ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE BPCE MUTUELLE

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1 TÊTE D AFFICHE Pascale Mousseaux (CE BPL) Page 11 MÉDECINE N 215/871 - JUILLET 2014 PROTECTION PRÉVENTION SANTÉ Attention aux dérives sectaires Pages 18 et 19 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE BPCE MUTUELLE ACTIVITÉ DE LA MUTUELLE, COMPTES 2013, ET... PERSPECTIVES D AVENIR! pages 4 à 8 Pages 12 à 14 Prévention : Pour le Dr Alain Rigaud, président de l Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (A.N.P.A.A), la prévention joue un rôle majeur dans la lutte contre les conduites addictives.

2 Pages 12 à 14 pages 4 à 8 ProtectioN PréVeNtioN santé Pour le Dr alain rigaud, président de l association Nationale de Prévention en alcoologie et addictologie (a.n.p.a.a), la prévention joue un rôle majeur dans la lutte contre les conduites addictives. TÊTE D AFFICHE Pascale Mousseaux MÉDECINE Pages 18 et 19 N 215/871 - JUILLET 2014 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE BPCE MUTUELLE ACTIVITÉ DE LA MUTUELLE, COMPTES 2013, ET... PERSPECTIVES D AVENIR! (CE BPl) Page 11 attention aux dérives sectaires [ sommaire La revue N 215/874 JUILLET 2014 Prévention : LA REVUE 7 rue Léon Patoux CS Reims cedex 2 Tél Fax ÉDITÉE PAR : BPCE Mutuelle 7 rue Léon Patoux CS Reims cedex 2 Tél Fax Internet : DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Hervé TILLARD DIRECTEUR DE LA RÉDACTION : Eric LE LAY SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Jacques RIVIÈRE PHOTOGRAPHIES : BSIP ; FNMF (NATHANAËL MERGUI / GÉRARD MONICO) ; MEDIA FOR MEDICAL ; C. LANTENOIS (PHOTO D ALAIN RIGAUD, P. 12). ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO : Nadine ALLAIN, Virginie MORNAUD, Virginie PLAUT, Cédric PORTAL, Corinne RENOU-NATIVEL. COMITÉ DE RÉDACTION : Hervé TILLARD, Paul MUSCATO, Eric LE LAY, Véronique ROCHETTE, Jacques RIVIÈRE PUBLICITÉ : nous contacter PETITES ANNONCES : à adresser 7, rue Léon Patoux CS Reims cedex 2. Tél. : TIRAGE BIMESTRIEL : exemplaires CONCEPTION ET RÉALISATION : IPPAC - Tél. : IMPRESSION : SIB IMPRIMERIE pour le compte des Editions de l'epargne, ZI de la Liane, BP 343, Boulogne-sur-Mer Tél. : COMMISSION PARITAIRE N 1113 M ISSN : ABONNEMENT : 6 Prix au numéro : 1,20 DÉPÔT LÉGAL : réseau assemblées générales assemblées générales ordinaire et extraordinaire étaient au menu des élus de la mutuelle, le 12 juin à Marseille. 9 réseau Votre mutuelle > Perte d'autonomie et dépendance : BPce Mutuelle s'engage! > Le délai de participation au concours robert Guérard est prolongé jusqu au 31 août réseau Ensemble protection sociale L'assemblée générale mixte d EPS et les comptes 2013 de l association. 11 réseau Tête d'affiche Pascale Mousseaux (Caisse d'epargne Bretagne Pays de Loire) préside l'association Parrains d'or qui œuvre en faveur des orphelins roumains Notre santé Prévention > Pour le Dr Alain Rigaud, président de l Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (A.N.P.A.A), la prévention tient une place majeure dans le cadre de la lutte contre les conduites addictives. Interview. > Entretenir sa condition physique en restant chez soi, et sans grever son budget : c est possible! Explications. > L âge, la maladie, le handicap ne doivent pas être un frein à la pratique sportive. Au contraire! Notre santé En bref Quelques «brèves» sur des sujets qui touchent à la santé, pour se tenir au courant dans un domaine qui évolue sans cesse Notre santé Médecine > Le domaine de la santé n est pas épargné par les dérives sectaires. Et cela peut entraîner des conséquences dramatiques pour les malades. > Attention au e.commerce de médicaments. L automédication sur Internet doit être entourée de précautions. 2 N 215/874 juillet 2014

3 [ édito 21 société Pratique Le web peut devenir un environnement dangereux si on ne prend pas un minimum de précautions. Ce qu il faut savoir pour éviter de se faire piéger société Famille > L arrivée de jumeaux (ou plus!) au foyer implique toute une organisation. Il est donc préférable d anticiper. Quelques conseils. > Selon l évolution des besoins de la famille, le régime matrimonial initial peut se révéler inadapté. La loi donne la possibilité d en changer réseau GrOUPE BPCE Sports L'actualité sportive de l'association Groupe BPCE Sports est particulièrement chargée. Outre les challenges traditionnels, les 2 e Olympiades se sont déroulées à l'alpe d'huez, du 13 au 15 juin. Comptes rendus et résultats réseau loisirs > Mots fléchés, lettrix, sudoku : c est à vous de jouer! > Sur vos vacances toute l année en 1 clic! réseau Petites annonces Une assemblée générale d une grande richesse! C est dans la Cité phocéenne que s est déroulée l assemblée générale 2014 de BPCE Mutuelle, le 12 juin dernier. Les travaux furent aussi riches que l actualité en matière de santé. Comme chaque année à pareille époque, vos délégués ont pris le temps de faire le point sur tout ce qui a marqué le quotidien de notre mutuelle, bien au-delà des obligations réglementaires de toute assemblée générale (lire pages 4 à 8). Et l actualité des douze derniers mois fut extrêmement abondante en événements internes, mais aussi externes. L AG s est tout d abord félicitée du bon déroulement du déploiement du nouveau progiciel Santé qui, même s il a nécessité beaucoup de temps et d énergie pour les équipes, permet d appréhender l avenir en termes technique et réglementaire avec sérénité. Autre point de satisfaction, le rapport de l Inspection Générale BPCE, qui valide tout le sérieux et la qualité de la gestion de la mutuelle. Enfin, le fait que BPCE Mutuelle ait gagné l appel d offre lancé par le Crédit Foncier de France montre également notre capacité à répondre aux besoins des salariés et retraités du groupe en garantissant des frais de gestion particulièrement bas. Ces éléments, conjugués à la bonne santé financière de la structure, sont de bon augure pour l avenir! En revanche, certains éléments extérieurs ont entravé l évolution de plusieurs dossiers et projets en cours à BPCE Mutuelle. C est notamment le cas des décrets ministériels relatifs aux contrats santé dits «responsables» qui vont profondément encadrer les garanties des complémentaires santé et dont la sortie, plusieurs fois retardée au cours des derniers mois, a stoppé les travaux de la commission «nouvelles offres» sur plusieurs dossiers directement impactés par les fameux décrets. Ainsi, l amélioration des prestations santé, l adhésion à un réseau de soins ou encore la mise en œuvre de plusieurs niveaux de garantie pour les contrats ASV à destination principalement des retraités sont en suspens Ce n est que partie remise, car dès la parution et l analyse de ces décrets relatifs aux contrats santé «responsables», la commission reprendra ses travaux pour proposer dans les meilleurs délais des solutions concrètes au conseil d administration, pour améliorer encore les services aux adhérents. Il est tout de même un dossier qui va aboutir dans quelques semaines, puisqu au 1 er janvier prochain chaque adhérent pourra souscrire une garantie dépendance/perte d autonomie de qualité. En effet, devant l absence de solution mise en œuvre par les pouvoir publics pour anticiper ce risque majeur, il était du devoir de BPCE Mutuelle de faire des propositions en ce sens (lire page 9). Nous en reparlerons prochainement Enfin, je ne voudrais pas terminer sans un amical salut aux retraités de la BRED-Guadeloupe, dont une cinquantaine sont venus rejoindre les rangs des retraités de la branche Caisse d Epargne, des filiales et des Banques Populaires. En attendant, permettez-moi de vous souhaiter un bel été ressourçant! Hervé Tillard Président du conseil d administration de BPCE Mutuelle N 215/874 juillet

4 [ Réseau Assemblées générales de BPCE Mutuelle Des équilibres cohérents Une nouvelle fois, l exercice 2013 aura vu d importants et lourds chantiers se poursuivre ou se mettre en place. Celui du nouveau progiciel métier est une réussite. Les évolutions de l équilibre des contrats demeurent cohérentes. Marseille - et le Vieux Porta accueilli l assemblée générale de BPCE Mutuelle. En dépit des perturbations ferroviaires qui ont plus ou moins affecté les déplacements des participants à l assemblée générale mixte de BPCE Mutuelle - qui s est tenue le 12 juin, au «Silo», à Marseille délégués, sur les 130 que compte la mutuelle, étaient présents ou représentés. En préambule aux débats de l assemblée, Bruno Huss était en terrain familier en sa double qualité de directeur général de La Mutuelle de France Plus* et de membre du Conseil d Orientation et de Surveillance de la Caisse d Epargne Provence Alpes Corse. En souhaitant la bienvenue aux délégués, il n a pas manqué d évoquer des sujets bien connus à BPCE Mutuelle, qu il s agisse de l Accord National Interprofessionnel de janvier 2013 ou encore de Solvabilité 2, pour ne citer que ceux-là. n Principaux faits marquants Au 31/12/2013, BPCE Mutuelle assurait la couverture frais et soins de santé d une population de personnes, pour un volume de cotisations encaissées (nettes de taxes) de 72,77 M. L exercice 2013 de la mutuelle, à l image d ailleurs du précédent, a pour particularité d avoir connu de lourds chantiers - chantiers de longue haleine, se poursuivant en qui ont pesé tant sur le plan budgétaire que sur celui de l organisation. Il s agit notamment : du progiciel métier CSC-AIA, de Solvabilité 2, de la poursuite de l entrée en fiscalité initiée au 1 er janvier 2012, et dont l année 2013 a marqué le dernier palier de la montée en charge progressive du dispositif. n Nouveau progiciel métier Si la mise en place d un nouveau progiciel métier («projet AIA») à BPCE Mutuelle a été une réussite, avec une bascule réelle au 1 er juillet 2013, cela a néanmoins très fortement mobilisé les équipes. Une nouvelle fois, il faut souligner combien l adhésion générale des collaborateurs à ce projet a été un élément déterminant dans sa conduite et sa réalisation appels d adhérents et appels de profes- 4 n 215/871 juillet 2014

