Microfinance Market Outlook 2015 La croissance grâce à un potentiel immense. Executive Summery

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1 Microfinance Market Outlook 2015 La croissance grâce à un potentiel immense Executive Summery Novembre 2014

2 Résultats principaux En 2015, nous pensons que le marché mondial de la microfinance enregistrera une nouvelle fois une croissance de l ordre de 15 à 20 %. L Asie est la région la plus dynamique. Le redressement du marché indien de la microfinance a notamment de quoi impressionner. L Asie centrale étant affectée par la crise économique en Russie, son secteur financier subit un léger ralentissement de sa croissance par rapport aux années précédentes. Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), en 2015, la croissance économique des 20 principaux marchés de la microfinance fera un bond de 4,4 à 4,8 %. Il est par conséquent prévu que les marchés de la microfinance connaissent une croissance deux fois plus rapide que celle des économies avancées. Les 32 experts interrogés par responsability écartent tout blocage des réformes dans leurs pays. Ils constatent au contraire une amélioration des conditions-cadres définies pour les institutions de microfinance (IMF), amélioration s appliquant autant aux réglementations mises en place par les autorités qu aux infrastructures des marchés. Les experts évaluent d un œil critique la qualité moindre du portefeuille des institutions de microfinance. Des exigences croissantes s imposent en ce qui concerne la gestion du risque des IMF et des gestionnaires de fonds qui investissent. En ce qui concerne le financement, les sources locales de financement prennent une importance considérable. Les investisseurs internationaux restent un facteur déterminant, toutefois les IMF souhaitent restreindre le nombre de leurs partenaires pour se concentrer sur les plus performants.

3 Chère lectrice, cher lecteur, Ce n est pas la première fois que, l automne s apprêtant à tirer sa révérence, responsability vous présente le Microfinance Market Outlook. Ce rapport est pour nous l occasion de vous donner une vue d ensemble approfondie mais concise des perspectives pour les marchés de la microfinance. En tant que l un des principaux investisseurs privés dans ce domaine, nous pouvons non seulement compter sur notre réseau d experts représentant les différents marchés mais nous pouvons également nous appuyer sur des indicateurs de qualité, collectés chaque mois, concernant plus de 300 institutions de microfinance (IMF). Cette cinquième édition du Microfinance Market Outlook constitue pour nous une opportunité non seulement de nous replonger cinq ans en arrière, mais aussi de nous projeter cinq ans plus tard. Commençons par nous pencher sur les cinq dernières années. Il apparaît très clairement que les marchés de la microfinance présentent un potentiel de développement considérable : pendant que les marchés financiers ont fait les montagnes russes et que les investisseurs ont à plusieurs reprises été pris au dépourvu, les marchés de la microfinance ont enregistré une croissance d une grande constance et d une réelle fiabilité. «En 2015, nous pensons que le marché mondial de la microfinance enregistrera une nouvelle fois une croissance de l ordre de 15 à 20 %.» Les 77 marchés de la microfinance dans lesquels responsability investit ont évolué de manière progressive et parfaitement compréhensible malgré un rythme d expansion rapide. Il s agit d un signe encourageant résultant du travail sérieux accompli par des centaines d IMF. L investisseur souhaite bien évidemment savoir si cette tendance va se poursuivre et, le cas échéant, de quelle manière. Pour évaluer l évolution du secteur de la microfinance, nous avons fait appel à 32 experts issus de tous les marchés importants afin qu ils nous dévoilent leurs prévisions détaillées. Ces experts sont des décisionnaires d IMF et d agences de notation ainsi que des investisseurs et des consultants. Nous souhaitons remercier les experts suivants pour leur précieuse contribution : Roberto Andrade (Banco Solidario), Pedro Arriola (Consultant), Carlos Avalos (Vision Banco), Patricio Diez de Bonilla (Banco Compartamos), Nikolas Drude (EBRD), Malkhaz Dzadzua (Crystal), Thomas Engelhardt (LFS Financial Systems), David Ferrand (FSD Kenya), Jeff Flowers (Finca), Tony Fosu (Sinapi Aba), Ralph Guerra (Compartamos Financiera), Jhale Hajiyeva (Azerbaijan Microfinance Association), María Clara Hoyos (Asomicrofinanzas), Hout Ieng Tong (HKL), Emmanuelle Javoy (Consultant), Mejra Juzbasic (Finance in Motion), Mona Kachhwaha (Caspian), Michaël Knaute (Oxus), Kurt Koenigsfest (BancoSol), Anne-Lucie Lafourcade (IFC), Aldo Moauro (MicroFinanza Rating), Clive Moody (dfe Partners), Zaza Pirtskhelava (Credo), Felipe Portocarrero (IFC), Karlygash Raikhanova (KMF), Eric Savage (Unitus Capital), Sanavbar Sharipova (IMON), Alex Silva (Omtrix), Senacheert Sim (PRASAC), Gagik Vardanyan (Kamurj), Arnaud Ventura (MicroCred), Styopa Zakinyan (ACBA). Pour pouvoir estimer le potentiel de demande des cinq années à venir, nous avons également examiné les marchés de la microfinance en détail en réalisant une simulation de leur évolution jusqu en 2019, simulation que nous avons fondée sur une modélisation. Retrouvez les résultats de notre analyse à la page 5. Ce Microfinance Market Outlook offre en outre une vue d ensemble actuelle de l univers de placement et présente les perspectives conjoncturelles du développement des marchés cibles pour Il propose par ailleurs une projection des taux d intérêts particulièrement utile aux investisseurs et se penche de manière plus approfondie sur les résultats de l enquête menée cette année auprès des experts. En mettant une nouvelle fois l Inde à l honneur, cette publication veut permettre à ses lecteurs de continuer à suivre l analyse de ce marché en plein essor. Les placements private equity qui ont le vent en poupe dans le secteur de la microfinance constituent également un thème fascinant examiné dans cette nouvelle édition du Microfinance Market Outlook. Nous vous souhaitons une lecture passionnante. Christian Etzensperger Senior Research Analyst, responsability Investments AG responsability Microfinance Market Outlook

4 Qu est-ce que le marché de la microfinance? La microfinance a pour objectif de mettre en place des secteurs financiers étroitement liés à l économie locale. Ainsi, l accès au crédit est facilité pour des micro et petites entreprises, des systèmes de paiement sont instaurés et de nouvelles possibilités d épargne sont créées pour les ménages privés. Cette approche efficace à de nombreux points de vue permet d affecter le capital d une économie locale à une utilisation productive. Autrement dit, le secteur de la microfinance contribue à faire évoluer quantitativement d autres secteurs économiques tels que la petite industrie, la construction et le commerce. Cette évolution s accompagne d un processus de formalisation permanente : un prestataire doit en effet accomplir de nombreuses démarches pour quitter l économie souterraine et pour obtenir le statut d entrepreneur contractuel contribuable tel qu il est défini dans les pays développés. Le développement du secteur financier permet par conséquent l accès au marché pour les petites entreprises et les ménages, favorisant ainsi leur intégration à l économie régionale et même mondiale. 1 La croissance du secteur financier est portée par les entreprises qui proposent divers services financiers. Compte tenu du nombre de consommateurs finaux, il est clair que le potentiel de croissance le plus important concerne le segment de revenus inférieurs, autrement dit celui de la microfinance. Les prestataires actifs à ce niveau sont connus sous le nom d institutions de microfinance (IMF). Mais derrière cette notion se cachent des milliers de prestataires n ayant pas tous le même statut juridique et se distinguant par un développement plus ou moins marqué. L investisseur s intéresse uniquement aux prestataires de services financiers qui sont rentables et qui répondent au mieux aux exigences réglementaires. Ils doivent disposer de structures et de processus professionnels afin de remplir des exigences de taille dans des domaines clés tels que la comptabilité ou la gestion du risque. Ces prestataires sont environ 500 à travers le monde, répartis dans quelque 80 pays. Pour chaque marché, notre attention se porte sur les prestataires qui réussissent le mieux à offrir des services financiers aux ménages défavorisés. Bien entendu, dans le secteur de la microfinance aussi, la concurrence entraîne inévitablement des changements de leadership sur le marché. On observe une compétition accrue parmi les IMF pour gagner les faveurs des clients et investisseurs, ainsi que l émergence de nouveaux prestataires qui reprennent les parts de marché d institutions de microfinance stagnantes. Cette publication se focalise sur environ 500 prestataires de services financiers bien structurés dans lesquels il est possible d investir compte tenu des aspects évoqués. Ils se divisent en deux groupes : Les institutions du niveau 1 (au minimum 100) : il s agit d IMF au rendement stable disposant d une base de clients importante et bien diversifiée, d une gestion expérimentée ainsi que d un potentiel réglementaire largement réalisé. Les institutions du niveau 2 (au minimum 400) : ce second groupe englobe des IMF plus petites, plus récentes, mais qui ont misé sur un modèle d affaires viable qu elles déploient à grande échelle, et qui s efforcent de satisfaire aux exigences réglementaires afin de devenir des institutions financières reconnues officiellement. Abbildung 4: Reales BIP-Wachstum Figure 1 : l univers de placement de la microfinance Niveau 1 (~100 IMF) Niveau 2 (~400 IMF) Niveau 3 (~ IMF) Source: responsability Research Structurellement investissables 1 Voir responsability, Perspectives Edition 2014, pages et webcast «Microfinance is financial sector development», responsability Microfinance Market Outlook

