Les jeunes, l éducation et la consolidation de la paix Alan Smith et Christine Smith Ellison Centre UNESCO, Université d Ulster

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1 Les jeunes, acteurs du changement social : Ensemble, planifions l éducation Les jeunes, l éducation et la consolidation de la paix Alan Smith et Christine Smith Ellison Centre UNESCO, Université d Ulster Forum des politiques éducatives de l IIPE Paris, Octobre 2012

2 Les auteurs sont responsables du choix et de la présentation des faits figurant dans cette publication ainsi que des opinions qui y sont exprimées, lesquelles ne sont pas nécessairement celles de l UNESCO et n engagent pas l Organisation. Le Centre UNESCO, basée à la Faculté des Sciences de l éducation de l Université d Ulster, mène des activités de recherche dans le domaine des droits de l enfant, de l éducation, des conflits et du développement international. Publié par le Centre UNESCO, Université d Ulster. Centre UNESCO, Université d Ulster, 2012 Centre UNESCO School of Education University of Ulster Cromore Road Coleraine Co. Londonderry BT52 1SA Northern Ireland

3 Table des matières Liste des tableaux Liste des abréviations 1. Introduction 1.1 Qu entend-on par jeunesse? 2. Les jeunes : une priorité : pourquoi? 2.1 Les jeunes sont touchés de manière disproportionnée par un conflit 2.2 Les jeunes sont des acteurs clés de la consolidation de la paix 2.3 Les jeunes vivent des transitions importantes 2.4 Les jeunes sont souvent laissés pour compte 3. Conflit et consolidation de la paix : distinctions conceptuelles 3.1 Consolidation de la paix et transformation des conflits 4. Liens théoriques entre éducation, jeunesse et consolidation de la paix 4.1 Théories sociales et culturelles 4.2 Explications économiques 4.3 Engagement politique 4.4 L explosion démographique des jeunes, menace pour la sécurité 5. Consolidation de la paix : trois questions aux décideurs 5.1 Existe-t-il une réelle volonté d engagement des jeunes dans la consolidation de la paix? 5.2 Existe-t-il une volonté de transformation des conflits et de changement? 5.3 Par quels types de programmes peut-on mobiliser les jeunes pour la consolidation de la paix? Références bibliographiques Page 2.3

4 Liste des tableaux Tableau 1. Tableau 2. Sensibilité aux conflits et transformation des conflits Cadre d analyse Page 2.4

5 Liste des abréviations EFTP OMS ONU PNUD UNICEF USAID Enseignement et formation techniques et professionnels Organisation mondiale de la Santé Organisation des Nations Unies Programme des Nations Unies pour le développement Fonds des Nations Unies pour l enfance Agence des États-Unis pour le développement international Page 2.5

6 1. Introduction Les jeunes sont par nature idéalistes, créatifs et dynamiques. Ils sont capables de jouer un rôle très important dans la gestion des conflits et des différences. Lorsqu on leur donne la possibilité de s investir de manière constructive, ils peuvent apporter une contribution essentielle à une stabilité plus durable, produire des résultats efficaces au sein des communautés et offrir une protection contre des conflits futurs (AED, 2005, p. 4). Le 7 e Forum des jeunes de l UNESCO, qui a réuni plus de 500 jeunes du monde entier pour débattre du thème Comment les jeunes conduisent le changement a reconnu le rôle important joué par les jeunes pour «faire évoluer la société de manière positive» (UNESCO, 2011, p. 2). Les discussions qui s y sont déroulées servent de base au Forum 2012 sur les politiques éducatives, intitulé Les jeunes, acteurs du changement social : Ensemble, planifions l éducation. Fruit d un partenariat créé entre l Institut international de planification de l éducation de l UNESCO (IIPE) et deux Chaires UNESCO, l une de l Université nationale d Irlande, Galway, l autre de l Université d Ulster, ce Forum sur les politiques éducatives traitera des trois domaines thématiques de l engagement des jeunes, qui ont été abordés par les jeunes délégués de l UNESCO en Le présent document de synthèse s adresse à un large éventail de parties prenantes (y compris des jeunes délégués, des décideurs et des planificateurs) et passe en revue les publications et les théories qui se rapportent à l un de ces domaines clés : le rôle des jeunes et de l éducation dans la transformation de la société, par le biais de la consolidation de la paix dans des sociétés touchées par un conflit. Ce document commence par une présentation des différentes définitions du terme jeunes, puis il développe quatre raisons qui justifient d accorder une attention prioritaire à l analyse des jeunes dans un contexte de conflit. Dans une troisième partie, il expose un certain nombre de concepts et de définitions ayant trait aux conflits et à la consolidation de la paix, et souligne en particulier la distinction importante qui existe entre la sensibilité aux conflits et la consolidation de la paix. Il consacre une quatrième partie à l analyse de théories portant sur les liens entre les jeunes, l éducation et les conflits. En dernière partie, il soumet aux décideurs trois questions essentielles, susceptibles de stimuler les échanges et les débats sur les possibilités qu offrent les programmes de mobilisation des jeunes pour promouvoir la consolidation de la paix par le biais du changement social, économique et politique. 1.1 Qu entend-on par jeunesse? L un des problèmes récurrents que l on rencontre dans le travail avec la jeunesse est de savoir comment la définir. De nombreuses organisations et agences ont adopté une définition qui cadre avec leur mandat et qui, le plus souvent, définit une classe d âge. Cette approche n est toutefois pas sans poser quelques difficultés. La première difficulté tient aux différences de classes d âge qui sont utilisées. Pour l Organisation des Nations Unies (ONU), la jeunesse désigne la classe d âge allant de 15 à 24 ans ; cette classe d âge, qui est la plus couramment retenue, est aussi celle qui est préconisée par le Fonds des Nations Unies pour l enfance (UNICEF), la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la International Youth Foundation. L Union africaine applique une définition plus large, qui englobe le groupe des ans. Quant à l Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), Page 2.6

