DES ANGES. Novarina LE MATRICULE. Deus ex JULIUS MARGOLIN MARCEL COHEN LES PETITS MATINS FRED LÉAL BERTRAND DE LA PEINE FREDERICK BUSCH ARNOST LUSTIG

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1 LE MATRICULE DES ANGES Le mensuel de la littérature contemporaine N 119. Janvier ,50 JULIUS MARGOLIN MARCEL COHEN LES PETITS MATINS FRED LÉAL BERTRAND DE LA PEINE FREDERICK BUSCH ARNOST LUSTIG Deus ex Novarina

2 LIVRES REÇUS Poésie première N 48 (L Engagement) Sarrazine N 12 Hétérographe N 4 Aden N 9 (Intellectuels de la République espagnole , vol.2) Harfang N 37 Europe N (Miguel de Cervantès) Rougedéclic N 2 (Monde sucré) Lgo N 4 Trou N 20 Vacarme N 53 (Programmes et utopies) Tango N 2 (Fous de Paris) Nunc N 22 Roger Munier) Olivier Magny Dessine-moi un Parisien Paul Doherty L Homme masqué Steve Toltz Une partie du tout Edmund White Mes vies Colum McCann Et que le vaste monde poursuive sa course folle Shalom Auslander Attention Dieu méchant Jennifer Johnston Un Noël en famille Colm Tóibín L Epaisseur des âmes Victoria Lancelotta Cœurs blessés ACTES SUD Dryansky Joanne & Gerry Satan Lake Frank Huyler Le Droit de la soif Javier Pastor Mat échec Yehoshua Kenaz Chair sauvage et autres histoires Claudia Pineiro Elena et le roi détrôné Arnaldo Calveyra Le Cahier grec AIRE (L ) Laurent Schlittler Séjour à la nuit ALBIN MICHEL Jacques Sternberg Sophie, la mer et la nuit Willy Vlautin Plein Nord Daniel Alarcon La Guerre aux chandelles Dan Chaon Cette vie ou une autre AMANDIER (ÉDITIONS DE L ) Luc Tartar Sauvez Régine AMOURIER (L ) Eva Almassy Limites de l amour Marie-Claire Bancquart Explorer l incertain Michaël Glück Passion Canavesio Michel Ménaché Archéologie de l enfer ANDRÉ VERSAILLES Maurice Mæterlinck Mæterlinck: Œuvres ARACHNOIDE Pierre Michon/Guy Petitdemange/ Bruno Tackels Trois cailloux pour Walter Benjamin Mathieu Bénézet Il vient d un enfant dans un autre livre ARBRE VENGEUR Marc Wersinger La Chute dans le néant ARPENTEUR (L ) Bruno Krebs Sans rive ATALANTE Serge Valletti Sale Août (suivi de) John a-dreams ATELIER DE L AGNEAU (L ) Pierre Drogi Levées ATTENTE (L ) Caroline Dubois Arrête maintenant AU FOND DU GRENIER José Galdo Le Recrachement des doublures... AUBE (ÉDITIONS DE L ) Youssef Seddik Le Grand Malentendu: L Occident face au Coran Nicole Malinconi Si ce n est plus un homme AUTREMENT Gaëlle Josse Les Heures silencieuses BAS VÉNITIEN (LE) Dominique Sarr L Histoire véridique de Makhtar BELFOND Haruki Murakami Sommeil BELLES LETTRES Akiko Yosano Cheveux emmêlés George Steiner Langage et silence BLEU AUTOUR Leïla Sebbar Shérazade: 17 ans, brune, frisée, les yeux verts Füruzan Pensionnaire d Etat Collectif Aflou Djebel amour BLEU DU CIEL Philippe Adam Les Légumes verts BOURIN ÉDITEUR Théophile Gautier Zigzags en France BRUIT DES AUTRES (LE) Thierry Renard/Ahmed Kalouaz Un monde à l envers BRUIT DU TEMPS Kamo no Chômei Notes sans titre: Propos sur les poètes et la poésie et Notes de ma cabane de moine BUCHET CHASTEL Valérie Clo Plein Soleil Le Livre libre: Essai sur le livre d artiste CATAPLUM Ana Maria Shua La Saison des fantômes Jérôme Nadar Mémoires d un homme sans tête CERF Clélia Anfray Zola biblique CHEMIN DE FER (ÉDITIONS DU) Pierre Autin-Grenier Elodie Cordou, la disparition Carole Zalberg L Invention du désir Violette Leduc Je hais les dormeurs CHERCHE MIDI (ÉDITIONS DU) Jacques Prévert L Avènement d Hitler CHEYNE Deborah Heissler Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe COMPTOIR D ÉDITIONS Jean-Pierre Ostende Superparc supernaturel CONTRE-PIED Dorothée Volut Scènes extérieures CORRIDOR BLEU (LE) Collectif Ré pon nou DAME D ONZE HEURES (LA) Jean-Marc Sourdillon Les Miens de personne DÉCOUVERTE (LA) B. Traven La Charrette B. Traven Rosa blanca DENOEL Gilles Sebhan Domodossola: Le Suicide de Jean Genet DERNIER TÉLÉGRAMME Jacques Sivan/Cédric Pigot Galaxie pandora Marc Perrin Avoir lieu DIALOGUES Sylvia Tabet L Atelier rouge DIFFÉRENCE (LA) Alfred Jarry Gestes et opinions du docteur Faustroll pataphysicien Mohamed Leftah Le Dernier combat du Captain Ni mat Michel Grodent La Grèce existe-t-elle? DILETTANTE (LE) Murielle Renault Oui... Franz Bartelt La Fée Benninkova André Blanchard Autres directions DOGANA (LA) Philippe Denis Alimentation générale Philippe Denis Sur une hauteur obstinée Anna Akhmatova L Eglantier fleurit et autres poèmes ÉCRITURE Joseph Vebret Coquineries littéraires Alfred Alexandre Les Villes assassines EDICIONS DAU CHAMIN DE SENT JAUME Jean-François Migaud Couvrailles ÆNCRAGE & CO Antoine Emaz Poèmes pauvres Yves Bergeret Un étranger vient voir Ogo ban ENCRE MARINE Robert Misrahi/Hélène Fresnel Savoir vivre: Manuel à l usage des désespérés ÉRES Pascal Bouchard Je n entendais pas le cri des pierres ESCAMPETTE (L ) Michel Host Trente poèmes d amour ESPERLUETE ÉDITIONS François Emmanuel Sept chants d Avenisao Frédérique Bertrand Déjà Noël Gertrude Stein Willie est Willie FAYARD Anne Vallæys Edward dans sa jungle Jean Védrines La Belle étoile FINITUDE Georges Perros La Pointe du raz dans quelques-uns de ses états Jean Ferry Le Mécanicien et autres contes FLAMMARION Marie-Louise Chapelle Prononcé second FOLIO Collectif Qui sont les animaux? Miguel de Cervantès Don Quichotte II Miguel de Cervantès Don Quichotte I FRAM Pierre Gilman Presque bleu GALAADE ÉDITIONS Gore Vidal Lincoln GALLIMARD Zéno Bianu Le Désespoir n existe pas Jean Genet La Sentence (suivi de) J étais et je n étais pas Frank Deroche Bio Olga Aleksandrovna Slavnikova 2017 Benjamin Crémieux XX e siècle Alain Sevestre Manuel de l innocent Jean Rouaud Comment gagner sa vie honnêtement Akira Mizubayashi Une Langue venue d ailleurs GALLMEISTER Ron Carlson Le Signal GRAND OS Aurelio Diaz Ronda L O de trous HARMATTAN Louis-René Des Forets Ostinato: L Ecriture comme lutte HÉROS-LIMITE Élie Reclus Le Pain INFOLIO Tatiana Victoroff Anna Akhmatova Daniel Maggetti/Stéphane Pétermann La Beauté sur la terre de C.F. Ramuz JACQUELINE CHAMBON Alain Claude Sulzer Une autre époque JEAN-PAUL BAYOL Maxime Fœrster L Art d être odieux: Nouveaux essais sur le dandysme JOSÉ CORTI Ludwig Bechstein Le Livre des contes L UNE ET L AUTRE Alain Vulbeau Coupe-gorge Jean-Pierre Otte L Ombre et l anneau Chloé Delaume Le Deuil des deux syllabes LÉO SCHEER Patrice Trigano La Canne de Saint Patrick LIANA LEVI Aline Kiner Le Jeu du pendu LIBERTALIA Jack London Un Steak LUX Eduardo Galeano Paroles vagabondes MARGUERITE WAKNINE Max-Pol Fouchet Bissière Paul Gauguin Racontars de rapin Luigi Russolo L Art des bruits: Manifeste de 1913 MASQUE Ron Rash Serena MAURICE NADEAU Christian Dufourquet Un chapeau dans la neige MÉTAILIÉ Giancarlo de Cataldo Le Père et l étranger Giancarlo de Cataldo/Mimmo Rafele La Forme de la peur Sherko Fatah Le Navire obscur MLD Line Aressy L Absente de tout bouquet OBSIDIANE Marc Vaillancourt L Honneur manque de bras Jules Barbey Aurevilly (D ) Les Bas- Bleus et autres ridicules du temps OLIVIER (L ) Bertrand de Robillard Une interminable distraction au monde Frédérique Clémençon Les Petits Denis Grozdanovitch La Secrète mélancolie des marionnettes P.O.L Gwenaëlle Stubbe Ma tante Sidonie Hubert Lucot Le Noyau de toute chose Jacques Jouet L Histoire poèmes Catherine Henri Libres cours Dominique Meens Aujourd hui rougie PART COMMUNE Tony Garfitt Jean Grenier: Un écrivain et un maître Pierre Tanguy Petit carnet de paternité PASSE DU VENT Claudine Lebègue A ma zone PHÉBUS Alain Defossé Mes inconnues: Solange, Denise, Mado POINTS Aharon Appelfeld Et la fureur ne s est pas encore tue Will Self No smoking Irvine Welsh Glu PRESSES DU RÉEL Haroldo de Campos Une poétique de la radicalité PROMENEUR (LE) Leonor Fini/A.P. de Mandiargues L Ombre portée: Correspondance PUF Jorge Luis Borges Tlön, Uqbar, Orbis Tertius, El Sur QUINTES-FEUILLES Adolfo Caminha Un amour d ébène ROBERT LAFFONT Siegfried Lenz Le Dernier bateau Siegfried Lenz Le Bureau des objets trouvés SEPTENTRION Heinz Wismann/Patricia Lavelle Walter Benjamin, le critique européen SEUIL Henry James La Situation littéraire actuelle en France Heinrich Böll Le Testament (suivi de) Croix sans amour Belén Gopegui Le Père de Blanche- Neige Charles Robinson Dans les cités Shahriar Mandanipour En censurant un roman d amour iranien SILLAGE Leonid Andreiev Les Sept pendus Natsume Sôseki La Porte Junichirô Tanizaki Le Tatouage et autres récits Attila Jozsef Ni père ni mère TARABUSTE Alain Nadaud D écrire j arrête TERRE DE BRUME Fred Johnston Orangeman VENTS D AILLEURS Johary Ravaloson Géotropiques Emmanuel Goujon L Imperméable VERDIER Honoré de Balzac Illusions perdues: Du manuscrit à l édition «Furne corrigé» VERTICALES Gaëlle Obiégly Le Musée des valeurs sentimentales VOIX D ENCRE Irène Dubœuf La Trace silencieuse 02 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

