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3 L ESPIONNAGE ET LE CONTRE ESPIONNAGE PENDANT LA GUERRE MONDIALE D APRÈS LES ARCHIVES MILITAIRES DU REICH II TRADUIT DE L ALLEMAND PAR L. LACAZE INTERPRÈTE, CAPITAINE DE RÉSERVE L ESPIONNAGE ET LE CONTRE ESPIONNAGE

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5 I. GENÈSE DE L ESPIONNAGE PAR LE GÉNÉRAL HUGO KERCHNAWE PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES MILITAIRES Le sens général du mot espionnage est des plus larges, surtout dans le public habitué à désigner ainsi non sans plus ou moins de raison toute manière de se renseigner sur un ennemi, sans user de violence et de lui causer un dommage qui ne soit pas dû aux armes de guerre, comme par exemple d accomplir des actes de sabotage, de provoquer des mutineries et trahisons, de pratiquer une propagande hostile, etc. Le sens de ce mot n est même pas identique dans les Codes militaires et pénaux des différents États. Au point de vue du droit des gens, cependant, la déclaration de Bruxelles (1874) nous en donne une définition précise. Doit être considérée comme espion toute personne «qui, dans les localités occupées par l ennemi, recueille ou tente de recueillir en secret ou sous de faux prétextes des renseignements destinés au parti opposé». Par contre, les individus «qui sans cacher leur mission ou leur état militaire reconnaissent l ennemi et prennent des renseignements sur lui», sont désignés comme éclaireurs. Mais, dans la pratique, il n est pas toujours possible de distinguer aussi nettement entre ces deux cas et c est pourquoi la langue courante les confond généralement ; car l éclaireur s efforcera, lui aussi, de cacher et de camoufler le mieux possible sa mission et sa qualité, comme le fait d ailleurs tout patrouilleur en premières lignes. Du point de vue purement humain, ce sont sans doute les mobiles qu il convient de considérer ainsi que le fait de s exercer contre l ennemi ou contre l ami. Car il n est certes pas indifférent qu un acte soit inspiré contre l ennemi du pays par un sentiment de patriotisme prêt au dernier sacrifice ou par un besoin de lucre ou d aventures qui n hésiterait pas à léser la patrie elle même du coupable. Dans la pratique, cependant, tout parti en guerre, tout État en général, se défendra de son mieux contre toute exploration de ses secrets politiques, économiques et militaires et lui appliquera toute la rigueur de ses lois. Il ne pourra pas, ou à peine, tenir compte des mobiles de l espion surpris la main dans le sac bien qu humainement parlant, il soit impossible de refuser un certain respect, une certaine admiration même, aux éclaireurs ou espions qui, en dépit de tous les dangers, risquent leur vie pour transmettre à leur pays des renseignements importants ou pour saboter l organisation de l ennemi loin en arrière de ses lignes. Si nous élargissons le sens du mot espionnage et nous en avons le droit il devient difficile et, pour mieux dire, impossible de fixer l heure de sa naissance. Elle coïncide avec l instant même où l homme commence à combattre non seulement les animaux de l époque préhistorique, mais encore ses propres congénères. Le premier homme qui s approcha en rampant d un campement ennemi, ce fut le premier éclaireur et il devint le premier espion lorsqu il s efforça d imiter les bêtes de la forêt primitive ou les particularités de la tribu adversaire, afin de la tromper et de pénétrer ainsi jusque dans son camp. L histoire de l espionnage remonte donc aux premières guerres et comme celles ci datent certainement des premiers jours de l humanité, à l histoire des hommes eux mêmes. Il faudra naturellement se contenter de la poursuivre jusqu aux époques où s établirent des États ordonnés et en conséquence des règles guerrières et des préparatifs de guerre qui rendirent nécessaire la connaissance de l ennemi, de ses moyens de combattre et de ses intentions. Il est plutôt difficile de préciser, quand l espionnage et tout ce qui s y rattache a été plus important, quand il a influé plus décisivement sur la conduite et l issue de la guerre : aujourd hui ou jadis, aujourd hui que l information domine le monde et que nous avons la possibilité de transmettre des renseignements avec la rapidité de l éclair, mais aussi de nous mouvoir et de 5

6 regrouper nos forces avec une célérité jusqu à ce jour inconnue, ou jadis lorsque Philippe de Macédoine se vantait de conquérir la forteresse la plus imprenable à condition d y faire pénétrer un âne chargé d or. Éblouis par les miracles de notre technique moderne et succombant aux phrases toutes faites et à la suggestion des masses, nos contemporains oublient trop facilement de distinguer entre ce qu il fallut créer au cours des âges et ce qui aujourd hui est tombé dans le domaine public. Aujourd hui, d excellentes cartes en vente partout nous renseignent sur les conditions topographiques du pays adversaire ; des statistiques accessibles à tout le monde les complètent ; ses indicateurs de chemins de fer nous font connaître les voies de communications et permettent d en estimer le rendement ; les ouvrages et manuels militaires, les tableaux d avancement et listes d officiers, les règlements, etc., donnent de l organisation, de l armement et des méthodes de combat d une armée, une image précise qu il n était jadis possible d obtenir qu après une longue guerre. Il y a deux cents ans, nous n avions pas de cartes utilisables sur le terrain, ou susceptibles de nous renseigner, même dans les grandes lignes, sur la topographie, la viabilité d un pays. Il y a cinq cents ans, aucun État ne possédait d organisation militaire ordonnée, et il eût été impossible de la connaître même en compulsant une infinité de livres si les livres avaient existé dans le sens que nous attachons aujourd hui à ce mot ; il n y avait ni statistiques, ni manuels quelconques et le souverain ignorait souvent lui même l étendue réelle et le nombre d habitants de son empire. La situation était, de ce point de vue, meilleure dans l antiquité, alors que les grands États entretenaient de fortes armées régulièrement recrutées, instruites et équipées et qu il existait un recensement de la population et des divisions politiques. A moins qu il ne s agît d une expédition contre des «Barbares», les belligérants trouvaient au moins devant eux un objectif d exploration. L Asie et le bassin oriental de la Méditerranée ont connu, avant l Europe, de grands États organisés avec beaucoup de précision et possédant tout ce qu il fallait pour la guerre. Il y eut là quatre ou cinq mille ans avant nous de grandes puissances dans toute l acception moderne du mot, avec des frontières