7 dont le projet de politique de la jeunesse devrait voir le jour à l automne 2012, elle définit la jeunesse comme les personnes âgées de 10 à 29 ans (USAID, 2012a). Il existe également des variantes selon les organisations internationales : ainsi, Save the Children a opté pour une classe d âge allant de 13 à 25 ans (Sommers, 2001, p. 3). Pour compliquer les choses, s y ajoute une deuxième difficulté liée aux différences de concepts représentant la jeunesse, l adolescence et les jeunes gens. L Organisation mondiale de la Santé (OMS) utilise trois catégories : les adolescents qui correspondent à la classe d âge ans, la jeunesse à la classe d âge ans et les jeunes gens à la classe d âge ans. Troisième difficulté, dans de nombreuses régions du monde, la jeunesse est définie en fonction, non pas de l âge, mais d autres facteurs, comme l acquisition de l autonomie financière, le départ du domicile parental, le mariage et la condition parentale. Par conséquent, on peut aussi concevoir la jeunesse comme une période transitoire de la vie située entre l enfance et l âge adulte. Cela permet de prendre en compte les facteurs spécifiques qui déterminent le passage à l âge adulte dans différents contextes. En fait, dans des situations de conflit, définir la jeunesse par rapport à l âge chronologique est à l évidence encore moins approprié. Les jeunes sont souvent parachutés dans un rôle d adulte beaucoup plus tôt qu ils ne le seraient en temps de paix. En cas de décès d un parent ou de déplacement, par exemple, ils peuvent se retrouver dans la position du chef de famille. Une définition socioculturelle de la jeunesse est également plus difficile à établir dans un contexte de conflit, dans la mesure où les marqueurs traditionnels du passage à l âge adulte sont souvent brouillés. Qui plus est, le concept même de jeunesse est de plus en plus politisé : les jeunes activistes se qualifient d enfants pour échapper à la sanction, tandis que les autorités les qualifient de jeunes et, par là même, juridiquement coupables (Kemper, 2005, p. 10). En outre, et particulièrement dans un contexte de conflit, il est important d éviter d employer le terme jeunes comme raccourci pour désigner des «jeunes gens qui représentent une menace potentielle» «Les jeunes femmes sont parfois invisibles et doublement désavantagées, et elles ne sont pas prises en compte dans de nombreuses activités axées sur la jeunesse, ne serait-ce que parce qu elles ne sont souvent pas perçues comme une menace» (McLean Hilker et Fraser, 2009). Page 2.7

8 2. Les jeunes, une priorité : pourquoi? Les personnes de moins de 25 ans représentent 43 % de la population mondiale, mais ce pourcentage atteint 60 % dans les pays les moins avancés (FNUAP, 2011, p. 8). Ces chiffres justifient à eux seuls qu on intègre ces jeunes et qu on les prenne en compte dans l élaboration des politiques et la planification. Mais au-delà de ces chiffres, plusieurs raisons justifient que l on considère les jeunes comme des acteurs distincts dans des sociétés touchées par un conflit. 2.1 Les jeunes sont touchés de manière disproportionnée par un conflit En 1996, le rapport Machel a mis en relief l impact dévastateur des conflits armés sur les enfants, les adolescents et les jeunes. L éducation des réfugiés et des personnes déplacées, les stratégies visant à prévenir le recrutement d enfants soldats, la protection des filles contre les violences sexuelles, ainsi que les programmes de sensibilisation aux dangers posés par les mines terrestres et de traitement des traumatismes, figurent parmi les réponses proposées dans les recommandations. Entre 1996 et 2012, outre une meilleure reconnaissance de ces conséquences, un nombre croissant de documents leur ont été consacrées. Le dernier Rapport mondial de suivi 2011 (UNESCO-EPT, 2011) fait toutefois clairement ressortir que les effets des conflits continuent d avoir un impact dévastateur sur l éducation des enfants et des jeunes. Dans le monde, 28 millions d enfants, soit près de la moitié des enfants non scolarisés, vivent dans des pays touchés par un conflit (UNESCO-EPT, 2011). Ils sont privés de la protection physique, psychosociale et cognitive qu offre l éducation. Des rapports indiquent également que les enfants et les écoles sont de plus en plus sur la ligne de front des conflits armés, les salles de classe, les enseignants et les élèves étant considérés comme des cibles légitimes (O Malley, 2010). Facteur aggravant, les structures et les systèmes sociaux, y compris le marché de l emploi, sont souvent sérieusement ébranlés par des années de violence, et ils ont bien du mal à absorber les jeunes gens et à leur offrir de réelles chances dans la vie. Par ailleurs, la représentation des jeunes dans les rangs des groupes armés et des armées officielles est un phénomène relativement courant. La littérature aborde cet aspect sous deux angles différents. Celle qui traite du recrutement forcé des enfants soldats et qui plaide pour l adoption de mesures de protection. Le rapport du Secrétaire général des Nations Unies au Conseil de sécurité, composé de 15 pays membres, dresse une liste de 57 groupes qui recrutent des enfants soldats (Organisation des Nations Unies, 2010). L autre littérature s intéresse à la menace incarnée par des jeunes hommes, dont on pense qu ils sont faciles à mobiliser par des chefs rebelles. Cette analyse va de pair avec une tendance à diaboliser la jeunesse dans la presse (Hendrixson, 2004 ; Sommers, 2006), mais elle reflète l idée selon laquelle la jeunesse «fournit une grande partie de l énergie et de la puissance de masse qu il faut mobiliser pour faire converger les dynamiques du changement social et politique» (Hamilton, 2010, p. 4). 2.2 Les jeunes sont des acteurs clés de la consolidation de la paix On a accordé largement plus d attention à la violence des jeunes qu à leurs activités de consolidation de la paix. Comme l écrit McEvoy-Levy : Page 2.8