3 JANVIER VALERE NOVARINA DOSSIER.- Écrivain, dramaturge, metteur en scène, il invente une langue pour déjouer les sens, défaire le réel, rendre l homme à sa nudité d animal parlant. Il crée une nouvelle pièce, Le Vrai sang, jouée au théâtre de l Odéon du 5 au 30 janvier. Couverture: Olivier Roller 08 JULIUS MARGOLIN ÉVÉNEMENT.- Voyage au pays des Ze-Ka ou ses récits du Goulag de 1940 à MARCEL COHEN DOMAINE FRANÇAIS.- Fragments méditatifs, Faits s insurge contre le sort fait à l homme. 14 LES PETITS MATINS ÉVÉNEMENT.- La jeune maison investit le champ contemporain sous diverses formes: de l essai d actualité aux nouvelles écritures. 34 FRÉDÉRIC LÉAL PAROLE.- Roman sombre et cocasse, Délaissé plonge dans le quotidien périlleux d un médecin à l humeur vagabonde. Sommaire # AGENDA 05 VU À LA TÉLÉ 06 REPÈRES 10 REVUES 11 THÉÂTRE 12 ESSAIS 16 CHOSES VUES 17 TEXTES & IMAGES 28 DOMAINE FRANÇAIS INDEX 33 L ANACHRONIQUE 37 DOMAINE ÉTRANGER 43 TRADUCTION 46 POÉSIE 51 HISTOIRE LITTÉRAIRE 53 LES ÉGARÉS 54 INTEMPORELS 55 COURRIER 56 ZOOM Frank Mayer, Tidiane N Diaye, Wielfrid Stroh, Sabine Revillet, Lise Martin, Jon Fosse, Renzo Tosi, Alexandre Vialatte, Mathieu Terence/Richard Millet, Eloi Valat, Mervin Peake, Fabienne Juhel, Frédérique Clémençon, Bertrand de la Peine, Jean-Pierre H. Tétart, Patrick Bouvet, Éric Chauvier, Duong Thu Huong, Hakan Lindquist, László Krasznahorkai, Iouri Bouïda, Tomás Gónzalez, Frederick Busch, Laird Hunt, Jon Ronson, Adolf Rudnicki, Cynan Jones, Umberto Saba, Gunter Brus, Pete Dexter, Arnost Lustig, Jonathan Lethem, Andrea Levy, Yves Leclair, Constantin Cavafy, Maïakovski/Khlebnikov, Yves Bonnefoy, Éric Ferrari, Francis Cohen, Guennadi Gor, Patrick Wateau, Marcel Duchamp, Stanislas Brzozowski, Robert Antelme, Paul Achard, Marlen Haushofer, Wilhelm Genazino. Vœux pieux L année 2011 commence bien. (Il faut être résolument optimiste pour écrire ça un 24 décembre, hypothéquant sur toutes les catastrophes qui pourraient endeuiller le nouvel an). Elle commence bien, puisqu elle affiche un écrivain (et un artiste) dont le travail est un démenti perpétuel à la domination qui voudrait faire du langage l instrument sommaire du bourrage de crâne, de l aliénation mentale, de l endormissement universel. Valère Novarina, puisqu il s agit de lui, souffle depuis le mitan des années 70 une parole décoiffante, qui puise autant dans l histoire des langues que dans sa propre invention, des manières de défaire, déconstruire, transpercer le réel, si le réel est ce mur de représentations qu on nous impose. Reste un paradoxe au cœur de notre travail. Pour dire l existence de cette langue (mais celles, multiples, d autres écrivains qui, à leur manière, défont aussi les icônes figées du monde), nous n avons à notre disposition que la langue fustigée de leurs ennemis : la langue de la communication. Paradoxe de la critique qui fait mine de parler littérature en se cantonnant dans le journalisme. Mais, puisque l optimisme est de rigueur (dans quelques heures, les cloches sonneront l ouverture des cadeaux, on s embrassera déjà passablement ivres, les enfants feront monter leur voix dans des tonalités aiguës rarement atteintes, la joie recouvrira le monde chrétien), faisons le vœu d une possible réconciliation. Après tout, le langage est plus riche que ce qu on en sait, et pour peu que chacun s en donne les moyens, il devrait être possible de dire peu ou prou l indicible d une œuvre avec les moyens de la langue commune. Il doit être possible de dire par exemple que la neige a détourné un certain nombre de gens de leurs habitudes, plutôt que d affirmer que l épisode neigeux ne génère aucune pagaille. Des progrès ont déjà été faits. Ainsi, plutôt que de dire qu on ne veut pas de gens du voyage chez nous (ce qui serait grotesque), on signale qu il sera désormais interdit d habiter dans une roulotte, une yourte, un camion. Notez, le mot «yourte», gage d une ouverture du lexique chez le législateur dont on devine combien l appel à découvrir l autre a guidé la plume. C est sûr qu à l aune des derniers jours de 2010, 2011 s annonce rayonnante. Il vaudrait mieux d ailleurs, puisqu on nous promet la fin du monde pour l année suivante. Mais que cela ne vous empêche pas de faire de nouvelles découvertes littéraires. C est tout ce qu on vous souhaite. C est tout ce qu on est capable de vous souhaiter. Bonne année Thierry Guichard LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER

4 AGENDA RENCONTRES, COLLOQUES, FESTIVALS Place aux géants Olivier Roller Michel Deguy L année nouvelle débutera sous le signe des «Géants», à la maison de la poésie de Paris. La scène du passage Molière accueillera en effet les poètes Bernard Noël, Michel Deguy, Yves Bonnefoy, ainsi que Stéphane Hessel. «Ces jeunes énergies d hommes de 80 ans explorent encore l intense archipel de la langue créatrice des merveilles gratuites de l esprit, de l invention et de l autonomie de l homme être dans notre temps esclave de la marchandise et de l agitation, écrit son directeur, Claude Guerre. Nous devons écouter ces géants de notre temps, qui viennent aussi d un autre temps». Le cycle s ouvrira le 7 janvier par une table-ronde («Le monde comme un poème», 20h30) réunissant les quatre invités, avant de se décliner en journées particulières pour chacun d eux, au gré de récitals, rencontres, actualité éditoriale ou expositions. Celle avec Bernard Noël aura lieu le lendemain au cours de laquelle il donnera une conférence sur les «Figures d humanité». Le 9 janvier, Yves Bonnefoy évoquera son parcours, notamment à travers son rapport à la peinture et aux arts plastiques, avant de lire (en compagnie de Michaël Lonsdale) des poèmes de Yeats ou Leopardi. La soirée avec Stéphane Hessel (14 janvier) prendra la forme d une grande joute poétique : le récent auteur d Indignez-vous! affrontera le traducteur André Markowicz Enfin, entre la projection de deux films qui lui sont consacrés (dont l un sur son atelier d écriture), Michel Deguy dialoguera avec Denis Guénoun et Claude Mouchard sur «Justice et justesse : l engagement». Le cycle «Les Géants», dont c est ici la premier volet, se terminera avec une journée (le 16) dédiée à deux «inventeurs du service public dans la radio et dans la poésie» : Pierre Schaeffer et Pierre Seghers. * «Les Géants», du 07 au 16/01, à la maison de la poésie de Paris, 157, rue Saint-Martin, Paris) Lettres ouvertes Àpartir du 20/01, la médiathèque José-Cabanis à Toulouse accueille un cyle de rencontres autour de la littérature voyageuse. Des «Humeurs vagabondes» en compagnie de l'éditeur au long cours Michel Chandeigne, à qui l'on doit Le Voyage de Magellan (13 h), de Frédéric Gros et Sylvain Tesson (le 03/02), du sociologue Marc Augé (17/02) et du romancier Jean-Marie Laclavetine (02/03). toulouse. fr Olivier Roller Marc Augé Du 11 au 14/01. À Valence, L Amour conjugal, d après Alberto Moravia, mise en scène Matthieu Roy, Le Bel Image. Du 12/01 au 13/02. À Paris (3 e ), Une phrase pour ma mère, lamento-bouffe de Christian Prigent, mise en scène et interprétation Jean- Marc Bourg, Maison de la poésie. Du 14 au 22/01. À Strasbourg, Ciseaux, papier, caillou de Daniel Keene, mise en scène Marie- Christine Soma et Daniel Jeanneteau, au TNS. Du 17/01 au 12/02. À Paris (18 e ), Le Tigre bleu de l Euphrate de Laurent Gaudé, mise en scène Michel Didym, avec Tckéky Karyo, Théâtre ouvert. Le 17/01. À Paris (7 e ), hommage à José Saramago, à l'occasion de la publication de Caïn (Seuil), 18h30, Maison de l'amérique latine. Le 18/01. À Paris (19 e ), Patti Smith lit des extraits de ses livres sur Robert Mapplethorpe, La Mer de corail (Tristram) et Just Kids (Denoël), 20 h, Cité de la musique Les 20 et 21/01. À Paris (5 e ), colloque Agustina Bessa-Luís autour des deux moteurs d'écriture de la romancière portugaise: «audace et défigurations», centre culturel Calouste Gulbenkian (Censier) Les 21 et 22/01. À Strasbourg, Journées des poétiques, «L amour la poésie», avec des lectures de Marcel Moreau, Claude Louis-Combet, Maximine et Jean-Paul Klée, médiathèque centre-ville. Du 21/01 au 09/02. En Bourgogne, 15 e festival Temps de paroles inspiré par cette phrase de Desnos «Se heurter à la foule et courir par les rues». Lectures à voix haute, exposition, débats. Ouverture du festival par Paul Nizon (à Dijon, hôtel de Vogüé, 17h30). Jusqu'au 22/01. À Marseille (2 e ), expostion consacrée aux éditions Al Manar, espaces de rencontre entre écrivains (souvent francophones) et plasticiens originaires du bassin méditerranéen. Au Centre international de poésie. Le 24/01. À Paris (4 e ), Irène Jacob lit des textes d Irène Némirovsky, 19h30, Mémorial de la shoah. Le 25/01. À Bobigny, rencontre avec António Lobo Antunes à l'occasion de la parution de Mon nom est légion (Christian Bourgois), 20 h à la MC93. Laquelle lui consacre par ailleurs une saison entière de sa programmation. Le 31/01. À Paris (10 e ), les éditions Verticales font leur rentrée littéraire d hiver avec des lectures de Nicole Caligaris, Gaëlle Obiégly, François Bégaudeau, Hugues Jallon, Jean-Charles Massera & Pascal Sangla, 19h30, Point Ephémère. Jusqu au 30/01. À Issy-les- Moulineaux (92), Colette Deblé expose à la médiathèque 130 livres d artiste sur le thème «Des femmes s envolent». Les 04 et 05/02. À Paris (3 e ), colloque «Céline, réprouvé et classique», 11 h à 21 h, centre Pompidou. 04 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

5 VU À LA TÉLÉVISIONFRANÇOIS SALVAING Allons, le Père Noël n était pas toujours une ordure. Cette année, les fêtes avaient clos une rude période dont l un des plus rudes moments, aux yeux de Timothée, avait été l interview du président de la République par la fine fleur des présentateurs en poste : Claire Chazal, Michel Denisot et David Pujadas. Timothée, qui plaçait très haut l art de poser des questions, avait eu devant cet éprouvant exercice d aplatissement des uns devant l autre, et des autres par l un, les sentiments de l amateur d opéra à qui on aurait promis Placido Domingo, mais refourgué, en remplaçant au pied levé, Julio Iglesias, ou ceux du fan du Barça et d Arsenal que l on aurait contraint à suivre un match entre Gueugnon et Pacy-sur-Eure. Et un coup d œil sur les programmes de fin d année sur les différentes chaînes l aurait découragé d allumer son poste pendant quinze jours, si, justement, le Père Noël n avait déposé au pied de son sapin un coffret contenant les neuf épisodes de la première saison d En analyse. Du coup, de son téléviseur, il ne décolla plus que pour l indispensable et le foie gras du jour de l An. Pourtant, Freud sait qu il avait tordu le nez devant le cadeau (collectif, par-dessus le marché, vu le prix du coffret). En analyse Devait-il y lire un message, y entendre une invite, y flairer une moquerie? Mais non! Qu allait-il chercher là! Tout au plus, une marque d étonnement : comment ce téléphage pouvait-il avoir manqué les différentes diffusions, certes sur des chaînes subalternes, des deux saisons de cette série née et fameuse en Israël, puis rachetée pour un remake américain, celui-là maintes fois récompensé (scénariste, réalisateur, directeur de la photographie, acteur principal, acteurs secondaires ) par les académies et les festivals spécialisés de par le vaste monde occidental. Timothée ne mit pas un épisode pour adopter Paul Weston, psy successivement confronté à quatre patients puis à la consœur à qui chaque vendredi soir il raconte sa semaine et à laquelle l oppose, entre autres, un important débat théorique : peuvent-ils rendre les gens heureux? Paul voudrait le croire, Gina s efforce de l en dissuader. Tous les épisodes (deux heures) sur ce modèle. Avec donc pour uniques décors deux salons. À quelques entrebâillements près où l on entrevoit l appartement (et l existence familiale) de Paul. Seul aliment fourni à notre intérêt (mais celui-là à jet continu, et c est sans conteste le plus riche qui soit) : l humanité des uns et des autres, telle que leurs langages, des mots et des corps, la livrent et la masquent. Si Laura est venue en analyse, c est, déclare-t-elle, pour savoir ce qu elle doit répondre à l ultimatum de son amant : se marier ou se séparer. Alex, c est sur l injonction de sa hiérarchie militaire qui veut être sûre de pouvoir l envoyer de nouveau piloter son bombardier en Irak, où il a, par erreur, atteint une école et tué une quinzaine d en- Sous le sapin fants. Sophie, jeune gymnaste, sa compagnie d assurances veut comprendre si elle a ou non tenté de se jeter à vélo sous une voiture. Amy et Jack s en remettent au psy pour leur dire s ils doivent ou non, malgré leurs incessantes disputes, accueillir l enfant dont, ô surprise, elle est enceinte. Et Paul lui-même, pour reprendre la vieille plaisanterie de Mark Twain, ne se sent pas très bien : crise de la cinquantaine, ménage qui bat de l aile, et trois ados à domicile avec qui le dialogue est de plus en plus difficile. Timothée, même à n avoir jamais entamé de psychanalyse, a du premier coup d œil repéré que le dispositif en place chez Paul Weston n est pas celui fixé par la vulgate freudienne : en guise de divan, un canapé, où le patient, loin de s allonger, fait face au fauteuil de son psy. Cela semble favoriser, effusifs ou agressifs, les élans des patients vers le thérapeute. En tout cas, les auteurs d En analyse jouent à merveille de leur billard à trois bandes : histoires des consultants, histoire de leur shrink (le terme anglais dérive d un verbe signifiant rétrécir au choix ou se dérober ), histoires non moins mouvementées de leurs relations, Laura par exemple se décrétant amoureuse de Paul, et draguant sous ses yeux Alex Timothée estima, enthousiaste, que le mérite essentiel d En analyse, le risque majeur pris par ses concepteurs, étaient d avoir fait du silence le matériau principal du spectacle. Le silence à la télévision est d ordinaire prohibé, assimilé à un temps mort, pur gaspillage quand la seconde de publicité vaut si cher. Et cette hantise du trou, du blanc, conduit, à son avis, plus d un présentateur, plus d une femme politique à multiplier, tels des rustines sur les roues de leur discours, les tics de langage. Il a noté chez Martine Aubry, par exemple, que Voilà fait office de ponctuation (Je pense, voilà, que l unité fait la force, voilà). Chez Laurent Delahousse, il s attend à trois Tout ça (Voyons tout ça, Machin nous raconte tout ça) par journal télévisé, au moins au bas mot, comme on dit. Alors que (quel repos! quel plaisir!) les personnages d En analyse, y compris le thérapeute, paraissent extraire, péniblement parfois, d un puits de silence leur texte, et il leur arrive, en pleine séance, d y replonger comme dans une mer familièrement naufrageuse, ou au contraire inconnue, lustrale, vivifiante. LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER

6 REPÈRES Équipée sauvage Publié en 1958, le récit d un tueur de bisons plombe un peu le mythe de l Ouest américain. Si le bison d Amérique a plus ou moins été exterminé, c est parce qu il était misfit. Comprenez cinglé, désaxé, inadapté à la domestication et donc au progrès, selon un symptôme utilitariste que Tocqueville relevait déjà en 1845 chez nos voisins d outre-atlantique. Frank Mayer ( ) a pu en témoigner, lui qui passa sept ans de sa jeunesse à traquer sans relâche cette espèce dont des troupeaux innombrables peuplaient jusque dans les années 1860 les grandes plaines du Middle West. Lorsqu il mourut, entouré d un véritable petit culte local, il avait auparavant pris soin de confier les souvenirs de ses vertes années à Charles B. Roth, journaliste quelque peu opportuniste et alors à la recherche d une bonne histoire à raconter. Il fit paraître le témoignage de Mayer quatre ans plus tard, en 1958, sous un titre évocateur: The Buffalo Harvest. Ce texte, que les éditions Anacharsis ont choisi d intituler Tueur de bisons, est donc la chronique d un massacre du point de vue de l un des derniers runners, sorte de Buffalo Bill qui n aurait connu ni les feux de la rampe ni les faveurs de l histoire. À la manière d un old-timer racontant ses souvenirs de guerre à des pieds tendres, Frank Mayer évoque les rêves d enrichissement rapide d un jeune homme fraîchement démobilisé par la Guerre de Sécession, la réalité d un métier moins lucratif et moins rose qu il n y semblait tout d abord. Il énumère les combines et les risques de la «course», qu il a pratiquée une dizaine d années, s étend longuement sur les mérites respectifs de ses différents fusils, sur les méthodes d abattage des bisons, et mentionne un peu plus brièvement ses rencontres avec les Indiens, qui lui «gâchaient la vie», mais dont quelques-uns firent aussi les frais de ses talents de tireur. Il est probable qu à sa sortie, dans une Amérique insouciante, The Buffalo Harvest fut accueilli comme un texte folklorique, comme une pierre de construction de l épopée nationale alors en plein essor: celle du Far West. Il est sûr en revanche que la réception d un tel texte ne peut se faire aujourd hui qu a contrario et que l on peine à nommer ce qui est le plus pathétique: l héroïsme de pacotille de Mayer, qui admet qu en fait d aventure, tuer le bison n a jamais été plus difficile ni plus dangereux que de faire un carton à la foire? L épouvantable massacre de quelque quinze millions d animaux en l espace de dix ans? La responsabilité des gouvernements américains qui virent sciemment la chasse au bison comme un moyen d en finir avec les Indiens en privant ceux-ci d un élément essentiel à leur alimentation comme à leur culture? Même retranscrit, même traduit, et avec tous les prismes déformants qui s imposent à la lecture de ce document humain (dont, principal, celui du journaliste Charles B. Roth), Tueur de bisons semble sortir d un autre âge. Ce texte, qui n est pas sans déranger parfois, l est précisément parce qu il associe le récit d un désastre écologique à une narration qui, si elle laisse parfois pointer un peu de désillusion, est emprunte d une gouaille réjouissante et d un niveau d inconscience qui laisse pantois. C est le cas lorsque Mayer raconte ses différents assassinats, massacres d animaux mais aussi d Indiens. Ou bien lorsqu il affirme a posteriori que «le massacre était peut-être une chose scandaleuse et inutile. Mais c était aussi une chose inévitable, une nécessité historique». Ou bien, plus lucide : «On le savait pas, alors mais nous autres coureurs on ouvrait le chemin aux éleveurs avec leurs immenses troupeaux et leurs pâturages illimités, plus tard aux sédentaires et plus tard encore aux drive-in, aux «hamburger palace», aux clubs de femmes et à l agriculture subventionnée». Si ce document humain a de quoi mettre en berne l héroïsme et le mythe de l Ouest, et de manière plus prophétique peut-être, il a au moins le mérite de nous rappeler que les catastrophes collectives sont souvent le fait des plus innocents. Etienne Leterrier TUEUR DE BISONS DE FRANK MAYER Traduit de l anglais par Frédéric Cotton Anacharsis, 112 pages, 14 e PAR-DELÀ LES TENEBRES BLANCHES DE TIDIANE N DIAYE Gallimard, «Continents noirs»,, 155 pages, 17,90 e Nous n affirmons pas, comme les autres Blancs, que nous aimons les nègres. Le fait que les nègres ressemblent aux êtres humains et agissent de même ne fait pas nécessairement d eux des êtres doués d intelligence. Les crapauds ne sont pas des porcs-épics et les lézards ne sont pas des crocodiles tout simplement parce qu ils se ressemblent. Si Dieu avait voulu que nous soyons égaux aux nègres, il nous aurait créés uniformément avec la même couleur, la même intelligence. Mais il nous a créés différents : BLANCS, NEGRES, JAUNES. Les dominateurs et les dominés.» Ce discours du président de l Afrique du Sud Pieter Botha, prononcé en 1986, ouvre le dernier ouvrage de l anthropologue Tidiane N Diaye. Il annonce et légitime auprès de ses «frères et sœurs Afrikaners» le projet de génocide du peuple noir. Il se fera dans les maternités, où les partisans de l extermination, médecins et infirmiers, élimineront les nouveau-nés. Il se fera dans les bars réservés aux noirs, où l on injectera dans les verres des produits qui rendent stériles. Ce projet porte un nom, Project Coast, mené par celui que l on surnommait le Dr la Mort, Wouter Basson, qui fut en charge de mettre au jour, dans ses laboratoires, une molécule mortelle «sensible à la mélanine qui pigmente la peau des noirs. En somme une arme de destruction massive». Tidiane N Diaye remonte ainsi le cours de l histoire de ce continent, et de ses bourreaux, dont les ancêtres protestants calvinistes furent aussi persécutés par les lois religieuses et nationales de l Europe au XVII e siècle. L anthropologue retrace le parcours des multiples ethnies africaines, européennes et asiatiques qui ont marqué de leur empreinte un territoire que nombre d historiens ont réduit à la seule immigration européenne. C est à une véritable aventure historique que nous convie Tidiane N Diaye, des tribus Koï et Bochiman, aux premiers immigrants néerlandais, au bâtisseur d empires Chaka le chef des Zoulous, jusqu aux Anglais précurseurs de l apartheid. Puis il y eut Nelson Mandela, dont le nom originel, Rolihlahlah, signifie «celui qui cause des problèmes» Virginie Mailles Viard 06 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

7 REPÈRES Du zinc pour la pensée Tout tient dans l adjectif. «Petite» si l on s en tient au ton, et à la faculté qu a Wielfrid Stroh de nous introduire comme dans un western au cœur des discussions qui ont tout simplement fondé la pensée occidentale. Non pas qu il y ait les bons et les méchants, mais le fil du discours tient au fond à un jeu de questions, de réponses, retours, précisions et élargissements. Et pour de vrai, le lecteur est tenu en haleine : de Gorgias «sorcier de la rhétorique» au «who s who de la seconde sophistique» nulle place pour l ennui, tout tient dans le récit fulgurant et puissant qu en fait l auteur. Des noms quelquefois croisés qui ne sont plus pour nous qu une suite de lettres tempétueuses, Hermagoras de Temnos ou bien encore Menenius Agrippa, se dressent droit devant nous, discourent, et fabriquent l histoire comme sous nos yeux. «Petite», pas vraiment si l on compte les 514 pages nouées serré, 25 chapitres, un épilogue, une bibliographie commentée : une «somme» serait même un bien piètre euphémisme pour ce monument incroyable qui semble tout savoir, tout dire, tout raconter, et surtout, tout expliquer. On se prend tout à coup à se gausser avec Stroh de ces générations de philosophes, qui, petits ignorants, ont bien fait de Gorgias le premier nihiliste, alors que lorsqu il écrivit son célèbre discours sur l être, il ne pensait qu à traiter rhétoriquement «un thème confus et absurde». On se prend à sourire de même quand enfin Freud semble avoir un peu pompé son «travail du rêve» sur quelques figures de rhétorique comme par exemple «la représentation par le contraire», lui qui suivit une formation classique humaniste bien imprégnée de rhétorique antique. Du dîner en ville aux colloques internationaux, de «Questions pour un champion» à l examen d entrée d Harvard, le «petit» livre bleu de Stroh est désormais indispensable. Gilles Magniont LA PUISSANCE DU DISCOURS. Une petite histoire de la rhétorique dans la Grèce antique et à Rome DE WIELFRID STROH Traduit de l allemand par Sylvain Bluntz, Les Belles Lettres, 514 pages, 27 e Petit traité Si le préjugé voulait imaginer que les États- Unis sont un pays dénué de philosophes, outre aujourd hui John Rawls et sa Théorie de la justice, il faut parmi bien d autres compter Ralph Waldo Emerson ( ), ce transcendantaliste pour qui l essence spirituelle de l être est fondamentale. Cette belle publication des Travaux et les jours (Fédérop, 136 pages, 14 e), tiré d un ensemble plus vaste, Société et solitude, attire notre attention sur l harmonie de l individu et de la nature. Dans une prose intensément lyrique, ce sont cinq petits essais vantant «La vie à la campagne» dans le cadre de ce qu il faut appeler un romantisme américain. De la nostalgie de l âge d or à la communauté utopiste de «Brook Farm», le blâme de la propriété du territoire et de l argent est l envers d un éloge du fermier («celui qui crée»), du marcheur, des paysages et du climat du Massachussetts : «La marche exerce aussi une influence sur la beauté.» Son éducation «en sciences de la beauté» est à lire dans le cadre de ce que l on nommera plus tard l écologie : «Un homme devrait porter la nature dans sa tête». Thierry Guinhut Renard le japonisant En 1899, l éditeur Floury mettait en vente cent exemplaires d un florilège des Histoires naturelles de Jules Renard, illustré de vingt-deux lithographies de Toulouse-Lautrec. Le prestigieux exemplaire N 7 qui reparaît aujourd hui en fac-similé (PUF, 128 p., 29 e) avait été dédicacé au comédien Lucien Guitry, qui, à une époque où le monologue faisait recette, déclamait souvent les petites proses de son ami Renard sur les planches. Et quelle dédicace! Renard a ajouté de sa main sur chaque page de nouvelles scènes inédites, dialoguées le plus souvent, mettant en jeu animaux et végétaux : «Le rosier Oh! ce vent!/ Le tuteur Je suis là./ La rose Me trouves-tu belle?/ Le frelon Il faudrait voir les dessous./ La rose Entre.» Où l on constate une fois encore que Jules Renard fut le plus japonisant des écrivains français, une sorte de haïjin amusé détournant les règles pour livrer dans ses saynètes toute la délicatesse de son art, toute la finesse de ses observations. Éric Dussert Du solide Sans doute trop marqué par la fascination-répulsion qu il avait suscité durant l ère coloniale, le cannibalisme est longtemps resté l un des plus passionnants impensés des sciences humaines, en particulier de l anthropologie. Depuis Darwin, en effet, on pense l anthropophagie en termes synchroniques, en opposant le «civilisé» et le «sauvage». Georges Guille-Escuret tente de combler en partie ce vide, en posant la question simple mais fondamentale : le cannibalisme est-il véritablement le signe de sociétés primitives, est-ce vraiment le symptôme de groupes humains non historiques? Posée ainsi, la question revient à interroger les deux interdits majeurs du cannibalisme : l interdit social et l interdit religieux. Une fois ces interdits analysés, c est le préjugé qui tendrait à faire considérer à l humanité dite «civilisée» que l anthropophagie relève d un scandale, qu elle émane de l animalité, occupe les marges d un espace civilisé, qu elle serait donc l «avant», ou «l au-dehors» de l histoire, qui se révèle caduc. Là où la question se corse en effet, c est lorsqu on remarque que l homme a pratiqué l anthropophagie non seulement dans le cadre de société dites «primitives», mais également au sein de civilisations brillantes, à commencer par les Aztèques. Au terme d un parcours qui réclame de suivre quelques méandres méthodologiques de Georges Guille-Escuret (à la fois biologiste et ethnologue), on pourra conclure avec l auteur que : «La dimension historique des sociétés dites primitives n apparaît jamais aussi visiblement que dans les manifestations concrètes du cannibalisme». Si l on regrette, au terme de cette stimulante réflexion, que l auteur n ait pas toujours eu un égal souci de donner à son texte une forme et un style parfois plus comestibles, on attend en revanche non sans appétit les deux autres volumes en préparation. Etienne Leterrier SOCIOLOGIE COMPARÉE DU CANNIBA- LISME, I DE GEORGES GUILLE-ESCURET, PUF, 376 pages, 27 e LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER

8 ÉVÉNEMENT JULIUS MARGOLIN L arpenteur de l extrême De 1940 à 1945, Julius Margolin est déporté au Goulag, près d'arkhangelsk : son récit, Voyage au pays des Ze- Ka, est une œuvre majeure de la littérature concentrationnaire, chronologiquement une des premières, littérairement une des plus riches. Résumons les faits. Le docteur Julius Margolin, journaliste indépendant, père de famille, citoyen polonais, résidant en Palestine de façon permanente, un homme en bonne santé qui n a rien à voir avec l Union Soviétique et n a commis aucun délit contre ce pays, est retenu par l Armée Rouge sur le territoire polonais au moment où il s apprête à regagner Tel-Aviv. Son passeport, son visa sont en règle. Après avoir vérifié son identité et constaté qu il n est ni espion, ni voleur, ni assassin, on aurait dû le laisser repartir chez lui. ( ) Que se passe-t-il finalement? Le docteur Margolin est retenu pendant neuf mois, puis arrêté et accusé absurdement d avoir enfreint le régime des passeports, comme si la détention d un passeport polonais par un citoyen polonais pouvait être une violation de la loi soviétique; il est ensuite envoyé dans un camp de redressement par le travail pour une durée de cinq ans. Ceux qui le connaissent perdent sa trace.» Ainsi Margolin résume-t-il lui-même, avec une sorte d ironie contenue, à peu près au milieu de son odyssée douloureuse au pays de Ze-Ka (abréviation pour désigner les prisonniers des camps à partir des initiales z et k, «zeks» chez Chalamov ou Soljenitsyne) les «faits» qui l ont conduit là. Comme pour des millions d autres êtres humains au même moment, l absurde et le tragique s emmêlent, le Hasard et l Histoire se marient en des noces funèbres pour tisser des destins bouleversés, imprévisibles : les uns mourront sous les bombes, les autres au front, d autres enfin dans les chambres à gaz ou les neiges de la Kolyma. D autres résisteront: ayant plusieurs fois échappé à la mort (devenu un «dokhodiagui», l équivalent, au Goulag, des musulmans des camps nazis), Margolin, au terme de cinq ans de camp, rejoindra Israël et y écrira, dans l urgence et la nécessité du témoignage, ces 800 pages. Une version partielle sera publiée en France chez Calmann-Lévy sous le titre La Condition inhumaine, mais n obtiendra qu une audience limitée, à l époque peu propice du scandaleux procès Kravtchenko. Voici donc la première édition intégrale, fruit d un patient travail d élaboration que l on doit à Luba Jurgenson, par ailleurs traductrice de Chalamov et spécialiste reconnue de la littérature des camps. La première partie de l œuvre est d autant plus passionnante que les témoignages sur cette période dans cet espace géographique sont assez rares (quelques nouvelles d Adolf Rudnicki par exemple): Margolin, fuyant la partie de la Pologne que le pacte germano-soviétique a concédée à l Allemagne, se retrouve donc dans les territoires annexés sans autre forme de procès par l URSS. Entre la Lituanie au nord et la Roumanie au sud, il ne cesse, comme un rat de laboratoire aux prises avec une expérimentation sadique, de tenter de s échapper mais sans succès. Il analyse avec froideur les erreurs de la Pologne antisémite et nationaliste des années 30 et décrit surtout, en pa- Le royaume de la faim et de l esclavage où les hommesfauves règnent. 08 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

9 rallèle, les illusions que nombre de Polonais conservent quant au rêve communiste (la réalité de l occupation viendra vite les détromper) et la stupéfaction des soldats russes découvrant les merveilles de cet Occident qu on leur avait décrit en proie à la misère et au chômage. Le plan de Staline, enclenché dès avant l invasion, doit être mené à bien : les élites polonaises doivent être éliminées (songeons à Katyn ) et une bonne partie de la population déportée en Asie DR centrale ou au Goulag : le nettoyage ethnique est à l ordre du jour. Les Juifs n y échappent pas : outre ceux qui se trouvaient sur place depuis des siècles, un grand nombre, fuyant ce qu ils savaient déjà de l entreprise d extermination nazie, vient se jeter dans la gueule du loup (mais beaucoup échapperont ainsi aux Einsaztgruppen qui, deux ans plus tard, procéderont, en ces mêmes lieux, à la Shoah par balles). Dès que Margolin est arrêté, tout bascule très vite, la prison est bien un «seuil»: «Je cessai d être un homme. Ce changement se produisit de but en blanc, comme si, brusquement, par un beau jour clair, j étais tombé dans une fosse profonde.» À partir de là tout s enchaîne vers le pire. Sommairement interrogé puis jugé, il parvient, au terme d un pénible voyage (dans la cale du bateau qui les mène sur l Onega, d énormes rats dévorent les chats puis s attaquent aux prisonniers ) au pays des Ze-Ka qui «ne figure sur aucune carte soviétique et ne se trouve dans aucun atlas. C est le seul pays au monde où il n y a aucune discussion sur l URSS, aucune illusion et aucune aberration». Margolin mêle alors avec aisance, dans ces centaines de pages, en suivant une trame globalement chronologique, des récits de rencontres ou de scènes marquantes, des descriptions extrêmement détaillées des conditions de travail et de survie (les normes, les règlements, la hiérarchie, la «dépersonnification» ), des portraits effrayants ou pathétiques, et des passages plus réflexifs, allant jusqu à la méditation politique ou métaphysique. C est le royaume de la faim et de l esclavage, où les droits communs (les «ourkis», «hommes-fauves») règnent, où la corruption affame les affamés, où le vol vous prive du moindre reste de propriété personnelle et où rien n est jamais acquis, pas même le minuscule morceau de pain conservé jusqu à la venue du sommeil pour tromper la faim. Si, dans les premiers temps, Margolin ressent encore «un immense étonnement et un défi moqueur», il va vite alterner entre le désespoir, la fatigue extrême et des sursauts de résistance, en particulier intellectuelle, puisqu il parviendra même, durant certaines périodes de sa captivité, à écrire trois livres (qu il ne pourra bien entendu pas conserver)! Sans doute Margolin poursuivait-il, REPERES 1900 Naît à Pinsk, alors située dans la «zone de résidence» juive de l Empire russe 1936 Premier voyage en Palestine. Sa femme et son fils s y installent De passage en Pologne, il est à Lodz quand éclate la Seconde Guerre mondiale 1940 Est arrêté, le 19 juin, à Pinsk, par le NKVD Juin 1945 Est libéré, après cinq ans d emprisonnement dans différents camps du Goulag Écrit Voyage au pays de Ze-Ka 1971 Décède à Tel-Aviv en écrivant ces pages, plusieurs buts: tout d abord il parvient à analyser avec précision, avec une admirable sagacité, le fonctionnement même du système des camps, la nécessité qu ils représentent à la fois pour la bonne marche économique («le plus grand complexe industriel de l histoire») et idéologique du régime stalinien. Par ailleurs, et il le répète souvent, il désire laisser une trace, même fugace, ne serait-ce que par un prénom, un rapide croquis, un geste révélateur, de tous ceux qui sont morts, près de lui, dans les souffrances et dans l anonymat et il bâtit ainsi un tombeau aux Ze-Ka inconnus. Mais il semble qu il voulait plus encore attirer l attention, dans ces années de l immédiat après-guerre, sur un système qui était encore florissant et tout aussi criminel mais il a échoué. Dès l écriture, il le sent bien et même autour de lui en Israël la «désapprobation» l environne, il pressent qu on ne voudra pas l entendre: se tient face à lui «un deuxième mur de pierre, dressé par la lâcheté et la traitrise». Pourtant et non seulement pour l URSS mais aussi bien pour les démocraties, non seulement pour les crimes d hier mais aussi pour ceux d aujourd hui le devoir est simple, la tâche est claire : «Chaque crime commis dans le monde doit être appelé par son nom, à voix haute.» Thierry Cecille VOYAGE AU PAYS DES ZE-KA DE JULIUS MARGOLIN - Traduit du russe par Nina Berberova et Mina Journot, édition révisée et complétée par Luba Jurgenson, Le Bruit du temps, 784 pages, 29 e Extrait On était en juillet, pendant le court été nordique. Les gardes, armés de fusils, veillaient dans les quatre tours de guet ; une haute palissade avec des barbelés nous séparait de la liberté. A l intérieur du camp, le «spectacle» se déroulait. Les hommes étaient en veston, qu ils avaient eu beaucoup de peine à trouver chez les libres du village. La vue de Ze-ka en veston déchaînait les rires. Puis on ouvrit le bal. Au son de l accordéon, on dansa la valse et la polka. Des femmes vêtues de jupes élimées et de vestons d homme tournaient dans les bras de cavaliers en pantalons rapiécés, en chemise de deuxième catégorie, avec des visages cadavéreux, aux joues creuses, des têtes rasées, des bouches édentées. A droite, le cachot ; à gauche, le «crématoire des poux» ; devant, la zone interdite ; derrière, le poste de garde! Pour chacun, la prison, la faim, une vie brisée, la mort d êtres chers, la séparation d avec les proches! C était une idylle, une fête de camp. LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER

10 REVUES En bref Depuis 2006, la revue marocaine Nejma ouvre les portes de Tanger et de ses écrivains. Son sixième numéro célèbre Paul Bowles ( ). L auteur d Un thé au Sahara qui écrivait à propos du désert «Ce qui est beau pour moi, c est l absence de tout» fut aussi un compositeur brillant et un personnage paradoxal, retors, «nomade insatiable doublé d un mondain éclairé et doué». Dans ses ombres, lumières et volutes de fumées, la revue nous fait découvrir sa femme Jane Bowles, «écrivaine hyper-terrestre», et tout un pan de la Beat Generation, les Burroughs, Ginsberg, Corso et autres Kerouac. Ainsi que les écrivains marocains Mohamed Choukri et Mohamed Mrabet que Bowles révéla, traduit et déposséda de leurs droits d auteur NEJMA N pages, 10 e Parler, implique la volonté d être compris par le plus grand nombre ; le contraire peut aussi paraître pertinent. Au sein des peuples, civilisations, littératures s inventent des langages cachés que traque ici, Sigila, la revue transdisciplinaire sur le secret. Si les ludiques louchébem, les langues de feu ou le javanais ont des équivalents portugais, la khabbale semble unique et assurer la protection de la vie et de la culture. Cette oscillation entre profane et sacré se retrouve en littérature, des troubadours en passant par Ignace de Loyola, Pascal Quignard et l Oulipo. Un numéro aussi sérieux et amusant que l enfance. SIGILA N pages, 16 e (21, rue Saint- Médard Paris) La revue CCP présente le premier ensemble consacré en France au Black Mountain College, école des arts (musicaux, chorégraphiques, poétiques, picturaux, théâtraux, etc.) fondée en 1933 par John Rice dans un coin reculé de la Caroline du Nord, dont le poète Charles Olson, l auteur du Maximus, fut le dernier recteur (jusqu en 56). L histoire de ce college fut, comme le rappelle Jean-Pierre Cometti, de croire que l idée démocratique ne commence que par le souci de l éducation dont l enseignement des arts est central à son émancipation. Avec des textes de Robert Creeley, Robert Duncan, Charles Olson. CAHIER CRITIQUE DE POÉSIE N pages, 15 e (cipm) D. A. & E. L. Pacte avec le Diable D epuis sa naissance fin 2006, Le Diable probablement prête une oreille attentive à ce monde dans lequel nous vivons, parfois abattus, souvent fascinés. Les écoutilles grandes ouvertes, cette revue enregistre le bourdonnement de notre époque. Elle observe les modes qui nous agitent, dans tous les sens que le mot «mode» revêt : façons d être (profondes) et tendances (passagères). Dans cette 8 e livraison, Le Diable sort son stéthoscope pour ausculter, dans un dossier bien fourni, «les passions contemporaines». Elles sont, croit-on comprendre, de deux ordres. Il y a celles qui sont vices, penchants, ruminations : c est le racisme, l antisémitisme, le néo-colonialisme. Et celles, bonnes intentions autoproclamées, qui ont mal tourné : qu on songe ne serait-ce qu à l écologie, au bio, à la muséification culturelle ou encore à l usage obsessionnel des nouvelles technologies. Ces dernières années ont ainsi vu (re) naître et sévir, plus ou moins ouvertement, telle ou telle de ces passions. Prenant acte ou position, les auteurs, trentenaires pour la plupart, questionnent les rhétoriques et les attitudes et, ce faisant, cultivent Nul n est tenu? C est à «l impossible» que Grumeaux se donne pour cette deuxième livraison. Quoique: elle sera parvenue à être «volontairement épaisse elle doit pouvoir faire mal si on la lance», et «volontairement bon marché ce qui garantit une bonne diffusion et des recettes minables». À cette question donc, à laquelle Bataille ne cessera de renvoyer, une vingtaine d auteurs répond. À commencer par le philosophe Bernard Aspe («Le sang des gestes») dont la réflexion entreprend de comprendre un «hiatus», selon Günther Anders, à «l intérieur de la vie humaine, un hiatus qui prenait la forme d une disproportion entre ce qu un homme [de la société technique] pouvait faire et ce qu il pouvait se représenter», soit ce qui se joue entre toute praxis et des puissances dont elle ne mesurerait plus les effets et l étendue. Où l impossible de l acte (révolutionnaire) se loge-t-il et peut-il en sortir, telle est la question du débat auquel Aspe s attelle. Graphique, le travail de François Henninger crée de l impossible par un montage détourné de planches BD des années 60. Bruno Fern, lui, donne à lire un vers de Mallarmé à travers son découpage syllabique. Méditant sur l impossible transparence du langage, l exercice de Fern n apparaît pas seulement brillant, mais revigorant. Enfin, Christian Prigent définit son impossible comme la pugnacité de l écriture «à représenter quand même. Choisir de configurer l impasse en pire. C est-à-dire tenter de former dans la mesure verbale quelque chose de la démesure de l expérience individuée». Il le montre en passant d une version ancienne de poèmes écrits sous «l effet d émois érotiques» à leur version anti-lyrique, sacrifice de «l idéalisme effusif» et renversement de «l illusion du rapport (sexuel, verbal)»: exemple ce «Ou chiffon moche sur ciel de foutre qu ose/froisser zig et zag le rire des foudres roses». Signalons aussi l essai d Alenka Zupancic sur Lacan et la section «passe-passe» où un auteur du numéro précédent (Jacques Demarcq) présente un nouvel auteur: l étonnant Jean Renaud écrit avec, c est-à-dire selon (Pascal, Les Pensées selon V. Novarina; Flaubert, Madame Bovary, selon C. Reznikoff). Emmanuel Laugier GRUMEAUX N pages, 10 e (éditions Nous) cette vigilance qu il faut nourrir à l égard des recommencements et recompositions d un monde passionnel. C est-à-dire excessif, démesuré. Lever une partie du voile sur les mécanismes qui font, dans un sens ou l autre, tourner notre monde, c est donc ce qui occupe Le Diable. À cette auscultation aussi raisonnée qu assaisonnée du «bel aujourd hui», ajoutez une bonne dose d international, une pincée de politique, un zeste de théâtre et un soupçon de sport, et vous obtenez la partie «chroniques» de la revue. Spontanées ou plus élaborées, il y en a de très instructives, notamment celles de L-D Samama (sur la rockn rollisation de Cuba) et J.-F. Leimann (sur la notion d évaluation). Et puis l on trouve des entretiens avec quatre invités Pascal Bruckner, Christian Louboutin, pointure s il est en du monde de la chaussure, le virtuose Nicolas Stavy et le metteur en scène Alain Françon où l on n apprend surtout beaucoup de l art d être passionné. Bref, cette revue a bel et bien quelque chose entre les deux oreilles: des yeux pour voir notre temps et un cerveau qui carbure pour le décrypter. C est bien le diable si vous ne trouvez pas là-dedans matière à penser. Anthony Dufraisse LE DIABLE PROBABLEMENT N pages, 10 e (Verdier) 10 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

