Une publication de Présence et Action Culturelles ASBL / Juillet 2012

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2 Une publication de Présence et Action Culturelles ASBL / Juillet 2012 PAC Editions 8 Rue Joseph Stevens 1000 Bruxelles 02/ Éditeur responsable : Yanic Samzun Cette publication a été coordonnée par le Service publications de Présence et Action Culturelles. Ce colloque a été organisé par PAC en partenariat avec le Théâtre de Namur. L édition de ces actes et l évènement ont reçu le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Région wallonne. Équipe de la journée d étude «Coloniser les cerveaux ou décoloniser les imaginaires» Coordination : Nadège Albaret Logistique : Patrick Lerch Programmation : Nadège Albaret, Jean Cornil, Yanic Samzun Visuels et prise de vue : Jean-François Rochez Réservation, encodage et secrétariat : Yannic Keepen Merci à l équipe du Théâtre de Namur Édition des actes Coordination : Service publications de Présence et Action Culturelles. Retranscription des interventions : Yannic Keepen Relectures et réécriture : Sabine Beaucamp, Aurélien Berthier, Patrick Lerch, Bernadette Schmitz

3 SOMMAIRE Préface 1- «Se positionner face à cette culture qui plaît à tout le monde» par Yanic Samzun, Secrétaire général de Présence et Action Culturelles (PAC) 2- «Art et commerce : effacement de la frontière?» par Jean Cornil, chargé de recherche chez Présence et Action Culturelles Mot d introduction par Gilles Doutrelepont, chef de cabinet de la Ministre Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l'audiovisuel, de la Santé et de l'égalité des Chances de la Fédération Wallonie-Bruxelles Présentation de «Mainstream» et débats avec son auteur, Frédéric Martel 1- Local global, local et interactions entre ces différents mondes Débats avec la salle 2- Des industries culturelles aux industries créatives Débats avec la salle 3- Échelles et diversité culturelles 4- Internet : Trois scénarios autour de la vague numérique Table ronde avec : - Frédéric Delcor (Secrétaire général du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles) - Arnaud Grégoire (ULB) - Frédéric Martel (Chercheur et journaliste) - Patrick Printz (Wallonie-Bruxelles Musiques) - Philippe Reynaert (Wallimage) - Tanguy Roosen (SACD) Modérateurs : - Yanic Samzun (Secrétaire général de PAC) - Thomas Prédour (animateur-directeur de La Vénerie, Centre culturel de Watermael-Boitsfort) Conclusion de la journée par Henri Monceau, chef de cabinet du Ministre Jean-Claude Marcourt, Vice-président, Ministre de l'economie, des PME, du Commerce extérieur, des Technologies nouvelles et de l'enseignement supérieur. Annexe : Dossier «Contre vents et mainstream? Se positionner face à cette culture qui plaît à tout le monde» Agir par la culture, n 25,

4 PREFACE Se positionner face à cette culture qui plaît à tout le monde Par Yanic Samzun PAC a aujourd hui 40 ans. Depuis 40 ans, comme mouvement d Éducation permanente, il a voulu remplir un rôle de réflexion continue sur les enjeux culturels. Son objectif est d être en phase avec les préoccupations quotidiennes des acteurs de terrain en les resituant dans des enjeux politiques plus larges. En 40 ans, la société a connu des mutations profondes tant dans la structuration sociale et l accès aux savoirs, que dans la production et la reproduction économique et culturelle. Les formes des productions culturelles individuelles et collectives se sont transformées et il faut malheureusement constater que les inégalités économiques, sociales et culturelles se sont creusées durablement. Il nous apparaît donc important de nous interroger sur le chemin parcouru dans la poursuite de nos idéaux de transformation sociale et d émancipation collective. Aujourd hui, le champ restrictif de la culture et de son expression évolue. Des phénomènes tels que la mondialisation, les productions des industries culturelles et médiatiques structurent aujourd hui les imaginaires. La culture ne peut plus être réduite aux esthétiques classiques. PAC se donne comme priorité de mettre en place des espaces de réflexion et de débat sur des questions culturelles actuelles à destination des acteurs culturels, et ce, dans différents objectifs. PAC veut, entre autres, éclairer les systèmes, décrypter les (en)jeux de pouvoir, aider les individus et les collectifs à se situer aujourd hui, pour se déterminer et agir demain. Au fur et à mesure de sa programmation, il ouvre des «espaces-temps», où les questionnements sur le sens de l action culturelle sont possibles, provoque des débats transversaux sur les politiques culturelles publiques en associant citoyens, acteurs culturels, acteurs sociaux, artistes, partis, mandataires et responsables politiques. Pour ce faire, en 2011, PAC a lancé un grand chantier de réflexion qui s est concrétisé par quelques journées d étude et de réflexion pour les acteurs culturels. Un de ces rendez-vous importants était la journée d étude «Coloniser les cerveaux ou décoloniser les imaginaires?» le 31 mars au Théâtre de Namur. Nous y avons reçu Frédéric Martel pour débattre de son remarquable ouvrage, «Mainstream». La thèse principale de son ouvrage est que chacun vit aujourd hui dans deux cultures : la sienne, nationale, qui ne se défend pas si mal d après son enquête, et puis, de même qu on peut avoir une deuxième langue, on accède à une deuxième culture, l américaine, qui a une vocation mondiale. Frédéric Martel se situe plutôt dans une sociologie et un journalisme de terrain. Son livre est le fruit d une enquête de plus de cinq ans, dans 30 pays, et à partir d entretiens avec plus de 1200 acteurs des industries créatives et des médias. Pour PAC, cette journée était l occasion d interroger les acteurs publics sur les politiques culturelles à mener dans le cadre des industries culturelles : Fadila Laanan pour la culture et Jean-Claude Marcourt pour l économie, mais aussi Frédéric Delcor (Secrétaire général du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles), Patrick Printz (Wallonie Bruxelles Musiques), Tanguy Rossen (SACD), Philippe Reynaert (Wallimage) et Arnaud Grégoire (ULB). 4

5 Ces actes sont fidèles aux débats auxquels nous avons eu la chance de participer. J espère que leur lecture vous guidera, parallèlement à la lecture de l ouvrage proprement dit, vers de nouvelles grilles d analyse et vous permettra de vous forger votre option critique sur le sujet. Je vous en souhaite une excellente lecture. 5

