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1 UTL Faits de société Énergies, matières premières et mondialisation 1 Introduction 2 Électricité 3 Énergie et démocratie 4 Les énergies nouvelles 5 Anthropocène? 6 Sécurité et sûreté 7 Transition énergétique 8 Transition énergétique suite 9 L'Afrique entre guerres et richesses minières intervention d'amadou Coulibaly 10 Flux et stock 11 Mines, FMN, ONG et finance 12 initiatives 13 Les Frères Musulmans suivi sur les révolutions arabes 1/118

2 UTL Faits de société Énergies, matières premières et mondialisation mercredi 2 octobre 2013 N 1 Introduction Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Antoine Laurent de Lavoisier, L'énergie c'est la vie Quand nous avons un coup de fatigue ou un «petit creux» nous disons que nous manquons d'énergie et hop, quand c'est possible, nous avalons un petit rien qui nous redonne de l'énergie! Comme le ravitaillement pendant une étape du Tour de France en Cette énergie d'où vient -elle? Pour les êtres vivants, elle vient de la nourriture. Le processus est identique de la plante aux microbes et aux animaux supérieurs. L'être vivant transforme du sucre en énergie1. C'est l'oxydation aérobie du glucose. Le glucose + oxygène de l'air donne du dioxyde de carbone, de l'eau et de la chaleur ( les calories) C6H12O6 + O2 6 CO2 + 6 H2O + Q( calories) Vous pouvez essayer en brûlant un morceau de sucre! Mais attention, aux doigts ça brûle! Les organismes vivants pour éviter de brûler s'arrangent pour dégrader la molécule de glucose par petites étapes et ils emmagasinent une partie l énergie fournie dans une molécule qui a deux formes l' ATP ( Adénosine triphosphate) qui stocke l'énergie et l' ADP ( Adénosine diphosphate ) qui libère l'énergie 2. Le processus a lieu dans les mitochondries présentes dans les cellules animales. La chaleur non stockée dans l'atp sert à maintenir notre chaleur corporelle. Mitochondries : Ce sont des organites ayant leur propre ADN distinct de l'adn de la cellule. La quasi totalité des mitochondries de la cellule-œuf provient du gamète femelle. L'étude de l'adn mitochondrial humain permet donc de retracer les relations généalogiques entre les individus seulement selon la voie maternelle. Les cellules animales sont donc des OGM depuis au moins 2,5 milliards d'année. Chaleur Q et ADP/ ATP Dans la mitochondrie la réaction globale pour le glucose est : C6H12O6 + 6O2 + ~36 ADP + ~36 Pi 6CO2 + 6H2O + ~36 ATP (énergie) + énergie thermique ATP représente l'énergie disponible pour les muscles. Q l énergie/chaleur qui maintient la température du corps à 37 C Dans le cas de l'homme l'oxygène, est pris dans l'air au niveau des poumons et transporté par les hématies vers le muscle où se fait la consommation de l'énergie via les mitochondries de la cellule. Le glucose vient de la digestion des glucides. Le glucose est lui aussi transporté par le système sanguin vers le muscle. Les déchets produits par l'oxydation, le dioxyde de carbone et l'eau sont évacués par le système sanguin vers les poumons3. D'où viennent les glucides? La photosynthèse Les animaux et l'homme trouvent leurs aliments principalement dans les plantes. Celles-ci fabriquent leurs glucides par le processus de photosynthèse. Dans le chloroplaste4 de la cellule végétale, la réaction inverse de 1 Certain organismes vivants n'ont pas accès à l'oxygène de l'air. Il font alors un dégradation anaérobie. Elle est moins efficace que la dégradation aérobie. 2 Ce processus a lieu dans le cycle de Krebs. Il a été découvert par le biologiste Hans Adolf Krebs en Il est difficile de vivre d'amour et d'eau fraîche. 4 Le chloroplaste est un organite semi-autonome de la cellule végétale, il possède donc, comme la mitochondrie, son propre 2/118

3 l'oxydation/combustion a lieu : Énergie solaire + dioxyde de carbone + eau donne glucide + oxygène qui se dégage Q+ 6 CO2 + 6 H 2O C6H12O6 + O2 Pendant le jour la plante fait sa photosynthèse et respire. La nuit seule la respiration est active. Les produits de la photosynthèse : cellulose et amidon La photosynthèse produit la cellulose qui forme les cellules de la plante et l'amidon qui forme ses réserves. L'être humain ne digère pas la cellulose ( celle de la salade verte) mais tire son glucose de l'amidon, celui que l'on appelle aussi «sucres lents». Les animaux végétariens ( non carnivores) sont capables, à l'aide de bactéries, de digérer la cellulose et de la transformer en énergie et en protides ( la viande) 5 d où vient l'eau nécessaire à la plante : le cycle de l'eau Sans eau pas de vie. Pour faire circuler l'eau il faut de l'énergie. Pour pomper l'eau vers les nuages c'est l'énergie solaire qui est utilisée. Cette eau redescend sur terre grâce à l'énergie gravitationnelle. Infiltrée dans le sol, elle sera captée par les racines des plantes et rejoindra les chloroplastes des cellules pour participer à la photosynthèse. Par la respiration une partie de l'eau retourne dans l'atmosphère. L'eau des rivières et des nappes phréatiques finit par retourner à la mer et cycle se ferme. D'où vient le dioxyde de carbone? On retrouve un cycle du carbone. Pendant leur vie les organismes en respirant restituent à l'atmosphère de l'eau et du dioxyde de carbone. Après leur mort, les organismes vivants restituent leurs constituants à la nature. Les bactéries décomposent les matières organiques pour en tirer leur énergie et ce faisant elles respirent et rejettent de l'eau et du CO2. Le CO2 est capté par les feuilles au niveau des chloroplastes et devient soit amidon soit cellulose. Le cycle se ferme, mais sans l'énergie du soleil pas de cycle et donc pas vie. Le CO 2 est nécessaire à la vie. Cette énergie à quoi sert-elle d'autre? Depuis la nuit des temps, en dehors de la nourriture, l'énergie sert à la locomotion, à la cuisson des aliments, au chauffage des maisons et abris, à la fabrication d'outils et de récipients etc... Jusque 'au XIX l'homme utilise des énergies renouvelables : Jusqu'au XIX éme siècle l'énergie nécessaire à la vie de l'homme est une énergie renouvelable : énergie musculaire de l'homme et de l'animal, énergie éolienne et hydraulique... matériel génétique, ainsi qu une double membrane phospholipidique (membrane externe et membrane interne). 5 Voir faits de société 2009 «nourrir 9 milliards d'humains» 3/118

4 Chauffage et cuisson utilisent la biomasse. Les énergies renouvelables ne sont ni stockables ni transportables. Elle doivent être utilisées sur leur lieu de production. Elle ne sont pas régulières : parfois intermittentes comme le vent ou variables au cours de l'année suivant le débit de la rivière, comme l'énergie hydraulique. 2. L'explosion de l'utilisation des énergies fossiles Le charbon et la révolution industrielle Le XVI ème siècle marque le début de la révolution scientifique ( Galilée, Copernic, ) avec le début des sciences expérimentales et de la modélisation qui permet de prévoir des résultats et de modifier le modèle en le comparant à l'expérience6. Atelier de fabrication de chapelets Le XIX ème siècle connaît une révolution industrielle avec l'utilisation du charbon de houille 7 comme combustible et l'invention de la machine à vapeur. La charbon est stockable, facile à transporter avec le développement des chemins de fer et des navires à vapeur Les hauts fourneaux fournissent la fonte et le fer nécessaire à la construction des machines outils, des locomotives et des ponts ( pont Alexandre III en fonte) et de tours (Tour Eiffel en fer.) etc... la machine à vapeur permet la création d'ateliers. L'électricité L'invention du moteur électrique et de l'alternateur permet le développement de l'électricité produite à partir du charbon dans des centrales électriques. L'électricité c'est l individualisation des postes de travail, la possibilité d'avoir des ascenseurs et donc des gratte-ciel. C'est aussi l'éclairage facile, merci monsieur Edison, le téléphone et la projection cinématographique, mais aussi avec la propagation des ondes électromagnétiques l'essor de la radio et de la télévision. Le pétrole Le premier puits de pétrole est foré par Edwin Drake à Titusville en Pensylvanie le 27 août Jusqu'en 1859 on s'éclairait principalement avec de l'huile de baleine ou du kérosène ( tiré du charbon ) et déjà à cette époque les baleines commençaient à se faire rares et le besoin d'éclairage allait grandissant. A l'origine le seul débouché du pétrole était la lampe d'où le nom de pétrole lampant. 6 Voir faits de sociétés La photographie, prise par Joseph Philibert Quentin ( ), donne à voir les modalités ordinaires d abattage du charbon dans les mines du Pas-de-Calais vers /118

5 L'invention du moteur à explosion8 et de l'automobile va lancer le succès du pétrole en lui créant un débouché. Les navires avec moteur à explosion diesel et les avions utilisant le kérosène viendront compléter les moyens de transports. Pourquoi un tel succès pour le pétrole? D'abord la facilité d'accès : pas besoin de creuser une mine avec des galeries, il suffit de forer, dans le meilleur des cas le pétrole jaillit seul, sinon il suffit de pomper. Évidemment le pétrole brut n'est pas utilisable tel quel, il faut le raffiner. Ensuite facilité de transport : Son acheminement suppose le développement d'un réseau de pipeline ( oléoduc, gazoduc). Ces conditions supposent beaucoup de capital investi et donnent lieu à la formation de grands trusts pétroliers, nous y reviendrons. Quelle est l'origine de ces énergies fossiles? Charbon, gaz naturel et pétrole ont une origine organique, ils proviennent de la décomposition de plantes ou de planctons après leur mort et leur ensevelissement soit sous terre soit au fond des mers ; c'est pour cela que ces énergies sont dites fossiles. Nous avons vu que les plantes constituent leur matière par la photosynthèse. Les énergies fossiles sont donc de l'énergie solaire fossilisée. La formation du charbon ou du pétrole s'étend sur environ cent millions d'années. Ce qui veut dire que l'on trouve dans le sous-sol l'accumulation concentrée de la production cumulée de la photosynthèse de millions d'année. Le charbon et le pétrole sont bien du «soleil en boite». Au bilan Dès 1900 nous avons le trio de tête des énergies : charbon, pétrole et une énergie dérivée l électricité9. La seule source inépuisable à échelle humaine est l'énergie solaire, notre soleil a encore un espérance de vie de 4 milliards d'années. On retrouve sur le schéma ci-contre l'accélération de la consommation d'énergie primaire à partir de 1950 et des trente glorieuses, et son amplification avec la croissance des émergents dans les années Croissances corrélées Démographie La croissance de la consommation d'énergie est à mettre en regard avec la croissance démographique ci-contre. La croissance de la population mondiale a connu une accélération à partir de la révolution industrielle. cette croissance démographique se fait d'abord en Europe. En 1913 il y a 150M d humains de souche européenne hors de l'europe et 550M de colonisés pour 1,55 Md d habitants sur la planète. 8 Le moteur à explosion a été inventé il y a 150 ans par Etienne Lenoir, né à Mussy-la-Ville. La Belgique lui rend hommage les 29 et 30 mai le gaz naturel devra attendre les années 1950 pour susciter un intérêt mondial. Avant il y avait le gaz de houille et les gazogènes 9 5/118

6 PIB et consommation d'énergie Le schéma ci-dessous indique le PIB mondial en milliards de dollars constants de 2012 (axe vertical) en fonction de la consommation d'énergie mondiale en millions de tonnes équivalent pétrole (axe horizontal), pour les années 1965 à La corrélation entre les deux grandeurs apparaît clairement, avec une rupture de pente après La croissance est dévoratrice d'énergie c'est la première conclusion qui s'impose. Variation du prix du baril de pétrole à la source Si on rapproche la courbe ci-dessus et celle qui indique la variation du prix du baril de pétrole, on voit que l'augmentation du prix influe peu sur la consommation. Mais elle a une influence sur la balance commerciale des pays et donc sur le déficit annuel et la dette. On voit sur le schéma ci-contre la longue stagnation du prix du pétrole ( 2$ le baril), les deux chocs pétroliers 1973 et 1979, puis le contre choc On peut y discerner crise de l'internet de 2000 et les attentats du 11 septembre 2001 avec la guerre d'irak et en 2004 l'entrée de la Chine à l'omc qui accroît les échanges avec les pays de l'ocde. La crise des subprimes de 2008 est visible. Mais la demande des pays émergents fait repartir le prix à la hausse. Évolution de population agricole en fonction de la consommation de pétrole par tête Part de la population active dans l'agriculture (axe vertical, en %) en fonction de la consommation d'énergie par personne (axe horizontal, en tonnes équivalent pétrole) pour tous les pays du monde pour lesquelles les deux données sont disponibles. La courbe noire donne la tendance d'ensemble. Source des données Banque Mondiale, 2013 L'énergie disponible et bon marché a pour premier effet de permettre à l'essentiel de la population active de faire autre chose que de l'agriculture. Cette population libérée devient urbaine. Depuis 2010 l humanité a franchi le cap de 50 % d'urbains. 6/118

7 4. Combien d'esclaves fictifs avons-nous au XXI ème siècle10? Équivalence énergie humaine et énergie fossile. Quelques unités d'énergie11 Les physiciens sont des êtres compliqués, il leur faut plusieurs unités pour exprimer une même grandeur. Nous avons rencontré la kilocalorie (kcal), vous savez celle que l'on compte quand on veut garder la ligne. Sur notre facture d'électricité nous trouvons le kwattheure (kwh) et sur les paquets de biscuits et autres nous trouvons les kjoules (kj). Équivalence : 1kcal = 4,18 kjoules. 1 kwh = 3,6 MJ ; et 1000 kcal = 1,16 kwh. On comprend que le Joule unité universelle du physicien est très petit. Dans nos calcul nous pourrons retenir que 1000 kcal équivaut à peu près à 1 kwh Quelques ordres de grandeurs Énergie humaine de base Si nous transformons nos 2000 kcal nécessaires par jour en kwh nous avons 2 ( fois mille cal) x 1,16 soit 2,32 kwh pour 24 heures. Un être humain au repos produit donc environ 0,1 kwh par heure soit 100 Wh, l'énergie consommée par une ampoule de 100W pendant 1 heure. Cette énergie qui maintien notre température, nous ne l'accumulons pas sinon nous nous mettrions à bouillir! donc nous l'évacuons par rayonnement. Vous comprenez pourquoi dans une salle comble l'atmosphère se réchauffe. L'homme au travail : Un travailleur ordinaire peut consommer 6000 kcal par jour kcal serviront à son entretien et donneront 100Wh de chaleur et 4000 kcal seront consacrées au travail musculaire, soit 200 Wh soit 0,2 kwh pendant 24h. Nous pourrions donc alimenter une seule ampoule de 200W pendant 24h avec notre travail. Supposons pour faciliter les calculs 10 h de travail par jour et 300 jours par an on a 300 x 0,2 x10 = 600 kwh par an. La transformation de l'énergie produite par le cycle de Krebs est d'environ 10 % pour un homme entraîné, les 600Kwh annuels deviennent 60 kwh annuels. Équivalent humain de la consommation d'énergie : Un français consomme en moyenne kwh par an. Cette consommation représente le travail de /60 = 500 hommes ayant un rendement 10 %. Le schéma indique la répartition de ces esclaves fictifs d'après Jean-Marc JANCOVICI. A quoi cela correspond-il? Dans l'agriculture : tracteurs, engrais, production de semences, pesticides, élevage Le secteur résidentiel/tertiaire concerne le chauffage domestique et des locaux mais aussi l'utilisation d'eau chaude et les activités de cuisson. Le secteur tertiaire, à proprement parler, regroupe les activités des bureaux, des commerces, des cafés-hôtels-restaurants, de l'enseignement, de la santé, des habitats communautaires, du transport et enfin des sports et loisirs. Les secteurs de l'industrie et de l'énergie représentent les activités suivantes : l'industrie chimique, l'industrie agroalimentaire, la métallurgie/sidérurgie, l'industrie papetière, la construction avec notamment les chantiers et le BTP, la production de matériaux de construction et l'extraction de minéraux, le traitement des déchets, la production d'électricité, le chauffage urbain et enfin l'extraction et la distribution d'énergie. En bref, aujourd'hui, l'énergie mécanique ne vaut pas cher, elle ne vaut rien, et son abondance a fait du plus minable des Occidentaux un nabab au regard de ce qu'étaient les conditions matérielles d'un "Français moyen" du 19è siècle. Qui avait les moyens, avant que charbon, pétrole et gaz - et marginalement le reste - n'envahissent nos vies, de se payer avec le seul fruit de son travail "normal" l'équivalent de cinq cent domestiques pour se déplacer, se nourrir, se divertir, faire sa cuisine et sa vaisselle, et j'en passe, ce qui est maintenant la condition de M(me). "tout le monde"? Le roi, et encore! Jean-Marc JANCOVICI Au smic de 1430,22 brut par mois en 2013, ces 500 esclaves fictifs coûteraient 500 x 12 x 1430 soit !! 10 Voir le site web Manicore de Jean-Marc JANCOVICI 11 Nous rencontrerons aussi la TEP tonne équivalent pétrole = kwh 7/118

8 5. Le Mix énergétique mondial 12 Production mondiale Le mix énergétique, ou bouquet énergétique, est la répartition des différentes sources d'énergies primaires consommées pour la production des différents types d'énergies. La part des énergies primaires dans la consommation mondiale, d'un pays, d'une collectivité, d'une industrie est généralement exprimée en pourcentages. Toutes les sources d'énergies primaires sont comptabilisées, notamment celles consommées pour les transports, le chauffage des bâtiments, etc. Pour le monde, la production en 2009 était de Mtep13 La pétrole représente près du tiers, le charbon 28 % et le gaz 20,5 % soit pour les énergies fossiles 81,1 %. Le nucléaire en représente que 5,7 % ( nous le retrouverons dans la production électrique) Consommation mondiale Le graphique ci-contre montre la consommation finale en 2009 par région. Surprise : elle est de Mtep, bien inférieure à la production. Il y a presque un tiers de perte dans les transformations. Transformation dans les centrales électrique, dans la distribution, les variation de stock et perte dans les usages internes 14. Sans surprise les pays de l'ocde15 consomment 42,8 % de l'énergie pour une population qui représente environ 15 % de la population mondiale. L Asie avec 60 % de la population ne consomme que 29,6 % de l'énergie. L'Afrique avec 15 % de la population ne consomme que 6 % de l'énergie mondiale. La mondialisation apparaît à travers l'item aviation et flottes maritimes internationales 3,9 % de la consommation. Répartition mondiale par région consommation per capita On voit le gaspillage de l'amérique du nord. Et le grand écart entre les pays développés et les pays en développement. 12 Le charbon qui permet de produire plus de 40 % de l'électricité mondiale représente pour plusieurs pays la principale source d'énergie à l instar de l'afrique du Sud (92 %), de la Chine (77 %), de l'australie (76 %) et de la Pologne (94 %) 13 Mtep : million de tonne d'équivalent pétrole. 14 Le rendement d'un moteur de voiture est au mieux de 45 %. 15 UE, Amérique du Nord et Japon 8/118

9 Prévision le graphique ci-dessous ne montre pas d'inflexion de la consommation, mais des disparités régionales. Le bond en avant de la Chine de 17,3 à 23 %, la modération de l'inde 2,7 % à 4,5 % malgré une augmentation importante de la population. On est loin de la division par 4 de la consommation d'énergies. 6. Conclusion Dans cette introduction nous avons rencontré les racines des 4 crises de notre époque. La nourriture liée à la crise alimentaire, elle-même lié à la démographie et à la crise climatique qui va retentir sur les rendements agricoles de certaines régions. Cette crise climatique est elle-même liée au développement de la consommation d'énergie fossile. Nous discernons aussi la crise de la dette avec le prix du pétrole et en filigrane la crise de la gouvernance mondiale. Au XXIè siècle nous prenons conscience que non seulement l'homme est le fils des étoiles, lieux où sont synthétisés tous les atomes nécessaires à notre existence ( carbone, oxygène, azote, fer, phosphore ) mais de plus que l'homme est tributaire de son étoile le soleil, pour obtenir son énergie et sa nourriture, et de sa planète, la terre, pour y vivre et il sait qu'il n'y a aucune de solution de repli. Aucune autre planète ne peut accueillir l'homme ou la vie dans un rayon de plusieurs centaines d'années lumière. Au travers des conférences à venir, nous verrons, les sources d énergies fossiles et leurs enjeux mondiaux, les matériaux stratégiques et les conflits s'y rapportant, avec en fil directeur comment conserver la planète et aller vers un développement soutenable, autrement dit quelle société voulons-nous pour nos petit enfants? Bernard Castiglioni 30/09/2013 sommaire 16 Virgine Raisson, 2033 Atlas des futurs du Monde. 9/118

10 UTL Faits de société Énergies, matières premières et mondialisation mercredi 16 octobre 2013 N 2 Électricité Introduction Nous avons vu, lors de la précédente conférence que la croissance est énergivore et que son envol est du à l'utilisation des énergies fossiles, facilement stockables et transportables. Dès lors pourquoi utiliser une énergie non stockable : l'électricité? Imaginez un monde sans électricité! Nous verrons aujourd'hui les contraintes liées à cette énergie non stockable. production mondiale d'électricité Environ TWh17 (térawh) 1TWh= 0,086 Mtep TWh= tep Mtep La production totale d' énergie en 2009 était de Mtep. Dans ce cas, l électricité résulte de la transformation d'environ 12 % de la production mondiale d'énergie. Si l'on tient compte du rendement des centrales pour transformer les énergies primaires en électricité le résultat change. En étant optimiste un rendement de 50 %18 conduit à 24 % de l'énergie produite transformée en électricité. Il y a donc une perte de 1500 Mtep. On retrouve ici avec 1 500Mtep une partie des pertes que nous avions évaluées à 4 000Mtep dans notre précédente conférence. En Europe la quantité totale d'électricité consommée est de 3042 TWh. L'électricité est une énergie dérivée, elle est produite à partir d'une source d'énergie primaire, fossile ou renouvelable. Elle n'est pas facilement stockable donc elle doit être produite au moment de son l'utilisation. Nous partirons de la consommation pour aller vers la production. Consommation d'électricité par secteur en France en On voit que pour 65 % de la consommation électrique est utilisée par les secteurs résidentiel et tertiaire 20, 29 % par l'industrie soit 84 % pour ces deux secteurs. Les transports, chemin de fer, TGV, tramway, voiture électrique ne représentent que 3 %. Cette consommation n'est pas constante au cours de l'année, de la semaine ni de la journée. Les activités des humains étant elles-mêmes périodiques sur ces durées TWh, térawattheure = 1 000GigaWh= MWh. 18 Rendement : de l ordre de 10 à 15 % pour l électricité photovoltaïque ou la géothermie, 20 à 25 % pour la biomasse, 30 % pour le nucléaire actuel, 35 à 45 % pour le charbon et le fuel, 50 à 55 % pour le gaz naturel, et de 95 % pour l hydraulique. 19 Les données que je présente ne portent par sur les mêmes années mais les ordres de grandeurs et le pourcentages restent valables. 20 Résidentiel spécifique : éclairage, repassage, lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur, congélateur, TV et numérique La consommation pour le froid arrive ainsi en tête (23,3%) suivi de l audiovisuel (20%) puis du lavage (14,5%) de l informatique (14,5%) et de l éclairage (12,8%) (chiffres CEREN 2008). Centre d'étude et de recherche sur l'énergie. 10/118

11 C'est ce que nous allons voir 1. Consommation d'énergie électrique en France 1.1. la variabilité annuelle la pointe annuelle se situe à la mi-janvier avec plus de GWh, et le minimum à la mi-août avec 6500 GWh. Les pays voisins ayant à peu près le même climat ont une pointe en janvier. La système de production doit donc être, en première approche capable d'absorber la pointe maximale française la variabilité hebdomadaire Le creux du week-end est marqué. L'ouverture des services le week-end lisserait la courbe!! 1.3. la variabilité journalière Cette courbe de la consommation journalière, montre un grand creux entre 3h30 et 5h30.Une montée en charge entre 6h30 et 8h30 et un pic vers 1h30, un creux en 15h30 et 17h30, une pointe absolue de consommation vers 19h30, un retour vers le repos entre 20h30 et 3h30 avec un sursaut vers 23h et un autre vers 1h30-2h30. Cette courbe est la moyenne instantanée des consommations pour un jour donné. Vous pouvez suivre la consommation en direct sur le site de RTE21. Il faut donc adapter en permanence la production au besoin de la consommation c'est ce que nous allons voir pour la France 2. Régulation de la production placement des centrales sur la courbe de charge en France Le graphique ci-contre montre le placement pour le mardi 20 novembre 2012, de 0h à 24h /118

12 Le dispatching national effectue alors le "placement des centrales sur la courbe de charge", qui consiste, pour chaque demi-heure, à empiler les centrales par ordre de prix croissant (préséance économique), jusqu'à couverture complète de la demande prévisionnelle. Le prix du kwh pour chaque demi-heure est celui de la dernière centrale ainsi placée : toutes les centrales seront rémunérées à ce prix. À la base du diagramme sont placées les centrales à production fatale (qui serait perdue si on ne l'utilisait pas immédiatement lorsqu'elle arrive) : hydraulique au fil de l'eau, éoliennes, solaire ; ensuite vient le nucléaire, dont le coût marginal est très bas : 5,23 /MWh et dont le fonctionnement est très rigide : durée de démarrage supérieure à un jour, modulation de puissance limitée à quelques % ; puis viennent les centrales thermiques charbon et gaz, classées en fonction du coût de leur combustible 22 ; en dernier viennent les centrales dites "de pointe", les plus souples mais les plus coûteuses : turbines à combustion, centrales hydroélectriques à réservoir et centrales de pompage-turbinage 23. En cas d'aléa ( panne d'une centrale ) le «mécanisme d'ajustement»mis en place par RTE depuis 2003 est mis en œuvre : par un système d'offres à la hausse et à la baisse, les acteurs du marché disposant de réserves de flexibilité communiquent leurs conditions techniques et financières à RTE qui sélectionne ensuite ces offres en fonction de leur coût et des contraintes24. Le mécanisme d'ajustement est ouvert à tous les producteurs et consommateurs, essentiellement français, mais aussi des pays voisins (Espagne, Suisse, R.U.) 3. Distribution le réseau principal Le dispatching national suppose que les centrales de production soient interconnectées par un réseau de distribution THT : volts. Les pylônes sont très caractéristiques avec des oreilles de chat. 25 On peut remarquer le relatif isolement de la Bretagne, de l'ouest et du centre de la France. On notera la liaison trans-manche à 270kV, vers l'angleterre. Le réseau est maillé il permet plusieurs parcours différents pour une même destination de consommation. C'est ce réseau de transport qui doit évoluer pour permettre l'accueil de énergies renouvelables. Interconnexion au niveau européen : La France n est pas une île énergétique : en 2012, 102,8 milliards de kwh ont été échangés avec nos partenaires européens, dont près de 74 milliards à l'export. Même si notre pays est structurellement exportateur, il a également recours à des importations massives (plus de 9000 MW importés durant l hiver 2011) que seules les interconnexions permettent d assurer. Sans elles, il nous faudrait, dès 2014, disposer d une puissance installée supplémentaire de 3000 MegaWatts (soit deux EPR) le réseau vers le consommateur 1,3 million de kilomètres de lignes postes de transformation HTA/BT sites de production raccordés au réseau postes sources ERDF (interfaces avec le réseau de transport géré et exploité par RTE) 35 millions de clients desservis 22 le gaz était moins cher que le charbon jusqu'en 2011, d'où une utilisation accrue des centrales gaz ; en 2012, le prix du charbon s'est effondré du fait de la disponibilité de grandes quantités de charbon américain à bas coût, la profusion de gaz naturel sur le marché américain créée par le boom du gaz de schiste ayant abouti à une désaffection pour le charbon ; ce déséquilibre se répercute ainsi sur l'europe, où on constate une forte remontée de la production des centrales charbons 23 Le pompage électrique de l'eau d'un barrage vers un réservoir placé plus haut permet de stocker un capacité de production électrique. 24 Voir marché de gros ci-après 25 En règle générale, pour mettre en service une nouvelle liaison électrique, environ sept années sont nécessaires à partir du premier dépôt de dossier auprès de l Administration. En moyenne, on observe que les phases de concertation et d obtention des autorisations administratives s étalent, à elles-seules, sur trois ans pour les lignes 225kV souterraines, quatre ans pour les lignes 225kV aériennes et quatre ans et demi pour les lignes 400 kv aériennes. 12/118