9 Quel que soit le contexte de conflit que l on examine, la présence dominante des jeunes dans l évolution de la communauté, ainsi que dans le dialogue interethnique et les groupements pacifistes, ressort clairement. Nombre de jeunes ont fait directement l expérience de la violence, du conflit et de la prison. Ils sont mal payés, leurs projets sont sous-financés, souvent stressants et peuvent mettre leur vie en danger. Comme d autres acteurs de la société civile, ils sont moins visibles que les élites dans l analyse des processus de paix (McEvoy-Levy, 2001, p ). Selon McEvoy-Levy, les jeunes en tant que «premiers acteurs du travail de développement des communautés locales», sont placés «aux avant-postes de la construction de la paix» (2001, p. 24), et ni les responsables politiques ni les universitaires n ont suffisamment exploré la contribution positive des jeunes. Cette lacune est reconnue dans le Rapport sur le développement dans le monde 2007 (Banque mondiale, 2007) qui met l accent sur les besoins et le potentiel transformateur de la prochaine génération pour promouvoir le développement. Toutefois, la plupart des publications en la matière émanent des agences de développement, comme l illustre un rapport sur le rôle des jeunes en tant que catalyseurs de la paix : Les jeunes sont plus enclins à éviter la violence et à s investir dans des activités de consolidation de la paix si on leur offre un ensemble bien précis de possibilités liées et complémentaires appelé conditions minimales pour la construction de la paix : participation à la vie politique, création de liens entre les jeunes et leurs communautés, constitution de groupes pacifistes, formation des jeunes à la vie professionnelle et renforcement de la confiance et de l estime de soi des jeunes (AED, 2005, p. 5). 2.3 Les jeunes vivent des transitions importantes Qu elle soit définie en fonction de l âge chronologique ou de la répartition des rôles sociaux, la jeunesse est une période de transitions importantes pour l individu. Dans le meilleur des cas, c est une période difficile. Mais, en temps de conflit, bon nombre de jeunes peuvent se retrouver bloqués dans «l âge de l attente» (waithood) (Singerman 2007, p. 6), sans pouvoir faire leur entrée dans l âge adulte. Dans un contexte de conflit, par exemple, il est fréquent que les jeunes soient plus touchés par le chômage que d autres groupes de population, et les frustrations générées par cette situation perdurent parfois longtemps après la fin de la guerre. Par conséquent, durant un conflit, les jeunes ont des besoins spécifiques qui nécessitent d être analysés et pris en considération. Pour reprendre les mots de Hamilton, «Les responsables politiques et économiques (et même quelques spécialistes en sciences humaines) ont tendance à rester sourds à ce que disent les jeunes, à moins qu ils ne s expriment dans un appel à la révolution ou sous la forme explicite d une menace pour l ordre social» (2010, p. 7). 2.4 Les jeunes sont souvent laissés pour compte De nombreuses agences font maintenant de l analyse de la jeunesse dans des situations de conflit une priorité. L Agence des États-Unis pour le développement international (USAID, 2012a) a examiné récemment les dernières recherches menées sur l éducation des jeunes dans des pays touchés par une crise ou un conflit. Cette analyse documentaire portait sur 27 études qui ont été publiées entre 2001 et 2012 et qui étaient consacrées à divers thèmes relatifs à l éducation des jeunes dans des environnements touchés par une crise ou un conflit : l éducation formelle, non formelle et informelle, la transition de l école à l emploi, la consolidation de la paix et la résolution de conflits, l engagement, la participation et l autonomisation des jeunes, le perfectionnement de la main-d œuvre et les moyens de subsistance. Ce rapport identifie 14 donateurs pour lesquels «les jeunes dans des contextes de conflit et de crise» constituent un axe prioritaire de leur programme : six agences Page 2.9

10 bilatérales, une agence multilatérale, trois institutions spécialisées des Nations Unies et quatre fondations. Le rapport de l USAID attire toutefois l attention sur le nombre insuffisant de recherches orientées vers la jeunesse, puisque seuls cinq de ces 14 organisateurs en font une priorité, et il conclut : «il est grand temps d entreprendre des recherches plus rigoureuses» (2012a, p. 19). Cette conclusion fait écho aux observations de nombreux chercheurs (Del Felice et Wisler, 2007 ; Hamilton, 2010 ; Sommers, 2006). La diversité des rôles que joue ce groupe et la spécificité des enjeux qu il représente «nécessitent que les approches de l analyse de la jeunesse dans les situations d après-guerre soient essentiellement ethnographiques et spécifiques à chaque conflit» (McEvoy-Levy. 2001, p. 9). Page 2.10