6 Art et commerce : effacement de la frontière? Par Jean Cornil Peut-on être réellement contemporain de son époque? Dans le sens où, immergés dans le bocal de sa culture datée et géographiquement située, nous aurions le don quasi divin de prendre du recul, un regard sur l histoire, pour porter un jugement précis et pertinent sur tout le réel qui nous constitue. Je ne le crois pas. «La lumière ne se fait que sur les tombes» comme le chantait jadis Léo Ferré. Pourtant, les tentatives de mise à distance pour décrypter, même superficiellement, les soubresauts de notre présent sont plus que louables. Indispensables pour revigorer l esprit critique et tracer un futur moins assujetti aux modes et au goût du jour. C est tout le sens de la réflexion de PAC autour de la culture dite mainstream. Bien sûr, il est trop tôt pour porter un jugement définitif sur les expressions culturelles du moment. Ni en versant dans le dithyrambe du high-tech et des réseaux sociaux, ni en regrettant la bibliothèque d Alexandrie et l encyclopédie Universalis. Chaque époque connait son «c était mieux avant». Ne tombons pas dans le regret et la nostalgie. Mais soyons vigilants sur les potentialités exceptionnelles de la vidéosphère qui entraînent comme chaque avancée technologique le pire comme le meilleur. Un regard ambivalent et nuancé donc sur ce qui plaît à tout le monde un jour, à personne dès les lendemains du pur présent. Ce qui est frappant c est le passage sidérant en une génération de ce que Régis Debray nomme la graphosphère à l univers de l écran, de la connexion et de l ubiquité. En quelques décennies, tout a basculé : de l idéal au performant, de la loi à l opinion, du citoyen au consommateur, du héros à la star, du lisible au visible, de la conscience au corps, de «je l ai lu dans un livre» à «je l ai vu à la télévision». Phénoménale révolution. De la pyramide aux réseaux, certains prophètes, tel Jeremy Rifkin, nous annoncent la troisième révolution industrielle : chacun vivra dans un habitat excédentaire sur le plan énergétique et revendra son surplus via Internet. D autres, plus circonspects ou mélancoliques, tel Olivier Poivre d Arvor nous peint l histoire de la capitulation culturelle de la France, et avec elle de toute la vieille Europe, face aux industries culturelles anglo-saxonnes qui homogénéisent toutes les expressions esthétiques du globe. À commencer par la matrice première, la langue. Malgré les progrès évidents du mandarin et de l espagnol, l anglais s impose comme le langage commun du commerce, de la science et de la culture planétaire. Un des enjeux de cette journée de réflexion portait sur le décalage des résistances, des exceptions en vocabulaire officiel, culturelles de notre espace Wallonie-Bruxelles devant le buzz hollywoodien. Les Astérix francophiles face aux légions de Google, de Wikipédia et de Twitter. Sur la volonté politique de défendre des objets culturels forts face à la marée des nouveaux outils de la connaissance moderne. Avec, en creux, cette conviction qu il faut résister au divertissement insipide et superficiel, imposé par l appât du gain plus que par le sens de l esthétique, qui envahit peu à peu tous nos espaces collectifs, même les plus intimes. Qu il existe une expression de haute qualité chez les populations déclassées ou des peuples martyrisés. Bref, que populaire n est pas synonyme de vulgaire, de facile, de léger mais bien au contraire de fierté, de densité, de solidarité. Que l art des gens simples, loin de la pub et des commissaires priseurs, porte une haute valeur émotive mais également une promesse d émancipation vers un avenir meilleur. 6

7 Outils centraux de la transformation sociale mais mercantilisés à hautes doses, de la musique au cinéma, les talents artistiques oscillent entre la consommation grégaire du médiocre et le repli hautain de l œuvre qui, elle, ne plait qu à un cercle d initiés, les vrais connaisseurs des avant-gardes. À nous de populariser la qualité et d œuvrer pour que les expressions marginales resplendissent de leur charge affective. Nous avons, aux deux extrémités de la chaîne, le même ennemi : le fade, le pâle, le neutre, le terne et le quelconque. Emil Cioran écrivait que «l amant est poète puis devient gynécologue». À nous de combattre pour que l art de l amour ne suive pas la pente de l amour de l art. 7

8 MOT D INTRODUCTION Par Gilles Doutrelepont, chef de cabinet de la Ministre Fadila Laanan Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités, Chères amies, chers amis, Tout d abord, je vous prie d excuser l absence de Madame la Ministre de la Culture, Fadila Laanan. Elle regrette vivement de ne pas être parmi nous ce matin, tant elle aurait souhaité - à la lecture du très intéressant programme qui s annonce - assister au débat. Je voudrais, en son nom, féliciter très sincèrement Présence et Action Culturelles, son Secrétaire général Yanic Samzun et son Président Gilles Mahieu. Quelle excellente initiative d organiser cette journée d étude sur un sujet aussi passionnant et important! Mes chères amies, mes chers amis, Il est des livres qui interpellent, surprennent, donnent à réfléchir. Il est des livres qui suscitent des interrogations, confirment des intuitions, incitent à agir ou réagir. Mainstream, Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde, l ouvrage de Frédéric Martel, en fait incontestablement partie. Les Etats-Unis ont imposé, par l entremise et la force de l économie américaine, leurs standards culturels. Ils ont remporté la guerre culturelle mondiale. Au cinéma, cette semaine, on trouve en tête des résultats du box office en Belgique francophone Big Mamma 3 et I Am Number Four. En télé, les séries américaines comme Les Experts, How I Met Your Mother ou Vampire Diaries trustent les premières places. Et en musique, c est Jennifer Lopez qui est numéro un de l Ultratop avec On The Floor. Faut-il dès lors craindre cette «ultra-domination» culturelle américaine? Oui et non. Oui, car au-delà des produits culturels eux-mêmes, c est la culture américaine qui s impose à nous. En ce sens, elle peut mettre en danger, si l on n y prend garde, l affirmation et la construction de notre propre identité, aussi bien en tant qu individu que notre identité collective. Mais il faut garder espoir. D abord, cette domination de la culture made in USA n a pas atteint - ou pas encore atteint - toutes les disciplines et toutes les esthétiques. La littérature, le théâtre, la danse ou les arts plastiques par exemple demeurent, pour l instant, relativement protégés de l hégémonie américaine. Certes, on lit des auteurs à succès américains, on joue des pièces de théâtre expérimental ou des spectacles de danse avant-gardistes, on admire des œuvres de plasticiens américains, mais ils ne représentent pas une tendance dominante et ne s expriment certainement pas au détriment de nos artistes. Ensuite, dans les champs artistiques où la culture américaine est prégnante, acteurs culturels comme pouvoirs publics peuvent réagir. Précisément, face à cette culture mainstream, quelle attitude adopter? Quels choix politiques poser? Quel rôle peut jouer l Etat? Bref, comment organiser la résistance? En premier lieu, en combattant le mainstream par le mainstream. Les Européens, si l on adopte un point de vue territorial, ou les francophones, si l on préfère une approche linguistique, doivent promouvoir une culture destinée au grand public, construite sur leurs propres valeurs et leurs propres références. Concrètement, c est une culture mainstream basée sur les industries créatives européennes qui doit émerger. A cet égard, nous ne partons pas de rien. Une prise de conscience européenne s est fait jour. Ainsi, la culture figure-t-elle comme facteur de développement économique dans la stratégie 2020 de l Union européenne. En outre, différents Etats membres ont inscrit, ces trois dernières années, comme 8

