BASE DE DONNEES ET PLAN D ACTIONS POUR UNE GESTION DURABLE DES RESSOURCES EN EAU DES REGIONS DE MONTAGNE, MADAGASCAR

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1 BASE DE DONNEES ET PLAN D ACTIONS POUR UNE GESTION DURABLE DES RESSOURCES EN EAU DES REGIONS DE MONTAGNE, MADAGASCAR E602 :Data Base and action plan for a Sustainable Management of Water Resources in Malagasy Mountain Regions OCTOBRE

2 SOMMAIRE Sommaire exécutif...3 Contexte de l étude...4 Méthodologie...5 Collecte de données, diagnostic global et scénarios futurs... 5 Atelier de concertation... 6 Structuration des acteurs... 6 Vers une vision du futur par l identification de futurs partenaires... 6 Résultats...7 Présentation générale... 7 Présentation générale... 8 Caractéristiques communes des trois régions : 8 Description des trois régions Propriétés géographiques 10 Propriétés démographiques.10 Cartes thématiques des territoires d origine de l eau par région 12 Bassin de captage de Sahamazava, Andapa 12 Bassin de captage de Mandaratsy, Fianarantsoa.15 Miarinarivo.19 Zonage concerté..21 Andapa 21 Fianarantsoa 22 Miarinarivo.25 Description de la ressource en eau, de ses modes de gestion et d utilisation, de la vision partagée par les acteurs (diagnostic participatif) Comités mis en place Grandes lignes du plan d actions issues des ateliers de concertation Conclusion et recommandations...31 PRESENTATION PAR REGION...33 Document de Référence ANDAPA Document de Référence Fianarantsoa Document de Référence Miarinarivo ANNEXES...67 Annexe Annexe Annexe Annexe Annexe Annexe BIBLIOGRAPHIE

3 Sommaire exécutif L objectif du projet est la collecte de données fiables, base d un plan d actions concerté de gestion durable et de partage équitable de a ressource eau, testant des outils novateurs et démarrant une structuration des acteurs pour assurer la mise en œuvre de cette gestion concertée dans trois régions de montagne à Madagascar : Andapa, Fianarantsoa et Miarinarivo. Les activités ont démarré en février 2003 et se sont achevées à la fin du mois d'août Les résultats escomptés ont été largement dépassés. Une collaboration avec trois universités malgaches et étrangères nous a permis d accueillir des diplômants (niveau DESS et DEA) et approfondir des domaines tels que le cadre juridique et réglementaire régissant l eau, la sécurité alimentaire des communautés des territoires d origine de l eau et l impact d une démarche de transfert de gestion des ressources naturelles à des opérateurs privés ou à des communautés. Les deux tiers de notre temps ont été consacrés à Fianarantsoa où le processus avait démarré avant le présent mandat. Le travail sur Andapa a pris moins d une semaine du fait d une forte mobilisation des acteurs locaux. Le document informatif de base par région a été constitué et distribué aux principales parties prenantes des trois régions d études comme document de référence. Les cartes thématiques ont été produites, avec un travail beaucoup plus élaboré pour Fianarantsoa. Le zonage concerté a facilité le raisonnement de l échantillonnage, notamment pour Fianarantsoa dont le territoire d origine de l eau est à cheval sur 5 communes rurales. Le travail de caractérisation de la production, de la consommation et de gestion de l eau basée sur une démarche de diagnostic participatif a permis aux parties prenantes de deux régions, Andapa et Miarinarivo, de prendre conscience des enjeux et des menaces autour de la problématique EAU. Sur Fianarantsoa, cette étape a été facilitée par l intégration de l APMM-Tambohitravo Malagasy dans une structure existante qui avait démarré en 2000 un processus de mobilisation des acteurs. La structuration des acteurs a atteint plusieurs niveaux sur Fianarantsoa où 5 communes rurales et une commune urbaines sont concernées par la gestion de l eau, elle est restée relativement simple sur Andapa et Miarinarivo du fait que la production et la consommation concerne un seul et même territoire, la commune urbaine. Le Plan d Actions dans la région d Andapa consiste à des mesures conservatoires et un mécanisme précis de financement de la préservation du territoire d origine de l eau prises par les acteurs réunis au cours de l atelier de concertation et engageant essentiellement les autorités communales et une association villageoise du territoire d origine de l eau. Dans le cas de Miarinarivo, l élaboration du Plan d actions s est fait en deux fois, avec une mobilisation spectaculaire des acteurs et a abouti à des conventions à différents niveaux et à un projet de conservation du territoire d origine de l eau (146 hectares), actuellement en cours de réalisation. Le Plan d Actions de Fianarantsoa a abouti à la création d un comité d orientation du territoire d origine de l eau (plus de 3000 hectares) regroupant toutes les parties prenantes mais son rôle et ses attributions restent flous du fait que la gestion durable de l eau s intègre dans une démarche de gestion d un bassin-versant couvert en partie par un reboisement en pin appartenant à l Etat et en cours de transfert à des exploitants et des communautés locales et mis en valeur agricole par les communautés riveraines. Dans les trois cas, il a été constaté que les équipements sont anciens et demandent à être refaits. Dans une perspective d augmentation certaine de la consommation en eau, il est primordial de poursuivre l effort de planification de l utilisation de la ressource eau et de prospecter de nouvelles sources de captage. Le processus de planification est en cours mais la participation des communautés et des collectivités restent insuffisantes. Si le code de l eau prévoit de leur déléguer la maîtrise d ouvrage de la production de l eau, il est important de renforcer leur capacité à trouver des modes d utilisation durable de leur espace et des ressources naturelles, notamment l eau et les forêts. En parallèle, il est important de mettre en œuvre les mécanismes de financement en faveur des activités de préservation des zones de captage et de développement intégré des communautés dont les systèmes de production sont handicapés par les contraintes liés à la production d une eau potable de qualité et en quantité suffisante pour les communautés en aval. 3