5 sionnels de santé ont été traités au cours de l exercice. Le taux d appel adhérents servi est de 65 % en moyenne sur l année (82 % en 2012), cette «dégradation» et l allongement des temps de réponse s expliquent par l importance de l activité à laquelle ont dû faire face les équipes. Si cet état de fait a pu être perçu négativement par certains adhérents, tout a pourtant été mis en œuvre pour limiter ces désagréments. [ L'accueil d'alain Lacroix n Equilibre des contrats Les évolutions de l équilibre des contrats depuis l exercice précédent sont cohérentes avec le contexte : d augmentation des cotisations assises sur le Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale au 1 er janvier 2013, qui a augmenté de 1,8 % ; d inflation médicale 2013 qui est estimée à + 2,6 % des indemnités prises en charge par les mutuelles et par personne protégée (source FNMF) ; des améliorations de prestations mises en place en 2012 pour le CGN, les contrats collectifs similaires et Atout Santé Vitalité. L équilibre global de la mutuelle reste également soutenu par les résultats financiers et ceux de l'activité d'assurance de prêts collaborateurs via la CNP. Il faut cependant noter un nouvel accroissement de la pression fiscale résultant de l instauration d une contribution à la charge des mutuelles d'une part, sur la part employeur de la cotisation au titre de l'irpp (participation au forfait «médecin traitant»). Au titre de 2013, cette participation des mutuelles est de 2,5 par an et [ Modification des statuts L assemblée générale extraordinaire a validé les modifications des statuts, du règlement intérieur et du règlement mutualiste qui lui ont été présentées, et plus particulièrement la disparition des collèges I et R dont les membres participants sont répartis dans deux nouveaux collèges : ASV et D. Les mandats des délégués titulaires et de leurs suppléants des sections de l ancien collège I et de l ancien sous-collège R1 prendront fin à l issue des élections organisées en La veille de l assemblé générale, le traditionnel repas officiel se tenait dans le magnifique décor du Palais du Pharo, à Marseille. Alain Lacroix (président du directoire de la CE PAC), accompagné de Serge Derick (membre du directoire en charge du Pôle ressources), y a souhaité la bienvenue à l ensemble des élus de la CGP (qui avait tenu sa propre AG mixte le 11 juin après-midi), de BPCE Mutuelle et d EPS. C est avec enthousiasme qu Alain Lacroix a présenté une ville âgée de ans, melting pot coincé entre mer et montagne, ce qui n altère en rien un dynamisme auquel participe activement la CE PAC en qualité de 1 ère banque marseillaise et 2 e investisseur privé. par patient (et sera de 5 pour l exercice 2014) et s est élevée pour BPCE Mutuelle à la somme de n Les mandats de l assemblée Après avoir approuvé les comptes annuels arrêtés au 31/12/2013 tels qu ils lui ont été présentés, ainsi que l affectation du résultat, l assemblée a ratifié la détermination des cotisations et prestations au 1 er janvier 2014 pour l ensemble des contrats gérés par BPCE Mutuelle suite au mandat donné à cet effet au conseil d administration lors de l assemblée générale De même, l assemblée a donné mandat au conseil d administration pour déterminer (soit en montant, soit en pourcentage) les cotisations mutualistes de l année * La Mutuelle de France Plus rayonne sur 8 régions et 19 départements. C est le groupement de la Mutualité Française leader sur les régions PACA et Rhône-Alpes. Elle compte personnes protégées et perçoit 200 M de cotisations. Il faut noter un nouvel accroissement de la pression fiscale résultant de l instauration d une contribution à la charge des mutuelles d'une part, sur la part employeur de la cotisation au titre de l'irpp. De gauche à droite : Joël Lamandé (trésorier), Jean-Jacques Dormois (président de séance), Hervé Tillard (président du conseil d administration), Eric Le Lay (directeur général). n 215/871 juillet

6 Réseau L intervention d Hervé Tillard Des atouts pour convaincre Dans un environnement réglementaire incertain, les administrateurs de BPCE Mutuelle ont néanmoins développé des projets d importance. Le moins que l on puisse dire, c est que le législateur ne facilite pas la tâche des complémentaires santé à travers une pensée fractionnée qui s avère dans l incapacité de combiner utilement les morceaux de loi édictés. Avant d indiquer ici les axes majeurs qui guident le travail du conseil d administration, je voudrais livrer à votre réflexion un double constat dont la prise en compte doit orienter la gestion et le positionnement de notre institution dans les années à venir. Celui, d une part, du directeur mondial pour la recherche de Sanofi qui constatait dans une tribune que «la médecine est confrontée à un paradoxe fondamental. Plus on progresse dans le traitement des maladies, plus la durée de vie augmente et plus les maladies chroniques et du vieillissement augmentent. Tous les gouvernements et toutes les sociétés font face à des coûts de santé qui explosent. Or il s agit là des conséquences normales de politiques de santé qui ont réussi. Si nous n avions pas réussi, l on mourrait encore jeune de maladies aiguës et il n y aurait pas de problème de vieillissement. Le défi de ce siècle, c est la lutte contre les cinq grandes pathologies chroniques : maladies cardio-vasculaires, diabète, maladies pulmonaires, cancer et maladies du vieillissement. On ne pourra y faire face sans innovation, au sens le plus large du terme. Si on continue à pratiquer la médecine comme aujourd hui, dans 20 ou 30 ans on aura perdu la bataille.» Aujourd hui, en matière de santé, le défi est permanent, l innovation doit être permanente pour le relever, et tout cela a évidemment un coût. C est bien ce qu exprimait Jean-Claude Albinet (président de l Union Nationale des Mutuelles d Entreprises) dans le dernier numéro de La Revue : «Qu on le veuille ou non, il faut avoir présent à l esprit que la santé coûtera de plus en plus cher! Parce que les besoins de la population, en termes de soins mais aussi de prévention, sont de plus en plus importants, parce que les nouvelles technologies sont onéreuses, parce que la durée de la vie augmente On peut, et on doit certainement moduler l organisation du système, mais on ne peut pas s exonérer de son financement, et il y aura toujours des coûts à prendre en charge auxquels nous n échapperons pas. Mais plutôt que de focaliser sur la contrainte économique, on peut aussi envisager ces coûts comme le signe d une société qui crée et qui se développe. Il faut alors faire le choix de ce que l on veut prendre en compte dans un dispositif social.» Ces propos sur le vieillissement, les coûts, etc., nous ramènent aux réalités sur lesquelles les administrateurs ont beaucoup travaillé. Mais leurs travaux, disons-le tout de suite, ont été pour le moins freinés par les incertitudes résultant des modalités d application des dispositions de l Accord National Interprofessionnel de janvier 2013 (ANI), devenu Loi de sécurisation de l emploi en juin 2013, dont les projets de décrets, parus courant mai, restent encore à finaliser. Ce que l on peut craindre, d ailleurs, c est qu à terme, ces nouveaux textes fassent des complémentaires en général et des mutuelles en particulier une variable d ajustement pour permettre de nouveaux désengagements du régime obligatoire - voire de réduire la mission de l assurance maladie à la seule prise en charge d actes médicaux lourds. n Incertitudes et charges supplémentaires Dès lors, on ne peut que s interroger sur l incertitude qui prévaut désormais à propos de textes prévus, diffusés, discutés, puis modifiés. Le moins que l on puisse dire, c est que le législateur ne facilite pas la tâche des complémentaires santé à travers une pensée fractionnée qui s avère dans l incapacité de combiner utilement les morceaux de loi édictés. Le résultat est pour le moins contreproductif. Après les pactes de responsabilité, de solidarité, de compétitivité, à quand le «pacte de simplification», à quand celui de la «lisibilité»? Je voudrais également dire que - même s il nous faut attendre les textes définitifs pour savoir précisément de quoi il retourne - rarement une réforme aura eu autant de conséquences sur les charges de prestation remboursées par une complémentaire santé. En effet, la définition et la reconnaissance du caractère «responsable» des contrats* santé joueront sur le montant de la Taxe sur les contrats d assurance (TCA). Si nous ne respections pas les critères qui seront imposés (et certains semblent drastiques), la TCA pourrait doubler et passer au taux de 14 %, ce qui n est absolument pas neutre pour les équilibres économiques de nos contrats. De même, l ANI, dont les avancées sont réelles pour des populations en difficultés, mal couvertes ou sans emploi, sera en partie facturé à la collectivité au travers de chaque complémentaire santé. Des premières évaluations ont été faites par des cabinets spécialisés qui 6 n 215/871 juillet 2014