d un développement énorme et une population chiffrée par millions, alors qu en Grèce et sur la péninsule italique se formaient à peine de petits États urbains dont les débuts sont noyés dans la brume des mythes. Nous en connaissons, par Homère, un épisode, la guerre de Troie, la première lutte entre peuples complètement ou presque ariens, le premier choc entre les milieux civilisés de l Hellade et ceux de l Asie Mineure ; cette guerre a certainement eu lieu quels que soient les adjonctions et enjolivements dûs à la légende. Homère et ses successeurs ne nous relatent pas de faits d espionnage proprement dits. Cependant l esprit critique moderne voit dans le voyage de Pâris à la cour du crédule Ménélas et dans le rapt d Hélène une expédition de reconnaissance de l astucieux Troyen et dans l enlèvement du trésor une tentative d affaiblir l adversaire. La mise en scène pratiquée par Pâris sa manière d apaiser tous les soupçons et de gagner la confiance du roi de Sparte qui part en guerre sans emmener avec lui son hôte, ce dont celui ci profite pour lui enlever épouse et richesses est à tous points de vue une action d espionnage de grande envergure selon nos idées modernes. Le dernier acte du drame, qui entraîne la chute finale de la place forte, est une ruse de guerre que la déclaration de Bruxelles considérerait et punirait comme espionnage. Car les trente nobles grecs cachés dans le ventre du cheval et plus encore Sinon qui fit croire aux Troyens que ce cheval était la compensation offerte par les Grecs du palladium volé par eux «se sont rendus secrètement et sous de faux prétextes dans une localité occupée par l ennemi», bien que l action de réunir des informations, entre autres l exploration du point faible des murailles, ne soit venue qu en second lieu. Si la guerre de Troie et la ruse de guerre du fameux cheval de même nom ressortissent en partie de la légende, bien que fondées sur une réalité positive, comme presque tous les faits relatés par Homère, nous trouvons par contre en Egypte, longtemps avant cette époque déjà, une 6

7 organisation militaire vieille de plusieurs millénaires avec préparation régulière de la guerre et en conséquence avec espionnage méthodique de l adversaire. Le point culminant y fut atteint vers 1300 avant Jésus Christ sous la dynastie des Ramsès. L armée professionnelle, composée de soldats appartenant à la caste indigène des guerriers, fut alors renforcée par des mercenaires étrangers, ce qui permit aux Pharaons de faire manœuvrer plusieurs armées de centaines de milliers d hommes sans dégarnir pour autant son immense empire et ses frontières du Nil et de l Euphrate. Les campagnes entreprises par de telles armées présupposaient naturellement une préparation des plus soignées, sans oublier la reconnaissance des pays ennemis. C était la mission des «guides royaux», corps des plus importants chargé d explorer les théâtres des opérations projetées, soit par des espions, soit en personne sous les déguisements les plus variés, afin de fournir ainsi au Pharaon les bases voulues pour ses plans de campagne ; ils devaient également, les hostilités déclenchées, assigner les voies à suivre aux différentes colonnes, prendre des renseignements sur l ennemi et suggérer des ruses de guerre praticables. Une organisation comparable en un mot à nos services des renseignements modernes et à nos bureaux topographiques et dont les chefs avaient naturellement de fréquentes occasions de commettre des trahisons dangereuses. Antérieurement même à la dynastie des Ramsès, lors des longues luttes menées par la 18 e dynastie pour la possession de la Syrie, les annales relatent qu un des guides du roi Thoutmosès III, le capitaine Thoute, réussit, grâce à ses relations, à introduire dans Jaffa assiégée par les Égyptiens deux cents guerriers parfaitement armés, cousus dans des sacs et répartis sur tout un bateau chargé de farine. Ces hommes éventrèrent leurs sacs pendant la nuit, surprirent les gardiens des portes et permirent ainsi l occupation sans coup férir de cet important point d appui. Mais nous voyons, d autre part, et au cours de la même campagne, les chefs alliés se plaindre de l exploration défectueuse des routes qui leur étaient prescrites à l occasion de l attaque de Megido et qui ne leur permettaient de progresser qu un à un et sans chars de combat. Mais les guides n en persistent pas moins à déclarer que la route est parfaitement praticable ; le roi leur croit, réussit à passer et à surprendre et défaire complètement l ennemi. Le guide royal joue un rôle encore bien plus considérable dans l épopée nationale des Égyptiens, poème dû à l aède Pentaur et qui décrit la conquête de la Syrie par le roi Ramsès II, le Grand. Le guide royal Paker, honoré pour ses services antérieurs de toute la confiance du souverain, lui en veut pour des raisons personnelles et cherche à le renverser. Une bataille a lieu près de Kadeche, sur l Oronte. D accord avec l adversaire, le guide royal envoie vers son maître deux ennemis camouflés en déserteurs qui donnent sur les Syriens et leurs positions des renseignements totalement faux ; aussi le Pharaon se fait il, aussitôt l Oronte franchi, surprendre à la tête de son avant garde composée de chars d assaut, tandis que l ennemi attaque simultanément le gros de l infanterie égyptienne en colonnes de marche. Devant sa supériorité, les chars euxmêmes se trouvent bientôt en danger et le roi combat un certain temps presque seul et entouré d adversaires. Mais grâce à son courage il réussit à s en tirer et l infanterie égyptienne amenée par un guide resté fidèle, après avoir repoussé victorieusement l attaque, décide enfin du sort de la journée. Ces deux cas nous démontrent le degré de perfection atteint par les services des renseignements de l armée égyptienne en même temps que l importance et les dangers de l espionnage. La Bible également qui, dans les livres de Moïse, nous donne jusque dans les moindres détails voir par exemple la police sanitaire dans les camps un certain nombre d instructions pour le service en campagne, n omet pas l espionnage. Il est connu qu avant de pénétrer dans le pays de Chanaan, les Juifs y envoyèrent des éclaireurs dont les rapports, corroborés par la vue des produits de la terre promise, ranimèrent considérablement la confiance du peuple. Le Livre des 7

