritique : réel, fiction, espaces, Éditions de Minuit, Voir à ce sujet le projet googleartproject.com. INFOS Mise à disposition des données des collectivités locales Le Conseil général de la Gironde et le Conseil régional d Aquitaine font le choix d une exploitation de leurs ressources informationnelles par la mise en place d une plate-forme de publication mutualisée sur le portail Open datalocale > 07 PATRIMOINE

8 L éducation (artistique) en Question Dans trois numéros successifs, la rédaction de LIA a décidé de confier la rubrique «L Éducation en question» à Alexandre Péraud, maître de conférences à l université de Bordeaux, ancien conseiller culture du président du Conseil régional et ancien conseiller à la Drac Aquitaine. Sous forme d entretiens, Alexandre Péraud recueille la parole d acteurs qu ils soient artistes dans le secteur de l écrit et du cinéma ou d opérateurs, afin qu ils livrent leurs réflexions de fond à travers le prisme de leurs pratiques et de leurs expériences. Trois articles pour trois regards sur l éducation artistique et culturelle en milieu scolaire. Carole Lataste a été sollicitée pour le premier entretien. Carole Lataste par Carole Lataste Un œil hors norme 1 3 Entretien avec Carole Lataste, N a qu 1 œil Propos recueillis par Alexandre Péraud Éditeur et militant artistique, N a qu 1 œil est un opérateur aussi inclassable que les livres qu il produit. Créée en 1996 par Carole Lataste, l association «qui n est pas une vraie maison d édition» (sic) et «vend des livres invendables» (resic) est sans doute un des acteurs les plus originaux, mais aussi les plus engagés d une éducation artistique entendue dans son sens le plus large. Au moment où sort le troisième BLA- BLABLA, nous avons rencontré Carole Lataste, la directrice d une structure hors norme qui donne corps à des livres «différents et pas tout fait pareils». Alexandre Péraud Comment caractériseriez-vous le projet de N a qu 1 œil? Carole Lataste Nos actions se résument en quatre axes : publier, c est-à-dire faire des livres soit avec des gens qui n en font pas d habitude, soit en réunissant des auteurs et/ou plasticiens pour une mise en livre à quatre mains ; diffuser, en rassemblant et en offrant des ouvrages particuliers qui ont du mal à se diffuser dans les circuits traditionnels, de par leur contenu ou leur forme ; (se) manifester, en proposant des rencontres, en rendant vivantes des recherches et en traduisant le texte lors de manifestations publiques ; et faire suivre, en proposant des interventions artistiques, des ateliers et des formations pour favoriser une autre approche et une autre lecture du livre. A.P. L éducation artistique relève donc de ce dernier axe? C.L. Non, l éducation artistique irrigue tous les axes de notre projet. L exemple même est celui du BLABLABLA, petit dictionnaire illustré de tout le monde, où l on classe mots, images et sons récoltés lors d ateliers de parole. Nous publions donc un dictionnaire créé avec les gens dont la diffusion n a aucun sens en dehors du projet qui a présidé la naissance de l objet. Bien sûr, c est en faisant suivre que nous sommes le plus explicitement dans l éducation artistique à condition de préciser que cette éducation s adresse à tous les publics car 08 L ÉDUCATION EN QUESTION l éducation artistique ce n est pas seulement à l école, c est tout le temps, tout au long de la vie. Le BLABLABLA reflète la diversité des publics avec lesquels nous travaillons. A.P. L éducation artistique a toujours occupé une place centrale dans le projet de N a qu 1 œil. Que dire de ses actuels développements? C.L. Notre démarche s est construite au moment où naissaient et se développaient les dispositifs d éducation artistique [à la fin des années 1990]. Mais depuis que nous avançons ça n a cessé de reculer. L argent est de plus en plus rare et les procédures sont devenues très compliquées. Les restrictions budgétaires nous imposent de mener des projets plus courts, des projets plus efficaces avec plus d évaluations quantitatives et moins qualitatives Sans compter que l éducation artistique est souvent le passage obligé pour tous les opérateurs. A.P. Tu trouves qu il y a une instrumentalisation des artistes via l éducation artistique? C.L. Oui, dans le sens où pour un artiste ou un opérateur, refuser l éducation artistique c est parfois se priver de subventions. Certains artistes perdent alors de vue leur projet. Il y a beaucoup d artistes pour qui l éducation artistique ne participe pas de leur projet, mais qui en font quand même et exercent une sorte de concurrence vis-à-vis de ceux qui, comme nous, portent l éducation artistique et culturelle dans leurs principes. Cela dit, quand j entends Aurélie Filippetti, je trouve que son discours fait du bien. A.P. Justement, quels conseils donnerais-tu à notre ministre? C.L. Permettre aux gens qui veulent le faire de le faire réellement, leur donner les moyens et du temps (des temps de préparation, de formation, d intervention ). Il y a besoin de médiation pour expliquer comment, quoi et pourquoi. On a le droit de ne pas avoir envie de faire des projets artistiques mais on a besoin de temps pour les vivre. A.P. Quand il s agit de projets d éducation artistique menés auprès d un «public scolaire», qu est-ce qui se joue dans l interaction entre artiste, enseignant et élèves? C.L. Lorsqu on aborde l éducation artistique, on tient à «rester à notre place», j entends par là que la pédagogie ce n est pas nos histoires mais celles des institutions et des enseignants avec qui on travaille ; nous, nous sommes dans une relation purement artistique. Dans le même temps, en tant qu artistes l éducation artistique nous nourrit : on amène une parole mais on apprend mutuellement avec les enseignants ou les participants. Cela relève d une dynamique de réciprocité, c est de l échange pur. Je trouve de l intérêt dans ces endroits, ce qui m intéresse ce sont ces moments de frottement, ces rencontres. Au début des classes à projet artistique et culturel, les autorités de l Éducation nationale privilégiaient la simple rencontre artistique qui nous paraissait moins riche que l expérimentation, qui repose sur une confrontation avec la matière artistique. Or, pour comprendre, il faut passer par la pratique. L expérimentation est au cœur de notre démarche Je ne sais pas monter un projet autrement que sur le mode de l art participatif. A.P. Art participatif, mais encore? C.L. On offre aux «gens-qui-n ont-pasl habitude-de-faire-des-livres» l occasion de s y inscrire. À l école ou ailleurs, on fabrique avec les élèves, on part d eux. Notre matière c est l autre, on utilise la parole et le travail de l autre. Lorsqu on mène un projet participatif, on s interdit d arriver avec des cadres préconçus, des recettes, des méthodes ou des programmes d éducation artistique, ça se fabrique au fur et à mesure. On ne veut pas dire à quelqu un «on va t apprendre à faire une chanson ou à faire un livre», l idée n est pas de faire d eux des écrivains mais de montrer qu ils sont spécialistes de leur propre parole. Par l expérience artistique, il s agit de développer l esprit critique, d apprendre à décoder les images, les discours, les slogans. A.P. Le livre est le meilleur vecteur de cette éducation? C.L. Oui, mais à condition qu on le fasse vivre, qu on le mette en vie. A.P. «Mettre en vie les livres», c est un concept inventé par N a qu 1 œil? C.L. Le livre est à la fois support d expression et objet de transmission ; c est un espace de recherche ouvert où la forme se doit de jouer avec le fond. Lors des ateliers interactifs, on pose le livre en fonction d un point de vue différent, en désacralisant son contenu et en le rendant accessible à tous. Les participants traduisent eux-mêmes leurs pensées. On enregistre le contenu de leur parole et on reconstruit, on fabrique la matière verbale, on sculpte le langage dans le vivant. Puis, via les interventions plastiques ou les lectures-performances, nous proposons de les partager, de les expérimenter. À la fin de nos projets, il y a toujours une présentation car c est lors de la restitution publique qu on devient responsable de sa parole. C est une manière pour les participants de valoriser le travail, mais aussi de le mettre à distance. Pour nous, le rendu professionnel est nécessaire. Essentiel. Il en va du respect de la parole des gens. Oui, il faut donner aux gens la sensation que leur parole a une valeur. Cela semble aller de soi, mais ça se traduit peu dans les faits. A.P. Tout dans la démarche de N a qu 1 œil semble s ordonner autour du «respect» C.L. Oui, il faut donner aux gens la sensation que leur parole a une valeur. Cela semble aller de soi, mais ça se traduit peu dans les faits. Lors de ces projets, on a le sentiment que les gens se rendent compte que toute parole (y compris la leur) a une légitimité quitte à déplaire, parfois, aux commanditaires. Participants, professeurs, institutionnels, bailleurs. notre projet c est faire que les choses et les gens qui ne se croisent pas dans la vie se croisent un moment. N a qu 1 œil 19, rue Bouquière à Bordeaux /

