Travail et loisirs ou comment le travail se transforme par et dans le divertissement et comment le divertissement se requalifie en travail

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1 ACTES COLLOQUE Travail et loisirs ou comment le travail se transforme par et dans le divertissement et comment le divertissement se requalifie en travail CELSA, université Paris-Sorbonne 77 rue de Villiers Neuilly-sur-Seine JUIN 2014

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3 Direction scientifique de la publication Véronique Richard, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Secrétaire de rédaction : Odile Cortinovis, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Assistant éditorial : Sylvain Josset Comité scientifique Présidente : Comité d organisation Président : Véronique Richard, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Olivier Aïm, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Arlette Bouzon, LERASS, université Toulouse 3 Paul Sabatier Gilles Brougère, EXPERICE, université Paris 13 Sophie Corbillé, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Olivia Foli, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Valérie Jeanne-Perrier, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Sarah Labelle, LabSIC, université Paris 13 Emmanuelle Lallement, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Christian Le Moënne, PREFics, université de Rennes 2 Michèle Gellereau, GERiiCO, université Lille 3 Sophie Pène, laboratoire, Paris Design Lab, ENSCI et université Paris 5 Jean Pralong, Rouen Business School Aude Seurrat, LabSIC, université Paris 13 Julien Tassel, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Hécate Vergopoulos, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Yves Jeanneret, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Asmaa Aziza, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Juliette Charbonneaux, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Odile Cortinovis, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Thierry Devars, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Sylvain Josset, université Paris-Sorbonne Camille Jutant, Paris Design Lab, ENSCI Julie Pasquer, LLC, université d Avignon Pierre-Michel Riccio, LGI2P, École des mines d'alès Marion Rollandin, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Kyle Schneider, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Emeline Seignobos, GRIPIC, Celsa université Paris-Sorbonne Avec le soutien de :

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5 Introduction Le colloque s'est proposé de questionner ce que le travail fait au divertissement et ce que le divertissement fait au travail ou, plus précisément, de s arrêter sur la production contemporaine de formes hybrides entre travail et divertissement, et plus généralement travail et loisir : des serious games à l usage des réseaux sociaux au travail, des Fab labs à la médiation du travail des amateurs, comment comprendre ces phénomènes d hybridations? S inscrivent-ils dans une histoire du loisir et du travail ou doivent-ils être considérés comme une tendance actuelle? Sont-ils propres à certains secteurs professionnels, certains métiers, certaines générations ou caractérisent-ils le monde du travail en général? Comment ce phénomène est-il mis en visibilité par les usages communicationnels? De quoi est-il le signe ou le symptôme? Les contributions au colloque se sont proposées d'apporter divers éléments de réponse à ces questions qui sont, dans le présent ouvrage, rassemblés dans trois chapitres thématiques. Le premier chapitre intitulé «Cadre et hors-cadre : le travail aux frontières» revient sur les frontières ou les limites entre travail et loisirs, travail et hors travail (comme les pauses et les afterworks), travail et non travail (en particulier les activités des chômeurs). L'enjeu de ce chapitre est ainsi de montrer, d'une part, comment chacun de ces systèmes d opposition renégocie le cadre et le sens de l activité, et d'autre part comment certains espaces d indécision reconfigurent les paradigmes de l utilité, de la production et de la productivité associés traditionnellement au travail salarié, mais encore du délassement, du plaisir et de l épanouissement personnel associés cette fois au loisir. Le second chapitre intitulé «Formes et esprit du jeu dans le management» propose d'étudier des techniques émergentes du management qui reposent sur des ressorts ludiques et promeuvent un bien-être ou un mieux-être productif. L approche générale consiste à questionner ce système de double contrainte managériale par le jeu et l activité ludique qui propose aux salariés, au cours de leur carrière de travailleur, de se libérer et de créer sous contrainte. Enfin, le troisième et dernier chapitre intitulé «Mises en scène et mises en jeu du travail» propose, dans un premier temps, de questionner la manière dont le quotidien du travail peut devenir un espace de jeu et de représentation (au sens goffmanien, mais aussi au sens littéral) et, dans un second temps, de s'intéresser plus spécifiquement à cette double dimension de la mise en scène et de la mise en jeu de soi-même à travers le prisme des nouvelles technologies. 5

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7 Sommaire Partie 1 Cadre et hors-cadre : le travail aux frontières... 9 L entreprise, un terrain de jeu communicationnel pour les salariés. Aux frontières du travail et du hors-travail Anne Monjaret, Yanita Andonova L anomie temporelle : une possibilité d émancipation par la transgression du temps-institution? Simon Le Roulley Une archéologie de l'amitié Nicole d'almeida «Lectures de loisir» ou «lectures de travail»? Les pratiques de lecture chez les étudiants en classes préparatoires littéraires Morgane Maridet Entre salariat et bénévolat : hybridations et nouvelles configurations du travail associatif Amaia Errecart «Le secret est de ne pas s'arrêter» : le loisir et le travail dans un club de troisième âge Fabiela Bigossi Partie 2 Formes et esprit du jeu dans le management Des relations du loisir et du divertissement au management. Diversité des formes et ressorts de la gouvernementalité Thomas Heller Les pratiques ludiques au travail : un monde comme si ou comme ci? Stéphane Le Lay, Duarte Rolo C est au Stade de France que l accès à l emploi se joue. Description et analyse d un dispositif de divertissement Olivier Pégard Le jeu au service de la performance dans l organisation Julie Trévily 7

8 Médiagénie du jeu, génie du média jeu : quand souffler n est pas jouer. De la relation entre «jeux institutionnels» et «communication managériale» Marine Allein Le jeu de rôles au travail : usages patronal et salarial du jeu Pierre Lenel, Emmanuelle Savignac Partie 3 Mises en scène et mises en jeu du travail Le travail des politiques : une mise en spectacle sous forme de jeu? Françoise Boursin Le spectacle des risques professionnels : théâtre d entreprise et santé-sécurité au travail Lucile Desmoulins, Stéphane Vaxelaire De l habileté dans les interactions numériques aux compétences professionnelles de l animateur de communautés en ligne Valérie Larroche, Hélène Piment Open space numérique, mise en scène continue : Facebook ou la professionnalisation de soi Lina Zakhour Approche communicationnelle des hybrides jeu-métier et travailloisir dans le jeu en ligne Marion Rollandin 8

