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2 LES PUBLICATIONS DU QUÉBEC 1000, route de l Église, bureau 500, Québec (Québec) G1V 3V9 VENTE ET DISTRIBUTION Case postale 1005, Québec (Québec) G1K 7B5 Téléphone : ou, sans frais, Télécopieur : ou, sans frais, Internet:

3 Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Vedette principale au titre : Secourisme en milieu de travail, 6 e édition Comprend des réf. bibliogr. ISSN ISBN Premiers soins. 2. Travailleurs Soins médicaux. 3. Travail Accidents. I. Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec. RC88.9.I 5S C

4 LES PUBLICATIONS DU QUÉBEC 6 e ÉDITION

5 Cette publi ca tion a été réali sée par la Commission de la santé et de la sécu rité du travail. Coordination Lyne Beaulé, Lucie Duhamel et Sylvie Laberge, Direction des communications et des relations publiques, CSST Révision du con tenu et rédaction Hélène Morin, con seillère péda go gi que, Céline Deschênes, André Caron, Éric Hamel, pro fes seurs en tech ni ques de la santé, Direction de la for ma tion continue, Cégep de Sainte-Foy, Jules Turcot, Ph. D., Direction générale de la pré ven tion-ins pec tion et du partenariat, CSST Cette édi tion a été pro duite par Les Publications du Québec 1000, route de l Église, bureau 500 Québec (Québec) G1V 3V9 Chef de projet Ann Picard Directrice artistique Lucie Pouliot Chargé de production Pascal Couture Graphisme Pige communication Illustrations Ronald DuRepos 1 re édi tion : octobre e édi tion : mai e édi tion : août e édi tion : novembre 1996 Réédition revue et cor ri gée : avril e édi tion : janvier e édi tion : avril 2008 Dépôt légal 2008 Bibliothèque et Archives natio na les du Québec Bibliothèque et Archives Canada ISBN Gouvernement du Québec, 2008 DC Tous droits réser vés pour tous pays. Reproduction par quel que pro cédé que ce soit et tra duc tion, mêmes par tiel les, inter di tes sans l auto ri sa tion des Publications du Québec.

6 Avant-propos La Commission de la santé et de la sécu rité du tra vail (CSST) est, en rai son de son man dat, char gée de l appli - ca tion des lois et des règle ments qui ont trait à la santé et à la sécu rité du tra vail, dont le Règlement sur les normes mini ma les de pre miers secours et de pre miers soins. Le règle ment exige que l employeur d un éta blis se ment et le maî tre d œuvre d un chan tier de cons truc tion assu rent, sur les lieux de tra vail, un ser vice effi cace de pre miers secours et la pré sence cons tante, durant les heu res de tra - vail, d un nom bre mini mal de secou ris tes. Ce règle ment pré voit aussi les cir cons tan ces dans les quel les du per sonnel infir mier doit assu rer des ser vi ces de pre miers soins. Les pre miers secours et les pre miers soins se dis tin guent par les élé ments sui vants: les pre miers secours sont don nés par des secou ris tes et les pre miers soins par du per sonnel formé en soins pré hos pi ta liers (pre miers répon dants, tech ni ciens ambu lan ciers paramédics) ou par du per son nel spé cia lisé (pro fes sionnels de la santé). Le pré sent manuel ne traite que des pre miers secours. Il est donc des tiné aux secou ris tes, afin de faci li ter l acqui si tion des con nais san ces néces sai res pour répondre aux besoins de divers milieux, sur tout de ceux de leur pro pre milieu de tra vail, et de les sou te nir dans leur action quotidienne. L inter ven tion des secou ris tes en milieu de tra vail se situe dans un con texte glo bal d accès à des ser vi ces pré hos pi - ta liers d urgence, comme ceux offerts par les pre miers répon dants et les tech ni ciens ambu lan ciers paramédics sur la presque tota lité du ter ri toire habité. La fonc tion de secou - riste consiste donc à faire les ges tes essen tiels pour aler - ter les ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence, pour main te nir la per sonne bles sée en vie, pour empê cher l aggra va tion V

7 de ses bles su res et pour la récon for ter. Le relais à un autre palier d inter ven tion doit se faire aussi tôt que pos - si ble, afin que la vic time reçoive, dans les plus brefs délais, tous les soins spé cia li sés que son état exige. Dans la sixième édi tion du manuel, l action des secou - ristes est en har mo nie avec celle des inter ve nants des ser - vi ces pré hos pi ta liers d urgence, dans le but d assu rer une con ti nuité de soins effi ca ces auprès des vic ti mes. Elle tient compte des nou vel les nor mes admi ses en matière de pre - miers secours et de réani ma tion car dio res pi ra toire. De plus, elle se fonde sur l appro che uti li sée dans le Guide pra ti que du secou riste en milieu de tra vail Protocoles d intervention. Puisse ce docu ment appuyer la for ma tion et l action des secou ris tes en milieu de tra vail et pro cu rer à ceux et celles qui feront appel à leur inter ven tion toute l assis tance néces saire en cas d accident. VI SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

8 Remerciements Nous tenons à remer cier, outre cel les qui ont, d une façon ou d une autre, col la boré aux édi tions pré cé den tes, toutes les per son nes qui ont con tri bué à don ner un second souffle au secou risme en milieu de tra vail par la pro duc tion de la sixième édi tion du manuel. Cette édi tion a per mis de met tre à jour l appro che uti li sée en fonc tion de l accessibilité à des soins pré hos pi ta liers d urgence. Pour la pré sente édi tion, nous remer cions le Cégep de Sainte-Foy et, plus par ti cu liè re ment, M me Hélène Morin, con seillère péda go gi que à la Direction de la for ma tion con ti nue, ainsi que l équipe de rédac tion com po sée de M me Céline Deschênes et de MM. André Caron et Éric Hamel. Nous remer cions aussi M me Michèle Mainguy, de Secou - risme PME Québec, de sa col la bo ra tion spé ciale à la rédac - tion des sec tions «Gestion du stress en situa tion d urgence» et «Oxygénothérapie». VII

9 Table des matières Introduction 1 Présentation du manuel 3 Démarche proposée 4 Chaîne d inter ven tion préhospitalière 5 Responsabilités géné ra les du secouriste Responsabilités du secou riste en milieu de travail 9 Intervention Chapitre 1 Approche uti li sée pour l intervention 17 Protocole 1 Approche uti li sée pour l intervention 18 Séquence d intervention 19 Légende uti li sée dans les pro to co les d intervention 22 Protection des intervenants 26 Gestion du stress en situa tion d urgence 30 Évaluation Chapitre 2 Évaluation de la situation 37 Protocole 2 Évaluation de la situation 38 Chapitre 3 Appréciation de la con di tion cli ni que: pro blème médi cal et pro blème traumatique 45 Protocole 3 Appréciation de la con di tion cli ni que: pro blème médi cal et pro blème traumatique 46 IX

