Rapport annuel Agence pour la promotion de l innovation CTI 2008

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1 Rapport annuel Agence pour la promotion de l innovation CTI 2008

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3 Sommaire I Avant-propos d Ingrid Kissling-Näf, responsable de l agence pour la promotion de l innovation CTI II Histoire d une réussite: Une puce dans l œil pour éviter la cécité CTI Ingénierie les start-up ont le vent en poupe VI Histoire d une réussite: La qualité de vie abordée de m anière scientifique CTI Microtechnologies et nanotechnologies la nanotechnologie a le vent en poupe V Histoire d une réussite: Seringues high-tech indolores CTI Enabling Sciences information et communication en progression IV 6 CTI Sciences de la vie amélioration de la qualité de vie grâce à une recherche innovante 10 III Faits et chiffres Histoire d une réussite: Les robots, ces inspecteurs astucieux 24 CTI Start-up succès commercial grâce à la bonne idée au bon moment 26 Histoire d une réussite: Conquérir le monde avec simplicité 28 VII CTI Entrepreneurship entrepreneurs formés par venturelab Histoire d une réussite: venturelab offre la compétence professionelle VIII CTI Transfert de savoir et de technologie (TT) les consortiums en tant que carte de visite de la CTI dans les régions et dans les branches Histoire d une réussite: PLM du sur mesure Les instruments de l agence pour la promotion de l innovation CTI 36 Coaches CTI Start-up 37 Équipes d experts CTI 38 Équipes d experts TT, Consortiums R&D, Diversity Management 39 Responsables d édition 41 3

4 I Avant-propos I Bases pour l avenir a été une année particulièrement mouvementée. En effet, la «crise des subprimes» aux Etats-Unis s est rapidement développée en crise économique mondiale et celle-ci n a pas épargné la Suisse. Le contexte économique mondial s est considérablement détérioré, portant ainsi atteinte aux finances des entreprises pour lesquelles il était alors difficile d investir suffisamment dans la recherche et le développement en vue de créer les bases nécessaires pour l essor futur. L effet procyclique tant redouté, à savoir une baisse des investissements des entreprises dans la recherche, ne se perçoit pas dans les chiffres de l agence pour la promotion de l innovation CTI pour l exercice 2008, puisque la Suisse n a été usqu à la fin 2008 que peu affectée par la crise mondiale. En effet, 2008 restera dans les annales de l agence pour la promotion de l innovation CTI comme une bonne année pour tous les domaines d encouragement. Les chiffres des trois domaines d encouragement «Microtechnologies et nanotechnologies», «Ingé nierie» et «Enabling Sciences» n ont toutefois pas complètement égalé ceux de l année précédente. En revanche, le domaine «Sciences de la vie» a légèrement progressé. Après le boom des années 2000 à 2003, la moyenne annuelle du nombre de proets approuvés semble toutefois se stabiliser autour de 250. Le domaine «Enabling Sciences» est celui qui a approuvé le plus de proets (79 contre 85 en 2007). Il reflète ainsi l importance croissante des proets de prestations de services pour l agence pour la promotion de l innovation CTI. 73 proets ont été approuvés dans le domaine «Ingénierie» (86 en 2007), 55 dans le domaine «Sciences de la vie» et 43 dans le domaine «Microtechnologies et nanotechnologies» (respectivement 52 et 54 proets en 2007). En 2008, 472 entreprises au total, dont environ 78% de PME, ont été impliquées dans les différents proets approuvés. Cette année encore, l initiative CTI Start-up a connu une hausse. Au total, depuis le lancement de l initiative, 194 entreprises (+15%) ont pu obtenir le label CTI Start-up tant convoité. Le taux de survie supérieur à la moyenne des entreprises certifiées (87%) donne également une image positive du travail réalisé par l agence pour la promotion de l innovation CTI. Les conventions de prestations établies avec les consortiums ont été renouvelées et une nouvelle stratégie a été lancée dans les domaines du transfert de savoir et de technologie (TT) ainsi que de la gestion de l innovation. Lors de ces adaptations, l accent a été mis sur les prestations «pull» pour les entre prises. La conférence sur l innovation, lancée par la conseillère fédérale Doris Leuthard l automne dernier, montre que l on attribue une grande importance à l innovation en tant que clé de la réussite écono

