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1 Fiches réalisées par Arnaud LEONARD (Lycée français de Varsovie, Pologne) à partir de sources diverses, notamment des excellents «livres du professeur» des éditions Nathan (dir. Guillaume LE QUINTREC) 1

2 HC Guerres et paix Approche scientifique Définition du sujet (termes et concepts liés, temps court et temps long, amplitude spatiale) : Approche didactique Insertion dans les programmes (avant, après) : Sources et muséographie : Ouvrages généraux : Mosse George Lachmann, De la Grande guerre au totalitarisme, la brutalisation des sociétés européennes, coll. «Pluriel», Hachette, 1999 (à partir de la question «Quelles sont les conséquences de l expérience de la mort massive pendant la Première Guerre mondiale?», l auteur insiste sur l idée que est une guerre d un nouveau type et développe le concept de «brutalisation» des populations, en particulier en Allemagne). Audouin-Rouzeau Stéphane, Becker Annette, Igrao Christian, Rousso Henry (dir.), La Violence de guerre , Complexe, 2002 (ouvrage de collaboration 22 auteurs qui permet de mettre en relief les violences des champs de bataille, celles faites contre les populations durant les deux conflits, les traumatismes et les réactions, mettant ainsi en relation violences de guerre et violences politiques) , retrouver la guerre, AUDOIN-ROUZEAU Stéphane, BECKER Annette. Paris : Gallimard, Les Monuments aux morts, mémoire de la Grande Guerre, BECKER Annette, Paris : Errance, War and Remembrance in the XXth Century, SIVAN Emmanuel, WINTER Jay. Cambridge : University Press, BRION Patrick, Le Cinéma de guerre, La Martinière, Prost Antoine, «Pacifismes de l entre-deux-guerres», dans Becker Jean-Jacques, Audoin-Rouzeau Stéphane (dir.), Encyclopédie de la Première Guerre mondiale, Bayard, Vaisse Maurice, La Paix au XXe siècle, Belin supérieur, BOCK Fabienne, Les sociétés, la guerre et la paix , Armand Colin, DUFOUR Jean-Louis et VAÏSSE Maurice, La guerre au XXe siècle, Hachette, Propose une typologie selon six critères (cf. l Introduction). Particulièrement utile pour caractériser la guerre moderne du XXe siècle (chapitre 1) et préciser la notion de «guerre totale» (chapitre 2). Tableau récapitulatif des victimes des deux guerres. Plusieurs manuels conçus pour la préparation aux concours d enseignement en fournissent des mises au point sur les thèmes de ce programme. Celui dirigé par Frédéric Rousseau est riche en informations sur les pacifismes (ROUSSEAU Frédéric dir., Guerres, paix et sociétés , Atlande, 2004, p ). Ces ouvrages supposent de connaître les débats historiques auxquels ils renvoient, notamment autour de la question du consentement des populations à la Première Guerre mondiale (Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker, Frédéric Rousseau). Bertrand Maurice, L ONU, La Découverte, 2003, 128 p., coll. «Repères». Lafay Frédérique, L ONU, PUF, 2003, 128 p., coll. «Que sais-je?». Ressources Itinéraire urbain et travail sur les monuments aux morts (commanditaires, représentations, financements, discours inaugural ). Sortie pédagogique au Mémorial de Péronne (Somme) sur l expérience de la guerre, la culture de paix. dossier/maintien-paix (Historique de la SDN à l ONU, liens) Ouverture pour les élèves Giroud Franck, Dethore Jean Paul, Louis la Guigne, Glénat, 1985 : une bande dessinée qui aborde la période de l Entre-deuxguerres et notamment les difficultés de la République de la Weimar, le rôle des pacifistes ouvriers et internationalistes. Documentation Photographique et diapos : Audouin-Rouzeau Stéphane, «La guerre au XXe siècle, 1. L expérience combattante», La Documentation photographique, La Documentation française, n 8041, 2005 ; Dumenil Alain, «La guerre au XXe siècle, 2. L expérience des civils», La Documentation photographique, La Documentation française, n 8043, Revues : Les collections de l Histoire, n 21 consacré à la Grande Guerre (deux articles sur le pacifisme). «Le pacifisme à la française ( )», L Histoire, n 144, mai Carte murale : Enjeux scientifiques (épistémologie, historiographie et renouvellement des savoirs, concepts, problématique) : Accompagnement 1 ère STG : «Centrée sur la période , cette séquence place l Europe au coeur de l enseignement à travers l étude des deux guerres mondiales, des totalitarismes, des efforts pour construire la paix. Elle s appuie sur les acquis de la classe de Enjeux didactiques (repères, notions et méthodes) : BO 1 ère STG «Guerres et paix ( ) L EUROPE AU CŒUR DES GRANDS AFFRONTEMENTS On présente les événements militaires des 2

3 troisième et limite la part du récit au rappel des grands repères chronologiques et géographiques. Pour cela, le recours aux cartes est indispensable. En premier lieu, elles permettent de montrer les principaux changements intervenus dans le découpage de l Europe médiane et balkanique et la fixation des frontières entre la France et l Allemagne. Trois dates sont pertinentes pour cet exercice : Le choix de 1938 permet de décrire la nouvelle Europe née des traités de paix à la fin de la première guerre mondiale, d évoquer les modifications apportées par la guerre soviéto-polonaise et de présenter la politique d agression nazie (Anschluss, autonomie de la Slovaquie). L année 1947 correspond à une stabilisation des frontières européennes jusqu aux années 1990 (abordées en Terminale). En second lieu, combinées à une chronologie, les cartes peuvent servir de support à un rappel de quelques événements clés de chaque conflit (bataille de la Marne, Verdun ; Stalingrad, Midway). Sur la carte de l Europe on montre les territoires directement touchés par chaque guerre et on localise les principaux fronts. On souligne que le centre de gravité se déplace, d une guerre à l autre, de l ouest (front franco-allemand) vers l est (front germano-soviétique). Sur le planisphère on marque la différence entre une première guerre mondiale encore européo-centrée et une deuxième guerre tout à fait mondiale avec l affrontement entre le Japon et les États-Unis dans le Pacifique. Cette mise en place des faits et des espaces débouche sur la notion de guerre totale, en grande partie connue des élèves. On la caractérise par l extension des opérations dans la durée et surtout dans l espace ; par la mobilisation de tous les moyens, en hommes (pour combattre ou soutenir l effort de guerre), en argent, en matériel (économie de guerre) ; par l acharnement des combats et la volonté d anéantir l adversaire, jusqu à passer «de l acceptation de la guerre à l acceptation du crime». Pour chaque guerre on relève ensuite quelques éléments décisifs de l histoire européenne. De la Première Guerre mondiale, on retient surtout l expérience d une violence qui atteint une ampleur et un caractère collectif sans précédent. Se pose dès lors la question des raisons qui ont conduit les populations à soutenir très majoritairement l effort de guerre demandé par la nation. Si certains historiens insistent sur les mécanismes d adhésion qui conduisent au «consentement» des individus, d autres font valoir que cette apparente adhésion est aussi le résultat d un conditionnement ancien et des contraintes exercées par l État et la société. La Seconde Guerre mondiale n oppose plus seulement des États-nations mais des projets politiques et des idéologies. Elle déplace et dilue les distinctions traditionnelles qui permettaient d opposer le front et l arrière. La collaboration et la Résistance, les bombardements et la guerre médiatique, ne connaissent pas de frontière. Cette guerre marque aussi le franchissement de nouveaux degrés dans le déchaînement de la violence, le recours aux armes de destruction (bombardements, arme nucléaire), la planification des massacres jusqu à la volonté d extermination (Juifs, Tziganes). Elle laisse une Europe en ruines où les pertes militaires et civiles sont presque équivalentes, et cinq fois plus élevées que pendant la Grande Guerre. La présentation des génocides implique au préalable de clarifier le vocabulaire et d expliquer la distinction opérée progressivement par le droit international entre crimes contre la paix, crime de guerre, crime contre l humanité, génocide. La volonté de fixer des règles pour protéger les civils et limiter le recours à certaines armes durant les guerres est ancienne et avait donné naissance à un droit international qualifié à l époque moderne de droit des gens. À partir du XIXe siècle, il se traduit en accords internationaux. La première convention de Genève (1864) et la convention de La Haye (1907) ont, entre autres, tenté de réglementer les lois et coutumes des guerres sur terre pour empêcher les belligérants de s en prendre à des objectifs non- militaires (civils, prisonniers, blessés). Mais la définition juridique de plusieurs types de crimes s impose seulement en 1945 avec la création d un tribunal militaire international installé à Nuremberg. Il distingue dans ses statuts (article 6) trois chefs d accusation : crime contre la paix ; crime de guerre ; crime contre l humanité. Le mot génocide est encore absent de cette classification mais il s impose très vite. Utilisé pour la première fois dans un document officiel en 1945 par le tribunal de Nuremberg, il est défini sur le plan juridique par l Assemblée générale de l ONU en Il entre définitivement dans le vocabulaire du droit international en 1948.» deux guerres essentiellement à l aide de cartes. La Première Guerre mondiale marque durablement les sociétés par le renforcement de l État et par l expérience de la violence. On posera la question du consentement des opinions. La Seconde Guerre mondiale franchit de nouveaux seuils dans la violence du fait des objectifs du nazisme et de l impérialisme japonais, de l implication des civils, des armes utilisées (bombe atomique). On oppose les idées-forces des totalitarismes (Allemagne nazie et URSS stalinienne) et des démocraties, à travers leurs fondements, leurs objectifs, leur fonctionnement. On décrit et on analyse les mécanismes qui entraînent les génocides de la Première Guerre mondiale (Arméniens), puis de la Seconde Guerre mondiale (Juifs, Tziganes). SUJETS D ETUDE La recherche de la paix Le sujet d étude s attache aux efforts déployés pour construire la paix et aux difficultés qu ils rencontrent. Un sujet d étude au choix : - De la SDN à L ONU L échec de la SDN éclaire la mise en place de l ONU, son organisation, ses buts, ses moyens.» - Pacifisme et pacifistes On montre la diversité du pacifisme, les problèmes qu il rencontre, son influence.» BO 1ere ST2S : «Guerres et paix ( ) L'EUROPE : UN ESPACE MARQUE PAR DEUX CONFLITS MONDIAUX. La guerre marque profondément l'europe du premier XXe siècle et ses peuples. On analyse les dimensions géopolitiques des deux conflits mondiaux, leurs caractères spécifiques, la violence vécue par les combattants et les civils. SUJETS D ETUDE On montre la diversité du pacifisme, les problèmes qu'il rencontre, son influence. L Italie, ébranlée par la Première Guerre mondiale, devient un pays totalitaire. On étudie la réalité de la vie quotidienne sous le fascisme. Auschwitz est un vaste complexe, construit à partir de Il constitue un élément de la politique concentrationnaire nazie et surtout un instrument majeur de la politique d'extermination des juifs d'europe. Il est devenu un lieu de mémoire.» 3