7 chiffrent entre 2 et 5 % les coûts à supporter sans cotisations correspondantes. Cela impactera nos équilibres techniques. Sans oublier la dernière loi de financement de la Sécurité sociale qui fait «participer» les complémentaires santé aux 150 millions d euros obtenus par les médecins généralistes. Ce dispositif, prévu jusqu en 2016, coûtera 5 par chef de famille, soit près de pour BPCE Mutuelle (environ 0,5/0,6 % des cotisations appelées). n Propositions Néanmoins, nous entendons les demandes des adhérents de la mutuelle. Nous avons menés des réflexions sur des services nécessaires et attendus. Cependant, comment rejoindre une plateforme de soins afin de limiter les restes à charge des adhérents quand on sait que le niveau d encadrement des «contrats responsables» va fortement influer sur le bénéfice de l adhésion à un réseau de soins, que l on ne connaît pas encore ce niveau d encadrement, et que les prestataires qui ont fait des offres au conseil d administration se posent eux-mêmes la question de savoir s ils ne vont pas devoir changer leur stratégie en fonction du contenu des contrats responsables, puisque cela pourrait signifier qu ils auraient un niveau d intervention bien moindre? Nous espérons pouvoir prendre une décision à ce sujet en fin d année. Nous avons également envisagé d offrir des services supplémentaires comme, par exemple, des services à domicile après hospitalisation. Nous avons avancé, mais souhaitons une offre unique pour les actifs, et une offre spécifique pour nos amis retraités. La commission «nouvelles offres» poursuit son travail à ce sujet. Le travail de cette même commission a également porté sur le développement de l offre Atout Santé Vitalité - la mutuelle s étant engagée à ce que cette offre évolue à peu près dans les mêmes proportion que le CGN -, qui pourrait évoluer vers trois niveaux : - le premier est le niveau actuel, qui a toutes les chances de rester, demain, le pivot de cette offre ; - à côté, nous pourrions avoir un contrat ASV qui serait augmenté d un certain nombre de prestations et qui, à mon sens, serait très adapté aux personnes qui ont actuellement ASV et Santé + ; - enfin, il pourrait y avoir un contrat d entrée de gamme, sans toutefois être low cost, car il n est pas question de faire quelque chose qui ne ressemblerait à rien au niveau des prestations. Ce contrat serait un peu moins cher et il nous permettrait néanmoins de conserver un certain nombre de jeunes retraités qui nous ont fait part de leurs difficultés lorsque, sortant du statut d actifs, ils doivent subir une augmentation de leur cotisation alors même qu il n y a plus de prise en charge employeur dans celle-ci. Et cela fait parfois une «marche» importante à franchir. Nous avançons rapidement sur cette question. Un autre dossier, que nous avons pris à notre compte depuis quelque temps, est celui de la dépendance/perte d autonomie. C est une préoccupation dont les pouvoirs publics se font l écho depuis de nombreuses années sans avancer beaucoup sur le sujet. Certes, un projet de loi qui vient d être présenté en conseil des ministres propose quelques mesures concrètes, mais on se demande comment il pourra être adopté par les assemblées avant la fin de l année, vu la charge du calendrier parlementaire. Pour notre part, s il nous est apparu, après diverses consultations, qu il n y aurait pas pour l instant de contrat collectif obligatoire avec une garantie dépendance au sein du groupe, nous avons voulu répondre à la demande des adhérents sur ce plan. Nous avons donc étudié la possibilité d une couverture dépendance qui serait proposée à l ensemble des adhérents, salariés comme retraités, mais de façon facultative (lire également en page 9) et qui serait opérationnelle dès le 1 er janvier Chacun devrait être alors en mesure de se déterminer et de prendre une décision en toute connaissance de cause. n Aiguillon Ces sujets me semblent essentiels pour l avenir de la mutuelle et je trouve que cet avenir est conforté par trois atouts que nous devons mettre en avant : - nous avons remporté l appel d offres lancé par le Crédit Foncier de France, face à des compétiteurs sérieux prêts à gagner un contrat emblématique. Nous répondons à tous les appels d offre qui émanent notamment d entreprise du groupe et nous nous battons à chaque fois bec et ongles - nous continuerons à le faire ; - l Inspection Générale du Groupe BPCE constate la bonne gestion de la mutuelle ; - nous avons réussi notre migration informatique qui nous dote désormais d un outil puissant et pleinement efficace, capable de faire du sur-mesure. Ces atouts doivent convaincre que la mutuelle est utile aux partenaires sociaux de la Branche, utile à tout le corps social du Groupe BPCE, actifs comme retraités. Je crois qu à travers les sujets évoqués la mutuelle montre qu elle joue pleinement son rôle d acteur complémentaire dans le domaine de la santé. Et nous démontrons ainsi que nous pouvons être l aiguillon du développement d une protection sociale pleinement solidaire et de qualité au sein du Groupe BPCE. *Le contrat responsable a été instauré en 2006 par le gouvernement afin de responsabiliser les patients, leur complémentaire santé et les différents praticiens. Il a pour vocation d assurer une bonne couverture des dépenses de santé de son bénéficiaire, tout en évitant les dépenses inutiles. Ces sujets me semblent essentiels pour l avenir de la mutuelle et je trouve que cet avenir est conforté par trois atouts que nous devons mettre en avant. n 215/871 juillet

8 Réseau les comptes 2013 De quoi appréhender l avenir dans les meilleures conditions Le bilan de BPCE Mutuelle est le reflet d une gestion structurée et prudente développée au fil des années. Si le résultat net comptable a quelque peu diminué (à 5,16 M en 2013 contre 6,04 M en 2012), c est notamment en raison de l investissement informatique d importance qui a été réalisé en et qui sera amorti au cours des années à venir -, d une part, et de la ponction fiscale due à l entrée en fiscalité (depuis 2012), d autre part. Les fonds propres de la mutuelle (haut de bilan), qui s établissent en 2013 à 97 M (contre 92 M en 2012), lui confèrent un taux de marge de solvabilité de % (contre % en 2012), soit environ dix fois le montant de fonds propres exigés par la réglementation (selon Solvabilité 1) - ce taux de couverture serait encore de 624 % si la mutuelle n'était pas réassurée. Présentation des comptes 2013 de BPCE Mutuelle par le trésorier Joël Lamandé. Les perspectives que représentent les augmentations de la fiscalité et des ratios réglementaires, des investissements à venir, ou encore le développement de nouvelles prestations, arrivent dans un contexte de situation financière saine. Le nouveau système informatique va contribuer à un pilotage encore plus précis, permettant ainsi de sécuriser la gestion de la mutuelle pour appréhender l'avenir dans les meilleures conditions. COMPTE DE RÉSULTAT NON TECHNIQUE (en Euros) RUBRIQUES Résultat technique des opérations Non-vie Résultat technique des opérations vie Produits des placements Charges des placements Produits des placements transférés au compte technique non-vie Autres produits non techniques Autres charges non techniques Résultat exceptionnel Impôts sur le résultat Résultat de l exercice COMPTE DE RÉSULTAT TECHNIQUE NON-VIE (En Euros) RUBRIQUES Opérations brutes totales Cessions et rétrocessions Opérations nettes Opérations nettes Cotisations Produits des placements alloués Autres produits techniques Charges des prestations Charges des autres provisions techniques Participation aux résultats Frais d acquisition et d administration Autres charges techniques Charges de provision pour égalisation Résultat technique des opérations Non-vie Chiffres significatifs (Compte de résultat) En Cotisations appelées Marge technique Autres produits Résultat d exploitation Résultat financier Résultat net comptable ACTIF (En Euros) RUBRIQUES 31/12/ /12/2012 Placements Part des cessionnaires et rétrocessionnaires dans les provisions techniques Créances Autres actifs Comptes de régularisation - Actif Total de l actif passif (En Euros) RUBRIQUES 31/12/ /12/20112 Fonds propres Résultat de l exercice Provisions techniques brutes Autres dettes Comptes de régularisation - Passif Total du passif n 215/871 juillet 2014

9 Votre Mutuelle résea u [ perte d'autonomie et dépendance BPCE Mutuelle s engage Perte d'autonomie et dépendance constituent aujourd'hui des risques sociaux et sanitaires que notre société a trop longtemps sous-estimés. En France, sur ce sujet, les pouvoirs publics en sont depuis une dizaine d'années au stade de la réflexion sans aboutir aux mesures attendues par un grand nombre de nos concitoyens (même si un projet de loi «d'adaptation de la société au vieillissement» vient d'être adopté par le Conseil des ministres et doit maintenant être présenté au Parlement). A notre niveau, les demandes répétées d'un nombre croissant de salariés et de retraités du Groupe BPCE traduisent bien l'urgence qu'il y a à agir. C'est pourquoi, courant 2013, le conseil d'administration de BPCE Mutuelle a engagé une vaste étude sur la mise en œuvre d'un contrat individuel à adhésion volontaire, ouvert à l'ensemble des adhérents de la mutuelle. Le processus de décision arrive actuellement à son terme et, dès janvier 2015, BPCE Mutuelle sera en mesure de proposer à chacun de ses adhérents une «garantie dépendance». Nous en reparlerons plus en détail dans les deux prochains numéros de La Revue, en octobre et en décembre. sevrage tabagique La bonne procédure L opération «aide au sevrage tabagique» mise en œuvre par BPCE Mutuelle dans le cadre de son action sociale vous permet de bénéficier d une participation à hauteur de 100 par bénéficiaire (sous réserve que vous n ayez pas déjà épuisé cette participation) suite à l achat d un traitement nicotinique de substitution ayant fait l objet d une prise en charge préalable par la Sécurité sociale. Afin de prétendre à remboursement, vous devez obligatoirement adresser les éléments suivants, sans lesquels l'intervention de BPCE Mutuelle ne sera pas possible : - justificatifs d achat du traitement nicotinique, - copie du décompte de la Sécurité sociale justifiant de la prise en charge, à : BPCE Mutuelle, service Action sociale, 30 place d Italie, CS 71339, Paris cedex 13. Par ailleurs, certains adhérents nous demandent actuellement si BPCE Mutuelle prend en charge la cigarette électronique. Pour l'heure, la réponse est clairement «non». [ Feuilles de soins Le bon destinataire Nous constatons une recrudescence d'erreur de destination dans l'envoi des feuilles de soins que certains adhérents adressent à BPCE Mutuelle, alors qu'une feuille de soins doit toujours être transmise à votre Caisse Primaire d'assurance Maladie. Si ces soins sont pris en charge par la Sécurité sociale, la mutuelle jouera pleinement son rôle de complémentaire santé et interviendra, selon le barème figurant au descriptif de garantie du contrat mutualiste, pour contribuer au remboursement des frais engagés. ConCours AssoCiAtion robert-guérard Jusqu'au 31 août Nous vous rappelons que vous avez jusqu'au 31 août pour participer au concours Association Robert-Guérard, qui a pour objet de récompenser une action menée en faveur de l'enfance et/ou du handicap sur les territoires des entreprises adhérentes à BPCE Mutuelle. Il est ouvert aux salariés et/ou anciens salariés retraités du Groupe BPCE, adhérents de BPCE Mutuelle, et engagés en tant que membre d'une association dans une action telle que celle décrite ci-dessus. n deux prix Le concours est doté de deux prix : le prix Robert-Guérard, d un montant de 4 000, et le prix Coup de cœur du jury, d un montant de Il se déroule désormais jusqu au 31 août 2014 sur les territoires des entreprises adhérentes à BPCE Mutuelle. Chaque participant ne pourra présenter qu'une seule action, qui devra être décrite dans le dossier de candidature. Ce dossier de candidature, annexé au règlement du concours, est à télécharger sur le site Une fois dûment rempli, il doit être renvoyé, en format électronique seulement, à l'adresse suivante : avant le 31 août 2014 à minuit. [ Le bon numéro A compter du 1 er janvier 2014, votre numéro d'adhérent mutualiste a changé (voir La Revue n 212, de décembre 2013, page 7). Votre nouveau numéro d'adhérent figure sur la carte mutualiste que vous avez reçue en début d'année. C'est ce nouveau numéro d'adhérent que vous devez utiliser lorsque vous prenez contact avec BPCE Mutuelle, tant par courrier ou courriel que par téléphone. Il facilite votre identification et la prise en compte de votre demande. Ce nouveau numéro vous est également demandé pour accéder à votre «espace adhérent» sur le site de BPCE Mutuelle (www.bpcemutuelle.fr). n 215/871 juillet

