MANUEL DE FORMATION sur la FORTIFICATION DE LA FARINE DE MIL/SORGHO EN MICRONUTRIMENTS

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1 INTERNATIONAL DEVELOPMENT USAID UNITED STATES AGENCY INSTITUT DE TECHNOLOGIE ALIMENTAIRE CORAF/WECARD CORAF/WECARD Programme Cultures vivrières MANUEL DE FORMATION sur la FORTIFICATION DE LA FARINE DE MIL/SORGHO EN MICRONUTRIMENTS Projet d amélioration de la qualité post-récolte et conditionnement des produits à base de riz, sorgho /mil en vue d accroître leur valeur marchande en Afrique de l Ouest (Identification du Projet: CW/03/01CM/U/09-03) 1 Composantes et pays cibles : Sorgho/Mil: Sénégal, Mali, Niger et Burkina Faso

2 Manuel de Formation sur la fortification de la farine de mil/sorgho en micronutriments. CORAF/WECARD 2012 Le CORAF/WECARD encourage l utilisation équitable, sans permission, du matériel publié dans ce document à des fins de recherche et de développement agricoles ou dans un but éducatif. Une citation en bonne et due forme est requise. Les termes utilisés dans cette publication ne reflètent en aucune manière une quelconque opinion du CORAF/ WECARD concernant le statut légal de quelque pays, territoire, ville, zone que ce soit ou de ses autorités, ou concernant ses frontières ou limites. Publié par CORAF/WECARD 7, Avenue Bourguiba BP 48 CP, Dakar SENEGAL website : 2

3 AVANT PROPOS Dans le cadre de la promotion de la sécurité alimentaire en Afrique de l Ouest, sous la coordination du CORAF/WECARD et avec l appui du Gouvernement américain à travers l USAID, ce Projet «Amélioration de la qualité post récolte et du conditionnement des produits à base de riz, de manioc et du sorgho/mil afin d accroître leur valeur marchande en Afrique de l Ouest» a permis d élaborer un Manuel de formation des bénéficiaires aux technologies post-récoltes du mil/sorgho. Le présent Manuel a été réalisé par l Institut de Technologie Alimentaire (ITA) et ses partenaires ; il s agit de : Au niveau régional: o L Institut de Recherche en Sciences Appliquées et Technologies (IRSAT) du Burkina Faso ; o L Institut d Economie Rurale (IER) du Mali ; o Le Groupement Lakhalkaney (GL) du Niger Au niveau national : o L Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) ; o L Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural (ANCAR) ; o Des organisations de producteurs et de transformateurs de mil/sorgho et des équipementiers artisanaux. Le Manuel a été élaboré suite à un atelier tenu au Sénégal et ayant regroupé des chercheurs, des vulgarisateurs, des producteurs, des transformateurs et des équipementiers venant du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal qui ont bien voulu mettre à la disposition du grand public en général et des utilisateurs potentiels en particulier des technologies postrécoltes concernant le mil/sorgho. Ce manuel est composé de fiches techniques concernant des technologies permettant d obtenir des grains de mil/sorgho de qualité, une technologie de la fortification de la farine de mil/ sorgho en fer et acide folique, le conditionnement et l emballage des produits transformés et un plan «Système d analyse des dangers - points critiques pour leur maîtrise (HACCP)» pour les unités de production. 3

4 Chaque fiche technique relate les différentes étapes de transformation des produits et les formules permettant d avoir le produit fini. Cependant, chaque unité ou entreprise de transformation dispose de sa spécificité qui donne à son produit un label pour occuper sa place sur le marché national et international. Ce manuel permet d informer les producteurs, les transformateurs, les équipementiers, les consommateurs et les autres utilisateurs sur les bonnes pratiques de fabrication et d hygiène pour d une part réduire les pertes post récoltes du mil/sorgho et d autre part améliorer les qualités nutritionnelle et marchande des produits transformés. Il est à noter que le présent manuel est élaboré à la suite d un large recensement de technologies post récoltes portant sur le mil/sorgho. Et pour des raisons pédagogiques, l on a procédé à la sélection d une principale technologie qui peut permettre de contribuer à la lutte contre la pauvreté et à l amélioration de la sécurité alimentaire, il sagit de la fortification de la farine en micronutriment. Nous tenons à témoigner toute notre reconnaissance à toutes les personnes, entreprises et structures de recherche et/ou de vulgarisation qui ont contribué à la réalisation de ce manuel. Puisse ce manuel servir d outil d aide à la réduction des pertes post récoltes, à l amélioration de la qualité marchande des produits transformés et du respect des normes de fabrication et à la promotion des unités et entreprises de transformation du mil/sorgho. 4

