Projet d'aménagement de l'espace Mazagran Atelier du mercredi 20 mars h 30 21H00 - collège Clemenceau. Compte-rendu

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1 Projet d'aménagement de l'espace Mazagran Atelier du mercredi 20 mars h 30 21H00 - collège Clemenceau Compte-rendu Jean-Marc Ducard, Adjoint au maire du 7ème arrondissement en charge de l aménagement de l urbanisme et du patrimoine, ouvre la séance en rappelant les étapes précédentes de la concertation et en particulier les rencontres sur l avant projet du 19 septembre et 4 octobre derniers sur l espace Mazagran, ainsi que les présentations au Comité de Suivi Participatif lors de deux réunions, la dernière ayant eu lieu juste avant ce nouvel atelier pour présentation de l avant-projet définitif par la maîtrise d œuvre. Jean Marc Ducard apporte ensuite des précisions concernant les démolitions et notamment le tènement sis 52 rue Montesquieu. Il informe les participants que, suite à la demande faite par un certain nombre d habitants lors de l atelier du 4 octobre, un diagnostic a été demandé par le Grand Lyon sur les possibilités de réhabiliter les bâtiments situés 52 rue Montesquieu, un des immeubles concerné par les démolitions. Le promoteur social Batigère a effectué cette étude de viabilité. Il en ressort que 9 logements - de petite taille - pourraient être créés pour un coût moyen de HT /m² (sans possibilité d installer d ascenseur en raison de la configuration du bâtiment). A ce coût de réaménagement, il convient de rajouter le prix de vente de l immeuble. En effet, le Grand Lyon - qui a procédé à l acquisition des différents logements depuis plusieurs années, en vue de créer un espace public, ne peut légalement le céder à un prix inférieur au prix d achat, Ceci rapporterait le coût de revient à 3500 HT/m², sans compter le coût du désamiantage, non chiffré pour l instant. De ce fait, Batigère ne considère pas qu un projet de réhabilitation pour du logement social soit viable. Gérard Claisse, Vice Président du Grand-Lyon en charge de la participation citoyenne, prend ensuite la parole pour faire part des interrogations posées lors du dernier CSP autour du déplacement de la fonction jardin par rapport à sa localisation initiale en indiquant qu il s agit d un sujet en tension. Il rappelle que lorsque les concepteurs ont présenté cette hypothèse lors de la rencontre du 4 octobre sur l espace Mazagran, il avait eu le sentiment, partagé par d autres, que «bouger le jardin n était plus un sujet tabou». Les élus ont ainsi laissé travailler les paysagistes sur cette hypothèse tout en leur demandant de renforcer l esprit «Ilôt d Amaranthes». La présidente de l Association Brin de Guill interpelle Gérard Claisse en demandant si les associations auraient du être plus virulentes et moins polies pour faire valoir leur point de vue concernant le non-déplacement du jardin. Gérard Claisse confirme que l on aurait pu entendre ce rejet de façon plus claire dans les discussions et que si certains ont dit effectivement qu il ne fallait pas le déplacer, il n y avait pas, à priori, unanimité de blocage sur le sujet. 1

2 Sylvain Abrial,Kaleido Scop présente les objectifs des deux ateliers prévus autour de la présentation de l avant projet définitif : - Le premier devrait permettre aux concepteurs de présenter les grandes lignes de l avant projet et différents scénarios. Il s agira pour les participants de se positionner par rapport à ces scénarios en faisant ressortir les avantages ou les inconvénieusn. - Le deuxième (prévu le 10 avril) devrait permettre d entrer dans le détail des aménagements et des propositions des concepteurs, suite aux apports du 1 er atelier, Après quelques rappels par le Grand Lyon et une présentation par l équipe de maîtrise d œuvre, un travail en atelier est prévu pour travailler en 3 tables sur les trois sousespaces du futur espace Mazagran et pour ouvrir la discussion sur les scénarii possibles : 1/ l espace ludique (autour des jeux d enfants) 2/ l espace des jardins thématiques (jardins partagés) 3/ l espace dit «Place du village» (espace de rencontre et d animations) Julien Lahaie, chef de projet Mazagran à la Direction de l aménagement du Grand Lyon prend la suite pour donner des éléments de calendrier en indiquant que nous en sommes à la phase «projet», où l on fige les emplacements de chaque usage, les contenus de l ensemble de l espace. Les participants à l atelier sont invités à alimenter cette phase «projet», qui doit se terminer au milieu du printemps. Cette étape permet également de chiffrer précisément