10 rése au EnsEmblE ProtEction sociale La fin du mandat de Jean-Pierre Deck L assemblée générale mixte paritaire d EPS a adopté à l unanimité les résolutions proposées. Et un nouveau président a été élu par le conseil d administration : il s agit de Philippe Donvito. Créée en 2005, Ensemble Protection Sociale est une association à but non lucratif régie par la loi du 1 er juillet 1901 et les textes législatifs et réglementaires subséquents. Elle est constituée dans le but de faciliter et de développer l'activité de ses membres adhérents, - la Caisse Générale de Prévoyance des Caisses d'epargne (CGP), institution de prévoyance, qui gère les retraites supplémentaires des Caisses d'epargne et filiales, et la prévoyance collective - et BPCE Mutuelle qui gère principalement la complémentaire santé. L 'assemblée générale ordinaire d'ensemble Protection Sociale (association de moyens comprenant deux membres qui ont la qualité d'assureur : la CGP et BPCE Mutuelle), au cours de laquelle ont été présentés les comptes 2013 de l'association, s'est tenue à Marseille le 12 juin dernier sous la présidence de Jean-Pierre Deck. L'exercice 2013 (au cours duquel l'association a changé de nom pour devenir Ensemble Protection Sociale au 1 er janvier) a vu, comme le précédent, la poursuite de lourds chantiers qui ont pesé en charge, tant sur le plan budgétaire que sur l'organisation : - Projets progiciels métiers CSC-AIA, avec une bascule réalisée en santé (BPCE Mutuelle), - Solvabilité 2 (réflexion sur l'organisation, système d'information décisionnel (SID), outil de calcul Best Estimate), - La poursuite de l'entrée en fiscalité depuis le 1 er janvier 2012, l'année 2013 marquant le dernier palier de la montée en charge progressive du dispositif. Ces projets ont justifié : - Une mobilisation des instances qui ont voté des budgets conséquents et se sont particulièrement impliquées dans le projet AIA, - Une mobilisation des équipes dans une stratégie où le pilotage et la maîtrise d'ouvrage des projets sont assurés en interne, - Le recours à des ressources externes, certes coûteuses, mais incontournables sur des durées correspondant à celles des projets. En ce qui concerne les comptes sociaux de la seule association, le total de bilan s élève à 13,06 M. Le compte de résultats fait apparaître un total de produits de 16,8 M, correspondant aux charges de l association totalement refacturées aux membres. Le résultat de l association est donc égal à zéro. De gauche à Droite : Jean-Pierre Deck (qui PrésiDait l'assemblée générale D'ePs) et eric le lay (Directeur général D'ePs). PhiliPPe Donvito, nouveau PrésiDent Du conseil D'aDministration D'ePs. Les comptes combinés de l association résultent de la prise en compte des comptes sociaux des membres d EPS (CGP et BPCE Mutuelle), une fois approuvés par leurs assemblées respectives, avec cependant des retraitements ou des intégrations spécifiques. Le total de bilan s élève alors à 7,49 Md (contre 7,15 Md en 2012). Le compte de résultats de l ensemble combiné affiche un résultat net comptable consolidé de 46,7 M. n EvoLution des statuts Parmi les diverses résolutions - toutes approuvées - il faut noter une évolution des statuts de l association. Dans son rapport moral, Jean-Pierre Deck a souligné la bonne gestion de l'association, dans l'intérêt des adhérents, bonne gestion confirmée par l'inspection Générale du Groupe BPCE lors de son passage fin Il a développé aussi un sujet complexe, largement travaillé par le conseil d administration depuis 2010, et même plus précisément depuis juin 2012, période à laquelle le gel du projet de progiciel Retraite a été décidé. Avec le soutien d IT BPCE, un cabinet a évalué, conformément à la demande de l Inspection Générale, les voies administratives de sortie des difficultés Enfin, Jean-Pierre Deck, qui a fait valoir ses droits à la retraite, a tenu à remercier ceux qui ont œuvré au bon fonctionnement de l'association, et a souligné combien il avait apprécié le travail effectué notamment avec Sylvie Liziard et Philippe Donvito - auquel il a d'ailleurs symboliquement «passé le flambeau», puisque ce dernier a été élu président du conseil d'administration de l'association Ensemble Protection Sociale lors du CA qui s'est tenu en suite de l'assemblée générale mixte. 10 n 215/871 juillet 2014

11 tête d'affiche Pascale Mousseaux (Caisse d epargne Bretagne - pays de loire) réseau Une marraine en or Cela fait 20 ans, déjà, Pascale Mousseaux fait partie de l'association Parrains d'or, qui intervient en faveur des orphelins roumains. Depuis 5 ans, elle en est la présidente, avec la volonté constante d'apporter une aide matérielle - si ce n'est affective - à ces enfants qui manquent de tout. Une simple rencontre apporte parfois un supplément d'âme à l'existence quotidienne. A l'occasion d'un rendez-vous professionnel, voici une vingtaine d'années, Pascale Mousseaux (actuellement responsable du service monétique à la CE BPL) fait la connaissance de l'association Parrains d'or, créée en 1991, peu après la chute du dictateur roumain Ceaucescu (1989). A l'époque, alors que l'on découvre le sort pour le moins misérable des orphelins roumains, l'association Parrains d'or entend leur apporter une aide d'urgence, mais surtout tisser des liens permettant à ces enfants de reprendre confiance en eux, dans le cadre d'une relation qui, à défaut d'être familiale, soit aussi affective que possible. Séduite par la démarche, Pascale Mousseaux parraine alors une jeune roumaine. L association concentre son action auprès de 2 orphelinats de la région de Sibiu (Transylvanie), ville qui est aujourd'hui jumelée avec Rennes depuis n L importance du Lien Devenue présidente de l'association en 2009, Pascale Mousseaux constate que depuis sa première visite en 1996 les choses ont changé, mais qu'il y a toujours beaucoup à faire : «La Roumanie a quand même œuvré en faveur des orphelinats, qui sont mieux gérés, par exemple. Mais si la nourriture, l'habillement, l'école gratuite et le suivi médical de base sont à peu près assurés, les gestionnaires d'orphelinats nous réclament toujours des chaussures, des jeux pour les enfants, du matériel scolaire et éducatif». C'est l'objectif des deux convois annuels (avril/mai et octobre) qui se rendent en Roumanie, et qui essayent d'apporter un peu de confort matériel (machines à laver et lessive, tondeuse à gazon, traitements médicaux spécifiques que l'on ne trouve pas sur place, par exemple). Lors de ces séjours, chaque enfant reçoit un paquet individuel. Mais, par-dessus tout, la présence des parrains qui accompagnent les convois est très importante* : «Les enfants devenus adultes ont oublié les cadeaux qu'ils ont reçus, mais sont très sensibles aux relations entretenues avec leurs parrains. Les enfants sont souvent traumatisés par leur passé - imaginez que certains d'entre eux, voire des fratries en bas âge, sont récupérés [ 15 PaR Mois Pour parrainer l un des enfants soutenus par l association Parrains d or, il en «coûte» 15 par mois. Et comme l association est reconnue d utilité publique, ses donateurs bénéficient de l avantage fiscal accordé en la matière. La cotisation de membre de l association est de 20 par an. Contact Pascale Mousseaux : ; ; tél. : Site internet de l association : Pascale Mousseaux, en compagnie de jeunes roumains soutenus Par l'association Parrains d'or, lors du déplacement effectué au Mois de Mai. parmi les poubelles, totalement abandonnés! -, le lien avec leurs parrains leur permet d'exister en tant qu'individus, de réapprendre à vivre. Nous expérimentons vraiment le principe de résilience développé par Boris Cyrulnik.» En mai, l'association a pu organiser une sortie «accrobranche» pour une centaine d'entre eux : «Les enfants étaient métamorphosés. Alors que dans les orphelinats il y a beaucoup d'agitation, là, ils étaient calmes, attentifs : ils faisaient enfin quelque chose!» n trois filleules L action de Parrain d Or a permis de faire évoluer les mentalités à l'égard de ces enfants ostracisés par la société. «Nous avons des contacts réguliers avec les structures de protection sociale de l'enfance, le corps médical, les grandes entreprises implantées localement. On explique ce que l on fait et on essaie de répondre au maximum aux besoins matériels exprimés sur place.» A ses débuts, l'association disposait de nombreuses subventions. L'émotion est toujours porteuse! Et puis la misère lasse, même (et surtout?) quand elle perdure. Désormais, Parrains d'or fonctionne avec l'imagination et l'huile de coude de ses membres, toujours à la recherche d'une bonne occasion, d'une bonne idée, pour récolter des fonds. Pascale Mousseaux a trois «filleules» dont la plus âgée a 34 ans - les deux autres ont respectivement 23 et 7 ans. «Sérieuse, travailleuse, elle s'en est bien sortie. Il y a du travail sur place dans la sous-traitance automobile pour des jeunes non qualifiés. Mais d'autres n'ont pas échappé à la prostitution.» L'an prochain, elle parrainera un garçon. JR Outre Pascale Mousseaux, Sandra Fressier (CE BPL) fait également partie du bureau de l'association, et quelques-un(e)s de leurs collègues parrainent des enfants. *Parrains d'or est l'une des rares associations de ce type à proposer aux parrains de participer aux convois pour la Roumanie, afin de rencontrer leurs filleuls sur place. Etant également précisé que la collecte des fonds se trouve employée directement par l association dans l intérêt des enfants parrainés, sans transfert ni délégation. n 215/871 juillet