9 Paroles de professionnel Laurence Brenguier, chef décoratrice depuis toujours Originaire de Picardie, Laurence Brenguier a été depuis 1985 chef décoratrice sur plus de 70 projets. Propos recueillis par Éléonore Drexel Elle commence par quelques films d auteur tels que Le Gardien de la nuit de Jean-Pierre Limosin et Où que tu sois d Alain Bergala puis se tourne principalement vers la télévision : fictions unitaires, épisodes de séries, mini-séries et de nombreuses fresques historiques ambitieuses tels qu en 2011 Les Camarades ou Saigon : l été de nos vingt ans. Ses décors pour la saga de vignerons bordelais Les Filles du maître de chai, de François Luciani, ont été récompensés d un Sept d or en Pour Thérèse Desqueyroux 1, le dernier film du regretté Claude Miller, film de clôture de Cannes 2012, la qualité de son travail a été remarquée au niveau international. Lettres et Images d Aquitaine l a interrogée sur son métier. Éléonore Drexel Quels ont été votre parcours et les premiers jalons de votre carrière? Laurence Brenguier J ai fait l Esdi (École supérieure de design industriel) à Paris puis travaillé avec des architectes pendant huit ans avant d aller un jour sur un tournage et de me dire : «C est ça que je veux faire» : créer des décors de films. Mais ce sont les rencontres qui ont compté, qui ont fait ce que je suis. C est Vincent de Brus qui m a donné ma chance sur son court-métrage fantastique La Nuit de Santa Claus, qui a eu le 1 er prix au Festival d Avoriaz remis par De Niro. C était de bon augure. J ai donc commencé ma carrière comme chef déco, n ai jamais cessé de l être et espère continuer encore très longtemps. Mes deux premiers longs-métrages ont été des films d auteur réalisés sans un sou. J étais frustrée de ne pouvoir donner aux metteurs en scène ce dont ils avaient besoin. Aussi, je me suis tournée vers la télé pour avoir les moyens, des ambitions. Deuxième rencontre importante, la productrice Ève Vercel de chez Dune avec qui j ai établi le cahier des charges de la collection des Maigret avec Bruno Cremer. Après une dizaine d épisodes fabriqués en France, la production a souhaité tourner dans les pays de l Est, juste après la chute du mur. Nous avons sillonné la Pologne puis investi les studios de Barrandov à Prague. Les équipes n étaient pas habituées à avoir un responsable féminin et je sentais les Polonais méfiants vis-à-vis des Occidentaux. J étais venue avec une charte de couleurs et, quelle que soit la couleur que je leur demandais, ils me faisaient invariablement quelque chose entre le marron, le beige et le kaki car ils n avaient rien d autre. Troisième rencontre : Mike Grimes, production designer anglais, qui m a appris à faire des repérages et à avoir une approche globale de l image. Il était responsable de l image, lumière, décors, costumes et figuration sur A Tale of Two Cities. Lui, a fait les décors construits à Manchester. Moi, j ai fait les décors de Bordeaux et reconstitué une place avec des immeubles de trois étages, pavés, fontaine et auberge à Saint-Macaire. Puis Mike m a embarqué faire quelques films dans les Cornouailles. Les Anglais se demandaient ce que cette Frenchie venait faire à la BBC. E.D. Quelles sont les différentes étapes de votre travail? L.B. On reçoit le scénario quelques mois avant, le metteur en scène parle du film, audelà de ce qu on peut lire au travers du scénario. Je fais ou non les repérages, car la culture française issue du film d auteur est de les faire effectuer par les assistants metteurs en scène ou les régisseurs, et maintenant par des repéreurs. Pour les films d époque, à Prague, au Luxembourg, en Suisse, en Angleterre, en Afrique du Sud, au Maroc, au Portugal ou en France, je les ai faits, accompagnée d un régisseur local. Je passe aussi par une recherche iconographique et choisis plutôt d évoquer une époque que de la reconstituer, pour des raisons de budget mais surtout pour privilégier la dramaturgie. Ensuite, il faut matérialiser par des croquis, travailler avec le chef opérateur sur le traitement de la lumière et ce qu on peut lui apporter : une architecture, des lignes, une «peau» (la couleur et la matière des fonds) et des «sources» (fenêtres et lampes). Être en phase avec l écriture du film, les axes et les mouvements de caméra, la technique et l artistique étant complètement imbriqués. La conception et l exécution des décors sont entièrement sous ma conduite, surtout la construction et la peinture. La plus grande liberté que je donne, avec des instructions précises, c est à mon excellent ensemblier, Robert Le Corre, dont le travail dépend des trouvailles chez les antiquaires ou brocanteurs. Je travaille en France avec la même équipe ou presque, même si en province on a recours aux techniciens locaux autant que possible. En revanche, à l étranger, je travaille avec des équipes locales ; non seulement c est passionnant, mais j ai beaucoup appris en m adaptant à leurs méthodes. Au Maroc, ces équipes avaient travaillé sur des Spielberg, Scorsese, Ridley Scott Au Cambodge, l expérience était fabuleuse car j ai reconstitué des camps militaires dans la jungle et pour monter des miradors en bambou, construire bateaux, cabanes ou meubles, ils n avaient qu un même outil qu ils utilisaient comme hache d un côté et marteau de l autre. E.D. Vous avez établi des rapports privilégiés avec plusieurs grands réalisateurs de télévision (François Luciani, Joël Santoni, Pierre Boutron, Claude Goretta, Serge Meynard ) et des maisons de production, ainsi que France 2 et France 3 L.B. Oui, on peut aussi ajouter Alain Tasma, Philippe Triboit, Philippe Venault et David Delrieux et je suis très «service public». Ce sont des metteurs en scène exigeants avec des sujets intéressants. J ai eu Mon plus beau souvenir, c est quand je l ai entraîné dans la forêt de pins à Belin-Béliet : je lui avais trouvé [...] la maison de Thérèse Desqueyroux. la chance de m assurer leur fidélité parce qu ils se sont reconnus dans ce que je leur proposais. Le travail pour un film et un téléfilm est le même : je colle aux intentions des metteurs en scène. Le plus passionnant, c est de savoir les écouter quand ils ne s adressent pas à moi : dans une discussion avec les comédiens, le chef opérateur, le producteur. J essaie de ne pas transformer mon expérience en réflexes. Chaque fois que j entame un nouveau projet, c est un nouvel enjeu et une même anxiété, un même enthousiasme. C est avec tout ça que je leur fabrique leur film ou leur téléfilm, et il en sort quelque chose qui appartient surtout au metteur en scène et un peu à moi. E.D. Vous avez travaillé à Bordeaux sur une dizaine de fictions situées à des époques différentes. Vous vous êtes même installée sur le bassin d Arcachon. Estil agréable de travailler en Aquitaine, artistiquement et techniquement? L.B. Je suis tombée amoureuse de la région quand je suis venue y tourner A Tale of Two Cities. Les Filles du maître de chai m y ont définitivement ancrée. J ai aimé les paysages, les vignes, la mer, les gens avec leur faconde et cette culture régionale forte. Une partie de mon équipe est restée bordelaise, je les ai emmenés sur nombre d autres films et j ai apporté plusieurs films d époque à Bordeaux, qui recèle des quartiers qu on ne trouve plus intacts à Paris. J ai aussi tourné une grande saga à Saint-Jean-de-Luz, où nous avons vécu six mois avec les derniers pêcheurs de thon à la ligne et reconstitué une conserverie. E.D. Comment vous êtes-vous retrouvée à travailler avec Claude Miller sur Thérèse Desqueyroux? L.B. J ai rencontré grâce à Yane Lahaye d Écla Aquitaine Tournages le directeur de production Bruno Bernard, qui cherchait des collaborateurs aquitains. Il s est rappelé que nous avions travaillé ensemble sur un téléfilm. J ai apporté 6 DVD de téléfilms d époque à Claude Miller, qui m a rappelée très vite en s étonnant de la qualité de l image : «On dirait que pour de la télé vous avez de plus gros moyens que nous n en avons pour faire des films.» À la fin du tournage, Claude m a dit regretter ce clivage entre télé et cinéma qui nous avait empêchés de nous rencontrer et qu il ne voulait plus faire de films sans moi. Aujourd hui, comme beaucoup, je me sens un peu orpheline. Mon plus beau souvenir, c est quand je l ai entraîné dans la forêt de pins à Belin-Béliet : je lui avais trouvé, grâce au syndicat de la Maison forestière d Aquitaine, la maison de Thérèse Desqueyroux. Gerard de Battista, ClaudeMiller et LaurenceBrenguier lors du tournage de Thérèse D. 1. Soutenu par le Conseil régional d Aquitaine. 09 PAROLES DE PRO

10 Enjeux BIG La MÉCA : culture Par Catherine Lefort Le 18 juin dernier, la Région Aquitaine a dévoilé le projet de Maison de l économie créative et de la culture en Aquitaine (Méca), remporté à l issue d un concours international par l équipe d architectes danois BIG Bjarke Ingels Group (Copenhague), associée à Freaks freearchitects (Paris). Une maison dédiée au Frac Aquitaine (Fonds régional d art contemporain) et à deux agences de la Région : Oara (Office artistique de la Région Aquitaine) et Écla (Écrit, cinéma, livre, audiovisuel). Par son allure monumentale, la Méca représente un signal fort de la Région Aquitaine, qui souhaite donner de la visibilité à son action culturelle dans un lieu stratégique : sur les berges de la Garonne, dans un quartier en pleine refondation. Ouverture prévue au printemps Crédit photos : BIG Reichen et Robert & Associés Dans la capitale de l Aquitaine, les rives de la Garonne connaissent l effervescence après des décennies d abandon. Il y eut d abord, entre 2000 et 2009, la reconquête des quais sous l égide du paysagiste Michel Corajoud. Une nouvelle étape s amorce. À Bacalan, côté estuaire, la Ville de Bordeaux a lancé son projet de centre culturel du vin 1, tandis qu à l opposé, quai de Paludate, sur le site des anciens abattoirs, la Région met la Méca sur les rails Là où se joue un vaste projet de rénovation urbaine, Bordeaux Euratlantique, dont l épicentre est la gare. Projet politique dans un lieu emblématique Lorsqu en 2007 Alain Rousset, président du Conseil