10 Problèmes médicaux Chapitre 4 Altération de l état de conscience 59 Protocole 4 Altération de l état de conscience 60 Chapitre 5 Arrêt car dio res pi ra toire: adulte 65 Protocole 5 Arrêt car dio res pi ra toire: adulte 66 Arrêt respiratoire 67 Arrêt cardiorespiratoire 67 Défibrillation 73 Chapitre 6 Convulsions 77 Protocole 6 Convulsions 78 Chapitre 7 Coup de chaleur 81 Protocole 7 Coup de chaleur 82 Chapitre 8 Difficulté respiratoire 85 Protocole 8 Difficulté respiratoire 86 Chapitre 9 Douleur thoracique 89 Protocole 9 Douleur thoracique 90 Chapitre 10 Hypothermie 93 Protocole 10 Hypothermie 94 Chapitre 11 Intoxication professionnelle 97 X SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

11 Protocole 11 Intoxication professionnelle 98 Information sur les intoxi ca tions par le cyanure 104 Chapitre 12 Obstruction des voies res pi ra toi res: adulte 107 Protocole 12 Obstruction des voies res pi ra toi res: adulte conscient 108 Protocole 12 Obstruction des voies res pi ra toi res: adulte inconscient 109 Obstruction par tielle (vic time consciente) 110 Obstruction com plète (vic time consciente) 110 Obstruction com plète (vic time inconsciente) 114 Chapitre 13 Problème diabétique 117 Protocole 13 Problème diabétique 118 Chapitre 14 Réaction allergique 121 Protocole 14 Réaction allergique 122 Problèmes traumatiques Chapitre 15 Blessures aux yeux 129 Protocole 15 Blessures aux yeux 130 Corps étran ger péné trant et œil sorti de son orbite 131 Autres types de lésions, corps étran ger non pénétrant 133 Brûlures 134 Chapitre 16 Brûlures 137 Protocole 16 Brûlures 138 Brûlures thermiques 140 TABLE DES MATIÈRES XI

12 Brûlures chimiques 141 Brûlures électriques 143 Brûlures par inhalation 145 Chapitre 17 État de choc 147 Protocole 17 État de choc 148 Chapitre 18 Gelures 151 Protocole 18 Gelures 152 Chapitre 19 Hémorragie 155 Protocole 19 Hémorragie 156 Hémorragie interne 157 Hémorragie externe 158 Chapitre 20 Traumatismes à la tête et à la colonne vertébrale 163 Protocole 20 Traumatismes à la tête et à la colonne vertébrale 164 Traumatismes à la tête 165 Traumatismes à la colonne vertébrale 166 Chapitre 21 Traumatismes aux extrémités 169 Protocole 21 Traumatismes aux extrémités 170 Techniques Déplacement et immo bi li sa tion sur plan che dorsale 177 Technique 1 Immobilisation sur plan che dorsale 178 XII SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

13 Déplacement d une vic time ne pré sen tant pas de ris que de trau ma tisme à la colonne vertébrale 179 Déplacement d une vic time pré sen tant un ris que de trau ma tisme à la colonne vertébrale 183 Interventions en cas de plaies complexes 187 Technique 2 Interventions en cas de plaies complexes 188 Plaies complexes 189 Particularités 194 Annexes Annexe 1 Méthode de tri age START 199 Méthode de tri age START 200 Annexe 2 Obstruction des voies res pi ra toi res et arrêt car dio res pi ra toire: enfant de un an à huit ans 203 Obstruction des voies res pi ra toi res et arrêt car dio res pi ra toire: enfant de un an à huit ans 204 Obstruction des voies respiratoires 205 Arrêt cardiorespiratoire 209 Annexe 3 Obstruction des voies res pi ra toi res et arrêt car dio res pi ra toire: bébé de zéro à un an 213 Obstruction des voies res pi ra toi res et arrêt car dio res pi ra toire: bébé de zéro à un an 214 Obstruction des voies respiratoires 215 Arrêt cardiorespiratoire 219 TABLE DES MATIÈRES XIII

14 Annexe 4 Oxygénothérapie 223 Oxygénothérapie 224 Matériel d oxygénothérapie 226 Annexe 5 Matières dan ge reu ses SIMDUT 231 Matières dan ge reu ses SIMDUT 232 Réglementation Réglementation 1 Trousse et local de pre miers secours 239 Trousse de pre miers secours 241 Local de pre miers secours 246 Réglementation 2 Nombre mini mal de secou ris tes et Registre d acci dents, d inci dents et de pre miers secours 249 Nombre mini mal de secou ris tes en milieu de travail 251 Registre d acci dents, d inci dents et de pre miers secours 253 Réglementation 3 Règlement sur les nor mes mini ma les de pre miers secours et de pre miers soins 257 Bibliographie 279 XIV SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

15 Introduction

16 Introduction PRÉSENTATION DU MANUEL Le pré sent manuel est mis à la dis po si tion des secou ristes en milieu de tra vail. Il cons ti tue un docu ment de base pour la for ma tion et un outil de réfé rence pour sou te nir les secou ris tes dans leur action. Le secou riste en milieu de tra vail doit être formé par un orga nisme reconnu par la CSST. Cette for ma tion, d une durée de 16 heu res, lui per met d acqué rir les con nais - sances néces sai res pour appli quer une séquence d inter - ven tion struc tu rée et effi cace. Elle lui per met éga le ment de maî tri ser les tech ni ques de base de la réani ma tion et d acqué rir les habi le tés néces sai res pour don ner les pre - miers secours aux per son nes en détresse en milieu de travail. Le manuel décrit les inter ven tions per met tant au secou - riste d agir dans la majo rité des cas. Les jour nées de forma tion, cepen dant, ne per met tent pas de trai ter de manière exhaus tive de la tota lité des sujets. Pour cette rai son, le secou riste doit: ter mi ner la lec ture de son manuel après la ses sion de formation ; le relire pério di que ment, afin de tenir à jour ses connais san ces et de revoir l appli ca tion des protocoles; le con sul ter en cas de doute quant à la nature des ges tes à faire dans des situa tions d urgence; le con sul ter après une inter ven tion pour s assu rer d avoir bien suivi les ins truc tions four nies et amé liorer, s il y a lieu, sa pra ti que pour l avenir. Certains sujets sont abor dés suc cinc te ment dans ce manuel et ne font pas par tie de la for ma tion de base de 16 heures. Le secou riste exposé à des situa tions telles que l intoxi ca - tion par le cya nure, l admi nis tra tion d adré na line, l admi - nis tra tion d oxy gène, les acci dents de plon gée, l uti li sa tion de maté riel ser vant aux immo bi li sa tions de la colonne vertébrale et les matiè res dan ge reu ses (SIMDUT) doit sui vre une for ma tion com plé men taire sur ces sujets. 3