les différents tavaux à réaliser, afin de lancer la phase administrative de consultation des entreprises. Il y aura ensuite la phase de réalisation des travaux (à partir de l automne 2013) pour une livraison d une partie mi 2014 et une fin des travaux en Illustrations pp 3, 12, 14 Christophe Boyadjian, Architecte urbaniste, Atelier de Ville en Ville, prend la parole pour présenter l avant projet définitif. Il précise que celui-ci a déjà été présenté aux élus et aux techniciens et qu il a été construit à partir des éléments recueillis en ateliers. Il insiste sur ce qui a été précisément retenu avec en particulier la nécessité de conforter les caractères en place : pieds des pignons, mise en lumière, circulations et principaux flux, éléments de traces, murs conservés et arasés et bien sûr l Ilot d Amaranthes, pour lequel une analyse précise de son évolution dans le temps a été faite. En termes de répartition des usages sur le site, il rappelle que l on a beaucoup parlé à la fois de place et de jardin, sur les bases d un programme lié initialement à une fondation collective avec des caractères forts. Le résultat, c est l idée de mêler des espaces collectifs du type jardin en ville -essentiel sur ce lieu- à d autres usages comme un grand espace généreux qui pourra servir pour les fêtes de quartier par exemple. Une participante pose une question concernant les flux identifiés sur le schéma par des flèches, et un axe qui n apparaît pas : celui qui passe par l ancien terrain de football et qui lui apparaît très important pour les usagers du quartier. Christophe Boyadjian, précise que le maillage du quartier n est pas modifié et indique qu ils ont voulu montrer que le jardin est traversable, qu il s inscrit dans le maillage (Rue Cluzan vers Saxe Gambetta). Plusieurs types de circulation sont proposés avec des 2

3 espaces circulables différenciés. L espace de l ex-rue Mazagran est ainsi occupé par des parcelles de jardins, de 100 à 200 m² traversables ou contournables. Sylvain Abrial précise que ces questions de cheminements, de traversées, d usages sont les questions que l on va travailler dans chaque groupe, juste après la présentation de l équipe de maîtrise d œuvre. Un participant interpelle la maîtrise d œuvre en indiquant que l on comprend surtout que le projet s appuie sur «des ruines» mais qu ainsi on a plus l impression d un projet qui se construit sur un patrimoine plutôt que sur des usages et des flux actuels. Christophe Boyadjian, répond que c est une des problématiques de la place publique, des places historiques qui sont traversables (par exemple la Place Bellecour) et qui sont associées à des temps de manifestations. Sur l espace Mazagran la difficulté est d imaginer des parcelles traversables et des parcelles jardinées. Le positionnement des nouvelles parcelles jardinées s est fait à partir de l analyse du site. L idée est de venir «coloniser» les nouveaux espaces par des espaces plus végétalisés : la rue Cluzan devient une rue spécifique avec un traitement particulier et un alignement d arbres tous les 7 m, une sorte de rue interne pour lier plusieurs lieux dans le quartier, une rue domestique apaisée et plantée. Les traces des murs apparaissent très peu, on remplace plutôt le bâti par les parcelles de jardin. Concernant l Ilot d Amaranthes, la question qui se pose c est comment le transformer tout en le conservant? La structure demande à être restaurée mais en conservant les traces et le caractère végétal. Un espace de terrasse est positionné au sud et en ce qui concerne la trame des arbres existants, on prévoit une éclaircie de manière à ce que chaque arbre puisse se développer, en laissant par ailleurs plus de soleil sur la terrasse. Illustration p 17 Ce processus d adaptation se retrouvera dans la réalisation du chantier, en plusieurs phases. On commencera par la réalisation des parcelles jardinées, avec les transplantations souhaitées de végétaux de l ilôt Amaranthes pour réorganiser les espaces en 6 mois. Puis sera effectué le travail sur la zone centrale autour du bar-restaurant «le Courtcircuit» et pour terminer sera engagée la transformation de l espace «Ilot d Amaranthes». En ce qui concerne le sol, l enjeu est d avoir un maximum de perméabilité : les sols de la partie «place» seront perméables. Les pavés seront agencés différemment selon les usages, les lieux : plus resserrés sur les cheminements et vers la terrasse du Cour Circuit, et s écartant vers les espaces plus végétalisés, entre les jardins pour maintenir cet aspect jardiné. Ces revêtements seront, adaptés pour les personnes à mobilité réduite, mais contribueront à la spécificité des lieux. A propos de l habillage des murs pignons, pour ceux qui existent déjà, le projet va permettre de les isoler et l équipe de maîtrise d œuvre propose de les habiller avec des grilles métalliques qui pourront permettre d accrocher des toiles pour projection ou des œuvres d art, ou autre usage à imaginer. 3