régional, engage une réflexion sur la nécessité d explorer un nouveau site, plus vaste et plus adapté, pour loger le Frac Aquitaine et son importante collection de plus de œuvres, il propose également de réunir sous le même toit les deux agences culturelles : l Oara et Écla ; l idée de créer un pôle régional consacré à la création artistique et aux économies créatives est née, sous-tendue par la volonté de la Région et de son patron d offrir un emblème architectural à son action culturelle. Le projet de la Méca incarne donc l engagement de la Région en faveur de la culture. Et au-delà, en rapprochant dans un même lieu ces trois structures outils régionaux de développement, de valorisation et d accompagnement des filières de l art contemporain, du livre et de l écrit, du cinéma et de l audiovisuel, de la musique et du spectacle vivant l intention est de susciter des échanges et un enrichissement mutuel, la création de projets interdisciplinaires. «Il s agit pour la Région Aquitaine de la première opération architecturale et du premier édifice construit dans le cadre d Euratlantique, nouvelle porte d entrée de l Aquitaine et carrefour du TGV européen. La proximité de la gare Saint-Jean symbolise cette ouverture que j ai souhaitée vers le territoire régional ; car la fonction première du Frac, de l Oara et d Écla est d accompagner les artistes et les acteurs professionnels sur l ensemble de l Aquitaine. Ce projet de 52 millions d euros coût total comprenant l achat du terrain, la conception, la construction, les aménagements extérieurs est un engagement fort, mais son coût est maîtrisé. Il n y aura pas d impact sur le budget de la culture», précise Alain Rousset. La dimension culturelle et la valorisation de la création se traduisent jusque dans la conception de la Méca. Les particularités architecturales Sur les 152 candidats qui ont répondu à la sélection au concours d architecture, quatre équipes étaient finalistes. Le jury composé d élus, des responsables des trois structures, de la Drac a retenu le projet BIG Bjarke Ingels Group (Copenhague), associée à l agence parisienne Freaks freearchitects, autour d un programme compact et traversant, aux lignes épurées. Les deux équipes ont planché à partir de plusieurs éléments. La situation géographique et urbaine : au bord du fleuve dans le prolongement des quais aménagés, à proximité de l ancienne halle des abattoirs d un côté et de la passerelle Eiffel de l autre ; dans un quartier de vie nocturne, à proximité de la gare ; avec la contrainte d associer l accueil du public et la vie en coulisse : espaces ouverts et communs mais en préservant l identité et le fonctionnement de chacune des structures Les différentes étapes de réflexion des deux équipes d architectes ont abouti à la conception d une arche asymétrique orientée vers le Bordeaux historique à l ouest et vers le futur quartier à l est. Les quatre faces latérales, de différentes hauteurs, donnent à l édifice un aspect «vrillé» et l illusion de mouvement. Construite en béton, l arche sera entièrement recouverte de la pierre blonde de Bordeaux. Cette «peau» percée de fenêtres savamment disposées fera pénétrer la lumière le jour et illuminera le bâtiment la nuit. Comme un balcon offrant une vue exceptionnelle sur la Garonne, la chambre urbaine espace public au cœur de l arche, protégé des éléments et accessible par une double rampe est une invitation à la promenade. La particularité de l arche est de relier d un seul tenant à la fois des espaces publics attractifs et les entités culturelles qui y travaillent, grâce à un jeu de circulation très étudié. Elle se déploie sur m 2, la moitié pour La dimension culturelle et la valorisation de la création se traduisent jusque dans la conception de la Méca. le Frac situé en partie supérieure avec trois espaces d exposition en cascade dont un de m 2 à ciel ouvert et consacré à la sculpture de vastes espaces de stockage. Les agences occupent les socles de l arche : Écla équipée d une salle de projection de 80 places et d un centre de ressources ; l Oara avec un plateau de travail d une capacité de 0 à 350 places, adoptant les configurations des salles de spectacles existantes en Aquitaine. «Façades, terrasses, chambre urbaine pourront être utilisées pour de multiples événements culturels : les terrasses et la chambre urbaine pour des concerts, la peau de la Méca pour des projections de film», précise Bjarke Ingels, fondateur de BIG. Cette maison commune porte dans son programme l ambition d un rayonnement culturel dans le quartier en renouveau et dans la ville. La phase d avant-projet détaillé et de consultation des entreprises peut démarrer. Les travaux, d une durée prévisionnelle de neuf mois, démarreront à l été 2013 pour une ouverture programmée en avril 2015, si tout va bien. 1. CHIFFRES CLÉS Surface totale SHON : m 2 Budget total : 52 millions d euros Dont 27,8 HT de travaux Participations financières : Région Aquitaine : 92,3 % du montant État : 7,7 % 10 ENJEUX

11 Derrière la caméra LETTRES & IMAGES D AQUITAINE N 96 Le miel du temps Photo: Stéphane Hervé Propos recueillis par Christophe Dabitch Installé à Bordeaux depuis six ans, Jung, l auteur de bandes dessinées belge d origine sud-coréenne, vient de réaliser son premier long-métrage. Couleur de peau : miel 1, qui fut d abord une BD, mêle les sources d images. Une mixité au service d un propos autobiographique, une quête à laquelle Jung se consacre depuis longtemps et qui ne cesse de le poursuivre. Cette histoire est la sienne, celle de son adoption par une famille belge à l âge de cinq ans, celle de son enfance et de sa jeunesse en tant qu être «différent». Avec le temps, avec ce film, Jung a peut-être trouvé un épuisement du sujet et une forme de paix intérieure. Entretien. Christophe Dabitch Comment la bande dessinée Couleur de peau : miel est-elle née? De quelle nécessité par rapport à d autres livres que vous aviez publiés jusque-là? Jung Cela fait maintenant vingt ans que je fais de la bande dessinée. Je me suis rendu compte au bout d un certain temps que je racontais toujours la même histoire. L abandon, la quête de la mère, le déracinement C est ce qui m a amené au dessin au départ. Je dessinais comme tous les autres gamins, pas mieux, sauf que je dessinais pour extérioriser et exprimer des choses qui avaient besoin de sortir. Quand on est adopté, au début, on ne se rend pas compte qu on est différent mais à un moment donné, ce sont les autres qui vous le font remarquer. J ai commencé à me poser toutes ces questions et j ai eu ce besoin d extérioriser par le dessin puis par la bande dessinée. Pour Couleur de peau : miel, c est juste une suite logique d un travail que j avais déjà commencé longtemps avant. Je me suis décidé à aborder le problème de manière plus frontale. J ai aussi eu envie de changer de format, de passer au noir et blanc, c était aussi né d une envie graphique. C.D. Comment est arrivée l idée d un film, le livre ne suffisait pas? J. J ai le sentiment de poursuivre la même quête. Lorsque Couleur de peau : miel est sorti, j ai été contacté par le coréalisateur du film, Laurent Boileau. Dans le livre, le narrateur adulte que je suis promet à l enfant que j ai été qu il retournera dans son pays d origine. Il voulait faire de ce voyage un documentaire pour la télévision. Mais les chaînes n étaient pas intéressées et, chemin faisant, le projet de long-métrage est né. C.D. Vous avez tourné en Corée, mais vous dites que ça n a pas marché. J. Comment faire un voyage intérieur dans son pays d origine avec 30 personnes derrière? C était voué à l échec. On aurait dû partir avec moins de machineries, quelque chose de plus intime pour filmer l intime. Mais ce n est pas très grave. On a gardé des images pour le film. Ce qui m a frappé là-bas, c est que j ai pu leur poser la question : comment me percevez-vous? Comme un vrai Coréen ou comme un faux? Certains me disaient : «Tu n es plus d ici, tu ne parles plus notre langue, tu n as plus la même mentalité.» D autres me disaient le contraire. J étais dans l attente qu on me dise : «Tu es d ici.» Je ne me suis jamais senti chez moi nulle part. C est paradoxal, je me sens nulle part mais je me sens aussi chez moi. J habite Bordeaux et maintenant je me sens chez moi mais chaque fois que je me promène en ville, je me dis que je me sens étranger. Il y a une part d humour, même si j en aurais souhaité davantage dans le film. Pour le commentaire du film, c est ma femme qui m a aidé. Ce film ne pouvait marcher que si j y mettais de la sincérité. C.D. Quand vous dépeignez votre famille adoptive, vous montrez des gens qui débordent de bonne volonté mais qui sont également violents avec vous. J. Étant adopté, j avais sans doute besoin de plus d affection. Avec le recul, je me dis Que ce soit dans la bande dessinée ou dans le film, je me suis imposé une seule contrainte : ne pas tomber dans le misérabilisme. C.D. Avec l expérience de ce film, quelle différence faites-vous entre la bande dessinée et le film? J. En bande dessinée, on est seul devant sa feuille de dessin et on est Dieu. Au cinéma, j ai dû composer avec 150 personnes dont plein de gens que je n ai pas rencontrés. On tient compte des avis des producteurs, du coréalisateur et on n a pas toujours les mêmes envies. Cela a été très compliqué. J ai travaillé quatre ans sur ce film et je me suis investi à fond pour tenir le guidon dans la bonne direction. C.D. Pourquoi ce mélange d images de sources différentes? J. Au départ, il y avait le projet de documentaire. On voulait garder une dimension contemporaine au