13 le réseau géré par ERDF est soumis aux aléas climatiques26 RTE doit assurer la stabilité de la fréquence 50 Hz et de la tension 220V. Conclusion la première conclusion qui se dégage est que l'énergie électrique ne peut pas être une énergie locale. L'électricité c'est le contraire de l'autarcie ou de l'autonomie énergétique. Le service public de électricité en France prix indépendant de la distance ( le timbre poste) prix unique27 sur l'ensemble du territoire garantie de fourniture de l'alimentation souscrite 4. La production d 'électricité, des situations diverses en Europe Rendement : Les centrales avec turbines à gaz, capables de fonctionner à 1400 C (turbines en céramique), ont un rendement maximal de 59%. Le fioul, avec 580 C atteint 40%, et les centrales nucléaires à eau pressurisée (technologie la plus répandue en France), dont la température de la vapeur produite ne peut pas dépasser 260 C (à cause de la pression dans la cuve) ne possède un rendement que de 31%. Toute l énergie primaire qui n est pas transformée en électricité est alors perdue sous forme de chaleur. Mix énergétique électrique en France Le mix c'est la répartition des sources d'énergies primaires permettant de produire de l énergie électrique. Nucléaire 74 %, thermique 11 %, énergie renouvelable (EnR) 15 % ( Hydraulique 12 %, éolien 1,7 %, Biomasse/déchets 0,9 %, photovoltaïque 0,1 %) Mix énergétique allemagne Thermique fossile28 % 55 %, Nucléaire 23 %, EnR 16 % ( éolien 7 %, Biomasse 4 %, Hydraulique 3 %, déchets 1 %, photovoltaïque 1%) Mix énergétique Espagne Thermique fossile 47,3 %, Nucléaire 21,3 %, EnR 35 % ( Hydraulique 13,1 %, éolien 15,3 %, photovoltaïque 2,6 %, autres 0,4%) Une mine de lignite à ciel ouvert en Allemagne. Garzweiler : A elle seule cette mine assure 6% de l'approvisionnement en électricité de l'allemagne. Elle été initialement limitée à une zone de 66km² mais une nouvelle zone de 48km² est actuellement mise en exploitation, nécessitant le démantèlement des autoroutes situées à proximité.a terme, 26 La tempête Klaus, survenue en janvier 2009, a par exemple privé clients d électricité. ERDF a dû intervenir sur chantiers pour rétablir la distribution d électricité 27 Tarif spécial pour les revenus très modeste, compensé par l'état. 28 Énergies fossiles : Charbon 19 %, Lignite 24 %, huiles 1 %, Gaz 14 % 13/118

14 cette mine couvrira une superficie supérieure à celle de Paris. Les excavatrices qui grattent le sol jour et nuit mesurent jusqu'à 100 mètres de hauteur et pèsent parfois plus de tonnes. Des villages entiers sont déplacés comme Otzenrath29. Depuis le début du siècle, 100 villages ont été engloutis par la mine. On se souvient en France du village de Tignes englouti sous les eaux du barrage en 1952 et de l'émotion soulevée dans la France entière par ce clocher qui dépassait des eaux. Si vous vous souvenez de la conférence de l'an dernier sur les types familiaux répertoriés par E. Todd, vous comprendrez l'acceptation des Allemands, famille souche ( valeurs transmises : autorité, inégalité) et la résistance des français aux expropriations, famille nucléaire française ( valeurs transmises : liberté et l'égalité.) 5. comment intégrer les EnR à la production d'électricité Exemple de l'allemagne placement des centrales sur la courbe de charge Du bas en haut : en violet les 3 % d'hydraulique, en jaune les 18 % du Nucléaire, en violet clair les 24 % de lignite, en bleu les 14 % de gaz, en noir les 29 % du charbon, puis le pompage et les centrales de pointes. les problèmes d'intégration des EnR la courbe ci-dessous montre sur 4 jours de mars 2013 les fluctuations des énergies solaire et éolienne. Le solaire c'est évident ne fonctionne que le jour 6H 18H au printemps. Le vent peut être absent même dans une région ventée. C'est ce qui s'est passé le jeudi 21 mars Le régulateur allemand à dû compenser vers 18h la presque totalité de la consommation d'électricité allemande, la couverture éolienne plus solaire n était que de 2 % pour un jour à forte demande. Par contre le dimanche, jour de consommation creuse mais jour ensoleillé et venteux la couverture éolienne plus solaire représentait vers midi 69 % de la demande. Conséquences de l'intermittence des EnR: 1-il faut maintenir une base de centrales à énergie fossiles capables de prendre le relais. Se pose le problème de la rentabilité de ces investissements pour un fonctionnement intermittent. 2- il faut construire des lignes THT entre les nouvelles régions productrices et les zones de consommation. 6. Un marché européen de l'électricité. Rôle de l'union Européenne : Dans la logique du marché unique, libre et concurrentiel, l'ue impose l'ouverture à la concurrence du marché de l'électricité. Les enjeux sont de trois ordres : -économique, il s'agit d'un marché de 3500Twh et de 250 Md d' par an 29 Cottbus Nord : Située en bordure de la frontière polonaise, cette mine est célèbre pour le procès qui a opposé Vattenfall, son exploitant suédois, et les habitants du village voisin, Horno. Le procès a été perdu et le village détruit. Atterwasch, Kerkwitz et Grabko, trois autres villages situés autour de la mine sont eux-aussi voués à disparaître. Plus d'une centaines d'agglomérations ont ainsi été englouties : une vieille loi nazie, datant de 1937 mais toujours en vigueur, fait primer l'exploitation des mines sur la propriété privée. 14/118

15 - politique : sécurité d'approvisionnement, quel tarif et quelle place pour le nucléaire -climatique : la production d électricité représente 35 % des gaz à effet de serre en Europe Des complémentarités sont-elles possibles? Voici un comparaison de la variation de la consommation électrique avec nos voisins. Sur l'année l'espagne et l'italie sont moins gourmande en électricité que la France et l'allemagne. Sur un journée d'hiver la France se détache, à cause du chauffage électrique des maisons. «En conséquence la sensibilité aux températures extérieures en hiver est largement plus forte en France que dans les systèmes voisins : le gradient thermique du système français, qui approche MW/ C30, représente à lui seul près d une fois et demie la somme des gradients thermiques de tous les autres systèmes européens». Les interconnections internationales. Il existe des 7 interconnections régionales entre les pays d'europe. La France est partie prenante à 4 d'entre elles : 1 CWE, 2 IFE, 3 SWE et 4 CSE. Le marché de gros les échanges Les échanges d'électricité entre pays donne lieu à un marché de gros. Le bilan de l'année 2010 pour la France est schématisé ci-dessous. Le marché porte sur 179 TWh soit 32 % de l'injection31, avec 37 TWh d'importation et 67 TWh d'exportation. Le prix Le prix spot est le prix fixé par le dernier fournisseur entrant sur le marché, car le régulateur a épuisé ses propres possibilités de production. L'achat se fait de gré à gré, ou sur les bourses correspondant aux regroupements d interconnexions. EPEX Spot: France, Allemagne, Suisse, Autriche NORDPOOL: Finlande, Norvège, Suède, Danemark (et UK) APX: Pays-Bas (et UK) BELPEX: Belgique OMEL: Espagne, Portugal GME: Italie Le marché porte sur 24 tranches horaires négociées indépendamment. Qui dit marché dit intermédiaire ( trader) En cas de manque d'investissement dans la production et de sous capacité les prix sont mécaniquement tirés vers le haut. Les soumissions étant classées par prix et acceptées jusqu'à équilibre de la demande. Tout les soumissions sont payées au prix le plus élevé. Comme l électricité ne se stocke pas le distributeur n'a pas de réserves propres et doit acheter. 7. Smart grid, le réseau intelligent et surveillance du consommateur! Le problème Comme nous l'avons vu, le développement rapide de la production d énergie distribuée (solaire, éolien) est un défi pour le gestionnaire du réseau de distribution. Le réseau actuel a en effet été conçu pour distribuer de l énergie dans un seul sens, du réseau de transport vers les usagers, alors qu il doit maintenant prendre en compte des flux d énergie en provenance des usagers devenus producteurs. Par ailleurs, ces sources d énergie nouvelles sont intermittentes, en partie 30 une tranche nucléaire =900 Mw. 58 réacteurs. 31 Injection = production + importation. 15/118

16 imprévisibles, ce qui complexifie l équilibrage du réseau. Une solution Top-Down : le réseau intelligent (smart grid) Le smart grid est une des dénominations d'un réseau de distribution d'électricité «intelligent» qui utilise des technologies informatiques de manière à optimiser la production, la distribution, la consommation et qui a pour objectif d optimiser l ensemble des mailles du réseau d'électricité qui va de tous les producteurs à tous les consommateurs afin d améliorer l'efficacité énergétique de l'ensemble. Le passage au comptage intelligent32 est fortement recommandé par l Union Européenne avec pour objectif principal une meilleure maîtrise de la consommation énergétique par le consommateur final 33. L UE demande ainsi que la facturation soit basée sur des consommations réelles et non sur des index estimés et qu elle soit réalisée au moins une fois par mois. De fait, avec les compteurs intelligents, au lieu de deux index (heures pleines / heures creuses) relevés manuellement par an et par compteur, on va pouvoir prendre une mesure toutes les 30 minutes, avec pour corollaire une explosion du nombre de données à traiter. Dans un Smart Grid, en cas de pic de consommation, l énergéticien va aussi moduler la demande, afin d éviter autant que possible de démarrer des centrales thermiques d appoint (coûteuses et polluantes). Cette modulation de la demande, appelée effacement, est déjà en place sur de gros sites industriels. Elle va se généraliser sur les sites tertiaires, et à terme dans le résidentiel. L effacement requiert une capacité de mise en marche/arrêt à distance d équipements connectés au réseau électrique privé de l abonné. Cette capacité repose sur un boîtier de contrôle connecté aux équipements les plus consommateurs (chauffage, ballon d eau chaude, climatisation ) et communiquant avec une plate-forme centrale de gestion de l effacement. Expérimentation en France Edelia, filiale d EDF, a ainsi mené pendant l hiver , auprès de 420 foyers résidentiels bretons, une expérimentation de pilotage à distance de certains équipements domestiques et de suivi personnalisé par Internet des consommations journalières du logement. Lorsqu Edelia, via sa plate-forme de services, pilote l usage électrique pendant de courtes durées, le particulier a toujours la possibilité de réactiver ses équipements s il le désire à l aide d un simple bouton poussoir sur la passerelle, gardant ainsi constamment la main sur leur fonctionnement. Pourquoi le smart grid? Effet pervers des EnR? vers la fin d'une distribution nationale équitable et solidaire Selon la CRE (2011), pour qu'il puisse économiser au mieux l'énergie, «le consommateur doit disposer en temps réel de sa consommation en kilowattheures et en euros, voire en contenu de CO2, de la puissance soutirée, de la période tarifaire, ainsi que de fonctions de mémorisation et de comparaison» ce qui entraîne comme conséquence La fin du prix unique On paye le prix fort ou on ne consomme pas. La fin de l'unicité du prix sur le territoire Qui va payer l'entretien du réseau de distribution si la densité d'habitants est faible La fin de la garantie d'alimentation le distributeurs peut couper/éteindre certains équipements électriques chez vous ou au bureau. Nous sommes encore dans réponse bureaucratique du type Top-Bottom, imposée du haut vers le bas. Conclusion : Une société de réseaux Les énergies renouvelables fournissent essentiellement de l'énergie électrique. Pour avoir une énergie non carbonée le passage à l'électricité est une solution, nous y reviendrons dans la transition énergétique. 32 La Commission de Régulation de l Énergie (CRE) chargée de réguler les marchés de l électricité et du gaz en France a rassuré les consommateurs sur le nouveau compteur communicant Linky. Les frais de mise en place du compteur Linky seront absorbés tout au long de la durée de vie du compteur, soit 20 ans. ERDF compte sur le compteur de nouvelle génération pour réduire les coûts d exploitation. 33 Les compteurs dits «intelligents» permettent l établissement de factures exactes et de moins gaspiller l électricité et bientôt le gaz et l eau. Le taux de croissance de tels compteurs est actuellement de 16,8 % par an. 16/118

17 Nous venons de voir que l énergie électrique non stockable doit être distribuée par un réseau dense et interconnecté au niveau européen. Nous vivons dans un environnement de réseaux réels neutres pour notre vie privée comme les réseaux de transport d'énergie (les oléoduc et gazoduc), réseaux d'égoût et d'eau potable. Sont apparus ensuite les réseaux virtuels d'internet, avec les téléphones mobiles, les réseaux sociaux ( Blogs, Facebook, Twitter ) qui mettent à mal, avec notre consentement pas toujours éclairé 34, notre intimité. Nous voyons arriver le réseau des objets qui entrent dans nos foyers et contrôle nos habitudes au travers du pilotage des objets consommateurs d électricité et bientôt de gaz et d'eau. L'humain post-moderne met en avant la suprématie de l'individu et de sa la liberté, et renvoie la solidarité aux oubliettes, sans se rendre compte qu'il est de plus en plus lié/relié aux autres individus sans lesquels même sa vie matérielle devient impossible. Faut-il en conclure que les énergies ont à voir avec le mode de gouvernement? C'est ce que nous essaierons de tirer au clair dans la prochaine conférence. Bernard Castiglioni le 10/10/2013 NB : énergie chimique transformée en électricité : piles et accumulateurs prolifèrent dans nos appareils modernes. Pc portables, téléphones, prothèses diverses... Le problème réside dans le recyclage et le danger représenté par les métaux lourds qui sont toxiques. Sommaire 34 Le droit à l'oubli n'existe pas sur internet. 17/118

18 UTL Faits de société Énergies matières premières et mondialisation mercredi 6 novembre 2013 N 3 Énergie et démocratie Introduction : pourquoi cette dépendance au pétrole? Dans notre première conférence nous avons vu l essor de la consommation des énergies fossiles lié à la croissance, au développement et la montée en puissance du pétrole. La deuxième conférence nous a montré que un quart de l'énergie produite est transformé en électricité, énergie qui ne se stocke pas et doit être produite au moment de sa consommation. Nous avons vu aussi les problèmes liés à l adaptation de la production à une consommation électrique très variable dans le temps. Ce qui nous a amenés à la notion de société de réseau et a révélé son intrusion dans la vie privée des foyers et des personnes. Nous verrons aujourd'hui les conséquences de notre addiction aux énergies fossiles dans leur rapport avec les formes de gouvernement. Le graphique ci-dessus montre la moyenne mondiale de la consommation par personne de chaque énergie significative, de 1860 à 2012 exprimée en kwh 35 par an. Surprise! Alors que la consommation mondiale de pétrole a continué de croître à des rythmes variables depuis les chocs pétroliers, la consommation par personne a fortement décru juste après Elle est à peu près stable depuis Multi-utilisation Si le pétrole est aussi recherché c'est qu'il se prête à un usage diversifié. Ci-contre l'usage du pétrole dans le monde en 1973 et 2007, en millions de tonnes par an. Sur 25 ans la quantité consommée par les transports a fortement augmenté ( multiplication par 2,1), de même que la pétrochimie (rubrique "non énergétique", multiplication par 2,3). Par contre les utilisations pour les chaudières industrielles production électrique comprise - et pour le chauffage des bâtiments (rubrique "autres") ont diminué. Source AIE, key energy statistics, 2009 Le plasticarium36 Voici l'exposition des objets en plastique possédés par une famille américaine. Si le pétrole est utile comme combustible, il est incontournable pour l'élaboration des plastiques, objets, vêtements, chaussures, peintures, jouets, meubles de rangement... Il est peut-être irresponsable de brûler avec des rendements dérisoires une matière première qui est aussi essentielle à notre vie quotidienne dans les pays développés de même que dans les pays émergents. 35 une tonne équivalent pétrole( TEP) = 42 gigajoules = kwh 36 Musée des Plastiques Plasticarium : Rue de Locquenghien 35 ; Bruxelles 18/118

19 L'énergie a-t-elle à voir avec les modes de gouvernement? 1. La démocratie et le charbon Nous avons vu l'année dernière la naissance de la démocratie d'abord à partir de la philosophie et de l'idée de souveraineté, puis de la sociologie avec l'influence des structures familiales. Nous avons aussi regardé les contraintes internes et externes que subissait l'état-nation mais nous sommes restés dans le mondes des idées et nous avons négligé l'aspect physique du monde Le charbon et la grève efficace Dans un ouvrage récent Timothy Mitchell37 fait ressortir les liens qui unissent la démocratie et la mise à disposition des états d'occident d'une énergie abondante et locale : le charbon. Cette énergie fossile est, nous l'avons vu, à la racine de l'industrialisation de l'occident. Les caractéristiques principales du charbon sont une localisation dans les pays en cours d'industrialisation, une concentration d ouvriers dans les mines, en profondeur loin des contrôles de la hiérarchie 38 et une forte solidarité due au danger. Le transport du charbon se fait par le chemin de fer, qui devient incontournable 39 et irrigue les machines à vapeur des manufactures. Si la production ou la distribution du charbon s'arrête, l'économie du pays est en danger. C'est la première fois que les ouvriers ont un puissant levier pour négocier des conditions de travail et influer sur l'évolution de la société avec la demande du suffrage universel. Le XIX siècle et le début du XXè verront se dérouler de grandes grèves de mineurs et de cheminots dans les pays industrialisés. En 1902 aux USA sous la présidence de Theodore Roosevelt une grande grève réunit mineurs en Pennsylvanie. Les propriétaires, Philadelphia reading railway company refusent un arbitrage de l'état fédéral. La grève dure 9 mois. Finalement le président Roosevelt obtient pour les gréviste une augmentation de salaire de 10 % et une limitation de la durée de la semaine de travail. Quelques grandes grèves des mineurs en France La catastrophe de Courrières (Nord) 1906 La catastrophe de Courrières est la plus importante catastrophe minière d'europe. Elle a lieu entre Courrières et Lens, le samedi 10 mars 1906 et a fait officiellement morts. Elle tire son nom de la Compagnie des mines de Courrières qui exploite alors le gisement de charbon du bassin minier du NordPas de Calais. Ce gisement fournit alors 7 % de la production nationale de charbon. Un coup de grisou suivi d'un coup de poussier dévaste 110 kilomètres de galeries dans les fosses nos 2 à Billy-Montigny, 3 à Méricourt et 4-11à Sallaumines. Le choc a été si fort que les cages ne peuvent plus circuler dans le puits de la fosse n o 3 et que des débris et des chevaux ont été projetés à une hauteur de dix mètres sur le carrreau de la fosse. Trois jours après l'explosion, les recherches pour retrouver les survivants sont abandonnées et une partie de la mine est condamnée, pour étouffer l'incendie et préserver le gisement. Cette gestion de la crise par la compagnie minière a été particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. Le 30 mars, soit vingt jours après l'explosion, treize rescapés réussissent à retrouver le puits par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres, un quatorzième fut retrouvé quatre jours plus tard. La catastrophe provoque une crise politique et un mouvement social qui débouchent sur l'instauration du repos hebdomadaire. Face aux mineurs en colère, Georges Clemenceau, alors ministre de l'intérieur, mobilise gendarmes et soldats et envoie treize trains de renforts militaires. De nombreuses arrestations ont eu lieu. La grève des mineurs du 1er mars au 8 avril 1963 est la première de cette intensité depuis leurs échecs de Grève des mineurs du 1er mars au 8 avril 1963 fermeture des puits En plein cœur des Trente Glorieuses, les "gueules noires" ne se voient plus comme des travailleurs au sort socialement enviable, ce qu'ils avaient pu entrevoir à partir de 1946, quand le Statut et la Sécurité sociale minière leur avaient offert des acquis considérables pour l'époque. Leurs rémunérations sont désormais inférieures à la moyenne du privé et du public. La fin des années 1950 a été marquée par une recrudescence des accidents mortels. De surcroît, le plan Jeanneney de 1960 planifie la récession et les premiers puits commencent à fermer. Réquisition 37 Timothy Mitchell : Carbon democraty, le pouvoir politique à l'ère du pétrole. La découverte 2013 Sa perspective est de montrer comment la politique moderne celle de la démocratie représentative ne peut se comprendre, avant tout, sans l'étude de ses soubassements matériels et écologiques : «l'important est de lui restituer sa dimension physico-chimique» (p. 13). C'est ce qu'il nomme la Petrocratia. Timothy Mitchell enseigne à l'université Colombia de NY. 38 Ce qui n'est pas le cas dans les manufactures 39 On ne peut pas dérouter un train au moins au XIXè, le réseau ferré n'est pas maillé. 19/118

20 Face à cette situation bloquée, un arrêt de travail est décidé par les syndicats CGT, FO et CFTC à partir du 1er mars. La division, marquante en , s'est estompée. L'ordre de réquisition dans les mines, signé par de Gaulle le 2 mars et auquel les mineurs n'obéissent pas, met le feu aux poudres. Au lieu d'éteindre la combativité, il la décuple. Solidarité L'une des initiatives les plus originales est rappelée par la rétrospective : le 13 mars, mineurs lorrains se rendent à Paris dans quelques 400 voitures formant une file de 8 kilomètres ; ils reçoivent la sympathie de la population. Cette solidarité est l'une des grandes caractéristiques du conflit. En matière de droit au repos, un accord signé le 5 juillet donne une 5e semaine aux moins de 18 ans et l'équivalent d'une 4e aux autres mineurs la social-démocratie s'installe en Europe à la fin du XIXé siècle La social-démocratie de type allemand s'implante tout particulièrement en Autriche-Hongrie et en Scandinavie. S.P.D. allemand Après le départ de Bismarck en 1890, les syndicats se développent en Allemagne ; le parti allemand, qui prend en 1890 son nom définitif de Parti social-démocrate d'allemagne (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD), apparaît bientôt comme le modèle des autres partis européens. La social-démocratie se définit alors comme une alliance étroite formée par le parti politique socialiste et les syndicats - les dirigeants syndicaux étant souvent des élus du parti - pour constituer une expression politique du mouvement ouvrier, uni pour obtenir la réorganisation de la société dans un but de justice sociale. En 1900, les syndicats britanniques fondent un Comité pour la représentation du travail, pour avoir un interlocuteur fiable dans le système politique. Il se transforme en parti travailliste au terme des élections générales de 1906, au cours desquelles il gagne 29 sièges à la Chambre des communes. Le programme politique du labour party sera dicté par les trade-union jusqu'en 1994 et l'arrivée de Tony Blair 40 comme dirigeant du parti. Toujours en Angleterre on comprend mieux l'acharnement de Margaret Thatcher contre les mineurs, pendant la grande et longue grève des années 80. Grèves des mineurs en GB sous M Thatcher La grève dura de mars 1984 à mars Elle marquait l'opposition de l'union nationale des mineurs (National Union of Mineworkers) au projet de la Commission nationale du charbon (National Coal Board), soutenu par le gouvernement de Margaret Thatcher, de fermer 20 mines de charbon déficitaires. Il y eu blessés ; manifestants ont été arrêtés et plus de 200 traduits en justice Pour Margaret Thatcher, il s'agit, après avoir défait le «socialisme démocratique» dans les urnes, de battre le «socialisme non démocratique» in Mémoires, introduction du chapitre 13 : L'insurrection de M. Scargill 1.3. En France pas de social-démocratie. La Charte d'amiens adoptée au congrès de la CGT41 en 1906 assigne au syndicalisme un double objectif et une exigence : la défense des revendications immédiates et quotidiennes et la lutte pour une transformation d'ensemble de la société en toute indépendance des partis politiques et de l'état Une période révolue La montée en puissance de la consommation de pétrole dans l'après deuxième guerre mondiale marque la fin de cette période de démocratie en marche. Le point final en sera l'échec des grèves des années 60 en France et le coup fatal par l'écrasement des grèves des années 80 au Royaume Uni.Le graphique ci-dessus montre les trois âges des énergies de 1780 à Le charbon a permis la marche en avant de la démocratie en Europe mais il a induit la colonisation pour obtenir les matières premières nécessaires à son utilisation, (Coton, sucre, café, cacao, arachide. ) Le suffrage universel masculin : Grèce 1844, France 1848, Allemagne1871, 1879 Bulgarie Finlande 1906, Angleterre 1918, Italie 1919, Belgique, et Pologne Chef du parti travailliste en juillet 1994, Tony Blair annonça son intention de changer la charte du parti qui datait de 1918 en enlevant les clauses typiquement socialistes comme la mise en commun des moyens de production et résuma le nouveau visage du parti par l'expression New Labour. Il devient premier ministre en Il n'y en 1904 qu'une seule confédération syndicale. La division viendra après le congrès de Tours qui verra la scission SFIO et PC et la création de la CGTU scission de la CGT. 20/118

21 Suffrage universel féminin 1906 Finlande, 1913 Norvège, 1919 Suède, Autriche, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne 1928 RU et Irlande 1931 Portugal, Brésil 1937 Bulgarie 1944 France, 1945 Hongrie, Italie 2. Le pétrole et la pétrocratie La substitution du pétrole au charbon est une histoire qui s'étend sur plus d'un demi siècle comme on peut le voir sur le schéma ci-dessus. Le principal défi que pendant plusieurs décennies les compagnies pétrolières occidentales devront relever ne sera pas de découvrir de nouveaux gisements pour que l offre puisse enfin répondre à la demande mais de s arranger pour que la production de pétrole soit toujours en retard sur la demande. Les solutions qu elles vont imaginer pour atteindre cet objectif (rendre rare une ressource abondante) auront un profond impact sur l histoire du MoyenOrient, de l Occident et de ses rapports avec l Asie. Cette lutte couvre le XXè siècle 2.1. Les différences entre pétrole charbon Au XIXè siècle et début du XXè, le charbon est extrait de mines profondes. Une fois extrait il est prêt à l'emploi. Le lieu de production est un endroit stratégique pour les ouvriers, c'est de là qu'ils tirent leur pouvoir de négociation. Le transport par le chemin de fer est le deuxième lieu de pouvoir, il n'y a pas d'alternative au train de charbon ou de minerai. Quant au pétrole il jaillit tout seul en surface, ou bien remonte avec une pompe ce qui demande peu de main d œuvre42. Mais un fois en surface il est inutilisable en l'état il faut le raffiner, c'est à dire séparer les divers composants. Le transport par oléoduc vers les raffineries 43, permet d'échapper au chemin de fer. Oléoduc En 1877, une entreprise : la Tidewater Oil Company produisant du pétrole brut dans l ouest de la Pennsylvanie, pour ne pas tomber sous la dépendance des compagnies ferroviaires assurant le transport de ses produits, décide de construire un long oléoduc de plus de 175 kilomètres allant des têtes de puits à la région des raffineries. La raffinerie demande des capitaux et des techniciens qualifiés, pour tirer le meilleur parti de tous les constituants du pétrole brut. En un demi siècle le pouvoir de bloquer l'économie passera ainsi progressivement des mains des ouvriers aux mains des détenteurs de capitaux Monopole national et marché mondial les acteurs avant Aux USA le sous sol appartient au propriétaire du terrain. Ailleurs le sous-sol appartient à la collectivité ( tribu, état etc..). Pour prospecter et forer il faut obtenir une concession limitée dans le temps et l'espace. 43 L'industrie pétrolière naît en Roumanie, avec la première raffinerie en 1857 à Ploieşti, qui alimente les lampes de l'éclairage public de Bucarest. La production s'élève à 200T en /118