5 mique sur les marchés à l exportation. Cette première conférence sur l innovation a abordé principa lement la question de la pénurie de personnel qualifié dans les domaines des sciences naturelles, des mathématiques et de la technologie (SMT) en Suisse, ce qui représente un obstacle supplémentaire pour les entreprises qui désirent se développer. Au début décembre 2008, après une longue phase préparatoire, le Conseil fédéral a approuvé, à l intention du Parlement, le message relatif à la révision partielle de la loi sur la recherche. Sous réserve de l approbation de cette base légale par le Parlement en 2009, l agence pour la promotion de l innovation CTI, en tant que commission décisionnelle indépendante, aura plus de liberté lors de ses prises de décision et pourra renforcer son équipe d experts. A l avenir, la CTI pourra donc s adapter directement et rapidement aux besoins du marché. Les alons politiques et opérationnels qui ont été posés nous assurent que la Suisse continue à investir largement dans le privé comme dans le public en matière de savoir et de cerveaux afin de sortir de la crise avec un potentiel d innovation encore plus important et de maintenir sa position de leader européen en matière d innovation. En 2009, l agence pour la promotion de l innovation CTI mettra tout en œuvre, dans la mesure de ses moyens, pour soutenir activement les entreprises suisses dans le domaine de l innovation. Ingrid Kissling-Näf, responsable de l agence pour la promotion de l innovation CTI Sieht im Druck gut aus. 5

6 I Faits et chiffres Activités de promotion Nombre % Demandes d encouragement déposées Coûts des proets en mio. CHF Subvention fédérale en mio. CHF Contribution de l économie en mio. CHF 444 Subventions fédérales demandées Demandes approuvées 161,2 250 Proportion de proets approuvés 56 Proportion de subventions fédérales allouées 54 Proets arretés* 0,7 3 Coûts financement des proets approuvés 208,0 87,8 Entreprises impliquées (dans les proets approuvés) 472 PME impliquées, < 250 collaborateurs (dans les proets approuvés) ,2 Grandes entreprises impliquées, > 250 collaborateurs (dans les proets approuvés) * Sortie du partenaire économique Graphique 1: Demandes de subsides Graphique 2: Sciences de la vie Microtechnologies et nanotechnologies Ingénierie 0 Enabling Sciences Nombre 60 Demandes approuvées Sciences de la vie Microtechnologies et nanotechnologies Ingénierie 0 Enabling Sciences Nombre 6

7 Graphique 3: Financement des proets Contribution de l économie Subvention fédérale Graphique 4: Sciences de la vie Microtechnologies et nanotechnologies Ingénierie 0 Enabling Sciences mio. CHF 30 Demandes approuvées par domaine d encouragement (total 250 proets) Microtechnologies et nanotechnologies 43 Enabling Sciences 79 Sciences de la vie 55 Graphique 5: Ingénierie 73 Proets approuvés selon les établissements de recherche Autres CSEM Universités Écoles polytechniques fédérales 0 Hautes écoles s pécialisées Nombre 60 7

8 I Faits et chiffres Graphique 6: Proets approuvés selon les établissements de recherche Graphique 7: PSI Uni Tessin Uni Fribourg Uni Neuchâtel Uni Genève Uni Lausanne Uni St-Gall Autres Uni Bâle Uni Zurich Uni Berne HES Lucerne HES Suisse italienne SUPSI Empa CSEM HES Berne Proets approuvés selon les établissements de recherche (total 250 proets) Autres 2% Hautes écoles spécialisées 49% CSEM 6% Universités 13% Domaine EPF 30% Graphique 8: Subsides fédéraux aux établissements de recherche Autres CSEM Universités Domaine EPF 0 Hautes écoles s pécialisées mio. CHF 8 EPFL HES Suisse occidentale HES Suisse orientale EPFZ 0 HES Zurich HES Nord-ouest de la Suisse Nombre 20