4 Contexte de l étude La célébration de l Année Internationale de l Eau douce a permis de poursuivre le plaidoyer sur le développement durable des régions de montagne. Pour Madagascar, un pays montagneux ayant plus de 50% de son territoire national montagneux, une production agricole dominée par la riziculture irriguée, l eau est un élément fédérateur pour tous les acteurs. Le Document de Stratégie Nationale de Développement des Régions de Montagnes et des Hautes Terres et le Plan d Actions 2003 de l APMM à Madagascar ont un axe stratégique commun : la gestion durable et le partage équitable de l eau. Les orientations politiques de Madagascar dans le développement du secteur eau sont favorables à cette démarche de gestion durable de la ressource eau. Leur principal objectif pour l horizon 2015 : atteindre un taux de desserte en eau potable de 80% pour l ensemble de Madagascar. Le choix de ces trois régions s est fait sur la base de demande émanant d élus (parlementaires) ou de personnes-clés dans des structures de concertation du développement de régions où l APMM- Tambohitravo Malagasy a démarré la mise en place d antenne régionale. Dans le cas d Andapa et de Miarinarivo, la demande émanait de parlementaires élus dans la région et membre du GTDR (Groupe de Travail pour le Développement Rural). L équipe de l antenne régionale joue le rôle de facilitateur dans l introduction auprès des acteurs locaux, dans la collecte de données et l organisation des réunions de concertation. L équipe technique de l APMM-Tambohitravo Malagasy est restreinte. Pour renforcer notre effectif, nous accueillons tous les ans une dizaine de diplômants d universités, d écoles d applications malgaches ou étrangères, sur des thèmes proposés conjointement. Pour l année 2003, nous avons orienté nos thèmes de stage sur la gestion de l eau et sur les aires protégées volontaires à fortes potentialités touristiques. Dans le cas de Fianarantsoa et d Andapa, l APMM avait déjà démarré un débat sur la gestion de l eau avec les principales parties prenantes. L élaboration des termes de référence du contrat avec CDE s est faite en collaboration avec l institution en charge ä Fianarantsoa de la mobilisation sociale sur la question d intérêt publique eau. Les représentants de la région d Andapa, eux, ont participé à l atelier national destiné à l élaboration de la Stratégie Nationale pour le Développement des Régions de montagne en septembre 2002 et ont largement participé au débat sur la gestion durable de l eau. L APMM a travaillé la première fois sur Miarinarivo dans le cadre de l exécution de ce projet. La gestion de l eau est un thème fédérateur qui permet une démarche intégrée, multidisciplinaire et à multi-niveaux, surtout dans le cas de Fianarantsoa. Ce projet devrait permettre de collecter des données et de faire des analyses fiables, avec une base scientifique. Il devrait aussi permettre de devancer la mise en application du code de l eau, d adapter le montage institutionnel et opérationnel aux réalités locales et assurer ainsi une plus grande participation des acteurs locaux, communautés et collectivités, les principales cibles de l APMM. Madagascar est globalement favorisé en ce qui concerne les ressources en eaux superficielles et souterraines. La pluviométrie moyenne est de d ordre de 1500 mm par an, soit 835 milliards de m 3 dont 309 milliards sont ruisselés. Les eaux souterraines sont évaluées à 140 milliards de m 3 par an. La situation est cependant très différenciée selon les régions. 4