22 Avant 1914 les lieux de productions sont limités, USA et Amérique du Sud, Bakou sur la mer Caspienne, Birmanie et empire austro-hongrois ( Roumanie). Lieux de production en 1910 Dans les années 1910, on a déjà découvert des champs pétrolifères importants au Canada (Alberta), en Indonésie (Sumatra 1885), en Perse (Masjed Soleiman, 1908), au Pérou (Zorritos, 1863), au Venezuela et au Mexique : le domaine pétrolier se considère très vite dans sa dimension mondiale et devient crucial lors des années de course aux champs pétroliers, aux États-Unis et en Mésopotamie. Au USA la Standard-Oil de Rockfeller44, contrôle le raffinage et achète la production en sortie de puits. Elle négocie des tarifs auprès des compagnies ferroviaires avant de passer au pipe-line. Son slogan : un pétrole standard, qui éclaire de façon uniforme dans le monde entier 45. En 1900 la Standard-Oil commercialise 90 % du pétrole lampant aux USA. La compagnie sera démantelée entre 1911 et 1914 en vertu du Sherman Act du 2 juillet , après une rude compagne de presse menée par la journaliste Ida M. Tarbell, fille d'un exploitant ruiné par la Standard-Oil. En Europe les frères Nobel et la famille Française des Rothschild exploite le pétrole à Bakou. La Shell de Samuel Marcus transporte, dans ses pétroliers, le pétrole brut depuis Bakou vers la Moyen Orient et l'asie par la canal de Suez. En Extrême Orient :La Royal Dutch Petroleum Company fondée en 1890 exploite les puits de pétrole à Sumatra. Pour résister à la Standard-Oil la Shell et la Dutch fusionnent en 1907, donnant naissance à la Royal Dutch-Shell En Birmanie la Burma-oil Company, est fondée avec des capitaux écossais en Le pétrole est consommé dans les Indes britanniques voisines. Au Moyen Orient : L'existence de pétrole ( le bitume de la Bible) est connu depuis l antiquité. Le problème pour la Grande-Bretagne est l'absence de pétrole sur son sol. Cela va être tout l'enjeu du Moyen Orient au début du XXè siècle. Dès 1892, l'angleterre avait signé un traité de protectorat avec le cheikh de Bahrein et, en 1899, avec celui de Koweit. Cet accord fut confirmé le 29 juillet 1913 quand le gouvernement ottoman reconnut le protectorat de l'angleterre sur le petit émirat. Le souverain du Koweit s'engagea, le 27 octobre suivant, à n'accorder d'éventuelles concessions pétrolières qu'aux «personnes désignées par le gouvernement britannique». L'ANGLO-PERSIAN OIL COMPANY47 est fondée en 1909 (Burmah Oil achète 97% des parts). Churchill qui a compris l importance du pétrole pour l armée et en particulier la marine 48, après avoir négocié avec SHELL va faire en sorte que l amirauté acquiert (en mai 1914) 51% de cette compagnie. Deux ans auparavant la compétition règne entre l'angleterre et Russie cherchant un accès aux mers libres de glaces, dans les confins du Caucase et en Afghanistan. En 1907 un accord est trouvé pour le partage de la Perse : voir la carte ci-contre, le sud en jaune, proche du Baloutchistan indien est sous influence anglaise, le nord au sud de la mer Caspienne est sous influence russe, entre les deux une zone neutre. L'Empire Ottoman, l'homme malade de l'europe est toujours vivant. En 1914 il couvre la Turquie, l'irak, la Syrie, la Palestine, la rive est de la mer rouge. L'Allemagne a des intérêts important dans l'empire Ottoman, elle construit la ligne de chemin de fer Istanbul Bagdad, avec l'autorisation de prospecter l'existence de pétrole tout le long du tracé sur une bande de 20 km de large de chaque coté. Pour exploiter les champs pétroliers irakiens une compagnie est créée en 1912, la Turkish Petroleum Company (TPC) par l'entremise d'un Arménien 44 John Davison Rockefeller (8 juillet 1839 mort le 23 mai 1937 à 97 ans) 45 La standard-oil donne les lampes à pétrole en Chine et vend le pétrole. 46 Premier acte anti-trust 47 APOC : future British Petroleum. 48 Le moteur diesel permet une vitesse de pointe supérieure à celle des navires à vapeur. Le mise en œuvre est plus rapide. 22/118

23 Calouste Sarkis Gulbenkian ( )49. La Compagnie englobe la Royal Dutch Shell (25%), la Banque Nationale de Turquie (35%), les intérêts allemands (25%), ainsi que les 15% restants qui sont entre les mains de Calouste Sarkis Gulbenkian. À la veille de la première guerre mondiale, tous les acteurs sont en place. Les états, essentiellement le RU et les Indes Britanniques, les majors compagnies : Standard-Oil et ses sœurs, Royal Dutch-shell, TPC, APOC ( futur BP), Il manque la Compagnie Française des Pétrole (CFP futur Elf/Total ) Nous voyons apparaître une nouvelle forme d'entreprise, qui cherche un position de monopole et s'implante par la nature du produit sur tous les continents. Ce sont les premières firmes multinationales. Elles traitent avec les états, sans égard pour les peuples et le développement local, leur but c'est le profit à redistribuer aux propriétaires. Nous l'avons vu l'invention du moteur à explosion à créé un débouché au pétrole états-unien. A la fin du XIX éme siècle la mécanisation agricole est déjà bien avancée il manque le tracteur. Ce sera le premier débouché de masse La partie de poker au Moyen Orient : France, GB, USA La doctrine du président Monroë énoncée le 2 décembre 1923, a éloigné les USA du théâtre politique européen et moyen oriental51. Pendant la guerre l'empire Ottoman se range au côté de l'allemagne. Sa défaite va entraîner son démembrement. Accord Sykes- Picot mai 1916 Les accords de Sykes-Picot en 1916, entre la France et la Grande Bretagne, alors que le premier conflit mondial n était pas encore terminé, offrirent la Syrie et le Liban à la première, la Palestine et la Mésopotamie à la seconde. Les Britanniques soutinrent pourtant en 1918 la nomination au trône de la région syrienne leur allié, l émir Fayçal, du clan des Hachémites, fils de l émir Hussein de la Mecque, à qui ils avaient promis par l intermédiaire du Colonel Lawrence, un grand royaume arabe, et qui depuis 1916 menait la lutte aux côtés des Anglais. En novembre 1917, le ministre des affaires étrangères britanniques, Balfour, avait également promis aux sionistes l établissement d un foyer national juif en Palestine ce qui ne plaisait guère aux nationalistes arabes. L idée d un État-tampon juif pour limiter l influence française d abord puis ensuite pour faire obstacle à un mouvement arabe était déjà en germe. La SDN Président Wilson énonce le droit des peuples à l'autodétermination : La doctrine qui fonde la pratique des mandats est à double détente. Le but ultime est de civiliser les populations autochtones (en leur donnant la possibilité de se rendre maîtresses d elles-mêmes) tout en mettant à disposition du monde civilisé (et donc occidental) les ressources qu elles détiennent (i.e. le pétrole) et dont il a besoin. Cette prise de contrôle trouve sa justification dans le principe d auto-détermination énoncé par Wilson en 1918 pour faire pièce à la montée du bolchévisme. Mitchell localise l apparition de ce principe dans les mines d or d Afrique du Sud au cours des années 1880 lorsque les Britanniques s efforcent de répondre aux revendications des Afrikaners blancs. Pour le colonisateur, l auto-détermination présente l avantage décisif d être inapplicable là où on envisage de l appliquer c est-àdire dans des pays où les populations autochtones ne sont pas encore capables de se gouverner elles-mêmes. Que l on soit en Égypte, en Afrique du Sud52, ou au Moyen-Orient, il faut donc se faire une douce violence et accepter que ce soient les minorités blanches qui prennent en main, mais bien entendu de manière provisoire, les destinées du pays et qu'elles s attellent à la formation jamais achevée des élites indigènes. San Remo Avril 1920 modifie l'accord Sykes Picot. Le vilayet de Mossoul, dont les droits sont abandonnés par la France depuis décembre 1918, est placé sous tutelle britannique contre l octroi à l Hexagone d une participation de 25 % à l exploitation des gisements de pétrole. 49 Il avait acquis des concessions en Irak. Amateur d'art ; monsieur 5 % a créé la Fondation Calouste-Gulbenkian à Lisbonne. 50 C'est le modèle Burger, né aux États-Unis en 1889 qui est cité comme le tout premier tracteur de l'histoire du machinisme agricole. Il fonctionnait au pétrole 51 Au début du XXe siècle, Theodore Roosevelt ( ) prononce «le corollaire de la doctrine de Monroe». Ce discours ne prône plus une neutralité absolue, en affirmant que le pays ne souffrirait pas que l'on s'oppose frontalement à ses intérêts. Il permet aussi de justifier les désirs d'expansion américaines vers les Philippines et Cuba. 52 Jan Christiaan Smuts ( ), premier ministre de l'afrique du Sud de 1919 à 1924 puis de 1939 à Il fut aussi l un des artisans de la création de la Société des Nations, en dépit de ses réticences concernant la montée en puissance de l influence américaine. Il plaida pour que les anciennes colonies allemandes soient désormais gérés par des mandats délégués par la future SDN. 23/118

24 Depuis la guerre, les Britanniques ont en effet pu mesurer l importance stratégique du pétrole. Un monopole européen commence ainsi à se mettre en place sur le pétrole du Moyen-Orient. Traité de Djeddah le retour des USA En mai 1927, la Couronne britannique signe le Traité de Djeddah avec le jeune et victorieux Ibn Seoud, pacte de non-agression aux termes duquel celui-ci «s'engage à maintenir des rapports amicaux et pacifiques avec les territoires de Koveit et de Bahrein, ainsi qu'avec les cheiks de El-Kattar et de la côte d'oman, avec lesquels le Gouvernement de Sa Majesté britannique entretient des relations spécialement déterminées par traité Mais dès 1933, ce sont les États-Unis qui obtiennent une concession au profit de la Standard Oil of California (SoCal), avec l'aide de Harry St. John Philby ( ), ex administrateur de l'indian civil service, envoyé en Irak pendant la guerre et devenu marchand à Djeddah, converti à l'islam Wahhabite Monopole et ententes externes. Accord de la ligne Rouge En 1928 à Ostende, Gulbelkian trace un ligne rouge sur une carte : les compagnies signataires s engagent à ne pas travailler séparément à l intérieur de l espace circonscrit par cette ligne rouge. à l intérieur : l Arabie Saoudite, les émirats du Golfe, le Qatar et le Bahreïn. à l extérieur de la ligne : le Koweït, l Égypte et le Sinaï La répartition géographique est la suivante : Anglo-Iranian couvre l Iran Gulf et Anglo-Iranian couvrent le Koweït L Irak Petroleum Company (IPC)53 couvre l Irak et Qatar l Aramco54 couvre l Arabie Saoudite et Bahreïn L accord de la ligne rouge a laissé le champ libre aux compagnies américaines qui ne sont pas liées par cet accord c est-à-dire Gulf et Texaco et il bloque aussi les compagnies européenne 1928 Le cartel : rencontre d'achnacarry Une réunion secrète au château écossais d'achnacarry le 28 août 1928, à l'invitation de Henry Deterding 55 président de la Shell, réunit les présidents de l'apc et de la Standard oil pour une chasse au coq de bruyère. L'accord signé et gardé secret il prévoit la répartition des bénéfices des compagnies concernées, ainsi que la calcul du prix du pétrole (Gulf Plus56) en tout point du globe. Le cartel, essentiellement anglo-saxon, est né, et règnera sans grande opposition sur le pétrole mondial jusqu'en L' Anglo Persian, Standard Oil et Shell, à l'instar du Portugal et de l'espagne se partageant le monde, en font autant lors de la réunion d'achnacarry. En peu de temps, Gulf, Socony, Texaco et Atlantic les rejoignent Début du XXè siècle : Maîtriser la production : Avant la crise de 1929, le pétrole est encore minoritaire dans la consommation mondiale loin derrière le charbon. Le problème des compagnies pétrolières n'est pas fournir le pétrole en abondance et au meilleur prix mais de limiter la production en dessous de la demande pour maintenir les prix et leurs profits.nous avons vu les manœuvres entreprises par les majors Deuxième guerre mondiale : Le pétrole dans la guerre Une guerre mécanisée demande du carburant en grande quantité, c'est devenu le nerf de la guerre Shell Au début des années 1930, Henri Deterding (Shell), rêvant de Bakou, rencontre Adolf Hitler, avec lequel il étudie un plan d'approvisionnement de l'allemagne en pétrole ; mais en 1936, il est contraint à la démission. Torkild Rieber (Texaco) prend immédiatement le relais. L'Allemagne n'a pas d'argent ; qu'importe, il se fera payer en pétroliers, et alimentera l'allemagne jusqu'en La recherche du pétrole par les Allemands et les Japonais 53 IPC 1929 : Les compagnies françaises ont la même part que celle des compagnies américaines, tandis que celles de Grande-Bretagne ont exactement le double. 52,5% + 21,25% + 21,25% = 95%, Gulbekian renforce son nom de Monsieur 5% 54 Aramco créée en 1933 répartition capital :Texaco 30% Socal (Chevron) 30% Esso 30% Mobil 10% 55 Henri Wilhelm August Deterding né le 19 avril 1866 à Amsterdam et décédé le 4 février 1939 à Saint-Moritz 56 C'est le prix du pétrole du Texas le plus cher. Au M.O. le coût d'extraction est de 10 à 30 cents livré raffinerie à laquelle il est vendu 2$. soit un multiplicateur de 6 à /118

25 L'Allemagne envahit la Roumanie pour son Pétrole. Pour éviter la main mise de l'allemagne sur la Syrie pétainiste, l'angleterre occupe l'irak après un coup d'état favorable à l Allemagne. En Afrique du nord Romel cherche à s'emparer de la Libye, enfin l'avance vers le Caucase vise les champs de pétrole de Bakou, l'arrêt se fera à Stalingrad. En juillet 1940, les États-Unis, qui contrôlaient 80 % du pétrole consommé par le Japon, décrètent un embargo pétrolier partiel, puis total en juillet 1941 à l'encontre de l Empire du Japon ; La réplique sera Pearl Harbor en 7 décembre Le 17 décembre Japon envahit le Sarawak ( Bornéo) pour son pétrole. L'avance rapide des forces japonaise vers la Birmanie oblige les britanniques à détruire les installations pétrolières. Enfin après le débarquement en Normandie, les alliés immergent un pipeline sous la Manche Moyen-orient Sortie de War II Rencontre à bord du Quincy 14 février 1945 entre la président F. D. Roosevelt et le roi Ibn Saoud : Un pacte qui comportait plusieurs aspects décisifs dans la région était né. Les USA garantissaient la protection du régime saoudien à la fois contre l Égypte, le vieil ennemi jordanien, le Shah et l Iran en somme contre tout danger provenant du Monde arabe, moyennant un approvisionnement en pétrole à prix modérés. Les compagnies américaines pouvaient s installer en louant les terrains contre le versement d une prime reversée au roi Ibn Saoud, et ce pour une durée de 60 ans. Ce pacte a été renouvelé récemment, lors de la visite du roi Abdallah d Arabie aux États-Unis en avril En 1947, les États-Unis deviennent définitivement importateurs nets de pétrole, une énergie pour eux essentielle qui leur apporte vitalité industrielle et puissance militaire, et dont ils maîtrisent la technologie et le savoir-faire. Breton Woods Le nouveau système monétaire fixe le dollar comme monnaie de référence, seul convertible en or, ce qui entraîne que le marché du pétrole est libellé dollars. Avec le nouveau système monétaire ce qui importe c'est la circulation de la monnaie et non plus des marchandises. L'économie est née elle va gouverner le monde jusqu'en Décolonisation et OPEP 1960 Avec la décolonisation, les pays du Moyen Orient et d'amérique du sud se réveillent. A l'initiative du Vénézuela l'organisation de Pays Exportateurs de Pétrole ( OPEP) est créée en septembre Le partage du prix du baril se fait 50/50 entre la compagnie et le pays. L'OPEP établit de quotas d'exportation en pourcentage. L'Arabie Saoudite devient le gendarme. ( En vert membres, en jaune anciens membres) Les pétrodollars affluent dans les monarchies du Golfe. Pour recycler ces sommes colossales les USA misent sur l'aspect sécurité et vendent des armes aux monarchies sunnites. La hausse des prix du pétrole suite aux deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 conduit les pays sous-développés dans la spirale de la dette d'état Sauver la terre En 1970, avec la publication du rapport du club de Rome «halte à la croissance» se fait jour la prise de conscience de la finitude de la Terre. En 1972 le sommet de la terre de Stockholm a placé les questions écologiques au rang des préoccupations internationales cela marqué le début d'un dialogue entre pays industrialisés et pays en développement concernant le lien qui existe entre la croissance économique, la pollution de l'indivis mondial (l'air, l'eau, les océans) et le bien-être des peuples dans le monde entier La crise de l énergie et l'émergence du marché. L'alerte est grave pour les majors company, si le prix du pétrole devient élevé l'énergie nucléaire va devenir compétitive. Dans un premier réflexe les Majors investissent dans les mines d'uranium puis elles communiquent 25/118

26 sur une crise globale de l'énergie. C'est de cette époque que date la liaison entre le prix du gaz et celui du pétrole. Et pourtant les pays producteurs de gaz proposent des contrats à 20 ans pour assurer l'amortissement des gazoducs et des infrastructures de distribution. La solution idéologique proposé est de faire confiance au marché qui prend la place de l'économie pour gouverner le monde. C'est aussi à cette époque qu'apparaissent les produits dérivés, comme les ventes «futures» qui permettent de vendre dans le futur un bien, à un prix convenu maintenant. Quand on se rappelle ce que nous venons de voir, c'est à dire l'extraordinaire énergie dépensée par les majors pour fausser la concurrence, établir des monopoles de faits et des ententes on reste très dubitatif sur l'avenir. Conclusion Au cours du XIX et XXè siècle les pays industrialisés ont vu émergé une nouvelle forme de gouvernement la démocratie. Celle-ci est née au milieu des luttes du peuple pour obtenir de meilleures conditions de vie et la possibilité de participer au gouvernement du pays à travers le suffrage universel. C'est la spécificité de l énergie du charbon qui a favorisé cette émergence, car la grève a donné le moyen aux ouvriers de se faire entendre. Fin du XXè siècle le pétrole domine. Le pouvoir est jalousement gardé par les majors company, au détriment des peuples des pays producteurs de pétrole. Ces derniers n'ont jamais eu entre les mains les outils le permettant de se faire entendre. L'Arabie Saoudite, avec sa religion rigoriste sert de gendarme en veillant sur le prix du pétrole, sous le regard bienveillant des USA. Il est curieux que les USA soutiennent les régimes autoritaires et ultra-religieux au Moyen Orient, et non les régimes autoritaires et laïque. Mais les USA font face à un nouveau défi, l'émergence de la Chine. Leur regards se tournent vers l'océan Pacifique. Les gaz de schistes sont pour les USA une opportunité de redevenir exportateur de pétrole. En conséquence ils se désintéressent de plus en plus du Moyen Orient ( désengagement en Afghanistan et en Irak), contact avec l'iran. Le Moyen-Orient devient le problème de l'europe, son voisinage proche. Ce désengagement ne fait pas l'affaire des majors company Nous sommes dans une société dont le carburant est l'information, la forme de gouvernement doit changer. Les révolutions arabes en sont peut-être les prémices. Bernard Castiglioni le 05/11/2013 Sommaire 26/118

27 UTL Faits de société Énergies matières premières et mondialisation mercredi 20 novembre 2013 N 4 Les énergies nouvelles Introduction Nous avons vu les utilisations des énergies traditionnelles : bois, charbon et lignite, pétrole et gaz. Après que l'homme a marché sur la lune sa vision du monde a changé 57. Le sommet de la terre à Stockholm en , sous l'égide des Nations Unies a mis l'accent sur la finitude de la planète et la protection de la biodiversité. La notion de crise de l'énergie émerge à ce moment comme nous l'avons vu lors de la dernière conférence. On ne parle pas encore de développement durable ni de changement climatique, mais on parle à ce moment là de pic de production du pétrole59 et donc de son épuisement à moyen terme. En 1970 les majors compagnies pétrolières étaient déjà expropriées de leur concession par les monarchies du Moyen Orient. Les nouveaux états issus de la décolonisation veillent sur leurs ressources terrestres. En conséquence les capacités financières et techniques des Majors cherchent de nouvelles zones de prospections. C'est cette histoire que nous allons aborder. Nous verrons d'abord les énergies fossiles non conventionnelles puis les énergies renouvelables. Dans les 4 conférences suivantes nous traiterons d'abord de l'environnement ( changement climatique), puis les aspects sécurité/sûreté ensuite de la transition énergétique et enfin de la géopolitique des énergies. 1. Énergies fossiles non conventionnelles 1.1. pétrole off-shore Les grandes compagnies pétrolières américaines ont vu leurs réserves pétrolières fondre très rapidement à partir des années 1980 ; alors qu'elles possédaient pratiquement 100 % des réserves mondiales au lendemain de la deuxième guerre mondiale, elles n'en possèdent plus que 17 % en 2010, le restant étant maintenant entre les mains de compagnies nationales. En 2010, la production représente 30 % de la production mondiale de pétrole (avec 25 millions de barils par jour) et 27 % de celle de gaz. L'offshore représente par ailleurs 20 % des réserves mondiales de pétrole et 30 % de celles de gaz. Cette exploitation est menée par les Majors company Cycle de vie d'un puits de pétrole La mise en production d'un nouveau gisement de pétrole intervient après un intervalle de temps compris entre quelques années et quelques décennies après sa découverte. Ce délai peut être particulièrement long si son exploitation nécessite le développement de techniques nouvelles comme ce fut le cas du pétrole issu de l'offshore profond. Au début de la production, le pétrole jaillit spontanément du puits (technique de récupération dite primaire utilisée pour environ 40 % de la production). Dans une deuxième phase, il faut forcer le pétrole à jaillir en introduisant de l'eau ou du gaz (technique de récupération secondaire utilisée pour moins de 60 % de la production) ce qui nécessite une dépense en énergie croissante. En dernier ressort des techniques encore plus coûteuses comme l'injection de vapeur chaude pour augmenter la fluidité du pétrole peuvent être dans certains cas utilisées (technique de récupération tertiaire utilisée pour moins de 2 % de la production). La production est arrêtée lorsque l'énergie nécessaire pour extraire un litre de pétrole dépasse celle contenue dans ce même litre en tenant compte des autres coûts d'exploitation (maintenance, coûts humains, transport). Durant la phase de déclin, la production décroît à un rythme qui dépend de la géologie du gisement et des méthodes d'extraction utilisées : la moyenne est de 4 % (soit 25 ans pour épuiser le gisement après son pic) mais le déclin constaté est semble-t-il beaucoup plus rapide sur les gisements exploités récemment du fait des techniques mises en œuvre. Lorsque la production est arrêtée, il peut rester de 15 à 99 % de pétrole (en moyenne 65 %) en place dans le gisement, non récupéré. 57 Michel Lussault «L'avénement du Monde» Seuil Les méthodes de prévision de ce pic s inspirent des travaux du géologue Marion King Hubbert qui avait, dans les années 1950, pronostiqué avec succès le pic de la production de pétrole américaine. 27/118

28 1.2. gaz et huile de schiste Les gisements sont mieux répartis que ceux de pétrole. Mais le gaz ou l'huile sont disséminés dans la roche. Il faut produire des canaux d'évacuation, c'est la fracturation. Pourquoi hydraulique60? Parce que l'on injecte de l'eau sous pression avec des additifs et du sable pour maintenir les fissures ouvertes. On notera que le gaz (ou l'huile) se trouve au dessous des aquifères ( réserve d'eau potable). Le risque c'est la remontée des additifs dans ces aquifères. Les réserves non prouvées dans le monde sont estimées à 207 billions de m³ de gaz de schiste (32 % des réserves totales de gaz naturel) et 345 milliards de barils d'huile de schiste (10 % des réserves totales de pétrole) Sable bitumineux Un sable bitumineux (ou bitumeux) est un mélange de bitume brut, qui est une forme semi-solide de pétrole brut, de sable, d'argile minérale et d'eau. En d autres mots, c est un sable enrobé d une couche d eau sur laquelle se dépose la pellicule de bitume. Plus la pellicule de bitume est épaisse, meilleurs sont les sables bitumineux en termes de quantité de pétrole extractible. Après extraction et transformation des sables bitumineux, on obtient le bitume, qui est un mélange d hydrocarbures sous forme solide, ou liquide dense, épais et visqueux. Les gisements de sable bitumineux représentent une importante source de pétrole brut de synthèse, ou pétrole non conventionnel. Les principales réserves se situent en Alberta (Canada) et dans le bassin du fleuve de l'orénoque, au Venezuela. De plus petits gisements de Alberta extraction sable bitumineux sables bitumineux existent dans d'autres endroits du monde. Au Canada, ces trois gisements ensemble contiennent environ 1,8 billion de barils (290 milliards de m3) de bitume, une quantité comparable en ordre de grandeur à l'ensemble des réserves de pétrole conventionnel au monde. En 2012, la production de bitume brut à partir des sables bitumineux a été en moyenne de 1,9 million de barils par jour (b/j). L extraction du bitume se fait par le procédé à l eau chaude mis au point par Karl Clark en Ce procédé consiste à placer le sable bitumineux dans d énormes tambours rotatifs et à le mélanger avec de l eau chaude et de la vapeur. Le bitume se sépare du sable et se lie aux bulles d air Hydrate de méthane 60 Pendant les changements d'angle et de direction, en particulier lorsqu'on utilise un moteur en tête de forage, un instrument de mesure en cours de forage est ajouté à la chaîne de forage pour fournir des mesures en continu qui peuvent être utilisées pour faire des ajustement (presque) en temps réel. 28/118

29 Un hydrate de méthane est un composé d'origine organique naturellement présent dans les fonds marins, sur certains talus continentaux, ainsi que dans le pergélisol des régions polaires. La formation de ces hydrates constitue l'un des puits de carbone planétaires, mais elle est très instable quand sa température dépasse un certain seuil. gisements d'hydrate de méthane 2. Énergies renouvelables Le sommet de la terre de Stockholm en , sous l'égide des nations unies a mis l'accent sur la finitude de la planète et la protection de la biodiversité. On ne parle pas encore de changement climatique. Les idées mûrissent lentement, il faut attendre 1987 et le rapport Grundland 62 pour qu'émerge la notion de développement durable. Il y a peu de temps encore, la planète était un vaste monde dans lequel l activité humaine et ses effets étaient regroupées en nations, en secteurs (énergie, agriculture, commerce), et en domaines de préoccupation (environnementale, économique, sociale). À l heure actuelle, ces compartimentations s'estompent. C est vrai notamment des diverses «crises» mondiales dont se soucie tant le public, depuis une dizaine d années surtout. Il ne s agit pas, en effet, de crises isolées : une crise de l environnement, une autre du développement, une autre énergétique. Non, de crise, il n y en a qu une. Rapport Grundland p 10 Cette idée sera reprise au sommet de Rio en 1992 vingt ans après le sommet de Stockholm. C'est de cette conférence que sont issus les agenda 21 ( comme XXIème siècle) 64 La Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement -- connue sous le nom de Sommet "planète Terre" -- a adopté une déclaration65 qui a fait progresser le concept des droits et des responsabilités des pays dans le domaine de l'environnement. La Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement témoigne de deux grandes préoccupations apparues pendant l'intervalle de 20 années séparant ces deux conférences : la détérioration de l'environnement, notamment de sa capacité à entretenir la vie, et l'interdépendance de plus en plus manifeste entre le progrès économique à long terme et la nécessité d'une protection de l'environnement. Introduction de la déclaration du sommet de Rio 1992 La croissance de la consommation ne diminuant pas, la recherche de source d'énergie se développe de plus belle. Je distinguerai les énergies qui donnent de l électricité et de la chaleur et celles qui donnent des carburants. A Production d'électricité Pour produire de l'électricité il faut faire tourner un générateur, évacuer le courant vers les consommateurs éolien Principe Le mat mesure 120m et les pales 60 m. Le générateur entraîné par les pales fournit de l 'électricité sous forme de Rapport de la Commission mondiale sur l environnement et le développement de l ONU, présidée par Madame Gro Harlem Brundtland Avril Portail Agenda 21 France celui de l'agglo d'orléans /118

30 courant continu. Il faut transformer celui-ci en courant alternatif et l'injecter à la bonne tension ( V) et la bonne fréquence dans le réseau via une sous-station. C'est le rôle du transformateur au pied du mat. Dans un champ d'éoliennes, elles sont toutes raccordées ensemble. De plus pour la maintenance le champ est raccordé informatiquement au gestionnaire. Ce raccordement consomme de l'électricité. Comparaisons Les éoliennes modernes ont une puissance installée de 2MW. Un réacteur nucléaire une puissance installée de 900MW soit l'équivalent de 450 éoliennes. Un centrale thermique a une puissance de 120MW à 750MW, soit 60 à 375 éoliennes. La construction proprement dite d'une éolienne prend 1 à 2 ans après obtention des autorisations. La durée d'exploitation est de 20 à 25 ans. Où implanter? On installe un champ d'éoliennes dans une région ventée aurait dit M. de La Palisse. Pour démarrer, une turbine nécessite un vent minimum de 12 à 15 km/h ( 3,3 et 4m/sec). Pour que la machine produise à pleine puissance, les vents doivent aller de 45 km/h à 90 km/h ( 12 à 25m/sec). Au-delà de 90 km/h, la turbine est arrêtée et se met en protection pour des raisons de sécurité. Les éoliennes ont résisté à la tempête de Facteur de charge En moyenne en Europe une éolienne terrestre fonctionne 2000h par an pour 8760 h possibles.on parle d'un facteur de charge de 22 %. Ce qui veut dire qu'une éolienne terrestre de 1MW fournit en 1 an 1x2000 = 2000MWh soit 2GW. Pour une éolienne offshore ( installée en mer) le facteur de charge et de 34 % soit 3000h par an. Éolien offshore Le relief crée des turbulences qui diminuent le rendement des éoliennes. C'est en mer que le vent est le moins turbulent et le plus régulier d'où l'intérêt d'y implanter des champs d'éoliennes. Parc anglais de Sherigham. 30/118