5 Perspectives à moyen terme : boom de la demande jusqu en 2019 Au cours des dernières années, les marchés de la microfinance à travers le monde ont certes enregistré une croissance spectaculaire, mais les investisseurs peuvent-ils partir du principe que ces conditions-cadres favorables perdureront? Pour tous les marchés présentant des taux de croissance à deux chiffres sur plusieurs années se pose régulièrement la question de la pérennité d une telle croissance. Quelle est la capacité d absorption du marché? Se peut-il qu il soit sur-approvisionné? Sous-approvisionné? De telles questions se justifient aussi pour les marchés de la microfinance. Dans ce contexte, l équipe de recherche de responsability a accompli en 2014 un travail de pionnier : elle a mené une étude systématique pour analyser pour la première fois au niveau international la capacité de placement des marchés de la microfinance. Cette étude, tenant compte de facteurs spécifiques aux marchés et aux pays, a donné des résultats encourageants : selon elle, le marché de la microfinance poursuivra sa croissance au même rythme qu actuellement (19,3 % par an d après notre simulation basée sur un modèle de calcul voir les résultats détaillés présentés à la figure 2) pendant encore au minimum cinq ans. Figure 2 : projection de la demande à moyen terme calculée à partir de modèles en millions USD Demande prévisionnelle des IMF Engagements prévisionnels de responsability Engagements prévisionnels de responsability (parts de marché identiques) Source: responsability Research Le potentiel de croissance du marché de la microfinance à moyen terme peut être estimé à l aide d un modèle de régression. Nous nous sommes posé la question suivante : «Selon quel ordre de grandeur le volume de placement propice à l investissement pour un gestionnaire de fonds spécialisé augmentera-t-il d ici à l horizon 2019 sur les marchés étudiés?» Cette question a fait l objet d une modélisation économétrique. Nous avons commencé par identifier les facteurs qui, dans le passé, ont joué un rôle décisif en matière de croissance. Nous avons ensuite utilisé des valeurs tirées des projections indépendantes du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale comme données d entrée pour prédire un résultat modélisé basé sur la relation établie mathématiquement. Le modèle linéaire sur données de panel estime l étendue du secteur financier de chaque pays en appliquant la méthode statistique de la régression. Le volume de crédit attendu a été calculé en fonction du produit intérieur brut. Le marché de la microfinance a ensuite fait l objet d une simulation. Pour ce faire, nous avons utilisé les données de la plate-forme mixmarket.org qui disposait de lots de données concernant 1270 IMF (année de référence : 2012). Pour finir, nous avons procédé à quelques corrections afin que l univers de placement estimé réponde aux critères d investissement de responsability. Notre objectif? Que les résultats correspondent au marché de la microfinance réellement propice à l investissement. Nous évaluons la capacité actuelle des 30 principaux marchés de la microfinance à USD 5728 millions. Partant de ce niveau, notre modèle tient compte des facteurs favorisant et freinant la croissance. Exemples de moteurs de la croissance : la croissance du PIB, la taille de l économie nationale et des conditions-cadres favorables. Nous comptons parmi les freins à la croissance l expansion des volumes d épargne (source de financement concurrente) ou encore la concentration qui s opère parmi les prestataires. Selon notre modèle, la capacité du marché continuera de croître de manière substantielle et par étapes régulières au cours des prochaines années. Elle devrait atteindre près de USD 7 milliards dès D ici à l horizon 2019, le volume du marché est censé s approcher des USD 14 milliards (voir partie grise de la figure 2). Dans ce contexte, conformément au modèle de croissance du marché de la microfinance et en partant du principe que les parts des marchés sous-jacents n évoluent pas (voir ligne de la figure 2), responsability pourrait enregistrer une hausse de 23 % par an. 2 Toutefois, compte tenu de la capacité absolue du marché qui se maintient à un niveau élevé, si l intérêt des investisseurs ne se dément pas, nous sommes convaincus de pouvoir continuer à développer nos parts de marché sans que cela ait des conséquences significatives sur la concurrence. Selon ce scénario, d ici à l horizon 2019, nous investirons quelque USD 4,5 milliards dans les 30 principaux marchés de la microfinance, ce qui correspondrait à une augmentation de 30 %. responsability ne se fixe pas de tels objectifs de croissance mais mettra tout en œuvre pour satisfaire efficacement et durablement la demande qui existe dans les pays en voie de développement et les marchés émergents. Ce modèle calibré est utilisé dans le cadre de la gestion active du portefeuille de responsability. Certains marchés arrivant à saturation, une réduction des volumes de placement peut être anticipée. En agissant ainsi, responsability prévient aussi indirectement le surendettement des emprunteurs et respecte les Principes pour l Investissement Responsable des Nations Unies (UNPRI). 3 2 L allocation du portefeuille de responsability sur les différents marchés n étant évidemment pas proportionnelle à la taille du marché, les taux de croissance ne sauraient être identiques. 3 Dans cette perspective, responsability participe, en tant que l un des principaux investisseurs, au financement du projet MIMOSA, une étude mondiale menée sur le terrain par une instance indépendante et qui analyse les risques de surendettement avec une précision unique. Les chercheurs comptent présenter leurs premiers résultats au cours de l été responsability Microfinance Market Outlook