film. L animation pour évoquer mon histoire personnelle, mon passé. La 3D avec un rendu 2D et une part en animation traditionnelle pour évoquer les parties plus oniriques. La partie en images d archives est une manière d ancrer mon histoire personnelle dans celle de la Corée. Et le Super-8 apporte une touche authentique. Ce n est pas confortable de mélanger les genres. Pour la vente du film, on n arrive pas à le mettre dans une case. C.D. Avez-vous posé des limites à l autobiographique? J. Que ce soit dans la bande dessinée ou dans le film, je me suis imposé une seule contrainte : ne pas tomber dans le misérabilisme. que j ai eu la même chose que les autres. Ma demande était plus forte. Mes parents adoptifs n avaient pas plus à offrir. La violence, ce sont les faits. C est aussi pour cela que je montre mon frère qui sort du garage et qui vient de se faire corriger par ma mère. Je n étais pas le seul. Mais je ne suis pas tendre avec moi-même, je faisais beaucoup de conneries. Je l avais bien cherché. C.D. Vous vivez à Bordeaux, comment se débrouille-t-on pour se lancer dans un tel projet? J. On avait au départ une maison de production. Il faut faire le tour des Régions, il y en a sept qui nous soutiennent dont l Aquitaine. La Ville de Bègles nous a prêté une maison pendant deux ans. Je suis passé dans plusieurs commissions, on a eu la chance d avoir l avance sur recettes puis France 3 Cinéma. On a aussi un coproducteur belge. Le film a été fabriqué un peu partout. Il a été piloté pour la partie graphique depuis Bègles, de même que le story-board et toutes les textures. Il y a un animateur qui a travaillé ici. D autres étaient en studio à Angoulême, pour le design et les décors. L animation a été faite en télétravail avec une quinzaine d animateurs à Barcelone, en Suède notamment, avec le chef animateur qui est à Arles. Le compositing a été fait à Strasbourg, la postproduction en Belgique, une partie de l animation en Suisse et la maison de production française est à Paris. Et pour les prises de vues réelles, on a un coproducteur en Corée. C.D. Êtes-vous maintenant «débarrassé» d un sujet et d un questionnement? J. J ai voulu faire ce film pour raconter la phase de reconstruction, de l acceptation de soi, de ses origines. On ne peut se reconstruire que si on s accepte tel que l on est. Cela dit, je crois que l on n en finit jamais. C est un voyage intérieur sur lequel je pourrais raconter des histoires jusqu à la fin de ma vie. Mais c est important de faire la paix avec soi-même pour que la vie ne soit pas infernale. Quand je rencontre des jeunes, j ai juste envie de leur dire de ne pas se victimiser. De l autre côté, il y a des parents qui ont abandonné, des mères célibataires qui ont été obligées de le faire. Elles vivent avec le poids de la culpabilité et je ne voudrais pas être à leur place. C.D. Voudriez-vous rencontrer votre mère biologique? J. Cela reste de l ordre du fantasme. Si on me le proposait, oui, évidemment, mais je n entreprends rien. Elle serait une étrangère pour moi. Elle ne parle pas la même langue, elle ne m a pas élevé, elle ne m a pas vu grandir. Je voulais finir le film là-dessus, sur la mère adoptive qui était là. Quand j ai passé quinze jours à l hôpital et perdu la moitié de mon sang, c est elle qui s est occupée de moi. Et puis elle m a dit des choses très importantes. Une mère qui vous regarde comme si vous étiez la septième merveille du monde J ai voulu finir le film là-dessus, sur le regard de ma mère. L herbe n est pas plus verte ailleurs. Je préfère rester à fantasmer ma mère biologique parce que je sais que je ne la retrouverai jamais et j essaie d être heureux avec ce que j ai. 1. Le film a été soutenu par le Conseil régional d Aquitaine et Écla. Il a reçu un excellent accueil des exploitants du réseau de l Association des cinémas de proximité en Aquitaine (ACPA) et sera encore à l affiche des salles indépendantes d Aquitaine jusqu à la fin de l année. Couleur de peau : miel Producteurs : Mosaïque Film > & Artemis Productions > Distribué par Gébéka Films > Un film de Jung et Laurent Boileau D après la bande dessinée de Jung publiée aux Éditions Quadrants/Soleil > couleurdepeaumiel-lefilm.com Au Festival d Annecy 2012, le film de Jung a reçu le prix du public et le prix Unicef. 11 DERRIÈRE LA CAMÉRA

12 Derrière l écran Une fantastique petite entreprise : AElementworks Les frères Wzgarda en tournage Par Catherine Lefort Ils sont deux frères, Jean-Herbert et Jean-Sylvain Wzgarda, deux fondus de BD et d images numériques, à avoir créé il y a quatre ans leur entreprise : AElementworks, qu ils ont récemment installée dans le charmant village de Prayssas au cœur du Lot-et-Garonne, entre Tonneins et Agen. La petite société, spécialisée dans la production et la réalisation audiovisuelles, la création d images de synthèse haute qualité et d animation 3D pour la publicité, la télévision et le cinéma est en plein essor et vient d ouvrir un bureau parisien. Le Lot-et-Garonne en clip Doté d un beau budget de , ce film, réalisé en format cinéma et dont l objectif est de valoriser le département du Lot-et-Garonne auprès des partenaires touristiques et des sociétés de production françaises et internationales, sera tourné cet été et mettra en œuvre des moyens techniques sophistiqués : caméra Red et drone pour filmer les paysages vus du ciel. Le compositeur Patrick Doyle réalisera la musique du clip : il a travaillé pour de grands réalisateurs : Kenneth Branagh, Régis Wargnier et écrit la musique de Harry Potter. Les Wzgarda sont des touche-à-tout, créatifs et autodidactes. Natifs d Agen, les trois frères : Jean-Herbert, Jean- Sylvain et Jean-Antoine, ont hérité de la fibre artistique d une mère artiste peintre, Héliette Wzgarda, qui a exposé ses œuvres aux quatre coins du monde. Leur première expérience en audiovisuel remonte à leur adolescence, lorsque le père rapporte à la maison une caméra vidéo. Les frères s amusent à la réalisation de petits sketches façon Les Inconnus sur France 2, ou encore les Nuls alors en vogue sur Canal+. Ces débuts marqueront leur destin, même si les frères suivent des parcours différents. Jean-Herbert, l aîné, depuis sa tendre enfance lit des bandes dessinées Strange, Spider-Man, X-Men, Enki Bilal et surtout en dessine. À quinze ans, il réalise ses premières BD et gagne quelques concours. Il poursuit ses études, obtient une maîtrise d économie, puis endosse le métier de graphiste tout en poursuivant ses projets en bande dessinée. Il finit par être repéré par Marvel Comics, l éditeur des super-héros de son enfance, qui le sélectionne pour réaliser des tests le temps d une aventure de Spider- Man. Il travaille ensuite comme graphiste en free-lance. Sur la voie maternelle, Jean-Antoine suit des études artistiques et en histoire de l art. Le plus jeune, Jean-Sylvain, choisit la voie de l apprentissage sur le terrain. Un bac en poche, il passe directement aux plateaux de tournage. Et comme il a une bonne dose de génie informatique, il se spécialisera dans l image de synthèse, les effets spéciaux et la 3D. En 2000, au moment où naissent les premières caméras numériques, les trois frères créent leur première société de production audiovisuelle. Ils réalisent des courts-métrages, remportent quelques prix à des festivals. Cette expérience, formatrice, doit s interrompre en 2004 : pas assez rentable Les «frangins» se séparent et reprennent leur indépendance, tout en continuant à affûter leurs couteaux. En 2008, après avoir engrangé de l expérience, des contacts professionnels et quelques clients potentiels, Jean-Herbert et Jean-Sylvain fondent AElementworks avec Flore Asté, assistante de production et associée des deux frères, sur la commune de Cours. Leur première réalisation avec leur société est un court-métrage : L Aventure du plombier atmosphérique, d après le scénario baroque de Nathalie Boughambouz, qu ils tournent à Laroque-Timbaut avec en vedette Jean-Claude Dreyfus, acteur de cinéma et de théâtre. Réalisé par Jean-Sylvain et Flore, le film a été coproduit par AElementworks et CinéPay (Philippe Payet) avec l aide du Conseil général de Lot-et-Garonne. Mais le fonds de commerce d AElement est la production audiovisuelle pour la publicité, la communication institutionnelle et événementielle clips, films d entreprise dont le Fouquet s à Paris, s il vous plaît!, organisation et habillage visuel d événements : congrès des experts-comptables, du Crédit foncier, de la Caisse d épargne, de la Fédération du bâtiment Ils ont réalisé des clips vidéo pour des artistes : Thomas Boissy, Salif, les groupes BAAM, The Prodigy Ils travaillent aussi sur des postproductions et effets visuels pour des émissions de télé et des génériques comme Koh-Lanta (TF1). «Les deux premières années ont été difficiles, mais depuis plusieurs mois, nous décrochons des projets de plus grande envergure, nous avons des clients plus réguliers, ce qui nous réconforte et nous ouvre des portes. Le film que nous sommes en train de réaliser pour le Comité départemental du tourisme du Lot-et-Garonne a été déterminant pour nous faire connaître au plan local, puis régional, car jusqu à présent nous avions surtout des clients parisiens.» (Lire ci-contre.) Les commandes s accélèrent en effet, les deux frères ont entamé en mai dernier le tournage sur une série pour Arte, H-Man, qui met en scène le chanteur Arthur H dans un rôle de super-héros. Écrite et dirigée par l Américain Joseph Cahill, produite par Marianne Lère pour le compte de la société Steamboat Films, AElementworks (également coproducteur) en réalise les effets