La Réserve naturelle nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain fête ses 30 ans

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1 La Réserve naturelle nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain fête ses 30 ans

2 CDPNE Comité Départemental de la Protection de la Nature et de l Environnement 1, avenue de la Butte Blois Tel. : Fax : Courriel : Site internet : Cette brochure peut être téléchargée sur le site internet du CDPNE

3 Sommaire Introduction 3 Les actions conduites et les partenariats mobilisés 5 Le lancement du livre «Chemins de réserve» 9 Les visites sur la réserve 13 Le spectacle «Le Petit Bois du Riatt» 15 Les conférences 17 Introduction 17 La réserve nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain : présentation et objets remarquables 19 La réserve nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain : histoire de sa création 25 La réserve nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain : une gestation bien préparée 29 Histoire de la Maison de la Nature, maison de la réserve 33 Réserves naturelles et évolution de la conservation 35 «Quand Grand-Pierre raconte à Vitain» : vingt millions d années d histoire 47 Quelle évolution pour la vallée de la Cisse depuis ans? 57 Le site archéologique de la «Grand Mesle» - La «Grand-Mesle» et la réserve dans l environnement archéologique régional 63 Biodiversité et réserves naturelles 75 Les ateliers pour enfants et adolescents 82 Le film «Espaces naturels et biodiversité» 83 Les animaux de race rustique et présentation de chiens de berger 85 L exposition photographique 87 Au-delà de «Grand-Pierre et Vitain» 91 Pour conclure 93 1

4 Paysages de «Grand-Pierre et Vitain» Education à l environnement L histoire et les origines du site La gestion et les études 2

5 Introduction La réserve naturelle nationale des vallées de la Grand Pierre et de Vitain a été créée par arrêté ministériel en Depuis sa création, le Comité Départemental de la Protection de la Nature et de l Environnement (CDPNE) en est l organisme gestionnaire. La réserve a célébré cette année ses 30 années d existence : 30 ans de protection, 30 ans de conservation, 30 ans d inventaires, 30 ans d études, 30 ans de négociations, 30 ans de partenariats, 30 ans d éducation à l environnement, bref 30 ans de gestion d un site naturel remarquable situé en «Petite Beauce», îlot de nature et mosaïque de milieux atypiques dans un paysage dominé par la grande culture. Pourquoi célébrer cet anniversaire? Les raisons sont multiples. Sensibiliser aux enjeux de la protection de la biodiversité : si le terme de biodiversité, apparu à la fin des années 1980, est désormais largement connu et utilisé, les enjeux associés à la sauvegarde de la diversité du vivant restent encore très insuffisamment intégrés dans les consciences et les pratiques courantes aux échelons individuels et collectifs. particulier la mise en place d une trame verte et bleue. L Assemblée Générale des Nations Unies a déclaré 2010, Année internationale de la biodiversité. Dans ce contexte, il nous a paru essentiel de poursuivre par une action emblématique, la célébration des 30 ans de la réserve, notre effort de sensibilisation auprès du grand public. Rappeler l histoire, l origine du site et ses intérêts : en plein cœur de l openfield céréalier de la région de «Petite Beauce», la réserve est un espace refuge pour la faune et la flore. La diversité, l alternance et la répartition en «mosaïque» des milieux qui la composent sont autant de particularités : nombreuses zones de transition et de lisières, alternance de bois humides et de marais en fond de vallée, ainsi que des pelouses et fruticées à buis d aspects méditerranéens sur le plateau. Près de 20 % de sa surface sont couverts d habitats d intérêt européen. La réserve présente également un patrimoine géologique intéressant avec sa vallée sèche, héritage de la dernière glaciation. Criquet des rocailles La France s était fixé pour objectif de stopper la perte de biodiversité à échéance Or, la biodiversité reste non seulement menacée, mais est en voie de régression rapide. S il peut y avoir désaccord sur les chiffres et les délais, les scientifiques pensent que le taux actuel d extinction des espèces est plus élevé et plus rapide qu il ne l a jamais été par les temps passés. Il y a consensus sur le fait que l homme en est la cause, par la fragmentation des habitats et/ou la destruction des écosystèmes abritant ces espèces. La biodiversité a été au cœur des discussions du Grenelle de l Environnement qui prévoit plusieurs actions pour organiser la sauvegarde de la biodiversité, en Cabane néolithique Enfin, les pelouses sur calcaire du plateau de la Grand-Mesle sont imprégnées de l histoire rurale du site : elles ont servi de parcours à moutons dès le Néolithique et abritent la plus grande nécropole protohistorique de la région Centre, ce qui lui vaut d être classée au titre des monuments historiques depuis Ainsi, si la réserve naturelle fête aujourd hui les 30 ans de son classement, son histoire à l échelle de l occupation humaine a débuté bien avant, dès le Néolithique il y a 6000 ans de cela, et à l échelle géologique, il y a environ 20 millions d années. 3

6 Faire connaître le travail de gestion d un site naturel protégé : on pourrait croire que gérer un espace naturel consiste à ne rien faire, à laisser la nature se développer spontanément sans intervention humaine. La réalité est tout autre. De nombreuses activités sont conduites : la conservation, les inventaires du patrimoine naturel et les suivis scientifiques, les actions d éducation à l environnement, et même certaines activités économiques telles que la sylviculture extensive ou la chasse qui est autorisée sur la réserve de «Grand-Pierre et Vitain» (ce qui n est pas le cas sur toutes les réserves). Ainsi, gérer une réserve, c est choisir d agir (ou non) pour conserver voir augmenter sa valeur patrimoniale, en maintenant des activités traditionnelles ou parfois en utilisant de façon encadrée des techniques modernes, en accompagnement des processus d évolution naturel. Ces actions de gestion et de suivi sont définies dans le cadre du plan de gestion de la réserve, élaboré pour une durée de 5 ans. Mettre à l honneur les nombreux partenariats développés : depuis la création de la réserve, de nombreux liens se sont tissés avec les acteurs socio-économiques de la réserve propriétaires privés, communes (la réserve est implantée sur les communes d Averdon et de Marolles), communauté d agglomération- Agglopolys, associations. Ces partenariats sont indispensables pour mener à bien le plan de gestion (près de 90% des surfaces de la réserve sont sur des terrains privés). Grâce au soutien des collectivités (Région, Département, Agglopolys, commune) et au soutien de fondations privées, la Maison de la Nature dédiée à la réserve a été créée à proximité de la réserve sur la commune de Marolles. Elle constitue une importante source d informations sur les richesses du patrimoine local ; elle propose une muséographie originale fondée sur l interactivité, permettant de donner les clés de lecture et de compréhension de la réserve naturelle. C est tout naturellement autour de la Maison de la Nature et de la Réserve qu a été organisée la manifestation. Nous avons également souhaité mettre à l honneur nos partenaires principaux et les organismes intervenant dans la protection de la nature en leur proposant d échanger avec le public dans le cadre d un espace stands. Présenter le travail original conduit depuis plusieurs années sur la thématique «art et nature» : L Ecole d art de Blois-Agglopolys et le CDPNE ont tissé des liens depuis 2005, période correspondant à l élaboration de la commande publique faite à Michel Blazy, pour la création d un parcours artistique sur la réserve. Depuis, les initiatives visant à développer les projets d éducation à l environnement autours des thèmes art et nature se sont multipliés. Elles ont été présentées lors de la manifestation, à l occasion, notamment du lancement du livre «Chemins de réserve» qui présente des regards croisés d artistes et de scientifiques sur la réserve de «Grand-Pierre et Vitain». Faire découvrir la richesse de ce patrimoine à un public le plus large possible : élément cardinal du patrimoine naturel, seule réserve naturelle nationale du département, «Grand-Pierre et Vitain» reste encore peu connu du grand public. Malgré le développement des actions d éducation à l environnement, en particulier à destination des publics d âge scolaires, de nombreux blaisois ignore la présence de la réserve localisée à une dizaine de kilomètres au Nord de Blois. Or, nous pensons que la connaissance du patrimoine naturel par le plus grand nombre est une des conditions de sa sauvegarde : connaître pour comprendre, comprendre pour respecter et protéger la richesse de cette biodiversité et géodiversité. C est pourquoi, nous nous sommes attachés à proposer un programme tout public où chacun puissent puiser son inspiration : avertis et non-initiés, jeunes et moins jeunes, pour découvrir en famille, de façon conviviale et ludique, le patrimoine de «Grand- Pierre et Vitain» et les enjeux de sa conservation. 4

7 Les actions conduites et les partenariats mobilisés Les actions conduites à l occasion de cette manifestation résultent d une mobilisation forte de l équipe du CDPNE (administrateurs bénévoles et salariés) et des nombreux partenaires et bénévoles qui nous ont soutenu dans notre projet. L organisation en interne C est en début d année, lors de la réunion du Conseil d administration du 15 janvier 2009, que furent arrêtés la décision et les contours de la manifestation, ainsi que les partenariats potentiels. Les premières pistes de réflexion sont évoquées puis approfondies par thème dans le cadre de 7 groupes de travail chargés d approfondir chacune des thématiques proposée lors de la manifestation. Béatrice Faivre, étudiante en Master à Sup de Co La Rochelle, option environnement, rejoint le CDPNE pour un stage de 6 mois d avril à septembre et apportera une contribution déterminante dans l organisation de la manifestation. Groupe 1 - organisation des conférences (coordonnateur : Claude Le Doussal, participants : Jean-Claude Negrello, Georges Declerck, Béatrice Faivre) : il va élaborer le programme des conférences, trouver les intervenants et coordonner le travail avec les conférenciers. Groupe 2 visite insolite (coordonnateur : Claude Le Doussal, participants : Emeline Fay, Bruno Dumas, Béatrice Faivre) : l objectif est de proposer la découverte, dans le cadre d une randonnée de 3h, de lieux habituellement inaccessibles au public. Groupe 3 communication et relations extérieures (coordonnateur : Daniel Besnard, participants : Gilles Blanchard, Jean Rebours, Emmanuel Viora, André Guillemot, Pascale Coppin, Béatrice Faivre) : ce groupe sera chargé de définir le plan de communication et de prendre les contacts avec les médias locaux (presse, radio et télévision), ainsi qu avec les partenaires de la manifestation auxquels la tenue de stands sera proposée. Groupe 4 animations et ateliers pour les enfants (coordonnateur : Emmanuelle Viora, participants : Bruno Dumas, Gabriel Michelin, Béatrice Faivre) : son rôle sera de définir les programmes des animations à destination des scolaires (la journée du vendredi 18 septembre est destinée au développement d animation à destination des écoles de Marolles et d Averdon) et le programme à destination des enfants et adolescents durant la journée du samedi 19 septembre en partenariat avec le CJNA (Club Jeune Nature Animaux de Marolles) qui en assurera l animation. Groupe 5 présentation et lancement du livre «Chemins de réserve» (coordonnateur : Pascale Coppin, participants : Alain Goulesque directeur de l école d art de Blois-Agglopolys, Claude Le Doussal, Emeline Fay, Béatrice Faivre) : l objectif est de finaliser l ouvrage présentant les regards croisés d artistes et de scientifiques sur la réserve, pour en permettre sa présentation lors de la manifestation, d en d organiser le lancement et les relations avec les auteurs du livre. Groupe 6 création d un film sur la gestion d espaces naturels (coordonnateur : Pascale Coppin, participants : Daniel Besnard, Emeline Fay, Béatrice Faivre, avec le concours d Eric Samson-Graine Centre) : la création de ce film vise à expliciter les enjeux de la sauvegarde de la biodiversité et les activités conduites en matière de gestion de site naturel, de relation avec les acteurs socio-économiques locaux et d éducation à l environnement, à partir de l exemple de «Grand-Pierre et Vitain». Ce film sera présenté en avant première lors de la clôture de la manifestation. Groupe 7 action spécifique à destination des trentenaires (coordonateur : Jean-Claude Negrello, participants : Alain Quillout, Solange Matheron, Béatrice Faivre) : clin d œil aux trente ans de la réserve, nous décidons de lancer une action spécifique à destination des trentenaires en leur proposant de devenir parrains de la réserve et en proposant une journée spécifique de découverte de «Grand- Pierre et Vitain» et de réflexion sur la prise en compte des problématiques d environnement au cours des 30 années écoulées et de prospection sur les 30 années à venir. Malgré un effort de communication important autour de ce projet, le faible nombre d inscrits ne permettra pas de le mener à son terme. 5

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9 D autres idées furent par la suite exprimées et intégrées au projet de manifestation : expositions thématiques, expositions de photographies sur la réserve, diaporama, présentation d animaux de races rustiques et démonstration de chien de berger, visites guidées régulières de la réserve sur le sentier de découverte, promenade en calèche, jeu concours avec à la clé la possibilité d un vol en montgolfière pour découvrir le patrimoine local vu du ciel, intervention d une troupe spécialisée dans les spectacles en plein air La synthèse des groupes de travail permettra d aboutir au programme de la manifestation qui fut arrêté et validé en conseil d administration lors de sa réunion du 4 mai Les partenaires financiers de la manifestation L organisation de cette manifestation n aurait pu être possible sans le soutien financier de nos partenaires publics qui ont tous répondu favorablement au projet. Nous les en remercions chaleureusement : Le Pays des Châteaux dans le cadre de son programme Leader «L excellence territoriale comme vecteur de développement du Pays des Châteaux». Le projet a été présenté et validé lors du Comité de programmation du Pays des Châteaux réuni le 30 juin Le comité a souhaité qu au-delà de la manifestation, les 30 ans de la réserve soit aussi l occasion de prolonger la communication vers les écoles sur les actions d éducation à l environnement conduites à la Maison de la Nature et de la réserve, et que les outils développés pour la manifestation (film, exposition photo) soient ensuite réutilisés et diffusés le plus largement possible. Le Conseil Général de Loir-et-Cher qui développe une politique de protection et de sensibilisation et d ouverture au public des espaces naturels, dans le cadre en particulier des Espaces Naturels Sensibles, a soutenu le projet «Grand-Pierre et Vitain fête ses 30 ans» et apporté un appui en matière de communication. Nous le remercions également pour le prêt de l exposition sur les oiseaux du Loir-et-Cher. La communauté d agglomération de Blois- Agglopolys sur le territoire de laquelle se trouve la réserve naturelle de «Grand-Pierre et Vitain» et qui s investi depuis plusieurs années dans la rénovation et le fonctionnement de la Maison de la Nature a soutenu la manifestation et s est investit sur les volets logistiques et de la communication. L établissement public régional «Ecopole», qui a vocation à soutenir les actions menées collectivement par les acteurs de terrain, en particulier le milieu associatif, telles que par exemple la création d outils mutualisables, a soutenu le projet de création du film sur la gestion d espaces naturels. Tout comme le Pays des Châteaux, la Région a souhaité qu un effort particulier soit réalisé pour accompagner la sortie et la diffusion du film. Enfin, la DIREN Centre (Direction Régionale de l Environnement), service déconcentré de l Etat qui assure, entre autres missions, le suivi de la gestion des réserves naturelles nationales a également apporté une aide déterminante à la réalisation du projet. Les bénévoles et structures impliquées dans la manifestation De nombreux bénévoles 70 au total ont accepté de donner de leur temps pour construire cette manifestation. Plusieurs structures et organismes ont apporté leur soutien en termes de prêt de matériels, de logistique, de communication, ou ont donné de leur temps pour la tenue des stands lors de la manifestation. Nous les en remercions vivement. Les communes d Averdon et de Marolles et leurs comités des fêtes actifs et dynamiques tout au long de la manifestation, de la préparation au démontage, en passant par le tenue de stand ; Le Club Jeunes Nature Animaux de Marolles (CJNA) qui a assuré l encadrement des animations pour les enfants durant la journée du 19 septembre ; La ville de Blois pour le prêt de matériel et la communication ; L Ecole d art de Blois-Agglopolys et son directeur Alain Goulesque pour le travail important réalisé pour la réalisation et le lancement du livre «Chemins de réserve» ; Le Muséum d histoire naturelle de Blois pour le prêt de matériels et de collections ; Le Château de Blois pour le prêt de collections archéologiques ; Le lycée horticole de Blois pour le prêt de plantes vertes ; Les Réserves Naturelles de France (RNF) pour le prêt de documents ; Le Graine Centre pour le prêt de l exposition sur la biodiversité ; 7

10 Le CRJS et l Observatoire de l économie et des territoires pour le prêt de matériel ; Les médias : France 3 centre, la Renaissance du Loir-et-Cher, La Nouvelle République qui a soutenu l effort de communication tout au long de la préparation et édité un feuillet spécial de quatre pages dédié à la réserve et à la manifestation, la radio Plus FM qui a également été un relai efficace de diffusion de l information en amont de la manifestation et a permis la réalisation d une émission spéciale d une demi heure la semaine précédent l évènement. Nos remerciements les plus vifs vont également tout naturellement aux conférenciers, auteurs de l ouvrage «Chemins de réserve» et musiciens (Didier Chauveau et Jean Ducharme), photographe (Ahmed Debbouze) qui ont accepté de donner bénévolement de leur temps pour échanger et partager leur passion et leur expérience lors des 30 ans de la réserve. Réunion de bénévoles à la Maison de la nature Ahmed Debbouze Jean Ducharme et Didier Chauveau 8

11 Le lancement du livre «Chemins de réserve» L ouvrage «Chemins de réserve» Le projet de livre «Chemins de réserve» est né, avec la commande publique de la Réserve de Grand Pierre et Vitain portée par le CDPNE, et qui a abouti à la création du parcours artistique de Michel Blazy, inauguré en A cette époque, des liens se sont tissés avec l Ecole d Art de Blois- Agglopolys pour développer des projets culturels nouveaux autours de cet espace protégé et dans le respect des contraintes de conservation et des propriétés privées. Le CDPNE a alors confié à Alain Goulesque, directeur de l Ecole d Art de Blois-Agglopolys, la conception et la direction de la ligne éditoriale de l ouvrage «Chemins de réserve Voyage dans la réserve naturelle de Grand-Pierre et Vitain». Fruit de collaborations nombreuses et diversifiées, cet ouvrage présente les regards croisés portés par des artistes, des scientifiques ou gestionnaires de l espace sur la réserve. Il fut achevé à l été 2009 et publié pour un lancement à l occasion de la manifestation pour les 30 ans de «Grand-Pierre et Vitain». Les lieux sont couverts de chemins réels mais aussi de chemins de réserve, de chemins préservés, réservés Des chemins qu il faut poursuivre et ne plus suivre, des chemins qui se prolongent jusque dans les recoins de notre conscience et de nos savoirs ; le lieu c est aussi le territoire de nos imaginations, une réserve, un réservoir de sensations, d émotions, de connaissances. La réserve naturelle de Grand-Pierre et Vitain a cette qualité, c est un lieu recensé, un territoire protégé, un paysage «inventé» par l homme depuis bien longtemps, créé de multiples fois au gré de son parcours, au point de devenir le lieu même de sa fin. L immense nécropole, ce cimetière ouvert au paysage et mis en poupe sur l éperon de la Grand-Mesle, marque la fin du chemin de l Homme ancestral et le début d un autre chemin, celui-là plus spirituel, un au-delà de l Homme. Lorsque les chemins semblent s arrêter, d autres commencent, alors naissent des points de vue, des regards, des observations, des inventaires. Le lieu de promenade devient le lieu d une expérience, de sa propre expérience. L archéologue emprunte les chemins de l histoire, le botaniste celui des plantes, le géologue marche sur la terre ferme, l écrivain sur un tapis de mots, et nous, nous nous promenons sur toutes ces trames. [ ] Aujourd hui, l histoire de ce lieu se poursuit, chargé de ce qu apportent les uns et les autres. Nous livrons quelques unes des formes nées à la croisée de ces chemins de réserve.» Extrait du livre A la croisée des chemins, Alain Goulesque «Qu est-ce qu un lieu? Un territoire plus marqué qu un autre comme si le mot lieu ne pouvait qu être pointé du doigt sur une carte. Un territoire qui vient «en réserve» car visé en creux, pointé, cerné, encadré, sur le relief géographique d un territoire plus grand, par un pourtour qui le limite. [ ] Parcours sensible de la réserve en présence des auteurs Plusieurs des auteurs de l ouvrage ont accompagné le public sur «ces chemins de réserve» à l occasion d un parcours sensible jalonné d étapes de présentation de leur démarche artistique. Le parcours démarra au «Jardin des plantes mortes en pots» où Alain Goulesque présenta la démarche artistique de Michel Blazy, artiste plasticien qui s intéresse à la décomposition des matières organiques, à son cycle, à ce cycle de la matière et au-delà, aux relations entre la vie et la mort : ce jardin, c est l idée de faire un écho à la nécropole, de réaliser une espèce de mininécropole végétale ; ce sera aussi un espace protégé comme la réserve 1. Sur l éperon de la Grand-Mesle, Catherine Contour, chorégraphe, nous raconte : en novembre 2006, pendant une semaine, elle a vécu sur la réserve, 1 Michel Blazy 9