9 Graphique 9: Subsides fédéraux aux établissements de recherche (total 87,8 million de francs) Autres 1% Hautes écoles spécialisées 42% CSEM 8% Universités 16% Domaine EPF 33% Graphique 10: Entreprises participant pour la première fois Entreprises total Entreprises pour la 1er fois Graphique 11: Microtechnologies et nanotechnologies Ingénierie Sciences de la vie 0 Enabling Sciences Nombre 150 Evolution du budget de la CTI Demande de budget FRT Budget effectif (sans TT) 160 Demande de budget FRI Budget effectif mio. CHF 60 9

10 II CTI Sciences de la vie II CTI Sciences de la vie amélioration de la qualité de vie grâce à une recherche innovante 10 La Suisse présente une densité d entreprises presque unique dans le domaine des sciences de la vie. Ces entreprises se distinguent par leur diversité (domaines de la biologie, de la biochimie et de la biotechnologie, de la pharmacologie, de l alimentation, de l agroalimentaire, de l agriculture et de la technique médicale) ainsi que par leur capacité à transformer leurs idées en forte valeur aoutée. Depuis 2005, les demandes approuvées dans le domaine «Sciences de la vie» de la CTI ne cessent d augmenter. On en dénombre 55 pour l année Ce chiffre est certes inférieur à celui des demandes approuvées dans les domaines «Enabling Sciences» et «Ingénierie», mais le budget de ces trois domaines est quasiment équivalent. En effet, les proets dans le domaine «Sciences de la vie» nécessitent souvent des moyens financiers plus importants. Il est réouissant de constater que de plus en plus de demandes à fort potentiel de réalisation sont adressées à la CTI. 38% des entreprises avec le label CTI Start-up sont désormais issues des sciences de la vie. La maeure partie des entreprises titulaires du label CTI Start-up déposent des demandes de subsides R&D. Cependant, un nombre croissant de petites entreprises soumet également pour la première fois un proet CTI. En 2008, la proportion de ces petites entreprises a même atteint 53%. Au début, le domaine «Sciences de la vie» enregistrait de nombreuses coopérations industrielles avec de grandes entreprises spécialisées dans la biotechnologie. Désormais, les PME sont impliquées dans une grande partie des demandes. Il convient aussi de souligner que la qualité des demandes s est considérablement améliorée et que les demandes des hautes écoles spécialisées (HES) ne se distinguent presque plus de celles des hautes écoles universitaires. L évaluation des demandes par les experts de la CTI est sans cesse adaptée aux nouveaux besoins et optimisée par consensus. Les auditions, pour leur part, gagnent en importance. L expérience montre que les explications données sont utiles pour préparer le dépôt de nouvelles demandes. Non seulement ces explications sont très appréciées des requérants, mais elles contribuent également à un plus grand taux de réussite. Il s est révélé udicieux que des experts de la CTI assument, si nécessaire, le rôle de coachs scientifiques une opportunité saisie principalement par les start-up. En 2008, la CTI a pu renforcer son équipe d experts dans le domaine Medtech et garantir la mise à disposition d un savoir-faire élevé et équilibré afin que l équipe puisse évaluer les demandes de manière autonome. C est en particulier lorsqu une demande relève de deux domaines de compétences, qu une évaluation commune a fait ses preuves. Dans le domaine «Sciences de la vie», l agro alimentaire s affirme en tant que technologie interdisciplinaire. Ce secteur traite de la transformation innovante de matières premières végétales et animales en denrées alimentaires saines et sans danger. Etant donné l importance que revêt la branche alimentaire pour la Suisse et pour les scientifiques dont les compétences sont reconnues au niveau international, l équipe des sciences de la vie souhaite créer un nouveau sous-groupe CTI Food Tech. Il s agit ainsi d accentuer la sensibili sation à cette branche si importante pour la Suisse, à la fois en tant que domaine de recherche et secteur industriel, et de la renforcer.