31 Pourcentage d'électricité d'origine éolienne Installation en Europe offshore et terrestre Le Danemark est en tête avec 26 % de sa production d'électricité, viennent en suite entre 15 % et 10 % respectivement l'espagne, le Portugal, l'irlande et l'allemagne. La France est loin avec 3 %. Près de 56 % de la capacité du parc éolien français est installé dans 5 régions (par ordre de puissance) : la Champagne-Ardenne (970 MW) ; la Picardie (875 MW) ; la Bretagne (678 MW) ; le Centre (666 MW) la Lorraine (621 MW). Puissance installée dans le monde On trouve dans l'ordre la Chine, les USA, l'allemagne, l'espagne et l'inde. La différence avec la tableau précédent s'explique comme ceci : dans le premier tableau il s'agit du pourcentage de la production d'électricité d'origine éolienne, ( un petit pays à besoin de moins d éoliennes qu'un grand pays ), dans le deuxième tableau il s'agit de la puissance installée en MW, d'où l'avantage des grands pays. On remarquera que les pays émergents ne sont pas en retard. Conclusion sur l'éolien Un réacteur nucléaire a un facteur de charge de 80 % donc 900 MWe correspondent à 720 MWe produits. Avec l'éolien offshore des éoliennes de 3MW et un facteur de charge de 34 % soit 1MW il faut 720 éoliennes pour remplacer un réacteur. Le champ danois de Anholt comprend 111 éoliennes. Nous avons vu les contraintes de l'intermittence dans une précédente conférence. Le problème du stockage devient primordial, nous y consacrerons un chapitre. Pour les tenants de l'économie hydrogène, tels l'économiste Jeremy Rifkin 66, les énergies renouvelables comme le vent ne doivent d'ailleurs être considérées que comme des sources d'hydrogène, le problème de leur absence de souplesse n'intervenant alors plus sur la consommation finale Solaire localisation du gisement solaire : Production par centrale à concentration Le principe : on concentre les rayons du soleil sur un récepteur rempli d'un liquide qui sera porté à haute température. Ce liquide chauffera de l'eau pour produire de la vapeur qui entraînera une turbine. On retrouve une centrale thermique mais la source de chaleur est le rayonnement solaire concentré. Pour avoir un bon rendement il faut une source froide d'où la nécessité de refroidir, généralement avec de l'eau. Le rendement énergie solaire de chaleur stockée est de l'ordre de 4 %. La turbine a un rendement de 40 %. 66 Jeremy Rifkin «La Troisième Révolution Industrielle» 31/118

32 Le soleil ne brillant pas la nuit, un stockage de la chaleur est prévu dans une masse de sel fondu ( nitrate de sodium). La durée de stockage est de16 h. Cette chaleur emmagasinée produit la vapeur nécessaire au fonctionnement des turbines en l'absence de soleil. Surface occupée : Le rendement maximal des centrales à tour à cycle de Rankine est de l ordre de 22% pour un rendement annuel net d environ 16%. L empreinte au sol sans stockage est de 4 ha/mwe. Donc pour remplacer un remplacer un réacteur nucléaire il faut un espace de 720x4= 2880 ha, soit 28 km2 Les réalisations Elles sont peu nombreuses Sham 1 17 mars 2013 : Située dans l'ouest des EAU, dans l'émirat d'abou Dhabi, Shams 1 a été conçue et développée par Shams Power Company, joint venture entre Masdar d' Abou_Dhabi (60 %), Total (20 %) et Abengoa Solar d'espagne (20 %). La construction du champ solaire constitué de 728 collecteurs comportant miroirs paraboliques aura nécessité 3 ans pour un budget global de 600 millions de dollars.sa capacité actuelle est de 100 MW. A terme, avec Sham 2 et 3 la capacité maximale de la centrale devrait atteindre MW. Elle occupe une superficie de 2,5 km2, soit 285 terrains de football. Exposés aux vents de sable et à l humidité, les miroirs doivent être nettoyés deux fois par semaine, ce qui équivaut à 27 millions de litres d eau par an dans un pays où cette denrée est rare. La technologie est en cours de développement. Eau chaude domestique Cette technique est mature et généralisable. Les panneaux solaires assurent 60 à 80% des besoins dans les régions Sud où il suffit de 2 à 3,5 m2 de panneaux pour chauffer un ballon de 100 à 250 litres d eau. Dans les régions très ensoleillées, on peut même se contenter d un ballon stockeur vitré qui absorbe les rayons du soleil et chauffe l eau directement. Dans le Nord, les panneaux solaires assurent 40 à 60% des besoins. Dans les régions Nord il faut de 3 à 6 m2 de panneaux pour chauffer un ballon de 100 à 250 litres d eau. Four solaire pour cuisson des aliments Utilisable dans les pays ensoleillés et en développement. 32/118

33 Photovoltaïque vocabulaire Puissance de crête : puissance maximum au meilleur du jour ; panneau solaire : Il transforme directement l'énergie solaire en électricité. Le rendement varie entre 8 et 15 % suivant la nature du silicium employé pour fabriquer les cellules photovoltaïques. Production d'électricité Les panneaux des particuliers En France, installations photovoltaïques sont raccordées au réseau électrique pour MWc L'électricité est revendu à EDF, et la consommation du bâtiment est fournie par EDF, sauf si le logement est isolé au fond de la campagne sans raccordement au réseau. Les fermes photovoltaïques : voici la Ferme du Pouzin en Ardèche : Le site de l ancienne exploitation minière de Largentière accueillera sur 24 hectares pas moins de panneaux, qui produiront 12 à 13 mégawatts. Ce qui deviendra la plus grande ferme photovoltaïque de Rhône-Alpes fournira ainsi l équivalent de foyers en électricité. La Compagnie Nationale du Rhône ( CNR ) qui gère les barrages sur le Rhône se diversifie dans le photovoltaïque. Un rêve néocolonialiste : Desertec67 et Cie???? Voici la vision allemande de l'implantation des énergies nouvelles dans l'espace Europe -Moyen Orient et Afrique du Nord. Le vent au nord et sur les côtes et le soleil au sud produisent de l'électricité qui est dirigée par des lignes hautes tensions en courant continu vers les pays européens. Dans cette optique, le soleil remplace le pétrole il coule vers les pays développés, sans se soucier du développement des pays producteurs. C'est pourquoi je pense que c'est une vision néocolonialiste. Ce n'est pas ce type de raisonnement qui créera des débouchés solvables au sud et arrêtera les migrations sud-nord. Conclusion pour le solaire On peut regretter que l'union Européenne ne se soit pas doté d'une filière solaire photovoltaïque. L'eau chaude sanitaire pourrait être prévue dans les nouveaux logements. Le photovoltaïque peut équiper les bâtiments publics ( voir Conseil Général du Loiret) 2.3. Énergie hydraulique fluviale Barrages L'hydroélectricité est la seule énergie renouvelable et modulable. Elle représente 16 % de la production électrique mondiale. Ci-contre le barrage des Trois Gorges en Chine, sa puissance installée est de MW soit plus de La Coopération transméditerranéenne pour l'énergie renouvelable (TREC pour Transmediterranean Renewable Energy Cooperation) est une initiative du Club de Rome, de la Fondation hambourgeoise de la protection du climat et du National Energy Research Center of Jordan (NERC). TREC 33/118

34 réacteurs nucléaires. Il est situé dans une région d'activité sismique, il est prévu pour résister à un séisme de magnitude 7. Le barrage d'itaipu68 au Brésil a une puissance de MW. Il produit 25 % de l'énergie électrique consommée par le Brésil et 90 % de celle qui est consommée par le Paraguay Micro centrale hydroélectriques Une centrale hydraulique à tourbillons peut fonctionner dès une hauteur de chute de 0,7 mètre et une quantité d eau moyenne de litres par seconde. Le 25 septembre 2010, une première centrale hydraulique à tourbillons a été inaugurée à Schöftland dans le canton d'argovie en Suisse,. Cette centrale utilise un bassin de 6,5 mètres de diamètre et un rotor de 1,7 tonne tournant à 20 tours par minute et étant donc sans danger pour la faune des rivières. Elle produit 10 à 15 kw en continu, soit kwh sur un an, permettant ainsi d'alimenter en électricité environ 25 foyers énergie hydraulique marine Elle est encore en développement mais elle est intéressante dans sa diversité Le principe : hydrolien C'est comme un éolienne mais dans un courant marin au lieu d'un courant d'air. Comme l'eau est 800 fois plus dense que l'air les hydroliennes sont beaucoup plus petite pour la même puissance. La technologie est encore en test. Des champs d'hydrolienne sont en construction en Bretagne dans des endroits où le courant est fort et stable Il y a aussi des hydroliennes fluviales : Comme celle qui sera installée dans le lit de la Loire entre les ponts Joffre et de l'europe en Marée motrice C'est l énergie des marées, au flux montant et descendant qui entraîne les turbines produisant de l électricité. L'usine marémotrice de la Rance ci-contre fonctionne depuis le 4/12/1967. Elle a une puissance de 240MW. La centrale marémotrice de Sihwa en Corée du sud mise en service en août 2011 a une capacité de 254MW Houlomotrice 68 il est situé sur le rio Paraná, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay, construit par les deux pays entre 1975 et Le parc de production hydraulique français comprend 640 barrages retenant 7,5 milliards de m3 d'eau, et 447 centrales hydroélectriques dont la puissance varie de quelques dizaines de kw à MW, soit celle d'une centrale nucléaire de taille moyenne 34/118

35 Pelamis Wave Energy Converter Les différentes articulations des tubes vont être mises en mouvement grâce aux mouvements des vagues. Ces articulations vont alors compresser de l'huile pour produire ensuite de l'électricité. La plus grande "ferme" de Pelamis est aujourd'hui située au Portugal, elle a été installée en 2008 et a une puissance d'environ 2,2MW. le Wave dragon. Le principe est simple : lorsqu'une vague frappe le haut du système, une partie de l'eau va en son milieu et fait tourner une turbine. Aujourd'hui environ 80MW sont installés au large des côtes du Pays de Galles Osmose principe : On utilise deux réservoirs : l'un contient de l'eau douce et l'autre de l'eau salée, ces deux réservoir sont séparés par une membrane semi perméable qui ne laisse pas passer le sel, mais laisse passer l'eau. Pour égaliser la concentration en sel des deux cotés de la membrane l'eau douce traverse celle-ci et dilue l'eau salée et du même coup augmente la pression dans le réservoir d'eau salée. Cette surpression permet de faire tourner la turbine70. Avantages : L énergie osmotique est potentiellement exploitable par tout pays disposant d embouchures de fleuves. Contrairement à d autres énergies renouvelables, elle ne dépend pas des conditions météorologiques et offre une très bonne prédictibilité de production électrique. Une centrale osmotique serait susceptible de fonctionner près de heures par an, soit près de 3 ou 4 fois plus que la durée moyenne de fonctionnement d une éolienne. Limite : actuellement les membranes produisent 2W par m2. Conclusion sur l'hydraulique : Avec 16 % de la production électrique mondiale, l hydroélectricité constitue la troisième source de production électrique mondiale, derrière le charbon (41 %) et le gaz (21 %). Deuxième forme de production derrière l énergie nucléaire, l hydroélectricité représente 13 % de la production électrique française. La production hydroélectrique est en croissance dans le monde, passant d environ TWh en 1965 à plus de TWh en Cette croissance est particulièrement importante en Amérique du sud ainsi qu en Asie. L Asie est le premier producteur d hydroélectricité avec plus de 26 % de la production mondiale, devant l Amérique du sud. Ce continent est également celui dont la croissance est la plus forte, avec une production ayant doublé ces 15 dernières années. Le potentiel de développement demeure encore extrêmement important, notamment en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Les énergies marines sont encore en développement. 70 Selon Statkraft, il faut mélanger 1 m3 d eau douce par seconde à 2 m3 d eau de mer pressurisée à 12 bars dans une centrale osmotique pour que celle-ci obtienne une capacité de production de 1 MW. 35/118

36 B Production de chaleur et de carburant 2.5. Géothermie L'essentiel de la chaleur dégagée par la Terre provient de la radioactivité. C'est l'énergie nucléaire produite par la désintégration de l'uranium, du thorium et du potassium. Le gradient de température est en moyenne de 3 C par 100 mètres de profondeur. géothermie de surface à basse température: 5-10 C, géothermie profonde C, jusqu'à m de profondeur, géothermie très profonde à haute et très haute température, jusqu'à m géothermie volcanique de type geyser. C'est en Italie, à Larderello, que la géothermie produit de l'électricité pour la première fois au monde, en 1904 A ce jour un peu plus de 350 centrales (géothermie naturelle) ont déjà été construites dans le monde Les Philippines produisent 28 % de leur électricité à partir de la géothermie Biomasse71 Elle reste la première énergie renouvelable utilisée dans le monde, surtout pour le chauffage et la cuisson, mais essentiellement dans les pays peu industrialisés Chaufferie Le quartier de la Source à Orléans est équipé d'une chaufferie biomasse, depuis bio carburants 1ère génération : les bio-carburants donnent de l alcool qui s'ajoute à l'essence ou bien des huiles qui s'ajoutent au diesel. l'alcool est obtenu à partir de céréales, betteraves ou canne à sucre. Les huiles diesel sont obtenues à partir de colza, tournesol ou palmier à huile Cette première génération de bio-carburant entre en compétition avec la production alimentaire, 2ème générationles carburants sont issus de la cellulose et de la lignite ( l e bois et les résidus verts, la paille, la bagasse de canne à sucre, le fourrage. ) 3ème génération Production à partir des algues. Comparaison bio-carburant et pétrole Il faut considérer le cycle de vie d'un carburant de la production à la combustion. Par rapport au pétrole la production et la transformation de la biomasse en bio-carburant consomment plus d'énergie. La combustion est identique, l'avantage réside dans le crédit carbone, c'est-à-dire la quantité de CO2 qui est séquestrée dans la biomasse au moment de sa formation. L'estimations des réductions d'émission de GES permises par les biocarburants par rapport aux carburants fossiles 71 La biomasse c'est la masse de l'ensemble des êtres vivants, plantes et animaux. 36/118

37 ne prend pas en compte les changements d'affectation des sols (CAS). Nous y reviendrons Valorisation énergétique des déchets. La base de la valorisation c'est le tri sélectif. Il permet la valorisation des produits recyclables ( verre, plastiques, carton, métaux ). Les autres déchets sont soit compostés ou méthanisés et pour le reste incinérés. Le stockage des incombustibles toxiques vient ensuite Incinération L'incinération permet d'obtenir de la chaleur, de la vapeur et de l'électricité. Voici un bilan annuel pour l'utom ( Orléans) bio gaz et méthanisation 3. L'ordre de grandeur des productions d'énergie En France les représentent charbon : 3,4 %, produits pétroliers : 41,8 %,gaz : 20,8 %,électricité : 24,4 %, EnRt : 9,7 % (bois, agrocarburants, biogaz et déchets). En Europe : en 2012, l'énergie provenant de sources renouvelables a représenté seulement 13 % de la consommation finale brute d'énergie dans l'ue, contre 7,9% en 2004 et 12,1% en C'est mieux, mais toujours loin de l'objectif de 20 % à atteindre d'ici Revue «Géologues» N 145, juin 2005, p96. 37/118

38 4. Conclusion La planète est unique et limitée en ressources, mais nous trouvons encore de nouvelles sources d'énergie fossiles exploitables. Le changement ne se fera pas par manque d énergies fossiles. Le développement des énergies renouvelables est en cours de déploiement, il s'agit d énergie de flux et non de stock. Deux paramètres sont à prendre en compte : le facteur de charge qui indique la disponibilité de l'énergie sur une année et le rendement qui indique quelle quantité d'énergie on prélève sur le flux. Les énergies renouvelables déjà matures (barrages, éolien et solaire) produisent de l'électricité. Cette énergie non stockable se gère au niveau européen pour jouer des complémentarités vents au nord et sur les côtes et soleil au sud. Elle conduit vers une société de réseau nous l'avons vu assez intrusive dans la vie privée. Les aménagements pour les particuliers concernent les chauffe-eau solaires, les panneaux photovoltaïques et la valorisation des déchets par le tri sélectif. Les énergies marines sont en cours d'expérimentation. La biomasse intéressante est celle qui n'entre pas en compétition avec l'alimentation humaine ou animale, donc celle de 2è génération qui exploite la cellulose et le lignine. Dans tous les processus de transformation de l'énergie thermique en électricité les rendements sont au mieux de 40 % le reste part en chaleur perdue. Il faut améliorer l'efficacité énergétique. Bernard Castiglioni le 18/11/2013 Sommaire 38/118

39 UTL Faits de société Énergies matières premières et mondialisation mercredi 4 décembre 2013 N 5 Anthropocène? 1. Introduction : la terre et la vie La planète terre est âgée de 4,5milliard d'années ; à ses débuts son atmosphère aurait été composée des matériaux environnants de la nébuleuse solaire, particulièrement des gaz légers tels que l'hydrogène et l'hélium, mais le vent solaire et la chaleur de la Terre auraient dispersé cette atmosphère. Une nouvelle atmosphère terrestre est créée à partir du dégazage du magma. Ces gaz provenant des roches terrestres en fusion étaient principalement de l'azote, du dioxyde de carbone, de l'ammoniac, du méthane, de la vapeur d'eau et en plus petites quantités d'autres gaz. La planète baigne dans un flux d'énergie solaire qui comprend des rayonnements ultra-violets (UV), visibles et infra-rouges ( IR). Les UV sont biocides. Les origines de la vie, qui remonteraient à environ 3,5 à 3,8 milliards d'années, demeurent incertaines. Les conditions minimales pour le développement de la vie sont une protection contre les UV et des températures compatibles avec la vie. Dans un milieu aqueux protégeant des UV, les bactéries se développent dans une atmosphère sans oxygène. Certaines bactéries (premières formes de vie), captant l énergie du soleil, développent un processus nouveau : la photosynthèse. Cette création d oxygène va avoir un impact décisif sur l évolution de la planète. L oxygène des bactéries est produit en si grand nombre que les océans en sont saturés. L oxygène s échappe dans l atmosphère, devenant un de ses composants. Certaines bactéries73 apprennent à utiliser l oxygène : c est l apparition de la respiration. L oxygène est une source d énergie extrêmement efficace qui ouvre la voie à de nouveaux développements. Le vivant se complexifie. Grâce à l oxygène, la couche d ozone se forme ; elle protège les êtres vivants des radiations, permettant aux êtres vivants de s aventurer sur la terre ferme : les plantes, puis les animaux, en commençant par les amphibiens (il y a 400 millions d années). Dès l'origine la vie transforme sa planète Terre. 2. Une planète autorégulée 2.1. Origine de l'énergie sur terre C'est le rayonnement solaire qui est la source de toute l'énergie disponible sur terre y compris l'énergie fossile (charbon, pétrole ) qui est «une mise en conserve de l'énergie» solaire. L'énergie thermique ( chaleur interne de la terre) est négligeable dans les phénomènes de la vie. Quelques précisions : Le rayonnement solaire comprend des radiations infrarouges qui nous chauffent, des radiations visibles qui nous éclairent et des radiations ultra-violettes qui ont la propriété de détruire la vie. C'est la couche d'ozone (une combinaison de 3 atomes d'oxygène) qui arrête la majeure partie de ce rayonnement ultra-violet d'où son importance pour le conservation de la vie sur terre.74 S'il y a trop d'ozone dans l'air, il y a un pic de pollution. Il faut préserver cet équilibre. 73 Les autres disparaissent c'est la grande catastrophe de l'oxygène. 74 Les CFC, gaz des réfrigérateurs, responsables de ce trou dans la couche d'ozone ont été éliminés des appareils électroménagers 39/118

40 2.2. Les gaz à effet de serre75. Pour comprendre leur fonction il faut suivre le devenir du rayonnement solaire sur le schéma. -A la terre reçoit 342 W/m2 -Une partie est réfléchie par les nuages soit 77W, une autre partie par la neige de l'antarctique ou de l'arctique soit 30W Il reste donc 235W/m2. J 390 W réémis par la terre B 40 ce qui s'échappe vers l'espace C 350W : La terre aussi rayonne de l'énergie en infrarouge76, c'est pour cela que la nuit est plus froide que le jour surtout juste avant le lever du soleil. D 324 W : Vous avez remarqué que le refroidissement est moindre quand le ciel est couvert la nuit, cela résulte de la présence des gaz à effet de serre (GES : vapeur d'eau, CO2 et méthane) qui absorbent le rayonnement infra-rouge émis par la terre et le renvoient vers celle-ci. E 235W : Au total la terre reçoit 235 W/m2 et elle émet 235 W/m2 : Il y a équilibre. Ce qui maintient la température moyenne à 15 C Nous commençons à comprendre le rôle des gaz à effet de serre : les GES empêchent la terre de devenir trop froide77; sans GES la température moyenne de la terre serait de -18 C. Dans cette régulation naturelle les acteurs sont la vapeur eau pour 55%, les nuages pour 17%78 et les autres gaz pour 28%. Mais s'il y a trop de GES la terre se réchauffe. Si Vénus a une température de 400 C c'est parce que son atmosphère est composée presque exclusivement de CO2.. Ce qu'il faut retenir quant à l'origine de l'énergie sur terre Notre énergie vient du soleil, l'atmosphère filtre le rayonnement ultra-violet (couche d'ozone) ce qui permet la vie. Les gaz à effet de serre ( CO2, Méthane, vapeur d'eau) maintiennent la bonne température pour conserver cette vie. 3. l'influence de l'homme La planète terre se porte très bien sans l'homme, elle s'auto-régule dans son flux d'énergie et donne naissance dans ce cocon à une multitude de formes de vie animales ou végétales. Les cycles de l'eau et du carbone, (étudiés à la première conférence) constituent les mécanismes auto-régulé de la vie. Le transfert d'énergie et de matière se fait à travers la chaîne alimentaire. Le schéma ci-contre montre la dépendance de la vie à l'égard de l'énergie solaire. La dernière étape est la décomposition après la mort et le recyclage des éléments pour alimenter la croissance des plantes. L'étape reproduction végétale fait appel à la pollinisation par des insectes. Si cette biodiversité disparaît la pollinisation disparaît aussi Si le soir je passe près d'un mur qui a été exposé au soleil pendant toute l'après-midi je sens un dégagement de chaleur je dis que le mur rayonne pourtant il n'éclaire pas. Je ne peux pas voir ce rayonnement car il est infra-rouge. 77 Le rayonnement infra-rouge de la terre dépend de sa température moyenne, si celle-ci baisse le rayonnement diminue aussi. 78 Les nuages ont deux actions antagonistes : 1) ils réfléchissent le rayonnement solaire et contribuent à refroidir l'atmosphère, 2) ils renvoient vers la terre le rayonnement infrarouge et tendent à réchauffer l'atmosphère. 40/118

41 3.1. Apparition de l'homme Elle est tardive, il y a 6 millions d'années pour les premiers hominidés. Homo Sapiens apparaît il y a ans. Mais l'homme avec son intelligence devient éminemment adaptables et il se répand sur toute la planète. Sur le schéma ci-contre : en vert, l'expansion d'homo Erectus, ans, en jaune foncé l'aire de Homo Neandertal et en rouge d'homo Sapiens, ans, nous. Homo chasseur et cueilleur a le même impact sur la nature qu'un prédateur animal. La maîtrise du feu est faite par Homo Erectus il y ans la révolution néolithique Néolithique «le nouvel âge de la pierre» fait référence à la pierre polie, par opposition au paléolithique «la vieille pierre» qui était simplement taillée79. Mais la révolution c'est l'abandon du nomadisme, la sédentarisation, avec la création des premiers villages (à partir de ans), l'invention de l agriculture (vers ans) et le début de l élevage (vers ans). Peu à peu, Homo va fabriquer des outils perfectionnés, créer la spécialisation des tâches, la division du travail et la hiérarchie. Ci-contre les foyers de naissance de l'agriculture. Homo par l'agriculture a modelé le paysage la terre, comme la vie avait modelé la planète. Mais l'homme ne pas vivre si les conditions de la vie ne sont pas assurées Croissance démographique80 Si Homo Sapiens a conquis l'espace terrestre, la population mondiale est restée modeste de l'ordre de humains de ans à ans. La nature maintient un équilibre entre la population et la nourriture. L'homme reste soumis aux aléas climatiques. Vers ans, une première révolution technologique81 voit la population monter à 6 millions, mais les aléas climatiques sont toujours aussi présents82. Vers ans la grande révolution du néolithique fait passer la population à 100 millions d'humains. La nature régule toujours la population humaine. Au début de notre ère nous sommes 250 millions. Le doublement prend 1500 ans, en 1500 nous sommes 79 La pierre polie peut se ré-affûter. Est-ce le début du recyclage. 80 L évolution du nombre des hommes Jean-Noël Biraben INED l invention du propulseur de sagaie, du harpon, de l arc et des flèches, qui améliorent beaucoup le rendement de la chasse et de la pêche, devient le principal facteur de croissance démographique, spécialement en Europe. 82 Un chasseur-cueilleur a besoin de 10 km2. La France pouvait supporter personnes. 41/118

42 458 millions. C'est l'époque de la Renaissance et de l émergence de la science moderne. En 300 ans la population double encore nous sommes 968 millions en Ceci est dû à la révolution industrielle du charbon 83, à la découverte des engrais de synthèse, au progrès de l'hygiène qui diminue la mortalité infantile, aux progrès de la médecine et aux effets de la transition démographique. La croissance s'accélère millions en 1 siècle de 1800 à 1900 et + 4,4 milliards entre 1900 et La population mondiale est de 7 milliards en octobre Jusqu'où ira-t-on? Dans les pays développés, la croissance de la population est arrêtée. Le taux de renouvellement 2,1 enfant par femme n'est plus atteint. Ce mécanisme s appelle la transition démographique. Dans la période pré-transition, la régulation de la population se fait par les disettes et les famines avec une taux de mortalité infantile élevée et un taux de fécondité élevé84. Dans la phase 1, les progrès agricoles font diminuer le taux de mortalité adulte et les progrès en hygiéne réduisent la mortalité infantile. Le taux de fécondité reste élevé, la transformation des mentalités prend du temps. La population croît beaucoup pendant cette phase. Dans la phase 2 le taux de fécondité décroît et le taux de croissance de la population diminue, mais la population continue de croître car il y a plus de géniteurs. Dans la phase post-transition on retrouve des petites variations des taux de fécondité et des taux de mortalité La transition démographique est engagée dans tous les pays du monde. Le nombre de femme en âge de procréer reste important donc la population reste à un niveau élevé. Nous serons environ 9 Milliards en Mais pas n'importe où : avec la croissance de la population apparaît l urbanisation. Depuis 2007 à l échelle mondiale, plus d un homme sur deux vit en ville alors qu en 1900 il n y en avait qu un sur dix. Nous aurons à prendre en compte l'impact de l urbanisation sur le développement 4. Mécanismes de dérégulation de la planète La planète s'auto-régule à travers de cycles celui du carbone, celui de l'eau, elle s'auto-régule aussi du point de vue énergétique avec les GES naturels comme nous venons de le voir les rétroactions ou feed-backs Banquise Arctique85 La banquise arctique fond de plus en plus vite voir le schéma ci-contre. La banquise couverte de glace et de neige réfléchit le rayonnement solaire. Quand elle fond elle laisse la place à l'océan. De couleur foncé il absorbe le rayonnement solaire et se réchauffe, cette chaleur emmagasinée contribue à accélèrer la fonte de la banquise. C'est ce que l'on appelle une boucle de rétroaction positive. Si la baisse de superficie fluctue légèrement ces dernières années, dans une tendance très baissière, l évolution à la baisse de l épaisseur de la banquise est beaucoup plus marquée. La banquise arctique est de la glace de mer, sa fonte n'aura pas de conséquence sur le niveau de la mer, en la même masse d'eau solide occupe un volume de 10 % supérieur à la même masse d'eau liquide, c'est pourquoi les icebergs sont immergés aux 9/10. Mais l'eau plus chaude va se dilater et contribuer à la hausse du niveau. Il pourrait y avoir un lien entre les hivers froids en Europe et la fonte de la banquise Comme nous l'avons vu à la première conférence 84 Johann Sebastian Bach est le dernier de huit enfants. Il a eu vingt enfants de ses deux mariages successifs. Dix mourront à la naissance ou en bas âge /118

