Depuis le début des années 1980, un nom e croissant de chercheurs. s'intéressent aux villes petites et moyennes

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1 L I I Depuis le début des années 1980, un nom e croissant de chercheurs k. s'intéressent aux villes petites et moyennes hsi-- d Afiq décrites comme des localités ni authentiquement rural urbaines, elles furent longtemps considérées comme de fausses villes, siniples lieux de transit dépourvus de dynamisme propre, dépendants de la seule action administrative et disqualifiés, voire laminés, par la toutepuissance des capitales. Cet archétype de la localité G secondaire >> dévitalisée reposait sur que 1 q iles a ffi r mat i o tis, carac tè re I i néai re des ni i g ri1 t io tis, fonction de relais h sens unique, atonie économique, défaut d'urbanité, qui ont été discutées et relativisées, ait moins dans le temps. alors que l'actuelle vitalité clémogrnphiquc, et parfois économique, de nombreuses villes pet i tes et moye ti ties re tie tit I' at te tit io ti et suscite noni bre d' i ti terrogations. Cet ouvrage rassemble les textes les plus signit'icatils présentés lors de Journk scicntil'iqucs tenues B Caen les 12 cl 13 novembre 1993 ; il montre que les an:ilyses recentes sont foisonnuntcs ut polyseiiiiques et '!,pc Ics iipproclies, privii6giant les unes Ia territorinliti'. les autres I'idcnl It6 c i t nci i ne, do I Ileu re Il t l'or1 tl i 1'1Zrc Il tes. lxs I11 leu 1'5 s * ;iccordcn t nc lilnioins siir la n6ccssii6 clc mieux pcnscr Ics articulation.\ d'cchellcs, d'ncleurs. clc ~~""V0il.S ct clc torritoircs clans!esc~llcllch sont cnchrissés les I oc ;i I i t 6s LI rbai ti e s. B ea LI CO LI p cl ' en t re c II x pa rt c ti t cl ' 11 ri c i ti te rroga t i o ti de ba\e : cllii fait Ia ville, pol~t~~~~toi ci cot11i1ictit? Fi~1~~le~i1etit. dellx qltestions centralcs les r:isscmblent : existe-t-il une sp6citïcit6 des sociétés citadines clcs petites et moyennes villes africaines? En quoi est-elle riellement liée. si elle existe, B la taille des cit& '? Moiiiqii'. Bcin.(irid est iiicrîtir (IC c*oi!fi;r~c~~ic~~s rlc Lyc;ocyríiphie 6 1 'iiiii- \*ci:sitc; di) Cticri ct riicwi1~r.c. di1 Ceritre clc rc.chcrc*iir siir 10s espcices et les.voc*ii!tk.s(creso). UMR 6590, CNRS. A la ìi i Dirh i-os.wii est pi-ofi'ssc~iri. tir,qc;ocy i-cipli ic ir 1 'i îri i iioraitk de Pa ris X- Mi r i tc ri+í) et di rw te i i r di i Cer it re (1' Pt i ides cq Pos i.ciph iq i i es si i i' I 'A fiiq r ie rioire (CEGAN-GPoti-o/7iciie.s). x dirigée par Jean Copar ISBN :

2 INTRODUCTION Revisiter les petites et moyennes villes d'afrique noire Monique Bertrand et Alain Dubresson A l'initiative conjointe du Centre de Recherche sur les Espaces et les Sociétés et du Centre d'études Géographiques sur l'afrique noire, une vingtaine de chercheurs européens et africains, ainsi que des représentants de l'union Européenne', ont été conviés, les 12 et 13 novembre 1993, iì < : revisiter )> les. petites et moyennes villes d'afrique noire *I La confrontation des méthodes, des outils et des résultats était d'autant plus urgente que ce type de terrain, longtemps marginalisé par une recherche urbaine française focalisée sur les capitales ct les grandes agglomérations, est activement travaillé depuis le début des années Gilles Sautter évoquait alors la nécessité d'étudier des grandes villes, mais il appelait surtout iì << ne pas lâcher la proie pour l'ombre ))l. Depuis, des chercheurs issus d'horizons disciplinaires différents ont multiplié enquêtes et publications, mais leurs travaux demeurent peu coordonnés et isolés au sein d'un dispositif institutionnel atomisé qui ne facilite guère les échanges et les synergies. Un terrain renouvelé De plus en plus convaincus que les échelons inférieurs de l'urbanisation, encore mal connus, offrent des laboratoires pertinents de remise en question des paradigmes dominants, anthropologues, ethnologues, géo- I. CRESO, Université de Caen, UMR 6590 du CNRS ; CEGAN, Université de Paris X-Nanterre, EA 375 du MESR ; DG VI11 A I, Bruxelles. 2. SAUITER G. 1982, (( Introduction >>, Bulletin de la sociité langriedocienne de giographie (Les grandes villes africaines), tome 16, n"' 1-2, pp