9 Partie 1 Cadre et hors-cadre : le travail aux frontières

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11 L entreprise, un terrain de jeu communicationnel pour les salariés. Aux frontières du travail et du hors-travail. Anne Monjarret, Yanita Andonova Résumé : La contribution propose d étudier les pratiques du jeu en entreprise à la lumière de l articulation travail/loisir et du continuum travail/hors-travail. À travers l analyse de jeux majoritairement traditionnels (partie de cartes, loto, scrabble) mais aussi des jeux en réseau, mobilisés dans l espace professionnel par des individus de statut et métier différents, est avancée la thèse que les pratiques du jeu contribuant à la socialisation des salariés nécessitent de dépasser la bipolarisation souvent avancée entre travail/hors-travail. Avec le numérique et le glissement des frontières entre vie privée et vie professionnelle, les pratiques professionnelles ont-elles vraiment changé? Celles-ci puisent parfois leurs origines dans des pratiques traditionnelles du jeu qu elles renouvellent avec l usage des TIC. Deux configurations sont mobilisées pour illustrer la thèse que défendent les auteurs : les pratiques de jeux qui marquent une séparation entre le travail et le hors-travail et celles qui favorisent leur intrication. Sur le lieu du travail, le jeu n est pas qu un passe-temps, il sert de soupape au stress et aux injonctions en améliorant le bien-être des salariés et en rendant ainsi le travail supportable. Mots clés : jeu, travail, frontière, management, norme, socialisation, transgression L anomie temporelle : une possibilité d émancipation par la transgression du temps-institution? Simon Le Roulley Résumé : Cette contribution propose de revenir sur les travaux ayant mis en évidence l'idée que le temps, plus qu'une abstraction neutre, n'est en fait qu'une construction sociale qui n'est pas vide d'idéologie et semble ainsi être un enjeu de rapports de forces. La validité de la catégorisation des temps sociaux, catégories plus perméables qu'il n'y paraît, sera interrogée au prisme de la diminution progressive du temps de travail, de l'accélération de la diffusion de l'information et de l'augmentation du temps de transports. Devant l'accélération des technologies de l'information et l'augmentation du temps de loisirs, en particulier, tout laisse présager la possibilité pour les acteurs «d'avoir le temps», alors que l'on semble toujours «en manquer». Ne serions-nous pas alors en face d'une mutation induisant un nouveau rapport au temps? Mots clés : vie quotidienne, institution, temps, travail, anomie Une archéologie de l'amitié Nicole d'almeida Résumé : Cette contribution propose de questionner les modes de sociabilité en présence dans le monde du divertissement et dans le monde du travail et d'envisager le statut de l'amitié dans la sphère des échanges personnels et professionnels. Revenir au concept oublié d'amitié comme le suggère M. Foucault dans ses derniers travaux, semble constituer une piste féconde permettant d'explorer et de mesurer la qualité des liens sociaux dans l'espace des échanges privés, professionnels et publics. Ce concept oublié, engageant un mode de sociabilité excellent et idéal, sera ici revisité et envisagé comme une possible ressource théorique et pratique. Mots clés : amitié, sympathie, sociabilité, relations professionnelles «Lectures de loisir» ou «lectures de travail»? Les pratiques de lecture chez les étudiants en classes préparatoires littéraires Morgane Maridet Résumé : Les étudiants des classes préparatoires littéraires, en commençant leurs études supérieures, sont confrontés à de nouveaux types et de nouveaux rythmes de lecture. En général bons élèves au lycée, attirés par la lecture en tant que pratique de loisir, leur entrée en hypokhâgne est l occasion de construire de nouvelles pratiques de lecture, désormais en grande partie liées à leur travail scolaire. Ils sont ainsi amenés à renégocier ce qui, dans leurs lectures, relève du «travail» ou du «loisir». Mots-clés : pratiques de lecture, classes préparatoires, enseignement supérieur, travail scolaire, loisir culturel, littérature, formation 11

12 Entre salariat et bénévolat : hybridations et nouvelles configurations du travail associatif. Amaia Errecart Résumé : Cette contribution propose une réflexion sur les singularités et les évolutions contemporaines du travail associatif. Elle entend interroger les tensions comme les phénomènes d hybridation entre salariat et bénévolat auxquels donne lieu le processus de professionnalisation des organisations associatives, ainsi que les imaginaires et représentations circulant dans ce contexte, liés à l identité associative comme au travail lui-même. Sera ainsi mobilisé un cadre théorique reposant sur les apports des SIC, de la sociologie associative et de la sociologie du don. Quant au plan empirique, il s appuiera sur une analyse discursive portant sur un corpus de textes issus des sites Internet de deux associations humanitaires aux positionnements opposés face à la professionnalisation : Terre des Hommes France et Action contre la faim. Mots clés : associations, salariat, bénévolat, travail, professionnalisation, hybridations, identités au travail, imaginaires, don, analyse discursive Mots clés : longevité, travail, loisirs, club de troisième âge «Le secret est de ne pas s'arrêter» : Le loisir et le travail dans un club de troisième âge Fabiela Bigossi Résumé : Cette contribution vise à présenter l'ethnographie menée avec les membres d'un club de personnes âgées dans la ville de Maués (Amazonas - Brésil) et cherche à comprendre comment, conçu au départ comme un espace de loisirs et de sociabilité, le Centro de Convivência do Idoso (CCI) est devenu un lieu de réunion de travail. Elle montre, en particulier, que bien que tous ceux qui fréquentent le club soient retraités, le travail demeure néanmoins pour ces hommes et ces femmes la valeur fondamentale dans l'organisation de leur quotidien. Tous considèrent ainsi le travail comme la condition nécessaire à une vieillesse réussie. Celui-ci devient dès lors un concept clé pour comprendre ce que signifie le vieillissement actif et comment la poursuite de la trajectoire professionnelle est perçue chez les personnes âgées comme essentielle à la réalisation d'une vie prolongée et de qualité. 12