8 Rois raconte d une manière naïve, parfois comme choses toutes naturelles et non blâmables, comment David a pratiqué l espionnage fort abondamment et parfois malhonnêtement non seulement dans ses campagnes, mais encore en sa qualité de prétendant au trône contre son bienfaiteur Saül. Quant à l armée perse, le cas d espionnage le plus formidable dû, non pas à une longue préparation, mais au sacrifice joyeux et spontané d un partisan, nous est révélé par la chute de Babylone en rébellion contre le roi Darius. Celui ci assiégeait depuis vingt mois, en 520 et en 519 av. J. C, les énormes bastions de cette ville de deux millions d habitants ; une tentative d imiter Cyrus qui avait essayé de pénétrer dans la ville grâce à l Euphrate momentanément détourné de son cours normal, échoua pareillement. Alors, nous raconte Hérodote, intervint l un des plus fidèles amis du roi, répondant au nom de Zopyros et qui lui avait déjà rendu les plus grands services pour la suppression des sept mages usurpateurs après la mort de Cambyse. Il se fit couper le nez et les oreilles et fustiger et passa ainsi dans le camp ennemi pour y offrir ses services de transfuge poussé par un désir de vengeance. Il proposa donc aux Babyloniens de prendre le commandement d un détachement pour effectuer trois sorties à des jours et par des portes désignées d accord avec le roi Darius, qui devait n y placer que des postes insuffisants et mal armés ayant pour consigne de se retirer après un bref combat, Zopyros espérait gagner ainsi la confiance de l ennemi pour obtenir ensuite le commandement de forces plus considérables à des points plus importants. Vingt jours après, Darius devait livrer un assaut général au cours duquel son ami lui ouvrirait les portes dont il aurait la garde. Tout se passa comme il avait prévu et le vingtième jours les Perses entrèrent dans la ville et la conquirent. Hippias, le dernier tyran d Athènes, chassé par les Athéniens, en 510 av. J. C, fut adjoint en qualité de conseil à l armée de Datis, forte de fantassins et de cavaliers, si nous en croyons Hérodote et dont la flotte de transport était accompagnée par 600 navires de guerre. L idée n était pas mauvaise, car Hippias connaissait naturellement fort bien la situation et ses intérêts coïncidaient avec ceux des Perses, du moins provisoirement jusqu à la prise d Athènes. Suivant les conseils d Hippias, la flotte ne longea pas les côtes ; elle mit le cap sur la ville de Naxos qui s était révoltée et, après l avoir châtiée, sur l île d Eubée devant laquelle elle apparut inopinément. Les Athéniens n eurent donc plus le temps de secourir cette alliée que les Perses occupèrent après en avoir conquis la capitale Erétrie ; le siège avait duré sept jours et la ville, en dépit d une défense acharnée, avait été prise grâce à la trahison de deux citoyens notables auprès desquels s était réfugié Hippias immédiatement après son expulsion d Athènes. Les services rendus par Hippias étaient donc appréciables, car l île d Eubée n est séparée de l Attique que par un bras de mer fort peu large que les Perses pouvaient traverser facilement ; elle leur offrait une excellente base d opérations contre Athènes qui, surprise par cette agression soudaine, n avait pu appeler au secours ses alliés du Péloponèse. Mais à partir de ce moment, l action d Hippias ne fut plus d aucune utilité. L espoir qu il caressait de retrouver l appui de ses anciens partisans et de diviser ainsi les Athéniens ne s accomplit pas : il dut même y renoncer définitivement après la défaite des Perses à Marathon. Il tenta bien encore de contourner en hâte le cap Sunion pour enlever Athènes par surprise, quelques uns de ses partisans lui ayant fait savoir, au moyen de signaux lumineux reflétés du haut du Pentélicon par un bouclier de métal poli, que la ville était sans défense. Mais Miltiade, ayant vu la flotte appareiller en toute hâte, s était élancé au pas de course vers Athènes à la tête du gros de son armée ; il y arriva en temps voulu pour enlever aux Perses toute velléité de débarquer. Hippias mourut à Lemnos. Les deux traîtres qui avaient livré la ville d Erétrie furent récompensés par Darius qui leur concéda de vastes territoires. Quant à Miltiade, le vainqueur de Marathon et le sauveur d Athènes, il mourut gravement blessé dans la prison pour dettes après avoir commandé une expédition malheureuse dont il n avait pu rembourser les frais. Les auteurs anciens ne nous disent pas si les Grecs ont essayé de percer les intentions de leurs 8

9 ennemis par un système d espionnage bien organisé ; mais nous savons que tous les sommets de leur pays et des îles étaient occupés par des groupes d observateurs reliés entre eux et avec les capitales par un télégraphe optique de la plus grande efficacité. Le fait est que les Grecs apprenaient très rapidement ce qui se tramait chez l ennemi. Le mouvement tournant qui devait anéantir l armée grecque aux Thermopyles fut rapporté à Léonidas par des transfuges provenant de la colonne perse que guidait l espion Ephialtès, et le général grec eut le temps de renvoyer le gros de ses troupes qu il ne voulut pas sacrifier inutilement et d occuper avec mille Phocéens le défilé par où devaient passer les Perses ; mais il ne put résister longtemps aux gardes de Xerxès, aux célèbres dix mille «immortels» commandés par Hydarnès, que surexcitait le désir de venger les pertes subies dans leur combat contre les Lacédémoniens. Avant comme après cette bataille des Thermopyles, le roi Xerxès écouta plus d une fois les conseils de Demaratos, roi proscrit de Sparte qui le renseignait d une manière parfaite, bien que souvent peu croyable aux yeux du souverain perse, «habitué à commander à de grandes masses, mais à peu d hommes», selon l expression d Hérodote. Il est d ailleurs probable que Demaratos jouait double jeu ou faisait de l espionnage en double, comme nous dirions aujourd hui, soit qu il eut conservé au fond de son cœur plus d amour pour son ancienne patrie que pour son nouveau protecteur et bienfaiteur, soit qu il espérât se concilier ainsi parmi ses compatriotes de nouveaux partisans qui lui ouvriraient les portes de la cité. Quoiqu il en soit, Hérodote nous apprend qu il informait les Spartiates de tous les préparatifs et projets de Xerxès, probablement par le canal des otages grecs libérés. Pour ne pas se livrer, lui et ses messagers, aux mouchards de la police des rues (celle là également existait déjà!) il gratta la cire de quelques tablettes à écrire et y grava ses informations dans le bois avant de les recouvrir d une nouvelle couche de cire et de leur donner ainsi l aspect de tablettes encore vierges d inscriptions. Il les fit remettre aux messagers avec prière de les apporter de sa part aux rois de Sparte. Ceux ci ne surent d abord qu en faire jusqu au moment où la femme de Léonidas, fille de son adversaire Climène, conseilla de faire disparaître la couche protectrice pour voir ce qu elle recouvrait. Le célèbre Alcibiade (450 à 