3 c; 7 Cartographie et maîtrise de l espace urbain L exemple de Sokodé au Togo Jean-Claude Barbier et Bernard Klein I- I I La cartographie des agglomérations d Afrique noire a souvent accompagné leurs premiers pas, puis leur expansion. Elle témoigne de leur naissance, de leurs premiers équipements, de l ébauche de leur voirie, et de la formation des quartiers populaires. Mais donne-t-elle pour autant une représentation exacte de ces villes? Dans le cas de la ville de Sokodé, au Nord-Togo, un décalage notable apparaît entre les cartes et I évolution de la cité ; celles-là représentent en effet plus la partie <<utile )) de la ville, du point de vue des pouvoirs publics, que l espace urbanisé total (fig. 1). Avec les outils modernes de l informatique et de la télédétection, peuton, aujourd hui, espérer rattraper ce retard dans le temps, suivre ies évolutions, repérer les changements en cours? Cet enjeu, important pour la gestion de toute ville, l est particulièrement pour les petites et moyennes villes d Afrique noire dont on peut penser que, de par leur taille modeste, leur développement pourrait être encore maîtrisé. A cela s ajoute un effet optique car le regard peut embrasser plus facilement ce type d agglomération dans son ensemble. Avec près de habitants au recensement de 1981, Sokodé, seconde ville du Togo, apparaît notamment comme une localité type de ce que l on peut appeler les villes moyennes qui sont des villes <<de l intérieur D à qui échappent les fonctions de capitale politique et de point de contact avec l économie mondiale, mais qui conservent le quasi-monopole des relations avec leurs campag,nes... \ Fonds Documentaire ORST~~A if

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5 FIG. 1 : SOKODÉ DE 1898 À 1979 : L'ESPACE URBAIN CARTOGRAPHIÉ

6 CARTOGRAPHIE ET MAîTRISE DE L'ESPACE URBAIN 149 Les Allemands choisissent de s'établir à Sokodé Suite à l'accord franco-allemand du 23 juillet 1897, qui fixe la frontière entre Togo et Bénin, l'administrateur allemand Kersting évacue le poste de Djougou qu'il occupait et s'installe provisoirement dans l'ancien poste français de Kiri-Kri (chefferie Adjéidê, au nord de Tchamba) ; puis il se met en quête d'une localisation plus adéquate pour son commandement. Dans une lettre du 17 septembre 1897 adressée à ses supérieurs, il propose d'installer le poste à Dîda'ûré ' (Dadauru, Daduure, Deduure dans les textes allemands, et Sogodai' pour les commerçants hawsa), du fait de la position intéressante de ce village par rapport aux itinéraires commerciaux de l'époque. Dans un rapport du 3 décembre 1897, il déclare avoir fondé le poste << Paratao/Sokodé >> à Sokodé? : en fait, il est encore à Adjéidê, mais les constructions commencent sous la direction de son second, le sergent Schröder. Elles se poursuivent en janvier 1898, alors que Kersting est occupé - du 19 janvier au ler février - à une démonstration de force en pays kabyê, plus au nord, qu'il mène à partir de sa base temporaire d'adjéidê. Sokodé hérite donc en définitive du poste de commandement allemand de Djougou. Mieux, suite au départ de von Massow qui commandait le poste de Bassar (il est rappelé à Lomé pour prendre le commandement de la troupe de Police), Kersting devient, le 21 avril 1898, chef des deux postes, lesquels se retrouvent tous deux chefs-lieux de la même circonscription de << Sokode-Bassari D. Installé à Sokodé, Kersting en fait pratiquement la capitale du Nord-Togo (Barbier, 1987-a) puisque la circonscription qu'il dirige englobe aussi les populations des montagnes du Nord et les Tamberma. Le nouveau poste allemand voisine avec trois chefferies kotokoli : Dîda'ûré, Kulung'dê et Kûma. L'ensemble dépassera légèrement les I I. Nous avons essayé de respecter la prononciation locale des noms de quartier et de village en utilisant une graphie que nous devons expliquer: le ((u >> correspond au <(ou >> français. Le U û )) est un son entre le (< o )> et le ou D ; le (<i >) est un son entre le <( é~ et le <(i )> ; toutes les lettres se prononcent et, dans certains cas, le rappel en est fait par une apostrophe séparant des voyelles qui se suivent, également par un tréma sur le ((i )) ; la répétition de deux voyelles indique un son long. 2. La référence au village de Paratao concerne la chefferie suprême du Tchawûûdjo qui se trouvait en pays kotokoli lorsque les Allemands arrivèrent (passage de L. Wolf en mai I889 et premier accord de protectorat signé avec le chef suprême). Cette chefferie est constituée de sept petites chefferies de village qui exercent le commandement suprême à tour de rôle (il y a, en principe, changement de village à chaque succession). Elle fut consacrée ((chefferie supérieure des Kotokoli N par les Allemands, avec élargissement de son commandemnt à l'ensemble de l'ethnie kotokoli, et a conservé jusqu'à présent cette appellation. Von Zech avait déjà établi un petit poste à Paratao en janvier 1896.