17 DÉMARCHE PROPOSÉE Le manuel pro pose une démar che axée sur l appli ca tion des pro to co les d inter ven tion et une appro che visant à recon naî tre «les signes et les symptômes». La démar che s appuie sur les pro to co les d inter ven tion pré - sen tés dans le Guide pra ti que du secou riste en milieu de tra vail Protocoles d inter ven tion. Cette méthode permet: de struc tu rer et d uni for mi ser l appro che et l intervention; de sou te nir le secou riste dans son apprentissage; de gui der le secou riste dans son action auprès des victimes; d assu rer la con ti nuité des soins en pas sant le relais à d autres intervenants; de faci li ter le bilan postintervention. L appro che «signes et symp tô mes» se fonde uni que ment sur la recon nais sance des signes et des symp tô mes pré - sen tés par la vic time et non pas sur une mal adie à diagnos ti quer et à traiter. Le manuel est cons truit selon l ordre dans lequel les pro - to co les d inter ven tion se pré sen tent et cha que pro to cole fait l objet d un cha pi tre. Chaque cha pi tre est cons truit de la façon suivante: pro to cole d intervention; brève des crip tion du sujet ou du pro blème abordé; signes et symp tô mes per met tant de déter mi ner la nature du pro blème, s il y a lieu; inter ven tions par ti cu liè res nécessaires. Les signes et les symp tô mes énu mé rés ne se mani fes tent pas tou jours tous à la fois, mais un ou plu sieurs d entre eux peu vent se pré sen ter en même temps. Ils peu vent aussi appa raî tre pro gres si ve ment, si l état de la per sonne s aggrave. 4 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

18 CHAÎNE D INTER VEN TION PRÉHOSPITALIÈRE Dans son milieu de tra vail, le secou riste est le pre mier appelé à four nir une aide immé diate à la per sonne bles - sée, qu elle soit atteinte gra ve ment ou non. Son inter ven - tion est donc déter mi nante. Il doit aler ter ou faire aler ter les ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence dans les plus brefs délais et por ter secours à la vic time sur-le-champ, si la situa tion le per met. Comme les con nais san ces, les moyens et le temps dont il dis pose sont limi tés, il ne doit pas déroger à des prin ci pes d action très stricts. Le secou riste s ins crit dans la chaîne d inter ven tion pré - hos pi ta lière, à titre de pre mier intervenant 1. Premiers intervenants (Secouristes en milieu de travail) Centre d appel 911 Encadrement médical Centrales de coordination des appels urgents Premiers répondants Services ambulanciers Établissements receveurs 1. Comité natio nal sur la révi sion des ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence. Un sys tème à met tre en place, Urgences pré hos pi ta liè res, Québec, 2000, p. 19. INTRODUCTION 5

19 «Le pre mier inter ve nant est la per sonne se trou vant sur le site d un inci dent ou qui décou vre un indi vidu en détresse. Considéré comme le pre mier maillon de la chaîne, le pre mier inter ve nant active celle-ci, afin que débute l inter ven tion struc tu rée du sys tème pré hos pi ta lier. Il peut pro di guer des soins de base (par ex. les manœuvres de réani ma tion) néces sai res à la sta bi li sa tion de la vic - time avant l arri vée des pre miers répon dants et des tech - ni ciens ambulanciers 2.» La chaîne d inter ven tion pré hos pi ta lière, telle qu elle est con çue, per met une inter ven tion par paliers qui a pour but ultime la réduc tion des délais et la con ti nuité des soins. Le rôle du secou riste tire son impor tance du fait qu il est, dans son milieu de tra vail, le pre mier acteur de cette chaîne. L employeur et l ensem ble des tra vailleurs doi vent se rendre compte de l impor tance de la pré ven tion des acci dents dans leur milieu de tra vail. Le secou riste, par sa for ma - tion et son expé rience, est par ti cu liè re ment sen si bi lisé à la néces sité de faire de la pré ven tion. La pré ven tion est et res tera tou jours le moyen le moins coûteux de con ser ver un milieu de tra vail sain et des tra vailleurs en santé. 2. Comité natio nal sur la révi sion des ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence. Un sys tème à met tre en place, Urgences pré hos pi ta liè res, Québec, 2000, p SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

20 Responsabilités générales du secouriste

21 Outre les obli ga tions léga les, des pré oc cu pa tions d ordre éthi que sous-ten dent le com por te ment attendu du secou - riste. Tout citoyen devrait offrir son assis tance à une per - sonne en dan ger. Un tel com por te ment cons ti tue l un des fon de ments de la vie en société et témoi gne, notam ment, du res pect d autrui et de la valeur accor dée à la vie. RESPONSABILITÉS DU SECOU RISTE EN MILIEU DE TRAVAIL Obligation d intervenir L obli ga tion de secou rir au Québec figure dans la Charte qué bé coise des droits et liber tés de la per sonne 3. La Charte exige que tout citoyen sur le ter ri toire qué bé cois porte secours à une per sonne dont la vie est en dan ger. Cette obli ga tion de secou rir s appli que dans les inter ven tions du secou riste en milieu de tra vail, peu importe l endroit où il se trouve sur le ter ri toire qué bé cois. Le secou riste peut, selon la situa tion, s acquit ter de son obli ga tion de secourir en pro di guant les pre miers secours ou en appe lant les servi ces pré hos pi ta liers d urgence. Par exem ple, s il reçoit une demande de secours en milieu de tra vail, le secou riste doit se ren dre auprès de la vic time, si cela ne met pas sa sécu - rité en dan ger. Il doit por ter assis tance à la vic - time direc te ment en appli quant les tech ni ques appri ses au cours de la for ma tion ou appe ler les secours, s il se sent inca pa ble d intervenir. Le secou riste adopte un com por te ment attendu lorsqu il inter vient de manière favo ra ble à la per sonne bles sée ou vic time d un mal aise. Lorsqu il reçoit une demande d aide, le secou riste en milieu de tra vail doit y répon dre et tenter d aider la victime. 3. L.R.Q., c. C-12. RESPONSABILITÉS GÉNÉ RA LES DU SECOURISTE 9