9 priorité de leur présidence du Conseil de l Union européenne, la défense des industries culturelles et créatives : la France en 2008, l Espagne en 2009, la Belgique en Face au danger de l uniformisation charriée par le puissant courant dominant américain, les Européens de gauche comme de droite semblent aujourd hui s accorder sur la nécessité de soutenir la création artistique et les entreprises créatives. Depuis plusieurs années déjà, le programme MEDIA de l Union européenne donne au cinéma un très utile coup de fouet. Ce type de programme doit être pérennisé et renforcé pour le secteur du cinéma, et des mécanismes de soutien comparables doivent être mis en place dans les autres secteurs artistiques. Chez nous aussi, des instruments existent. Depuis 2009, un invest à vocation culturelle, commun à la Région wallonne et à la Communauté française de Belgique, dénommé St Art, apporte un soutien aux entrepreneurs qui souhaitent développer une activité économique dans la sphère culturelle. L Etat leur octroie des prêts avantageux ou acquiert des actions de l entreprise pour soutenir le financement du projet. Ce sont des structures de production de programmes télévisés, des producteurs de musique, ou des concepteurs d espaces de culture et de loisirs d un nouveau type qui peuvent bénéficier de ces aides. Mais c est sans doute le domaine du cinéma qui est le plus développé et le mieux structuré économiquement. Le Centre du cinéma et de l audiovisuel de la Communauté française, Wallimage, ou encore des incitants fiscaux (comme le tax shelter) soutiennent déjà fortement notre cinéma, tous trois assurant le montage financier des films présentant un lien avec la Belgique. Si ces instruments existent et s avèrent efficaces, puisqu on constate une reconnaissance du cinéma belge dans les festivals internationaux, ce n est pourtant pas suffisant. Vous en conviendrez avec moi : le cinéma de la Communauté française est encore loin d être considéré comme mainstream. Du grand public, il est souvent méconnu, y compris de son premier public naturel, les Belges francophones. Aussi, nous devons diversifier le type d œuvres soutenues, veiller à ce que tous les publics y trouvent leur compte, accentuer considérablement la visibilité donnée aux films euxmêmes, à nos acteurs et réalisateurs. A côté de cette indispensable infiltration européenne du mainstream, les pouvoirs publics doivent aussi favoriser le développement de courants alternatifs ou émergents, c est-à-dire de courants artistiques qui, sans leur aide, ne pourraient être accessibles aux publics. Il s impose donc de favoriser un soutien public à la création et à la diffusion des œuvres théâtrales, chorégraphiques, musicales, cinématographiques, et de financer une partie des coûts de fonctionnement et d équipement des opérateurs culturels. Insistons-y : ces aides publiques doivent êtres pensées et adaptées à l évolution des disciplines et des technologies. Ainsi, faut-il prendre en compte aujourd hui des disciplines inexistantes hier, telles le slam ou la musique électronique, ou mieux appréhender l interdisciplinarité, en prévoyant des enveloppes à affecter à des œuvres novatrices. La plupart des Etats européens disposent d instruments publics qui répondent à ces besoins traditionnels des secteurs culturels. Pourtant, la récente crise économique et ses répercussions sur les finances publiques nous indiquent que ce sont les budgets dédicacés aux politiques culturelles qui, les premiers, subissent les plus graves restrictions. En France, le Gouvernement de François Fillon a imposé une diminution de 9% au budget culturel en Au Royaume-Uni, le Gouvernement de David Cameron a réduit le budget des musées de plus de 15%, celui du Conseil des Arts de 30%. Et ne parlons pas de l Italie, où le Gouvernement de Silvio Berlusconi a fait passer les budgets culturels de 7 milliards en 2008 à 5 milliards en En Communauté française, réjouissons-nous d avoir été relativement épargnés et d avoir évité de telles coupes sombres budgétaires, avec même une progression de 3,95% des budgets culturels entre 2010 et Mais un territoire de quatre millions et demi d habitants pèse relativement peu au niveau européen. Les mandataires européens doivent donc se convaincre eux-mêmes de la nécessité de disposer d une politique culturelle forte, qui octroie des moyens importants à leurs opérateurs, afin de maintenir 9

10 chez eux une création de qualité, qui puisse circuler à travers les salles et les festivals partout en Europe, et puisse toucher des publics nombreux et éclectiques. Grâce à cette politique publique, en Wallonie et à Bruxelles, les opérateurs culturels bénéficient de conventions ou de contrats-programmes pluriannuels. Ils permettent donc de développer une activité artistique à moyen terme, de garantir un financement, d identifier des priorités d action et de pérenniser aussi bien des compagnies que des institutions. Tout n est pourtant pas rose. Si des moyens financiers sont affectés chaque année au profit des institutions culturelles, ils sont encore insuffisants. Et l on peine trop souvent à reconnaître des arts émergents ou des structures interdisciplinaires. De même, nous devons sensiblement améliorer notre politique en matière de résidences d artistes, de manière à susciter les échanges au sein de l Union européenne et promouvoir nos valeurs communes. Combattre le mainstream par le mainstream avons-nous dit. Soutenir l émergence de courants alternatifs à ce mainstream avons-nous ensuite plaidé. A présent, penchons-nous sur le rôle, primordial, de l éducation, et en particulier l éducation à la culture. Comprendre, analyser, décrypter le mainstream américain et ses valeurs ; connaître et apprécier la culture européenne, dominante ou alternative ; permettre à chacun d exprimer sa créativité. Voilà, en vrac, les enseignements idéaux dont tout citoyen, jeune ou moins jeune, devrait pouvoir bénéficier. En premier lieu, l apprentissage de la langue française est absolument essentiel. Mais ce n est pas seulement cet apprentissage en tant que tel qui importe, c est aussi et peut-être surtout l envie de lire et de découvrir des auteurs, qu ils soient ou non francophones. Raison pour laquelle, nos bibliothèques publiques, nos éditeurs et nos libraires doivent plus que jamais être accompagnés dans les mutations, notamment numériques, qu ils auront à affronter au cours des prochaines années. Plus largement, des dispositifs existent pour faire entrer la culture à l école et soutenir les initiatives qui prennent place dans le cadre scolaire. Les exemples de spectacles de danse, pièces de théâtre, expositions d art plastique existent mais ils sont encore trop peu nombreux. A vrai dire, les politiques visant à permettre à chaque élève de s émanciper par la culture sont, en grande partie, à construire. Au-delà de l enseignement, le soutien envers des démarches d accompagnement des publics, visant à initier à la découverte et à la pratique culturelle, à permettre une appropriation des formes et des contenus culturels, est fondamental. Les principaux acteurs de ce type de démarche nous sont, dans cette salle, bien connus : les centres d expression et de créativité, les associations de pratiques artistiques en amateur ainsi que, bien sûr, les associations d Education permanente et celles actives dans le domaine de l éducation aux médias. Ces associations ont spécifiquement pour vocation une mission de première ligne afin de démystifier la culture, d en donner les moyens d analyse et d appréhension ; de mettre en évidence les messages et les valeurs qu elle véhicule ; bref, en un mot, de donner à la culture toute sa portée émancipatrice. En référence au thème de la journée, la fonction de stimulation de la capacité de réflexion critique est évidemment d une importance capitale dans l optique de «décoloniser les imaginaires». Le soutien apporté à ces acteurs a pris une importance croissante dans les budgets culturels au cours des dernières années. A titre indicatif, le budget consacré au financement des associations d Education permanente est devenu, en importance, le deuxième du secteur culturel. Cela marque, me semble-t-il, une orientation politique à souligner. Cette orientation politique n est pas innocente. A notre sens, elle doit permettre d inciter les publics à la découverte culturelle, encourager la pratique de disciplines artistiques, garantir une prise de distance critique par rapport aux tendances uniformisantes des courants commerciaux dominants. L éducation populaire, ou l éducation permanente, doit fournir à tout citoyen les outils nécessaires au décryptage du monde dans lequel il vit. On voit combien cet enjeu est crucial aujourd hui. 10

11 Mesdames, Messieurs, Chers amies, chers amis, En quelques minutes, et avant d avoir l occasion de prendre connaissance des nombreux éléments qu apporteront sans aucun doute les débats dans cette réflexion, je viens d esquisser ce qui pourrait constituer l ossature d une réponse en termes de politique culturelle publique d un Etat européen face au mainstream américain : primo, combattre le mainstream sur son propre terrain ; deuxio, favoriser l apparition de courants concurrents à ce mainstream, alternatifs ou émergents ; et, tertio, donner au citoyen la capacité d analyse et de critique du monde dans lequel il évolue. Ces trois axes peuvent constituer l ébauche d une forme opérationnelle de la diversité culturelle si chère aux Européens. Inscrite dans une convention de l UNESCO depuis cinq ans, de nombreux instruments juridiques internationaux et européens y font référence sans réellement la concrétiser dans les faits. Saisissons l opportunité que représente cette menace d une pensée unique culturelle pour la mettre enfin en œuvre. Je vous remercie. 11