7 Laboratoire de Cartographie Appliquee - C. Vallon ORSTOM - J.C. Barbier - B. Klein FIG. 2 : SOKODG EN 1951 : LA VILLE D'UN CôTE, LES GQUIPEMENTS DE L'AUTRE 4

8 * < I 1 1 t CARTOGRAPHIE ET MAîTRISE DE L ESPACE URBAIN habitants lors du dénombrement administratif de , Dîda ûré étant de loin le pôle le plus important (Dîda ûré et Kulung dê comptent à eux deux habitants; Kûma en compte alors 261). Un poste administratif et des villages Les premières cartes de la ville de Sokodé concernent le seul quartier administratif et décrivent minutieusement la disposition des bâtiments publics. Aujourd hui, la colline administrative et ses environs immédiats constituent le quartier Bariki, d un terme hawsa qui désigne les bureaux de l administration (fig. 2). Les quartiers indigènes ne sont connus que par les voies qui y mènent, ou encore par des pointillés qui en signalent le pourtour. Ils sont perçus en bloc et l on ne s ingère pas dans leur organisation interne (leur place de marché, leur voirie de desserte, les chefferies, les mosquées, etc.). I1 s agit de villages situés à proximité du poste administratif, qui préexistaient à son implantation et relèvent d autorités traditionnelles bien établies : les chefferies kotokoli. Ces villages, qui deviendront plus tard des quartiers de la ville, ne bénéficient alors d aucun équipement de la part de l administration coloniale, celles-ci concentrant ses travaux dans l espace qu elle s est approprié, et ce avec l accord des autorités traditionnelles dans le cas de Sokodé. L habitat indigène est d ailleurs compact et ne présente pas d espace disponible. Les premiers équipements sont donc installés sur la colline où le poste administratif a été fondé, puis dans les espaces situés entre celle-ci et les villages proches. II n est d ailleurs pas pensable à l époque de s immiscer dans le fonctionnement interne de ces établissements humains, en dehors bien sûr du contrôle politique qui s y exerce par l intermédiaire des autorités coutumières. A Sokodé, celles-ci sont représentées par le chef suprême du Tchawûûdjo, les chefs de village et leurs notables, les imams, etc. Personne ne pense alors à la naissance d une véritable ville, et I habitat villageois (des cases en banco) est considéré comme étant sans valeur, qui plus est, précaire puisque des incendies le ravagent de temps à autre. La voirie se limite aux routes qui relient le poste administratif à I extérieur. Celles-ci empruntent les mêmes cheminements que ceux des pistes précoloniales et contournent les villages. Dès 1898, un croquis de Kersting indique les premières constructions durables qui apparaissent juchées sur une colline culminant à plus 440 m,. 3. Depuis 1949, la chefferie suprême est entre les mains du village Kûma, qui fait partie de l agglomération sokodéenne.

9 152 PETITES ET MOYENNES VILLES D AFRIQUE NOIRE. j, i 1 soit une quarantaine de mètres au-dessus des villages. Nous retrouvons le même type de document, strictement limité au quartier administratif, dans les deux cartes françaises des années I940 (1/4 000) qui indiquent l emplacement des bâtiments officiels sur la colline administrative ; les villages de Dîda ûré et de Kûma ne sont signalés que par un contour en pointillés, mais le nom de Dîda ûré n est même pas écrit. Entre-temps, une autre carte fut bien établie en 1908 par un agronome allemand nommé Hoffbauer : elle nous renseigne également sur les bâtiments du poste, ainsi que - fait nouveau - sur la formation d un zo~igo~ où s est déjà installée une société commerciales. Mais ce document est conçu B plus échelle plus petite (I/lOOOO) qui permet de représenter les plantations gérées par le poste administratif; il ne dit donc rien sur l organisation interne des vilì lages. Les lotissements de l administration Au début de la période française, cet espace colonial s élargit du fait de l apparition de lotissements fonctionnels (Barbier, 1987-b). Celui du marché, établi en 1925, comprend une esplanade centrale pour le marché (il sera finalement construit en dur en 1953, B l initiative de la jeune municipalité) et, tout autour, des lots destinés aux maisons de commerce de l époque ; celui dit a des Cabrais >>, en 1932, se propose de faciliter l accès au terrains à bâtir à des salariés non autochtones (employés de I administration, des maisons de commerce, ouvriers des Travaux publics, etc.). 11 s élargit également avec les concessions accordées aux missions chrétiennes, h des usines d égrenage de coton et de production de kapok, et du fait de nouveaux équipements scolaires (1 École centrale), sanitaires et techniques comme les Abattoirs, la Météo, ou encore les PTT. Le camp des gardes du cercle est également installé auprès du (<village>> Kûma. Ces lotissements donnent lieu à des plarrs mais qui ne sont pas intégrés dans un plan masse d ensemble ; leur cartographie reste donc très ponctuelle, limitée au besoin précis qui l a suscité. Même élargi, l espace amé- I - 4. Espace autour d une place de marché, que l administration réserve aux commerçants allochtones (Hawsa, Yoruba, Mossi, Mina...). 5. La Deutsche Togo Gesellsschaft (DTG), en A la fin août I9 14, les Allemands, attaqués à la fois par les Britanniques et les Français au Togo, sont contraints à la capitulation. 7. L usine J. Carbou, alors située à l emplacement actuel de la Société générale du golfe de Guinée (SGGG), et celle de la Société africaine financière et agricole (SOCAFA) située sùr la route de Kara à la sortie nord de l agglomération. I