5 Méthodologie Nous avons adopté une méthode de travail, pour chaque région, comportant trois phases principales : - une phase préliminaire d informations, d identification des principales parties prenantes et de première délimitation du bassin hydrologique ; - une phase de collecte de données fiables (= état des lieux), suivi d un diagnostic global et de la formulation des tendances et des scénarios ; - une phase de concertation sous forme d atelier de mise à niveau d informations de tous les acteurs conduisant à un choix de stratégie et à l identification des grandes orientations d un Plan d Actions d une gestion durable de la ressource eau. La structuration des acteurs, notamment la société civile, s est faite en parallèle à ces trois phases. La phase préliminaire Il s agit de présenter les objectifs du projet aux institutions concernés par la gestion de la ressource eau et de visiter le bassin hydrologique concerné par l approvisionnement en eau du chef-lieu de chaque région pour une première délimitation de chaque région d étude et pour une identification des principales parties prenantes. Collecte de données, diagnostic global et scénarios futurs Elle consiste à faire (1) un état des lieux du bassin et une collecte de données statistiques sur la production et les usages de l eau, (2) un diagnostic global qui confronte l existant concernant les milieux et les usages, qui analyse le niveau de satisfaction des usages et de l état des milieux par rapport à leur potentialité et qui tient compte du comportement des différents acteurs en terme d enjeux et de positionnement, (3) une formulation des tendances et de scénarios futurs. Des études d impact des différents scénarios futurs sont à mener pour en analyser la faisabilité. État des lieux : il concerne sept domaines : (1) la population : unités administratives, densité et répartition des populations, infrastructures principales et marchés, critère de prospérité des familles, taille de la famille, composition et groupes lignagers, propriété de l eau et de la terre (accès au bas-fonds et au tanety), revenus des familles ; (2) les cultures principales et élevage : cultures, calendriers culturaux, calendrier alimentaires, production et rendement, intrants ; (3) le climat : régime pluviométrique (4) les sols : caractéristiques de la toposéquence, conditions et risques de dégradation de la couche supérieure du sol ; (5) hydrologie : débit et qualité de l eau produite, consommation en eau potable et en eau agricole ; (6) type de végétation et couverture (7) cadre légal et réglementaire Diagnostic global A partir de l état des lieux et dans le cadre d une démarche multi-disciplinaire, nous avons procédé à la délimitation du bassin hydrologique et à l analyse des données en prenant en 5

6 compte des bilans qualitatifs et quantitatifs se rapportant aux usages, aux ressources, aux milieux et à leurs relations de dépendance. Ce diagnostic s est fait à trois niveaux : - une évaluation de l existant concernant les milieux et les usages (un historique des usages et des milieux peut s avérer nécessaire); - une prise en compte du niveau de satisfaction des usages et de l état des milieux par rapport à leur potentialité ; - une prise en compte des comportements des différents acteurs (enjeux et positionnement) sans oublier leur évolution pendant ces dernières années. Le diagnostic général doit permettre de dégager les caractéristiques principales du périmètre, en hiérarchisant les enjeux et les problèmes, et en structurant les relations croisées entre acteurs, usagers et milieux Futurs scénarios Les futurs scénarios sont élaborés et discutés à partir des principaux enjeux et problèmes identifiés au cours du diagnostic principal. Atelier de concertation Des ateliers préparatoires ont permis une mise à niveau d informations de toutes les parties prenantes afin qu elles puissent contribuer de manière effective à l élaboration du Plan d Actions de gestion durable de la ressource eau Structuration des acteurs Le rôle joué par l APMM dans l organisation des acteurs dépendra du niveau d organisation déjà atteint par la société civile, notamment les communautés et les collectivités directement concernées par la gestion de l eau. L APMM facilitera la recherche d une vision commune de la gestion de la ressource eau. Elle renforcera notamment les capacités de structures communautaires et des collectivités ou leur regroupement afin qu elles soient capables de planifier et de mettre en œuvre un plan d actions concerté en faveur d une gestion durable de l eau. Vers une vision du futur par l identification de futurs partenaires Avec la structuration et le renforcement de capacité des acteurs, l APMM facilitera la recherche de partenaires techniques et financiers dans la conception, la mise en œuvre du Plan d Actions pour la Gestion Durable de la Ressource Eau et la médiatisation de la démarche. 6