11 3. Conflit et consolidation de la paix : distinctions conceptuelles Le terme de conflit est souvent employé comme synonyme de violence. Galtung (1976) fait néanmoins remarquer que si le conflit peut conduire à la violence, les deux concepts sont totalement différents. Il existe diverses façons de concevoir le conflit. Dans une vision négative, le conflit correspond à une lutte ou à une incompatibilité entre plusieurs objectifs. Mais, sous un angle positif, il est pour des individus l occasion d exprimer leurs objectifs et de prendre conscience des différences. De façon plus simple, le conflit peut aussi être perçu comme quelque chose «qui fait naturellement partie de la vie et des relations» (Del Felice et Wisler 2007, p. 6). La violence, en revanche, n est qu une manière de gérer le conflit. Elle est destructrice et traumatisante. Galtung distingue trois formes de violence. La violence directe désigne le préjudice physique infligé à un autre être humain. La violence structurelle, plus indirecte, est inhérente aux structures de la société et se traduit par une injustice sociale et une inégalité des chances dans la vie. La violence culturelle est enracinée dans des normes, croyances et traditions culturelles, qui font apparaître d autres formes de violence comme légitimes, acceptées, normales ou naturelles. À titre d exemple, le châtiment corporel contre les enfants, la violence envers les femmes et les attaques contre d autres groupes religieux ou ethniques sont souvent présentées comme des pratiques traditionnelles justifiables. Ces distinctions sont importantes, dans la mesure où, bien souvent, seule la violence directe est prise en compte parce que plus visible, tandis que subsistent la violence structurelle et la violence culturelle, qui sont plus profondes. 3.1 Consolidation de la paix et transformation des conflits Selon Galtung, la consolidation de la paix «a une structure qui diffère, et qui va peut-être audelà, du maintien et du rétablissement ponctuel de la paix» (1976, p. 297). Il introduit une distinction importante entre la paix négative (l absence de violence) et la paix positive (l absence de violence structurelle et de conditions propres à la guerre). Il met également en lumière l importance des connaissances et de la participation locales. Cette manière de concevoir la consolidation de la paix comme une tentative d extirper les causes sous-jacentes de la guerre (la violence structurelle et la violence culturelle qui alimentent la violence directe) et de soutenir les stratégies autochtones en faveur de la paix a joué un rôle déterminant dans le développement de l analyse des conflits, méthode utilisée par de nombreuses agences de développement pour identifier les facteurs de conflit et de violence et en éliminer les causes profondes. L Organisation des Nations Unies s est employée à définir le concept de consolidation de la paix et à le mettre en application. Il a fallu attendre la publication de l Agenda pour la paix en 1992 (Boutros-Ghali, 1992) pour que le concept de consolidation de la paix après les conflits ait officiellement droit de cité dans le langage onusien. Il y est défini comme «une action menée en vue de définir et d étayer les structures propres à raffermir la paix afin d éviter une reprise des hostilités», et est lié, mais de façon distincte, au concept de diplomatie préventive (actions destinées à éviter qu une guerre n éclate), de rétablissement de la paix (mettre fin à la guerre en réunissant les parties autour de la table des négociations) et de maintien de la paix (assurer la sécurité au travers du déploiement des forces de l ONU). En 1995, le Supplément à l Agenda pour la paix (Organisation des Nations Unies, 1995) a élargi le concept de consolidation de la paix en y incluant toutes les phases de conflit et en mettant davantage l accent sur la création de structures visant à institutionnaliser la paix. Page 2.11

12 Comme l a souligné Lederach (1997), la consolidation de la paix est «plus qu une reconstruction après la signature d un accord» et elle implique un ensemble d activités qui se déroulent avant et après les accords officiels de paix. Cet auteur, pour lequel la consolidation de la paix est un processus social dynamique, est à l origine de l expression transformation des conflits, qu il définit comme un «processus continu qui change de négatif en positif les relations, les comportements, les attitudes et les structures» (1997, p. 20). La transformation est au cœur de ce processus : cultiver une infrastructure propice à la consolidation de la paix signifie que «nous ne voulons pas seulement «mettre fin» à quelque chose qui n est pas souhaité. Nous nous efforçons d établir des relations qui, dans leur globalité, forment de nouveaux modèles, processus et structures» (1997, p ). L une des critiques adressées à l encontre du concept onusien de consolidation de la paix est qu il donne la priorité aux transformations sécuritaires, politiques et économiques qui ont sans doute leur importance, mais qui s intéressent surtout aux préoccupations des élites et des groupes puissants en situations de conflit. Le résultat est que, dans bien des cas, les dividendes de la paix générées par le développement ne sont pas accessibles aux communautés locales défavorisées les plus éprouvées par la violence. Plusieurs agences, comme l UNICEF, ont aujourd hui tendance à axer leurs programmes sur le rôle de l éducation dans la consolidation de la paix (UNICEF, 2011). Une distinction majeure entre sensibilité aux conflits et consolidation de la paix est que la sensibilité aux conflits met l accent sur les moyens d éviter que les programmes ne contribuent à exacerber un conflit, alors que la consolidation de la paix insiste plutôt sur le rôle que les programmes peuvent jouer pour faciliter la transformation des conflits (Woodrow et Chigas, 2008). Tableau 1. Sensibilité aux conflits et transformation des conflits Sensibilité aux conflits Désigne la capacité d une organisation à : (a) comprendre le contexte dans lequel elle intervient ; (b) comprendre l interaction entre l intervention et ce contexte ; (c) utiliser cette compréhension pour éviter les impacts négatifs et maximiser les impacts positifs sur un conflit. (Barbero et al., 2004) Transformation des conflits Cible les relations et les transactions entre les parties au cœur d un conflit ou impliquées dans un conflit antérieur ; s attaque aux causes sociales, économiques et politiques plus larges qui sont à la source d un conflit ; vise à transformer les énergies négatives et la guerre en un changement social positif. (McCandless et Bangura, 2007 ; Fisher et al., 2000) Dans les deux cas, le point de départ est l analyse des conflits, mais l accent qu il est possible ou souhaitable de mettre sur tel ou tel aspect dépendra dans une large mesure du contexte. Le guide pratique de la sensibilité aux conflits, intitulé How To Guide to Conflict Sensitivity (Conflict Sensitivity Consortium, 2012), offre un aperçu complet des implications d une approche sensible aux conflits en termes d évaluation, de préparation, de conception, de mise en œuvre, de suivi et d évaluation et il fournit des outils permettant de mesurer les capacités institutionnelles et les enjeux qui nécessitent une attention particulière dans le cadre des interventions d urgence. Page 2.12