10 CARTOGRAPHIE ET MAîTRISE DE L ESPACE URBAIN 153 nagé ne définit donc pas une ville coloniale puisque le commandement européen se limite à quelques familles de fonctionnaires dont le séjour est en général de courte durée. La densité de l habitat reste très faible dans le quartier administratif. I1 n y a pas deux <<villes >>, mais plutôt les équipements d un côté et les villages de l autre (fig. 2). Le 1 septembre 1945, la France réorganise son domaine public outremer (Poinsot et al., 1989) : les quartiers administratifs doivent avoir un statut foncier. A Sokodé, Je service topographique des Travaux publics se met à I œuvre en décembre 1948 pour délimiter une concession de 161,59 hectares qui se voit attribuer le titre foncier n Les équipements publics situés entre la colline et la route de Bassar sont enfin cartographiés, bien que très sommairement : il s agit du cimetière, destiné aux cadres coloniaux décédés sur place, du marché, de l hôpital et des PTT. La commune ou la découverte de la ville La promotion de Sokodé au rang communal, en 1952, oblige à une représentation cartographique beaucoup plus large. En 1951, un périmètre urbain est déjà borné avec précision puisque la nouvelle municipalité devra y exercer ses prérogatives. Il englobe les villages indigènes déjà cités (Dîda ûré, Kulung dê, Kûma) et, surprise, bien d autres établissements humains jusqu alors non cartographiés : Kossobio, le quartier où se concentrent des <<originaires >> du Sud (employés de l administration et des firmes commerciales, ouvriers des usines d égrenage, petits commerçants et hommes d affaires), Barrière, le quartier << spontané >> des manœuvres venus du Nord (principalement Kabyê et Nawdba), et enfin trois villages des alentours dont les populations sont venues, depuis la montagne du Korông na, s installer à Sokodé dans les années trente (Tchawânda - mais le nom n est pas écrit -, Kanyidê et Akamadê). Mieux, on constate que tous ces villages et nouveaux établissements sont pourvus d un minimum de voirie ou desservis par les grands axes de circulation. Le conseil municipal est donc désormais obligé de tenir compte de ces quartiers puisque Sokodé apparaît comme une agglomération << multicentrée >> dont chaque Clément correspond à une entité historique (les chefferies kotokoli anciennes que sont Kûma, Dîda ûré, Kulung dê, Tchawânda, Kanyidê et Akamadê) ou à des groupes ethniques localisés (Zongo, Kossobio, Barrière) ; le pouvoir colonial doit ainsi composer avec ces héritages. De plus, les élites indigènes réclament avec force un e voirie moderne qui vaorise leur habitat ; les villages aspirent à devenir des quartiers équipés de rues bornées et dénommées, de toilettes publiques, de

11 I54 PETITES ET MOYENNES VILLES D AFRIQUE NOIRE réseaux d adduction d eau et d électricité. L administration va dans le même sens afin de promouvoir l hygiène publique dans un habitat populaire resté, somme toute, tout à fait rural, et souhaite ainsi faciliter l intervention de ses services techniques (Barbier, 1993). En 195 I, les cadres des Travaux publics sont donc mis à contribution pour établir les premiers plans de ce qui semble être devenu une véritable petite ville. Le conseil municipal leur demande de définir les nouvelles rues (le 7 novembre 1952, une séance du conseil discute pour cela du plan qui a été établi par l ingénieur-topographe), puis de les << borner,) (en fait de procéder à un piquetage). Mais la destruction éventuelle de cases traditionnelles ne donne pas lieu à débat car celles-ci, avons-nous déjà souligné, sont considérées comme sans valeur ; les rares maisons en dur sont par contre épargnées. Le sol commence alors à prendre de l importance et l administration accorde un autre emplacement à ceux qu elle a dû déloger. Avec la nouvelle équipe municipale de 1959, cette fois-ci démocratiquement élue, s exprime également le souci d embellir la ville afin qu elle soit digne de son rang. En ce sens, le plan de 1960 prône non seulement une expansion de la voirie, mais aussi I élargissement des principales artères. Les anciens villages ne sont plus des espaces réservés ; de nouvelles rues pénètrent les vieux tissus de Dîda ûré et de Kûma, éraflant les enclos familiaux, les coupant parfois en deux. Le gouvernement issu de l Indépendance s en mêle lui aussi ; en 196 I, il envoie un architecte de la capitale qui travaille dans la même optique, mais qui a le tort de ne pas daigner agir de concert avec les nouveaux élus. Ceux-ci boudent son plan. Cette intervention G d en haut D, pourtant rejetée par les élus c d en bas n, est significative : un plan directeur d urbanisme est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux compétences locales. De l architecte togolais en cour à la capitale, on passe logiquement aux bureaux d étude étrangers : le Secrétariat des missions d urbanisme et d habitat (SMUH) en 1968, Technosynesis en L enjeu majeur de cet aménagement est la desserte et la maîtrise d une N périphérie urbaine D qui ne cesse de s étendre rapidement. On cartographie les <<zones d expansion D, on propose de vastes lotissements, on réserve des <<aire spécialisées D... le tout donnant à penser (ou faisant semblant de croire) à un urbanisme planifié. Mais ce volontarisme n est nullement suivi de réalisations concrètes, et les plans directeurs, qui surestiment gravement les possibilités réelles (Barbier, I985), sont condamnés à rester lettres mortes x. Par ailleurs, ces plans directeurs n accordent pas d attention aux mouvements spontanés 8. Par exemple, un boulevard circulaire est annoncé dans les plans de 1959 et de 1968, est dit achevé dans le plan de 1980 (qui de plus en propose un second!), mais reste encore aujourd hui h I état d ébauche.