7 Résultats Présentation générale 7

8 Présentation générale Fianarantsoa et Miarinarivo font partie de la zone hydrologique des Hauts Plateaux, caractérisée par une pluviométrie annuelle entre 1000 à 1400 mm, variée du fait du relief et de l opposition Est-Ouest. La zone des Hauts Plateaux est bien arrosée et n a généralement pas de problèmes de ressources en eau. Les eaux superficielles ont un débit suffisant : les cours d eau sont bien alimentés toute l année. Les crues sont peu violentes et les étiages soutenues. Andapa fait partie de la zone hydrologique de la cote est. Elle est très arrosée toute l année avec une moyenne des précipitations annuelles comprises entre 2000 et 3000 mm. Les cours d eau sont à fort débit d étiage (novembre - décembre), les crues sont rapidement entraînées du fait des fortes pentes mais deviennent énormes lors des cyclones (BURGEAP, 2003) Caractéristiques communes des trois régions : - un problème d approvisionnement en eau potable en période d étiage sans prise de décision effective des services techniques et des autorités locales ; - une dégradation des bassins hydrologiques se manifestant par un changement de la texture, de la structure et de la fertilité des sols du territoire d origine de l eau liée à des feux de végétation non contrôlés, à l extension des surfaces agricoles et au changement de la couverture végétale en relation avec exploitations illicites des ressources forestières. Le cas de Fianarantsoa L eau potable de la municipalité de Fianarantsoa a son territoire d origine, un bassin de hectares, à cheval sur cinq communes rurales en amont et aussi en aval. Seule une commune rurale située en aval est contrainte de réduire ses surfaces rizicoles pour cause d insuffisance en eau. L approvisionnement potable de la ville de Fianarantsoa en fin de saison sèche (septembre - octobre) se fait au détriment des besoins en eau agricole des communautés riveraines au lac de retenue d eau d Antarambiby du fait que la période d étiage coïncide avec les besoins en eau critique du calendrier cultural de la riziculture. Ainsi, pour les territoires en amont au barrage de retenue d eau, l insuffisance d eau liée à ce prélèvement provoque un retard dans le calendrier rizicole, contraint par les températures fraîches de début de saison sèche et ainsi, conduit à une réduction au tiers des superficies rizicoles en aval.. En effet, le code de l eau à Madagascar donne priorité à l approvisionnement en eau potable en cas d insuffisance des ressources en eau. A l origine de cette insuffisance en eau, une réduction de la couverture végétale liée à une exploitation illicite des ressources forestières favorisant le ruissellement sur l ensemble du bassin hydrologique, une régénération naturelle de très forte densité très consommatrice d eau dans les peuplements de pins non entretenus parcourus par les feux de végétation non contrôlés et dans les zones de chablis provoqués par les cyclones. Andapa et Miarinarivo Elles ont des caractéristiques territoriales comparables. Le bassin délimité par les relations amont-aval concernent un territoire de moins de 1000 hectares. Dans la région d Andapa, l insuffisance de l eau en amont n a pas d influence particulière sur le 8

9 calendrier cultural des populations en aval du fait que les sources de captage ne concerne qu une partie des sources du bassin hydrologique. Dans la région de Miarinarivo, la mise en valeur des bas-fonds du bassin hydrologique reste une activité marginale. 9

10 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar Description des trois régions Propriétés géographiques Propriétés & région Andapa (forêt humide secondaire) Fianarantsoa (reboisement de pins) Miarinarivo (Zone de savanes avec peuplement épars pins) Zone hydrologique (ZH) ZH de cote est colonisée par ZH des Hautes Terres ZH des Hautes Terres Longitude et latitude à l exutoire Long E Lat S Long E Lat S Long E Lat S Taille du bassin de captage (longueur & largeur) Longueur : 15 Km Largeur : 0,6 Km Superficie :910 hectares Longueur : 6,7 Km Largeur : 5,2 Km Superficie : hectares Longueur : 1,5 Km Largeur : 1 Km Superficie : 146 hectares Topographie Relief montagneux Altitude max : 556m Altitude min : 460 m Zone de moyennes collines Altitude max :1 200 m Altitude min : m Zone montagneuse Altitude max : Altitude min : Pluviométrie annuelle moyenne (mm/an) > Propriétés démographiques Propriétés Population totale Revenu moyen IDH Taux d accès à l eau & Régions dans le bassin de par ménage/an potable (%) captage (FMG/an) Andapa ,457 8,91 Fianarantsoa/Antarambiby ,384 0 Fianarantsoa ville* Miarinarivo ,