22 Refus de répon dre à une demande de secours Comme il a été men tionné pré cé dem ment, le secou riste en milieu de tra vail doit por ter assis tance à un col lè gue en dan ger. Il est dif fi cile d ima gi ner un secou riste refu sant d aider une per sonne en détresse, encore plus lorsqu il s agit d un col lè gue de tra vail. S il n inter vient pas, il peut être tenu d expli quer son inac tion devant un tri bu nal de juri dic tion civile ou criminelle. À titre d exem ple, l inac tion du secou riste peut lui être repro chée si, à la suite d un acci dent du travail: il décide de ne pas inter ve nir parce que la victime peut être con ta mi née par le VIH, et ce, même si les mesu res de pro tec tion uni ver sel les (gants, lunet tes de pro tec tion et mas que pour la réani ma tion) sont mises à sa disposition; il ne tente pas d appe ler les secours. Comportement fau tif du secou riste et con sé quen ces juridiques Il est dif fi cile d ima gi ner un secou riste qui ne se sou cie pas de la santé et de la sécu rité de la vic time. En ana ly - sant l inter ven tion d un point de vue juri di que, pour déter - mi ner si le com por te ment d un secou riste en milieu de tra vail est fau tif, il faut éta blir le man que ment à la bonne con duite au moment d une inter ven tion de secourisme. Comportement attendu du secou riste en milieu de travail C est en com pa rant son action avec celle d un secou riste pos sé dant la même for ma tion et la même expé rience en secou risme qu il est pos si ble de déter mi ner si le com por - te ment d un secou riste, dans une situa tion don née, a été fau tif. L ensei gne ment donné au secou riste repose sur des tech ni ques approu vées par les auto ri tés médi ca les et consi gnées dans les pro to co les d inter ven tion à l usage des 10 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

23 secou ris tes en milieu de tra vail. Si un secou riste déroge à l appli ca tion de ces pro to co les, sans motif vala ble, il est alors pos si ble de pré ten dre que son com por te ment n est pas celui qu on attend d un secouriste. À titre d exem ple, un secou riste décide de dépla - cer, sans l avoir immo bi li sée, une per sonne qui a fait une chute et qui peut avoir subi une blessure à la colonne ver té brale, et ce, sans qu il y ait d urgence ou de dan ger. Les pro to co les d inter ven tion en secou risme indi quent pour - tant de ne pas dépla cer la per sonne sans l avoir immo bi li sée au pré ala ble. Dans cet exem ple, le fait de dépla cer la vic time sans jus ti fi ca tion va à l encon tre de l ensei gne ment reçu et à l encontre des pro to co les. Il ne s agit pas d un com por te - ment attendu d un secou riste en milieu de tra - vail, mais plu tôt d une faute qui peut engager sa responsabilité. Si l on réus sit à démon trer que le secou riste n a pas suivi les pro to co les et les ensei gne ments recon nus par les auto - ri tés com pé ten tes, on peut pré ten dre que son com por te - ment a été fau tif. La res pon sa bi lité du secou riste sera enga gée, s il est pos si ble de prou ver que le pré ju dice subi par la vic time découle direc te ment du com por te ment du secouriste. Afin de bien com pren dre l appli ca tion de ces princi pes de res pon sa bi lité civile, exa mi nons le cas d un secou riste qui, à la suite d un acci dent du tra vail où l on soup çonne une bles sure à la colonne ver té brale, déplace la vic time sans l avoir immo bi li sée et qui, par con sé quent, fait un geste blâ ma ble. Il faut alors prou ver que la bles sure à la colonne ou l aggra va tion de celle-ci résulte du fait que le secou riste a déplacé la vic time sans l avoir immobilisée. RESPONSABILITÉS GÉNÉ RA LES DU SECOURISTE 11

24 Situation d urgence En pre miers secours, la situa tion d urgence com mande d inter ve nir. Par défi ni tion, l urgence est une situa tion sou - daine et impré vue. On ne peut pas retar der l inter ven tion de pre miers secours lors que la vie ou l inté grité phy si que de la per sonne est en dan ger. En cas d acci dent du tra vail ou de mal aise, le secou riste doit inter ve nir rapi de ment. L état d urgence, à ce moment, peut jus ti fier l action du secou riste et, par con sé quent, atté nuer sa responsabilité. Par exem ple, s il se trompe en appli quant la séquence des com pres sions tho ra ci ques, le secou riste peut dif fi ci le ment être tenu res pon - sable des dom ma ges cau sés à la vic time qu il tente de réani mer. L urgence, le peu d expé rience et la ner vo sité seront des fac teurs pou vant jus - ti fier une erreur com mise en appli quant la séquence de réani ma tion cardiorespiratoire. Règles relatives aux responsabilités du secou riste en milieu de travail Les règles rela ti ves aux res pon sa bi li tés du secou riste énon - cées pré cé dem ment s appli quent à ses inter ven tions en milieu de tra vail, avec cer tai nes adap ta tions. Il y a lieu, à cet égard, de s attar der à l appli ca tion du Règlement sur les nor mes mini ma les de pre miers secours et de pre miers soins 4. Exonération de la res pon sa bi lité liée à l inter ven tion d un secou riste en milieu de travail Le secou riste dési gné par l employeur est con si déré comme son repré sen tant. À la suite d un acci dent en milieu de tra vail, il n est pas pos si ble pour un tra vailleur de pour - sui vre son employeur. De ce fait, le secou riste repré sen tant 4. A-3, r SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