6 Reprise économique dans les marchés cibles Au vu de l agitation qui règne actuellement sur les marchés boursiers, nous pouvons dire que plusieurs évolutions fondamentales ne sont pas suffisamment prises en compte. Point essentiel : la reprise de l économie mondiale se poursuit. Selon les prévisions actuelles du Fonds monétaire international (FMI) pour 2015, toutes les régions du monde connaîtront une croissance supérieure à celle de Les conditions sont en tout cas favorables pour les marchés régionaux de la microfinance. Une observation plus précise des différentes régions du monde montre que les Etats-Unis ont retrouvé la voie d une croissance solide. Leur redressement est favorisé par la hausse des exportations. Du fait des transferts d argent effectués par des travailleurs immigrés dans leur pays d origine, les Etats-Unis fonctionnent également comme un important moteur pour l Amérique centrale et les pays voisins des Caraïbes. La timide reprise de la zone euro crée une certaine détente en Europe de l Est. Enfin, l atterrissage en douceur de l économie chinoise débouche sur une situation solide en Asie et sur des conditions-cadres favorables dans les pays sud-américains du bassin Pacifique. Retenons que certains marchés émergents affaiblis, fortement présents dans les indices des marchés émergents et des marchés frontières, sont pratiquement sans importance pour le secteur de la microfinance. Exemples : le Venezuela, l Argentine, le Brésil, l Afrique du Sud, la Thaïlande ou encore plusieurs pays du Moyen-Orient. En revanche, les marchés de la microfinance n ont pas totalement échappé à la crise économique russe. Nous reviendrons plus en détail sur ce point au chapitre Perspectives réjouissantes, évolutions régionales. Figure 3 : prévisions de la croissance réelle du PIB pour les 20 principaux marchés de la microfinance de responsability Croissance réelle du PIB (en %) Pérou Azerbaïdjan Cambodge Inde Géorgie Equateur Costa Rica Arménie Kenya Kirghizstan Tadjikistan Mongolie Paraguay Kazakhstan Russie Bolivie Turquie Bosnie-Herzégovine Ghana Colombie Moyenne Sources : FMI, base de données des perspectives de l économie mondiale, octobre ,6 % 4,5 % 7,2 % 5,6 % 5,0 % 4,0 % 3,6 % 3,2 % 5,3 % 4,1 % 6,0 % 9,1 % 4,0 % 4,6 % 0,2 % 5,2 % 3,0 % 0,7 % 4,5 % 4,8 % 4,4 % 5,1 % 4,3 % 7,3 % 6,4 % 5,0 % 4,0 % 3,6 % 3,5 % 6,2 % 4,9 % 6,0 % 8,4 % 4,5 % 4,7 % 0,5 % 5,0 % 3,0 % 3,5 % 4,7 % 4,5 % 4,8 % Les 20 principaux marchés de la microfinance (ainsi que la prévision correspondante du FMI) sont présentés à la figure 3. En calculant la moyenne simple de la croissance réelle du PIB de ces pays, on obtient pour 2015 une hausse de 4,8 % (à titre de comparaison, elle est de 4,4 % en 2014). Les perspectives de croissance des différents marchés font l objet d une analyse plus détaillée au chapitre Perspectives réjouissantes, évolutions régionales. responsability Microfinance Market Outlook

7 Une analyse plus approfondie de ces pays montre que pour la plupart, ils se distinguent par une politique fiscale disciplinée et une politique monétaire relativement indépendante. Ces politiques budgétaires vertueuses se reflètent dans des taux d inflation comparativement faibles. Les banques centrales continuent d être dotées d importantes réserves de devises, si bien qu elles peuvent gérer de manière plus souple l évolution de leur devise. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), avec une croissance annuelle de 10 % sur les quatre dernières années, les pays en voie de développement et les marchés émergents attirent un volume record d investissements directs étrangers. Ces derniers ont quant à eux des effets positifs au niveau local (infrastructures, hausse des salaires, revenus fiscaux et autres domaines de la vie économique). Dans l ensemble, de bonnes conditions-cadres propices à la poursuite du développement de ces pays émergents sont donc réunies. Considérées globalement, les perspectives économiques restent favorables : selon les prévisions actuelles du FMI, avec Abbildung 4: Reales BIP-Wachstum Figure 4 : croissance réelle du PIB une croissance réelle de leur PIB de 2,3 %, les pays riches atteindront dès 2015 le niveau moyen attendu à moyen terme. Toujours selon le FMI, avec une croissance réelle de 5 % de leur PIB, les principaux marchés nationaux de la microfinance prendront même un peu de vitesse d ici à l horizon Résultat : l écart de croissance entre ces deux mondes continuera de s agrandir (voir figure 4). Si l on en croit les séries de données du FMI, l Asie du Sud et de l Est, de même que l Afrique subsaharienne, joueront à court terme le rôle de moteurs de la croissance. «Il ne faut pas mettre tous les pays en voie de développement et les marchés émergents sur le même plan. Il existe d énormes différences en matière de réforme qui influent directement sur le secteur privé.» Nouriel Roubini, Économiste, à Zurich, le 16 octobre % 8% 6% 4% 2% 0% -2 % -4 % -6 % Les 20 principaux marchés nationaux de la microfinance Pays industrialisés Sources : FMI, base de données des perspectives de l économie mondiale, octobre 2014 responsability Microfinance Market Outlook

8 Même dans un environnement de taux en hausse, la microfinance attire toujours Six ans après le début de la crise financière, les taux directeurs sont encore proches de zéro dans la plupart des pays avancés. En infléchissant leur politique de taux, les banques centrales tentent de contrer les tendances déflationnistes et les premiers signes de stagnation. Un état de fait qui pourrait bien changer sous peu : la banque centrale américaine avait en effet annoncé au cours du printemps 2013 sa volonté de revenir à une politique monétaire plus classique. Début 2014, elle a commencé à réduire progressivement ses achats d obligations. 4 Malgré la faiblesse de la croissance économique au premier semestre 2014, les experts prévoient un premier relèvement des taux en A l inverse de la banque centrale américaine, la banque centrale européenne maintient sa politique monétaire expansionniste. Contrairement aux obligations classiques ou aux fonds obligataires, les instruments de placement dans la microfinance, comme ceux de responsability, ne sont pas affectés négativement par d éventuelles hausses des taux. Les fonds responsability à revenu fixe ne sont pas valorisés sur le marché mais en fonction de leur coût, ce qui minimise la volatilité de la performance des fonds liée aux différences d intérêts. Le taux d intérêt des placements, pour la plupart réalisés en USD, dépend du taux swap américain de même durée et d une prime de risque de crédit. Si les taux américains grimpent alors que la prime de risque de crédit reste inchangée, le taux de refinancement des investissements augmentera lui aussi, ce qui a des répercussions positives sur la performance des fonds. De plus, la durée moyenne des fonds responsability est relativement brève (20 mois). Ainsi, l adaptation à l environnement des taux en question est relativement rapide sans que cela n entraîne une performance inférieure à la moyenne sur le long terme par rapport à d autres types d investissement. Ce qui peut éventuellement se produire, c est une réduction de la prime de risque de crédit suite à une baisse (en réalité inappropriée) de la demande de refinancement devenu plus onéreux. Par le passé, nous sommes cependant parvenus à maintenir celle ci à un niveau relativement constant. Nous pouvons donc partir du principe qu une légère réduction éventuelle de la prime de risque pourrait être largement compensée par l augmentation du taux swap américain. Grâce à la valorisation à leur valeur nominale et à leur durée courte, les placements dans la microfinance ne perdent rien de leur attrait, notamment dans un environnement de taux éventuellement en hausse. En effet, ils offrent une certaine protection contre les pertes de cours lorsque les taux s envolent. Conséquence du lent retour à la normale de la politique monétaire des économies avancées, ces marchés sont à nouveau plus attractifs. Conformément aux prévisions, un signal clair en faveur d une hausse de taux entraîne une restructuration des fonds des investisseurs. Les marchés émergents, qui ont attiré les investisseurs du fait de leurs taux relativement élevés et de leurs conditions-cadres de plus en plus stables, sont eux aussi concernés par ces retraits. Comme durant l été 2013, 5 les marchés émergents les plus touchés par cette sortie de capitaux seront ceux qui dépendent du financement international. Des pays tels que la Turquie, le Brésil ou l Afrique du Sud, qui sont relativement bien intégrés aux marchés financiers internationaux, doivent par conséquent s attendre à subir de nouvelles sorties de capitaux, notamment dans le cadre de la gestion de portefeuille. Cette évolution, tout comme le renforcement prévu du dollar américain, porteront vraisemblablement aussi préjudice aux devises de ces pays. Toutefois, comme nous l avons vu précédemment, de nombreux marchés émergents sont désormais relativement bien armés pour absorber une certaine volatilité du marché. En outre, la hausse prévue des taux sera précédée d une poursuite du rétablissement de l économie américaine, ce qui aura une incidence positive sur les marchés émergents, nombre d entre eux dépendant fortement des Etats-Unis pour leurs exportations. Tandis que les entreprises et les indices cotés en bourse sont toujours les premiers à refléter les évolutions des conditions du marché, le secteur de la microfinance, qui est étroitement lié à l économie réelle d un pays, n est affecté que de manière marginale par les fluctuations macroéconomiques. Les IMF doivent certes s attendre à une hausse de leurs coûts de refinancement si le taux de référence du dollar américain augmente, mais les coûts de financement n ont, par rapport aux frais d exploitation, qu une influence secondaire sur la structure globale des coûts. C est pourquoi les IMF parviendront relativement bien à supporter une légère hausse des coûts de refinancement. Des critères stricts d investissement permettent en outre de minimiser le risque que les IMF présentes dans le portefeuille responsability subissent un déséquilibre en termes de bilan si leur devise locale est dévaluée par rapport au dollar américain. Alors que l on peut s attendre à ce que, grâce à la structure avantageuse des fonds, la hausse des taux ait des répercussions positives sur les placements à revenu fixe dans la microfinance, on peut aussi supposer que les marchés de la microfinance classiques ne seront pas fortement ébranlés par la volatilité des marchés financiers internationaux. En conséquence, un environnement de taux en hausse affecte certes le secteur de la microfinance du fait de la légère augmentation des coûts de refinancement qui en découle, mais nous tablons sur une croissance forte continue du marché, comme nous le verrons au chapitre suivant. 4 Depuis le 1er octobre 2014, la banque centrale américaine n investit plus que USD 5 milliards par mois dans des achats d obligations. Pendant la phase la plus intense de l «assouplissement quantitatif», les achats mensuels se montaient à USD 85 milliards. 5 En mai 2013, l ancien président de la banque centrale américaine Ben Bernanke a évoqué dans un discours la possibilité d une réduction des achats d obligations, ce qui a rendu les investisseurs nerveux et a entraîné une importante sortie de capitaux des marchés émergents. La forte dévaluation de certaines devises trouve essentiellement son origine ici. responsability Microfinance Market Outlook