4 Plan, entrées originales (événements, acteurs, lieux, œuvres d art), supports documentaires et productions graphiques : Accompagnement 1 ère ST2S : «La question est centrée sur l Europe et sur les peuples qui y vivent : le commentaire en exprime clairement le contenu et le déroulement. Elle ne requiert pas un traitement chronologique détaillé : il est d autant plus important que les enseignants fassent exprimer à la classe de manière positive les savoirs sur la période pour en faire des points d appuis. Les deux guerres mondiales ont profondément modifié, à l échelle d une vie humaine, l organisation géopolitique de l espace européen. Elles ont suscité des recherches de paix dans lesquelles s inscrit l idée européenne. Le projet européen est né des traumatismes des deux guerres et de cette recherche répétée de paix. L étude des cartes permet de retracer la mise en place progressive des frontières de l Europe ainsi que la rapidité de leurs modifications. L existence des empires centraux et les tensions territoriales qui opposent notamment la France et l Allemagne sont rappelées à partir de la carte du continent en Elle fait apparaître les nouveaux États nations qui se sont constitués, la montée des tensions et le jeu des alliances. Il est possible de montrer la disparition des empires centraux ainsi que les recompositions territoriales en Europe centrale selon les principes wilsoniens en étudiant la carte de l Europe dans l entre-deuxguerres. Les démocraties et les régimes totalitaires qui se sont installés progressivement sont également localisés. Une carte de l Europe en 1942 permet de caractériser le continent à l heure allemande et de mesurer les implications territoriales de l idéologie nazie : Grande Allemagne, espace vital, États vassaux Enfin, une approche même succincte de l expansion soviétique est utile pour comprendre le projet de construction européenne en introduisant notamment les antagonismes moteurs de la future guerre froide qui sera traitée en classe de terminale. Les déplacements de populations générés par les régimes totalitaires dans l entre-deux-guerres et les redécoupages territoriaux après 1945 sont également abordés à partir des cartes. Des exemples régionaux comme ceux de l Alsace-Lorraine ou de la Haute-Silésie peuvent permettre d apporter une dimension humaine à cette étude en rendant sensible aux élèves l intensité et la brutalité des bouleversements vécus par certaines populations. Le programme invite à une étude globale des deux conflits dont il importe de souligner les points communs et les spécificités. L Europe a été, quoique inégalement selon le conflit, le théâtre principal des deux guerres mondiales. Le continent sort détruit et affaibli d une période où se sont affrontées sur son territoire, avec une extrême violence, des armées de masse et des idéologies antagonistes. L étude des affrontements à l oeuvre lors de la Première comme de la Seconde Guerre mondiale s appuie sur la notion de guerre totale. L analyse d affiches de propagande bien choisies (appel à souscription par exemple) peut donc être l occasion de souligner à la fois le rôle des États dans la conduite de la guerre et la mise en place d économies de guerre. Elles permettent d appréhender la perception de l ennemi, de décrire l ampleur de la mobilisation des populations européennes et coloniales aux fronts comme à l arrière ainsi que de comprendre le rôle des médias dans le conditionnement psychologique. Si la Première Guerre mondiale peut être considérée, avant tout, comme un affrontement de puissances, aboutissement des nationalismes du XIXe siècle, la seconde met aux prises des projets politiques radicalement différents : les régimes totalitaires cherchent à imposer une logique d exclusion de l autre alors que les démocraties libérales défendent un modèle de société reposant sur l affirmation de l égalité des droits et la garantie des libertés individuelles et collectives. Le communisme soviétique constitue un cas complexe : en dépit de son incarnation politique dans un régime totalitaire, il se réclame de l égalité individuelle et des libertés collectives et est une clef majeure de la défaite allemande en Ces projets sont d autant plus inconciliables que chacun d eux prétend à l universalité. La volonté d anéantissement de l ennemi et l extrême violence qui l accompagne doivent être soulignées. Les Européens ont, en effet, payé un lourd tribut à la guerre. L analyse comparée du nombre et de la nature des victimes constitue un moyen de souligner l entrée des masses dans la guerre et, de fait, le poids grandissant des civils victimes des conflits. Elle permet de mesurer en partie l escalade dans l échelle de la violence : le nombre des victimes est cinq fois plus élevé lors de la Seconde Guerre mondiale. Les civils connaissent l invasion et la Activités, consignes et productions des élèves : Filmer pour se souvenir En 1956, Alain Resnais montre dans Nuit et Brouillard des images d archives, principalement des photographies, sur le texte d un écrivain, ancien déporté, Jean Cayrol. Camps de concentration et d extermination ne sont pas différenciés : le film est une réflexion humaniste sur les drames de la Seconde Guerre mondiale. Dans Shoah (1985), au contraire, Claude Lanzman refuse tout document d archives : son film est fondé sur la parole des victimes, des bourreaux et des témoins de l extermination des Juifs d Europe. L Histoire nous parvient par la catharsis de la mémoire, comme dans le cas de l ancien coiffeur chargé de raser les victimes avant leur extermination qui, dans un salon de coiffure recréé pour le film, revit devant les spectateurs horrifiés la cruauté de son trauma. Rithy Panh, en mettant face à face anciens bourreaux et victimes des Khmers rouges dans S 21 (2004), se place dans la même lignée, au moment où les responsables confrontés à un futur procès plaident le génocide par ignorance. Seule bande-son, la Radio des Mille Collines appelant au meurtre, seules images, des corps entassés, sont les choix d Eyal Sivan pour les 13 minutes d Itsembatsemba, Rwanda, un génocide plus tard (1996). La notion de pacifisme est complexe. On montre comment elle a évolué au cours de la première partie du XXe siècle, jusqu à la Première Guerre mondiale, puis dans l entredeux guerres, jusqu à la création de l ONU. Comprendre que le pacifisme est une notion polysémique ; sa lecture est «horizontale», c est-à-dire qu à une même époque, il engendre des attitudes diverses, mais sa lecture est aussi «verticale» : sa signification subit des modifications au fil du temps. Etre capable de citer des acteurs des diverses expressions du pacifisme, comme Jean Jaurès. Retenir des moments clés du pacifisme comme le pacte Briand-Kellogg du 27 août 1928 ou la conférence de Munich en septembre Problématiques Comment la guerre de marquet-elle l échec des mouvements pacifistes? La réponse à cette problématique devrait permettre de cerner la diversité des conceptions et des types d action du pacifisme. L intitulé du sujet d étude illustre bien que si le désir de paix est partagé, la définition de la paix et les attitudes pour la protéger ne sont pas identiques. Il faudrait en outre éclairer l échec des pacifistes 4