12 s est imprégnée de l ambiance de ces lieux, y a travaillé et puisé son inspiration au gré des rencontres avec l homme, l animal, en se fondant par le camouflage dans cet espace de nature, en observant le végétal. Au Pavillon du Musée de l Objet, lors du festival des éclectiques, elle présentera une performance chorégraphique issue de son travail de résidence sur la réserve. Ce soir du 18 septembre 2009, elle nous invite simplement à prendre quelques minutes, pour poser un autre regard sur le paysage : en s allongeant sur les pelouses de la Grand-Mesle, d autres lignes d horizon se présentent à nous, les graminées touchent le ciel et la nature chante de façon plus intime à nos oreilles. Près des sépultures, nous rejoignons le duo guitare-saxophone, Jean Ducharme et Didier Chauveau : ils ont composé la musique du film «Espaces naturels et biodiversité Regards sur la gestion conservatoire, l exemple de Grand-Pierre et Vitain» et nous présente ces morceaux de jazz dédiés à ces lieux. En chemin, nous découvrons les tables à offrande qui jalonnent le parcours artistique de Michel Blazy. Près du Charme : René Farabet, écrivain, nous plonge dans l univers d un conte fantastique «Promenade avec les ombres», qui nous entraîne sur des chemins jusqu alors inexplorés de la réserve. Dans cette promenade, les ombres sont vagabondes. En un capricieux va et vient, elles s étirent au-delà de leur forme, et se résorbent tout aussi brusquement. On ne cherchera donc pas en elles un reflet exact et cohérent des corps opaques censés les projeter. Elles échapent le plus souvent à leur plus ou moins illustres tuteurs (Rabelais, Borges Caroll, Gaignebet, Seignolle, Thoreau, Eco, Valéry, Marteau, Jacottet, Bachelard, Linné, Buffon, Rousseau, Parain, Flaubert, Deleuze, Guattari, Bec, Rosenthiel, Michaux, Ponge, Sans, Prévert, Camus, Holberg, Perrault, Dante, Shakespeare, Ovide, Lear, Claudel, Huysmans, Lascault, Castaneda, Goethe ). A l air penché de l italique, on pourra reconnaître ça et là quelques bribes de phrases authentiques, mais elles errent de manière évasive au sein d une pure fantaisie fantomatique 2. De retour, à la Maison de la Nature et de la Réserve, sous le grand barnum dressé à l occasion de la manifestation, les auteurs présents de l ouvrage nous livrent le travail qui a conduit aux «Chemins de réserve» : Philippe Maubert, botaniste CDPNE René Farabet, écrivain Claude Le Doussal, professeur honoraire de sciences de la vie / sciences de la Terre Bernard Boisson, photographe Catherine Contour, artiste chorégraphe Alain Goulesque, directeur de l école d art de Blois Stéphane Doré, directeur de l école nationale supérieure d art de Bourges, ancien conseiller pour les arts plastiques de la région Centre Alain Biet et Sylvie Renoux, professeurs à l école d Art de Blois-Agglopolys Le lancement du livre est conclu par une intervention d André Boissonnet, Vice-Président du Conseil Général de Loir-et-Cher, Bernard-Yves Messager, Vice-Président d Agglopolys et Daniel Besnard, Président du CDPNE. André Boissonnet, Daniel Besnard et Bernard-Yves Messager Sommaire du livre et édition A la croisée des chemins, Alain Goulesque Espaces naturels ou espaces culturels, Franck Bezannier Physionomie de la réserve, Pascale Coppin Portrait en image, Bernard Boisson Histoire de réserve (d après le livre sonore de la muséographie de la Maison de la Nature et de la Réserve) Une agriculture pastorale Claude Leymarios Un propriétaire sur la réserve Amiral Storelli La Maison de la Nature Jacqueline Gourault Le classement de la réserve Philippe Brisset Archéologie des territoires, Claude Leymarios Une commande artistique, Stéphane Doré Le commencement et la fin, Michel Blazy L essence d un paysage, Philippe Maubert L empreinte du temps, Claude Le Doussal Inventaires et suivis naturalistes, Olivier Grosselet Promenade avec les ombres, René Farabet Paysage-fiction, Marie-Céline Délibiot Danser avec le Paysage, Catherine Contour Des chemins pour apprendre, Alain Biet Sylvie Renoux Edition : CDPNE Sous la coordination d Alain Goulesque Format : 230 x pages couverture souple Date d impression : 2009 ISBN : Prix : 12 2 René Farabet 10

13 Visite sensible sur la réserve Alain Goulesque et le public attentif Catherine Contour La Grand-Mesle vue du sol Didier Chauveau et Jean Ducharme René Farabet Retour à la Maison de la Nature pour le lancement officiel 11

14 Les panneaux d explication sur la réserve 12

15 Les visites sur la réserve Faire découvrir le patrimoine naturel de la réserve ne pouvait s envisager sans un accompagnement sur le terrain. Des visites furent proposées au public tout au long de la journée. La visite insolite La réserve naturelle nationale de Grand-Pierre et Vitain est située sur des terrains majoritairement privés. Seul le sentier de découverte qui emprunte les chemins ruraux, est ouvert toute l année au public. A l occasion des 30 ans de la réserve, une visite insolite fut organisée. Le principe de cette visite étant de faire découvrir des lieux habituellement inaccessibles au grand public. arriver sur un pont offrant une vue d ensemble sur la vallée de la Cisse. Le pont traversé, retour sur des pelouses calcicoles riches en genévriers (espèces plutôt méditerranéennes). Une randonnée de 3 h, conduite par Claude Le Doussal, Vice-président du CDPNE, avec le concours de Bruno Dumas, garde-animateur au CDPNE et Christine Arlot-Chasseguet, qui a réalisé le premier plan de gestion de la réserve, fut l occasion de découvrir la diversité de ces paysages et la richesse de ces lieux. Près de 80 personnes se sont retrouvées de bonne heure ce samedi matin pour participer à cette visite insolite. Au bout du chemin, une voie sans issue, seule solution, traverser la Cisse sur un barrage aménagé pour l occasion et remonter sur l autre rive à l aide d une corde..traversée sans encombre! Au départ de la Maison de la nature, un premier sentier communal fut emprunté ; traversant les champs entourant la réserve, permettant dès le début de la randonnée, d expliquer le cadre géographique de la Réserve (début de la Beauce) et d en expliquer les intérêts de protection et de préservation du site. Après quelques pas dans les premières forêts de chênes sur le coteau sud de la vallée sèche, le milieu se découvre et laisse apparaître les premières pelouses calcicoles dites «de Marolles», refuges de nombreuses espèces d orchidées sauvages et nombreux papillons symboles de la qualité de ces milieux. Arrivés en limite ouest de la Réserve, la voie ferrée fut longée sur quelques dizaines de mètres pour A partir de là, retour sur le chemin habituel, traversant les tunnels de buis, un ilot forestier de vieillissement pour arriver sur la pelouse de «la Grand Mesle» point central de la Réserve qui accueille la plus grande nécropole protohistorique de la Région Centre. Retour par le sentier rural fléché jusqu au point de rencontres avec un spectacle en plein air de la troupe du «Vent des Riatt», puis retour au point de départ. 13

16 Les visites accompagnées du sentier de découverte Tout au long de l après-midi, les chargés d études du CDPNE se sont relayés pour accompagner des groupes de 20 à 40 personnes sur le sentier de découverte public de la réserve : départs toutes les demi-heures pour une promenade commentée de deux heures sur la réserve. Les panneaux d explication Et pour les flâneurs, les solitaires, les adeptes de la promenade individuelle ou familiale en temps libre, des panneaux explicatifs furent présentés tout au long du sentier de découverte. 14

17 Le spectacle «Le Petit Bois du Riatt» La compagnie le «Vent du Riatt» propose une démarche artistique originale mêlant les rats de la rue aux espaces naturels. Ils invitent le spectateur à une rencontre inédite avec la nature, où se mêlent le concret et l imaginaire. C est par cette approche, en créant des parcours oniriques impliquant le public, à travers l imaginaire, qu ils cherchent à sensibiliser le spectateur à la fragilité d l environnement. Le spectacle «Le Petit Bois du Riatt», est une promenade où musiciens, conteurs, jongleurs et acrobates se fondent dans le milieu naturel, dans une ambiance poétique où se crée un univers sensible et hybride, au sein duquel les éléments fondamentaux, la faune et la flore s équilibrent pour chercher l harmonie. La compagnie s est produite pendant plus de deux heures sur la réserve, accueillant plus de 200 spectateurs, adultes et enfants émerveillés (et quelques dizaines de moutons!) 15

18 Pascal Gaultier Journaliste et directeur de Plus-FM 16

19 Les conférences Fêter les trente ans de la réserve ne pouvait se faire sans que des conférences tout public apportent un peu des nourritures spirituelles parmi nombre d activités terrestres et ludiques. Il ne s agissait pas de reproduire un colloque tel que celui sur «La gestion des pelouses calcicoles» de novembre Si une présentation de la réserve dans ses divers aspects s imposait, l idée d évoquer sa gestation, sa naissance et son premier âge apparut vite évidente. Les précurseurs, Jacques Hesse et Christine Arlot-Chasseguet, sollicités, acceptèrent d évoquer les temps premiers et la volonté initiale du CDPNE ; ils furent accompagnés par Michel Pommier, maire de la commune de Marolles à cette époque. Claude Henry, autre précurseur - il rédigea le premier dossier de demande de classement ; manuscrit, ce dernier fut refusé, et fin connaisseur de la réserve, centra son intervention sur un domaine qui lui est cher et qu il maîtrise parfaitement : la connaissance de la biologie des espèces et la pratique de la conservation. Sans se désintéresser de la nécropole de la Grand-Mesle classée au titre des Monuments Historiques, la préoccupation principale fut, pendant trente ans, la gestion de la biodiversité, habitats et espèces. Récemment, un regard nouveau s est tourné vers la géomorphologie et le sous-sol de la réserve, révélant une histoire ancienne intéressante, notamment celle de la formation des deux vallées. Jean-Jacques Macaire précisa les hypothèses correspondantes ainsi que la possible influence des activités humaines depuis ans sur les alluvionnements. Jackie Despriée, archéologue bien connu, devait intervenir à propos de la nécropole de la «Grand-Mesle» ; ses engagements dans les recherches relatives aux premiers peuplements européens l en empêchèrent. Roland Irribarria accepta de le remplacer, pratiquement au pied-levé, et exposa deux points : le site archéologique de la Grand-Mesle et la Grand-Mesle et la réserve dans l environnement archéologique régional. Pour clore le corpus d exposés, une mise en perspective de «Grand-Pierre et Vitain» dans la gestion de la biodiversité à l échelle nationale est vite apparue incontournable ; ce fût l objet de la conférence de Michel Chantereau qui développa divers aspects relatifs aux différents types de biodiversité dans les réserves naturelles, et au choix du gestionnaire, point capital pour tout organisme assurant, pour l Etat, la gestion d une réserve. Pascal Gaultier, journaliste et directeur de Plus FM, la radio du Loir-et-Cher, fut l animateur efficace et le modérateur averti de cette demi-journée. Claude le Doussal Vice-président du CDPNE Organisateur et coordonnateur des conférences 17

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21 La réserve naturelle nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain : présentation et objets remarquables Claude LE DOUSSAL Vice-président du CDPNE de Loir-et-Cher , trente ans, déjà!. Quel anniversaire. La réserve de trente ans est la plus belle pour parodier Balzac. C est aussi le 30e anniversaire de la directive «Oiseaux», premier texte législatif de l Union Européenne en faveur de la protection de la nature et fondateur du réseau Natura Ainsi, naît par le décret n du 23 août 1979 la Réserve naturelle nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain ; le CDPNE, initiateur, en devient le gestionnaire naturel. Depuis, sa carte de visite s est enrichie : ZNIEFF, ZICO, centre du Site d importance communautaire «Vallée de la Cisse en amont de Saint-Lubin» (NATURA 2000 Directive «Habitats ). Le plus souvent appelée par son diminutif «Grand-Pierre et Vitain», elle habite, entre Beauce et Val de Loire, en Petite Beauce sur les communes de Marolles et Averdon. Son corps, de 297 hectares, composé de propriétés communales et privées, est charpenté par un plateau «sillonné» par la vallée de la Cisse et la célèbre vallée sèche de la Grand-Pierre. Ces deux vallées délimitent un plateau triangulaire, l éperon de la Grand-Mesle». L intérêt premier : une mosaïque de milieux et un îlot de biodiversité Contrastant avec l openfield céréalier environnant, la réserve est un refuge ; ses richesse floristique et faunistique s expliquent facilement. Si les pelouses calcicoles sur le plateau et sur les pentes constituent l intérêt majeur et sont pour une part importante à l origine du classement, la diversité des habitats, composant un paysage étonnant, est remarquable : milieux forestiers (plus des deux tiers de la surface : futaie, forêt de pente, bois, fruticées, îlots forestiers de vieillissement, vieux arbres isolés, arbres à cavités ), marais et prairies humides (souvent plantées de peupliers et aujourd hui dans un état critique), rivière Les habitats d intérêt européen (54 ha, près de 20% de la superficie) sont l objet d une attention toute particulière, notamment, la végétation pionnière des dalles calcaires, les pelouses calcicoles rases et denses et les fourrés à Genévrier. 19

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23 L habitat emblématique de la réserve : les pelouses sèches sur calcaire, d une biodiversité animale et végétale exceptionnelle Sur les pelouses calcicoles, les fourrés à Genévrier habitat d intérêt européen 21

24 Au-delà des composants environnementaux fondamentaux liés à la biodiversité, peuvent être également appréciées, sur le plateau, les étapes de l évolution de la végétation sur substrat calcaire : de la colonisation de la roche nue à la forêt. Conserver ce patrimoine naturel et gérer la biodiversité constituent les obligations du gestionnaire. Dans ce cadre, l entretien des pelouses calcicoles, parcours à moutons du Néolithique jusqu en 1950 environ, se fait par pâturage extensif avec des races rustiques. Les brebis de race «Solognote» appartiennent au CDPNE, les «Berrichons de l Indre» à Serge Lubineau, berger professionnel indépendant. La forme et le dessous L intérêt géologique réside dans la géomorphologie du paysage : deux vallées, héritage des glaciations au Quaternaire, l une «mouillée» et l autre sèche, et dans l histoire très ancienne de son plateau en Calcaire de Beauce, socle de la réserve et de la Petite et Grande Beauce (se reporter à «Vingt millions d années d histoire» et «Evolution possible pour la vallée de la Cisse depuis ans»). 22

25 «La Grande Mesle», monument historique L intérêt archéologique réside dans la nécropole de «La Grande-Mesle» (ou «Grand-Mesle», parcelle classée au titre des Monuments Historiques par décret en novembre 1975). Les fouilles effectuées en 1985 ont conduit à dater certaines tombes de la Protohistoire (Age du Cuivre et Age du Bronze). L environnement néolithique de la réserve pose la question de l âge premier de la nécropole.(se reporter à «Le site archéologique de la Grand-Mesle. La Grand-Mesle et la réserve dans l environnement archéologique régional» L Art et la Nature Initiée par le CDPNE, la commande publique pour la réserve naturelle «Grand-Pierre et Vitain» a retenu l artiste contemporain Michel Blazy. Les composantes de son œuvre, créée en , installée sur le sentier de découverte de la réserve, constituent le parcours artistique. Cette approche «sensible», au lien tissé avec l existence de la nécropole, attire l attention sur le cycle naturel qui lie le vivant et le mort (l inerte), cycle de la matière pour les scientifiques. Ce qu écrit de très belle manière Michel Blazy dans le «Jardin des plantes mortes en pot» 23

26 La Maison de la Nature, maison de la réserve Incontournable. Point d accueil et porte d entrée de la réserve, elle est avec ces divers espaces : muséographie (introduction ou synthèse d une visite), ateliers, bibliothèque un lieu d information et un point d ancrage pour la sensibilisation du public et l éducation à l environnement. Ainsi, ces diverses composantes patrimoniales :habitats-flore-faune, géologique, archéologique, artistique, font de la réserve un espace où Nature et Culture s anastomosent. Tournons-nous à nouveau vers Michel Blazy : Le CDPNE de Loir-et-Cher, organisme gestionnaire de la réserve «Grand-Pierre et Vitain» adhère à l association «Réserves Naturelles de France», association loi RNF coordonne et anime le réseau des gestionnaires de réserves naturelles, favorise des échanges de connaissances scientifiques et d'expériences de gestion, défend les réserves naturelles, les fait connaître valorise leur image auprès du public. L'association développe également des relations avec d'autres espaces protégés, des scientifiques, administrations, élus, médias, en France et à l'étranger et Photos CDPNE et C. LE DOUSSAL 24