12 Présentation de «Mainstream» et débats avec son auteur, Frédéric Martel Intervenant : Frédéric Martel Animateur : Jean Cornil Jean Cornil : Bonjour à vous toutes et à vous tous, ravis de vous rencontrer ce matin dans ce beau théâtre pour cette matinée d étude sur «Coloniser les cerveaux», pour paraphraser l ancien P.D.G. de TF1, et l alternative «décoloniser les imaginaires», pour reprendre la belle formule de Serge Latouche. Je suis tout à fait ravi de rencontrer ce matin Frédéric Martel. Il y a quelques mois, lors de nos vacances studieuses, Yanic Samzun, Secrétaire général de PAC qui organise cette rencontre, et moi avons lu avec passion et intérêt Mainstream, le livre de Frédéric Martel. Après l avoir lu, on s est dit qu on devait absolument faire venir Frédéric Martel pour à la fois la finesse de son analyse, l intérêt de ses recherches très pragmatiques, et le fait que c est une mine d informations. J ai même appris beaucoup de choses sur la Belgique et sur la RTBF au travers notamment de l interview qu il a faite d Alain Gerlache. En préparation de cette matinée, j ai été, en bon geek, voir sur Wikipédia comment vous présenter. J ai été stupéfait, pour votre jeune âge, si j ose dire par rapport à mon âge déjà plus sage et plus ancestral, de la diversité de vos activités, de la qualité de vos publications. Il y a sûrement des erreurs puisque c est Wikipédia, pardonnez-moi à l avance Vous êtes docteur en sociologie, vous êtes écrivain, vous êtes journaliste. Vous avez travaillé auprès des services diplomatiques français en Roumanie et aux États-Unis. Vous avez travaillé auprès de Michel Rocard, auprès de Nicole Notat, l ancienne présidente de la CFDT. Vous avez travaillé à l École des Hautes Études en Sciences sociales, vous collaborez à de nombreux journaux et revues, vous êtes le producteur-animateur d une émission sur France Culture «Masse critique» et j ai même vu que vous aviez cofondé avec Martin Hirsch l ancien Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté du gouvernement français précédent, l Agence nouvelle des solidarités actives. Je trouve que c est un parcours extrêmement intéressant, à la fois un parcours intellectuel et à la fois un parcours d acteur, ancré dans le concret. Pourquoi ai-je été totalement passionné par votre livre? D abord parce ce qu il va à l encontre de certaines idées reçues et en particulièrement des miennes. Je trouvais très intéressant que vous puissiez casser cette dichotomie qu on fait généralement entre la culture élitiste et la culture populaire. On peut, comme moi, aimer regarder Arte et TF1. On peut aimer un roman policier de gare et en même temps lire une étude philosophique. Je trouve que remettre en question cette idée, qui est très ancrée dans la culture hexagonale, de faire sans cesse cette séparation entre la culture populaire vulgaire et la culture «des élites» est quelque chose qui est tout à fait intéressant. Deuxième chose qui m a surpris, c est qu effectivement l homogénéisation anglo-saxonne, qu on dénonce très régulièrement dans les discours de la gauche, est beaucoup plus complexe et beaucoup moins évidente que cela. Vous expliquez très bien comment la culture américaine a peu de prise par exemple au Japon. Ou encore comment des cultures traditionnelles, même si elles sont passées aux technologies nouvelles, peuvent s exprimer, mais restent en partie ancrées dans le monde de la civilisation qui a présidé à leur naissance, exemple Al Jazeera dans le monde, exemple les Telenovelas en Amérique latine. Donc je trouve que, à la fois le côté pragmatique, le côté dogmatique, le côté très documenté et à la fois le côté qui casse un petit peu des schémas de pensée qu on peut avoir sont tout à fait salutaires dans votre travail. 12

13 Alors, vous avez souhaité qu il y ait le maximum d interaction, de dynamisme avec vous qui êtes dans la salle. Frédéric Martel va intervenir par une série de séquences suivie de vos questions. Je voudrais juste terminer avant de lui céder la parole en lisant la première phrase que j ai lue dans le livre, parce que comme c est un gros pavé, même si j ai tout lu, j ai commencé comme souvent par la conclusion. Il s agit de la première phrase du chapitre de conclusion qui m a tout à fait marqué : «La guerre mondiale des concepts est déclarée. C est une bataille qui se déroule à travers les médias pour le contrôle de l information ; dans les télévisions, pour la domination des formats audiovisuels, des séries et des talk-shows ; dans la culture pour la conquête de nouveaux marchés à travers le cinéma, la musique et le livre ; enfin, c est une bataille internationale des échanges de contenus sur Internet» 1. Je trouve que rien que cette accroche, ce démarrage de votre réflexion, avec tous les éléments, toute la complexité, toute la subtilité, toute la finesse que vous apportez dans vos analyses, font qu on est extrêmement content de vous accueillir ce matin. Monsieur Martel, je vous cède bien volontiers la parole pour une première intervention puis je vous donnerai la parole pour réagir et on essayera d être le plus dynamique possible. 1 In Mainstream, Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde, Flammarion, 2010, p