5 retraite ainsi que l occupation. Les bombardements altèrent les distinctions spatiales entre espace de combat et espace civil. La question de la violence dont sont victimes combattants et civils introduit aux notions de culture de guerre et de brutalisation des rapports humains comme à celles de génocide et de crimes contre l humanité. Les deux guerres génèrent des crimes contre l humanité définis dans l article 6 des Statuts du tribunal de Nuremberg. L étude du procès de Nuremberg pourrait être, à la fois, l occasion d expliquer la «logique» génocidaire en s appuyant sur les témoignages et également de souligner l exigence de justice indispensable à la reconstruction d une Europe pacifiée. Il est aussi possible de rappeler aux élèves que si le terme de génocide s est imposé pour qualifier la Shoah, il divise encore concernant les Arméniens, sa reconnaissance constituant, pour certains, un préalable à l adhésion de la Turquie au sein de l Union européenne. Le sujet invite également à poser la question des liens entre cette violence, nouvelle par son ampleur mais aussi par sa nature, et l idéologie comme le fonctionnement des régimes totalitaires. Elle ouvre la réflexion sur le degré et les modalités d acceptation de cette violence. L oeuvre de Marie Curie, son engagement pour soulager la souffrance des malades avec la création d une voiture radiologique, constituent une expérience humaine dont le récit introduit les questions des traumatismes, des relations avec l arrière et de la place des scientifiques dans l effort de guerre. Les articulations potentielles avec les autres disciplines sont nombreuses. Le recours à des extraits d oeuvres littéraires, cinématographique ou picturales peut être l occasion d un travail mené avec les professeurs de français. Le Grand Troupeau de Jean Giono ou À l ouest, rien de nouveau de Erich Maria Remarque sont des supports intéressants pour approcher l enfer des combats. Celui-ci peut aussi être évoqué par la lecture de carnets de poilus ou encore à travers l analyse d extraits de films de fiction. Les deux conflits ont inspiré une très riche filmographie qui peut-être utilisée en accroche pour aborder l expérience combattante (Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, 1958 [ ], Week end à Zuidcotte d Henri Verneuil, 1964, Stalingrad de Jean-Jacques Annaud, 2002 [ ]) ou donner une idée de l ampleur des moyens humaines et matériels mobilisés (Le Crépuscule des aigles de John Guillermin, 1966 [ ], Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg, 1998 [ ]). Si ces oeuvres de fiction offrent un point de vue idéologique, elles peuvent inviter à une réflexion critique sur les raisons et la manière de filmer la guerre. Celle-ci peut passer par la confrontation des oeuvres (l ouvrage d Erich Maria Remarque, par exemple, a donné lieu à deux adaptations au cinéma : Lewis Milestone, 1930, Delbert Mann, 1979). Les oeuvres d Otto Dix offrent également une entrée possible. De la SDN à l ONU Les trois entrées proposées comme sujets d étude possibles ont toutes pour objectif de montrer comment les hommes, notamment en Europe, ont tenté d empêcher la guerre et d instaurer une paix durable. La chronologie du programme ne doit pas empêcher l enseignant d aborder des aspects postérieurs à 1946, par exemple quand il évoque les opérations de maintien de la paix, le tribunal international de La Haye, les courants pacifistes. La première entrée met l accent sur le rôle des États et leur action diplomatique. L établissement de la Société des Nations en 1920, puis de l Organisation des Nations Unies, vise à substituer l arbitrage à la guerre. L échec de la SDN ne doit pas conduire à sous-estimer l espoir suscité dans les années 1920 par «l esprit de Genève». Tirant les leçons de cette première expérience, l ONU se dote d une charte (San Francisco, 26 juin 1945) et de moyens qui vont lui permettre, à défaut d empêcher les guerres, d en prévenir certaines, d en limiter d autres en menant des opérations de maintien de la paix, surtout après la fin de la guerre froide. Pacifisme et pacifistes Une troisième entrée déplace l approche du côté du rôle des sociétés et des opinions publiques. Il s agit de montrer l évolution du pacifisme et des formes d engagement pacifistes entre 1914 et L aspiration à la paix est dominante en Europe après la Première Guerre mondiale. Elle n implique pas pour autant que les populations soient acquises au pacifisme en tant qu action militante contre la guerre. Le pacifisme prend lui-même des formes différentes selon les motivations et les objectifs poursuivis. Les mouvements les plus importants se réclament d un pacifisme chrétien, humaniste et socialiste. Ils conduisent certains lorsqu éclate la Première Guerre mondiale, ainsi que les nouvelles solutions envisagées durant le conflit lui-même. Comment les pacifismes s expriment-ils des années 1920 aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale? Cette problématique fait appel à des connaissances factuelles : l échec des pacifistes avec la Grande Guerre, les manifestations du pacifisme parfois poussé à l extrême dans l entre-deux-guerres (l appellation est significative!) et l échec une fois de plus du pacifisme dans la Seconde Guerre mondiale. La problématique ne repose pas que sur la principale mémorisation des événements et débouche sur une réflexion quant à la nature du pacifisme et ses différentes approches. Elle permet de contextualiser une notion qui est très complexe. Quels objectifs et quelles voies différentes les pacifistes proposent-ils pour défendre la paix? La seconde problématique, sans être évidemment décontextualisée, amène cependant vers une réflexion plus approfondie sur les diverses expressions du pacifisme. Que recouvre ce mot? Pourquoi n y a-t-il pas une définition et une manifestation uniques? Au cours du XIXe siècle et pendant les premières années du XXe siècle, les idées de paix, mais aussi paradoxalement les nationalismes, prennent de l ampleur. Le pacifisme est pourtant présent dans la vie de chaque État comme sur le plan international. Ainsi, le premier prix Nobel de la paix est-il attribué en 1901 au fondateur de la Croix- Rouge, le Suisse Henri Dunant ( ). Des conférences internationales (La Haye, 1887 et 1907), montrent les efforts pour créer une communauté internationale. Mais les pacifistes sont issus de milieux très divers : intellectuels, diplomates, hommes politiques, militants syndicalistes, féministes Les mouvements pacifistes concilient difficilement patriotisme et pacifisme. Les socialistes ne parviennent pas à se mettre d accord sur les moyens d empêcher la guerre. En 1914, l assassinat du leader socialiste pacifiste français Jean Jaurès, puis l entrée en guerre, mettent en évidence l impuissance du mouvement pacifiste. Pourtant celui-ci relève la tête, pendant le conflit lui-même. Ainsi, dans ses «quatorze points» de janvier 1918, le président des États-Unis Woodrow Wilson énonce-t-il des propositions pour la paix future, reposant sur une diplomatie lisible, des accords commerciaux équilibrés et une réduction raisonnée des armements. Les traumatismes laissés par la Première Guerre mondiale, le «plus jamais ça» des 5