404 av. J. C.) qui changea plusieurs fois de parti entre Athènes et Sparte et dut se réfugier deux fois chez les Perses, est à compter parmi ces chefs tantôt heureux, tantôt persécutés qui utilisaient, au service du parti opposé, les connaissances acquises soit pour servir un parti ennemi, soit pour lui nuire en pratiquant une espèce d espionnage double. Il avait ainsi rendu des services considérables à Sparte après sa première fuite d Athènes, mais ayant excité la jalousie de certains Spartiates il dut chercher auprès des Perses un refuge dont il profita pour se réconcilier avec les Athéniens et sut même, par de savantes intrigues, leur gagner l amitié des Perses et contribuer ainsi à leur victoire. Mais, accusé de connivence avec l ennemi et de trahison aussitôt après les premiers insuccès, il dut encore une fois se réfugier chez les Barbares qui, plus équitables que ses propres compatriotes, le reçurent avec honneurs. Mais, ayant remporté la victoire après la fuite d Alcibiade, le général Spartiate Lysandre exigea son extradition et menaça les Perses de les attaquer. L Athénien sans scrupules échappa, il est vrai, à l extradition et à l exécution capitale, mais les Spartiates le firent assassiner à Mélissa. Cet enchaînement de méfiance et de trahison qu il est impossible de poursuivre ici, aboutit finalement à la bataille de Chéronée et à la défaite totale des Grecs par les phalanges bien ordonnées de Philippe de Macédoine. Il va de soi que, pendant les longues guerres précédentes et au cours des préliminaires de paix, «l âne chargé d or» du riche roi de Macédoine avait rempli non sans succès le rôle que lui assignait l astucieux Philippe. Les mines d or alors fécondes, aujourd hui abandonnées, des forêts du Pangée, lui fournissaient les moyens de s armer, mais aussi d inonder la Grèce du flot silencieux de ses pièces d or, plus efficaces certainement que les Philippiques de son ennemi Démosthène s efforçant de réveiller par son éloquence l antique héroïsme de la race grecque. Trois siècles de démocratie oratoire avaient peu à peu miné l Hellade en détruisant, à force de discours, sa volonté d agir avec énergie. Et les «Philippes d or» 9

10 ouvrirent au roi de Macédoine plus d une ville qu il aurait longuement et peut être vainement assiégée. C est ainsi que dès les premières campagnes, à l occasion de la conquête des villes d Amphybolis et de Pydna, son or fut assurément beaucoup plus efficace que ses armes. Il provoqua entre Thèbes et la Phocée une guerre civile à laquelle Philippe finit par prendre part système des plus modernes qui a été appliqué avec succès dans leur politique d annexions coloniales par les États Unis, la Grande Bretagne et la France ; il sema le désordre dans toute l Hellade ; il prit Olynthe par espionnage et trahison et ses agents surent si bien acheter des complicités dans Athènes même que celle ci reconnut par le traité d Olynthe toutes les conquêtes antérieures du Macédonien ; il divisa si bien les Grecs, encore unis en apparence, qu il en eut raison à Chéronée. Mais aucun homme d État ou de guerre n a manifesté, dans cette lutte sourde, plus d habileté que le père d Alexandre le Grand. Ce dernier, par contre, ne semble pas l avoir pratiquée si abondamment ; du moins l ignoronsnous. Il appliqua, par contre, un moyen qui s apparente à l espionnage et qu il fut probablement le premier à employer : la guerre économique en ruinant la monnaie de l ennemi ; il faussa le rapport entre l or et l argent, fit ainsi de ce dernier métal une simple marchandise et détruisit le système bi métallique des Perses. Quant aux Romains, leur respect du droit, du moins dans les périodes de leur développement, les éloignait de l espionnage et de la trahison en dépit de leur manque absolu de scrupules dès qu il s agissait d un ennemi. Peut être eurent ils pour cela trop de fierté, trop de confiance en euxmêmes, comme ce fut le cas pour le plus grand d entre eux qui dédaigna l espionnage au point de brûler, sans la lire, toute la correspondance de Pompée tombée entre ses mains après la victoire de Pharsale. Ce mépris, ou cette négligence lui valurent, dans les Gaules, l unique défaite qu il ait subie et provoquèrent ensuite sa mort, quand il eut atteint le faîte de sa puissance. Nous savons toutefois qu il n a pas toujours pensé de la même façon, car à l époque de son ascension au pouvoir et au cours de ses luttes politiques, il n a jamais reculé devant les sacrifices nécessaires pour connaître à temps les intentions de ses adversaires et les empêcher d aboutir ; il est vrai que son incroyable don de divination lui fut d un grand secours. Comme chef de guerre il a probablement obéi à d autres considérations. Il est évident qu un service des renseignements approprié lui eût permis, dans les Gaules, d étouffer dès leur origine tous mouvements de rébellion ; mais peut être cette manière de procéder ne lui eût elle pas donné l occasion d exterminer radicalement et pour toujours toute volonté de résistance. Cette confiance en soi, cette incarnation la plus haute de l orgueil romain, ont pu prédominer pendant un certain temps et faire croire aux Romains que les différends se règlent mieux et plus efficacement par l épée que par une guerre dans l ombre que, peut être, ils ne se sentaient pas encore aptes à mener avec succès. Mais les choses changèrent du tout au tout quand leur caractère et leur mentalité se modifièrent au contact des Grecs et des Carthaginois. L organisation militaire si perfectionnée des Romains attachait naturellement la plus haute importance à l exploration des territoires occupés par l ennemi. L éclaireur qui s en chargeait généralement c était le marchand romain qui n était pas nécessairement un Romain bon teint, mais généralement un Grec des colonies et plus tard même un Juif qui parcouraient assidûment, pour les reconnaître, les contrées que le légionnaire s apprêtait à conquérir. Les rapports des ambassadeurs étaient également précieux ; aussi, ces derniers étaient ils généralement mal vus à l étranger et rigoureusement surveillés ; mais il y avait encore les déclarations des prisonniers, fort bien traités et récompensés lorsqu ils acceptaient de parler, et, dans le cas contraire, fréquemment torturés. C est ainsi que Marius, ayant pris le commandement contre les Teutons et les Cimbres fort redoutés par l armée romaine, notamment après la défaite de Norée, s efforça avant toutes choses de faire quelques prisonniers pour la capture desquels il promit de fortes récompenses. Il pensait 10