13 4. Liens théoriques entre éducation, jeunesse et consolidation de la paix C est un domaine complexe, où les définitions des termes et de nombreuses variables sont souvent imprécises, d où la difficulté de faire ressortir des corrélations et, à plus forte raison, des liens de cause à effet ; la mise en œuvre en la matière est pour l essentiel assurée par des agences de développement, dont la première priorité n est pas tant la recherche systématique que la rapidité des résultats ; dans les environnements instables qui caractérisent les sociétés touchées par un conflit, les conditions opérationnelles et la collecte de données sont difficiles ; programmes à cycle court, forte mobilité des personnels et mémoire institutionnelle insuffisante sont autant d éléments qui expliquent que la pratique réflexive n est pas une méthode de recherche couramment utilisée, et même lorsqu existe un attachement au principe d évaluation, il est habituellement défini par rapport à des indicateurs qui mesurent la réalisation des objectifs programmatiques, plutôt que l impact du point de vue de la consolidation de la paix (Smith et al., 2011). En dépit des difficultés évoquées par Smith et ses collègues, plusieurs hypothèses concernant les liens entre l éducation, la jeunesse et les conflits se dégagent des travaux de recherche. Dépassant les particularités du système éducatif formel, comme le programme scolaire ou les méthodes didactiques, elles étendent le champ des explications au rôle plus vaste de l éducation dans des sociétés en proie à un conflit. 4.1 Théories sociales et culturelles Dans le champ social, la principale hypothèse est que les conflits naissent des griefs liés aux «inégalités horizontales» entre groupes culturels (Stewart, 2008). En ce sens, il adhère aux conclusions d Ostby (2008), qui observe que les conflits sont plus fréquents dans les pays marqués par de fortes inégalités sociales et économiques. Gurr (1970), pour sa part, met l accent sur le sentiment de «privation relative» entre les groupes (même lorsque les données semblent indiquer l absence d inégalités) et, plus spécialement, là où des inégalités (dans l accès à l éducation par exemple) semblent avoir une «signification sociale». Par conséquent, les programmes d éducation concernant des jeunes doivent porter une attention particulière aux questions d équité entre les divers groupes de la société, notamment s agissant de l accès à l éducation, de l affectation de ressources et des bénéfices réels et perçus pour chacun des groupes en termes de résultats scolaires. Il est important de comprendre la signification sociale que revêt l éducation aux yeux de différentes communautés (par exemple, concernant le statut social qu elle confère et les moyens de subsistance qu elle procure) et d être capable de générer des données désagrégées en vue du suivi et de l évaluation des politiques éducatives impliquant les jeunes. D aucuns font valoir que ce sont les incompatibilités fondamentales entre cultures qui conduisent au conflit violent et à la guerre. Le plus ardent défenseur de cette thèse est Huntington (1993, 1996), qui affirme qu un «choc des civilisations» s est produit, notamment à la fin de la guerre froide pour plusieurs raisons : le renforcement des interactions entre peuples de civilisations différentes ; la désoccidentalisation et l indigénisation des élites dans les pays non occidentaux ; l extension de la régionalisation économique, qui entraîne une plus vive conscience de sa propre civilisation ; Page 2.13

14 une résurgence de l identité religieuse dans le monde, qui supplante progressivement des identités locales et nationales en voie de disparition (Henderson et Tucker, 2001, p. 318). Il faut noter que la notion d incompatibilités fondamentales entre cultures est vivement contestée par ceux qui réfutent l idée selon laquelle les différences culturelles sont la cause sous-jacente des conflits violents. Pour eux, les facteurs identitaires que sont la langue, la culture et la religion sont des moyens de mobiliser des individus pour qu ils participent à des conflits violents, dont les racines politiques et économiques plus profondes ont leur origine dans le contexte international des relations de pouvoir (Duffield, 2001). 4.2 Explications économiques Dans le domaine économique, l une des hypothèses est que les jeunes sont plus susceptibles de participer à un conflit si celui-ci comporte un coût d opportunité économique supérieur au revenu existant ou potentiel. Cette hypothèse repose principalement sur les travaux de Collier et Hoeffler (2000, 2004), qui ont utilisé trois «indicateurs d approximation» pour mesurer le coût d opportunité de participer à un conflit civil entre plusieurs pays. Les deux premiers indicateurs sont le revenu moyen par habitant (une population disposant d un haut niveau de revenu a plus à perdre dans un conflit) et le taux de croissance économique (une croissance économique forte offre davantage de possibilités d emploi). Le troisième indicateur d approximation est le taux de scolarisation des garçons dans l enseignement secondaire. Pour Collier et Hoeffler, les jeunes garçons constituent le principal vivier de recrutement pour des groupes rebelles, le nombre d années de scolarité secondaire a une incidence sur le revenu potentiel, ce qui les porte à conclure qu une scolarité plus longue a un impact sur le coût d opportunité de s engager dans un conflit. Dans cette optique, l «avidité» (greed) semble être la principale cause des conflits, mais cette thèse est contestée par d autres auteurs qui la jugent trop simpliste et tributaire d une théorie du comportement humain dicté par le «choix rationnel» (Ballentine et Sherman, 2003). Pour autant, les arguments de l analyse macro-économique laissent penser que dans des environnements touchés par une crise ou un conflit, l attention prioritaire des programmes d éducation doit porter sur l enseignement secondaire pour les jeunes, scolarisés ou non, sur le rôle de la formation technique et professionnelle, et sur la pertinence de l éducation par rapport aux perspectives d emploi et au développement économique. Dans un autre registre économique, l explication des conflits réside dans des causes sousjacentes, comme les «guerres des ressources», autrement dit les luttes pour les terres, les ressources naturelles et les produits de base (Allen et Thomas, 2000 ; Bardhan, 1997). Dans cette perspective, les inégalités liées à l extraction de ressources naturelles peuvent créer des rancœurs de nature à nourrir un conflit généré par un sentiment d injustice. D aucuns considèrent que «l environnement et les ressources naturelles» forment un domaine distinct, qui doit être pris en compte dans les analyses des conflits, en particulier lorsque des rivalités portant sur la propriété des terres et la gestion de ressources naturelles et de produits de base sont les moteurs du conflit. Mais, dans la plupart des outils d analyse utilisés aujourd hui, ces questions relèvent de l analyse politique et économique. Le rôle des jeunes en la matière est un domaine où les recherches sont quasiment inexistantes. Page 2.14