11 CTI Sciences de la vie faits et chiffres Nombre % Demandes de subsides présentées Demandes approuvées Coûts des proets en mio. CHF Subvention fédérale en mio. CHF Contribution de l économie en mio. CHF Proets arretés* 2 Proportion de proets approuvés 55 Coûts financement des proets approuvés 54,4 23,1 31,4 * Sortie du partenaire économique Graphique 12: Proets approuvés dans les domaines de recherche Sciences de la vie (total 55) Agriculture 1 Technologie des denrées alimentaires, alimentation 2 Technique médicale 32 Biotechnologie, biochimie, pharmacologie 20 11

12 II CTI Sciences de la vie Seringues high-tech indolores 12 L innovation ne consiste pas à réinventer la roue. C est ce qu ont montré les chercheurs de l EPFL et les 40 cerveaux de Debiotech SA de Lausanne en reprenant l idée d un scientifique suédois qui voulait révolutionner le monde des seringues médicales en concevant des micro-aiguilles dotées d une cavité. Dans le laboratoire du Center of MicroNanoTechnology situé sur le campus lausannois au bord du lac Léman, ils ont mis au point une technologie pour concevoir, au moyen de systèmes micro-électromécaniques (MEMS), des aiguilles à perfusion d un nouveau genre. Celles-ci, fines comme un cheveu, ne mesurent qu un demi-millimètre de longueur et peuvent être fabriquées avec précision et à moindre coût sur une grande échelle. «La grande astuce est la cavité latérale de la micro-aiguille qui permet d inecter sous la peau une substance dosée avec précision, explique Frédéric Neftel, directeur général de Debiotech. La substance est alors inectée directement dans la bonne couche de la peau, à savoir le derme qui garantit élasticité et souplesse.» Au contraire des aiguilles actuelles, ces nouvelles miniaiguilles ne blessent plus la peau. En outre, le patient reçoit la dose exacte du produit sans ressentir la moindre douleur. Les partenaires du proet ont disposé 25 de ces aiguilles, qui mesurent entre 0,35 mm et 0,65 mm, sur une puce (voir photo) fixée à une seringue synthétique, ce qui permet alors d administrer la substance. Cette invention représente une percée technologique. Grâce aux patchs, nous pouvons certes introduire auourd hui des substances dans la peau de manière indolore. Des exemples connus sont les opioïdes pour le traitement des douleurs, les patchs de nicotine pour arrêter de fumer ou encore les œstrogènes pour le traitement hormonal de substitution. Cependant, la peau est une barrière insurmontable pour les plus grosses molécules. De plus, le médecin ne peut pas évaluer dans quelle couche de la peau le médicament fera effet. Une augmentation de la dose peut entraîner des effets secon daires non désirés. Pour examiner leur invention sous toutes les coutures, les scientifiques ont testé la résistance méca nique et la capacité de pénétration de l aiguille en éprouvette sur de la peau de porc. Ils ont ensuite testé leur invention sur des rats avant de passer à des suets humains. Les résultats sont impressionnants: la technique s est révélée remarquable sur certaines parties du corps qui sont importantes d un point de