25 l employeur ne peut pas être pour suivi pour avoir pro di - gué des secours à un tra vailleur. Ce prin cipe est énoncé à l arti cle 442 de la Loi sur les acci dents du travail et les mal adies professionnelles 5. «e) Un béné fi ciaire ne peut inten ter une action en res pon sa bi lité civile en rai son de sa lésion pro fes sion nelle, con tre un tra vailleur ou un man - da taire d un employeur assu jetti à la pré sente loi pour une faute com mise dans l exer cice de ses fonc tions, sauf s il s agit d un pro fes sion nel de la santé res pon sa ble d une lésion pro fes sion nelle visée dans l article 31.» Registre d acci dents, d inci dents et de pre miers secours Le secou riste qui donne les pre miers secours à une vic - time doit rem plir le Registre d acci dents, d inci dents et de pre miers secours 6. Il doit y indi quer ses nom et pré nom, les nom et pré nom de la vic time, la date, l heure et la des - crip tion de la bles sure ou du mal aise ainsi que la nature des pre miers secours qu il a pro di gués. Cette col lecte de don nées sert tant à l employeur qu à la victime. Responsabilité rela tive à l uti li sa tion du maté riel de pre miers secours Lorsqu il inter vient, le secou riste doit pou voir comp ter sur une trousse de pre miers secours. Dans cer tains milieux de tra vail, le secou riste peut avoir à sa dis po si tion de l équi pe ment spé cia lisé, comme du maté riel d oxy gé no - thé ra pie, un défi brilla teur car dia que, une plan che dor sale, un col lier cer vi cal et tout autre maté riel qui n est pas pré cisé dans le Règlement sur les nor mes mini ma les de pre miers secours et de pre miers soins. Considérant qu il met ce maté riel à la dis po si tion du secou riste en milieu 5. L.R.Q., c. A A-3, r.8.2, art. 15. RESPONSABILITÉS GÉNÉ RA LES DU SECOURISTE 13

26 de tra vail, l employeur doit s assu rer que ce der nier a reçu la for ma tion com plé men taire néces saire pour pou voir s en ser vir, qu il en con naît le fonc tion ne ment et les dangers d utilisation. Responsabilité de l employeur par rapport au rôle du secouriste Le Règlement sur les nor mes mini ma les de pre miers secours et de pre miers soins oblige l employeur à assu rer en tout temps, dans son milieu de tra vail, la pré sence de secou - ris tes for més. De plus, l employeur doit munir ses éta blis - se ments d un nom bre suf fi sant de trous ses de pre miers secours et y pré voir le con tenu mini mal 7. Il incombe à l employeur de véri fier le con tenu des trous ses, de s assu rer que le secou riste qu il dési gne a accès à une trousse rapi - de ment et que ce der nier a reçu la for ma tion nécessaire. Administration de cer tains médi ca ments en situa tion d urgence L employeur ne doit pas met tre de médi ca ments à la dis - po si tion du secou riste. Cependant, sur recom man da tion médi cale, dans des situa tions par ti cu liè res et après avoir reçu la for ma tion com plé men taire néces saire, cer tains secou ris tes peu vent dis po ser de médi ca ments con trô lés (par exem ple, de l adré na line pour trai ter les réac tions aller gi ques gra ves). Le secou riste doit sui vre les indi ca - tions de l employeur en ce qui con cerne l uti li sa tion de ces médicaments. Le secou riste qui agit avec rigueur et pro fes sion na lisme, dans l inté rêt de la vic time, en s assu rant de res pec ter les limi tes de ses com pé ten ces, court très peu de ris ques de se faire repro cher ses ges tes lorsqu il secourt une vic time en milieu de travail. 7. A-3, r.8.2, art SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

27 Intervention

28 Chapitre 1 Approche utilisée pour l intervention

29 P R O T O C O L E 1 Approche uti li sée pour l intervention Protocole d évaluation de la situation Sécurité? NON OUI L Évaluer l état de conscience Si traumatisme, protection cervicale Évaluer A B C (médical ou traumatique) L ABC Difficulté? OUI Protocoles appropriés NON Faire l appréciation secondaire (médical ou traumatique) Protocoles appropriés Réévaluer L ABC 18 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

30 Chapitre 1 Approche uti li sée pour l intervention Le secou riste doit inter ve nir selon la séquence pré vue par les pro to co les d intervention. Approche uti li sée pour l intervention 1. S assu rer que la situa tion ne com porte aucun danger et se protéger. 2. L Évaluer l état de conscience. 3. S assu rer que les ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence sont prévenus. 4. Évaluer ABC (médi cal ou traumatique). 5. Contrôler tous les pro blè mes trou vés dans L ABC. 6. Faire l appré cia tion secon daire (recher cher les signes et les symptômes). 7. Appliquer les pro to co les appropriés. 8. Réévaluer L ABC. SÉQUENCE D INTERVENTION Évaluation de la situation L ABC Appréciation secondaire Protocole approprié INTERVENTION 19

31 Les pro to co les d éva lua tion de la situa tion et d appré - ciation de la con di tion cli ni que sont le cane vas de l inter - ven tion du secou riste. D autres pro to co les vien nent s y gref fer, selon les signes et les symp tô mes pré sen tés par la per sonne en détresse. Évaluation de la situation L éva lua tion de la situa tion per met au secou riste d éva luer l envi ron ne ment et les cir cons tan ces de l évé ne ment et de pré ci ser s il s agit d un pro blème médi cal ou d un pro blème traumatique. L Évaluation de l état de conscience L évaluation de l état de conscience se fait d abord verbalement et, si elle ne réagit pas à la voix, le secouriste doit stimuler les trapèzes et le sternum afin de vérifier si la victime réagit à la douleur. Si elle est alerte ou éveillée, il est indiqué de se présenter, en précisant sa fonction de secouriste, de demander à la victime de se nommer et de commencer la collecte d information. Il est important de lui expliquer toutes les étapes de l intervention, afin de la sécuriser et d obtenir sa collaboration. Si elle ne réagit pas, c est que la victime est inconsciente. Il est essentiel après l évaluation de l état de conscience d alerter les services préhospitaliers d urgence. Appel aux ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence Le secou riste doit enclen cher la chaîne d inter ven tion pré - hos pi ta lière le plus rapi de ment pos si ble après l éva lua - tion de la situa tion et si la situa tion le per met, après l éva lua tion de l état de con science de la vic time. Il doit aussi s assu rer de pou voir comp ter, si néces saire, sur l aide des per son nes qui se trou vent sur place. Il doit aler ter les 20 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