4 En termes d éclairages, les discussions sont en cours avec la Ville de Lyon pour un éclairage différencié : un éclairage marquant la continuité pour les façades, et un éclairage relativement bas (4m de haut maximum) pour la partie jardin, assez discret avec une lumière très douce au sol. Dans l assistance une personne pose la question de l installation de toilettes. Christophe Boyadjian, confirme qu il y en aura sur le site et qu elles seront gérées par les services de la Ville. Elles ne sont pas encore situées sur les plans car leur localisation n est pas définitive, dans l attente du retour des services gestionnaires. 2 scenarios sont à l étude : - des toilettes accolées à un local de stockage vers la rue Jangot - à proximité du pignon nord Illustration p 24 Laurent Graber, Architecte urbaniste, Looking for Architecture, prend la suite pour donner des explications sur le travail en cours autour de l Ilot d Amaranthes. Les questions qui se posent : - La remise en état des éléments pré-existants et en particulier la serre orange, pour laquelle la mémoire collective est très prégnante. - Des interrogations sur les différentes fonctions qui ont forgé son histoire depuis sa création en 2003 (sous forme d installation artistique avec la serre) en tenant compte du fait que l Ilot a vécu plusieurs agrandissements et transformations : une première extension avec les parcelles en 2004, suite à la démolition d un bâtiment, puis une nouvelle extension avec la zone de prairie et les grands lettrages en Son intégration au cœur du nouveau projet Après analyses approfondies, une restauration en profondeur des éléments identitaires semble indispensable : état des peintures, corrosion sur embase métallique, base en bois qui montre des signes de grande fragilité et ne retient plus bien la terre Deux options sont envisagées : - Une réfection lourde avec démontage pièce par pièce de la serrurerie - Une réfection plus légère avec réfection des peintures sur place. Cette option sera moins impactante sur l emprise de l ilôt. (hypothèse privilégiée) Quelles ques soient les interventions à prévoir, elles tiendront compte de façon très importante de l histoire du jardin, de son histoire humaine (avec le pilotage par l association Brin d Guill ) et du fort symbole représenté par «la cage orange». Laurent Graber, insiste sur le fait qu eux-mêmes, architectes paysagistes, sont très attachés à l idée de garder l état d esprit d Amaranthes. Une fois les usages du jardin exportés à 20, 40 ou 50 m, la maîtrise d œuvre a imaginé que cet espace pouvait recevoir, comme un juste retour des choses, des jeux d enfants, des jeux loin des standards habituels et qui préservent l esprit de Mazagran. Illustrations pp 36, 38, 40 4

5 Laurent Graber, présente ensuite les trois scénarios, volontairement contrastés, proposés au débat de l atelier de ce soir : - Scenario 1 : La serre garde son caractère végétal et une rampe d accès y est aménagée pour permettre de traverser l ilôt. Le sol reste au même niveau qu aujourd hui. L espace de jeu est concentré au centre, et les pourtours sont végétalisés. - Scenario 2 : La serre est également aménagée en rampe d accès et le sol au même niveau qu aujourd hui. Les espaces de jeux sont plus disséminés dans l espace - qui est plus maillé - car on conserve l emprise des parcelles et on alterne une séquence de jeu et une séquence végétale - Scenario 3 : Le sol est ramené au niveau de la rue, et la serre est utilisée comme support de jeu pour les enfants. L ensemble de l ilôt d Amaranthes devient un vaste espace de jeu, plus artificiel, où chaque parcelle peut accueillir un style de jeu différent. L ensemble est agrémenté de végétaux : arbres, plantes grimpantes Les propositions sont volontairement très contrastées afin de pouvoir discuter des avantages et inconvénients et permettre de faire émerger des grandes tendances. Une question est posée dans la salle à propos de la nature des jeux et des matériaux utilisés car les images montrent des jeux métalliques ou en plastique. Laurent Graber, explique qu il s agit d un des points à débattre en atelier car il ne s agit que d images pour lancer la discussion ; des jeux plus