11 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar * la ville de Fianarantsoa, consommateur de l eau potable compte plus de habitants 11

12 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar Cartes thématiques des territoires d origine de l eau par région La couverture végétale des bassins de captage des trois régions d étude est progressivement transformée par l extension des activités agricoles et les exploitations illicites de forêts. Bassin de captage de Sahamazava, Andapa Malgré 1970 mm de pluies annuelles, les habitants de la cuvette d Andapa connaissent deux mois de pénurie en eau potable tous les ans depuis

13 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar Le système d adduction d eau par gravité (AEPG) de Sahamazava est composé d une conduite d eau, d un petit barrage de retenue, situé à 5 Km de la ville d Andapa appartient à la commune d Andapa et a été installé dans les années La ville fait partie de la cuvette d Andapa caractérisée par une forte densité de populations, plus de 500 habitants/km 2 Débit moyen mensuel entre , et compte habitants 40 en La distribution d eau potable est assurée par des bornes-fontaines et 635 branchements individuels. La consommation d eau de la ville est comprise entre m 3 à m3/mois soit entre m 3 /mois. La valeur moyenne minimum du débit d eau est de 33 m 3 /heure soit 792 m 3 /jour en période d étiage, 38 m 3 /heure en saison de pluies d après la JIRAMA. Le nombre d abonnés augmente d environ 10% tous les ans (doublement tous les 8 ans) et le réseau vient d être étendu à deux quartiers en périphérie de la ville Le bassin-versant de Sahamazava est en bordure de la cuvette d Andapa. Elle est colonisée par une forêt dense humide dégradée dans sa partie supérieure. 28 Cette dégradation 26 s est accélérée depuis 24 Pluvimétrie mensuelle le passage du cyclone 100% Géralda en 2000 qui a abattu la plupart des grands arbres et a % 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% J F M A Mai Jn Jt Août S O N D mois favorisé la recrudescence des exploitations illicites de bois. m3/h S O N D J F M A Mai Jn Jt Août mois La population locale (les jeunes) a valorisé les arbres à terre après le cyclone puis a continué ave l exploitation des arbres encore sur pied. Le service forestier n autorise pas l exploitation forestière dans le bassin-versant de Sahamazava et les bûcherons y travaillent avec des permis de coupe octroyés sur d autres périmètres. Lors de notre visite en mai 2003, la partie supérieure du bassin ne comporte plus aucun arbre de grand diamètre. La culture commerciale de chayotte, vendue à Andapa et à Sambava, envahit tout l espace où le couvert forestier a disparu. Du reboisement de plants de raphia ne subsistent que quelques plants seulement du fait d une absence totale d entretien. Les jeunes plants nouvellement plantés sont vite étouffés par la végétation naturelle. Le graphique présentant la pluviométrie mensuelle moyenne entre 1998 et 2002 confirme cette réduction du débit en période d étiage depuis 2000 qui s est traduit par une pénurie d eau potable entre septembre et octobre. Les crues sont à fort débit d étiage et les crues 13

