Jean-Pierre Lachaud Version 2.0 Septembre 2006

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4 Copyright Bureau international du Travail 2008 Première édition 2008 Les publications du Bureau international du Travail sont protégées par copyright dans le cadre du Protocole 2 de la Convention universelle du Droit d'auteur. Néanmoins, de courts extraits de ces publications peuvent être reproduits sans autorisation, à condition que la source soit indiquée. Pour ce qui est des autorisations de reproduction ou de traduction, une demande doit être présentée à la Section Publications du BIT (Droits et permissions), Bureau international du Travail, CH1211 Genève 22, Suisse, ou par courrier électronique : Le Bureau international du Travail encourage ce genre de demandes. Les bibliothèques, institutions et autres utilisateurs enregistrés au RoyaumeUni auprès de Copyright Licensing Agency, 90 Tottenham Court Road, Londres WIT 4LP [télécopie : (+44) (0) ; courriel aux Etats Unis auprès de Copyright Clearance Center, 222 Rosewood Drive, Danvers, MA [télécopie : (+1) (978) ; courriel : ou dans d'autres pays auprès d'organisations chargées des droits de reproduction, peuvent faire des photocopies, conformément aux licences qui leur auront été octroyées à cet effet. ISBN (imprimé) ISBN (web pdf) Les termes employés dans les publications du BIT, qui correspondent à la pratique au sein des Nations Unies et les informations qui y sont présentées ne reflètent pas les opinions du Bureau international du Travail en ce qui concerne la situation juridique de quelque pays, région ou territoire, ni celle de ses administrateurs, ni encore en ce qui concerne la délimitation de ses frontières. Les auteurs prennent l'entière responsabilité des opinions exprimées dans les articles signés, les recherches et autres contributions et le fait que le BIT les publie ne signifie aucunement qu'il approuve lesdites opinions. La citation de noms de sociétés et de produits et procédés commerciaux ne signifie pas que le Bureau international du Travail les approuve. De même, l'absence de citation de sociétés ou de produits et procédés commerciaux ne signifie pas que le BIT les désapprouve. Il est possible de se procurer les publications du BIT auprès des principaux libraires ou des bureaux locaux du BIT dans de nombreux pays, ou encore directement auprès de Publications du BIT, Bureau international du Travail, CH1211 Genève 22, Suisse. Des catalogues et des listes des publications récentes sont disponibles gratuitement à l'adresse cidessus ou par courrier électronique : Visitez notre site internet : Imprimé à Madagascar

5 Avantpropos La présente étude est fondée principalement sur une nouvelle analyse de certaines informations inhérentes aux enquêtes prioritaires auprès des ménages de 2001 et Nous tenons à remercier le Monsieur le Directeur de l Institut national de la statistique pour l appui qu il a apporté à cette recherche, en mettant à notre disposition les différentes bases de données relatives aux deux investigations statistiques. Par ailleurs, nous remercions le bureau de l OIT à Antananarivo pour le remarquable appui logistique qui a facilité le déroulement de la mission.

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7 Sommaire Résumé 1. Introduction Les dimensions de la pauvreté Les dimensions de la pauvreté monétaire Disparités de bienêtre monétaire Milieu, provinces, régions et pauvreté Statut économique et pauvreté Structure des ménages, genre et pauvreté La dynamique de la pauvreté monétaire Diminution des dépenses des ménages Réduction de la pauvreté nationale Recomposition et urbanisation de la pauvreté Féminisation de la pauvreté en milieu urbain Déclin de l inégalité Le marché du travail : structure, déséquilibres et ajustements La structure du marché du travail Dimensions et dynamique de l offre de travail Systèmes productifs et dualisme économique Systèmes productifs, disparités de gains et sources de revenus Distribution des gains et segmentation du marché du travail Déséquilibres et ajustements sur le marché du travail La croissance et les caractéristiques du marché du travail L accroissement du chômage urbain La baisse des salaires réels Le déclin de la qualité des emplois La persistance du travail des enfants Pauvreté et marché du travail : analyse économétrique Modélisation des déterminants de la pauvreté Analyse de sensibilité Croissance économique, pauvreté et inégalité Elasticités et effets de croissance et d inégalité Sensibilité de la pauvreté aux dépenses et à l inégalité Effets de croissance et d inégalité... 58

8 ii 4.2. Croissance propauvres et marché du travail Analyse de la croissance propauvres Croissance propauvres et caractéristiques du marché du travail Croissance propauvres et sources de revenus Emploi productif et réduction de la pauvreté : dimensions prioritaires Consolider les fondamentaux macroéconomiques La stabilisation macroéconomique Les réformes institutionnelles Renforcer la résilience et la dynamique du milieu rural Développement de l agriculture et stratégies sectorielles Les potentialités des secteurs de l élevage et de la pêche La promotion du secteur informel rural non agricole Le désenclavement des communes rurales La question de l accès à la terre et de la sécurisation foncière Promouvoir l accès à l emploi urbain La dynamisation de l emploi moderne La promotion de l emploi informel Valoriser les ressources humaines et la formation professionnelle Capital humain et formation professionnelle Stabilisation de la croissance de la population Exécuter des actions spécifiques Proposition de quelques indicateurs de suivi de l emploi Fondements : critères et hiérarchie Les indicateurs Les indicateurs d offre de travail Les indicateurs d emploi Les indicateurs de qualité de l emploi Les indicateurs de chômage Les indicateurs des gains du travail Conclusion...98 Références bibliographiques Annexes