visuels. La diffusion est prévue à la rentrée 2012 sur la chaîne franco-allemande. Autre projet emblématique : la création pour le Futuroscope d un spectacle de magie liée aux nouvelles technologies, mêlant hologramme et vidéo-mapping (décors habillés de vidéos) à découvrir au parc d attractions de Poitiers en Une grosse production franco-égyptienne dédiée à la France et au Moyen-Orient se profile en 2013 et est bien partie pour faire exploser le chiffre d affaires : une série télé très connotée fantastique, inspirée du film Twilight avec ses légendes de loup-garou et de vampires. «Dès les débuts, notre univers créatif s est porté vers le fantastique et la science-fiction. Nous avons été très marqués par les grandes productions des années 80 de James Cameron ou Ridley Scott : Terminator, Dark Crystal, Alien, Legend Mais nous aimons donner une dimension humaine à nos créations, c est notre patte.» Installés en Lot-et-Garonne, les frères Wzgarda peuvent proposer des tarifs de prestations très compétitifs à de grandes agences parisiennes avec lesquelles ils collaborent comme Hub-Agence, mais leur nouvelle adresse parisienne conforte une image rassurante d expérience et de sérieux de leur société. Fins stratèges, les Wzgarda Équipés d outils technologiques de pointe, ils sont parmi les rares prestataires à disposer d un studio fond vert en Lot-et-Garonne. Leurs rêves? «Réaliser des longs-métrages de notre cru, intégrer la fiction, créer un studio autonome à l image des studios Pixar» Et comme ils ne manquent pas d idées, nos magiciens de l image numérique travaillent aussi à la création d une plateforme Internet d échanges de créations artistiques (objets 3D utilisables pour les jeux vidéo par exemple) INFOS AElementcomics En parallèle à leur activité de production audiovisuelle, les frères Wzgarda ont créé AElementcomics, une branche édition de BD et comics français de leur société. Sur les traces des super-héros américains et dans le plus pur style fantastique, huit séries régulières à raison de deux numéros par an paraissent sur Une nouvelle création, un comics SF sur lequel Jean-Herbert travaille actuellement, devrait bientôt voir le jour : Hadès, une histoire de marines envoyés en mission de sauvetage sur une planète lointaine nommée Purgatory L activité éditoriale BD est un vivier de scénarios et de storyboards la plupart de luxe créés par des auteurs aux univers inspirés par le fantastique et la SF, qu ils comptent bien proposer à des sociétés de production. Ils travaillent aussi à l adaptation au cinéma de leurs BD : deux projets sont en préparation : l un avec le scénariste Michel Lengliney (réalisateur de Voyage à Rome) et l autre en science-fiction sur un scénario de Jean-Herbert. Motion Capture Des dizaines de capteurs de mouvement sur le visage d un comédien, plusieurs caméras vont enregistrer les mouvements et donner vie en 3D à un vieillard d une série animée Jean-Sylvain et Jean-Herbert Wzgarda, Flore Asté AElementworks / Hervé Bonnet succède à Fabien Jankowiak à la Commission du film de Lot-et-Garonne/Espace Productions 47 16, rue Nationale Sainte-Livrade / Chargé de mission : Hervé Bonnet / / Assistante : Sanne Brinkhoff / / 12 DERRIÈRE L ÉCRAN

13 SORTIES LIVRES/MUSIQUE/CINÉMA LETTRES & IMAGES D AQUITAINE N 96 Retrouver l intégralité de ces notes de lecture sur le site d Écla : ÉDITEURS AQUITAINS Éditions Bastingage 2, place Mozart Talence Christian Sallenave, sociologue Natalia Miteneva, architecte Philippe Caumes, photographe Les Ferret Un siècle d architectures. Question d arts de vivre et d habiter. Coll. Arts et Société 31x20 cm ; illust. en noir & coul. ; 192 p. ; 39 ; Isbn : ; déc Ce livre révèle la confrontation des réalisations architecturales signées par les Ferret une dynastie familiale qui a la passion de l architecture comme signe d arborescence généalogique aux habitants et aux usagers passés ou actuels qui ont fréquenté leurs œuvres. Grâce à un travail pluridisciplinaire de presque deux ans, plus d une centaine de photographies et d archives et environ 400 témoignages, Christian Sallenave, Philippe Caumes et Natalia Miteneva nous dévoilent non pas une biographie de la famille Ferret, de 1895 à nos jours, mais bien l histoire de ce patrimoine singulier et de sa réception sociale et culturelle au fil de plus d un siècle de pratique quotidienne. Laurence Cénédèse Éditions Cairn 29, rue Carrerot BP Pau Marie Darrieussecq, textes Gabrielle Duplantier, photographies La mer console de toutes les laideurs 12x18 cm ; 60 p. ; 9,90 ; Isbn : ; avr À l occasion de leurs quinze ans, les éditions Cairn publient un ouvrage réunissant quatre nouvelles de Marie Darrieussecq, quatre textes qui forment un livre inédit, cohérent, même s ils sont chacun de nature très différente. Comme l auteur l écrit : «Et le Pays basque, c est le centre du monde.» En tout cas, c est le centre de cet ouvrage. De l opposition de la ville-bayonne et de la plage- Biarritz dans BAB, souvenirs de son enfance dans Un diamant gros comme Biarritz ou encore Plage, de l évocation du poète Joseba Sarrionandia, elle partage avec les lecteurs la vision de «son» Pays basque. Géraldine Arnoux Éditions Passiflore 15 avenue de l Aérodrome Dax Véronique Saüquère-Hubert Qu es aquò? 15x15 cm ; 200 p. ; illust. coul. : Véronique Saüquère-Hubert ; 10 Isbn : ; nov Ce livre-devinettes dépeint avec humour toutes les facéties du festayre. C est-à-dire un boute-en-train issu du Sud-Ouest qui caracole sur la planète. Il se fond à toutes les manifestations, décors et jardins, et passe de la terre à la lune avec vélocité. Vous le croiserez, sans doute, aux Jeux olympiques de Londres, cet été. Sous les illustrations de Véronique Saüquère-Hubert se cache un fêtard à béret qui ne demande qu à faire des émules. Jubilatoire! Marie-Laure Vallée Le temps qu il fait 24, rue Grangier Bazas Didier Pobel Couleur de rocou ou La saison du poison 14x19 cm ; 104 p. ; 14 ; Isbn : ; avril 2012 Allégorique, étrange, poétique, voire fantastique. Voilà comment qualifier le roman de Didier Pobel, Couleur de rocou ou La saison du poison. Histoire d un homme qui a mangé une fricassée de champignons qui pourrait bien se révéler funeste, ce livre, concis comme une longue nouvelle, développe une écriture métaphorique, en équilibre délicat entre deux mondes, qui n a de cesse de semer le doute dans le cerveau du lecteur. Cela a-t-il lieu? Ou cela n est-il qu une chimère? Et si, au fond, la réponse n avait guère d importance? Car il s agit ici de littérature et de son pouvoir de ravissement. Aline Chambras ET AUSSI Éditions La Lauze 29 rue des Jacobins BP Périgueux Georges Gautron Le Violoncelle blessé 269 p. ; 18 ; Isbn : Sur le thème de la violence conjugale, le livre relate la descente aux enfers d une femme victime de la maltraitance de son compagnon. ILS ÉCRIVENT EN OCCITAN Archives départementales de la Gironde 13, rue d Aviau Bordeaux Patrick Lavaud Lo Medòc de boca a aurelha, le Médoc de bouche à oreille En coédition avec Daqui et les éditions de l Entre-deux-Mers Préface de Louis Bergès Livre bilingue accompagné de trois disques 29x25 cm ; 208 p. ; 20 ; Isbn : ; déc Un livre bilingue, sélection de textes de littérature orale, de nature diverse, issus des collectages que Patrick Lavaud réalisa pendant six ans, il y a une trentaine d années dans le Médoc. Cela donne un ensemble savoureux où, porté par une langue vigoureuse, apparaît l âme d un peuple. Le livre est complété par trois CD-roms qui regroupent la version orale de ces textes. Guilhem Joanjòrdi pour l Inoc ILS ÉCRIVENT EN BASQUE Elkar éditions/ Argitaletxea Arsenal Plaza Bayonne Libre parcours dans la mythologie basque, avant qu elle ne soit enfermée dans un parc d attractions Claude Labat, textes Gabrielle Duplantier et Kepa Etchandy, photographies 24x28 cm ; 345 p. ; illus. en noir & coul. ; 40 Isbn : ; mars 2012 Claude Labat nous invite à huit parcours atypiques au travers de paysages emblématiques où de nombreux personnages de la mythologie basque guettent le lecteur là où il s y attend le moins. Près de 400 légendes, contes et récits accompagnent le lecteur dans l exploration de cette mythologie qui rejoint également les mythes universels d hier et d aujourd hui. Un guide qui montre comment les lieux, les coutumes, les modes de vie sont pétris de mythologie. Des nouvelles pistes d interprétation qui nourriront la création artistique d aujourd hui et de demain. Pantxoa Etchegoin Institut culturel basque ILS SONT AQUITAINS MAIS ILS PUBLIENT AILLEURS Éditions Allia 16, rue Charlemagne Paris Éric Chauvier Somaland 19x12 cm ; 172 p. ; 9,20 ; Isbn : ; mars 2012 Éric Chauvier, un lanceur d alerte? Dans cette enquête, il suit une hypothèse hallucinante, à l épaisseur aussi ténue qu une lettre de l alphabet qui se serait glissée dans le mot «silène» (substance extrêmement toxique) pour dénoncer le «silence» accentué des élus, des industriels, des experts, des sociétés de sécurité, des employés euxmêmes qui vivent tous loin du danger des sites Seveso. Les riverains précarisés supportent (seulement?) des nuisances olfactives en continu et ne peuvent migrer pour protéger leur famille des effets néfastes du monde postindustriel. AZF en «fond de mémoire» s invite et nous rappelle que les usines à risques aux effets domino potentiels n offrent ni espoir ni travail à cette population établie près de ces zones létales. Celle de Somaland est «agrémentée» d une école. L.C. Éditions Parigramme 131, boulevard de Sébastopol Paris Joseph Incardona Trash Circus Collection Noir x21 p. ; 221 p. ; 14 ; Isbn : ; fév Joseph Incardona nous avait habitués à de fines variations de romans noirs calibrés à l américaine. Il nous impose ici un violent contrepied : suivre dans son délire existentiel un abominable «héros», concentré des pires détestations de notre époque (âmes sensibles s abstenir). Agrégé à l une des pièces maîtresses de notre société du spectacle la télévision il est aussi un rouage caché des pires supporteurs de football. L auteur réussit l alliance du parti pris de distance clinique au ressenti, au plus près, de l univers glauque, figé et glacé de sa créature. Bernard Daguerre 13 SORTIES

