Plan.. Partie 1 : La notion de système bancaire dans l économie Egyptienne contemporaine..

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Plan.. Partie 1 : La notion de système bancaire dans l économie Egyptienne contemporaine.."

Transcription

1 Université Lyon 2 Institut d'etudes Politiques de Lyon François Chamosset Séminaire : économies nationales du Monde Arabe Sous la direction de Lahouari Addi mémoire soutenu le 29 juin 2009 Le rôle de l institution bancaire dans l Egypte contemporaine. Pour une illustration de la dialectique entre marché et Etat dans une économie en développement Jury : Daniel Dufourt

2

3 Table des matières Remerciements.. Introduction Générale.. Délimitation du sujet.. Délimitation du terrain.. Pourquoi l Egypte?.. Pourquoi le secteur bancaire?.. Problématique.. Plan.. Partie 1 : La notion de système bancaire dans l économie Egyptienne contemporaine.. I. Du libéralisme Wafdiste à l ajustement structurel, rôle de la Banque dans l Egypte du XXe siècle Le rôle de la banque dans l institution de l Etat Egyptien : du libéralisme au capitalisme d Etat Banque et Etat à la fin des années Bilan de la réforme du système financier initiée en 2003 : quelle libéralisation du marché bancaire? Réformes et désillusions de Sadate à Moubarak ( ).. II. La réforme du secteur bancaire : un débat perpétuel.. Partie 2 : L apparition de structures financières extérieures au secteur bancaire : les exemples de la finance Islamique et de la micro finance... I. Evolution du paradigme de finance Islamique en Egypte.. 1. Genèse de la finance Islamique dans le secteur public : la caisse d épargne Mit Ghamr et la Banque Sociale Nasser.. 2. Apparition d un système financier privé, puis informel dans les années 1980 : de la libéralisation à la répression.. 3. La finance Islamique au XXIe siècle : discours et réalité.. II. La micro finance en Egypte : libéralisation endogène ou exogène de l accès aux produits financiers?.. 1. Mise en place de la micro finance sous pression internationale : les raisons d un succès relatif.. 2. La micro finance entre maintien des entraves bureaucratiques et émergence d un marché autonome... Conclusion Générale.. Bibliographie.. Ouvrages.. Articles de presses, de revue et contributions.. Littérature Grise : travaux universitaires et publications officielles.. Sites Internet et ressources en ligne.. Annexes.. Liste des sigles utilisés.. Résumé.. Mots clés.. Abstract

4 Keywords.. 83 Loi n 88/2003 relative à la Banque Centrale, au Secteur Bancaire et à la politique monétaire (assortie des amendements issus de la loi n 141/2004 et n 93/2004).. 83 Loi n 10/2009 de régulation des marchés financiers non bancaire (traduction non officielle).. 83

5 Remerciements Remerciements Je tiens à remercier particulièrement M. Lahouari Addi, mon professeur dans le cadre du séminaire «économie nationale du Monde Arabe», pour sa disponibilité et ses conseils. Un grand merci aussi à Kathia Zakaria, pour m avoir fourni les quelques précisions étymologiques nécessaires à la définition du sujet, à Carole Servière, de l ONG Planet Finance, pour m avoir orienté sur le secteur de la micro finance en Egypte, et à Laetitia Habchi, de l Agence Française de Développement au Caire, pour ses précisions sur la réforme en cours du secteur bancaire Egyptien. Je tiens également à remercier le service numérique de l Université Lyon 2, et Corentin, pour son soutien lors de la phase d impression et de mise en forme de la page de garde. 5

6 Le rôle de l institution bancaire dans l Egypte contemporaine. Pour une illustration de la dialectique entre marché et Etat dans une économie en développement Introduction Générale Délimitation du sujet Dans son ouvrage de référence intitulé La grande transformation. Aux origines politiques et économiques de notre temps, Karl Polanyi présente l économie de marché de la manière suivante : Cette conception nouvelle de l économie est née sous la plume des économistes britanniques classiques de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, puis s est ensuite répandue sur l ensemble de l Europe Occidentale avant de s imposer au reste du monde par le biais des entreprises de colonisation. Ainsi, les organisations internationales pour le développement économique, à l instar du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale enjoignent les pays à travailler en direction de l établissement d une économie de marché sur leur territoire, c est à dire à laisser au maximum le système de prix dominer les relations entre agents économiques. Par ailleurs, l avènement de l économie de marché comme standard mondial de régulation économique s est accompagné de la formation du concept d Etat Nation à partir du traité de Westphalie de Regroupant un peuple à l intérieur d un territoire donné et sous la direction d un gouvernement central, l Etat Westphalien se caractérise par l exercice de la compétence de souveraineté dont il est l unique détenteur sur son territoire. L Etat s est non seulement imposé en tant que sujet premier du droit international, mais aussi comme unité de base de la mesure des rapports de force économique entre les nations dans le système international contemporain. Il s agira dans ce travail de distinguer la notion de nation, regroupant l ensemble des activités de production de richesses sur un territoire donné, de celle d Etat, au sens économique du terme, qui désigne alors la puissance politique en charge de l organisation et de la régulation de l activité économique sur ce territoire. La confrontation de ces deux concepts clés de notre travail nous donne donc l occasion de cerner deux aspects centraux de notre sujet : Tout d abord, les notions d économie de marché, et d Etat nation sont socialement et historiquement construites dans le contexte de l Europe occidentale du XVIIIe siècle. L exportation de ces concepts à la quasi totalité des cultures politiques et économiques de la planète a dû faire l objet de processus d appropriation locaux spécifiques à chaque région du monde. Ensuite, la mise en œuvre conjointe des concepts d Etat, et d économie de marché a été inévitablement conflictuelle. Puisque l économie de marché ne saurait idéalement se laisser guider par d autres paramètres que l évolution des prix, tandis que l Etat, en tant que détenteur ultime de la puissance souveraine, ne saurait se laisser dicter sa conduite par une autre entité sociale que lui-même. A fortiori, lorsque le gouvernement d un Etat donné est autoritaire, il lui sera difficile de laisser s exprimer les forces du marché si cellesci contredisent son intérêt premier. 6

7 Introduction Générale Nous formulerons l hypothèse que le secteur bancaire, de par son rôle d arbitre entre besoins et capacités de financements, constitue le lieu d affrontement par excellence entre les intérêts du marché et ceux de l Etat. Dans tout système économique moderne, la banque est le lieu ou sont accumulées les richesses produites par le système économiques. La logique du marché veut que l épargne constituée par les agents économiques soient placés auprès de l entrepreneurs le plus offrant en terme de rémunération. L Etat ne pouvant par nature pas proposer d investissements rentables du point de vue économique, il va se trouver dans l obligation de fixer des règles visant à fausser la loi du marché pour pouvoir détourner une partie de l épargne nationale à son avantage. Dans les Etats occidentaux, la solution qui a été retenue pour la résolution de ce type de conflictualité est l adoption d un système politique libéral dans lequel l Etat a pris un rôle d arbitre des conflictualités sociales inhérentes à l économie de marché et dont les modalités d intervention sont régulées par un processus démocratique plus ou moins pacifié. Notre travail s articulera donc autour des deux problèmes suivants : - Tout d abord, comment s est déroulé le processus d appropriation conjointe des concepts d économie de marché par les sociétés ne faisant pas partie au départ de l aire culturelle occidentale? - Ensuite, comment s exprime le rapport de force entre construction de l Etat nation et mécanismes de marché au sein d un système politique autoritaire, et est-ce que cette dialectique entre Etat et économie peut déboucher à terme sur un processus de démocratisation? Délimitation du terrain Pourquoi l Egypte? Nous avons jugé l étude de l Egypte contemporaine comme un cas particulièrement adapté aux deux thématiques évoquées précédemment. Et ce pour au moins trois raisons : Tout d abord, l Egypte est un Etat très jeune, qui n a connu véritablement son indépendance qu avec le soulèvement des officiers libres de juillet 1952 qui a porté Gamal Abd El Nasser au pouvoir. Il s agit cependant d une vieille économie de marché qui a été parfaitement intégrée au processus de la première mondialisation ( environ) et s est dotée très tôt d un système économique libéral sous la domination du colon britannique. Cependant, on peut dire que l économie égyptienne est restée très en retrait au cours de ce que l on a appelé la seconde mondialisation (1980 à nos jours environ), puisqu elle reste encore dans le groupe des économies en voie de développement selon 1 le Programme National des Nations Unies pour le Développement. Un exemple bien précis nous permet d illustrer l évolution du rôle de l économie Egyptienne dans l économie e mondiale entre la première et la seconde mondialisation : en 1945 le Caire était la 6 1 Classement des nations en fonction de leur Indicateur de Développement Humain disponible sur page consultée le 13 juin

8 Le rôle de l institution bancaire dans l Egypte contemporaine. Pour une illustration de la dialectique entre marché et Etat dans une économie en développement place financière mondiale, en 2009, elle n est plus que la troisième en Afrique, loin derrière 2 l Afrique du Sud et le Maroc. Ensuite, le processus d affirmation de l Etat Nation Egyptien en cours a mené à l enracinement d un régime autoritaire dont le dirigeant, M. Mohammed Hosni Moubarak est en poste depuis Aucun scrutin pluraliste d envergure nationale n a pu avoir lieu avant l élection présidentielle de 2005 ou Hosni Moubarak a recueilli officiellement dès le premier tour quelque 88% des suffrages. L ensemble du secteur économique national étant encore largement dominé par le secteur public, on peut faire le double constat a priori paradoxal d une privatisation de l espace public, que s approprient une petite bourgeoisie d Etat qui soutient le régime actuel, d une part ; et d une publicisation de l espace privé, par le maintient de la domination du secteur public sur l économie nationale, a priori d État. L Égypte constitue de ce fait un exemple très concret de ce que l on nomme généralement 3 à propos des grandes dictatures du Sud, un «néo patrimonialisme». Enfin, on décèle, lorsque l on considère l histoire de l Egypte contemporaine depuis 1952, une sorte de récurrence de la rhétorique de la libéralisation du secteur économique. On constate une première occurrence de ce type de discours sous le régime d Anouar Al Sadate lors de la politique dite «de la porte ouverte» (Infitah) après Plus tard, en 1991, on retrouve ce même type de discours à propos des réformes dites «d ajustement structurels» mises en place en échange d un programme de rééchelonnement de la dette, négocié avec le Fond Monétaire International. Or il se trouve que nous vivons actuellement une période qui a débuté au moment de la campagne électorale pour les dernières présidentielles où le discours de libéralisation économique est de nouveau avancé par le premier ministre actuel Ahmad Nazif. C est la Banque Mondiale qui est cette fois la marraine internationale du projet et qui fournit conjointement capitaux et assistance technique pour mener à bien ce nouveau programme. Il apparaît donc a priori que le moment est bien choisi pour établir, quatre ans après son lancement, un premier bilan des chantiers de réformes économiques mis en œuvre par le gouvernement Nazif. Pourquoi le secteur bancaire? Dès lors se pose évidemment la question du choix du secteur bancaire pour traiter la relation entre marché et Etat dans l Egypte contemporaine. À nouveau, trois raisons majeures peuvent être évoquées. Tout d abord, nous constaterons au cours de ce travail que le secteur bancaire a toujours été une priorité des différentes réformes du secteur économique entreprises depuis Nous verrons également que l analyse de ce secteur constitue un indicateur généralement assez fiable du degré de réactivité de l ensemble du secteur économique aux mécanismes de marché. Ensuite, il apparaît que le système bancaire Egyptien est fortement imbriqué dans le circuit financier de l Etat et que la libéralisation des marchés du crédit et de l épargne risquerait éventuellement de porter atteinte à un certain nombre d intérêts vitaux du régime. Ce qui place le pouvoir politique dans une situation particulièrement délicate sur la question de la privatisation du secteur bancaire, dossier pourtant central dans le programme de 2 3 Commission Economique pour l Afrique, Etat de l intégration régionale en Afrique, Addis Adeba, 2004, p. 140 Concept défini par Eisenstadt, Shmuel N., in Traditional Patrimonialism and Modern Neopatrimonialism. Beverly Hills: Sage Publications, 1973, et cité in Addi, Lahouari in Etat et pouvoir, approche méthodologique et sociologique, Office des Publications Universitaires, Alger, 1990, p