9 iii Liste des acronymes AGOA : The African Growth and Opportunity Act (Accord préférentiel pour la croissance et les opportmités en Afrique) AMF : Accord multifibres BIANCO : Bureau indépendant anticorruption BCM : Banque centrale de Madagascar BM : Banque mondiale (World Bank WB) BTP : Bâtiment et travaux publics CAS : Country Assistance Strategy (Stratégie d assistance au pays) CFAA : Country Financial Accountability Assessment CMDT : Cadre des dépenses à moyen terme CNAPS : Caisse nationale de prévoyance sociale COI : Commission de l'océan indien COMESA : Common Market for Eastern and Southern Africa (Marché commun de l'afrique de l'est et de l'afrique Australe) CNT : Conseil national du travail CUS : Centres urbains secondaires DCPNE : Document cadre de politique nationale de l emploi DSRP : Document de stratégie de réduction de la pauvreté EAM : Entreprendre à Madagascar EPA : Etablissement public à caractère administratif EPIC : Etablissement public à caractère industriel et commercial EPM : Enquête auprès des ménages EPT : Education pour tous EPZ : Export Processing Zone Zone franche industrielle (ZFI) EU : EtatsUnis d'amérique FAD : Fonds africain de développement FAO : Organisation des nations unies pour l'agriculture et l'alimentation FGT : Indice de pauvreté de Foster, Greer, Thorbecke FIDA : Fonds international pour le développement agricole FMG : Franc malgache FMI : Fonds monétaire international (International Monetary Fund IMF) FRPC : Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance GCU : Grands centres urbains HIMO : Haute intensité de maind oeuvre HIPC : Highly Indebted Poor Countries (Pays pauvres très endettés PPTE) IDH : Indicateur de développement humain INSTAT : Institut national de la statistique IPC : Indice des prix à la consommation IPEC : International Programme on the Elimination of Child Labour IPH : Indicateur de pauvreté humaine IPPTE : Initiative en faveur des pays pauvres très endettés JIRAMA : Compagnie nationale d électricité et d eaux de Madagascar KILM : Key Indicators of the Labour Market MAP : Madagascar Action Plan Plan d Action Madagascar MAEP : Ministère de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche

10 iv MEFB : Ministère de l'économie, des finances et du budget OMFP : Observatoire malgache de l emploi et de la formation professionnelle OMD : Objectif du millénaire pour le développement OMP : Office malgache de placement ONG : Organisation non gouvernementale OIT : Organisation internationale du travail PANAGED : Programme d action nationale genre et développement PIB : Produit intérieur brut PNE : Politique nationale de l emploi PNUD : Programme des nations unies pour le développement (United Nations Development Programme UNDP) PPP : Partenariat publicprivé PRIBG : Projet de renforcement institutionnel pour la bonne gouvernance PNSE : Programme national de soutien à l emploi PRSC : Poverty Reduction Support Credit (Crédit d'assistance à la réduction de la pauvreté CARP) UE : Union européenne RPD : Revue des politiques de développement RDP : Revue des dépenses publiques SADC : Communauté de développement de l Afrique Australe SIMPOC : Statistical Information and Monitoring Programme on Child Labour SME : Salaire minimum d embauche SMIG : Salaire minimum interprofessionnel garanti SIPEM : Société d investissement pour petites et microentreprises SOTEMA : Société de textiles malgaches SRI : Système de riziculture intensif STA : Secrétariat technique à l'ajustement TIP : Trois «I» de la pauvreté UNICEF : Fonds des nations unies pour l'enfance USAID : United States Agency for International Development

11 Résumé 1. Madagascar est l un des pays en développement les moins avancés, le Revenu national brut par habitant s élevant à environ 300 dollars US en Relativement bien dotée en ressources naturelles, cette île de l Océan indien connaît une profonde crise économique et sociale, inhérente à un ensemble de chocs externes et de déséquilibres structurels, qui s est amplifiée au cours des précédentes décennies. Le legs de l histoire constitue une des racines des déséquilibres structurels, et explique les programmes de réformes élaborés depuis la fin des années Mais, le dynamisme économique de la fin de la précédente décennie fut sérieusement perturbé par la crise politique de 2002, qui freina le processus de transition. Malgré tout, les récentes performances de l économie malgache exhibent un retournement favorable de la conjoncture en 2005, le PIB réel aurait augmenté de 4,6 pour cent, tandis qu en 2006, le taux de création de richesses serait de 4,7 pour cent, bien que l évolution de l environnement macroéconomique et structurel révèle une certaine fragilité de l économie, et que plusieurs indices mettent en évidence la relative faiblesse du développement humain. Afin de relever les nouveaux défis, les responsables politiques ont élaboré une stratégie mettant l accent sur des domaines prioritaires identifiés dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), et, au cours de l année 2006, un Programme pluriannuel MAP , devant prendre le relais du DSRP, a été élaboré. La présente étude s inscrit dans cette perspective, et propose d appréhender les relations qui prévalent entre les privations, le fonctionnement du marché du travail et le processus de croissance propauvres, au cours de la période Malgré la multiplicité des dimensions du bienêtre, l étude met l accent sur les privations monétaires, et s appuie, en grande partie, sur une analyse des informations inhérentes aux deux enquêtes auprès des ménages de 2001 et Les dépenses par tête des individus s élèvent à 298,6 milliers d Ariary par an. Mais, dans un pays essentiellement agricole, la localisation géographique, en particulier la spécificité des zones agroécologiques, est largement exogène, et a un impact direct sur le niveau de vie des populations. En effet, en 2005, le niveau de vie monétaire qui prévaut en milieu urbain, exprimé sur une base per capita, équivaut à environ deux fois celui des zones rurales, et d importantes disparités spatiales, favorisant le centre, le nord et le nordouest de l île, prévalent. De ce fait, alors que le ratio de pauvreté nationale en termes d individus est de 68,7 pour cent, il est deux fois moins important dans les grands centres urbains que dans la milieu rural. Ainsi, environ les trois quarts des individus des ménages d agriculteurs de subsistance ou semiprogressifs ont des ressources inférieures au seuil de pauvreté, et ces deux catégories expliquent près de 70 pour cent de la pauvreté. 3. Les dépenses réelles des ménages per capita ont baissé de 1,4 pour cent au cours des quatre années séparant les deux enquêtes prioritaires, mais les variations ne sont pas homogènes selon le niveau de vie, les provinces, le milieu, et le statut économique et le sexe du chef de ménage. Par exemple, on observe un forte baisse des dépenses en milieu urbain (19,5 pour cent), contrairement à leur hausse en milieu rural (+7,1 pour cent), en particulier pour les ménages d agriculteurs (+39,1 pour cent). L appréhension cardinale de la dynamique de la pauvreté nationale met en évidence une baisse d un point de pourcentage du ratio de pauvreté en termes d individus entre 2001 et 2005 respectivement, 69,7 et 68,7 pour cent, tandis que la diminution des mesures P1 et P2 est encore plus nette. L approche ordinale, fondée sur le test de dominance stochastique de deuxième ordre, confirme cette évolution. En fait, la réduction de la pauvreté nationale entre 2001 et 2005 s accompagne d une recomposition de la localisation des privations. D une part, on constate une baisse de la pauvreté en milieu rural de 77,3 à 73,5 pour cent, statistiquement significative, et, d autre part, une urbanisation de la pauvreté prévaut, le ratio ayant significativement augmenté de 9,1 points de pourcentage dans les grands centres urbains, bien que le test de l approche ordinale ne soit pas concluant. A cet égard, en mettant en évidence les gains ou les pertes relatifs de pauvreté au sein des diverses zones, on observe que la baisse des privations rurales n a pas été contrebalancée par la hausse de la pauvreté urbaine. En même temps, malgré la supériorité des privations dans les ménages masculins, comparativement aux ménages féminins, l analyse suggère une féminisation de la pauvreté en milieu urbain. En effet, un test de la féminisation de la pauvreté