27 La réserve naturelle nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain : histoire de sa création Jacques HESSE Editeur. Conseiller écologue ( ) CDPNE ( ) Les limites de cette histoire Lorsque Claude Le Doussal m a proposé de présenter une histoire de la création de la réserve naturelle de la Grand Pierre et de Vitain, j ai dû me replonger d évidence dans une histoire vieille de plus de trente ans, pratiquement quarante, et dont j ai été un des acteurs et coordinateurs. Je comptais retrouver certaines archives notamment, les comptes-rendus des années 70 du conseil d administration du Comité départemental de la protection de la nature et de l environnement de Loir-et-Cher (CDPNE) et l ensemble du dossier de classement. Hélas, malgré les recherches faites au Comité, impossible d en retrouver la moindre trace. Seuls sont disponibles les comptes-rendus des assemblées générales des années 70, lesquels ne contiennent que des informations succinctes. J ai fait appel, sans succès, à d anciens membres de l époque du conseil d administration du CDPNE, Etienne Schricke, alors président, Robert Gillet, Claude Leymarios, sans succès. Rien non plus dans les documents relatifs au CDPNE déposés aux Archives par Jean Martin-Demézil, un de ses administrateurs, alors directeur des Archives départementales. Je tiens à remercier Christine Arlot, Claude Henry, Claude Le Doussal, Claude Leymarios, pour un certain nombre d informations qu ils m ont apportées, et Jacqueline Brossillon qui s est acharnée à me trouver ce qu elle pouvait comme documents restant encore archivés au CDPNE. Placé temporairement en position d historien (que je ne suis pas), j ai donc été frustré de n avoir pu accéder à des documents de base, pourtant relativement récents, pour étayer mon propos de façon encore plus précise. J espère néanmoins que ma mémoire complétera de façon assez objective, et peut-être inédite, l histoire de cette création. L idée d une réserve L idée d imaginer des mesures de protection à la Vallée de la Grand Pierre et Vitain remonte à Une demande de classement de l éperon de la Grand Pierre est faite au titre des Monuments Historiques, proposée par Claude Leymarios et Jacky Despriés, après un inventaire des mégalithes du Loir-et-Cher. Un dossier concernant l intérêt biologique du site est fait en même temps par Claude Henry, au titre de la Société d études et de protection de la nature du Loir-et-Cher, alors qu il n existe pas de dispositif législatif concernant cet aspect. L idée était de profiter d un classement dans le cadre d un intérêt historique et culturel pour que le site bénéficie en même temps d une certaine protection sur le plan naturel. Dans un premier temps, ce projet n a pas abouti à des mesures concrètes à cause d un vice de forme concernant des données erronées sur des superficies de parcelles. Le dossier sera ensuite repris pour une seule parcelle appartenant à la commune d Averdon, La Grande Mesle, classée au titre des Monuments Historiques le 4 novembre Une structure départementale de l environnement en 1971 En 1971, une circulaire de Robert Poujade, le tout premier ministre de l Environnement, demande aux préfets de créer des comités de l environnement regroupant des élus et des partenaires proches des préoccupations environnementales (associations de protection de la nature, représentants agricoles, cynégétiques, etc.). Un tel comité informel voit le jour dans le Loir-et-Cher, avec en première ligne Etienne Schricke, conseiller général de Lamotte-Beuvron, vétérinaire et naturaliste passionné. Sous son impulsion, ce comité informel est vite transformé en association le 7 décembre Etienne Schricke en sera le président jusqu en En France, un seul autre département, le Haut-Rhin, prendra la même initiative. En parallèle, Etienne Schricke réussit à convaincre le préfet de créer un poste de conseiller écologiste, poste que j ai occupé à partir de septembre 1972, étant mis à disposition du Groupe d études et de programmation de la Direction départementale de l Equipement, le tout en travaillant étroitement avec le CDPNE. En 1975, je serai directement rattaché à la Préfecture, mis à disposition du CDPNE. 25

28 Une politique de réserves naturelles La création de réserves naturelles dans le département est un des objectifs majeurs initiaux du CDPNE. Dans ce cadre, en septembre 1973, je fais un déplacement en Grande-Bretagne afin d y explorer les conditions de création des réserves naturelles. Suite à cette mission, l idée reprise, faute de pouvoir acquérir alors des espaces, est d imaginer des conventions ou des accords locatifs d une certaine durée avec des propriétaires privés. Avec un succès variable, des actions ont été ainsi menées en Sologne et dans le Perche, sous forme d accords locatifs. Rappelons deux réalisations concrètes qui ont duré quelques années : en 1975, la réserve de Boisvinet (250 ha) dans le Perche, et en 1977 celle de La Chesnaye à La Ferté-Saint-Cyr en Sologne (90 ha). D autres projets proposés par des propriétaires privés n ont pas été suivis d effets. Une politique d études scientifiques Parallèlement à cette politique affichée de créer des réserves naturelles, le Comité s engage dès 1974 dans des études scientifiques pouvant aider à mettre en place, dans certaines régions, une politique d aménagement cohérente : études sur les cervidés et les mammifères de Sologne, étude hydrobiologique de la Cisse. La vallée de la Cisse devient rapidement un territoire particulièrement étudié. Dès 1973, la revue Science & nature publie un article Sites hstoriques et naturels à préserver dans la vallée de la Cisse de Claude Henry et moi-même, où le site de la Grand-Pierre et Vitain occupe une place importante. En 1974, est lancée un inventaire exhaustif des sites d intérêt écologique et phytosociologique dans la vallée de la Cisse, mené par Marie-Claude Terrasson, du Centre d Ecologie de l université Paris VIII, en partenariat avec le CDPNE. Ces sites inventoriés sont en priorité les pelouses calcicoles. Plus de trois cents relevés ont permis de mettre en évidence la raréfaction de ceux qui étaient en bon état, bon nombre subissant une dégradation (ouvertures de carrières, dépôts sauvages d ordures, urbanisation) entraînant souvent leur disparition à terme. L étude note que «certains sites sont dans un état encore remarquable, notamment le site de la Grand-Pierre, qui nécessiterait des mesures de conservation (classement en réserve naturelle).» Fin 1975, la Division paysage du Groupe d étude et de recherche du ministère de l Equipement fait une proposition au CDPNE. Il recherche un territoire de 10 à habitants, intéressant plusieurs communes proches d une ville moyenne, concernées par l évolution accélérée de l urbanisation, et avec un intérêt naturel certain. La vallée de la Cisse, avec vingt communes est ainsi retenue. L étude est conduite de 1976 à juin 1977 par Pierre André, urbaniste détaché auprès du CDPNE, travaillant en liaison avec la Direction départementale de l équipement. Une première phase a dressé un bilan de l évolution de la vallée de la Cisse, due principalement à la transformation de l agriculture et à la poussée de l urbanisation et a conduit à la réalisation de documents thématiques sur les sites naturels, l eau, l arbre, les paysages, les données socio-économiques, l urbanisation. Une seconde phase a permis l élaboration en d une Etude paysagère et écologique, dont une des propositions phares est la création d une réserve naturelle sur la vallée de la Grand-Pierre et de Vitain. Un document complémentaire spécifique sur ce site accompagne cette étude. L étude réalisée aura un retentissement dépassant le cadre du département : le Centre national d étude et de recherche du paysage organise à Blois, en collaboration avec la Direction départementale de l Equipement et le CDPNE, un séminaire de trois jours en juin 1977 regroupant une quarantaine de spécialistes, où l étude est particulièrement mise en valeur. Le CNRDP publiera en 1978 un article de huit pages sur l étude dans sa revue, Les Nouvelles du paysage. Vers la création de la réserve naturelle Evénement important à cette même période : le 10 juillet 1976 est votée la loi sur la protection de la nature. Ce qui permet d imaginer aussitôt le dossier de classement en réserve naturelle de la Vallée de la Grand Pierre et de Vitain. Le projet couvre une superficie d environ 300 hectares. Sur le plan foncier, le site comprend 58 propriétaires : la commune d Averdon (25 ha), les familles Archambault (135 ha) et Storelli (117 ha) et 55 propriétaires pour la vingtaine d hectares restants. Mais l action ne se limite pas au montage du dossier de classement. Des initiatives concernant l information, l aspect pédagogique, scientifique et la gestion du site sont simultanément prises en compte. Information Une information est faite sur un projet de réserve naturelle auprès des maires de deux communes concernées, dès mars Le 11 février 1977, a lieu une réunion d information des propriétaires à Averdon en présence du délégué régional à l environnement (présence de 80 personnes). En juillet 1977, une sortie est organisée sur le site à l initiative de la commune de Marolles, avec la participation du CDPNE et de la Société d études et de protection de la nature du Loir-et-Cher. Plus de 80 personnes y participent. 26

29 Projet pédagogique En 1977, le maire de Marolles propose la création d une Maison de la nature dans sa commune. Cette proposition rentrera dans un projet d animation plus vaste du CDPNE, sur l animation et l initiation scientifique à la nature dans le département, élaboré en 1977 et Un projet ambitieux est mis en chantier, incluant plusieurs partenaires : Fonds d intervention culturel du ministère de la Culture, ministères de la Jeunesse & sports & des loisirs, de l Education, de l Environnement, de l Agriculture, la Fondation de France, le département et la commune de Marolles. La Maison de la nature de Marolles sera inaugurée le 27 mai Projet scientifique À partir d octobre 1978, débute une étude financée par la Direction de la protection de la nature du ministère de l Environnement et du cadre de vie sur les associations végétales de la future réserve naturelle. Cette étude, menée par Christine Arlot du laboratoire d écologie végétale de l université d Orsay Paris XI Orsay, va se prolonger jusqu à la fin 1980 et doit en complément définir une gestion possible des différents milieux naturels du site. À cette fin, en décembre 1979, Christine Arlot et moi-même allons étudier en Grande-Bretagne des exemples de gestion de pelouses calcicoles et rencontrer des spécialistes. L étude de Christine Arlot fera ensuite l objet d une publication dans une revue scientifique nationale, le Bulletin d Ecologie (1981). Parallèlement, le CDPNE lance deux autres études : une sur les relations sol-végétation réalisée par Dominique Morand du laboratoire d écologie végétale de l université d Orsay Paris XI Orsay, l autre sur la faune vertébrée réalisée par Dominique Pilon. La procédure administrative de la création de la réserve Il faut attendre la signature du décret de la loi de 1976 pour entamer la procédure de classement. Ce décret d application est signé le 25 novembre Le dossier étant complet, l enquête publique a lieu très rapidement après, du 24 janvier au 22 février Les conseils municipaux d Averdon et Marolles donnent leur avis les 8 et 17 mars. Celui d Averdon s oppose au classement (7 voix contre 4 au conseil municipal), celui de Marolles est favorable. Le 10 mai, la Commission des sites, monuments et paysages donne un avis favorable. Le préfet transmet son rapport le 31 mai. Les avis de différents ministères (Intérieur, Agriculture, Défense, Budget) sont donnés fin 1978, celui du Conseil national de protection de la nature, organisme dépendant du ministère de l Environnement, le 23 avril Le 23 août 1979 est enfin signé le décret ministériel classant en réserve naturelle la Vallée de la Grand Pierre et Vitain. C est la toute première réserve créée en France selon les nouvelles dispositions de la loi de protection de la nature de Quelques jours plus tard, le 18 septembre 1979, le secrétaire d État à l environnement, François Delmas, visite le site en compagnie notamment du préfet Jean-Noël Hardy, d Etienne Schricke, président du Comité, de Kléber Loustau, président du Conseil Général, de Michel Pommier, maire de Marolles, Philippe Brisset, maire d Averdon. Claude Leymarios et moi-même avions également participé à cette visite. En novembre 1979, le thème de la première exposition réalisée à la Maison de la nature à Marolles sera «Le mouton en Beauce». Une amorce d information pour la future gestion de la réserve. En conclusion Ce survol permet de montrer que la création de la réserve naturelle des vallées de la Grand Pierre et de Vitain s est inscrite dans un projet de création d un réseau d espaces protégés dans le département par le CDPNE. Mis à part l opportunité de la loi sur la protection de la nature de 1976 qui a dynamisé le projet, il y a eu une volonté politique, une préparation locale mûrement élaborée, une mise en place de dispositifs pédagogiques et de communication, et un investissement scientifique donnant un cadre pour une acceptation locale de la réserve et une gestion appropriée du site dans la durée. Ce que résume fort bien les mots de François Delmas, le secrétaire d Etat à l environnement lors de sa venue : «Le classement de la Vallée de la Grand Pierre et Vitain, la réalisation de la Maison de la nature de Marolles sont significatifs de la volonté sérieuse du Comité de l Environnement. Le Comité a procédé d abord aux études, a fait l inventaire scientifique avant de motiver les mesures d ensemble. Ce n est pas toujours le cas. En second lieu, le mérite du Comité est d avoir obtenu l accord et la participation des collectivités locales, du Conseil Général, de l autorité préfectorale, des scientifiques et des défenseurs de la nature. Ici, ce consensus a été réalisé très tôt.» 27

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31 Christine ARLOT-CHASSEGUET La réserve naturelle nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain : une gestation bien préparée Docteur en écologie végétale, ingénieur horticole Direction des parcs et jardins, mairie de Tours A réalisé : - la première étude scientifique sur la réserve : «Etude phytosociologique des groupements végétaux de la réserve naturelle nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain» (DEA d écologie végétale, Université de Paris-Sud,. Centre d Orsay). - le premier plan de gestion en LE CONTEXTE DES ETUDES SCIENTIFIQUES Très en amont par rapport à la plupart des initiateurs de réserves et parcs naturels de l époque, Jacques Hesse et Claude Henry assistés de Philippe Maubert, botaniste et phytosociologue, avaient pressenti la nécessité d asseoir le projet de création de la réserve sur des bases scientifiques sérieuses intégrant dès l origine, un projet de gestion. En effet, à cette époque, on avait tendance à vouloir mettre la nature «sous cloche». Un programme de plus de deux ans a donc été mis au point. Des liens ont donc été rapidement créés entre l université (laboratoires d Orléans et d Orsay), la Direction Régionale de l Environnement (D.R.A.E à l époque) et le Ministère de l Environnement. C est dans ce contexte que l étude m a été confiée fin LES PHASES DE L ETUDE 1) Etude bibliographique (France, Europe) Peu après la sortie de la loi sur la protection de la nature en 1976 et de ses premiers décrets d application, le ministère souhaitait qu au-delà de la protection des espaces naturels, soit engagée une réflexion sur leur gestion future. C est pourquoi, la première phase de l étude a consisté en la compilation des données européennes sur l écologie des pelouses calcicoles et leur gestion, les anglais ayant été les pilotes en la matière. 2) Etude historique L analyse de l occupation des sols, connue depuis 1809 grâce au cadastre napoléonien, fût riche d enseignements à deux points de vue. Il montra d une part que, suite à l abandon du pâturage après guerre, la superficie occupée par les pelouses calcicoles, objet principal du classement en réserve, avait fortement diminuée suite à la colonisation arbustive et qu il convenait d agir vite pour conserver ce que nous appelons aujourd hui la «biodiversité». D autre part, croisée avec l étude phytosociologique, l étude historique montra également que les pelouses issues d anciennes terres de culture avaient une composition floristique et une dynamique bien différentes. 3) Etudes floristiques et faunistiques A la suite des travaux de Marie-Claude Terrasson et de Philippe Maubert, un inventaire floristique des végétaux dits «supérieurs» (angiospermes et gymnospermes) des 300 ha mis en réserve a été réalisé. Certains taxons repérés sur des sites voisins de la vallée de la Cisse manquaient à l appel sur la réserve De nouvelles espèces furent observées et leur phénologie décrite. Ce fichier avait pour but d être mis à jour tout au long de la vie de la réserve, en tant que témoin de l évolution du milieu naturel. A dire vrai, les pelouses de la Grand Pierre et de Vitain n étaient pas les plus riches de la région au niveau floristique. Par contre, l ensemble géomorphologique et paysagé formé par la confluence de la vallée sèche de la Grand Pierre et de la Cisse avec ce célèbre «éperon rocheux» s avérait tout à fait exceptionnel. L inventaire des champignons fut initié par Gaston Garnier ; celui des bryophytes (mousses et hépatiques), commencé par Jacques Bardat en 1991, se poursuivit en De même pour les très nombreux lichens, inventoriés par des spécialistes (cf. les actes du colloque sur la gestion des pelouses calcicoles de novembre 1999). Si j évoque cela, c est pour souligner l extrême richesse de la réserve dans ces trois catégories de végétaux et notre devoir de naturalistes d aller au-delà de l «image d Epinal» de l orchidée «rare» de nos pelouses calcicoles, qui garde néanmoins sa valeur symbolique. A la suite des investigations des naturalistes locaux, la première étude de la faune vertébrée fut réalisée par Dominique Pilon avec les conseils de Catherine Henry Epain, mammalogiste spécialiste du blaireau. Pour 29

32 les invertébrés, une première liste d insectes établie par Pierre Taupin et Marie-José Boudeau en 1979, a été largement complétée (cf. colloque de 1999). 4) Etude phytosociologique et cartographie L approche phytosociologique est riche d enseignements en ce qu elle permet d étudier à la fois l originalité des groupements végétaux mais aussi les relations dynamiques qui se développent au sein des communautés végétales. Les groupements végétaux sont le reflet du climat local (influences atlantiques ou médio européennes), du cortège floristique qui lui est lié et également des relations entre le sol et la végétation ; c est dans cet esprit que Dominique Morand, du laboratoire d Ecologie Végétale d Orsay, entreprit une description fine des sols de la réserve en fonction des types de groupements végétaux. Ces deux études conjointes, effectuées grâce aux moyens informatiques du même laboratoire d Orsay, ont notamment montré l influence de l épaisseur des substrats développés sur calcaire de Beauce au niveau des pelouses calcicoles et celle de l exposition pour les groupements arbustifs ou arborés. A la suite, une cartographie à l échelle du 1/5000 ème a été établie. (Les «alliances» phytosociologiques présentes sur la réserve ayant été mises en légende, la description d associations végétales aurait nécessité une étude plus vaste à l échelle de la région). Cette cartographie des groupements végétaux a été à la base du plan de gestion. En complément, des cartographies des peuplements boisés ont été réalisées en intégrant les notions d essences dominantes. Les terrains restant privés dans la réserve, l exploitation forestière en est libre sous réserve qu elle réponde à un plan de gestion ou qu elle respecte l ensouchement. Aussi qu elle ne fut pas ma très grande déception de constater quelques années plus tard la disparition du très fameux «bois d aubépine moussu» de la grand Pierre dont je ne retrouvais l ambiance extraordinaire que dans la «forêt de brume» du Brésil atlantique... (20 ans après, cf. les remarques de Franck Bezannier, sur les boisements lors du colloque de novembre 1999). Première cartographie des groupements végétaux. Christine Arlot,