14 FOCUS «Entre art et bande dessinée» Éditions Privat 10, rue des Arts BP Toulouse cedex 6 Hélène Erlingsen-Creste Mohamed Zerouki Nos pères ennemis Morts pour la France et l Algérie x16 cm ; 176 p. ; 16,50 ; Isbn : ; fév Elle, Hélène Erlingsen-Creste, journaliste, a perdu son père, Clovis, sergent-chef de l armée française, tué en embuscade en 1958 pendant la guerre d Algérie quand elle avait six ans. Lui, Mohamed Zerouki, ancien directeur d une MJC, a aussi perdu son père, un moudjahid, combattant aux côtés du FLN mort en 1959 et surtout disparu dans les montagnes du Tell alors qu il avait seize ans Cinquante ans après la fin du conflit, Nos pères ennemis est le témoignage croisé, à deux voix, d une guerre qui a fait d eux des orphelins. Même blessure, même souffrance, même absence. Un beau livre qui incite à la réconciliation. Bénédicte Chapard Quidam Éditeur 1, rue Mansart Meudon Marie Cosnay À notre humanité 21x14 cm ; 112 p. ; 12,50 ; Isbn : ; mars 2012 Mai Les Versaillais de Thiers massacrent les insurgés de la Commune, hommes, femmes, enfants. Emmy a six ans. Des années plus tard, pute, folle, dit-on, elle consigne contre son corps les confidences des anciens soldats versaillais, tente de se souvenir de ce qu elle n a pas vu et qu on ne peut Akileos 162, cours du Maréchal-Gallieni Talence Cromwell Quelque part (Art book) 20x25 cm ; 220 p. ; illus. couleur ; 29,50 ; Isbn : ; déc Rassembler une œuvre disparate étalée sur des années, faire le choix d images issues de publications et de croquis inédits : c est le pari qu a relevé Didier Cromwell avec l éditeur talençais Akileos. Rétrospective artistique? Témoignage? Plongée dans les profondeurs d un univers esthétique? Chacun y trouvera la résonance juste tant l art book dont il s agit ici vient consacrer le travail d un auteur éclectique par ses choix artistiques et ses réalisations. En cinq chapitres à l intérieur desquels les images se déploient pleine page, l album est un festival de genres et de contrastes. Guillaume Marsal Et aussi : À l occasion de la sortie du film de Ridley Scott, Akileos a publié en juin : Prometheus : l univers du film de Mark Salisbury, auteur de plusieurs livres sur Tim Burton. Éditions Ouïe/Dire & Les Requins marteaux 3, rue de Varsovie Périgueux 8 rue Corneille Bordeaux / 14 comprendre. Dans le regard éteint des fusillés de la Semaine sanglante, parmi les noms qui font listes, Marie Cosnay cherche une forme «à notre humanité» aux prises avec les massacres répétés de l Histoire. Elsa Gribinski Éditions Rafael de Surtis 7, Rue saint-michel Cordes-sur-Ciel Brigitte Giraud Seulement la vie tu sais Collection Pour un Ciel désert, 19x12 cm ; 55 p. ; 15 ; Isbn : ; janv Un train et un tram se croisent. L un emporte un homme, l autre une femme. Entre les deux, une corde invisible, sur laquelle sont suspendus leurs rêves, leurs peurs, leurs doutes et leur amour. Le train s essouffle, le tram se plaint. Le paysage urbain (bordelais) devient paysage humain. Le parcours est traversé de mouvements et d images indélébiles qui défilent à un train d enfer le long des voies ferrées. Les mots, hauts en couleur, se glissent sur fond de vie(s) en noir et blanc.patricia Boisvin ET AUSSI Éditions Capricci 149, rue du Faubourg St-Denis Paris Benoît Delépine & Gustave Kervern De Groland au Grand Soir, 224 p. ; 16 ; Isbn : Livre d entretien truffé d anecdotes avec Benoît Delépine et Gustave Kervern, où les deux hommes relatent leurs débuts, leurs rencontres, leurs dérives, leurs succès, leur vision du cinéma. > Capitale : Vientiane Un voyage photo/phono/graphique Kristof Guez : photographies Marc Pichelin : phonographies Troub s : dessins 19x14 cm ; 72 p. ; photographies et dessins ; CD audio ; 24 ; Isbn : ; 4 e trim Il y a les guides touristiques, les récits invitant aux voyages, les anthologies de photographes Et puis il y a ce livre. Capitale : Vientiane ne dit rien en prose. Il montre et fait entendre un monde, celui de la capitale du Laos dans laquelle Marc Pichelin est allé se perdre de nombreuses fois avec ses micros. En 2008, puis en 2009, le dessinateur Troub s et le photographe Kristof Guez le rejoignent. À eux trois, ils captent l ambiance de cette ville sous influence qui passe lentement mais sûrement à la modernité. Sébastien Gendron Futuropolis 132, rue du Faubourg-Saint-Denis Paris Emmanuel Moynot Pierre Goldman : la vie d un autre 28x20 cm ; 166 p. ; illust. N&B, 24 ; Isbn : ; août 2011 Il y aura bientôt trente-trois ans en septembre que Pierre Goldman, «juif polonais et révolutionnaire révolté», est tué sur un trottoir de Paris, assassinat revendiqué par un obscur groupuscule Honneur de la police. UN TRADUCTEUR AQUITAIN, UN LIVRE Éditions Métailié 5, rue de Savoie Paris Karla Suárez La Havane année zéro Traduit de l espagnol (Cuba) par François Gaudry 22x14 cm ; 249 p. ; 19,50 ; Isbn : ; avril 2012 Une ancienne résidente de la Prévôté, Karla Suarez, a publié son troisième roman : La Havane année zéro. Cet ouvrage, qui allie quotidien cubain et téléphone, deux univers qui quelquefois ont du mal à cohabiter, brosse le tableau d un polar tropical et scientifique dont l intrigue court après la vérité historique, celle de l identité de l inventeur Le Bord de l eau 18, rue Commandant Cousteau Lormont Tête-à-tête Pouvoir 122 p. ; 15 ; Isbn : Revue semestrielle d art et d esthétique, Tête à tête réunit exclusivement des entretiens de fond autour d un thème : Résister (n 1, printemps 2011), Témoigner (n 2, automne 2011), Pouvoir (n 3, printemps 2012). Sa ligne éditoriale a pour ambition de créer un lieu de libre pensée par la rencontre. Publiée par Le Bord de l eau, Tête-à-Tête est animée par une équipe d artistes, d auteurs, d universitaires, issus en partie de l association La Voix du regard. > UNE NOUVELLE REVUE EN AQUITAINE Cet homme, au parcours militant et sulfureux, à la personnalité atypique et fascinante, retrouve, à travers les aquarelles de noir et de blanc d Emmanuel Moynot, l image que les «intellectuels de gauche» des années 70 défendaient dans les colonnes de Libération, celle d un homme libre qui demeure encore aujourd hui une énigme : était-il victime ou coupable? Patrick Volpilhac Presses universitaires de Bordeaux/PUB Université Michel-de-Montaigne Bordeaux 3 Domaine universitaire Pessac Jean-Paul Gabilliet R. Crumb 17x11 cm ; 234 p. ; 15 ; Isbn : ; février 2012 Robert Crumb, le «pape» de la bande dessinée underground, a enfin sa biographie! Écrite par Jean-Paul Gabilliet, professeur d histoire et de civilisation américaines à l université Michel-de- Montaigne Bordeaux 3 et chargé de cours à l École du Louvre et à l École européenne supérieure de l image, elle retrace avec précision le parcours d un artiste atypique et autodidacte dont l œuvre subversive, anticonformiste et débridée a profondément marqué le petit monde de la bande dessinée depuis les années Un bel hommage à un dessinateur aussi culte que discret. A.C. du téléphone, pas celle du régime marxiste. La Havane année zéro est cette Havane de 1993 où il est dur de vivre, les subsides soviétiques ont été rapatriés et le marché noir est la nouvelle économie politique Patrick Volpilhac LABELS MUSICAUX Talitres 12, place de la Victoire Bordeaux Will Stratton Post-Empire Folk ; disponible sur 1d-Aquitaine.com, en CD, vinyle et digital Dans la lignée de ses précédents opus, Post- Empire, quatrième long format de Will Stratton enregistré sous les bons auspices de Nicolas Vernhes (Cat Power, Animal Collective, Dirty Projector ) délivre 10 titres à la grâce poétique enivrante, tableau sonore qu il appose tel un peintre impressionniste. Et cette pop sensible et ciselée, délicat travail d orfèvre, n est pas sans rappeler les compositions délicates de Nick Drake ou les furetages élégiaques de Jim O Rourke. À découvrir aussi : Compilation Feppia «Découvertes Printemps 2012» La Feppia et les labels indépendants d Aquitaine vous offrent une double compilation Découvertes Printemps Compil 1 : rock, pop, electro, hip-hop Compil 2: reggae, soul, classique, musique médiévale, musique du monde, document sonore, carte postale sonore > ACTUALITÉS DES TOURNAGES EN AQUITAINE Films accompagnés par Écla Aquitaine Tournages et les commissions départementales du film. Famille d accueil, ép Série TV de Stéphane Kaminka / Production : France 3 Aquitaine, GMT Production. Lieux et dates : CUB / juin-septembre Thème : Le couple Ferrière perpétue une tradition familiale, recueillir des enfants envoyés par l Aide sociale à l enfance (ASE). Pop redemption 1 er long-métrage (comédie) de Martin Le Gall (aide de la Région Aquitaine) Production : Avalon Films Lieux et dates : Lot-et-Garonne / juin-août Thème : Un groupe de black métal amateur, Les Dead MaKabés, rassemble quatre copains trentenaires unis par un même dégoût de la pop et un amour du rock satanique. La Belle Vie 1 er long-métrage (drame) de Jean Denizot (aide de la Région Aquitaine et Conseil général des Pyrénées-Atlantiques) Production : Mezzanine Films Lieux et dates : Pyrénées-Atlantiques (Lescun) / juin-août Thème : Sylvain et Pierre 16 et 18 ans vivent depuis onze ans reclus dans la montagne avec Yves, leur père en cavale. L Autre Vie de Richard Kemp 1 er long-métrage (thriller fantastique) de Germinal Alvarez (aide de la Région Aquitaine) Production : Haut et Court Lieux et dates : Bordeaux (Mériadeck) / juin-juillet Thème : L inspecteur Richard Kemp enquête sur un meurtre qui porte les traces d un tueur en série ayant marqué le début de sa carrière : le Perce-Oreille. SORTIES