9 Introduction Générale réformes en cours depuis Selon Jean Yves Moisseron et Françoise Clément, la stratégie du gouvernement Nazif consiste à appliquer à la lettre les recommandations de la banque mondiale en matière de politique économique afin de faire oublier à la communauté internationale le coup d arrêt porté à la dynamique de libéralisation, cette fois politique, du 4 régime depuis Cependant, une véritable libéralisation du secteur bancaire ne serait pas pour autant sans effets sur la pérennité du régime, et il convient de s interroger sur l honnêteté de la politique d ouverture économique entreprise. Enfin, il existe en parallèle des activités bancaires réalisées sous le contrôle de l Etat un marché informel très actif de l épargne et du crédit qui témoigne du caractère inadapté de l offre de service bancaire à l ampleur de la demande présente au sein de la société. L Etat tente régulièrement de satisfaire cette demande par des moyens «formels», tout en cherchant à prendre le contrôle des parts de marchés générées par le développement de ces activités. C est selon nous dans cette optique qu est né le concept de finance islamique en Egypte, et c est certainement pour les mêmes raisons que l Etat tolère depuis la fin des années 1980 que des Organisations Non Gouvernementales pratiquent des activités de micro crédit. Ce dernier aspect du secteur bancaire Egyptien est probablement celui dans lequel la conflictualité entre logique de marché et affirmation de l autorité de l Etat s exprime le plus concrètement. Problématique Les principaux enjeux du présent travail ayant été exposés, nous pouvons les synthétiser à l intérieur de la problématique suivante : Comment se manifeste l autorité de l Etat Egyptien dans son comportement vis-à-vis du secteur bancaire, pris dans son sens le plus général (c est à dire toute structure économique octroyant des crédits et recueillant l épargne du grand public)? La réponse à la présente problématique s articule autour de deux questions plus précises qui feront chacune l objet d une partie de ce travail : - Assiste-t-on aujourd hui en Egypte à un véritable processus de libéralisation du système bancaire, impliquant notamment la réactivation de mécanismes de marchés dans le comportement des acteurs privés? - Le développement de pratiques bancaires «marginales» en collaboration avec l Etat peut-il amener à une remise en cause de l autorité de l Etat sur l ensemble de l économie nationale? Sans pour autant en faire l objet premier de ce travail, il ne faudra jamais perdre de vue l hypothèse selon laquelle une libéralisation du système économique Egyptien dans son ensemble amène forcément à la mise en place d un pluralisme politique. Cette position sera rediscutée en conclusion. 4 Moisseron, Jean-Yves et Clément, Françoise, «Changements visible ou invisibles : la question de l émergence de l économie Egyptienne?» in Ben Nefissa, Sarah, L Egypte sous pression? Des mobilisations au verrouillage politique, in Politique Africaine, n 108, décembre 2007, Karthala, pp

10 Le rôle de l institution bancaire dans l Egypte contemporaine. Pour une illustration de la dialectique entre marché et Etat dans une économie en développement Plan Comme on l a vu le présent mémoire comportera deux grandes parties abordant successivement les thèmes du rôle du système bancaire «formel» dans l appareil d Etat, et le processus d intégration de pratiques bancaires marginales et informelles à l intérieur de la légalité. Lors de la première partie de ce travail, nous tenterons tout d abord une approche historique du rôle du secteur bancaire dans le processus de construction de l Etat Nation Egyptien. Nous insisterons notamment sur le système financier dans l Egypte pré Nassérienne, sur les changements apportés par le régime des officiers libres, les enjeux de la politique d ouverture sous Sadate pour le secteur bancaire ainsi que sur son évolution depuis le début de l ère Moubarak. Ensuite, nous analyserons les enjeux de la réforme actuelle en deux temps : en premier lieu en s appuyant sur l étude réalisée par Abou Elias 5 Haidar en 2000 sur les relations entre les banques et l Etat avant la réforme de 2004 ; en second lieu en constatant par nous même la réalité des évolutions observables depuis le début de cette réforme. Nous arriverons à la conclusion que le secteur bancaire dit formel n est absolument pas le reflet du marché national du crédit et de l épargne, en ce sens qu il ne reflète en rien la réalité de l offre et de la demande de financement émanent du système économique dans son ensemble. La seconde partie visera quant à elle à montrer que le décalage entre le secteur bancaire formel et la réalité des marchés de financement entraîne inévitablement la formation d un marché du crédit et de l épargne informel sur lesquels l Etat perd tout contrôle. Nous circonscrirons nos recherchent en ce domaine à deux épisodes de l histoire bancaire du pays au cours desquels la formation de pratiques bancaires marginales a donné lieu à des tentatives d intégrations au secteur bancaire dit «formel». Ces deux exemples sont ceux de la finance islamique et du micro crédit. Il s agira dans le premier cas de revenir sur les événements qui ont menés à une remise en cause ouverte de l autorité de l Etat sur le système financier et à la vague de répression qui s est ensuite abattue sur cette activité. Puis nous tenterons de mettre en lumière les réticences exprimées par l Etat quant au développement d un secteur autonome de la micro finance en Egypte. 5 Abou Haidar Elias, Libéralisme et capitalisme d Etat en Egypte. L impossible privatisation des banques publiques, L harmattan, Paris (pp ) 10

11 Partie 1 : La notion de système bancaire dans l économie Egyptienne contemporaine Partie 1 : La notion de système bancaire dans l économie Egyptienne contemporaine L objectif de cette présente partie n est pas directement de parvenir à un bilan financier détaillé des rapports de force au sein du système bancaire Egyptien, mais d interroger le concept de banque en lui-même et la signification qui lui est donné dans un contexte culturel particulier. Dans l imaginaire occidental, la banque semble aussi vieille que le concept même de marché. Alors qu au moyen âge, un système financier embryonnaire ne servait qu à assurer la sécurité des voyageurs par le moyen de la lettre de change, son importance a cru avec le développement du capitalisme en Grande Bretagne à la fin du XVIIIe siècle et s est imposée par la suite comme une institution indispensable à toute société moderne. Ainsi, 6 Karl Polanyi avance que ce sont les grands banquiers d affaires Européens, qui ont été les principaux acteurs de la relative pacification des relations entre grandes puissances en 1815 et 1914 (ce que l auteur nomme «la paix de cent ans»). La banque en tant qu institution de réception de dépôts et d octroi de crédits s est répandue en même temps que le capitalisme à l ensemble des économies de la planète. Il est difficile de repérer l arrivée du mot «bank» dans le dialecte Egyptien courant. Peut être est-ce un terme tiré de l Italien «banca», qui serait apparu dans la lingua franca des marchands des ports Arabes du XIIIe ou XIVe siècle? Ou alors ce serait un terme importée plus récemment par les colonisateurs Français 7 ou Britanniques au cours du XIXe siècle?. Toujours est-il que le terme «bank» s est progressivement imposé, autant dans les langues vernaculaires que véhiculaires d Egypte et du reste du monde Arabe, en lieu et place du terme consacré de l Arabe classique «moussaraf», qui a dû certainement être abandonné car ne recouvrant pas l ensemble 8 des caractéristiques évoquées par le concept de banque. Pourtant, les sociétés médiévale dans le monde Arabe se sont organisées, non pas autour des activités agricoles comme en occident, mais autour des échanges commerciaux entre centres urbains. Ce qui a donné lieu au développement de nombreuses techniques financières modernes. Ainsi, doit-on à la langue arabe les origines étymologiques des termes de «chèque» (al-chiik) et de «crédit» (al-qard). Comme toute organisation sociale se revendiquant de l Etat Westphalien, l Egypte contemporaine est le produit d une dialectique historique entre les forces du marchés et celles de l Etat. Nous tenterons donc d analyser l état du rapport de force entre ces deux entités à partir de l exemple central du système bancaire. Nous préférerons ici parler davantage de système bancaire plutôt que de marché bancaire, dans la mesure ou il s agira de comprendre de quelle manière les institutions bancaires sont enchâssés dans le circuit financier de l Etat. 6 7 Op. Cit. Chapitre 1, «La paix de cent ans», pp Merci à Kathia Zakaria pour ces éclairages étymologiques, qui constituent des sujets de mémoires à eux seuls et ne peuvent malheureusement pas être développés ici. 8 À noter que le terme Moussaraf est toujours usité en arabe moderne, mais désigne un bureau de change 11