11 en obtenir ainsi des renseignements sur leur nation, leurs forces et leurs méthodes de combat et en même temps habituer ses légionnaires à la vue de ces guerriers qui les dépassaient de toute la tête. Malgré son alliance avec les Bataves et les Frisons, les deux premières campagnes de Drusus avaient échoué en raison du mauvais temps et des conditions topographiques défavorables et, bien qu il eût perdu presque toute son armée au cours de la deuxième expédition, il en entreprit une troisième encore plus importante et qui révèle une connaissance approfondie du pays. Remontant le cours du Mein et évitant ainsi l obstacle que lui opposait la Weser, il parvint dans la vallée de l Elbe «que jusqu alors il ne connaissait que de nom». Mais comme il n y vit pas la flottille alliée qu il s attendait à y trouver, il dut rebrousser chemin vers le Rhin à cause de la saison trop avancée et du manque de ravitaillement. Si toutes ces campagnes ont fini par échouer, elles n en montrent pas moins la tâche qu avait dû accomplir le service d exploration romain pour rendre possible l entreprise de semblables expéditions et d opérations combinées si délicates en pays totalement étranger, dépourvu de tout ce qui aujourd hui nous paraît si naturel, et leur réussite relative, tant que la riposte ennemie ne venait pas anéantir l effort romain. Il faut s incliner devant la hardiesse des conceptions et devant l esprit d entreprise des généraux romains. Cependant, l issue de cette troisième campagne amena Tibère à rappeler son neveu et à renoncer à de nouvelles offensives en Germanie. Il écrivit : «Assez d exploits ont été accomplis, assez de sacrifices consentis. Abandonnons désormais les Germains à leurs propres divisions ; ils seront plus vite vaincus par elles que par les armes romaines.» Les affaires furent d ailleurs menées dans ce sens et les agents et l or de Rome firent tout ce qu il fallait pour maintenir la désunion. Mais à partir de ce moment, les Romains donnèrent aux Germains, leurs plus dangereux adversaires, l occasion et les moyens de connaître leurs pays et leur tactique beaucoup mieux que n eût fait l espionnage le plus habile. Ils admirent en effet dans leur armée des fils de chefs et de nobles emmenés primitivement comme otages et qu ils espéraient gagner ainsi. Ce fut pour l armée romaine, du point de vue purement militaire, un apport des plus précieux, mais la plupart de ces hommes retournèrent dans leur pays d origine au bout de quelques années et y répandirent l art de la guerre et les méthodes de combat des Romains. Presque tous les généraux célèbres des Germains avaient servi un certain temps dans l armée romaine pour employer ensuite contre elles, et non sans succès, des armes et des institutions romaines. Aucun chef germain n eut plus l idée de monter à cheval et d aborder le camp romain pour demander, en hommage à une ancienne coutume, que le terrain fût fixé pour une prochaine rencontre qui aurait lieu sept jours plus tard, ainsi que l avait fait Bojorix, duc des Cimbres, en 191 avant la bataille décisive. Et les Romains lui ayant répondu ironiquement «qu ils n avaient pas l habitude de conférer avec l ennemi sur le temps et l endroit du combat,» mais s apercevant ensuite de la chance qui se présentait ainsi, aucun Germain n aurait plus accepté la lande de Verceil, bien qu il sût fort bien que la cavalerie romaine pourrait s y déployer et manœuvrer tout à son aise. Bien au contraire, avec une astuce apprise à Rome, Herman sut tromper l ennemi en se faisant passer pour allié, l attirer après des marches épuisantes, sur un terrain défavorable et l y anéantir. Mais, avec les coutumes romaines, se répandit également la mentalité romaine même parmi la plus fière des tribus germaniques, celle des Goths. Les derniers Amelungen, les descendants de Dietrich de Berne, étaient devenus si romains d esprit, ils avaient à tel point renié les mœurs si rudes de leur race, qu ils se déshonorèrent en s accordant avec l ennemi lors de la lutte suprême pour Byzance. Au cours de la désagrégation des grands États qui se produisit alors à l Occident et à leur substitution par de petits pays à peine reliés entre eux par un lien commun, jusqu au point de 11

12 former en Italie et en Allemagne de petites républiques urbaines à la manière grecque, les grandes organisations militaires firent complètement défaut et tous services des renseignements de grande envergure devinrent naturellement impossibles. Ce qui ne veut pas dire que les partis en lutte aient ignoré l espionnage et la guerre sourde menée derrière les coulisses. Loin de là, en Italie et à Byzance, les espions jouèrent même un rôle essentiel et souvent décisif. C est uniquement lorsque vers la fin du moyen âge les États commencèrent à se consolider, notamment à l Occident, et qu avec l accroissement du pouvoir royal se formèrent de nouveau des armées permanentes supérieurement organisées, que l espionnage prit des formes et un développement perceptibles à nos yeux. La création en France des armées permanentes, ou «compagnies d ordonnance» de Charles VII, coïncide avec la première apparition du mot «espion», car les «lettres» prévoient des sanctions contre les individus ainsi désignés. Il n avait été, jusqu alors, question que d éclaireurs et d explorateurs. L acception du terme est d ailleurs plus large que de nos jours et comprend également les éclaireurs ennemis capturés dans les environs d un camp et même l armurier et l artificier, si dangereux pour les chevaliers, qui s exposaient à finir comme sorciers et magiciens de la même manière que l espion. Toute organisation militaire bien ordonnée comporte nécessairement un service des renseignements déterminé et il en fut ainsi pour la confédération des Suisses qui, dès ses débuts, se donna une solide constitution militaire. Au commencement du XIII e siècle, lors des luttes suisses pour l indépendance, ce furent surtout des membres de la noblesse ennemie qui, attirés par une communauté d intérêts habilement exploitée, nouèrent des relations secrètes avec les confédérés et qui leur annonçaient en temps voulu les intentions de l ennemi et certains dangers imminents. Ils avaient à cet effet un mode de correspondance à demi mot, ou encore des feux de différents aspects allumés sur les sommets des montagnes. Dans la suite, au fur et à mesure de son développement, la confédération, qui s accroissait de villes de plus en plus importantes et d un grand nombre de riches marchands, se vit obligée d élargir son système de renseignements. Les édits publiés vers la fin du XIV e siècle, imposaient aux bourgeois non seulement le service armé, mais encore l obligation de concourir de toutes leurs forces à la défense de l État. Les marchands des grandes villes furent ainsi tenus d