43 4.2. Les Gaz à Effets de Serre ( GES) les GES naturels Nous retrouvons la vapeur d eau H2O c'est à dire le taux d'humidité dans l'air, les nuages les autres gaz que sont le méthane CH4, produit par les marécages et les ruminants sauvages, l'ozone O3 qui nous protège des UV et le protoxyde d'azote N2O produit par des bactéries nitrificatrices ( cycle de l'azote). Cette régulation due au vivant fait passer la température moyenne de la terre de -18 C à 15 C et permet la vie. Les processus ne sont jamais simples : dans le schéma ci-contre est indiqué dans la partie droite le rayonnement qui est absorbé par les différents GES. Quand il reste du noir sous la couleur cela veut dire que le rayonnement n'est pas totalement absorbé. On voit que si on ajoute de la vapeur d'eau cela ne change rien tout le rayonnement est déjà absorbé. Par contre il y du noir sous le CO2 et le CH4 donc tout ajout de l'un ou l'autre modifiera l'absorption et donc l'effet de serre. Les GES anthropiques, ajoutés par l'activité humaine. Au niveau des émissions d origine humaine, les principaux gaz à effet de serre naturels sont : le dioxyde de carbone (CO2), pour 56 %, venant de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et de la déforestation ; le méthane (CH4), pour 16 %, venant de la combustion ou de la décomposition de matières organiques et des rizières; l ozone (O3), pour 11 %, venant de la combustion des énergies fossiles ; l oxyde nitreux (ou protoxyde d azote, de formule N2O), pour 6 %, venant des engrais. Les gaz industriels : Les 11 % restants sont dus aux gaz à effet de serre industriels, qui sont principalement les halocarbures lourds (dont les Chloro-Fluoro-Carbures, CFC). Effets et durée de vie dans l'atmosphère Pour pouvoir comparer l'effet des G.E.S. on introduit un "pouvoir de réchauffement global" (en abrégé PRG, et en abrégé en anglais GWP, pour Global Warming Potential). Le PRG d'un gaz est "combien de fois plus" (ou combien de fois moins) un gaz "fait d'effet de serre sur 100 ans" (c'est à dire combien d'énergie il renvoie vers le sol sur cette période) comparé à ce que ferait une même quantité de CO2 émise au même moment. Ces deux tableaux montrent que les GES ne se valent pas. Le méthane est 21 fois plus absorbant que le CO2, mais disparaît en 12 ans au lieu de 100 ans pour le CO2. On voit que l'on a bien fait d'éliminer les CFC, longue durée de vie et PRG très élevés. la cas du méthane. En 2005, la principale source anthropique d'émission du méthane est le bétail, suivi des rizières et des cultures puis de l'extraction du gaz naturel, la fermentation des décharges, le grisou des mines de charbon et enfin la biomasse ( brûlis incomplet) 43/118

44 les aérosols Un aérosol est une suspension dans l'air de gouttelettes ou de poussières. Nous en voyons tous les jours un exemple : les nuages. Mais un "nuage de poussière" rentre aussi dans cette catégorie : quand nous passons le balai un peu énergiquement, nous provoquons un aérosol. Les aérosols anthropiques sont : les particules fines émises lors de la combustion de pétrole ou de charbon (les fameuses fumées noires d'une voiture diesel, par exemple), les particules fines émises lors de l'utilisation du bois comme combustible (ce qui représente 10% de la consommation d'énergie à la surface de la planète, en ordre de grandeur), la poussière directement soulevée par la circulation routière, ou l'exploitation de carrières... Les aérosols ont deux effets : -ils réfléchissent ou absorbent la lumière, selon la couleur des particules qui les composent, -leurs particules fournissent des "noyaux de condensation", ce qui signifie qu'ils favorisent la condensation de la vapeur d'eau de l atmosphère en petites gouttes, ce qui conduit à des modifications dans la formation des nuages. Ces derniers sont, comme nous l'avons vu, des aérosols d'un genre particulier, et qui en plus interviennent de 2 manières opposées en ce qui concerne le changement climatique. Que retenir? Le sujet est complexe et les connaissances scientifiques sont encore en évolution, plus sur les mécanismes que sur la réalité du changement climatique. Depuis le néolithique l'homme modifie la terre. Jusque là ces modifications portaient sur le sol. L'essor industriel s'ajoutant à la pression démographique ces modifications touchent l'atmosphère cela n'a rien d étonnant. La durée de brassage de l'atmosphère (c'est-à-dire le temps qu'il faut pour qu'une partie d'un gaz émis en Australie se retrouve au-dessus de New-York) est de quelques mois seulement (une année tout au plus), les lieux d'émission des gaz à effet de serre sont sans importance, ce qui explique que le changement climatique soit un enjeu mondial. 5. les conséquences montée des océans La première cause d'élévation du niveau des mers est la dilatation de l'eau sous l'effet de la chaleur. Mais le température ne s'élèvera pas partout de la même façon, de plus la tectonique des plaques peut agrandir ou rétrécir les mers et les océans. Fonte de la glace de terre Si les glaciers de moyenne altitude fondent l'augmentation du niveau de la mer sera de 0,3m Si la température au-dessus du Groenland finit par augmenter de 3 C, nous pourrions en faire fondre un morceau suffisant pour faire monter le niveau des océans de 1 m. Si la température s'élève de 8 C au-dessus du Groenland, ce dernier pourrait fondre en quasi-totalité et le niveau des océans monterait alors de 6m.87 La fonte de l'antarctique n'est à l'ordre du jour Mais le processus ne va pas s'arrêter au bout d'un siècle : le niveau des océans va continuer à s'élever pendant les siècles à venir, et d'autant plus que l'élévation de la température sera forte. 87 simulateur d'élévation du niveau de la mer 44/118

45 phénomènes extrêmes Type et nombre de catastrophes survenues dans le monde de 1900 à Les séries sont regroupées en décennies. Les catastrophes hydro-météorologiques comprennent les sécheresses, les températures extrêmes, les inondations, les mouvements de terrain, les tsunamis, les feux et les tempêtes. Les catastrophes géologiques comprennent les séismes et les éruptions volcaniques. Les catastrophes biologiques comprennent les épidémies et les invasions d'insectes. Crédit : notre-planete.info d'après EM-DAT88: The OFDA/CRED International Disaster Database - Université Catholique de Louvain - Brussels - Belgium, 06/ La bio diversité Avec la reproduction sexuée la vie franchit une étape elle relance à chaque génération la loterie des caractères génétiques et de tant à autre elle produit une mutation qui donne un avantage comparatif au porteur et l'aide à diffuser ses gènes améliorés définition : notre ignorance La vie existe sur notre planète terre depuis 3,5 milliard d'années. La chimie organique est mise en œuvre par les hommes depuis à peine 200 ans. Il y a dans la nature une richesse incommensurable, un trésor de molécules potentiellement utiles etc... C'est pourquoi depuis le sommet de la Terre à Rio en 1992, la préservation de la biodiversité est considérée comme un des enjeux essentiels du développement durable. La biodiversité, est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces, et des gènes dans l'espace et dans le temps, ainsi que les interactions au sein de ces niveaux d'organisation et entre eux. Mais notre ignorance est grande : environ 1,7 millions d'espèces ont été découvertes mais il est très vraisemblable que ces espèces ne représentent que la partie la plus visible de la biodiversité. En réalité, le nombre total d'espèces est estimé entre 3 et 100 millions selon les études, et la valeur la plus vraisemblable est généralement fixée autour de 10 millions. Au sein de cet immense champ d'exploration se cache notamment la biodiversité «négligée», très mal connue car difficilement accessible. Il s'agit essentiellement des organismes unicellulaires eucaryotes et surtout des bactéries. La biodiversité marine reste très majoritairement inconnue avec environ 95 % de l'océan demeurant inexploré et probablement entre 70 et 80 % des espèces marines encore à découvrir selon le programme international Census of Marine Life 17 pays ont été identifiés par le WCMC89 comme possédant à eux seuls 70 % de la biodiversité planétaire, leur conférant une responsabilité particulière dans la préservation de cette diversité 6.2. les menaces espèces invasives La Jussie, en provenance du Brésil, fut introduite vers 1820 au jardin des Plantes de Montpellier pour ses vertus Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) Centre de surveillance de la conservation de la nature ou UNEP-WCMC est une agence des Nations unies basée à Cambridge au Royaume-Uni 45/118

46 décoratives. Puis les botanistes l'ont acclimatée dans le sud de la France. L'invasion du territoire français a commencé sur les rives du Lez (un fleuve côtier qui coule dans le département de l'hérault). La Jussie l'a rapidement colonisé ainsi que les roubines languedociennes, avant de se disperser dans toute la France puis l'italie, la Suisse et de nombreux pays européens. Ci-contre, la Jussie dans le canal vers St Jean de Braye et en bord de Loire En Méditerranée, Caulerpa taxifolia est apparue en 1984, elle est devenue depuis l'algue star dans les rubriques écologiques des médias. Dans les mers et fleuves l'eau utilisée et transportée comme ballast est un des principaux vecteurs d'espèces invasives, par les navires de transport intercontinental d'abord, mais éventuellement par des bateaux plus petits telles que les péniches surexploitation / surpêche La consommation de poisson a doublé au cours des trente dernières années. Plusieurs facteurs cumulés en sont la cause: l'augmentation de la population mondiale, les économies d'échelle réalisées par la pêche industrielle (économies qui ne prennent pas en compte les coûts environnementaux et sociaux) qui ont permis un accès plus large à cet aliment, l'augmentation du pouvoir d'achat dans les pays émergents et l'augmentation de l'attrait nutritionnel du poisson. Selon la FAO, plus de 80 pour cent des stocks de poissons pour lesquels des résultats d'évaluation sont disponibles sont déclarés pleinement exploités ou surexploités 90. pollution pesticides Océan Dans le Nord-est du pacifique, entre la Californie et Hawaï, les déchets produits par les activités humaines et déversés dans les océans sont acheminés par les courants marins vers un nouveau "continent" boulimique dont la taille atteint près de 3,5 millions de km²! changement climatique Il va impacter la biodiversité mais on ne sait encore comment de manière précise Utilité de la biodiversité. Pharmacopée : Entre 40 % et 70 % des médicaments proviennent des substances naturelles plantes, organismes marins, microorganismes, car elles présentent une incroyable diversité moléculaire. Les plantes en particulier : les espèces répertoriées dans le monde représentent un réservoir unique de molécules aux vertus thérapeutiques. Journal du CNRS N 180 Janvier Conclusion Ce qui ne prête pas à discussion, la planète terre est finie donc ses ressources sont limitées et une croissance infinie est impensable. Comme la vie a façonné la planète Terre, Homo Sapiens depuis l'ère industrielle façonne son habitat terrestre sans 90 Le problème de la surpêche s'explique aussi par le fait qu'en dehors des premiers 200 miles nautiques qui bordent le littoral d'un pays (la zone d'exclusivité économique d'un pays), l'accès aux ressources n'est pas réglementé. 46/118

47 sans rendre compte. Beaucoup de civilisations ont disparu à cause de problèmes environnementaux. Dans l effondrement des civilisations Jared Diamond91 pointe les raisons de l'échec à résoudre les problèmes environnementaux. Échec de l'anticipation des problèmes avant qu'ils n'arrivent Échec de la perception du problème quand il survient Échec de la tentative de résolution du problème perçu Échec à résoudre le problème Saurons nous faire les bons choix au bon moment! Bernard Castiglioni 2/11/2013 Sommaire 91 Collapse: How Societies Choose to Fail or Succeed 2005 ; traduit en /118

48 UTL Faits de société Énergies matières premières et mondialisation mercredi 8 janvier 2014 N 6 Sécurité et sûreté "On peut exclure la misère, on ne peut pas exclure les dangers de l'ère nucléaire". Le pouvoir du danger abolit toutes les différenciations de l'âge moderne. Le destin des hommes d'aujourd'hui n'est plus placé sous le signe de la misère mais sous celui de la peur nouveau produit de l'ère moderne. Ulrick Beck 1. Introduction Dans un ouvrage prémonitoire «la société du risque» publié en 1986 et traduit en français seulement en 2001 l'auteur allemand Ulrick Beck pointe la fin de la confiance en Europe. Ce livre a été publié après l accident de Tchernobyl. L'idée de base de cet ouvrage est que la civilisation industrielle arrive à son terme car la systématisation du doute méthodique, qui a fait progresser la science, en sape aujourd'hui la crédibilité et sape les cadres de la société (religion, classes sociales, structures familiales) de sorte que l'individu se trouve livré à lui-même. Par ailleurs, il remarque que beaucoup de changements sociaux s'opèrent à la suite de décisions prises hors du champ démocratique, dans ce qu'il appelle le "subpolitique", ce qui invite selon lui à revisiter le rôle de l'état. L'apogée de cette défiance est l'inscription du principe de précaution dans la constitution française à travers la Charte de l'environnement art 5 Article 5. - Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. Charte de l'environnement de L'ère des catastrophes? 2.1. Les désastres naturels Un risque naturel est la rencontre entre un aléa d'origine naturelle et d'enjeux humains, économiques ou environnementaux. Nous pouvons parler de risque majeur lorsque les dégâts et le nombre de victimes sont importants92. Tremblements de terre En 1755, le 1er novembre, tremblement de terre à Lisbonne : morts En 1923, le 1er septembre Près des trois quart de Tokyo sont détruits et plus de personnes périssent dans la Lisbonne 1755 catastrophe Tokyo le 17 janvier, séisme de Kobé : morts 1960 le 29 février Maroc: Séisme. Agadir ; plus de victimes. 12 janvier 2010 séisme Haïti personnes. Inondations er février inondations aux Pays-Bas personnes déplacées, 1800 morts 92 En moyenne, par an, près de 300 millions de personnes sont victimes des catastrophes naturelles et environ y ont trouvé la mort entre 2000 et /118

49 novembre Tsunami au Bangladesh victimes 7 au 26 août 2002 Europe centrale, Allemagne, Autriche, Rep. tchèque, Slovaquie: Inondations. Débordements de l'elbe, de la Vltava et du Danube ; 52 morts, 28 milliards de dommages. Sécheresses/Incendies 2010 et 2013 Australie tsunamis décembre un tsunami gigantesque ravage les côtes de l'océan Indien faisant morts et plus d un million de réfugiés. épidémies 1338 la peste noire 1/3 de la population de l'europe décimée En octobre 1918, la grippe espagnole se propage et fait entre 20 et 40 millions de victimes selon les sources. Volcans Incendie en Australie le 8 mai France: éruption volcanique. Montagne Pelée, Martinique ; morts le 28 mars, El Chichon (Mexique) Conclusion des risques naturels Les catastrophes naturelles font plus de victimes dans les pays sous-développés que dans les pays développés. En moyenne entre 2000 à 2005, par an, près de 300 millions de personnes ont été victimes des catastrophes naturelles et environ y ont trouvé la mort. L'une des plus grandes difficultés rencontrées par l'homme reste la prévision de ces catastrophes. En effet, les dispositifs de prévision manquent parfois de précision, ou bien les données sont mal interprétées. Séismes et tsunamis sont actuellement imprévisibles. Reste la gestion des alertes, des évacuations et des secours après les catastrophes. Mais dans les cas des inondations récurrentes la responsabilités des hommes politiques est engagée. Combien de permis de construire en zone inondable sont délivrés? Après les inondations en Camargue les digues ont-elles été relevées? 2.2. les accidents anthropiques énergies marée noire et évolution du droit Le Torrey Canyon93 laisse échapper tonnes de pétrole, souillant 180 km de côtes anglaises et françaises. L'accident est dû à une erreur de pilotage du capitaine. Il navigue sous pavillon libérien Édification du droit de la mer sur les pollutions la Convention internationale de Bruxelles le 29 novembre 1969 sur l'intervention en haute mer en cas d'accident entraînant ou pouvant entraîner une pollution par les hydrocarbures et la convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbure, signée le même jour à Bruxelles, l'on assiste à l'édification du premier véritable système juridique international visant à encadrer les pollutions maritimes par les hydrocarbures. Amoco cadix Ces deux conventions menèrent en outre à la mise en place des Fonds internationaux d indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (FIPOL), fonds visant à indemniser les victimes des pollutions par les hydrocarbures et qui permit à titre d'exemple le versement de 52 millions d'euros aux victimes du naufrage du navire Erika en Ce pétrolier de la filiale libérienne de l'union Oil Company of California, compagnie américaine, armé par une filiale américaine de l Union Oil Company of California. 49/118

50 1978 Amoco Cadix : est un pétrolier de tonnes de port en lourd construit en 1974, immatriculé au Liberia, long de 330 m et affrété par la compagnie américaine Amoco Transport, filiale de la Standard Oil. Il a été construit par le chantier naval Astilleros Españoles SA situé à Cadix en Espagne et lancé en Les tonnes de pétrole brut iranien transportées, auxquelles viendront s'ajouter tonnes de fuel, furent déversées sur 400 km de côtes bretonnes. Dans un jugement prononcé le 24 janvier 1992, soit presque 14 ans après l'accident, la Cour d'appel des États-Unis pour le septième circuit condamne Amoco et donne raison aux communes et à l'état français. Le jugement accorde une compensation financière de millions de francs aux plaignants, soit environ la moitié des préjudices estimés Exxon Valdez en Alaska armement états-uniens. Cette marée noire amène le gouvernement des USA à interdire l'accès aux ports des États-Unis aux pétroliers à simple coque dès Erika : armement compagnie Total pavillon maltais. L'UE interdit les pétroliers à simple coque à partir de les pavillons de complaisances94 : Les armateurs choisissent ce pavillon pour son caractère peu contraignant, en matière de fiscalité, de sécurité du navire ou de droit du travail auquel est soumis l'équipage par exemple. En nombre de bateaux perdus, les cinq premiers pavillons sont tous de complaisance : Panama, Chypre, SaintVincent, le Cambodge et Malte. barrages :Malpasset 94 Pour lutter contre la fuite des immatriculations nationales, la France crée en 1986 son pavillon bis, dit «pavillon Kerguelen» et effectue alors des immatriculations pour les navires de commerce dans les Terres australes et antarctiques françaises, à Port-aux-Français dans les îles Kerguelen et pour les navires de croisières à Wallis-et-Futuna 50/118

51 L'énergie nucléaire principe La production de chaleur se fait par la désintégration d'un atome d'uranium 235 sous l'action d'un neutron. Au cours de la fission il y a production de chaleur, de fragments de fission et d'un neutron qui va initier la désintégration d'un autre atome de U235, c'est une réaction en chaîne. Il faut la contrôler pur éviter une explosion. C'est le rôle des barres de contrôle dans le cœur du réacteur nucléaire, appelées sur le schéma grappe de commande. La cœur est entouré d'une enceinte de confinement en béton. Pour évacuer et utiliser la chaleur, il y a trois circuits de fluides. Ils sont essentiels au bon fonctionnement du réacteur. Toute défaillance d'un circuit entraîne une surchauffe avec un risque d emballement du réacteur et un risque de fusion du cœur. 1er circuit interne en contact avec le cœur radioactif. 2ème circuit produit la vapeur pour l'alternateur non radioactif 3è circuit refroidit la vapeur pour un nouveau cycle. Les pompes des circuits sont les endroits stratégiques. Elles doivent être alimentées en permanence en courant électrique, soit par un apport extérieur soit par des groupes électrogènes locaux. Localisation des centrales Par nécessité de refroidissement les centrales sont au bord de l'eau, fleuve ou océan. Les incidents possibles Inondation ou étiage : le circuit 3 ne fonctionne plus. Prolifération d'algues qui bouche les amenées d'eau. les centrales dans le monde Il y a 198 centrales comportant 436 réacteurs, elles sont réparties dans 31 pays. Les accidents Ils sont classés en 7 niveaux 51/118

52 Nous étudierons Tchernobyl et Fukushima et nous verrons les conséquences à en tirer. Tchernobyl 26 avril 1986 : incurie et erreurs humaines En 1986 au temps de l'urss, Gorbatchev vient d'accéder à la direction du parti communiste. Cette nomination fait suite aux difficultés économiques rencontrées par l'urss engagée dans la course aux armements imposée par R. Reagan. L'accident de Tchernobyl est la conséquence de dysfonctionnements importants et multiples : un réacteur mal conçu, naturellement instable dans certaines situations et sans enceinte de confinement ; un réacteur mal exploité, sur lequel des essais hasardeux ont été conduits ; un contrôle inexistant de la sûreté par les pouvoirs publics ; une gestion inadaptée des conséquences de l'accident. Après l'accident le nettoyage du site sera fait liquidateurs venus de toute l'urss. Ils travaillent sans moyens, les robots envoyés par la France n'ont pas résisté aux radiations. On déplorera environ 5 % de décès chez les liquidateurs soit morts. Un sarcophage sera installé au dessus du réacteur. Il est en fin de vie et sera remplacé par un autre construit par Bouygues et Vinci d'ici Les conséquences : le nuage : comme on le voit sur la carte il ne s'est pas arrêté aux frontières des pays. Les voies de contaminations : La contamination se fait par inhalation de poussières radioactives, mais aussi par ingestion des plantes contaminées par les retombées de poussières radioactives. Voir ci-après la radio-toxicité : Iode et césium Stérilisation des sols Autour de la centrale des territoires sont contaminés pour des centaines d'années. Les populations n'en sont pas toujours conscientes! Nous sommes en Ukraine indépendante depuis la fin de l'urss en 1991, à la frontière Biélorusse. La priorité est de fournir de l'énergie à la population. Le président ukrainien ne confirme la fermeture définitive de la centrale que le 15 décembre L'union européenne a mis en place le programme TACIS consacré à la sûreté des installations nucléaires dans les Nouveaux États Indépendants (NEI) créés à la suite de l'éclatement de l'union soviétique. Un montant d'1,3 milliard d euros a ainsi été alloué, entre 1991 et 2006, à des projets liés à la sûreté et à la sécurité nucléaires, principalement en Russie et en Ukraine. 52/118

53 Fukushima 11mars 2011 : l'improbable et le profit localisation en bord de mer comme toutes les centrales japonaises. À 14 h 46, un tremblement de terre d'une magnitude 9 se produit. Il est possible que la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ait été endommagée dès ce moment. Perte de l'alimentation extérieure.schéma Fukushima À 15 h 30, une vague de 15 mètres générée par le séisme atteint la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, construite à une hauteur de 6,5 à 10 m au-dessus du niveau de la mer. Pour Fukushima-Daiichi, Tepco avait construit un mur qui ne pouvait résister qu'à un tsunami de 5,7 mètres de haut maximum. La vague met hors circuit les alimentations électriques locales donc le refroidissement du réacteur 4 est interrompu. Des débris ont pu obstruer des prises d'eau. Ces défaillances, couplées à plusieurs erreurs humaines aussi bien de fond que pratiques5, ont causé l'arrêt des systèmes de refroidissement de secours des réacteurs nucléaires ainsi que ceux des piscines de désactivation des combustibles irradiés. Le défaut de refroidissement des réacteurs a induit des fusions partielles des cœurs de trois réacteurs nucléaires puis d'importants rejets radioactifs. Mise hors service depuis l'accident, la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est devrait être démantelée sur une durée évaluée à quarante ans. Installation de la centrale plus loin et plus en hauteur aurait coûté plus cher au détriment des actionnaires. Que retenir de ces événements? 53/118

54 Le monde est improbable95. On ne peut pas tout prévoir, mais il faut tenir compte de l'improbable. Les calculs de dimensionnement des centrales nucléaires se basent sur les probabilités des événements. Ces calculs excluent les événements extrêmes car improbables, il faut revoir notre façon de penser. La circulation du combustible radioactif l'uranium est un énergie fossile donc épuisable T de minérai d'uranium donnent entre 1,5 et 10 T de «yellow cake» contenant 75 % d'uranium. 1kg d'uranium naturel contient 993 g d'u238 et 7g d'u 235 celui qui est fissile et fait fonctionner les réacteurs nucléaires. Il faut enrichir l'uranium en U235 jusqu'à 3 ou 5 %. Cet enrichissement se fait à Tricastin. Le combustible nucléaire voyage donc depuis ce site vers les centrales. Le combustible «brûlé» est dirigé vers l'usine de retraitement de La Hague. Les déchets des centrales Radio-toxicité demi-vie les isotopes radioactifs, parce qu'il sont radio-actifs se transforment en perdant leur radioactivité. La demi-vie indique en combien de temps le radioactivité a diminué de moitié. Cette demi-vie va de quelques jours à quelques millions d'années. En 7 demi-vie la radioactivité est réduite à 0,78 %. toxicité Le Plutonium a une radiotoxicité très forte Celle de l'uranium 235 est faible. L'iode 131 a une radio-toxicité faible mais elle se fixe sur la thyroïde. Le Césium qui une faible radiotoxicité passe dans le lait maternel et se fixe à la place du potassium. retraitement Il y a en Europe 2 sites de retraitement des combustibles usés : Salefield en GB et La Hague en France. Le retraitement produit de l'uranium appauvri, qui est utilisé comme ballast. Entreposage / stockage Les produits radioactifs de faible intensité sont stockés en surface sur 3 sites Tricastin, La Hague et Soulaines Morvillers. Le transport se fait en container «Castor» par chemin de fer. Aucun accident avec fuite de radioactivité ne 95 Nissim Taleb Le Cygne noir : la puissance de l imprévisible (Les Belles Lettres, 2010) 54/118

55 s'est encore produit millions de colis de marchandises dites "dangereuses" sont transportés chaque année en France. Ces colis sont répartis par la réglementation en différentes "classes" de risques. Environ colis de substances radioactives sont transportés chaque année. Parmi les colis contenant des substances radioactives, 15 % sont produits par l industrie nucléaire, contre 85 % produits par les activités du "nucléaire de proximité" (industries nonnucléaires, activités médicales, recherche) On estime à environ par an le nombre total de transports nécessaires au cycle du combustible pour l activité des centrales nucléaires, qu il s agisse du combustible neuf à base d uranium (environ 300 transports), du combustible type "Mox" (une trentaine de transports par an), du combustible usé provenant des centrales électronucléaires et destiné aux usines de retraitement de La Hague (environ 200 par an, dont une dizaine en provenance de l étranger), ou encore des transports d hexafluorure d uranium ou d oxyde de plutonium. Un millier de transports (environ colis) en provenance ou à destination de l étranger ont lieu chaque année. Stockage profond la situation dans quelques pays : -En Belgique, la solution de référence proposée par l organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF) est la mise en dépôt géologique dans l argile -Pays-Bas l argile et le sel sont à l étude. -En Finlande, Posiva Oy conçoit depuis 2004 un laboratoire de recherche dans un sol granitique à proximité du site d Olkiluoto, où un réacteur EPR est en construction. -En Suède, une demande d autorisation pour la construction de l installation de stockage profond dans un sol granitique à Forsmark a été déposée auprès de l agence de sûreté nucléaire. L installation pourrait être opérationnelle en Russie :Le massif granitique de Nizhnekansky (Russie) pourrait accueillir un laboratoire souterrain et la construction d un site de stockage pourrait être décidée vers Chine : Trois sites de stockage potentiels dans une roche granitique ont été retenus à ce jour en Chine, dont l un est situé dans le désert de Gobi (Beishan, où un laboratoire pourrait voir le jour en 2020). - Aux États-Unis, le stockage géologique profond est affirmé comme une composante essentielle du système de gestion des déchets HAVL : actuellement, le Waste Isolation Pilot Plant (WIPP), dans le désert de Chihuahua au Nouveau-Mexique, est le seul stockage géologique profond en activité ; il concerne des déchets radioactifs de «moyenne activité à vie longue» (MAVL) d origine militaire, stockés à une profondeur de 650 m, dans une couche de sel d une épaisseur moyenne de 1000 m. En France un site est en expérimentation à Bures. Conclusion provisoire sur le nucléaire 31 pays ont des centrales nucléaires. En 2011, 65 réacteurs sont en construction : faut-il laisser ce savoir faire entre des mains inexpertes connaissant les risques potentiels, ou bien faut-il faire les transferts de technologie nécessaires à un développement sûr des installations? Industriels 96 Le 23/12/2013 un wagon a déraillé en gare de Drancy. Il a été redressé dans la nuit puis est reparti. 55/118

56 1976 Sévéso97 Les habitants les plus proches de l usine sont évacués, il y a animaux morts et abattus, des bâtiments sont rasés et les sols agricoles et les maisons sont décontaminés. On estime à le nombre de personnes ayant été exposées à la toxicité du nuage, bien qu aucun décès n y soit directement lié. Ci contre la carte de sites Seveso en France Bhopal morts dans les trois premiers jours et plus de en près de 20 ans 1996 Explosion de la raffinerie de Feysin (Rhônes) 18morts et une centaine de blessés AZF Toulouse : 30 morts et plus de blessés ; il y a des destructions importantes sur tout le sud-ouest de la ville Sanitaires Sras Vache folle sang contaminé Politiques génocide du Rwanda 1994 famines 1943 Bengale Indes Britanniques, entre 1,5 et 3 millions de morts 1973 En Éthiopie 25 millions de victimes et morts. 3. Conclusion : il y a des raisons d'espérer. Une société sans risques ne peut pas exister! Mais l'improbable devient courant, ( chute du mur de Berlin, crise des subprime, Fukushima ) et nous ne sommes pas préparés à cette intrusion dans nos vies. Les risques de catastrophes naturelles sont les plus meurtriers. Ils sont encore largement imprévisibles, il faut donc agir en amont sur les constructions, les implantations et la formation des personnes concernées aux bons gestes et aux comportements appropriés. Pour les catastrophes d origine anthropiques il y a un conflit d'intérêt entre les actionnaires des Firmes Multi-Nationales et les conditions de vie des populations ( Bhopal, Seveso ), ce sont encore les états et les organisations internationales dont les états sont membres qui doivent être les garants des bons arbitrages. Nous avons vu que cela est possible sur les pétroliers. L'absence de débat public sur les grands choix énergétiques antérieurs ( énergie nucléaire) pèsent encore fortement sur les positions des uns et des autres. Le secret discrédite les décideurs. Ceux-ci oublient qu'à l'heure d'internet le secret ne tient plus ( voir NSA et Snowden) Jean de Kervasdoué98 développe un argument simple mais apparemment utile à rappeler : les hommes dans les sociétés occidentales n ont jamais vécu aussi vieux et en aussi bonne santé, et l espérance de vie ne cesse de croître. L'indice de développement humain progresse lui aussi. Cet indice est composé de trois indices pondérés : 1 santé/longévité, 2 éducation, 3 niveau de vie. Ce sont ces constatations qui me rendent relativement optimiste. 97 En août 1982, les déchets chimiques contenant de la dioxine sont enlevés du réacteur en vue du démantèlement des installations et transférés dans 41 fûts pour être envoyés par route à l'usine Ciba de Bâle afin d'être incinérés. Leur trace se perd après le passage de la frontière à Vintimille et ils disparaissent quelque part en France. On les découvrira en mai 1983 à Anguilcourt-le-Sart (Aisne) dans un abattoir désaffecté, où ils avaient été transportés illégalement. Ils seront finalement incinérés chez Ciba en novembre Jean de Kervasdoué : les prêcheurs de l'apocalypse pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires ; Plon /118