33 UN «PLAN DE GESTION» EXPERIMENTAL Toutes ces données en main, il fallut inventer une méthode pour mettre au point un plan de gestion. L idée était de considérer la réserve dans son ensemble en tenant compte d une double contrainte ; d une part, celle des milieux naturels, qui étaient fort imbriqués et en constante évolution «dynamique» et, d autre part, celle de la juxtaposition d environ 300 parcelles cadastrales dont les limites ne correspondaient évidemment pas à la mosaïque végétale... D où l idée de superposer les «couches» de données : limites cadastrales, occupation du sol, dynamique des groupements végétaux (le système d information géographique artisanal à l époque...). La notion de «parcelle de gestion» devait intégrer le tout et permettre le maintien des surfaces en nature de «pelouse» en conservant ou améliorant leur diversité floristique et en contrôlant les phénomènes de colonisation arbustive en lisière ou dans les vallons. 1) Ebauche des premières conventions La plus grande difficulté, outre ma totale inexpérience en la matière, était l absence de maîtrise foncière. Des contacts ont été pris à l époque avec des organismes susceptibles de nous venir en aide (chambre d agriculture, F.D.S.EA.). En tant que gestionnaires de cette nouvelle réserve, nous savions que des travaux de fauche avec ramassage de l herbe ou la réintroduction du pâturage étaient indispensables à la survie de la «biodiversité» de l ensemble. A noter que seul l éperon rocheux avait une végétation assez stable (rôle majeur des lapins et sol peu épais). Pour ce faire, il fallait obtenir l autorisation des propriétaires, passer des conventions et trouver des moyens techniques et financiers pour réaliser nous même les opérations. Côté conventions, j ai souvenir de quelques longues négociations, pas toujours abouties. Côté technique, la surprise du représentant d une marque de tondo-broyeur ramasseur découvrant le site m est restée en mémoire... (il s agissait d une machine anglaise censée passer partout). Et puis aussi la découverte, en leur contrée, des moutons solognots supposés manger aussi les broussailles. La question de la chasse et de la régulation des espèces dites «nuisibles» comme le blaireau et le renard était également au cœur de bien des débats, ces animaux étant aussi emblématiques sur la réserve... 2) De la mise en place de parcelles d expérimentation à la gestion en vraie grandeur Dès la fin de la phase cartographique, des parcelles d expérimentation pour tester les effets de diverses modalités de fauche ont été mis en place avec des relevés floristiques. Ces essais se sont poursuivis sur plusieurs années. Rapidement aussi, les moutons, parrainés par des amis de la réserve sont arrivés, sous la conduite du premier garde animateur de la réserve, Jean-Pierre Chaussard. 3) Vers la création du premier comité de gestion présidé par le Préfet Le décret de création de la réserve évoqué par Jacques Hesse, mentionne, en son chapitre III, l institution d un comité de gestion de la réserve chargé d assister le Préfet pour son administration et son aménagement. Le préfet a nommé par arrêté les représentants des propriétaires, des communes, des services départementaux concernés, des associations de protection de la nature ainsi que des personnalités scientifiques. J ai souvenir de premières réunions épiques. Au fil des réunions, chacun apprenant à se connaître, les débats furent plus constructifs. Aussi, la loi de juillet 1976 trouvait là, en région Centre, un magnifique terrain expérimental, bien avant notre «Grenelle de l Environnement». Mais il est peut-être bon que l histoire se répète pour que les bases de la connaissance de nos richesses naturelles et de la façon de les conserver soient régulièrement rappelées et élargies à l échelle planétaire. Et puisque nous fêtons un anniversaire, que soient ici remerciées toutes les personnes qui m ont permis, à l époque, de découvrir «sur le terrain» cette démarche constructive qui me fut bien utile par la suite. Bibliographie ARLOT, C., 1979 Etude bibliographique pour la gestion des pelouses calcicoles. Ministère de l Environnement (publication interne). ARLOT, C. et J. HESSE J., 1981 Eléments pour une gestion d un milieu calcicole de plaine : l exemple de la réserve naturelle de Grand- Pierre et Vitain (Loir-et-Cher). Bulletin d Ecologie., 12, pp BEZANNIER, F., Principaux facteurs écologiques et associations végétales caractéristiques des la réserve naturelle des vallées de Grand- Pierre et Vitain. Actes du colloque international «la gestion des pelouses calcicoles», Blois, 27 et 28 novembre Nature Centre et Conservatoire du patrimoine naturel de la Région Centre. MORAND, D (1979) Les groupements végétaux et les sols de la réserve naturelle de la vallée de Grand Pierre et Vitain, mémoire de D.EA. d Ecologie végétale, Université Paris sud Orsay, 45 p. non publié. PILON, D. (1980) La faune vertébrée de la réserve de la Grand Pierre et Vitain, CDPNE Loir-et-Cher. TERRASSON, M.C. (1975) Etude et conservation des sites biologiques dans la vallée de la Cisse. Laboratoire d Ecologie Paris VIII. 31

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35 Histoire de la Maison de la Nature, maison de la réserve Michel POMMIER Maire de Marolles ( ) Ancien membre du conseil d administration du CDPNE La question est simple, pourquoi et comment une Maison de la Nature? Les projets communaux de l époque : Pour une meilleure compréhension, il est nécessaire de resituer le projet parmi ceux de la commune à cette époque, construction d une nouvelle école et traitement des eaux usées de la commune, projets qui ne sont pas étrangers à la question. Grâce à la compréhension de l Amiral Storelli, aujourd hui disparu, de nouvelles classes furent construites dans l angle sud du parc de Pezay, espace boisé hors circulation et ouvert sur l extrémité nord du bourg et sur le chemin de La Garenne, chemin conduisant à l entrée de la future réserve. La commune devant construire un dispositif d épuration ; je souhaitais un lagunage plutôt qu une station d épuration. Celle-ci, pour fonctionner devait être installée dans la réserve, après son entrée sur un terrain communal, au lieu-dit «Les Terres Blanches» dans la partie amont d une petite vallée sèche adjacente à celle de la Grand-Pierre. Imaginez : un lagunage, dispositif nouveau, pourtant en pointe à l époque, dans une réserve!. Le projet aboutit après de nombreuses discussions et des démarches très laborieuses avec la DDA (Direction départementale de l agriculture). Réserve et Maison en question Maintenant, j en arrive à l origine du projet Maison de la Nature. Le maire, sollicité par divers organismes, répond favorablement à l appel du CDPNE à propos du projet de réserve. L équipe était sympathique et j étais sensible aux problèmes environnementaux. La question de la maison du gardien et de l accueil du public suivit très rapidement. Plutôt que de construire du neuf, à proximité de l entrée de la réserve, j ai proposé de mettre à disposition, une partie d un bâtiment ancien, acheté par la commune, à l initiative de Monsieur René Pierre, mon prédécesseur. Proposition fut faite au conseil municipal, «une bonne équipe prête à assumer «la catastrophe» avant que l opposition s en empare!» disait Raymond Devos Il n y a avait ni l une, ni l autre proposition acceptée, Le conseil municipal pensa-t- il sans doute : «Réserve Naturelle, Maison de la Nature, notre maire est tombé dans la marmite et est devenu écolo!»,des travaux importants étaient évidemment nécessaires, le financement préalable également et aussi un «miracle», mot prononcé par Monsieur Charles-Noël Hardy, Préfet du département de Loir-et-Cher, le jour de l inauguration. Le toit a été refait avec des panneaux isolants, un plancher a été établi sur les deux tiers de l étage. Ces travaux étaient dans les cordes de mon entreprise de charpente (axée restauration et vieux bois). Enfin, après un aménagement intérieur, le Comité disposait de sa maison. Dans ce cadre convivial, des conférences furent données les premières années. Ensuite à mon grand regret, elles furent déplacées dans une salle blésoise. La Maison s est un peu assoupie. Aujourd hui, complètement réaménagée dans une vision d accueil, d information et de pédagogie, cette Maison remplit le rôle qui lui était initialement dévolu. 33

36 Une réflexion personnelle pour clore mon court propos. Je vois aujourd hui de nombreux jeunes, seuls ou en groupe, s informer sur leur environnement; j espère qu il y en aura bien un qui, un jour, fera quelque chose pour la Planète, elle en a bien besoin. Je vous remercie de votre attention. La Maison de la Nature : avant et après travaux de restauration (Photos CDPNE) 34

37 Réserves naturelles et évolution de la conservation Claude HENRY Maître de conférences honoraire, zoologie et biologie des populations, Université d Orléans. Membre du conseil scientifique de la réserve naturelle nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain Depuis la création de la Réserve naturelle nationale des Vallées de la Grand-Pierre et de Vitain (1979), les connaissances scientifiques concernant la biologie des petites populations d animaux et de plantes ont connu un développement considérable ; les avancées conceptuelles, théoriques et pratiques se sont multipliées dans les domaines écologique, démographique et génétique, et se sont constituées en une discipline nouvelle, la biologie de la conservation, qui dispose aujourd hui de revues scientifiques particulières consacrées uniquement à ces questions, comme Biological Conservation, Conservation Biology ou Conservation Genetics. Quant aux grandes revues internationales, généralistes comme Nature ou Sciences, ou consacrées depuis fort longtemps à l écologie, elles proposent régulièrement des rubriques dédiées à la conservation. Je vais donner quelques indications sur des idées et des observations qui ont apporté depuis trente ans des nouveautés directement utiles aux responsables des réserves naturelles. 1- La protection des milieux n empêche pas l extinction des petites populations Dans les années 1910, l île de Barro Colorado fut formée par la création du lac Gatun lors de la mise en eau du canal de Panama. Cette colline d un peu plus de 15 km2, couverte de forêt tropicale, devint une réserve naturelle en 1923 ; elle fut ainsi soustraite aux pressions systématiques, telles que l exploitation du bois, la mise en culture, la construction d infrastructures lourdes, la chasse etc. qui conduisent généralement ailleurs au déclin ou à l extinction locale de nombreuses espèces. Depuis 1923, des études scientifiques permettent d y observer l évolution spontanée de la faune et de la flore. En ce qui concerne les passereaux forestiers, elles montrent que l île a perdu presque la moitié de ses espèces en une soixantaine d années (78 espèces présentes sur l île, contre 149 dans le même milieu, sur les rives du lac Gatun distantes seulement d une dizaine de km). D après: 35

38 Barro Colorado (1500 ha) Grand-Pierre et Vitain (300 ha) Dans les forêts tropicales, la biodiversité est très élevée, mais les populations de nombreuses espèces sont peu denses, et leurs effectifs sont naturellement faibles dans la surface réduite de l île. Ces petites populations ne bénéficient plus d apports extérieurs susceptibles de les renforcer ou de les renouveler en cas de crise démographique accidentelle, parce que l étendue d eau du lac constitue une barrière infranchissable pour beaucoup d espèces (1). Dans les milieux protégés, l érosion de la biodiversité parait donc inéluctable : leur surface réduite explique la faiblesse des effectifs de certaines espèces, et leur isolement limite les échanges avec les milieux semblables. A cet égard, il n y a pas de différence majeure entre les réserves de Barro Colorado et des Vallées de Grand- Pierre et Vitain : la seconde est seulement beaucoup plus petite et moins confinée, la vallée de la Cisse constituant un corridor favorable aux échanges avec des milieux semblables du voisinage. 2- Pourquoi les petites populations sont-elles vulnérables? Les petites populations sont soumises à des événements fortuits, accidentels, aléatoires qui précipitent leur extinction locale. Quatre types d aléas ont été identifiés : démographiques, écologiques, génétiques et catastrophes naturelles (cyclones, inondations, éruptions volcaniques etc.). Les aléas n agissent pas indépendamment : plus une population est affaiblie par l un d eux, plus elle devient sensible aux autres et, en dessous d un certain effectif, elle est inexorablement conduite à l extinction, comme entraînée dans un vortex (2). Les exemples suivants illustrent certaines manifestations des aléas dans les conditions naturelles. Une population de Pinsons de Darwin (Geospiza fortis) habite l île Daphne Major de l Archipel des Galapagos ; presque tous les individus qui la composent ont été marqués, et leur comportement démographique a été suivi pendant plusieurs dizaines d années. 36

39 Les aléas climatiques induits par les caprices des courants marins entraînent des variations de la fructification des végétaux dont les pinsons se nourrissent. En , une sécheresse exceptionnelle a provoqué une forte diminution de la production de graines (aléa écologique) et un effondrement des effectifs de la population de pinsons (mortalité accrue et absence de reproduction : aléas démographiques). D après: Au minimum démographique, les survivants montraient un énorme excédent de mâles (6 mâles pour 1 femelle, les premiers ayant mieux survécu à la famine), et la reproduction du printemps 1978 fut pénalisée par le déficit de femelles (nouveaux aléas démographiques), alors que les conditions écologiques étaient redevenues ordinaires. Ultérieurement, deux autres épisodes secs rapprochés (aléas climatiques) ont encore aggravé le déclin de la population (3). La population de lions (Panthera leo) du Ngorongoro, en Tanzanie, est presque insulaire : les 250 km 2 du cratère de cet ancien volcan sont entourés de forêts et d un semi-désert défavorables à l espèce. La population, composée de 60 à 75 individus fut décimée par des attaques massives et incessantes de la Mouche des étables Stomoxys calcitrans (aléa écologique) ; après leur passage, il ne restait plus que 9 femelles et un seul mâle (aléa démographique). La population mit une douzaine d années à se reconstituer à partir des 10 survivants et de quelques mâles immigrants arrivés ultérieurement (4). 37

40 Le Grand Panda (Ailuropoda melanoleuca), aujourd hui relégué dans 24 forêts de montagne aux marges du plateau du Tibet, n est plus représenté dans le milieu naturel que par environ 1100 individus. Entre les massifs habités par les dernières populations de l espèce, les plaines et les vallées investies par l homme sont devenues impropres à la vie de l animal. On sait que ce carnivore s alimente essentiellement de feuilles de bambous, et que ces plantes connaissent une période d immaturité atteignant souvent plusieurs dizaines d années avant leur unique reproduction et leur mort. Dans le courant des années 1970, au moins trois espèces de bambous ont fleuri simultanément (aléa écologique), provoquant une famine et la mort de 138 pandas dans les montagnes Min. En 1983, le bambou Bashania fangiana, espèce très consommée par les pandas dans la réserve naturelle Wolong, a fleuri massivement sur de vastes surfaces (aléa écologique ; les autres floraisons massives de l espèce au même endroit ont eu lieu en 1893 et 1935 ; la durée d immaturité de cette plante est donc d environ 45 ans) ; la famine qui suivit est responsable de la perte d un tiers des effectifs (5). Le rôle des aléas génétiques, et particulièrement l effet démographique délétère de la consanguinité, est souvent soupçonné par les généticiens, mais exceptionnellement documenté dans la nature. La première observation d extinction de populations naturelles attribuable à ces aléas date de 1998 ; elle concerne le papillon finlandais Melitaea cinxia (6). 38

41 L examen attentif de nombreuses situations récentes d extinctions d espèces dans la nature a permis de proposer un schéma général du mode d action des aléas. La durée de vie d une population augmente à peu près exponentiellement avec son effectif face aux aléas démographiques ; une petite population dont on parvient à augmenter l effectif échappe donc très vite à ce type d aléa ; la durée de vie d une population augmente à peu près linéairement avec l effectif face aux aléas écologiques ; ceux-ci sont donc beaucoup plus difficiles à maîtriser, parce qu il n existe pas d effectif au delà duquel l avenir de la population pourrait être assuré à long terme. Enfin, la durée de survie d une population varie à peu près comme le logarithme de l effectif face aux catastrophes naturelles, rappelant qu à très long terme, c est-à-dire à l échelle de l évolution, les extinctions sont inévitables : elles sont même une de ses manifestation. L état actuel des connaissances ne permet pas d intégrer les aléas génétiques au modèle précédent. Dans l urgence où se trouvent ceux qui cherchent à empêcher la disparition des populations de nombreuses espèces, une action visant à augmenter l effectif est évidemment prioritaire : son effet direct vis-à-vis des aléas démographiques a aussi pour corollaire de les rendre moins sensibles aux autres aléas. 3- Quelques situations de gestion démographique La gestion démographique des petites populations est largement pratiquée dans de nombreux pays ; elle prend des formes variées, adaptées à chaque situation particulière : simple surveillance des effectifs, de la reproduction etc. ; aide à la reproduction ; gestion du milieu destinée à le rendre plus propice à l espèce concernée ; renforcement des effectifs avec des individus pris ailleurs dans le milieu naturel ou produits dans des jardins botaniques, des zoos etc. Les exemples de réussite sont nombreux et donnent des résultats conformes aux espérances ; les publications en français en relatent certains. J ai choisi de privilégier des exemples qui ont conduit à des résultats plus imprévus : il est probable qu un jour ou l autre les responsables des réserves seront confrontés à des situations pour lesquelles les protocoles bien éprouvés sont inadéquats. 39

42 3.1- Gestion du milieu par éradication d espèces envahissantes Beaucoup d espèces sont conduites au bord de l extinction par des espèces étrangères envahissantes, mais la seule éradication des secondes n est pas toujours suffisante. Plusieurs plantes endémiques de l Archipel des Kerguelen, dans le sud de l Océan Indien, sont menacées en raison du broutage effectué par des animaux introduits à partir du XIX e siècle (lapins, ovins vivant aujourd hui en toute liberté, etc.). L éradication de ces animaux est relativement facile sur les îlots ; elle permet d espérer une certaine restauration du milieu (accroissement des espèces autochtones menacées par le broutage ; déclin des espèces qui en bénéficiaient). Les expériences déjà réalisées sur deux îlots conduisent pour le moment à un résultat assez différent : les espèces qui bénéficient de l arrêt du broutage ne sont pas celles qu on espérait (Chou des Kerguelen Pringlea antiscorbutica et Azorella selago,autre espèce native), mais des plantes introduites, comme le pissenlit Taraxacum officinale (7). Azorella selago et Pringlea antiscorbutica (d après: Les îles du Chenal Californien abritent chacune une sous-espèce endémique particulière du renard américain Urocyon littoralis ; l introduction dans ces îles de sangliers (Sus scrofa), a été suivie d une colonisation par l aigle royal (Aquila chrysaetos) qui trouve dans ces animaux une part de sa nourriture (les sangliers se reproduisent presque toute l année ; les aigles capturent les jeunes). Aujourd hui, le renard est éteint ou en voie d extinction dans plusieurs îles en raison de la prédation que les aigles exercent également sur lui. Pour sauvegarder les renards endémiques, il est envisagé d éradiquer les sangliers. Mais la modélisation de ce système simple (il y a peu de protagonistes et leur démographie est assez bien connue) montre qu un contrôle sévère des sangliers, en présence de l aigle, conduirait à l extinction rapide des renards protégés ; la conservation du renard ne peut être efficace que par le contrôle simultané des aigles et des sangliers. Or l aigle est aussi une espèce protégée! (8) 40

43 3.2- Gestion d espèces mutualistes Certaines espèces menacées entretiennent avec d autres espèces des relations de mutualisme qu on ne soupçonne pas toujours, et la disparition des unes entraîne celle des autres. Le Tambalacoque (Calvaria major) est un arbre endémique de l île Maurice dont les derniers individus dans la nature étaient tous âgés d au moins 300 ans dans les années 1970 ; les arbres fructifiaient normalement, mais aucune germination n était observée. D après: et Dessin XVII e Photo NHM London La coïncidence entre l âge estimé de ces arbres et l extinction du Dodo (Raphus cucullatus) à la fin du XVII e siècle, laisse supposer que l oiseau contribuait à la germination en affaiblissant l enveloppe des graines lorsqu il consommait les fruits (9). Sous cette hypothèse, la conservation de l arbre ne pouvait plus être tentée dans la nature, mais en pépinière. L Argus bleu à bandes brunes (Maculinea arion) s est raréfié en Grande-Bretagne au cours du XX e siècle ; les mesures de protection, prises dès 1930, n ont pas permis d enrayer son déclin, et l espèce disparut à la fin des années 1970 d une façon inexplicable. Ultérieurement on comprit que cette espèce ne peut se maintenir qu en présence de deux autres espèces : un thym (Thymus drucei), dans les boutons floraux duquel vivent les jeunes chenilles, et une fourmi (Myrmica sabuletti) qui emporte les chenilles dans sa fourmilière où elles terminent leur développement (10). Dessin d après: 41

