RAPPORT FINAL DES COHORTES DANS LE CADRE DU PROJET BOURSE DU CARBONESCOL ERE PAR STÉPHANIE BÉRUBÉ, D.PS. LE 29 JUIN 2014

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1 1 RAPPORT FINAL DES COHORTES DANS LE CADRE DU PROJET BOURSE DU CARBONESCOL ERE PAR STÉPHANIE BÉRUBÉ, D.PS. LE 29 JUIN 2014

2 2 Le présent rapport constitue le rapport final des résultats provenant de la passation des quatre questionnaires aux jeunes ayant participé au Projet Bourse du carbone Scol ERE en 2013 et en Les résultats ainsi que les principales conclusions pouvant en être tirés sont présentés en deux sections, c est-à-dire la cohorte 2013 (Questionnaires 1 et 3) ainsi que la cohorte 2014 (Questionnaires 2 et 4). Chacun des questionnaires mesurait des variables sociodémographiques, la sélection et la réalisation des neufs défis ainsi que des variables pouvant influencer l engagement à réaliser les défis. Cohorte des jeunes ayant participé au projet Bourse du carbone Scol ERE en 2013 (Questionnaires 1 et 3) Afin de mesurer l engagement des jeunes et la réalisation des défis, un premier questionnaire (Questionnaire 1) en ligne a été passé aux jeunes à la fin des ateliers, soit en mai Cet échantillon totalisait 309 élèves. Par la suite, afin de vérifier si les jeunes poursuivaient leurs défis après la fin du projet, un second questionnaire leur a été distribué en version papier environ un an plus tard, soit en mars L échantillon totalisait alors 72 élèves. Un bémol doit être soulevé concernant cet échantillon : en raison de la méthode de passation, il a été impossible de vérifier si tous les jeunes de l échantillon avaient bien reçu les ateliers Bourse du carbone Scol ERE à l hiver Comme aucun jeune n a manifesté ne pas avoir participé préalablement, nous avons donc considéré cet échantillon valide et représentatif pour les analyses. Notons également que

3 3 nous n avons pu réaliser d analyses pour le défi d acheter des produits emballés en vrac plutôt qu en portions individuelles puisque le questionnaire 3 n incluait pas ce défi. Le tableau 1 présente la proportion de jeunes ayant réalisé chacun des défis (à l exception de l achat de produits en vrac tel que mentionné précédemment) au moment des ateliers et un an plus tard. Tableau 1 Défis réalisés par les élèves après les ateliers (Temps 1) et un an plus tard (Temps 2) Élèves Défi réalisé Éviter l achat de bouteilles d eau N = 309 pour Temps 1 et 72 pour Temps 2 Temps 1 Temps 2 (Questionnaire 1) (Questionnaire 3) 67 61,1 Privilégier l achat de produits frais locaux 32,4 27,8 Remplacer une portion de viande (production de masse) par semaine pour un substitut 24,3 18,1 À la maison, j abaisse la température de 3 degrés le jour et la nuit 46,3 31,9 Une fois par semaine, je marche ou prends mon vélo plutôt qu utiliser un véhicule à moteur 49,5 41,7

4 4 Défi réalisé Rouler cool en voiture et éteindre le moteur aux arrêts prolongés Je récupère toutes les matières recyclables acceptées par ma municipalité Temps 1 (Questionnaire 1) Temps 2 (Questionnaire 3) 35,3 34,7 42,4 51,4 Je composte à la maison, ou je participe à la collecte de matières organiques de ma municipalité 34,6 43,1 Il est possible de constater une certaine concordance au niveau de la réalisation des défis au Temps 1 et au Temps 2. En effet, pour les deux temps de mesure le défi le plus réalisé est celui d éviter l achat de bouteilles d eau alors que les deux défis les moins réalisés sont de remplacer une portion de viande par un substitut et de privilégier l achat de produits frais locaux. D après les résultats au Tableau 1, la proportion de jeunes ayant réalisé chaque défi est de façon générale légèrement plus élevée au Temps 1 qu au Temps 2, à l exception de deux défis pour lesquels la proportion est plus grande au Temps 2 : récupérer les matières recyclables et composter. Nous pouvons nous questionner à savoir si le Projet Bourse du carbone Scol ERE a favorisé la réalisation de ces deux défis ou si des facteurs externes sont venus en faciliter la réalisation. Toutefois, des analyses khicarré ont été réalisées afin de déterminer si la différence de proportion entre les temps de