57 Espérance de vie entre 2000 et 2010 : Belarus l'alcool après la fin de l'urss. Le Lesotho le déni du SIDA. IDH on notera 1-l'effondrement pour la CEI avec la fin de l'urss et donc de son système de santé gratuit. 2- la faible évolution de l'afrique subsaharienne Bernard Castiglioni 7/01/2014 Sommaire 57/118

58 UTL Faits de société Énergies matières premières et mondialisation mercredi 22 janvier 2014 N 7 Transition énergétique 1. Développement durable La Terre, notre planète, est limitée et ses ressources fossiles aussi. Comme nous le savons la vie animale et végétale est entretenue par un flux d'énergie solaire qui peut prendre divers aspects, climat, photosynthèse Comme nous l'avons vu en introduction dans notre modèle économique, le développement est lié à la consommation d'énergie. Actuellement, la majorité des énergies utilisées est d origine fossile donc épuisable à court ou moyen terme, ce qui condamne à terme ce mode de développement. Dans la conférence sur l'ère anthropocène nous avons compris que l'homme transforme sa planète. Cette prise de conscience est nouvelle99, les étapes en sont connues Les idées ont une vie Le contexte Pendant cette période de guerre froide, l'armement atomique est suffisant pour faire sauter plus fois la planète. La société civile rassasiée par les trente glorieuses a soif d'avenir. Les premières ONG modernes se créent dans un refus de la destruction de notre planète commune. Greenpeace, les amis de la terre, WWF : les noms sont suggestifs paix, amis de la terre, le fond pour la vie sauvage. Les penseurs de l'avenir C'est aussi l'époque des grands penseurs de l'écologie politique tels Ivan Illich100 ( ) prêtre catholique né à Vienne (Autriche), André Gorz 101 ( ) né à Vienne ( Autriche), co-fondateur des Amis de la Terre, Cornelius Castoriadis102 ( ) né à Constantinople ou Jacques Ellul, pasteur de l'église réformé né à Bordeaux ( ). On mesure l'attractivité de la France et l'enrichissement culturel dû à l'immigration. L'homme ne pouvant s'empêcher de sacraliser son environnement, ce n'est plus la nature qu'il sacralise mais ce par quoi il a désacralisé, profané et même pollué celle-ci : la technique. Et les conséquences de ce «transfert» ne sont pas seulement environnementales, elles sont aussi psychologiques et se traduisent par des comportements de dépendance à l'égard de la technique (que l'on qualifiera plus tard d'addiction). Et cela d'autant plus que, se considérant comme «adulte» par rapport aux périodes du passé, il refuse d'admettre qu'il sacralise quoi que ce soit. Jacques Ellul, Les nouveaux possédés, 1973 Les thèses de ces pionniers sont toujours d'actualité. La société civile se manifeste En 1970, rapport Meadows «Halte à la croissance» est publié. Après les premiers pas de l'homme sur la lune, l'isolement de la planète Terre dans le cosmos devient une réalité dans l imaginaire occidental. La communauté internationale fait entendre sa voix En 1972, avec le sommet de Stockholm organisé par l'onu l'environnement prend de l'importance dans l imaginaire mondial. 99 La création de l'union Européenne est à l'origine d'une longue période de paix qui a permis à la société de prendre conscience à travers la conquête spatiale de l'unicité et de l'isolement de notre planète Terre. Les ONG défendant l'environnement se développent, des partis politique verts se créent à Deschooling Society, traduit en français sous le titre Une société sans école. 101 son recueil d essais et d articles Écologie et politique (1975) dont l essai Écologie et liberté constitue à lui seul «un des textes fondateurs de la problématique écologique» 102 Il affirme ainsi que «le trait caractéristique du capitalisme entre toutes les formes de vie socio-historiques est évidemment la position de l économie de la production et de la consommation, mais aussi, beaucoup plus, des critères économiques en lieu central et valeur suprême de la vie sociale». Les carrefours du labyrinthe /118

59 1 L'homme est à la fois créature et créateur de son environnement... les deux éléments sont indispensables à son bien-être et à la pleine jouissance de ses droits fondamentaux, y compris le droit à la vie même. 2 La protection et l'amélioration de l'environnement est une question d'importance majeure qui affecte le bien-être des populations et le développement économique du monde entier Déclaration de Stockholm 1972 Ceci n'est qu'une déclaration qui n'engage pas les membres participants, mais l'idée est lancée. Un coup de pouce technique En 1972, lancement du satellite Landsat : ce satellite observe la terre à travers plusieurs longueurs d'onde ce qui permet de suivre l'évolution de la végétation au cours de l'année et sur plusieurs années et montre déjà la désertification à l'œuvre au Sahel. Les idées cheminent lentement, en 1980 «la stratégie mondiale de conservation de la nature» est mise sur pied à travers une charte mondiale à l'initiative de l'ong, UICN103 : Union internationale de conservation de la nature. Sahel en haut septembre, en bas juillet Charte mondiale de la nature La viabilité génétique de la Terre ne sera pas compromise ; la population de chaque espèce, sauvage ou domestique, sera maintenue au moins à un niveau suffisant pour en assurer la survie : les habitats nécessaires à cette fin seront sauvegardés. Ces principes de conservation seront appliqués à toute partie de la surface du globe, terre ou mer : une protection spéciale sera accordée aux parties qui sont uniques, à des échantillons représentatifs de tous les différents types d'écosystèmes et aux habitats des espèces rares ou menacées. Les écosystèmes et les organismes, de même que les ressources terrestres, marines et atmosphériques qu'utilise l'homme, seront gérés de manière à assurer et maintenir leur productivité optimale et continue, mais sans compromettre pour autant l'intégrité des autres écosystèmes ou espèces avec lesquels ils coexistent. La nature sera préservée des déprédations causées par la guerre et autres actes d'hostilité. UICN : Union internationale de conservation de la nature La société civile commence à peser aux niveaux national et international à travers les ONG. La décennie catastrophes et accords internationaux La décennie , comme nous l'avons est celle des catastrophes, 1984 Bhopal, 1985 découverte du trou de l'ozone, 1986 Tchernobyl, 1989 marée noire de l'exxon Waldes, mais aussi la décennie des grands accords internationaux En 1982, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer ; En 1987, le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone (mettant en oeuvre la Convention de Vienne de 1985 pour la protection de la couche d'ozone) ; En 1989, la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination. Le Rapport Brundtland 1987 un tournant de l environnement au développement durable Dix ans après le sommet de Stockholm, l'onu demande un rapport à Mme Brundtland 104, le rapport sera publié en Dans ce rapport on passe de la notion d'environnement à celle de développement durable et de l'écologie environnementaliste à l'écologie politique. Développement durable/soutenable ( anglais sustainable) Pour que le développement durable puisse advenir dans le monde entier, les nantis doivent adopter un mode de vie qui respecte les limites écologiques de la planète. Cela vaut pour la consommation d'énergie, par exemple. En outre, une croissance démographique trop forte peut accroître les pressions qui pèsent sur les ressources et freiner l amélioration du niveau de vie; le développement durable n est donc possible que si la démographie et la croissance évoluent en harmonie avec le potentiel productif de l écosystème. Cela dit, le développement durable n est pas un état d équilibre, mais plutôt un processus de changement dans lequel l exploitation des ressources, le choix des investissements, l orientation du développement technique ainsi que le changement institutionnel sont déterminés en fonction des besoins tant actuels qu à venir Gro Harlem Brundtland, ancienne premier ministre de Norvège 59/118

60 Rapport Brundtland 1987 Le rapport dégage la notion de biens communs de l'humanité et les conflits que cela entraîne avec la souveraineté des états. Les formes classiques de la souveraineté nationale soulèvent des problèmes particuliers lorsqu il s agit de gérer les «biens communs» et les écosystèmes qu ils renferment : les océans, l espace, l Antarctique. Dans ces trois domaines, certains progrès ont été accomplis, mais il reste beaucoup à faire. Rapport Brundland Le GIEC : le climat prend de l'importance En 1979, un sommet réunissant à Genève 300 experts de 50 pays fait le point. Il tient en peu de mots : «Il existe une réelle possibilité», écrivent-ils, que l accroissement de la teneur en CO 2 dans l atmosphère «puisse engendrer d importants changements à long terme du climat global». En 1989, sous l'égide de l'onu le GIEC est créé pour étudier les variations du climat et l'influence du développement humain dans cette variation. Il a publié des rapports en 1990, 1995, 2001, 2007, 2013 En 1992 Le sommet de Rio105 Le Sommet de Rio a eu au moins sept résultats importants : -La Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement (qui contient 27 Servern Cullis Zusuki au nom des enfants Rio 1992 principes) ; - Action 21 - ensemble de directives pour l'environnement et le développement au XXIe siècle ; Deux grandes conventions internationales - la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) - la Convention sur la diversité biologique (CDD) ; -La Commission du développement durable (CCD) ; - L'accord sur la nécessité de négocier une convention mondiale pour la lutte contre la désertification En 1997, le protocole de Kyoto : la rivalité développés et émergents. Le protocole de Kyoto vise à réduire, entre 2008 et 2012, de 5,2 % par rapport au niveau de 1990 pour 6 gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone (CO2); le méthane (CH4); l'oxyde nitreux (N2O); l'hydrofluorocarbones (HFCs); l'hydrocarbure perfluorés (PFCs); l'hexafluorure de soufre (SF6). Les pays en voie de développement ne veulent pas briser leur croissance, nécessaire à la sortie de la pauvreté de leur population, par de contraintes externes. Les pays en voie de développement n'ont donc pas d'engagement quantifié de réduction de leurs émissions dans le protocole de Kyoto ; c est une des raisons pour laquelle les États-Unis refusent de ratifier le protocole en l état. Ils souhaitent associer les pays dits «émergents» comme l Inde, le Brésil, l Indonésie, la Chine, le Mexique ou la Corée du Sud (ces deux derniers ayant récemment adhéré à l OCDE), mais ces derniers craignent que tout effort n entrave leur croissance économique. Les pays de l OPEP, surtout l Arabie Saoudite et le Koweït, exigent des aides financières pour la diversification économique, au titre des compensations prévues par le protocole. En 2012, prolongation du traité jusqu'en 2020 : A Doha près de 200 pays se sont mis d'accord, après de difficiles discussions, pour prolonger jusqu'en 2020 la durée de vie du protocole de Kyoto et poursuivre ainsi la lutte contre le réchauffement climatique. Mais cet accord est affaibli par le retrait de la Russie, du Japon et du Canada. De fait, les signataires ne représentent plus que 15% des émissions mondiales à effet de serre Rio plus 20, du 20 au 22 juin 2012 au Brésil Éliminer la pauvreté et changer le mode de développement 2. L élimination de la pauvreté est le plus grand défi auquel le monde doit faire face aujourd hui et un préalable indispensable au développement durable. Ainsi sommes-nous déterminés à affranchir d urgence l homme de la faim et de la pauvreté. 3. Nous prenons de ce fait acte de la nécessité d intégrer davantage les aspects économiques, sociaux et environnementaux du développement durable à tous les niveaux, et reconnaissons les liens qui existent entre ces divers aspects, de façon à assurer un développement durable dans toutes ses dimensions. 105 discours de l'enfant canadien Severn devant les membres du sommet «perdre son futur n'est pas comme perdre les élections...» 60/118

61 4. Nous reconnaissons que l élimination de la pauvreté, l abandon des modes de consommation et de production non viables en faveur de modes durables, ainsi que la protection et la gestion des ressources naturelles sur lesquelles repose le développement économique et social sont à la fois les objectifs premiers et les préalables indispensables du développement durable. Nous réaffirmons également que pour réaliser le développement durable il faut : encourager une croissance économique durable, équitable et sans exclusive; créer davantage de possibilités pour tous; réduire les inégalités; améliorer les conditions de vie de base; encourager un développement social équitable pour tous; et promouvoir une gestion intégrée et durable des ressources naturelles et des écosystèmes qui contribue, entre autres, au développement économique, social et humain sans méconnaître la protection, la régénération, la reconstitution et la résistance des écosystèmes face aux défis existants et nouveaux Rio +20 L avenir que nous voulons. 2. Vers quel modèle? 2.1. Quelle urgence pour changer de modèle de développement? Pour l'urgence deux points de vue se dégagent et/ou se renforcent : Les tenants du changement climatique et ceux de la sortie du nucléaire. Contre l'urgence on trouve un point de vue techniciste qui pense que les sciences et l'innovation trouveront des solutions en temps voulu. Par exemple production d'hydrogène à bas coût pour stocker l'électricité ou bien séquestration du CO2 dans des couches géologiques profondes. Le tableau ci-contre des scénarios du GIEC montre que plus on attend plus le pic des émissions se décale dans le temps. Nous savons que les GES persistent dans l'atmosphère, c'est à dire que leur action sur le changement climatique s'étale dans la durée Décroissance? Au niveau mondial la décroissance n'est pas une option. Hormis les pays dit développés, les autres pays ont besoin de développement, donc d'énergie et de matières premières. On parle plutôt de développement durable/ soutenable. 3. Cadre juridique 3.1. Mondial Les instances mondiale ou multinationales Les conférences de l'onu et le GIEC, que nous avons rencontré plus haut. IRENA106 : Les 13 et 14 janvier 2012 a eu lieu à Abou Dhabi (Emirats arabes unis) la troisième assemblée générale des 160 États associés, dont 105 États membres, à l'agence internationale des énergies renouvelables (Irena). Pour cette troisième assemblée générale, l'agence internationale des énergies renouvelables a défendu une hausse substantielle des investissements pour porter à 30% en 2030 la part des renouvelables. AIE107 ( EIA) émanation de l'ocde prône le scénario 450ppm de CO2 Elle propose que soient mis en place une politique d'amélioration de l'efficacité énergétique et un développement de l'énergie éolienne, de l'énergie solaire, des agrocarburants, de l'énergie nucléaire et du captagestockage du CO2. Dans ce scénario, il serait possible de ramener les émissions de CO 2 à 450 parties par million (ppm) l'objectif fixé en 2007 par le GIEC Union européenne Paquet énergie climat 11 et 12 décembre 2008 Le paquet climat-énergie a pour objectif de permettre la réalisation de l'objectif, d'ici à 2020, «3x20» visant à : -faire passer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen à 20 % ; -réduire les émissions de CO2 des pays de l'union de 20 % ; -accroître l'efficacité énergétique de 20 % 106 L'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA, International Renewable Energy Agency) est une organisation intergouvernementale fondée en 2009 dont la mission est la promotion des énergies renouvelables à l'échelle mondiale et a son siège à Abou Dabi 107 L Agence internationale de l'énergie (AIE) (en anglais International Energy Agency (IEA)) est une organisation internationale fondée à l OCDE en 1974 ; 61/118

62 3.3. France108 Diminuer de 3% par an les GES Loi n du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique (dite Loi POPE) Titre Premier : Stratégie énergétique nationale Article 2 Modifié par Ordonnance n du 9 mai art. 4 ( ) La lutte contre le changement climatique est une priorité de la politique énergétique qui vise à diminuer de 3 % par an en moyenne les émissions de gaz à effet de serre de la France. En conséquence, l État élabore un "plan climat", actualisé tous les deux ans, présentant l'ensemble des actions nationales mises en œuvre pour lutter contre le changement climatique Le facteur 4 : diviser par 4 les émissions de GES d'ici 2050 : Le facteur 2 préconisé par le GIEC au niveau mondial et le facteur 4 pour la France aboutissent en 2050, dans une logique dite de «contraction - convergence», au même niveau d émissions par habitant, soit 1,8 tonne d équivalent CO2 par an. Loi «Grenelle I» n du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement Titre Premier : Lutte contre le changement climatique Article 2 I. La lutte contre le changement climatique est placée au premier rang des priorités. Dans cette perspective, est confirmé l'engagement pris par la France de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 en réduisant de 3 % par an, en moyenne, les rejets de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, afin de ramener à cette échéance ses émissions annuelles de gaz à effet de serre à un niveau inférieur à 140 millions de tonnes équivalent de dioxyde de carbone. 4. la situation de départ et scenario tendanciel 4.1. monde GES Monde par secteur Pour diminuer l'émission de gaz à effet de serre (GES), il faut diminuer la consommation finale d'énergie d'origine fossile. Donc la production d énergie à partir de mêmes énergies. On voit que pour le monde les énergies non fossiles représentent seulement 20 % de la consommation finale en Pour l'émission de CO2 le secteur l'industrie est en tête avec 30 % suivi des bâtiments 24 % et des transports 16 % puis de l'agriculture 14 % et de la déforestation 13 %. Par région la Chine et les USA sont en tête des émissions suivis par l'ue et l'inde /118

63 4.2. France les GES ( CO2, CH4, N2O..) sont convertis en équivalent CO2 (Teq) tonne équivalent CO2 : Transport 26 %, agriculture 20 %, industrie 18 %, résidentiel tertiaire 19 %, industrie de l'énergie 13 % traitement des déchets 4 %. Industrie de l'énergie : production et distribution d'électricité, de gaz, de carburants Consommation finale d'énergie : résidentiel tertiaire 44 %, transport 32 %, industrie 21 %, agriculture 3 % Voici l'évolution des émissions des GES entre 1990 et 2007 par secteurs. En haut leur part dans le total des émissions en bas l'évolution de ces émissions. On notera les améliorations obtenues dans la production d'énergie, la gestion des déchets109, dans l'industrie et enfin dans l'agriculture. Par contre les transports et l'habitat augmentent leur production de GES scénario tendanciel Que se passe-t-il si on laisse la situation énergétique évoluer sans intervenir? Les émissions globales s'accroissent 109 Tri des ordures. Mise en place des déchetteries et compostage... 63/118

64 5. Les scénarios du débat national Ces scénarios s'incluent dans le cadre des engagements internationaux qui proposent une répartition des efforts entre les pays développés et les pays émergents avec une réduction d'un facteur 4 pour les premiers et d'un facteur 2 pour les seconds à l'horizon Cette répartition fait converger les émission par personne à 18 tco2eq par habitant Les leviers de la transition : réduire la consommation soit par la sobriété soit par l'amélioration de l'efficacité énergétique, décarboner la production soit en développant les EnR, soit en développant le nucléaire, soit en captant le CO2 des énergies fossiles Les conditions : assurer la continuité énergétique assurer la sécurité des approvisionnements en énergie 5.3. Le débat national sur la transition énergétique et les scénarios retenus Le débat s'est déroulé pendant l'année Il a étudié 11 scénarios de transition énergétique qu'il a regroupés en 3 trajectoires et 4 scénarios. 1-la trajectoire continuité on ne fait rien de nouveau. 2-La trajectoire réduction modérée de la demande, -20 % en 2050, avec deux scénarios DEC décarbonation par l'électricité porté par RTE, Edf, Négatep110 DIV : demande moyenne et diversification porté par RTE et l'ancre111, 3-La trajectoire réduction forte de la demande -50 % en 2050, avec deux scénarios EFF Efficacité énergétique et diversification porté par l'ademe, GRDF SOB sobriété énergétique et sortie du nucléaire porté par les ONG négawatt, Greenpeace,WWF. Le schéma ci-contre montre les évolutions proposées par les différents scénarios112 le scénario de référence prévoit 120 Mtep de consommation finale. Les scénarios DEC et DIV réduisent à environ 25 % cette demande. Les scénarios EFF et SOB sont à plus ou moins 50 % de diminution de la demande en énergie. 110 L'association loi 1901 «Sauvons le Climat» est soutenu par l'association des Retraités du C.E.A. (ARCEA), l'association des Écologistes Pour le Nucléaire (AEPN), le Mouvement National de Lutte pour l'environnement (MLNE), la SFP et le GR21 précités. Elle présente le scénario Negatep. 111 L'Ancre a été créée le 17 juillet 2009 à l initiative des ministres en charge de l Écologie, de l Énergie et de l Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle a pour mission de mieux coordonner et renforcer l efficacité des recherches sur l énergie menée par les organismes publics nationaux. Elle participe à la mise en œuvre de la stratégie française de R&D dans ce secteur. Membres fondateurs : CEA, CNRS, CPU, IFPEN 64/118

65 Le but est de diminuer les émissions de CO2. Le schéma ci-dessous permet de se faire une idée. Les scénarios DEC et DIV n'arrivent pas au facteurs 4, tous GES confondus. Le scénarios EFF frise le facteur 4 tous GES confondus. Le scénario SOB atteint un facteur 5,9. En encadré les lignes de forces des 4 scénarios DEC : demande forte et décarbonation par l électricité Les dynamiques structurelles qui tirent la demande d énergie depuis 20 ans se poursuivent : étalement urbain et décohabitation (+30 % logements ), développement des surfaces tertiaires, augmentation des trafics passager et fret (+50 %). La décarbonation du système énergétique s opère par les progrès de l électricité. La rénovation diffuse du parc bâti (habitat, tertiaire) modère la demande en chaleur, où les combustibles fossiles sont progressivement abandonnés au profit de la biomasse et d une substitution massive par l électricité (avec pompes à chaleur). La mobilité s appuie sur un fort développement de transports en communs électrifiés (+200 %) et de véhicules électriques ou hybrides (40 % du trafic). L électricité satisfait la moitié des besoins, le reste étant couvert par les biocarburants et les produits pétroliers. Au sein d une consommation finale qui d abord augmente puis décroit de manière modérée, la demande d électricité double et représente la moitié de la consommation finale en La production s appuie sur un doublement du parc nucléaire (part de nucléaire maintenue à 70% dans la production d électricité), une croissance limitée des ENR variables et une stabilité des fossiles DIV : demande moyenne et diversité des vecteurs La trajectoire est fondée sur une hypothèse de croissance économique médiane (1,7 %/an), une augmentation de la population à 75 Mhab, un prix de l énergie élevé, avec une hausse modérée des prix du pétrole mais l introduction d une fiscalité énergie-climat. La consommation d énergie finale diminue de 17 % en 2050, mais l intensité énergétique du PIB est divisée par 2. Cette projection de demande tend à exploiter les marges de manœuvre en termes d efficacité, sans toutefois supposer des changements de comportements radicaux. Dans le bâtiment l effort d efficacité efficacité énergétique se poursuit et 70 % du parc existant est rénové en Les énergies carbonées sont remplacées par la biomasse et les réseaux de chaleur, alors que le gaz issu de la biomasse se substitue en partie au gaz naturel. La mobilité des personnes n augmente que très faiblement, mais les transports de marchandises sont doublés en Les véhicules 2 l/100 km se généralisent dès 2030 et le mix est très diversifié avec 25 % de véhicules électriques et un développement du GNV comme des biocarburants. Le profil d investissement combine une phase initiale de fort développement des renouvelables et des réseaux locaux («smartgrids», chaleur BT) puis le renouvellement partiel du parc nucléaire EFF : efficacité énergétique et diversification des vecteurs Dans un contexte économique comparable à DEC ou DIV (croissance, production industrielle), on envisage une évolution différente de certains besoins structurels : stabilisation des surfaces tertiaires par employé, moindre croissance (+20 %) du fret sur le PIB, politiques urbaines permettant de maîtriser la croissance de la mobilité des personnes. Des programmes ambitieux de rénovation du parc bâti ( logements/an, 50 % de gain moyen) et la diffusion des applications les plus efficaces de l électricité amènent à réduire la demande résidentielle et tertiaire de moitié. Le développement des transports urbains et des nouvelles mobilités permettent une légère réduction de l usage des véhicules particuliers. Aux côtés de l électricité, qui occupe une part croissante dans le bilan (40 % en 2050), les vecteurs chaleur et gaz substituent progressivement les énergies fossiles et favorisent la valorisation des énergies locales (biomasse, chaleur fatale urbaine ou industrielle, etc.). La production d électricité s appuie sur le développement des ENR variables, la part du nucléaire est réduite et le recours aux fossiles diminue significativement. 112 l'énergie primaire est celle qui est consommée à la production, l'énergie finale est celle qui est effectivement consommée, la différence nous l'avons vu recouvre les pertes dans les transformations et le transport. 65/118

66 SOB : sobriété énergétique et sortie du nucléaire Cette trajectoire ambitionne simultanément la sortie du nucléaire et des énergies fossiles. Elle s inscrit dans une vision plus globale de transition écologique (sobriété de la consommation finale en biens et services, développement de l agriculture biologique, arrêt progressif de l étalement urbain). La réduction de la consommation repose en partie sur la recherche d une plus grande sobriété, individuelle mais aussi collective, dans les services énergétiques (allègement des véhicules et réduction des vitesses, biens durables, urbanisme...), développement du recyclage et de l écologie industrielle, relocalisation des productions. La stratégie de transition accorde une priorité à la diffusion des technologies de consommation les plus efficaces, y compris dans les bâtiments existants par des programmes ambitieux de rénovation lourde ( log/an, objectif 50 kwh/m2). L offre s appuie sur une forte mobilisation des ressources renouvelables locales et le développement des vecteurs chaleur et gaz ; Les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse, etc.) se substituent progressivement au nucléaire et aux fossiles pour la production d électricité, de gaz et de chaleur 6. Chez les autres pays! La transition doit se faire en respectant la sécurité énergétique, la compétitivité et prendre en compte que dans les pays développés le pouvoir d'achat risque de stagner Le cas du Japon Depuis l accident de la centrale de Fukushima, en mars 2011, les 50 réacteurs japonais ont en effet été successivement mis à l arrêt pour des raisons de maintenance et / ou de sécurité, mais aussi pour répondre à l inquiétude de l opinion publique, qui veut désormais se passer du nucléaire. D une part, et sans surprise, le Japon a relancé ses centrales au fioul, au gaz et au charbon. Le coût des importations d énergies fossiles a augmenté de 25 % entre 2010 et 2011, et à nouveau de 10 % en Ces énergies représentent désormais 90 % du mix énergétique japonais. En conséquence, selon l AIE, les émissions de CO2 du Japon auraient augmenté de 1 % en Pour limiter sa dépendance aux importations, le Japon s est lancé dans la recherche de gisements gaziers et pétroliers offshore, mais sans résultats notables pour l instant. Il investit aussi massivement dans le solaire photovoltaïque : la capacité installée du pays pourrait doubler entre 2012 et Le black out a aussi été évité grâce à une baisse de la consommation d électricité. Au cours de l été 2011, le gouvernement a demandé aux ménages, aux entreprises et aux administrations de réduire leur consommation d'électricité de 15 %. Les entreprises ont mis en place des mesures spécifiques : baisse de l activité ou décalage hors des heures de pointe À Tokyo, la plupart des ascenseurs, des escalators et des tapis roulants ont été arrêtés, les éclairages publicitaires ont été éteints, les distributeurs de boissons ne refroidissaient que par intermittence, et la climatisation a été fortement réduite dans la plupart des lieux publics et des entreprises. Pour aider les Japonais à participer à l effort national, Tepco a publié sur son site Internet des prévisions actualisées toutes les heures de la consommation électrique du pays, qui étaient souvent retransmises à la télévision Grâce à ces mesures, la consommation d électricité des ménages a diminué de 15% pendant l été 2011 par rapport à l été 2010, revenant ainsi à son niveau de l année Le cas de l'allemagne L'opposition au nucléaire a culminé en 2001, sous le gouvernement Schröder (SPD-Vert), avec l adoption d une première loi de sortie du nucléaire (fixant à 2021 l arrêt de la dernière centrale allemande). Une enquête de juin 2011(10) montre que cette opposition perdure, 55 % des Allemands se déclarant opposés à l utilisation de l énergie nucléaire contre seulement 17 % affirmant y être favorables. L Allemagne a entamé en 2011 une transition énergétique radicale, ou Energiewende, dont le but est 113 un effet conjoncturel : l été 2011 a été beaucoup moins chaud que l été 2010 : la baisse de 15 % de la consommation enregistrée est donc en partie conjoncturelle. De plus, au cours de l été 2012, le black out a probablement été évité grâce à une pluviométrie élevée (permettant un surplus d électricité hydraulique) et à l absence de problèmes techniques dans les centrales thermiques, jugée «exceptionnelle». 66/118