44 3.3- Amélioration de la reproduction Le Kakapo (Strigops habroptilus) est un oiseau endémique de Nouvelle-Zélande parmi les plus menacés au monde (il ne reste plus qu une soixantaine d individus) ; sa quasi-extinction est due à deux espèces introduites (rat et hermine). D après: et L oiseau est un gros perroquet terrestre, incapable de voler, qui vit longtemps et se reproduit épisodiquement, les années ou certains arbres produisent massivement leurs semences. Les mâles, plus gros que les femelles, se rassemblent au moment de la reproduction dans des endroits particuliers (les leks), se disputent et font leur cour ; ils ne s occupent pas de leur progéniture. Le programme de distribution de nourriture mis en place pour augmenter la production de jeunes a conduit à un résultat troublant : les femelles supplémentées produisent essentiellement des mâles (11). (La manipulation du sexe de la progéniture par les femelles est connue chez d autres espèces à fort dimorphisme sexuel et possédant des traits de comportement amoureux identiques ; on comprend son existence, mais on ignore son mécanisme.) 3.4- Renforcement des effectifs Le Tamarin lion doré (Leontopithecus rosalia) est un petit primate très menacé au Brésil, après la destruction massive de son habitat forestier ; l espèce est élevée avec succès dans de nombreux zoos, ce qui permet de disposer d individus destinés à être relâchés dans des réserves naturelles forestières. Les premières expériences de relâchage ont montré que les animaux acquièrent en captivité un comportement domestique qui les rend incapables de survivre dans leur milieu naturel (inaptitude à l orientation, maladresse dans les déplacements, incapacité de trouver la nourriture appropriée, méconnaissance des prédateurs). Les protocoles ultérieurs ont donc inclus une préparation à la remise en liberté : long séjour dans de grandes cages sur le lieu du relâchage, apprentissage au déplacement dans un milieu complexe, connaissance de la nourriture locale etc. qui améliore le bilan de l'opération (12). Mais une autre difficulté alourdit la méthode de renforcement à partir d individus élevés dans les zoos. Dans ces lieux, la promiscuité d espèces venant de toutes les parties du monde favorise la dissémination de virus, et chaque animal peut être le porteur sain d un cocktail 42

45 viral. Les virus émergents (ceux qui pénètrent dans une région où ils n ont jamais existé) constituent un réel danger qui oblige à garder les animaux en quarantaine pendant plusieurs mois pour effectuer les contrôles sanitaires indispensables, à l issue desquels de nombreux candidats à la liberté peuvent être disqualifiés (13). D après: et carte d après: 4- Quelques espèces concernées dans la réserve Grand-Pierre et Vitain Le Genévrier commun (Juniperus communis) semble immuable dans la réserve : les vieux individus croissent lentement et perdurent. Cependant, plusieurs publications parues entre 1982 et 2005 ont alerté sur l extrême faiblesse du recrutement (apparition de nouveaux individus par la reproduction sexuée) dans les populations naturelles de l espèce en Espagne, Belgique et au Royaume-Uni. 43

46 Photos C. Le Doussal - CDPNE Les tests montrent que le taux de germination est très faible ; les expériences de traitement du terrain en vue d améliorer le recrutement (passage au motoculteur, bêchage, fauchage) ont toutes échoué (14). Le plan de gestion actuel a prévu une enquête démographique pour cet arbre. Le petit criquet Omocestus petraeus est peu abondant dans la réserve et peu fréquent en France. Le plan actuel de gestion a prévu de recenser les endroits où il se trouve et de gérer quelques parties de la réserve de manière à accroître la surface du milieu qu il habite (pelouse sèche, rase et clairsemée sur affleurements calcaires). D après: L ascalaphe Libelloides longicornis n est pas très abondant, et la surveillance de ses effectifs prévue par l actuel plan de gestion est justifiée. Deux autres espèces, le Campagnol amphibie (Arvicola sapidus) et la Musaraigne aquatique (Neomys fodiens), fréquentent les bordures de la Cisse et posent un problème plus difficile parce que la rivière montre depuis une vingtaine d années des périodes d assèchement estival qui rendent le milieu impropre à leur survie à moyen terme. Si ces épisodes de sécheresse répétés sont une manifestation du réchauffement climatique en cours, les actions à l échelle de la réserve seront inefficaces. D après: et 44

47 Références 1 Ecological Monographs 44 : (1974) ; American Naturalist 119 : (1982) 2 Bioscience 31 : (1981) ; Viable Populations for Conservation, M. Soulé Ed. : (1987) Cambridge University Press 3 Sciences 214 : (1981) 4 Conservation Biology 5 : (1991) 5 Biological Conservation 49 : (1989) ; Science 294 : 1465 (2001) 6 Nature 392 : (1998) 7 Biological Conservation 117 : (2004) 8 PNAS 99 : (2002) ; Sciences 302 : 1532 (2003) 9 Sciences 197 : (1977) 10 La Recherche 241 : (1992) 11 Biological conservation 107 : (2002) ; Nature 419 : (2002) 12 Nature 326 : (1987) ; Nature 326 : (1987) 13 Nature 351 : (1991) 14 Biological Conservation 79 : (1996) ; Biological Conservation 87 : (1999) ; Biological Conservation 124 : (2005) 45

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49 «Quand Grand-Pierre raconte à Vitain» Vingt millions d années d histoire Claude LE DOUSSAL Professeur honoraire La physiographie, géomorphologie dirait un géologue bien dans son monde contemporain, est évidente : un plateau et deux vallées, productions de la Nature. La vallée, sèche, un comble pour une vallée, de la Grand-Pierre, vallée plus discrète que celle de la Cisse, est peut-être la plus longue de la région Centre. En la remontant vers le nord-est, elle change même de nom : Vallée Poiriou, puis Vallée de Bonpuits sur la commune de Mulsans, enfin sans dénomination près de La Chapelle-Saint-Martin-en-Plaine où elle naît dans des creux à peine marqués 47

50 Au XVII é siècle, vallées, plateau celui de la «plate Beauce» de Charles Péguy-, éperon de la Grand-Mesle, sont déjà bien représentés sur la carte de Cassini Mais commençons l histoire Un lac, sous les Tropiques Des pierres dans les champs, de la roche sur les pelouses et les chemins, une carrière, un versant de la vallée sèche, le calcaire de Beauce, socle de la réserve, est omniprésent. Les pieds bien posés sur le sol, regardons vers la profondeur pour apprécier sa disposition 48

51 Des couches, strates, presque horizontales, superposées. Le calcaire, 40m d épaisseur, est la roche-magasin de la nappe phréatique de Beauce. Celle-ci alimente en eau les marais et la Cisse. Le niveau supérieur de l eau, non horizontal pour des raisons dynamiques, n atteint pas la surface dans la vallée de la Grand-Pierre ; celle-ci reste sèche, sauf si! Une mince couche de limons tapisse certaines parties du plateau. Le Calcaire de Beauce renferme des fossiles révélant un dépôt continental, en eau douce. Des emplacements de racines des racines de plantes aquatiques Photos F. Ménillet ; avec l autorisation de l auteur une tortue terrestre,testudo découverte à Landes-le-Gaulois (Loir-et-Cher). Collections de la Ville de Blois, Muséum de Blois (moulage) 49

52 des restes d animaux tropicaux : Chevrotain, Rhinoceros des figures sédimentaires et d autres fossiles (Stromatolithes), marqueurs d une étendue avec de l eau peu profonde, s asséchant et se fissurant, se remplissant à nouveau : orages? saison des pluies?...des conditions de vie difficiles? Ainsi, la mise en perspective des marqueurs paléontologiques et lithologiques et de l étendue spatiale du Calcaire de Beauce dans le bassin de Paris conduit à imaginer un vaste dépression palustre et lacustre : le «Lac de Beauce», comparable au lac Etosha, en Namibie ou au Lac Téthis, dans l Ouest de l Australie, connu pour ces stromatolithes formant des galettes plates. Certains fossiles indiquent que la sédimentation de la boue calcaire dans le lac s est effectuée à l Aquitanien, il y a 21 millions d années environ Un rien! 50

53 Le froid et le vent Dessin J.M.Lorain Revenons vers la surface, sur le plateau de «Petite Beauce», recouvert par du limon, mince, de quelques centimètres à deux mètres. Pellicule capitale, il est à l origine de la fertilité des sols qu il supporte. C est la manne qui vient du froid! En effet, les très minces particules dont il est essentiellement composé, sont des poussières, vannées par le vent en périphérie des zones glaciaires (cf. photo prise au Canada), et transportées par le vent sur de longues distances. Cela est observable aujourd hui, dans les zones périglaciaires. Le limon de Beauce semble s être déposé lors de la dernière glaciation. A partir de multiples indices, les géologues ont reconstitué la géographie à l optimum glaciaire, il y a ans 51

54 D autres marqueurs de situation périglaciaire sont observables dans la réserve. Les abrupts, les éboulis de blocs calcaires des versants de la vallée de la Cisse, et de l aval de la vallée de la Grand-Pierre, révèlent l action du froid : calcaire, fracturé par gélifraction, se casse en morceaux de toutes tailles ; les gros blocs s accumulent. le Le fond de la partie amont de la vallée sèche est occupé par des colluvions (CLp sur la carte géologique), produits initialement imbibés d eau et glissés sur les pentes faibles lors des dégels à la belle saison. Cette solifluxion est toujours observable en conditions périglaciaires (montagne, hautes latitudes comme dans le nord du Canada ) «La solifluxion c est çà!» Un delta intérieur Entre Limon des plateaux et Calcaire de Beauce, un œil exercé distingue des grains de sable, quartz et feldspaths essentiellement, dans une matrice argileuse. Cette roche, en fine épaisseur ici, se retrouve à divers endroits de la région et est rattachée à celle qui affleure sur une grande étendue en Sologne et Forêt d Orléans. 52

55 L étendue des affleurements, les caractéristiques des sédiments ainsi que les fossiles qu ils renferment (Proboscidiens = «Eléphants», Rhinocérotidés, Cervidés, Equidés, Castors, Crocodiliens ) permettent d imaginer le milieu de dépôt : un vaste réseau de rivières à chenaux multiples dans le Sud du bassin de Paris, sous climat tropical. Les fossiles permettent de dater la formation du Burdigalien (il y a près de 18 millions d années). Une image actuelle de cette paléogéographie est fournie par le delta intérieur du fleuve Niger ou celui de l Okavango au Botswana. Fossiles : collections du Muséum de Blois Ouh là là!... Et entre -18 millions d années et les glaciations??? La mer sous les tropiques Un œil attentif repérera, sur la carte géologique (Blois à 1/50 000), très prés de la réserve, deux petites taches jaunes avec la légende M2a. Il y a là deux petits gisements de faluns, sables coquilliers. dans lesquels les coquilles d un grande huître (Crassostrea crassissima) ont été trouvés. Ces faluns sont identiques à ceux qui sont connus en Sud- Blaisois, à Pontlevoy, Thenay, Soings-en-Sologne Mais alors!... La «chaîne infernale» : caractéristiques du sédiment-fossiles-répartition des gisements-, permet d affirmer l existence d une mer tropicale au Langhien (vers -15 millions d années) avec un rivage à proximité ou un peu au nord de la réserve, de proposer une paléogéographie de l époque, un golfe d origine atlantique empruntant la gouttière ligérienne et de se mettre à rêver!... La mer ou le bord de mer à Marolles, Averdon..!!! 53

56 Résumons ces 20 millions d années d histoire en suivant la flèche du Temps 54

57 Ouf!... Quelle histoire, cette histoire! En fait, un tout petit segment du temps, et très récent compte tenu de l âge de formation de la Terre, en millions d années. Les roches sont les marqueurs des paysages anciens et les témoins du Temps. Aujourd hui nous admirons l empreinte du Temps, sans oublier les produits de l Evolution du vivant dans laquelle l Humain s inscrit pleinement... Histoire à suivre! Photos CDPNE et C. LE DOUSSAL 55

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59 Jean Jacques MACAIRE Quelle évolution possible pour la vallée de la Cisse depuis ans? Professeur émérite de Géologie Université François-Rabelais de Tours, UMR CNRS 6113 ISTO-Tours. Laboratoire de Géologie Membre du conseil scientifique de la réserve naturelle nationale des vallées de la Grand- Pierre et de Vitain T1 20 m Holocene Les documents géologiques manquent sur cette vallée ; son histoire est donc mal connue. C est depuis quelques millions d années que les rivières façonnent leurs vallées, le moteur global en étant le soulèvement de la surface continentale (tectonique) avec des phases de creusement (incision) alternant avec des phases de dépôt de sédiments (accrétion)(fig. 1). Ainsi naissent sur les versants des vallées, des terrasses (voir fig. 2) ; cette variation d activité est liée essentiellement aux variations climatiques entre phases glaciaires et interglaciaires. Late Pleistocene Figure1 Reconstitution de l histoire géologique des vallées I4 T2 I2 10 I5 T3 I3 river I6 level accretion Figure C ka BP incision Elle est réalisée à partir des archives sédimentaires, mais dans les petites vallées comme celle de la Cisse, on n observe en surface que des sédiments de basse plaine alluviale inondable, ceux-ci sont récents, déposés depuis environ ans (voir fig. 3). Les sédiments plus anciens ne peuvent être atteints que par forages, et renferment une nappe d eau (voir fig. 4), il peut s agir : de graviers (signe d un courant actif) de sables de limons + ou argileux (dépôt de crue) de tourbe (matière organique s accumulant dans les zones marécageuses) (voir fig. 5) Figure 3 57

60 Figure4 Figure 5 Ces éléments permettent alors de reconstituer : - les modes de dépôt sédimentaire - les environnements anciens : hydrologie, climat, végétation, activités humaines, grâce à l analyse des pollens notamment - la chronologie par datation au carbone 14 si le sédiment contient de la matière organique. Rien de tout cela n est actuellement connu sur la vallée de la Cisse, mais qu en est-il dans d autres petites vallées de la Région Centre? En premier exemple prenons le marais de Taligny dans la vallée du Négron près de Chinon (37) voir cartes fig. 6. Figure 6 Des forages jusqu à 5 m de profondeur ont montré que le substrat de craie tuffeau était recouvert de sables grossiers présentant au-dessus d eux des limons surmontés par la tourbe et des limons tourbeux. Ces sédiments représentent un laps de temps (voir fig. 7) d environ ans : les sables et graviers sont d âge pléniglaciaires ; puis, une période d érosion a précédé le dépôt des limons et tourbes à l Holocène. La sédimentation a été déclenchée par le défrichement lié à la mise en culture des terres. 58

61 Figure 7 En deuxième exemple considérons la vallée de la Choisille près de Tours (37) voir fig.8 (thèse E. Morin en cours) Figure 8 Dans le secteur aval (secteur A sur la carte fig.9) on observe (fig. 10) à la base, sur le substrat, des graviers et sables correspondant à une phase glaciaire ; elle est suivie d une phase d érosion courte qui s est arrêtée vers : vers ou ans ; une phase de sédimentation lui succède à l Holocène, avant et surtout après l apparition des pratiques agricoles. En revanche, en amont (secteur B cartes fig. 9) les résultats des forages sont très différents. Les sédiments grossiers pléniglaciaires sont directement surmontés par des sédiments datés du début du Moyen Age. Figure 9 59

62 Figure 10 Figure 11 De ces faits que peut-on envisager sur l évolution de la vallée de la Cisse (fig. 12)? Figure 12 60

63 Il s agit d un cours d eau plus ou moins pérenne dont la vallée s est établie sur un substrat de calcaire lacustre (fig. 13 Figure 13 Les dépôts alluviaux sont-ils de nature calcaire? Y a-t-il eu dépôt (sédimentation) ou creusement (incision)? Si oui, quelle est leur chronologie? quand l impact des activités humaines (agriculture, nécropole, barrage) s est-il fait sentir sur le fonctionnement de la rivière? Tout est possible (fig. 14); il faut aller voir par forages dans la vallée de la Cisse à Vitain. Figure 14 Quant à la vallée de la Grand Pierre (fig.15) : depuis quand est-elle sèche? seule une étude de la sédimentation pourra le montrer. depuis quand a-t-elle fonctionné? Figure15 Un programme de recherche dans la réserve naturelle nationale des vallées de la Grand Pierre et et de Vitain est prévu. La comparaison des résultats déjà obtenus dans d autres vallées de la Région Centre avec ceux que livreraient les études sur la Cisse devrait enrichir nos connaissances Les secrets de l évolution passée de la réserve se trouvent dans les sédiments des vallées de la Grand Pierre et de la Cisse à Vitain Question du public Quel lien y a-t-il entre sédimentation et agriculture? Réponse de J.J. Macaire : Le défrichement des terres pour l agriculture favorise l érosion, par destruction de la couverture forestière protectrice de la surface du sol. D autre part, les pratiques agricoles anciennes étaient moins favorables à l érosion des sols que les pratiques récentes marquées par le remembrement et la forte mécanisation. Photos CDPNE et J.j. Macaire, UMR CNRS 6113 ISTO-Tours. 61

64 62

65 Le site archéologique de la «Grand Mesle» La «Grand Mesle» et la réserve dans l environnement archéologique régional Roland IRRIBARRIA UMR 7041/Archéologie pour tous Ingénieur de recherches INRAP (Institut national de la recherche en archéologie préventive Nous ne reviendrons pas ici, ni sur la localisation de la réserve ni sur son environnement, ni même sur les formations géologiques qui déterminent les reliefs de cet éperon rocheux dus à la rencontre de deux vallées adjacentes. La pointe de cet éperon a été particulièrement étudiée par les amateurs d archéologie depuis la fin du XIX siècle., à cause des vestiges encore bien visibles sous la forme de mégalithes, tumulus de toutes tailles, souvent dans un triste état, puisqu ils sont souvent éventrés, ou pour mieux dire «cratérisés». Par contre on parle le plus souvent de la nécropole «protohistorique» de la Grand-Mesle, alors qu il vaudrait mieux dire «néolithique et protohistorique». Le mot Protohistoire, suivant les écoles de pensée revêt des significations différentes : tantôt il englobe le Néolithique moyen 2 jusqu à la fin de l Indépendance gauloise (sens européen : émergence des sociétés hiérarchisées), tantôt il ne concerne que les Ages des métaux (Age du cuivre jusqu à la fin du second Age du fer ou époque gauloise). En France, la terminologie européenne n a pas été franchement adoptée, et la plupart des auteurs se réfèrent donc à la seconde, d où l adjonction du qualificatif «néolithique» à notre nécropole., car c est à cette époque que débute l occupation du plateau, comme nous allons le voir. Extension réelle de la nécropole Telle qu elle est connue jusqu à présent, cette nécropole s étend surtout sur la pointe rocheuse de l éperon, mais semble également s étaler vers le Nord/Nord-est, sur le coteau longeant la Cisse. Or si l on examine les photographies aériennes on s aperçoit qu il s agit uniquement de zones boisées, avec quelques clairières. De par les prospections aériennes conduites dans un but de reconnaissance archéologique ou simplement géographique (et que rien n empêche d interpréter), on s aperçoit aussi que la zone défrichée de longue date sur le plateau au nordest de la pointe livre également des anomalies parmi lesquelles on peut apercevoir des enclos circulaires ainsi que des traces d une enceinte à fossés interrompus qui doit correspondre aux limites d un site d habitat néolithique. Photo aérienne de la pointe Nord de la réserve : au centre, tumulus (inédit) Pour ce qui concerne les enclos circulaires, on sait aujourd hui par de nombreuses fouilles régionales qu il s agit de fossés sub-circulaires servant de carrière de matériaux pour l élévation d un tumulus central. Les techniques agricoles modernes ont eu raison, surtout depuis les labours profonds, de toutes les élévations encore existantes de ces tumulus, si bien qu à une centaine de mètres de distance nous sommes devant deux situations qui résultent au départ du même type d architectures. Sur l éperon rocheux, jamais labouré aux époques récentes, les tumulus sont toujours en élévation alors que les fossés seraient colmatés. Sur le plateau, les tumulus sont arasés, mais les fossés bien que recomblés sont encore visibles sur certaines photos aériennes. 63