15 4.3 Engagement politique Tandis que la thèse de l avidité et des griefs examine les raisons pour lesquelles des jeunes prennent les armes, la troisième approche propose un examen critique de la nature des politiques qui ont «préparé le terrain» au conflit. Selon Bates (2008), au lendemain de l indépendance, les élites dirigeantes de nombreux pays ont cherché à préserver une base de pouvoir politique en concentrant les ressources entre les mains d une petite fraction de la population, plutôt qu en élaborant des politiques destinées à élargir à tous l accès à des biens sociaux comme l éducation. S inspirant d exemples de pays d Afrique subsaharienne, Bates évoque le coût élevé des élections organisées après l indépendance, ainsi que l habitude des candidats de distribuer des biens publics pour préserver leur place. Continuer dans la même ligne devenant trop coûteux, les élites dirigeantes ont évolué vers des pratiques de plus en plus autoritaires. Dans le nouveau système, il n y a plus aucun intérêt à offrir des biens publics, comme l éducation, à son électorat. Désormais, l objectif des responsables comme des adversaires politiques est de s attirer la faveur des élites dirigeantes, dont dépendent leurs chances de réussir et de faire partie du cercle de plus en plus restreint des bénéficiaires de la «distribution privée» d avantages matériels. Cette économie centralisée, fermée et régulée est onéreuse, et elle entraîne progressivement une diminution des recettes publiques et une baisse du rendement des services publics. Les dirigeants sont donc perçus comme des «prédateur», une situation qui, à terme, incite les citoyens à réagir et à prendre les armes. Reno (2000, 2002, 2006) s est également intéressé aux décisions politiques qui conduisent à une culture du favoritisme et à la dislocation du contrat social, mais en mettant l accent sur les préoccupations sécuritaires des élites dirigeantes. Face à l opposition des élites politiques et des hommes forts locaux, la solution la plus rapide pour acheter leur loyauté est de distribuer des ressources aux personnalités les plus puissantes en guise de remerciement, plutôt que de distribuer des biens publics à tous. Autre différence par rapport à Bates, Reno insiste sur le choix politique délibéré des élites dirigeantes de maintenir la précarité des institutions formelles, de crainte de voir les administrateurs d institutions trop puissantes recueillir trop de soutien politique. Bates et Reno décrivent la manière dont la prise de décisions politiques rationnelles, mais intéressées, par les élites peut conduire à la disparition du contrat social. Ils montrent comment des élites dirigeantes ont été animées par le souci de préserver une base de pouvoir politique en concentrant les ressources entre les mains d une petite fraction de la population, plutôt que d élaborer des politiques destinées à élargir à tous l accès à des biens sociaux comme l éducation. En conséquence, la conception des programmes d éducation doit inclure une bonne analyse de l environnement politique dans lequel sont élaborées les politiques et prévoir des programmes qui favorisent un engagement politique élargi des enfants et des jeunes pour qu ils comprennent le fonctionnement des systèmes politiques de leur communauté et s y impliquent. 4.4 L explosion démographique des jeunes, menace pour la sécurité Selon une quatrième hypothèse concernant les liens entre les jeunes, l éducation et les conflits, l explosion démographique des jeunes dans une population constitue une menace pour la sécurité. Cette hypothèse a essentiellement cours parmi les défenseurs de l existence d une relation statistique entre les populations à forte proportion de jeunes et le risque de conflit armé. La théorie en elle-même n est pas nouvelle : diverses études menées par le passé établissent des liens entre l explosion démographique des jeunes et les révolutions en Page 2.15

16 Angleterre au XVII e siècle, en France au XVIII e siècle et en Indonésie au XX e siècle (Goldstone, 2002 ; Moller, 1968) ou entre ce phénomène démographique et l activisme politique dans les pays occidentaux et au Moyen-Orient (Huntington, 1996). Toutefois, des recherches récentes mettent en lumière la corrélation «extrêmement solide» qui existe entre des pays à croissance rapide de populations de jeunes et l incidence de l instabilité politique (Urdal, 2004, p. 16). Des chercheurs ont tenté de définir le «point de basculement» démographique : ainsi, Huntington soutient que les sociétés où la proportion de jeunes (les ans) atteint 20 % de la population sont particulièrement vulnérables à la guerre (1996, p ). D autres étudient les conditions dans lesquelles une poussée de la jeunesse peut être porteuse d instabilité. Par exemple, Urdal croit qu une population nombreuse de jeunes peut «stimuler l économie d un pays», mais qu elle peut aussi déchaîner la violence dans un contexte de mauvaises performances économiques et de faible gouvernance (2004, p. 16). S agissant des liens avec l éducation, Thyne (2006) constate que plus les taux de scolarisation sont élevés (taux de scolarisation dans le primaire, dans le secondaire et taux de scolarisation des garçons), plus le risque de guerre civile est faible. Parmi les trois catégories de taux de scolarisation examinés, celui des garçons dans l enseignement secondaire produit les effets les plus prononcés. De même, comme l ont observé Barakat et Urdal (2009), dans des sociétés où la scolarisation des garçons dans l enseignement secondaire est faible, en particulier dans des pays à revenu faible et intermédiaire, une population à forte proportion de jeunes hommes est en général associée à un risque accru de conflit. Mais se pose aussi le problème des programmes qui considèrent simplement les jeunes hommes comme une menace pour la sécurité. Comme le rappellent de nombreuses agences, penser qu une proportion relativement élevée de jeunes dans une population est nécessairement source de conflit ne va pas sans difficultés. Ainsi, un rapport de synthèse de l USAID (2012b) portant sur l explosion démographique des jeunes et les conflits recommande aux «responsables des programmes d évaluer la force sous-jacente des hypothèses formulées à la lègère», ainsi que d autres aspects complexes qui sont à prendre en considération au regard du contexte particulier. Il existe des nuances et des variantes entre toutes ces théories concernant les relations entre les jeunes, l éducation et les conflits. Rares sont ceux qui affirment de manière catégorique l existence d un lien résultant d un ensemble particulier de facteurs. C est pourquoi il est important d intégrer dans les outils d analyse des conflits une multitude de facteurs censés aider les décideurs et les praticiens à choisir les programmes d éducation les mieux adaptés à des jeunes dans des environnements en proie au conflit. Page 2.16