67 l abandon complet du nucléaire avant 2022, puis la réduction des émissions de gaz à effet de serre du pays de % avant Mix énergétique électrique en 2012 lignite 26 %, charbon 19 %, Nucléaire 16 %, Gaz 11 % énergie renouvelables 22 % dont éolien 7,3 %, biomasse 6,6 %, hydraulique 3,3 % et photovoltaïque 4,6 % 7. Conclusion provisoire Nous avons les lignes de force d'un avenir énergétique possible. Nous verrons dans la prochaine conférence aussi concrètement que possible ce que ces évolutions vont changer dans la société et dans nos vies. Pour engager pleinement le pays dans la transition énergétique, le débat doit faire émerger un projet de société autour de nouveaux modes de vie sobres et efficaces en énergie. B. Castiglioni 20/01/2014 Sommaire 67/118

68 UTL Faits de société Énergies matières premières et mondialisation mercredi 5 février 2014 N 8 Transition énergétique suite 1. Introduction Le climat change-t-il rapidement? Soulac 2014 sur l'estuaire de la Gironde face à l'océan, en 1967 l'immeuble était à 200m de la plage114. Consommation finale d'énergie en 2010 : Schéma115 1 : En 2010 la répartition de notre consommation d'énergie est la suivante : 42,1 % pour le pétrole, 22,7 % pour le gaz, 17,1 % pour le nucléaire, 4,7 % pour le charbon, 1,7 % pour les agrocarburant et 11,8 % pour les Énergie renouvelables (EnR). les 11,8% d'énergies renouvelables se décomposent ainsi schéma 2: Bois et biomasse 6,4 %, Hydraulique 3,5 %, éolien 0,6 %, PAC (pompe à chaleur) 0,8 %, déchets urbains incinérés 0,3 %, solaire 0,09 %, biogaz 0,08 %, géothermie 0,06 % La combustion de la biomasse émet des gaz à effet de serre (GES). On considère que si l'exploitation est durable le CO2 est absorbé par le renouvellement de la biomasse. Tous les combustibles fossiles produisent des GES par combustion. les objectifs de la transition énergétique L'objectif principal est la lutte contre le changement climatique, donc la diminution de la quantité de gaz à effet de serre (GES) émis par la consommation d'énergie pour le fonctionnement de la société. L'objectif 2050 est de diviser par 4 ( facteur 4) les émissions tous GES confondus 116. Pour atteindre cet objectif il faut que la réduction des émissions de CO2 soit supérieure au facteur 4. Un objectif secondaire suivant les sensibilités des citoyens est la sortie du nucléaire. 114 Ce qui est une catastrophe dans un pays développé devient un désastre dans un pays en développement. Chez nous la collectivité a les moyens de payer le relogement et le déplacement des populations. Voir Haïti Quatre ans après, personnes vivent encore dans des camps de fortune L analyse de l inventaire du CITEPA montre en effet pour la France métropolitaine la répartition suivante : 69 % des émissions de GES relèvent du «CO2 combustion», 22 % des émissions concernent les pratiques agricoles et les déchets, CH4, N2O. 9 % des émissions ont pour origine un processus industriel ou technologique hors combustion. 68/118

69 Les usages à couvrir Pour approcher le problème de la transition énergétique il est nécessaire de remettre à plat les utilisations de l énergie. Il y a trois usages : produire de la chaleur, assurer la mobilité et enfin la produire l'électricité spécifique. L'électricité spécifique se décompose ainsi dans le résidentiel et le tertiaire (Bureau, commerce ): chauffage, eau chaude sanitaire, cuisson, électricité spécifique. Résidentiel spécifique : éclairage, repassage, lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur, congélateur, TV et numérique La consommation pour le froid arrive ainsi en tête (23,3%) suivi de l audiovisuel (20%) puis du lavage (14,5%) de l informatique (14,5%) et de l éclairage (12,8%) (chiffres CEREN 2008) 2. principes techniques de la production post transition Couverture de la production par les EnR. Chaleur et électricité à partir des EnR on produit de l'électricité, soit elle est utilisée dans le réseau électrique soit elle est convertie en hydrogène et méthane117 à l'horizon L'hydrogène peut être transformé en électricité via un pile à H2, ceci comble l'intermittence118. L effaçage vient en appui pour les fortes pointes de consommation électrique. Le méthane ainsi que le biogaz sont injectés dans le réseau de gaz naturel est servent au chauffage ou à la cogénération (électricité et chauffage) Mobilité La mobilité est assurée par des véhicules roulant au gaz. Une meilleure urbanisation permet de réduire les distances à parcourir. Mobilité Le gaz naturel pour transport (GNV) qui est du gaz comprimé GNV : Il est particulièrement adapté aux transports urbains. Par contre, pour le transport sur grandes distances, sa faible densité énergétique nécessite un bon maillage du territoire par les installations de recharge ou l'installation de grands réservoirs sur les véhicules Le gaz naturel liquide (GNL) est quant à lui du gaz liquéfié par cryogénie GNL :Sa bonne densité énergétique offre de nouvelles perspectives pour les trajets longues distances, que ce soit par route ou par mer et voie fluviale. Par contre les installations de recharge sont plus complexes à développer du fait de son stockage à très basse température 3. Où et comment agir? les trois leviers de la transition efficacité énergétique : améliorer le rendement de tous les appareils consommant de l'énergie et diminuer le nombre d'appareils électriques. sobriété : chaque kwh économisé ne produit pas de GES. Pour cela il faut diminuer la consommation d'énergie. Pour le même confort moins de chauffage, moins de déplacement, moins de... énergies renouvelables : Utiliser les énergies renouvelables en substitution aux énergies fossiles. État des lieux 117 La méthanisation est encore à mettre au point 118 Les rendements de conversion d'une énergie dans une autre ne sont pas bons. 69/118

70 Où se trouvent les gisements de CO2 à supprimer? Consommation finale en 2010 par secteurs. Sur le schéma de gauche : Résidentiel et tertiaire 43 %, Transport 31 %, industrie 23 % agriculture 3 % En TWh Résidentiel et tertiaire 792 TWh, transport 599 TWh et industrie-agriculture 505 TWh. On voit que les transports et le résidentiel représentent 74 % de la consommation finale d'énergie soit 1391 TWH sur 1896 TWh Où sont consommées les énergies fossiles? sur le schéma de droite : les énergies fossiles sont utilisées à 52 % dans les bâtiments, à 93 % dans les transports et à 66 % dans l'industrie. Si on considère les usages : Chaleur 932 TWh, mobilité 625 TWh, spécifique 286 TWh soit au total 1843TWh. Les chiffres sont cohérents à quelque 2% près. Consommation d'énergie primaire La consommation d'énergie primaire 3010 TWh est bien supérieure à cause des pertes dues aux transformations : perte de production 987 TWh119, pertes de réseaux 44 TWh, secteur énergie 45 TWh, et à d'autres utilisations soit comme matière première 60 TWh soit comme exportation 31 Kwh. Comment répartir les efforts par usage J'utilise le scénario SOB de Négawatt car il est le seul qui atteigne l'objectif facteur 4 tous GES confondus. Le scénario Négawatt ( SOB), partant d'une consommation finale de 1900 TWh ( primaire de 3010 Twh) propose la répartition suivante des efforts, en 2050, par rapport au scénario tendanciel qui maintient la consommation d'énergie primaire120 au niveau actuel. -49 % dans le bâtiment résidentiel et tertiaire, avec près de 400 TWh d économie, -67 % dans les transports, avec plus de 450 TWh d économie -51 % dans l industrie avec 250 TWh d économie. Émission CO2 en 2050 La différence se joue sur les émissions de CO2 Tendanciel : 328Mt CO2, Négawatt 28Mt CO2 119 Dans les énergies renouvelables on ne prend en compte que l'énergie finale. Il est difficile de compter l'énergie primaire du vent ou du soleil, tant que ces énergies sont gratuites. En conséquence la substitution de 400 éoliennes à une centrale nucléaire ou thermique améliore l efficacité énergétique?! 120 Le maintien de la consommation primaire, malgré l augmentation de la population, du niveau de vie et de la croissance est déjà une diminution relative. 70/118

71 4. Les changements de comportement d'après le scénario Négawatt Pour atteindre ces objectifs il faut des changements de comportements 4.1. facteurs de sobriété a) options sociétales Le scénario Négawatt suppose notamment une relative stabilisation du nombre d habitants par foyer à 2,2 en moyenne, au lieu d une poursuite du phénomène de décohabitation mesuré par l INSEE : la différence représente rien moins que 3 millions de logements en Il prévoit également une stabilisation de la surface moyenne des nouveaux logements, ainsi qu un développement de l habitat en petit collectif, et dans le tertiaire un ralentissement sensible de la croissance des surfaces, passant de 930 millions de m2 aujourd'hui à 1,2 milliard de m2 en 2050, contre 1,5 milliard dans le scénario tendanciel b) rénovation massive du bâti Le bâtiment représente aujourd hui plus de 40 % de notre consommation énergétique finale, essentiellement pour des usages liés à la chaleur : chauffage, climatisation, eau chaude sanitaire et cuisson. Isolation : Les actions d efficacité se concentrent sur l amélioration massive des performances énergétiques des bâtiments, à la fois par l isolation (parois et toiture), et par l optimisation des systèmes de chauffage. Ce sont à terme logements et 3,5 % des surfaces du tertiaire qui sont concernés chaque année. Consommation moyenne de 40 kwh d énergie primaire par m2 par an pour les besoins de chauffage, soit quatre fois moins qu aujourd hui. Chauffage : au profit du bois (30 % des besoins de chaleur), du gaz renouvelable (33 %), des pompes à chaleur électriques (17 %), des réseaux de chaleur (12 %) et du solaire thermique (9 %). Électricité spécifique : Les bâtiments résidentiels et tertiaires sont aussi le siège d importantes consommations d électricité spécifique (47% du total), qui ne représentent que 10% de notre consommation finale d'énergie, mais recouvrent des usages indispensables à notre confort. c) Transport La place laissée à la voiture individuelle diminue d autant plus qu on se place dans un espace dense et pour des distances courtes. Au total, elle ne représenterait plus que 49 % du nombre total de kilomètres-voyageurs parcourus, contre 61 % actuellement. En ville développer la voiture électrique et les modes de déplacement doux. Pour le transports de marchandises, développer des véhicules roulant au GRV gaz renouvelable véhicule et le transport multimodal ( train, bateaux, camions). d) Industrie L'introduction des principes de «réparabilité» et de «recyclabilité» et surtout fin de l «obsolescence programmée» qui est la règle actuellement permettent de réduire d autant les besoins de production La relocalisation en France de l essentiel des industries de transformation. C'est une condition impérative pour atteindre un bilan acceptable en consommation d énergie et en émission de gaz à effet de serre. Il refuser de tabler sur l exportation des GES résultant de nos achats de produits manufacturés à l'étranger. e) Alimentation En 2050 moins de protéine animale pour Solagro, partenaire de Négawatt, dans son scénario pour l'agriculture 121 Il faut regarder les acides aminés essentiels, ce que l'homme ne sait pas fabriquer. Soja OGM? /118

72 5. Bâtiment et approvisionnements 5.1. logements En France il y avait 33 millions de logements en 2012, dont 27,6 millions de résidences principales. 11 millions ont été construits avant 1949 et 4 millions après Les normes BBC datent de La mise aux normes BBC est un vaste chantier basé sur le diagnostic de performance énergétique. Diagnostic de performance énergétique Il vise à informer le propriétaire et le locataire sur la consommation d'énergie du logement ou du bâtiment tertiaire sur son chauffage, sa climatisation, sa production d'eau chaude sanitaire (ECS), mais pas sur l'électricité spécifique (éclairage, appareils électroménagers, etc.). Il est en vigueur depuis le 1er novembre DPE Le calcul respecte des conventions afin d'obtenir le DPE intrinsèque de l'habitat : - L'intérieur habitable est à 16 C la nuit et 19 C le jour. On tient compte des températures extérieures moyennes, mesurées sur les 30 dernières années, pour 8 zones de la France entière. On prend la zone où se situe le bâtiment. - La présence dans le logis des occupants moyen au m2 est de 16 heures par jour en semaine et 24 h / j le week-end. La résidence inoccupée est à 16 C. - L'énergie pour l'eau chaude ainsi que le débit d'air renouvelé dépendent de la surface habitable. - Les données "au jugé" pour le logis sont les températures, l'ensoleillement et le vent. Le DPE donne deux indicateurs un indicateur de consommation d'énergie exprimé en énergie primaire122 kwhep /m2 / an, la surface considérée est la surface habitable en logement ou la surface utile en tertiaire, un indicateur d'impact sur les émissions de gaz à effet de serre exprimé en kgeqco2 /m2 / an tertiaire 122 facteur 1 pour tous les combustibles (fioul, gaz naturel ) facteur 2,58 pour l'électricité, de façon à prendre en compte le rendement de production de l'électricité. Le transport n'est pris en compte pour aucune des énergies. 72/118

73 5.3. approvisionnements Voici une comparaison de nuisances induites par l'approvisionnement de 200 ménages suivant 3 scénarios schéma de gauche123 : 1- magasin de proximité, livraison du magasin 10 km, course à pied 500m, 5 fois par semaines avec un sac de 6kg 2-Hypermarché de périphérie, trajet de 10 km une fois par semaine avec un caddie de 30kg 3- livraison à domicile et commande par internet. Nuisances schéma de droite : La distribution retour de la grande surface en centre ville densité des magasins de proximité amplitude des ouvertures des services de livraisons en compte propre par des spécialistes 6. Les leviers pour favoriser la transition énergétique 6.1. facture actuelle d'électricité CSPE : Contribution au Service Public d Électricité, cette contribution sert à compenser les charges liées aux missions de service public mises à la charge de certains fournisseurs d électricité (notamment les obligations d achat liées au soutien au développement des énergies renouvelables, le Tarif de Première Nécessité,...). Le montant de la CSPE est fixé par décision ministérielle sur proposition de la CRE (Commission de Régulation de l Énergie). Elle est basée sur les consommations, depuis le 01/01/2014 sa valeur est de 0,0165 HT/kWh. La CSPE permet de financer le développement des énergies renouvelables Autres taxes CTA : Contribution Tarifaire d'acheminent Électricité : Elle est fixée par arrêté du ministre de l'énergie. Elle est proportionnelle au coût d acheminement inclus dans l abonnement. Elle est collectée par tous les fournisseurs d énergie et reversée au bénéfice de la Caisse Nationale des Industries Électriques et Gazières (CNIEG)124. TCFE : Taxe sur la Consommation Finale d Électricité ces taxes sont basées sur la quantité d électricité consommée. Elles sont collectées par les fournisseurs d énergie Il s agit d un "régime spécial" de Sécurité sociale, légal et obligatoire (article L du code de la Sécurité sociale). Il est géré : par la CAMIEG pour l assurance maladie; par des organismes spécifiques pour l action sociale (CCAS, etc.); par les employeurs pour les arrêts de travail; par la CNIEG pour les risques vieillesse, accidents du travail, maladies professionnelles, invalidité et décès. 73/118

74 puis reversées aux communes, aux départements et à l état. Toutes les taxes sont assujetties à la TVA 6.2. facture énergétique à bonus malus Exemple de la Californie Tranche 1 : entre 0 et 100% de la baseline125 Tranche 2 : entre 101 et 130% de la baseline Tranche 3 : entre 131 et 200% de la baseline Tranche 4 : entre 201 et 300% de la baseline Tranche 5 : au-delà de 300% Enfin, une réduction de 20% est proposée aux foyers les plus modestes (tarif CARE). Il y a une forte progressivité :le tarif de la dernière tranche est parfois 3 fois plus élevé que le tarif de base La première conséquence à en découler est la maîtrise de la consommation 126. celle-ci est stable depuis 1976 alors que la consommation d'électricité hors Californie a augmenté de 50 %. De plus les tarifs des deux premières tranches regroupant la moitié des consommateurs sont restés stables ce qui protège les petits consommateurs. Mais il y a une condition le relevé fréquent des compteurs, ce qui a entraîné l'installation compteurs intelligents. La facture bonus malus en France127 : un volume de base Pour qualifier la consommation énergétique, le législateur a défini un "volume de base". Ce volume d'électricité ou de gaz dans la quasi-totalité des cas est "représentatif du premier quartile de la consommation" en France. En clair, il dépend de la quantité moyenne d'énergie consommée en un an par le quart de la population le plus vertueux. Il sera attribué chaque année aux foyers selon les critères suivants : le nombre de personnes résidant dans le foyer. le mode de chauffage et de production d'eau chaude dans le logement (électricité, gaz, chaleur). la localisation du logement, selon la commune dans laquelle il est situé. Un coefficient "compris en 0,8 et 1,5" est ainsi appliqué en fonction "des conditions climatiques et de l'altitude de la commune". trois "tranches de consommation" : 1. Première tranche : consommation dans la limite du volume de base. 2. Deuxième tranche : consommation comprise entre 100 % et 300 % du volume de base. 3. Troisième tranche : consommation au-delà de 300 % du volume de base. Bonus / malus Les foyers ayant consommé moins que le volume de base prévu verront leur facture allégée et ceux ayant consommé plus la verront s'alourdir compteur intelligent Un appel d'offres sera lancé cet été 2013 pour installer 3 millions de ces compteurs d'ici à 2016, avant le remplacement de la totalité des 35 millions de compteurs actuels d'ici à Le coût de cette généralisation, soit environ 5 milliards d'euros, devrait être pris en charge par EDF 6.4. incitations fiscales quota d'émission carbone Union Européenne. 125 Dans le système actuel, la baseline est définie par zone géographique. Son calcul fait intervenir la consommation moyenne de la zone et la saison : en été la baseline est comprise entre 50 et 60% de la consommation moyenne dans la zone et en hiver elle se trouve entre 60 et 70%. 126 Peu-être que les industries grosses consommatrices d'électricité ont changé d'état. 127 Cette loi a été censurée par le Conseil Constitutionnel comme discriminatoire car elle ne concernait que les particuliers et non les entreprises, le jeudi 11 avril /118

75 Le système communautaire d échange de quotas d émission (SCEQE) est un mécanisme de droits d'émissions de CO2 mis en œuvre au sein de l Union Européenne dans le cadre de la ratification par l'ue du protocole de Kyoto. Il couvrait en 2009 plus de installations des secteurs énergétique et industriel collectivement responsables de près de la moitié des émissions de CO2 de l UE et de 40 % du total des émissions de gaz à effet de serre. Contribution énergie climat il ne s'agit pas d'une nouvelle taxe, mais d'une adaptation de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). La taxe concerne les particuliers, automobilistes et ménages, mais aussi les entreprises. Mais le gouvernement a annoncé qu'il allait adapter le tarif social du gaz pour compenser la taxe carbone. Cette "assiette carbone" sera fixée à 7 euros la tonne, puis atteindra 14,5 euros en 2015 et 22 en Taxe poids lourds128 La taxe poids lourds, officiellement «taxe nationale sur les véhicules de transport de marchandise», parfois appelée écotaxe ou écoredevance poids lourds, est la version française de la redevance poids-lourds liées aux prestations applicable en France. Cette taxe, critiquée fin 2013 avant sa mise en œuvre, s'applique aux véhicules de transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes circulant en France sur certaines routes nationales et départementales. Elle vise à faire payer l'usage de ces routes par leurs utilisateur en leur faisant supporter les coûts réels du transport routier de marchandises (dégradation de la voirie, financement des infrastructures routières) alors que ce coût est aujourd'hui intégralement supporté par l'impôt commun. Son principe a été voté en 2009, dans le cadre de la loi Grenelle 1. Ce dispositif, issu de la directive «Eurovignette», est déjà présent en Allemagne, en Slovénie, en Autriche et en République tchèque. Il permet d'harmoniser les règles de financement des infrastructures au niveau européen et a pour effet d'inciter les transporteurs à rationaliser leurs déplacements et à limiter les transports à vide. bâtiments : loi Duflot : Le bien immobilier Duflot doit respecter un niveau de performance énergétique globale. La réglementation thermique actuelle correspond à la norme RT2012 ou label BBC Le label BBC 2015 permet à l investisseur de s assurer qu il acquiert un logement à haute performance énergétique. La réduction d impôt sur le revenu est de 18% du montant de l investissement, étalée sur 9 ans de manière linéaire et égale. 7. Les investissements nécessaires La source des investissements n'est pas encore connue. 8. Et la mondialisation Quelques intuitions : L'Europe ne reviendra pas à l'autarcie. L'Europe n'est plus un marché suffisant pour relocaliser la production. La DIPP ( la division internationale du processus de production) qui est le moteur des firmes multinationales ne disparaîtra pas. Si on n'importe plus de pétrole et de gaz, que devient l'économie des pays producteurs? Bernard Castiglioni le 4/02/1014 Sommaire 128 Mouvement de contestation des bonnets rouges bretons. Démolition des portiques 75/118

76 UTL Faits de société Énergies matières premières et mondialisation mercredi 19 février 2014 N 9 L'Afrique entre guerres et richesses minières Introduction La première partie de notre programme sur l'énergie est terminée, bien qu'il reste de nombreuses zones d'ombre. Nous continuons avec les matières premières. L'Afrique regorge de matières premières... Ressources énergétiques pétrole, gaz, charbon et uranium. Ressources minières : Or, cuivre, fer, phosphate, diamant. On a parlé de scandale géologique dans la région qui s'étend entre le Kivu et l'afrique du Sud. Ressources forestières. dans un continent en proie de multiples conflits à Dans cette conférence nous ferons le point sur deux conflits : celui du Mali et celui de République Centrafricaine. M Amadou Coulibaly a bien voulu faire le point sur le Mali après l'opération Serval, je l'en remercie et lui cède la parole. 76/118

77 1. Mali SERVAL et perspectives Après une année d indécision marquée par l occupation du Nord du Pays à partir de février 2012 et par le coup d Etat du 22 mars du capitaine Sanogo, contribuant à décapiter les institutions maliennes déjà malades, les efforts diplomatiques visant à reprendre la région à AQMI et ses partenaires et créatures locales Ansar Eddine et le Mouvement pour l Unicité et le Djihad en Afrique de l Ouest (MUJAO) commençaient à se préciser. La décision prise par les islamistes d attaquer vers le Sud (Sévaré) au début janvier a constitué le facteur déclenchant de l opération Serval par la France d abord, puis ses alliés, dont le Tchad. Quelques mois après le lancement de la campagne, alors que le redéploiement des forces françaises et tchadiennes est achevé, le bilan est établi : au plan tactique, les unités djihadistes ont été démilitarisées de vive force par des attaques aériennes d usure, l investissement d une partie des sanctuaires (Adrar des Ifoghas, Boucle du Niger), une surveillance accrue des frontières algériennes et mauritaniennes ; au plan opératif, le dispositif inter-organisationnel patiemment tissé par AQMI et ses acolytes du MUJAO et AnsarEddine s est désagrégé ; au plan stratégique, les principales villes du Mali, dont la capitale, sont hors d atteinte d une occupation des djihadistes, au moment où le pays entre en phase de vulnérabilité maximale avec l amorce du processus électoral prévu pour la fin du mois de juillet Les objectifs de campagne déterminés par le président de la République le 11 janvier 2013 sont donc atteints : arrêt de l agression djihadiste ; sécurisation de Bamako et des ressortissants étrangers et restauration de l intégrité territoriale du Mali. A l inverse, à l échelle régionale, l intervention a redistribué les cartes et révélé des partenaires clés comme le Tchad. Elle a aussi contribué à disperser les djihadistes en Algérie, Niger et Libye. A l heure actuelle : Quelles sont les perspectives de l après Serval? Quels changements dans les rapports de force l intervention a-t-elle créés? Comment la France peut-elle changer une stratégie militaire d urgence, d inspiration nationale, dans un environnement institutionnel international chargé de la stabilisation du Mali? Comment prévenir, à terme, le retour des djihadistes? Les effets de l intervention Rappelons d abord que la zone d opération se trouve à plus de km du territoire français (distance Paris-Bamako). Le Mali, pays enclavé, couvre une superficie de km² (deux fois la France) et partage km de frontières avec sept pays (Mauritanie, Algérie, Niger, Burkina Faso, Côte d Ivoire, Guinée-Conakry, Sénégal). Les distances intérieures sont importantes (Bamako - Gao km Tombouctou 944 km Kidal km - Tessalit km) et les voies de communication interrégionales assez peu développées (pistes non bitumées). La campagne a été menée pendant la saison sèche avec des températures de plus de 40 à l ombre au Nord dans une zone «saharienne» représentant 75 % du territoire. Le système d'adversaires irréguliers au début de l'engagement Pour mémoire, le système d adversaires irréguliers auquel les forces françaises ont fait face était constitué d'une coalition de trois entités stratégiques 5: AQMI, le MUJAO et AnsarEddine Mokhtar Belmokhtar, le plus ancien chef djihadiste dans la zone du Mali (présent depuis 77/118

78 les années 1990), se sépare d'aqmi, en raison semble-t-il de sa rivalité de longue date avec Abou Zaïd et de sa marginalisation progressive au sein de l'organisation. Il crée son propre mouvement des «Signataires du sang», lequel continue cependant de coordonner ses activités avec AQMI. Il contrôle la région de Tombouctou et recrute ses combattants principalement parmi les Sahraouis. ( Polisario) Mathieu Guidère129 explique que le système de pouvoir d'aqmi s'organise autour de serments d'allégeance passés par chaque chef auprès de son «suzerain», engageant l'ensemble de son groupe et reprenant en cela le système multiséculaire tribo-clanique arabe. AQMI est par ailleurs en liaison avec la plupart des groupes djihadistes présents en Afrique, formant par exemple certains de leurs combattants, comme les Nigérians de Boko Haram dont le chef a prêté allégeance à AQMI. La seconde organisation est le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest (MUJAO) : une dissidence d'aqmi, fondée en 2011 à l'initiative de Hamada Ould Mohamed Kheirou, un mauritanien ; apparemment en raison du caractère purement algérien du leadership d'aqmi. Le chef des opérations militaires est Omar Ould Hamaha, un malien originaire de Gao, entraîné par AQMI. La finalité du MUJAO est de répandre le Jihad au sud, dans toute l'afrique subsahélienne. Il contrôle la boucle du Niger dans la région de Gao. Ses chefs de katibas sont maliens ou béninois. Si AQMI fournit hommes, équipements et expertise, son recrutement est pour l'essentiel d'une part local, d'autre part constitué de Mauritaniens du Polisario provenant des camps de Tindouf dans l'ouest algérien et de Nigérians. Comme AQMI, le MUJAO entretient lui aussi des contacts avec la secte Boko Haram qui combat au Nigéria. Le troisième mouvement est Ansar Eddine, fondé en 2011 par Iyad ag Ghali, un des chefs touaregs qui a auparavant bénéficié de la politique d'intégration du président Amadou Toumani Touré, dont il fut l ancien consul général du Mali à Djeddah. Sa finalité est le «projet de djihad islamique dans l'azawad» donc le contrôle de la région nord par l'imposition d'un Islam salafiste sur les tribus touaregs. Son recrutement se fait avant tout localement, au détriment de son principal allié de circonstance puis concurrent, le MNLA, le principal mouvement revendicatif touareg. AQMI, ses alliés et le MNLA ont, au départ, partie liée dans l'offensive. Les djihadistes et le MNLA participent d'ailleurs conjointement au massacre d'aguelhok, le 25 janvier 2012, durant lequel 85 policiers et militaires maliens faits prisonniers après la chute de la ville sont assassinés. Pour l'essentiel des Maliens, ce massacre place le MNLA sur le même registre que les djihadistes et interdit toute forme de réconciliation. Pour AQMI, «combiner la poursuite du projet de djihad mondial et la préservation de ce projet islamique de l'azawad [constitue] un véritable dilemme» Après trois mois d'opérations, Serval a entraîné un véritable mécanisme de défaite de la coalition djihadiste, combinant une série d'effets plus ou moins décisifs du niveau tactique au niveau stratégique. La destruction des infrastructures et la perte des localités entraînent la destruction de l'appareil 129 Mathieu Guidère, né en 1971 en Tunisie, est professeur des universités et écrivain français.islamologue et agrégé d'arabe, il est un spécialiste de géopolitique et d'histoire immédiate du monde arabe et musulman. Il a été tour à tour professeur résidant à l École spéciale militaire de Saint-Cyr ( ), puis professeur de veille stratégique multilingue à l'université de Genève ( ), avant d'être nommé professeur d'islamologie à l'université de Toulouse II - Le Mirail (depuis 2011). 78/118