exploiter leurs relations commerciales dans un but d espionnage et d exploration de l ennemi. Ce système rendit d excellents services, car les relations de ces riches négociants s étendaient jusqu aux cours des nations voisines et plus loin encore et tout ce qui s y passait faisait l objet de rapports transmis en Suisse et dans la capitale de la confédération. Lorsque la France et l Autriche qui, en 1474, s étaient liguées avec la Suisse contre la puissance de plus en plus encombrante de Charles le Téméraire, dénoncèrent cette alliance l année suivante à la suite d un accord particulier avec le duc Charles, celui ci jeta toutes ses forces contre les Suisses ; mais avertis à temps par leurs marchands des accords conclus séparément, ils renforcèrent immédiatement leur armée permanente et purent affronter ainsi le Téméraire à Granson avec des forces non pas égales numériquement, mais de même valeur combattive, qui le battirent à plate couture. Quelques mois après, à Morat, il subit une nouvelle défaite qui lui fit passer le désir de s attaquer aux Suisses, si bien que ceux ci prirent l offensive dès l année suivante. C est alors qu il perdit devant Nancy, qu il assiégeait, la bataille, ses biens et sa vie. L armée de secours des fédérés s était dès son arrivée si bien entendue par signaux lumineux et colonnes de fumée avec ses hommes de confiance, assiégés dans la ville, qu elle put efficacement collaborer avec les assiégés, et remporter ainsi une victoire décisive. Nos sources, devenues plus importantes à cette époque, nous relatent plus d une réussite sensationnelle dans le domaine de l espionnage ; l un des cas les plus intéressants remonte à l an 1525, au siège et à la bataille de Pavie où le roi de France, François I er, perdit sa liberté ; il 12

13 démontre également que l amour du pays et le sentiment de l honneur militaire sont plus efficaces que le travail des espions salariés. Car le roi de France ne manquait pas d argent ; il en avait certainement beaucoup plus que son adversaire Pescara qui, à la tête des survivants de l armée impériale battue et chassée de Provence, avait pris une position d attente sur l Adda, tandis que François I er investissait Pavie avec une armée brillante et cinq fois plus nombreuse ; la ville était encore plus pauvre que Pescara, car son défenseur Leyda dut faire fondre les reliquaires de la Chartreuse. La situation paraissait absolument désastreuse pour les Impériaux. Un seul espoir leur restait : l intervention immédiate de troupes levées en Allemagne ; mais l empereur était lui aussi sans argent. Il fallait donc émouvoir le sire Jörg von Frundsberg, car ses lansquenets le suivaient même à crédit et il était assez désintéressé pour avancer lui même une partie des frais. Mais il boudait dans son château fort de Mindelheim. C est pourquoi son fils, le capitaine Gaspard von Frundsberg, assiégé dans Pavie, entreprit de lui écrire pour lui dépeindre la situation et demander du secours. Un lansquenet allemand, compatriote de Frundsberg, s offrit à porter cette lettre. Il traversa les lignes françaises en se faisant passer pour Suisse au service du roi. Le message parvint sans délai au vieux Frundsberg qui rassembla hommes et les conduisit à Pescara dans le courant du mois de décembre. Pescara se mit immédiatement en marche sur Pavie ; mais il était encore trop faible à ce moment pour s attaquer aux Français, malgré un nouveau renfort amené par le connétable de Bourbon, il résolut d affaiblir l armée ennemie en la harcelant continuellement et en suscitant au loin des rébellions et des diversions qui forceraient le roi de France à y expédier des détachements armés. Mais il fallait, en attendant ranimer le courage de la garnison déjà fort éprouvée de Pavie et lui faire parvenir des munitions, car elle commençait à en manquer. Les deux tâches furent accomplies. Deux chevaliers espagnols chassés de l armée pour différents délits, voulurent s en charger dans l espoir de se réhabiliter. Accompagnés de deux paysans qu ils firent passer pour leurs valets, ils se présentèrent, comme transfuges, dans le camp français, en attendant l occasion de s en échapper pour entrer dans la ville assiégée d où ils devaient ensuite annoncer leur arrivée par des fusées. Ils purent exécuter leur projet non sans avoir repéré les points faibles et mal gardés des retranchements français. Ils savaient même à quel moment la garde y serait prise par des détachements de mercenaires italiens, les moins sûrs de tous. C est ainsi que les Impériaux, qui tenaient constamment en alerte le camp français, purent profiter d une attaque combinée avec une sortie de la garnison pour faire pénétrer en ville une cinquantaine de cavaliers emportant chacun cent livres de plomb et une forte quantité de pièces d or. Ils renouvelèrent plusieurs fois cet exploit, ce qui ranima la résistance de la garnison à moitié affamée au point que les capitaines allemands eux mêmes «ne buvaient plus que de l eau» ; ils surent néanmoins tenir bon jusqu au moment où les unités détachées au loin par François eussent suffisamment réduit ses effectifs pour permettre de risquer une attaque générale d autant mieux que, fatigués et énervés par d incessantes alertes, les Français ne se gardaient plus très efficacement. Dans la nuit du 25 février 1525, les troupes impériales traversèrent le parc à gibier de Pavie et surprirent ainsi les Français qu ils battirent complètement. Toute la longue série des guerres turques débuta par une formidable trahison du côté des Chrétiens. Le voïvode de la Septimanie hongroise, Jean Zapolya, qui aspirait à la couronne hongroise avait noué des relations avec les Turcs et remis la réunion de ses troupes avec l armée impériale, jusqu au moment où celle ci fut totalement défaite auprès de Mohacs, le 29 août Au cours de la bataille même, le frère de Zapolya avait trahi et tué le roi qui fuyait, en s écriant : «Quand le combat est perdu, la place de l empereur est sur le champ de bataille.» Lorsque, quatre années après, Soliman marcha sur Vienne, le valeureux Thomas Nadardy essaya de l arrêter le plus longtemps possible par la défense d Ofen. Mais le quatrième jour, la garnison hongroise gagnée par Zapolya le livra pieds et poings liés et ouvrit les portes de la ville aux ennemis. Six détachements de lansquenets allemands, demeurés fidèles, furent massacrés par 13