6 au refus absolu de toute guerre (objection de conscience, antimilitarisme) ; d autres dénoncent la guerre comme recours irrationnel et inhumain sans exclure qu elle soit parfois nécessaire ou inévitable. Après l hécatombe de la Deuxième Guerre mondiale, un consensus s établit pour penser que la paix est irréalisable sans la volonté des peuples de vivre ensemble. Il débouche sur la construction européenne et la définition de principes et de valeurs partagés universellement (Déclaration universelle des droits de l homme, 1948). En 1914 se manifeste un pacifisme ouvrier et international qui se poursuit pendant la Première Guerre mondiale et s exprime surtout à partir de 1917 dans le contexte des révolutions en Russie et de la lassitude des combats. Son symbole reste Jean Jaurès : ces pacifistes sont très souvent des socialistes ou des syndicalistes révolutionnaires qui prônent l internationalisme. Leur message de même que celui du pape Benoît XV en 1917 rencontre un faible écho auprès de populations engagées dans l effort de guerre. Pourtant après 1918, le pacifisme devient très populaire en Europe, où l idée de la «guerre à la guerre» est défendue par les anciens combattants. Les pacifistes veulent inscrire la paix dans le droit en s appuyant sur les règles et les principes énoncés par Wilson en 1917 qui ont conduit à la création de la Société des Nations. L idée d une sécurité collective qui laisse espérer une paix librement consentie entre anciens belligérants se développe, grâce aux efforts conjoints de l Allemand Gustav Stresemann et du Français Aristide Briand. Les deux hommes soutiennent devant la SDN un projet d États-Unis d Europe (5 et 9 septembre 1929), un mémorandum sur l union fédérale européenne étant même élaboré en L union économique et le rapprochement des peuples y sont envisagés comme indispensables au maintien de la paix en Europe. L analyse de quelques passages de ce texte peut être l occasion de présenter les prémices de l idée européenne. Les modes de diffusion de l idée de paix sont aussi pédagogiques et culturels : commémorations, monuments aux morts, oeuvres d art, dans les pays vainqueurs et dans les pays vaincus ; le message pacifiste y est explicite ou implicite (il y a par exemple très peu de monuments aux morts ouvertement pacifistes en France). Le pacifisme est le fait d acteurs multiples : États, gouvernements, associations, individus. Il est confronté, dans les années 1930, à la montée des tensions internationales (Espagne, Allemagne). Ce contexte divise les pacifistes entre ceux qui veulent éviter la guerre à tout prix (Munichois) et ceux qui s engagent contre les régimes totalitaires. La Seconde Guerre mondiale s accompagne d un ralliement quasi général à la guerre. Menée contre les régimes totalitaires, elle est juste pour les citoyens des démocraties. Assumée comme une croisade pour la liberté et l indépendance nationale, elle est résistance. Les pacifistes sont alors parfois ceux qui s engagent dans la collaboration (France, Belgique). La sortie de guerre engendre une nouvelle vision du pacifisme, complexe elle aussi : incitation des peuples à vivre ensemble par le partage de valeurs et d intérêts communs (comme dans le cadre de la construction européenne), ambivalence de l arme nucléaire à la fois dissuasive et destructrice, etc. L analyse d extraits du corpus de textes accompagnant la naissance de l ONU permet aux élèves d en comprendre les objectifs (paix, mais aussi développement économique, affirmation des principes démocratiques, libre détermination des peuples).» LE POIDS DU SOUVENIR, par Annette Becker La mémoire des conflits naît dès le début des hostilités, se développe dans les drames vécus et se prolonge après les guerres dans le présent de ceux qui se remémorent. Sigmund Freud a évoqué dès 1915, dans Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort, la conséquence à la fois première et ultime du conflit : la mort. Les hommes d avant 1914 avaient voulu l oublier, «l éliminer de la vie». La guerre la ramenait à l échelle industrielle et c était insupportable. D où la sagesse de Freud qui proposait de réincorporer la mort à la vie : «Supporter la vie reste bien le premier devoir de tous les vivants. [...] Rappelons-nous le vieil adage : Si vis pacem, para bellum. Si tu veux maintenir la paix, arme-toi pour la guerre. Il serait d actualité de le modifier : Si vis vitam, para mortem. Si tu veux supporter la vie, organise-toi pour la mort.» Diversité des victimes Personne, en 1914, n est prêt pour l hécatombe. Or, en 1918, on compte près de anciens combattants, entraînent la recherche de la paix par tous les moyens. C est, par exemple, la paix réglementée par le droit : le pacte de la Société des Nations (SDN), en 1919, interdit la guerre d agression mais non la guerre elle-même. En revanche, en 1929, le pacte Briand-Kellogg propose aux États de renoncer à la guerre. Ce peut aussi être la recherche de la paix par le désarmement. L historien Antoine Prost (Les Anciens combattants , collection Archives, Gallimard, Julliard, 1977) montre qu est vive chez les anciens combattants l aspiration à vivre en paix et qu ils expriment leur haine de la guerre. Il évoque le «pacifisme combattant» contre le patriotisme «cocardier», mais un pacifisme qui s accompagne aussi d antiparlementarisme. Selon Prost, cette attitude des anciens combattants français est un obstacle au fascisme car il organise les classes moyennes dans la légalité républicaine. Les mouvements pacifistes s expriment par voie d affiches, par des manifestations, par les leçons des instituteurs Les associations d anciens combattants entretiennent la haine de la guerre dans des défilés spectaculaires. Les mouvements populaires se mobilisent pour la paix. Mais les conditions posées par le traité de Versailles ont exacerbé les nationalismes en Allemagne et en Italie. En 1938 à Munich, la crainte d une nouvelle guerre conduit les démocraties britannique et française à céder à Hitler. L absence de coordination internationale, les enjeux économiques, politiques et territoriaux mènent une fois de plus à la guerre. Munich n était qu une illusion. Au lendemain du conflit, en 1945, les vainqueurs relancent la paix par le droit. En 1945, ils créent l ONU (Organisation des Nations Unies), destinée à garantir la paix et la sécurité ainsi qu à réguler la sécurité internationale. Pacifisme motivé par le sentiment de solidarité entre les classes ouvrières des différents pays, dans le cas de la gauche internationaliste, par l idéal chrétien ou humaniste. Il s exprime à la fois par des prises de position individuelles et par des initiatives collectives : manifestations, tracts, pétitions et, après la Première Guerre mondiale, associations d anciens combattants, monuments aux morts, oeuvres d art. Dans l entre-deux-guerres, le mouvement pacifiste, principalement porté par les anciens combattants, se développe et se structure dans toute l Europe. La SDN et le rapprochement franco-allemand permettent de faire émerger l espoir d une paix durable. Face au bellicisme de l Italie et de l Allemagne, une majorité des européens demeure favorable à la paix. Les dirigeants 6