13 vue clinique comme le bras ou l épaule. Ce succès est le résultat d une coopération unique en son genre entre le dermatologue Yann Barrandon du Laboratoire de dynamique des cellules souches, une chaire commune à l EPFL, à l Unil et au CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois, Lausanne), et Debiotech qui n a pas hésité à autoriser ses chercheurs à travailler dans les laboratoires de l EPFL. «Dans un deuxième temps, nous voulons continuer à optimiser l administration de médicaments et axer nos travaux sur les utilisations thérapeutiques de cette micro-aiguille», explique le directeur général de Debiotech, Frédéric Neftel. L accent est mis sur la désensibilisation en cas d allergie, l insulinothérapie, les traitements hormonaux ainsi que le traitement des cancers cutanés par des molécules photosensibles. Toutefois, les partenaires du proet se concentrent principalement sur l utilisation de leur aiguille pour l administration de vaccins, car des études montrent que cette nouvelle technique d inection permet d obtenir, pour certains vaccins, une meilleure réponse immunitaire que celle obtenue avec les aiguilles habituelles. Cette invention a un bel avenir devant elle, car l OMS estime qu auourd hui 1,6 milliard de vaccins sont administrés chaque année dans le monde entier Coopération étroite entre le milieu académique et l économie privée. Ici, les chercheuses Christelle Volorio du laboratoire LDCS de l EPFL (à gauche) et Astrid Cach le de Debiotech (Photo Elsbeth Heinzelmann) La disposition des micro-aiguilles de Debiotech pour l administration indolore de médicaments est particulièrement utile pour les vaccins, car elle permet de réduire la dose administrée et d augmenter la réponse immunitaire. (Photo Debiotech) L équipe du proet de l EPFL et de Debiotech SA qui a remporté le «CTI Medtech Award 2008» en séduisant le public grâce à ses micro-aiguilles (Photo Elsbeth Heinzelmann)

14 III CTI Enabling Sciences III CTI Enabling Sciences information et communication en progression 14 Le domaine «Enabling Sciences» recouvre une large palette d activités qui vont des sciences humaines, économiques et sociales aux techno logies de l information et de la communication. Il s agit donc d un domaine scientifique interdisciplinaire où des idées particulièrement innovantes germent à la croisée de plusieurs domaines. Avec 54% des demandes, soit plus de la moitié, les technologies de l information et de la commu nication constituent de loin le domaine le plus prolifique. Ce domaine est suivi par la gestion d entreprise et les finances (15%), l architecture et le design (11%), l administration publique et le tourisme (9%) et enfin par la production intégrée et la logistique ainsi que l économie, les sciences sociales et la santé. Le nombre de demandes déposées n atteint pas tout à fait celui de l année précédente (138 contre 149). La CTI a pu estimer une nouvelle fois que 57% des demandes méritaient d être subventionnées. Elle a contribué aux proets approuvés à hauteur de 23,3 millions de francs alors que les partenaires économiques ont versé 29,3 millions de francs, ce qui correspond respectivement à 44% et à 56% des coûts totaux. Ce résultat est certes réouissant pour le domaine «Enabling Sciences», mais il a été démontré par le passé qu il était souvent difficile de trouver, pour cer taines disciplines, des partenaires économiques pour la valorisation. Non seulement les demandes déposées dans le domaine des technologies de l information et de la communication sont plus nombreuses que l année précédente, mais elles traitent également d un large éventail de thèmes, bien que l accent soit mis sur les logiciels. Les proets allaient des applications Web 2.0 et du Grid et Cloud Computing aux systèmes informatiques performants en passant par le développement d algorithmes rapides servant à résoudre des problèmes complexes et la visualisation 3D. Les systèmes informatiques se sont distingués, par exemple, par une communication Ethernet en temps réel, une faible puissance absorbée ou des ordinateurs spéciaux conçus à partir de hardware programmable. Dans un tel environnement, de nombreux partenariats de longue durée ont vu le our entre les hautes écoles et l industrie, ce qui se manifeste par une qualité des demandes supérieure à la moyenne. Le taux de réussite s élève quant à lui à 60%. L architecture et le design, dont neuf demandes ont été approuvées, présentent certes peu de proets, mais ceux-ci sont généralement très bien préparés. Il en va de même pour la production intégrée et la logistique. Au total, le taux de réussite, considéré comme élevé, semble se stabiliser légèrement au-dessus des 50%. Le secteur de l économie, des sciences sociales et de la santé, pour lequel seul un tiers des demandes respecte les critères de la CTI, doit encore être développé. Les experts Enabling Sciences vont donc chercher à renforcer le dialogue avec les institutions scientifiques afin de connaître plus précisément leurs besoins et d expliquer les exigences et les critères de réussite de la CTI. Il convient particulièrement d élargir la notion d utilité pour ces disciplines. La valorisation des résultats de la recherche peut apporter des avantages au niveau de la gestion d entreprise, de l économie, de la société et/ou au niveau culturel.