12 vi caractérisant un processus et non un état, admettant l invariance de l inégalité intraménages, montre qu en 2001, dans les grands centres urbains, l écart du ratio de pauvreté des chefs de ménages [femmeshommes] était de 5,1 points de pourcentage, ce qui implique une surreprésentation des ménages masculins en termes de pauvreté, alors qu en 2005, l écart précédent est devenu positif + 7,2 points de pourcentage. En même temps, au niveau national, au cours de la période , l inégalité des dépenses par tête a fortement décliné par exemple, l indice de Gini a été réduit de 22,2 pour cent 0,469 à 0,365. En fait, l inégalité des dépenses per capita a très fortement diminué dans le secteur rural, alors que dans le milieu urbain, les changements ont été faibles. 4. L incapacité de nombreux ménages à obtenir un niveau de bienêtre correspondant à un minimum acceptable par les normes de la société est, en grande partie, le reflet du fonctionnement des marchés du travail, urbain et rural. Tout d abord, il apparaît qu au cours de la période , le taux de dépendance des ménages est demeuré relativement stable un actif de 1565 ans supporte 2,4 inactifs, tout comme le taux d offre de travail des personnes de 6 ans et plus 64,9 et 64,5 pour cent, respectivement, en 2001 et 2005, bien que ce dernier se soit légèrement accru pour la tranche d âge des 1565 ans. En fait, le taux d offre de travail : (i) évolue selon une courbe en U renversé en fonction de l âge ; (ii) est sensiblement plus élevé pour les hommes que pour les femmes ; (iii) varie selon une courbe en U par rapport au niveau d instruction ; (iv) demeure comparable dans les ménages pauvres et non pauvres en 2005, alors qu un écart de 3,1 points de pourcentage prévalait en faveur des premiers en Dans ce contexte, la dynamique des changements structurels de l économie malgache aurait été conforme au processus de Kuznets en termes de réallocation de la maind oeuvre entre les secteurs rural et urbain, 80,8 pour cent des individus de 6 ans et plus exerçant une activité économique dans les zones rurales en 2005, contre 81,5 pour cent en En réalité, le marché du travail est articulé autour de plusieurs systèmes productifs, d inégale importance, supposés obéir à des lois de fonctionnement différentes, et caractérisant le dualisme économique. En premier lieu, le secteur agricole. En 2005, les agriculteurs contribuaient à 29,3 pour cent de l emploi national, soit un léger déclin par rapport à ,2 pour cent, et à plus de 80 pour cent si l on englobe les aides familiaux. En définitive, dans le secteur rural, la contribution des agriculteurs et des aides familiaux à l emploi rural a quelque peu augmenté entre 2001 et 2005 respectivement, 68,2 à 71,4 pour cent. Mais, en termes de politiques économiques, il importe de saisir les conditions de mobilisation des actifs en milieu rural par les individus ou les ménages : (i) l environnement physique joue un rôle de premier plan dans le processus de production agricole ; (ii) le secteur agricole est peu diversifié au niveau institutionnel, puisqu en 2005, 73,3 pour cent des agriculteurs ont moins de 1,5 ha de terre bien que cela varie fortement selon les régions ; (iii) les caractéristiques de la population active agricole constituent une autre spécificité de ce système productif : la majorité des exploitants agricoles sont des hommes 81,9 pour cent en 2005, alors que l inverse prévaut en ce qui concerne les aides familiaux 32,0 pour cent en 2005 ; un vieillissement relatif des exploitants agricoles masculins et féminins est observé ; le niveau d instruction des agriculteurs est assez faible, et a même eu tendance à se détériorer au cours de la période. En deuxième lieu, le secteur informel constitue une composante majeure de l emploi. D une part, il apparaît que le secteur informel rural non agricole hors aides familiaux contribue à 3,1 pour de l emploi rural en 2005 contre 5,2 pour cent en 2001, dont 61,7 pour cent émanent d une activité féminine 61,3 pour cent en 2001, et il est relativement concentré dans les provinces de Fianarantsoa, Toamasina et Toliara. D autre part, la seconde composante du secteur informel non agricole est localisée en milieu urbain, et pourrait contribuer à 19,3 pour cent de l emploi urbain, soit environ à 3,7 pour cent de l emploi du pays. En fait, ce système productif traduit une hétérogénéité des formes d activités, génératrices d emplois et de gains diversifiés. Ainsi, on constate une différence majeure de ce type d emploi selon le sexe, ainsi que des changements structurels, par exemple, une contraction des activités informelles féminines liées aux textiles et cuirs au cours de la période Par ailleurs, pendant ce laps de temps, un vieillissement des actifs du secteur informel, tant pour les hommes que pour les femmes, ainsi qu une absence d amélioration sensible du