14 les Turcs. Les vaillants défenseurs de Vienne, par contre, trouvèrent des auxiliaires parmi les Chrétiens enrôlés dans l armée ottomane, notamment parmi les mineurs bosniaques utilisés pour les sapes. Les assaillants n ayant pas réussi à placer leur plus grosse pièce de siège, ils durent se rabattre sur la guerre de mines pour faire une brèche dans les murs avant la saison d hiver. Le danger était d autant plus grand pour Vienne, que la garnison ne comptait pas un seul mineur de profession. Mais des transfuges bosniaques avertirent Salm et le sire Eck von Reischach, commandant des lansquenets, eut le temps de faire instruire suffisamment certains anciens ouvriers mineurs et puisatiers pour opposer des contre mines aux sapes des Turcs et faire exploser prématurément un grand nombre de leurs mines. D autant plus sûrement que les transfuges augmentaient sans cesse et signalaient les progrès et la direction des travaux turcs, ainsi que les assauts généralement annoncés la veille au soir. A défaut de ce secours bénévole, la ville si mal préparée à se défendre n eût certainement pas résisté, malgré tout l héroïsme de ses défenseurs, à une armée dix fois plus nombreuse. Je citerai encore l année décisive, 1683, qui vit la dernière offensive turque. Ayant rassemblé une armée de combattants, les ennemis avaient marché sur la capitale autrichienne, ainsi qu en 1529, fort mal préparée à les recevoir. Ils traînaient avec eux un prisonnier de marque dans la personne du comte Marsigli, ambassadeur de l empereur. Mais celui ci, avait trouvé le moyen de se mettre en liaison avec le commandant en chef impérial, le duc Charles de Lorraine, qui fort bien informé ainsi des intentions et des mouvements de l ennemi, leva aussitôt le siège de Neuhäusel et put encore jeter au dernier moment toute son infanterie dans la ville de Vienne jusqu alors à peu près dégarnie de troupes. Le siège dura deux mois et la misère était déjà considérable dans la capitale quand le prince Starhemberg, commandant de la garnison, voulut se mettre en relation avec le duc de Lorraine pour lui rendre compte des dangers de sa situation. Le moyen qu il choisit ne relève pas, il est vrai, de l espionnage proprement dit, mais serait sans doute puni comme tel, car il fallut pour l employer recourir à la ruse et au déguisement. Mais comme aucun militaire ne s offrit pour cette périlleuse mission et que, faute de connaître la langue, personne ne pouvait raisonnablement se flatter de traverser les lignes turques, ce fut finalement le raïs Georges Kolchitzki qui se présenta ; il avait longtemps vécu en Turquie, s était familiarisé avec les coutumes du pays et parlait en même temps que le turc et le serbe encore différents dialectes. Son domestique serbe et lui se déguisèrent en Turcs et quittèrent la ville par une poterne dérobée à proximité de la porte des Écossais, après s être minutieusement renseignés auprès de certains prisonniers. Ils réussirent à franchir les lignes ennemies et parvinrent à Kahlenbergerdorf où ils se procurèrent un bateau pour traverser le fleuve. Mis en défiance, les Turcs tirèrent sur eux, mais sans les atteindre. Ils revinrent de la même manière quatre jours après. Mihajlovitch, le valet de Kolchitzki renouvela encore trois fois ce dangereux exploit. Et c est ainsi que les assiégés apprirent la concentration d une armée de secours, l expulsion des Hongrois mécontents et finalement, le 9 septembre, le départ de l armée de secours. Aussi ne perdirent ils pas courage, bien que les Turcs eussent déjà pratiqué des brèches dans le bastion principal, que la garnison fût réduite des deux tiers et que des épidémies se fussent déclarées. Combien le côté romanesque de ces aventures agit sur l esprit plus puissamment que ne fait le simple héroïsme du soldat accomplissant son devoir, je n en veux pour preuve que le retentissement qu eut l exploit de Kolchitzki. Aujourd hui encore, une rue de Vienne porte son nom et il reçut, aussitôt après la levée du siège, en récompense des services rendus, toutes les provisions de café trouvées dans le camp conquis ; il obtint également un débit libre d impôts, ce qui lui permit d installer le premier café établi à Vienne ; son nom figure dans tous les manuels des écoles autrichiennes avec celui de son fidèle serviteur. Par contre, ceux de tant de vaillants soldats qui ont rendu des services incomparablement plus grands au prix de leur vie sont aujourd hui complètement oubliés. 14

15 A la fin de la grande guerre turque, ouverte par le siège de Vienne et terminée par la victoire décisive du Prince Eugène à Zenta et par la paix de Carlovitz, un agent autrichien nommé Gaspard Sandor (peut être ce nom qui figure dans les archives n est il qu un pseudonyme) se fit remarquer tout particulièrement ; il résidait à Belgrade et donnait à l armée impériale d excellents renseignements sur les intentions des Turcs et sur leurs forces et la composition de leurs effectifs et de leur flottille du Danube. Nous avons ainsi, en date de 1697, à partir de l arrivée du sultan à Belgrade, une liste exacte de tous les commandants turcs, de tous leurs détachements avec indication du nombre de chaque unité, de toutes les garnisons des places fortes avec les forces offensives qui s y trouvaient, liste d où il résulte que l armée turque comptait le 10 août combattants, sans les garnisons. Dans la suite, Sandor nous apprend que le gros de l armée, sous les ordres du sultan lui même, a hommes au minimum. Les événements devaient confirmer à tous points ces différentes informations qui, naturellement, avaient pour le Prince Eugène le plus grand intérêt, parce que son armée était moins nombreuse (le gros comptait environ hommes ; toutes ses forces mobiles s élevaient à combattants). Comme nous l avons déjà dit, c était la population chrétienne des provinces frontalières qui renseignait l agent autrichien et c étaient des transfuges chrétiens qui, au prix des plus grands dangers, transmettaient au quartier impérial les informations recueillies par Gaspard Sandor. A l issue de toute cette période guerrière, close par la reprise de Belgrade en 1717, sous les ordres du Prince Eugène, nous voyons encore une fois s affirmer l importance de l espionnage dans l accomplissement des grandes entreprises. Je ne parlerai pas ici des difficultés que rencontra le Prince Eugène. Il suffit de savoir que l exécution de son plan dépassa de loin tout ce qui avait été fait précédemment au cours de ces guerres et qu il fallut creuser un canal (ensablé aujourd hui) pour que la flottille pût éviter le feu de la place forte. Le prince n en réussit pas moins à conserver le secret le plus absolu, non seulement pour l ennemi, mais encore pour son propre souverain et cela jusqu au dernier moment. Ce fut un chef d œuvre de camouflage qui n a pas encore été dépassé. Il était par contre, parfaitement au courant des mesures prises par l ennemi. Il sut exactement le jour où l armée