5 EQUIPE DE REDACTION Ce manuel de formation des producteurs et transformateurs de mil/sorgho a été réalisé à partir de nombreuses technologies recueillies lors de l atelier d élaboration tenu au Sénégal et ayant regroupé des chercheurs, des vulgarisateurs, des producteurs, des transformateurs et des équipementiers venant du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal. L équipe de rédaction est composée comme suit : Fallou SARR, Institut de Technologie Alimentaire ; Mamadou SADJI, Institut de Technologie Alimentaire ; Fatou MBOW THIAM, Institut de Technologie Alimentaire ; Ndèye T.T. SEYE DOUMOUYA, Institut de Technologie Alimentaire ; Makhtar SAMBE, Institut de Technologie Alimentaire ; Momar Talla GUEYE, Institut de Technologie Alimentaire ; Sidy Baba NDIAYE, Consultant ; Papa Demba CAMACRA, Institut de Technologie Alimentaire ; Amadou Moustapha MBAYE, Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural ; Daouda MBODJI, Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural ; Ousmane SY, Institut Sénégalais de Recherches Agricoles ; Aissatou DIAGNE DEME, Association des Transformateurs de Céréales Locales ; Maodo, Synergie Femmes ; Laurencia SONGRE OUATTARA, Institut de Recherche en Sciences Appliquées et Technologies, Burkina Faso ; Kali DIAKITE, Institut d Economie Rurale, Mali ; Fati HAMIDOU, Groupement Lakhalkaney, Niger. 5

6 REMERCIEMENTS Ce manuel a été réalisé grâce au concours divers et varié d institutions et de personnes ressources que nous tenons à remercier particulièrement ; il s agit de : L USAID qui a financé le projet dont l une des activités est la réalisation de ce manuel ; Le CORAF/WECARD sous l égide duquel le projet a été financé ; Le Centre Songhaï de Porto-Novo qui est l Institution coordonnatrice du projet et qui a bien voulu confié la coordination du volet mil/sorgho à l ITA ; Le Directeur Général de l ITA pour ses conseils ; Les Directeurs Généraux de l ISRA, l ANCAR, l IRSAT, l IER pour leur collaboration ; La Présidente du Groupement Lakhalkaney du Niger ; Dr Ernest ASIEDU, Gestionnaire du Programme des Cultures Vivrières du CORAF/ WECARD pour ses conseils et appuis. 6

7 TABLE DES MATIERES Avant propos 3 Equipe de rédaction 5 Remerciements 6 Table des matières 7 Introduction Présentation du manuel Objectifs Méthode de rédaction du manuel de formation 14 Chapitre 1 : Technologies d amélioration de la qualité des grains de mil/sorgho 15 I. Introduction 15 II. Les bonnes pratiques de récolte et post récolte La récolte Le séchage des épis Le transport des épis Le stockage des épis Le stockage au champ Le stockage dans des greniers Le battage Le Vannage L ensachage Les sacs polypropylènes simples Les sacs doublés Les futs et les bidons Le stockage des grains Les magasins de stockage Le stockage dans des silos métalliques La protection phytosanitaire La réception et le conditionnement 20 7