15 CTI Enabling Sciences faits et chiffres Nombre % Demandes de subsides présentées Demandes approuvées Coûts des proets en mio. CHF Subvention fédérale en mio. CHF Contribution de l économie en mio. CHF Proets arretés 0 Proportion de proets approuvés 57 Coûts financement des proets approuvés 52,6 23,3 29,3 Graphique 13: Proets approuvés dans les domaines de recherche Enabling Sciences (total 79) Economie, sciences sociales, santé 3 Production intégrée et logistique 5 Gestion publique et tourisme 7 Design et architecture 9 Gestion d entreprise et finances 12 Technologies de l information et de la commu nication 43 15

16 III CTI Enabling Sciences La qualité de vie abordée de manière scientifique 16 L univers des personnes qui dépendent de tiers à cause d un handicap physique ou mental tourne souvent autour de leur habitation et de leur travail. Mais cet espace leur accorde-t-il suffisamment de mobilité selon le type et l importance de leur handicap? Se prête-t-il aux indispensables interactions sociales, leur offre-t-il la protection dont ils ont besoin, leur permet-il d avoir une existence «digne d être vécue»? Ce ne sont là que quelques-unes des questions que se posent les responsables des institutions pour handicapés. Les spécialistes du domaine des soins essaient en général d apporter une réponse à ces questions grâce à l expérience qu ils ont acquise en s occupant de patients et de pensionnaires. L Office fédéral des assurances sociales a certes établi des conditions visant à garantir la qualité de vie, mais celles-ci se rapportent surtout aux aspects administratifs et ne concernent que dans une moindre mesure les critères matériels liés à la qualité de vie. Il manquait usqu à présent une base scientifique pour définir ce qui constitue la qualité de vie pour ces personnes. C est la raison pour laquelle la professeure Ursula Hoyningen-Süess, responsable du programme spécial de recherche de l Institut für Sonderpädagogik de l Université de Zurich, a créé, avec son équipe, un modèle informatique qui aide à définir la qualité de vie dans le but de l accroître de manière efficace et durable. De plus, les chercheurs ont développé des instruments de planification et de diagnostic qui évaluent, modélisent et visualisent pour la première fois les aspects importants garantissant une bonne qualité de vie. Les instruments de diagnostic individualisés se basent sur des questions et des proto coles destinés à des personnes ne présentant aucune atteinte des facultés cognitives et communicatives ainsi qu à des personnes souffrant de troubles légers ou modérés. «Afin d obtenir une image la plus claire possible, nous avons collaboré avec des spécialistes de l Institut für Gesundheitsökonomie de la Zürcher Hochschule für Angewandte Wissenschaften (ZHAW) et de la section des sciences des soins de l hôpital universitaire de Zurich ainsi qu avec cinq institutions pour handicapés, indique David Oberholzer, suppléant du chef de proet. Ensemble, nous avons demandé aux pensionnaires maeurs et aux patients des partenaires du proet quels critères devaient, selon eux, être pris en compte pour définir la qualité de vie.» De plus, ces critères ont été pondérés, comparés et évalués par les collabora-