12 CARTOGRAPHIE ET MAîTRISE DE L ESPACE URBAIN 155 I! des habitants : les zones à lotir s avèrent pourtant déjà occupées ; l agglomération déborde largement le périmètre communal et des villages des alentours - Kédiya, Kpângalam, Salimdê - viennent se greffer sur la ville (Barbier, 1986). Ces plans véhiculent une représentation de l agglomération bornée au périmètre à aménager, tout comme les premières cartes se limitaient à une définition administrative de la localité (la colline puis la commune). Or Sokodé progresse bien au-delà de l aire couverte par les 16 planches de la carte de Technosynesis réalisée en 1979 (1/2000) qui, décalquée d une couverture photographique aérienne, rend compte du bâti à cette date mais néglige les limites des transactions foncikres. Déjà loin de la ville construite et G visible >>, un front d aliénation de la terre continue sans cesse de les terroirs les plus proches. Comment cartographier cette auréole invisible de la ville? Une carte foncière évolutive Dans le cas de Sokodé, l acquisition de terrains à bâtir concerne maintenant les villages périphériques (Kadhâmbara à l est, Tchalo au sud, Kidé ûdê au nord) ; des défrichements, quelques clôtures, de nouvelles constructions sont les rares indices de ces fronts pionniers. La campagne elle-même est transformée par un début d urbanisation : les populations s agglomèrent le long des axes de circulation, formant de véritables. a conurbations >> villageoises et revendiquant des équipements. Dans un but méthodologique, nous avons procédé au repérage et 5 la cartographie des parcelles de la périphérie septentrionale de Sokodé en utilisant les levés déji effectués par les géomètres et en les projetant sur un fond d ensemble ( 1/2000) qui offre suffisamment d informations géographiques (planches Technosynesis, d après les photographies aériennes IGN de 1979) I1. Les points de repère sont mis à profit pour << caler D toutes les parcelles, rectifier d éventuelles erreurs I et tenir compte de la topographie?. La cartographie informatisée ne peut que faciliter cette opéra- 9. Chaque certificat administratif témoignant de l achat d un terrain doit être en effet accompagné d un levé de la parcelle h I échelle du 1/ IO. En cela, nous avons suivi les conseils de Daniel Crémont (1987): ((comme le plan constitue un Clément prépondérant de l outil cadastral, que son coût n est pas négligeable dans la plupart des cas et qu il s articule sur la documentation géographique de base du territoire concerné, il y aurait lieu de, ne pas l isoler de la cartographie générale mais au contraire de rechercher les formules d intégration qui pourraient se traduire, h long terme, par des économies substantielles D. I I, Par exemple sur l orientation des rues. 12. Vues en plan, les dimensions des parcelles doivent être réduites en fonction des pentes du site.

13 Laboratoire de Cartographie Appliquee - C. Vallon ORSTOM - J.C. Barbier ~ B. Kleln FIG. 3 : LES EXTENSIONS DE LA BANLIEUE NORD DE SOKODÉ : LA VILLE INVISIBLE