8 Chapitre 2 : Les technologies de fabrication de farine enrichie en micronutriments I. Introduction 21 II. Production de la farine fine par voie sèche Diagramme de fabrication Description du procédé Réception des matières premières Nettoyage/calibrage Epierrage Décorticage/séparation Nettoyage complémentaire (facultatif) Mouture Centrifugation (facultative) 26 III. Enrichissement de la farine en micronutriments Pré-mélange Mélange 27 IV. Contrôle de qualité de la farine fortifiée 28 V. Conditionnement et emballage Conditionnement et emballages des produits Répertoire des fabricants et fournisseurs d emballages 29 Chapitre 3 : La démarche qualité 38 I. Bonnes pratiques d hygiène L hygiène du personnel Les locaux Les équipements et le matériel Fonctionnement Le nettoyage et la désinfection 39 II. Bonnes pratiques de fabrication 1. Respect des spécifications concernant les matières premières et les ingrédients 2. Respect des procédures de fabrication

9 3. Choix du matériel et des équipements conformes 39 III. Système HACCP Les étapes de mise en œuvre d un système HACCP La description des étapes de mise en œuvre du système HACCP La création de l équipe HACCP La description du produit L utilisation du produit fabriqué Le diagramme de fabrication Confirmation du ou des diagrammes de fabrication sur site Analyse des dangers Identification des points et détermination des mesures préventives 2.8. Etablissement des limites critiques a respecter Définition d un système de surveillance Définition des actions correctives en cas de défaillance Etablir un plan HACCP Mise en place d un système de documentation et d enregistrement Vérifier périodiquement les procédures Réaliser périodiquement une revue du système HACCP Tableau HACCP : cas pratique sur la farine à base de mil/sorgho fortifiée 45 Conclusions

10 APERCU du CORAF/WECARD Le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles [CORAF/ WECARD] a été créé en 1987 sous le nom de Conférence des Directeurs de Recherche Agronomique Africains et Français. En 1995, il a étendu sa couverture aux pays de langues anglaise et portugaise de l Afrique de l Ouest et du Centre. Il compte 22 pays membres à savoir : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Cap Vert, la République Centrafrique, le Tchad, le Congo, la Côte d Ivoire, la République Démocratique du Congo, le Gabon, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, le Libériale Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Léone et le Togo. Il s étend sur une superficie de 11,5 millions km 2 et sa population est de 318 millions d individus dont 65% sont engagés dans des activités agricoles. VISION DU CORAF/WECARD Une réduction durable de la pauvreté et de l insécurité alimentaire en AOC par une augmentation de la croissance économique induite par l agriculture et une amélioration durable des principaux aspects du système de recherche agricole MISSION DU CORAF/WECARD Des améliorations durables de la productivité, de la compétitivité, et des marchés agricoles en Afrique de l Ouest et du Centre par la satisfaction des demandes principales adressées au système de recherche de la sous région par les groupes cibles» 10

11 INTRODUCTION Les céréales constituent la principale nourriture de la population rurale (70%) des pays au Sud du Sahara. Il est aujourd hui admis que l autosuffisance alimentaire n est jusque là pas encore été atteinte du fait que la production encore insuffisante du mil/sorgho. Dans tous ces pays, on note cependant que les Etats ainsi que leurs partenaires continuent à des degrés divers de réaliser des actions d envergure dans l encadrement des paysans afin d augmenter significativement la production et la valeur marchande du mil/sorgho et de leurs sousproduits. les projets et programmes pilotés par les pouvoirs publics et les organisations non-gouvernementales concourent à l amélioration de la productivité (ROCAFREMI, INTSORMIL), la mise en place d un fonds pour la sécurité alimentaire (au Niger avec 4 milliards F.CFA en 2009 et au Mali), l appui à la transformation artisanale et semi-industrielle (PROCELOS, PPCL au Sénégal et au Burkina Faso). En outre, l étude de la chaîne de valeur sur le mil/sorgho du Projet Croissance Economique de l USAID en 2009 informe sur le rôle déterminant et l importance de ces deux spéculations dans le commerce international. Depuis quelques années, on assiste en Afrique de l Ouest à l émergence de nombreuses micros, petites et moyennes entreprises de transformation du mil/sorgho. Ce secteur joue donc un rôle important en termes d emplois, de revenus (directs et indirects pour les producteurs, les transformateurs, les acteurs de la distribution et les consommateurs) et contribue de façon opérationnelle à la politique nationale de développement économique en vigueur dans chacun des pays cibles du projet. L anémie due à la carence en fer (Iron deficiency anemia, IDA) est depuis fort longtemps reconnue mondialement comme la carence d ordre nutritionnel la plus courante parmi celles qui fragilisent l immunité contre les infections et réduit les capacités physiques et mentales de l Homme. L organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans son rapport de 1998 a alerté la communauté mondiale sur le fait que l IDA constitue un problème de santé publique dans la plupart des pays du monde. C est en Asie et en Afrique au sud du Sahara que le problème se pose avec le plus d acuité. Au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal en particulier, la situation alimentaire et nutritionnelle des populations est marquée par la malnutrition protéino-énergétique chez les enfants de 0 à 5 ans et les carences en micronutriments qui touchent toutes les couches de la population. Parmi les stratégies mises en œuvre pour lutter contre la malnutrition, l approche alimentaire constitue la stratégie la plus porteuse d espoir en raison de son caractère durable. 11