naturels, des sols différents, y compris avec du relief sont bien entendu possibles et les discussions à venir vont permettre. de revenir au prochain atelier avec des propositions. D autres questions sont posées dans la salle au sujet du déplacement du jardin et à propos du fait que, dans tous les scénarii proposés, les espaces de jardins partagés sont déplacés et l emplacement des jeux d enfants figé dans l Ilot d Amaranthes. Laurent Graber, précise que dans son histoire le jardin a déjà été déplacé, avec des temps de pause, y compris des moments «tabula rasa», pour permettre de tout remettre en état. Ce qui est proposé dans cette nouvelle phase, c est de transplanter avec l association Brin d Guill tous les éléments de nature qui sont essentiels. Christophe Boyadjian, complète en indiquant qu il y aussi une question de surface qui entre en jeu, avec la possibilité pour le nouveau jardin d être installé sur une surface de 600 m² plutôt que 500. Et il souligne le fait qu il s agit ici de proposer un nouveau projet, un nouveau territoire à planter et partager pour les 10 ans à venir. Dans la salle, des voix s élèvent pour insister sur le fait que l on aurait pu laisser les jardins partagés à leur place, pour des raisons «historiques» mais aussi pour des raisons économiques. Emmanuel Louisgrand, concepteur de l œuvre artistique «Ilot d Amaranthes» et présent dans la salle, explique qu historiquement, il n y a pas eu à proprement parler de «tabula rasa» y compris au moment des démolitions, qu à chaque fois un travail spécifique a été fait sur la transition. Il complète en insistant sur le fait qu il s agit d un 5

6 espace de création, de recherche, de liberté et qu il ne faudrait pas le dissocier de son origine. Il indique également qu il trouve plutôt intéressantes les déclinaisons proposées mais pense qu en transformant le jardin, on perd son image et son identité historique. D autres personnes dans la salle font part de leur questionnement sur le fait de mettre des jeux d enfants à la place des jardins partagés et de déplacer ces derniers plus à l Ouest, coté rue Cluzan. Certains insistent sur le fait de proposer un scénario, une option, où les jardins partagés ne sont pas déplacés. D autres indiquent que dans les ateliers précédents, jusqu à octobre dernier, il semblait clair qu une grande partie des participants à la concertation avait montré son opposition au déplacement des jardins pa. Laurent Graber, insiste sur le fait que l espace dont on parle a besoin dans tous les cas de rénovation et que dans leur idée de concepteurs, il était intéressant d utiliser «l enclos» et les barrières existants pour un espace plus ouvert, consacré aux jeux d enfants, sans être pour autant dans une logique de square classique. Il insiste sur le fait que la transition ne peut se faire qu avec les habitants du quartier, avec la volonté forte d assurer la continuité dans les usages. Un participant interroge les élus sur le processus et la démarche de concertation. Dans les documents de restitution de différents ateliers de concertation, il noté qu il est majoritairement souhaité que les espaces de jardins partagés soient maintenus en place. A partir d octobre 2012, il y a un tournant. En tant que membre du comité de suivi participatif, lors de la réunion de décembre dernier, il a souligné sur cela posait problème de ne pas étudier cette option du maintien en place. Cela été redit lors du CSP de la semaine dernière. A quoi cela sert-il d organiser une concertation, ou alors il y a des gens qui ne sont pas dans la démarche et qui ont plus de poids. Si l option politique est de faire sans la concertation, il faut l expliquer. Gérard Claisse prend la parole pour préciser qu il lui avait semblé lors des dernières réunions que «le déplacement des jardins partagés n étaient pas un sujet tabou». Mais devant les réactions vives de la salle il propose que l on ré-ouvre le débat dans la mesure où il y a visiblement encore des points de clivage et de blocage. Il rappelle que le débat est largement ouvert à tous les habitants et ce depuis le tout début du projet. Il y a eu de nombreuses réunions, rencontres. Il confirme, qu avant octobre dernier, une grande partie des participants à la concertation s est exprimée dans les ateliers pour le maintien du jardin à son emplacement initial. Il complète son propos en indiquant qu il y a aussi eu des débats et controverses entre élus et que le politique n a pas stipulé comme un invariant dans le cahier des charges de maintenir le jardin d Amaranthes. Entre élus il est apparu que l essentiel était de préserver l esprit des lieux. Gérard Claisse souligne aussi qu il y a eu débat politique sur le maintien du jardin. Une manière de le préserver a été de rédiger le cahier des charges de façon plus ouverte avec des élus pas tous dans le «même wagon». Il n y a pas eu pour autant «consignes» de déplacer le jardin. La maîtrise d œuvre a été libre de proposer ses choix. 6