12 Le rôle de l institution bancaire dans l Egypte contemporaine. Pour une illustration de la dialectique entre marché et Etat dans une économie en développement Il est donc important dans un premier temps de nous interroger sur le rôle qui a été confié à ces institutions dans ces moments de conflictualité entre Marché et Etat, ainsi que sur l action du secteur bancaire dans la formation de l Egypte contemporaine. Par la suite nous analyserons le secteur bancaire en deux temps distincts : tout d abord par une analyse du secteur bancaire à la fin des années 1990, puis par une réflexion sur les dynamiques de réformes initiées depuis le début des années I. Du libéralisme Wafdiste à l ajustement structurel, rôle de la Banque dans l Egypte du XXe siècle. Au XIXe siècle en Egypte, la banque est une institution essentiellement importée : les grandes banques d investissement qui financent l industrialisation naissante du pays sont toutes d origine étrangère. Il s agit soit de succursales des grandes banques d Affaire Européennes, soit d institutions locales, mais créées et détenues par ceux que l on appelle à l époque les mutamassirun (les investisseurs), hommes d affaires émigrés de l ensemble du pourtour méditerranéen (Grecs, Italiens, Arméniens, Juifs) qui cherchent à faire fortune en Egypte En revenant conjointement sur l économie politique du pays et sur la place qu y prendra le secteur bancaire, nous tenterons d établir ici un parallèle entre la formation d un Etat Nation indépendant et la construction progressive d un système financier moderne. Nous expliquerons donc dans un premier temps comment le processus d acquisition de l indépendance s est traduit par la transformation d un secteur bancaire pluraliste et libéral, en un système hautement centralisé et concentré exclusivement dans les mains de l Etat. Par la suite, il s agira de mettre en lumière le rôle des institutions financières dans la politique économique du pays nouvellement indépendant, et notamment dans la résolution du problème de la dette extérieure. 1. Le rôle de la banque dans l institution de l Etat Egyptien : du libéralisme au capitalisme d Etat. A. Banque et naissance de l Etat Nation. 9 Dans un article de 1985, Robert Bianchi parlait «d évolution discontinue» («discontinuous evolution»), pour qualifier la conjoncture économique Egyptienne entre 1922 et On assiste sous la période Monarchique à l avènement d une nouvelle classe d hommes d affaires qui profitent du détournement momentané des intérêts Britanniques de l Egypte pour investir leur propre marché national et prendre un ascendant croissant sur le pouvoir 10 politique. Robert Vitalis décrit une économie nationale embryonnaire et dominée par un oligopole composé de trois grand consortiums Egyptiano-Egyptiens : le groupe Abbud, le 9 Bianchi Robert, «Businessmen's Associations in Egypt and Turkey», The annals of the American Academy of Political and Social Science 482, no. 1 (Novembre 1, 1985): Vitalis Robert «When Capitalists Collide: Business Conflict and the End of Empire in Egypt» in The Journal of Economic History 56, no. 02, 1996, University of California Press, Berkeley pp

13 Partie 1 : La notion de système bancaire dans l économie Egyptienne contemporaine 11 groupe Yahya et la Banque Misr. Joël Beinin préfère quant à lui parler de «Capitalisme Colonial» pour décrire cet ordre économique, qui selon, lui, n a rien de spécifique à l Egypte, mais qui est au contraire commun à bon nombre de sociétés colonisées à la même époque. C est en tout cas dans cette période qu il faut rechercher les fondements de l économie politique Egyptienne moderne. Sur les 26 banques implantées dans le pays avant 1952, on étudiera le parcours de deux d entre elles particulièrement liées au destin national : la Banque Misr et la National Bank of Egypt. La première semble introduire les prémices d une politique économique auprès des élites gouvernantes, tandis que la seconde constitue concrètement un embryon d institution monétaire. Une banque Egyptienne en Egypte : la banque Misr et l avènement d une bourgeoisie nationaliste. Le projet de «banque Egyptienne pour les Egyptiens» a été soutenu par Mohammed 12 Talaat Harb dès le début du siècle dans diverses publications (en 1907 et 1911 ). Mais il faut attendre la révolution de 1919 pour que naisse une institution conforme à ce projet : la Banque Misr. C est, semble-t-il, le début d une forme de patriotisme financier, qui vient parachever l avènement d une conscience nationale à l intérieur de la classe bourgeoise Egyptienne. Le groupe Misr constitue un fer de lance du développement industriel de l Egypte et participe à la protection des intérêts des nouveaux capitaines d industrie et propriétaires terriens en concurrence des «mutamassirun». Durant les années 1920 et 1930, Le groupe industriel Misr sera un acteur central de l ouverture de la société Egyptienne au Capitaliste, acquérant jusqu à 37 filiales dans divers secteurs de l économie nationale. 13 Cependant, la banque Misr fait faillite en M. Clement-Henry évoque deux raisons à cet échec. Premièrement, la création d un groupe industriel puissant et autonome supposait comme conditions préalable ce qui était en fait l objectif de la banque Misr : 14 «the model presupposed the condition it purported to create». En d autres termes, il apparaît que l industrie Egyptienne n est à cette époque pas assez développée pour qu une grande banque nationale puisse s y imposer et devenir rentable. D autre part, d un point de 15 vue exogène, les rivalités impérialistes qui s affrontent au Caire avant la seconde guerre mondiale ont conduit à une crise de confiance des investisseurs étrangers vis-à-vis de l Egypte, débouchant sur une crise de liquidité touchant la Banque Misr. Obligé de dépenser une énergie et des efforts financiers considérables pour conserver la confiance du pouvoir politique, et notamment des Anglais, Talaat Harb ne peut pas se consacrer pleinement à un financement massif de l industrie. Enfin, les nombreux scandales qui éclatent à la fin des années 1930 autour de la gestion des comptes de la banque Misr conduisent à l éviction 11 Beinin Joel, «Egypt society and economy », in M. W. Daly et Carl F. Petry (dir.), The Cambridge history of Egypt. Vol. II, Cambridge university Press, (p. 318) 12 Harb, Talaat Ilaj misr al-iqtisadi wa mashru bank al misryyin aw bank al-umma, Le Caire, Clement-Henry, M. The Mediterranean Debt Crescent : money and power in Algeria, Egypt, Morocco, Tunisia, and Turkey, Florida international University Press, Ibid. p.217 Notamment entre Berlin et Londres 13

14 Le rôle de l institution bancaire dans l Egypte contemporaine. Pour une illustration de la dialectique entre marché et Etat dans une économie en développement de Talaat Harb du directoire de la société, condition imposée par les Anglais, en préalable à toute intervention de la National Bank of Egypt (NBE) pour sauver le groupe Misr. Il faut cependant remettre l épisode de la faillite de la banque Misr dans son contexte :ce genre d incident semble très fréquent en Egypte durant la première moitié du XXe siècle. 16 Henry Clement cite entre autre celle de la Bank of Egypt (pourtant administrée par des fonds britanniques) en Mais l apport de Harb à l économie politique Egyptienne fut sans doute d avoir découvert le pouvoir d influence des activités de crédit sur la sphère politique. Par la mise en place d un programme de substitution aux importations par l industrialisation, il acquiert l image d un précurseur, et devient le premier planificateur de l Histoire du Pays lorsqu en 1929, il impose à son groupe industriel un plan de développement économique décennal. 17 John Waterbury n hésite pas à faire de l épisode de la banque Misr un avant goût du modèle économique Nassérien. : 18 À propos de l épisode de la Banque Misr, Clement Henry soulève un paradigme intéressant qui pourra faire l objet de discussions ultérieures. Il affirme que la «Bank do indeed reflect the social and political order of which they are part, in rather competitive way. A competitive bank system reflect a pluralistic capitalist order» En d autres termes, Clement avance ici que le projet de Harb de bâtir un groupe industriel national et hégémonique n étaient pas adaptés au climat de libéralisme économique qui dominait les relations entre les trois grands groupes industriels cité plus haut. La restructuration de 1939 avait donc pour objet, en éliminant Talaat Harb (qui mourra en 1941), de réadapter cette institution au modèle économique oligopolistique dans laquelle elle se trouvait (en la dépeçant au passage de son incarnation nationaliste). Et Clement 19 d ajouter, pour boucler la boucle que : «To achieve a monopoly of political power, Nasser would therefore have to disaggregate the very institution that had once embodied nationalist aspirations for monopoly capitalism» Le rôle de la Banque Nationale d Egypte dans la définition de la politique monétaire sous la monarchie. Qu on ne s y trompe pas, l apparition du terme «national» dans le nom de cette institution n en fait pas pour autant une structure nationaliste militante, semblable à la Banque Misr. La «National Bank of Egypt» (NBE) est à l origine un produit des Moutamassirum. Elle a été fondée en 1898 le commerçant juif Sir Ernest Cassel dans le sillage de l essor de l industrie du coton, à la fin du XIXe siècle. Pourtant c est dans une toute autre posture que l observateur la retrouvera à la veille du coup d Etat des officiers libres. Dès le lendemain de la Grande Guerre, les Anglais autorisent la NBE à émettre ses propres devises adossées au cours de la Livre Sterling, lui accordant ainsi une place prépondérante dans un secteur bancaire encore embryonnaire. Au gré des accointances entre membres du parti Wafd au pouvoir, l ambassade du Royaume Uni, et les propriétaires de la NBE, cette institution va servir de matrice pour la mise en place des Clement-Henry Op. Cit., p.220 Waterbury, John, The Egypt of Nasser and Sadate : the Political Economy of two regime, Princeton UP, 1983 Op. cit. p. 220 Ibid. p. 220

15 Partie 1 : La notion de système bancaire dans l économie Egyptienne contemporaine 20 prérogatives monétaires de l Etat Egyptien en devenir. Elias Abou Haidar relève ainsi que la NBE au début des années 1950 était en charge entre autres choses de l émission de la monnaie, du prêt en dernier ressort, de la fixation des principaux taux directeurs, et de l application des réglementations bancaires. Toutes ses prérogatives furent accumulées les unes après les autres par le conseil d administration de la banque qui avait fini par réunir l ensemble des compétences définissant en général, dans les Etats occidentaux l institution appelée Banque Centrale. Pour autant, la NBE continuait dans le même temps à assumer ses fonctions originelles de banque commerciale et évoluait sur les marchés bancaires en concurrence directe avec les autres banques commerciales. Concrètement, la direction de la NBE était assumée de la manière suivante. Les compétences relevant de la politique monétaire de la nation était sous la responsabilité d un conseil suprême de la NBE, présidé par le ministre de l économie en personne et comptant 7 membres dont 5 nommés par le gouvernement. Les modalités de mise en application des décisions de politique monétaires relevaient quant à elles de l activité du Conseil d Administration, composé de 13 membres élus par les actionnaires, qui avait par ailleurs en charge l administration de l aspect privé de la banque. Le statut hybride de la NBE semble découler de la situation de négociation permanente qui caractérise à cette époque les relations entre les gouvernants autochtones et les Anglais. Il s agit en quelque sorte pour la puissance coloniale de faire croire qu une passation de pouvoir est en cours. Cette première sous partie nous a permis de faire le point sur les relations entre banque et Etat dans l Egypte pré Nassérienne, on a pu constater que le secteur économique était alors caractérisé par un ensemble de marchés aux fonctionnements très libéraux, dominés par de grand groupes capitalistes pour la plupart étranger. C est dans ce contexte qu apparaissent les premières banques Egyptienne. La banque Misr se veut l instrument financier du nationalisme et va tenter une première planification de l économie, tandis que la NBE est l arme de la politique monétaire du régime tout en maintenant ses activités commerciales. L œuvre principale de la politique économique du Régime de Gamal Abd El Nasser sera de renverser totalement cette logique en concentrant l ensemble de la vie économique dans un modèle de capitalisme d Etat. B. Le «socialisme» Nassérien appliqué au secteur bancaire Bien qu auto proclamée d inspiration socialiste, la politique économique de Gamal Abd El Nasser ne constitue pas une franche rupture avec ce qui avait commencé à la fin de «l ancien régime», durant les années En effet, nous avons vu que l industrialisation du pays et l affirmation économique du nationalisme Egyptien (notamment par la politique de substitution de l importation par l industrialisation évoquée plus haut) était apparu au lendemain de la révolte de Il faut ajouter que la planification économique n est pas une invention Nassérienne puisque le premier plan quinquennal du pays démarre en Alain Roussillon présente le coup d Etat de 1952 davantage comme une réaction pragmatique et inévitable aux déboires du libéralisme financier et politique pratiqué sous «l ancien régime» que comme une révolution idéologiquement constituée : Le secteur bancaire s adapte avec plus ou moins de difficultés à cette reprise en main du politique sur l économique. Le marché, jusqu alors très concurrentiel et hétérogène, se 20 Abou Haidar, Op. Cit., pp