7 dix millions de morts, et l on peut prolonger les intuitions de Freud : «Si tu veux la vie, commémore les morts.» En 1945, le nombre des morts est bien plus extraordinaire, au moins cinquante millions, et, surtout, ce sont des morts différents. Dans le premier conflit mondial, on ne comptabilise pratiquement que des morts militaires, des hommes qui ont porté un uniforme, même si des civils ont également disparu pendant la guerre, victimes d atrocités, (1,2 million d Arméniens de l Empire ottoman). La Seconde Guerre mondiale a inversé les cruelles statistiques : plus de civils que de combattants sont morts, sous les bombardements, de faim et surtout d extermination, au point que, en , le juriste Raphaël Lemkin a inventé le concept de génocide pour nommer l innommable, l extermination des Juifs d Europe. Adapté de manière rétrospective, à partir des années 1980, au massacre des Arméniens, le mot génocide est devenu, d une certaine façon, un lieu de la mémoire terrible du XXe siècle, symbole des hypermnésies et des amnésies qui se sont succédé, parfois pour le même phénomène. Il est difficile aujourd hui, quand on connaît l importance de la mémoire du génocide des Juifs dans le monde contemporain, de rappeler que, dans les années 1950 et 1960, les victimes directes et les descendants de ceux qui avaient vécu l extermination ont largement gardé le silence, en dehors d une vaine tentative de témoignage en Les difficultés que Primo Levi a rencontrées pour publier Si c est un homme à son retour du camp d Auschwitz sont symptomatiques de ce processus. Seuls quelques exemplaires en italien ont alors été diffusés. En revanche, depuis la fin des années 1980, le livre traduit dans des dizaines de langues a été lu par des millions de lecteurs. La mémoire de la Grande Guerre ne s est pas arrêtée en 1939, à la déclaration de la guerre suivante, mais au contraire s est poursuivie dans et par-delà le second conflit mondial. Celle de la Seconde Guerre, de même, se nourrit de son avant, les années , de son vécu de et des guerres de décolonisation qui lui ont succédé. D où des ensembles de souvenirs et de mémoires compliqués dans le temps et l espace. D où, également, de nombreuses interrogations. Qui se souvient? Où se souvient-on? De quoi se souvient-on? Peut-on se souvenir de ce qu on n a pas connu, de ce qu on ne connaît pas? Quel est le poids du souvenir sur les individus, sur les groupes auxquels ils appartiennent? Quel allerretour se fait entre les mémoires officielles, célébrées par les États, et les mémoires plus diverses des groupes? Quels choix de mémoire sont effectués, consciemment ou inconsciemment? Le trauma dû à la perte et aux divers chocs reçus est parfois revécu par certains individus sous forme de cauchemars ou de troubles graves de la vie toujours recommencés ; chez d autres, l amnésie l emporte. On éprouve alors des difficultés immenses à se rappeler ce que justement on ne veut pas oublier. Les historiens de la mémoire sont également amenés à prendre en compte les progrès de la connaissance du cerveau par les neurobiologistes. La Première Guerre mondiale, laboratoire ou matrice du siècle Dans ce domaine comme dans bien d autres, cette guerre permet de répondre à une partie des interrogations sur le souvenir. Les représentations de la mort entre 1914 et les années 1920, les pratiques funéraires, l accompagnement de la mort, le travail de deuil s inscrivent au cœur d une réflexion sur le legs tragique de la guerre aux sociétés belligérantes. Dès 1915, on votait en France une loi instituant la notion de «mort pour la France», qui stipulait : «Il semble juste que l état civil enregistre à l honneur du nom de celui qui a donné sa vie pour le Pays un titre clair et impérissable à la gratitude et au respect de tous les Français». Dans la guerre juste par excellence, la guerre du droit et de la civilisation, la loi fonde la mémoire juste, celle du «droit au souvenir», selon Serge Barcellini. Si les morts au combat sont désormais identifiables, que dire de ceux qui les pleurent ou de ceux qui sont morts de faim, de chagrin, des suites de l invasion ou de l occupation de leur région, de façon moins héroïque mais non moins tragique? En 1918, Marcel Proust se rappelait les cathédrales de la Picardie visitées avant guerre : «Je pleure et j admire plus les soldats que les églises qui ne furent que la fixation d un geste héroïque, aujourd hui à chaque instant recommencé.» Il n est pas étonnant que Proust ait si bien exprimé ce qui était le lot de l immense majorité des habitants de la France et, au-delà, de l Europe et du reste du monde. Après la guerre, on pourrait reconstruire les cathédrales ; mais des morts, que resterait-il sinon cette injonction duelle infiniment rappelée : ne pas oublier, ne jamais plus permettre une telle catastrophe? Freud décrit bien le «total effondrement quand la mort a frappé un de nos britannique et français doivent prendre en compte le poids du pacifisme au sein de leur opinion publique, dans un contexte de reprise des tensions internationales. En 1914, le pacifisme est balayé par le réflexe patriotique qui rassemble les populations derrière des gouvernements d Union sacrée, comme en France. Pendant le conflit, le désir de paix ressurgit au fur et à mesure que la guerre s éternise. Mais c est après la guerre que le pacifisme, profondément ancré au sein des populations européennes, aboutit à des réalisations concrètes en faveur de la paix et du désarmement. L importance de ce courant ne parvient cependant pas à empêcher la montée des totalitarismes et le déclenchement d un second conflit mondial. 7

8 proches, parent ou époux, frère ou sœur [ ]. Nous enterrons avec lui nos espoirs, nos exigences, nos jouissances, nous ne nous laissons pas consoler, et nous nous refusons à remplacer celui que nous avons perdu.» En 1918, cette notation concerne l essentiel des survivants du conflit, anciens du front comme hommes, femmes et enfants de l arrière. Les œuvres de Marcel Proust, de Sigmund Freud et du sociologue Maurice Halbwachs, ces maîtres du deuil, du travail de deuil et du travail de la mémoire, paraissent de bons guides dans les méandres des essais de transfiguration privés et publics de la mort de masse. Parce qu ils ont été écrits pendant la guerre ou dans les années qui la suivent et la prolongent, ces textes offrent un cadre intellectuel contemporain à la réflexion. Halbwachs s interroge sur les conditions sociales qui permettent de produire des souvenirs. Pour lui, toute mémoire individuelle cristallise dans un cadre social, et les événements publics laissent une très grande empreinte sur leurs contemporains, en particulier ceux qui sont jeunes, en train de forger leur identité d adultes. On comprend tout de suite quelles implications tirer et pour les anciens combattants, majoritairement jeunes en 1918, et pour leurs enfants, nés pendant et surtout juste après la guerre et élevés dans son souvenir héroïque et/ou tragique. Halbwachs insiste sur le fait que les mémoires sont individuelles et privées et qu à la fois, on peut, contrairement aux rêves, les partager et les définir collectivement. Mais il sait aussi que la mémoire des individus conserve des traces uniques qui, selon les cas, se mêlent à des souvenirs communs et collectifs. À moins qu ils y résistent. Car travail de deuil et travail de mémoire doivent, pour être bien compris, être insérés en ces deux niveaux explicatifs et ne jamais être disjoints d une réflexion sur leurs pendants inverses : oubli, refoulement. La mémoire et l oubli sont donc des choix subtils et complexes, qu ils soient individuels ou collectifs ; chacun s articule dans une continuité du passé ainsi que dans une sélection de ce dernier, leur interaction construisant une nouvelle continuité. C est dans ces tensions multiples qu ont été vécues les années 1920 et Car, devant la catastrophe qu a été la Première Guerre mondiale, comment continuer à croire, à être, sinon dans le souvenir de ceux qui ont payé de leur vie ce qu ils croyaient pour l immense majorité d entre eux être le juste combat? L espace et le temps scandent la remémoration C est juste après la guerre que se met en place l essentiel des formes de commémoration, depuis les monuments aux morts jusqu aux cérémonies diverses du souvenir, soit sur les anciens champs de bataille, soit dans les nations et régions d origine des combattants. Beaucoup d entre eux (Britanniques, et plus encore peuples des Dominions, troupes coloniales, Américains, mais aussi Allemands) se sont battus et sont morts loin de leur sol. Vainqueurs et vaincus partagent ainsi une même dualité : les lieux de mémoire sont à la fois érigés sur le lieu des combats et de la mort, et aussi sur leur territoire, ce lieu d appartenance collective et individuelle, nationale et locale, publique et privée, laïque et religieuse. Des portions du sol français, belge, turc, serbe, etc., ayant avalé les combattants de toutes origines, sont «nationalisées», désormais réservées à la remémoration. À l inverse, ce culte a fait pénétrer la Grande Guerre sur des territoires épargnés, comme ceux de l Australie, du Canada, des Antilles ou des États-Unis. Ainsi, par les commémorations, le front a été transporté à l arrière. La chronologie, quant à elle, nous interroge : comment est-on passé du consentement à la guerre au consentement à la mémoire? En effet, le temps des commémorations est précisément celui pendant lequel, le conflit terminé, le consensus, qui s était effrité depuis 1916 et surtout 1917 puis reformé dans la remobilisation de 1918, se brise définitivement. On en vient à réexprimer l union sacrée dans la mémoire au moment précis où l on commence à prendre la mesure du tragique bilan humain. Le temps du souvenir montre une grande tension entre l identité à la guerre et l identité dans le deuil. Pendant la guerre, des cercles de souffrances entouraient les individus, les familles, les groupes divers. Désormais, ce sont des cercles de deuil et de commémoration, ensembles de souffrances d après guerre, qui vont elles aussi des individus aux États. Les pratiques de mémoire locales sont un élément fondamental, souvent fondateur, de la chaîne qui relie capitales et provinces, champs de bataille et arrières. Ils représentent la mort et le deuil fichés dans tous les espaces, publics et privés, des anciens belligérants. Pour la génération perdue, les différentes collectivités, locales, régionales, nationales, ont créé un ensemble parfaitement tragique : unité de temps, le 11 novembre ; unité de lieu, le monument aux morts ; unité d action, la cérémonie commémorative. À la onzième heure du onzième jour du onzième mois de la 8