9 Perspectives réjouissantes, évolutions régionales Les marchés émergents sont eux aussi soumis à des cycles conjoncturels et nous souhaitons ici leur accorder toute l attention qu ils méritent. Mais ce qui est intéressant du point de vue des investisseurs, c est que ces marchés se distinguent surtout par un processus de rattrapage économique qui s est accentué au fil des décennies passées. Autrement dit, la croissance enregistrée par ces marchés s explique par le sous-approvisionnement chronique en biens et en services auquel sont confrontés des millions de ménages privés. Le secteur financier notamment doit être considéré d un œil critique, car il est censé servir d intermédiaire aux ménages et aux entreprises en ce qui concerne les ressources financières, ce qui justifie son rôle de transmission au sein de l économie nationale. En général, le secteur financier des pays en voie de développement et des marchés émergents est sous-développé. Souvent, sa puissance est insuffisante par rapport à la taille globale de l économie nationale : dans ces pays, le volume de crédit octroyé à d autres secteurs économiques atteint habituellement 20 à 30 % du produit intérieur brut (PIB) ; dans les économies avancées, il s agit plutôt de 100 à 200 %. Du fait de la croissance macroéconomique des pays en voie de développement, nous nous attendons à ce que le secteur financier connaisse une augmentation au moins trois fois plus rapide que celle de l économie dans son ensemble. Grâce au développement du secteur financier, les prestataires de services financiers s intègrent de manière constante à l économie globale. Ce développement n est pas sans conséquence pour les investisseurs, qui doivent dès lors accorder une plus grande attention à l environnement macroéconomique. Les investisseurs en capitaux propres contribuent directement aux changements positifs et négatifs de l environnement économique. Nous savons par expérience que les investisseurs en dette sont à l abri des fluctuations conjoncturelles étant donné que seuls des événements extrêmes sont susceptibles de porter un réel préjudice à la capacité de remboursement d entreprises soigneusement sélectionnées. A moyen terme, les financements en dette performeront mieux également, car dans un environnement prospère, la croissance des portefeuilles de crédits des IMF entraîne une demande de refinancement supplémentaire. De ce point de vue, il va sans dire que les investisseurs en dette souhaitent eux aussi être parfaitement informés des changements intervenus sur le marché. Figure 5 : prévisions de croissance de la microfinance par région (croissance réelle du portefeuille de crédits brut en glissement annuel) % % 5 10 % Source: responsability Research responsability Microfinance responsability Market Research Outlook Insight

10 Dans ce Microfinance Market Outlook, responsability répond à leur attente : pour faire toute la lumière sur l environnement de la microfinance dans les marchés clés, nous avons fait appel à de nombreux experts et réalisé pas moins de 32 interviews. A cela viennent s ajouter les données des portefeuilles actuels de quelque 300 IMF, collectées chaque mois, à partir desquelles nous avons constitué notre portefeuille modèle représentatif composé de 100 IMF. Notre vue d ensemble se fonde également sur les prévisions macroéconomiques du Fonds monétaire international (FMI). Sur la base des nombreuses données dont nous disposons, nous prévoyons ainsi une croissance globale du secteur de la microfinance de 15 à 20 % pour 2015 (voir figures 5 et 6). Figure 6 : prévisions pour les marchés régionaux de la microfinance en 2015 Région Amérique du Sud Amérique centrale Afrique subsaharienne MENA Asie centrale Europe de l Est Asie-Pacifique Monde Source : responsability Research Croissance prévue du portefeuille pour % % % 15 % % 5-10 % % % Chaque région devrait se développer comme suit : Figure 7 : Amérique du Sud, prévisions de croissance m réelle du PIB pour des pays choisis Amérique du Sud Pérou Equateur Paraguay Bolivie Colombie ,6 % 4,0 % 4,0 % 5,2 % 4,8 % Pays dans lesquels responsability investit Sources : FMI, responsability Research 5,1 % 4,0 % 4,5 % 5,0 % 4,5 % La faible croissance de l Amérique du Sud n a pas manqué de faire les gros titres ces derniers mois. Toute l attention s est systématiquement portée sur la stagnation brésilienne et sur le déclin des économies argentine et vénézuélienne, mais il faut souligner que les grands marchés de la microfinance le long de la côte pacifique et des Andes ne cessent de se développer. Selon les prévisions du FMI pour 2015, le Pérou et la Bolivie atteindront une croissance légèrement supérieure à 5 %, alors qu elle sera de 4,5 % pour la Colombie et le Paraguay. Le Pérou ayant surmonté les difficultés conjoncturelles engendrées par le recul des exportations de métaux, il devrait retrouver le chemin de la croissance d ici fin Le président à la tête de la Bolivie depuis 2006 a été réélu sans surprise lors des élections d octobre. La Colombie reste un point d attraction à l échelle du sous-continent : la perspective d un «dividende de la paix» suite aux négociations avec les rebelles des FARC demeure intacte et accroît encore l intérêt des investisseurs. Les experts interrogés évaluent la croissance des portefeuilles de la microfinance de ces pays entre 10 et 15 %. Le marché péruvien de la microfinance, déjà bien en place, traverse une phase de consolidation, si bien que tout comme en 2014, il ne devrait enregistrer qu une lente progression en Le rythme de croissance de la Bolivie et de l Equateur se maintient certes à un niveau supérieur, mais les incertitudes réglementaires suite à l introduction de nouvelles règlementations pèsent sur le secteur de la microfinance de ces pays. Aucun nuage ne se profile à l horizon pour la Colombie et le Paraguay, à moins que de graves troubles n éclatent au Venezuela et en Argentine, pays voisins. responsability Microfinance Market Outlook