11 THÉÂTRE Monstres en tête S abine Revillet dit travailler sur l intime, l horrible et la fantaisie. Ce drôle de mélange crée la singularité de cette écriture qui fait parler nos monstres avec pudeur, en partie grâce à la fantaisie en question. Fissure de sœur est construit comme un puzzle de quatorze séquences. Il faut attendre les dernières scènes pour que se dessine l histoire, que nous recueillons en même temps que les deux policiers de la pièce. Au début, le lecteur pense que Karine et Delphine sont bien des copines d école. La prise de parole de Karine est mystérieuse, une suite de monologues, souvent courts, qui évoquent une petite fille à l imaginaire tourmenté. Karine raconte son corps envahi d animaux, elle parle de Jeanne l Ouragan- Femme, de la préparation de sa fugue, de son désir de devenir sœur jumelle de Delphine. Delphine, elle, assaille sa mère de questions, entre autres sur la puberté. Pour arriver à faire taire sa fille, la maman finit en général par exploser de colère, dans un flot Mauvais élèves L es éditions Lansman publient deux pièces de Lise Martin ayant un même décor: celui de l école. Pablo Zani est le personnage principal du premier texte conçu comme un monologue-récit, un journal de bord de l école. Pablo est un peu cancre, son grand frère est délinquant, sa mère l élève seule. Ce petit gars se bagarre, parfois avec ses poings, surtout contre l image qu on lui renvoie de lui-même. La pièce met le doigt sur le phénomène de l échec scolaire et de ces étiquettes qui collent à la peau un peu trop facilement. Elle raconte aussi les petites injustices subies juste parce qu on est dans les derniers de la classe. Lise Martin a choisi d écrire une pièce tendre, avec des mots d enfants qui refont le monde des adultes plus coloré. L auteur réussit à faire vivre un personnage très attachant, avec ce petit Pablo qui raconte son quotidien avec la vitalité de l enfance. Azaline se tait est une pièce plus âpre. Azaline est une petite fille qui invente de drôles de jeux dans la cour de récréation. Elle adapte des contes de fées cruels, où des loups et verbal égrenant des visions d horreur. Lorsque le chien Tom meurt en mangeant de la mousse au chocolat, surgissent les suspicions d empoisonnement et l envie de tuer Karine, rendue responsable de la mort du chien. Cette obsession apparaît extravagante en même temps qu inquiétante. L arrivée des policiers est traitée avec cette même impression d irréalité. Le lecteur a la sensation de se trouver dans un jeu d enfant qui tournerait mal. Jusqu à ce que nous comprenions qu il s agit d une construction mentale permettant à la violence de se raconter. Que Delphine et Karine sont une même petite fille, l enfant s étant «divisée en deux pour survivre» à la violence de la maman-jeanne-l Ouragan- Femme. Sabine Revillet décale le récit par sa façon de mêler gravité et légèreté. La découverte de cette écriture est une vraie belle surprise. L. Cazaux FISSURE DE SŒUR DE SABINE REVILLET Éditions Théâtrales/Journées de Lyon des auteurs de théâtre, 48 pages, 11,50 e des ogres tuent, coupent des têtes et des mains. Elle distribue ensuite aux autres élèves qui forment son clan, les rôles qu ils doivent jouer. Mais Azaline va trop loin dans ses jeux, ses camarades portent des marques d étranglement, les parents s inquiètent, un tribunal d enfants va la condamner à la nuit, une nuit qu elle redoute. Elle se met alors à raconter une histoire vraie, la sienne, celle de son père qui la viole la nuit. Ce deuxième texte, très court, d une dizaine de pages, est incisif et très efficace. Lise Martin utilise la parole chorale mettant en jeu les élèves de la classe, ce qui accélère encore le mouvement de la pièce. Nous sommes dans un conte cruel où l enfance est dévorée. Avec, comme constante dans les deux pièces, la question de la cécité, le fait de ne pas voir les drames en train de se tisser. L. C. PABLO ZANI À L ÉCOLE ET AZALINE SE TAIT DE LISE MARTIN Éditions Lansman, 56 pages, 10 e LE MANUSCRIT DES CHIENS I ET II DE JON FOSSE Traduits du norvégien par Terje Sinding L Arche, «théâtre jeunesse», 68 et 46 pages, 11 et 9 e En 2002, L Arche avait publié Le Manuscrit des chiens III, l histoire d Haktor, le célèbre chien de bateau qui voit son quotidien menacé par l arrivée d une chienne plus jeune venue le seconder dans sa tâche. Deux autres chiens ont donc maintenant leur manuscrit, Websterr et Olav. Ils ont en commun d être vieillissants et confrontés à la solitude, ce qui les rend mélancoliques et philosophes. Websterr est le chien du premier manuscrit, c est aussi celui de la vieille Oline. Il ne supporte plus de devoir chaque soir se coucher avec la vieille dame et décide de s échapper pour devenir le chien solitaire qu il a toujours rêvé d être. Il veut courir au secours de la jolie petite chienne qui attend qu on vienne la sauver et puis voir la mer. Cette escapade, très pénible au final, va le mener tout droit dans les bras de la vieille Oline, qu il est heureux de retrouver. Olav, le chien des fjords, est le héros du deuxième manuscrit. Il veut rendre visite à Bard, le chien des forêts, un solitaire comme lui. Sur le chemin, il rencontre deux dames chiens splendides, sa vie de célibataire endurci va connaître de grands bouleversements. Nous avons là deux textes qui fonctionnent comme des récits à la troisième personne du singulier, dans une forme de monologue basculant par moments dans le dialogue. La pensée du chien ou sa parole est toujours citée: «Car le chien Websterr commence à se faire vieux, pense-t-il, et alors il est grand temps qu il s en aille. Un jour il fallait bien s y décider, pense le chien Websterr en courant aussi vite qu il peut.» La langue de Jon Fosse est la matière première du texte. Elle prend le temps de se dérouler, se répéter, se contredire. Elle impose son rythme à la lecture des destins de ces chiens qui deviennent diantrement humains et nous renvoient un drôle de miroir. L. C. LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER

12 ESSAIS CRITIQUE Sagesse en transit Un universitaire italien et sa brillante traductrice se sont livrés à un travail de romain : recenser 2286, pas moins, sentences grecques et surtout latines. Loin de toute cuistrerie, et assez près de nous. On peut plaire à tout le monde le proverbe a menti. Au philosophe, qui découvrira ici, dans les paradoxes et les contradictions de la sagesse, une image de nos propres incohérences ; à l Européen convaincu, qui refermera le livre de Renzo Tosi convaincu de l unité de sa culture ; à l amoureux du latin, évidemment, qui retrouvera les constructions tassées d où sort le rythme puissant des proverbes. Et des adages, des aphorismes, des apophtegmes, qu accompagnent commentaires historiques, littéraires et philologiques, selon une présentation limpide, avec classement par chapitres thématiques : de quoi mettre les gnomai en mouvement. L ambition déclarée humblement par l auteur est de découvrir, en évacuant les terminologies inutiles, l unité intellectuelle et affective de notre culture. Quel est donc le contenu de ce patrimoine «sapientiel»? Il y a à boire et à manger, le meilleur et le pire. Tous les préjugés s y rencontrent, des injonctions très sensées faites aux femmes Mulier taceat in ecclesia, c est-à-dire qu à l Eglise une gonzesse doit se taire à la saine répugnance des rouquins Sub rubea pelle non est aliquis sine felle, autrement dit sous la peau d un rouquin il n y a que méchanceté, pas vrai? Pêle-mêle encore les vérités empiriques désenchantées malam herbam non perire : la mauvaise herbe ne meurt pas!, l éloge de vertus pâlottes quod differtur non aufertur: ce qui est différé n est pas perdu, mais non, plus quelques oxymores prompts à freiner l enthousiasme ou à pondérer l action festina lente : hâte-toi lentement, hop hop, sans oublier les sentences désabusées sur l inutilité de penser de façon nouvelle. Umberto Eco, dans un petit essai préliminaire, montre justement qu un peuple gouverné par ces proverbes, vivant «selon» eux, ne saurait fonder une République heureuse «La sagesse du passé ne nourrit pas l affamé». Oui, mais ici il y a aussi de petits bijoux: un avertissement poétique Abyssus abyssum invocat : l abysse invoque l abysse, manière élégante d indiquer qu un malheur en appelle un autre, d intrigantes ambiguïtés grammaticales comme dans ces mots qui ouvrent L Enéide, «Sunt lacrimae rerum»: sontce les larmes qui coulent au spectacle du monde, ou les choses elles-mêmes qui se trouvent imbibées de pleurs? Ainsi, tout n est pas tiède dans la sagesse. On y découvre même une certaine audace politique Cesar non supra grammaticos, César n est pas au-dessus des grammairiens, voire une étrange radicalité dans la devise de l obéissance jésuitique Perinde ac cadaver: Tel un cadavre reprise en octobre 35 par Léon Trotski. Car c est là le charme du topo: il voyage. Nous pouvons ainsi remonter ad libitum à la fraîcheur référentielle d une expression éculée. «Une seule étincelle provoque parfois un incendie» : notez qu il s agit de la flammèche qui alluma le grand incendie de la guerre du Péloponnèse; et n oubliez pas qu au bout du curriculum vitae, il y a la sédimentation navrante de la circonférence du stade parcouru par l athlète. Certes il faut boire nunc est bibendum mais pourquoi pas en songeant à la paix retrouvée après le suicide d Antoine et de Cléopâtre? En aval aussi, le proverbe s enrichit, acquiert hic et nunc une fortune nouvelle: les significations et les formes de changer, les films, les romanciers (Balzac notamment), les opéras de s emparer des vieux adages. Ventum seminabunt et tubinem metent: ils sèmeront le vent et récolteront la tempête, et ce passage biblique inspirera Malcom X dans le commentaire jugé scandaleux de l assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Rien n est donc définitivement usé. Gilles Magniont DICTIONNAIRE DES SENTENCES LATINES ET GRECQUES DE RENZO TOSI Traduit de l italien par Rebecca Lenoir, Jérôme Million, 1792 pages, 29 e MON KAFKA ALEXANDRE VIALATTE Les Belles Lettres, «Le Goût des idées», 192 pages, 13 e C e volume présente la plupart des textes écrits par Vialatte ( ) sur Kafka ( ), dont il fut le premier traducteur en France (avec Le Procès, traduit en 1933). Il s agit de textes épars, réunis après sa mort (donc non revus, ce qui explique les nombreuses redites d un article à l autre), et complétés de quelques chroniques, traitant aussi bien de Kafka lui-même que de ses livres. Pour le dire autrement: le témoignage d une rencontre entre une œuvre et une vie. Nous avions le «Tombeau d Edgar Poe» par Mallarmé, il nous manquait celui de Kafka. Vialatte s en est chargé (mais sans le vouloir), lui qui avait pressé cet enfant pendant une trentaine d années contre sa mamelle auvergnate (après avoir lu seulement quelques pages du Château, il notait déjà que «la logique n était plus la même» autour de lui). Les propos de Vialatte y sentent le dithyrambe et le «péché d admiration», comme l aurait dit Charles Du Bos : «Kafka était un dieu, mais un dieu inconnu et je m étais fait son prophète»; mais à l évidence, le chroniqueur iconoclaste de La Montagne n était pas dupe de ses propres excès : «Il y a longtemps que je me suis fait de Kafka l idée fausse qui m est nécessaire». Cet aveu de glorification éclaire la relation qui liait Vialatte à l écrivain tchèque. Toutes ces pages témoignent en effet d un dévouement, sinon d une dévotion bien surprenante pour celui qui ne connaît de Vialatte que ses Chroniques, dans lesquelles il tourne tout en dérision (ici, le ton se fait franchement révérencieux). Au fil des articles, c est le portrait d un drôle d oiseau qui apparaît : Kafka serait à la fois l équivalent d un Pascal, qui a su «tirer de ses problèmes personnels le problème même de l homme», et l albatros de Baudelaire, que ses ailes de géant empêchent de marcher. Une synthèse qui a de quoi surprendre, et qui, il faut le souhaiter, devrait surtout inciter à y aller voir par soi-même. Didier Garcia 12 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