13 vii niveau d instruction sont observés. En troisième lieu, 15,3 et 12,5 pour cent des individus actifs, respectivement, en 2001 et 2005, travaillaient dans le secteur moderne. A cet égard, le salariat «protégé» cotisations à une caisse de retraite, et bénéfice de congés payés et d une protection sociale ne touche que le quart des salariés en ,3 pour cent en 2001, et les deux tiers des salariés protégés sont des hommes. Naturellement, le salariat protégé domine dans le secteur public, et sa part relative a considérablement progressé au cours de la période, indépendamment du sexe. En outre, une redistribution spatiale du travail protégé au profit des provinces de Fianarantsoa et de Toamasina, et en défaveur de celle d Antananarivo, est observée. 6. L analyse des relations entre l accès aux marchés du travail et le niveau de vie des ménages implique une investigation des gains obtenus par les individus qui mobilisent leur capital humain. Toutefois, la qualité des données sur les revenus des individus des enquêtes auprès des ménages de 2001 et 2005 étant incertaine, l analyse privilégie, dans un premier temps, les salaires déflatés par l indice régional des prix, y compris les avantages en nourriture et divers. Premièrement, en 2005, le salaire mensuel moyen était de 98,2 milliers d Ariary, c estàdire à peu près l équivalent de deux fois le salaire minimum pour 40 heures de travail. Deuxièmement, il existe des disparités spatiales de salaires relativement importantes, par exemple, le salaire moyen du milieu rural équivaut à 58,0 pour cent du salaire moyen des grands centres urbains en 2005 contre 80,1 pour cent en 2001, ce qui implique une accentuation des disparités spatiales selon le milieu. Troisièmement, en 2005, le salaire moyen féminin équivaut à moins des deux tiers du salaire moyen des hommes, mais les disparités sont demeurées inchangées par rapport à Quatrièmement, les salaires moyens varient selon les branches, en 2005, les gains mensuels moyens étant les plus élevés dans l administration deux fois la moyenne nationale, un ratio qui a considérablement augmenté depuis Néanmoins, l analyse des sources des revenus des ménages en 2005 est présentée, et produit deux conclusions. D une part, plus le statut du travail du chef est précaire, plus les sources de gains sont diversifiées. D autre part, les pauvres tirent leurs revenus principalement de l agriculture, de l élevage, du secteur informel non agricole et des salaires, alors que pour les non pauvres, l origine des gains est plus diversifiée. 7. Les développements précédents suggèrent d évaluer l écart «net» des revenus salariaux selon les segments du marché du travail, et la présence éventuelle d une segmentation. L estimation des fonctions de gains relatifs à l ensemble des activités pour les individus salariés du public et du privé, au cours des années 2001 et 2005, montre que : (i) les gains des salariés protégés, pour la plupart localisés dans le secteur public, sont, a priori, supérieurs à ceux des salariés non protégés de 37,0 et 65,9 pour cent, respectivement, en 2001 et 2005, toutes choses égales par ailleurs ; (ii) si les rendements marginaux croissent avec le niveau d instruction en 2001 et 2005, une diminution du taux de rendement de l instruction au cours de la période est constatée ; (iii) le rendement de l expérience générale n est pas significatif dans les deux segments, alors que les femmes sont moins bien rémunérées à la fois dans le public et le privé ; (iv) l hypothèse d une segmentation des marchés du travail public et privé est plausible, puisqu une prime globale de 74,1 pour cent au profit des salariés du public prévaut en 2005, contre seulement 12,1 pour cent en En d autres termes, il semble que l Etat ne soit pas un simple adaptateur au niveau des salaires du marché, et que des forces hors marché contribuent à la détermination des gains des salariés du public. Cette situation semble résulter, en partie, d une politique délibérée de l Etat, afin de lutter contre la corruption. 8. L analyse du marché du travail à Madagascar suggère plusieurs déséquilibres et ajustements. Premièrement, une estimation de la relation entre le taux de croissance des dépenses par tête une approximation des revenus du travail et un ensemble de composantes du marché du travail, montre que la baisse des dépenses par tête en termes réels au cours de la période est due à : (i) une baisse de l offre de travail per capita de 3,1 pour cent ; (i) une croissance de l emploi de 1,5 pour cent ; (iii) une hausse du sousemploi en termes d heures travaillées de 13,2 pour cent, et ; (iv) une hausse de la productivité de 13,4 pour cent. Cependant, dans les grands centres urbains, le taux de croissance de