12 12 L aliment de base dans ces pays est constitué par les céréales. Or les produits céréaliers sont connus dans leur composition actuelle comme pauvres en fer. L utilisation biologique du fer est en outre réduite par les facteurs antinutritionnels dont les phytates. Il existe cependant des techniques visant à restituer ou à enrichir en micronutriments les aliments quotidiennement consommés. La farine à base de mil / sorgho fortifiée en fer et acide folique est un produit particulièrement nutritif pour les populations en général et les jeunes enfants et femmes en âge de procréer en particulier. Elle peut être favorable au développement rapide de micro-organismes et être susceptible de nombreuses réactions chimiques. La prévalence de la tuberculose par exemple au Sénégal, comme dans d autres pays de la sous-région, impose une grande vigilance sur les procédés de production admissibles de la farine fortifiée par les micros, petites et moyennes entreprises. La consommation de farine fortifiée de mauvaise qualité peut mettre en danger la santé des consommateurs et même provoquer de graves toxi-infections alimentaires. La mise en place d une politique de qualité dans les entreprises, même les plus petites, est donc une priorité en termes de protection du consommateur. La production de farine fortifiée, à base de mil/sorgho, requiert donc le respect d une hygiène stricte tout au long de la chaîne de transformation primaire et secondaire des céréales, jusqu au distributeur et au consommateur. C est pourquoi l USAID, qui a financé le projet «Amélioration de la qualité post récolte et du conditionnement des produits à base de sorgho/mil en vue d accroitre leur valeur marchande en Afrique de l Ouest» sous l égide du CORAF/WECARD, cherche à organiser et à renforcer la synergie entre les différents acteurs de la filière pour mieux la structurer et la valoriser afin de permettre aux petits producteurs et transformateurs d augmenter leurs revenus à travers la diversification et la promotion de l industrialisation des process de transformation par des technologies endogènes. En effet, c est dans ce cadre qu il faut placer ce manuel de formation qui porte sur la technologie de la fortification de la farine de mil/sorgho en fer et acide folique et qui intègre : les technologies post récoltes permettant d obtenir de la matière première de bonne qualité ; les technologies de transformation primaire permettant une farine fine sèche requise en fortification ; les bonnes pratiques de fabrication de la farine fortifiée ; l emballage et le conditionnement ; le contrôle de qualité du produit fini ;

13 les bonnes pratiques d hygiène ; le système HACCP. 1. Présentation du Manuel de formation Ce Manuel met l accent sur la qualité de la matière première (grains de mil/sorgho) et les bonnes pratiques de fabrication, le tout reposant à la fois sur la démarche HACCP et les bonnes pratiques d hygiène. Il récapitule les technologies post récoltes permettant d obtenir de la matière première de qualité, les règles d hygiène et de gestion de la production permettant aux petites et microentreprises de mettre sur le marché des produits sains pour le consommateur. Conçu par des chercheurs, des vulgarisateurs, des producteurs, des transformateurs et des équipementiers des pays bénéficiaires du projet, il est un guide de travail pour les micros, petites et moyennes entreprises agro/alimentaires. En conséquence, les recommandations privilégient des gestes d hygiène simples (travail dans un environnement et avec du matériel propres et désinfectés, lavage des mains avant la transformation, vêtements adaptés, évacuation des déchets, etc.) et l utilisation d équipements courants maintenus dans un parfait état de propreté. 2. Objectifs En élaborant ce manuel de formation, les objectifs visés sont : 1. Diffuser les technologies et bonnes pratiques permettant de réduire sensiblement les pertes post récoltes ; 2. Mettre à la disposition des producteurs des outils leur permettant de fournir de la matière première de qualité ; 3. Diffuser les bonnes pratiques de fabrication qui permettent de mettre à la disposition des consommateurs des produits de qualité sanitaire acceptable ; 4. Informer les producteurs et transformateurs sur le conditionnement et l emballage des produits afin d en améliorer la qualité marchande ; 5. Informer les transformateurs sur les pratiques d hygiène et sur la démarche qualité pour leur permettre de fabriquer des produits de bonne qualité sanitaire. 13