13 L entreprise, un terrain de jeu communicationnel pour les salariés. Aux frontières du travail et du hors-travail Anne Monjaret IIAC/ équipe LAHIC - CNRS-EHESS Yanita Andonova LabSIC, université Paris 13 Introduction Différentes activités à caractère non professionnel existent depuis longtemps sur les lieux de travail : discussions et conversations téléphoniques privées, lectures personnelles, décoration des locaux, jeux (flipper, baby-foot, billard), repas, pots entre collègues, fêtes, prières et autres rites religieux, etc 1. Ceci nous fait dire que les ateliers comme «les bureaux ne sont pas seulement des espaces de travail» 2. Bien au contraire, toutes ces activités ordinaires et extra-ordinaires, qui appartiennent aux mondes professionnels, s avèrent n être ni anecdotiques ni marginales. 1 Cf. Anne Monjaret, «Les communications téléphoniques privées sur les lieux du travail : partage sexué des rôles dans la gestion des relations sociales et familiales», Traverse, 9, 1996 ; Anne Monjaret, «Être bien dans son bureau : Jalons pour une réflexion sur les différentes formes d appropriation dans l espace du travail», Ethnologie française, 1, 1996 ; Anne Monjaret, «La fête, une pratique extra-professionnelle sur les lieux du travail», Cités, 8, 2001 ; Anne Monjaret, «Les bureaux ne sont pas seulement des espaces de travail», Communication & Organisation, 21, 2002 ; Anne Monjaret, «Fêtes et travail dans les organisations professionnelles : quelles relations possibles?», Ethnographiques.org, 24, 2012 [en ligne] ; Stefana Broadbent, L intimité au travail. La vie privée et les communications personnelles dans l entreprise, Paris, Fyp Éditions, Anne Monjaret, «Les bureaux ne sont pas seulement des espaces de travail», art. cit. Depuis les années 1980 les ethnologues et historiens de l entreprise ont relaté dans leurs monographies de terrains l existence de ces pratiques, sans pour autant en faire un objet de recherche à part entière. Ce n est que récemment qu elles font l objet d une attention particulière de la part des chercheurs en sciences sociales. Aujourd hui, les sociologues ou encore les chercheurs en sciences de l information et de la communication se penchent dessus et en font des objets d analyse. Sans doute est-ce parce que ces pratiques conduisent à se poser la question de l articulation possible entre travail et loisir ou celle du continuum du travail vers le hors-travail (et vice versa) dans les espaces professionnels 3, tout comme celle des conséquences et des mutations qu entraîne leur usage dans l entreprise. Sans doute aussi est-ce parce qu elles permettent, en écho, de réinterroger la notion même de travail 4. Bien qu ayant subi des transformations («travail en miettes», désindustrialisation, tertiarisation des activités, externalisation, etc.), le travail reste notamment une activité par laquelle les individus se définissent, 3 Anne Monjaret, Penser le continuum travail et hors travail : comment, pourquoi et sous quelle forme?, Habilitation à diriger des recherches, Olivier Schwartz (dir.), Université Paris Descartes, Michel Lallement, Le Travail. Une sociologie contemporaine, Paris, Gallimard,

14 s insèrent dans le monde et donnent un sens à leur vie. L entreprise, pourvoyeuse de travail, participe à la socialisation des individus 1 et contribue par là à la construction des identités sociales de ces derniers, en quête de reconnaissance, de gratitude et d estime mutuelle 2. La communication des organisations au sens large y tient aussi une place centrale, en contribuant au processus d enchantement de l activité économique 3. Dans ce contexte réglementé et normé de l entreprise, quelle place est laissée aux activités récréatives celles qui permettent de faire des pauses, autrement dit de rompre momentanément avec les tâches productives? Comment les salariés composent-ils avec les interdits concernant ces pratiques? Quelles marges de manœuvre possèdent-ils? Quelle est la part de tolérance de la hiérarchie, des manageurs? Peut-elle aller jusqu à l application d une autorisation officielle? En quoi ces pratiques façonnent-elles les salariés? Les socialisent-elles à l activité de travail? De quelles manières contribuent-elles à l activité professionnelle proprement dite? Pour répondre à ces questions, nous avons choisi ici d étudier les pratiques dans l entreprise associées aux jeux traditionnels (jeux de hasard ou/et d argent, jeux de société, etc.), même si aujourd hui ces jeux peuvent prendre une forme numérique. En effet, à l heure des «serious games», des dispositifs vidéoludiques 4, à l heure où les regards des chercheurs se portent plutôt sur ces nouvelles pratiques ludiques et de management 5, il nous semble important de 1 Claude Dubar, La socialisation : construction des identités sociales et professionnelles, Paris, Armand Colin, Yanita Andonova, Béatrice Vacher, «Visibilité et reconnaissance de l individu au travail», Communication&Organisation, 36, Nicole d Almeida, Les promesses de la communication, Paris, Presses universitaires de France, Sarah Labelle, Aude Seurrat, «Médiations ludiques et activités d apprentissage : réflexions à partir d une expérience de conception d un serious game», RIHM, vol. 13, 1, Cf. Manuel Boutet, «Un rendez-vous parmi d autres. Ce que le jeu sur internet nous apprend du travail contemporain», ethnographiques.org, 23, 2011 [en ligne] ; Stéphane Le Lay, «Des pratiques ouvrières ludiques aux dispositifs managériaux ludistes : vers une instrumentalisation du jeu dans le travail», La nouvelle revue du travail, 2, 2013 [en ligne] ; David Weinberger, «Le jeu en réseau dans l entreprise. Une forme d appropriation d internet au travail», Les Cahiers du numérique, vol. 4, 2, rappeler la place des jeux traditionnels au sein des entreprises, relativisant celle donnée aujourd hui aux jeux nés des technologiques numériques. De plus, il nous semble qu en interrogeant ces jeux dans l entreprise, nous pourrions également comprendre comment les frontières entre le travail et le jeu se dessinent, s ajustent, comment le travail et le hors-travail œuvrent séparément, complémentairement ou ensemble à la socialisation des salariés. Il devient indispensable de questionner ces catégories bipolaires en prenant en compte des expressions du continuum travail et horstravail 6 dans l analyse des pratiques du jeu et des conséquences de leur usage dans le cadre de la socialisation des individus, plus précisément des salariés. Pour ce faire, nous nous pencherons principalement sur deux configurations observées : les pratiques de jeux qui marquent une séparation entre le travail et le hors-travail et celles qui favorisent leur intrication. Fruit d une réflexion en tandem nourrie de lectures, d observations et d expériences dans les mondes de l entreprise ou des organisations en France principalement 7, l analyse que nous proposons se fonde sur l étude de cas restitués dans des travaux ethnologiques, sociologiques et communicationnels. Autrement dit, nous souhaitons allier des approches pluridisciplinaires pour traiter du jeu au travail. La séparation du jeu et du travail : un possible entre-soi Certains jeux traditionnels, comme le jeu de cartes ou le loto, appartiennent à la catégorie «officieuse» des jeux car leur pratique est habituellement interdite, néanmoins parfois tolérée, sur le lieu et le temps du travail. D une manière générale, les jeux d argent, de hasard et de paris sont encadrés pénalement en France. Différentes lois régulent également le secteur des jeux 6 Anne Monjaret, Penser le continuum travail et hors travail : comment, pourquoi et sous quelle forme?, op. cit. 7 Nous préparons actuellement un ouvrage : Jeux de sociétés, à paraître ( ) sur la question des jeux en entreprise, dans une nouvelle collection des Presses des Mines, les «Carnets de Lilith». Lilith est un groupe d étude et de recherche de la Société française des sciences de l information et de la communication (SFSIC) dont nous faisons partie. 14