16 Le rôle de l institution bancaire dans l Egypte contemporaine. Pour une illustration de la dialectique entre marché et Etat dans une économie en développement centralise peu à peu au moyen du processus de nationalisation. Cette centralisation va permettre à l Egypte de se doter des instruments modernes de contrôle de la politique monétaire. L affirmation d un interventionnisme économique par la nationalisation. La vague de nationalisation, qui débute en 1956, ne touche le secteur bancaire qu avec le décret des 22, 23 et 24 Janvier Ces textes proclament l Egyptianisation de l ensemble des banques commerciales, compagnies d assurance et agences de représentations des 21 banques étrangères. Le processus d Egyptianisation a principalement été marqué par la confiscation des trois principales banques Britanniques (la Barclay s, la Ionian Bank et la Ottoman Bank), et des deux françaises (le comptoir national d escompte et le Crédit Lyonnais). La Barclays devient Banque d Alexandrie et la Ionian et la Ottoman sont absorbées dans le groupe Al Goumhourya, créé pour l occasion. Les deux banques 22 françaises sont fusionnées pour former la Banque du Caire. Enfin, les quelque deux cents compagnies d assurance présentes sur le marché sont fusionnées à l intérieur de trois 23 firmes nationales. La confiscation est ici une étape vers le placement de ces nouvelles sociétés Egyptiennes sous le contrôle d une Holding d Organisation de l Economie, créée elle aussi en Juin Il faut noter que cette nationalisation n est pas pratiqué de manière purement arbitraire : en 1959, Nasser accepte de verser aux anciens investisseurs Britanniques un dédommagement de 25 millions de Livres Egyptiennes ( E). Le reste du 24 secteur bancaire et assurantiel est enfin nationalisé par la Loi 117/1961. Ici encore, Alain Roussillon nous enjoint à ne pas considérer la nationalisation comme un objectif idéologique en soi, mais comme une réaction opportuniste à une situation de désengagement des investisseurs étrangers, s inscrivant dans une dynamique d Etatisation de l économie qui allait bien au-delà du Nassérisme lui-même : «Even the first nationalization of , which struck French and British interests in return for the tripartite aggression, then those directed against Jewish, Armenian, or Syrian and Lebanese interests, did not in themselves constitue a break with respect to the logic of Egyptianizing the state and the economy, already begun in the 1920s with the foundation of Bank Misr : what was especially revolutionnary about a decision to make the board of director and the capital of all commercial bank and insurance companies operating in Egypt 25 Egyptian?» Cependant, la réaffirmation de l autorité de l Etat sur l économie ne se réalisera qu avec la 26 loi 250/1960 qui prévoit la création de la Banque Centrale d Egypte (BCE). La guerre de 1956 met en avant les limites de la double fonction de la NBE dans un modèle économique dirigiste. Alors que Nasser demande au conseil suprême d ouvrir de nouveaux crédits à la puissance publique, le conseil d administration refuse leur déblocage : c est ainsi que la Waterbury, Op. Cit., p. 68 Abou-Haidar, Op. Cit., p. 24 Waterbury, Op. Cit., p. 68 Ibid. p Roussillon, Art. Cit. 1998, p ème Les textes législatifs Egyptiens sont numérotés selon l année et l ordre de leur adoption. Par exemple, la loi 250/1960 est la 250 loi votée par le Parlement Egyptien pour l année civile

17 Partie 1 : La notion de système bancaire dans l économie Egyptienne contemporaine NBE est nationalisée en février 1957, en même temps que la Banque Misr et les 37 filiales 27 du Groupe Misr. Place de l institution bancaire dans le modèle économique Nassérien Mise à part quelques exceptions très localisées (comme la Caisse d Épargne Rurale de Mit Ghamr que l on étudiera plus tard en détail), l ensemble du secteur financier Egyptien est détenu par l Etat après Juillet Ce qui place de fait toute l économie nationale dans une relation de clientèle vis-à-vis de la puissance publique, puisque tout besoin de financement est désormais forcément satisfait par une banque publique. Le libéralisme financier de «l ancien Régime» est donc remplacé par un capitalisme d Etat avec pour objectif une meilleure complémentarité entre les différentes institutions. Par le décret n 1899 du 16 décembre 1961, le ministre de l Industrie Ahmad Sidqi divise la Holding d Organisation Economique en 39 «Organisations Générales» spécialisée dans divers secteurs de l économie. Dans ce nouveau système, les 4 grandes banques commerciales qui dominent alors obtiennent chacune une spécialisation sectorielle : à la NBE le développement du commerce extérieur, à la Banque Misr le financement des activités agricoles, à la Banque d Alexandrie celui de l industrie et à la Banque du Caire celui du secteur des services. John Waterbury résume les grands débats qui préoccupaient les décideurs économiques de l époque : «What Sidqi created was a series of sectoral pyramids with near-monopoly control on their productive sphere. Rationnal planning on the one hand combined with close auditing on the other were to insure production at a reasonable cost. Neither the market nor intersectoral competition was meaningful forces in the process. For years the debate centered on the proper mix of company authority, the concomitant definition of the proper role of General Organization, and the 28 relevance of the minister, if any, to sectoral performance.» Le projet de nationalisation totale du secteur bancaire a été assumé a posteriori dans la Charte Nationale, édictée par Nasser en Mai 1962, qui, en matière de politique économique, 29 préconise un maintien des banques dans la sphère publique. En 1963, les bénéfices engendrés par le secteur public étaient à l origine de 45% de l épargne nationale et 90% 30 de la formation brute de capital. Les limites du socialisme Arabe du point de vue financier C est dans ses relations avec l extérieur que le modèle financier Nassérien va trouver ses limites. Sur la période , l économie nationale semble au beau fixe : le taux de croissance est aux alentours de 5,9% par an et la part du secteur industriel dans le PIB passe 31 de 13 à 24%. Pour autant, le pays se déclare une première fois en défaut de paiement en Waterbury, Op. Cit., p. 72 Waterbury, Op. Cit., p. 72 Ikram Khalid, The Egyptian Economy, , Performance, policies and issues, Routledge, 2006 (p.7) Radwan Samir, Capital Formation in Egyptian Industry & Agriculture, St Anthony s Middle East monograph, Ithaca Press, Londres, 1974 (p.707) (cité in Waterbury 1983 op. cit. p. 85). 31 Hansen Brent et Nashashibi Karim, Foreign Trade Regimes and Economic Development: Egypt, Columbia university press, New York, 1975 (p.15) 17

18 Le rôle de l institution bancaire dans l Egypte contemporaine. Pour une illustration de la dialectique entre marché et Etat dans une économie en développement John Waterbury indique trois causes directes à cette première crise : la chute brutale du cours du coton (responsable de la chute brutale des exportations totales de 121 millions de E en 1961 à 75 millions de E en 1962), le paiement des compensations aux anciens actionnaires du Canal de Suez, et les coûts de l expédition militaire menée au Yemen en Septembre Cette première crise financière conduit à l établissement d un premier accord avec le Fond Monétaire International dès mai 1962 afin d obtenir de nouveaux crédits. Mais le problème de la position internationale de l Egypte n est pas réglé pour autant sur le plan financier. En 1965, le pays est de nouveau à court de liquidités, et est obligé de signer un nouvel accord avec le FMI. Graphique 1: principaux soldes extérieurs de l Egypte dans les années Les différentes dévaluations qui suivent le défaut de paiement de 1962 n ont aucun effet sur la balance commerciale du fait de la domination de l économie par le secteur public, qui empêche les investissements en devise d affluer. Dans ce contexte, la dépendance à l égard des superpuissances s accroît. En 1964, le Premier Ministre Ali Sabri obtient simultanément un rééchelonnement de la dette de l Egypte envers l Union Soviétique et une 33 aide alimentaire 500 millions de dollars de la part des Etats-Unis. Pour John Waterbury, cette situation n est pas seulement le fruit d une conjoncture internationale défavorable, mais aussi la preuve de difficultés structurelles dans l élaboration de l économie politique du nouveau régime : «After 1967, Egypt non longer had an economic plan or political organization with clear objectives Egypt s socialist experiment in terms of economy had not lasted more than five years, and that of the socialist vanguard, no more than 34 two» 32 Waterbury, Op. Cit., p Ibid.p. 95 Ibid. p. 332

19 Partie 1 : La notion de système bancaire dans l économie Egyptienne contemporaine 35 Alain Roussillon présente quant à lui deux hypothèses concurrentes pour expliquer ce constat d échec. Une première explication de type interne consiste à faire porter le poids de l échec de la révolution sur le caractère trop «idéologique» et insuffisamment «réaliste» de la politique économique de Nasser, en invoquant notamment la contradiction entre le projet de substitution aux importations par l industrialisation, très gourmand en investissements publics, et celui de l instauration d un Etat providence visant à augmenter les niveaux de vie de la classe moyenne et ouvrière. C est l absence de choix entre ces deux stratégies qui aurait accru la dépendance du régime envers les sources externes de financement. La seconde explication défendue par les Nassériens eux-mêmes, à l instar de Mohammed 36 Hasasayn Haykal repose sur l idée que cette dégradation des soldes extérieurs résulte de l hostilité affichée dont ont fait preuve «les impérialistes, sionistes et réactionnaires Arabes» à l égard de l Egypte. Quelque soit l explication retenue, toujours est-il que la conscience de l échec de la mise en place du socialisme Arabe sur le plan économique semble largement répandue. Et ce, même du temps de Nasser. L allocution prononcée devant l ensemble des dirigeants des entreprises publiques le 18 mars 1967 fait véritablement figure de désaveu. John 37 Waterbury le résume en 3 points : «1) Management is a science and its rules do not change under capitalism or socialism. The only difference between the two economic systems stems from the ownership of the means of production and the control of profits 2) Wages must be linked to productivity. Socialism does not mean equal wages but equal opportunity to work 3) the Arab socialist Union is to involve itself in public sector operationsonly to the extent that it can contribute to implementation of plans and smooth relations between worker and management. In no way is the ASU to interfere in the production process itself» 2. Réformes et désillusions de Sadate à Moubarak ( ) Ainsi, si l on peut effectivement constater que, sous Nasser, l Egypte a su se défaire de l influence politique des puissances impérialiste, il faut reconnaître que le modèle de capitalisme d Etat n a pas permis à l économie de prendre son indépendance vis-à-vis du système financier international. Au contraire, en voulant mettre le secteur public au centre du système économique, c est l Etat lui-même qui se retrouve principal débiteur des créanciers internationaux. Il va sans dire que ce sentiment généralisé d échec sur le plan économique va grandement aider les successeurs de Gamal Abdel Nasser à mettre en place les réformes qu ils souhaitent. D autant que, si l on en croit Clement M. Henry, il ne sera pas difficile de remettre le «dentifrice» économique, dans le «tube» de l économie de marché : «Yet, if Egypt pluralistic legacy was thus almost refracted into its opposite by the victorious nationalists, the new monolith still contain manager whose previous experience would not be lost.» Roussillon, Art. Cit. 1998, p. 353 Hasasayn Haykal, Mohammed, Le Sphinx et le commissaire, Paris, 1978 cité in Waterbury, Op. Cit Waterbury, Op. Cit., p. 99 Henry, Op. Cit., p