66 Premières parcelles au Nord-ouest de la réserve. La végétation a une croissance plus rapide à l emplacement des fossés circulaires Dans l espace de la réserve, on a expliqué, par le passé, l absence (visible) de fossés autour des tumulus par le fait que le sol de l éperon est d une nature rocheuse. Les néolithiques auraient raclé la surface de l éperon pour élever les tumulus au-dessus des coffres et des sépultures mégalithiques, et ce, jusqu à l Age du Bronze. Ce scénario, laissant à nu la roche calcaire aurait conduit à l installation d une flore pittoresque, bien connue des botanistes. Le climat de la phase Atlantique Les avancées de la recherche nous permettent deux objections. La première est d ordre purement archéologique. Les néolithiques vers 4500 av. notre ère (Néolithique moyen 1) n ont pas hésité à ouvrir des brèches de plus d un mètre de largeur dans le calcaire du site de Fossé, la Vallée aux fleurs, sur plusieurs centaines de mètres pour implanter des palissades. Ils connaissaient parfaitement les techniques d éclatement du calcaire à la masse après une pré-chauffe de la roche. L outillage néolithique en silex est largement suffisant pour l abattage des arbres des forêts ou le creusement de puits de minière dans le calcaire. Ils auraient donc largement pu creuser des fossés circulaires pour leurs tombes. La seconde objection allie des arguments paléo-climatiques et micro-morphologiques des sols. Les connaissances des séquences climatiques contemporaines de la fin de la préhistoire nous enseignent qu à la phase Atlantique (correspondant à la première moitié du Néolithique), le territoire est recouvert de forêts de chênes et de hêtres, mais que les déforestations humaines par brûlis vont rapidement venir à bout de ce type de paysage. On note dans les pollens des tourbières une nette décroissance des pollens forestiers et les premières apparitions des céréales. Ce rapide déboisement a pour conséquence de faire disparaître également les sols humifères retenus antérieurement par la protection du couvert arboré. Sur un terrain exposé et en pente comme celui de la nécropole, l érosion naturelle aura entraîné ces sols en quelques générations. Nul doute que les zones de tourbière en contrebas de l éperon conservent comme ailleurs dans la région, les traces de cette érosion. Les dates de la colonisation néolithique : Mais l argument décisif est chronologique, car depuis une vingtaine d années les progrès sur la nature de la colonisation néolithique ont beaucoup progressé. Les traces du plus ancien Néolithique ont été fouillées en région Centre, récemment à Sours dans la banlieue de Chartres. Là, le plus ancien établissement date du Rubané Final (vers 4900). L occupation néolithique aurait pu s étendre bien au-delà comme le suggérait déjà un vase rubané découvert à Marcilly (41) (Bailloud, Cordier, 1987). Leurs successeurs de la culture de Villeneuve-Saint-Germain ( , soit la fin du Néolithique ancien) sont bien implantés sur tout le territoire de la région Centre (enceinte 64

67 de Villeromain), voire bien au-delà jusqu en Bretagne. Au moins un des sites des abords immédiats de la nécropole est daté de cette période. Enfin, les groupes humains s implantent définitivement sur l ensemble des terroirs au Néolithique moyen 1 ( ). Si l on considère que les vestiges les plus anciens livrés par les monuments funéraires datent du Néolithique moyen 2 (vers 4000), on s aperçoit alors que le déboisement du secteur a commencé près d un millénaire avant l élévation des premiers monuments. En réalité, un élément de réponse à l état d érosion des sols à ces périodes est apporté par la photographie aérienne. Dans les parties cultivées, certainement depuis très longtemps, on l a dit, les tumulus n existent plus, mais les fossés circulaires sont encore visibles par croissance différentielle des céréales sur des épaisseurs anormales de limons riches comblant les fossés. Les structures gallo-romaines sont visibles également, mais pour des raisons inverses, puisqu à l emplacement des murs en pierre, les céréales poussent moins bien. Apports de la photographie aérienne Il existe par ailleurs des monuments qui n avaient pas été repérés, ni bien sûr, recensés, ni cartographiés se trouvant à la limite des deux zones cultivées et en pâtures, soit proches de la petite base du triangle de la réserve. Les photos aériennes montrent nettement l existence d un fossé circulaire et d un monument central. Le fossé se dessine nettement par la couleur sombre de la végétation, alors qu à l intérieur du triangle, les monuments connus en élévation ne montrent pas nettement une telle couronne. On peut dès lors penser que les premiers monuments ont été élevés à un moment où les sols n étaient pas totalement lessivés, mais qu ils l ont été postérieurement, après déboisement total, laissant en place les îlots limonoargileux que sont les masses tumulaires. Ainsi les sols limoneux dans lesquels les néolithiques avaient creusé leurs fossés ont disparu postérieurement par érosion. Plus la pente est forte, plus les mégalithes construits au cœur des monuments ont été mis à nu. On peut gager par ailleurs que les réutilisations protohistoriques de ces mêmes monuments n ont pas suivi le même schéma de (re) construction. On connaît en effet des exemples de tumulus géants (Sublaines, Butte de César sur l éperon des Châtelliers d Amboise), dont les terres ont été amenées d assez loin pour constituer la masse tumulaire. L objectif de ce type de travaux mobilisateur de toute une communauté ayant une signification sociale importante pour ces groupes protohistoriques déjà fortement hiérarchisés. Mais il nous semble clair que l éperon était déjà occupé dès les débuts du Néolithique dont quelques vestiges en témoignent. Parmi les objets ramassés sur l éperon par les premiers explorateurs de la fin du XIX, il existe au moins un tesson muni d une petite anse à perforation verticale datable de la Culture de Chambon ( 4500 av. : Néolithique moyen 1) et un fragment d anneau en schiste, certes réutilisé dans une tombe du Néolithique récent (2800 av.) sous forme de pendeloque, mais fabriqué par les populations post-danubiennes de la Culture de Villeneuve-Saint-Germain (4800 av.). Les premiers mégalithes de la nécropole Par rapport à l origine des premiers éléments structurés de la nécropole, il est possible que dès le Néolithique moyen 1 des coffres semi-mégalithiques aient été implantés en série, à l intérieur d un monument allongé en limite nord-est de la nécropole. Ce monument serait assez semblable aux tumulus longs connus dans le golfe du Morbihan et datés de 4500 av. notre ère. Malheureusement sans une reprise des fouilles sur ce monument, nous n avons aucun argument archéologique de datation par mobilier à une date aussi haute. Seule la forme du tumulus et la présence de coffres autorise la comparaison. Le tesson à petite anse du Chambon, trouvé «en surface» aurait alors une autre signification. Dans ce nouveau scénario, la nécropole s installe avec certitude à partir du Néolithique moyen 2 (cf infra) sur des terres qui sont déjà en cours d appauvrissement. A cette même date, les terres des plateaux sont partout colonisées. D après les mobiliers archéologiques connus, il existe des réutilisations ou des constructions de monuments au Néolithique récent, puis au Bronze ancien/moyen, soit au III puis au II millénaire. Bref historique des recherches archéologiques. Visiblement les pâturages sur l éperon ne datent pas d hier et les tumulus n avaient pas subi de grandes dégradations jusqu en C est malheureusement à cette date et pendant près d un siècle que la nécropole va subir des attaques sans précédent. 65

68 Une figure se détache nettement des autres en la personne de Ludovic Guignard de Butteville né en 1850 à Saint- Germain-en-Laye et qui mourût le 4 octobre 1925 dans son château de Chouzy. Ce chatelain érudit n était pas à son coup d essai lorsqu il se décida à «explorer» les vestiges d Averdon. La ville de Brest possède un manuscrit 1 montrant qu en villégiature estivale en Bretagne Ludovic Guignard s était déjà attaqué à la «fouille» sur les collines de Roscoff dès Dès avril 1888, il «prospecte» avec ses amis Belton, de la Vallière, Jouannet, Lorin et Proust sur les sites de la Vallée Perroux où des découvertes de squelettes mérovingiens. Lors de parties de chasse, près de ses terres, il aurait reconnu la présence de certains vestiges archéologiques sur la commune de Chouzy puis en 1895, à Averdon. Il entrepris alors de faire effectuer des tranchées par ses ouvriers en travers des tumulus. Lui-même n intervenait qu en dernier lieu, comme c était la coutume à cette époque, et que cela est pratiqué encore sur certaines fouilles à l étranger. Les blocs calcaires des coffres étaient arrachés et éparpillés et le mobilier et les ossements, jugés inintéressants étaient abandonnés. Ludovic Guignard, croyant avoir trouvé une cité préhistorique (mais à l époque on cherchait assidûment la ville de Troie) informa la Communauté scientifique de l époque et invita quelques sommités à venir visiter ses «fouilles». Il fit dresser en 1897, par les topographes Duval et Noret une levée d implantation des tertres sur le terrain qui reste le premier inventaire connu. Il obtint même quelques subsides du département et de l Etat pour continuer ses travaux. Il intervint également dans plusieurs congrès pour dévoiler ses trouvailles. Vers 1905, on s aperçut que ses méthodes brutales sur le terrain ne correspondaient pas aux normes scientifiques de l époque, bien que la pioche fût le seul instrument de fouille généralisé de ce moment. Devant les critiques, Ludovic Guignard se drappa dans sa dignité, et refusa de livrer communication de son «cahier de fouilles». Il semble que dès lors, il se désintéressât du problème. Après 1914, Franchet, archéologue Francilien, réussit à rentrer dans les bonnes grâces de Ludovic Guignard qui lui confia alors son «journal de fouilles». Il semble que Franchet ait signalé de nouvelles «fouilles» dans la nécropole (dont les siennes). Franchet publia alors une courte note de quelques pages non illustrées sur les fouilles d Averdon. Ce document va rester pendant longtemps le seul témoignage connu des fouilles, le «journal de fouilles» de L. Guignard ayant disparu depuis. Le mobilier issu des fouilles est à ce moment, soit entre les mains de L. 66

69 Guignard, soit au musée du Château de Blois. Il ne faut pas oublier non plus que les personnalités ayant participé aux fouilles repartent chacune avec leur lot d objets, d où la grande dispersion actuelle de ces vestiges. Une partie du mobilier issu de la succession de Ludovic Guignard «serait» au Musée de Limoges, ce qui reste encore à vérifier. En , l érudit local, Florance écrit des inventaires-synthèse sur l ensemble de la Préhistoire du Loir-et- Cher et reprendra les éléments produits par Franchet sur la nécropole. Puis la nécropole retombe dans l oubli, mais entre 1964 et 1971, des fouilles clandestines ont lieu dans le dolmen du Petit Vitain, sur des sépultures en fosse. Les pierres dégagées disparaissent ensuite. L inventaire des mégalithes du Loir-et-Cher est alors en cours de rédaction (Despriée, Leymarios, Lorain, 1971) et une attention nouvelle est portée à la nécropole. Mais seuls les monuments réputés «néolithiques» seront inventoriés, soit les dolmens et les menhirs. Les monuments réutilisés à l Age du Bronze ne sont pas répertoriés, puisqu à ce moment-là, la preuve de la date de leur construction n a pas encore été décelée. En 1984, des dalles de cistes et de sépultures disparaissent encore. Cette année-là, la Direction des Antiquités Préhistoriques (DRAP), par l intermédiaire de son Directeur, J. Despriée passe un accord avec la réserve créée depuis quelques années, pour réaliser un inventaire des mégalithes et monuments de la réserve. Il sera «exhaustif» sur les parcelles avec photos, plans, relevés, réhabilitation de monuments, récolte de mobiliers dans les déblais des fouilles anciennes. Cet inventaire de 1985 reste l inventaire le plus complet connu, mais seulement pour la zone de l éperon (Albert, 1985). Il reste à faire celui de l ensemble de la nécropole en dehors de la réserve. Localisation des structures funéraires d après l inventaire de 1985 par R. Irribarria. 67

70 Cet état des lieux ayant donné un diagnostic assez alarmant sur l état sanitaire des monuments, il fut décidé de remettre en place des dalles de certains monuments dans un but pédagogique. Des découvertes importantes eurent lieu à ce moment, seuls témoignages de fouilles scientifiques sur ces lieux. Mais ces découvertes ne furent pas exploitées. Il faut attendre 1992, pour que l auteur, envoyé aux Archives, pour le compte de la Carte Archéologique ne fasse plusieurs découvertes. Tout d abord sur Ludovic Guignard, lui-même, qui avait commis quelques écrits et notamment la brochure d une communication au Colloque de Tongres en Belgique en 1901.Même si les thèses défendues par L. Guignard sont assez fantaisistes, les illustrations photographiques qui les accompagnent sont beaucoup plus intéressantes, car il s agit de vestiges fixés à deux panneaux à l aide de liens métalliques. On pouvait facilement y reconnaître certains des objets du musée archéologique du Château de Blois. Un premier lien pouvait être établi entre du mobilier archéologique existant dans un Musée et une des fouilles de Mais la découverte aux Archives la plus intéressante venait des archives léguées par l Abbé Nouel. Dans la liste du legs, un article retint toute notre attention : «A propos des fouilles d Averdon»! Le «retour» du cahier de fouilles En août 1936, L infatigable Abbé Nouel, grand collecteur d informations archéologiques et compilateur souvent salué pour son œuvre, avait eu le bonheur de lire à la Bibliothèque du Château de Blois, le fameux «carnet de fouilles» de Ludovic Guignard. Avec son sens de l à-propos, il prit alors une série de notes sur une dizaine de pages, en écrivant par abréviations et en reproduisant les principaux schémas et dessins du cahier de 64 pages. Ces notes ne furent malheureusement jamais publiées, nous verrons pourquoi, ni utilisées jusqu à présent. Les notes vont évidemment à l essentiel de l information et relatent les différentes fouilles classées dans l ordre chronologique, avec cependant quelques «blancs» entre certains passages. Nouel reproduit également les deux panneaux photographiés de la brochure de Tongres, dont les originaux des photos devaient être collés dans le cahier de L. Guignard. Il donne des indications sur la numérotation des pages et reproduit les schémas en relation avec chaque fouille. Cette fois les photos sont attribuées à la fouille d une certaine journée pour un monument que l on peut désormais reconnaître après l inventaire de 1985 Il s agit d un des monuments réhabilités et qui a fourni de nouveaux renseignements archéologiques lors de cette opération. Le puzzle se remet en place progressivement. Nouel reproduit également les courriers de certains employés de L. Guignard qui disent «préparer» une fouille. En réalité, l Abbé Nouel suggère à son futur lecteur, ce qu il n osait déclarer lui-même clairement. Dans son «résumé» du cahier de fouilles il ne va reprendre que ce qui illustre ses pensées. Il laisse transparaître les techniques utilisées pour les «fouilles» en reproduisant ce courrier du personnel. Il reproduit également les blancs de L. Guignard : «fouilles du.» qui montrent que Guignard n était pas toujours assez méticuleux pour noter ses commentaires après une fouille. De même Nouel note que la fouille a été faite en présence de «Capitan» ou de «A. de Mortillet» ou du Préfet. Cette insistance à noter, à chaque fois, la présence des personnalités présentes, amène à quelques suspicions. En effet on sait que lors de la visite de A. de Mortillet, prestigieux préhistorien, en 1905, il resta à Blois ce soir-là pour une Conférence improvisée (L Avenir de Loir-et-Cher, 29 avril 1902). Mais il adressa certainement un peu plus tard- les plus vifs reproches à L. Guignard sur ses méthodes de terrain, sur le caractère non scientifique de ses découvertes et à n en pas douter, sur le manque de relevés, schémas, notes, etc qui doivent accompagner les découvertes. Suite à quoi, ce dernier cessa toute activité dans ce domaine et menaça de ne jamais livrer son carnet de fouilles. Le vrai «faux» cahier On peut dès lors postuler qu il ne pouvait pas le livrer pour la bonne raison qu il n existait pas. Le carnet aurait été écrit a posteriori en fonction des accusations portées à partir de Dès lors L. Guignard se «couvrait» en mentionnant pour chaque fouille, les personnalités présentes, pour s en servir comme caution morale. Lors de la 2ème fouille «un 2 ème (tumulus) est entamé sous la direction de M. de la Vallière», et plus loin le 2 ème tumulus, «exploré dans des conditions peu scientifiques». Les guillemets sont de Nouel qui reprend donc les écrits directs de Guignard. On sent bien ici une tentative de règlement de comptes. Est-ce que de la Vallière se serait joint tardivement, au concert des critiques contre Ludovic Guignard et que celui-ci lui aurait alors rendu la monnaie de sa pièce? La 3 ème aurait eu lieu «avec de Saint-Venant, Florance, et de la Vallière» Autre élément pour étayer cette thèse : L. Guignard si l on en croit son cahier n aurait réalisé au plus qu une petite dizaine de fouilles et chaque fois, il aurait été «bien accompagné». Or le nombre de tombes «cratérisées» sur le site est nettement plus important que ce chiffre, même si l on ne peut pas il est vrai- tout imputer à L. Guignard. Autre fait troublant : après la 1ère fouille de Novembre 1895, Guignard aurait demandé à Duval et Moret, «conducteurs des Ponts et Chaussées» de faire les relevés des tombes : «ils n ont voulu noter sur leurs plans que les tumulus absolument intacts, laissant aux érudits le soin de décider pour ceux qui pourraient être contestés». Or 68