15 d argent et de hasard en ligne, mais ne se rapportent pas directement à l usage du jeu au travail 1. En raison de cette absence de cadre légal, la régulation en la matière est laissée à l initiative de chaque entreprise, qui à travers des chartes et des règlements internes peut tenter de circonscrire les pratiques du jeu au travail. Ces conditions internes n ont semble-t-il jamais freiné ces pratiques, qui apparaissent ancrées dans le paysage des mondes professionnels. Les salariés sont aussi des joueurs. Quel intérêt trouvent-ils à s adonner au jeu? Comment des pratiques a priori extraprofessionnelles peuvent-elles avoir un rôle non négligeable dans et pour l entreprise? Les temps de pause officieuse (pause café ou cigarette) n apparaissent-elles pas indispensables pour le bon fonctionnement de l organisation? Il suffit de prêter un peu d attention à ce qui se passe dans ces mondes du travail pour s en convaincre. Pour ce faire, nous nous attacherons à l analyse de deux exemples de jeux, non autorisés dans le cadre professionnel, mais finalement tolérés en partie par les managers et la hiérarchie. Le premier exemple se rapporte à la pratique de «la belote» à l usine, le second à l usage du loto dans un service hospitalier. Jouer aux cartes, un «braconnage sporadique» À leur temps perdu, juste après le déjeuner ou en début et en fin de journée, dans les vestiaires, les dépôts ou l atelier, réunis autour d une table, les ouvriers avaient coutume de «taper la belote» ou de jouer à toutes autres sortes de jeux de carte. Ils n hésitaient pas à se retrouver pour une petite partie. Cette pratique ancrée dans des traditions ouvrières s observe encore de nos jours, sur les chantiers, en usine 1 Code de la consommation aux articles L et suivants récemment modifié par la loi du 17 mai 2010 ; Loi du 21 mai 1836 portant prohibition des loteries (abrogée) ; Loi du 12 mai 2010 relative à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne ; Loi du 2 juin 1891 ayant pour objet de réglementer l'autorisation et le fonctionnement des courses de chevaux ; articles L et suivants du Code de la sécurité intérieure, texte est en vigueur depuis le 1er mai Dans les années 1980, le socio-anthropologue Pierre Bouvier 2 étudie les parties de cartes des chauffeurs de la RATP. Au dépôt, les temps d attente de la relève sont ainsi occupés. Mais il arrive que des collègues y participent en dehors de leurs heures de service, pour le plaisir d être ensemble, d échanger, de plaisanter. Une ambiance conviviale est recherchée, tout comme le besoin de s extraire un moment des obligations professionnelles, de son univers d exécution. Pierre Bouvier qualifie cette pratique de «braconnage sporadique». Selon lui, ces «braconnages sporadiques» fonctionnent comme des transferts pour les agents dont le but est essentiellement de permettre d oublier les tensions, de repousser l ennui ou la fatigue. Ces pratiques sont marquées par des appartenances de classe. Elles montrent combien les interactions amicales et professionnelles peuvent rendre supportables les conditions de travail. Joueurs, spectateurs ou supporters, les salariés en se réunissant participent à la construction d un entre-soi. Le loto du mardi dans un service hospitalier, une manière d être ensemble Un second exemple, rapporté par Armelle Achour 3, dans un tout autre contexte professionnel, est intéressant également à ce sujet. Courant des années 1990, dans un service hospitalier des aides-soignants, des infirmiers mais aussi des patients ont pris l habitude de jouer au loto chaque mardi. Ils remplissent ensemble les grilles de ce jeu de hasard et d argent. Le choix d un numéro dans une grille est l occasion d échanger, de discuter, d entretenir un lien. Chaque joueur justifie son choix aux autres : une date de naissance, un chiffre porte-bonheur, etc. Chacun peut alors s exprimer librement et surtout parler directement ou indirectement de soi et des siens. Ce moment apparaît comme un terrain neutre propice à la convivialité. Les nouveaux arrivants y trouvent un moyen d intégration, même les malades participent à ce collectif. Ce rendez-vous est attendu, 2 Pierre Bouvier, Le travail au quotidien. Une démarche socio-anthropologique, Paris, Presses universitaires de France, Armelle Achour, «La «passion» du jeu», in Christian Bromberger (dir.), Passions ordinaires, Paris, Hachette,