14 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar sont rapidement entraînées du fait des fortes pentes. Le barrage de retenue et les conduites d eau de la JIRAMA se retrouvent dans la partie moyenne du bassin-versant. L eau est répartie entre les besoins en eau du FKT de Sahamazava qui compte habitants et l approvisionnement en eau de la ville d Andapa qui en compte La partie inférieure du bassin-versant est occupée par des parcelles de vanille. L augmentation du prix de la vanille a induit une forte extension de cette culture de rente sur toute la périphérie de la cuvette. Les activités rizicoles se retrouvent dans les bas-fonds et ne connaissent pas de problème d alimentation en eau. La carte des ressources naturelles d Andapa révèle l extension de savanes sur les forêts denses autour de la cuvette, notamment le bassin-versant d Andapa, qui intègre le bassin de Sahamazava. Une étude sur l évolution de l occupation des sols de la région d Andapa démontre une tendance vers l extension des parcelles de vanille et de café. Depuis les évènements politiques de 2001 et de 2002, il est observé une tendance inverse, vers l extension des pratiques de tavy. Occupation des sols Couverture (%) Forêt Tavy/savoka Café et vanille Habitation Rizières Marécages Source : Andriamaherisoa La réduction de la pluviométrie en période d étiage (septembre-décembre), une demande croissante en branchement individuel consommateur d eau (un ménage consomme dix fois plus d eau sous branchement individuel qu avec les bornesfontaines) et le problème de déboisement du bassin-versant de Sahamazava expliquent la pénurie d eau en septembre - octobre et obligent la commune et la JIRAMA à prospecter d autres sources. 14

15 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar Bassin de captage de Mandaratsy, Fianarantsoa 15

16 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar Situé à 26 Km à l est de la ville de Fianarantsoa, le bassin-versant de Mandaratsy est une zone de moyenne colline à pente relativement faible bénéficiant d un climat tropical d altitude à deux saisons : la saison de pluies d octobre en avril, la saison sèche et fraîche, de mai à septembre. Il abrite les sources qui alimentent le lac d Antarambiby, lac de retenue d eau pour l alimentation en eau potable de la ville de Fianarantsoa qui compte plus de habitants. La Mandaratsy fait partie intégrante du reboisement industriel de pin de la Haute Matsiatra destiné à produire de la pâte à papier sur hectares est le résultat de plusieurs campagnes de reboisement entre1956 et Le projet n ayant pas abouti du fait de la baisse du cours mondial de la pâte à papier, le reboisement est ainsi resté sans traitement sylvicole. Le service forestier gérait et contrôlait les superficies boisées. Entre 1983 à ce jour, le personnel se trouve réduit à une seule personne, le chef de poste forestier. A ce jour, les cyclones, les feux et les exploitations illicites ont réduit le peuplement au tiers de sa superficie. Un inventaire forestier général estime le volume exploitable à 110 m 3 /ha (USDA, 2001). En amont : les équipements consistent en un barrage, une conduite d eau et une station de traitement construits en 1957 par la commune urbaine de Fianarantsoa (CUF). Historiquement, cette zone était un marais valorisé en rizière par les communautés riveraines. C est en 1940 que les colons français ont aménagé ce marais en lac de retenue d eau pour l alimentation en eau de la ville de Fianarantsoa. La profondeur maximum du lac est estimée à 7 m (MIRAY, 2001). En 1985, l insuffisance du débit d eau a obligé la JIRAMA à aménager une dizaine de canaux de captage sur 34 kilomètres. En 1994, la JIRAMA a rajouté une seconde conduite et rehaussé la hauteur de la lame déversoir de 30 cm. La JIRAMA suit l évolution de la quantité d eau dans le lac suivant deux mesures, la hauteur d eau de la lame de déversoir et celle de l eau dans le fonds collecteur. La hauteur de la lame de déversoir donne une valeur du surplus d eau qui alimente en eau agricole les rizières en aval du barrage La hauteur d eau dans le fonds collecteur donne une valeur de la hauteur de l eau du lac à proximité du barrage. Contrairement à la bibliographie disponible, les chiffres donnés par la JIRAMA confirment que le niveau de la lame de déversoir d eau disponible en période d étiage peut être considéré comme plus ou moins constant. Il n y aurait donc pas de problème 16