15 Actualité LIVRE & CINÉMA Le Clan des Lanzac Série TV de Josée Dayan Production : Passion Films Lieux et dates : Gironde et/ou Landes (forêt des Landes) / juillet-août Thème : Dans le clan des Lanzac, Élisabeth (Jeanne Moreau) est à la tête d une scierie familiale, assistée de ses deux enfants, François et Nicolas. Les Conquérants 2 e long-métrage de Xabi Molia (aide de la Région Aquitaine et du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques) Production : Moteur s il-vous-plaît Lieux et dates : Pays Basque / août Thème : Deux demi-frères, Galaad, comédien de seconde zone, et Noé, entraîneur d un club de foot, collectionnent les échecs personnels. Eastern Boys 1 er long-métrage (comédie dramatique) de Robin Campillo (aide de la Région Aquitaine) Production : Les films de Pierre Lieux et dates : Pyrénées-Atlantiques / août Thème : Muller, homme discret, a repéré un des garçons venus de l Est, Marek. Un jour, il se lance et va lui parler. Océan Moyen-métrage (drame) d Emmanuel Laborie (aide la Région Aquitaine) Production : Takami Production Lieux et dates : Landes / août-septembre Thème : À travers le regard d un enfant, Jean, nous partageons le quotidien d une famille en vacances à l océan à la fin des années 70. Le Maillot de bain Court-métrage (fiction) de Mathilde Bayle Production : Les films du cygne Lieux et dates : Landes / fin août Thème : Dans un camping au bord de la mer, Rémi, 10 ans, est bouleversé par la vision de Stéphane, père d une camarade de jeu. Nos héros sont morts ce soir Long-métrage de David Perrault (aide de la Région Aquitaine) Production : Mille et une production Lieux et dates : Bordeaux (ou autre ville) / septembre Thème : L histoire, au début des 60, de deux catcheurs, Simon dit «Le Spectre» et Victor «L Équarrisseur de Belleville», qui décident d échanger leurs rôles. Ogres niais Court-métrage (comédie) de Bernard Blancan (aide de la Région Aquitaine) Production : TS Productions Lieux et dates : Pyrénées-Atlantiques (vallée d Aspe) / septembre Thème : Dans un drôle de village, il est question de pouvoirs magiques, d argent, de destruction, de négociations, de prison, de mort, de pouvoir tout court. AGENDA DU LIVRE ET DU CINÉMA 21 > 22 juillet 8 es Estivales de la BD, Montalivet (33) Sous la présidence Max Cabanes. > 1 er > 4 août Festival du conte, Capbreton (40) Thème : Gens d ailleurs? Une trentaine de spectacles et une douzaine d artistes de divers horizons : Japon, Québec, Belgique, France, Algérie, Vietnam Cette année le festival propose un stage pratique et ludique de trois jours de création autour de l oralité. > 18 août Les Allumés du verbe, Hostens (33) Thème : Les Hommes du Nord Au domaine départemental Gérard Lagors, balades à travers les contes et les légendes nordiques avec leurs reines rebelles, chefs celtes, archers gallois, Vikings, Trolls, Elfes avec les compagnies Les Kalamites, du Cercle, La Manufacture verbale et l artiste Patrick Ewen. > 14 & 15 septembre 14 es Vendanges de Malagar, Saint-Maixant (33) Thème : La Grâce. Cette année, les rencontres proposent aux jeunes chercheurs de l université de Bordeaux de plancher sur le thème des vendanges au regard de leur discipline. > 13 > 15 septembre Poésie dans les chais, Jurançon, Pau (64) > 24 > 30 septembre 21 e Festival de Biarritz-Amérique latine (64) Placée sous le signe de la culture maya, avec la venue de deux guides spirituels, Doña Fabianna et Don Pedro pour nous éclairer sur l après-2012,... la 21 e édition mettra aussi à l honneur le cinéma colombien en plein essor. Entre compétitions, hommages, rétrospectives thématiques, mise en avant de la culture latino-américaine à travers d autres expressions artistiques (littérature, photographie, musique, danse ) et sous divers angles (rencontres, conférences, concerts ), Biarritz vivra le temps du festival au rythme latino. > LES TOURNAGES EN AQUITAINE Nouveau! 28 > 30 septembre Polar en cabanes : Dans les pas de Chester Himes, Gujan-Mestras (33) 1 re édition dédiée à l écrivain noir américain Chester Himes, né en 1909 dans le Missouri. En 1953, cet auteur de romans policiers a résidé et écrit dans la villa Madiana de son ami et traducteur Yves Malartic, à Arcachon. L association Achaab (Amis de Chester Himes, d Aquitaine, d Arcachon et du Bassin), à l origine de Polar en cabanes, s est donné pour but de commémorer le séjour de l auteur sur le bassin d Arcachon, et de manière plus générale à faire (re)découvrir la littérature noire et policière sur le Bassin. Entre deux dégustations d huîtres, sur le port ostréicole de Gujan : des lectures, expositions, vidéos et films, animations contes et musique, tables rondes (dont «Chester Himes en France, un écrivain afro-américain en exil?» avec Claude Mesplède, Jake Lamar et Yves-Charles Grandjeat) et aussi une scène de crime avec le concours de la police judiciaire de Bordeaux! Des auteurs invités : Jean-Claude Bartoll, Stéphanie Benson, Max Cabanes, Ceppi, Pierre Cherrau, Dominique Dayau, Hervé Le Corre, Marin Ledun, Annelise Roux, Claude Mesplède et Louis Sanders. > 2 > 7 octobre Nouveau! 1 er Festival international du film indépendant, Bordeaux (33) Au programme de cette première édition parrainée par Olivier Assayas : 6 jours de projections, 8 films en compétition, des rendez-vous professionnels, un focus sur un cinéaste américain, des masterclass, la première édition des Rencontres internationales Kino, une Nuit du clip > 5 > 7 octobre Lire en poche, Gradignan (33) > 5 octobre 40 ans d art press, Bordeaux (33) À la Maison cantonale de Bordeaux-Bastide, Permanences de la littérature organise une journée exceptionnelle en présence des collaborateurs, anciens et nouveaux, dont Catherine Millet, fondatrice avec Daniel Templon, de la revue d art de référence. > 6 > 7 octobre Les Rencontres de Chaland, BD à Nérac (47) > À noter à l agenda 16 > 24 mars 2013 «Dis-moi dix mots» 2013 Renseignements & participation > EXPO Box Nine, structure créée par Christophe Dupuis, présente sa première exposition photographique consacrée à l écrivain Marcus Malte et à son roman Carnage, constellation (Gallimard) : des photographies de Gunther Vicente, d après la relecture de JUILLET > OCTOBRE 2012 Christophe Dupuis, font revivre les scènes marquantes du livre. Exposition à louer (peut être accompagnée d un café polar) et à découvrir sur BRÈVE Laurence Tarin quitte Médiaquitaine, le centre de formation des bibliothécaires d Aquitaine. À partir de septembre 2012, elle prend la direction de la bibliothèque de l École des mines à Paris. François Rosfelter, depuis sept ans à la direction de la médiathèque d Anglet, prend la tête du réseau de la lecture publique de la Communauté d agglomération de Quimper (Finistère). Il sera remplacé début septembre par Corinne Siffert venant de la bibliothèque des Mureaux (Yvelines). Cloé Lafeuille-Hiron, conservateur territorial des bibliothèques, a rejoint le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques au poste de chef de pôle livre et lecture. À ce titre, elle assure la direction de la BDP. Auparavant directrice de la BDP du Tarn-et-Garonne, Cloé Lafeuille-Hiron remplace Geneviève Gourmelon, désormais à l équipe de direction de la médiathèque communautaire André-Labarrère de Pau. LA VIE D ÉCLA Jusqu au 24 juillet Résidences de la Prévôté : Richard Lange, romancier et nouvelliste américain (Los Angeles). Né à Oakland (Californie) en 1961, Richard Lange a d abord écrit des nouvelles dans diverses revues ; son premier recueil Dead Boys a été édité aux USA par Little, Brown and Co. (2007) et en France aux éditions Albin Michel (2009). Son premier roman This Wicked World a été publié par la même maison d édition aux USA (2009) et en France (en 2011), sous le titre Ce monde cruel. La publication d un second roman est annoncée au printemps Septembre/octobre Michel Falardeau, auteur BD (Québec) Septembre/octobre Dans le cadre des échanges avec le Land de Hesse, Romuald Giulivo séjournera à Wiesbaden (Allemagne). 5, 6 & 7 septembre Formation en édition Coédition et partenariats : approche juridique et économique > 14 & 15 septembre Deux réunions de travail dans le cadre du Festival de la fiction télé de La Rochelle Le 14 : rencontre organisée par Écla avec les commissions du film en Aquitaine, l association TAF et les auteurs (réalisateurs & scénaristes) de TV présents au festival ; suivie d un cocktail aquitain. Le 15 : brunch organisé par FilmsFrance entre les responsables de fonds de soutien, les commissions du film et les producteurs TV. > 27 & 28 septembre Les nouveaux médias : concevoir et réaliser des ateliers et des contenus Formation «Éducation à l image hors temps scolaire» Lieu : Écla Aquitaine > 4 octobre Journée professionnelle : consacrée aux prestataires, techniciens, chefs de poste et producteurs dans le cadre du 1 er Festival international du film indépendant de Bordeaux. Lieu : site des Terres-Neuves, Bègles. > > 15 ACTUALITÉ Beth Coller Droits promo et presse pour l ouvrage «dead boys»