12 notre santé prévention Alain Rigaud : «Il faut créer l'abstinence plutôt que la produire» Pour le Dr Alain Rigaud, président de l Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (A.N.P.A.A), il n'y a pas de solution miracle pour lutter contre les conduites addictives, et la communauté soignante cherche plutôt à s'appuyer sur une diversification de moyens. Parmi lesquels la prévention tient sans doute une place majeure. Dr AlAin rigaud, président De l'a.n.p.a.a : «Il y a souvent un lien étroit entre sociologie et addiction». n La Revue : L Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie, que vous présidez, a vocation à lutter contre les addictions. Quels sont ses axes d'intervention? Dr Alain Rigaud : Nous menons trois grands types d'actions. En premier lieu, nous intervenons en prévention primaire et collective ou, si vous préférez, dans le domaine de la promotion de la santé. Il s'agit là d'actions de proximité, «de terrain», adaptées à tous les publics que nous rencontrons : scolaires, étudiants, professionnels, seniors, personnes en situation de précarité, sous main de justice, etc. Dans le milieu étudiant, par exemple, nous collaborons avec les bureaux étudiants, les mutuelles étudiantes, les services municipaux éventuellement, pour l'organisation de soirées responsables. Dans le milieu professionnel, nous contractualisons avec les entreprises pour mener des actions de prévention des addictions au travail. A l'égard des personnes en situation précaire, nous collaborons avec les services communaux d'action sociale et les Conseils généraux Deuxièmement, nous travaillons à la réduction des risques sur le terrain, aux plus près des «consomma- [ teurs», avec nos partenaires, les structures et les bénévoles qui nous accompagnent. Cela se fait notamment dans le cadre des Centres d'accueil et d'accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD). Outre l'accueil, l'information, l'aide à l'accès aux soins, etc., le tout de manière anonyme et gratuite, l'une des missions du dispositif de réduction des risques est de mettre à disposition des usagers de drogue du matériel d'injection stérile et de récupérer le matériel usagé. C'est une manière de dire «pour pouvoir vous en sortir, droguez-vous proprement» Il s'agit là d'une première étape, sans exigence de soins, mais avec des professionnels qui repèrent les besoins et favorisent les demandes d'aide d'accès aux soins. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, on n'y rencontre pas que des personnes en situation précaires ou des exclus, mais aussi des «cols blancs» bien intégrés dans la société! Enfin il y a l'aide à l'accès aux soins et l'intervention précoce, permettant d'aider un consommateur de substances psychoactives le plus tôt possible dans le processus d'addiction et surtout avant que ne s'installe la dépendance. Les professionnels (animateurs de prévention, éducateurs spécialisés, assistantes sociales, AlAin RigAuD, expert engagé Président de l Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (A.N.P.A.A.) depuis 2003, le Dr Alain Rigaud est psychiatre des hôpitaux depuis 1980 à l Etablissement Public de Santé Mentale de la Marne (EPSM) où il est chef du pôle d addictologie. Membre de la Société Française d Alcoologie depuis 1983 et actuellement président de la Fédération Française d Addictologie, le Dr Rigaud est chargé de cours en addictologie dans trois universités (Reims, Nancy et Paris). Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées en addictologie et en santé publique, et présenté plusieurs contributions d expert auprès de sociétés savantes, d'organismes publics et de parlementaires sur les questions liées à la prévention et à la prise en charge des addictions. Il a notamment été coauteur en 2006 du rapport «50 propositions pour une politique de prévention et de prise en charge des addictions. Un enjeu majeur de santé» et en 2011 du «Livre blanc de la FFA pour l'addictologie française». 12 n 215/871 juillet 2014

13 infirmiers, médecins ) vont à la rencontre de ces usagers qui ne sont pas encore prêts à solliciter une aide auprès d un professionnel ou d un centre de soin. Ils aident également les professionnels de premier recours des champs sanitaire, social et éducatif à repérer et accompagner ces consommateurs et à les orienter si besoin vers les structures pérennes de prise en charge. Ces équipes mobiles constituent une sorte de passerelle entre elles et les usagers et leur entourage. Je voudrais signaler également l'existence des Consultations Jeunes Consommateurs (CJC). Elles sont composées de professionnels formés aux spécificités des conduites addictives et des relations avec les jeunes. Elles sont destinées aux jeunes consommateurs de substances psychoactives et à leur famille. Il faut les faire connaître. Quant à l'accès aux soins à proprement parler, il peut s'effectuer via les Centres de Soins d'accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA), des centres médico-sociaux dont la vocation est la prise en charge pluridisciplinaire des conduites addictives, quel qu'en soit l'objet. Des CJC et des CSAPA existent dans tous les départements et leurs services sont gratuits. n LR : Est-on en mesure d'évaluer les résultats des actions entreprises et des dispositifs mis en place pour lutter contre les addictions? A.R : D'une manière générale, l évaluation des actions de prévention est difficile. Quand on parle d'éducation à la santé, on est davantage dans un processus éducatif. On peut évaluer le déroulé de l'action mais pas vraiment son résultat à distance. On constate cependant qu'avec les établissements scolaires qui jouent le jeu (et l'on peut regretter qu'il y ait parfois des réticences de la part de certains chefs d'établissement) on crée une vraie démarche collective, efficace. En même temps, l'objectif n'est pas d'être «une usine à propagande». L'important n'est pas de convaincre, mais de faire réfléchir Du côté des CAARUD, là aussi, difficile d'évaluer car les usagers y viennent anonymement. Il s'agit surtout de diffuser une «culture des risques et de la protection». Dans ce cadre, nous participons à un ensemble de mesures qui participent à la santé. En matière d'accompagnement et de soins de personnes dépendantes, il conviendrait de faire des études de cohortes, c'est-à-dire de suivre des patients qui ont été sevrés pour savoir ce qu'ils deviennent. Etudes rendues complexes du fait que l'on «perd de vue» assez rapidement 50 à 80 % des patients - certains parce qu'ils vont bien, d'autres parce qu'ils vont mal Les critères d'évaluation évoluent également. On a longtemps jugé sur le seul critère de l abstinence. Aujourd'hui, on juge sur une consommation inférieure aux seuils de risques et la réduction des dommages. On sait cependant que sur une durée de 5 ans on aide efficacement un tiers de la population qui vient nous voir et que l'on n'a pas perdue de vue. On sait aussi que les personnes qui n ont pas donné suite à leur démarche reviennent souvent consulter plus tard. En fait, réaliser un sevrage n'est pas très compliqué. Ce qui est plus difficile, c est de maintenir l abstinence car la personne sevrée doit apprendre à vivre sans sa potion magique et reconstruire sa vie qui a été plus ou moins dévastée C'est difficile, il faut des appuis, des gens sur lesquels on puisse compter. Et du temps. En cela, il s'agit de «créer» l'abstinence plutôt que la «produire» Et c'est assurément un travail de longue haleine. Quand le maintien de l abstinence apparaît trop difficile, il est aussi possible d accompagner la personne avec l objectif de réduire ses consommations et ses difficultés afin d améliorer son équilibre et sa qualité de vie. n LR : Pour lutter contre les risques d'addiction dans la société, au-delà de l'éducation, de la prévention, n'est-il pas plus simple d'utiliser l'interdiction par la loi? A.R : La prohibition ne fonctionne pas et n a jamais fonctionné. Cela n'a pas fonctionné aux Etats-Unis dans les années 20, ni en URSS au milieu des années 80. Interdire veut jouer sur l offre mais ne s occupe pas de la demande si bien que la prohibition favorise la production clandestine, le trafic et les mafias, la criminalité et la corruption. La guerre à la drogue ne marche pas. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas combattre les trafiquants et réduire l offre de produits illicites. Il vaut mieux promouvoir une politique de régulation, comme avec les produits licites, qui joue à la fois sur l offre et l accessibilité, notamment sur les prix, les contextes de consommation, et sur la demande avec la prévention. Ce n est jamais une mesure seule qui est efficace mais un ensemble de mesures intégrées de manière cohérente qui forme une politique publique de prévention. Pour le risque alcool par exemple, l'organisation Mondiale de la Santé a fait des comparaisons continent par continent et pays par pays qui lui ont permis d évaluer l efficacité et le coût respectifs de 5 mesures : encadrer la publicité (ce que fait la loi Evin en France) ; agir sur les prix en augmentant les taxes ; pratiquer des contrôles aléatoires d alcoolémie ; favoriser les interventions brèves par les professionnels de santé (par un médecin généraliste, par exemple, lors d'une visite à son cabinet) ; restreindre les temps d ouverture des lieux de consommation. L OMS a montré que plus un pays associe ces différentes mesures, plus elles s avèrent efficaces et que leur association forme une politique Réaliser un sevrage n'est pas très compliqué. Ce qui est plus difficile, c est de maintenir l abstinence car la personne sevrée doit apprendre à vivre sans sa potion magique et reconstruire sa vie qui a été plus ou moins dévastée. n 215/871 juillet