5 5 mesure est significative. Les résultats pour ces analyses démontrent qu il n y a pas de différences significatives, sauf pour le défi d abaisser la température de 3 degrés où les jeunes ont significativement moins réalisé ce défi un an après les ateliers. Globalement, ceci signifie que bien qu il y ait généralement un peu moins de jeunes ayant réalisé les défis un an plus tard, nous pouvons affirmer que la réalisation des défis tend à se maintenir dans le temps. Plus précisément, à partir des données du Tableau 1, il est possible d établir, parmi les élèves ayant réalisé les défis lors du projet, le pourcentage d élèves qui maintiennent les défis réalisés un an après la participation au projet Bourse du carbone Scol ERE. Ainsi, 91,19 maintiennent le défi éviter l achat de bouteilles d eau, 85,8 maintiennent le défi privilégier l achat de produits frais locaux, 74,49 poursuivent le défi remplacer une portion de viande par un substitut, 68,9 continuent d abaisser la température de 3 degrés, 84,24 continuent de marcher ou de prendre leur vélo plutôt que d utiliser un véhicule à moteur, 98,3 maintiennent le défi rouler cool en auto et finalement 100 des élèves poursuivent les défis de récupérer les matières recyclables et de composter. Donc, en moyenne, pour tous les défis confondus, 80,37 des jeunes ayant réalisé les défis au moment du projet maintiennent les défis un an plus tard. Par ailleurs, une analyse test t a été réalisée afin de vérifier si le nombre de défis réalisés diffère entre les deux temps de mesure. Cette analyse révèle qu il n y a pas de différences significatives puisque les jeunes au Temps 1 ont réalisé en moyenne 3,72

6 6 défis alors que ceux au Temps 2 en ont réalisé 3,67 en moyenne. Ce résultat appuie l idée que la réalisation des défis tend à se maintenir dans le temps et ce, même après un an. Une analyse test t a également été conduite à partir du nombre de difficultés rencontrées et empêchant la réalisation des défis. Les résultats révèlent encore une fois qu aucune différence significative ne peut être observée. Le nombre moyen de difficultés rencontrées est de 1,12 au Temps 1 alors qu il est de 1,31 au Temps 2. Rappelons un résultat intéressant ressorti au Temps 1 : les jeunes ayant rapporté la difficulté d avoir sélectionné trop de défis ont en fait significativement réalisé plus de défis que ceux ne l ayant pas rapportée. Ceci signifie donc que sélectionner plusieurs défis représente un facilitateur de la réalisation. Nous pouvons émettre l hypothèse que sélectionner un défi constitue une forme d engagement pour le jeune et qu il sent le devoir de s y conformer afin d être cohérent. Enfin, une analyse khi-carré a été réalisée pour le sentiment de responsabilité recodé en variable dichotomique (faible sentiment de responsabilité, fort sentiment de responsabilité). Les résultats montrent qu il n y a pas de différences significatives entre les deux temps de mesure sur le plan du sentiment de responsabilité quant à la protection de l environnement. Bilan des résultats aux deux temps de mesure D abord, rappelons les conclusions tirées du Rapport des données au Questionnaire 1 (Temps 1). Pour les neufs défis, il a été montré que la sélection d un défi