20 Le rôle de l institution bancaire dans l Egypte contemporaine. Pour une illustration de la dialectique entre marché et Etat dans une économie en développement Dans un premier temps, les années de la présidence d Anouar Al Sadate sont marquées par la volonté de rompre avec le capitalisme d Etat, tout en ménageant les intérêts d une bureaucratie devenue pléthorique et incontournable pour le maintien du régime. Pour autant, la dette extérieure restera encore un problème majeur sous la présidence de Mohammed Hosni Moubarak à partir de Une fois de plus, nous tenterons d examiner l histoire économique du pays du point de vue du secteur bancaire et financier, en analysant les implications de ce secteur d activité dans la dynamique économique nationale. A. L infitah ou le mythe de la libération des forces du marché Connu pour représenter l aile conservatrice du mouvement des officiers libres de 1952, Anouar Al Sadate est parvenu à la présidence avec le soutien d une bourgeoisie d Etat, à la fois héritière du capitalisme d Etat Nassérien et des consortiums industriels libéraux de l ancien régime. «Sadate found his initial support in the state bourgeoisie. With a foot in high state office and assets in private society, this group was not only the most strategic social force, but also the one most prepared to accept his leadership ; 39 its support was crucial to Sadat s consolidation of power» ème 40 En 1974, au lendemain de la 3 guerre Israëlo Arabe, Sadate est au sommet de sa popularité auprès de la population Egyptienne. La combinaison de cette nouvelle situation géopolitique et de ce regain de popularité va laisser au président les mains libres pour réformer l héritage Nassérien de fond en comble. C est l heure de l Infitah (ouverture économique) et de la libération des forces du Marché, décrite de la manière suivante par le Premier Ministre de l époque Mahmoud Salem : «Notre objectif principal est de permettre l investissement privé. Chaque condition est une contrainte et chaque contrainte est une 41 porte close, contraire à la politique d ouverture» Pour le secteur financier, cela va se traduire par une relative libéralisation, mais aussi par l apparition de deux grandes dépendances qui caractérisent encore l économie politique Egyptienne : celle envers les quatre rentes (Tourisme, pétrole, transfert des revenus de l émigration et le canal de Suez), ainsi que celle envers l aide Américaine. Enfin, l étude précise de la structure du secteur bancaire va nous pousser à relativiser l impact de cette politique d ouverture sur les logiques économiques dominantes. Le secteur bancaire et la Loi 43/1974 : la libération des forces du marché Bien que l infitah ne débute officiellement qu avec le manifeste d octobre 1973 définissant les lignes générales de la politique économique du régime le secteur bancaire nationalisé 39 Hinnebusch Raymond, «The formation of the contemporary Egyptian State», in Oweiss, Ibrahim, The Political Economy of contemporary Egypt, Center for contemporary Arab studies, Georgetown University, Washington DC, (p. 2192) 40 Le 6 Octobre 1973, l armée Egyptienne enfonce la ligne de fortification Bar Lev établie par Israël après la guerre de Au bout de quinze jours de déroute, l armée de Tsahal, assistée de la technologie satellitaire Américaine, parvient enfin à contourner le front Egyptien et à établir une tête de pont sur le canal de Suez. Le général Ariel Sharon semble filer vers le Caire lorsque Moscou envoie un ultimatum à Washington, menaçant d avoir recours à l arme nucléaire en cas de chute du régime Egyptien. Aujourd hui encore, la guerre d Octobre 1973 est célébrée en Egypte comme une grande victoire Abou Haidar, op. cit., p. 29

L histoire de l assurance en Algérie

L histoire de l assurance en Algérie POINT DE VUE POINT OF VIEW Assurances et gestion des risques, vol. 81(3-4), octobre-décembre 2013, 285-290 Insurance and Risk Management, vol. 81(3-4), October-December 2013, 285-290 L histoire de l assurance

Plus en détail

Développement durable et gouvernement d entreprise : un dialogue prometteur

Développement durable et gouvernement d entreprise : un dialogue prometteur Thierry WIEDEMANN-GOIRAN Frédéric PERIER François LÉPINEUX Développement durable et gouvernement d entreprise : un dialogue prometteur Préface de Frédéric Tiberghien Président de l ORSE (Observatoire sur

Plus en détail

PARTIE 1. Origines et principes du Trade Finance

PARTIE 1. Origines et principes du Trade Finance PARTIE 1 Origines et principes du Trade Finance Dans cette première partie, nous définirons les activités de Trade Finance et les enjeux de ce métier pour les banques. Nous montrerons son rôle dans le

Plus en détail

Royaume du Maroc. L'impact de la baisse des taux d'intérêt : les mécanismes de transmission et les enseignements d'une simulation

Royaume du Maroc. L'impact de la baisse des taux d'intérêt : les mécanismes de transmission et les enseignements d'une simulation Royaume du Maroc L'impact de la baisse des taux d'intérêt : les mécanismes de transmission et les enseignements d'une simulation Constituant une sélection mensuelle des travaux menés par les cadres de

Plus en détail

Thème E Etablir un diagnostic stratégique Le diagnostic externe Analyse de l environnement de l entreprise

Thème E Etablir un diagnostic stratégique Le diagnostic externe Analyse de l environnement de l entreprise Thème E Etablir un diagnostic stratégique Le diagnostic externe Analyse de l environnement de l entreprise On ne peut concevoir l entreprise comme une entité isolée du milieu dans lequel elle agit. L entreprise

Plus en détail

http://jaga.afrique-gouvernance.net La gestion adaptée et inclusive des affaires publiques en Afrique

http://jaga.afrique-gouvernance.net La gestion adaptée et inclusive des affaires publiques en Afrique Compte-rendu de l'atelier 4 http://jaga.afrique-gouvernance.net La gestion adaptée et inclusive des affaires publiques en Afrique Contexte et problématique La gestion des affaires publiques en Afrique

Plus en détail

Epargne : définitions, formes et finalités.

Epargne : définitions, formes et finalités. Epargne : définitions, formes et finalités. 1) Définitions de l épargne. Le dictionnaire Larousse définit l épargne comme une «fraction du revenu individuel ou national qui n est pas affectée à la consommation»,

Plus en détail

LA PROTECTION DE LA PROPRIÉTÉ EN CHINE : TRANSFORMATION DU DROIT INTERNE ET INFLUENCE DU DROIT INTERNATIONAL. LI Bin Résumé

LA PROTECTION DE LA PROPRIÉTÉ EN CHINE : TRANSFORMATION DU DROIT INTERNE ET INFLUENCE DU DROIT INTERNATIONAL. LI Bin Résumé LA PROTECTION DE LA PROPRIÉTÉ EN CHINE : TRANSFORMATION DU DROIT INTERNE ET INFLUENCE DU DROIT INTERNATIONAL LI Bin Résumé 1. Thème. Le droit de propriété a été l objet de réformes successives en Chine.

Plus en détail

La crise financière internationale. 1- Les raisons du déclenchement et de la propagation de la crise financière

La crise financière internationale. 1- Les raisons du déclenchement et de la propagation de la crise financière Tunis, 10 octobre 2008 La crise financière internationale 1- Les raisons du déclenchement et de la propagation de la crise financière Le déclenchement de la crise financière est en grande partie attribué

Plus en détail

Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique

Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique Les échanges de marchandises (biens et services), de titres et de monnaie d un pays avec l étranger sont enregistrés dans un document comptable

Plus en détail

Impact de la crise financière et économique mondiale sur l Algérie

Impact de la crise financière et économique mondiale sur l Algérie Impact de la crise financière et économique mondiale sur l Algérie Aux Etats-Unis, la crise des Subprime engendrée par la mévente ou, au mieux, par la cession, à de faibles prix, de millions d habitations

Plus en détail

ORGANISEE CONJOINTEMENT PAR L INSTITUT INTERNATIONAL DE FINANCE ET LA BANQUE D ALGERIE

ORGANISEE CONJOINTEMENT PAR L INSTITUT INTERNATIONAL DE FINANCE ET LA BANQUE D ALGERIE 18 MARS 2008 INTERVENTION DE MONSIEUR MOHAMMED LAKSACI GOUVERNEUR DE LA BANQUE D ALGERIE A LA CONFERENCE REGIONALE SUR LA GLOBALISATION ET LES DEFIS ET OPPORTUNITES AUXQUELS FONT FACE LES INSTITUTIONS

Plus en détail

Le problème de la dette (grecque) Un concept articulant résolution du problème de la dette et investissement

Le problème de la dette (grecque) Un concept articulant résolution du problème de la dette et investissement Le problème de la dette (grecque) Un concept articulant résolution du problème de la dette et investissement Gabriel Colletis Jean-Philippe Robé Robert Salais Athènes 2 Juin2015 Plan Quelques remarques

Plus en détail

EN/FR. Europaudvalget 2013 Rådsmøde 3229 - transport, tele og energi Bilag 3 Offentligt COUNCIL OF THE EUROPEAN UNION. Brussels, 11 March 2013 7342/13

EN/FR. Europaudvalget 2013 Rådsmøde 3229 - transport, tele og energi Bilag 3 Offentligt COUNCIL OF THE EUROPEAN UNION. Brussels, 11 March 2013 7342/13 Europaudvalget 2013 Rådsmøde 3229 - transport, tele og energi Bilag 3 Offentligt COUNCIL OF THE EUROPEAN UNION Brussels, 11 March 2013 7342/13 TRANS 106 INFORMATION NOTE from: General Secretariat to: Council

Plus en détail

Conférence Accés de la PME au financement en Tunisie 2015

Conférence Accés de la PME au financement en Tunisie 2015 Conférence Accés de la PME au financement en Tunisie 2015 Rapport de synthèse CONECT 2015 1. Problématique de l'étude L objectif de cette étude est de faire ressortir la problématique et la complexité

Plus en détail

WORKING PAPER SERIES 2014-EQM-01

WORKING PAPER SERIES 2014-EQM-01 January 2014 WORKING PAPER SERIES 2014-EQM-01 La forte chute des revenus d intérêts des ménages belges en raison de la gestion de la crise financière Eric Dor IESEG School of Management (LEM-CNRS) IESEG

Plus en détail

Le financement de l entreprise

Le financement de l entreprise Le financement de l entreprise Lors de sa création, puis au cours de son développement, l entreprise au moment opportun, doit détenir les ressources financières nécessaires pour faire face à ses échéances,

Plus en détail

21 ème Conférence de Montréal 8 juin 2015 Table Ronde n 1 : L émergence de nouveaux pôles financiers : vers un retrait de la mondialisation?

