UBSoutlook. Industrie des machines,des équipements électriques et des métaux Pistes pour l avenir

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1 UBSoutlook Impulsions pour la gestiond entreprise Industrie des machines,des équipements électriques et des métaux Pistes pour l avenir Analyse Un secteur fort face à de nouveaux défis Perspectives Taux, monnaies, matièrespremières: où cela mène-t-il? Solutions Optimiserles financesdel entreprise ab

2 Contenu Editorial En bref 3 4 Section 1 Analyse Un secteur fort face àdenouveauxdéfis Structureetperspectives de l'industrie MEM Marchés acheteurs: le soleil se lève àl'est Course mondiale aux technologies Section 2 Perspectives Taux, monnaies, matières premières: où cela mène-t-il? Prendredes décisions de financement àune époque difficile Petites monnaies toutes grandes Sans métaux industriels, rien ne va Section 3 Solutions Optimiser les finances de l'entreprise Assurer ses arrièresavant d'exporter Maîtriser la liquidité: une approche systématique pour un succès garanti Se protéger des risques liés aux taux de change, de manière stratégique Couverture: Les photos illustrant cette publication permettent de découvrir des entreprises de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux sous un angle inédit. La photo en couverture montre uncollaborateur àl'intérieur d un tambour sécheur destiné à la fabrication d'asphalte. 2 N SAP D F

3 Editorial Chère lectrice, cher lecteur, Les discussions franches approfondissent une relation. Cela vaut aussi pour la relation de longue date entre l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM) et les banques. Certes, cette relation ne se déroule pas toujours sans conflits, surtout à une époque économique tendue, mais sur le long terme, les intérêts communs prévalent clairement. Cela donne lieu à un dialogue constructif qui profite pleinement aux deux parties. Les banques et les entreprises industrielles s'enrichissent mutuellement. Ainsi, par exemple, les prédécesseurs des grandes banques actuelles ont été fondés au 19e siècle pour soutenir la mise en place et le développement de l'industrie suisse ainsi que le financement de la construction des chemins de fer. Peu de temps après, les banques se sont également attelées de plus en plus à promouvoir les exportations croissantes de l'industrie. Et si de nos jours, l'industrie MEM et les banques suisses rivalisent avec les meilleurs dans le monde entier, c'est notamment grâce à la relation enrichissante et à la proximité géographique des deux secteurs. UBS veut être un partenaire fort de l'industrie MEM. C'est pourquoi, nous menons régulièrement une réflexion approfondie sur les besoins et desiderata de l'industrie MEM. Dans cette publication, nous avons réuni une série de conclusions de nos recherches. Dans la première section, nos analystes établissent un diagnostic de la position concurrentielle du secteur. Dans la deuxième section, ils se penchent sur les différents marchés importants, notamment ceux des devises et des matières premières. Dans la troisième partie, nos experts présentent des solutions et outils bancaires concrets, tout en expliquant aux entreprises comment les utiliser. L'essentiel réside dans un bon partenariat. Nous apprécions beaucoup les nombreux contacts avec les entreprises de l'industrie MEM; pour nous, ce sont sans cesse de nouvelles sources d'inspiration. Ainsi par exemple, c'est l'association Swissmem qui nous aaimablement fourni pour cette publication quelques photos illustrant le quotidien du monde industriel. Merci beaucoup! Nous espérons que cette publication contribuera àundialogue toujours empreint de cette même franchise et que l'histoire delarelation entre les entreprises industrielles et les banques se poursuivra aussi àl'avenir. Nous vous souhaitons une passionnante lecture. Manuel Leuthold, Responsable Corporate &Institutional Clients UBSoutlook 3

4 En bref Section 1 Analyse: Un secteur fort face àde nouveaux défis Section 2 Perspectives: Taux, monnaies, matières premières où cela mène-t-il? Section 3 Solutions: Optimiser les finances de l'entreprise Structure et perspectives de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux L'industrie MEM est orientée vers les exportations et est un employeur important en Suisse. Pour pouvoir maintenir sa forte position, elle doit s'affirmer face à la concurrence internationale. Page 6 Marchés acheteurs: le soleil se lève à l'est La majeure partie des exportations de l'industrie MEM est destinée à l'europe occidentale. Mais les opportunités de croissance les plus intéressantes se situent en Asie. Page 12 Course mondiale aux technologies L'industrie MEM suisse subit une concurrence croissante notamment de la part des entreprises chinoises. Cette concurrence est aggravée par le fait qu'en Chine, il est difficile d imposer de manière stricte les droits sur les brevets d'invention. Page 15 Prendre des décisions de financement à une époque difficile Dans l'année ou les deux années à venir, il faut s'attendre à une hausse des taux d'intérêt en Suisse. Lors de financements d'entreprises, des taux fixes à long terme peuvent s'avérer judicieux. Page 20 Petites monnaies toutes grandes Les entreprises industrielles exportatrices doivent pouvoir vivre avec un franc suisse fort sur une période relativement longue. Des monnaies plus modestes pourraient également gagner en importance. Page 22 Sans métaux industriels, rien ne va Les métaux industriels sont indispensables à l'industrie MEM. Les entreprises peuvent profiter du fléchissement actuel des prix pour réaliser des achats supplémentaires ou couvrir leurs besoins. Page 25 Assurer ses arrières avant d'exporter Même les petits exportateurs ont intérêt àcouvrir les paiements transfrontaliers et àproposer des financements aux clients étrangers. Pour ce faire, ils devraient consulter la banque le plus tôt possible. Page 30 Maîtriser laliquidité: une approche systématique, au succès garanti Plus la situation économique est tendue, plus la gestion des liquidités devient importante. Celle-ci libère des moyens financiers inexploités et peut considérablement améliorer la rentabilité d'une entreprise industrielle. Page 34 Se protéger des risques liés aux taux de change, de manière stratégique Les fluctuations des taux de change peuvent rapidement annihiler tout projet d'une entreprise industrielle àl'étranger. Ilest recommandé d'identifier les risques et de s'en protéger àbon escient. Page 37 4 UBSoutlook

5 Eine starkebranche vorherausforderungen Thema Analyse Un secteur fort face à de nouveaux défis L'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM) est fortement orientée vers l'exportation. Les opportunités de croissance existent surtout sur les marchés asiatiques. Toutefois, c'est de là aussi que vient la menace de la concurrence: de plus en plus d'entreprises chinoises jouent des coudes sur les marchés occidentaux. La course aux innovations se durcit. Nous expliquons pourquoi opportunités et risques sont étroitement liés et comment les entreprises devraient se positionner. UBSoutlook 5

6 Analyse Un secteur fort face àdenouveauxdéfis Structureetperspectives de l'industrie MEM L'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM) joue un rôle important dans l'économie nationale suisse. Pour pouvoir maintenir sa forte position, elle doit cependant s'affirmer dans la lutte pour les ressources rares et face àlaconcurrence internationale. La Suisse fait partie des pays pionniers en matière d'industrie. Depuis le début du 19 e siècle, on y construit des machines textiles pour la fabrication mécanique de produits à base de coton. Le saut qualitatif de la mécanique d'usine des filatures aux producteurs de machines spécialisés et à la production de véhicules, à la transformation des métaux et à l'industrie des équipements électriques dans la seconde moitié du siècle a été à la fois une amélioration logique et une nécessité économique. L'industrie des machines est sortie renforcée des deux guerres mondiales et a été, jusque dans les années 1980, le principal employeur dans le secteur secondaire. Même de nos jours, l'industrie MEM représente encore près de 10% de l'économie suisse: en 2009, d'après les estimations, la création de plus-values dans l'industrie des biens d'investissement atteignait quelque 43 milliards de francs suisses, soit environ 8,5% des plusvalues brutes créées dans toute la Suisse. Depuis 2005, en moyenne 9,8% de tous les apprentis ont été formés dans les domaines de la construction mécanique, la transformation des métaux, l'électronique et l'automation. Durant le même laps de temps, la part d'étudiants suivant une formation professionnelle supérieure (formation tertiaire) dans les domaines de la construction mécanique, la transformation des métaux, l'électronique et l'automation s'élevait à 5,7%. Un employeur important En 2008, l'industrie MEM suisse (hors industrie horlogère) proposait au total quelque équivalents temps plein, soit 9,4% de tous les emplois de Suisse: environ personnes travaillaient dans l'industrie des métaux, dans celle des équipements électriques et dans l'industrie des machines (équivalents temps plein). Le secteur des métaux occupe la majeure partie de ses travailleurs dans la transformation industrielle des métaux, alors qu'une grande partie des employés de l'industrie des équipements électriques travaille à la production de composants électroniques, d'appareils médicaux ou de biens destinés à la production et distribution d'électricité. Dans l'industrie des machines, les fabricants de machines-outils et les entreprises actives dans la construction automobile occupent une grande partie des travailleurs. Dans le monde des sociétés suisses, l'industrie MEM se distingue par une forte concentration de grandes entreprises. Leur part dans le nombre total d'entreprises du secteur s'élève à 1,4%, alors que sur l'ensemble de toutes les sociétés de Suisse, elle atteint seulement 0,4%. Dans l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, la part des entreprises moyennes est presque trois fois supérieure à celle de l'ensemble des sociétés suisses et la proportion de petites entreprises (20%) atteint presque le double. Dans le secteur MEM, la part de micro-entreprises se situe 14 points de pour-cent au-dessous de l'ensemble des sociétés suisses. En 2008, la Suisse comptait environ 3,4 millions d'emplois occupés. En % 48,3 Prestataires de services 4,8 Prestataires financiers 19,1 Industrie hors MEM 3,5 Machines 2,9 Equipements électriques 3,0 Métaux 18,4 Autres En 2008, 9,4% des employés (convertis en équivalentstemps plein) travaillaient dans l'industrie MEM. Source: OFS (Recensement fédéraldes entreprises 2008), UBS WMR Carla Duss Économiste 6 UBSoutlook

7 «9,8% de tous les apprentisensuissesont formés dansledomaine de la construction mécanique, de la transformation desmé- taux, del'électronique et de l'automation.» Un secteur fort face àdenouveauxdéfis Analyse Même si près delamoitié de tous les travailleurs de l'industrie MEM travaille dans les cantons de Zurich, Berne, Saint-Gall et Argovie, par rapport au nombre total des emplois à temps plein proposés dans le canton, le secteur offre aujourd'hui encore de nombreux emplois dans le Nord-Est et le Nord delasuisse. Par contre, la densité des emplois de l'industrie MEM est faible dans les cantons de Genève et de Bâle-Ville. Forte à l'exportation, mais relativement peu d'investissements directs L'industrie MEM joue un rôle important dans le secteur suisse des exportations. Les données de l'administration fédérale des douanes illustrent la concentration sur l'international: en 2009, le secteur a réalisé près de 35% de toutes les exportations de biens à partir de la Suisse. Leur valeur totale avoisinait 63,5 milliards de francs suisses. Les principaux partenaires commerciaux de l'industrie MEM suisse sont les économies nationales d'europe occidentale, les Etats- Unis et la Chine (au sixième rang des marchés d'exportation): environ 63% de tous les biens exportés par l'industrie MEM étaient destinés à l'union européenne (54% àlazone euro), l'allemagne se taillant la part du lion avec une valeur totale de 16,5 milliards de francs. Cela correspond à près de 42% de toutes les exportations du secteur vers l'union européenne. Quelque 9% des exportations de l'industrie MEM sont partis vers les Etats-Unis et 5% vers l'économie nationale chinoise qui continue à enregistrer une forte croissance. Autre indicateur des multiples liens internationaux: les investissements directs, donc les moyens financiers consacrés à l'acquisition de filiales àl'étranger ou d'au moins 10% du capital donnant droit de vote dans une entreprise implantée à l'étranger. En 2008, l'industrie des métaux et des machines détenait des investissements directs d'une valeur de 50,2 milliards de francs suisses. Il est vrai que cela faisait 33,2 milliards de plus que dix ans auparavant, mais ce volume correspondait àseulement 6,2% de l'ensemble des investissements directs suisses Répartition des emplois dans l'industrie MEM Industrie des métaux En % Industrie des équipements électriques En % Industrie des machines En % 42,8 Transformation industrielledes métaux 20,8 Menuiserie métallique légère 15,2 Fabrication de métaux 21,2 Articles en métal 3,3 Machines de bureau et appareils informatiques 16,0 Production d'électricité 22,5 Composants électroniques 0,5 Equipement ménager 16,5 Appareils médicaux 4,0 Optique 18,5 Autres équipements électriques 5,3 Appareils de télécommunication 13,4 Instruments de mesure 22,4 Autre construction mécanique 16,7 Construction de véhicules 6,8 Turbines et moteurs 4,4 Pompes et compresseurs 7,2 Moyens de levage et de manutention 24,0 Machines-outils 3,3 Chauffageetréfrigération 4,2 Machines pour l'industrie alimentaire 4,5 Machines textiles 7,0 Machines àpapier et imprimeuses Le classement aété réalisé par IBS WMR sur la base de la Nomenclature Générale des Activités économiques NOGA Source: OFS (Recensement fédéral des entreprises 2008), UBS WMR UBSoutlook 7