14 viii l emploi a diminué de 5,1 pour cent au cours de la période, tout comme la productivité (26,9 pour cent), malgré l évolution favorable de l emploi manufacturier entre 2002 et Par contre, en milieu rural, l emploi a progressé de 2,0 pour cent, et la productivité de 24 pour cent. Ces évolutions contrastées doivent être mises en relation avec l urbanisation de la pauvreté. Deuxièmement, le chômage est un phénomène urbain, puisqu il s élève à 11,0 pour cent de la population active en 2005 dans les grands centres urbains 2,6 pour cent au niveau national. En outre, dans ces derniers, ce taux a été multiplié par 2,3 en quatre ans. En réalité, le chômage touche plus particulièrement des groupes spécifiques. D une part, dans les grandes villes, le taux de chômage des femmes est de 15,5 pour cent, et équivaut à environ deux fois celui des hommes 7,1 pour cent. Ainsi, entre 2001 et 2005, les taux de chômage féminins et masculins des grandes villes ont été multipliés, respectivement, par 2,5 et 2,0. La féminisation de la pauvreté en milieu urbain est probablement en rapport avec la hausse sensible du chômage féminin. D autre part, le poids du chômage urbain est surtout supporté par les jeunes, puisque le taux de chômage est le plus élevé pour la classe d âge de 2024 ans, et dans une moindre mesure, celle de 2529 ans. Par ailleurs, dans la première, le taux de chômage féminin est de 26,6 pour cent en 2005, soit environ quatre fois celui des jeunes hommes. Par rapport à 2001, non seulement le taux de chômage des femmes de ans a doublé, mais les disparités par rapport au chômage masculin se sont accentuées. Par conséquent, le ratio entre le chômage des jeunes de 2024 ans et celui des adultes de 3039 ans est de l ordre huit. Mais, le chômage touche particulièrement les jeunes diplômés notamment, les femmes, en 2005, les taux de chômage des diplômés de 2024 ans du deuxième cycle du secondaire et du supérieur étant, respectivement, de 17,0 et 57,7 pour cent. Notons que le taux de chômage est moins important dans les ménages pauvres que non pauvres, surtout dans les grands centres urbains. Troisièmement, un autre ajustement du marché du travail est la baisse des salaires réels entre 2001 et 2005 : 30,4 pour cent. En fait, les salaires réels ont baissé dans toutes les branches, sauf dans l administration publique où le déclin a été insignifiant : 2,4 pour cent. Quatrièmement, la qualité des emplois s est détériorée au cours de la période. En effet, tous les indicateurs taux de «mauvais emplois» (ceux qui ne sont pas en mesure de faire vivre la famille médiane), pourcentage d emplois rémunérés moins que le salaire minimum, ratio de sousoccupation (moins de 35 heurs de travail par semaine), sauf celui de la proportion des emplois non protégés, se sont dégradés, surtout dans les entreprises du secteur informel, et dans l agriculture. Cinquièmement, la mise au travail des enfants est probablement un autre ajustement des marchés du travail. En 2005, l incidence du travail des enfants de 614 ans c estàdire ceux qui sont économiquement actifs s élevait à 18,8 pour cent, soit une baisse de 4,2 points de pourcentage par rapport à Cette évolution touche à la fois les filles et les garçons, bien que l incidence globale du travail des garçons ait décliné un peu moins rapidement que pour les filles. En outre, l «axiome de luxe» semble vérifié : la participation des enfants au marché du travail ne prévaut que si le ménage a un niveau de vie inférieur à un seuil critique. En même temps, on observe une croissance de la proportion d enfants de 614 ans n allant pas en classe et ne travaillant pas : 14,4 et 16,1 pour cent, respectivement, en 2001 et 2005, phénomène particulièrement net dans les ménages aisés probablement en relation avec le niveau de chômage plus élevé. 9. L étude explore les déterminants de la pauvreté en 2005, à l aide d un modèle logistique multinomial, séparément pour les milieux rural et urbain. A cet égard, l analyse de sensibilité produit plusieurs enseignements. En premier lieu, le secteur rural. On observe que les ménages gérés par un petit exploitant ont 1,4 fois plus de chance d être très pauvres que d appartenir au segment des non pauvres. Par conséquent, ce sont les familles de salariés protégés cadres et certains ouvriers très qualifiés qui ont la plus faible probabilité prédite de grande pauvreté. En outre, l instruction demeure un puissant facteur de réduction des privations, surtout les plus aiguës. Toutes choses égales par ailleurs, les ménages dont le chef est sans instruction ont au moins deux fois plus de chance d être dans le segment des très pauvres que ceux qui sont gérés par une personne ayant au moins le niveau du deuxième cycle du secondaire. Parmi les facteurs démographiques, l estimation économétrique montre que : (i) les ménages gérés par une femme ont moins de chance d être exposés à la forte pauvreté que leur homologues masculins ; (ii) les ménages d une à deux personnes ont au moins quatre fois moins de chance d être très

15 ix pauvres que ceux qui englobent au moins 9 personnes, et, en même temps, presque quatre fois plus de chance d être aisés. Notons aussi que l existence des transferts, et la possession de certains actifs nécessaires au processus productif (charrue, charrette), réduisent quelque peu la probabilité de grande pauvreté, et que les ménages localisés dans la province d Antananarivo, et, dans une moindre mesure, celles d Antsiranana et de Mahajanga, ont moins de chance d être très pauvres. En deuxième lieu, dans le secteur urbain, l analyse de sensibilité met en évidence des résultats assez comparables. Néanmoins, l impact de l instruction est beaucoup plus décisif, notamment lorsque le chef de ménage a acquis le niveau du secondaire, et la probabilité de grande pauvreté ou de pauvreté des chômeurs est extrêmement réduite. 10. La relation entre la croissance économique, la pauvreté et l inégalité est appréhendée, dans un premier temps, par rapport à la sensibilité de la pauvreté aux dépenses et à l inégalité, et la décomposition des effets de croissance et d inégalité est mise en évidence. En premier lieu, au niveau de l ensemble de l économie, la valeur absolue des élasticités par rapport aux dépenses par tête est supérieure à l unité pour toutes les mesures de la pauvreté, sauf pour P0, et a sensiblement changé entre 2001 et 2005 par rapport à 2001, la sensibilité du ratio de pauvreté à l égard des dépenses a décliné, et est inférieure à un en valeur absolue. En fait, la pauvreté peut diminuer si l inégalité des dépenses décline au cours du processus de croissance économique. Dans ce contexte, la compensation en termes de croissance des dépenses pour stabiliser la pauvreté, consécutivement à une aggravation de l inégalité, est un peu moins élevée en 2005 qu en 2001, bien qu elle demeure encore forte dans les villes. Toutefois, les élasticités de la pauvreté par rapport aux dépenses par tête tendent à être plus élevées en milieu rural que dans les zones urbaines, sauf pour P0, une situation qui s est maintenue entre 2001 et 2005, alors qu en ce qui concerne les élasticités de la pauvreté par rapport à l inégalité des dépenses, une tendance inverse est observée. De tels résultats mettent en évidence la plus grande fragilité sociale des zones urbaines à l égard de la croissance économique et de la variation de l inégalité des revenus. La forte réduction des dépenses per capita dans les villes et le faible déclin des inégalités expliquent l urbanisation de la pauvreté. En deuxième lieu, la décomposition des effets de croissance et de distribution permet de mettre en évidence cette situation. En effet, au niveau national, la composante redistribution est négative, ce qui signifie que les changements dans la distribution intervenus à Madagascar ont contribué à réduire la pauvreté, quelle que soit sa mesure. Cependant, dans les grandes agglomérations, la composante distribution positive ne surpasse pas l effet croissance, ce dernier ayant accentué l ampleur de la pauvreté urbaine. Or, dans les campagnes, la baisse de la pauvreté est due à la conjonction de l augmentation des dépenses par tête et de la forte réduction des inégalités. 11. En réalité, la reconnaissance progressive de la prééminence du processus de croissance économique en termes d impact sur la pauvreté et l inégalité, par rapport au rythme de création des richesses, a été à l origine d un regain d intérêt au sujet de la signification d une «croissance propauvres. A cet égard, l étude met en oeuvre une approche «globale», fondée sur les élasticités de pauvreté, et une approche «partielle», menée en termes de dominance stochastique de deuxième ordre. S agissant de l ensemble de l économie, l examen des effets de croissance et d inégalité sur la pauvreté, fondés sur les élasticités, semble mettre en évidence un processus de croissance propauvres au cours de la période , les changements inhérents à l inégalité, associés au processus de croissance, ayant contribué à réduire la pauvreté, quelle que soit sa mesure. Dans ces conditions, l indice de croissance propauvres est négatif, parce que la baisse des dépenses est accompagnée d une baisse de la pauvreté le taux de croissance effectif (négatif) en termes de réduction du ratio de pauvreté est supérieur de 3,46 pour cent au taux de croissance actuel. La courbe de croissance de pauvreté permet de vérifier que les conditions de dominance de deuxième ordre de la distribution de 2005 sur celle de 2001 sont remplies. En fait, la prise en considération des milieux rural et urbain relativise sensiblement l appréciation précédente. Dans les campagnes, les changements inhérents à l inégalité, liés au processus de croissance, ont contribué à accélérer la baisse des mesures de la pauvreté, alors qu en milieu urbain, l effet de distribution n a pu que freiner l effet de croissance pour diminuer l accroissement de la