14 CARTOGRAPHIE ET MAîTRISE DE L ESPACE URBAIN 157 I tion en donnant plus de précision et la possibilité d un << calage >> automatique du parcellaire en fonction de points fixes. Dans cette partie de l agglomération bien structurée par une route, par une voirie en arêtes de poisson et par un réseau hydrographique assez dense, les résultats s avèrent satisfaisants ; quelques mesures sur le terrain suffiraient même pour obtenir un inventaire foncier plus exhaustif (fig. 3). Nous sommes donc largement redevables du travail des géomètres locaux pour l établissement de cette carte foncière. Eux-mêmes sont intéressés par disposer d un plan de situation qui soit le plus correct possible. Avec les autorités coutumières (chefs, notables, secrétaires des chefs), ils sont les seuls à bien connaître les droits fonciers sur le terrain ; leurs initiatives ne sont d ailleurs pas plus <<anarchiques>> que celles d un État qui, malgré son discours planificateur, n agit qu au coup par coup. C est avec eux qu il faut travailler, en espérant ainsi éviter << les dangers de la transplantation techno-institutionnelle >> d un cadastre conçu selon le modèle européen, risques que signale fort justement Jean-François Tribillon (1986, p. 54). Bien qu encore loin de disposer d un cadastre en bonne et due forme, nous avons cependant le sentiment d être cette fois-ci en avance, non sur la ville bien sûr, mais sur les responsables de son urbanisme. Pour l heure, les cartes des villes du Togo ne donnent aucun renseignement sur les patrimoines fonciers en dehors des titres fonciers des quartiers administratifs ; les nouveaux équipements sont installés à la périphérie, Ià où des terrains sont censés être disponibles ; c est le cas d une gare routière construite 8 plus d un kilomètre au sud de la ville et d itablissements scolaires implantés également en périphérie. La direction générale de l urbanisme et de l Habitat (DGUH) se montre méfiante vis-à-vis de ces mêmes géomètres locaux, les accusant de faire des G lotissements anarchiques >> dépourvus d autorisation officielle et non conformes aux normes ; en vue de régulariser la profession, elle a d ailleurs suscité un Ordre des géomètres dont, seuls les membres ont le droit de signer les levés de terrain servant aux documents officiels (certificat administratif, titre foncier, permis de construire) Iz. Quant à la DGUH, elle propose des opérations qui s écartent sans scrupule du plan directeur d urbanisme, qu elle a pourtant signé en tant que document officiel ; ces lotissements ignorent à la fois la nature du site (les courbes de niveau, le réseau hydrographique) et l occupation 13. Dans la pratique, cet ordre réunit des géomètres de la capitale qui sous-traitent le travail à leurs collègues de l intérieur du pays. 14. La DGUH a choisi d étendre la ville dans l angle formé par les routes de Kara et de Bassar, alors que le plan directeur d urbanisme prévoyait un développement au nordouest de l agglomération (entre les routes de Kara et de Tchavadî). Ce choix a l avantage de ne pas suppri6er le petit aérodrome, précisément au nord-ouest de la ville, bien qu il ne soit pas utilisé.

15 158 PETITES ET MOYENNES VILLES D AFRIQUE NOIRE antérieure des terrains Is, aucune voirie consistante ne les accompagne, hormis des pénétrantes qui, pour l instant, sont de simples pistes en terre tout au plus équipées de buses pour le franchissement des ruisseaux. Enfin, les élites dirigeantes ne semblent guère pressées de recenser les propriétaires qui, du fait de taxes foncières et d habitation, pourraient contribuer de façon significative au budget de leur commune. Au vu de leurs patrimoines souvent importants, ces élites seraient en effet les premières touchées par de telles mesures fiscales. A Sokodé nous n avons pas affaire à une bourgeoisie comparable à celle des villes médiévales européennes qui cherchait à s émanciper des contraintes féodales et acceptait d en payer le prix ; il s agit plutôt d une bourgeoisie rentière de 1 État soucieuse de ne pas abandonner ses privilègesi6. De la connaissance de l assise foncière d une ville à la maîtrise de cet espace par les pouvoirs publics, la distance est bien entendu grande ; elle le restera aussi longtemps que fera défaut la volonté politique de considérer les propriétaires, autochtones autant qu immigrés, comme les premiers citoyens de la ville. Ce sera sans doute Ià l un des enjeux majeurs pour les nouvelles municipalités élues dans un contexte de démocratisation et de décentralisation. 1 Des outils et des hommes Qui prendra en main les outils de gestion des espaces urbains des petites villes avec persévérance et continuité? Sokodé donne l exemple d une petite ville dont les anciennes commu-. nautés villageoises, tant celles qui se trouvaient déjà en place que celles qui sont venues s adjoindre à l agglomération, ont été englobées, dépouillées de leur autonomie, soumises à l administration. Dès lors, les habitants des anciens villages devenus des quartiers n ont plus le même sens des responsabilités. Au mieux, leurs représentants s érigent en défenseurs de N leurs D seules populations et entrent alors en compétition avec les autres quartiers. Ajoutons que ces particularismes ne pourront qu être exacerbés par le multipartisme qui se met en place dans la plupart des 15. Y compris la maison du directeur de la DGUH de l époque! Sans risque pour ce dernier car les plans ne sont pas faits pour être appliqués tel! quels : un lot non constructible, car situé dans une zone inondable ou sur des affleurements rocheux, est tout simplement échangé contre un autre. Les plans sont ainsi des dessins conçus u priori, que les obstacles rencontrés sur le terrain modifient au coup par coup. 16. Les hauts fonctionnaires qui mettent à profit leur position au sein de l appareil d État, ainsi que les hommes d affaires qui reçoivent des commandes de I État du fait de leurs bonnes relations avec les milieux politiques.