11 Figure 8 : Amérique centrale, prévisions de croissance m réelle du PIB pour des pays choisis Amérique centrale Costa Rica Mexique Nicaragua Salvador Honduras ,6 % 2,4 % 4,0 % 1,7 % 3,0 % Pays dans lesquels responsability investit Sources : FMI, responsability Research 3,6 % 3,5 % 4,0 % 1,8 % 3,1 % Dans les économies des pays d Amérique centrale, fortement tournées vers les Etats-Unis, la reprise se poursuit certes modérément mais de manière constante dans le sillage de la plus grande économie mondiale. Selon les prévisions du FMI, le Mexique et le Costa Rica enregistreront une croissance de 3,5 %, le Nicaragua de 4 %, le Honduras de 3 % et le Salvador de près de 2 %. Le Nicaragua fait l objet d une surveillance particulière du fait de sa forte dépendance énergétique liée au programme Petrocaribe vénézuélien jugé douteux. Du fait de la bonne conjoncture et de l expansion modérée du crédit au cours des dernières années, nous tablons pour 2015 sur une progression des marchés de la microfinance d Amérique centrale similaire à celle de l Amérique du Sud. d un point de vue quantitatif ou qualitatif. Ces pays se caractérisent aujourd hui par une forte demande intérieure qui se nourrit essentiellement de la consommation privée. A l exception du Ghana, toutes les grandes économies de cette région du monde ont réussi à maintenir des taux d inflation à un chiffre, ce qui s est exprimé par une stabilisation de leurs devises. Les conditions de financement se sont elles aussi améliorées : fait remarquable, en 2014, le Kenya et la Côte d Ivoire sont parvenus à accéder aux marchés des capitaux internationaux par le biais d émissions en eurodollars. Selon les prévisions du FMI pour 2015, la croissance du Kenya s établira au-delà de 6 % alors que celle de la Tanzanie et du Nigeria ira même jusqu à 7 %. Quant au Ghana, avec une croissance modérée bloquée à 4,7 %, il restera encore largement en dessous de la moyenne africaine. Les conséquences économiques du virus Ebola sur l Afrique occidentale demeurent difficiles à évaluer. responsability ne détient pas d investissements directs dans les pays les plus fortement touchés par l épidémie mais, du fait de la demande urgente, compte se pencher sur la question dès que les activités normales auront repris. Les experts interrogés se montrent plus réservés sur la question du développement du portefeuille des institutions de microfinance : ils prévoient pour 2015 un taux de croissance de 10 à 20 % pour les importants marchés africains de la microfinance, soit 10 points de pourcentage de moins qu en Figure 9 : Afrique subsaharienne, prévisions de croissance m réelle du PIB pour des pays choisis Figure 10 : Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), m prévisions de croissance réelle du PIB pour des pays choisis Afrique subsaharienne MENA Kenya Ghana Tanzanie Nigeria Afrique du Sud 5,3 % 4,5 % 7,2 % 7,0 % 1,4 % 6,2 % 4,7 % 7,0 % 7,3 % 2,3 % Turquie Tunisie Maroc Jordanie Liban 3,0 % 2,8 % 3,5 % 3,5 % 1,8 % 3,0 % 3,7 % 4,7 % 4,0 % 2,5 % Pays dans lesquels responsability investit Sources : FMI, responsability Research Pays dans lesquels responsability investit Sources : FMI, responsability Research L Afrique subsaharienne continue sa success story. Le secteur privé du Kenya, du Nigeria, du Ghana et dans une moindre mesure de la Tanzanie s est énormément développé, que ce soit Dans l ensemble des pays du Moyen-Orient et d Afrique du Nord (MENA), la reprise économique se poursuit en dépit des incertitudes politiques. Selon les prévisions du FMI pour 2015, responsability Microfinance Market Outlook

12 la Turquie enregistrera une croissance de 3 % rendue possible par l assouplissement de sa politique monétaire alors que la Tunisie et le Maroc perdront plus d un point de pourcentage. Le conflit syrien n a pas encore d incidence notable sur la politique et la sécurité de la Jordanie, mais l afflux permanent de réfugiés commence à peser sur le pays. De l avis des experts interrogés, les marchés tunisien, marocain et jordanien de la microfinance progresseront d environ 15 %. Ce rythme satisfaisant s explique notamment par l amélioration de l infrastructure des marchés, par une réglementation adaptée et par le travail des bureaux de crédit. Résultat particulièrement réjouissant : quatre ans après la «Révolution de jasmin», le marché tunisien a le vent en poupe. La création de nombreuses IMF n est pas pour rien dans cette réussite. Figure 11 : Asie centrale, prévisions de croissance m réelle du PIB pour des pays choisis Asie centrale Azerbaïdjan Géorgie Arménie Kirghizstan Tadjikistan ,5 % 5,0 % 3,2 % 4,1 % 6,0 % Pays dans lesquels responsability investit Sources : FMI, responsability Research 4,3 % 5,0 % 3,5 % 4,9 % 6,0 % La crise économique russe pèse lourdement sur la croissance des pays d Asie centrale et du Caucase. Les problèmes et les ratés de la Russie ne datent pas du conflit ukrainien et des sanctions qui en ont découlé. La diminution de la population, une justice complaisante, la confiance limitée des investis- seurs, une activité d investissement insuffisante ainsi que la dépendance vis-à-vis des recettes provenant des exportations de matières premières en chute libre depuis quelque temps sont autant de difficultés auxquelles la Russie doit faire face. En conséquence, le FMI table sur une stagnation de l économie russe pour La Géorgie, qui n entretient pas de relations économiques notables avec la Russie, devrait progresser de 5 %. Le tableau est moins rose pour l Arménie et l Azerbaïdjan, qui enregistreront un recul de la croissance de leur PIB à 3,5 et 4,3 %. Les économistes du FMI prévoient une croissance de 6 % pour le Tadjikistan et de presque 5 % pour le Kirghizstan. Les sanctions prises contre la Russie n ont pas encore produit tous leurs effets sur le secteur financier russe. La prudence est donc de mise même si le modèle d affaires de la microfinance a prouvé à maintes reprises qu il était capable de résister aux crises qui secouent le globe ainsi, les pays de l ancien bloc soviétique ont plutôt bien surmonté la forte récession russe de Les premières conséquences négatives n apparaissent pas aujourd hui au niveau des microcrédits classiques, elles affectent davantage le financement de la consommation. Toute-fois, en 2015, les opérations de crédit concernant les micro, petites et moyennes entreprises de Russie devraient également en faire les frais ou stagner dans le meilleur des cas. Les experts s attendent à ce que les marchés de la microfinance du Caucase et d Asie centrale, qui étaient sains jusqu à maintenant, subissent quant à eux un affaiblissement modéré de la demande, avec en première ligne l Arménie, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Un expert souligne la situation très compliquée sur le marché du travail russe, en crise, et le retour de nombreux travailleurs immigrés en Asie centrale. Ce dernier point devrait provoquer un net recul des transferts d argent mensuels. Un autre expert évoque quant à lui un début de retrait des banques russes sur les marchés voisins et la marge de manœuvre qui en découle pour les banques de microfinance locales. responsability Microfinance Market Outlook

13 Figure 12 : Europe de l Est, prévisions de croissance m réelle du PIB pour des pays choisis Figure 13 : Asie-Pacifique, prévisions de croissance m réelle du PIB pour des pays choisis Europe de l Est Asie-Pacifique Bosnie Kosovo Moldavie Serbie Albanie 0,7 % 2,7 % 1,8 % -0,5 % 2,1 % 3,5 % 3,3 % 3,5 % 1,0 % 3,3 % Cambodge Inde Mongolie Sri Lanka Chine 7,2 % 5,6 % 9,1 % 7,0 % 7,4 % 7,3 % 6,4 % 8,4 % 6,5 % 7,1 % Pays dans lesquels responsability investit Sources : FMI, responsability Research Pays dans lesquels responsability investit Sources : FMI, responsability Research Du fait des liens économiques étroits qui les unit, l Europe de l Est bénéficie de la timide reprise de l Europe de l Ouest. Jusqu à présent, les effets de la crise ukrainienne sont strictement limités. Selon les prévisions du FMI, avec 3,5 %, la Bosnie enregistrera la croissance la plus marquée depuis le début de la crise de l euro. Ce résultat s explique notamment par les mesures de reconstruction qui ont été mises en œuvre suite aux inondations dévastatrices du printemps Une tendance à la reprise se dessine pour le Kosovo et la Serbie alors que la Roumanie et surtout la Moldavie, en position de vulnérabilité vis-à-vis de l Ukraine, ne risquent pas de faire des étincelles. En raison de la qualité plutôt modeste du portefeuille, les experts interrogés par responsability tablent aussi pour 2015 sur une croissance à un chiffre des portefeuilles de la microfinance dans cette région du monde. L Asie-Pacifique affiche un dynamisme impressionnant. Bien que les marchés intérieurs soient en plein boom, les prix restent stables. Les marchés du travail sont sains, la structure par âge de la population favorable et les conditions-cadres financières extrêmement solides grâce à l afflux de capitaux. Rien d étonnant par conséquent à ce que les investissements directs et en portefeuille aient récemment battu de nouveaux records. Au Cambodge, les tensions entre le gouvernement et l opposition se sont apaisées. Selon les prévisions du FMI, ce pays enregistrera pour la cinquième année consécutive une croissance de plus de 7 %. L atterrissage en douceur de l économie chinoise, qui a repris un rythme plus modéré à 7 %, bénéficie à tous les marchés asiatiques. Un comportement négligent vis-à-vis des investisseurs étrangers a par contre provoqué une hausse des risques en Mongolie, alors que le secteur bancaire en forte expansion est placé sous surveillance. Pour la première fois depuis 30 ans, l Inde dispose d un gouvernement stable qui ne dépend pas de partenaires de coalition. L économie indienne se distingue notamment par une intense activité d investissement et la reprise de ses exportations. Ce résultat plutôt réjouissant dans son ensemble a amené le FMI à revoir les prévisions de croissance du PIB du pays à la hausse (6,4 %). Que ce soit pour l Inde ou pour le Cambodge, de loin les deux principaux marchés de la microfinance pour les investisseurs, les experts interrogés prévoient une croissance de leur portefeuille de plus de 30 % pour responsability Microfinance Market Outlook