16 x pauvreté. Le caractère «faiblement propauvres» des zones urbaines est vérifié par les courbes de croissance de pauvreté. 12. Le taux de croissance propauvres des dépenses par tête, ã*, peut être également expliqué en termes des taux de croissance des quatre caractéristiques précédentes du marché du travail. Dans l étude, ã* est fondé sur une fonction de bienêtre de Gini, c estàdire une fonction de bienêtre social corrigée de l inégalité relative ou le niveau de vie également distribué. Si ã*< ã, une perte de taux de croissance prévaut à cause de l élévation de l inégalité, et inversement. La croissance est considérée comme propauvres (antipauvres) s il y a un gain (perte) de taux de croissance. L étude montre, qu au niveau national, durant les années , le taux de croissance du bienêtre social à été de 8,3 pour cent, soit un écart de 9,7 points de pourcentage par rapport au taux de croissance actuel des dépenses per capita de 1,4 pour cent, ce qui caractérise un processus de croissance propauvres du marché du travail. Les facteurs ayant contribué positivement à la croissance sont les taux de croissance de l emploi et de la productivité du travail, respectivement, 3,7 et 17,9 pour cent. En d autres termes, ces deux caractéristiques du marché du travail ont été propauvres au cours de la période, c estàdire ont favorisé plus les pauvres que la moyenne nationale. Par contre, les taux de croissance de l offre de travail et du temps de travail ont été antipauvres. En vérité, dans le secteur rural, le taux de croissance du bienêtre social a été fortement propauvres, l écart entre ã* et ã étant de 10,8 points de pourcentage, alors que dans les grands centres urbains, le taux de croissance du bienêtre social a été négatif, et équivaut presque au taux de croissance actuel. L analyse montre également des écarts selon les provinces. 13. L impact du marché du travail sur le processus de croissance peut être aussi examiné par rapport aux composantes du revenu, notamment par rapport aux sources de revenus de A cet égard, un eme indice propauvres de la i composante du revenu est exprimé par rapport à la moyenne du revenu de l ensemble de l économie, au revenu moyen d une source de revenu i, et aux élasticités de la pauvreté eme globale et partielles par rapport à la i composante des ressources. Cet indice est une mesure du gain marginal en termes de réduction de la pauvreté procuré par une unité monétaire additionnelle issue de eme la source de revenu i : la i composante du revenu est propauvres (antipauvres) si l indice est supérieur (inférieur) à 1. D une part, les élasticités varient fortement selon les sources de revenus, et sont surtout élevées pour les profits agricoles et, dans une moindre mesure, les salaires. D autre part, on observe que l indice propauvres a les valeurs les plus élevées pour les profits de l agriculture, de l élevage et les revenus imputés du logement, quelle que soit la mesure de la pauvreté. Puisque les petits et moyens agriculteurs dérivent entre la moitié et les trois quarts de leurs gains des activités agricoles et de l élevage, cet exercice montre que la réduction de la pauvreté exige une action prioritaire à l égard de ces groupes socioéconomiques. 14. L analyse suggère des orientations de politiques économiques et sociales visant à accroître l accès à l emploi productif, permettant de mieux gérer les multiples risques de vulnérabilité, et de contribuer à réduire la pauvreté à moyen ou long terme. Premièrement, il s agit de consolider les fondamentaux macroéconomiques. Tout d abord, la stabilisation macroéconomique appelle une attention particulière, dans la mesure où, malgré les récentes performances de l économie malgache, l environnement macroéconomique et structurel révèle une certaine fragilité. Dans cette perspective, un nouvel accord de trois ans de Facilité de Réduction de la Pauvreté et de Croissance (FRPC) est en cours de négociation, afin de soutenir la croissance économique, promouvoir la consolidation budgétaire, renforcer le secteur financier et réduire la pauvreté, tout en atténuant la vulnérabilité aux chocs. En même temps, le gouvernement suggère de revitaliser le Mécanisme d intégration commerciale, pour faire face au démantèlement de l Accord multifibres et à la suppression de certains avantages de l AGOA. Cette nouvelle suggestion du gouvernement pour l obtention d un supplément de ressources à l égard de la communauté financière internationale, semble reposer sur des arguments soutenables, et avoir reçu l adhésion du FMI. Cependant, les leçons du passé en termes de capacité institutionnelle, de vulnérabilité aux chocs internes et externes, de mobilisation des ressources, notamment externes, pour