71 ce relevé d une part n est publié qu en 1897 et d autre part, Guignard considérait alors qu il s agissait d une «cité préhistorique» et non d une simple nécropole 2. Il devait s imaginer que les reliefs du terrain étaient des ruines d habitations, comme il l écrit dans ses brochures. Comme beaucoup d archéologues il est atteint du «syndrome de Troie» dont la découverte n avait pas 25 ans à l époque. Or on s étonne de voir qu il fait relever surtout les tumulus : c est donc qu au moment où il l écrit, il sait déjà qu il ne s agit uniquement que de monuments funéraires Ensuite il semble qu il y avait déjà un certain nombre de tumulus «non intacts», alors que Ludovic Guignard n y a fait officiellement qu une fouille en nov L. Guignard en écrivant d un trait l ensemble de ses notes a posteriori, aurait eu des «trous» de mémoire pour certaines de ses fouilles et aurait continué d écrire en se laissant un espace vierge pour y revenir quand ses souvenirs lui reviendraient. Il note par exemple : 2 ème fouille..le (en blanc!). La 1ère fouille date de nov 1895 et la 3ème du 25 juin 1899, mais il n arrive pas à se souvenir de la date intermédiaire de la seconde fouille, ni même du mois alors que moins de 4 ans se sont déroulés entre les 2 : étrange Comme par hasard, il est plus prolixe sur la fouille du 25 juin 1899, et il y a de bonnes raisons à cela. Comme de Saint-Venant, Florance et de la Vallière sont présents, il a toutes chances de s en souvenir parfaitement. Des clichés photographiques ont été tirés, sans doute par Florance, ce jour-là qui permettront en 1985 de restituer convenablement le monument 36. L. Guignard a dû faire un effort ce jour-là, car il compte faire classer le site. Il est même possible qu il ait vraiment pris des notes, peu de temps après, car ses souvenirs sont plus précis. C est également le cas pour la fouille de 1901, car il a écrit à cette époque, un article pour le colloque de Tongres et a fait faire deux panneaux avec le mobilier à photographier, ce qui l aide à ramener instantanément à sa mémoire des souvenirs nombreux. Dans sa brochure de 1902, il donne des détails sur la fouille du 2 ème tumulus que l on ne trouve nulle part ailleurs 3. Finalement, en relisant l ensemble de la documentation, il apparaît clairement que les brochures écrites entre 1900 et 1904, c est-à-dire après chacune des fouilles, sont plus précises, plus détaillées que ce qui se trouve dans le «cahier de fouilles» censés être écrit au moment même des excavations. On comprend mieux pourquoi, quelques années plus tard, «après 1914», L. Guignard livrera de bon gré son «cahier» à Franchet, personnalité reconnue de la préhistoire afin que celui-ci puisse le réhabiliter aux yeux du monde (des préhistoriens), ce qu il ne manquera pas de faire. C est pourquoi aussi, sans doute, l Abbé Nouel, qui avait bien senti la probable supercherie ne publiera jamais ses notes. Bien sûr, il aurait pris un risque en formulant des critiques et en s attaquant à un noble local qui avait joui d un certain prestige. Certes 1936 et le Front Populaire étaient passés par là, mais dans les années 50 et 60, lorsque l Abbé Nouel a publié l essentiel de son œuvre, il existait un contexte politique consensuel, où l on n attaquait pas la mémoire d un illustre découvreur, surtout sans véritable preuve matérielle. A travers sa retranscription, l Abbé Nouel nous fait parvenir ses «doutes raisonnables». Mais surtout, on imagine ce qu un homme méticuleux en fouilles comme il l était, a du ressentir pour L. Guignard et ses méthodes, même à 30 ans d intervalle ; sentiment qu il ne pouvait exprimer étant donné sa fonction, et pour ne pas insulter la mémoire d un mort. Il faut donc quelquefois apprendre à lire entre les lignes, aussi bien dans le texte «primaire» de L. Guignard que dans la retranscription partielle de l Abbé Nouel. Pour autant il faut apporter un crédit minimal aux renseignements retransmis par le cahier, car si Guignard avait intérêt à enjoliver ses méthodes de fouilles, il n avait aucun intérêt à transformer les faits archéologiques. Il faut donc les prendre comme tels, en acceptant l idée qu il peut s agir de souvenirs sur des faits qui s étaient passé 10 ans auparavant pour les plus anciens. Comment le cahier de fouilles termina-t-il sa carrière à la bibliothèque du Château de Blois, soit dans le Domaine Public, et pourquoi en a-t-il disparu depuis? De la même façon que des notes et des croquis de Ludovic Guignard sont conservés à Brest, il est naturel que le carnet soit revenu dans le Domaine public. Franchet aurait rendu le cahier à son propriétaire, puis à la mort de celui-ci, il aurait été remis à la Bibliothèque du Château alors que les collections issues des fouilles auraient été données au Musée Archéologique du même Château : c est ce que nous allons chercher à éclaircir, désormais. Et puis, il faut bien laisser un peu de suspens à cette histoire. La plupart des archéologues préhistoriens, en Loir-et-Cher ont un jour rêvé de retrouver le fameux «carnet de fouilles» de Ludovic Guignard, comme s il s agissait d un trésor, et l auteur de ces lignes ne fait pas exception, mais on peut remercier l Abbé Nouel pour cette petite leçon d humilité. Retour aux faits archéologiques Les opérations commanditées par la Direction Régionale des Antiquités Préhistoriques en 1985 ont permis de réhabiliter plusieurs monuments. L état des lieux mentionne 35 monuments ruinés et 31 intacts (non comptés les levées et les chemins). Nous illustrerons notre propos en choisissant la réhabilitation du monument 36 de l Inventaire. Le tertre est tout d abord «débroussaillé» puis méthodiquement dégagé. Les supports latéraux (dalles de chant) sont redressés, puis 69 Vase-support de la sépulture 36 bis. Dessin A.Villes, complété R. Irribarria

72 on réinstalle la dalle de couverture en s aidant de quelques photos anciennes que Florance a publiées en La dalle de chevet est également réinstallée. La restitution finale donne un monument rectangulaire long, dont on sait qu il contenait un squelette portant des attributs en bronze. Mais il est observé que le monument 36 est «complété» par un autre monument sous le même tumulus dénommé 36 bis (à ce moment de la fouille) qui possède lui aussi des parements de dalle posées de chant. Puis on découvre une fosse sous-jacente que la construction du monument 36 aurait perturbée. Dans cette fosse, on trouve des indices de la présence d un récipient dont plusieurs fragments ont été trouvés dans les déblais de la fouille ancienne. Après examen et reconstitution graphique de ce vase, il s agit d un vase-support décoré, caractéristique du Néolithique moyen 2, dit Chasséen. Dans les tombes de cette époque le vase-support est un élément important du rituel accompagnant le mort. On notera au passage qu un tesson appartenant très vraisemblablement à ce vase existe dans les collections du Musée archéologique du Château de Blois, issues des fouilles de L. Guignard. On a donc bien ici une nouvelle possibilité de ré-attribuer un lot de mobilier à l une des tombes de la nécropole. Il existe donc une preuve qu un premier monument en dalles dressées a existé pour accueillir un ou plusieurs morts au Néolithique Moyen 2, puis le monument a été profondément transformé au Bronze moyen pour accueillir une nouvelle sépulture de cette époque. On peut imaginer facilement que des dalles du 1 er monument ont du servir pour la construction du second, plus de deux mille ans plus tard. Il existe, comme on s y attend, d autres cas de ré-emploi décrits dans le cahier restitué de Guignard/Nouel, où les premiers morts portent des bracelets et objets métalliques en bronze et où d autres morts dans un niveau inférieur sont accompagnés d une panoplie d objets en silex et des céramiques décorées. Les défunts superposés ont d ailleurs des orientations différentes. Dès lors, on est en droit de se demander dans quelle mesure, la nécropole d Averdon n est pas tout simplement la grande nécropole néolithique qu il restait à découvrir, ayant subi de multiples réoccupations. Un ré-examen minutieux des données est donc indispensable pour une réhabilitation de ce qui peut encore être sauvé (c est-à-dire publié) de cette nécropole. L état de la question sur les nécropoles du Néolithique moyen Dans le sud de la Seine-et-Marne, sur le site de Balloy, un groupe de sépultures datées de 4400 av. notre ère présente les caractéristiques suivantes : les morts sont enterrés individuellement au centre d un grand monument réalisé par des fossés en formes de trous de serrure de 15 à 20 m de longueur. 70

73 Nécropole de Balloy, les Réaudins (77) d après Mordant, 1997 Ciste de type Chamblandes à Lausanne-Vidy, d après P. Moinat 1998 En Normandie, à Rots, dans ce même type de monument fossoyé, et pour la même période, la sépulture centrale a été appareillée avec des dalles calcaires qui forment un coffrage en pierre autour du défunt. En Morbihan, également, à Erdeven, une sépulture en coffre s inscrit dans un monument allongé. Outre une offrande sous forme de vase posée dans le coffre, il existe également une série de haches en roches précieuses plantées tranchant vers le haut sous la dalle de base autour de laquelle le coffre est élevé. En Suisse et dans les Alpes françaises, une série d inhumations en coffres de pierre existent également. Les défunts sont en position repliée, mais l accès à la chambre par glissement de la dalle de couverture montre des réutilisations successives. A Caramany dans les Pyrénées orientales, plusieurs sépultures en coffres sont entourées d un hérisson circulaire de pierres et de dalles dressées. Plus près de nous, à Pontcharraud dans le Puy-de-Dôme, on assiste dans la même nécropole au passage de la sépulture individuelle en coffre à la sépulture multiple, toujours pour des datations comprise entre 4500 et 4300 av. notre ère. Caramany Camp del Ginèbre (66 d après J. Vaquer 1998 Averdon, sépulture 57 (41) d après R. Albert 1985 Il existe donc bien, dans la moitié du V millénaire un phénomène général de passage de la simple sépulture en fosse à la sépulture inscrite dans un monument de grande taille et dont les parois vont s agrémenter peu à peu de dalles de parements avec une dalle de couverture amovible. D autres individus peuvent ainsi être ajoutés. On soupçonne que la superstructure n est pas close et qu il y a ainsi une possibilité de réintervention. Le Néolithique moyen de notre région et des alentours, n échappe pas à la règle car la nécropole la mieux connue pour le Chambon est à sur la commune de Valdivienne, à Saint-Martin-la-Rivière (86) où des coffres, dont l un à sépultures multiples, ont été exhumés. On comprend facilement le glissement progressif ensuite vers les mégalithes érigés à partir du milieu du Néolithique moyen 2, puis les allées couvertes etc 71

74 La sépulture du Néolithique moyen 2 du monument 36 bis s inscrit donc parfaitement dans cette tradition des coffres à dalles calcaires, entourés d un hypothétique tumulus ovale ou quadrangulaire, dont le couvercle pouvait dépasser le sommet du tumulus. Plus tard, d autres personnes seraient venues réutiliser ce monument et le transformer en fonction de leurs propres rituels d inhumations. En l absence d une reprise des travaux archéologiques sur ce monument, pour le confirmer, cela reste à l état hypothétique. Et si l on cherche quels sont ces potentiels reconstructeurs, le choix n est pas très complexe. A l Age du Bronze moyen des cistes ont été construites à Orval dans le Cher, pour citer un exemple régional. Le mort est disposé dans un long couloir de dalles dressés de chant et avec des dalles plus imposantes au chevet des morts. Il existe donc bien une totale identité entre cette sépulture et la reconstitution des dalles du monument 36 d Averdon. Orval (Cher) Ph. Villes, in Despriée, Verjux, 1992 Averdon sép. 36 d après Albert 1985 A partir de la fin du Bronze final, les rituels changent totalement. On connaît sur plusieurs nécropoles protohistoriques de la Région Centre (Saumeray 28) mais également ailleurs comme à Antran (Vienne-86) ou à Acy-Romance (Ardennes - 08) des nécropoles à incinérations qui débutent au Bronze final avec des enclos circulaires et continuent de fonctionner jusqu à la période gauloise avec ses enclos quadrangulaires. Nécropole d Acy-Romance (08) d après Lambot, 1988 Nous conclurons sur le fait que, d après les données les plus récentes, les nécropoles tumulaires à coffres ou cistes existent dans deux contextes chronologiques différents, soit à la transition entre le Néolithique moyen 1 et 2 ( av. notre ère), préfigurant l apparition des dolmens, soit au Bronze ancien-moyen ( av. notre ère) précédant l adoption du rituel de l incinération. Revenant à plus de pragmatisme, en 1902, Ludovic Guignard concluait sa brochure en ces termes : «Au résumé, si les couches inférieures fournissaient un mobilier appartenant incontestablement à une période qui serait au moins de la pierre polie, le sommet du tumulus nous donnait l âge du bronze, caractérisé par le collier retrouvé en place, autour du col du premier squelette découvert. Depuis cette première exploration, un nouveau tumulus a donné les mêmes dispositions ; on peut donc se demander si la station d Averdon ne donnerait pas avec une précision mathématique, la superposition des deux âges pierre et bronze» On voit donc que nous n avons pas beaucoup avancé depuis Mais les coffres et les cistes font partie de rituels spécifiques et il doit bien exister, dans les environs, d autres espaces funéraires qui datent de périodes 72

75 intermédiaires, voire plus anciennes et plus tardives, tant il est constaté partout que les cimetières anciens restent pour longtemps des lieux consacrés et respectés. En ce sens la recherche ne fait que commencer sur la nécropole d Averdon. La mise au net et la nécessaire confrontation de toutes les données écrites et de toutes les données archéologiques sont nécessaires pour arriver à une première synthèse des données. Il paraît moins urgent aujourd hui de retrouver le cahier de fouilles de Ludovic Guignard dont les données scientifiques exploitables sont désormais connues, grâce à la retranscription de l Abbé Nouel. Mais les documents archéologiques sont pour le moment dispersés dans plusieurs musées et la première tâche sera de les rassembler pour étude. L autre partie du travail consistera à cartographier tous les indices qui apparaissent sur les différentes missions aériennes de ce secteur, pour déterminer la véritable emprise de la nécropole, et des sites d habitats des alentours. Si la restauration de nouveaux monuments dans l espace de la réserve pourrait s avérer fructueux et didactique pour le public. Certains monuments situés en limite ou à l extérieur de la réserve posent de véritables questions sur l ancienneté réelle des débuts de la nécropole comme par exemple, le monument long à coffres,. Il s agirait alors d investigations qui seraient à la pointe de la recherche actuelle, et hors de la zone mythique de Carnac et du Morbihan. Il est temps que la célèbre nécropole d Averdon sorte d une dualité douloureuse et contradictoire : c est sans doute la plus importante nécropole néolithique de la région Centre, mais c est aussi la plus ruinée et la plus mal connue. Notes 1- «Notes recueillies sur Roscoff pendant mon séjour dans cette ville» : manuscrit des collections patrimoniales de la Bibliothèque Municipale de Brest. Le recueil qui traite de la période comprise entre 1881 et 1920 «se place sous le signe de l enquête et du recueil ethnographique». Nous notons au passage une remarque tirée de la présentation du manuscrit par la bibliothécaire Marion Le Lay-Le Provost, non anodine ici : «le temps de l écriture semble avoir démarré bien après le premier voyage et s être prolongé pendant de longues années, puisque Guignard cite dans les cinq premières lignes un Dictionnaire des Postes de 1892.», soit 11 ans après les premiers faits relatés Dans la brochure de 1900 : «Conférence sur la Ville préhistorique d Averdon» : «dans la cité préhistorique d Averdon ce qui frappe c est la grandeur du campement, la multiplicité des tumuli et des fonds de cabane, la régularité de ce que chacun appelle, autour de nous, des remparts et qui, pour moi, ne sont que les rues, grandes artères de la cité». Dans la brochure de 1902, la «Station préhistorique d Averdon» : «on voit encore les traces de la vieille cité de jadis, où chaque hutte avait un tombeau familial, devant sa porte, et était entourée d un carré de muretins pour indiquer le domaine utile du détenteur de l immeuble. Le peuple qui «a rasé» la ville préhistorique s est contenté de rabattre les muretins sur les voies frayées et d effondrer les huttes des habitants qui furent probablement ou massacrés ou emmenés en captivité» 3- brochure de 1902, la «Station préhistorique d Averdon» : le cist.. était formé de dalles brutes placées les unes à côté des autres, comme dans les grands dolmens ; ces dalles étaient recouvertes d autres, plates, non taillées, de 1m20, environ, de longueur, sur 0m60 de large et 10 à 12 d épaisseur. Bibliographie Albert R Averdon Loir-et-Cher. Réserve naturelle de la Vallée de la Grand-Pierre et de Vitain. Inventaire des structures. Deux tomes. Direction Régionale des Antiquités Préhistoriques. Orléans. Bailloud G. et Cordier G Le Néolithique ancien et moyen de la Vallée de la Brisse (Loir-et-Cher). Revue Archéologique du centre, Tome 26, fasc. 2, p Cordier G Inventaire des mégalithes de la France. 1) Indre-et-Loire. Ier supplément à Gallia Préhistoire, C.N.R.S., Despriée J., Leymarios C Inventaire des mégalthes de la France 3- Loir-et-Cher. Ier supplément à Gallia- Préhistoire. C.N.R.S.,

76 Despriée J., Verjux C Protohistoire, l Age du Bronze. Centre Départemental de documentation pédagogique du Loir-et-Cher. Ministère de la Culture- Direction Régionale des Affaires Culturelles du Centre Circonscription des Antiquités Préhistoriques. 144 p. Florance E. C l Archéologie Préhistorique, Protohistorique et Gallo-romaine en Loir-et-Cher. Bull. Soc. Hist. Nat. du L.-et-C., n 17, Franchet L La nécropole préhistorique d Averdon. AFAS, Bordeaux, 1923, p Franchet L La Vallée de la Cisse à l époque néolithique. Communications. Séance du 18 janvier Compte-rendu sommaire des séances de la Société de Biogéographie. N 43. Sixième année. Guignard de Butteville L Conférence sur la Ville Préhistorique d Averdon. Extrait du Bull. Soc. Arch. Scient. Et Litt. du Vendômois, Tome XXXIX, 1900, p Brochure tiré-à-part, Vendôme, Imprimerie F. Empaytaz, 27 rue Poterie. Guignard de Butteville L Tumuli des bords de Loire comparés à ceux de Tongres. Compte-rendu du Congrès archéologique de Tongres, du 4 août Congrès de la fédération Archéologique et Historique de Belgique. Brochure de 8 pages, tiré-à-part. Guignard de Butteville L Station préhistorique d Averdon. Bull. Soc. Hist. Nat. Anthr. L.-et-C., 1902, broché, tiré-à-part, 6 p. Guignard de Butteville L. Les fouilles d Averdon. L Avenir de Loir-et-Cher. 19 juin 1901 Guignard de Butteville L. Les fouilles d Averdon. L Avenir de Loir-et-Cher. 29 Avril 1902 Guignard de Butteville L. Fouilles d Averdon. L Avenir de Loir-et-Cher. 22 Juin 1902 Guignard de Butteville L. Fouilles d Averdon (résumé). L Avenir de Loir-et-Cher. 20 Mai 1904 Guignard de Butteville L La station Préhistorique d Averdon près de Blois, Blois, Typographie et lithoraphie C. Migault et Cie, 14 rye Pierre de Blois, Brochure extraite du journal L Avenir de loir-et-cher du vendredi 20 Mai pages. Lambot B Les bâtiments cultuels du Bronze final d Acy-Romance (Ardennes).in Architectures des Ages des Métaux : fouilles récentes. Equipe de recherche 314 du CNRS. Laboratoire d archéologie de l Ecole Normale Supérieure. Archéologie Aujourd hui, Dossiers de Protohistoire n 2. Editions Errance p Moinat P Les cistes de type Chambandes. Rites funéraires en Suisse occidentale. In Sépultures d Occident et genèses des mégalithismes ( avant notre ère) Séminaire du Collège de France, sous la direction de Jean Guilaine. Ed Errance p Mordant D Le complexe des Réaudins à Balloy : enceinte et nécropole monumentale. La Culture de Cerny. Nouvelle économie, nouvelle société au Néolithique. Actes du Colloque International de Nemours Mémoires du Musée de Préhistoire d'ile-de-france, 6, p Vaquer J Les sépultures du Néolithique moyen en France méditerranéenne. In Sépultures d Occident et genèses des mégalithismes ( avant notre ère) Séminaire du Collège de France, sous la direction de Jean Guilaine. Ed Errance p

77 Biodiversité et réserves naturelles Michel CHANTEREAU Conservateur de la réserve naturelle nationale de Saint-Mesmin (Loiret) Membre de la commission scientifique de Réserves Naturelles de France Membre du Conseil scientifique du patrimoine naturel de la région Centre Les réserves naturelles sont créées pour protéger les joyaux de la biodiversité de notre pays. Nous tenterons tout d abord de définir ce mot relativement nouveau de biodiversité ou diversité du vivant, puis d en cerner les différentes formes : diversité des espèces, diversité des gènes, diversité des écosystèmes. En quelques chiffres clés, nous verrons ce que représente la biodiversité dans le monde et dans notre pays. La France, au carrefour de quatre régions biogéographiques, a une forte responsabilité dans la sauvegarde de la biodiversité sur le continent européen, mais encore plus outre-mer. Le rythme des extinctions d espèces et les principales causes de l érosion de la biodiversité seront ensuite exposés. Avec 36 ha, «Grand-Pierre et Vitain» fait partie des quatre réserves françaises qui contiennent des superficies importantes de pelouses sèches calcicoles La biodiversité 75