21 ème Conférence de Montréal 8 juin 2015 Table Ronde n 1 : L émergence de nouveaux pôles financiers : vers un retrait de la mondialisation? 21 ème Conférence de Montréal 8 juin 2015 Table Ronde n 1 : L émergence de nouveaux pôles financiers : vers un retrait de la mondialisation? Les sphères d influence dans le système monétaire international

Plus en détail

CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA BANQUE CENTRALE DU CONGO

CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA BANQUE CENTRALE DU CONGO 1 CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA BANQUE CENTRALE DU CONGO Dans ce chapitre nous allons définir présenter l institution bancaire BBC, nous allons parler de son historique, son organisation et son fonctionnement.

Plus en détail

Définir le collectif : retour d expérience du G20 sur la sécurité alimentaire

Définir le collectif : retour d expérience du G20 sur la sécurité alimentaire Pierre Jacquet Pierre Jacquet est chef économiste de l Agence Française de Développement (AFD). Il est membre du Conseil économique pour le développement durable (CEDD). Définir le collectif : retour d

Plus en détail

LOI SUR LE FONDS DU PATRIMOINE DES TERRITOIRES DU NORD-OUEST NORTHWEST TERRITORIES HERITAGE FUND ACT

LOI SUR LE FONDS DU PATRIMOINE DES TERRITOIRES DU NORD-OUEST NORTHWEST TERRITORIES HERITAGE FUND ACT NORTHWEST TERRITORIES HERITAGE FUND ACT NORTHWEST TERRITORIES HERITAGE FUND REGULATIONS R-008-2013 AMENDED BY LOI SUR LE FONDS DU PATRIMOINE DES TERRITOIRES DU NORD-OUEST RÈGLEMENT SUR LE FONDS DU PATRIMOINE

Plus en détail

La République, l immigration et le droit des étrangers

La République, l immigration et le droit des étrangers La République, l immigration et le droit des étrangers Pierre-Yves MANCHON L histoire de l immigration demeure un sujet difficile à penser pour les Français comme pour leurs gouvernements. A partir de

Plus en détail

MASTER 1 MANAGEMENT PUBLIC ENVIRONNEMENTAL CONTENU DES ENSEIGNEMENTS

MASTER 1 MANAGEMENT PUBLIC ENVIRONNEMENTAL CONTENU DES ENSEIGNEMENTS MASTER 1 MANAGEMENT PUBLIC ENVIRONNEMENTAL CONTENU DES ENSEIGNEMENTS Le Master 1 : Management Public Environnemental forme aux spécialités de Master 2 suivantes : - Management de la qualité o Parcours

Plus en détail

Turquie. Extrait de : Statistiques bancaires de l'ocde : Notes méthodologiques par pays 2010

Turquie. Extrait de : Statistiques bancaires de l'ocde : Notes méthodologiques par pays 2010 Extrait de : Statistiques bancaires de l'ocde : Notes méthodologiques par pays 2010 Accéder à cette publication : http://dx.doi.org/10.1787/bank_country-200-fr Turquie Merci de citer ce chapitre comme

Plus en détail

États-Unis. Extrait de : Statistiques bancaires de l'ocde : Notes méthodologiques par pays 2010

États-Unis. Extrait de : Statistiques bancaires de l'ocde : Notes méthodologiques par pays 2010 Extrait de : Statistiques bancaires de l'ocde : Notes méthodologiques par pays 2010 Accéder à cette publication : http://dx.doi.org/10.1787/bank_country-200-fr États-Unis Merci de citer ce chapitre comme

Plus en détail

Stabilité macroéconomique et financement bancaire de la

Stabilité macroéconomique et financement bancaire de la Alger, le 11 Juin 2015 Stabilité macroéconomique et financement bancaire de la croissance 1. Stabilité macroéconomique et financière Contrairement aux années 1990 marquées par l ajustement structurel (1991

Plus en détail

Maroc Etat des lieux de la coopération internationale et des investissements étrangers

Maroc Etat des lieux de la coopération internationale et des investissements étrangers Maroc Etat des lieux de la coopération internationale et des investissements étrangers U Etude réalisée sous la direction d IDEFIE par Charline Jacob-Nassimian Juillet 2010 UI. La situation économique

Plus en détail

Les concours de la Banque de France

Les concours de la Banque de France Les concours de la Banque de France à l économie (1 842-19 14) La Banque de France est apparue tout au long du XX~ siècle comme un organisme hybride. Elle était, à la différence d aujourd hui, une société

Plus en détail

COMITÉ DE HAUT NIVEAU POUR UNE NOUVELLE ARCHITECTURE FINANCIÈRE RAPPORT FINAL RÉSUMÉ

COMITÉ DE HAUT NIVEAU POUR UNE NOUVELLE ARCHITECTURE FINANCIÈRE RAPPORT FINAL RÉSUMÉ COMITÉ DE HAUT NIVEAU POUR UNE NOUVELLE ARCHITECTURE FINANCIÈRE RAPPORT FINAL RÉSUMÉ 16 JUIN 2009 RÉSUMÉ La Belgique est une petite économie ouverte dont le système financier, suite à la crise en cours,

Plus en détail

La BNS capitule: Fin du taux plancher. Alain Freymond (BBGI Group SA)

La BNS capitule: Fin du taux plancher. Alain Freymond (BBGI Group SA) La BNS capitule: Fin du taux plancher Alain Freymond (BBGI Group SA) Changement radical de politique monétaire le 15/1/2015 Les taux d intérêt négatifs remplacent le taux plancher 1. Abandon du taux plancher

Plus en détail

TENDANCES MONETAIRES ET FINANCIERES AU COURS DU QUATRIEME TRIMESTRE 2014

TENDANCES MONETAIRES ET FINANCIERES AU COURS DU QUATRIEME TRIMESTRE 2014 TENDANCES MONETAIRES ET FINANCIERES AU COURS DU QUATRIEME TRIMESTRE 2014 Mars 2015 1/12 D ANS une conjoncture internationale marquée par une reprise globale fragile, une divergence accrue de croissance

Plus en détail

INTRODUCTION 7. Introduction

INTRODUCTION 7. Introduction INTRODUCTION 7 Introduction La France de l Ancien Régime se caractérise par un développement limité de son système financier au regard de ses grands voisins européens. Les expériences malheureuses du système

Plus en détail

CRISES BANCAIRES ET POLITIQUE DE RESTRUCTURATION

CRISES BANCAIRES ET POLITIQUE DE RESTRUCTURATION CRISES BANCAIRES ET POLITIQUE DE RESTRUCTURATION LA CRISE DES ANNEES 1980 DU SYSTEME BANCAIRE DE L UMOA : ORIGINES ET REPONSES INSTITUTIONNELLES INTRODUCTION Système bancaire= Institution ou Corps organique

Plus en détail

L Assurance agricole au Sénégal

L Assurance agricole au Sénégal COLLOQUE FARM - Pluriagri : Assurer la production agricole Comment faire des systèmes assurantiels des outils de développement? 1 Paris, le 18 décembre 2012 Thème L Assurance agricole au Sénégal Un système

Plus en détail

Monsieur le Directeur Général de l office des Nations Unies à Genève

Monsieur le Directeur Général de l office des Nations Unies à Genève Monsieur le Directeur Général de l office des Nations Unies à Genève Monsieur le Directeur général de l organisation internationale pour les migrations Messieurs les Ministres, Messieurs les délégués,

Plus en détail

master Droit bancaire Georges DECOCQ Yves GÉRARD Juliette MOREL-MAROGER 2 e édition Collection BANQUE FINANCE ASSURANCE

master Droit bancaire Georges DECOCQ Yves GÉRARD Juliette MOREL-MAROGER 2 e édition Collection BANQUE FINANCE ASSURANCE Collection master BANQUE FINANCE ASSURANCE Droit bancaire Georges DECOCQ Yves GÉRARD Juliette MOREL-MAROGER 2 e édition SOMMAIRE Chapitre 1 Introduction 9 Chapitre 2 L organisation de l activité bancaire

Plus en détail

Histoire. Chapitre n. : La Guerre froide

Histoire. Chapitre n. : La Guerre froide Histoire Chapitre n. : La Guerre froide I) Le monde en 1945 : Des espoirs de paix rapidement déçus Problématiques : Quels sont les principes, les objectifs et le fonctionnement de l ONU? Comment s organisent

Plus en détail

Les politiques d appui à la croissance complètent l assainissement des comptes publics

Les politiques d appui à la croissance complètent l assainissement des comptes publics Bulletin du FMI PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES MONDIALES Quelques leçons de l histoire pour maîtriser la dette publique Bulletin du FMI en ligne 27 septembre 2012 Le fronton du Trésor américain : la dette publique

Plus en détail

Evolution de la Conjoncture Economique (Premier Trimestre 2015)

Evolution de la Conjoncture Economique (Premier Trimestre 2015) Evolution de la Conjoncture Economique (Premier Trimestre 215) Banque Centrale de Tunisie Avril 215 1- Environnement International 1-1. Croissance Economique - Selon les prévisions du Fonds monétaire international

Plus en détail

CONFERENCE INTERNATIONALE LE PARTENARIAT STRATEGIQUE ENTRE LE MAROC ET LA FEDERATION DE RUSSIE

CONFERENCE INTERNATIONALE LE PARTENARIAT STRATEGIQUE ENTRE LE MAROC ET LA FEDERATION DE RUSSIE CONFERENCE INTERNATIONALE LE PARTENARIAT STRATEGIQUE ENTRE LE MAROC ET LA FEDERATION DE RUSSIE RABAT, 18 OCTOBRE 2012 Les relations entre le Maroc et la Russie sont anciennes. Toutefois, elles n ont connu

Plus en détail

HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA

HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA DES PREMIÈRES NATIONS À L UNION DU HAUT ET DU BAS CANADA HIS-4016-2 PRÉTEST FORME A QUESTIONNAIRE ET CAHIER DE RÉPONSES NOM: CENTRE: COMMISSION SCOLAIRE: DATE DE PASSATION:

Plus en détail

Retour sur la crise et les politiques mises en œuvre

Retour sur la crise et les politiques mises en œuvre Retour sur la crise et les politiques mises en œuvre François Facchini Professeur Agrégé des Universités, UP11 et économiste associé au Centre d Economie de la Sorbonne (UP1) Université d Automne de l

Plus en détail

Garantie contre les risques à l exportation

Garantie contre les risques à l exportation Garantie contre les risques à l exportation Révision totale de la loi de 1958 28 janvier 2004 Numéro 4 La révision de la garantie contre les risques à l exportation (GRE) en consultation Le Conseil fédéral

Plus en détail

Le secteur bancaire syrien, levier de reprise Réalités et Perspectives

Le secteur bancaire syrien, levier de reprise Réalités et Perspectives Le secteur bancaire syrien, levier de reprise Réalités et Perspectives Juin 2013 Agenda Facteurs de développement du secteur bancaire syrien Le secteur bancaire syrien: performance solide, mais La Syrie

Plus en détail

Quel est l impact d une hausse du taux d intérêt? Situation et perspectives de la politique monétaire de la BCE.