16 voire cultivé par les participants car il rythme et structure le groupe. Au point que durant les vacances, il n est pas rare de voir des collègues s écrire à ce sujet, afin de ne pas rompre avec cet espace récréatif, sur lequel se fondent plus largement des relations amicales, professionnelles et sociales. Le jeu devient le moyen de faire lien au sein du service hospitalier. Ces moments apparaissent comme des «terrains neutres» qui favorisent les partages et les échanges, suscitent et renforcent le lien social. Ces deux exemples nous permettent de penser la sociabilité à la lumière des jeux collectifs et surtout de montrer que les jeux de société pratiqués sur le lieu du travail, s ils semblent déconnectés de l activité professionnelle proprement dite, sont en définitive bien reliés au travail. Jouer contribue à s extraire du travail prescrit et de ses rythmes, parfois cadencés, autant qu à œuvrer au lien social entre collègues. Jouer aide à se reconnaître comme groupe de travail. Les jeux de société doivent donc s entendre au sens propre et au sens figuré : ils sont jeux et ils font sociétés. Ces pratiques autour de jeux «classiques» ont en commun de regrouper physiquement les joueurs, de les inviter à une sociabilité en direct. L arrivée des jeux informatisés propose d autres modalités de construction d un entre-soi. On peut se dire que si ces pratiques résistent au temps et à l autorité de l organisation, si elles ont su s adapter aux nouvelles données technologiques et sociales touchant le secteur tertiaire, c est qu elles ont une place non négligeable tant pour le salarié que pour l entreprise. Ces pratiques collectives côtoient bien souvent des pratiques individuelles, en solitaire, et par là plus discrètes. Aujourd hui, il est possible de jouer en ligne seul ou en réseau. L hybridation du jeu et du travail : jouer et (pour) mieux travailler La pratique du jeu peut s intriquer plus qu on ne le pense dans l activité professionnelle. Elle est ce que l on pourrait nommer «la part invisible du travail». La question qui se pose alors est : quel est le jeu qui puisse avoir une influence dans le cadre de l activité productive proprement dite? Comment les jeux peuvent-ils intervenir dans la socialisation professionnelle du salarié? Pour répondre à ce questionnement, nous avons choisi d étudier deux autres exemples de jeux, tolérés voire acceptés par l encadrement. Le premier relate des parties de scrabble entre opérateurs dans une industrie pétrochimique. Le second s attache au jeu en réseau de jeunes informaticiens. Quand le scrabble devient le jeu idéal pour assurer la surveillance des installations dans une industrie pétrochimique Au début des années 1990, l ergonome Dominique Dessors 1 enquête auprès d opérateurs de conduite travaillant à la surveillance des installations d une usine de pétrochimie. Ceux-ci ont l habitude de tuer le temps en jouant. Quand les phases de fonctionnement sont en régime de croisière, ils débarrassent leur table et sortent leurs jeux de société. Mais la salle de contrôle ne se transforme pas en «tripot», comme pourrait laisser l imaginer la «mise en scène» 2 Ici, les hommes se réunissent non pas pour «taper une belote» ou jouer à une autre partie de cartes, mais pour faire un scrabble. Le choix du jeu a son importance. Ces hommes le préfèrent à d autres car il demande concentration et silence, à la différence de la belote où l ambiance est plus aux échanges bruyants. Malgré ces précautions, la hiérarchie ne tolère pas cette pratique sur les lieux du travail, tout en ne la réprimandant pas. Le scrabble aurait-il des vertus cachées? Le quotidien des opérateurs est fait de périodes d inactivité qui ont tendance non seulement à les irriter, mais aussi à les angoisser. Les parties de scrabble viennent rompre l ennui, combler ce vide, conjurer l angoisse, sans pourtant et c est sans doute là le paradoxe qu ils ne soient détournés de leur mission de surveillance, bien au contraire. Les temps laissés entre chaque coup qui demande réflexion permet aux partenaires-collègues de procéder aux réglages nécessaires de débit et de pression 1 Dominique Dessors, «L intelligence pratique», Travailler, 21, 2009 [1991]. 2 Erving Goffman, La Mise en scène de la vie quotidienne. 1. La Présentation de soi, Paris, Éditions de Minuit, 1973 [1959] ; Erving Goffman, La Mise en scène de la vie quotidienne. 2. Les Relations en public, Paris, Éditions de Minuit, 1973 [1959]. 16