16 Entretien... Par Véronique Tramut Photos : Élisabeth Roger LETTRES & IMAGES D AQUITAINE N 96 Un voyage introspectif Rencontre avec Francesca Popolizio La Francesca qui boit son dernier café sur le sol français avant de prendre la direction de l aéroport est dans bien d autres dispositions que celle qu il me fut donné de rencontrer un mois auparavant. Certes, les 40 centimètres de neige qui l attendent à Bologne confèrent à ce retour au pays un indéniable caractère d incertitude. Mais elle quitte surtout un endroit qui lui est devenu cher. Son séjour de quatre semaines à la résidence de la Prévôté, résidence d écriture d Écla Aquitaine, aura définitivement influencé sa vision du métier d auteur-illustratrice. Le 4 janvier 2012, lorsqu elle arrive finalement rue de la Prévôté, dans cette belle et grande maison blanche, elle est un peu impressionnée. C est vrai qu elle ne sait pas trop à quoi s attendre après quelques tergiversations administrativo-italiennes réglant les détails de sa participation à la résidence 1. Et puis surtout, c est la première fois qu elle vient en France! Ce fut donc pour elle un vrai départ vers l inconnu. Elle ne parle pas français, un peu anglais, et la perspective de ne pas parler italien pendant un mois la préoccupe. Pour autant, il ne faut pas en conclure que Francesca n a d yeux que pour ce qui se passe en Italie. Après y avoir suivi une double formation supérieure en illustration 2, elle sait que les perspectives sont plus minces là que dans d autres pays européens. De nombreux dessinateurs et illustrateurs italiens ont déjà émigré. Son alter ego Darkam, avec qui elle mène un blog à quatre mains, est partie à Berlin augmenter ses chances de vivre du dessin 3. Francesca n envisage pas un départ définitif. Elle franchit les frontières à sa manière. Tout d abord en suivant de près l actualité éditoriale en bande dessinée française 4, puis en éditant le magazine d.i.y. comic book avec divers collaborateurs européens. «C est pourquoi j ai accepté tout de suite cette proposition de résidence à Bordeaux de la part des organisateurs du festival de bande dessinée Bilbolbul 5. C était une opportunité à ne pas laisser passer!» Son ermitage bordelais peut alors commencer. Notre première rencontre a lieu près du CAPC, afin de préparer l intervention qu elle fera devant des étudiants de la section bande dessinée de l École supérieure des métiers de l image. Ce matin-là, les trente paires d yeux qui découvrent son travail sur l écran de la classe sont extrêmement attentives. Francesca a un style très expressif et maîtrise différentes techniques qu elle choisit en fonction du récit à mettre en image. Elle est un peu timide, remercie beaucoup. Elle n a pas l habitude d être le centre d attention et ne s attend pas à ce que son travail suscite autant l intérêt. Enhardie par les remarques, elle parle de plus en plus et raconte ses expériences. Son italien généreux captive trente paires d oreilles qui ne regretteront pas d être venues. Francesca remarque très vite que la conception de son métier est différente en France. Biographie Francesca Popolizio est née à Rimini en Elle obtient le diplôme de l Académie des beauxarts de Bologne, où elle a suivi des cours d illustration, de bande dessinée et d animation, avec un travail sur l archétype du héros dans l imaginaire contemporain et un album inspiré du conte La Jeune Fille sans mains des frères Grimm. Avec Eugenia Monti (alias Darkam) elle réalise, sous le pseudonyme Missendo, un projet à quatre mains que l on peut suivre sur Lors de sa résidence en janvier à Bordeaux, elle a travaillé son projet de BD : Clematis et l illustration du conte d H.C. Andersen : Les Souliers rouges. Que ce soit dans l accueil que lui a réservé Écla ou certains dessinateurs bordelais, elle réalise que cette profession n est pas marginalisée et qu il existe d autres manières de la pratiquer dont elle pourra s inspirer, s imprégner. «Vivre de ce métier en faisant ce que l on aime n est pas une réalité pour les jeunes dessinateurs italiens, qui trop souvent doivent avoir un travail plus rémunérateur en complément.» La situation éditoriale française, beaucoup plus dynamique 6, permet de vivre de son dessin, donne plus de chances de parvenir au précieux équilibre entre passion et travail. Un élément très important pour Francesca, qui dessine avant tout avec ses tripes. «Quand je dessine, je déconnecte mon cerveau. C est ma main qui doit aller de l avant. Parfois, quand je regarde mon travail au bout d un certain temps, il prend un autre sens que celui attendu. Je m aperçois que l image que je viens de faire conviendrait mieux pour une autre séquence. Je n ai pas de scénario extrêmement précis car je me réserve des surprises.» Plusieurs auteurs vont croiser son chemin à Bordeaux. Ces rencontres lui redonnent confiance dans sa capacité de travail. Le regard que ses pairs portent ici sur ses projets, son style et sa technique, la stimule grandement. Elle envisage d autres perspectives pour certains de ses travaux qu elle pourrait essayer de faire publier directement en France. À Bordeaux, elle fréquentera deux ateliers d auteurs de bande dessinée où l évidente richesse d un quotidien de travail partagé lui sautera aux yeux. Une pratique bien différente du chacun chez soi qu elle connaît à Bologne. Une expérience moins solitaire, qui lui semble apporter plus de consistance, d attention et de professionnalisme au travail de chacun. À la fin du mois de janvier, sa visite au Festival international de la bande dessinée d Angoulême constituera le point d orgue de cette confrontation à la réalité française. Pour l occasion, sa complice italienne Darkam aura fait le voyage depuis Berlin. Toutes deux impressionnées par la quantité et la qualité des productions, elles mesurent le décalage qui existe entre la France et l Italie. Loin de les décourager, ce constat les galvanise. Elles entrevoient des possibles pour le neuvième art italien qui peine à trouver sa place. À peine rentrée à Bordeaux, Francesca consacrera 24 heures consécutives à boucler un projet d adaptation du conte de Hans Christian Andersen, Les Souliers rouges. Vivre de ce métier en faisant ce que l on aime n est pas une réalité pour les jeunes dessinateurs italiens, qui trop souvent doivent avoir un travail plus rémunérateur en complément. «Je m en veux d avoir raté les délais pour m inscrire aux 24 heures de la bande dessinée. Une fois rentrée chez moi à Bologne, je n aurai pas le courage de m y mettre. Là, je vais tenter ce marathon, même si l ambiance sera différente de celle que vivent ensemble tous les auteurs qui y participent à Angoulême. Je veux expérimenter cette contrainte.» Écla / Élisabeth Roger Première fois en France pour Francesca, mais aussi première tranche de vie seule. En famille ou dans sa vie d adulte, elle a toujours eu à ses côtés plusieurs personnes qui partagent et verbalisent son quotidien. Rue de la Prévôté, l espace et le vide l entourent. Elle est plutôt heureuse d expérimenter cela. De se retrouver face à ses planches qui finissent elles aussi par s imprégner de tous ces chamboulements. Dans son livre Clematis par exemple, les scènes qui se déroulent en intérieur ressembleront fortement à la maison que Francesca habite durant ces quatre semaines. Elle cite à ce propos Stefano Ricci, l un des auteurs qui l inspire le plus : «Le dessin est en lien avec la manière dont ton corps occupe l espace autour de lui.» Dans cette grande maison, Francesca ressent ce rapport qui la poussera à se recentrer sur elle-même, sur son travail, sur ses pratiques. Ne pas parler français s avérera finalement l un des éléments charnière de ce voyage introspectif. Souvent, elle a dû faire appel à l anglais pour s exprimer. Connaissant peu cette langue, il lui a fallu être succincte dans ses paroles, dans sa manière de donner son point de vue. «Pour moi, une Italienne qui aime tant parler et faire des jeux de mots!» Au-delà de la contrainte que lui imposait ce manque de vocabulaire, elle a su tirer partie de cette obligation de simplifier, d aller au cœur des choses. Au fil des jours et des échanges, sa manière de formuler sa pensée lui semblait devenir plus directe et plus claire. Elle a découvert que son processus de création lui-même était affecté par cette économie. Elle y a puisé une énergie nouvelle. Un mois plus tard, c est donc une Francesca déterminée qui retourne à Bologne. Son voyage introspectif bordelais s achève. Il aura été moins solitaire qu elle ne le pensait. Riche de rencontres et d échanges dont elle mesure déjà l influence sur son travail. «Je m y suis vraiment impliquée à fond et je veux ramener tout cela en Italie, cette façon de faire et de vivre ma profession. J ai envie de faire partager les fruits de mon expérience française aux auteurs que je côtoie. D être plus exigeante et d essayer de me positionner plus fermement face au monde de l édition.» Pour Francesca, une chose est sûre, c est qu un pont vient de voir le jour. Il relie Bordeaux à Bologne, la France à l Italie. La fin de sa résidence n est que le début d une approche renouvelée de son métier. Elle va s attacher à le faire évoluer. 1. Elle est la première auteur italienne à bénéficier de la résidence croisée Aquitaine/Bologne Emilie-Romagne. 2. Isa Urbino, Scuola del Libro, section dessin animé/illustration. Bologna, Accademia delle Belle Arti, section bande dessinée/illustration Ludovic Debeurme et David B. sont parmi ses auteurs phares Pour ces deux pays à population presque équivalente, le tirage moyen d un livre en France est de exemplaires, contre en Italie. 16 RÉSIDENCES 96

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