8 Analyse Un secteur fort face à de nouveaux défis Grandes entreprises importantes dans l'industrie MEM Industrie machines, équip. électr. et métaux En % 6,3 Moy 19,8 Pet 72,5 Micro 1,4 Gdes Tailles des entreprises en Suisse En % 2,2 Moy 10,9 Pet 86,5 Micro 0,4 Gdes Le classement des entreprises par taille se fait en quatre groupes,sur la base des emplois équivalents temps plein proposés par les sociétés.les microentreprises sont des sociétés jusqu'à9collaborateurs,les petites entreprises comptent entre 10 et 49 collaborateurs,les moyennes entreprises 50 à249 collaborateurs et les grandes entreprises proposent plus de 250 emplois équivalents temps plein. Source: OFS (Recensement fédéral des entreprises 2008), UBS WMR de Or, en 1993, l'industrie MEM en détenait encore 7,1%. En 2008, le groupe d'entreprises dans les secteurs de l'électronique, de l'énergie, de l'optique et de l'horlogerie (groupement de la Banque Nationale Suisse) détenait des investissements directs d'une valeur de 36 milliards de francs, soit 4,5% des investissements directs suisses. Par rapport aux investissements directs d'autres secteurs également orientés vers l'exportation, dont les banques et assurances (quelque 190 milliards de francs, soit 23,5% de l'ensemble des investissements directs) ainsi que les fabricants de produits chimiques et de matières synthétiques (139 milliards de francs, c'est-àdire 17,2% de tous les investissements directs), le volume investi directement à l'étranger par l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux semble plutôt minime. Recul de la part dans les exportations globales L'industrie MEM est en concurrence avec d'autres secteurs en Suisse, en ce qui concerne les facteurs de production limités que constituent la terre, le travail et le capital disponibles et doit faire face à la concurrence internationale. De ce point de vue, sa position n'est pas MEM Emplois temps plein Part des emplois dans les cantons SH BS TG JU SO BL AG ZH AR AI NE BE LU OW ZG NW UR SZ GL SG VD FR GR GE VS TI 18% 15,5% 14% 12% 10% 5,5% 8 Parrapport au total des emplois proposés dans le canton, la concentration de l'industrie MEM est la plus forte dans le nord-est et le nord de la Suisse. Source: OFS (Recensement fédéral des entreprises 2008), UBS WMR

9 Un secteur fort face àdenouveauxdéfis Analyse facile. Comparées aux exportations globales (prestations de service comprises) de la Suisse, les exportations de l'industrie MEM ont nettement perdu du terrain ces dernières années. Leur part est tombée de 35% en 1989 à24% en Durant la même décennie, la part des exportations de l'industrie chimique a grimpé de 17% à 27%, alors que les prestataires financiers ont pu se maintenir à7%. Au sein même de l'industrie MEM, il yades différences importantes: ainsi par exemple, les producteurs d'instruments de précision et les constructeurs automobiles ont vu leur taux d'exportation augmenter. Lapart des instruments de précision est passée de 3,7% en 1989 à5,3% en 2009, celle des véhicules et composants de véhicules de 1,2% à2,1%. Au cours des vingt dernières années, les produits de l'industrie des métaux ainsi que les machines, appareils et équipements électroniques ont cependant vu reculer de moitié leur part dans les exportations globales suisses. Faible productivité L'une des raisons du recul de l'industrie MEM dans les exportations globales réside sans doute dans le faible développement de la producti- Principaux marchés d'exportation de l'industrie MEM Exportations en milliardsdechf en 2009 U.E. 39,9 Allemagne 16,5 Etats-Unis 5,8 France 4,6 Italie 3,4 Pays-Bas 3,0 Chine 2,9 Royaume-Uni 2,4 Autriche 1,9 Espagne 1,5 Belgique 1,4 Japon 1,1 Inde 1,0 Corée du Sud 0,9 Suède 0,7 Pologne 0,7 Australie 0,7 Fédération Russe 0,7 République Tchèque 0,7 Emirats 0,7 Singapour 0,6 L'Union européenne est le principal marché acheteur de l'industrie MEM suisse.chaque année, plus de 63% de ses exportations sont destinées à l'union européenne. Source: AFD Swiss ImpEx, UBS WMR Principaux marchés d'exportation de l'industrie MEM Exportations en milliards de CHF Pourcentage des exportations globales 36% 30% 24% 18% 12% 6% % Echelle de gauche Exportations de services Exportations de biens sauf MEM Métaux Machines,appareils,électronique Instruments,dispositifs et appareils de précision Véhicules Echelle de droite Part des industries MEM Part des industries chimiques Part des prestataires financiers Ces vingt dernières années,lapart des exportations de l'industrie MEM dans l'ensemble des exportations suisses est tombée de 35% à24%. Source: AFD Swiss ImpEx, seco,bns,ubs WMR 9

10 Analyse Un secteur fort face à de nouveaux défis Les entreprises industrielles suisses brillent toujours par leur travail de précision. vité. Le rendement du travail par emploi à temps plein est certes légèrement supérieur à la moyenne suisse, mais nettement inférieur à celui du secteur financier ainsi que de l'industrie chimique et pharmaceutique. De surcroît, les augmentations de la productivité étaient relativement faibles: dans les années 1998 à 2008, le taux moyen annuel dans l'industrie MEM était de 2,6%, alors que dans l'industrie chimique et pharmaceutique, il s élevait à 5,0%. Pour les prestataires financiers, il atteignait 2,8%. La concurrence autour des facteurs de production sur le marché du travail suisse ne va pas s'atténuer pour l'industrie MEM. La présence d'autres secteurs majeurs et productifs orientés vers l'exportation, notamment les industries chimique et pharmaceutique ainsi que les prestataires financiers, devrait poser problème au secteur MEM plus faible en termes de productivité, surtout àcause des taux de change. La forte compétitivité internationale des autres secteurs d'exportation va continuer àrenforcer le franc suisse. Pour rester efficaces àplus long terme sur la place commerciale suisse, les entreprises doivent augmenter sans cesse leur productivité par une innovation permanente. Productivité du travail par branche En CHF par employé Industrie des machines,des équipements électriques et des métaux Prestataires financiers Industries chimique et pharmaceutique Suisse Parrapport au secteur financier,également orienté vers l'exportation, ainsi qu'aux industries chimique et pharmaceutique,les gains de productivité dans l'industrie MEM sont restés relativement modestes ces dix dernières années. Source: OFS,UBS WMR Remarques: Lesindications relativesàl'emploi se fondentsur des postes de travail équivalentsàdes tempsplein. L'industrie MEMinclut, selonladéfinition d'ubs WMR, l'industriedes machines, deséquipements électriques et des métaux horsindustrie horlogère. 10 UBSoutlook

11 Un secteur fort face àdenouveauxdéfis Analyse L'essentiel en bref L'industrie MEM est un employeur important en Suisse. Elle fournit 9,4% des emplois. Lesecteur est orienté vers l'exportation, mais il yaperdu du terrain au fil des dernières années. Par rapport aux industries chimique et pharmaceutique, les augmentations de productivité de l'industrie MEM ont été plus faibles ces dernières années. Pour rester actives à plus long terme en Suisse, les entreprises doivent miser sur les innovations. L'industrie mécanique suisse emploie à elle seule quelque personnes. Leurs constructions sont en majeure partie destinées à l'exportation. UBSoutlook 11

12 Analyse Un secteur fort face àdenouveauxdéfis Marchés acheteurs:le soleil se lève à l'est L'industrie MEM suisse se concentre fortement sur l'europe occidentale. Or, les marchés à forte croissance sont ailleurs. A long terme, l'asie est absolument incontournable. L'industrie MEM est fortement orientée vers l'exportation: 70 à 80% de sa production part à l'étranger. Durant cette décennie, quelles régions économiques recèlent le plus grand potentiel de croissance pour l'industrie MEM, en termes d'exportations? Voici une réponse étayée par quelques chiffres. Une forte concentration sur l'europe Une comparaison entre la taille des différents espaces économiques et les exportations de l'industrie MEM dans ces régions met en évidence que l'industrie MEM se concentre fortement sur l'europe. 62% de toutes les exportations étaient destinées à l'europe occidentale, alors que cette région ne réalise que 29% de la production économique mondiale. Seulement 10% des exportations de l'industrie MEM partent en Amérique du Nord et12% en Asie (Japon compris), alors que ces deux régions affichent une production économique équivalente à celle de l'europe occidentale. Autre élément frappant: le taux d'exportation relativement faible vers l'amérique du Sud. La pénétration du marché de la part de l'industrie MEM suisse est nettement moindre en Amérique du Nord, Amérique du Sud et Asie qu'en Europe et que dans tous les autres espaces économiques. D'abord, on constate donc qu'indépendamment des perspectives économiques, il devrait exister un potentiel de marché plus grand en Amérique du Nord, Amérique du Sud et Asie qu'en Europe occidentale. L'Asie, le top l'europe occidentale, le flop A long terme, la demande en exportations suisses dépend surtout de la croissance économique dans les pays acheteurs. Des différences ne serait-ce que légères dans les taux de croissance annuels se cumulent sur le long terme et peuvent avoir des incidences considérables. La croissance économique relativement faible prévue en Europe occidentale, avec une moyenne de seulement 1,6% par an, fait que d'ici àl'an 2020, le produit intérieur brut (PIB) devrait y augmenter seulement d'environ 3400 milliards de dollars US. La croissance de 2,5% escomptée pour l'amérique du Nord entraîne tout de même une progression du PIB de 5400 milliards de dollars US. Bien qu'actuellement, l'asie constitue encore le plus petit des trois espaces économiques, le PIB devrait y augmenter de 8400 milliards de dollars US d'ici àl'an 2020, grâce au taux de croissance supérieur prévu, à savoir 4,4%. De nombreuses monnaies asiatiques sont souscotées par rapport au dollar US. Si l'on part du principe que d'ici àl'an 2020, tous les taux de change s'ajustent de manière à ce que la parité du pouvoir d'achat soit d'application (c'est-àdire qu'un dollar US possède le même pouvoir d'achat dans toutes les monnaies), la balance penchera davantage encore en faveur de l'asie: le rendement économique de l'asie, actuellement de milliards de dollars US, devrait augmenter de milliards pour atteindre milliards de dollars US et dépasser ainsi le PIB combiné de l'europe occidentale ( milliards de dollars US) et de l'amérique du Nord ( milliards de dollars US). Dans les dix prochaines années, jusqu'à 60% de la croissance économique totale supplémentaire pourraient être réalisés en Asie, et ce, en très grande majorité en Chine. La devise en Europe: cap àl'est! La croissance prévue en Europe est d'une faiblesse décevante. Converti en dollars US, le PIB de 2020 en Europe occidentale devrait être pratiquement identique àcelui de En Europe, le potentiel de croissance se situe clairement à l'est: le rendement économique d'europe orientale, actuellement de 3500 milliards de dollars US, devrait passer à 7400 milliards de dollars US. La Russie et la Pologne s'y tailleront la part du lion. Après l'asie et l'amérique du Nord, l'europe orientale recèle le troisième plus grand poten- Caesar Lack Économiste 12 UBSoutlook

13 Un secteur fort face àdenouveauxdéfis Analyse «Ces dernières années, les exportations vers l'asie et l'europe orientale se sont mieux développées que celles destinées aux pays occidentaux.» tiel de croissance au monde. Même en Amérique du Sud, en Afrique et au Proche-Orient, le PIB (exprimé en dollars US) devrait progresser davantage qu'en Europe occidentale, ces dix prochaines années. Les différences dans le potentiel de croissance des différents espaces économiques se reflètent aussi dans l'évolution récente des exportations MEM: ces dernières années déjà, les exportations vers l'asie et l'europe orientale se sont mieux développées que celles vers l'amérique du Nord et l'europe occidentale. De 1995 à 2008, les exportations nominales de l'industrie MEM ont en moyenne augmenté chaque année de 12,1% vers la Chine, de 14,9% vers la Russie, de 4,8% vers les Etats-Unis et de 4,3% vers l'allemagne. Il est vrai qu'actuellement, les exportations combinées vers la Chine et la Russie sont encore cinq fois inférieures à celles destinées à l'allemagne. Mais si les tendances du passé se maintiennent, elles devraient se situer à des niveaux similaires, dans dix à vingt ans. Les extrapolations à long terme de tendances existantes comportent toutefois toujours une part d'incertitude et se révèlent parfois fausses, après-coup. Néanmoins, la tendance est claire: les taux de croissance économique supérieurs en Asie en feront tôt ou tard la première région économique au monde. Une stratégie à long terme pour l'industrie MEM ne pourra pas ignorer ce déplacement profond des rapports de force économiques. Par ses technologies de pointe et ses bons contacts, l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux peut également s'implanter en Asie, marché d'avenir par excellence. L'essentiel en bref Lamajeure partie des exportations de l'industrie MEM suisse est, par tradition, destinée àl'europe occidentale. A long terme, la demande en exportations suisses dépend surtout de la croissance économique dans les pays acheteurs. A cet égard, l'asie occupe la meilleure position, alors que l'europe occidentale est la dernière. Après l'asie, ce sont l'amérique du Nord et l'europe orientale qui devraient offrir les opportunités de croissance les plus intéressantes, suivies de l'amérique du Sud, l'afrique et le Proche-Orient. UBSoutlook 13

14 Analyse Un secteur fort face à de nouveaux défis L'industrie MEM se concentre sur l'europe Milliards de dollars US Milliards de CHF ,0 Une forte croissance en Asie Augmentation du PIB attendue entre 2010 et 2020 en milliards de dollars US (basé sur les estimations de 2009) , , , Europe occid. NAFTA Asie (Japon compris) Europe orient. Amérique du sud Moyen-Orient Afrique PIB 2009 (échelle de gauche) Exportations MEM (échelle de droite) Océanie Europe occid. NAFTA Asie Europe orient. Amérique du sud Moyen-Orient Afrique Océanie La pénétrationdumarchédelapart de l'industrie MEM est relativement faible en Asie. Source: Reuters EcoWin, Economist Intelligence Unit, OCDE, Administrationfédérale des douanes,ubs WMR Marchés en croissance de la Chine et de la Russie Exportations MEM par pays Croissance réelle Revalorisationéventuelle sur PPP Total D'ici 2020, l'asie devrait représenter environ 40% de la croissance économique globale.enoutre,sil'on prend en compte une réévaluationpossible des devises asiatiques jusqu'àlaparité du pouvoir d'achat, jusqu'à60% de la croissance économique globale pourrait se concentrer en Asie. Source:Reuters EcoWin, Economist Intelligence Unit, OCDE, Administration fédérale des douanes, UBS WMR Millions de CHF Millions de CHF Chine (échelle de gauche) Russie (échelle de gauche) Allemagne (échelle de droite) Etats-Unis (échelle de droite) Les exportations de l'industrie MEM suisse dans les pays asiatiques et est-européens ont déjà présenté des taux de croissance plus élevés par le passé. Source: Administration fédérale des douanes,ubs WMR 1 Le net déclin des exportations en 2009 devrait rester une exception. C'est la raison pour laquelle les chiffres de 2008 sont utilisés pour les exportations MEM. 14 UBSoutlook

15 Un secteur fort face àdenouveauxdéfis Analyse Course mondiale aux technologies Si elle offre des marchés alléchants à l'industrie suisse des machines et des équipements électriques, l'asie recèle aussi des risques. Une analyse de la concurrence montre ce à quoi les entrepreneurs doivent veiller tout particulièrement. «La Chine est un géant qui sommeille. Laissezle dormir. Car lorsqu'il se réveillera, le monde tremblera.» Voilà ce qu'aurait déclaré Napoléon il ya200 ans; àjuste titre. Quiconque examine les perspectives de l'industrie suisse des machines, ne peut pas se limiter àl'europe et aux Etats-Unis. Les marchés en Asie sont bien plus éloquents. La plupart des analyses du marché mettent en évidence six raisons 2 pour lesquelles la concurrence en provenance de Chine et d'autres pays émergents peut devenir dangereuse pour des entreprises des pays développés et donc aussi de Suisse. 1. Les monnaies de beaucoup de pays émergents sont sous-cotées et soutiennent leurs exportations. 2.Les impôts sur les entreprises sont souvent moins élevés. En 2009, lacharge fiscale moyenne dans les pays émergents s'élevait à seulement 27% par rapport à34% sur les marchés développés. 2 Mary Curtis et al. (2010): Competitive threat from the emerging markets, CS Global Equity Themes. 3.Les charges salariales sont nettement inférieures dans les pays émergents. 4.Les pays émergents enregistrent une forte hausse du nombre d'ouvriers hautement qualifiés. L'économie stagne dans les pays développés. 5.Le volume de la population apte au travail est immense: enchine, il représente 969 millions depersonnes, eninde 744, aubrésil 133 et en Russie 100millions. 6.Les marchés intérieurs sont vastes et en pleine croissance. Enraison delaforte demande dans lepays même, onavuapparaître entrès peu detemps des entreprises locales qui font désormais partie des leaders mondiaux dans leur domaine. En plus de ces six faits, nous voudrions aborder ici trois tendances qui représentent un défi pour l'industrie suisse. La formation et la technologie D'un point de vue historique, les entreprises suisses doivent leur réussite àlagrande force d'innovation et au progrès technologique. L'une des principales raisons àcela réside dans la bonne formation de la population. La compétitivité croissante acquise ces dernières années par les entreprises chinoises s'explique également en Alexander Stiehler Analyste actions industrielles Le succès de l'industrie MEM suisse est à100% tributaire duprogrès technologique. UBSoutlook 15

16 Analyse Un secteur fort face àdenouveauxdéfis partie par cet argument. Ainsi par exemple, d'après les données de l'unesco, 5,9 millions de diplômés sortent chaque année des écoles supérieures chinoises (2007), contre environ un million en Surtout les études de génie civil sont favorisées. Actuellement, parmi les étudiants qui obtiennent chaque année leur diplôme en génie civil, il yatrois fois plus de Chinois que d'américains. La concurrence avec l'asie et surtout la Chine va donc se durcir dans les prochaines années. Al'avenir, leprogrès technologique devrait devenir encore plus important pour s'affirmer face àlaconcurrence internationale. L'industrie MEM suisse tient énormément à promouvoir la relève. Les violations de droits sur les brevets d'invention Même si cela fait déjà quelque temps que le gouvernement chinois alégiféré enmatière de protection des droits sur les brevets d'invention, l'imposition des dispositions laisse fortement à désirer. Résultat: les droits sur la propriété intellectuelle sont violés. La Chine arrive en tête de la liste noire dugouvernement américain (US Trade Representative, USTR) qui veille au respect et à l'application des droits sur les brevets d'invention entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux. En 2008, 81% des violations de droits sur les brevets d'invention sur des produits enregistrés àlafrontière des Etats-Unis émanaient de la Chine. Au vu de ces chiffres, toute entreprise devrait s'interroger sur le sens d'une délocalisation des sites de production en Chine. L'entrepreneur le paie le plus souvent les avantages offerts par le bas niveau des coûts de production et la facilitation (éventuelle) de l'accès aumarché chinois par un transfert de technologies involontaire. Dans le pire des cas, il en résulte très rapidement un nouveau concurrent qui distribue des produits basés sur la technologie de l'entreprise suisse, sauf que c'est cette dernière qui l'a développée et financée. Les surcapacités renforcent la pression concurrentielle La pression concurrentielle croissante exercée par l'asie peut être divisée en deux phases chronologiques: àcourt terme (pendant 12 à18 mois), des entreprises chinoises se concurrencent entre elles au niveau local, en Chine, pour obtenir des commandes. Amoyen terme (après plus de trois ans), des entreprises chinoises briguent des parts de marché en dehors de la Chine. Dans les pays développés, le rapport entre les investissements et le produit intérieur brut (PIB) a atteint son apogée il yadéjà plusieurs décennies (dans les années 1970). Depuis lors, c'est le déclin. Dans les pays en voie de développement, surtout en Chine, ce chiffre deréférence ne cesse d'augmenter, aupoint de dépasser en 2008 le niveau pourtant élevé du Japon et de la Corée. En revanche, le rapport entre laconsommation et le PIB diminue constamment en Chine. Suite àces évolutions, le risque de surcapacités augmente sur le marché chinois. Ces surcapacités, la Chine devrait àson tour les réduire en renforçant ses exportations. Les entreprises occidentales voient ainsi augmenter àmoyen terme la concurrence sur leurs propres marchés clés. Examinons àcet égard l'exemple du secteur des engins de chantier. Nos recherches montrent qu'actuellement, beaucoup d'entreprises chinoises visent l'accès aumarché européen par le biais du certificat CE (Conformité Européenne) et au marché des Etats-Unis par le certificat de l'epa (Environmental Protection Agency), étapes que l'on considérait jusqu'à présent encore comme des obstacles àl'accès au marché dans ce secteur industriel. Or, dès que les entreprises détiennent ces certificats, elles ont le droit de distribuer leurs produits sur 16 UBSoutlook

17 Un secteur fort face àdenouveauxdéfis Analyse «En tant que fournisseurs de produits de niche, de nombreux constructeurs mécaniques suisses occupent une position relativement favorable.» les marchés des pays développés. D'après nos recherches, la différence de prix dans le cas des engins de chantier varie entre 30et50%. La conséquence s'est fait sentir encore dernièrement, sur le marché des modules photovoltaïques. En 2009, une forte chute des prix apoussé l'industrie solaire européenne àlalimite de la rentabilité. L'explication réside dans les accroissements de capacité considérables d'entreprises asiatiques qui, grâce àdes avantages de coûts de production (environ 30%), ont pu défier les prix de produits européens et s'accaparer ainsi de grosses parts de marché. Notons àcet égard que les produits des meilleurs producteurs chinois ne présentent guère dedifférences qualitatives. Les fabricants européens n'ont plus d'autre choix que la délocalisation dans des pays àmain-d'œuvre bon marché, pour pouvoir concurrencer les Chinois au niveau des coûts. La promotion des technologies en Chine Dans la plupart des cas, la répartition des parts de marché au sein même de la Chine s'est déplacée en faveur d'entreprises chinoises, en raison de la centralisation de l'attribution des marchés. Se pose dès lors la question de la situation en dehors de la Chine. Comme nous l'avons déjà évoqué, nous nous attendons àceque la concurrence avec les entreprises chinoises en dehors de la Chine se durcisse nettement dans les trois àcinq années àvenir. Jusqu'à présent, les entreprises chinoises ont approvisionné, en dehors de la Chine, principalement des marchés comme l'inde, l'amérique latine et l'afrique du Nord. Sur ces marchés, la valeur des marques, la fiabilité et l'histoire d'un fournisseur ont moins d'importance que sur les marchés des pays développés. Des commandes ysont aussi passées à des fabricants inconnus dont l'offre deprix est inférieure àcelle d'entreprises bien établies. Dès que les barrières d'accès aumarché précitées (dont les certificats CE et EPA dans le secteur des engins de chantier) sont franchies, nous pouvons nous attendre aussi en Europe àune concurrence croissante en provenance des pays asiatiques. Le plus grand danger menace des secteurs que le gouvernement chinois aidentifiés comme importants et que l'etat soutient de manière proactive par le développement et le perfectionnement des technologies. Dans l'industrie, il s'agit entre autres de sous-secteurs comme les équipements pour la production et la distribution d'électricité (Transmission &Distribution) ainsi que de la technologie des chemins de fer dans le domaine du transport et des infrastructures 3.Par ailleurs, de nombreuses branches industrielles se développent de manière auto- 3 Gouvernement chinois du 11e plan quinquennal Investissements croissants par rapport au PIB en Chine Investissementsen%duPIB Japon (Pic en 1973 =36%) Corée (Pic en 1991 =39%) Chine (dernier taux =41%) Suisse (rapport investissements /PIB en baisse) Parrapport au PIB,les investissements en Chine affichent une forte croissance. Enrevanche,lapart des investissements a baissé en Suisse,ces dernières décennies. Source:Thomson Financials, TheEconomist, UBS WMR La part de la consommation dans le PIB diminue en Chine Consommation en %dupib Etats-Unis Chine Suisse Alors que la part de la consommation dans le PIB reste relativement stable dans les pays industrialisés,elle ne cesse de diminuer en Chine. Source: Thomson Financials, UBS WMR UBSoutlook 17

18 Analyse Un secteur fort face àdenouveauxdéfis nome. N'oublions pas que le marché intérieur est vaste et en pleine croissance. Anotre avis, en raison de sa forte fragmentation, le secteur suisse de la construction mécanique n'est concerné par les évolutions décrites que de manière sélective, parce que de nombreux constructeurs mécaniques suisses se sont établis dans des niches. Néanmoins, nous envisageons ici aussi des risques àmoyen terme. Comme nous l'avons mis en évidence, l'acquisition du savoir dans les pays émergents est nettement plus rapide qu'il yaencore quelques années, sans même parler du non-respect des droits sur les brevets d'invention. Les entrepreneurs suisses doivent donc se demander si les opportunités ou les risques prédominent en Chine. Après avoir rencontré une multitude de moyennes entreprises industrielles européennes, nous arrivons àune première conclusion: lemarché chinois est devenu trop important pour être systématiquement ignoré. Al'avenir, lacroissance du marché sera plus forte en Asie qu'en Europe et aux Etats-Unis. Anotre avis, quiconque tient àpoursuivre l'expansion de son entreprise se doit d'exploiter le marché asiatique. Seconde conclusion: les entreprises devraient prendre conscience qu'il s'agit d'une course aux technologies. Toute entreprise qui établit des sites de production en Chine (ce qui constitue souvent une condition indispensable pour pouvoir approvisionner le marché chinois) aintérêt à garder les centres de recherche dans des pays qui protègent réellement les droits sur les brevets d'invention. Au niveau local, l'entreprise ne devrait fabriquer que des produits standard qui nécessitent un faible savoir-faire technologique ou alors confier seulement le montage final de la machine àlamain-d'œuvre locale. La fabrication de pièces sensibles devrait, dans tous les cas de figure, se faire ensuisse. Les entreprises industrielles ont intérêt à faire fabriquer les pièces critiques dans des pays qui appliquent des droits stricts sur les brevets d'invention. L'essentiel en bref La concurrence avec les pays émergents et tout particulièrement la Chine se durcit. Dans les prochaines années, de plus en plus d'entreprises chinoises devraient s'introduire sur les marchés occidentaux. Les fournisseurs de produits de niche de l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux occupent une bonne position de départ dans la course aux technologies. Les entreprises suisses ont intérêt à exploiter le marché asiatique, mais à garder le savoir-faire important et les centres de R&D dans des pays qui respectent réellement les droits sur les brevets d'invention. 18 UBSoutlook

19 Eine starkebranche vorherausforderungen Thema Perspectives Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? Les entreprises de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM) nepeuvent pas prendre leurs décisions en faisant abstraction de toute réalité. Au contraire, il s'agit pour elles de suivre notamment en permanence l'évolution des coûts financiers et des facteurs de production, comme par exemple les métaux industriels ainsi que les taux de change. Sans oublier les scénarios envisageables et la manière dont les entreprises devraient s'y préparer. UBSoutlook 19

20 Perspectives Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? Prendre desdécisions de financement àune époque difficile Pour gérer leur financement, les entrepreneurs doivent connaître latendance des taux d'intérêt. En principe, ceux-ci devraient augmenter àmoyen terme ensuisse. Mais il existe plusieurs incertitudes. Les acteurs du marché n'en ont pas cru leurs yeux lorsque récemment, lerendement des emprunts àdix ans de la Confédération est tombé au-dessous de 1,6%, atteignant ainsi le niveau le plus bas depuis au moins 45 ans. La raison résidait moins dans les indicateurs économiques suisses que dans la crise d'endettement de certains Etats membres de l'union européenne et les soucis quant àlastabilité du système bancaire européen. Les investisseurs avaient délaissé l'euro pour des emprunts d'etat suisses, ce qui a fait grimper leur taux de change ainsi que le franc suisse. Al'avenir aussi, des facteurs extérieurs comme ceux-là pourront influencer fortement la tendance des taux d'intérêt ensuisse et perturber l'analyse de sa prévisibilité. Sur une période d'un àdeux ans avec des rendements en hausse progressive, nous prévoyons une diminution des emprunts de la Confédération. Contrairement àlaplupart des marchés de la zone euro, ce n'est toutefois pas du tout lié à une détérioration des finances publiques, mais à la force de l'économie suisse. Cela devrait inciter bientôt labanque Nationale Suisse (BNS) àremonter la fourchette cible pour le Libor àtrois mois, taux directeur du marché de l'argent. Une longue durée de fixation des taux est conseillée La tendance des rendements d emprunts d'etat suisses est déterminante dans les décisions de financement au sein des entreprises. En effet, le taux de financement dépend non seulement de la solvabilité du débiteur, mais aussi du taux «sans risques» des emprunts d'etat. Celui-ci influence àlafois le niveau absolu du taux de crédit et l'écart des taux pour des crédits à différents termes. Nous nous attendons en principe àdes taux en hausse et àunaplatissement de la courbe de rendements dans l'année ou les deux années à venir. Sur cette base, nous recommandons une longue durée de fixation des taux. Elle permet de bénéficier, pour le financement, duniveau actuel des taux, exceptionnellement bas, sur une période relativement longue. En outre, le preneur de crédit se protège ainsi des effets d'un choc des taux, c'est-à-dire d'une hausse assez rapide et inattendue des taux, et les coûts de financement sont plafonnés pour la durée du crédit. Couvrir lerisque d'intérêt encas de crédits Si une entreprise se trouve dans une relation de crédit àlong terme avec une courte durée de fixation des taux et ne peut ou ne veut pas résilier ce crédit, elle dispose de plusieurs formes de couverture durisque d'intérêt. Parmi celles-ci, il y ad'une part les Libor Cap Warrants négociés en bourse. Ils donnent lieu àunpaiement compensatoire encas de dépassement du plafond d'intérêt fixé. D'autre part, le preneur de crédit peut convenir d'une opération swap, avec laquelle il paiera un taux d'intérêt fixe et recevra un paiement variable, par exemple d'une banque. Il peut ainsi defacto transformer le crédit avec une courte durée de fixation en un crédit avec une longue durée de fixation des taux. Les opérations swap ne sont toutefois possibles qu'à partir d'un montant nominal d'environ 5millions de francs et ne sont pas négociées en bourse. La problématique de l'endettement de certains pays membres de l'union européenne est de nature durable. C'est pourquoi des doutes quant àl'honorabilité de certains pays pourront aussi inquiéter les marchés financiers dans le futur et pousser les investisseurs àsetourner vers des emprunts d'etat suisses. Il n'est donc pas totalement exclu que la phase des intérêts faibles perdure. Malgré notre prévision d'une hausse des intérêts, les preneurs de crédit ne devraient donc pas mettre tous les œufs dans le même panier. Dans un environnement marqué par l'incertitude, tout preneur de crédit aintérêt àdiversifier les durées de fixation des taux. Cela lui permettra de faire face àdifférents scénarios dans ce domaine. Dirk Effenberger Analyste taux d'intérêt 20 UBSoutlook

21 Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? Perspectives «Les entreprises peuvent bénéficier, pour le financement, du niveau actuel des taux, exceptionnellement bas, sur une période relativement longue.» Lorsque les banques centrales relèvent les taux d'intérêt, cela risque de produire des étincelles auprès des entreprises. Rendements moyens d'emprunts de la Confédération par rapport aux intérêts de crédits d'investissement avec différents termes En % 4 3,5 3 2,5 2 1,5 1 0,5 0 mai 09 juin 09 juil 09 Les frais d'intérêts d'une solution de financement dépendent non seulement de la solvabilité de l'entreprise, mais aussi du niveau des intérêts des emprunts d'etat («emprunts de la Confédération»). Source: BNS, Bloomberg août09 Emprunts Conféd. 2ans Emprunts Conféd. 10 ans sept 09 oct 09 nov 09 déc 09 janv 10 févr 10 mars 10 avril 10 mai 10 juin 10 Créditsd'investissementsur 1à2ans Créditsd'investissementsur 10 à15ans L'essentiel en bref Nous nous attendons à une hausse des taux d'intérêt en Suisse dans l'année ou les deux années qui viennent. Lors de financements, des taux fixes à long terme peuvent s'avérer judicieux. Pour les crédits existants, les entreprises devraient vérifier la couverture du risque d'intérêt. Enraison des incertitudes, il est judicieux de diversifier les durées de fixation des taux. 21

22 Perspectives Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? Petites monnaies toutes grandes Cela fait longtemps que le rôle du dollar américain en tant que monnaie directrice est mis en doute. Certes, jusqu'à nouvel ordre, il n'y apas encore d'alternatives, mais les «petites» gagnent en importance. Les exportateurs suisses vont sans doute devoir s'accommoder relativement longtemps d'un franc fort par rapport à l'euro. Même en termes monétaires, les Etats-Unis, la zone euro, la Grande-Bretagne et le Japon ne constituent plus le centre dumonde. Depuis quelque temps, nous observons comment l'intérêt des investisseurs pour les monnaies augmente en dehors des grandes économies nationales d'envergure mondiale. Les monnaies des pays producteurs de matières premières etdes pays émergents en forte progression sont devenues les favorites, celles des pays hautement développés qui ne produisent pas de matières premières, comme la Suisse et la Suède, étant désormais également intéressantes. Nous estimons que la demande en «petites» monnaies de ce type repose largement sur l'envie des investisseurs de diversifier leurs placements; non seulement pour participer à la croissance de ces pays plus petits, mais aussi par frustration face aux déficits des grandes économies nationales. Actuellement, les investisseurs investissent dans des pays dont les finances publiques sont plus fortes parce qu'ils en espèrent àlong terme une croissance et des rendements. Même si la chasse aux rendements (sous forme de «carry trades») n'est pas totalement abandonnée, nous voyons malgré tout que bien souvent, elle n'est pas àl'avant-plan. La réflexion prioritaire se fonde sur le constat qu'actuellement, il est difficile d'investir dans de grandes monnaies parce qu'elles créent entre elles un équilibre de faiblesse. Grandes monnaies, grands soucis Nous trouvons extrêmement préoccupant qu'il yait de bonnes raisons de ne pas investir dans le dollar US, l'euro, le yen voire lalivre sterling. Chacune de ces zones monétaires est confrontée àdes problèmes qui ne seraient pas tolérés dans le cas d'une petite monnaie. Aux Etats-Unis, il s'agit du volume d'endettement àl'étranger et de l'augmentation àprévoir dans l'offre des titres d'obligation. Au Japon, c'est l'incroyable niveau d'endettement. En Grande-Bretagne, ce sont les sommes faramineuses dépensées pour le système bancaire. En Europe, il s'agit surtout de l'absence d'une méthode convaincante pour régler le cas de la Grèce et d'autres Etats déficitaires menacés de surendettement. Ces quatre régions importantes doivent toutes couvrir les coûts de la crise par des recettes fiscales élevées, ce qui nuit àleur future productivité et donc àlavaleur de leur monnaie par rapport àcelle de pays plus petits. Les monnaies de nombreux pays producteurs de matières premières etpays émergents, comme les dollars australien, néo-zélandais et canadien, la couronne norvégienne, le réal brésilien, le rand sud-africain et le rouble russe, ont augmenté en valeur depuis le second semestre 2009 et sont relativement chères, comparées àleurs cotations àlong terme. Nous considérons que dans la plupart des cas, cette cotation est justifiée, en raison des perspectives de croissance relativement intéressantes. Anotre avis, les monnaies de ces petits pays profitent de leur importance économique croissante et de l'augmentation de la demande en matières premières qui yest liée. Les investisseurs stratégiques trouveront donc de bonnes opportunités de placement dans une sélection de petites monnaies. Le seul inconvénient réside dans le fait que beaucoup d'autres investisseurs partagent cet avis et qu'il n'y adonc plus d'avantage en tant que précurseur. Les monnaies des pays qui ne répondent pas aux fortes attentes des investisseurs risquent dès lors de souffrir fortement. En conséquence, les acteurs du marché et les exportateurs doivent s'attendre àdeplus grandes volatilités sur les marchés financiers. Giovanni Staunovo Analyste monnaies 22 UBSoutlook

23 Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? Perspectives «Actuellement, dans lecommerce international, iln'yapas d'alternatives au dollar US en tant qu'unité decompte et monnaie de transaction.» Le dollar reste la monnaie directrice Depuis lafindelaseconde Guerre mondiale, le dollar US est considéré comme la monnaie directrice mondiale. Divers facteurs l'ont aidé à se hisser àcette position. Ledollar US constitue, pour le commerce mondial et les flux financiers, la principale monnaie d'une grande économie nationale compétitive. Les marchés financiers bien développés et ayant de la trésorerie ainsi que la stabilité politique et le pouvoir d'achat relativement constant sont des conditions supplémentaires favorisant la supériorité de la monnaie américaine. Actuellement, la stabilité du dollar US et le futur pouvoir d'achat sont toutefois fortement mis en doute. Les raisons: un pronostic de taux d'inflation pour les Etats-Unis supérieur à celui de la plupart des autres zones monétaires et le fait que pour le financement de son budget, l'amérique dépende de l'étranger. A l'heure actuelle, il n'y apourtant pas d'alternatives au dollar US: la zone euro représente pour les Etats-Unis une concurrence en termes de puissance économique, mais moins par l'envergure de ses marchés financiers. En attendant, les soucis concernant la stabilité politique pèsent toujours sur l'euro. Le risque d'instabilité politique en Chine, la convertibilité limitée de sa monnaie et la profondeur relativement modeste de ses marchés financiers ne plaident pas en faveur du yuan chinois comme monnaie de remplacement. Par conséquent, le dollar ne devrait guère être remplacé comme unité de compte et monnaie de transaction dans le commerce international. En raison des graves problèmes économiques des Etats-Unis et de l'attente générale d'une plus grande diversification des portefeuilles monétaires de la part des investisseurs publics et privés, nous estimons néanmoins que la part du dollar va diminuer dans les portefeuilles globaux. Le franc atoujours le vent en poupe Depuis mi-2007, l'économie suisse croît nettement plus vite que celle de la zone euro. Alors que certains Etats membres de la zone euro sont encore plongés dans la récession, la Suisse alaissé depuis longtemps la crise économique derrière elle. La Banque Nationale (BNS) adonc rappelé que la politique monétaire expansionniste ne pouvait être poursuivie indéfiniment en Suisse et a exprimé ses préoccupations quant à la forte croissance des crédits et à la hausse des prix de l'immobilier. L'expansion rapide de l'économie requiert un resserrement de la politique monétaire. Mais le franc fort complique la tâche de la BNS car un relèvement des taux stimulerait encore plus la monnaie. Bien qu'un franc plus fort contribue au resserrement des conditions monétaires, la BNS doit tôt ou tard relever les taux afin de garantir la stabilité des prix et d'éviter une surchauffe conjoncturelle sur le marché de l'immobilier. Le franc devrait rester fort ces prochains mois. Ce sont la nervosité sur les marchés financiers et la discussion en cours sur les problèmes budgétaires au sein de la zone euro qui ont suscité et devraient continuer à susciter une demande forte et durable de francs suisses de la part des investisseurs, parce que les acteurs du marché considèrent le franc suisse comme un havre sûr. En outre, le différentiel de rendements à trois mois entre la zone euro et la Suisse qui, avec environ 30 points de base, est historiquement faible, devrait continuer à soutenir le franc. A titre de comparaison: depuis 1990, la moyenne se situe àenviron 190 points de base et la différence de taux n'est que rarement tombée au-dessous de 100 points de base. La forte réévaluation du franc par rapport à l'euro depuis décembre 2009 pose problème pour les exportations et le tourisme, mais le secteur intérieur se porte trop bien pour que la BNS puisse s'opposer à une nouvelle réévaluation. Aplus long terme, le taux de change entre l'euro etlefranc devrait se diriger ànouveau vers 1,50, ce qui correspond à la«valeur équitable» mesurée selon des facteurs comme la parité du pouvoir d'achat; mais cela se produira seulement après que l'économie de la zone euro aura nettement gagné en puissance et que l'union monétaire posera moins de problèmes budgétaires graves. La solidité du franc suisse est souvent source de nervosité pour l'industrie. UBSoutlook 23

24 Perspectives Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? L'Europe perd en importance Ces dernières années, la part de la zone euro dans les exportations suisses totales est passée d'environ 55% à 51%. L'Asie du Sud-est prend de plus en plus d'importance comme partenaire commercial. Cette région fait plutôt partie de la zone du dollar US. Récemment, l'euro a perdu du terrain non seulement par rapport au franc suisse, mais bien plus encore par rapport à la monnaie américaine. Du point de vue suisse, la dépréciation de l'euro a donc été en partie compensée par l'appréciation du dollar. Le phénomène selon lequel le franc suisse constitue une sorte de point central entre l'euro et le dollar devrait encore se renforcer. En effet, les marchés déterminants ne se situent plus en Europe. En outre, il faut s'attendre àceque de nombreux pays d'asie dont les monnaies sont actuellement encore liées au dollar US (par exemple la Chine), s'émancipent à l'avenir et réévaluent à moyen terme leurs monnaies par rapport au dollar. L'essentiel en bref Jusqu'à nouvel ordre, le dollar US reste la monnaie directrice. Les exportateurs devraient se préparer à de plus fortes volatilités sur les marchés et àunfranc fort. Pour une période relativement longue, le franc devrait rester fort par rapport à l'euro. Les monnaies de pays producteurs de matières premières et de pays émergents gagnent en importance, au détriment des grandes monnaies comme le dollar US et l'euro. Depuis 2007, le moteur économique suisse tourne nettement mieux que celui de la zone euro. 24 UBSoutlook

25 Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? Perspectives Sans métaux industriels, rien ne va Le fléchissement des prix des métaux industriels ne devrait être que de courte durée. Les entrepreneurs devraient profiter du recul des prix pour réaliser des achats supplémentaires ou couvrir leurs besoins. Tous métaux industriels confondus, les prix ont connu un net fléchissement en mai et juin Par rapport àleur haut niveau au premier semestre, ils ont même perdu 30 à35%. Chaque effondrement aussi fort des prix soulève la question de savoir si l'économie mondiale se dirige vers des périodes plus difficiles. Il est vrai qu'en raison de leur fort surendettement, les pays industrialisés ont de quoi se faire dusouci, mais les entreprises tout comme les investisseurs devraient garder en mémoire que la demande en métaux industriels est plus que jamais dictée par les pays émergents. En Chine ainsi que dans d'autres pays émergents, l'économie devrait poursuivre son évolution très positive. C'est pourquoi nous ne croyons pas que le fléchissement des prix va perdurer pour tous les métaux industriels. L'incertitude fait baisser les prix En examinant le développement économique d'un peu plus près, on constate que le récent fléchissement des prix des métaux industriels découle en priorité d'une plus faible propension au risque de la part des acteurs du marché. Ils sont devenus méfiants vis-à-vis de la reprise économique en Europe, mais aussi dans d'autres pays industrialisés. La dynamique d'endettement des pays industrialisés a pris des proportions qui laissent penser que de futures consolidations budgétaires àunniveau durable seront presque impossibles. Cela atroublé la vision àplus long terme pour la production industrielle et donc les métaux industriels. Certains métaux se négocient même ànouveau au-dessous des coûts de production àlong terme. Néanmoins, nous pensons que l'aversion croissante du risque et le fléchissement des prix des matières premières qui yest lié ne sont pas justifiés. Les données de l'économie réelle restent positives, du moins pour les trois àsix mois àvenir. Les indicateurs de prévision pour les Etats-Unis, l'europe et la Chine ne vont pas dans le sens d'un affaiblissement. L'évolution des bénéfices des entreprises cotées en bourse devrait également soutenir les marchés. Nous nous attendons àdesolides bénéfices trimestriels. La demande en matières premières reste forte Le fait que l'économie poursuive toujours sa croissance se reflète dans la demande en métaux industriels. Spécialement pour le cuivre, l'aluminium et le nickel, la demande aévolué très positivement. Durant le premier semestre 2010, la demande mondiale en cuivre amême dépassé le niveau antérieur àlacrise financière de Dans le cas de l'aluminium et du nickel, la demande aatteint les chiffres maximums. Fait remarquable, l'europe et les Etats-Unis contribuent ànouveau de manière positive à la croissance de la demande. Il s'agit néanmoins encore d'une petite plante fragile. Nous nous attendons àceque cette dynamique de la demande se renforce durant le second semestre. La demande en provenance des Etats-Unis et d'europe est toutefois modeste par rapport àlachine. Plus de 75% de la demande supplémentaire mondiale vient d'asie et principalement de Chine. Cette dynamique de la demande acependant faibli ces derniers mois, indépendamment des composantes saisonnières. Il faut s'attendre àce que la progression continue àralentir, parce que certains effets de base positifs s'arrêtent. Malgré cela, la croissance chinoise annuelle dans le domaine des investissements en biens corporels ne devrait pas durablement tomber en dessous de 24%, ce qui se reflète dans nos pronostics de croissance pour le pays. Ainsi, nous escomptons une croissance économique de 10% en 2010 et d'environ 8,7% en Dominic Schnider Analyste matière première UBSoutlook 25

26 Perspectives Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? «La demande en métaux industriels est déterminée plus que jamais par les pays émergents.» Un recul des importations de métaux en Chine dans les prochains mois ne devrait donc pas être interprété outre mesure. La diminution des importations s'explique en partie par la situation spéciale de fin 2008 et début Al'époque, les prix des métaux industriels en Europe étaient négociés nettement au-dessous de ceux pratiqués en Chine. Ces différences de prix offraient de la marge pour l'arbitrage (l'exploitation de différences de prix sur plusieurs marchés) et ont déclenché une vague de demandes venant de Chine. Les modifications annuelles des importations sont par conséquent moins parlantes. D'une manière générale, notons que l'asie et la Chine ne représentent pas un facteur de risque pour les prix des métaux industriels, mais une force qui maintient les prix. Dans les prochaines années et même décennies, la consommation en énergie et en métaux industriels va encore s'intensifier dans des pays fortement peuplés comme la Chine, l'inde ou l'indonésie. Cette progression s'accompagnera aussi d'une réévaluation des monnaies asiatiques, spécialement par rapport au dollar US et àl'euro. Il ne faudrait pas sous-estimer le potentiel qui yest lié en termes de demande et de coûts. Chaque métal est différent Même si bien souvent, les prix de nombreux métaux industriels évoluent en parallèle, il existe malgré tout des différences fondamentales entre les métaux. Celles-ci ont fait en sorte que jusqu'au second semestre 2010, la réévaluation des métaux industriels s'est manifestée de manière très variable. Le gagnant depuis 2009 est indubitablement le cuivre, avec des hausses de prix entre comprises entre 100 et 150%. Il est suivi du plomb, de l'étain et du nickel dont la réévaluation atteint tout de même 50 à90%. L'aluminium ferme la marche avec une réévaluation de 25%. Ce sont notamment les stocks qui permettent de déduire des repères pour les différentes dynamiques d'offre etdedemande. Alabourse du London Metal Exchange (LME), ces stocks ont évolué de manière très variable. Depuis le début de la crise économique, les stocks d'aluminium se sont constitués en un rien de temps et ne laissent pas entrevoir de pénurie. La stabilisation des stocks d'aluminium depuis le troisième trimestre 2009 ne devrait donc pas susciter des attentes de prix excessives. Au niveau mondial, il faudra encore quelques trimestres avant que les stocks n'aient diminué de manière substantielle. De surcroît, l'offre en aluminium présente des surcapacités. Les demandes croissantes devraient être couvertes sans grande pénurie. Par contre, les frais d'énergie en hausse devraient soutenir les prix. A cet égard, l'énergie clé n'est pas le pétrole, mais le charbon. Spécialement en Asie, les prix du charbon augmentent là où la reprise économique s'est accompagnée d'une augmentation des importations de charbon de Chine et d'inde. Nous prévoyons une hausse supplémentaire des prix pour le charbon thermique. Cela n'augure rien de bon pour les producteurs d'aluminium dépendant de l'énergie et compromet la durabilité d'une éventuelle correction des prix sous 2200 dollars US la tonne. Il faut s'attendre à une hausse tendancielle des prix de l'énergie. Celle-ci concerne aussi le pétrole qui devrait tendre dans les prochains trimestres vers 90 dollars US le baril. Aluminium Charbon Pétrole 26 UBSoutlook

27 Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? Perspectives La forte hausse des prix du nickel au premier trimestre découle d'une plus grande demande en acier, également de la part de pays industrialisés. La situation est devenue encore plus critique suite àdes problèmes dans l'offre des mines. Mais comme des prix de plus de dollars US la tonne ont tendance àrendre intéressantes des offres de substitution de la fonte brute au nickel, la marge supérieure est limitée. La production de fonte brute au nickel devrait continuer sa forte progression en Chine. En outre, les stocks de nickel se situent àunniveau structurellement élevé. Mais une hausse des prix jusque dollars US la tonne ne devrait pas être envisagée dans un premier temps. A première vue, la situation semble un peu meilleure pour les stocks de zinc, plomb et étain. Leur niveau acertes également augmenté, mais dans une moindre mesure. Toutefois, en raison de la hausse des prix depuis le premier trimestre 2009, l'offre en zinc et plomb s'est elle aussi nettement améliorée. Et une fois de plus, l'essentiel se concentre sur la Chine où la production réagit très fortement aux fluctuations de prix. La Chine est presque responsable de toute l'augmentation de la production durant l'année écoulée. Une offre sensiblement inférieure à la demande est donc plutôt improbable dans les trimestres à venir, ce qui s'est aussi répercuté sur l'évolution des prix et a fait tomber les prix du zinc et du plomb en dessous des coûts de production. Dans le cas du zinc et du plomb, les prix maximums se situent autour de 2200 dollars US la tonne. Fondamentalement, la meilleure situation de départ est celle du cuivre. Malgré de fortes hausses des prix, l'offre n'a guère progressé ces douze derniers mois. L'offre des mines d'amérique du Sud a été particulièrement décevante. Cela indique des problèmes structurels. Des minerais à faible teneur en cuivre, des mines vieillissantes et l'absence de nouveaux projets de mines freinent la production à l'échelle mondiale. Bien que certains projets vont élargir la production dans les prochaines années, la marge de manœuvre pour une augmentation sensible de l'offre à court terme est réduite. A cet égard, les nouveaux projets de mines en Afrique ne vont pas encore amener de revirement fondamental. De ce point devue, la forte hausse des prix était justifiée jusqu'à présent. Une hausse des prix d'environ 60% au-dessus des coûts de production limites était le bon moyen pour garantir l'offre supplémentaire, spécialement en mitraille de cuivre, et réduire la consommation de cuivre. On peut donc s'attendre à ce que le cuivre continue à se négocier avec une prime sur le marché, fait unique par rapport à d'autres métaux. Nickel Zinc Plomb Étain Cuivre UBSoutlook 27

28 Perspectives Taux,monnaies, matièrespremières où cela mène-t-il? Les diverses situations d'offre et de demande ainsi que les stocks devraient maintenir aussi à l'avenir des différences relativement grandes dans l'évolution du prix des métaux industriels. Prévisions de prix Dans l'environnement commercial marqué par l'incertitude, une baisse supplémentaire du prix des métaux industriels de 10 à15% n'est pas exclue. De tels mouvements devraient servir d'opportunité pour se lancer dans les métaux lourds. A Londres, certains métaux industriels comme le cuivre, le plomb ou l'étain se négocient déjà au rabais par rapport aux prix chinois négociés avec une prime. Un fléchissement supplémentaire des prix renforcerait encore cette situation, en supposant que les prix pour les métaux industriels en Chine restent constants ou diminuent moins. Cela dynamiserait àson tour la demande de la part de la Chine et fournirait un plancher plus solide aux prix européens. Par ailleurs, certains métaux industriels se négocient à nouveau à proximité ou au-dessous des coûts limites de production. Pour le cuivre, cela signifie que des niveaux de prix sous 6000 dollars US la tonne exigent des activités de couverture. Amoyen terme, il faut de nouveau s'attendre àdes entrées de prix autour de8000 dollars US la tonne. Comme les prix du plomb et du zinc sont déjà négociés au niveau des coûts limites de production, il faudrait profiter de prix autour de 1625 et 1750 dollars US la tonne pour acheter ces métaux. A plus long terme, les deux prix devraient se négocier au-dessus de 2200 dollars US la tonne. Dans le cas de l'aluminium et du nickel, nous considérons des niveaux de prix de 1800 et dollars US la tonne comme intéressants. Pour des raisons de coûts de production, il faut s'attendre durablement à un prix de l'aluminium supérieur à 2200 dollars US la tonne. Quant au prix du nickel, il devient critique au-dessous de dollars US la tonne, avec l'offre de substitution. L'essentiel en bref Le récent fléchissement des prix découle prioritairement de l'aversion du risque de la part des acheteurs. Le besoin en métaux industriels est toujours aussi fort, spécialement en Asie et en Chine. L'état des stocks varie selon le métal. L'offre la plus restreinte concerne le cuivre, ce qui permet d'imposer des primes plus élevées par rapport aux coûts de production. Les entreprises peuvent profiter des baisses de prix temporaires pour des achats supplémentaires. 28 UBSoutlook

29 Eine starkebranche vorherausforderungen Thema Solutions Optimiser les finances de l'entreprise Les entreprises de l'industrie MEM produisent la plupart du temps avec la mise enœuvre de gros capitaux, sont orientées vers l'exportation et achètent souvent des matières premières et des produits semi-finis à l'étranger. Pour la marche des affaires au quotidien, elles ont besoin de différentes prestations de service des banques. Les solutions financières adéquates peuvent être unfacteur de réussite dans l'entreprise. Cela se remarque notamment dans des domaines comme le financement des exportations, la gestion des liquidités ou la couverture demonnaies étrangères. UBSoutlook 29

30 Solutions Optimiser les financesdel'entreprise Assurer ses arrières avant d'exporter Même pour de petites entreprises de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, le marché suisse devient vite trop exigu. Jacqueline Keefer, responsable de l'unité Trade and Export Origination d'ubs, explique comment les exportateurs peuvent couvrir les paiements et proposer des financements à leurs clients étrangers. Quels sont les risques pour une entreprise suisse de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux qui souhaite exporter? Jacqueline Keefer: De la facturation en monnaies étrangères à la couverture du négoce, en passant par les taxes sur la valeur ajoutée, le risque est de s'aventurer à l'étranger sans préparation suffisante. Les entreprises pensent souvent: «L'Allemagne est toute proche et nous sommes familiarisés avec la mentalité qui y règne.» Jusqu'à ce qu'elles connaissent des surprises désagréables aux douanes ou qu'une facture reste impayée. Même pour de petites transactions, il faut se demander si une couverture du paiement serait la bienvenue. Les coûts sont relativement réduits. Supposons qu'une entreprise acquière un client à l'étranger. Comment peut-elle s'assurer de recevoir son paiement? J.K. Dans le cas d'un nouveau client, l'entreprise ne devrait livrer aucune marchandise avec une facture à recouvrer. En effet, une fois que la marchandise est partie, l'entreprise n'aplus rien en main. La livraison moyennant paiement préalable serait confortable. Mais l'acheteur y est rarement disposé. C'est pourquoi le crédit documentaire qui veille à une procédure en plusieurs étapes est un outil judicieux. Dans ce cas, ce ne sont pas les entreprises, mais leurs banques qui se chargent du paiement. La banque principale vérifie à l'aide des documents si l'exportateur a bien expédié la marchandise. Le cas échéant, la banque à l'étranger déclenche le paiement. Un crédit documentaire est irrévocable et offre une grande sécurité aux deux parties. Mais lorsque les partenaires commerciaux se connaissent mieux, est-il possible de réduire les formalités liées au paiement? J.K. Oui. En cas de relation de confiance vis-àvis du client, l'exportateur peut opter pour l'encaissement documentaire. Il expédie alors d'abord la marchandise au client et tout de suite après les documents à la banque. Celle-ci encaisse le montant dû auprès du client. En échange, elle lui remet les documents liés à la marchandise. Contrairement au crédit documentaire, les banques ne vérifient pas les documents. Malgré cela, l'exportateur peut partir du principe qu'il récupérera les documents et qu'il n'y aura pas de transfert de propriété si l'acheteur ne paie pas. Souvent l'exportateur doit proposer àses clients àl'étranger un financement pour ses marchandises. Dans ce cas, de quelles possibilités dispose-t-il? J.K. Il convient de faire ladistinction entre les financements àcourt et àlong terme. Si un acheteur abesoin d'un financement àcourt terme, cela peut se régler par un crédit documentaire. Celui-ci peut s'étendre sur 23 mois. S'il s'agit de biens d'investissement durables, il faut des financements d'exportation à moyen ou long terme. Ceux-ci durent en règle générale deux, trois, cinq ou sept ans. Le financement de chemins de fer peut s'étendre sur 12 ans, celui de centrales électriques sur 20 ans. Comme les risques sont difficiles à évaluer sur de telles durées, nous devons penser à très long terme. La règle de base veut que nous n'accordions pas de financements qui dépassent la durée de vie du produit. L'Assurance suisse contre les risques à l'exportation (ASRE, SERV) couvre différents risques. Quels avantages cela offre-t-il aux entreprises, notamment en vue du financement des exportations? J.K. L'ASRE couvre surtout le risque politique, le risque de transfert (par exemple en cas de restrictions juridiques en matière de devises) et le risque ducroire. Cette couverture est utile à l'exportateur dans tous les cas de figure, même Stephan Lehmann-Maldonado Rédacteur 30 UBSoutlook

31 «Dès qu'une entreprise a une idée pour un projet d'exportation, elle peut nous contacter.» Optimiser les financesdel'entreprise Solutions s'il n'a besoin d'aucun financement. Mais si un exportateur souhaite un financement, par exemple un crédit de fournisseur ou d'acheteur, la couverture de ces risques par l'asre (ou des instituions étrangères comme, par exemple, Hermes en Allemagne ou la SACE en Italie) est impérative. Dans quels cas la couverture de l'asre échoue-t-elle le plus souvent? J.K. L'ASRE couvre uniquement les marchandises et prestations de service dont la part de création de valeur suisse atteint au moins 50%. Moyennant paiement une prime complémentaire, cette part peut être abaissée à 30%. Mais même dans ce cas, il s'agit d'un obstacle de taille. Certes, beaucoup de groupes réalisent le montage en Suisse, mais achètent les composants àl'étranger. D'autres font transporter des biens jusqu'en Suisse pour les conditionner et générer ainsi une création de valeur suisse. Actuellement, les discussions tournent autour de la question de savoir s'il serait plus judicieux de suivre l'intérêt suisse que le «Swiss Made». Ainsi par exemple, une entreprise bénéficierait également d'une couverture del'asre si elle produit en Inde pour autant que cela assure sa survie. Comme l'asre est un établissement de droit public, il est vrai qu'elle financerait ainsi des emplois en Inde avec l'argent du contribuable suisse, mais la Suède afait des expériences positives avec cette approche. Une entreprise peut-elle compter sur le fait que la banque financera l'exportation si celle-ci est assurée par l'asre? J.K. La plupart du temps, oui. Mais il yades cas où nous arrivons à une autre décision que l'asre. Alors que l'assurance a pour mission de promouvoir les exportations et préserver les emplois, nous sommes une société anonyme qui doit gagner de l'argent en prenant peu de risques. Ainsi par exemple, l'asre soutient aussi des start-ups avec une couverture du risque de l'acheteur privé. Nous devrions alors assumer les 5% de risque résiduel. Or, nous ne pouvons pas le permettre si la solvabilité de l'exportateur est insuffisante. La crise financière n'a pas épargné l'industrie des équipements électriques et des métaux. Peut-on en tirer des leçons pour l'avenir? J.K. Beaucoup de clients croyaient être actifs sur des marchés fiables. Mais avec la crise, ils ont vite déchanté. En conséquence, le besoin Jacqueline Keefer a appris son métier en passant par tous les niveaux du financement des exportations. Elle s'est d'abord occupée, du côté bancaire, de financements du commerce extérieur, puis est passée dans l'industrie des machines où elle était responsable du financement des exportations d'un groupe industriel. De retour dans l'univers bancaire, elle dirige actuellement l'unité de spécialistes Trade and Export Finance Origination d'ubs. Qu'il s'agisse de la couverture depaiements transfrontaliers ou du financement des exportations, ce département propose un ensemble intégré de conseils avisés et de solutions professionnelles. UBSoutlook 31

32 Solutions Optimiser les financesdel'entreprise en instruments de couverture des paiements et de financement a augmenté. Comme les crises ne sont guère prévisibles, les entreprises devraient toujours intégrer des scénarios catastrophes àlaplanification de leurs exportations. Globalement, l'industrie s'est révélée inventive face àlacrise. Les entreprises ont exploité des marchés de plus en plus exotiques, ce qui nous apermis aussi demieux connaître lemonde. Dans le cadre des mesures de stabilisation II, la Confédération aintroduit des produits ASRE nouveaux, mais limités dans le temps. Ont-ils fait leurs preuves entretemps? J.K. Les quatre produits, àsavoir lecrédit de fournisseur, lagarantie de «bonds», l'assurance de confirmation d'accréditif etl'assurance de crédit de fabrication, ont aidé beaucoup d'entreprises àpoursuivre leurs affaires dans des conditions plus difficiles. Aprésent, les entreprises qui ont sollicité ces produits devraient s'exprimer. Plus l'écho sera positif, plus les chances seront grandes pour que ces produits soient repris dans le droit commun, après En même temps, il faudra alors modifier la loi fédérale sur la promotion des exportations. Quels sont les principaux critères lors d'une décision de financement? J.K. Nous examinons tout d'abord si l'exportateur est en mesure deremplir un contrat. Si une entreprise compte vingt collaborateurs et a réalisé jusqu'à présent un chiffre d'affaires de cinq millions de francs, je me demande sérieusement si elle peut remplir un contrat de 50 millions. En outre, nous voulons savoir qui est la contrepartie et nous vérifions sa solvabilité. Le pays d'exportation et la durée de financement souhaitée sont aussi des critères importants. Quelle taille une entreprise doit-elle avoir pour pouvoir s'adresser à UBS pour le financement de ses exportations? J.K. Chez nous, il n'y apas de montant minimum pour le financement des exportations. Nous effectuons beaucoup de transactions relativement petites. Il est vrai qu'à strictement parler, un financement de francs n'est guère rentable pour la banque, mais il aide souvent des clients à faire avancer leur entreprise, ce qui tôt ou tard nous est aussi bénéfique ànous en tant que banque. Qu'est-ce qu'une entreprise peut faire pour obtenir plus facilement un financement? J.K. Jouer la transparence! Plus une entreprise joue la transparence et nous associe aux négociations du contrat, mieux nous pouvons la conseiller et lui trouver la solution avantageuse. Si une entreprise nous soumet le contrat déjà bouclé, nous devons vérifier s'il est rédigé de manière judicieuse. Si elle doit le modifier par la suite, cela lui occasionne des frais supplémentaires. Un financement des exportations peut aussi être avantageux pour de petits projets très spécifiques. 32 UBSoutlook

33 Optimiser les financesdel'entreprise Solutions Toute entreprise désireuse d'exporter devrait donc vous contacter bien en amont. J.K. Absolument. Dès qu'une entreprise aune idée pour un projet d'exportation, elle peut nous contacter. Dans ce cas, nous pouvons faire jouer notre influence et prendre par exemple contact avec le partenaire àl'étranger ou avec sa banque. C'est ainsi que nous avons souvent pu aider nos clients lorsque les négociations entre les entreprises commençaient àstagner. Enoutre, nous cernons au plus près les besoins d'une entreprise et les domaines où une couverture d'assurance lui serait profitable. Sans conseils, les entreprises contractent souvent trop d'assurances. Par ailleurs, nous les aidons en établissant une offre àtitre indicatif. Ainsi, lors d'entretiens avec des partenaires commerciaux étrangers, ils disposent d'un atout. Le financement des exportations est dès lors aussi un outil de promotion des ventes? J.K. Oui. Lorsque deux entreprises proposent un produit de qualité comparable, celle qui y associe le financement décroche le plus souvent le contrat. Il importe tout simplement de former les vendeurs de l'entreprise. Ils doivent savoir ce qu'ils peuvent proposer et jusqu'où ils peuvent aller. Mieux s'informer,mieux réussir Dans toutes les régions de Suisse, vous pouvez vous adresser non seulement à votre conseiller clientèle, mais aussi aux experts de l'unité Trade and Export Finance d'ubs. Par ailleurs, vous trouverez des informations détaillées sur les financements d'affaires et d'exportations ainsi que des exemples animés des différentes transactions (formation rapide en ligne) sur le site Internet suivant: Pour des informations détaillées sur les offres proposées par l'assurance suisse contre les risques à l'exportation (ASRE, SERV), n'hésitez pas àconsulter son site Internet: Vous trouverez davantage d'outils pour vos activités commerciales à l'exportation sur le site Internet suivant: Couvrir les paiements Garantie bancaire. La banque s'engage à payer au bénéficiaire un montant déterminé si certains services ou paiements ne sont pas effectués. En fonction de sa conception, la garantie peut couvrir les droits de l'acheteur ou de l'exportateur. Si une entreprise livre avec une facture à recouvrer, c'est une garantie qui offre la plus grande sécurité possible. Les garanties s'utilisent notamment pour des affaires dans l'espace européen. Lettre de crédit standby. Cet instrument est surtout prisé aux Etats-Unis parce que les banques américaines ne fournissent pas de garanties. Comme la garantie bancaire, il sert à couvrir des paiements et services. Encaissement documentaire. C'est un instrument de paiement et de couverture. La banque encaisse le montant dû auprès de l'acheteur, contre remise des documents correspondant à la marchandise. Contrairement au crédit documentaire, les banques impliquées n'assument aucune obligation de paiement ferme. Elles agissent uniquement à titre fiduciaire. Crédit documentaire (accréditif). Cet instrument largement répandu sert surtout à couvrir un paiement. La banque située à l'étranger confirme le paiement d'un certain montant à l'exportateur si et seulement si celui-ci introduit les documents liés à la marchandise dans les délais et conformément aux dispositions du crédit documentaire. Un mot biscornu peut retarder le paiement. En outre, les crédits documentaires peuvent servir par exemple à échelonner ou reporter un paiement, ce qui permet des financements à court terme. Les crédits documentaires offrent davantage de sécurité qu'un encaissement documentaire, mais sont plus onéreux.... et financer les exportations Crédit de fournisseur. Le fournisseur, donc l'exportateur, règle le financement avec son client à l'étranger. Il vend ensuite à sa banque la créance découlant du contrat de fourniture. A défaut de recouvrement de la créance, la banque peut recourir à l'assurance suisse contre les risques à l'exportation (ASRE). Le crédit de fournisseur est facile à conclure et convient aussi aux petites affaires. Crédit d'acheteur. La banque conclut un contrat de crédit directement avec l'acheteur des marchandises. Elle paie le montant du crédit à l'exportateur et s'acquitte ainsi du prix d'achat. Si l'acheteur ne paie pas, la banque peut recourir à l'assurance suisse contre les risques à l'exportation (ASRE). Le crédit d'acheteur convient aussi aux grands projets de longue durée. Crédits-cadres. UBS et d'autres banques suisses ont conclu des conventions de crédit-cadre avec des banques dans de nombreux pays. Celles-ci permettent à l'exportateur de financer des affaires ponctuelles dans des pays émergents à des conditions uniformes. Sans crédit-cadre, la banque devrait péniblement négocier les conditions pour chaque contrat de crédit. UBSoutlook 33

34 Solutions Optimiser les financesdel'entreprise Maîtriser la liquidité: uneapprochesystématique au succèsgaranti Une gestion efficace des liquidités libère des moyens inutilisés et peut améliorer de manière décisive la rentabilité d'une entreprise industrielle. Enregistrer des bénéfices etgagner de l'argent ne vont pas toujours de pair. Beaucoup d'entreprises industrielles suisses le savent par leur propre expérience. Où est la racine du problème? Les bénéfices se laissent beaucoup plus influencer par des décisions comptables que les liquidités. Par conséquent, les plus beaux chiffres de bénéfices ne sont guère utiles si par exemple les débiteurs paient en retard etque les liquidités suffisent àpeine à régler les factures les plus urgentes. Les expressions du type «Cash is king» ou «Le liquide, c'est du solide» recèlent donc une grande part de vérité. Traverser les temps de crise avec succès Voilà pourquoi une gestion systématique des liquidités est un facteur de réussite pour toute entreprise. Elle inclut toutes les mesures destinées àmaîtriser les liquidités, afin que la bonne quantité d'argent dans la bonne monnaie se trouve au bon moment au bon endroit. Cela signifie, d'une part, qu'une entreprise doit garantir en permanence sacapacité à payer et, d'autre part, qu'elle ne dispose pas de trop de liquidités excédentaires, parce que la liquidité ason prix. Elle représente, dans l'entreprise, du capital qui doit être rémunéré. Le principe est le suivant: plus la situation économique est tendue, plus la gestion des liquidités devient importante. Les entreprises industrielles qui planifient et gèrent activement leurs liquidités se retrouvent dans une situation de départ relativement confortable en cas de récession. C'est ce qui ressort des observations de ces dernières années. C'est pourquoi désormais, la gestion des liquidités intéresse non seulement les grands groupes, mais aussi de plus en plus de petites et moyennes entreprises. La gestion des liquidités s'articule autour de leur planification dynamique. Elle fournit un aperçu des postes qui recèlent des liquidités dans l'entreprise etdes moments où l'on peut escompter des encaissements. Partant de là, une entreprise peut optimiser la rentabilité de sa liquidité: des moyens financiers excédentaires àcourt terme dans un certain domaine peuvent être rendus accessibles àd'autres domaines du même groupe d'entreprises. Si ensuite, il reste encore des moyens excédentaires, ils peuvent servir au remboursement de crédits ou être placés avec un risque optimisé. Par ailleurs, une exécution efficace etinformatisée des paiements permet de réaliser des baisses de coûts et des réductions d'erreurs substantielles, notamment lors de transactions transfrontalières (voir encadré). Encaissement: mise en œuvre progressive Ce sont justement les entreprises industrielles orientées vers l'exportation qui ont tout intérêt àceque les moyens financiers issus de leurs ventes soient rapidement disponibles au bon endroit. Acet égard, la rentabilité est déjà au rendez-vous si l'entreprise travaille avec une banque qui crédite immédiatement et sans perte de jour valeur les paiements entrants de clients étrangers. C'est la première phase, celle de la transparence. La phase suivante permet de centraliser auprès d'une banque principale les avoirs répartis dans le monde entier. Une autre possibilité d'optimisation est de centraliser directement les encaissements: le produit des factures acquittées arrive alors directement àlabanque principale, où il peut être géré et redistribué plus facilement. Dans la pratique, il faut toujours garder àl'esprit que les solutions de gestion des liquidités modifient aussi des processus, des structures et des compétences au sein d'une entreprise. Certains membres du personnel risquent de s'y opposer. C'est pourquoi, ilest important que la direction de l'entreprise approuve pleinement l'approche choisie. Une mise en œuvre Marcus Meyer Directeur Cash Management Services 34 UBSoutlook

35 Optimiser les financesdel'entreprise Solutions «Les solutions de gestion des liquidités modifient aussi les structures et compétences au sein de l'entreprise.» L'approche de la gestion des liquidités selon UBS Visibilité Mobilité Placement UBS propose aux entreprises un rapport détaillé et intégré sur des soldes etécritures sur les différents comptes, peu importe que ceux-ci se trouvent chez UBS ou auprès d'autres banques. Les entreprises disposent de plusieurs solutions pour le trafic des paiements, afin de pouvoir effectuer efficacement les mouvements de fonds en Suisse et àl'étranger. En fonction des besoins en liquidités et des objectifs financiers, UBS conseille et soutient les entreprises dans le placement de leurs liquidités excédentaires. Intégration des systèmes UBS propose plusieurs possibilités de connexion des systèmes decomptabilité et de trésorerie de l'entreprise avec ses propres systèmes. progressive, comme évoquée ci-dessus, a largement fait ses preuves. Il n'existe pas de formule passe-partout pour tous les besoins en gestion des liquidités. La banque doit donc impérativement disposer d'experts qui cernent d'abord les besoins et processus concrets au sein d'une entreprise avant de soumettre des propositions de solution. Mieux s'informer,mieux réussir UBS met à votre disposition, dans toutes les régions de Suisse, des conseillers spécialisés qui élaborent et mettent en œuvre chaque jour avec et dans les entreprises, des solutions concernant la gestion des liquidités, le reporting des liquidités, le trafic des paiements et les solutions en ligne. Vous trouverez des conseils précieux sur le trafic des paiements et d'autres sujets importants pour les PME sur le site Internet: Pour de plus amples informations sur la gestion des liquidités lors des exportations et sur le compte UBS Euro Gateway Account, n'hésitez pas à consulter le site Internet suivant: UBSoutlook 35

36 Solutions Optimiser les financesdel'entreprise L'encaissement en euros directement ensuisse La directive européenne concernant les services de paiement dans le marché intérieur est entrée en vigueur fin octobre Elle prévoit d'effectuer des virements, des recouvrements et des paiements par carte au sein de l UE de manière aussi efficace et au même prix que les paiements nationaux. La Suisse n'est cependant pas du tout mise sur un pied d'égalité avec les Etats membres. Il est vrai que les institutions financières suisses ont intégralement adapté leurs services pour le trafic des paiements àladirective européenne. Mais les banques en Europe peuvent réclamer des tarifs plus élevés pour des paiements à destination etenprovenance de la Suisse. C'est pourquoi beaucoup d'entreprises industrielles suisses sont obligées de détenir des comptes en euros auprès de différentes banques dans l'espace européen. Ainsi, des parties du chiffre d'affaires réalisé en Europe ne sont accessibles qu'à certaines conditions ou tardivement et la concentration des moyens financiers en Suisse s'avère coûteuse. Bonne nouvelle: UBS est la seule banque suisse àoffrir une solution adéquate aux entreprises établies en Suisse et réalisant un chiffre d'affaires significatif en euros, le compte UBS EUR-Gateway-Account. Celui-ci permet à l'entreprise d'effectuer l'encaissement des débiteurs dans l'espace européen par le biais d'un compte auprès d'ubs Francfort directement sur un compte en euros en Suisse. Ainsi, les entreprises obtiennent au départ de la Suisse un accès direct au trafic des paiements européen. Le chiffre d'affaires réalisé en euros est disponible directement et immédiatement en Suisse, auprès d'ubs. La gestion de comptes supplémentaires auprès de banques tierces dans l'espace européen devient superflue et le chiffre d'affaires arrive directement là où l'entreprise en abesoin. Lorsque des entreprises réalisent d'importants chiffres d'affaires en euros, un UBS EUR-Gateway-Account leur ouvre lavoie au trafic des paiements européen. 36 UBSoutlook

37 Optimiser les financesdel'entreprise Solutions Couvrir les monnaies étrangères, de manière stratégique Les fluctuations des cours de change ne sont pas une fatalité, même pour des petites et moyennes entreprises industrielles. Il est possible d'identifier, demesurer et de couvrir de tels risques. Même les spécialistes ne peuvent prévoir que partiellement les mouvements sur le marché des changes. Les entreprises facturant en monnaies étrangères ont donc d'autant plus de mal àcalculer leurs marges. Prenons un exemple simplifié: la fabrication d'un produit coûte 9000 francs àunfabricant d'outils suisse. Il fixe le prix de vente à10000 francs, correspondant à dollars US au moment de la facturation. D'où un bénéfice de 1000 francs. Or, voilà que le taux de change entre ledollar et le franc tombe à0,95. Converti selon ce cours, le produit de la vente de dollars ne vaut plus que 9500 francs. Le bénéfice est divisé par deux et tombe à500 francs. Si le dollar baisse encore davantage, l'affaire risque de devenir déficitaire. Cet exemple illustre comment de légères variations des taux de change peuvent déjà compromettre lamarge bénéficiaire d'une entreprise. Comme les fluctuations ont augmenté ces dernières années, les entreprises ont tout intérêt àgérer systématiquement les risques de change et àsuivre leplus possible laligne budgétaire fixée. La méthode qui suit alargement fait ses preuves. 1. Identifier et mesurer les risques Les risques de change liés aux flux de trésorerie peuvent découler du commerce de marchandises ou d'une offre en monnaies étrangères ainsi que de soldes sur les comptes. L'important est de déceler assez tôt ces risques de change et, si possible, de les quantifier. Pour cela, il s'agit aussi de prévoir sur quelle période les devises vont évoluer et dans quelle direction. 2. Outils destinés à la couverture des risques Lorsqu'une entreprise échange ici et maintenant une monnaie contre une autre, c'est le cours au comptant qui s'applique. Les outils de base pour couvrir les risques de change sont les opérations àterme. L'entreprise s'engage à acheter ou vendre àune date fixée d avance un montant en monnaie étrangère àuncours àterme défini aujourd'hui. Ladifférence entre le cours au comptant et le cours àterme (coût de la couverture durisque) se compose de la différence des taux d intérêt entre les deux monnaies. Les options constituent une alternative aux opérations àterme. En latin, «optio» signifie «choix libre». Comme l'indique ce terme, les options standards, appelées aussi «options vanille», offrent des possibilités de choix àleur acquéreur. Avec une option, une entreprise industrielle acquiert ledroit d'acheter ou de vendre à une date prédéterminée (appelée échéance) un montant en monnaie étrangère à un cours de change fixé aujourd'hui (appelé prix d'exercice). A l échéance, si l'opération est avantageuse, l'entreprise peut exercer l'option et effectuer la transaction définie; elle n'y est toutefois pas obligée. Al échéance, si l opération n est pas avantageuse, l entreprise abandonne son droit. Dans ce cas, elle peut effectuer directement la transaction de change sur le marché au comptant. Les options ressemblent à une assurance. Comme pour toute assurance, il s'agit de payer une prime, à savoir le prix de l'option. L'avantage des options réside dans le fait que les entreprises peuvent se prémunir des évolutions négatives des cours de change, tout en profitant d une évolution favorable. Les options exotiques avec barrière sont également fréquemment utilisées. Contrairement aux options standards, elles comportent des Mark Damerum Directeur du service Devises pour clientèle entreprises Suisse UBSoutlook 37

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