7 7 est en lien avec la réalisation de celui-ci. Autrement dit, plus un défi est sélectionné, plus il est réalisé. Quant aux difficultés rencontrées, le fait d avoir sélectionné trop de défis amène à sélectionner et à réaliser plus de défis. À ce propos, nous avons émis l hypothèse que la sélection d un défi peut représenter une forme d engagement et ainsi favoriser sa réalisation. Par ailleurs, au niveau des quatre dimensions mesurées (attitude, perception de difficulté, intention, influence subjective), le fait de penser qu un défi permet d aider à protéger l environnement, de le trouver facile à réaliser, d avoir l intention de le poursuivre et que les membres de l entourage encouragent la réalisation favorisent la sélection et la réalisation de ce défi. Notons toutefois que l attitude, c est-à-dire le fait de penser qu il est important de protéger l environnement, est la variable ayant le moins d impact sur la sélection et la réalisation des défis. En ce qui concerne les conclusions tirées du Rapport des données au Questionnaire 3 (Temps 2), il ressort que la réalisation d un défi par un élève est en lien avec la réalisation de ce même défi par sa famille. De plus, l opinion de l entourage à l effet que le jeune devrait poser des gestes pour protéger l environnement est reliée à un nombre plus élevé de défis réalisés par le jeune et sa famille. Quant au comparatif des deux temps de mesures, il est possible de constater une cohérence entre les deux temps, c est-à-dire que le défi le plus populaire est celui d éviter l achat de bouteilles d eau et que les deux défis les moins sélectionnés et réalisés sont de remplacer une portion de viande par un substitut et de privilégier l achat de produits frais locaux. Nous pouvons affirmer qu en majorité les jeunes maintiennent la réalisation des

8 8 défis un an plus tard puisque selon le défi, entre 68,9 et 100 des jeunes poursuivent le défi un an plus tard. De plus, il n y a pas de différences entre les temps de mesure quant au nombre de défis sélectionnés ou au nombre de difficultés rencontrées. Cohorte des jeunes ayant participé au projet Bourse du carbone Scol ERE en 2014 (Questionnaires 2 et 4) Afin de mesurer l engagement des jeunes et la réalisation des défis, un premier questionnaire en ligne (Questionnaire 2) a été passé aux jeunes avant le début des ateliers, soit en décembre 2013 janvier Cet échantillon totalisait 482 élèves. Par la suite, afin de vérifier si les ateliers Bourse du carbone Scol ERE ont un effet sur l engagement des jeunes à réaliser des gestes pour protéger l environnement, un second questionnaire leur a été administré en ligne à la fin des ateliers, soit en avril-mai L échantillon totalisait alors 187 élèves. Notons que nous n avons pu réaliser d analyses pour le défi d acheter des produits emballés en vrac puisque le questionnaire 2 n incluait pas ce défi. Le tableau 2 présente la proportion de jeunes se montrant intéressés à réaliser les défis (à l exception de l achat de produits en vrac tel que mentionné précédemment) avant le début de leur participation aux ateliers de la Bourse du carbone Scol ERE et les défis sélectionnés et réalisés par ceux-ci au cours du projet.

9 9 Tableau 2 Intérêt à réaliser les défis (Temps 1) et défis sélectionnés et réalisés (Temps 2) Élèves Défi Éviter l achat de bouteilles d eau N = 482 pour Temps 1 et 187 pour Temps 2 Temps 2 (Questionnaire 4) Sélection Temps 1 (Questionnaire 2) Temps 2 (Questionnaire 4) Réalisation 57,5 76,3 69 Privilégier l achat de produits frais locaux 52,3 62,6 49,7 Remplacer une portion de viande (production de masse) par semaine pour un substitut 31,7 49,2 42,8 À la maison, j abaisse la température de 3 degrés le jour et la nuit 47,3 57,8 50,8 Une fois par semaine, je marche ou prends mon vélo plutôt que d utiliser un véhicule à moteur 65,8 67,9 57,8 Rouler cool en voiture et éteindre le moteur aux arrêts prolongés 44,8 64,7 58,3 Je récupère toutes les matières recyclables acceptées par ma municipalité 77,2 66,3 55,1