14 notre santé prévention [ Aujourd'hui, les jeunes font la fête ensemble mais se retrouvent en réalité seuls quand ils sont partis dans l alcool et/ou les drogues, et le fêtard entouré reste isolé dans son monde et s'abîme dans la tristesse et la déchirure. 134 Ans D'utilité publique cohérente. C est par exemple ce que la Grande-Bretagne a fait pour réussir à faire diminuer de 20 % la consommation de tabac. Donc, mieux vaut prévenir qu interdire. L'histoire montre d'une manière générale que l'on interdit d'abord pour réguler ensuite. On l a vu récemment en France avec la légalisation en 2009 des jeux de hasard et d argent en ligne, on le voit actuellement en Amérique avec les Etats qui lèvent la prohibition du cannabis pour mieux réguler sa consommation. n LR : Ne seriez-vous pas en train de nous expliquer qu'il faut dépénaliser le cannabis, sujet que l'on évoque de plus en plus actuellement? A.R : L'A.N.P.A.A est effectivement favorable à la dépénalisation du cannabis. Entendons-nous bien : cela ne signifie en rien que l'on encourage la consommation! Au contraire, il s'agit plutôt, comme je viens de l'évoquer, de «réguler», de conduire à un «encadrement» de la consommation, d'en mieux réduire les risques et les dommages et de favoriser une réglementation qui mette en avant les avantages de l'accès aux soins tout en «asséchant» le trafic et sa part de criminalité. n LR : Pourtant, les mesures prises à l'égard de l'alcool - ne serait-ce qu'à travers la loi Evin - n'ont pas évité le phénomène du binge drinking (que l'on peut traduire familièrement mais explicitement par «biture express»), surtout chez les jeunes A.R : Cela mérite effectivement une tentative d'explication. Tout phénomène social de cet ordre est plurifactoriel et lié à son époque. Le tabagisme des jeunes n'est pas un phénomène nouveau et vu le pouvoir addictif de la nicotine et sa dangerosité pour la santé, il faut les aider précocement à en sortir. Le cannabis, le 2 mars 1872, l'association contre l'abus des boissons alcooliques est fondée sous l'impulsion, notamment, de Claude Bernard et Louis Pasteur. Elle deviendra en 2002 l'association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (A.N.P.A.A), s'ouvrant ainsi aux évolutions de la société et à la réalité des consommations addictives, et s'intéressant aux dépendances les plus répandues. Son domaine d'action couvre aujourd'hui l'ensemble des addictions : usage, usage détourné et mésusage d'alcool, tabac, drogues illicites et médicaments psychotropes, pratiques de jeu excessif et autres addictions sans produit. Reconnue d'utilité publique depuis 1880, agréée d'éducation populaire en 1974, également reconnue association éducative complémentaire de l'enseignement public en 1996, l'a.n.p.a.a est implantée sur l'ensemble du territoire à travers 90 établissements départementaux de prévention et de formation et 19 comités régionaux coordonnés par son siège national. Forte de collaborateurs (épaulés par plus d'un millier de responsables associatifs), elle gère des centres d'addictologie dans 72 départements. l A.n.p.A.A a pour but : > de promouvoir une politique globale de prévention des risques comme des conséquences de l'alcoolisation et des pratiques addictives, notamment par : - l'appel à l'opinion et une action constante auprès des pouvoirs publics et des autres décideurs, - l'éducation à la santé de chacun et la formation de relais dans tous les milieux, - une aide, des soins et un accompagnement médico-psycho-social ; > de veiller à l'amélioration et à l'application de la législation en la matière, et d'exercer ses droits reconnus de partie civile. pour sa part, a fait au sein de la jeunesse l'objet d'expérimentations de plus en plus nombreuses au cours des années 90, malgré la prohibition de sa consommation. Preuve supplémentaire de l'inefficacité de la prohibition. Sa consommation chez les jeunes a ensuite diminué à partir de 2002 et s'est stabilisée depuis Pour l alcool, les jeunes ont toujours «pris des cuites», c'est une forme de prise de risques, de transgression propre à la jeunesse, comme d'essayer, à un moment donné, le cannabis - et en disant cela, je n'entends pas en faire l'apologie. Mais la pratique du binge drinking est d un autre ordre. Elle a émergé en 2003/2007, à la suite d autres pays européens (Grande-Bretagne et Espagne), et a fortement progressé ensuite. Y-a-t-il eu en France un rapport avec la politique plus répressive de l'etat, à partir de 2005, vis-à-vis des consommateurs de cannabis? Quoi qu il en soit, le binge drinking implique un comportement où l'ivresse massive et immédiate est devenue pour 10 à 20 % des jeunes une fin en soi : «se mettre minable», «se déchirer» jusqu à s abrutir, s anéantir. Ce n'était pas le cas avant. A partir de ce constat, on peut formuler des hypothèses socio-économico-culturelles. La crise et le chômage que connaît notre société induisent, par exemple, une précarisation réelle ou subjective d'une partie de la population qui s inquiète de son avenir, et notamment les jeunes. L'exigence de performance et de réussite, et la compétition permanente prônées par les valeurs actuelles mettent la pression sur les autres jeunes comme les élites des grandes écoles (il faut être toujours le premier, si l'on est deuxième, on est nul!). Et pour chacun prévaut une incertitude inquiète sur sa valeur propre, sur le lendemain, sur l avenir qui invite à rechercher des satisfactions immédiates, à décompresser, à oublier Aujourd'hui, les jeunes font la fête ensemble mais se retrouvent en réalité seuls quand ils sont partis dans l alcool et/ou les drogues, et le fêtard entouré reste isolé dans son monde et s'abîme dans la tristesse et la déchirure. Il y a souvent un lien étroit entre sociologie et addiction. n LR : Alors, que faut-il faire? A.R : Il n'y a malheureusement pas de solution miracle. La prévention reste cependant le moyen de rendre - ou d'essayer de rendre - les personnes, jeunes et moins jeunes, réceptives à certains signaux et attentives à elles-mêmes, de créer un contexte réducteur des risques et des dommages en les invitant à mettre en balance leurs plaisirs et leurs risques. propos recueillis par Jacques RivièRe 14 n 215/871 juillet 2014

15 Activité sportive «et programme maison» Fréquenter régulièrement une salle de sport, cela demande du temps et de l argent. Il est possible d entretenir sa forme en restant chez soi et sans grever son budget. Explications. «Les salles de sport? C est super lorsqu on y va régulièrement, affirme Audrey. Sauf que moi, avec mes deux enfants, les courses à faire et la fatigue du travail, j avais toujours une bonne raison pour remettre une séance au lendemain. Résultat : j ai payé 35 euros par mois pendant deux ans pour rien!». Edifiée par son expérience, cette Antiboise de 37 ans a trouvé la formule qui lui convient : le sport à domicile. «Je fais trois séances de 40 minutes par semaine, aux horaires qui me conviennent et sans perdre une minute en trajet. Ça ne me coûte quasiment rien. Et ça marche!», s exclame-t-elle. Des milliers de personnes ont fait le même constat : aller dans une salle de sport, cela demande un certain investissement en temps et en argent. Bien sûr, cette pratique répond, pour certains, à la recherche de liens sociaux et au besoin d émulation. Mais pour d autres, la tentation est forte de faire ses exercices sans sortir de chez soi. «Il faut s imposer un cadre, précise Audrey. Moi, par exemple, je fais ma gym chaque lundi, mercredi et vendredi devant le journal télévisé en alternant fitness et stretching. Pas question de déroger à l un de ces rendez-vous!» n Au maximum 150 euros Contrairement à une idée reçue, il n est pas nécessaire d investir des fortunes en appareils sophistiqués. «La base, c est un bon tapis de gym, des tubes élastiques pour les étirements et une série de balles pesant de 500 grammes à 3 kilos, souligne Alexandre Demarle, éducateur sportif, directeur d un cabinet de conseil spécialisé. Tout cela ne coûte que 100 ou 150 euros maximum!» Quid des appareils de cardio-training proposés dans [ Cinq ConsEils Pour bien démarrer Choisissez la pièce où vous allez faire du sport. Elle doit être claire, calme et munie d une fenêtre que vous pourrez ouvrir. Déterminez la fréquence de votre activité en vous fixant un objectif réaliste en rapport avec votre forme physique. Par exemple : 30 à 45 minutes d affilée deux ou trois fois par semaine, 15 minutes tous les jours. Apprenez à bien respirer : c est important pour que vos séances soient efficaces et restent un plaisir. Avant de commencer, prenez le temps de vous échauffer en trottant sur place et en faisant quelques flexionsextensions. Vous réduirez ainsi les risques de traumatismes musculaires. La pièce où vous allez faire du sport doit être claire, calme et munie d une fenêtre que vous pourrez ouvrir. les magasins spécialisés? «Leur utilisation réclame un certain savoir-faire, tempère ce professionnel. Ce sont de bons outils pour les sportifs aguerris. Mais il ne faut pas croire que ces engins, plus ou moins bardés d électronique, vont faire le travail à votre place!» Si, malgré tout, vous «craquez» pour un vélo d appartement ou pour une presse de musculation, sachez que les prix vont du simple au quintuple. Et que ces engins prennent de la place. L idéal est d avoir une pièce consacrée à cette activité : «Si vous devez les déployer à chaque fois, résume Alexandre Demarle, vous ne les utiliserez jamais.» n Vidéos sur internet Faire du sport chez soi suppose, quoi qu il en soit, une bonne connaissance des exercices et des enchaînements. Les néophytes se sont longtemps rabattus sur les cassettes vidéo, les DVD, puis les consoles. «Le problème, témoigne Audrey, c est que si on veut varier les plaisirs, cela finit aussi par coûter cher.» Internet n a pas tardé à investir le marché. C est le cas du site CoachClub, qui propose des vidéos adaptées à tous les niveaux. Certaines chaînes de télévision mettent également en ligne, gratuitement, des séances de gym ou de danse. Une certitude : les moyens de conserver la forme sans malmener son budget existent. Cédric Portal Et si vous optiez pour un coach? S offrir les services d un coach est une autre façon de faire du sport à domicile. Cet entraîneur élabore un programme adapté à votre condition physique. Il vous aide à le mettre en application à raison d une ou plusieurs séances par semaine. C est d autant plus efficace que le coach tient compte de votre état de forme au moment de la séance pour adapter votre effort. Mais attention : le coût est très variable d un professionnel à l autre. Cela va d une trentaine à plus de 100 euros pour une séance de 45 minutes! n 215/871 juillet