32 res pon sa bles de la sécu rité et les autres secou ris tes ou deman der à un témoin de res ter près de lui, afin de le secon der dans son inter ven tion, au besoin. Appréciation de la con di tion clinique L appré cia tion de la con di tion cli ni que com prend l appré - cia tion pri maire et l appré cia tion secondaire. Les inter ven tions du secou riste doi vent être adap tées en fonc tion du pro blème de santé éprouvé par la per sonne. Pour cette rai son, le pro to cole d appré cia tion de la condi - tion cli ni que tient compte des par ti cu la ri tés de l intervention en cas de pro blème médi cal ou de pro blème traumatique. Appréciation primaire L appré cia tion pri maire (L ABC) per met d éva luer l état de la per sonne et d entre pren dre les inter ven tions pri maires des ti nées à main te nir ses fonc tions res pi ra toi res et cir cu - la toi res. C est l étape d éva lua tion-réanimation. Appréciation secondaire L appré cia tion secon daire per met d ache ver l éva lua tion de l état de la per sonne et de repé rer les bles su res secon - dai res qui ne met tent pas sa vie en dan ger immé diat. C est la recher che des signes et des symp tô mes par la col lecte d infor ma tion, la prise des signes vitaux et l exa men phy - si que com plet en pré sence d un pro blème traumatique. Protocole approprié Le résul tat de l éva lua tion de l état de la per sonne per met au secou riste de se repor ter au pro to cole ou à la tech - nique appro prié et d inter ve nir effi ca ce ment. Comme il a été men tionné aupa ra vant, il importe de se repor ter au pro to cole d inter ven tion dès l appré cia tion pri maire si la sur vie de la vic time est mena cée ou après l appré cia tion secon daire si ce n est pas le cas. INTERVENTION 21

33 Réappréciation primaire La réap pré cia tion de l état de la per sonne doit être con ti - nue. Elle con siste à revé ri fier les fonc tions vita les (L ABC) régu liè re ment en atten dant les ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence. Rapport ver bal aux ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence Le secou riste doit trans met tre ver ba le ment aux pre miers répon dants ou aux tech ni ciens ambu lan ciers paramédics l infor ma tion con cer nant son inter ven tion, afin d assu rer une con ti nuité de soins à la victime. LÉGENDE UTI LI SÉE DANS LES PRO TO CO LES D INTERVENTION La légende uti li sée dans les pro to co les per met au secou - riste de visua li ser rapi de ment la séquence d inter ven tion à appliquer. Diagrammes de couleur Les dia gram mes et le sens des flè ches qui les relient indiquent au secou riste la séquence selon laquelle doi vent se dérouler les ges tes qu il a à faire dans un ordre chronologique. La cou leur et la forme indi quent géné ra le ment la nature de l infor ma tion con te nue dans le diagramme. Question : oui/non Aide-mémoire Geste du secouriste: exécuter ou demander Poursuivre en suivant le protocole 22 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

34 Certains dia gram mes com pren nent des illus tra tions et il importe de bien con naî tre leur signification. Alerter les ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence Les ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence doi vent être pré ve nus rapi de ment après l éva lua tion de la situa - tion et, si la situation le permet, après l éva lua tion de l état de con science de la victime. Les situa tions sui van tes exi gent un appel immé diat aux ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence: il y a un dan ger pour les intervenants; il y a plu sieurs victimes; il y a un dan ger pour la vie de la victime. L infor ma tion sui vante doit être trans mise par télé phone aux ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence: nom et adresse de l éta blis se ment (Donner un point de repère géo gra phi que, par exem ple à l angle des rues X et Z, et indi quer les voies d accès.); nom et numéro de télé phone de la per sonne qui appelle (Les ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence pourront rappe ler, si des ren sei gne ments sup plé men tai res sont nécessaires.); endroit pré cis où se trou vent la ou les per son nes blessées dans l établissement; nom bre de blessés; brève des crip tion de la situation; cir cons tan ces de l acci dent (Les décrire brièvement.); dif fi cul tés pou vant retar der l éva cua tion, s il y a lieu. Le secou riste doit lais ser l inter lo cu teur rac cro cher le premier, afin de s assu rer qu il dis pose des ren sei gne - ments néces sai res et qu il n a pas besoin d infor ma tion complé mentaire. INTERVENTION 23

35 Il faut s assu rer que le numéro de télé phone des ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence est affi ché près du télé phone, s il ne s agit pas du 911. Position laté rale de sécurité Cette posi tion est indi quée dans les situa tions médi - ca les lors que la per sonne pré sente ou a pré senté une alté ra tion de l état de con science ou qu elle souf fre ou a souf fert de nau sées et de vomis se ments. Elle per met de pré ve nir l obs truc tion des voies res pi ra - toi res par la lan gue, les sécré tions, le sang ou les vomis su res. La posi tion laté rale de sécu rité gau che est géné ra le ment recom man dée, afin de faci li ter la cir cu la tion sanguine. S il s agit d un trau ma tisme, la posi tion laté rale de sécu rité décrite dans le dia gramme ne doit pas être adop tée. Dans cette situa tion, il faut évi ter le plus pos si ble de bou ger la victime. Exposer le thorax* Attention! Dignité et hypothermie Une par tie du corps de la vic time doit être expo sée dans le cas de trau ma tis mes, de dou leurs, de sai gne - ments, de défor ma tions ou de dif fi cul tés res pi ra toires. Cela per met de déce ler la pré sence d une plaie ouverte ou d un corps étran ger ou de repé rer tout autre indice per met tant de sus pec ter une bles sure interne. L indi ca tion «Attention! Dignité et hypo ther mie» rap - pelle qu il importe de res pec ter la dignité de la per - sonne, que cela doit cons ti tuer un souci cons tant pour le secou riste. En outre, elle rap pelle qu il faut aussi pren dre cer tai nes pré cau tions pour pro té ger la vic time con tre le froid et l hypothermie. 24 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

36 Surveiller la victime Le secou riste doit sur veiller la vic time cons tam ment en atten dant l arri vée des ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence. Il doit rééva luer les fonc tions vita les de la per sonne, c est-à-dire réappli quer la séquence de l appré cia tion pri maire (L ABC) régu liè re ment. Attendre les ser vi ces pré hos pi ta liers d urgence Les pre miers répon dants, les tech ni ciens ambu lan - ciers paramédics ou les autres inter ve nants doi vent avoir rapi de ment accès à la vic time. S il existe plu - sieurs voies d accès au bâti ment, le secou riste doit deman der à quelqu un de se pla cer à l exté rieur pour en indi quer l accès le plus rapide aux ser vi ces pré - hos pi ta liers d urgence et pour les gui der par la suite jusqu au lieu de l intervention. Oxygène, si disponible Il est essen tiel de rap pe ler que l admi nis tra tion d oxy - gène exige une for ma tion complémentaire. Attention! Sécurité La sécu rité d abord. Le secou riste doit assu rer sa pro pre sécu rité en tout temps; il doit aussi assu rer celle de la vic time, si pos si ble, et celle des autres person nes sur les lieux. En pré sence de toute forme de dan ger pos si ble pour lui-même ou pour les autres inter ve nants, il doit faire appel aux res sour ces spécia li sées et atten dre avant d intervenir. INTERVENTION 25