14 Redressement du marché indien de la microfinance En 2011, les observateurs du marché n entrevoyaient aucun avenir pour le marché indien de la microfinance. A cette époque, le gouvernement de l Etat de l Andhra Pradesh essayait d interdire l accès des petits emprunteurs à la microfinance. Depuis, chaque édition du Microfinance Market Outlook comporte un article spécial consacré à l Inde. Aujourd hui, il ne fait aucun doute que le secteur de la microfinance sur le sous-continent est sorti renforcé de la crise qui l a secoué. Notre exposition sur le marché indien a été multipliée par quatre au cours des trois dernières années, passant de USD 30 millions à USD 120 millions, ce qui exprime bien la confiance que nous avons en lui. Notre optimisme s explique notamment par la réorientation drastique à laquelle le secteur financier indien a dû se conforter, la banque centrale indienne, dirigée depuis septembre 2013 par l éminent économiste Raghuram Rajan, ayant en effet obligé les banques à proposer des services financiers de base aux 800 millions d adultes vivant en Inde. Un bilan insatisfaisant a été à l origine de cette initiative de la banque centrale : les banques d Etat, indolentes, et le secteur financier privé, de taille modeste, déployaient en effet de moins en moins d efforts pour assurer les services de base, une situation inadmissible. Fait remarquable, avec sa politique, la banque centrale indienne visait une extension de l offre et voulait accroître la concurrence entre les institutions financières. C est dans cette perspective qu elle a ouvert le secteur financier à des forces neuves. Cette volonté de la banque centrale s est exprimée notamment par l octroi d une licence bancaire à une institution de microfinance lors de la première vague d attributions de licences. Le secteur indien de la microfinance se voyait pousser des ailes. Il ne manquait plus qu un vent nouveau se mette à souffler. Ce fut chose faite lors des élections législatives d avril/mai 2014, puisque pour la première fois depuis 30 ans, la plus grande démocratie du monde a installé à sa tête un gouvernement à parti unique stable ne dépendant pas de partenaires de coalition et risquant donc moins de faire l objet de chantages politiques. Le nouveau gouvernement de Narendra Modi a remporté les élections avec un programme se focalisant sur la promotion et le développement du secteur privé. A peine arrivé au pouvoir, le gouvernement indien a bien insisté sur le fait que la promotion des services financiers serait au cœur de ses préoccupations. Certains craignaient que, dans leurs efforts, le gouvernement et la banque centrale ne se marchent sur les pieds. Ils ont été rassurés par la nomination en septembre 2014 d Arvind Subramanian, un camarade d études de Raghuram Rajan, au poste d économiste en chef du gouvernement indien. En termes de croissance macroéconomique aussi, le gouvernement et la banque centrale ont le vent en poupe : selon les prévisions du FMI pour 2015, après trois années plutôt moroses, l Inde retrouvera le chemin de la croissance (plus de 6 %). Par ailleurs, depuis l été 2014, les investisseurs étrangers ont recommencé à beaucoup s intéresser à l Inde. Les fonds responsability investissent quant à eux dans ce pays depuis Depuis 2011, une équipe locale basée au bureau de responsability à Mumbai se consacre au marché indien. Une analyse détaillée figure dans notre publication actuelle Research Insight : Grandeur, déclin et regain de dynamisme du marché indien de la microfinance, disponible sur responsability Microfinance Market Outlook

15 Enquête auprès des experts : les IMF recherchent des partenaires solides Afin d analyser le potentiel d investissement des marchés de la microfinance évoqués dans les pages introductives de ce Microfinance Market Outlook, responsability utilise un portefeuille représentatif et stable de 100 institutions clés. Il s agit de prestataires reconnus sur leur marché. Ces IMF sont réparties géographiquement sur 38 marchés clés. Elles représentent actuellement USD 52 milliards d actifs et 25,5 millions d emprunteurs. responsability a déjà investi USD 1,2 milliard dans ces IMF. Eu égard aux résultats de ce portefeuille représentatif, le marché de la microfinance a connu une hausse de 15 % au cours du premier semestre 2014 (voir figure 13). Le rythme s accélérant actuellement, nous considérons que les prévisions de croissance du portefeuille de 15 à 20 % émises par les experts pour 2015 sont prudentes. Abbildung 4: Reales BIP-Wachstum Figure 14 : croissance du portefeuille des 100 IMF 25 % % % % % % 0 T4/2012 T1/2013 T2/2013 T3/2013 T4/2013 T1/2014 T2/2014 T3/2014 T4/2014 T1/2015 T2/2015 T3/2015 T4/2015 Croissance par rapport à l année précédente (échelle de gauche) Portefeuille de crédits bruts en millions de USD (échelle de droite) Source : responsability Research. Les chiffres à partir du quatrième trimestre 2014 sont des estimations responsability Microfinance Market Outlook