17 sur les pupitres. Pendant ce jeu silencieux, ils sont à l écoute de leur environnement : vibrations, alarmes, ronronnements des installations. Ils sont corps et esprit à leurs tâches et dès la moindre alerte, ils réagissent. «Ainsi les ouvriers auscultent-ils, tout en jouant, le fonctionnement de l installation.» 1. Leurs compétences tiennent à leur expérience auditive, une expérience mûrie sur le tas, que les anciens transmettent aux nouveaux venus. «L intelligence pratique» de ces opérateurs naît de leur corps sensible : elle s élabore par et dans la mobilisation des sens, en éprouvant, percevant, écoutant Jouer au scrabble participe pour ces hommes d une expérience qui fonde leur compétence moins technique que sensible, une compétence propre à leur mission. Il ne s agit pas ici, comme cela est souvent le cas, de s aménager des micro-pauses entre deux tâches professionnelles 2, mais bien d une imbrication des temps du travail et du jeu qui ne dérange aucunement les fonctions de surveillance de ces opérateurs. Les interrelations qui se tissent entre «l homme au travail» et sa «technique de travail» se sont complexifiées depuis l automatisation du process, les réorganisations du travail, l usage des TIC, etc. 3. «Tuer le temps» n est donc pas toujours synonyme d arrêter de travailler. Cela peut être également travailler autrement pour mieux gérer les situations d attente, de stress. S occuper permet de donner de la consistance aux temps morts. Le jeu participe du travail. Processus de création d un groupe de joueurs, collaborateurs de travail Le second exemple a été rapporté par David Weinberger 4 qui, entre 1997 et 1998, a pu observer la construction d un groupe de joueurs dans une firme de dessins animés de la banlieue parisienne. À l origine, deux 1 Dominique Dessors, «L intelligence pratique», art. cit., p David Weinberger, «Le jeu en réseau dans l entreprise. Une forme d appropriation d internet au travail», art. cit. 3 Yanita Andonova, «L'atelier, l'opérateur et les TIC. De la justification aux figures de compromis», Questions de communication, 19, David Weinberger, «Le jeu en réseau dans l entreprise. Une forme d appropriation d internet au travail», art. cit. jeunes salariés de 25 ans, adeptes de jeux en réseau, décident d installer sur leur ordinateur un nouveau jeu, nommé Starcraft, que leur avait fourni un ami commun. Ces deux jeunes assistants de réalisation commencent à faire quelques parties lors de la pause déjeuner. Ils utilisent pour ce faire leurs postes de travail, connectés au réseau de l'entreprise. Jouant à un jeu de stratégie en temps réel, ils tentent de recruter d autres partenaires parmi leurs collègues, de même statut et de même âge, afin de constituer un groupe de quatre joueurs, permettant un jeu plus complexe avec des stratégies différentes de celles des jeux à deux. Le groupe de joueurs fait des émules. Deux autres assistants, novices, se lancent dans cette pratique, jusqu à ce que s organisent des parties quotidiennes, les conduisant à déjeuner rapidement dans leur bureau afin de jouer les parties par tranches d une heure, une heure trente. Au retour de leurs collègues non joueurs, ils reprennent le travail. Il leur arrive parfois d organiser des parties entre 18 heures et 21 heures, ce qui les oblige à rester plus tard au bureau. Nous voyons donc comment des parties de jeu deviennent un espace de partage, de diffusion, de transmission et d acquisition de savoirs ludiques et techniques autant qu organisationnels. Selon David Weinberger, «[ ] cette sociabilité ludique incite les membres du groupe de joueurs à adopter les normes, les représentations et les savoir-faire qui favorisent les acquisitions de compétences propres à l'informatique communicante dépassant la simple pratique du jeu et donc, in fine, pouvant servir l'entreprise» 5, compétences toujours perfectibles pour le salarié-joueur qui cherche à améliorer ses performances. Dans d autres situations professionnelles, la pratique des jeux vidéo stimule le développement de ce que l on pourrait nommer une intelligence informatique. Les jeux peuvent donc apparaître comme des terrains d entraînement et non plus comme un seul divertissement. Selon Michel Lallement 6, l apprentissage des loisirs peut servir l apprentissage professionnel. Cet auteur remarque ainsi comment chez Netgame, les jeunes ingénieurs développeurs sont à 5 Ibid., p Michel Lallement, Temps, travail et modes de vie, Paris, Presses universitaires de France,

18 l embauche déjà largement prédisposés à ce type d activité. Ils maîtrisent une culture des jeux vidéo et l entrée dans la société n apparaît être «qu une sorte de prolongement naturel d un parcours qui a mêlé apprentissage des savoirs les plus formellement rationnels et investissement dans des pratiques ludiques qui échappent largement aux canons de la rationalité scientifique» 1. Si cet apprentissage réussit, c est aussi parce que les conditions du jeu prolongent et améliorent la coopération au travail. Selon David Weinberger, «la structuration du collectif autour de la mutualisation des ressources (les jeux et les compétences) favorise l'élaboration d une coopération efficace» 2, bien que la partie de jeu proprement dite puisse sous-tendre un esprit de compétition. Nous pouvons ajouter, à la suite de Manuel Boutet 3, que cette structuration demande un savoir de coordination particulier, ne serait-ce que pour s ajuster collectivement aux emplois du temps et aux manières de faire de chacun des joueurs. Ces deux exemples montrent combien le jeu et le travail fonctionnent en continuité, et plus encore parfois sont imbriqués. Ainsi, ces pratiques sont loin d être uniquement du temps volé au travail, des «petits profits du travail salarié» décrits par Michel Bozon et Yannick Lemel 4. Elles prennent pleinement part au processus de socialisation des salariés. Conclusion : dépasser les oppositions pour penser le continuum travail et hors-travail A travers les exemples analysés, nous avons ici démontré que les jeux participent à la socialisation des individus au travail. Dans le cadre des activités professionnelles, les jeux ne sont pas seulement un passe- 1 Ibid., p David Weinberger, «Le jeu en réseau dans l entreprise. Une forme d appropriation d internet au travail», art. cit., p Manuel Boutet, «Un rendez-vous parmi d autres. Ce que le jeu sur internet nous apprend du travail contemporain», art. cit. 4 Michel Bozon, Yannick Lemel, «Les petits profits du travail salarié. Moments, produits et plaisirs dérobés», Revue française de sociologie, 31(1), temps, ils servent surtout de soupape et contribuent à rendre supportable le travail, œuvrant au sentiment de bien-être des salariés. De même, ils façonnent le groupe de travail jusqu à parfois en spécifier les modes de coopération et formaliser certaines des compétences. Ainsi, nous pouvons affirmer que les jeux jouent sur et avec les frontières. Ils sont à la lisière du travail et du hors-travail, du professionnel et de l intime 5. Ils sont à la fois visibles et invisibles 6. Ils sont permis, tolérés ou clandestins. Un glissement du hors-travail vers le travail peut s opérer. Pierre-Michel Menger 7 parlerait volontiers d un échange d attributs entre travail et jeu. Mais si «le travail se transforme par et dans le divertissement», c est peut-être aussi parce que ces deux domaines présentent des caractères communs 8 qui rendent possible la rencontre. Toutefois, il ne faut pas se méprendre : le jeu ne peut pas être confondu avec le travail, du moins n en permet-il pas l apprentissage, si on en croit les thèses de Roger Caillois 9. Il donne accès à des aptitudes. Dans tous les cas, l analyse du jeu en entreprise tend à montrer qu il est nécessaire de reconsidérer voire de dépasser les catégorisations existantes, et par là de sortir des seules interprétations bipolaires, pour nourrir une pensée plus complexe sur le fonctionnement de notre société. Les pratiques des jeux en entreprise s inscrivent dans un continuum travail/hors-travail qui souligne et confirme la porosité de la frontière entre ces deux sphères. Ce premier constat invite à poursuivre la réflexion à la lumière de l omniprésence des TIC. 5 Isabelle Berrebi-Hoffmann (dir.), Politiques de l'intime. Des utopies sociales d'hier aux mondes du travail d'aujourd'hui, Paris, La Découverte, Alexandra Bidet, Dominique Schoeni, «Analyser les présences au travail : visibilités et invisibilités», ethnographiques.org, 23, 2011 [en ligne]. 7 Pierre-Michel Menger, «Travail, structure sociale et consommation culturelle. Vers un échange d attributs entre travail et loisir?», in Olivier Donnat, Paul Tolila (dir.), Le(s) public(s) de la culture. Politiques publiques et équipements culturels, Paris, Presses de Sciences Po, Sylvie Craipeau, La société en jeu(x). Le laboratoire social des jeux en ligne, Paris, Presses universitaires de France, Roger Caillois, Les jeux et les hommes, Paris, Gallimard,