10 10 Défi Je composte à la maison, ou je participe à la collecte de matières organiques de ma municipalité Temps 1 (Questionnaire 2) Temps 2 (Questionnaire 4) Sélection Temps 2 (Questionnaire 4) Réalisation 44 55,6 44,9 À partir des résultats du Tableau 2, il est possible de faire des comparaisons entre la proportion de jeunes intéressés à réaliser un défi au Temps 1 et la proportion de jeunes ayant sélectionné ce défi ainsi que la proportion de jeunes ayant réalisé ce défi. D abord, concernant les défis sélectionnés, nous pouvons observer que la proportion de jeunes ayant sélectionné un défi au Temps 2 est plus grande que la proportion de jeunes ayant montré un intérêt envers ce défi au Temps 1 et ce, pour tous les défis à l exception du recyclage. Ceci signifie que les jeunes ont sélectionné plus de défis que ce que l on aurait pu s attendre en fonction de leur intérêt avant le début des ateliers (Temps 1). On peut donc émettre l hypothèse que globalement, les ateliers ont permis aux jeunes d être intéressés à sélectionner plus de défis, ce qui peut être attribuable au fait que les ateliers amènent une meilleure connaissance des défis et les rendent ainsi plus accessibles. Les analyses khi-carré réalisées révèlent que la différence entre les deux temps de mesure est significative pour tous les défis sauf pour le défi de marcher ou de prendre son vélo, étant donné que les proportions sont très similaires au Temps 1 et au Temps 2. En poursuivant l explication des résultats du Tableau 2, concernant les défis réalisés, le profil est plus disparate puisque la proportion de jeunes ayant réalisé un défi

11 11 au Temps 2 peut être plus grande (éviter l achat de bouteilles d eau, remplacer une proportion de viande par un substitut, rouler cool en auto), plus petite (marcher ou prendre son vélo, récupérer les matières recyclables) ou similaire (privilégier l achat de produits frais locaux, abaisser la température de 3 degrés, composter) à la proportion de jeunes s étant montrés intéressés à réaliser ce défi au Temps 1. Selon les analyses khicarré, les différences observées sont toutes significatives, sauf pour les défis dont la proportion de jeunes est similaire aux deux temps de mesure (privilégier l achat de produits frais locaux, abaisser la température de 3 degrés, composter). Soulignons également que les défis de remplacer une portion de viande pour un substitut et de composter représentent les défis suscitant le moins d intérêt chez les jeunes au Temps 1 et étant le moins sélectionnés et réalisés au Temps 2. Par ailleurs, des analyses test t ont été réalisées afin de vérifier si le nombre de défis sélectionnés et réalisés au Temps 2 diffère du nombre de défis suscitant l intérêt des jeunes au Temps 1. Pour les défis sélectionnés, les jeunes ont sélectionné en moyenne significativement plus de défis (5,67 défis) au Temps 2 comparativement au nombre de défis moyen (4,84 défis) pour lesquels ils ont montré un intérêt au Temps 1. Quant aux défis réalisés, aucune différence significative n est observée (Temps 1 = 4,84 défis et Temps 2 = 4,85 défis), ce qui est attribuable aux résultats divergents présentés précédemment.

12 12 Sur le plan des difficultés rencontrées, rappelons un résultat intéressant ressorti au Temps 2 : les jeunes ayant rapporté la difficulté d avoir sélectionné trop de défis ont significativement réalisé plus de défis que ceux ne l ayant pas rapportée. Ceci signifie donc que sélectionner plusieurs défis représente un facilitateur de la réalisation. Ce résultat vient confirmer celui obtenu avec la cohorte de 2013 (Questionnaire 1). Enfin, des analyses khi-carré ont été réalisées pour des variables mesurées aux deux temps de mesure et recodées en variables dichotomiques (ex : faible sentiment de responsabilité, fort sentiment de responsabilité). Ces variables sont l attitude générale, le sentiment de pouvoir et de responsabilité, la communication avec l entourage concernant l environnement ou les ateliers, l intérêt à faire partie d un comité environnemental ainsi que la connaissance des changements climatiques. Les résultats montrent qu il n y a pas de différences significatives entre les deux temps de mesure pour la majorité des variables. Toutefois, une différence significative est notée dans le cas de deux variables : la communication concernant l environnement ou les ateliers et la connaissance des changements climatiques. Plus précisément, les jeunes ont significativement plus échangé avec leurs proches concernant leurs apprentissages dans le cadre du projet Bourse du carbone Scol ERE (62,5 ; Temps 2) comparativement à seulement 19,1 des élèves qui rapportaient parler de protection de l environnement avec leur famille au Temps 1. On peut donc supposer que les ateliers Bourse du carbone Scol ERE ont permis de placer la protection de l environnement au cœur des discussions entre les jeunes et leurs parents, ce qui n était pas le cas auparavant. Quant à la connaissance des changements climatiques, les résultats révèlent que suite à la participation au projet Bourse du carbone