37 Porter des gants Utiliser un mas que de poche Dans tou tes ses inter ven tions, le secou riste doit appli quer les mesu res de pro tec tion et les moyens de pré ven tion nécessaires. PROTECTION DES INTERVENANTS Maladies infec tieu ses trans mis si bles par le sang Au cours de son inter ven tion auprès de la vic time, le secou - riste peut être exposé à dif fé rents agents micro bi ens. Les ris ques de trans mis sion de mal adies infec tieu ses dont il est ques tion dans le pré sent docu ment sont ceux liés au virus de l hépa tite B (VHB), au virus de l hépa tite C (VHC) et au virus de l immu no dé fi cience humaine (VIH). Pour le secou riste dans l exer cice de ses fonc tions, les prin ci pa les voies d entrée de ces virus dans l orga nisme sont la peau (par des lésions tel les que cou pu res, piqûres ou égra ti gnu res) et les muqueu ses (yeux, lèvres, bou che, inté rieur du nez). Les virus de l hépa tite B, de l hépa tite C et du VIH peuvent être trans mis par le sang ou par des liqui des bio lo gi ques (salive, sécré tions, urine, sel les) visi ble ment teintés de sang. Modes de transmission Les prin ci paux modes de trans mis sion sont: un con tact signi fi ca tif avec le sang de la per sonne infec tée ou avec des liqui des bio lo gi ques visi ble ment tein tés de sang (par exem ple, piqûre acci den telle avec une aiguille souillée de sang, cou pure ou égra ti gnure avec un ins tru ment souillé de sang); des écla bous su res de sang sur une peau lésée (plaie, der ma tite) ou sur des muqueu ses (yeux, lèvres, bouche, inté rieur du nez); une mor sure humaine avec per fo ra tion de la peau. 26 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

38 Le secou riste doit, dans tou tes ses inter ven tions, appli - quer des mesu res de pro tec tion et des moyens de pré ven - tion tel s que le lavage des mains avant et après le port de gants, l uti li sa tion de gants jeta bles et de mas ques de poche et le port de lunet tes de pro tec tion. Il doit faire preuve de pru dence lorsqu il mani pule des aiguilles ou des objets souillés et qu il dés in fecte du maté riel, des sur faces de tra vail et des lieux d inter ven tion pou vant être contaminés. Ces mesu res cons ti tuent des «bar riè res de pro tec tion et des moyens de pré ven tion» qui dimi nuent les ris ques d expo - si tion au sang et aux liqui des bio lo gi ques et mini mi sent les ris ques de trans mis sion de mal adies infec tieu ses ayant de gra ves conséquences. La crainte de con trac ter une infec tion ne doit cepen dant pas empê cher le secou riste de por ter secours à une per - sonne: elle doit plu tôt l inci ter à pren dre les mesu res de pro tec tion et les moyens de pré ven tion qu exige la situation qui se pré sente à lui. Mesures de pro tec tion et moyens de prévention Lavage des mains Se laver les mains régu liè re ment est une bonne habi tude à pren dre pour pré ve nir la trans mis sion des infec tions, car cette mesure en dimi nue les ris ques en tout temps. Le secou riste devrait tou jours se laver les mains avant et après avoir donné des soins ou avoir fait une inter ven - tion. Il suf fit ordi nai re ment d un bon lavage d une minute (sans bros ser) à l eau cou rante et au savon suivi d un net - toyage des ongles pour obte nir un résul tat satis fai sant. Il est essen tiel que les ongles soient courts et bien limés et les cuti cu les bien entre te nues pour évi ter les lésions. Il est pré fé ra ble de ne pas por ter de bijoux. Même lorsqu il porte des gants, le secou riste doit se laver les mains après une inter ven tion. À cause de l humi dité, les bac té ries se mul ti plient très rapi de ment sur des mains gantées. INTERVENTION 27

39 Dans les situa tions où il est impos si ble de se laver les mains à l eau et au savon, une solu tion dés in fec tante (sans eau) à base de 70% d alcool peut être tem po rai re ment uti li sée. Toutefois, dès que la situa tion le per met, il faut se laver les mains à l eau et au savon. Gants Les gants ser vent d obs ta cle lorsqu on mani pule des objets ou des matiè res pou vant être por teurs d agents micro bi ens. Le port de gants est for te ment recom mandé pour toute inter ven tion auprès d une per sonne, pour la mani pu la tion d objets souillés et pour le net toyage ou la dés in fec tion du maté riel, des sur fa ces de tra vail ou des lieux de l inter ven tion. Les gants doi vent être jeta bles et rem pla cés le plus rapi de ment pos si ble lorsqu ils sont déchi rés ou perforés. Masque de poche L uti li sa tion d un mas que de poche empê che le con tact direct avec la bou che et le nez de la vic time au cours de la réani ma tion. Il est recom mandé d uti li ser un mas que muni d une sou pape uni di rec tion nelle pour assu rer une pro - tec tion maxi male. Si le mas que est réuti li sa ble, il faut le net toyer et le dés in fec ter après usage selon les indi ca tions du fabricant. Désinfection du maté riel de tra vail, des sur fa ces souillées et des lieux de l intervention Tous les objets jeta bles doi vent être jetés après usage dans un sac fermé her mé ti que ment, puis mis dans un deuxième sac fermé. Tous les objets tran chants ou poin tus doi vent être mani pu lés avec soin et dépo sés dans des con te nants rigides fer més. Il faut net toyer et dés in fec ter le maté riel réuti li - sa ble selon les indi ca tions du fabri cant. Les sur faces de tra vail et les lieux de l inter ven tion doi vent être net toyés à l eau savon neuse ou avec une solu tion anti sep ti que. Une solu tion d eau de Javel et d eau, dans une pro por tion de 1: 10, peut être acceptable. 28 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