14 3. Méthodologie de rédaction du Manuel de formation Un atelier d élaboration du manuel a rassemblé une équipe d experts composée de chercheurs, de vulgarisateurs, de producteurs, de transformateurs et d équipementiers. Ces différentes personnes ressources avaient comme tâche de recenser des technologies post récoltes déjà éprouvées dans les centres de recherche des pays bénéficiaires, qui intéressaient les utilisateurs et dont les équipements nécessaires pour leur mise en œuvre existaient localement, de préférence. A la suite de ce travail, la technologie de fortification de la farine de mil/sorgho en micronutriments (fer, zinc et acide folique) a été retenue pour faire l objet de ce manuel de formation. Cette technologie a été étudiée d amont en aval en intégrant la qualité de la matière première (qualité du grain), les bonnes pratiques de fabrication durant les transformations primaires et secondaires, le contrôle de qualité du produit, l emballage et le conditionnement ainsi que la démarche HACCP. 14

15 CHAPITRE 1 TECHNOLOGIES D AMELIORATION DE LA QUALITE DES GRAINS DE MIL/SORGHO I. INTRODUCTION Le but recherché est de mettre à la disposition des transformateurs des grains de mil ou de sorgho de très bonne qualité. Parallèlement, il faudra utiliser les méthodes les plus appropriées pour réduire les pertes qualitatives et quantitatives estimées à quelques 20% à des taux de l ordre de 2 à 3%. A cet effet, il faudra recenser et décrire de manière détaillée les technologies existantes aux différentes étapes qui vont de la récolte au stockage et à la conservation. II. LES BONNES PRATIQUES DE RECOLTE ET POST RECOLTE 1. La récolte Il faut récolter après la maturation physiologique qui est constatée par un noircissement de la pointe du grain (germe). Il faudra éviter un contact direct avec le sol en utilisant par exemple des tiges comme lit de stockage. 2. Le séchage des épis Juste après la récolte, les épis sont séchés au champ pendant une à plusieurs semaines. Le séchage est la clé de sécurité de toute bonne conservation. Aucune denrée dont la teneur en eau est excessive ne peut être bien conservée. Pour le cas du mil et du sorgho le taux doit se situer entre 10 et 15%. En dessous de 10% la conservation est certes meilleure mais le grain peut se casser durant le décorticage. La qualité du produit transformé serait moins bonne en raison d une forte teneur en son. 15

16 16 Conseil : mettre les épis en petits tas ou en rangées de faible épaisseur pour un séchage plus homogène. Il faut éviter toute mouille due à la rosée ou aux pluies parasites entrainant des problèmes de moisissure. 3. Le transport des épis Certains paysans laissent les épis au champ jusqu à l arrivée de la batteuse à mil alors que les autres les transportent à la maison en utilisant des charrettes, des femmes ou et des enfants. Conseil : Pendant le transport, il faut bien attacher les bottes pour que des épis ne se perdent en chemin. 4. Le stockage des épis Les épis peuvent être stockés au champ ou dans des greniers à la maison 4.1. Stockage au champ Faire une haie de protection résistant aux animaux par la confection de palissades avec de préférence des herbes épineuses autour des tas Stockage dans les greniers Utiliser des greniers surélevés pour éviter les dégâts de rongeurs et ayant un chapeau étanche pour empêcher la mouille due aux pluies parasites. Conseil : Un saupoudrage par un insecticide est recommandé pour lutter contre toute infestation. 5. Le Battage Il se fait à la main (avec le mortier) ou à la machine (avec une batteuse). La batteuse est un équipement dont la fonction principale est de faire la séparation des grains du reste de l épi. La batteuse est composée d une trémie d alimentation, d un tambour et d un moteur. Le tout est supporté par des pieds. Il dispose d un système de séparation du grain du reste de l épi assisté d une ventilation. Le fonctionnement est toujours motorisé. Le moteur peut être d alimentation électrique ou de carburant. Les épis introduits dans la trémie, passent à travers le tambour qui les brise en petits morceaux. Les glumes et les objets légers sont projetés par ventilation et les grains récupérés à travers le bec dans des sacs ou des bassines. Les grains ne doivent pas être en contact direct avec le sol. Une toile ou une bâche propre doit être étalée sur le sol à cet effet. Il faut éviter ainsi un mélange des grains avec le sable