17 xi l investissement, et l ampleur des défis économiques et sociaux, doivent être pris en compte dans les risques d un tel programme. Par ailleurs, si l option d une allocation des ressources par les prix marque une rupture souhaitable par rapport au passé, elle ne doit évacuer totalement la fécondité de certaines politiques hors prix. Ensuite, Les réformes des institutions sont au coeur du développement et de la promotion de l emploi, et plusieurs orientations doivent être renforcées : (i) des considérations d efficacité économique exigent une modification du partage des responsabilités de l Etat et du secteur privé en matière de production de biens et services ; (ii) la recherche d une meilleure efficacité de l Etat est impérative, dans la mesure où, fréquemment, les fondamentaux économiques et sociaux ne sont pas fournis en particulier, améliorer la gouvernance, réexaminer les rémunérations dans la fonction publique ; (iii) le développement de l emploi implique un programme de réformes du système financier, afin de restructurer le système bancaire, de développer le secteur des assurances et de la microfinance, et de promouvoir l intermédiation financière ; (iv) les institutions du marché du travail constituent un autre élément important de la politique de l emploi, et, dans cette perspective, le projet de loi du 10 mai 2005, proposant la mise en oeuvre d une Politique nationale de l emploi apparaît opportun, notamment la promulgation du nouveau Code du travail mais, le Code du travail ne concerne qu une petite partie des travailleurs, et la formalisation du secteur informel ne peut être envisagée que dans le très long terme. 15. Deuxièmement, le secteur rural, en particulier l agriculture, est un élément clé du développement de l économie malgache, afin d exploiter de multiples avantages comparatifs, et de promouvoir de nombreux effets de liaison. Dans ce contexte, plusieurs orientations de politiques économiques visant à promouvoir l emploi peuvent être indiquées : (i) réexaminer les stratégies sectorielles pour assurer l essor de l agriculture : l accroissement de la productivité des cultures vivrières, notamment le riz, doit permettre de libérer des actifs pour promouvoir d autres opportunités de revenus ; des actions visant à améliorer la qualité et la différenciation des cultures d exportation, l intégration entre les planteurs et les transformateurs, l accès au crédit, le système des transports et la sécurité, sont susceptibles d améliorer les revenus de ces agriculteurs ; par contre, en ce qui concerne les cultures industrielles, il n est pas certain que la réorganisation des processus productifs en direction du secteur privé et les efforts en matière de qualité, contrebalancent les difficultés rencontrées par l intégration au marché mondial ; (ii) mieux intégrer les secteurs de l élevage, et surtout de la pêche, en particulier le soussecteur de la crevette, y compris l aquaculture, tout en préservant les écosystèmes côtiers ; (iii) promouvoir le secteur informel rural non agricole, dont les deux tiers des gains émanent des femmes ; en effet, la dynamique de l agriculture est, en partie, liée aux capacités et à la densité de l informel rural non agricole, ce qui implique un développement des activités rurales non agricoles de production et de services unités de transformation de l élevage, de la pêche et de l agriculture, petite industrie mécanique, synergie avec le tourisme, industrie minières, projets d insertion des jeunes ; (iv) accélérer le désenclavement des communes rurales, en renforçant l approche HIMO dans les provinces de Toliara et Mahajanga, près de 50km de marche sont souvent nécessaires avant d avoir accès à un autre moyen de transport ; (v) favoriser un meilleur accès à la terre les deux tiers des terres agricoles sont obtenues par voie d héritage et faciliter l accès aux droits de propriété ; l une des propositions du Document cadre de politique nationale de l emploi visant à élaborer un nouveau Code rural, pourrait y contribuer. 16. Malgré la prédominance de la pauvreté dans les campagnes et le caractère essentiellement rural de l économie malgache, l urbanisation des privations exige une attention particulière à la promotion de l emploi urbain. A cet égard, la dynamisation de l emploi moderne peut être envisagée par le biais du tourisme en réduisant les contraintes qui pèsent sur ce soussecteur et de l industrie manufacturière, bien que les zones franches ne contribuent qu à 0,6 pour cent de l emploi, et doivent supporter les effets négatifs du démantèlement de l Accord multifibres. Selon une étude récente, plusieurs orientations de politique économique pourraient être explorées. Premièrement, l amélioration des infrastructures électricité, réseau de transport, accès à l eau est indispensable pour assurer une meilleure compétitivité. Deuxièmement, si certaines entreprises sont compétitives au niveau international, d autres produisent à la marge et leur survie dépend de la structure des incitations. Une évaluation précise de ces dernières