14 1- GLOBAL, LOCAL ET INTERACTION ENTRE CES DIFFÉRENTS MONDES Frédéric Martel : Bonjour à tous. Merci Jean Cornil. Je suis très heureux d être ici ce matin. Hier soir, j ai diné à Bruxelles avec le patron des cinémas UGC qui m a parlé de l arrivée dans quelques mois d un film particulièrement important et que le monde entier connaitra sans doute. Un personnage que vous ne connaissez pas encore, mais que vous allez découvrir, un jeune homme voyageur avec son petit chien, ami avec une vieille cantatrice et un capitaine de bateau. Ce petit personnage deviendra bien vite très célèbre dans le monde et son nom, écoutez bien, ce n est pas mon accent, c est son vrai nom, ce sera «Tintin» [prononcé à l anglaise, NDLR]! Son auteur? C est Steven Spielberg! Ce film sortira sur les écrans des UGC et d autres cinémas un peu partout en Belgique et dans le monde. Nous aurons donc la chance de découvrir ce nouveau personnage au cinéma. Alors, je pars de cette petite anecdote pour essayer de rendre compte d un certain nombre de recherches et aussi d entretiens que j ai conduits pour réaliser ce livre Mainstream. D une certaine manière, je me situe à distance de beaucoup de chercheurs français, pas forcément en désaccord, même si ce sont parfois des ennemis. Mais, je suis souvent assez éloigné d auteurs français, de l essai «à la française», qui a tendance à être le fait de ce que j appellerais des chercheurs ou des auteurs de salons. Depuis leurs salons, ils analysent et disent parfois du bien ou parfois du mal de la mondialisation, des évolutions du monde. Je suis parfois d accord avec eux, mais très souvent, ils sont dans une analyse qui ne tient pas réellement compte de ce qui est en train de se passer. Et moi, sans les critiquer nécessairement, je me situe très loin de cela parce qu il me semble que devant des évolutions aussi fortes, le chercheur doit d abord aller sur le terrain et donc je me situe beaucoup plus dans ce qu on pourrait appeler une recherche de terrain. Le livre Mainstream a été réalisé dans 30 pays pendant 5 ans, à travers 1200 interviews et au fond, me semble-t-il, le travail du chercheur est de ne pas forcément être un idéologue et d avoir une vision préconçue ou préétablie, comme à l époque où on était imprégné par le marxisme. Aujourd hui, dans un monde très changeant, il est important d aller voir ce qui se passe, d interroger les acteurs, de proposer d ailleurs une vision peut-être moins idéologique, mais plus complexe, plus subtile. C est ce que j ai voulu faire dans ce livre, quitte à être à contre-courant et parfois même contre son camp : ne pas hésiter à déranger ou à être indiscipliné. Et c est aussi ce que je vais faire devant vous, avec toujours comme idée que ma seule légitimité ou la seule origine de mes propos viennent de cette enquête et de ce que je vais essayer de vous transmettre des nombreux acteurs que j ai pu rencontrer pour écrire ce livre. La première partie de cette intervention concerne, et je suis heureux d être ici à Namur, capitale de la Wallonie, la question du global, du local et de l interaction entre ces différents mondes. Vous le savez mieux que moi en étant à la fois ici à Namur, en étant Wallon, en étant Belge, en étant Européen, que nous sommes tous liés à des œuvres, liés à des cultures extrêmement diverses et qui nous concernent. Et, en réalité, une des conclusions c est que, fondamentalement, la mondialisation ne s est pas traduite à travers le monde par la destruction des cultures locales, régionales ou nationales. Beaucoup de gens s inquiétaient du fait que la mondialisation de la culture et, j y viendrai tout à l heure, le basculement numérique, deux facteurs qu on peut suivre en parallèle mais qui en réalité se croisent aujourd hui dans les pays émergents, allaient produire une uniformisation standardisée des cultures et même de la culture dont nous serions, nous autres, petits Français, petits Belges, Wallons ou Européens, les victimes. En réalité, dans la plupart des pays du monde, en tout cas dans les pays suffisamment puissants pour produire une culture, le national, le local, le régional ont bien tenu et sont même aujourd hui très puissants. Prenons par exemple la musique. Les chiffres varient et ils ne sont pas toujours très fiables, mais on peut dire que partout dans le monde il y a en gros 50 % de la musique qui est nationale. Vous allez au Brésil, les Brésiliens écoutent de la musique brésilienne et les Argentins, qui ne sont pas forcément 14

15 très loin, écoutent eux de la musique argentine et pas forcément brésilienne. Lorsque vous allez en Corée du Sud, on écoute la fameuse K-pop qui est la pop coréenne et qui n est pas du tout la même chose que la J-pop qui est la pop japonaise pourtant elle-aussi pas très éloignée. Et en réalité, partout dans le monde la musique est très nationale. Si vous prenez l édition, et il suffit de voyager et d être dans un certain nombre de librairies à travers le monde, vous constaterez qu une part importante de la production en fiction, mais aussi en «nonfiction», c est-à-dire les essais, est également nationale. Et d ailleurs, très souvent le Français ou le Belge qui voyage et va dans une libraire connaitra peu d auteurs. Vu depuis chez nous, on a parfois l impression que ces pays n ont pas beaucoup d auteurs, mais c est tout simplement que nous ne les connaissons pas. Et lorsque nous sommes dans une librairie à Prague, en Égypte, au Vénézuéla ou encore au Canada, vous observerez une littérature nationale très forte à la fois dans la fiction et dans les essais. Ce que je viens de dire est aussi vrai pour la télévision. On pense souvent, dans une vision un peu superficielle de la télévision, que les grandes chaînes internationales ont pris le dessus. C est vrai que vous connaissez tous CNN, Al-Jazeera et un certain nombre d autres chaînes internationales. Or, en réalité ces chaînes-là comme CNN ou Al-Jazeera sont très importantes et ont une audience qui est influente, mais c est une très petite partie de la télévision à travers le monde. Si vous êtes en Chine, il y a près de 2000 chaînes de télévision, essentiellement des chaînes régionales ou locales. Et c est vrai dans la plupart des pays : la télévision est en fait très nationale. Elle est même parfois nationale dans des secteurs où on ne l attend pas comme l information. Presque partout, l information à la télévision est nationale. La publicité d ailleurs est nationale aussi puisque le marché publicitaire n est pas mondial, il n est même pas européen. Il est parfois même très régional ou local. Et même sur quelque chose comme les séries télévisées. À nouveau, on connait certes tous Desperate housewives ou Friends. Mais, il n empêche qu à l échelle du monde, ces séries télévisées ne pèsent pas beaucoup. Dans les pays asiatiques, les dramas coréens, thaïlandais, taïwanais, hongkongais, japonais jouent un rôle extrêmement important au niveau des séries télévisées, bien plus important que tous les Desperate housewives réunis. En Amérique latine, comme vous le savez, les telenovelas sont absolument déterminantes. Et d ailleurs, quand on est Mexicain on regarde les telenovelas mexicaines qu on ne mélange pas avec les telenovelas argentines. Et en Argentine, on ne s intéresse pas nécessairement aux telenovelas brésiliennes qui en plus sont en portugais et donc avec tous les problèmes que cela pose dans le monde hispanophone. Quand une série comme Desperate housewives arrive en Amérique latine, elle est en réalité refaite. C est un format qui est acheté et on en fait trois versions. On fait d abord une version mexicaine, puisque le marché mexicain est très important, c est le géant avec le Brésil en Amérique latine et il dialogue très bien avec les États-Unis. On fait une version en portugais enfin en brésilien pour les Brésiliens. Et on fait une troisième version pour les Argentins parce que, même s ils parlent espagnols comme les Mexicains, ce n est en réalité pas exactement le même espagnol. Et surtout les personnages, pour des raisons sociologiques, ne peuvent pas être pareils. Je ne parle pas très bien portugais ni très bien espagnol donc je n ai pas vu en détail comment la série Desperate housewives était adaptée en Amérique latine. Mais les producteurs, les gens qui font ces séries et qui les adaptent à Buenos Aires, à Rio de Janeiro ou à Mexico, rencontrés pour mon enquête, m ont expliqué par exemple que dans une banlieue du Mexique, le plombier pouvait habiter dans certains types d endroits, mais qu il ne pourrait pas habiter dans ces mêmes endroits en Argentine. Il fallait donc refaire la série pour le situer dans d autres zones géographiques, sinon cela ne serait tout simplement pas crédible. Pour des raisons d accent, pour des raisons de constitutions des villes et sociologiques, en réalité on refait la série. Mais c est vrai dans la plupart des pays du monde. On pourrait parler bien sûr de certaines séries françaises, même si en France on aime aussi beaucoup les séries américaines. Si vous allez dans le 15