40 Les vête ments souillés de sang peu vent être net toyés à l eau chaude et au savon ou net toyés à sec. Blouse, mas que et lunet tes de protection La blouse, le mas que et les lunet tes cons ti tuent d autres mesu res de pro tec tion ou moyens de pré ven tion qui peuvent être uti li sés dans des cas pré cis. La blouse et le mas que de poche (papier) ser vent à pro té ger à la fois le secou riste et la vic time con tre des agents micro bi ens qui peu vent se trans met tre de l un à l autre. Les lunet tes de pro tec tion per met tent de pro té ger les yeux du secou riste des gout te let tes de sang ou de liqui des bio lo gi ques dont il pour rait être éclaboussé. Interventions en cas d expo si tion acci den telle du secouriste Le secou riste qui entre en con tact direct avec le sang ou les liqui des bio lo gi ques visi ble ment tein tés du sang de la per sonne bles sée est con si déré comme pré sen tant un risque d infec tion. C est à ce moment que les mesu res de pro tec tion pren nent toute leur impor tance. Dans cette situa tion, il doit: 1. Recevoir les pre miers soins. Exposition de la peau (cou pu res, piqû res, égratignures) : faire sai gner immé dia te ment (sans trau ma ti ser la peau autour de la plaie); net toyer la région expo sée le plus rapi de ment pos si ble (eau et savon doux ou dés in fec tant sans eau), sans brosser; dés in fec ter le plus rapi de ment pos si ble avec une solu tion peu irri tante et pan ser, s il y a une plaie. Exposition des muqueu ses (yeux, lèvres, bou che, inté rieur du nez) : rin cer abon dam ment à l eau le plus rapi de ment possible. INTERVENTION 29

41 2. S il y a lieu, se débar ras ser de l objet agres seur de façon sécuritaire. 3. Noter les coor don nées de la per sonne pou vant être contaminée. 4. Se ren dre rapi de ment à l hôpi tal (délai de consultation de deux heu res sui vant l exposition). 5. Apporter sa carte de vac ci na tion ou son car net de santé. 6. Mentionner à l accueil qu il s agit d une expo si tion pro fes sion nelle au sang. 7. Obtenir une éva lua tion médicale. La fiche Que faire lors d une expo si tion au sang? (DC ) est dis tri buée dans les bureaux régio naux de la CSST. Elle peut être ajou tée au con tenu de la trousse de pre miers secours. GESTION DU STRESS EN SITUA TION D URGENCE L inter ven tion du secou riste peut entraî ner chez lui un cer - tain niveau de stress. Le stress cons ti tue une façon pour les orga nis mes vivants de s adap ter à des situa tions d urgence ou dra ma ti ques. C est la réponse bio lo gi que à l agres sion ou à la sti mu la tion. Cette réponse se tra duit par: une aug men ta tion de la fré quence cardiaque; une aug men ta tion de la ten sion artérielle; une dila ta tion des bron ches et des pupilles; une aug men ta tion du taux de sucre dans le sang. En un rien de temps, la per sonne devient en état de sur vie, prête à fuir ou à trou ver des solu tions pour se défendre. Le stress est donc une réac tion nor male de l orga nisme à un agent phy si que ou psy cho lo gi que. Il se tra duit par cer tains com por te ments ou par cer tai nes atti tu des, tant chez la vic time que chez le secouriste. 30 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

42 Réactions pos si bles de la victime La vic time peut réagir de dif fé ren tes façons à un agent stres sant. Le secou riste devra donc ajus ter son com por - te ment en fonc tion de la ou des réac tions qu il cons tate, c est-à-dire: Fuite: La vic time peut nier la gra vité de la situa tion et refu ser l aide du secou riste. «Tout va bien, je n ai rien. Je n ai pas besoin d aide.» Abandon: La vic time peut se rési gner à mou rir, même si, appa rem ment, sa vie n est pas en dan ger. Elle ne se bat plus. Le secou riste aura de la dif fi culté à obte nir sa col la bo ra tion pour lui per met tre de s en sor tir. «Je vais mou rir, il n y a rien à faire. Ça ne vaut plus la peine.» Agressivité: La vic time peut être hos tile et peut même s oppo ser aux secours qu on lui offre. Elle peut crier, inju rier le secou riste ou ten ter de le frapper. Combat: La vic time peut être posi tive et col la bo rer avec le secou riste. C est l atti tude qui faci lite le plus l inter ven tion du secouriste. Réactions pos si bles du secouriste Dans une situa tion d urgence, le temps de réac tion, la pensée et l effi ca cité sont affec tés au plus haut point. Dans de tel les cir cons tan ces, la réponse émo tion nelle du secou riste peut se tra duire de l une ou l autre des façons suivantes: Effet tun nel: Le secou riste ne per çoit plus ce qui se passe autour de lui. Son champ de vision et son ouïe dimi nuent. Il ne voit et n entend que ce qui est directe ment lié à la source de son stress, par exem ple la bles sure ou les cris de la victime. Étirement du temps: Pendant le dérou le ment de l inter ven tion, les minu tes sem blent deve nir des heures, par ti cu liè re ment dans l attente des ren forts ou des secours. INTERVENTION 31

43 Manifestations phy si ques: L orga nisme est en état d alerte et cela peut se tra duire par des trem ble ments incon trô la bles ou des nau sées subites. Désordre géné ral: Le secou riste veut tout faire à la fois. Il oublie des élé ments impor tants: sa mémoire le tra hit. Ce type de réac tion est le plus nui si ble, car, sou vent, il gêne le dérou le ment de l inter ven tion. Par exem ple, le secou riste omet, en tout pre mier lieu, d éva luer le dan ger et il essaie de récu pé rer un compa gnon de tra vail incon scient dans une fosse septi que, sans pro tec tion respiratoire. Fuite: Le secou riste nie la gra vité de la situa tion et le besoin qu on a de lui. À la suite d un acci dent, il ne se pré sente pas sur les lieux, pré tex tant que les secours sont déjà sur place, même s il ne peut pas en être sûr. Abandon: Le secou riste arrive à la con clu sion qu il n y a plus rien à faire, qu il est trop tard. Combat: C est l atti tude qui per met l inter ven tion. Le secou riste se dit: «J y vais, je peux aider les person nes qui en ont besoin. Je vais faire tout ce que je peux.» L ins tant où le secou riste choi sit d inter ve nir ou non est le plus cri ti que. Une fois sa déci sion prise, il est habi - tuel le ment en mesure d agir en con trô lant son stress. Le secouriste doit cepen dant tou jours se rap pe ler que la pru dence reste une prio rité. Il ne s agit pas de jouer les héros. Gestion du stress La ges tion du stress en situa tion d urgence peut faire toute la dif fé rence quant à la qua lité de l inter ven tion. Une pré - pa ra tion men tale appro priée et la pra ti que régu lière d exercices de mise en situation de premiers secours peu - vent per met tre de réagir adé qua te ment. On peut dimi nuer sen si ble ment les effets néfas tes du stress en le com pre nant 32 SECOURISME EN MILIEU DE TRAVAIL

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