Quel est l impact d une hausse du taux d intérêt? Situation et perspectives de la politique monétaire de la BCE. Groupe : Politique monétaire 23/11/2007 Beaume Benoît, Aboubacar Dhoiffir, Cucciolla Francesca Quel est l impact d une hausse du taux d intérêt? Situation et perspectives de la politique monétaire de la

Plus en détail

I. Les entreprises concernées et l opération

I. Les entreprises concernées et l opération RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Décision n 10-DCC-172 du 29 novembre 2010 relative à la prise de contrôle exclusif de la société Crédit Foncier et Communal d Alsace et de Lorraine Banque par la société Crédit Mutuel

Plus en détail

Journée nationale de présentation du décret. du 20 mars 2013 relatif aux marchés publics

Journée nationale de présentation du décret. du 20 mars 2013 relatif aux marchés publics Journée nationale de présentation du décret du 20 mars 2013 relatif aux marchés publics Le nouveau décret des marchés publics : Une réforme globale et inclusive Monsieur Abdelkrim GUIRI Directeur de la

Plus en détail

Troisième Réunion du Conseil National du Crédit et de l Epargne 28 juillet 2009 Rabat

Troisième Réunion du Conseil National du Crédit et de l Epargne 28 juillet 2009 Rabat Troisième Réunion du Conseil National du Crédit et de l Epargne 28 juillet 2009 Rabat Allocution de Monsieur Abdellatif JOUAHRI Gouverneur de Bank Al-Maghrib Monsieur le Ministre, Messieurs les Secrétaires

Plus en détail

L organisation industrielle des banques

L organisation industrielle des banques L organisation industrielle des banques Ce chapitre s intéresse à un secteur de la microéconomie bancaire qui est l organisation industrielle des banques, pour simplifier l étude certaines spécifications

Plus en détail

ALGERIA / ALGÉRIE Accord Algérie - Canada

ALGERIA / ALGÉRIE Accord Algérie - Canada 2. Public funding for the industry 2. Les aides publiques à l industrie 2.5. International cooperation 2.5. Coopération internationale 2.5.1. Co-production agreements 2.5.1. Accords de coproduction 2.5.1.6.

Plus en détail

Place et rôle de l Afrique dans les processus de négociations internationales

Place et rôle de l Afrique dans les processus de négociations internationales Ministère de la modernisation des secteurs publics Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives pour le Développement Ecole Nationale d Administration Fondation Hanns Seidel Original :

Plus en détail

CADRE BUDGÉTAIRE COMMUN

CADRE BUDGÉTAIRE COMMUN PROCÉDURES OPÉRATIONNELLES STANDARD pour les PAYS ADOPTANT l approche «UNIS DANS L ACTION» Août 2014 GUIDE DU CADRE BUDGÉTAIRE COMMUN Le Cadre budgétaire commun, par sa présentation transparente et centralisée

Plus en détail

La suspension de l étalon-or au Canada

La suspension de l étalon-or au Canada La suspension de l étalon-or au Canada (1914-1926) Canada, obligation de la Victoire de 100 dollars, 1915 Cette émission d obligations témoigne du fait que le Canada était arrivé à maturité sur le plan

Plus en détail

Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre?

Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre? Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre? Les trois dernières décennies ont été marquées par des progrès impressionnants

Plus en détail

de la Banque Centrale de Tunisie Présentée à Monsieur le Président de la République

de la Banque Centrale de Tunisie Présentée à Monsieur le Président de la République Lettre introductive au 53 ème Rapport annuel de la Banque Centrale de Tunisie Présentée à Monsieur le Président de la République au nom du Conseil d Administration de la Banque Centrale de Tunisie Par

Plus en détail

Promotion des investissements au Maroc

Promotion des investissements au Maroc Royaume du Maroc Direction des Etudes et des Prévisions financières Promotion des investissements au Maroc Mai 1996 Document de travail n 08 Promotion des investissements au Maroc Mai 1996 L objet de la

Plus en détail

INTRODUCTION Au sortir de la 1ere guerre mondiale, le traumatisme laisse place à une période d insouciance et de vie facile durant les années 20, en

INTRODUCTION Au sortir de la 1ere guerre mondiale, le traumatisme laisse place à une période d insouciance et de vie facile durant les années 20, en LA FRANCE DES ANNEES 30 INTRODUCTION Au sortir de la 1ere guerre mondiale, le traumatisme laisse place à une période d insouciance et de vie facile durant les années 20, en France. Cette période est caractérisée

Plus en détail

Sous la direction de Laurent Faibis avec la collaboration de Jean-Michel Quatrepoint. Actes du Colloque Xerfi

Sous la direction de Laurent Faibis avec la collaboration de Jean-Michel Quatrepoint. Actes du Colloque Xerfi Sous la direction de Laurent Faibis avec la collaboration de Jean-Michel Quatrepoint Finance emploi relocalisations Actes du Colloque Xerfi Michel Aglietta Eric Bourdais de Charbonnière Jérôme Cazes Louis

Plus en détail

Introduction. I. Définitions. II. Diplomatie et politique étrangère

Introduction. I. Définitions. II. Diplomatie et politique étrangère Introduction Un diplomate est une personne qui réfléchit à deux fois avant de ne rien dire. F. Sawyer Qu est-ce que la diplomatie? Qu est-ce qu un diplomate? Que fait un ambassadeur? À quoi sert-il? Beaucoup

Plus en détail

QUATRE-VINGT-DIXIÈME SESSION

QUATRE-VINGT-DIXIÈME SESSION Original: anglais 20 octobre 2005 QUATRE-VINGT-DIXIÈME SESSION RÉGIME DE SÉCURITÉ SOCIALE DE L OIM Amendement au Statut du personnel pour les fonctionnaires et les employés Page 1 RÉGIME DE SÉCURITÉ SOCIALE

Plus en détail

ACTEURS DE LA DÉFENSE ET FACTEURS DE SÉCURITÉ

ACTEURS DE LA DÉFENSE ET FACTEURS DE SÉCURITÉ INSTITUT DE MANAGEMENT PUBLIC ET GOUVERNANCE TERRITORIALE 21 RUE GASTON DE SAPORTA 13100 AIX EN PROVENCE DIPLOME UNIVERSITAIRE (DU) ACTEURS DE LA DÉFENSE ET FACTEURS DE SÉCURITÉ OBJECTIFS Faire comprendre

Plus en détail

9 octobre 2014. Acquérir et redresser une cible sous-performante

9 octobre 2014. Acquérir et redresser une cible sous-performante Acquérir et redresser une cible sous-performante , des compétences multiples, un partenaire unique au service de vos transactions Banquier d affaire Avocats Commissaires aux comptes Consultants en stratégie

Plus en détail

Un nouveau départ. Adossement capitalistique et restructuration de la dette

Un nouveau départ. Adossement capitalistique et restructuration de la dette Le 13 décembre 2005 Un nouveau départ Adossement capitalistique et restructuration de la dette Un premier semestre contrasté Le premier semestre de l exercice 2005/2006 a, conformément aux prévisions,

Plus en détail

La place financière: moteur de l économie suisse

La place financière: moteur de l économie suisse La place financière: moteur de l économie suisse Association suisse des banquiers Juliet 2013 Table des matières 1. L Association suisse des banquiers 2. La place financière: acteurs et réglementation

Plus en détail

L adoption des politiques de rémunération en entreprise : un choix sous contrainte

L adoption des politiques de rémunération en entreprise : un choix sous contrainte D. Brochard Université Paris I L adoption des politiques de rémunération en entreprise : un choix sous contrainte Contexte théorique et empirique Depuis le début des années 80, dans un contexte de mutations

Plus en détail

Adaptation des banques aux nouvelles régulations et impact sur le financement de l économie

Adaptation des banques aux nouvelles régulations et impact sur le financement de l économie Adaptation des banques aux nouvelles régulations et impact sur le financement de l économie Gunther Capelle-Blancard Directeur-adjoint, CEPII Professeur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne L incidence

Plus en détail

CULTURE D ENTREPRISE ET GESTION DES RISQUES. Favoriser la performance des organisations publiques par l influence des valeurs opérantes

CULTURE D ENTREPRISE ET GESTION DES RISQUES. Favoriser la performance des organisations publiques par l influence des valeurs opérantes CULTURE D ENTREPRISE ET GESTION DES RISQUES Favoriser la performance des organisations publiques par l influence des valeurs opérantes L exemple du Comité de Bâle Julien Benomar Culture d entreprise et

Plus en détail

Banque de France VS Bundesbank

Banque de France VS Bundesbank Banque de France VS Bundesbank How the Banque de France could learn from the best practices of its European partner Alain Mathieu D I S C U S S I O N P A P E R J U L Y 2 0 1 4 Banque de France VS Bundesbank

Plus en détail

Conférence «Les contrats de PPP : Alliances Publics-Privés pour le développement économique et social»

Conférence «Les contrats de PPP : Alliances Publics-Privés pour le développement économique et social» Conférence «Les contrats de PPP : Alliances Publics-Privés pour le développement économique et social» Allocution du Dr. Abdelkader AMARA Ministre de l Energie, des Mines, de l Eau et de l Environnement

Plus en détail

Développement du marché financier

Développement du marché financier Royaume du Maroc Direction des Etudes et des Prévisions financières Développement du marché financier Juillet 1997 Document de travail n 21 Développement du marché financier Juillet 1997 Le développement

Plus en détail

INTRODUCTION LES ENJEUX DU DROIT DU CREDIT DANS LA PERSPECTIVE DE L UNION BANCAIRE ET DE L UNION DES MARCHES DE CAPITAUX

INTRODUCTION LES ENJEUX DU DROIT DU CREDIT DANS LA PERSPECTIVE DE L UNION BANCAIRE ET DE L UNION DES MARCHES DE CAPITAUX 2 INTRODUCTION LES ENJEUX DU DROIT DU CREDIT DANS LA PERSPECTIVE DE L UNION BANCAIRE ET DE L UNION DES MARCHES DE CAPITAUX Introduction : Les enjeux du droit du crédit dans la perspective de l Union bancaire

Plus en détail

Le management au Ministère de la Défense

Le management au Ministère de la Défense Ouvrage collectif piloté par le CFMD sous la direction du général Baudouin ALBANEL Le management au Ministère de la Défense, 2004 ISBN : 2-7081-3042-0 Introduction Baudouin Albanel par le général de division