16 Conséquences mineures des décisions de la Fed Les experts interrogés estiment que la normalisation de la politique en matière de taux d intérêt prévue dès 2015 n aura qu un impact limité sur les marchés de la microfinance (voir figure 14). Dix-sept de ces experts, soit plus de la moitié d entre eux, parlent de légères répercussions, neuf autres penchent même pour une absence totale de conséquences. Par contre, ils sont cinq à prévoir des changements de moyenne envergure. Un seul expert estime quant à lui que les mutations de l environnement de taux entraîneront de graves conséquences. Il est réjouissant de constater que la plupart des experts interrogés, qui tablent sur des répercussions mineures, sont en mesure de justifier de façon détaillée leurs estimations. On ne saurait par conséquent mettre leur optimisme sur le compte d un manque d indicateurs fiables. Ce qui est par exemple frappant dans leurs réponses, c est, tout d abord, que les experts interrogés insistent sur le fait que les marchés observés disposent actuellement de suffisamment de liquidités et, ensuite, qu ils ne s inquiètent guère du risque d augmentation générale des coûts de financement découlant des hausses des taux directeurs. Figure 15 : conséquences attendues des hausses des taux directeurs américains (enquête auprès des experts) Aucune répercussion Légère répercussion Répercussion moyenne Répercussion importante Source : responsability Research Qualité du portefeuille sous étroite surveillance La qualité du portefeuille est évaluée selon un principe strict par le monde de la microfinance, qui établit une proportion entre les crédits remboursés dans les délais par des millions de clients finaux et les crédits défaillants. Alors que dans les statistiques bancaires des pays riches, seuls les crédits échus depuis plus de 90 jours sont considérés comme défaillants, des règles beaucoup plus draconiennes s appliquent au secteur de la microfinance et les crédits arrivés à échéance depuis plus de 30 jours sont jugés défaillants. Il nous faut ajouter à cela les crédits refinancés et les amortissements pour avoir une liste exhaustive des crédits potentiellement problématiques. Au milieu de l année 2014, 94,4 % des crédits avaient été remboursés dans les délais. Malgré tout, on a vu se dessiner une tendance négative, la part des crédits défaillants étant passée de 3,1 % en 2013 à 3,4 % actuellement. Alors que les refinancements ont stagné à 0,7 %, les amortissements sont passés de 1,24 à 1,48 % (valeur annualisée). Cette diminution de la qualité du portefeuille s explique entre autres par le ralentissement temporaire de la croissance au Pérou, qui s est clairement fait sentir du fait de la concurrence vive qui règne sur le marché péruvien de la microfinance. Autre raison justifiant cette baisse : le fléchissement de la croissance en Inde, qui a notamment affecté le segment des microcrédits accordés aux transporteurs (les risques de crédit en hausse sont une conséquence directe de la chute des prix des camions d occasion). Selon nos experts, ces deux marchés devraient connaître une nette embellie en Ils prévoient en revanche une diminution de la qualité du portefeuille des marchés touchés par la crise économique russe, les principaux pays concernés étant l Ukraine, la Biélorussie, l Arménie, le Tadjikistan et le Kirghizstan. Toutefois, la qualité de leur portefeuille restera supérieure à la moyenne mondiale. Dix-sept des experts que nous avons interrogés sont d avis que la qualité du portefeuille de leurs marchés se maintiendra au même niveau. Ils sont onze à penser qu elle se détériorera et seulement quatre à envisager une amélioration. Aucun n a évoqué une dégradation alarmante. Il s agirait plutôt d une progression lente, souvent due à l intensification de la concurrence parmi les institutions de microfinance. Les experts responsability Microfinance Market Outlook

17 interrogés recommandent de suivre cette évolution avec toute l attention qu elle mérite et d opter pour une gestion plus rigoureuse du risque. Abbildung 4: Reales BIP-Wachstum Figure 16 : qualité du portefeuille des 100 IMF 8% 7% 6% 5% 4% 3% 2% 1% 0% T4/11 T1/12 T2/12 T3/12 Source : responsability Research T4/12 En souffrance Refinancements Passé en pertes Les conditions-cadres institutionnelles ne cessent de s améliorer Selon les experts qui ont participé à notre enquête, les conditions-cadres s appliquant aux institutions de microfinance ne cessent de s améliorer. La moitié d entre eux vont à l encontre des idées reçues sur le blocage des réformes dans les pays en voie de développement et les marchés émergents, et parlent d une nette amélioration. Ils sont presque un tiers à penser que sur chaque marché, il existera un équilibre entre les améliorations et les détériorations, alors que près d un cinquième des experts prévoient une nette dégradation. En revanche, tous s accordent à dire que la réglementation jouera un rôle clé. Les 32 experts constatent que les banques centrales et les organismes de surveillance bancaire font preuve de plus en plus de compréhension vis-à-vis du domaine de la microfinance. A l inverse, la confiance dans le monde politique s amoindrit, les hommes politiques étant trop souvent tentés de succomber à un populisme dénué de toute vision, ce qui porte préjudice à la politique de développement. Les choses risquent d être compliquées pour certains marchés d Amérique du Sud et d Asie centrale, qui devront faire face à des interventions réglementaires et étatiques sous la forme principalement de plafonnements des taux d intérêt, d imposition par l Etat de quotas de crédits pour certains secteurs de l économie ou encore de prescriptions sur le capital réglementaire. T1/13 T2/13 T3/13 T4/13 T1/14 T2/14 Figure 17 : estimation des conditions-cadres institutionnelle (enquête auprès des experts) Plutôt une détérioration Pas vraiment de changements Une nette amélioration Source : responsability Research Bureau d information sur le crédit : les coûts doivent baisser Dans la plupart des pays, les bureaux d information sur le crédit font partie du paysage et constituent un élément important de l infrastructure des marchés puisqu ils permettent de réduire les risques liés à l octroi d un crédit. Ils évaluent la solvabilité d un emprunteur en collectant des informations auprès d autres prêteurs, ce qui fait que les ménages ont moins besoin de garanties physiques et que même ceux dépourvus de relation bancaire peuvent apporter la preuve de leur solvabilité. En outre, le fait que tous les crédits soient connus permet de réduire le risque de surendettement de l emprunteur. Près de 100 bureaux de crédit sont actuellement présents sur nos marchés cibles. Pratiquement la moitié des experts que nous avons interrogés dans le cadre de notre enquête considèrent que la couverture de leur marché par les centres de renseignement sur le crédit est élevée. Ils sont douze à penser que la couverture est faible à moyenne mais tend à augmenter rapidement. Cinq experts estiment quant à eux que la couverture, déjà faible, ne progressera pas beaucoup. «Les centres de renseignement sur le crédit fonctionnent parfaitement bien. Deux sociétés privées et le régulateur collectent des données afin de réduire le risque de surendettement. Suite aux expériences douloureuses du passé, l échange de renseignements est désormais largement accepté par la branche.» Kurt Koenigsfest, BancoSol responsability Microfinance Market Outlook

18 Le fait que certains gros concurrents, habituellement des banques traditionnelles, ne jouent pas le jeu a été plusieurs fois souligné. Les coûts liés aux services de renseignement sur le crédit, qui pourraient être réduits par l utilisation de technologies appropriées et la concurrence entre plusieurs prestataires, constituent le principal obstacle à une meilleure couverture. Les experts signalent par ailleurs que ces coûts sont transparents, mais que l intérêt d une réduction sensible des taux de défaut échappe aux IMF, ce qui enfle la problématique des coûts. Figure 18: couverture du marché par les centres de renseignement sur le crédit (enquête auprès des experts) Couverture faible ou modérée, tendance plutôt constante Couverture faible à modérée, rapide amélioration Couverture élevée Source : responsability Research A l avenir aussi, des partenaires de financement spécialisés seront nécessaires Le financement local continue à gagner du terrain dans les pays en voie de développement et les marchés émergents. Quasiment deux tiers des experts signalent que l épargne, les emprunts et les crédits bancaires joueront un rôle de plus en plus significatif sur les marchés de la microfinance. Environ la moitié d entre eux pensent que les financements en dette internationaux continueront d occuper une place importante. Un petit tiers des experts interrogés évoquent les capitaux propres provenant de sources internationales et locales (voir page 19, Une participation directe : le private equity dans la microfinance). En revanche, aucun des 32 experts ayant participé à notre enquête ne pense que les dons et les prêts non remboursables ne progresseront. La tendance à la hausse de l épargne dans les bilans des IMF est bien documentée. Sur les deux dernières années, les 100 IMF qui composent notre portefeuille modèle ont vu leur volume de dépôts augmenter de près de 30 %, si bien qu il se chiffre aujourd hui à USD 29,2 milliards. «A long terme, l activité de dépôts jouera un rôle important. Toutefois, l épargne locale est encore beaucoup trop maigre et inconstante. Des partenaires internationaux fiables seront donc toujours indispensables au cours des prochaines années.» Senacheert Sim, Directeur général, PRASAC Ce résultat prouve que le développement du secteur financier de différents marchés émergents porte ses fruits. Les ménages à faibles revenus attachent une grande importance à des possibilités d épargne sûres. Les gestionnaires de dépôts sont soumis à des contraintes réglementaires strictes, ce qui ne constitue pas un obstacle insurmontable pour une IMF solide. Ce qui semblait encore illusoire en Inde il y a peu deviendra réalité en 2015, puisqu une première IMF indienne offrira des possibilités d épargne. Partant de là, rien d étonnant à ce que l autre moitié des experts évoquent un léger recul du rôle joué par le refinancement international des IMF. Ceci dit, ils ne sont que 15 % à penser que les flux de capitaux internationaux diminueront aussi en valeur absolue. En résumé, plusieurs éléments indiquent que les institutions de microfinance feront certes davantage le choix judicieux d opter pour des sources locales, mais que pour diversifier leurs bilans, elles continueront de faire appel à des partenaires internationaux qui ont fait leurs preuves. Figure 19: progression des sources de financement (enquête auprès des experts) Financement en dette local Epargne locale Financement en dette international Financement en capitaux propres international Financement en capitaux propres local Subventions/ dons Source : responsability Research responsability Microfinance Market Outlook