7 Il rappelle par ailleurs que lors de l atelier de concertation du 4 octobre dernier, l option de déplacer le jardin avait été présentée et que certains des participants s étaient positionnés pour ce déplacement au fil des tables installées dehors. Les réactions dans la salle sont nombreuses et confirment l opposition majoritaire des personnes présentes au déplacement du jardin. Une personne indique que ce qui la choque dans la transplantation du jardin c est de ne pas tenir compte des pratiques militantes et engagées des associations. Une autre insiste sur le fait de ne pas patrimonialiser le site en précisant qu il est bien vivant et qu il n y a pas d intérêt à faire «tabula rasa». Tandis que certains précisent qu il ne s agit pas d un problème de contenant mais d un problème de détournement de l usage. Antoine Trollat, Architecte urbaniste, Looking for Architecture, prend la parole à son tour pour essayer d expliquer le projet selon son point de vue de concepteur, en précisant qu ils sont eux aussi usagers du quartier et que le débat est bien ouvert. Il explique les différentes étapes de la démarche entreprise par les architectes paysagistes qui avaient la volonté de proposer d abord un jardin, le plus étendu possible et ouvert à tous. L idée a donc été de parsemer l ensemble de la zone à traiter d espaces végétalisés et de délimiter les rues avec des objets utilisés par les habitants. Ensuite il a fallu bien sûr prévoir les circulations et adapter les sols. Il a également été demandé dans la concertation des espaces consacrés à d autres activités que le jardinage et il s est agi de les imaginer. Le cœur du projet, c est l Îlot d Amaranthes et c est le dernier espace qui sera aménagé. Reste la question des jeux d enfants : l idée était de faire un passage de relais entre l œuvre d art, le jardin et les jeux, cela paraissait symboliquement intéressant. Il s agissait de réadapter la structure de l Îlot, en proposant aux élus de jouer la carte du ré-amenagement de ce lieu, et en en faisant un seul et grand jardin. Emmanuel Louisgrand apporte son éclairage en précisant qu il y a toujours eu un fonctionnement sous forme d extensions successives et qu il lui semble qu il y a ici un hiatus dans le principe des jeux à l intérieur du jardin. On perd une partie de l esprit du jardin. Il précise qu il continue à intervenir dans un certain nombre de villes avec des ateliers à ciel ouvert : quelquefois c est brouillon, en désordre, et quelquefois c est très beau. Il considère que dans la proposition faite «on perd quelque chose». Un représentant du conseil de quartier prend la parole en précisant que le travail sur ce projet dure depuis 7 ans et que la représentation dans la salle n est pas à l image du quartier. Ce qui est souhaité c est d avoir un espace où tout le monde puisse vivre. Il déplore que «l on s accroche au jardin» tout en reconnaissant que Brin d Guill a fait un travail formidable mais qui reste limité. Il indique que lorsqu on pose la question aux gens du quartier, l Îlot est considéré comme un lieu privé. Il insiste en disant que le jardin n est pas le centre du monde. Le conseil de quartier considère que le projet tel qu il a été présenté semble bien équilibré et qu il va satisfaire bon nombre des habitants. Une participante prend à son tour la parole pour dire que l Ilot est un endroit extrêmement important, qu il fait partie du patrimoine culturel contemporain, qu il faut garder sa spécificité et que l on vient de loin pour le voir. 7