13 13 Scol ERE, les jeunes rapportaient significativement plus savoir ce que sont les changements climatiques (87,2 ; Temps 2) comparativement à 69,7 qui rapportaient avoir cette connaissance au Temps 1. Par conséquent, nous pouvons avancer l idée selon laquelle les ateliers de la Bourse du carbone Scol ERE ont permis aux jeunes d avoir une meilleure connaissance et compréhension des changements climatiques. Bilan des résultats aux deux temps de mesure D abord, rappelons les conclusions tirées du Rapport des données au Questionnaire 2 (Temps 1). Différents facteurs sont identifiés comme étant des aspects favorisant l intérêt des jeunes à réaliser un nombre plus élevé de défis : percevoir les gestes de protection de l environnement comme étant faciles et importants à réaliser; avoir un entourage qui se montre en faveur de la protection de l environnement, avoir un sentiment de responsabilité et de pouvoir quant à la protection de l environnement; échanger ouvertement avec sa famille sur ce qui a trait à l environnement; manifester un intérêt à faire partie d un comité environnemental. En ce qui concerne les conclusions tirées du Rapport des données au Questionnaire 4 (Temps 2), il a été montré que la sélection d un défi est en lien avec la réalisation de celui-ci. Donc, lorsqu un défi est sélectionné par un jeune, il est significativement plus réalisé. Quant aux difficultés rencontrées, le fait d avoir sélectionné trop de défis amène à sélectionner et à réaliser plus de défis. À ce propos, nous avons précédemment émis l hypothèse à l effet que la sélection d un défi peut représenter une forme d engagement et ainsi favoriser sa réalisation. Ce résultat vient

14 14 appuyer le résultat obtenu avec la cohorte de l année 2013 (Questionnaire 1). Par ailleurs, au niveau des quatre dimensions mesurées (attitude, perception de difficulté, intention, influence subjective), le fait de penser qu un défi permet d aider à protéger l environnement, de le trouver facile à réaliser, d avoir l intention de le poursuivre et que les membres de l entourage encouragent la réalisation favorisent la sélection et la réalisation de ce défi. Notons toutefois qu une attitude favorable envers un défi s avère être la variable ayant le moins d impact. Ces résultats rejoignent ceux obtenus pour la cohorte de l année 2013 (Questionnaire 1). Quant au comparatif des deux temps de mesures, il est possible de constater une cohérence entre les deux temps, c est-à-dire que le défi le plus sélectionné et réalisé (Temps 2) est celui d éviter l achat de bouteilles d eau et qu il arrive au 3 e rang au niveau de la proportion de jeunes intéressés à le réaliser (Temps 1). À l inverse, les deux défis suscitant le moins l intérêt et étant les moins sélectionnés et réalisés sont de remplacer une portion de viande par un substitut et de composter. Ces résultats sont cohérents puisque ces trois défis arrivent au même rang au niveau des quatre dimensions prédicatrices, soient l attitude, l influence subjective, la perception de difficulté et l intention de poursuivre le défi. Par ailleurs, il n y a pas de différences entre les temps de mesure lorsque nous comparons le nombre de défis suscitant l intérêt et le nombre de défis réalisés. Par contre, une différence significative ressort pour les défis sélectionnés, c est-à-dire que les jeunes sélectionnent un nombre plus élevé de défis comparativement au nombre de défis qui suscitaient leur intérêt. Enfin, soulignons que suite aux ateliers de la Bourse du carbone Scol ERE, les jeunes ont rapporté avoir une meilleure connaissance