17 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar d approvisionnement en eau de la ville de Fianarantsoa dans les dix prochaines années. La station collecte m 3 /jour (Antarambiby compte 13 canaux de captage, un canal a un débit de 2 litres/s soit 7 m 3 /heure en période d étiage) et produit 185 m 3 /heure soit m 3 /jour d eau potable. Niveau d'eau du lac d'antarambiby 2002 La consommation d eau de la ville fournie par Antarambiby est estimée à m 3 /jour (2 000 m 3 autres fournis par Vatosola). La JIRAMA et le service forestier considèrent que la réduction de l eau alimentant Antarambiby est le résultat de la diminution de la couverture forestière liée à des feux de brousse répétés, aux chablis sylvicole et à l extension des parcelles agricoles après les cyclones, à la régénération naturelle sans traitement Les communautés en amont, elles, pensent qu elle est due à un mauvais entretien de ces derniers par la JIRAMA (MIRAY, 2001). 80 Elles estiment à un tiers la baisse du rendement des rizières en aval 2 60 relative à la diminution de la disponibilité en eau agricole Plusieurs permis d exploitation forestière ont été délivrés dans le 40 1 périmètre de Mandaratsy. A 20 ce jour, seule subsiste 0 0 l exploitation d un technicien Lame déversoir min fonds collecteur min forestier suisse qui a démarré en 1999 sur 37 hectares de forêts et disposant d un équipement moderne permettant une exploitation professionnelle et rationnelle du bois (unité de sciage mobile, camion, tracteur, etc.). Les ristournes issues de cette exploitation représentent un revenu régulier et non négligeable pour les communes. En aval : Pour le moment, la JIRAMA arrive encore à satisfaire les besoins en eau potable de la ville mais c est surtout au niveau de l irrigation des bas-fonds en aval du déversoir que le problème de tarissement est le plus manifeste. La JIRAMA a eu quelquefois à avoir recours à la station de pompage d Ankidona, un système plus coûteux, en période d étiage (août-septembre). La rivière Mandaratsy part du lac pour se déverser en aval, dans le fleuve Matsiatra à 3 Km à l ouest de Masoabe. Plus de 700 hectares de rizières de la région d Itombana, d Ampanazava et de l est de Mahasoabe ne sont plus mises en valeur du fait de l insuffisance d eau agricole (Razafindralambo, 2001). En amont, plusieurs villages sont directement concernés par la gestion durable de l eau des zones de captage et demandent des mesures de compensation relatives aux contraintes que leur impose la préservation de la qualité de l eau. O N D J F Mars A Mai Jn Jt A S 17

18 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar La commune urbaine de Fianarantsoa et ses habitants sont les principaux bénéficiaires de l eau d Antarambiby, avec la JIRAMA. 18

19 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar Miarinarivo 19

20 de l eau dans trois régions de montagne, Madagascar La région de Miarinarivo se situe dans le Moyen-ouest, sur les hautes terres centrales, avec une altitude variant entre 900m et 1 800m. Les sols sont volcaniques et le climat est de tropical à deux saisons. La pluviométrie annuelle moyenne entre 1971 et 1980 est de mm (source JIRAMA). Le bassin-versant de Marotsingala, d une superficie de 60 hectares, territoire d origine de l eau, est à 4 Km de la ville de Miarinarivo. Il est couvert d un reboisement de pin de protection de source fait partie d un programme de reboisement d un projet FAO des années Il peut encore s observer des traces des canaux d infiltration. Les bas-fonds sont aménagés en rizières et quelques hectares de tanety sont valorisés par des cultures sèches. Onze sources alimentent le système d adduction d eau par gravité destinée à la ville de Miarinarivo qui compte habitants. Les équipements consistent en une conduite de 4 km et un réservoir à 2 Km de la ville 379 ménages disposent de branchements individuels.11 sources alimentent le réservoir en saison des pluies, 4 à 5 sources tarissent en saison sèche. Ce tarissement est lié à la destruction des deux tiers de la couverture forestière de ce bassinversant parcouru tous les ans par des feux annuels de végétation, et dans une moindre mesure, des activités d exploitation forestière illicite. mm M oyenne des précipitations mensuelles S O N D J F M A M J J A mois SP 2002 SS 2002 SP 2001 SS 2001 Evolution du débit en 2001 et La JIRAMA peut produire un volume de 650 m 3 /jour en saison des pluies. La consommation en eau potable est estimée à 450 m 3 /j, soit environ m 3 /mois. En 2001, le débit varie entre 13,42 16,68 m 3 /h, soit entre m 3 /jour en période d étiage. En 2002, en période d étiage, le débit moyen minimum est de 12,50 m 3 /h soit 300 m 3 /j, le débit moyen maximum est de 16,4 m 3 /h soit 394 m 3 /j. Malgré une réduction du tiers de la consommation au niveau des 25 bornes-fontaines dont la gestion a été confiée aux associations de quartier, malgré une forte croissance des branchements individuels (25-30% par an), les pénuries d eau restent importantes en saison sèche, surtout pour les quartiers en amont du réservoir. Selon la JIRAMA, c est la réduction du débit en saison sèche qui est à l origine de la pénurie d eau. Les débits étaient plus importants en 2001 qu en débit min débit max 20

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