16 monde arabe par exemple, vous y verrez ce qu on appelle «les feuilletons du Ramadan», extrêmement importants, qui sont pour une large part fabriqués en Égypte, un peu en Syrie, au Liban, mais aussi avec la puissance des feuilletons du Ramadan qui viennent de Turquie. Une série comme Nour, qui n est pas à proprement parler une série du Ramadan, a eu beaucoup de succès dans la zone arabe, mais aussi en Iran et donc, on voit bien la puissance de ces cultures qui sont très locales ou nationales. Donc, en réalité, dans la plupart des secteurs et y compris dans le cinéma, le national vit bien. Dans la mondialisation, le cinéma s en sort peut-être parfois un petit peu moins parce que cela reste très cher à faire, surtout pour des longs métrages qui doivent sortir en salle. La part de marché nationale oscille le plus souvent entre 5 et 15 % dans des pays comme l Amérique latine. Mais dans beaucoup d autres, ce n est pas le cas. Par exemple, au Japon, 50 % du box-office est japonais, en Inde 80 % du box-office est indien, à Prague, même en Europe, de l ordre du 50 % du box-office est tchèque, et en France comme vous le savez le box-office est français entre 45 et 55 %. Donc, pour toutes les raisons que je viens de dire, en réalité les cultures nationales sont puissantes dans la plupart des secteurs sauf peut-être dans celui du jeu vidéo, j y reviendrai un peu tout à l heure. Le jeu vidéo est très mondialisé et très globalisé, et même lorsqu il est conçu par des Français, il se trouve être très souvent américanisé. Malgré tout, c est plutôt une bonne nouvelle et c est ce qui fait que des cultures nationales sont puissantes et parfois même arrivent à s exporter un petit peu. Je dis cela d ailleurs au pays d Hergé et d une tradition musicale qui est aussi pour une part la culture francophone, qu on aime en France : de Jacques Brel à Adamo ou Plastic Bertrand pour prendre des grands noms un peu anciens, ou Annie Cordy et j ai appris récemment que Johnny Halliday s appelait Jean-Philippe Smets. Et je pourrais citer Cécile de France, qui ne porte pas si bien que cela son nom, ou encore Jean-Claude Van Damme ou plus récemment Arno, Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker, Wim Delvoye, les frères Dardenne ou Amélie Nothomb ou pour parler d un auteur qu on connait insuffisamment en France et qui est un formidable écrivain flamand, Hugo Claus. On voit bien qu il y a une culture très importante en Belgique pour les Francophones, pour les Flamands et pour les Français de France qui vont la connaitre et tout cela se fait très loin du mainstream américanisé et donc il y a cette culture qui est puissante. Et elle va jusqu à Tintin n'est-ce pas? En même temps, il reste deux problèmes. D abord, la complexité aujourd hui très souvent est de déterminer ce qui est local ou ce qui est global. On ne sait souvent pas très bien qui fait quoi et qui est quoi. Pour aller vite, les Français peuvent être très fiers d être aujourd hui les leaders mondiaux du jeu vidéo, bravo. Et cela, grâce d une part à Vivendi Games qui possède Activision et Blizzard et grâce d autre part à des studios comme Ubisoft basé en France qui produit par exemple les Lapins crétins. Il n empêche que ces sociétés produisent essentiellement des jeux vidéos américains. C est vrai évidemment d Activision et de Blizzard qui n ont pas grand-chose de français bien qu appartenant aux Français, mais c est vrai aussi d Ubisoft. Même s il y a des exemples connus de jeux vidéos avec une french touch, en réalité ce sont très souvent des adaptations du romancier Tom Clancy et de tout un tas d'histoires ou de phénomènes américains mondialisés. Et les Lapins crétins, très souvent, on dit plutôt les Dumb rabbits. Donc, le fait d être des sociétés françaises ne veut pas dire nécessairement grand-chose sur les produits qui vont naître de ces sociétés. C est vrai aussi par exemple pour Bertelsmann, géant allemand des médias. À nouveau, en tant qu Européen, on peut être très fier de posséder Bertelsmann. C est de la télévision, mais c est aussi de l édition. C est même le premier éditeur mondial avec notamment Random House. Sauf que Random House produit essentiellement des best-sellers américains à commencer par le Da Vinci Code. Et on peut continuer sur ce type d exemple avec Sony, à la fois le géant de la musique, du cinéma, mais aussi de tout un tas d autres secteurs, qui appartient aux Japonais, mais qui dans une très large part produit du cinéma ou de la musique anglo-saxonne. Bien que ces structures soient japonaises ou européennes, elles produisent le plus souvent des contenus qui ne sont pas européens, mais qui sont américains. Et 16

17 d ailleurs, c est particulièrement vrai dans la musique où sur les quatre majors du disque, deux ou trois, selon comment on les analyse, sont européennes contrairement à ce que l on croit. On parle toujours des majors du disque qui seraient américaines et en réalité la seule vraie américaine c est Warner et elle est toute petite. Les plus grosses sont Universal qui est française, Colombia Sony qui est japonaise et EMI qui est britannique même si elle est en passe de redevenir américaine 2. Malgré tout, les quatre majors produisent essentiellement à l échelle du monde des musiques globales qui sont américanisées même si elles peuvent produire localement des musiques qui sont plus nationales. Et c est là l autre problème, un peu inversé du précédent : vous pouvez avoir des structures européennes qui produisent de la culture américaine, mais l inverse est vrai aussi. Par exemple, si vous êtes à Prague vous constaterez qu il y a des maisons, des studios de production américains qui font des films strictement tchèques. Si vous allez à Hong-Kong, vous vous rendrez compte que les studios qui produisent la culture en cantonnais et parfois en mandarin et qui visent à séduire d abord le public hongkongais, taïwanais et singapourien (les «Petites Chines») pour pouvoir ensuite entrer en mandarin dans la Chine continentale, sont en fait des studios américains. On voit bien que la théorie marxiste, qui considérait que c est celui qui possède les moyens de production qui va déterminer les contenus qui vont être produits, n est plus très valable aujourd hui : on peut être Américain et produire du cinéma tchèque, on peut être Français ou Allemand et produire de la culture américaine. Cette mondialisation ne se traduit donc pas nécessairement par une uniformisation et se traduit en tout cas par le fait que les cultures nationales et locales vivent bien. Mais, il se trouve que malgré tout, face à ces 50 % que j évoquais, qui peuvent être parfois 15 ou 60 %, à ce national qui tient bien, à ce local, ce régional qui peut exister dans la mondialisation, il est vrai qu il y a une culture très fortement globalisée, souvent américanisée, mainstream donc comme je l ai appelée qui elle aussi est puissante. Et c est bien cela le problème : la mondialisation ne s est pas traduite par la disparition des cultures nationales, mais par la disparition des autres cultures qui n étaient pas nationales. Au fond, par la domination de deux cultures seulement : la culture nationale parfois régionale et locale et la culture mainstream américanisée globalisée et la disparition de tout ce qu il y avait d autre. Pour le dire autrement et pour que vous compreniez bien mon raisonnement : imaginons qu on rencontre dix jeunes européens, pour prendre un exemple européen, mais la même chose existe aussi en Amérique latine plus fortement même encore en Asie ou pour une part dans le monde arabe avec des petites nuances sur lesquelles je reviendrai tout à l heure. Si vous prenez dix jeunes Européens, un Espagnol, un Italien, un Allemand, un Anglais, un Roumain, un Polonais, un Français, un Belge etc. et que vous leur demandez de vous parler de ce qui est leur culture. À nouveau, je parle des jeunes et, ce n est d ailleurs pas le sujet de mon intervention aujourd hui, je ne parle pas du théâtre d avant-garde, je ne parle pas de la danse contemporaine, je ne parle pas de la poésie qui trouve d une autre manière des publics qui sont beaucoup plus interpénétrés, les intellectuels dialoguent, se connaissent en Europe, tout cela est vrai, on est dans du quantitatif, la culture de l élite n est pas mon sujet aujourd hui. Cela peut être ma culture, je ne suis pas contre. J aime beaucoup cela, mais je n en parlerai pas aujourd hui. Ce dont je parle, c est au fond, la culture de ces dix jeunes. La culture qui les intéresse sur le plan quantitatif, ce qui se vend, les films qu on va voir massivement, les disques qu on achète ou qu on télécharge illégalement, éventuellement les livres ou les jeux vidéos. Si vous prenez ces dix jeunes en fait, chacun d entre eux vous parlera d artistes qui sont très importants pour eux et qui sont très nationaux. Et chacun pourra vous développer et vous citer tout un tas de gens que moi en tant que Français je ne connaitrais pas si le jeune en face de moi est Espagnol, Roumain, Italien, ou Anglais ou Allemand. Ce qui fait que chacun 2 Depuis cette conférence, il ne reste plus que trois major company du disque. EMI ayant en effet été rachetée par Universal en novembre On appelle «major company» ces quelques principales sociétés géantes qui possèdent à elles seules, la majeure partie du marché (71,7 %). [NDLR] 17