79 politico-administratif de la coalition djihadiste. La décapitation partielle du système de pouvoir en place induite par la mort d'abou Zaïd et la dispersion des différentes katibas ont donc pour effet une désintégration et une dislocation partielle de la coalition djihadiste au moins pour la zone septentrionale L'emprise malienne représentait le socle, le centre de gravité d'aqmi pour mener son projet de djihad dans la région. Sa perte entraîne : L'obsolescence du projet d'aqmi pour l'ensemble de la sous-région Outre ces effets directs sur la coalition ennemie, l'engagement français génère des effets corollaires: La désorganisation des routes du trafic de drogue vers l'europe et vers l'orient, laquelle entraîne la dislocation, là encore peut-être transitoire, du système de ressources des djihadistes, la dispersion des voies du trafic d'armes et de drogues mouvements rompant des connections bien établies ; Le renforcement du MNLA qui, faute d'un soutien politique par la France, «récupère» dans son giron une large part des combattants d'ansar dine, désormais décrédibilisés par leur échec. Les options des djihadistes : développer l'insurrection au nord Mali Rechercher une nouvelle sanctuarisation géographique Étant donné les dynamiques et la complexité de tels mouvements, il est impossible de prédire avec certitude leurs évolutions. Cependant, certains éléments sont déjà apparents. D'ores et déjà, les activités du MUJAO témoignent d'une volonté et d'une capacité à mener sur le court terme des opérations terroristes (attentats suicides, véhicules piégés, pose de mines, assassinats ciblés, enlèvements). L'incertitude concerne l'aptitude du MUJAO et des éléments de Belmokhtar à repasser à des opérations insurrectionnelles de type paramilitaire. A moyen terme, l'extension possible de l'insurrection au Nord est liée au rémanent problème touareg et à l'aptitude d'aqmi à retisser des liens avec ces tribus. La France, après l élimination des bases djihadistes, évolue dans un environnement local dense : ONU/agences onusiennes, UA/ organisations régionales africaines (CEDEAO ), UE, donateurs, pays voisins, etc. La difficulté n est plus de gérer la pénurie, contrairement à la période de reconquête, mais de trouver un modus operandi pour faire avancer les choses dans un embrouillamini de structures, de routines et d agendas cachés. Serval a permis au Mali de tenir des élections présidentielles et législatives qui se sont déroulées dans des conditions satisfaisantes, donc les institutions démocratiques sont en place. Mais alors quels sont les problèmes à résoudre et les défis à soulever? A- Le djihadisme n est pas éradiqué, ses éléments sont dispersés dans d autres pays, Algérie, Mauritanie, Niger, Libye, Tunisie, Égypte et Syrie, des cellules dormantes existent au Mali. La menace djihadiste est surveillée par les grandes puissances notamment la France, l UE et L UA. 79/118

80 B- Le MNLA mouvement de revendication d une partie des Touareg est plus difficile à mettre à la table de négociation. Il réclame l indépendance et sous la pression internationale il veut se contenter dans un premier temps de l autonomie. Mais les autorités maliennes ne veulent pas entendre parler d autonomie, encore moins d indépendance, et ne veulent commencer les discussions qu une fois les armes déposées par le MNLA. Il faut rappeler que tous les Touaregs ne sont pas du MNLA et en outre dans la région qu ils réclament (les 2/3 du territoire) ils sont largement minoritaires, les Songhois, les Peulhs, les Bambaras, les Bellas, les Dogons, les Malinkés y sont sédentaires. En réalité il y a trois groupes distincts chacun sous la bannière d un chef charismatique : il s agit du Mouvement arabe de l Azawad, du Haut Conseil pour l Unité de l Azawad et du MNLA. Il faut noter qu en plus le ministre des affaires étrangères du gouvernement est un ancien rebelle du MNLA. Certains maliens pensent que la France protège les membres du MNLA qui sont à Kidal : Le Mali est sous tension. Au nord, les rebelles touaregs luttent contre le retour de l administration de Bamako à Kidal tandis qu au sud, la population condamne le comportement de l ONU et de la France, accusée de complaisance face aux rebelles qui ne veulent pas rendre les armes. Francis Simonis, membre du Centre Études des Mondes Africains, est actuellement au Mali et observe cette situation se dégrader Francis Simonis130 : «Les forces de la Minusma et celles de la France ne contrôlent pas Kidal parce qu elles ne veulent pas le faire! Le problème n est pas militaire, mais politique. A quoi sert donc une force des Nations Unies si elle n est pas capable de protéger la vie des journalistes qui se rendent sur le terrain et de contrôler l aéroport de la ville? Peut-on sérieusement croire que Serval et la Minusma n ont pas les moyens de sécuriser l aéroport et de permettre au Premier ministre malien d y atterrir? Mais dans ce cas, à quoi servent-elles? Une nouvelle fois, l ambigüité, sinon la duplicité de la position française éclate au grand jour. Aujourd hui, tout le monde porte des armes à Kidal, et ce ne sont pas les rebelles qui sont cantonnés, mais l armée malienne! Francis Simonis : La proximité de l ambassadeur de France avec le MNLA est un secret de polichinelle! Moussa ag-acharatoumane, membre du bureau politique du MNLA a avoué dans Le Monde du 19 novembre 2013 que Gilles Huberson menait des négociations avec le MNLA avant d être nommé à Bamako! La manière dont il a intrigué pour faire rappeler son prédécesseur Christian Rouyer qui faisait l unanimité au Mali a été très mal perçue. Les propos du général Yamoussa Camara sont certes peu diplomatiques, mais ils expriment tout haut ce que tout le monde pense tout bas : quel est le rôle exact de cet ambassadeur issu des services secrets dont la complaisance avec les rebelles du nord laisse pantois? Pour dire les choses sans langue de bois, Gilles Huberson apparaît davantage comme l ambassadeur du MNLA à Bamako ou comme l ambassadeur de France auprès du MNLA que comme l ambassadeur de France au Mali! Francis Simonis : La France n est pas ici un bouc émissaire. Elle paie l ambiguïté de sa politique. Le MNLA avait été vaincu militairement et n existait plus sur le terrain. C est l opération Serval qui l a remis en selle et lui a permis de s implanter à Kidal. La population malienne exprime donc une demande simple et légitime : si Serval a pour but de permettre au Mali de retrouver son intégrité territoriale, pourquoi la France protège-t-elle le MNLA en refusant de laisser l armée malienne faire régner l ordre dans la région? Les Maliens ont l impression d être victimes d une politique de recolonisation qui ne dit 130 Francis Simonis enseigne l histoire de l Afrique à Aix-Marseille-Université et est chercheur au Centre d Etudes des Mondes Africains (CEMAf-Aix). Il est l auteur de L Afrique soudanaise au Moyen Âge. Le temps des grands empires (Ghana, Mali, Songhaï), Marseille, SCEREN, /118

81 pas son nom. Une petite vendeuse de brochettes me disait hier en riant : «C est vous les Français qui commandez au Mali! IBK est le Premier ministre de papa Hollande!» Actuellement l armée malienne n est pas chez elle à Kidal : A- «Nous sommes simplement étrangers chez nous», reconnaît sous couvert d anonymat un soldat malien interrogé par téléphone depuis Bamako. «Aucun soldat malien ne s aventure seul dans la ville», ajoute-t-il en précisant que lorsque l armée y organise une patrouille, elle est toujours accompagnée de véhicules de la force de l ONU, la Minusma B-Deux pouvoirs sont à Kidal: le gouvernement malien qui est comme en prison, et les Touareg armés qui sont chez eux, affirme un officier tchadien. Pour l instant, ni le président Ibrahim Boubacar Keïta, ni son Premier ministre Oumar Tatam Ly, ne se sont rendus à Kidal depuis leur prise de fonction l an dernier, signe que la sécurité n y est pas suffisante. En décembre, le MNLA avait organisé une manifestation à l aéroport pour empêcher l avion du Premier ministre de se poser. C L armée est en cours de formation par l UE car elle était totalement en déconfiture après le coup d état qui a favorisé l avancée spectaculaire des djihadistes. Le principal auteur du coup d état que la communauté internationale n a jamais reconnu est aux arrêts pour les nombreux assassinats qu il a fait commettre. Bon nombre de ses complices sont également en prison. D La lutte contre la corruption : le Président a engagé une lutte sévère contre la corruption, c est ainsi que des magistrats, des banquiers, des responsables du Trésor, les patrons de PMU ont été mis aux arrêts en attendant leur jugement. Et quand on réalise que cela se passe dans un pays en passe de sombrer et qui ne tient encore debout que par miracle On se souvient que pendant les 7 ans de gestion de l ancien Vérificateur général Sidi Sosso Diarra, plus de 384 milliards de FCFA ont été «dégustés à la petite cuillère» par les voleurs de la République. Le «trou» ainsi creusé d année en année est parti alimenter le train de vie princier des nouveaux riches. Le manque à gagner est si énorme que ce pillage constitue aujourd hui un défi à la stabilité sociale et politique du pays. En outre le train de vie fastueux de ces délinquants suscite souvent l admiration de la population qui dit que ce sont «les bénis de Dieu» E- la religion : 95% de maliens se disent musulmans ; c étaient des soufis très tolérants mais depuis l arrivée massive des Wahabistes financés et soutenus par les pays du golf et l Arabie les choses ont pris une autre tournure. A partir de 2008, les wahhabites ont utilisé le HCIM 131 comme une tribune d'interpellation de la société et de l'etat. En 2009, ils ont réussi à faire annuler une réforme du code de la famille qui était jugé trop pro-occidental. En 2012, le HCIM s'est mobilisé pour réclamer des élections transparentes et démocratiques et son secrétaire général a été élu président de la Commission électorale nationale indépendante. Le HCIM s'est ainsi placé en arbitre des élections. L'islam, ou en tous cas une tendance de l'islam, les wahhabites, est entré en politique. Mais heureusement la Constitution malienne, laïque, n'autorise pas la création de partis religieux. Le roi du Maroc veut former des imams Malékites pour contrebalancer la tendance wahhabites, alors le chef wahhabite veut intenter un procès au gouvernement pour non respect de la laïcité Les chrétiens sont très minoritaires et discrets, pour le moment il n y a pas heurts entre les deux communautés. Conclusion Terminons sur une note optimiste : Une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies a rencontré ce lundi 10 février 2014 à Bamako les trois principaux groupes armés du nord du Mali. La délégation du Conseil de sécurité de l ONU a rencontré le MNLA ( Mouvement national de libération de l'azawad), le Haut conseil pour l unité de l Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l Azawad (MAA). Ces trois mouvements ont d ailleurs parlé d une seule et même voix. 131 Haut conseil islamique du Mali 81/118

82 Pour eux, c est «oui» pour la reprise immédiate des négociations ; «oui» pour le respect de l intégrité territoriale du Mali. Cependant, devant les émissaires onusiens, ils ont également affirmé qu il faut aller plus loin dans la politique de décentralisation pour résoudre la crise dans le nord du Mali. Ils ont alors réclamé un statut particulier, voire une autonomie pour le nord du Mali. C est donc avec cette revendication que les trois groupes armés iront aux futures discussions. Il reste également le problème du désarmement. Et là aussi, citant l accord préliminaire de Ouagadougou, les groupes rebelles ont affirmé aux émissaires onusiens qu il n y aura pas de désarmement total sans de véritables négociations. Pour le moment, aucune date pour la reprise des négociations n a été arrêtée. En principe, à court terme, on devrait avoir une feuille de route mais il reste à accorder les violons. Jusqu au jour d'aujourd'hui, au sein des groupes armés, il y a ceux qui veulent que les négociations se déroulent au Burkina Faso ; ceux qui veulent que le roi du Maroc joue aux facilitateurs et ceux qui veulent voir l Algérie jouer, de son côté, un rôle important. Les responsables onusiens repartent rassurés Le Conseil de sécurité des Nations unies quitte le Mali soulagé. Après deux jours de rencontres avec tous les acteurs concernés, la délégation du Conseil de sécurité se réjouit de la «volonté d aller de l avant» constatée chez toutes les parties. Le Conseil de sécurité est arrivé au Mali inquiet, il repart confiant. C est en tout cas la position défendue à l issue de ces deux jours de visite. «Nous avons noté un certain ralentissement dans le processus, mais suite à nos réunions avec les autorités maliennes, les groupes armés, la société civile et l ensemble de la communauté internationale présente au Mali, nous sommes encouragés du fait qu il y ait une volonté d aller de l avant, explique Banté Mangaral, le représentant adjoint du Tchad au Conseil de sécurité et coleader de la délégation en visite au Mali. Il est impératif de lancer ces discussions dans les plus brefs délais et avec un calendrier précis». Le Conseil de sécurité s est clairement positionné sur certains points qui bloquent actuellement l ouverture des négociations : l Etat malien ne peut pas exiger le désarmement des groupes comme préalable. Leur cantonnement est suffisant. La signature d un accord final devra intervenir à Bamako. Ce qui n empêche pas que des discussions se tiennent ailleurs. Pendant la visite, les autorités maliennes se sont engagées à produire une feuille de route pour l ouverture des négociations, et ce dans les jours à venir. Son contenu et l accueil que lui réserveront les groupes armés permettront vite de juger de l efficacité du plaidoyer effectué par le Conseil de sécurité au Mali. Amadou Coulibaly le 15/02/ /118

83 2. La république centrafricaine. (RCA) environnement géopolitique Un pays enclavé et encerclé par plusieurs états en guerre: Soudan sud, Darfour, Ouganda, République démocratique du Congo (RDC), la zone du Kivu. Au Nord le Tchad qui avait des démêlés avec la Libye du colonel Kadhafi, a toujours essayé de maintenir un gouvernement stable en RCA. Population Superficie km2. Les 4,5 millions d'habitants se répartissent en trois grands groupes, suivant les zones climatiques du pays : 1)les populations dites "du fleuve" établies le long de l'oubangui au Sud. 2) celles de la forêt au Sud-Ouest. 3) les peuples dits "de la savane" au Centre, à l'ouest, au Nord, et à l'est. Religion : D'après le recensement de 2003, les principales religions en République centrafricaine sont les suivantes: christianisme (80,3 %, dont protestantisme 51,4 % et catholicisme 28,9 %), islam (10,1 %), animisme (9,6 %) 132 la situation vue par l'office humanitaire de la Communauté européenne133 La République centrafricaine (RCA) est l un des pays les plus pauvres au monde, et se classe 180e sur 187 dans l'indice de développement humain des Nations unies. Des décennies d instabilité politique aggravées par des catastrophes naturelles ont contribué à la destruction de l économie nationale, au développement insuffisant des infrastructures, et à la faiblesse générale des institutions publiques. Les crises survenues dans les pays voisins (Tchad, Soudan et République Démocratique du Congo) ont occulté la situation humanitaire du pays en le transformant en une urgence «oubliée». Histoire politique récente : Après une nouvelle série de troubles et malgré l'intervention de la communauté internationale (MINURCA), le 15 mars 2003, le général François Bozizé réussit, avec l'aide de miliciens tchadiens (dont une bonne partie va rester avec lui après son installation au pouvoir), un coup d'état et renverse le président Patassé élu et réélu depuis L'accession à la présidence de Bozizé est violemment contestée et une première guerre civile ravage le pays entre 2004 et 2007, jusqu'à la signature d'un accord de paix. Cependant, les rebelles dénoncent la non-tenue des accords par le président Bozizé, et reprennent les armes fin 2012, lançant une série d'attaques démarrant la deuxième guerre civile de Centrafrique. Le Certaines sources (ONU) réduisent l audience du christianisme (25% de catholiques, 25% de protestants), réévaluant l islam (15%) et surtout l animisme (35%). Ceci illustrerait le rejet par les populations indigènes de toute forme d assimilation. 133 (ECHO) a été créé en /118

84 mars 2013, les rebelles de la coalition Seleka s'emparent de Bangui et Bozizé s'enfuit. Michel Djotodia s'auto-proclame président de la République centrafricaine. En 2013, les tensions entre la population chrétienne de Centrafrique, principalement sédentaire, et la population musulmane, principalement nomade, grandissent après la prise de pouvoir de la Seleka. Les nombreuses exactions commises par les miliciens de la Seleka, majoritairement musulmans, amènent l'insécurité dans le pays, et des milices chrétiennes d'auto-défense, les anti-balaka se forment. opération Sangaris134 le 5/12/2013 Le 5 décembre 2013, par la résolution 2127, le conseil de sécurité des Nations unies autorise le «déploiement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) pour une période de 12 mois» officiellement pour mettre fin à la «faillite totale de l'ordre public, l'absence de l'état de droit et les tensions interconfessionnelles». La MISCA est appuyée par des forces françaises autorisées à prendre «toutes les mesures nécessaires» objectifs La ministre français de la défense Y. Le Drian rappelle les trois objectifs de l'intervention française en Centrafrique : «instaurer un minimum de sécurité et permettre l'acheminement de l'aide humanitaire, permettre à la mission africaine d'intervenir et mettre en place un processus démocratique». opération de terrains Les milices Sélékas ont été maîtrisées mais les chrétiens ont développé des milices anti-balakas et les militaires français ont mis du temps à comprendre que ces milices étaient aussi des fauteurs de troubles. La population demande le départ des musulmans, car elle les croit complice des Sélékas. Communauté internationale ONU Mandat par la résolution 2127 du 5/12/2013 des troupes en nombre insuffisant Pour ramener le calme et pouvoir intervenir en province, les militaires français et les soldats de la Misca vont recevoir le renfort d'une force européenne d'environ 500 hommes, dont le Conseil de sécurité de l'onu a autorisé mardi 28/01/2014 l'engagement. A terme, l'onu considère qu'il faudrait déployer plus de hommes pour sécuriser la Centrafrique, "car la situation est très, très grave et le pays immense", a expliqué mardi l'ambassadeur de France aux Nations unies, Gérard Araud. C'est aussi l'avis de la nouvelle présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, qui, dès son élection le 20 janvier, a réclamé plus de soldats pour arrêter les exactions et les violences qui ont contraint son prédécesseur Michel Djotodia à démissionner. Comme Paris, Mme Samba Panza veut une mission de l'onu pour son pays, qu'elle doit conduire à des élections générales au plus tard dans un an. UE Conseil AFFAIRES ETRANGERES Bruxelles, 20 janvier Convaincu de l importance de soutenir les efforts africains en RCA et d'y renforcer l engagement européen dans le cadre de son approche globale, le Conseil remercie la Haute Représentante pour la proposition qu elle a formulée en vue d une contribution active de l UE à la stabilisation de la RCA dans le domaine de la PSDC. Le Conseil a marqué son accord politique sur la perspective d'une opération militaire PSDC 136 et a approuvé le concept de gestion de crise à cette fin. Il a invité les instances compétentes à préparer les mesures nécessaires à l'établissement rapide de cette opération soumis à une nouvelle décision du Conseil. Cette opération contribuera par un appui temporaire, pour une période pouvant aller jusqu à 6 mois, à fournir un environnement sécurisé, dans la région de Bangui, en vue de passer le relais à l UA. Cet objectif prend entièrement en compte la Résolution du Conseil de Sécurité des NU 2127, et notamment une possible transformation de la 134 Le nom de l'opération fait référence au papillon africain Cymothoe sangaris PSCD : Politique de Sécurité et Défense Commune. 84/118

85 MISCA en une opération de maintien de la paix de l ONU. Union Africaine 19 décembre 2013 : la France salue le transfert aujourd hui à l Union africaine de l autorité sur la mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) 137. Ce transfert intervient en application des décisions du Conseil de paix et de sécurité de l Union africaine et du Conseil de sécurité des Nations unies. Relation UE et RCA Gérer les ressources nationales Gouvernance forestière: un accord de partenariat volontaire (APV) avec l'ue est entré en vigueur le 1er juillet 2012 et les autorités centrafricaines parachèvent actuellement un système qui régira les exportations de bois certifié vers l'europe. Mines: en 2011, la RCA a été déclarée conforme aux normes de l'initiative pour la transparence des industries extractives, et elle participe au processus de Kimberley depuis son lancement en Conclusion Il n'y aura pas de solutions sans développement. Le pays est riche mais ses ressources sont mal exploitées. Dans la prochaine conférence nous verrons les enjeux mondiaux autour des minerais et notamment ceux des terres rares. Bernard Castiglioni 17/02/2014 Sommaire 137 Elle doit compter 6000 hommes et durer 12 mois. Début décembre militaires de l'union africaine venant du Gabon, du Cameroun et du Tchad sont alloués à la mission, en plus des forces françaises, comptant 1600 militaires. 850 soldats du Burundi et 850 soldats du Tchad 85/118

86 UTL Faits de société Énergies matières premières et mondialisation mercredi 12 mars 2014 N 10 Flux et stock 1. Introduction Nous vivons dans une société qui met en avant les flux plutôt que les stocks. Nous avons les énergies nouvelles de flux ( air, soleil, eau, biomasse) plutôt que de stocks comme le gaz ou le pétrole ou le nucléaire, et encore les flux financiers, commerciaux, d'informations... Mais tous ces flux s appuient sur des infrastructures matérielles bien réelles. Pour construire ces infrastructures il faut des matériaux eux aussi bien réels. Nous connaissons les matériaux communs comme le ciment, le sable, le fer, l'acier, le cuivre, l'aluminium. Il y aussi les matériaux plus nobles or, argent, et pour les aciers inoxydables le molybdène, le nickel, le chrome, pour les catalyseurs, le platine, le palladium Nous verrons aujourd'hui les métaux liés aux nouvelles technologies de communication et d'information : les terres rares. 2. Les terres rares 2.1. Quelles sont-elles? Elles se distinguent - des "métaux lourds", comme le mercure et le chrome, qui sont frappés par des mesures environnementales restrictives et dont l'usage décroît ; - des "métaux ferreux" (minerai de fer, manganèse, nickel) qui entrent dans la composition des nombreux types d'aciers ; - des "métaux de base" non ferreux du London Metal Exchange (LME) : aluminium, cuivre, zinc, plomb... Les terres rares sont 15 métaux de la famille des Lanthanides 138 auxquels on rattache l'indium le Scandium et l Yttrium. La plupart de ces petits métaux sont des sous-produits, c'està-dire qu'ils sont extraits de gisements d'où sortent d'autres minerais à titre principal. Par exemple, le gallium est présent dans la bauxite dont on tire l'alumine ; dans certaines mines de zinc, on peut aussi croiser de l'indium. Le cuivre compte le molybdène parmi ses sous-produits et le rhénium est un sous-produit de ce sous-produit. Deux minéraux représentent l'essentiel des réserves mondiales de terres rares : la bastnasite (Ce,La,Y)CO3F, essentiellement en Chine et aux États-Unis ; carbonate de Cérium, de Lanthane, d'yttrium la monazite, essentiellement en Australie, au Brésil, en Chine, en Inde, en Malaisie, en Afrique du Sud, 138 Scandium : Sc, yttrium : Y, terres rares légères cériques :lanthane : La, cérium : Ce, praséodyme : Pr, néodyme : Nd, prométhéum : Pm, samarium : Sm, terres rares lourdes yttriques: europium: Eu, gadolinium : Gd, terbium : Tm, dysprosium : Dy, holmium : Ho, erbium : Er, thulium : Tm, ytterbium : Yb, lutécium : Lu. 86/118

87 au Sri Lanka, en Thaïlande et aux États-Unis, déclinée en quatre variétés selon leur composition chimique (les éléments indiqués entre parenthèses le sont par concentration décroissante) : «monazite-ce» (Ce,La,Pr,Nd,Th,Y)PO4, phosphate de Cérium, Lanthane, Praséodyme, Néodyme, Thorium, Yttrium «monazite-la» (La,Ce,Nd,Pr)PO4, Lanthane, Cérium, Neodyme, Praséodyme «monazite-nd» (Nd,La,Ce,Pr)PO4, Néodyme, Lanthane, Cérium, Praséodyme «monazite-pr» (Pr,Nd,Ce,La)PO4. Praséodyme, Néodyme, Cérium, Lanthane, 2.2. à quoi servent -elles? On peut considérer les terres rares comme des vitamines pour métaux. Ajoutées en petite quantité elles renforcent les propriétés de ceux-ci. On les trouve dans : La production d'énergie : aimant au Nd, Dy et Tb pour éolienne139, voiture électrique et disque durs. l'efficience énergétique : lampe à économie d'énergie, batteries rechargeables, cellules photovoltaïques la vie courante : écran couleurs (TV, smartphones, micro-ordinateur), fibres optiques ( Internet et Télévisions) et chips des micro-ordinateurs. les lasers, les cristaux dopés aux terres rares sont utilisés dans de multiples applications : ophtalmologie, chirurgie esthétique, spectacles ou guidage balistique des armes. Le polissage : l'oxyde de Cérium est utilisé pour le polissage des disques miniatures en verre présents dans les ipods et dans tous les nouveaux lecteurs MP4, ou encore pour polir les écrans à cristaux liquides (LCD) et les tranches de silicium destinées aux panneaux photovoltaïque la catalyse : pot catalytique pour voiture diesel ( Cérium) 2.3. Criticité la criticité est le rapport entre l'importance économique et les risques d'approvisionnement. L'Union Européenne a classé les terres rares comme très critiques dans un rapport de La société de réseaux que nous développons est tributaire des métaux rares 139 Il faut 600 kilos d aimants permanents par mégawatt de capacité, dont environ 25 % de néodyme et 4 % de dysprosium. 150kg Nd par MW et 24kg Dy 87/118

88 2.4. Cycle de vie Le cycle de vie d'une innovation passe par 5 étapes : elles sont séparées par les pointillés bleus, une première étape de R&D, puis vient le décollage, la production de masse, la saturation du marché et le plateau de productivité avant l'obsolescence. En orange la courbe des prix. On voit que la prix augmente fortement au moment de la généralisation de l'usage du produit. Quand le marché est saturé le prix s'écroule puis se stabilise dans une dernière phase de maturité. La demande de terres rares peut se calquer sur la courbe des innovations. On peut anticiper les demandes à court moyen et long terme. Les produits arrivé à maturité concernent le tantale, le platine, le rhodium et le palladium. Le titane et le rhénium sont en phase de saturation du marché à court terme, il y a des tensions sur l'indium et le gallium, à moyen terme sur les terres rares et l'hafnium et à long terme sur le gallium. Cet inventaire qui date de 2010 mériterait d'être actualisé. 3. Extraction et pollution La première étape consiste à concentrer le minerai grâce à des procédés physiques (flottation, enrichissement magnétique, gravimétrie) afin d obtenir un concentré contenant 30 à 70% de terres rares. le produit minier brut est un mélange des 17 terres rares, encore appelé mischmetal (mélange de métaux) en allemand 2-Mise en solution : le minerai est attaqué après broyage par de la soude à 60 % en masse, à 180 C, en autoclave, pendant environ 3 heures. Le phosphate trisodique (Na3PO4) formé, soluble, est éliminé à l aide d eau chaude et les hydroxydes de terres rares et de thorium, après filtration et lavage, sont mis en solution dans de l acide nitrique. 3-Séparation des terres rares : toujours à l aide de batteries d extraction par solvants, le lanthane (à 99,995 % de pureté) est extrait, puis le cérium (Ce) (à 99,5 %), le didyme (alliage Nd-Pr séparé ensuite en praséodyme (Pr) à 98 % et néodyme (Nd) à 95 %), le samarium/europium (séparé ensuite en samarium (Sm) à 98 % et europium (Eu) à 99,99 %), le gadolinium/terbium (séparé ensuite en gadolinium (Gd) à 99,99 % et terbium (Tb) à 99,9 %), et l ensemble des autres terres rares, l yttrium (Y) étant obtenu, en fin d extraction, à 99,99 %. les étapes 2 et 3 produisent beaucoup d'effluents pollués. 88/118

89 4. Les producteurs 4.1. les 3 phases de la production Jusqu'en 1986 les USA étaient les principaux producteurs. La Chine monte en puissance à partir des années 1980, pour détenir un quasi-monopole avec la fermeture de la mine de Mountain pass au USA en Les producteurs actuels de minerais critiques Pour les terres rares la Chine produit 95 % de la demande mondiale en Le Coltan140 nécessaire au smartphones est produit au Kivu et fait l'enjeu de luttes violentes entre diverses guérillas. 90% du niobium provient du seul Brésil, 90% du béryllium et 65% du rhénium des États-Unis, 85% des terres rares, 82% de l'antimoine et 75% du tungstène de Chine, 80% du platine d'afrique du Sud, 70% du tantale d'australie, 65% du palladium de Russie, 40% du cobalt du Congo-Kinshasa et de Zambie... Les terres rares ne pas aussi sont si rares que cela. la Chine possédait environ 50 % des réserves connues en Pourquoi ne sont-elles pas plus exploitées? Premier problème : la purification est polluante, ce qui soulève des problèmes écologiques. Peut-être pas en Russie? Le deuxième problème est de maîtrise technique de la purification. Le troisième problème est une question de retour sur investissement. Tant que les prix sont bas en Chine, l investissement dans les mines de terres rares dans une économie dominée par les actionnaires n'a pas la cote. Il est plus rentable d'acheter des produits dérivés sur les terres rares. 140 Le coltan (colombite-tantalite) est un minerai de couleur noire ou brun-rouge contenant deux minéraux associés, la colombite (Fe, Mn) (Nb, Ta)2O6 et la tantalite (Fe, Mn) (Ta, Nb)2O6. La colombite (ou columbite) et la tantalite sont les principaux minerais de niobium (d'abord appelé colombium) et de tantale, et contiennent des proportions variables de niobium et de tantale. 89/118

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