17 teurs de chaque institution. «Les matrices ainsi obtenues nous sont utiles pour établir le profil des institutions sous forme de diagramme au moyen d une conversion mathématique et pour en tirer des informations sur les actions efficaces qui permettraient d augmenter la qualité de vie, explique René Stalder, collaborateur du proet. Les foyers, les fondations et autres institutions peuvent simuler au moyen des logiciels les actions susceptibles d avoir un effet optimal, c est-à-dire d améliorer le mieux possible la qualité de vie des patients.» Tous les instruments développés lors de ce proet sont regroupés dans le système d intervention global sensiqol (www.sensiqol.ch) conçu en tant que plateforme en ligne. Le foyer Mathilde Escher à Zurich, spécialisé dans les soins de la dystrophie musculaire de Duchenne, montre comment les institutions peuvent utiliser sensiqol. Etant donné l augmentation de l espérance de vie des personnes atteintes de cette maladie, le nombre de pensionnaires avait presque triplé en seulement dix ans. Un test sensiqol a convaincu les responsables de ce foyer de la nécessité d augmenter considérablement l offre de places pour résidents et externes en construisant un nouveau bâtiment. SensiQoL est destiné en premier lieu aux institutions pour handicapés, mais il convient également aux maisons de retraite et aux établissements de soins, moyennant quelques adaptations. Un nouveau proet vise la poursuite du développement de cet instrument pour les personnes atteintes de démence, un suet social d actualité dans les pays industrialisés. Les collaborateurs du proet prévoient en outre de créer une spin-off pour commercialiser sensiqol. Les chercheurs de l Institut für Sonderpädagogik (ISP), rattaché à l Université de Zurich, se sont battus pour mener à bien l évaluation de la qualité de vie des personnes dépendantes. Photo: Ursula Hoyningen-Süess, responsable du domaine de recherche spécialisé de l ISP, David Oberholzer, assistant scientifique, et René Stalder, collaborateur au proet sensiqol (Photo Elsbeth Heinzelmann) 17

18 IV CTI Microtechnologies et nanotechnologies IV CTI Microtechnologies et nanotechnologies la nanotechnologie a le vent en poupe 18 Le domaine «Microtechnologies et nanotechnologies» est très bien implanté en Suisse, car l EPFZ et l EPFL, les universités alémaniques et romandes, le CSEM, la NTB, le MCCS à Sarnen, l Empa et la société IBM à Rüschlikon assurent un environnement favorable. En 2008, le nombre de demandes de subventions a légèrement reculé, mais la CTI a quand même pu soutenir un plus grand nombre de proets compte tenu de leur très bonne qualité. De manière générale, les dépenses par proet ne cessent d augmenter, mais la contribution du partenaire industriel est supérieure à celle de la CTI (en moyenne respectivement 60% et 40%). Les coopérations, dont la plupart (47%) concernent les domaines de l optoélectronique et de la microélectronique ainsi que de la technique des capteurs, ont connu un léger recul. Le domaine des microsystèmes reste stable (28% des proets) alors que la demande d activités dans la nanotechnologie (21%) est en hausse. En 2008, la CTI a soutenu le proet du Transfer kolleg de l Académie suisse des sciences techniques (ASST) qui s intitulait «La photonique, pôle de croissance». La Suisse est bien positionnée dans ce domaine technologique. La photonique est la base des lasers, utilisés pour la transmission et le stockage des données, les traitements médicaux, le découpage et le soudage de métaux, mais également pour les écrans plats, les éclairages LED et la photovoltaïque. L organisation était du ressort du consortium R&D Swisslaser Net, le réseau de l industrie photonique suisse reconnu par la CTI. Le Transferkolleg stimule l échange de savoir entre le milieu académique et l économie. Il aide les équipes regroupant des chercheurs des hautes écoles et des développeurs de produits à concrétiser leurs idées et à en tester la faisabilité. Le forum de la CTI «The Impact of Miniaturization», qui s est tenu le 11 novembre 2008 à Neuchâtel, a rencontré un écho favorable. Des scientifiques venus de toute la Suisse ont présenté une douzaine de posters et des intervenants compétents ont fait une présentation des huit proets de la CTI particulièrement innovants dans le domaine des micro et des nanotechnologies. En outre, Peter Schurtenberger a parlé des activités de l Institut Adolphe Merkle à Fribourg et montré le potentiel commercial des nanomatériaux pour les entreprises. Alex Dommann, CTO du CSEM, a présenté le secteur des micro et des nanotechnologies en Suisse. Il a par ailleurs expliqué que la Suisse est bien positionnée dans ce domaine et qu elle possède d énormes opportunités commerciales si elle parvient à concrétiser rapidement des idées innovantes et à offrir au monde entier des produits commercialisables.