16 CARTOGRAPHIE ET MAîTRISE DE L ESPACE URBAIN 159 pays africains ; déjà des élections avec candidatures libres au sein du régime à parti unique togolais avaient provoqué de telles réactions I. La ville moyenne se caractérise aussi souvent par le contrôle social que les autochtones y exercent. Distributeurs des terrains à bâtir, ils maintiennent en effet les immigrés dans une certaine relation de clientélisme, certes en général d une grande souplesse mais qui, cependant, exclut un affrontement ouvert. Les autochtones assurent également une protection à la ville en qualité d intercesseurs incontoumables des puissances surnaturelles tutélaires des lieux. Même si les immigrés deviennent majoritaires, et sont parfois plus instruits, enrichis par le commerce et les emplois salariés, la préséance échoit aux autochtones. C est dire si, dans de tels contextes, les immigrés n ont guère les coudées franches pour prendre des initiatives concernant leur ville d adoption. Alors que la grande agglomération peut compter sur des services techniques plus consistants, capables de mener des opérations d urbanisme, la ville secondaire manque terriblement de moyens et ses meilleurs cadres n ont souvent qu une hâte : la quitter pour une promotion dans la capitale. Dans ces conditions, on peut se demander quels sont les acteurs sociaux qui pourront avoir une vue d ensemble de leur ville, et donc être les utilisateurs d une cartographie adéquate. I1 est légitime de se tourner en premier lieu vers les <<politiques >> : élus des instances communales et représentants du peuple que sont les députés désignés par le suffrage universel et démocratique. Un certain << patriotisme local >> reste vif parmi les autochtones et les anciens immigrés des villes moyennes, si bien que les populations sont attentives aux <<réalisations >> de leurs représentants. Mais la faiblesse des moyens locaux, et peut-être les habitudes prises depuis l administration coloniale, conduisent les regards à se tourner vers ] État en dépit du constat des limites de ce dernier - à moins que la ville ne <<tombe >) aux mains d un parti d opposition, lequel doit alors faire preuve d une << meilleure gestion >> en sachant d avance qu une éventuelle manne gouvernementale lui sera des plus restreintes. Du côté des <<techniciens>>, il convient de distinguer les services de l administration locale (préfecture, commune), qui partagent le même destin que celui des édiles, ceux des ministères techniques, qui doivent attendre les initiatives et les moyens <<d en haut >> pour toute intervention, et enfin les sociétés de gestion de l eau, de I électricité et des télécommunications qui sont encore souvent de statut parapublic. Une politique de déconcentration et de décentralisation devrait s accompagner d une réelle 17. Aux élections législatives du 24 mars 1985, le candidat Kododji-Traoré, originaire du quartier Dîda ûré à Sokodé, obtint respectivement 92, 96 et 97 % des voix dans les trois bureaux de vote de ce quartier, contre seulement 23 % dans le quartier voisin, et concurrent, de KÜma...

17 P PETITES ET MOYENNES VILLES D AFRIQUE NOIRE délégation des moyens, ce qui n est pas souvent le cas. La plupart des services - en général ceux qui ne sont pas aidés par une coopération étrangère - n ont guère de logistique ni de personnel compétent pour entreprendre des opérations de quelque importance. Des instances a horizontales >> de concertation entre les services existent parfois ; Sokodé, par exemple, dispose d un comité d urbanisme local présidé par le préfet et organisé par la direction régionale du Plan ; mais ces instances ne se réunissent pratiquement jamais. Des services intégrés, mettant en commun leurs compétences, seraient souhaitables afin de concentrer les moyens et d introduire des demandes d aide avec plus de force : par exemple un atelier de cartographie intégrée regroupant les multiples petits services. Mais là aussi il faudrait une réelle volonté politique pour dépasser les clivages bureaucratiques et imposer ce mode de gestion transversale aux tutelles ministérielles. Le débat est financier et logistique, mais il relève aussi et surtout de la dynamique des organismes administratifs et 4 techniques. Pour l heure, ceux-ci sont structurés sur un mode vertical et subissent encore une forte dépendance par rapport à la capitale. La question reste donc ouverte : qui peut promouvoir une vue d ensemble de la ville? Les outils sont là ; mais les utilisateurs seront-ils au rendez-vous? Bibliographie BARBIER J.-C., 1985, (( Sokodé (Togo) : un plan d urbanisme contesté n, Cités africainedafr-ican Cities, no 2, janv.-mars, pp BARBIER J.-C., 1986, (( Kpâgalam et Sokodé : le village qui va vers la ville n, Cahiers de 1 ORSTOM, Série Sciences hutnaines, vol. 22, no 3-4, pp , (communication au colloque international de St Riquier, 5-9 déc. 1983, (< Pratiques foncières locales en Afrique noire n). BARBIER J.-C., 1987-a, (< Sokodé, capitale administrative, ou le destin d une hégémonie au Nord-Togo n. Revue franfaise d administration publique, no 42, avril-juin, pp BARBIER J.-C., 1987-b, ((Les lotissements et leur destin, l exemple de Sokodé au Togo D, in HAUMONT N. et MARIE A. (éd.): Stratégies urbaines, dans les pays en voie de développeiizent. Politiques et pratiques sociales en matière d urbanisme et d habitat, Paris, L Harmattan (Villes et entreprises), tome II, pp (actes du colloque international <( Stratégies urbaines... D, sept. 1985, Paris). BARBIER J.-C., 1993, ((Logiques de l instance communale. La municipalité de Sokodé (Togo) dans tous ses états ( ) D, in DUBRESSON A. et JAGLIN S. (éd.): Pouvoirs et cités d Afrique noire. Décentralisations en question, Paris, Karthala, 3 12 p.