8 Une autre participante demande des précisions sur les raisons pour lesquelles il y a eu opposition sur l emplacement du jardin de la part de certains élus. Gérard Claisse lui répond en indiquant qu il ne va pas être langue de bois : il y a un certain nombre d élus qui considèrent qu il s est construit autour de cet espace une «République de Mazagran». Il faut reconnaître que la puissance publique reprend pied dans un espace qui avait été délaissé. Chacun reconnaît aussi que ce quartier est traversé par une vie sociale intense. C est différent d autres endroits comme la Place des Tapis à la Croix Rousse. Dans tous les cas, il rappelle qu il n y pas eu de consignes données à la maîtrise d œuvre. Il interpelle par ailleurs Emmanuel Louisgrand sur ses propos concernant l aspect éphémère de l œuvre qu il a conçue. Ce dernier confirme qu il a toujours dit que son œuvre était éphémère. Mais il précise également qu en participant, en octobre au dernier atelier, il avait observé les choses et avait été très partagé : dans le projet présenté on perd le caractère éphémère et c est positif. L équipe a réfléchi sur cette extension en essayant de garder une filiation, une forme d archéologie contemporaine et c est bien. Il reconnaît aussi la nécessité de l entretien. Mais en transformant ce qui se passe à l intérieur, en lui trouvant une autre fonction, il considère que cela coupe un lien, qu il ya quelque chose qui disparaît et qui ne correspond pas à l esprit du lieu. L animateur du Centre de loisirs de l Arche de Noe prend ensuite la parole pour faire part de son expérience : tous les mercredis, la question qui se pose est celle de savoir où aller jouer avec les enfants. Il insiste sur le fait que c est une vraie question sur le quartier. Une participante intervient à nouveau sur la problématique du jardin en spécifiant que l on évacue la dimension d usages et de pratiques du jardin, ses aspects de sociabilisation. L idée d ouvrir le jardin lui semble pertinente, moins celle de le séparer des autres espaces et de le déplacer. Les architectes reprennent la parole pour rappeler qu ils travaillent depuis plus d un an sur le projet en ayant de nombreux contacts avec les habitants. Jean MarcDucard intervient à son tour pour donner quelques éléments de rappel sur l histoire du projet : l étape de création par Emmanuel Louisgrand, le projet des jardins nomades, et petit à petit la collaboration qui s est mise en place et a permis d entretenir l ensemble et de se rapprocher. C est un projet éphémère qui évolue. Avec un investissement de plus de 5 millions d euros il faut se projeter dans l avenir et d une certaine manière rester humble sur le projet a-t-il précisé. Christophe Boyadjian, insiste sur le fait que positionner le jardin est stratégique et rappelle les principaux enjeux du projet : au départ des parkings et un espace de 500 m² qui fonctionne de manière collective et privée. Désormais on pourrait bénéficier de m² d espace public. Autre enjeu prioritaire : comment garder les caractères spécifiques du lieu, ce qui n est pas facile en ville? Dans le projet tel qu il est proposé, les parkings son transformés en grand Ilot d Amaranthes, espace public et espace collectif sont ainsi entremêlés en utilisant la transition du jardin. 8

9 Il semblait intéressant aussi en termes de symbole que les enfants prennent place dans le lieu, sans vouloir tomber dans la solution de facilité -scénario 3- qui serait la plus facile à appliquer. Sur la rénovation de la serrurerie : ce serait moins cher de tout démonter et refaire, c est pourtant la solution qui privilégie de tout reprendre sur place qui est proposée, même si elle implique une intervention des gestionnaires plus fréquente dans le futur. Concernant l îlot, il complète en indiquant que l on peut se poser la question de savoir s il n y pas un enjeu à le rendre public, accessible à tous? Les difficultés rencontrées par Brin d Guill en le laissant ouvert ont aussi été prises en compte. Si l on parle de square, on est obligatoirement sur un espace fermé. C est le règlement des squares de la ville de Lyon. Cette responsabilité de l ouverture/fermeture incombe du coup à la charge de la collectivité. Parmi les autres objectifs prioritaires : celui de vouloir rester très proche de l esprit. Il était plus simple de se contenter d aire de jeux classique, sur catalogues, ; pour les services gestionnaires de la Ville c est le plus facile. 10 m² d herbe : c est tout de suite plus compliqué à entretenir. En rendant public ce périmètre, l enjeu est d arriver à trouver un compromis, un mélange ambitieux entre les cabanes en bois et la gestion publique des jeux d enfants. Il conclut en disant que c est se «tirer une balle dans le pied» que de ne pas prendre en considération l ensemble des paramètres. La représentante de l association Brin d Guill prend la parole pour rappeler que l association, fin 2012, comptait 80 adhérents et qu elle était ouverte à tout public et ce 7 jours sur 7. Elle se dit inquiète quant à la perte possible de la fonction de lien social du jardin et s insurge concernant les reproches faits (notion de «cage à bobos ). Elle explique que le jardin est maintenant très approprié, presque trop, par des personnes en grande