17 17 et les pierres de même granulométrie difficiles à éliminer. Ces pierres sont principalement à la base de nombreux problèmes lors de la transformation. Les grains sont recueillis dans des bassines ou dans des sacs avant l ensachage final. En cas de battage de lots de variétés différentes, veiller à bien nettoyer l outil utilisé après chaque opération pour éviter tout mélange variétal. 6. Le vannage Le vannage a lieu à la suite du battage. Il se fait à l aide d une vanneuse qui est généralement incorporée à la batteuse et permet de séparer les grains de mil/sorgho des débris d épis, des glumes et autres matières étrangères à l aide du vent. 7. L ensachage L utilisation des sacs de récupération peut avoir une incidence négative sur la qualité du produit. Ces sacs peuvent être infestés au départ, contenir des restes de produits non désirés ou dangereux et aussi des grains qui pourraient affecter la pureté variétale ou contaminer la denrée alimentaire (Cette pureté variétale est très importante aussi bien pour les semences que pour la qualité de la transformation ultérieure) Les sacs polypropylènes simples Il est conseillé d utiliser des sacs polypropylène (PP) tissés neufs de 50kg au maximum. En effet, pour faciliter la manutention, les sacs de masse supérieure ne sont pas recommandés Les sacs doublés Il s agit d une superposition de deux sacs : un sac plastique en polyéthylène (PE) intérieur et un sac extérieur en polypropylène tissé (PP). Ainsi le sac PE étanche est protégé par le sac en PP. Il est utilisé pour le stockage du mil/sorgho et autres céréales et pour assurer une bonne conservation dans le temps selon le principe de l herméticité. Pour ce faire, il faut : Introduire les grains à l intérieur du sac PE en veillant à ce qu aucun grain ne pénètre entre les deux sacs ; Ensuite chasser l air avant de fermer le sac PE contenant les grains et l attacher à l extrémité avec une ficèle après avoir effectué un nœud en colle de signe ; Enfin, attacher ou, de préférence fermer à la couseuse les sacs PP.

18 Les fûts et bidons Ce sont des conteneurs en métal ou en plastique qui se ferment hermétiquement. Les fûts sont en général cylindriques et ont une capacité de 50 ou 200 litres. Les bidons sont de capacité plus variable (entre 1 et 50 litres) selon les besoins d utilisation. Ils assurent une bonne conservation du mil/sorgho et autres céréales même pour une très longue durée. Pour ce faire, il faut : Bien sécher les grains; Vérifier que le fût ou bidon n est pas percé ; Bien sécher le fût ou bidon ; Remplir le fût entièrement de grains ; Fermer hermétiquement en s aidant si possible d une matière plastique ; Garder le fût ou le bidon à l ombre et ne pas l ouvrir avant un minimum de 15 jours pour atteindre le taux létal de gaz carbonique. 8. Le stockage des grains Les grains peuvent être stockés dans des magasins de stockage ou dans des silos métalliques Les magasins de stockage Pour sécuriser les stocks, il faut appliquer les règles suivantes : Désherber les alentours du magasin ; Nettoyer l intérieur et l extérieur du magasin ; Faire un traitement phytosanitaire préalable sur toutes les surfaces intérieures et extérieures du magasin ; Installer à l intérieur des supports surélevés (palettes ) NB : Un magasin de stockage spécialisé doit avoir le minimum d équipements suivant : Palettes ; Bascule ; Balance ;