19 Bibliographie Achour Armelle, «La «passion» du jeu», in Christian Bromberger (dir.), Passions ordinaires, Paris, Hachette, 1998, p Andonova Yanita, Vacher Béatrice, «Visibilité et reconnaissance de l individu au travail», Communication & Organisation, 36, 2009, p Andonova Yanita, «L'atelier, l'opérateur et les TIC. De la justification aux figures de compromis», Questions de communication, 19, 2011, p Berrebi-Hoffmann Isabelle (dir.), Politiques de l'intime. Des utopies sociales d'hier aux mondes du travail d'aujourd'hui, Paris, La Découverte, 2009, 288 p. Bidet Alexandra, Schoeni Dominique, «Analyser les présences au travail : visibilités et invisibilités», ethnographiques.org, 23, 2011 [en ligne] Boutet Manuel, «Un rendez-vous parmi d autres. Ce que le jeu sur internet nous apprend du travail contemporain», ethnographiques.org, 23, 2011 [en ligne] Bouvier Pierre, Le travail au quotidien. Une démarche socio-anthropologique, Paris, Presses universitaires de France, 1989, 190 p. Bozon Michel, Lemel Yannick, «Les petits profits du travail salarié. Moments, produits et plaisirs dérobés», Revue française de sociologie, 31(1), 1990, p Broadbent Stefana, L intimité au travail. La vie privée et les communications personnelles dans l entreprise, Paris, Fyp Éditions, 2011, 192 p. Caillois Roger, Les jeux et les hommes, Paris, Gallimard, 1958, 380 p. Craipeau Sylvie, La société en jeu(x). Le laboratoire social des jeux en ligne, Paris, Presses universitaires de France, 2011, 200 p. D Almeida Nicole, Les promesses de la communication, Paris, Presses universitaires de France, Dessors Dominique, «L intelligence pratique», Travailler, 21, 2009 [1991], p Dubar Claude, La socialisation : construction des identités sociales et professionnelles, Paris, Armand Colin, 1998, 256 p. Goffman Erving, La Mise en scène de la vie quotidienne. 1. La Présentation de soi, Paris, Éditions de Minuit, 1973 [1959], 256 p. Goffman Erving, La Mise en scène de la vie quotidienne. 2. Les Relations en public, Paris, Éditions de Minuit, 1973 [1959], 368 p. Labelle Sarah, Seurrat Aude, «Médiations ludiques et activités d apprentissage : réflexions à partir d une expérience de conception d un serious game», RIHM, vol. 13, 1, 2012, p ; URL : Lallement Michel, Temps, travail et modes de vie, Paris, Presses universitaires de France, 2003, 224 p. Lallement Michel, Le Travail. Une sociologie contemporaine, Paris, Gallimard, 2007, 688 p. Le Lay Stéphane, «Des pratiques ouvrières ludiques aux dispositifs managériaux ludistes : vers une instrumentalisation du jeu dans le travail», La nouvelle revue du travail, 2, 2013 [en ligne] ; URL : Menger Pierre-Michel, «Travail, structure sociale et consommation culturelle. Vers un échange d attributs entre travail et loisir?», in Olivier Donnat, Paul Tolila (dir.), Le(s) public(s) de la culture. Politiques publiques et équipements culturels, Paris, Presses de Sciences Po, 2003, p Monjaret Anne, «Les communications téléphoniques privées sur les lieux du travail : partage sexué des rôles dans la gestion des relations sociales et familiales», Traverse, 9, 1996, p Monjaret Anne, «Être bien dans son bureau : Jalons pour une réflexion sur les différentes formes d appropriation dans l espace du travail», Ethnologie française, 1, 1996, p Monjaret Anne, «La fête, une pratique extra-professionnelle sur les lieux du travail», Cités, 8, 2001, p Monjaret Anne, «Les bureaux ne sont pas seulement des espaces de travail», Communication & Organisation, 21, 2002, p Monjaret Anne, Penser le continuum travail et hors travail : comment, pourquoi et sous quelle forme?, Habilitation à diriger des recherches, Olivier Schwartz (dir.), Université Paris Descartes, 2008 Monjaret Anne, «Fêtes et travail dans les organisations professionnelles : quelles relations possibles?», ethnographiques.org, 24, 2012 [en ligne] Weinberger David, «Le jeu en réseau dans l entreprise. Une forme d appropriation d internet au travail», Les Cahiers du numérique, vol. 4, 2, 2003, p