16 notre santé prévention être sportif malgré tout L âge, la maladie, le handicap ne doivent pas être un frein à la pratique sportive. Au contraire : un sport adapté reste la meilleure des assurances santé. Bien pratiqué, le sport constitue souvent une Bonne «assurance santé». Le sport, dit-on, c est la santé. Mais à quoi sert le sport lorsque la santé est déjà en berne? Lorsque l âge, la maladie ou le handicap grignotent vos forces? Cela vaut-il la peine de faire des efforts? Julien Spinoza, coach sportif à Antibes, est catégorique : «Il n est jamais trop tard pour bien faire!» A l appui de ses dires, il pointe une enquête publiée en 2014 par le British Journal of Sports Medicine. Elle démontre que, même si l on commence une activité après 55 ans, on bénéficie de ses effets positifs. «Bien sûr, on ne fait pas du sport à 60 ans comme à 20 ans, reconnaît-il. Il faut d abord faire un bilan médical complet incluant un test d effort. Puis il faut s y mettre progressivement. L idée n est plus de réaliser des performances, mais d entretenir la machine pour qu elle tourne mieux.» Le choix de la discipline dépend de deux facteurs : l état de santé de la personne et le plaisir qu elle en retire. «J insiste sur ce dernier point, souligne Julien Spinoza. On doit se sentir heureux en faisant du sport. Ce doit être, en tant que tel, une source de bien-être.» Aucune maladie n interdit purement et simplement la pratique sportive. «On a longtemps exempté de sport les asthmatiques, déplore le coach. C était une erreur. Parmi les disciplines qui leur sont particulièrement conseillées, je citerai la natation en piscine ou en mer chaude, la marche, la randonnée, l escalade, le vélo Il suffit de s échauffer longuement, de tenir compte des conditions climatiques et d apprendre à moduler son effort en fonction de son état respiratoire!» n Un bon tonus musculaire Et de tacler certaines idées reçues : «Un diabétique peut parfaitement faire du sport. Aujourd hui, cela fait même partie du traitement de la maladie! L activité physique aide le corps à mieux répondre à l action de l insuline et diminue les facteurs de risque pour les maladies cardiovasculaires.» En cas de douleurs dorsales? La natation, la marche et le vélo permettent de maintenir un bon tonus musculaire. Sur le long terme, le repos est loin d être le meilleur remède contre le mal de dos. Même les cas d arthrose peuvent être soulagés par la pratique adaptée de sports non violents. Il en va de même pour les personnes en situation de handicap. «Les clubs handisport sont en plein essor, observe Julien Spinoza. L éventail des disciplines est de plus en plus large : handikaraté, handibasket, handiplongée Les résultats sont spectaculaires, aussi bien pour les atteintes physiques que mentales!» Le choix de la discipline, naturellement, doit intégrer la nature et le degré du handicap. «Dans chaque département, il existe des structures publiques et des associations qui peuvent orienter les futurs pratiquants, conclut le coach. Avec deux vérités en point de mire : le sport fait autant de bien au moral qu au physique. Et il n y a rien d impossible à ceux qui le souhaitent vraiment.» [ Vieillir en bonne santé : la PreuVe Par les Chiffres Cédric Portal En janvier 2014, le British Journal of Sports Medicine a publié les résultats d une étude menée entre 2002 et 2010 sur sujets britanniques âgés de 55 à 73 ans. Il s agissait de suivre ces personnes afin de jauger l évolution de leur état de santé au regard de leurs pratiques sportives. Les résultats sont édifiants. Les sujets qui s adonnaient dès le départ à une activité physique importante (plus d une fois par semaine) se sont révélés 3 à 6 fois plus nombreux à avoir «vieilli en bonne santé» que les sujets inactifs. Mais plus encore, l étude montre que l activité physique, même après des décennies d inactivité, a des effets bénéfiques importants. Par rapport à ceux qui étaient restés passifs, les personnes qui se sont mises à bouger après 55 ans ont été en moyenne quatre fois plus nombreuses à vieillir en forme. Les auteurs de l étude soulignent en outre le rapport étroit entre le niveau d activité physique et le gain en termes de santé. Preuve qu il n est jamais trop tard pour changer ses habitudes C. P. 16 n 215/871 juillet 2014

17 en bref notre santé [ Acouphènes et hyperacousie encore Troubles du sommeil peu diagnostiqués En France, 2,5 millions de personnes souffrent d acouphènes ou d hyperacousie. Mais le chiffre réel se situerait plus près de 8 millions, tant ces pathologies sont méconnues du grand public. Ces troubles ont été choisis comme thème de la Journée nationale de l audition, qui s est déroulée en mars dernier. Si les acouphènes se manifestent par la sensation de bruits parasites, l hyperacousie est une perception anormalement importante de bruits modérés. Les personnes concernées ne doivent pas hésiter à consulter car certaines techniques peuvent leur apporter une aide précieuse. et risque de diabète de type 2 [ Risque d alcoolisation fœtale en augmentation L alcoolisation fœtale est la première cause non génétique de handicap mental en France. Elle concerne 1,3 naissance pour naissances vivantes chaque année. L Institut national de prévention et d éducation pour la santé (Inpes) indique que la consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse est déclarée par 23 % des femmes, ce qui représente le taux le plus élevé en Europe. Cette situation ne devrait que s aggraver si l évolution des modes de consommation d alcool par les jeunes femmes se poursuit, avec une accentuation des ivresses et des consommations ponctuelles excessives. Les personnes qui dorment mal seraient davantage en danger de développer un diabète de type 2. C est ce que montre une étude menée par une unité de l Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). En cause : un déficit en mélatonine, hormone sécrétée, pendant le sommeil, par l épiphyse, petite glande située dans le crâne. C est ainsi que les travailleurs de nuit, dont les rythmes biologiques sont modifiés, sont plus sujets à cette forme de diabète. Quelque trois millions de personnes sont touchées dans notre pays par le diabète de type 2, appelé non-insulinodépendant, maladie diagnostiquée à un âge moyen de 65 ans. Des médicaments à éviter Dans l intérêt des patients, la revue Prescrire préconise d éviter 68 médicaments dont les effets indésirables sont dangereux pour la santé, alors qu ils n ont par ailleurs qu une faible efficacité. Parmi ces produits, on trouve notamment le Protelos (ranélate de strontium), prescrit dans le traitement de l ostéoporose, ou la molécule dompéridone, présente dans le Motilium et ses génériques, indiquée contre les nausées et vomissements. La liste de ces médicaments, sous le titre Pour mieux soigner : des médicaments à écarter, est accessible sur le site Si vous prenez un des médicaments concernés, il ne faut pas interrompre le traitement mais consulter votre médecin traitant. Pilules de 3 e et 4 e générations : message reçu par les femmes Les prescriptions de pilules de 3 e et 4 e générations ont fortement diminué à la suite des alertes des autorités sanitaires sur leur possible dangerosité, se félicite le ministère de la Santé. On constate ainsi une baisse de 45 % des ventes de pilules de 3 e génération en 2013 par rapport à De même, la proportion de l utilisation d autres modes de contraception a augmenté de 27 % en L inquiétude suscitée par les effets indésirables de ces pilules semble avoir aidé les femmes à prendre conscience de l importance d adopter une méthode de contraception adaptée à leurs besoins. [ Médicaments et soleil : lisez bien les notices! Certains médicaments ne font pas bon ménage avec les bains de soleil. C est ainsi que des antibiotiques, des traitements cardio-vasculaires ou encore des anti-inflammatoires peuvent provoquer des photodermatoses. Ces affections se manifestent par des brûlures (coups de soleil), des éruptions cutanées ou encore des pigmentations anormales. Lisez bien la notice de vos médicaments avant de vous exposer au soleil. En outre, un pictogramme représentant, dans un triangle rouge, un soleil voilé d un nuage indique le risque de photosensibilisation. D autres produits, comme des produits cosmétiques, peuvent également provoquer des photodermatoses. n 215/871 juillet