turque quitta Andrinople et put ainsi calculer celui de son arrivée à Belgrade ; il en connut les forces et la composition, ce qui lui permit d échafauder un plan d une hardiesse inouïe. Il résolut de ne pas interrompre le siège de la ville, de ne point diviser son armée pour aller à la rencontre des Turcs, mais de se retrancher et de se laisser encercler et assiéger. C est ce qui arriva et l ennemi trompé par l inaction des Impériaux finit par se laisser surprendre le 16 août à l aube. Peu d heures suffirent pour le battre totalement et l anéantir, au point que dès ce jour, la guerre était perdue pour lui. Cette victoire n eût pas été possible si le Prince n avait été si bien renseigné, grâce aux raïahs serbes (population indigène chrétienne) qui lui rendaient des services d éclaireurs, d espions et de partisans. C est lui qui en faisait tous les frais le conseil de guerre aulique et la cour n ayant pas d argent pour cela. Pendant la guerre de Trente ans, l activité des services secrets apparaît le mieux autour de la personne de Wallenstein. Ce grand organisateur qui leva un nombre d hommes absolument inouï pour les idées de l époque et de l Occident, avait naturellement donné tous ses soins à l espionnage. Le réseau de ses agents politiques et militaires s étendait, non seulement sur tout l empire allemand et sur les pays voisins, mais sur toutes les grandes Cours d Europe sans oublier celle du Sultan. Quand les princes d Empire catholiques se sentirent menacés par sa politique d une grande Allemagne tendant à renforcer la puissance impériale et qu ils eurent obtenu sa destitution, il réussit à se faire nommer commandant en chef une deuxième fois avec des pouvoirs illimités et s efforça dès lors de prévenir une nouvelle disgrâce et de nouveaux obstacles à ses projets ; il conclut à cet effet, des accords avec les puissances étrangères parmi lesquelles se trouvait même la Suède, après la mort de Gustave Adolphe. Les idées de l époque ne lui ont certainement pas suggéré qu en agissant ainsi, il trahissait l empereur ; il voulut simplement le placer devant le fait accompli d un armistice que devait suivre une paix honorable pour l Empire 15

16 sans trop d égards aux considérations purement religieuses de toutes façons une espèce d entente avec l ennemi à l insu de son chef de guerre. Ce vaste projet l empêcha ensuite de s engager dans toute lutte qui ne lui parût pas devoir être couronnée de succès et, vers la fin de l année 1633, il refusa de secourir le prince électeur de Bavière, son ennemi personnel, et de diviser son armée dans l intérêt d autrui. Ses agents politiques lui rendaient également des services d espions militaires et il connaissait fort bien tout ce qui concernait l ennemi, sans quoi une telle manière de faire la guerre n eût pas été possible. C est ainsi qu il avait pu se mettre en travers des intentions de Gustave Adolphe et repousser l attaque des Suédois devant Nuremberg. Il réussit ensuite à les cerner et faire capituler au nombre de , auprès de Steinau, ce qui lui permit de reconquérir la Silésie et même d occuper une partie du Brandebourg. Mais entre temps, la Cour, poussée par le prince électeur de Bavière, le roi d Espagne et le clergé, avait déjà décidé de le rappeler et de le destituer, mais elle n osait pas trop passer à l action par crainte de l attachement bien connu de son armée et de ses relations avec l étranger. Elle entreprit donc de semer la division parmi ses troupes et, par ailleurs, de le provoquer et de le pousser à certaines démarches peu prudentes pour le mettre dans son tort même aux yeux de ses propres soldats. Les hommes d Église et les généraux «welches», notamment le lieutenant maréchal Ottavio Piccolomini, servirent d intermédiaires. Mais les officiers welches eux mêmes ne s y prêtèrent pas trop dans les débuts et Gallas, qui devait remplacer Wallenstein à la tête de l armée, fut le premier à le mettre en garde. Les agents provocateurs échouèrent également. C est alors qu en fin 1633, une patrouille de Piccolomini qui commandait en Haute Autriche, s empara d un noble de Bohême, nommé Sesina, connu depuis longtemps comme parlementaire de Wallenstein et qui se rendait en Suède avec des lettres adressées à Bernard de Weimar et au chancelier suédois Oxenstiern. Vu la prudence proverbiale de Wallenstein, son messager ne transmettait certainement rien de compromettant par écrit ; mais Piccolomini ne l envoya pas moins à Vienne et là, sous la menace d être torturé, il avoua naturellement tout ce qu on voulut lui faire dire, et c est ainsi que l empereur signa le décret de destitution en janvier 1634, mais sans oser le notifier officiellement. Le maréchal Gallas Altringer et le maréchal Piccolomini furent chargés, en sous main, de l exécution du décret et en répandirent le bruit parmi les troupes en faisant connaître que Wallenstein avait été déclaré traître à l empereur. Chose étrange, la manœuvre réussit, car autant ces aventuriers avaient peu de scrupules à changer de parti, autant ils jugeaient contraire à l honneur militaire que des régiments entiers pussent en arriver à renier leurs serments et les troupes commencèrent à flancher. Aussi Wallenstein, averti une deuxième fois par Gallas, se rendit il, avec quelques régiments sûrs, de Pilsen à Eger ; en même temps, il envoyait deux messagers à l empereur, pour lui exprimer sa soumission absolue, mais ils furent arrêtés par les avant postes de Piccolomini. Celui ci ne perdit pas de temps pour exécuter l ordre donné à Gallas de s emparer de Wallenstein, mort ou vivant ; il avait d ailleurs soudoyé parmi les officiers emmenés à Eger par le général en chef le colonel Butler, commandant un régiment de dragons irlandais, et qui était jusqu alors demeuré fidèle. Ses Irlandais et Écossais étaient d ardents catholiques et c est sous leurs coups que devaient tomber à Eger Wallenstein et ses généraux. La grande guerre allemande, la plus terrible peut être de toute l histoire, avait débuté par une trahison et c est ainsi et par un grave échec de l espionnage qu elle devait s achever. Un noble aventurier polonais, le lieutenant colonel impérial Odovalski, mécontent de ne pas avancer assez vite à son gré et qui connaissait fort bien la situation à Prague, avait été gagné à la cause suédoise par le général Königsmark, commandant les troupes suédoises en Bohême ; sa trahison permit aux Suédois de s emparer par surprise d une partie de la ville de Prague ; mais la tentative d enlever également la ville neuve sur la rive droite de la Moldau échoua, grâce à la vigilance des citoyens et de la garnison. 16

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