18 xii semble nécessaire pour appréhender les conditions de la croissance d entreprises efficientes. Troisièmement, puisque les entreprises assurant la formation professionnelle sont plus efficientes que les autres, des exemptions fiscales pour soutenir la formation sur le tas pourraient être accordées, ce qui serait un moyen d accroître la productivité sans augmenter les coûts unitaires du travail. Quatrièmement, la lutte contre la corruption doit être renforcée. Cinquièmement, le secteur financier doit permettre au petites et moyennes entreprises de mieux accéder au crédit, afin de favoriser la concurrence du secteur. Toutefois, la promotion du système productif informel urbain est indispensable compte tenu de son poids en termes d emplois. Ce secteur fait face à maintes contraintes niveau d instruction et de formation professionnelle des artisans insuffisant ; difficultés d accès aux marchés et aux sources d approvisionnement ; insuffisance de structures de financements et de crédits adaptés ; inadaptation du système fiscal aux spécificités du secteur ; faiblesse des organisations associatives, et plusieurs principes devraient guider sa revitalisation : (i) prise en considération de son hétérogénéité ; (ii) privilégier des soussecteurs ayant de réelles potentialités, par exemple, la petite construction mécanique ; (iii) s appuyer sur une clarification de l attitude des pouvoirs publics, et un nouvel aménagement du cadre institutionnel et législatif des petites entreprises, un élément figurant dans le Document cadre de politique nationale de l emploi. 17. Nécessairement, la valorisation des ressources humaines et la formation professionnelle appellent une attention particulière. Premièrement, l EPM de 2005 montre que 93,8 pour cent des individus employés de 6 ans et plus n ont eu aucune formation professionnelle, et que seulement 13 pour cent environ des indépendants ou employeurs non agricoles ont suivi une formation. Sans aucun doute, les projets en direction du secteur informel doivent mettre l accent sur la qualification des patrons et des apprentis. Mais, s agissant des salariés, il apparaît que 62,5 pour cent des entreprises franches assurent une formation professionnelle interne, contre seulement 30,4 pour cent des entreprises non franches, et que le rendement de l éducation est plus élevé dans les premières, comparativement aux secondes. Ce résultat appelle plusieurs questionnements. Tout d abord, si l intervention des pouvoirs est nécessaire pour réformer les institutions du marché du travail et rehausser la formation des travailleurs, il s agit d examiner dans quelle mesure il est préférable de promouvoir les structures publiques, plutôt que de subventionner les entreprises du secteur privé. L expérience des zones franches tend à incliner vers la seconde solution, mais un équilibre doit être assuré, notamment en fonction de la taille des entreprises, et des investigations additionnelles sont nécessaires pour questionner le caractère sousoptimal de la formation professionnelle. Ensuite, il serait opportun de disposer de meilleures informations quant au profil des postes du secteur privé, afin d éviter à la fois des excédents de formations générales et des déficits de compétences techniques. Deuxièmement, dans la mesure où la croissance de la population aurait été de 2,8 pour cent entre 2000 et 2005, et devrait être encore de 2,4 pour cent au cours de la période , il pourrait être opportun de promouvoir une politique démographique visant à stabiliser, voire freiner, la croissance de la population l analyse économétrique a montré que les ménages de grande taille ont au moins quatre fois plus de chance d être très pauvres que ceux qui comportent une ou deux personnes. D ailleurs, les déséquilibres sur le marché du travail, notamment dans les villes, peuvent rapidement atteindre un seuil socialement critique, d autant des changements socioculturels sont inévitables, et risquent de contribuer à réduire le chômage marginal, notamment des femmes, c estàdire à rehausser leur taux de participation. 18. En fait, dans la mesure où les dimensions de la promotion de l emploi précédemment suggérées peuvent insuffisamment atteindre des groupes spécifiques, des actions ciblées complémentaires peuvent s avérer nécessaires. En premier lieu, la plus grande précarité des femmes sur le marché du travail, en termes de statuts et de gains, et la féminisation de la pauvreté en milieu urbain, exigent l exécution de programmes spécifiques, tout en reconnaissant que leur «autonomisation» professionnelle ne suffit probablement pas à définir leur liberté, compte tenu des obstacles inhérents au système social. En deuxième lieu, la question du travail des enfants est importante, et la présente étude a montré l ampleur du phénomène, du moins en ce qui concerne les jeunes économiquement actifs. A cet égard, il semblerait

19 xiii opportun que Madagascar ratifie la Convention 105 sur le travail forcé. Toutefois, la question du travail des enfants est un sujet complexe, et l opportunité d une législation trop sévère à l encontre du travail des enfants est très incertaine, étant donné la fragilité du contexte socioéconomique, la faiblesse de cadre institutionnel, et l absence de mécanismes susceptibles de réduire la faiblesse et les fluctuations des revenus des familles. En troisième lieu, le développement d initiatives pour mobiliser le capital social ensemble de droits qu un individu possède sur les ressources de son réseau social à des fins productives, notamment à l égard du secteur informel urbain ou des exploitants agricoles, pourraient contribuer à rehausser le niveau de l emploi. 19. Le suivi de l emploi dans le cadre du MAP exige de disposer d indicateurs adaptés. L étude suggère une liste d indicateurs d emploi, choisis en fonction de deux éléments. Premièrement, ils doivent satisfaire trois critères de base, compte tenu de la spécificité du contexte socioéconomique malgache : (i) pertinence par rapport aux objectifs, c estàdire avoir la possibilité de rendre compte et de permettre un suivi de la stratégie de lutte contre la pauvreté et de la politique publique de l emploi ; (ii) sensibilité en fonction du phénomène étudié ; (iii) possibilité d observation à partir du système statistique actuel. Deuxièmement, il importe de hiérarchiser les indicateurs, c estàdire de les ordonner en fonction des objectifs, de leur sensibilité, de leur périodicité, de leur fiabilité et de leur disponibilité. Dans cette perspective, cinq catégories d indicateurs sont proposées, la plupart étant du premier rang : (i) Les indicateurs d offre de travail : taux d offre de travail, taux d offre per capita, et taux de croissance du taux d offre per capita ; (ii) Les indicateurs d emploi : taux d occupation, taux de croissance du taux d emploi, répartition de l emploi par secteur d activité, taux de dépendance des ménages, taux de pluriactivité, taux de croissance du temps de travail, incidence du travail des enfants, proportion des enfants qui ne vont pas à l école et qui ne travaillent pas ; (iii) Les indicateurs de qualité de l emploi : proportion d emplois salariés non protégés, proportion de «mauvais emplois» salariés, et proportion des emplois rémunérés moins que le salaire minimum, et taux de sousoccupation ; (iv) Les indicateurs de chômage : taux de chômage urbain pour l ensemble des individus, taux de chômage urbain des jeunes, ratio du chômage urbain des jeunes par rapport à celui des adultes, proportion de jeunes chômeurs urbains par rapport au nombre total de chômeurs urbains, proportion de jeunes chômeurs urbains par rapport au total des jeunes urbains, et proportion des chômeurs urbains n ayant jamais travaillé le taux de chômage marginal ne peut pas être évalué, et on observe une absence de chômage de long terme (supérieur à un an) ; (v) Les indicateurs des gains du travail : taux de croissance des salaires réels, taux de croissance de la productivité du travail (effectif ou propauvres), indices propauvres des composantes des revenus réels, et prime de segmentation. Il est à remarquer que certains indices sont utilisés pour appréhender le caractère propauvres des caractéristiques du marché du travail, et que le niveau de désagrégation est fonction des objectifs poursuivis. Une évaluation de ces indicateurs est effectuée pour 2001 et 2005.

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