18 notre santé médecine La santé menacée par les dérives sectaires Des plantes miraculeuses, des stages de méditation ou encore des jeûnes pour affaiblir la maladie : le domaine de la santé n est pas épargné par les dérives sectaires. Il représente même, à lui seul, un quart des signalements à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Selon la MiviludeS, «l emprise Mentale» est l un des critères caractérisant une pratique potentiellement dangereuse. A presque 46 ans, Fabienne a déjà l impression d être une double rescapée. De son cancer du sein, d abord, découvert à un stade «avancé, voire très avancé» selon les médecins qui l ont diagnostiqué. D une manipulation ensuite. «C est arrivé alors que je vivais l un des moments les plus critiques de ma vie, analyse-t-elle aujourd hui. Je me battais depuis un an contre ce cancer. La chimio s éternisait et m épuisait. J avais un peu perdu le réflexe de survie que j avais eu à la découverte de la maladie. Et à la maison, mon mari s éloignait de moi.» Alors qu elle commence à s intéresser à l alimentation des malades du cancer, elle découvre au détour de ses lectures l existence d un homme qui se propose de «décrypter le cancer, l expliquer et donc le combattre», mais «uniquement par la pensée et la nourriture». Elle plonge, s inscrit à une journée de formation, puis à un séminaire d une semaine. Un véritable conditionnement : pas ou très peu de nourriture, des séances de travail jusque tard dans la nuit, des slogans anti-médecine «traditionnelle» à reprendre en chœur des dizaines et des dizaines de fois «A la fin de la semaine, on n est plus capable de réfléchir par soi-même, raconte-t-elle. On se contente de répéter ce qu on entend et de payer pour diverses prestations.» n Des patients vulnérables Ce témoignage ne surprend pas le Dr Serge Blisko, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) : «Les dérives sectaires dans le domaine de la santé représentent près de 25 % de l ensemble des quelque signalements que nous recevons chaque année.» Comment expliquer une telle situation? «Il y a en France 10 millions de personnes en affection de longue durée, indique ce médecin. Ce sont des patients qui ont régulièrement des examens de contrôle, forcément angoissants et traumatisants, et qui, pour une bonne partie d entre eux, subissent des traitements lourds, par exemple contre le VIH, le cancer ou encore la maladie de Parkinson. Ils sont très vulnérables. Et ils ont face à eux une médecine traditionnelle très technique et très froide.» 18 n 215/871 juillet 2014

19 les dérives SectaireS Seraient directement liées au développement des thérapies non conventionnelles. Selon Serge Blisko, ces dérives seraient directement liées au développement des thérapies non conventionnelles. En effet, selon les chiffres de la Miviludes, quatre Français sur dix (dont 60 % de malades du cancer) ont recours aujourd hui aux médecines dites «alternatives» ou «complémentaires». Il faut dire qu ils ont l embarras du choix : il existe en France 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique. Dans ce domaine, structures d enseignement ou de formation seraient «à risque», «psychothérapeutes» autoproclamés - inscrits sur aucun registre - n auraient suivi aucune formation et médecins auraient un lien avec la mouvance sectaire. «Attention, précise le médecin, nous ne sommes pas, par principe, contre l homéopathie, l acupuncture, l ostéopathie, la chiropractie ou l hypnose médicale, à condition [ Mutualité Française et MiViludes s allient Pour Protéger les Malades La Mutualité Française et la Miviludes ont signé une convention-cadre visant à mener des actions communes de prévention sur les dérives sectaires potentielles dans le domaine de la santé. L accord prévoit la diffusion de documents d information à destination du grand public, des chats sur le site et des réunions publiques. Pour le Dr Serge Blisko, président de la Miviludes, «l information et la prévention sont l un des moyens les plus efficaces pour sensibiliser le grand public et ainsi éviter les conséquences dommageables et parfois irrémédiables entraînées par ces méthodes de guérison trop belles pour être vraies». De son côté, Etienne Caniard, président de la Mutualité Française, affirme : «Il est essentiel d informer sur les risques de dérives sectaires, à titre préventif, les patients qui voudraient se tourner vers une thérapie complémentaire, de façon à leur donner la possibilité d avoir une démarche critique lors du choix d un thérapeute. C est tout l enjeu de ce partenariat». que cela soit pratiqué par des professionnels de santé, afin qu ils puissent évaluer et suivre médicalement la situation du patient.» n le vrai Danger Mais comment reconnaît-on une pratique potentiellement dangereuse? Selon la Miviludes, il existe une dizaine de critères, parmi lesquels principalement «l emprise mentale» exercée par une personne qui dicte sa volonté, fréquemment «des exigences financières exorbitantes» et, surtout, une «incitation à la rupture avec l environnement», en l occurrence avec le milieu médical traditionnel. «C est là où nous plaçons le vrai danger, insiste Serge Blisko. Tant qu on vous fait prendre de la poudre de perlimpinpin, même si cela vous coûte cher, à la limite Mais le drame, c est que, dans les cas graves qu on nous rapporte, on fait arrêter des traitements type chimiothérapie à des patients. Ou on les dissuade de commencer. Evidemment, les conséquences sont dramatiques.» Pour l entourage, la situation est également particulièrement difficile. «Il est très dur de raisonner un proche séduit par de telles pratiques, reconnaît Serge Blisko. Souvent, dans un premier temps, il y a un effet placebo, le malade se sent mieux Et en plus, il a la volonté de lutter contre le système médical.» La solution serait alors de ne pas le braquer. «Mieux vaut lui dire : Très bien, vas-y, tente avec cette personne. Mais parles-en d abord à ton médecin traitant, pour t assurer qu il n y a pas d interactions, dans le but d éviter qu il se coupe du milieu médical Malheureusement, les moyens d action sont limités. Sauf si c est un mineur qui est mis en danger. Dans ce cas, il faut absolument alerter le juge des enfants!» Ce qui a sauvé Fabienne, c est que son corps déjà affaibli n a pas supporté le jeûne et la fatigue. Elle fait un malaise en pleine rue, est conduite à l hôpital, où une femme médecin ayant elle-même vécu un cancer la remet sur pied et la raisonne. «Sinon, peut-être que j aurais fait le choix d arrêter ma chimio, comme le recommandait cet homme, admet-elle. Et aujourd hui, je ne serais plus là pour témoigner!» Virginie Plaut Les dérives sectaires dans le domaine de la santé représentent près de 25 % de l ensemble des quelque signalements que nous recevons chaque année. etienne caniard (président de la FnMF, à gauche) et le dr Serge BliSko (président de la MiviludeS), lors de la Signature de convention entre les deux StructureS. n 215/871 juillet

20 notre santé Médecine Acheter des médicaments sur Internet : oui mais! Appréciable gain de temps et d argent, le e.commerce de médicaments permet des achats en toute confidentialité. Mais le médicament n est pas un produit anodin. L automédication sur Internet doit donc être entourée de précautions. comment reconnaître un site français autorisé? Lorsque vous arrivez sur un site, vous devez pouvoir trouver les informations suivantes : - les coordonnées de l officine : raison sociale, adresse physique et électronique, numéro de téléphone, de télécopie et de licence ; - les noms, prénoms et numéro RPPS (2) du ou des pharmaciens responsables du site ; - le nom et les coordonnées de l hébergeur du site Internet ; - le nom et l adresse de l agence régionale de santé territorialement compétente. (2) RPPS : Répertoire partagé des professionnels de santé, fichier de référence des professionnels de santé. Acheter sur Internet, c est souvent un gain de temps et d argent. Mais un médicament n est pas un produit comme les autres. L Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu environ 50 % des médicaments ainsi vendus sont falsifiés et donc dangereux! «Avant de commander un médicament en ligne, il est impératif de vérifier sur le site Web de l Ordre des pharmaciens ou celui du ministère de la Santé si la pharmacie en ligne qui le propose figure bien sur la liste des sites autorisés», insiste Laure Lechertier, responsable du département Politique des produits de santé de la Mutualité Française. n Poser des questions au Pharmacien Avant de se lancer dans une telle démarche d automédication, quelques précautions sont nécessaires. «Afin d être certains que le médicament qu ils souhaitent acheter correspond bien au symptôme ressenti, je conseillerais aux internautes de se rendre sur des sites d information de qualité comme Priorité santé mutualiste ou celui de l Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) (1), de poser des questions au pharmacien sur Internet ou par téléphone et de bien lire la notice du produit figurant sur le site», complète Laure Lechertier. Ainsi, on évitera le risque d un surdosage en vérifiant le nom de la molécule se cachant sous des marques différentes. Cyril Tétard a fêté récemment le premier anniversaire de son site, lasante.net. «Prolongement virtuel de notre pharmacie, il se veut le plus près possible d une officine», précise le jeune pharmacien de Villeneuve-d Ascq (Nord). [ UNe vente strictement encadrée En application d une directive européenne de 2011, la vente de médicaments sur Internet est strictement encadrée en France depuis le 2 janvier Un site français doit obligatoirement être rattaché à une officine de pharmacie ayant obtenu une licence délivrée par une agence régionale de santé (ARS). Seuls les médicaments vendus sans ordonnance peuvent être commercialisés. L hébergement des données de santé est assuré par un hébergeur agréé par le ministère de la Santé. Le pharmacien doit assurer la sécurisation de son site Internet. Les médicaments sont envoyés directement par la pharmacie. La vente de médicaments sur internet est strictement encadrée en France depuis Le 2 janvier Il fait travailler six personnes sur ce site Web qui représente 25 % du chiffre d affaires de son officine. «En permettant aux internautes d acheter de chez eux, nous leur rendons un vrai service, tout particulièrement à certains : personnes handicapées, familles avec jeunes enfants, habitants de déserts médicaux», précise-t-il fièrement. n Vigilance Sur le site de Cyril Tétard, il faut s identifier pour créer un compte et répondre à des questions, notamment sur les médicaments déjà pris. L interface avec le dictionnaire Vidal permet de rechercher les éventuelles interactions médicamenteuses entre le «panier» des médicaments que l internaute souhaite commander et des traitements qu il prend déjà. Malgré l encadrement très strict des sites français, Laure Lechertier se montre pour l instant réservée quant à l intérêt du e.commerce de médicaments pour le grand public et pour la qualité du système de santé : «Il faut être vigilant sur les données confidentielles que l on entre sur un site, recommande-t-elle. C est tout le problème du Web! Cela me semblerait plus pertinent pour des médicaments vendus sur ordonnance, comme c est déjà le cas dans des pays comme les Pays-Bas, qui utilisent la prescription électronique. C est alors le médecin qui envoie directement une ordonnance à la pharmacie.» Nadine AllAiN (1) et 20 n 215/871 juillet 2014

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