19 Une participation directe : le private equity dans la microfinance En 2015 aussi, dans le secteur mondial de la microfinance, les investissements en capitaux propres augmenteront plus fortement que les financements en dette. Notre équipe de spécialistes de private equity prévoit une hausse de 30 % des transactions en capitaux propres, ce qui correspond à la moyenne des trois dernières années. Le rôle de moteur de la croissance devrait être tenu par la région Asie-Pacifique. Dans le domaine des transactions primaires, certaines grandes sociétés de participation transrégionales et banques de microfinance matures lèvent des capitaux considérables. Mais avec le développement croissant du marché de la microfinance, nous observons une tendance à l accroissement du nombre des transactions secondaires réalisées avec des IMF matures et des banques spécialisées dans les PME. Cette tendance s accentuera encore au cours des prochaines années étant donné qu une série de fonds fermés lancés avant que ne survienne la crise financière arriveront bientôt à échéance. Selon les données des observateurs du marché Luminis et MicroRate, au moins huit fonds de placements en capitaux propres ou hybrides avec des placements en capitaux propres d un montant approximatif de USD 600 millions arriveront à échéance entre 2014 et 2016, si bien qu ils auront besoin d acheteurs pour leurs positions. La réorientation géographique des sociétés de participation transrégionales crée de nouvelles opportunités de rachat. Les levées de capitaux effectuées par de grandes sociétés de participation et la hausse du nombre de transactions secondaires réalisées avec des institutions matures gonflent le volume des transactions. La majorité des investisseurs de la microfinance ne peuvent pas investir plus de USD 10 millions dans une seule institution, ce qui favorise l augmentation des transactions consortiales, autrement dit des club deals. Cette tendance ouvre des opportunités de placement intéressantes pour les fonds récemment établis qui se spécialisent dans les IMF matures et qui sont donc mieux à même de répondre aux exigences de ces institutions. Les informations sur la valorisation des transactions en capitaux propres sont bien entendu confidentielles et ne sont que rarement rendues publiques. Toutefois, de nouvelles études fournissent une série de multiples de l indice de référence régional. Nous continuons d observer les multiples de la valeur comptable (VC) les plus élevés (au-dessus de 1,5 VC) en Amérique latine et en Asie-Pacifique, mais aussi de plus en plus en Afrique (voir figure 20). Le marché indien de la microfinance en particulier, qui s est remarquablement bien remis de la crise, voit le volume de ses transactions augmenter alors que ses multiples sont eux aussi à la hausse. Dans les pays d Asie centrale et du Caucase, les transactions restent nettement moins bien valorisées, généralement à la valeur comptable. Les transactions en capitaux propres sont presque inexistantes en Europe de l Est et elles ne s effectuent qu avec des multiples de la valeur comptable de l ordre de 1 ou en deçà. Figure 20 : Valorisation des transaction en capitaux propres Valorisations des transactions en Amérique capitaux latine propres Asie du Sud et du Sud-Est Afrique Asie centrale et Caucase Europe de l Est 1,5 valeur comptable et au-dessus 1,5 valeur comptable et au-dessus 1,5 valeur comptable et au-dessus A la valeur comptable ou légèrement audessus avec quelques valeurs extrêmes tendant vers le haut A la valeur comptable ou en deçà responsability entend participer au dynamisme croissant du marché des capitaux propres du secteur de la microfinance et a étoffé son équipe en conséquence : présente à Zurich, Lima et Bangkok, notre équipe renforcée est idéalement placée pour analyser et accompagner des opportunités d investissement sur des marchés matures tels que la Colombie, la Bolivie, le Cambodge ou encore le Kenya. Ces marchés offrent en effet aux acteurs plus larges des opportunités de financement de la croissance et de rachats qui vont bien au-delà de la capacité offerte par de nombreux fonds en capitaux propres classiques du secteur de la microfinance. Nous observons en outre un intérêt croissant de la part des banques locales spécialisées pour les PME. En plus des acteurs des marchés déjà établis, quelques IMF moins matures offrent également des opportunités de placement intéressantes, notamment en Afrique et en Asie du Sud. Enfin, les opportunités d investir dans des IMF en passe de devenir des banques commerciales réglementées sont toujours excellentes. responsability Microfinance Market Outlook

20 A propos de responsability Investments AG responsability Investments AG est l un des principaux gestionnaires de fonds indépendants dans le monde, spécialisés dans les secteurs liés au développement économique des pays émergents : la finance, l agriculture, l énergie, la santé et l éducation. responsability investit en dette ou en capital dans des entreprises non cotées offrant des solutions et des services adaptés aux populations à revenu faible et contribuant ainsi fortement à la croissance économique et au progrès sociétal des pays émergents. responsability propose aux investisseurs privés et institutionnels des solutions professionnelles de gestion de placements. Fondée en 2003, la société, dont le siège est basé à Zurich, gère un portefeuille de USD 2,4 milliards, investis dans plus de 500 entreprises situées dans plus de 90 pays. responsability s appuie sur un réseau de bureaux locaux à Paris, Lima, Mumbai et Nairobi. Elle compte parmi ses actionnaires diverses institutions de renom de la place financière suisse, de même que des collaborateurs. responsability est soumise à la surveillance de l Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA. Au cours des douze derniers mois, 6 en tant que l un des principaux investisseurs mondiaux dans le secteur de la microfinance, responsability a investi USD 882 millions supplémentaires dans des entreprises de microfinance, ce qui correspond à une augmentation de 26,8 % par rapport à l année dernière. Le montant total des actifs gérés investi dans les marchés de la microfinance s élève donc à USD 1,85 milliard réparti sur 77 pays. Une forte présence encore légèrement renforcée dans toutes les régions du monde a prouvé son efficacité. Notre expansion s explique également par la gestion active des portefeuilles et par l efficacité de la répartition du travail de placement. A propos de l auteur : Christian Etzensperger est analyste de recherche senior chez responsability Investments AG. Il est titulaire d un MA en économie et d un MSc (avec distinction) en développement économique de l Université de Glasgow, Adam Smith Business School, et peut se prévaloir du titre de Chartered Alternative Investment Analyst (CAIA). Avant de rejoindre responsability Investments AG en 2010, il a occupé le poste d analyste quantitatif auprès de la Banque Vontobel et celui de macroéconomiste et d analyste industriel au Credit Suisse. Christian Etzensperger, Senior Research Analyst Dans une interview, l auteur s exprime également sur le Microfinance Market Outlook Vous trouverez ce dernier ainsi que l ensemble des études de recherche, des publications et des webcasts de responsability sur 6 Du troisième trimestre 2013 au troisième trimestre Ce document a été élaboré par responsability Investments AG. Les informations contenues dans le présent document (ci-après «informations») se basent sur des sources considérées comme fiables ; toutefois, il n y a aucune garantie quant à l exactitude et à l exhaustivité de ces dernières. Les informations peuvent être modifiées à tout moment sans obligation d en informer les destinataires. Sauf mention contraire, les chiffres ne sont ni vérifiés, ni garantis. L ensemble des actions entreprises sur la base de ces informations s effectue sous la responsabilité et au risque des seuls destinataires. Ce document est fourni exclusivement à titre d information. Les informations ne dispensent pas la personne qui les reçoit de les juger par elle-même. Des citations du présent document sont autorisées pour autant que la source soit mentionnée. Crédits des photos : HKL Cambodia pour responsability, 2014 (page de titre). 2014, responsability Investments AG. Tous droits réservés. responsability Investments AG Josefstrasse 59, 8005 Zurich, Suisse Téléphone responsability Microfinance Market Outlook

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