20 20

21 L anomie temporelle : une possibilité d émancipation par la transgression du temps-institution? Simon Le Roulley CERREV EA-3918, université de Caen Basse-Normandie (Pro)positions «Qu'est-ce donc que le temps? Si personne ne me le demande, je le sais : mais que je veuille l'expliquer à la demande, je ne le sais pas!» Saint-Augustin, Confessions, livre XI, XIV Cette remarque célèbre du philosophe traduit bien la difficulté des sciences humaines à l égard de ce phénomène si tant est qu on puisse le considérer comme tel. Savoir ce qu il est, le saisir dans son être ou son étant, voilà un travail auquel philosophes, historiens, anthropologues et sociologues se sont attelés au fil de l histoire de nos disciplines. Qu il soit spatialisé à la manière d Aristote, objet de la conscience intime pour Husserl, angoisse de la mort chez Heidegger ou ouverture vers l émancipation chez Bloch, il s avère difficile de trancher sans prendre parti. Il existe bien un temps-institution, un temps objectivé ce que nous expliquerons ici, un temps vécu quotidiennement par les hommes et les femmes et porter un regard sur celui-ci, c est déjà porter un regard sur soi, sur sa propre expérience du temps, sur sa vie, ses désirs les plus profonds. C est ainsi que, plutôt que de porter le regard sur l être du temps, des anthropologues comme Marcel Mauss ou Henri Hubert, inscrits dans la tradition durkheimienne, se sont intéressés aux rythmes, à la façon dont le temps était vécu (acteur) et institué (système). C est peut-être aussi pour cela que les sociologues, quant à eux, ont tenté d identifier des temps, de catégoriser le temps vécu afin de saisir les dimensions déterministes et/ou instituantes, de participer à «objectiver» le temps. Les approches sont donc multiples et variées. Lorsque l on se focalise sur un champ si vaste, il est nécessaire de faire des choix. Choix d approche, de cadrage, de perspective : une «liberté contraignante» pourrions-nous dire, expression reflétant tout à fait notre positionnement théorique. Le temps est une institution. Il est de l ordre du déterminisme (institué), mais il est aussi enjeu d appropriation (instituant). Il est pris dans la dialectique de l institué-instituant, dialectique révélée par René Lourau 1. Nous rejoignons également Pierre Bourdieu qui déclarait dans ses Cours sur l État 2 que le temps est une institution, que nos calendriers sont la conséquence de l'unification du temps à travers la fédération de villes. Il nous explique que l'état a structuré l'ordre social à travers l'organisation temporelle. Mais il nous apprend surtout que le temps appartient à celui qui incarne le pouvoir. Que le calendrier a toujours été l'un des enjeux des révolutions. Que le temps, 1 René Lourau, L instituant contre l institué, Paris, Anthropos, Pierre Bourdieu, Sur l État : cours au Collège de France ( ), Paris, Seuil,

22 comme toute doxa, a été institué à la suite de luttes. Qu en est-il du temps et de la domination à l ère néolibérale, à l heure de la complexion des rapports de domination, au moment où une opposition entre les intérêts de l État et ceux du marché paraît de plus en plus anachronique? Qu en est-il du temps de la vie quotidienne à l heure de «l accélération sociale», nouveau concept mobilisé dans les sciences sociales? Vit-on vraiment dans une soumission à la vitesse, comme le défend cette thèse? L accélération sociale est-elle le moteur de l histoire ou peut-on encore lui opposer le mode de production ou l hégémonie du travail? 1 Et, finalement, qu en est-il du temps de la vie quotidienne à l époque des mutations du travail? Du temps cyclique au temps discipliné : le temps du travail comme temps-institution Le temps est objectivé et il convient maintenant d expliquer comment le temps vécu est déterminé par des facteurs qui dépassent l individu, en quoi le temps est une institution, n est pas naturel ni neutre, et surtout, dans quelle mesure c est un enjeu de rapport de force inscrit dans le socialhistorique. Jacques Le Goff, dans Pour un autre Moyen Âge 2, cite les premiers conflits sociaux animés par la question du travail et la mise en place du temps de travail entre la fin du XIII e siècle et le début du XIV e. La réalisation des conditions matérielles d existence étant directement soumise à la production agraire, elle-même dépendante des rythmes naturels et saisonniers, le temps objectif c est-à-dire tel qu il se déploie sur le social à travers le maillage institutionnel et le mode de production était encore largement dominé par le temps cyclique. Même pour l artisanat, la durée du travail était confrontée aux contraintes des alternances du jour et de la nuit, le défaut de lumière nuisant à la qualité du travail et la bougie représentant un risque, ce qui par conséquent invalidait la possibilité d un travail de 1 Georges Bensussan, Gérard Labica, Dictionnaire critique du marxisme, Paris, Presses universitaires de France, 1982, p Jacques Le Goff, Pour un autre Moyen Âge. Temps, travail et culture on Occident, Paris, Gallimard, nuit. Le travail dans ce cas se colle, s'organise sur le tempo des jours et des nuits, des saisons et du climat, c'est-à-dire que la contrainte se trouve fixée par la nature ellemême. C'est un temps plus compréhensible, appréhendable ou matériel et la séparation entre vie quotidienne et travail se trouve moins marquée, elle est poreuse : «la journée de travail s'allonge ou se raccourcit selon la tâche, et l on n a pas le sentiment d'un conflit aigu entre le fait de travailler et celui de "passer la journée"» 3. Pour ceux qui comme nous sont habitués au rythme des aiguilles, cela semble être un «gaspillage» et une «indifférence à l'égard du temps» : «le temps c est de l argent», disait Franklin ; «le temps payé ne revient plus», chantait Vaneigem. Au cours du XIX e siècle, le développement de l industrie va s accélérer et la discipline à l égard du temps s instaurer. Edward Thompson nous dit : «Dès que l'on emploie des ouvriers, le passage de l'orientation par la tâche au travail mesuré par le temps devient visible» 4. Avant la démocratisation de l'horlogerie, les fermiers calculaient la rétribution du salarié en fonction de ce qu'ils évaluaient être possible d'accomplir à la journée. Ce que cette nouvelle pratique implique, c'est un outil de mesure permettant au propriétaire d'évaluer sur critères temporels le bon accomplissement ou non de la tâche administrée. On passe de la domination de la tâche par la nature à la domination de la tâche par un temps artificiel. L'évaluation du travail se faisant par rapport au temps passé à la réalisation de la corvée, le temps devient un critère d'évaluation de la rétribution et acquiert donc une valeur 5. Il devient un outil de mesure quantitatif indispensable à la synchronisation du travail. Si l organisation rationnelle et disciplinaire du travail est balbutiante aux prémices de l industrialisation engageant parfois des semaines de travail pouvant aller jusqu à 80 heures en fonction des périodes et des objectifs, le droit du travail n est pas une préoccupation majeure des politiques. Il est d ailleurs surprenant lorsque l on s intéresse à l histoire du temps de travail d observer que les premières revendications relatives à la durée du travail 3 Edward P. Thompson, «Temps, travail, capitalisme industriel», Libre, 79-5, 1979, p Ibid., p Karl Marx, Le Capital : critique de l économie politique, Paris, Éditions Sociales, 1976, p

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