19 19 Bâches de fumigation ; Boudins ; Appareil de traitement phytosanitaire ; Echelle ; Sacs aiguilles ficelles ; Sonde ; Tamis nettoyeur ; Mélangeur ; Produits phytosanitaires de traitement ; Matériels de protection du personnel (masques, tenues, etc). Conseil : Il ne faut jamais stocker les produits phytosanitaires dans le même local que les denrées alimentaires. Il existe deux types de magasins, les magasins personnels à la maison et les magasins communautaires. La préférence est accordée aux magasins communautaires où les bons traitements phytosanitaires et l application des conditions générales d un bon stockage sont plus garantis. La personne chargée de la gestion administrative et technique doit bénéficier d une bonne formation théorique et pratique. Concernant les magasins personnels, il est important d appliquer les principales règles d un bon stockage pour assurer une bonne conservation. En particulier il faut assurer au moins un traitement phytosanitaire du sol et utiliser des supports pour éviter de mettre des sacs en contact direct avec le sol. Les sacs doivent être surélevés d au moins 15cm. Pour stocker en magasins, les grains doivent être mis dans des sacs de taille moyenne à petite et ces derniers rangés en petits tas pour une bonne aération du stock Stockage dans les silos métalliques Les silos métalliques doivent être un peu surélevés pour éviter la rouille due aux eaux de pluie ou aux remontées de l humidité à partir du sol. Il faut éviter le contact direct des grains avec les parois du silo (condensation) en les couvrant avec une fine toile ou un tissu léger.

20 9. La protection phytosanitaire Pour assurer une bonne protection phytosanitaire des grains en stockage, il faut utiliser un insecticide adapté (K Othrine Actellic 2 DP). 10. La réception et le conditionnement Réception : accepter uniquement des grains de bonne pureté variétale et d un bon état phytosanitaire (pas d infestation par les insectes et les moisissures). Calibrage : utiliser des tamis dont la granulométrie est adaptée aux grains et à la variété désirée. Triage : procéder, pour les sacs acceptés, à un triage mécanique pour éliminer certaines matières étrangères restées avec les grains. Cette opération se fait sur les sacs ou cela est jugé nécessaire. Contrôle de la pureté variétale : n accepter que des grains de qualité conforme. 20

21 Chapitre 2 TECHNOLOGIES DE FABRICATION DE FARINE ENRICHIE EN MICRONUTRIMENTS I. INTRODUCTION La fortification ou enrichissement des aliments est une stratégie adoptée pour lutter contre les carences d apport, elle consiste à ajouter un ou des micronutriments dans un aliment véhicule afin d augmenter le niveau de consommation de ces micronutriments par la population. La fortification des farines céréalières (mil, sorgho) en micronutriments (fer, acide folique, zinc) est une des stratégies qui permet de réduire les carences d apport en micronutriments au sein d une population. La fortification en fer/acide folique ou vitamine B9 permet d augmenter le niveau de consommation de ces micronutriments et de réduire la prévalence de l anémie ferriprive notamment chez les enfants et les femmes en âge de procréer. L aliment véhicule peut être une farine fine ou une farine de roulage. Pour une meilleure homogénéité, le prémix (fortifiant) doit avoir une granulométrie proche de celle de la farine à fortifier. Les farines fortifiées pourront être utilisées pour des préparations culinaires (bouillies, beignets, pâtisserie etc.) et les transformations secondaires habituelles (panification, produits roulés, semoule précuite). II. PRODUCTION DE LA FARINE FINE PAR VOIE SECHE C est une transformation primaire du mil/sorgho qui consiste à nettoyer-calibrer, à décortiquer et à moudre par voie sèche le mil ou le sorgho pour obtenir une farine fine (plus de 75 % des particules se situent entre 0,5 et 0,25 mm). La farine fine est la matière première pour la fabrication de produits de panification, de pâtisserie, de farines infantiles, d aliments de complément et de farines fortifiées en micronutriments. 21

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