18 de ces dix jeunes aura une très forte culture nationale sauf qu aucun ne connaitra celle de l autre, il n y aura rien de commun entre ces dix jeunes. La seule chose qui leur sera commune sera la culture globalisée, mondialisée ou mainstream. Tous, en effet, auront vu Avatar, Matrix, Batman, ou Spiderman et tous sauront ce que c est que Lady Gaga et tous iront voir bien sûr Tintin. Alors le problème est un peu là : en dépit du fait que ces cultures nationales ont bien survécu, la seule culture qui réunira ces dix jeunes Européens ce sera la culture américaine et qu il n y aura presque plus rien en commun d autre que cela. Vous allez me dire qu il y aura un Almodovar un jour, un Luc Besson un autre jour, il y aura d autres exemples et on pourra bien sûr citer des contre-exemples, mais massivement, quantitativement, la seule culture qui réunira ces Européens, ce sera la culture américaine. Et c est effectivement ce qui se passe dans le monde et non pas le fait que la mondialisation a détruit les cultures locales, régionales ou nationales. En fait, elle les a plutôt laissé bien vivre et elles se sont même plutôt bien renforcées. Mais, face à cela, la seule culture qui unit, c est la culture mainstream américaine. C est un des points principaux du problème qui est le nôtre aujourd hui. Essayons d aller voir comment les choses se passent au niveau des pays qui produisent des contenus. Je ne parle pas des États-Unis sur lesquels évidemment je reviendrai longuement tout à l'heure, mais restons sur la mondialisation et au fond sur comment les choses évoluent à travers le monde. En fait, on s aperçoit que la mondialisation est un petit peu plus complexe que simplement la montée en puissance des Américains et la survie du national comme je le disais. Parce que le «national» c est parfois des pays qui sont gigantesques et c est ce que l on appelle évidemment les pays émergents. Alors, je ne suis pas, loin de là, le premier à parler de la mondialisation et, loin de là également, le premier à parler des pays émergents, beaucoup de gens l ont fait dans plusieurs pays. En revanche, je pense que l on avait sous-estimé et on n avait pas parlé, cela a été au fond une des conclusions les plus reprises à travers le monde du livre Mainstream, du fait que les pays «émergents» émergeaient aussi avec leurs cultures et leurs médias. C est quelque chose qu on avait peu analysé. Prenons Al-Jazeera qui est un des exemples qu on connait le mieux aujourd hui vu le rôle décisif que la chaîne du Qatar a joué dans les révolutions en cours dans le monde arabe. Al-Jazeera c est d une part une chaîne en arabe qui d ailleurs nait du programme en arabe de la BBC, en Angleterre à Londres. C est ensuite une chaîne en anglais qui s est ouverte un peu après. C est aussi des chaînes pour les enfants, Al-Jazeera Children qui en réalité appartiennent à un autre groupe que le groupe Al-Jazeera, puisque financées par l émir du Qatar. Mais en fin de compte c est assez proche Mais c est aussi plus récemment le rachat d une dizaine de chaînes sportives, un autre groupe saoudien qui s appelle ART. Ces chaînes sportives ont constitué ce qui s appelle Al-Jazeera Group et ça lui permet aujourd hui avec cette dizaine de chaînes d avoir les droits sportifs pour toutes les premières ligues tunisiennes, algériennes, marocaines, jordaniennes, égyptiennes. Ce qui fait qu aujourd hui par exemple, dans les quartiers de Bruxelles ou de Paris, les jeunes Français ou les jeunes Belges issus de l immigration vont regarder Al-Jazeera, pas en arabe parce que souvent ils ne parlent pas arabe surtout la deuxième ou troisième génération, pas non plus en anglais parce qu ils ne parlent pas toujours suffisamment bien ou aisément l anglais pour pouvoir suivre la chaîne en anglais, mais ils regarderont tout simplement les matchs de la première ligue tunisienne ou algérienne s ils ont une famille d origine tunisienne ou algérienne sur les chaînes d Al-Jazeera. Donc, vous avez un groupe très puissant, très riche à cause de l argent de l émir du Qatar qui vous le savez est un petit pays, mais très riche, producteur de gaz, avec des réserves de gaz naturel particulièrement importantes, et qui va être un groupe d information, mais aussi d entertainment 3 et d info, donc de ce mélange «d infotainment» qui fait que Al-Jazeera est très puissant sur l information, mais le sera peut être prochainement encore plus sur l entertainment, notamment le sport. 3 Entertainment. Divertissement. On parle des «entertainment industries», pour les industries du divertissement. 18