15 15 des changements climatiques et avoir échangé davantage avec leurs proches concernant leurs apprentissages et donc, au sujet de la protection de l environnement. Conclusion générale Au cours de l année 2013 et 2014, quatre questionnaires ont donc été administrés aux deux cohortes de jeunes ayant participé au projet Bourse du carbone Scol ERE. Ces questionnaires visaient à mesurer différentes variables avant et après la participation afin de mieux déterminer si les jeunes s engagent et maintiennent les défis au fils du temps. Nous en venons à la conclusion que les jeunes continuent de réaliser les défis et ce, même un an plus tard. Il semble donc que certains acquis du projet Bourse du carbone Scol ERE persistent au fil du temps. Globalement, soulevons deux résultats éloquents quant à l efficacité des ateliers du projet Bourse du carbone Scol ERE. En considérant tous les questionnaires, 90 des élèves ont réalisé au moins un défi au cours du projet. Ainsi, nous pouvons penser que la participation au projet Bourse du carbone Scol ERE incite les jeunes à poser des gestes afin de protéger l environnement en les invitant à réaliser des défis. De plus, toujours en considérant tous les questionnaires, il est possible de constater que parmi les jeunes ayant sélectionné un défi, 78,64 ont rapporté avoir réellement réalisé ce défi. Autrement dit, le fait de sélectionner un défi semble influencer positivement l élève afin de réaliser ce défi.

16 16 Différents facteurs semblent en lien avec la sélection et la réalisation des défis, notamment l opinion de l entourage à l effet que le jeune devrait réaliser les défis, la perception qu il est facile de réaliser le défi et l intention de poursuivre le défi. La croyance à l effet qu un défi permet d aider à protéger l environnement est parfois en lien avec la sélection et la réalisation de ce défi, mais ce n est pas un automatisme. L attitude envers un défi est donc un facteur ayant moins d impact sur la réalisation de ce défi, ce qui est cohérent avec les résultats dans la littérature à ce sujet. Un autre gain important grâce au projet Bourse du carbone Scol ERE est de favoriser une meilleure connaissance des changements climatiques et de susciter plus d échanges entre le jeune et son entourage concernant la protection de l environnement. À leur tour, ces deux éléments ne peuvent que favoriser l engagement des jeunes à réaliser plus de comportements favorables à l environnement. Un autre aspect favorisant l engagement des jeunes et la réalisation des défis est le fait d avoir sélectionné au préalable les défis. Il semble donc très pertinent d encourager les jeunes à sélectionner des défis, car ce simple geste consiste en une forme d engagement en soi. Les recommandations émanant du présent rapport sont à l effet qu il est important de tenter de renforcer chacune de ces dimensions mentionnées précédemment (influence des proches, facilité, intention à continuer un défi, attitude favorable) afin d encourager la réalisation des défis et de favoriser l engagement. En comparant le défi le plus sélectionné et réalisé (éviter l achat de bouteilles d eau) à celui le moins sélectionné et réalisé (remplacer une portion de viande par un substitut), nous pouvons penser que le premier est un comportement relativement intégré aux habitudes des familles et

17 17 relativement facile à réaliser, alors que le second peut constituer un comportement relativement nouveau pour les familles et donc, plus difficile à réaliser. Pour ce dernier défi, une sensibilisation plus grande des parents et des jeunes serait importante pour parvenir à un réel changement à cet égard. Globalement, l intervention afin d amener les jeunes à s engager à poser des actions concrètes pour l environnement devrait passer par plusieurs canaux de communication, soit directement par l école, mais également par la sensibilisation des proches de l élèves afin que ceux-ci soient plus favorables aux comportements écologiques et aient une influence positive sur leur jeune. En vue d une future évaluation des retombées du Projet Bourse du carbone Scol ERE, voici quelques suggestions. D abord, s il y a deux temps de mesures pour une même cohorte, il serait possible de s assurer de passer les questionnaires aux mêmes jeunes afin de pouvoir pairer les données. Ceci n a pas été effectué dans le cas présent puisque les échantillons étaient différents aux deux temps de mesure de chaque cohorte. De plus, il serait intéressant d obtenir une mesure plus objective des défis réalisés, qui pourrait être par le biais des économies constatées à la Bourse du carbone Scol ERE. Les questionnaires auto-rapportés demeurent une source d information subjective et ont tendance à avoir un biais de désirabilité sociale; les jeunes répondent alors la réponse qui

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