9 cinquième année de guerre, les armes se sont tues, laissant le champ aux larmes. Selon les pays, ce 11 novembre devint ou non jour férié (en 1922 en France) ; parfois d autres dates commémoratives furent choisies, non sans polémiques. Partout, le 11 novembre devint cependant jour de recueillement. Les deux minutes de silence absolu où tout se fige dans le Royaume-Uni, depuis les chaînes des entreprises jusqu aux autobus dans les rues, en sont l expression la plus spectaculaire. Dans la plupart des pays se manifeste alors probablement l une des rares expressions abouties de «religion civile». Comme pendant la guerre elle-même, on doit faire la distinction entre le religieux et le sacré. C est ce que disent les vers de Victor Hugo (composés après la révolution de 1830) si souvent gravés sur les monuments français : «Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie/ont droit qu à leur tombeau la foule vienne et prie.» Banalisation de la guerre? Les cimetières militaires, comme les monuments aux morts, les cartes postales, les jouets, les objets les plus triviaux ou le cinéma, sont aussi au cœur de la banalisation de la mémoire de la mort de masse et participent de la déréalisation du drame de la guerre, en disant d abord la glorification du combat de l homme viril qui fait le sacrifice christique de sa personne pour la vie et la résurrection de sa patrie. Toutes ces représentations aseptisent la mort insupportable, la banalisent : les héros deviennent parfois au moins autant objets de commerce que de pèlerinage. Les conditions du combat, en multipliant les soldats inconnus, avaient imposé de transformer les lieux d affrontement en cimetières à la dimension du conflit. Dans les ossuaires, on regroupa les corps non identifiables (voir p ). Les cimetières militaires et les ossuaires, devenus lieux de pèlerinage, sont un des lieux de fixation intense de la mémoire de la Grande Guerre, qui se prolonge jusqu à aujourd hui. Pensons aux polémiques qui ont entouré le projet de création d un troisième aéroport en Picardie : les cimetières sont vus comme un patrimoine des régions qui les abritent, gardiennes de la mémoire du conflit après en avoir été les champs de bataille. Ce qui reste en 1919 des unions sacrées, c est cet immense souffle de ferveur né en 1914, vécu dans l intensité et le désarroi mêlés à travers les années de guerre, et que les commémorations nationales réactivent partout dans le respect du sacrifice et, souvent, dans le sentiment de l horreur de son inutilité. Au-delà des cérémonies et des défilés militaires, les différents soldats inconnus inhumés chez tous les anciens belligérants ont cristallisé les valeurs de sacrifice et de malheur liées à la guerre. Et, par un retournement qui a probablement séduit les détracteurs des commémorations officielles, les tombes sont devenues aussi de hauts lieux de l expression du pacifisme. Démobilisations culturelles Si les commémorations donnèrent une place gigantesque aux combattants, pour lesquels on peut même parler d hypermnésie, en revanche d autres catégories touchées autrement par la guerre furent exclues de sa mémoire, ou au moins marginalisées. La mémoire, centrée sur une expérience exclusive celle des combattants des tranchées tendait à rejeter dans l oubli les douleurs exceptionnelles et minoritaires, qu elles fussent de sexe (les femmes), d âge (les personnes âgées et les enfants), de statut (les prisonniers) ou bien encore géographiques (les occupés). Ainsi les civils occupés des territoires du nord et de l est de la France et, à plus forte raison, les déportés civils et les prisonniers de guerre furent-ils oubliés. Souvent ils le désirèrent eux-mêmes, par culpabilité : parce que, pendant le conflit, ils s étaient trouvés placés en quelque sorte en dehors du territoire national, géographiquement et symboliquement. Car comment commémorer des victimes qui ne sont pas des héros? Peut-on parler de «l incommémorable» qui s appelle la faim, le froid, le travail forcé, le viol, les otages, les réquisitions? Alors on s est surtout ingénié à maquiller la mémoire pour rendre supportables les différences d avec le reste du pays. En Alsace, les soldats sur les monuments sont souvent représentés nus : comment reconnaître un Allemand d un Français, sans l uniforme? Ainsi, la Pietà de Strasbourg tient les corps de ses deux fils sans vie sur ses genoux ; l inscription «À nos morts» omet la formule «pour la patrie». De quelle patrie s agirait-il, en effet, après plus de quarante ans d une occupation qui s était peu à peu muée en accommodement plus tacite que forcé pour la majorité des Alsaciens-Mosellans? Les mémoires du conflit sont ainsi symptomatiques de la démobilisation culturelle et de son impossibilité ; elles présentent des différences et des 9

10 ressemblances entre les vainqueurs et les vaincus. Dans le cas allemand, l extériorité de la défaite la population allemande n a pas senti physiquement la présence ennemie sur son sol avant l arrêt des combats constitue le socle du refus de toute intériorisation de la catastrophe militaire. Aussi les soldats sont-ils accueillis en vainqueurs par la population civile comme par les autorités (par Ebert à Berlin). Au passage des régiments, c est la fête et non l abattement qui l emporte. Dès lors, la défaite est non seulement incompréhensible, non seulement refusée, non seulement attribuée à la trahison (le mythe du «coup de poignard dans le dos») mais parfois, tout simplement, occultée. Ainsi, dans certains manuels scolaires de la république de Weimar, les chapitres sur la Grande Guerre s arrêtent sur le succès des ultimes offensives allemandes du printemps Ce déni de la défaite s est traduit aussi par le sentiment que la guerre n avait pas cessé avec l armistice : «La guerre contre le peuple allemand continue. La Première Guerre mondiale ne fut que son sanglant début», déclare un officier en Cette guerre continuée explique la cruauté des corps francs dans la répression du spartakisme, en 1919, et aussi le terrorisme d extrême droite sous la république de Weimar. De nombreux vétérans non seulement continuent la guerre, mais transfèrent sur le front intérieur la brutalité spécifique des pratiques du front. C est ce que George Mosse appelle la «brutalisation», cette réfraction de la violence de la guerre dans l espace du politique de l après-guerre : une mémoire des temps extraordinaires de dureté et de souffrance qui se prolonge longuement. Un refus postérieur Pour les pacifistes, la radicalisation est inverse. Entre 1925 et 1930, alors que la couverture monumentale est déjà presque achevée, on prend conscience que la parenthèse de la Grande Guerre ne sera jamais refermée. Un certain nombre d écrivains, de témoins, d analystes, d artistes (George Grosz, Otto Dix, Georges Rouault) se livrent alors à un retour sur la guerre. Ces productions artistiques et littéraires sont si riches, elles ont tellement marqué les contemporains d alors et jusqu à aujourd hui qu on les prend quelquefois pour des témoignages du temps de la guerre alors qu elles furent rédigées et/ou dessinées bien après. Elles marquent un tournant dans la mémoire du conflit : on peut désormais montrer la peur (E. M. Remarque, G. Chevallier), la lâcheté (Céline), l inutilité de la guerre, la mutilation volontaire, le suicide (Giono, Dix). De même les anciens combattants français ou anglais radicalisent bien souvent leur pacifisme de type politique au cours des années C est un des grands paradoxes de la Grande Guerre : acceptée pendant les années , elle fut refusée après, dans la mémoire. L agressivité à l égard de la guerre est venue prendre exactement la place du consentement au conflit dans une impression de gâchis intense qui désormais domine la mémoire. Maurice Genevoix, officier exemplaire pendant le conflit, l écrit dès 1923 : «On vous a tous tués, et c est le plus grand des crimes. Vous avez donné votre vie, et vous êtes les plus malheureux. Je ne sais que cela, les gestes que nous avons faits, notre souffrance et notre gaieté, les mots que nous disions, les visages que nous avions parmi les autres visages, et votre mort. [ ] Il ne me reste plus que moi, et l image de vous que vous m avez donnée. Presque rien : trois sourires sur une toute petite photo, un vivant entre deux morts, la main posée sur leur épaule. Ils clignent des yeux, tous les trois à cause du soleil printanier. Mais, au soleil, sur la petite photo grise, que reste-t-il?» (Ceux de Verdun, 1923). La sacralisation très forte des cérémonies commémoratives locales, autour des monuments aux morts, ou nationales, autour des soldats inconnus, ont eu partout un indéniable contenu spirituel. Chacun a pu trouver dans les différents éléments de la commémoration de quoi nourrir son travail de deuil personnel, à l Arc de triomphe ou devant la tombe du cimetière militaire ou paroissial, en y empruntant une forme de sacré pour trouver la force de continuer après l épreuve. Le rappel de la mort prend si bien le pas sur la commémoration de la victoire que des psychiatres parleraient peut-être d une «monstration» du deuil au cours de ces années d après-guerre. On peut cependant se demander si cela n a pas eu pour fonction de cacher la douleur intime. Les commémorations infinies seraient-elles une façon d éviter, de refouler dans l inconscient le drame de la souffrance de la perte? Tout simplement pour continuer à vivre? De même, mouvements de combattants et de vétérans, pacifismes, pèlerinages vers les tombes ou tourisme de champ de bataille constituent autant d aspects étroitement liés à la prégnance de la mort de masse. Il faut peser toute la souffrance du deuil pour arriver à comprendre, comme le fait Paul Ricœur 10