Plus en détail

Le secteur bancaire suisse: une histoire à succès, mais aussi à risque

Le secteur bancaire suisse: une histoire à succès, mais aussi à risque Le secteur bancaire suisse: une histoire à succès, mais aussi à risque Le secteur bancaire génère presque 1% du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse; il représente ainsi une branche essentielle de

Plus en détail

Université d Oran / Faculté des Sciences Commerciales Spécialité : 4 eme. Fiche N 2 : Banque et Monnaie

Université d Oran / Faculté des Sciences Commerciales Spécialité : 4 eme. Fiche N 2 : Banque et Monnaie Université d Oran / Faculté des Sciences Commerciales Spécialité : 4 eme Finance / Module : Les Techniques Bancaires Fiche N 2 : Banque et Monnaie I)- Principes Généraux : 1)- Définition du Terme Monnaie

Plus en détail

Contribution de la Banq Contribution de la Ban ue ue à la à la promotion du secteur privé en Afrique du Nord Alger 12 mars 2009

Contribution de la Banq Contribution de la Ban ue ue à la à la promotion du secteur privé en Afrique du Nord Alger 12 mars 2009 Contribution de la Banque à la promotion du secteur privé en Afrique du Nord Alger 12 mars 2009 Ma présentation porte sur: Bref aperçu du Groupe de la Banque africaine de développement; Programmes d appui

Plus en détail

Amérique Latine : bilan et perspectives

Amérique Latine : bilan et perspectives Amérique Latine : bilan et perspectives Conférence de M. Jacques de Larosière pour le colloque organisé par le CFCE et l Institut des Hautes Etudes de l Amérique Latine (Paris, le 21 mars 2001) L économie

Plus en détail

REFORME DU SECTEUR FINANCIER AU MAROC

REFORME DU SECTEUR FINANCIER AU MAROC Comité d experts de la FEMIP Luxembourg 7-8 mars 2005 REFORME DU SECTEUR FINANCIER AU MAROC Zouhair CHORFI Directeur du Trésor et des Finances Extérieures 1 Introduction Secteur financier marocain à la

Plus en détail

Partie 2 Entreprises et production

Partie 2 Entreprises et production CONCEPTION ET MISE EN PAGE : PAUL MILAN Partie 2 Entreprises et production Introduction La production est réalisée par des organisations de nature très différente et aux objectifs très variés, mais toutes

Plus en détail

UE 13 Contrôle de gestion. Responsables : Henri Bouquin, Professeur Stéphanie Thiéry-Dubuisson, Maître de Conférences

UE 13 Contrôle de gestion. Responsables : Henri Bouquin, Professeur Stéphanie Thiéry-Dubuisson, Maître de Conférences UE 13 Contrôle de gestion Responsables : Henri Bouquin, Professeur Stéphanie Thiéry-Dubuisson, Maître de Conférences www.crefige.dauphine.fr polycopié de TD Ouvrage de référence : Henri BOUQUIN, Comptabilité

Plus en détail

UNIVERSITE PARIS IV SORBONNE ECOLE DOCTORALE II Histoire Moderne et Contemporaine

UNIVERSITE PARIS IV SORBONNE ECOLE DOCTORALE II Histoire Moderne et Contemporaine UNIVERSITE PARIS IV SORBONNE ECOLE DOCTORALE II Histoire Moderne et Contemporaine [...][...][...][...][...][...][...][...][...][...] (N d enregistrement attribué par la bibliothèque) THESE pour obtenir

Plus en détail

Le Contrôle de Gestion, c est une assurance sur la conduite des affaires Et puis, pour le dirigeant. Novembre 2009 DOSSIER : Gestion d entreprise 38

Le Contrôle de Gestion, c est une assurance sur la conduite des affaires Et puis, pour le dirigeant. Novembre 2009 DOSSIER : Gestion d entreprise 38 DOSSIER : Gestion d entreprise 38 Contrôle de Gestion dans les PME : points essentiels et objectifs. Mais pourquoi le Contrôle de Gestion n est-il pas plus présent dans les PME? Oublie-t-on que c est un

Plus en détail

POUVOIR D ACHAT : la condition de vie des travailleurs

POUVOIR D ACHAT : la condition de vie des travailleurs POUVOIR D ACHAT : la condition de vie des travailleurs Séminaire CGTM Mercredi 19 mars 2008 Danielle LAPORT Sociologue Ingénieur Social Equipe de Recherche REV Université Paris XII Val-de-Marne Il me revient

Plus en détail

Renminbi Cash Management

Renminbi Cash Management Facilitez vos activités avec la Chine Renminbi Cash Management La dynamique du marché chinois La Chine, 2 ème économie mondiale 1 er exportateur mondial 1 er fournisseur en Europe 2 ème acheteur en Europe

Plus en détail

Monsieur le Premier Ministre ; Chers Collègues ; Mesdames et Messieurs.

Monsieur le Premier Ministre ; Chers Collègues ; Mesdames et Messieurs. COMMUNICATION DE MONSIEUR LE MINISTRE DU COMMERCE A L OCCASION DE LA CEREMONIE D OUVERTURE DES TRAVAUX DE LA «CONFERENCE NATIONALE SUR LE COMMERCE EXTERIEUR» - Monsieur le Premier Ministre ; - Excellences

Plus en détail

Exposé au Comité spécial sur les coopératives de la Chambre des communes 7 août 2012

Exposé au Comité spécial sur les coopératives de la Chambre des communes 7 août 2012 Exposé au Comité spécial sur les coopératives de la Chambre des communes 7 août 2012 Introduction Le Groupe Co-operators limitée est détenu et dirigé par 45 membres-propriétaires de tout le Canada, issus

Plus en détail

Tendances financières et monétaires au premier semestre 2015

Tendances financières et monétaires au premier semestre 2015 Septembre 2015 Tendances financières et monétaires au premier semestre 2015 L objet de cette revue est de présenter les principaux éléments qui caractérisent l évolution de la situation de la position

Plus en détail

Rééquilibrer l ordre économique international

Rééquilibrer l ordre économique international Rééquilibrer l ordre économique international Exposé présenté à un colloque organisé par le Peterson Institute for International Economics La guerre des monnaies : les réalités économiques, les réactions

Plus en détail

Allant encore plus loin, le président ajoute :

Allant encore plus loin, le président ajoute : Introduction La fin du communisme et du collectivisme a pu donner à penser que la loi du marché allait s imposer à l ensemble de l économie de la planète. Recherche de valeur pour l actionnaire, exigence

Plus en détail

Comité régional d économie sociale

Comité régional d économie sociale Comité régional d économie sociale 2 GUIDE DE REDACTION D UN PLAN D AFFAIRE D UNE ENTREPRISE COLLECTIVE 1.1 À QUOI CORRESPOND UNE ENTREPRISE COLLECTIVE? Une entreprise d économie sociale est une entité

Plus en détail

Retour sur le pari de Rio 1992 : État des lieux et perspectives pour Rio +20

Retour sur le pari de Rio 1992 : État des lieux et perspectives pour Rio +20 Retour sur le pari de Rio 1992 : État des lieux et perspectives pour Rio +20 Conférence introductive InEE CNRS Paris, 4 avril 2012 Laurence Tubiana Institut du Développement Durable et des Relations Internationales

Plus en détail

APPEL A COMMUNICATIONS

APPEL A COMMUNICATIONS APPEL A COMMUNICATIONS Colloque régional UEMOA-CRDI sur Intégration régionale et stratégies régionales de réduction de la pauvreté 8-10 décembre 2009, Ouagadougou, Burkina Faso Délai de soumission de résumé

Plus en détail

Séminaire sur la Gestion des Ressources Humaines en Afrique Défis pour le Troisième Millénaire. Aide Memoire

Séminaire sur la Gestion des Ressources Humaines en Afrique Défis pour le Troisième Millénaire. Aide Memoire African Training and Research Centre in Administration for Development المرآز الا فريقي للتدريب و البحث الا داري للا نماء Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives pour le Développement

Plus en détail

«La bonne gouvernance bancaire : une condition nécessaire pour le

«La bonne gouvernance bancaire : une condition nécessaire pour le Nation Unies Commission économique pour l Afrique Réunion ad hoc d experts Financement du développement en Afrique du Nord 19 21 octobre 2010 «La bonne gouvernance bancaire : une condition nécessaire pour

Plus en détail

Relations de la France avec Ses Anciennes Colonies Africaines Après leur Indépendance

Relations de la France avec Ses Anciennes Colonies Africaines Après leur Indépendance Relations de la France avec Ses Anciennes Colonies Africaines Après leur Indépendance (French Relations with its Former African Colonies after their Independence) Ema Woodward (Written for a course in

Plus en détail

PARTIE 2 : LES POLITIQUES ÉCONOMIQUES CONJONCTURELLES

PARTIE 2 : LES POLITIQUES ÉCONOMIQUES CONJONCTURELLES SO00BM24 Introduction aux politiques économiques PARTIE 2 : LES POLITIQUES ÉCONOMIQUES CONJONCTURELLES CHAPITRE 2 : LA POLITIQUE MONETAIRE I. Préambules sur la Monnaie II. 1. La création monétaire A. Comment

Plus en détail

Les investissements internationaux

Les investissements internationaux Conclusion : Doit-on réguler les IDE? Les investissements internationaux Introduction : Qu est ce qu un investissement direct à l étranger (IDE)? I) L évolution des IDE 1 Les IDE : une affaire entre riches

Plus en détail

Cela a notamment conduit à l accroissement de la rentabilité du capital au détriment du travail dans toutes les économies occidentales.

Cela a notamment conduit à l accroissement de la rentabilité du capital au détriment du travail dans toutes les économies occidentales. 1 Contribution de Jean Pierre BRARD, député apparenté communiste de Seine Saint Denis, et de Bernard VERA, sénateur communiste de l Essonne, membres du groupe de travail Assemblée nationale Sénat sur la

Plus en détail

Indépendance des banques centrales et prévention/gestion des crises : expérience algérienne. Par. Mohammed Laksaci

Indépendance des banques centrales et prévention/gestion des crises : expérience algérienne. Par. Mohammed Laksaci Indépendance des banques centrales et prévention/gestion des crises : expérience algérienne Par Mohammed Laksaci Communication au Symposium des Gouverneurs des Banques Centrales Africaines 38 ème réunion

Plus en détail

Strategic Management M. Jean Mourani

Strategic Management M. Jean Mourani Strategic Management M. Jean Mourani The course deals with the traditional and contemporary concepts of strategy. It will provide the students with an in-depth knowledge of the integration of the strategy

Plus en détail

Le FMI conclut les consultations de 2008 au titre de l article IV avec le Maroc

Le FMI conclut les consultations de 2008 au titre de l article IV avec le Maroc Note d information au public (NIP) n 08/91 POUR DIFFUSION IMMÉDIATE Le 23 juillet 2008 Fonds monétaire international 700 19 e rue, NW Washington, D. C. 20431 USA Le FMI conclut les consultations de 2008

Plus en détail