17 5. Consolidation de la paix : trois questions aux décideurs Ces dernières années, de nombreux pays ont mis en œuvre des législations et des stratégies nationales axées sur les jeunes, et différents documents visant à promouvoir le développement de politiques nationales en faveur des jeunes ont été publiés (UNESCO, 2004). L Atlas mondial des politiques de jeunesse par exemple entend servir de support en vue du Forum de l IIPE sur les politiques éducatives (IIPE-UNESCO, 2012). Étant donné la complexité des liens théoriques entre l éducation, la jeunesse et la consolidation de la paix évoqués ci-dessus, ce chapitre se limite à trois questions susceptibles de constituer un point de départ pour des décideurs qui ont à concevoir des programmes de mobilisation des jeunes pour la consolidation de la paix. 5.1 Existe-t-il une réelle volonté d engagement des jeunes dans la consolidation de la paix? Cette question peut paraître évidente, mais, dans une perspective de consolidation de la paix, elle est cruciale. Les publications qui traitent de l engagement des jeunes ne ménagent pas les critiques à l égard de certaines approches superficielles et symboliques et, en matière de consolidation de la paix, la propension à dépeindre la jeunesse comme un risque pour la sécurité plutôt que comme un atout pour l édification de la paix et de la stabilité ne fait qu en renforcer la légitimité. Même lorsqu il y a une réelle volonté d engagement des jeunes, s y ajoutent des phénomènes complexes spécifiques à des situations de conflit violent. Les jeunes ne forment pas un groupe homogène qui existe indépendamment du conflit lui-même. Les jeunes peuvent être les auteurs de la violence comme en être les victimes, et ils peuvent tout aussi bien se mobiliser pour alimenter un conflit que se motiver pour y mettre fin. Les conditions d un véritable engagement des jeunes sont par conséquent difficiles à réunir, car elles nécessitent de connaître la multiplicité des représentations d un conflit dans l esprit des jeunes, la politique de ceux qui sont les représentants de l opinion des jeunes et les organisations de jeunes qui reçoivent des financements et des ressources. Sans doute la difficulté majeure tient-elle au fait que la consolidation de la paix implique inévitablement un dialogue entre des groupes politiquement opposés ou marginalisés. Si les accords de paix sont censés représenter de nouveaux arrangements provisoires entre des élites politiques, les cas de reprise des hostilités sont monnaie courante, en particulier quand les générations plus jeunes ne voient pas, ni ne recueillent les dividendes de la paix. Ainsi, sans engagement de la jeunesse, la paix ne saurait être durable, puisque ce sont les jeunes qui ont le pouvoir de reporter un conflit sur la génération suivante. En d autres termes, des décisions difficiles et parfois impopulaires doivent être prises pour trouver des moyens d englober dans cet engagement de la jeunesse un éventail aussi étendu que possible de jeunes. 5.2 Existe-t-il une volonté de transformation des conflits et de changement? La théorie de la consolidation de la paix met un accent particulier sur la transformation des conflits, en tendant d en analyser les causes sous-jacentes plutôt que le seul aboutissement, c est-à-dire la cessation de la violence. Comme il ressort de la littérature, il y a abondance de théories sur les facteurs ou les conditions propices au déclenchement d un conflit et, dans chaque cas, les jeunes y ont leur part. Que les causes d un conflit soient les inégalités sociales, un désavantage économique ou l exclusion politique (ou, plus probablement, une combinaison des trois), elles se reflètent dans les relations de pouvoir qui existent entre les individus et les groupes au sein d une société. Dans le domaine de la consolidation de la paix, même si des groupes cessent le combat, une reprise de la violence est possible sans que les rapports de forces sociaux, économiques ou politiques sous-jacents n aient changé. Page 2.17

18 Les jeunes jouent un rôle déterminant dans la transformation et le changement. Ce sont eux qui héritent des conséquences d un conflit ou des heureux effets d un accord de paix. Si l on ne s attaque pas aux inégalités sociales et qu on laisse les rapports de force économiques et politiques inchangés, les jeunes eux-mêmes continueront de s affronter sur les mêmes choses. Par conséquent, l enjeu de la consolidation de la paix n est pas seulement l engagement des jeunes, mais l engagement des jeunes en tant qu acteurs d un changement social, économique et politique qui a toutes les chances de se heurter à la résistance de ceux qui profitent de la configuration actuelle des rapports de force. Les jeunes peuvent être divisés sur le choix des moyens, violents ou non violents, à utiliser pour concrétiser le changement, voire sur l intérêt qu ils ressentent d un changement, d où la nécessité d un engagement entre pairs et entre générations. 5.3 Par quels types de programmes peut-on mobiliser les jeunes pour la consolidation de la paix? L importance du contexte dans la consolidation de la paix montre l importance de concevoir des programmes en s appuyant sur une analyse approfondie des conflits. Il est fréquent que les agences de développement intègrent des théories du changement dans la phase de conception de leurs programmes, mais il est plus rare que ces théories soient formulées dans une perspective de consolidation de la paix. Une solution peut être d effectuer un examen critique des programmes de mobilisation des jeunes pour juger de leur pertinence par rapport au changement social, économique et politique en vue de la consolidation de la paix. À titre d exemple, de nombreux programmes de mobilisation des jeunes pour la consolidation de la paix reposent sur l idée selon laquelle les échanges interculturels contribuent à éliminer les préjugés et à améliorer les relations entre différents groupes (Allport, 1954 ; Amir, 1976). L impact de ces programmes est amplement documenté dans les recherches (Gaertner, Dovidio et Bachman, 1996 ; Horenczyk et Bekerman, 1997). D aucuns se sont interrogés sur la nécessité d aller au-delà d un contact superficiel pour engager les jeunes à comprendre les causes profondes des conflits et analyser les relations de pouvoir dans la société. Alors que certaines théories mettent clairement en évidence l importance des inégalités entre les groupes, de nombreux programmes sont l objet de critiques parce que, se situant au niveau des échanges interpersonnels, ils ne peuvent avoir aucun impact sur le changement social, institutionnel et structurel dans des sociétés touchées par un conflit. S agissant du rôle du changement économique dans la consolidation de la paix, les publications font ressortir l importance d accroître les moyens d existence potentiels des individus et, partant, le coût d opportunité de leur participation à un conflit. On continue cependant de reprocher à l enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) de ne pas inculquer de compétences adaptées au marché de l emploi. On va même jusqu à suggérer que le décalage entre les aspirations et la réalité peut générer des griefs. De surcroît, les efforts internationaux déployés en faveur de l éducation de base pour tous ont, à l évidence, retenu l attention au détriment de la scolarisation dans l enseignement secondaire. Enfin, compte tenu du contexte économique difficile dans lequel ils sont mis en œuvre, les programmes d EFTP peinent à produire les résultats attendus sur le plan de l emploi et, de ce fait, suscitent souvent des commentaires négatifs. Pour la consolidation de la paix, c est là une question centrale. Les programmes de formation qui occupent les jeunes risquent de contribuer à la paix négative, mais, si l on ne crée pas de moyens d existence durable, l effet transformateur sera inexistant. De même, une situation où les diplômés des programmes Page 2.18