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79 Un outil de suivi des oiseaux Plus de quarante réserves naturelles, dont celle de «Grand-Pierre et Vitain», participent au volet ornithologique du programme «VIGIE-NATURE», coordonné par le Muséum National d Histoire Naturelle de Paris, visant à évaluer les tendances d évolution des effectifs d espèces nicheuses communes. Selon qu elles soient généralistes ou spécialistes, les espèces oiseaux ne sont pas toutes égales face au risque de déclin. Ainsi, la plupart des espèces des milieux agricoles ouverts subissent un déclin plus ou moins prononcé, comme par exemple la Linotte mélodieuse. 77

80 Le réseau des réserves naturelles 78

81 L observatoire du patrimoine naturel des réserves Un outil spécifique visant à mesurer l évolution de la biodiversité dans les réserves naturelles a été mis en place dès 1989 par Réserves Naturelles de France (RNF) : l observatoire des réserves naturelles. Cet observatoire permet de recueillir de nombreuses informations sur les réserves elles-mêmes (évolution des surfaces par types de milieux naturels) mais aussi sur les habitats et les espèces qu elles recèlent, notamment les plus rares et les plus remarquables. Les résultats sont publiés sous forme de neuf fascicules thématiques. L observatoire permet de mieux connaître les forces et les faiblesses du réseau : ainsi les réserves protègent la plupart des habitats d intérêt communautaires. Des lacunes apparaissent cependant dans les habitats méditerranéens. Pour ce qui est des espèces menacées, les réserves naturelles protègent un fort pourcentage des oiseaux aquatiques, marins et littoraux. En revanche, les oiseaux rupestres menacés y sont faiblement représentés 79

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83 Gérer ou laisser faire En conclusion, à la question : faut-il gérer ou laisser faire la nature qui revient souvent à choisir entre la biodiversité et la naturalité, il sera difficile de répondre en quelques mots tant le sujet est vaste Tellement vaste qu il pourrait faire l objet d un prochain colloque organisé par la réserve naturelle «Grand-Pierre et Vitain»! Si la non-intervention est presque toujours le meilleur choix dans la gestion conservatoire de milieux forestiers (le gestionnaire devant simplement mesurer l évolution naturelle et veiller à ce que des essences exogènes ne s installent pas), la gestion active des milieux ouverts est impérative si l on veut maintenir les communautés végétales et la faune associée des pelouses sèches de Grand-Pierre et Vitain». Ce choix, mis en œuvre depuis maintenant trente ans sous forme de fauche et de pâturage, est la condition sine qua non du maintien de la biodiversité hors du commun de cette réserve naturelle. 81

84 Les ateliers pour enfants et adolescents Pour sensibiliser les plus jeunes aux questions d environnement et de préservation du patrimoine naturel et culturel, nous avons privilégié la découverte par l observation, la manipulation, la création. Plusieurs ateliers, adaptés aux enfants d âge varié, des plus jeunes aux adolescents, furent proposés grâce au concours du Club Jeune Nature Animaux (CJNA) de Marolles. Les animateurs du CJNA ont ainsi conduits 6 ateliers différents : - la fabrication de masques d animaux - la construction de nichoirs à oiseaux - l examen de pelotes de rejection - les mini-fouilles archéologiques - la construction d un mur en torchis - la découverte de la faune aquatique 82

85 Le film «Espaces naturels et biodiversité» Le CDPNE a souhaité accompagner la manifestation des 30 ans de la réserve avec la sortie d un film sur les enjeux de la préservation de la biodiversité et la gestion mise en œuvre sur un site naturel en y abordant l ensemble des aspects du métier de gestionnaire : la conservation, le suivi et les inventaires du patrimoine naturel, les actions d éducation à l environnement et les relations avec le tissu socio-économique local (propriétaire, collectivités ). Ce projet s est concrétisé par la réalisation du film «Espaces naturels et biodiversité Regards sur la gestion conservatoire, l exemple de Grand-Pierre et Vitain». Le film, d une durée de 26 minutes, s adresse aux lycéens, étudiants souhaitant s orienter vers les métiers de la nature, enseignants, gestionnaires de sites naturels (associations, collectivités) ou tout public qui s intéresse aux questions de biodiversité et de conservation de la nature. Il a été réalisé par Martine Sautet à partir d un scénario écrit par Pascale Coppin, et est produit et édité par le CDPNE. Il comprend trois parties : La première est consacrée aux enjeux de la biodiversité et de la protection des sites : elle définit les notions de biodiversité ordinaire et remarquable, présente les services rendus par la nature, les menaces qui pèsent sur la biodiversité et certains dispositifs de protection de la nature ; les points de vue du directeur de la DIREN Centre (Direction Régionale de l Environnement), de la Viceprésidente de la Région Centre en charge de l Environnement et du développement durable, du Président du Conseil Général de Loir-et-Cher y sont exposés. La seconde partie est consacrée à la gestion conservatoire mise en œuvre sur la réserve naturelle nationale de «Grand-Pierre et Vitain» : présentation du patrimoine naturel, sans oublier le patrimoine archéologique de la réserve, élaboration du plan de gestion de la réserve, exemple de la gestion par pâturage extensif des pelouses sur calcaire, inventaires du patrimoine naturel et suivis scientifiques (exemple du suivi de l Ascalaphe) ; témoignage de la conservatrice de la réserve et d un entomologiste en charge d un protocole de suivi scientifique. La dernière partie est consacrée à l insertion dans le tissu économique local et les relations partenariales qui peuvent être mises en œuvre sur la réserve : témoignages et avis de propriétaires privés de terrains sur la réserve, du maire d une des communes d implantation de la réserve ; présentation des activités d éducation à l environnement conduites à la Maison de la Nature-Maison de la réserve, interview du garde animateur de la réserve, d une institutrice ; présentation des travaux menés sur la thématique art et nature et interview du directeur de l école d art de Blois-Agglopolys. Ce film a été réalisé grâce au soutien de l établissement public régional Ecopole, du Pays des Châteaux, du Conseil Général de Loir-et-Cher et de la DIREN. Il a été présenté en avant première lors de la clôture de la manifestation. Il est diffusé dans les réseaux d associations naturalistes, de gestionnaires de sites naturels ou d éducation à l environnement, les établissements d enseignement, les centres de documentation pédagogiques. Il peut être demandé gratuitement au CDPNE ou téléchargé sur le site de l association : Béatrice Faivre, enregistrement de la voix off 83

86 Pâturage extensif sur la réserve Démonstration de chien de berger Diana : la génisse Highland Cattle Ane Grand Noir du Berry 84

87 Les animaux de races rustiques et présentation de chiens de bergers La manifestation «Grand-Pierre et Vitain fête ses 30 ans» fût aussi l occasion de mettre à l honneur la biodiversité domestique en valorisant les animaux de race rustique et pratiques agricoles extensives. Moutons, pâturage extensif sur la réserve et démonstration de chiens de berger Les pelouses sur calcaire de la réserve présentent une grande diversité faunistique et floristique. Mais il ne s agit pas d une végétation stable dans le temps : elle évolue spontanément vers le bois et la forêt. Autrefois, ces pelouses se maintenaient grâce à une activité agricole traditionnelle. Aujourd hui, pour maintenir la diversité biologique de ce milieu, les pratiques en place conjuguent la fauche et le pâturage. Les études menées sur la réserve depuis plus de trente ans ont montré l efficacité de ces interventions, en particulier le pâturage itinérant par des moutons conduit par un berger qui donne d excellents résultats en maintenant un tapis végétal clairsemé, en évitant les clôtures permanentes, en limitant dans le temps la présence des moutons sur les parcelles tout en répondant aux objectifs de conservation des écosystèmes. Le pâturage s effectue tout les 4 ans sur 4 lots, soit un lot par an. Il est réalisé dans le cadre d un contrat Natura 2000 passé avec le berger. Aujourd hui, le troupeau paissant sur la réserve est constitué de 300 têtes, principalement des moutons «Berrichons de l Indre» et quelques chèvres. Troupeau conduit par Serge Lubineau Mais c est une autre race, longtemps menacée de disparition, qui autrefois, passaient sur ces pelouses : la «Solognote». Facilement reconnaissable à sa tête et ses membres châtains et à sa laine de couleur gris-brun, il s agit d une espèce très rustique et très résistante, particulièrement recherchée pour la mise en valeur des terroirs pauvres et difficiles. Des brebis de race solognote, propriété du CDPNE, perpétuent cette tradition : elles pâturent depuis de nombreuses années, de manière permanente, une pelouse de la réserve, et permettent ainsi, aux scientifiques d évaluer l impact d un pâturage permanent sur les pelouses calcicoles. Les Highland Cattle Brebis de race Solognote La race Highland Cattle est une des plus anciennes races bovines. Elle est reconnue pour sa robustesse et sa très grande rusticité ; elle résiste très bien aux maladies, aux insectes et au stress et pâture en toute saison. Elle est capable d'exploiter des pâturages pauvres dans des paysages de landes. Elle peut consommer une grande variété de végétaux de type arbustifs, ce qui en fait une excellente débroussailleuse. La Highland Cattle est également utilisée pour maintenir ouvert les fonds de vallée. Elle a une remarquable longévité, les vaches pouvant vêler jusqu'à 20 ans et plus. Diana, une génisse Highland Cattle provenant de l élevage de M. Gabilleau à Averdon (EARL Les Tresseaux) a été présentée, permettant aux visiteurs de découvrir cette race reconnaissable à sa robe rouge brun, ses poils très longs et ses cornes impressionnantes, dressées en l air chez la vache. Malgré ces cornes, ce sont des animaux tranquilles et dociles. 85

88 L âne Grand Noir du Berry La race n'a été reconnue officiellement qu'en Son berceau se situe dans le sud du Berry, dans le département du Cher. C est un âne de grand format qui possède une robe, à poil ras, uniformément foncée, avec le ventre gris clair. L effectif de cette race est très réduit. Une association d éleveurs créée en mars 1993, l Association française de l âne noir grand du Berry (AFAGNB) travaille, en collaboration avec les Haras nationaux, à la sauvegarde de la race. Cette race fut d abord un animal de trait, utilisé tant pour les travaux des champs dans le Berry, notamment pour travailler la vigne, que pour haler les péniches le long du canal de Berry et du canal de Briare. Animal docile et fort, il est reconverti de nos jours dans le tourisme et les loisirs, par exemple pour transporter les bagages de randonneurs. Jacky Davezé, spécialiste de l âne, était présent lors de la manifestation et a proposé tout au long de la journée du 19 septembre des promenades en calèche dans Marolles : l occasion de partager sa passion de l âne! 86

89 L exposition photo Une exposition de photographies réalisées par Bruno Dumas, garde animateur de la réserve de Grand-Pierre et Vitain, fût créée et exposée afin de faire découvrir les beautés de la faune et de la flore présentes sur le site. Cette exposition est mise à disposition des collectivités du département qui souhaitent l emprunter. Elle se compose d une trentaine de photographies au format 30 x 20 présentées dans des cadres colorés de dimension 35 x 45. Ces photos sont présentées sur le site internet du CDPNE (www.cdpne.org) et peuvent être commandées au CDPNE. Galerie des photographies de l exposition Argus bleu céleste mâle Argus bleu céleste femelle Chevreuils Bergeronnette grise Chenille Rosée en bord de Cisse Céphale Chenille de Bombyx Criquet Chortipus Anémone Pulsatile 87

90 Coccinelle asiatique Entrée de la réserve Grenouille agile Coquelicot Ecureuil roux Forêt de pente à fougères scolopendre Libellule à quatre points Vallée sèche Lézard vert 1 Lézard vert 2 Mehnir Ophrys araignée Orvet Muscari à toupet 88

91 Mésange bleue Lièvre Mouche et érable Plume et rosée Sedum Zygène 89

92 Vue aérienne de Grand-Pierre et Vitain Disposition des stands 90

93 Au-delà de «Grand-Pierre et Vitain» Au cours des 30 années écoulées depuis la création de la réserve, de nombreux partenariats ont été développés par le CDPNE. La prise en compte des questions d environnement s est accrue, même si le travail à accomplir dans un contexte de poursuite de l érosion de la biodiversité reste important. La manifestation fut également l occasion de mettre à l honneur l implication et les actions conduites par divers organismes du département et de la région. Ainsi, plusieurs expositions furent présentées en extérieur et dans l espace «Pause Nature» et les visiteurs ont pu aller à la rencontre d acteurs de l environnement au sein de «l espace stands». - l'impact des pesticides sur l'homme, - la pollution de notre environnement, - les conséquences des pesticides sur l'environnement, - la problématique de l'utilisation des pesticides dans les communes, - les alternatives aux pesticides (6 panneaux). Créée par l association Loiret Nature Environnement, elle a été acquise par le CDPNE en 2009 et est utilisée, parmi d autres outils, dans le cadre des programmes d accompagnement des communes qui ne souhaite plus utiliser de pesticide pour l entretien de leurs espaces. Les expositions extérieures «Initiatives locales en faveur du développement durable» Cette exposition a été réalisée en 2008 dans le cadre des «Rencontres du développement durable» qui font partie du projet «Rôle des territoires ruraux pour l émergence de stratégies de développement durable» mis en place par les pays Vendômois et le pays de Grande Sologne, pour construire une démarche de développement durable à travers les projets et expériences qui émergent de leurs territoires. Elle présente des initiatives dans les domaines de l urbanisme, des déchets, de la biodiversité, de l eau, de l écoconstruction, de l économie solidaire, de la sensibilisation à l environnement, de l énergie, des filières courtes, et de la mobilité. Cette exposition a été réalisée dans le cadre d un partenariat entre le CAUE et le CDPNE et soutenue par des fonds européens Leader +. «Objectif Zéro pesticide dans nos villes et nos villages» " Zéro pesticide dans nos villes et villages " est une exposition de 16 panneaux souples (format 120 x 80 cm) qui aborde : L espace «Pause Nature» Aménagé dans la vaste cave voutée de la Maison de la Nature et de la Réserve, dans une ambiance tranquille, au son des bruits enregistrés de la nature, cet espace a abrité l exposition photographique sur «Grand-Pierre et Vitain» et permis de découvrir un diaporama dédié à la biodiversité ainsi que l exposition sur les oiseaux du Loir-et-Cher réalisée par l association Loir-et-Cher Nature. Dans cet espace «Pause Nature» fut également installé un poste multimédia destiné aux jeunes pour s initier de façon ludique aux enjeux de la préservation de l environnement. Les stands partenaires Les stands partenaires furent installés dans la cour de la Maison de la Nature et de la Réserve et sur les espaces verts situés à proximité immédiates de la Maison de la Nature. Les organismes et collectivités présents furent les suivants : - Agglopolys - Communes d Averdon 91

94 - Commune de Marolles - Muséum d Histoire naturelle - Maison botanique de Boursay - Société d histoire naturelle du Loir-et-Cher - Comité Départemental du Patrimoine et de l Archéologie du Loir-et-Cher - Club Jeune Nature Animaux de Marolles - Gîtes de France - Etablissement public régional Ecopôle - Val Eco - Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage - Chambre d Agriculture de Loir-et-Cher - Fédération départementale de Chasse de Loir-et-Cher L espace laboratoire, lieu d observation et de manipulation situé à l étage, où sont régulièrement accueillis par les animateurs du CDPNE des groupes d enfants, était également accessible et fût dédié durant la journée à l animation conduite par le CJNA (Club Jeune Nature Animaux de Marolles) sur les pelotes de rejection. La Maison de la Nature et de la Réserve Le grand public a pu découvrir ou redécouvrir la muséographie de la Maison de la Nature : son espace d accueil, son espace lecture situé à l étage, son espace de projection où furent présentés des films de Laurent Charbonnier, spécialiste du film animalier et parrain de la manifestation, et son espace muséographie. L exposition muséographique située au rez-dechaussée et accessible aux personnes à mobilité réduite, se compose de huit modules présentant les interactions entre la société et l évolution des écosystèmes, de la période néolithique à nos jours. Les paysages vus du ciel Enfin, un jeu concours fût organisé durant la journée du 19 septembre, proposé sous la forme d un quizz. Parmi les bonnes réponses, 15 gagnants furent tirés au sort : les 4 premiers gagnèrent un baptême en montgolfière, les suivant un kit de découverte des ouvrages de la réserve. L envol de la montgolfière, à proximité de la Maison de la Nature et de la Réserve permit aux heureux gagnants de découvrir les beautés du paysage loiret-chérien et son patrimoine vu du ciel. 92

95 Pour conclure Il faut rappeler tout d abord que la mise en place de ce projet fut un formidable travail collectif. Si la mobilisation des équipes du CDPNE fut forte et l engagement de notre jeune stagiaire, Béatrice FAIVRE déterminante, le projet n aurait pu voir le jour sous cette forme, sans le soutien de tous les bénévoles et de nos partenaires. Lors de la phase de préparation, le projet fut accueilli avec enthousiasme. Durant les deux jours de manifestation, les visiteurs furent nombreux, les jeunes enthousiastes lors des animations et l intérêt manifeste pour les conférences. De nombreux témoignages de satisfaction nous sont revenus. C est volontiers que nous partageons le succès de cette manifestation avec l ensemble des personnes, structures publiques ou privées, organismes, collectivités, qui nous ont accompagnés dans cette aventure. Et ensuite?... Naturellement la gestion et la conservation du site se poursuit : le plan de gestion pour les années à venir (période ) a été validé en préfecture et doit être mis en œuvre. Les Nations Unies ont déclaré 2010 Année internationale de la biodiversité. C'est une célébration de la vie sur terre et de la valeur de la biodiversité pour notre vie. Le monde est invité à prendre des mesures en 2010 pour sauvegarder la diversité de la vie sur terre : la biodiversité. Gageons que cet engagement international débouche sur une prise de conscience plus large des enjeux de biodiversité et de la nécessité, pour l Homme, de sa sauvegarde. Pour sa part, le CDPNE poursuivra avec détermination, le développement des activités de sensibilisation et d éducation à l environnement, d accueil à la Maison de la nature et de la réserve, en poursuivant les partenariats actifs et sa démarche d ouverture vers les acteurs locaux et le grand public. Les outils créés à l occasion de la manifestation sont et continueront à être utilisés dans ce sens : - Utilisation des posters sur pieds lors sur les colloques, forums, stands tenus par le CDPNE ; - Proposition de prêt de l exposition photographique sur la faune et la flore de «Grand-Pierre et Vitain» aux communes du département ; - Diffusion de l ouvrage «Chemins de réserve» ; - Diffusion et promotion vers les réseaux de gestionnaires de sites, les établissements d enseignement et les structures d éducation à l environnement, du film «Espaces naturels et biodiversité». Ainsi, si la manifestation «Grand-Pierre et Vitain fête ses 30 ans», fut l occasion de renforcer les liens avec les acteurs socio-économiques locaux et de promouvoir la réserve auprès du grand public, c est également un tremplin pour le développement des activités à la Maison de la Nature et le rayonnement de la réserve. 93

96 Le projet est cofinancé par l Union Européenne Avec le soutien et la participation de :

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