11 s appuyant sur Halbwachs, «ce phénomène de la mémoire transgénérationnelle [ ]. C est lui qui assure la transition entre l histoire apprise et la mémoire vivante». Tout en n oubliant ni la concurrence des mémoires ni celle de l oubli. La «mémoire vive» de la Seconde Guerre mondiale En 1945, amnésies et déformations de mémoire se sont très fortement emparées du champ des souvenirs, et cela chez tous les anciens belligérants. Par culpabilité : les Allemands de l Ouest comprenant plus ou moins lentement leur passé de «bourreaux» nazis avant de se retrouver réunifiés à ceux de l Est et de se redécouvrir aussi victimes des bombardements alliés. Par arrogance nationale : les Japonais se représentant uniquement en victimes des bombes atomiques et refoulant totalement leur guerre brutale et cruelle. Tous les cas de figures sont possibles. La France cumule un passé difficile, celui de la «guerre civile» entre collaborateurs et résistants, et une tradition républicaine où sont refusés les drames communautaristes : que faire de la spécificité de la déportation des Juifs vivant sur le territoire français? Ce «passé qui ne passe pas» est devenu un topos de la réflexion sur la mémoire. La mémoire de la Seconde Guerre mondiale reste d autant plus vive, au moins jusque dans les années 1990, que les acteurs sont toujours vivants, voire décideurs politiques de premier plan, du général de Gaulle à François Mitterrand. Si toute mort à la guerre, malgré ou à cause de ses aspects d héroïsme, est génératrice d un deuil interminable, comme on l a vu pour la Grande Guerre, que dire alors de la guerre totale de , des bombardements qui touchent tous les civils indistinctement et de la guerre d extermination contre les Juifs décidée et mise en œuvre par les nazis qui se sont assurés, en France, de la collaboration zélée de Vichy? La France avait subi une défaite accablante en 1940, suivie de quatre ans d occupation, avec toutes formes de collaborations et de résistances, de compromissions et d accommodements. Des temps de mémoire, depuis 1945, ont scandé les souvenirs, les oublis. Henry Rousso a appelé justement «le syndrome de Vichy» ce que le régime de l État français a laissé comme séquelles dans les mémoires. Dans les années , le deuil et l unanimité nationale se font autour de l héroïsme des résistants, pendant que disparaissent dans l oubli, d une part, les spécificités de la collaboration et, d autre part, celles de la déportation. Des mémoires multiples Alors que les combattants du premier conflit mondial représentaient une unanimité nationale, en différents groupes d acteurs se font en quelque sorte concurrence. Même si les résistants, par leur héroïsme et leur patriotisme, peuvent jouer un rôle moral considérable, les divisions entre gaullistes et communistes compliquent les remémorations. Le discours d André Malraux le 19 décembre 1964 lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon montre cependant le niveau d émotion généré par la geste résistante, malgré le cadre particulièrement officiel : «Puissent les commémorations des deux guerres s achever par la résurrection du peuple d ombres que cet homme anima, qu il symbolise, et qu il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. [ ] Aujourd hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France.» Depuis la fin des années 1960, ce qui avait été enfoui, l autre visage de la France en guerre, celle des compromissions et des complicités dans les crimes, revient à la conscience par le croisement de deux mémoires éveillées, réveillées. La génération de 1968, sensibilisée aux questions d éthique et des droits de l homme, va se poser des questions sur le crime contre l humanité au moment où commence à s effriter la mémoire unanimiste mise en place autour du général de Gaulle. Le film Le Chagrin et la Pitié (Marcel Ophuls) sort en Par ailleurs, après le procès Eichmann, qui a lieu en 1961 en Israël, puis la guerre des Six Jours, les Juifs du monde entier et ceux de France en particulier commencent à retrouver une conscience communautaire de la catastrophe spécifique qui les a frappés et qu on appellera d ailleurs, après la sortie du film de Claude Lanzman «Shoah», ou «catastrophe» en hébreu (voir Focus). Désormais le souvenir obsédant est celui de la recherche des responsables et des traces : camps d internement en France, camps d extermination en Pologne. Les procès des responsables deviennent des lieux d expression de la parole des témoins et se resserrent de plus en plus autour de la France de Vichy : Klaus Barbie est un Allemand nazi, Paul Touvier un collaborateur direct de l occupant, Maurice 11

12 Papon un haut fonctionnaire. Si certains peuvent s inquiéter de la confusion des rôles entre les magistrats et les historiens, il est sûr que les procès des années 1980 et 1990 ont été un vecteur essentiel de retour sur la période de la guerre. Le 16 juillet 1995, en présidant la cérémonie commémorative du cinquante-troisième anniversaire de la rafle du Vél d hiv, Jacques Chirac a prononcé un discours, reconnaissant que «la France, ce jour-là, accomplissait l irréparable». Et il ajoutait : «Ces valeurs, celles qui fondent nos démocraties, sont, ne l oublions pas non plus, aujourd hui bafouées en Europe même, en Bosnie notamment, sous nos yeux, par les adeptes de la purification ethnique. Sachons tirer les leçons de l Histoire! N acceptons pas d être les témoins passifs, ou les complices, de l inacceptable!» Ainsi le président de la République disait que le travail d histoire était nécessaire pour répondre aux besoins de mémoire et de réparation. Un défi qui demeure encore bien difficile pour les sociétés contemporaines. Conclusion et ouvertures possibles (questions à prévoir) : Evaluation cohérente en fonction des objectifs : 12