19 EFTP ont le sentiment que la formation n est pas à la hauteur de ses promesses peut créer un mécontentement et alimenter des griefs. La théorie de la consolidation de la paix met aussi en relief l importance de promouvoir l engagement politique et les processus de responsabilité politique. Néanmoins, dans la pratique, les efforts en faveur de la consolidation de la paix sont souvent axés sur des programmes de sensibilisation des jeunes en préparation à des élections multipartites. L éducation a également un rôle capital à jouer dans l éducation civique et l éducation à la citoyenneté, qui, l une et l autre, apportent une contribution positive à la consolidation de la paix. Bien que le contenu des programmes d éducation civique varie selon le contexte, il comporte en général trois volets : connaissances civiques, compétences civiques et attitudes civiques (PNUD, 2010). Dans la pratique, les programmes mettent souvent l accent sur les connaissances civiques plutôt que sur le soutien d un engagement civique actif. Cela a de quoi surprendre, au vu du nombre de jeunes en quête d un emploi dans des organisations humanitaires et dans des organismes de développement qui, dans des situations de conflit, sont souvent «the main institutions with a stable availability of regular work» («les principales institutions offrant un travail régulier et stable» (Sommers, 2006, p. 26). Il y a aujourd hui profusion d exemples d engagement politique par le biais des nouveaux médias. Il est par exemple possible d utiliser l Internet pour diffuser des blogs et télécharger des vidéos afin d exprimer son point de vue politique, ou encore d utiliser Twitter et la messagerie électronique pour soumettre des questions à des hommes politiques. Les nouveaux médias permettent aussi de communiquer sur un pied d égalité et de soulever des questions en rapport avec sa propre vie. Au travers du contact direct des jeunes avec des hommes politiques, ils peuvent aussi être un puissant mécanisme de transparence au service du changement politique. Enfin, à cause de l influence de la théorie de l explosion démographique des jeunes et des préoccupations croissantes que la sécurité nationale suscite dans le monde, les programmes concernant des jeunes sont parfois perçus comme une réponse sécuritaire. Maintien de l ordre, profilage des jeunes, surveillance de milieux susceptibles de radicalisation (critiques, cf. Lakhani, 2011 ; Novelli, 2010) peuvent faire partie des réponses, de même que des programmes destinés à faire diversion ou à occuper «who otherwise have very little to do» («ceux qui, par ailleurs, n ont pas grand-chose à faire») (Lyby, 2001, p. 247). L enjeu de la consolidation de la paix est de créer les conditions propices à garantir une protection et une sécurité durables des communautés locales et de la société au sens large. Des réponses sécuritaires à une menace perçue, incarnée par les jeunes, peuvent conduire à une hostilité grandissante, en particulier si l on considère que la réponse est ciblée en direction d une certaine fraction de la société. Les jeunes jouant souvent un rôle de premier plan en période de conflit, le rétablissement de bonnes relations entre eux et la police et le système judiciaire peut être un élément important du processus de consolidation de la paix. Réformer le secteur de la sécurité peut nécessiter une restructuration des forces de police parallèlement à des initiatives d éducation et de formation, mais c est aussi l occasion de concevoir des programmes qui ouvrent plus largement le dialogue avec les jeunes sur leur perception et leur expérience du maintien de l ordre et de réfléchir à des solutions permettant de faire évoluer les relations entre les jeunes et la police. En conclusion, ce dernier chapitre pose des questions essentielles sur l engagement des jeunes dans la consolidation de la paix. Dans la perspective de la consolidation de la paix, la Page 2.19

20 prise en compte de la multiplicité des conceptions que s en font les jeunes et l élaboration de programmes capables de donner aux jeunes les moyens d être acteur du changement social, économique ou politique sont au cœur du débat. La réponse à ces questions passe par l analyse contextuelle des causes profondes d un conflit, même si le Tableau 2 propose un cadre d analyse tout aussi utile. Tableau 2. Cadre d analyse Secteur Gestion de conflit paix négative (absence de violence) Social Contacts entre groupes Rencontres interculturelles Sports, théâtre, arts, musique ayant fonction de passerelle Economique EFTP, apprentissages Règlements financiers, réparations Politique Intérêt porté aux élites politiques Accent mis sur les élections et la transmission de connaissances civiques Sécurité Maintien de l ordre renforcé Profilage des jeunes Surveillance de milieux susceptibles de radicalisation Consolidation de la paix paix positive (lutte contre les inégalités structurelles) Accent mis sur les inégalités et les rapports de pouvoir entre les groupes dans la société Mise en œuvre de recommandations orientées vers la vérité et la réconciliation EFTP liés aux perspectives d emploi Moyens de subsistance durables pour les jeunes Culture politique Engagement civique des jeunes, notamment grâce aux nouveaux médias Amélioration des relations avec la police et les forces de sécurité Renforcement de la confiance dans le système judiciaire Page 2.20

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