précarité dont l association s occupe au quotidien. L association fait la vie du quartier. Elle constate que cet espace a été délaissé par les politiques, Brin d Guill considèrant qu elle remplit dès lors une mission de service public, en étant en contact directement avec les populations précaires. Elle affirme que c est ainsi qu elle se sent légitime pour prendre la parole et indique que l association devrait avoir de fait plus de légitimité que le conseil de quartier où, dit-elle, «on élude les questions». La présidente de Brin d Guill continue en expliquant qu elle entend à la fois le désarroi et l enthousiasme. Elle déclare que cette concertation a été gangrenée par la collusion des élus et du conseil de quartier et conclut en disant que l Ilot c est un phare dans le quartier, un bureau d aide sociale à ciel ouvert, que ce qui est craint, c est que les gens sensibles aux ruptures de lieux ne s y retrouvent pas et que déplacer le lieu c est briser le lien. Un participant intervient en expliquant qu il s inquiète pour l esprit du quartier, sur le côté populaire qui disparaît avec de moins en moins de logements sociaux, et plus de gentrification. Il explique ensuite qu il est officiellement occupant, avec un petit groupe, du 52 rue Montesquieu et espère ainsi retarder le projet. Il s interroge ensuite sur le coût de la démolition en se demandant si l on n était à 500 m² près et s il n y avait pas de place ailleurs pour les jeux d enfants. Un participant intervient pour préciser qu il trouve que ce projet est un bon projet, car il y a besoin de lieux, d espace public et que le secteur de la Guillotière manque cruellement d espaces verts. 9

10 Un autre participant, aussi membre de Brin d Guill, intervient pour préciser qu il appréciait beaucoup le schéma avec les 3 flèches, mais il pense que le problème c est le statut juridique de l îlot d Amaranthes que les habitants du quartier se sont appropriés. L espace public reprenant sa place, on se remet dans la norme. Il complète en disant que l association porte peut-être beaucoup de choses à bout de bras, mais que c est surtout du dialogue qui est demandé y compris pour avoir des poubelles et du service public. Il complète en indiquant qu il s agit bien d une question sociale qui dépasse le cadre de l aménagement urbain. Lisant un extrait d une délibération du Grand Lyon d octobre 2011, il indique que selon lui la décision concernant le déplacement des espaces de jardinage partagé a déjà prise. Sylvain Abrial, Kaleido scop, intervient pour indiquer qu il va falloir clore le débat et que l on se retrouvera le 10 Avril prochain. GérardClaisse conclut. Il commence par indiquer que les accusations de collusion entre le conseil de quartier et les élus qu il vient d entendre sont également formulées en sens inverse par d autres participants qui estiment que les élus accordent trop de poids aux demandes des associations militantes. C est probablement que les uns comme les autres se trompent Il souhaite revenir sur les raisons pour lesquelles «on est en tension, vous êtes en tension» tout en sachant bien que la salle n est pas représentative de l ensemble du quartier. Il reprécise un certain nombre de points de façon assez directe : - Il confirme et assume l idée que depuis octobre 2012, il n a pas ressenti un blocage véhément sur le fait de bouger le jardin partagé. - Il décrit un certain nombre des profils très spécifiques des participants à la concertation en reconnaissant qu il va sûrement être très caricatural : il y a des habitants lambda, très peu ; il y a des habitants engagés dans leur quartier pour améliorer leur cadre de vie ; il y a des habitants militants, qui portent un projet pour faire société, pour développer le lien social, un rapport à l autre notamment à l endroit des plus démunis ; et puis il y a des militants habitants qui portent avant tout une action militante de transformation sociale. Il indique avec fermeté que les élus ont bien à faire face à l ensemble de ces postures et des confrontations qu elles engendrent. Pour finir il indique qu il y a personnes environ qui habitent autour du jardin partagé et qui ne sont pas toutes dans la même logique. C est pour cela qu ont été laissés ouverts «les possibles» avec des architectes paysagistes qui n ont pas travaillé aux ordres. Il reconnaît que chacun ce soir aura parlé avec «ses tripes», qu il y a des attentes divergentes, des attentes contradictoires et à un moment, face à cela, les élus auront à trancher. Prochain rendez-vous : Mercredi 10 avril 2013 à 18 h 30 Collège Clemenceau 10