13 HC Pétain Approche scientifique Définition du sujet (termes et concepts liés, temps court et temps long, amplitude spatiale) : Approche didactique Insertion dans les programmes (avant, après) : Sources et muséographie : Ouvrages généraux : Guy Pedroncini, Pétain, : le soldat et la gloire, Perrin, 1989 Guy Pedroncini, Pétain, novembre 1918-juin 1940 : la victoire perdue, Perrin, 1995 Marc Ferro, Pétain, Hachette Littérature, Poche, (1987) 1993 (sur Pétain à Vichy) Henri Amouroux, Pétain avant Vichy, éd. Fayard, 1967 Documentation Photographique et diapos : Revues : Carte murale : Enjeux scientifiques (épistémologie, historiographie et renouvellement des savoirs, concepts, problématique) : PEDRONCINI (Guy) Pétain. Le soldat et la gloire Paris, Perrin, Sans l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, le 28 juin 1914, Philippe Pétain, fils de cultivateur du Pas-de-Calais, aurait pris sa retraite en 1914, à cinquante-huit ans, comme colonel commandant un régiment d'arras, et sa notoriété n'aurait pas franchi le cercle des brevetés de l'école de guerre, où l'on avait tout de même noté l'originalité novatrice de ses vues. La Grande Guerre révèle et impose, de Charleroi à Verdun, ce colonel qui a mis trente-quatre ans pour atteindre son grade et qui, en trente-quatre mois de combats, devient, en mai 1917, commandant en chef. Après le miracle de Joffre à la Marne, il y a le miracle de Pétain en Il trouve une armée épuisée, révoltée, menacée de surcroît par le retour des divisions allemandes du front oriental. Par une stratégie originale et globale, il surmonte la triple crise morale, tactique et stratégique et permet à l'armée française de tenir et de vaincre a conduit des auteurs à minimiser rétroactivement le rôle de Pétain en , à chercher dans les témoignages de ses pairs ou de ses supérieurs les traces du pessimisme et du défaitisme qu'on lui reprochera plus tard. Guy Pedroncini, grand historien des conflits contemporains, s'est attaché, comme nul ne l'avait fait, à étudier et à dépeindre minutieusement et sans à-priori le comportement, les idées et les décisions du général Pétain. Il montre par les archives que son rôle est tout à fait essentiel, non seulement à Verdun, mais dans la victoire finale. Et celle-ci aurait été plus décisive si l'offensive qu'il avait conçue et préparée pour acculer l'armée allemande à un nouveau Sedan avait pu être lancée le 14 novembre Selon Guy Pedroncini, il aurait mieux valu que les décideurs suprêmes fussent Poincaré, Pétain ou Joffre plutôt que Clemenceau et Foch, et l'on peut, après le général de Gaulle, regretter une victoire inachevée. Enfin, dans la perception de l'utilité des premiers avions et des premiers chars, comme dans leur emploi, Pétain est un pionnier. Le 8 décembre 1918, il reçoit le bâton de maréchal de France. Il «n'était pas moins grand soldat» que Foch, estimera Clemenceau. Certainement l'égal des plus grands, mais assurément le plus secret et le plus indépendant. Enjeux didactiques (repères, notions et méthodes) : BO actuel : «Guy Pedroncini, Pétain, novembre 1918-juin 1940 : la victoire perdue, Perrin, 1995 Le 11 novembre 1918, l'armistice de la victoire est signé en dépit des protestations du général Pétain, qui voudrait poursuivre l'offensive. Le 25 juin 1940, l'armistice de la défaite est accepté par le Maréchal pour limiter les conséquences de la débâcle. Pourquoi la victoire de 1918 a-t-elle été perdue en moins de vingt-deux ans? Pétain, commandant en chef jusqu'en 1931, inspecteur de la défense aérienne de 1931 à 1934, ministre de la Guerre en 1934, a-t-il une responsabilité dans l'affaiblissement de l'armée et dans la désastreuse conduite de 13

14 la guerre en ? Non, estime Guy Pedroncini, qui traite ici de la période la moins étudiée de la vie du Maréchal. Il montre les efforts de Pétain pour conserver une armée forte après la victoire de Il cite ses interventions répétées en faveur des chars et de l'aviation : le Maréchal estimait que le sort de la prochaine guerre dépendrait de la puissance mécanique (en , il propose 7000 chars en arme autonome, en 1932 une force de frappe aérienne). Il souligne ses réserves quant à la ligne Maginot. Mais les avertissements du Maréchal à l'égard de la guerre future, ses diagnostics et ses pronostics se heurtent à des gouvernements éphémères englués dans les difficultés financières, politiques et industrielles. En dépit de son prestige, il n'eut pas les moyens d'imposer ses vues. Il les a exposées dans de nombreux discours, largement cités par Guy Pedroncini, qui témoignent d'une vision claire du présent et des menaces de l'avenir. Plus encore, il les a défendues dans le secret des délibérations du Conseil supérieur de la guerre, puis du Conseil permanent de la défense nationale. Occupant une place importante dans cet ouvrage, celles-ci pourront apparaître ardues au profane, mais intéressantes au passionné d'histoire militaire. Elles sont nécessaires pour connaître à la fois les positions du maréchal Pétain et celles des autres grands chefs. L'auteur évoque naturellement les succès de la guerre du Rif, que Pétain avait accepté de conduire en , son action comme ministre de la Guerre, la réussite de son ambassade en Espagne en d'où il fut rappelé pour s'engager dans la gestion d'un désastre sans précédent à un âge - 84 ans - qui ne favorise pas une adaptation à des circonstances aussi tragiques. Plan, entrées originales (événements, acteurs, lieux, œuvres d art), supports documentaires et productions graphiques : Conclusion et ouvertures possibles (questions à prévoir) : Activités, consignes et productions des élèves : Evaluation cohérente en fonction des objectifs : 14

15 HC Les grandes phases de la Seconde guerre mondiale Approche scientifique Définition du sujet (termes et concepts liés, temps court et temps long, amplitude spatiale) : Approche didactique Insertion dans les programmes (avant, après) : Sources et muséographie : Ouvrages généraux : Bédarida François (dir.), La Politique nazie d extermination, actes des décembre 1987, journées d études organisées par l Institut d histoire du temps présent, Albin Michel, 1989, 336 p. Hilberg Raul, La Destruction des Juifs d Europe (2 tomes), Gallimard, 1992, coll. «Folio Histoire», 1098 p. Wieviorka Annette, Auschwitz, la mémoire d un lieu, coll. «Pluriel», Hachette, 2005 (l historienne retrace une histoire des camps d Auschwitz et propose une réflexion sur les enjeux mémoriels et la visite du lieu par des élèves). Forges Jean François, Éduquer contre Auschwitz, Histoire et mémoire, Pocket, 2003 (l auteur propose une réflexion sur la manière d enseigner Auschwitz). Ressources «Auschwitz, le cauchemar sans fin», Dossiers et documents du Monde, n 342, mai Ouverture pour les élèves Levi Primo, Si c est un homme, Pocket, 1947 (récit autobiographique de l expérience concentrationnaire de cet écrivain italien juif déporté à Auschwitz de février 1944 à janvier 1945). Wieviorka Annette, Auschwitz raconté à ma fille, Le Seuil, Des témoignages en ligne d anciens déportés ou enfants de déportés sur le site de la chaîne TV5 Monde : Site Web du musée d Auschwitz-Birkenau (des cartes, des plans, une visite virtuelle du camp ) : Documentation Photographique et diapos : Revues : «Auschwitz, la solution finale», Les Collections de l Histoire, n 3, octobre 1998 (articles sur les «mécanismes de l extermination», les «spectateurs» et la «mémoire du génocide», incluant des images, des cartes et des plans). Carte murale : Enjeux scientifiques (épistémologie, historiographie et renouvellement des savoirs, concepts, problématique) : Enjeux didactiques (repères, notions et méthodes) : BO 1ere : «La Seconde Guerre mondiale - Les grandes phases L analyse des grandes phases, fondées sur des cartes, se limite à l essentiel. Elle met en évidence l extension géographique et le caractère global du conflit.» BO 3 e actuel : «Les phases militaires de la guerre sont analysées à partir de cartes. Cartes : L Europe en La France en L Europe et le monde en L Europe et le monde en 1945.» BO 3 e futur : «LA SECONDE GUERRE MONDIALE, UNE GUERRE D ANEANTISSEMENT ( ) La guerre est un affrontement aux dimensions planétaires. L observation de cartes permet de montrer l extension du conflit et d établir une brève chronologie mettant en évidence ses temps forts. C est une guerre d anéantissement aux enjeux idéologiques et nationaux. L étude part d un exemple au choix (la bataille de 15

16 Stalingrad ; la guerre du Pacifique) permettant d étudier la mobilisation de toutes les forces matérielles et morales des peuples en guerre. C est dans ce cadre que le génocide des Juifs et des Tziganes est perpétré en Europe. L étude des différentes modalités de l extermination s appuie sur des exemples : l action des Einsatzgruppen, un exemple de camp de la mort. Connaître et utiliser les repères suivants : - La Seconde Guerre mondiale : La libération des camps d extermination : Fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe : 8 mai Bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki : août 1945 Caractériser les enjeux militaires et idéologiques de la guerre Décrire et expliquer le processus de l extermination». