Repas Anti-interdits. Repas Anti-interdits. Tridi 3 Floréal an CCXIX (Vendredi 22 avril 2011) N 66. Sommaire

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1 N 66 Dispensé de timbrage Port payé Routage 206 Centre de Tri de Saint-Étienne -Montreynaud Date de dépôt : 14 avril 2011 BULLETIN TRIMESTRIEL D INFORMATION, DE DISCUSSION ET D HUMEUR DE LA FÉDÉRATION DES ASSOCIATIONS DE LIBRE PENSÉE ET D ACTION SOCIALE DE LA LOIRE Germinal / Floréal an CCXIX de la République (Avril 2011) Nouvelle série N 66 I.S.S.N C.P.P.A.P G Prix : 3 Repas Anti-interdits Tridi 3 Floréal an CCXIX (Vendredi 22 avril 2011) Repas Anti-interdits Groupes de St Etienne et du Forez et Haut-Forez : Restaurant Lesseurs (anciennement l Oxalis) 15 rue du Mont Saint Etienne Inscription au (Serge) Ou (Annie) Groupe de Roanne : Restaurant Le Nouveau Siècle Saint-André-d'Apchon Inscription au (Yannick) Sommaire P.1 : Repas Anti-interdits P. 2 : Un livre de Christian Eyschen à lire de toute urgence : L Église contre la Libre Pensée P.3 : Laïcité des centres d examen. P.4 : - Violation en réunion de la loi de Congrès d Oslo P.5 : - Loi «anti-burqa» - Crucifix à l école en Italie - Cantonales, lettre aux candidats P.6 : Conférences bioéthique de Michèle Vincent P.8 : Subsides à la basilique d Annaba P. 9 : Le classement PISA P. 10 : Réunion régionale de la Libre Pensée 1

2 Un livre à lire de toute urgence : L Église contre la Libre Pensée de Christian Eyschen Le livre de Christian Eyschen apporte beaucoup à son lecteur. La somme de connaissances qu on peut y puiser est considérable tant du point de vue de l histoire de l Église catholique que du point de vue de l histoire et de l actualité de la laïcité. Tout cela est appréhendé à travers des épisodes-clés de l activité de la Libre Pensée depuis plus d une décennie. C est certes un livre de militant mais c est aussi un livre «savant». Ce dernier qualificatif ne doit en aucun cas être mal compris : le lecteur sensible à la qualité de l écriture aimera les formules aiguisées procédant du remarquable sens de l humour propre à son auteur, qui rend cette lecture agréable et stimulante. Bref, on ne s ennuie pas en le lisant. Rien d un pensum. Tout au contraire, jubilation garantie. Voici un extrait de l un des chapitres du livre qui donnera envie, j espère, de lire ce livre et de le faire lire. Cet extrait est tiré du chapitre intitulé Le Vatican et l Europe. Le lecteur le trouvera aux pages 98 et 99 : «Les différences religieuses étant des conséquences des différences de sociétés et non des causes, on voit mal comment les replacer au centre des sociétés pourrait contribuer en quoi que ce soit au rétablissement de la paix. Quand on regarde l histoire des peuples, des États et des Nations, on s aperçoit que les religions ont toujours été des facteurs de guerre et d affrontements entre les hommes. C est pourquoi la révolution française et ensuite la République, par la Déclaration des Droits de l Homme et du Citoyen du 26 août 1789, ont engagé un processus de laïcisation intégrale de la société. En retirant les religions du domaine public, en leur permettant d exister dans le domaine privé, la laïcité a fait œuvre de paix civile, car elle a repoussé les ferments de discorde. Mettre les religions au centre du domaine public, c est faire œuvre de concordat. Les reléguer à la sphère privée, c est faire œuvre de concorde. Pour que les religions ne soient pas un facteur de division, il faut en faire une affaire privée, uniquement privée, et leur interdire toute présence dans le domaine public. Edmond de Pressensé disait déjà que «l État s arrête où commence la conscience.» A contrario, le religieux s arrête où commence le service public. Proclamer que seul le dialogue inter-religieux peut amener la paix, c est enfermer chaque individu dans sa «communauté d appartenance», alors que c est le hasard et les circonstances qui l ont conduit là où il est. C est confondre le nécessaire dialogue entre les hommes avec l obligation de situer le débat entre les superstructures religieuses, exclusives et contraignantes. La communauté religieuse d appartenance devient ainsi l horizon indépassable et une prison sociale» Tout le livre est de la même veine et de la même tenue. Ami lecteur, si tu veux en savoir plus, tu sais ce qu il te reste à faire. Tu peux commander le livre (317 pages ; 16 euros) auprès du trésorier de la Fédération de la Loire Pierre Schwartz ou de la camarade qui s est chargée de la librairie, pour la Fédération, Marie-Claude Collay. Bonne lecture. Pierre Roy Réunion du CAD, samedi 23 avril, 9h30 - Espace Bayard, Veauche 2

3 FÉDÉRATION DÉPARTEMENTALE DES ASSOCIATIONS DE LIBRE PENSÉE ET D'ACTION SOCIALE DE LA LOIRE Siège social : salle 15 bis, Bourse du travail, cours V. Hugo, , Saint-Étienne site : La Libre Pensée de la Loire s adresse aux syndicats enseignants, aux associations et partis se réclamant de la laïcité. Laïcité des centres d examen Depuis un certain nombre d années dans notre Académie les épreuves du baccalauréat se passent indifféremment dans des lycées publics ou des lycées confessionnels sous contrat. Cette situation est une atteinte flagrante à la laïcité et aux principes régissant l Université. Le baccalauréat est un diplôme universitaire. C est le premier grade. L Etat, selon la loi de 1880, a le monopole de la collation des grades (principe fondamental et ancien de l Université française). Un diplôme universitaire sanctionne des connaissances. Il n est donc pas par nature ni catholique, ni protestant, ni islamique, ni hébraïque, ni orthodoxe, ni bouddhiste L organisation d épreuves ou la tenue de jurys dans les locaux d établissements confessionnels est contraire aux principes de laïcité, à la liberté de conscience des personnels, des parents et des candidats. Nous estimons en conséquence que les épreuves du baccalauréat, comme de tout examen d Etat, doivent se dérouler dans les seuls établissements publics et laïques, c est-à-dire l école de la République. La liberté de conscience des personnels, des familles et des élèves de 1 ère et de Terminale, BTS (classes d examen) doit être respectée. Il est inacceptable que les directions d établissements privés confessionnels puissent convoquer les fonctionnaires de la république et leur donner des ordres pour surveiller les épreuves ou participer aux délibérations des jurys. Enfin et par avance, nous réfutons : les faux arguments de certaines autorités académiques, déjà entendus : «Nous manquons de locaux» les réponses «hypocrites» qui consistent à dire : on voilera les crucifix dans les salles de classe durant les épreuves. Elles ne règlent rien sur le fond : il ne s agit que d une pseudo-laïcisation de circonstance le jour de l épreuve! Nous constatons par ailleurs que lorsque ces demandes ont été faites, y compris par des recteurs, elles ont été souvent ignorées et rejetées par les directeurs des établissements privés catholiques. Les élèves ont composé, les enseignants ont surveillé, avec des crucifix dans les salles. C est pourquoi nous demandons aux autorités rectorales d utiliser uniquement des établissements publics comme centres d examen. Et c est pourquoi nous proposons aux organisations qui recevront ce courrier des démarches communes sur ce point crucial de laïcité (communiqué de presse, lettre au préfet de la Loire et au recteur de l Académie de Lyon, demande d audience, alerte en direction des élus de la République ) Le bureau de la fédération de la Loire de la Libre Pensée, le 23 février

4 Loi de séparation de 1905, «violation en réunion» *. Nous reproduisons un article paru sur le site du journal Ouest-France. Il relate la tenue d un «Conseil municipal extraordinaire»... présidé par un archevêque, dans une salle paroissiale. * Allusion au «viol en réunion» qui selon le site Wikipédia est une qualification pénale dans le droit français décrivant un acte de viol «commis par plusieurs personnes agissant comme auteurs ou complices», et qui est retenu comme circonstance aggravante. Mgr Pierre d'ornellas, archevêque de Rennes, a présidé un conseil municipal extraordinaire à la salle paroissiale Notre-Dame-de-Bon-Abri. Les élus et adjoints des communes englobées par la paroisse (Messac, Guipry, La Noë-Blanche, Saint-Malo-de-Phily) étaient invités à le rencontrer. Le chef du diocèse a prêté une oreille attentive aux interventions des participants. Mgr d'ornellas s'est dit «intéressé de savoir comment fonctionnent les communes». Chaque maire a souligné «les très bonnes relations avec le clergé, tant sur le plan matériel en ce qui concerne les bâtiments (églises, presbytères, salles) que sur le plan spirituel». Chacun a présenté sa commune. Leur souci commun est l'avenir en raison du manque de prêtres au service de la population. «Comment faire pour les structures», demande Thierry Beaujouan, maire de Messac. Il a parlé de l'église rénovée selon des Bâtiments de France. Mais aussi du presbytère, de la salle de la Charmille rachetée à la paroisse par la commune. Intervenant à son tour, Bernard Boulais, maire de Guipry, a évoqué «le logement d'accueil d'urgence pour les personnes en difficultés passagères». L'archevêque à Saint-Malo-de-Phily samedi soir Christine Gardan, maire de La Noë-Blanche, a fait l'historique de la paroisse. «Jusqu'en 1852, elle faisait partie de la paroisse de Messac. Un personnage important l'a marqué, Thomas Leroy, né au village de Fréel, une célébrité pour la commune. Il a été recteur de nombreuses paroisses avant de devenir évêque de Dol, et sous les ordres de deux papes.» Bernard Tirel, maire de Saint-Malo-de-Phily, a évoqué les fresques de l'église. Il «regrette que la messe y soit toujours célébrée le samedi soir. Il aimerait qu'elle ait lieu de temps en temps le dimanche». En attendant, elle sera présidée par Mgr d'ornellas... samedi soir 5 février, à 18 h. Congrès international de la Libre Pensée - Oslo 10 août 2011 La Fédération de la Libre Pensée de la Loire appelle au financement d une délégation de libres penseurs de la Loire Le coût total d un(e) délégué(e) pour Oslo est d environ 650 euros ( vol A/R pour Oslo en «low cost» = 210 ; inscription au congrès = 75 ; deux nuits à l hôtel = 160, à quoi s ajoutent au moins deux repas et un petit-déjeuner). Pour que la Fédération de la Loire puisse faire face à l effort financier d une délégation, ne serait-ce que d un(e) libre penseur(se) de la Loire, une souscription est ouverte sous deux formes : une souscription directe par un versement en remplissant le bulletin de souscription ci-dessous, la vente de T-shirts et de coupe-vents avec le logo du congrès d Oslo ou le billet d entrée au congrès mondial de Rome de 1904 : T-shirts blancs : 16 / T-shirts noirs : 20 / Coupe-vents : 26. Nom Prénom Souscription Oslo Adresse Somme versée 5, 10, 15, 20, 25 etc. Chèque à l ordre de «Libre Pensée Loire» - salle 15 bis Bourse du travail, 10 cours V. Hugo St Etienne 4

5 LOI «ANTI-BURQA» Le journal La Tribune-Le Progrès a publié le 10 mars un article titré «Contrôlée et menacée d une amende parce qu elle portait un foulard» relatant un contrôle de police inédit, à notre connaissance, à Saint-Étienne. Le déroulement des faits rapportés confirme ce qui était prévisible en raison de l adoption de la loi Fillon dite «loi anti-burqa». Une telle loi est la porte ouverte à l arbitraire remettant en cause la liberté individuelle de s habiller comme on l entend. On le constate : on dénie le droit pour les femmes de porter un simple foulard! La Libre Pensée, lors de son congrès national de Pesey- Nancroix en 2009, avait mis en garde les autorités contre toute législation mettant en cause la sphère privée qui est propre à l être humain. La loi votée joint le grotesque à l arbitraire puisqu elle distingue un domaine qui n est ni privé ni public, dont la rue, les magasins, les transports urbains, feraient partie, mais pas la mosquée. Tout ceci entretient un climat de xénophobie lourd de conséquences pour la démocratie et la République. La Libre Pensée demande l abrogation de cette législation liberticide qui rappelle les pires heures de l histoire de France. ********** Article paru suite à notre communiqué. La cour européenne des droits de l'homme sauve le crucifix à l école publique italienne Vendredi 18 mars, saisie en appel, cette cour a estimé, par 15 voix contre 2, que le crucifix avait sa place dans les salles de classes des écoles publiques italiennes. Voici un jugement qui démontre : 1 - que cette institution de l'ue est à la botte du Vatican (ce qui n'est pas surprenant mais se trouve ici une confirmation en quelque sorte "cruciale"), 2 - que la croix chrétienne est un «symbole passif», neutre ou anodin en d'autres termes ; cela vous aurait-il échappé? 3 - que le ministre des affaires étrangères du gouvernement Berlusconi en tire illico presto des conclusions pour tous les pays de l'ue en déclarant : «cette sentence constitue désormais un point de référence dont il faudra tenir compte sur la question de la présence des symboles religieux dans toute l'europe». Suivez son regard... vers l'hexagone et la loi de que les évêques suivent tout ça avec un immense intérêt et n'hésitent pas à écrire : «C'est un acte de vraie laïcité» (ben, voyons! plus laïque qu'un évêque, y a pas, c'est bien connu!) Lettre aux candidats aux cantonales sur des questions de laïcité Les réponses de candidats aux cantonales à la lettre de la Libre Pensée de la Loire, ainsi que cette dernière, ont été portées à la connaissance des libres penseurs de Saint-Étienne et environs par les soins d Annie, présidente du groupe, puisqu elles concernaient des cantons de la ville. Les libres penseurs du reste du département qui désireraient en avoir connaissance prendront contact avec la fédération qui les leur fera parvenir (joindre svp un timbre pour la poste) 5

6 COMPTE RENDU DES CONFÉRENCES DE MICHÈLE VINCENT SUR LA BIOÉTHIQUE Après un rappel de la réaction indignée du Vatican à l annonce de la nomination de Robert Edwards, père de la fécondation in vitro, la conférencière a rappelé qu en France, pays laïque, l église se considère encore comme le conservatoire de la morale pour ce qui concerne la vie, la mort et le sexe et nous allons voir le pourquoi de cette remarque introductive. Qu est ce que la bioéthique? C est l éthique de tout ce qui concerne le bio, c est à dire le vivant et qui se développe dans des directions très larges allant de la recherche sur l embryon aux rapports sur la fin de vie en passant par l IVG, tous ces domaines qui sont aussi les domaines de prédilection de l Église catholique principalement et nous verrons à quel point comités d éthique et Église sont fortement imbriqués l un dans l autre. Cette idée de conférence est venue à la suite du colloque de la Sorbonne en 2009 organisé par la «Commission sciences» de la Libre Pensée à propos de la recherche sur l embryon et de la révision des lois bioéthiques qui ont eu lieu en février La conférencière a donc largement repris les arguments exposés au cours de ce colloque par Axel Kahn, Israël Nisan, Pierre Jouannet ainsi que l analyse critique des fondements de la bioéthique exposés par le philosophe Philippe Descamps concernant la recherche sur l embryon ou plutôt, devrions-nous dire, les restrictions drastiques qui empêchent encore aujourd hui les scientifiques de développer cette recherche qui pourrait pourtant sans doute révolutionner la science, et la médecine en particulier, car elle offre des espoirs immenses dans la thérapie des maladies encore incurables aujourd hui. Suivit un rappel de la conception sur la nature de l embryon depuis le début de la chrétienté qui a abouti à l affirmation de Pie IX : «Nous ne savons ce qu est l embryon, ni quand l âme vient au corps et puisque nous ne le savons pas nous devons faire comme si l embryon était une personne humaine dès sa conception». C est cette vision qui domine encore l Église catholique aujourd hui et qui permet de comprendre sa position face à la recherche sur l embryon mais aussi sur l IVG et sur l euthanasie puisqu elle met encore et toujours en avant le caractère sacré de la vie. Pourtant, la recherche sur l embryon se fait sur les embryons surnuméraires des fécondations in vitro qui n aboutiront à aucun projet parental et qui seront automatiquement détruits. D autre part cette recherche se fait sur des embryons à quatre cellules de développement. La question qui se pose alors est : pourquoi, alors que l on fait des recherches sur les vieillards en gériatrie, sur les femmes en gynéco, sur les enfants en pédiatrie et sur tout être vivant pour faire avancer la connaissance, on ne doit pas toucher à l embryon alors qu en l occurrence, il ne devrait être considéré que comme du matériel biologique comme tout autre? La réponse partielle se trouve dans la composition des comités d éthique contre lesquels la Libre Pensée s était prononcée au cours d un congrès il y a une dizaine d années. En effet ces comités sont composés par les représentants des principales religions représentatives du paysage français et exercent un rôle fondamental dans les prises de décisions pour tout ce qui concerne le vivant. Et c est au mépris total du respect de la loi de séparation des Églises et de l État que se sont mis en place ces comités (Mitterrand en 1981a créé le premier comité d éthique ) véritables corps intermédiaires de l État en application parfaite du principe de subsidiarité et du corporatisme. Malheureusement, la réflexion ne se limite pas au simple problème de l embryon car à partir de ces interdictions de recherche se profile à l horizon la remise en cause du droit à l IVG, qui est un droit essentiel des femmes et qui a été un long combat auquel la Libre Pensée à largement participé. En effet, les discussions sur la nature de l embryon ainsi que la vision religieuse de «personne humaine» dès la conception fait craindre que des offensives répétées pour donner statut juridique au fœtus et à l embryon aboutissent, interdisant tout recours à l IVG. Dans la législation, tant que l enfant n est pas né, il n est ni une chose, ni une personne, il n est qu un projet parental non encore abouti. Il appartient à la mère de décider du devenir de ce qu elle porte, avec les restrictions que nous connaissons dans les dates limitant l IVG à un nombre déterminé de semaines de grossesse. A partir du moment ou le statut juridique serait instauré, c en serait fini du droit à l IVG. Bien d autres signes font penser que l offensive est à l œuvre avec la tentative de prise en compte dans le livret de famille des fœtus morts avant la naissance, mais aussi la culpabilisation des femmes dans bien d autres domaines, à commencer par leur responsabilité affirmée par la commission des évêques de France quant à la crise économique et au problème des retraites. Les femmes, disent-ils, sont avant tout des mères et leur carrière au service de la famille prime sur toute revendication de carrière professionnelle. Par ces affirmations, l Église réaffirme la primauté de la famille patriarcale traditionnelle, toute autre organisation familiale n étant même pas envisagée par l Église. La dernière partie de l intervention a porté sur l euthanasie. Le refus actuel des Institutions de relancer le débat sur ce délicat problème est édifiant à plus d un titre. Certes, la loi Léonetti du laisser mourir, qui ne fait que reprendre les directives Kouchner de la charte du patient hospitalisé, peut être considérée comme une brèche ouverte dans la forteresse des opposants à une légalisation comme celle existant aux Pays Bas, en Belgique et plus récemment au Luxembourg. Elle est surtout une disposition qui évite le débat avec ceux qui affirment comme (Suite page 7)

7 (Suite de la page 6) Kant «La philosophie des Lumières, comme fondatrice de la pensée occidentale : c est l entrée de l homme dans son âge adulte, celui où il laisse derrière lui sa minorité, l âge de l enfance où il prenait la main d un autre pour marcher. Désormais, il avance tout seul, guidé par sa seule raison» En effet dans ces trois débats, il y une constante à noter. L homme, pour la religion, ne s appartient pas, il appartient à dieu, à la société. Rechercher sur l embryon, c est se comporter comme dieu ; décider de sa vie et de sa mort, c est se comporter comme dieu ; décider de gérer une naissance ou la refuser, c est aussi se comporter comme dieu et cela les Églises ne l acceptent pas d autant plus que, dans certains cas, cela remet en cause les schémas traditionnels de la famille, du couple et de l individu et cela serait l affirmation d une trop grande liberté de conscience et du droit absolu à disposer de son corps. Mais derrière cela il y quelque chose de plus vaste, c est la notion de préservation de l espèce humaine non pas dans son entité sociale, mais dans son entité strictement biologique. On valorise l espèce humaine au détriment de l être social et par là même on nie ce qui fait justement son humanité, c est à dire la distance qui existe entre la vie symbolique et la vie biologique. L exemple le plus typique est celui de la revendication d euthanasie mais peut s appliquer aussi à un embryon de 4 cellules ou au droit à l IVG. Suite aux deux conférences données par Michèle Vincent, l une à Roanne et l autre à St Etienne, voici une information intéressante : deux larges extraits d un article paru dans les pages Décryptages Débats du journal Le Monde. Ne pas interdire les cellules souches Des travaux qui révèlent des mécanismes, jusque-là inconnus, d'une maladie génétique sont publiés cette semaine par notre laboratoire dans l'une des revues scientifiques internationales les plus prestigieuses. Particularité de ces résultats : cette première mondiale a été obtenue grâce à l'étude de cellules souches embryonnaires humaines. Autre particularité : sous la forme aujourd'hui proposée par le gouvernement, la loi de bioéthique interdirait ce type de recherches en France... Cherchez l'erreur! L'histoire de la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines est, en France, marquée par le combat que mènent contre elle les lobbies conservateurs de l'église catholique. Opposés à toute atteinte à ce qu'ils considèrent comme un être humain dès la fécondation, ils se sont successivement opposés au droit des femmes à l'avortement, à la procréation médicalement assistée, puis à toute recherche sur l'embryon, avant de s'attaquer aux cellules souches. Adoptée sous leur pression, la loi de bioéthique de 1994 a exclu, jusqu'en 2004, la France de l'élan scientifique international autour des cellules souches embryonnaires. Ces cellules intéressent scientifiques et médecins parce qu'elles sont seules capables de proliférer indéfiniment et de donner naissance à n'importe quelle cellule spécialisée de l'organisme, et sont ainsi les meilleurs outils de la «médecine régénératrice» dans la lutte contre les maladies dégénératives. Elles ouvrent également la voie, que nous avons empruntée dans notre étude, à la reproduction en laboratoire des mécanismes des maladies génétiques, et donc à leur décryptage. Cette «modélisation pathologique» permet de rechercher les traitements appropriés grâce à une technique que l'on appelle le «criblage ("screening") de médicaments». Révisée en 2004, la loi maintenait l'interdiction en l'assortissant, pendant cinq ans de la possibilité de dérogations. Cette formule incompréhensible d'interdiction-dérogation traduisait surtout l'espoir des opposants à la recherche de démontrer que les cellules souches embryonnaires n'apporteraient rien, et que d'autres cellules, «éthiques», viendraient vite les remplacer. Depuis, l'agression antiscientifique n'a pas cessé, marquée notamment par une campagne de boycott du Téléthon, soutien constant des recherches sur les thérapies innovantes, déclenchée par des activistes catholiques et soutenue publiquement par plusieurs évêques, en Le record de dons au Téléthon, cette année-là, a heureusement apporté la preuve du soutien populaire à la science. Mais cela n'a arrêté ni le lobbying antiscience ni les mensonges **************************************************** ces mensonges avérés ont, pour l'instant, scandaleusement, apporté une victoire à leurs auteurs. Un amendement a été voté au Parlement, avec l'accord du gouvernement, qui nous imposerait de prouver, pour chaque programme, qu'aucune autre cellule ne peut faire l'affaire avant de nous autoriser à accéder aux cellules souches embryonnaires. Des années de travail... L'objectif : interdire nos recherches qui «ne pourraient pas recevoir d'autorisations [puisque] les recherches liées au screening à visée pharmaceutique (...) peuvent être menées à partir de cellules ips» (Xavier Breton, approuvé en séance par le ministre Xavier Bertrand). Le temps est venu pour les défenseurs de la science, au Sénat et à l'assemblée nationale, de réécrire cette loi incompréhensible dans son balancement chaotique entre interdiction et dérogation. Nous ne rejetons pas l'encadrement législatif de nos recherches. Nous demandons que celles-ci soient enfin équitablement considérées à l'aune de toutes les autres : autorisées sous le contrôle d'une agence réglementaire. Marc Peschanski, directeur de l'institut des cellules souches et Cécile Martinat, responsable de l'équipe "maladies motoneuronales" (I-STEM, Évry) Article paru dans l'édition du

8 Subvention à la basilique Saint-Augustin d Annaba : Le recours est déposé (extrait du bulletin N 126 de l AN II, bulletin de la Fédération du Rhône) Un recours a été déposé mardi 7 décembre par la fédération du Rhône contre le versement de euros décidé par le Conseil régional Rhône-Alpes Un second recours a été déposé par un libre-penseur lyonnais à titre de contribuable. Certes, dans le cadre d une convention internationale, d un point de vue juridique la loi de 1905 peut être mise en parenthèses. Cela n autorise pas la région de signer une telle convention non seulement avec la ville de St- Etienne et avec la wilaya d Annaba, mais aussi avec l association diocésaine d Algérie laquelle doit percevoir la subvention. En effet, s il est possible à une collectivité territoriale de «conclure des conventions avec des autorités locales étrangères», ces dernières doivent être strictement entendues comme celles dépendant des États. D autre part la coopération franco-algérienne en matière patrimoniale comporte le «renforcement des expertises, des échanges et des programmes de formation dans le domaine de la préservation, de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine (partenariat entre les musées, formations à la restauration, programmes de coopération patrimoniaux).» Elle ne s étend donc pas au financement de la restauration d édifices appartenant à des personnes physiques ou morales de droit privé. Dans sa dimension internationale, cette affaire illustre la désinvolture avec laquelle les relations entre État et religions sont désormais traitées. Nicolas Sarkozy a rencontré le pape en octobre au sujet de «l Union pour la Méditerranée». Y aurait-il un rapport et si oui, quels sont les réseaux proches du Vatican présents en Algérie? Nous n approfondirons pas Ces questions. Comme aurait dit Diderot, elles sont «trop sublimes pour nous». Communiqué de la FÉDÉRATION DÉPARTEMENTALE DES ASSOCIATIONS DE LIBRE PENSÉE ET D'ACTION SOCIALE DE LA LOIRE La Tribune-Le Progrès a titré mardi 11 janvier sur l affaire du financement par le Conseil régional Rhône-Alpes et la municipalité de Saint-Étienne de la restauration de la basilique d Annaba (ex-bône). Cette décision actée sous la forme d une «Convention entre la région Rhône- Alpes, la ville de Saint-Étienne, la wilaya d Annaba et l association diocésaine d Algérie» a été approuvée par le Conseil régional Rhône-Alpes en sa réunion des 21 et 22 octobre La protestation récente de la loge maçonnique de Lyon «Eugène Varlin» a suscité un intérêt journalistique certain qui met au grand jour ce qui était resté un événement plutôt confidentiel, ignoré jusqu alors des médias régionaux. Pour mettre en échec ce subventionnement public, qui est, à ses yeux, contradictoire avec la loi de Séparation des Églises et de l État, la Libre Pensée a agi et ce, depuis suffisamment longtemps pour avoir rendu possible un recours en Tribunal administratif. Chacun sait que les délais sont courts (2 mois après la décision) pour qu un recours en TA soit possible et la Libre Pensée, en l occurrence la fédération du Rhône, a déposé en son temps et à temps (le 7 décembre 2010) - un recours en annulation contre ces décisions inacceptables de financement. La Libre Pensée s honore d avoir - via la justice - mis en échec un certain nombre de subventionnements publics de manifestations et constructions religieuses. Récemment a été confirmée la sentence du Tribunal Administratif de Limoges contre le financement des «ostensions» catholiques en Limousin, et on se rappelle que le financement public de la mosquée de Tournon été condamnée suite au recours en TA introduit par la Libre Pensée ardéchoise. La Libre Pensée souhaite que le camp laïque soit le plus large possible. Pour sa part, en déposant ses recours en TA, la Libre Pensée fait la preuve que sa vigilance laïque est en alerte et qu elle ne renoncera pas à faire valoir pleinement la loi de séparation des Églises et de l État où il est spécifié que «l État ne salarie, ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte». La Libre Pensée s étonne par ailleurs que la municipalité de Saint-Étienne, alors que la dette de la ville est écrasante, avec comme conséquence l augmentation des impôts locaux, se soit engagée à verser euros dans cette entreprise de financement de restauration pilotée par le cardinal Barbarin, primat des Gaules (dont on ne saurait s étonner par ailleurs qu il ait les yeux de Chimène pour une basilique à l architecture prétentieuse, qui constituait alors en un emblème fort des missions catholiques en terres coloniales). Après les subventions aux maternelles confessionnelles de la ville (non prévues par la loi Debré) contre lesquelles la Libre Pensée avait protesté, cette nouvelle dépense inconsidérée ne saurait être justifiée, et les acrobaties linguistiques visant à faire passer pour «culturel» ce qui est «cultuel» dans son principe même (une basilique catholique) ne changent rien à la réalité. 8

9 LE CLASSEMENT PISA OU LE CONSENSUS INTERNATIONAL Le 7 décembre dernier, le ministère de l éducation nationale a publié les résultats du classement PISA (Programme International pour le suivi des Acquis des élèves), enquête réalisée tous les 3 ans par l OCDE (Organisation du Commerce et du Développement Économique) auprès d élèves âgés de 15 ou 16 ans et scolarisés au sein des systèmes scolaires et des pays de l OC- DE. En 2009, la France s y classait 22 ème sur 65. Ce classement très moyen est un prétexte depuis 2000 pour justifier les réformes en cours par le ministre Chatel et, en particulier, la casse du statut des enseignants. La société des agrégés a publié un «éclairage sur le classement PISA» qui commence par recopier ce qu on trouve sur le site Internet PISA : «Plutôt que la maîtrise d un programme scolaire précis, PISA teste l aptitude des élèves à appliquer les connaissances acquises à l école aux situations de la vie réelle. Les facteurs conditionnant leurs performances ainsi que leur potentiel pour l apprentissage tout au long de la vie font également l objet d une analyse» Autrement dit, ce classement ne porte pas sur des programmes scolaires mais sur des «savoir faire» soi-disant en situation «avec la vie réelle». Le système PISA n évalue pas les compétences disciplinaires! Au fond, rien de nouveau sous le soleil : en 1885, Engels écrivait que notre école «était la meilleure du monde,» en particulier parce que les instituteurs français, formés par les écoles normales d État, ne dépendaient ni des potentats locaux, ni du patronat. Mais pendant 150 ans, le patronat français ne fut pas de cet avis : «L école ne sert à rien dans la vie courante, à quoi cela sert-il d étudier Balzac quand on veut être plombier». Et qui n a pas entendu un élève demander en classe : «Monsieur, à quoi cela va-t-il nous servir plus tard?» Pourtant Balzac a bien décrit dans ses romans la naissance du capitalisme financier et nous allons à l école d abord pour acquérir une culture et des connaissances nécessaires pour développer notre esprit critique et notre libre arbitre. L enquête de la Société des agrégés s intéresse aux mathématiques ; d après le classement PISA, la France se classe 17 ème et les deux meilleurs pays de ce classement sont la Corée du Sud et la Finlande. Pourtant, la société des agrégés a interviewé une chercheuse au CNRS et lui a posé la question : «Peut-on dire que la Finlande est l exemple à suivre?» Réponse : «D une manière générale, non Les élèves finlandais ne sont pas bons en mathématiques et pour cause, on n apprend plus les mathématiques comme structure dans les collèges finlandais. Par conséquent les retards pris au collège ne peuvent être résorbés au lycée et se traduisent par des difficultés multipliées dans l enseignement supérieur» Autrement dit les mathématiques n existent pas comme discipline scolaire dans l enseignement finlandais! Un chercheur français a dit : «Aucun prix Nobel finlandais n est encore né» (autre que celui de la Paix, remis à un Docteur finlandais en 2009!) Une étudiante finlandaise nous disait cet été à Saint-Etienne : «Il nous est de plus en plus difficile de décrocher une bourse pour nous rendre à l étranger.» «Puisque vous avez le meilleur système scolaire du monde, restez chez vous!» C est pourtant au nom du «modèle finlandais» si cher à M. Darcos, précédent ministre de l Éducation nationale, que l on cherche à appliquer la polyvalence, la «transversalité» entre les matières, grande mode du moment, et à pulvériser dans le secondaire les statuts des professeurs, garantis par les décrets de Travaillez 35 heures au lycée, comme en Finlande. Allons sur Internet et examinons les épreuves du classement PISA : les quelques exercices disponibles en mathématiques sont tous du même moule : des exercices d arithmétique qui ont fait les beaux jours de l école primaire de l après-guerre à la fin des années 60 et qui sont loin d être évidents, même pour un adulte, mais qui ne représentent que 10% du programme du collège et qui, surtout, ne nécessitent que très peu de connaissances scolaires. On y est tout aussi entraîné en s exerçant aux jeux des magazines ou des journaux de la presse courante. Observons aussi le site officiel PISA : celui-ci ne cache pas que les pays les mieux classés sont ceux qui ne font redoubler personne, enseignent un «tronc commun» dans toutes les disciplines à tous les élèves, ne réorientent personne au collège, et, par exemple ne proposent pas d apprentissage. C est au nom de PISA, qu à la rentrée 2009, les cursus en lycée professionnel ne sont plus que de trois ans et non plus quatre, alors qu un élève réorienté en L. P avait besoin de ces quatre années afin de redémarrer sur de bonnes bases et décrocher le baccalauréat professionnel. De toute façon, si le site officiel PISA chante les bienfaits de fameux «apprendre à apprendre» si cher au patronat et à la hiérarchie catholique, vous ne lirez dans aucune des 25 pages du site PI- SA les mots «baccalauréat, premier diplôme universitaire» et d ailleurs le mot «diplôme» n y figure jamais! C est au nom de PISA que vingt personnalités dont un ancien premier ministre «socialiste» ont demandé la suppression des notes en primaire car cela stressait trop les élèves. Là encore on s appuie sur la Finlande qui a supprimé les notations chiffrées dans toute l école primaire sauf la dernière année où les élèves sont notés en «feux verts, feux orange, feux rouges» notation que l on a tenté d implanter en France et qui est rejetée presque unanimement par les parents et les enseignants. Si le ministre Luc Chatel a déclaré que l on maintenait la notation en primaire, lui-même, dans ses lycées expérimentaux mis en place à la rentrée pour élèves défavorisés y a supprimé la notation chiffrée et a instauré la notation aux feux verts (et uniquement! Pas de feux (Suite page 10) 9

10 (Suite de la page 9) oranges ou de feux rouges qui pourraient stresser les «chers petits»!). Et les jeunes dirigeants du PS emboîtent le pas pour exiger eux aussi la suppression des notes et la destruction des statuts des enseignants.. C est également PISA qui pousse les ministres (de «gôche» comme de droite) à appliquer des méthodes «pédagogiquement correctes» et notamment la méthode en situation qui a permis au dernier ministre «socialiste» de l Éducation nationale, Jack Lang, de demander que la grammaire ne soit plus enseignée qu une heure et demie par semaine au lieu d une heure et demie quotidiennement. On n étudiera par exemple le subjonctif que si on le rencontre dans un texte de lecture. En mathématiques au collège, on n étudiera les calculs de racines carrées que si on les rencontre dans un problème sur Pythagore. Et des pressions énormes s exercent sur les jeunes collègues pour appliquer ces ukases. Terminons sur le classement PISA par un petit pays, bien plus mal classé que la France : 55 ème sur 65! Cela ne devrait surprendre personne car cet ancien protectorat a su maintenir plus que la France les exigences qui faisaient la réussite de notre école dans les années Ce petit pays a un baccalauréat aussi difficile que le baccalauréat français et l équivalent de notre «diplôme national du brevet» est nettement plus dur car il a beaucoup moins de contrôle continu que le nôtre. Rater ce brevet signifie redoubler, impossible de passer au lycée! Et pourtant tous les médias ont vanté ces jours-ci le haut niveau des diplômes et le haut niveau d instruction de la jeunesse de ce petit pays. Ce petit pays, c est la Tunisie qui vient de chasser le dictateur Ben Ali et qui se moque de PISA et des exigences scolaires de l Union Européenne, de la Banque Mondiale et du FMI malgré le soutien appuyé de son directeur Dominique Strauss-Kahn au dictateur déchu. Félicitons nous que le système scolaire tunisien ait tenu bon. Pierre Schwartz COMPTE RENDU DE LA REUNION REGIONALE DU 6 NOVEMBRE 2010 A LYON Ayant trouvé d un grand intérêt une réunion régionale de libres penseurs du Sud-ouest à laquelle il avait assisté, Pierre Roy a pris l initiative d organiser cette réunion du 6 novembre 2010 qui a concerné sept fédérations de l Est, celles de l Ardèche, de la Côte d Or, de l Isère, du Jura, de la Loire, du Rhône et de la Savoie. A la tribune se trouvaient Michèle Vincent, Bruno Marsot, Sylvie Midavaine, Pierre Roy et Christian Eyschen qui ont pris la parole successivement. Chacune de leurs communications a été suivie d une discussion. Présidente de la Fédération du Jura, Michèle Vincent avait choisi pour thème, la bioéthique, la loi sur la bioéthique de 2004 devant être révisée en Elle a rappelé que la recherche sur l embryon humain restait interdite en France alors que le prix Nobel avait été décerné récemment à Robert Edwards, le savant anglais qui a mis au point la Fécondation in vitro grâce à ses recherches sur l embryon. Ensuite elle a présenté les caractéristiques de l embryon humain selon Axel Kahn, généticien, l un des intervenants au colloque du 10 octobre 2009, organisé par la Commission Sciences de la LP, sur la recherche sur l embryon humain. Après avoir disserté sur l origine de la vie, sur le stade à partir duquel l embryon ou le fœtus humain devient un être vivant, elle a posé la question: Pourquoi accepte-t-on de faire des recherches sur des êtres humains à tous les âges de la vie et non sur l embryon? L embryon pouvant devenir un être vivant ou plusieurs, il y a selon elle, une sacralisation de la vie. Sujet de la communication du Président de la Fédération de Côte d Or, Bruno Marsot : la campagne pour des obsèques civiles dignes Bruno Marsot a commencé par donner quelques repères historiques: la loi du 15 novembre 1887 instituant la liberté des obsèques; la loi de 1905 instituant la liberté de conscience; l acceptation par Vatican II de la crémation; le projet de loi Guichard en 2007 pour qu un officier d état-civil célèbre des obsèques; la proposition de loi Sapin pour que chaque municipalité dispose de la faculté de mettre une salle communale à la disposition des administrés dans le cadre d une occupation temporaire du domaine public. Etant le responsable de la Commission nationale «Obsèques civiles», Bruno Marsot a demandé ensuite de poursuivre la campagne et d établir dans chaque département, un état des lieux que le correspondant de la Commission lui transmettra. Enfin il a présenté des arguments à faire valoir lors de nos rencontres avec des maires: Si le maire prétend qu il n y a pas de salle, on peut objecter que dans toutes les mairies il y a une salle commune. Si le maire prétend qu il n y a pas de salle réservée, on peut objecter que les obsèques peuvent être retardées. Si la question de l hygiène est posée, on peut objecter qu il suffit de désinfecter la salle après la cérémonie comme dans les écoles, après des élections. Thème choisi par Sylvie Midavaine, présidente de la Fédération de Savoie: le combat contre l unification de l École publique et des enseignements privés. Depuis quelques années, des établissements privés sont désignés comme centres d examens sous prétexte de «reconquête du mois de juin» ou de manque de place dans les établissements publics. (Suite page 11) 10

11 (Suite de la page 10) Sylvie Midavaine a rapporté des actions entreprises à l initiative de fédérations LP, contre la présence de fonctionnaires de l enseignement public dans des établissements privés, lors des épreuves du baccalauréat. Dans le 37, les libres penseurs ont regroupé le Grand orient, la Ligue de l Enseignement, la ligue des Droits de l Homme; une lettre commune a été adressée au Recteur. Dans le 73, un accord a été réalisé entre la FOL, le SN- FO-LC et la LP en A partir de ces expériences, Sylvie Midavaine pense qu il est indispensable d opérer des regroupements en prenant appui sur la Résolution laïque du congrès d Artigues. La commission laïcité y rappelle qu «il appartient à l État d assurer l égalité de traitement des candidats quelles que soient leurs convictions. En conséquence, cela ne peut être fait que dans des établissements publics. La liberté de conscience des personnels, ( ) et des élèves ( ) doit être respectée. Il est inacceptable que les directions d établissements privés confessionnels puissent convoquer les fonctionnaires de la République et leur donner des ordres pour surveiller les épreuves ou participer aux délibérations des jurys». Sylvie a recommandé de chercher à associer le plus grand nombre possible d organisations approuvant cette déclaration afin d exiger par écrit, une rencontre avec le Recteur au cours de laquelle serait demandée l organisation du baccalauréat dans les seuls établissements publics. Elle a conseillé également de solliciter les dirigeants syndicaux pour obtenir une réponse du représentant de l État. Contre l intégration des établissements privés catholiques dans le service public d éducation, Sylvie demande qu une campagne nationale de la LP soit organisée. Étant donnée l atteinte au statut des enseignants, il importe, selon elle, de connaître le point de vue des syndicats d enseignants sur la question, point de vue qui pourrait faire l objet d émissions sur France Culture. A son avis, encore, «il faut que les fédérations prennent cette campagne à «bras-le-corps», au niveau académique»,ce qui implique qu un responsable académique assure la coordination nécessaire. Au cours de la discussion, une libre penseuse d Ardèche a informé qu à la suite de la mobilisation en 2009, de la Fédération LP avec la FCPE, la FOL et la CNT, l enlèvement des crucifix dans les salles d examen, avait été accepté, ce qui n avait rien réglé sur le fond; qu en 2010, l accord entre la FOL, le SN-FO-LC, la CNT et la LP 07 s était réalisé sur une position plus correcte, l abrogation de la loi Debré ayant été demandée. Sujet de la communication de Pierre Roy: la campagne pour la réhabilitation de tous les fusillés pour l exemple Pierre Roy a annoncé que dans sept départements, les Conseils généraux s étaient prononcés pour une réhabilitation globale (*). Il a ensuite rappelé que dans la Résolution générale adoptée par le Congrès d Artigues, il était proposé aux fédérations de s adresser également aux députés et sénateurs en utilisant la «lettre ouverte du Congrès national de la LP aux parlementaires» développant des arguments en faveur d «une loi réparatrice du préjudice moral causé à la mémoire des fusillés»; lettre à faire contresigner tout particulièrement à l occasion des rassemblements pacifistes du 11 novembre. Pierre Roy a fait part d une information selon laquelle le gouvernement envisagerait de mettre en place une Commission en 2014, afin de réhabiliter les fusillés au cas par cas, ce qui équivaudrait à un report aux calendes grecques de toute mesure de réhabilitation digne de ce nom. Il a appelé les fédérations à poursuivre la campagne auprès des Conseils généraux et des parlementaires, sans désemparer. A un libre penseur demandant si une municipalité pouvait prendre l initiative de faire graver le nom d un fusillé sur le monument aux morts, Pierre Roy a répondu: «Ce ne sont pas les municipalités qui ont décidé la guerre. On ne va pas défausser l État de ses responsabilités. Nous ne sommes ni pour ni contre une inscription qui peut être demandée par des descendants ou des associations ad hoc. Ce n est pas notre problème, d autant plus que pour nous et nos amis, les fusillés ne sont pas morts pour la France mais bel et bien par la France. Et ce n est pas non plus une solution au problème posé car, après inscription, le problème de la réhabilitation par l État reste entier». Enfin, Christian Eyschen a apporté quelques précisions sur l Association Internationale de la Libre Pensée (AILP). Elle sera une section de l Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU). La constitution de l AILP permettra en particulier, de mener des discussions pouvant influencer les autres organisations membres de l I- HEU. Christian Eyschen a bien montré que l une de ces organisations, la Fédération Humaniste Européenne, qui représente les humanistes auprès de l Union Européenne, avait une conception pilariste (à la belge) et non laïque. Pour cette FHE, l humanisme est la «cinquième religion» reconnue par l Union Européenne. Ce n est pas cela, la laïcité. La discussion s est poursuivie au gré des participants, autour du pot de l amitié offert par la Fédération du Rhône. Gageons que cette première réunion régionale ne sera pas la dernière (*) Depuis cette date, nous en sommes à 11 Conseils généraux qui ont pris position, le dernier en date étant celui de Haute-Garonne, dans des termes très proches de ce que demandent les organisations ARAC, LP, MdP, UP, sections départementales LDH, etc. Les CG ayant pris position, sont les suivants: 01 Aisne,03 Allier, 07 Ardèche, 19 Corrèze, 25 Doubs, 31 Haute-Garonne, 34 Hérault, 42 Loire, 60 Oise, 70 Haute-Saône, 80 Somme. Annie Vialle 11

12 BULLETIN D ADHÉSION ou de RÉADHÉSION À LA LIBRE PENSÉE NOM La capote Prénom papale. dégonflée par les Adresse évêques Pour les esprits simples, la cause parait entendue : depuis novembre dernier l'église ne voue plus au diable la capote. Benoit XVI n a-t-il pas écrit, dans son nouveau livre «Lumière du monde» : «il peut y avoir des cas particuliers, par exemple lorsqu'une prostituée utilise un préservatif (...) dans l'intention de réduire le risque de contamination»? Eh bien non! Une bonne partie de la Curie romaine rejette catégoriquement le nouveau credo papal. Le cardinal kényan John Njue et les 24 évêques de ce pays, pourtant particulièrement touché par le sida, ont publié une note le 29 novembre pour Souligner que «l'utilisation du préservatif reste comme toujours inacceptable» Prétendre le contraire serait même une «offense à l'intelligence du pape et une manipulation gratuite de ses propos» Bigre! A Rome, un autre cardinal, l'américain Raymond Burke, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique (une sort de superjuridiction à la mode du Vatican), jure de son côté que les propos de son pape ont été «mal Interprétés». À l entendre, «il serait Le montant de l adhésion à la Fédération de la Libre Pensée de la Loire très regrettable» de croire que Benoît est XVI de a 69 troqué euros la posture pour du croisé anti-capote pour la position du missionnaire propréservatif. D autres bons chrétiens jurent leur grand Dieu que les propos du pontife ont été déformés par son porte-parole. «Le pape n'a jamais justifié l'usage du : préservatif a tonné un jésuite américain Site très : en cour au Vatican ( «La Croix»,8/12). Certains bons pères avouent qu'ils ne savent plus à quel saint se vouer. A défaut de s'abandonner aux tourments de la chair, ces vaticanistes distingués ne cessent de se prendre latex avec d interminables réflexions casuistiques. Sur le thème: qu'est-ce qui est le pire? Violer le sixième commandement («Tu ne tueras point» -en refilant le sida à ton partenaire) ou piétiner le septième commandement («Tu ne commettras pas d'adultère» - avec ou sans capote)? Quant au pape, il ne pipe plus mot..tél Bulletin à retourner à : LIBRE PENSÉE Salle 15 bis, Bourse du travail, Cours Victor Hugo St Étienne Directeur de la publication : Pierre ROY Trimestriel de la Fédération départementale de la Libre Pensée de la Loire La direction n est responsable que des articles non signés. Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. ADMINISTRATION, SIÈGE SOCIAL : Libre Pensée de la Loire, Salle 15 bis, Bourse du Travail Cours Victor Hugo Saint-Étienne C.C.P W LYON ABONNEMENT : 4 numéros 10 Vente au numéro 3 Imprimé par nos soins Dépôt légal à parution BULLETIN D ABONNEMENT Nom :.. H. L Prénom :.. Adresse :.... Code Postal : À partir du numéro : À renvoyer à : Libre Pensée de la Loire, Salle 15 bis, Bourse du Travail Cours Victor Hugo, Saint-Étienne Conditions d abonnement et règlement ci-contre LA RAISON Mensuel de la Libre Pensée Abonnement 10 numéros 21 Vente au numéro 3 CCP X Paris rue des Fossés-St-Jacques PARIS Permanences : Fédération départementale : le deuxième mercredi du mois à 18 h, se tient le bureau fédéral. au siège. Accueil du public :19 h Groupes de la Libre Pensée Saint-Etienne : le dernier jeudi du mois, à 18 h, Maison des Associations, 4 rue Malraux Roanne : le deuxième samedi du mois, à 10 h. ex-maternelle Salengro, 19 rue Augagneur Forez et Haut-Forez : Vous pouvez écouter la Libre Pensée chaque deuxième dimanche du mois sur France-Culture de 09h42 à 09h55 12 L IDÉE LIBRE (nouvelle formule) Revue de la Libre Pensée 4 N par an Abonnement annuel ordinaire 17 CCP S Paris rue des Fossés-St-Jacques PARIS

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