19 CTI Microtechnologies et nanotechnologies faits et chiffres Nombre % Coûts des proets en mio. CHF Subvention fédérale en mio. CHF Demandes de subsides présentées 66 Demandes approuvées 43 Proets arretés Contribution de l économie en mio. CHF 0 Proportion de proets approuvés 65 Coûts financement des proets approuvés 42,8 17,3 25,5 Graphique 14: Proets approuvés dans les domaines de recherche Microtechnologies et nanotechnologies (total 43) Ingénierie des systèmes 2 Nanotechnologies 9 Techniques de microsystèmes 12 Electronique, opto électronique, technique des senseurs 20 19

20 IV CTI Microtechnologies et nanotechnologies Une puce dans l œil pour éviter la cécité 20 Le glaucome évolue lentement et souvent sans qu on s en aperçoive. Cette maladie de l œil insidieuse apparaît la plupart du temps à partir de 40 ans, mais elle peut aussi toucher les enfants. Dans le monde entier, plus de 70 millions de personnes souffrent de ce mal, dont 7 millions ont perdu totalement la vue suite à un traitement trop tardif. Cette maladie est causée par une élévation de la pression intraoculaire, qui survient lorsque l écoulement de l humeur aqueuse de la chambre antérieure, qui alimente notre cristallin, est entravé. Il existe certes des instruments pour mesurer la pression intra oculaire, mais ceux-ci ne fournissent pas de données fiables, car la pression varie au cours de la ournée et de la nuit. Il serait donc pertinent d avoir à disposition un procédé similaire à l électrocardiogramme sur 24 heures, qui est utilisé lors de problèmes cardiovasculaires. Matteo Leonardi, ingénieur tessinois en biomédecine, a mis au point à l EPFL une solution astucieuse pour résoudre ce problème. Il a développé un extensomètre miniaturisé par le biais de la technologie MEMS (systèmes microélectromécaniques) et l a glissé dans une lentille de contact souple et etable. Le scientifique a ensuite inséré dans cette lentille une puce avec un circuit intégré faisant office d émetteur. Le capteur intégré enregistre our et nuit la pression intraoculaire et fournit continuellement les valeurs mesurées à un système de stockage d informations que le patient porte autour du cou. La transmission de signaux entre capteur et appareil d évaluation ainsi que de l énergie nécessaire à leur fonctionnement se fait sans fil. Lors de la consultation suivante, le médecin transfère les données du patient sur son ordinateur via une connexion Bluetooth et visualise graphiquement l évolution de la pression intraoculaire sur son PC. L astuce innovante est la surveillance indirecte en ligne. «Notre système mesure la déformation du globe oculaire, explique Matteo Leonardi. En effet, dès que la pression oculaire augmente, la courbure de la cornée se modifie et nous pouvons enregistrer cette modification.» Ce chef-d œuvre microtechnique n aurait pu voir le our sans le soutien du professeur Philippe Renaud et de son équipe qui ont mis au point la technologie MEMS. Le professeur de l EPFL, a également aidé le doctorant pour les procédures de licences. Et comme ce travail a engendré d importants coûts,

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