19 Un autre exemple, toujours dans le monde arabe, ce sont les groupes MBC et Rotana. MBC est un groupe saoudien installé à Riyad qui appartient au prince de sang saoudien et qui a des chaînes d information dont une très connue qui s appelle Al-Arabia ainsi que des chaînes mainstream d information et d entertainment ou seulement d entertainment ou seulement de séries télé américaines puisqu il y a MBC1, MBC 2, 3, 4 etc. qui sont différentes chaînes. Rotana, c est un peu la même chose. C est également un groupe saoudien qui appartient au prince Al-Walid, également prince de sang saoudien, et qui a son siège à Riyad Vous n êtes peut-être pas allé en vacances à Riyad, ce n est pas très simple ne fut-ce que pour avoir le visa et puis vous savez qu une femme ne peut pas être seule dans la rue, elle ne peut pas conduire une voiture, elle ne peut pas être où que ce soit sans son mari, donc ce n est pas très simple Mais si vous y allez, c est une ville très plate, on est pratiquement dans le désert et il y a une immense tour au milieu, la seule de la ville, très haute qui ressemble à un décapsuleur horrible, mais très haut et très cher : c est la tour de Rotana. Elle appartient au prince Al-Walid et le point principal, c est que le siège est à Riyad mais les studios de télévision sont au Caire, les studios de cinéma sont au Caire, les studios d enregistrement de musique sont à Beyrouth, les émetteurs sont essentiellement en Jordanie, à Amman et à Dubaï et les chaînes de télévision aussi un peu à Dubaï et un peu partout. Le point principal étant que, si vous regardez les clips vidéo de Rotana, qui est aujourd hui très puissant dans la musique, vous verrez des filles relativement cool, séduisantes, un peu dénudées et vous comprenez bien pourquoi tout cela est enregistré à Beyrouth et non pas à Riyad. Ce serait difficile pour beaucoup de raisons. Et donc, aujourd hui, 50 % du cinéma arabe, notamment les vieux classiques égyptiens, et à peu près 80 % de la musique arabe appartiennent désormais à Rotana. Donc c est un groupe très puissant qui fait que, là encore, beaucoup de Français issus de l immigration ou de Belges issus de l immigration écoutent des stars qui sont des chanteurs du groupe Rotana, par exemple Amr Diab mais on peut en citer plein d autres, Elissa [Khoury, NDLR], Latifa [Arfaoui, NDLR], tout un tas de chanteurs, de chanteuses souvent extrêmement populaires dans le monde arabe. Si on quitte le Moyen-Orient et qu on passe maintenant à l Asie, on peut faire la même démonstration avec l émergence de groupes très puissants. Je pense à Reliance qui est un géant indien dans les télécommunications, dans l industrie, dans la pétrochimie etc., mais aussi dans le cinéma puisque c est aujourd hui un des principaux producteurs de musique et surtout de cinéma à Bollywood. Reliance a racheté une partie de DreamWorks SKG, le studio américain de Spielberg, Katzenberg et Geffen et a racheté aussi une dizaine de studios de production entre guillemets «indépendants», dont celui de Georges Clooney. Cela montre que les Indiens possèdent aujourd hui la puissance, d une part de racheter des studios partiellement hollywoodiens, mais aussi des boîtes de production et ils sont candidats ainsi que Sahara [India Pariwar, NDLR], autre grand groupe indien au rachat de la Metro Goldwyn Mayer et de United Artist, deux grands studios également américains. Cela ne se fera peut-être pas parce qu en ce moment, les Américains essayent de se débrouiller tout seuls et on verra comment le rachat de la MGM se fait. La MGM, c est le studio d Elizabeth Taylor, le fameux lion rugissant, Leo, que vous avez vu souvent au début des films. On voit bien comment de grands groupes issus des pays émergents sont capables d exister dans le monde. Je crois que vous avez compris ce que je voulais dire, mais je pourrais développer cela à l échelle d une trentaine d autres pays. Il y a des grands groupes sud-africains et nigériens, il y a des grands groupes comme TV Globo au Brésil ou Televisa au Mexique ou comme Telefe en Argentine. Vous avez des groupes publics comme CCTV en Chine, mais aussi tous les groupes qui l entourent, on peut citer ceux qui produisent la K-pop en Corée, d autres pays émergents comme l Indonésie ou tout un tas d autres pays que je n ai pas forcément cités parce qu on limite généralement les pays émergents à ce qu on appelle les fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) même si pour moi la Russie est un peu spécifique par rapport aux autres pays émergents. Mais des pays émergents, on peut en diagnostiquer aujourd hui une bonne vingtaine, parfois une trentaine selon les critères qu on utilise. En tout cas, pour les miens, pour les industries culturelles et les médias, pour ce qui concerne la culture, vous avez effectivement des pays émergents très puissants comme l Indonésie qu on ne doit pas sous-estimer, mais aussi comme l Afrique du Sud et le Nigéria, le Mexique qui est tout aussi 19

20 important que le Brésil et j ajouterai la Turquie et même l Iran d une certaine manière qui est un pays émergent pour des raisons multiples. D abord financière : pays riche. Ensuite démographique : pays jeune. Et enfin un pays qui produit énormément même si évidemment, pour l instant, le contexte politique rend difficile la diffusion de ses produits. Alors, troisième et peut-être dernier point dans cette première partie avant de vous laisser le temps de poser quelques questions : comment est-ce qu on devient, à travers le monde, un grand producteur de contenus? Est-ce qu il faut être seulement un pays émergent? Pourquoi, si on regarde la carte, les endroits où cette production va se faire, ces studios vont s installer, ces groupes se développer, cette musique se produire, pourquoi c est souvent des villes que j appelle dans mon livre des capitales de l entertainment, des capitales culturelles et pourquoi pas d autres? Pour aller vite, pourquoi Miami et pas Caracas? Pourquoi Beyrouth et pas Riyad? Pourquoi Hong-Kong et pourquoi de moins en moins Paris et Londres alors que ces deux villes étaient ou ont été longtemps des capitales culturelles à travers le monde? Quand on regarde sur le terrain ces pays, on s aperçoit que pour qu il y ait création culturelle, il faut qu il y ait un environnement favorable à la création. Alors, parmi les éléments nécessaires que j ai constatés sur le terrain sur des bases statistiques ou quantitatives, il y a d abord l aspect émergence du point de vue économique. Pour aller vite, il faut un écosystème vertueux avec d abord des conditions économiques et financières claires et sûres, des banques. Certes, il y a des banques partout, mais les banques, comme vous le savez sans doute, sont beaucoup plus fiables à Miami qu à Caracas et beaucoup plus sûres à Hong-Kong qu à Shenzen ou à Shanghai. Et donc, vous avez un peu naturellement la volonté des groupes de s installer là où si jamais ils gagnent de l argent, c est un argent qu ils pourront garder et qui ne va pas disparaitre parfois de manière assez spectaculaire comme c est le cas en Chine. Je pourrais vous raconter comment Warner a perdu l argent de ses studios, comment Murdoch s est fait voler des milliards, comment Universal n a pas réussi à s installer et comment Sony s est fait voler ses droits d auteurs. Donc on comprend pourquoi ils sont prudents. Au-delà des banques, il y a souvent des agences de talents, des infrastructures, bien sûr des studios de tournages, des studios d enregistrement pour la musique, le copyright qui est généralement un peu mieux protégé, à nouveau ce n est pas parfait à Hong-Kong, mais c est toujours mieux qu à Beijing. Ce n est vraiment pas parfait à Miami, mais c est beaucoup mieux qu à Caracas ou qu à Cuba. Liberté d entreprise, possibilités de financement pour les startups, tout cela c est le premier volet qui explique que certaines capitales peuvent attirer à elles des créateurs, et c est j appellerais le volet économique. Deuxième aspect, il faut un écosystème qui offre ce que j appelle dans mon livre un environnement des possibles, c'est-à-dire l abondance des projets, l abondance des idées, l abondance des gens. Quand vous regardez comment fonctionne Hollywood, vous vous apercevez que pour un Batman ou un Spider-man, c'est-à-dire un «blockbuster» que tout le monde va voir massivement, il y a en fait des centaines voir des milliers de films qui ne vont pas naitre. Et c est évidemment extrêmement darwinien, extrêmement triste de se dire «tous ces projets qui ne verront pas le jour» mais c est aussi au cœur de la créativité américaine. J y reviendrai tout à l heure. Il y a cette constante multiplication des projets alors que très peu vont aboutir. Et donc, il faut que l environnement dans lequel les villes se situent soit favorable à cette multiplication des projets, des idées et non pas à la chinoise, c'est-à-dire juste trois projets autorisés et pas plus, et puis on les fait coûte que coûte. Troisième élément très important : ce qu on pourrait appeler une caisse de résonnance médiatique très forte. Dans la plupart des villes, que ce soient Miami, Rio de Janeiro, Le Caire, Beyrouth, Dubaï, Bombay, Taiwan, Hong-Kong, Singapour, Séoul etc., vous avez des networks télévisés, les correspondants Variety, de Hollywood Reporter, de Billboard qui sont là et susceptibles, lorsqu un produit, un artiste, un film émergent, d en faire rapidement un buzz mondial, ce qui est beaucoup plus difficile à faire évidemment quand vous êtes à La Havane, à Caracas ou dans d autres villes plus en difficulté. Et c est aussi des villes où vous avez un marché publicitaire très fort, notamment avec 20

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