18 CARTOGRAPHIE ET MAîTRISE DE L ESPACE URBAIN 161 CRÉMONT D., 1987, <<Évolution des techniques cadastrales ; technologie, niveau de précision et coûts >), Actes du symposium La gestion foncière au Maroc et en Ti4nisie (Barcelone, sept. 1986), Banque Mondiale, 31 p. DURAND-LASSERVE A., 1986, L exclusion des pauvres dans les villes du tiersinonde, Paris, L Harmattan, 198 p. POINSOT J., SINOU A. et STERNADEL J., 1989, Les villes d Afrique noire, entre 1650 et Politiques et opérations d urbarzisnze et d habitat, Paris, Ministère de la Coopération et du Développement, La Documentation française (Analyses et documents), 346 p. TRIBILLON J.-F., 1986, << Interventions foncières dans les villes africaines : leçons d expériences D, Le Mois ci1 Afkiqiie, août-sept., no , pp TRIBILLON J.-F., 1993, Villes africciines. Noweau manuel d aménagement foncier, Paris, Association des études foncières, 317 p. Iiwentaire des cartes de Sckodé 1898, << Station Sokode (Dadaure) >), croquis de Kersting (Archives nationales du Togo). 1908, << Gelände der Station Sokode mit Versuchsplanzenungen >>, échelle 1 : 10000, carte dressée par Hoffbauer (Archives nationales du Togo h Lomé). s.d. (avant 1948), << Sokodé >>, échelle 1 : 4000 (Service du cadastre). 1948, (< Sokodé, concession administrative )>, échelle I : 5 000, carte dressée par Lallement, Service topographique (Service du cadastre). 195 I, << Ville de Sokodé, périmètre urbain >), échelle 1 : 4000, carte dressée par Lallement, Service topographique (Service du cadastre). 1959, << Sokodé, périmètre urbain et concession administrative)>, échelle I : 4000, Service topographique (Service du cadastre). 1964, (< Sokodé, périmètre urbain et concession administrative )>, échelle 1 : 4 000, Service topographique (Service du cadastre). 1967, (< Sokodé, carte du réseau d alimentation en eau D, échelle 1 : 5000, carte dressée par G. Holfelder, Freiburg, ING Büro, plan no , Ville de Sokodé, étude d urbanisme D, échelle 1 : 5 000, Paris, SMUH et BCEOM ; 3 plans : <<enquête >>, << schéma directeur >>, << assainissement >) (disponibles à Paris, Centre de documentation et d information << Villes en développement B, réf. D97). s.d. (vers 1980), << Sokodé, Plan directeur)), échelle I : 10000, Rome, Technosynesis, accompagné de fonds cartographiques (1: 2 O00 et 1 : 5000) d après couverture photographique aérienne de janvier 1979 (Direction générale de l urbanisme et de l Habitat h Lome). I98 I, << Ville de Sokodé : recensement pré-censitaire par îlot >>, échelle 1 : 4000, Lomé, Service de la statistique. s.d. (vers 1990), <<Plan d exécution partiel de la zone d extension Nord-Ouest >>) échelle 1 : 2 000, Direction générale de l urbanisme et de l Habitat à Lomé (DGUH). 1992, << État des lieux partiel de Koulounde D, échelle 1 : 2 000, Commune de Sokodé. 1992, <<État des lieux partiel de Salimde D, échelle I : 2000, plan levé et dressé par K. Degli, Commune de Sokodé. >

19 SOUS LA DIRECTION DE Monique Bertrand et Alain Dubresson dites et moyennes villes Éditions KARTHALA 22-24, boulevard Arago PARIS

20 . Collection <<Hommes et Sociétés >> Conseil scientifique : Jean-François BAYART (CERI-CNRS) Jean-Pierre CHRÉTIEN (CRA-CNRS) Jean COPANS (Université de Picardie) Georges COURADE (MAA, ORSTOM) Alain DUBRESSON (Université Paris-X) Henry TOURNEUX (CNRS) Directeur : Jean COPANS Couverture : Une rue de Zinder, Niger. Photo : B. et C. Desjeux. O Éditions KARTHALA, 1997 ISBN :