13 Dleiva Éloge du combat Les livres de Mathieu Terence et de Richard Millet dressent les barricades de la vraie littérature : libre, souveraine, sauvage, secrète. Les «épices de la mondialisation anglophone». Dans un monde où les mutations technologiques vont bientôt permettre de supprimer l effort de la lecture, la question de l avenir de la littérature se pose. Et ce n est pas parce qu il se publie de plus en plus de «romans» qu elle se porte bien. Au contraire, comme en témoignent deux livres Présence d esprit de Mathieu Terence (né en 1972) et L Enfer du roman de Richard Millet (né en 1953), deux salutaires méditations combatives, pour défendre la littérature comme «expérience de vérité et de beauté synchrones» (M.T.), et s élever avec véhémence contre l hégémonie romanesque et ce que M. Terence appelle la «littérature d ameublement» et R. Millet «la postlittérature». Face à cette imposture qui se produit sous le nom de roman, ils dénoncent ce dont elle est le signe et lui oppose ce qu est pour eux la vraie littérature. Chacun le fait à sa façon. Terence en donnant corps à quelques lectures cardinales allant des gouffres de Cioran, ce «professeur de vertige» à E. Jünger dont l œuvre ouvre à qui aime s aventurer des domaines aussi vastes que vierges et fertiles en passant par les «hymnes à la chair succulemment vécue» de Mandiargues, la pensée de l envol de Carlo Michelstaedter, l audace intellectuelle de Victor Tausk, le Journal de Barbellion, le feu de la vie que promeut la prose «toute fendue d échappées belles» d Annie Lebrun, ou encore l œuvre de Linda Lê ou ce «livre du Mal commis par le Bien» qu est Un roi sans divertissement de Giono. De ces lectures, il dit les «plaisirs kaléidoscopiques», la force de révélation, la façon dont elles enseignent «à assumer le risque de vivre sa sensibilité propre, son infinie et vertigineuse liberté sans l assentiment du groupe». Quant à Richard Millet, il a rassemblé sous forme de notations, de réflexions sur l écriture et son travail d écrivain, de bribes d autoportrait, une somme d observations dont l acuité et la pertinence illustrent tout ce qui sépare la littérature de la postlittérature. Interchangeable, vide de toute vérité, n ayant comme moteur romanesque que la dimension éthique du social, le roman postlittéraire n est que du scénario potentiel, nous dit Millet, «un mixte de roman policier, de gnose sociologique et de psychologisme de magazine féminin» à l image du roman anglo-américain qu on nous vend pour le meilleur de la littérature mondiale et qui n est que «la vieille casserole infiniment rétamée dans laquelle se sert une soupe narrative accommodée aux épices de la mondialisation anglophone». Récit sociétal, fragments d autobiographie valorisés sous le terme d autofiction, ou simple produit d opinion mis au service du Nouvel Ordre moral, il brille par son insignifiance et fait souvent du mépris pour la grammaire et le style un gage d authenticité. Privilégiant l immédiateté, il veut nous faire prendre la vérité de surface pour la profondeur. Un monde où tout est dans la posture, à commencer par le romancier qui se doit d être démocrate, positif, «citoyen». Un univers où règnent idéalisme et «masochisme expiatoire», et où l on croit aux pouvoirs immédiatement expressifs du langage, comme si l on pouvait écrire sans avoir lu C est oublier qu écrire n est pas s accorder à l esprit du temps, ne relève pas d une créativité ludique, conviviale, consensuelle, ne consiste pas à se débarrasser de l écriture en tant que style. Qu il s agit, au contraire, de tendre vers un idéal du langage, ce style qui est le propre de la littérature et son gage de vérité. La splendeur singulière des grands livres tient à lui. «Ecriture et style: les deux fils d un même poignard» (Millet). Mais le style, c est aussi ce qui permet de s introduire dans le temps, le différé, l espace dénudé du vivre, «là où rien n entrave, ne tronque, ne masque ce que le désir et la mort conçoivent ensemble de sensé et d insensé». Car la littérature est connaissance par la perte, expérience du secret, de l insaisissable, de l irrégulier. Écrire ne peut être qu une insurrection contre l éthique et l anesthésie générale du domaine du sensible, n en déplaise aux romanciers postlittéraires travaillant dans «la positivité du plein jour, c est-à-dire les restrictions politico-éthiques édictées par l Empire du Bien» qu a si magistralement stigmatisé Philippe Muray. Si bien qu écrire, bientôt, relèvera de l héroïsme ou de la clandestinité, dire devenant passible de l appareil judiciaire. Restent les textes, ces «objets voyageant dans le temps, déprogrammés, souverainement libres, et rencontrant la force centrifuge d esprits non moins libres». Et si le roman aujourd hui ne nous apprend plus rien, il faut le réinventer, «dans le dehors de tout genre». En faisant de l abîme un principe de connaissance, en s appropriant, dans la ferveur de l inactuel, «l insensé de l espoir, l impensé de l inconnu», en gardant à la littérature sa souveraineté sauvage et désœuvrée. Richard Blin PRÉSENCE D ESPRIT DE MATHIEU TERENCE, Stock, 232 pages, 18,50 e et L ENFER DU ROMAN DE RICHARD MILLET, Gallimard, 286 pages, 18,90 e LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER

14 ÉDITEUR LES PETITS MATINS Sous ses couvertures très colorées, Les Petits matins investit le champ contemporain sous différentes formes : de l essai d actualité, sociétal ou écolo, aux nouvelles écritures. Pour témoigner d un monde en mutation. Olivier Roller Croissance verte Trois maisons d édition indépendantes, quatre thèmes essentiels, un catalogue unique», annonce la plaquette en guise de faire-part. Avec Le Passager clandestin et Rue de l échiquier, Les Petits matins se la joue collectif. Soit, ce qui les unit : économie & développement durable, écologie politique, environnement et enjeux de société. Pour la bonne cause, le volet littéraire a donc été évincé de l imprimé. Pourtant, Les Petits matins ne s y désintéresse pas. Au contraire: elle publie depuis ses débuts en 2005 des romans, des recueils de nouvelles, ainsi que des proses inclassables, au rythme de quatre titres par an, dans la belle collection «Les Grands soirs» dirigée par Jérôme Mauche. Mais aujourd hui ce sont les essais qui prennent la lumière. «C est une veine que nous continuons vraiment à développer», explique Marie-Édith Alouf. La gérante se réjouit d ailleurs que le premier tirage d Adieu à la croissance de l économiste Jean Gadrey, paru cet automne, soit déjà épuisé. Le spectre est large: on y trouve des ouvrages sur la demande d asile, sur les nouvelles formes d activisme militant, sur le Yiddishland, le géant Gazprom, les désastres écologiques, L Usine à vingt ans. Avec une visée toujours pédagogique. Les Petits matins: clin d œil au film de William Klein sur Mai 68 autant que promesse «d une aube où tout est possible». Marie-Édith Alouf partage cette aventure avec Olivier Szulzynger. Si elle vient du journalisme (plus de quinze ans à Politis : «c était frustrant d être toujours soumise au diktat de l actualité»), lui est scénariste pour la télévision. «Chacun voulait créer sa maison d édition. On s est donc associés», résume cette Parisienne à l éclectisme affiché (parmi ses lectures : Jean-François Parot, Jacques Serena, Didier Eribon). Pour équilibrer ses comptes, Les Petits matins développe également des activités de prestataire. Sous l enseigne du Tigre bleu, elle fait paraître des novelisations de séries télé du service public (comme Plus belle la vie). Le catalogue des Petits matins s ouvre à la fiction (romans et nouvelles), à la prose poétique, aux essais. Quel lien faites-vous entre ces différents domaines? Le lien n est pas d une folle originalité : nous voulons raconter notre époque. Au fond, c est toujours la même exploration de la modernité : certains auteurs essayent de faire innover les modes d écritures, d autres essayent de faire innover la pensée économique, comme Jean Gadrey. C est peut-être un grand écart, mais nous essayons d aller voir plus loin D emblée, nous avons publié de nombreux recueils de nouvelles. La revue Rue Saint-Ambroise, dont s occupait Olivier Szulzynger, a servi de vivier, de tremplin. Mais nous voulions aussi raconter notre époque à travers des essais, des enquêtes journalistiques : comment travaille-t-on, comment élève-t-on nos enfants, comment réfléchit-on aux métiers de demain. Comment vivre dans cette société où le chômage croît en permanence et où la croissance n est plus la solution au problème de l emploi. Tout nous ramenait vers des questions liées à l environnement. Marie-Édith Alouf 14 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

15 Raconter l époque, par la voie de la fiction, se résumait plutôt à des récits sur les affres de la vie à deux. C est un peu restrictif, non? En soi, c était tous d assez bons textes sur les bobos à l âme des trentenaires parisiens (sourire). Oui, cela pouvait paraître un peu artificiel. Ce qui n était pas le cas de Contretemps, un roman de Bernardo Toro, qui raconte des histoires d exilés chiliens à Paris dans les années 80, ou Les Neiges du temps en Argentine, au moment de la crise de C est quand même difficile de trouver des bons textes d auteurs français. Est-ce pour cette raison que le nombre de fictions a fortement fléchi au profit des essais? Il faut reconnaître que ces livres-là ne marchent pas très bien. Le marché de la littérature est foisonnant. D où notre difficulté à les vendre, à les défendre. On reçoit des manuscrits qui sont très correctement écrits. Le niveau moyen d écriture s élève. Mais avoir une jolie plume et un brin d humour ne suffit pas. On pourrait solliciter des auteurs, se muer en chasseur de têtes, mais ça c est un autre métier Quand on se lance, forcément on tâtonne. Mais on ne renie rien. Nous avons seulement affiné notre identité. Maintenant, on va là où l on se sent le plus utile, le plus efficace. Et puis les livres de la collection «Les Grands soirs» continuent d assouvir notre soif de découvertes. Comment définiriez-vous la collection «Les Grands soirs»? Une sorte de laboratoire d écritures? Elle privilégie des textes exigeants, «difficiles», pourrait-on dire, des livres de poésie et de prose expérimentales mais où l inattendu, l inconnu, la recherche et le nouveau se conjuguent avec l humour, quand ce n est pas le glamour aussi. Ainsi les récits déjantés de Joseph Mouton, la poésie lyrique de Cécile Mainardi, la prose sophistiquée de Guy Lelong, l univers «trash» décalé d Antoine Boute Et nous publions un des plus beaux prosateurs de la langue française, Bernard Collin (né en 1927), auteur d une œuvre fantasque et rare. Sans oublier des textes traduits du suédois (Ida Börjel), du néerlandais (Dirk Van Bastelaere), de l anglais (Jalal Toufic qui est libanais et est aussi un artiste). Cette collection a un lien très fort avec l art contemporain comme avec la philosophie ou la réflexion. Les livres ont en outre un graphisme élaboré, une mise en page originale, des postfaces d intellectuels ou écrivains importants, faisant de chaque livre une expérience de lecture étrange et forte. Publier de la fiction est compliqué commercialement disiezvous. N est-ce pas le cas aussi pour «Les Grands soirs»? La collection est un peu aidée par le CNL, ce sont des ouvrages à petits tirages (500 ex), une petite économie. On les écoule sur un temps assez long. Finalement ce sont des livres pas très coûteux à imprimer et qui finissent par se rentabiliser. Nous sommes très fiers de cette collection. Vos essais abordent des sujets de société, avec depuis peu une forte coloration écologiste. Vous avez publié par exemple un livre d entretiens avec Cécile Duflot. Diriezvous que Les Petits matins est un éditeur militant? Plutôt un éditeur qui a des convictions, et qui défend un type de société plus juste, plus solidaire. Comment continuer de vivre de façon vivable? On s engage sur des questions qui nous paraissent cruciales, mais nous ne sommes pas mariés avec Europe écologie Les Verts. Nous ne sommes pas des militants politiques. Aujourd hui, de plus en plus de voix s expriment qui, hier, étaient raillées. L altermondialiste était représenté en poncho, le décroissant était celui qui s éclaire à la bougie. La situation a changé. Il y a eu l échec de Copenhague, le fiasco du Grenelle de l environnement, le succès d Europe Écologie aux élections européennes, la fameuse crise financière qui est l échec du capitalisme dans toute sa splendeur. Tout converge vers la prise de conscience que le modèle productiviste est en train de s effondrer. Après la parution en 2008 de C est pollué près de chez vous, l un des deux auteurs, Wilfrid Séjeau, est venu nous proposer un sujet sur l écoblanchiment, ces pratiques de marketing mensongères utilisées par certaines entreprises. Les auteurs se fidélisent. Forcément le spectre s élargit. Sans utiliser de grands mots, pour moi, éditer c est donner la parole à ceux qu on n entend pas. C est nourrir le débat avec des pensées souvent à contre-courant. Prenons l exemple du trou de la Sécu. Le discours dominant renvoie l image du malade irresponsable qui se gave de pilules pour le plaisir de ruiner l État. Ce n est pas la réalité. CARTE D IDENTITÉ Les Petits matins 31, rue Faidherbe Paris Tél: Création en titres au catalogue 15 à 20 livres par an Tirage: essais (3000 ex), fictions (1200 ex), «Les Grands soirs» (500 ex) Meilleure vente: Petit dictionnaire des mots de la crise de Philippe Frémeaux (5000 ex) 4 salariés Reçoit 50 manuscrits par mois Chiffre d affaires: e Diff. distr.: Seuil/Volumen L écologie se lit même sous la forme de polar On revient toujours à nos marottes! Requiem pour un thon se situe moins dans la littérature que dans le reportage fictionné. L auteur, Romain Chabrol, s est servi de son expérience au sein d une association écologiste pour traiter de la surpêche, et de la manière dont les trafiquants s y prennent. Il y a là une petite originalité dans laquelle on pourrait ne pas être mauvais. Du reste, à la foire de Francfort, un agent italien nous a proposé un autre polar autour des déchets toxiques. Pourquoi avoir créé des partenariats avec Arte ou le mensuel Alternatives économiques? Ils nous apportent essentiellement des auteurs (particulièrement en ce qui concerne Alternatives économiques : Jean Gadrey, Guillaume Duval ) et un accompagnement intellectuel très enrichissant. Et puis ce sont des «marques» dans lesquelles nous nous reconnaissons: une chaîne proposant des programmes exigeants, pour Arte, un magazine œuvrant au décryptage des questions économiques pour Alter éco. Ne pensez-vous pas que le livre, en traitant des faits de société, se substitue à la presse? Beaucoup de sujets que l on aborde pourraient être traités dans les pages société d un magazine. Mais notre approche tient moins du reportage que de l enquête. Le travail est plus approfondi, plus analytique. Le livre, diffuseur d opinion, alimente davantage le débat. Je garde le souvenir d un copain journaliste qui avait un jour acheté une salade, on la lui a servie dans une feuille de papier journal dans laquelle il y avait son article. Ça rend modeste. Faut-il être un bon lecteur pour être un bon éditeur? Ça ne suffit pas je crois. Il faut être un peu emmerdeur. Avoir été journaliste aide. C est ma culture. Il faut s intéresser à tout pour comprendre le monde dans lequel on vit. Je vois des jeunes gens qui travaillent dans l édition et qui n ont pas la télé. Pour moi c est une faute professionnelle (rires). Propos recueillis par Philippe Savary LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER

16 CHOSES VUES DOMINIQUE FABRE Le bruit de la neige Dans le bus PC2 je vois une jolie femme qui dort tous les matins la tête contre la vitre, jusqu à la porte de Charenton. Il est sept heures vingt, il fait nuit. Certains matins elle donne surtout envie aux gens de dormir à côté d elle, chacun dans sa bulle. Ses cheveux roux et blonds mélangés ; ses grands yeux clairs. À cause de la neige qu on a elle tient bien la rampe pour descendre à la sortie dans la station du métro. Pourquoi les plus jolies femmes du PC2 qui descendent ici pour emprunter la ligne 8 prennentelles toujours la direction de Créteil plutôt que celle de Paris? Deux ou trois fois, je me suis surpris à guetter cette femme qui me dit quelque chose de la vie, en général : le matin nous tirons tous la gueule de travers mais elle non. Pourtant elle travaille tôt! C est vrai que la vie est un songe, surtout le matin dans le bus PC2. Cette fois-là, juste avant de descendre, j ai compté 27 TGV garés côte à côte! C était la première fois que je réussissais sans me tromper. On peut aller partout ou alors, on peut retourner chez soi et dormir. Cette femme qui sourit comme ça. Son pas dansant sur la ligne 8. Souvent j ai pensé à la comédienne Liza Minnelli, mais Liza ferait sans doute un numéro de claquettes dans le bus PC2 ou dans la petite neige merdique de ces jours-ci. Quand elle rouvre les yeux, elle a l air de rêver mieux encore. La Seine est sale en ce moment. La neige n a rien arrangé. Elle est devenue ocre, toute gonflée. Quelques barges, des péniches. Elle est bien abîmée cet hiver, mais bon, il ne va lui falloir que quelques mois pour reprendre ses jolies couleurs grises, noires et d arc en ciel à cause de l huile et du mazout. Les arbres sur les Maréchaux auront aussi pas mal de chemin à faire pour se ressembler! On se dit des choses idiotes pour sauvegarder le minimum d espoir qu on peut avoir, il fait froid et on n a pas l impression d avoir particulièrement démérité, cette année. Il y a une nouvelle chance à prendre, qui revient chaque année. Thank you, play again! Au fait ça y est, j ai 50 ans! Depuis un demi-siècle que je traîne la savate j en suis encore à attendre la neige définitive grâce à laquelle les Martiens, ou je ne sais qui, atterriront et referont tout le boulot, tout beau tout neuf, et immortel. Parfois, après avoir débarrassé la table, ma grand-mère posait ses additions pour savoir combien de jours elle avait vécus. On n a jamais réussi à trouver le nombre tout à fait exact, à cause des années bissextiles. Une fois, elle a posé son stylo Bic entre deux retenues pour chercher des kleenex, vous vous rendez compte, ouh là là! Elle était toujours un peu triste et gaie à la fois. Un jour je demanderai son âge à cette femme quand elle aura les yeux vraiment fermés, pour éviter le trop plein de réalité, des fois qu elle prenne mal ma question. A-t-elle 20 ans, 100 ou 1000 ans? Yeux ouverts : les wagons transformés en abris de nuit. Quand ils auront terminé le tramway, que feront-ils des vieux PC des sans familles et des gens tête contre la vitre comme pour l éternité? Autant d importantes questions qui méritent de vivre longtemps pour ne pas y répondre. Vaudrait mieux ne jamais y répondre, finalement. J ai été invité à Lille en décembre à la fête de l Escale des lettres par Shéhérazade et Ludo, Selma et tous les autres. On était nombreux, c était sympa. Le comédien Bruno Putzulu a lu des extraits de chacun, j ai adoré l entendre changer sans effort apparent de vie, de voix et d attitude à chaque texte. Mais comment font-ils ça? je me le demande à chaque fois. En revenant, dans la gare de Lille, 50 minutes de retard du TGV (à cause de la neige sur les voies?), un bonhomme a pissé sur une de ces sortes de radiateurs circulaires qu ils nous mettent dans les gares pour nous réchauffer. Ça a fait beaucoup d étincelles. Crénom! Le clochard était furieux. On était bien deux cents à rire ensemble dans la froidure, mais une poignée de voyageurs à billets prem s, Zap, Zen, 1 e et 2 nde classe en ont frissonné de dégoût (quand même!). Ses acolytes l ont engueulé car ils avaient perdu leur place au chaud. Et vous, comment ça va? Avez-vous fait vos cadeaux de Noël ou est-ce que vous attendez plus tard? Même fauchés, les gens étaient si agglutinés rue de Rivoli que je n ai pas encore réussi à rentrer dans les magasins. Les soldes de janvier font bien la paire avec les gueules de bois. On est plusieurs millions paraît-il à ne pas trop aimer Noël et les fêtes de fin d année, mais peut-être qu on pourrait tous se mettre ensemble et qu on s amuserait quand même bien? J ai refait un essai hier, mais cette fois-ci j ai été refoulé dès la station des Halles. Le type qui joue à la guitare Besame Mucho était là! Ça doit bien faire trois ans que je l entends jouer ce morceau. Il n en joue qu un : celui-là. Il l interprète parfois avec colère, mais d autres fois, dans le long couloir Ratp qui résonne, la musique lui répond, alors un truc très beau et accessible nous accompagne. J ai pris l escalator, super décidé ce coup-ci à acheter mes cadeaux. Un petit garçon braillait à l entrée de la Fnac. Je veux pas de cadeaux de Noël, je veux pas de cadeaux de Noël, je veux rentrer chez moi! Ses parents l ont regardé, médusés. Les vigiles ont cessé de fouiller les sacs à main. Les escalators vers la sortie se sont bloqués tout seuls. Les cartes bleues sont devenues des as de cœur, des reines de pique, les chèques en bois des valets de carreaux. Alors on s est tous mis à dormir ensemble comme dans le plus grand bus PC de la planète Terre. Il y a eu un merveilleux silence, 30 secondes de merveilleux silence. Et, en tendant l oreille, le bruit de la neige en haut : 50 ans que j attendais ça! Et hop, j ai fait comme le petit garçon voulait. Je vous souhaite une merveilleuse année. À bientôt. 16 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

17 TEXTES & IMAGES L homme du peuple Une combinaison d articles anciens et de nouveaux dessins, pour se rendre dignement à L Enterrement de Jules Vallès. Il y eut deux fins de parcours. La première durant la Commune de Paris (18 mars-28 mai 1871), quand l Agence Havas et divers journaux donnèrent comme certaine la mort de Jules Vallès, prétendument fusillé, comme autres, par l armée de Versailles ; la deuxième et véritable lorsque Vallès s éteignit à 53 ans enfin sur son lit, que sa dépouille fut transportée jusqu au Père-Lachaise, que dit-on Parisiens l accompagnèrent, et parmi eux nombre de ceux que Vallès appelait les «lamentables». C est qu il était devenu pour eux bien plus qu un écrivain ou même qu un homme politique, davantage que l auteur des Réfractaires ou même que l élu du XVe arrondissement: celui qui avait signé l Affiche rouge proclamant l «attaque en masse», celui qui s était mystérieusement évadé «Qu est-il devenu?» s interroge Jean Richepin en 1872 en Belgique et Angleterre, celui qui avait su relancer Le Cri du peuple, l organe de la révolution, en 1880 à l heure de l amnistie pour les proscrits et condamnés de la Commune. Un vivant symbole, ou ainsi que l écrit joliment l un de ses proches: «une gloire de plein air». Comme l indique une éclairante préface, cet ouvrage parvient à retrouver «la dimension militante de l homme Vallès, que la critique universitaire a parfois négligée, dans son désir de légitimer ( ) l écrivain», nous faisant suivre pas à pas rumeurs et cortèges, la levée du corps et les discours prononcés sur la tombe, la météo du jour avec ses averses et éclaircies symboliques. D une part, Eloi Valat reproduit des textes d auteurs contemporains, ou des extraits de journaux de l époque, et notamment du Cri du peuple pendant «quatre heures Paris a appartenu à la Révolution» : quand semble alors renaître une armée populaire, certains consignent des scènes pathétiques «Ce sont deux ouvriers qui ont déposé dans l antichambre leurs trousses pleines d outils et qui entrent, tordant entre leurs doigts leurs casquettes», d autres expriment leurs inquiétudes et leur dégoût: «Et la police? Absente. ( ) On peut dire que, pendant une partie de la journée d hier, les rues ont appartenu à la Commune ressuscitée et qui se prélassait comme chez elle derrière le cercueil de Jules Vallès». Par ailleurs, Valat, sur de pleines pages, illustre les morts successives de Vallès : des traits vifs et stylisés à l encre de chine, de larges à-plats de couleurs où s étalent les bains de sang de la Commune, les drapeaux rouges, la blancheur des linges bourgeois, les barbes et couvre-chefs: bien loin de singer la gravure d époque, les images introduisent alors une troublante proximité visuelle. C est un temps où existait un journal tel que Le Messager de la Volonté du Peuple, qui plus est un «vaillant journal nihiliste», c est bien loin? Ce livre à la composition remarquable montre que non. Gilles Magniont L ENTERREMENT DE JULES VALLES DE ELOI VALAT Éditions Bleu autour, 157 pages, 27 e THE SUNDAY BOOKS DE MERVIN PEAKE ET MICHAEL MOORCOCK Traduit de l anglais par Lili Sztajn, Denoël Graphic, 144 p., 24 e L île anglo-normande de Sercq n occupe que cinq kilomètres carrés, où sans doute l imagination se déploie largement. Gloire londonienne, l écrivain et illustrateur Mervin Peake ( ) s y installe en 1946 avec sa femme et ses fils ; pour ces deux-là, il improvisera toutes sortes d histoires, les illustrant au long de ses cahiers, délaissant ses noirceurs coutumières pour des couleurs vives et des traits de fraîcheur et de fantaisie. Ces dessins sont restés, sans bien sûr la voix pour les porter. Mais Michael Moorcock, lequel connut Peake et qui, né en 1939, arbore une grosse barbe, le goût de la littérature expérimentale et du hard-rock s applique aujourd hui à leur rendre une sorte d éternité, en réinventant l histoire qu ils pourraient illustrer. Alors il faut faire tenir ensemble dans un livre les scènes maritimes et telle chasse au trésor, un défilé d animaux et puis le chef peau-rouge: The Sunday Books a ainsi des jolis airs de fiction générique pour dimanches pluvieux, concentré d imaginaire anglais à la manière de pour petits et grands, marqueterie délicate où il entre du nonsense façon Lewis Carroll et des pirateries inspirées de Stevenson ce qui ne surprend pas, puisque Peake se fit aimer en illustrant leurs œuvres. Moorcock a la jolie idée de boucler la boucle, confiant la narration au Capitaine Crackers (le «Fêlé») «Je dessine les pirates, et les cowboys aussi», double héroïque qui vient lui aussi à s échouer sur les rives de Sercq. «Nous étions si heureux sur notre île que nous en oubliions de prêter attention aux navires qui passaient au large et c est pourquoi nous ne fûmes jamais sauvés»: facile de rattacher cette phrase à la vie de l auteur, de songer mélancoliquement à son idéal familial et à l insularité édénique que rattrape le temps. G. M. LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER

18 DOSSIER VALERE NOVARINA La langue en scène Nourrie au creuset linguistique d une terre frontalière, l œuvre de Valère Novarina a d abord trouvé le chemin des planches avant celui de l édition. Aujourd hui reconnu dans toute l Europe, l écrivain poursuit son cheminement dans le ventre des langues. Il pourrait bien être l homme de ce début d année Depuis novembre, le théâtre de l Odéon lui consacre un cycle dont le moment culminant sera la création de sa nouvelle pièce, tirée du livre qui paraît aujourd hui: Le Vrai sang. À nouveau, Valère Novarina en assure le texte, la mise en scène et les décors. La pièce est jouée à l Odéon tout le mois de janvier à partir du 5. Mais on peut aussi (re) découvrir Le Babil des classes dangereuses dont s est emparé Denis Podalydès qui, le 24 janvier, réunira autour de lui une trentaine de comédiens. Du coup, les éditions P.O.L ressortent Le Babil en même temps qu elles proposent Le Vrai sang. L actualité éditoriale ne s arrête pas là pour l écrivain franco-suisse entré au programme du baccalauréat : un livre d entretiens (ou de compagnonnage) paraît ce même mois aux éditions de la Transparence qui pourra servir de guide à quiconque veut s aventurer en Novarinaland. Car lire, voir et entendre l œuvre de Valère Novarina, peut aussi s apparenter à une aventure, un voyage au plus profond de la langue, dans le déluge d une parole libérée qui dépasse volontiers les bornes. Il y a une folie Novarina, symbolisée par la prolifération des personnages aux noms étranges, extravagants, inouïs. Une puissance créatrice aussi, capable de changer à elle seule et le théâtre et la littérature. En raison de cette actualité brûlante, dans l hiver glacé où la pagaille rendait aléatoires les déplacements dans l Hexagone, nous étions convenus de rencontrer l écrivain dans son atelier parisien puis de poursuivre l échange par le biais du courrier électronique. La fenêtre (comme on dit à Kourou) n était pas bien large entre les répétitions du Vrai sang et l écriture scénique Situé à l abri de l agitation parisienne, l atelier s ouvre sur un espace où le blanc domine. Un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage abritent le bureau où Lola, son assistante, fluidifie les relations entre le monde extérieur et l artiste et deux pièces de travail où s exposent le texte en cours, des éléments de décor, des toiles, quelques livres. On est frappé, sitôt entré, de tomber sur une belle boîte à outils qui rappelle que : «la main est l instrument du langage». Elle relie, cette boîte, le travail intellectuel et spirituel au travail manuel, tout en se faisant l écho de l histoire familiale. Celle, notamment, de l arrière-grand-père venu à pied en Savoie depuis le nord de l Italie, transportant avec lui «un fil à plomb et sa truelle.» Originaire de La Valsesia dans le nord de l Italie, l ancêtre s était formé à l art par la fréquentation de «la nouvelle Jérusalem» de Varallo, un ensemble d édifices bâtis à partir du XV e siècle (une basilique et quarante-cinq chapelles) pour proposer à «Le langage n est pas un instrument, c est une géologie, une force de la nature et de l histoire». ceux qui n avaient pas les moyens de se rendre à Jérusalem de faire leur pèlerinage ici. «Ce Mont Sacré aura servi d école d art pour tous les paysans de la vallée qui seront devenus fresquistes dont mon arrière-grand-père.» L art et l architecture feront bon ménage chez les Novarina, puisque le père de Valère, Maurice Novarina sera un architecte très réputé notamment pour la réalisation de l église Notre-Dame-de-toute-grâce sur le plateau d Assy en Haute-Savoie à laquelle il fit participer de nombreux peintres : Pierre Bonnard, Fernand Léger, Jean Bazaine, Henri Matisse, Alfred Manessier, entre autres. «Mon père a fait travailler beaucoup d artistes. Enfant, je voyais souvent ces grands peintres à la maison. La sœur de mon père, Madeleine, était liée aux surréalistes, à André Breton.» Elle épousera d ailleurs Sarane Alexandrian, disparu en Chez les grands-parents, on reçoit régulièrement l écrivain Charles-Albert Cingria dont le frère, peintre, est très lié à Maurice Novarina. L après-guerre est une époque florissante pour l architecture. Sur Thonon où la famille est installée, en Normandie, à Paris où elle s installera, mais à l étranger aussi, Maurice Novarina déploie une activité hors normes. Il bâtit une trentaine d églises, un peu plus d une vingtaine d écoles, quarante mille logements. On lui doit notamment le Palais des sports de Megève, une partie du village olympique de Grenoble, le Palais de justice d Annecy, la Maison de la culture de Thonon, le centre de la télévision de Riyad Très lié au milieu des intellectuels catholiques de Lyon, très croyant lui-même, il était proche de l abbé Duperré, «un homme extraordinaire qui était aussi l ami de Max Jacob et de Picasso» On imagine aisément le foisonnement artistique et intellectuel de l époque, autour du lac Léman et de Genève où Valère naît en mai En réalité il vient au monde à Chêne-Bougeries où «naissent la plupart des Genevois» une banlieue que les Suisses considèrent comme un quartier de la capitale helvétique. Une naissance hors de France qui s explique par le fait que sa mère est genevoise. Comédienne, elle a mis fin à sa carrière quand elle s est mariée à Maurice Novarina. «Elle avait joué avec Pitoëff. Elle montera sa troupe amateur à Thonon. J ai joué Le Médecin malgré lui dans sa compagnie.» De ce côté aussi, on fréquente les arts, le théâtre et la littérature et les grands-parents maternels reçoivent souvent des artistes venus d Europe centrale : «mon oncle maternel, Gilbert Triollet était un poète suisse qui a compté dans la vie culturelle genevoise. Proche du Grand jeu», sa poésie était, selon le Larousse, «d un lyrisme méditatif». La famille vit à Thonon (un 18 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

19 frère, Patrice, est né qui deviendra architecte à son tour) durant toute la scolarité des enfants. Dans les souvenirs qu il nous livre, Valère Novarina évoque l admiration que son père avait pour le cirque. Dans les années 20, «les artistes parisiens comme Max Jacob, Fernand Léger ou Picasso se retrouvaient au cirque. Mon père disait que le théâtre ne valait rien comparé au cirque.» L œuvre de notre hôte porte traces de cette fascination: «je n imite pas le cirque, mais il y a quelque chose des figures rythmiques, du drame de l espace qui n a lieu qu au cirque. Mon père était ami avec les Fratellini qu il allait voir dans leurs loges.» Et pour clore la liste des célébrités fréquentées alors, on citera Stravinsky qui venait régulièrement sur le plateau d Assy. L environnement était donc favorable à l épanouissement artistique de l enfant. Les premiers livres qu il lit se trouvent dans la bibliothèque familiale: le théâtre complet de Labiche et tout Gide «que j ai lu vers ans.» Le voyant intéressé par la littérature, sa mère l encourage à se rendre chez Louis Moynat, un ami architecte à Thonon qui possédait une vaste bibliothèque surréaliste. «Il m a fait découvrir Lautréamont lorsque j étais en quatrième. Thonon était à l époque un coin paumé. Je me souviens avoir attendu un mois pour obtenir La Naissance de la tragédie que j avais commandé et deux mois pour Le Clavier bien tempéré. On était très isolé. Le théâtre est venu à Thonon grâce à la décentralisation et à Jean Dasté.» Mais la région a d autres atouts: les Alpes «qui sont pour moi un lieu d échanges extraordinaires: les paysans partaient en Hongrie et en Tchécoslovaquie, ramenaient des clochers à bulbe, des poteries, ils ramenaient des femmes de Hongrie. Les gens circulaient beaucoup. Et puis il y avait la proximité des langues: l italien tout près, l alle- mand à une journée de vélo, le patois très présent et très vivant, et on y parlait un français magnifique. Le paysage linguistique est très fort là-bas. L Histoire y est pour beaucoup: on a été une fois italien, une fois bernois, une fois catholique, une fois protestant» C est un creuset pour les langues. «Jusqu à peu, j allais chez des amis paysans et j étais en contact avec des gens du XV e siècle; quand ils racontaient des histoires, on ne savait si ça s était passé sous l Occupation ou sous Charlemagne. Ils avaient une perception du temps tout à fait autre. Et un rapport à la langue très fort. Ces gens de la campagne avaient chacun leur style, ils avaient un rapport personnel au langage, ils avaient leurs mots à eux, leurs jurons, leur façon de respirer leurs phrases. Un peu après l adolescence, j allais les écouter, les enregistrer. Évidemment le fil est rompu, c était avant la télévision. Ils usaient d un français très beau, tiré de Balzac, de Racine. Par exemple le mot mâchuré ou se méconnaître, il ne s est pas méconnu. C est très beau. Je me suis beaucoup nourri de leur façon inventive et victorieuse d utiliser le langage. Je dois beaucoup à la fréquentation des gens de la montagne. Le langage n est pas un instrument, c est une géologie, une force de la nature et de l histoire, ce n est pas seulement un outil. C est aussi un corps extérieur, d une certaine façon.» Le pays est religieux aussi, mais si l enfant fait sa première communion, c est sous la contrainte: «j étais alors violemment athée. La religion avait parfois des aspects sombres: par exemple à Bellevaux, les enfants naturels étaient baptisés en noir car ils étaient enfants du péché. C était des endroits de possession, d exorcisme. On rencontrait quelqu un qui avait vu quelqu un qui avait vu le diable.» Bizarrement, les débuts scolaires sont catastrophiques. «Cancre jusqu à la sixième, je me souviens de mon bulletin de onzième sur lequel l institutrice, madame Pinochet (Novarina a la mémoire des LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER

20 DOSSIER VALERE NOVARINA Dans son atelier, la boîte à outils et le texte en cours affiché sur le mur. noms ) avait écrit : falsifie ses notes et gribouille mes observations.» La fréquentation de la littérature et la rencontre avec quelques professeurs «qui ont su ouvrir nos oreilles» vont lui permettre de poursuivre normalement sa scolarité au collège et lycée de Thonon. «J ai découvert Cendrars, Apollinaire, les surréalistes. J aurais voulu faire du grec, mais il aurait fallu aller au collège des filles et j étais timide» L enfant, très tôt, se met à écrire «mais je n en parle à personne. C était quelque chose de totalement privé. Jusqu au jour où à Paris, j ai fait lire quelque chose à Bernard Dort, personne ne m avait lu. Je garde tout dans des paquets scellés, enfoui dans des bandelettes. Je ne lisais que de la poésie. J écrivais de la philo dont une réfutation des Pensées de Pascal vers 12 ans. (rires)» Arrivé avec toute la famille dans la capitale française, Valère se présente au concours d entrée du conservatoire car il veut devenir acteur. Refusé («je n ai pas insisté, je ne devais pas avoir la vocation»), il entre en hypokhâgne, fait des études de philosophie, de lettres et de philologie (avec Guggenheim comme professeur à la Sorbonne). «La philologie, c est important : l utilisation de la langue dans sa mémoire, dans sa profondeur. Les mots se souviennent de choses qu on ignore. Il y a cette profondeur, cette impression de puits qu est le langage.» L œuvre tout entière utilisera ce puits pour pénétrer le ventre des langues. Pour l heure, l étudiant «fait semblant de passer l agrégation, fait semblant de pas mal de choses pour garder du temps pour écrire.» Et «fréquente les gens de théâtre». Il s enferme pour lire Dante en français et en italien, pour lire Joyce. Mallarmé le met «en extase; aujourd hui encore j en connais des vers par cœur et d ailleurs, j ai mis des bouts de Mallarmé dans Le Vrai sang». Il décide de faire son mémoire sur Antonin Artaud, alors très méconnu. «Seuls trois volumes de son œuvre avaient été publiés. J ai passé une année en immersion totale dans Artaud, ne sortant qu une fois par semaine pour m acheter du tabac gris ou me rendre à la BNF. J ai rencontré les derniers témoins dont Roger Blin, Paule Thévenin, Henri Thomas Je me suis isolé là-dedans. Je travaille comme ça, par immersion, enfermement.» Sa rencontre avec Roger Blin sera primordiale: «j allais chez lui et on fumait la pipe en silence. Comme on faisait à la campagne où il n était pas nécessaire de parler quand on allait voir les gens. Blin était quelqu un d extraordinaire. C était une autorité morale. Il a eu quelques mots cinglants qu on se répétait, des formules qui faisaient le tour de Paris.» Contre toute attente familiale, Valère participe à sa façon aux événements de mai 68: «j ai été aux bons endroits, j étais un témoin actif : je me trouvais dans le grand amphi de la Sorbonne quand on a appelé à rejoindre les ouvriers de Billancourt. J y suis allé à mobylette. Je défilais, je lançais des cailloux. J étais sympathisant maoïste comme beaucoup, mais sans adhérer à rien». Aujourd hui l écrivain sourit du conflit qui l opposait alors à ses parents, qui eux défilaient pour le Général de Gaulle. «Cette période a dû influer sur mon écriture, notamment sur L Atelier volant où apparaît la lutte des langues, sur Le Babil des classes dangereuses. Dans Le Vrai sang aussi on trouve cette attention au pouvoir du langage.» L Atelier volant qu il écrit alors, est sa pièce la plus ancrée dans son époque. Novarina n a pas encore rompu avec le théâtre «représentatif» même s il use déjà de la farce. Il met en scène un patron et ses employés (et annonce les années Sarkozy avec la réplique : «si vous bossez, vous augmenterez» qui sonne dans la pièce comme un «travailler plus pour gagner plus»). Roger Blin désire de monter L Atelier volant et ensuite Le Babil des classes dangereuses mais il a des problèmes cardiaques «et ça n a pas pu se faire. J avais quémandé partout pour obtenir une production». Novarina fait l apprentissage douloureux du chemin de croix qui conduit à l édition. «J avais écrit Le Babil des classes dangereuses vers 1970 et Jean-Louis Schefer que j étais allé voir m avait conseillé d envoyer le manuscrit à Christian Prigent (pour la revue TXT), à Gérard-Julien Salvy (pour la revue L Énergumène) et à Joël Farges (revue Ça): tous trois ont publié des extraits du Babil. Dans le fond je ne connaissais personne sinon dans le milieu du théâtre. Ça a été diffi- «d y a 20 LE MATRICULE DES ANGES N 119 JANVIER 2011

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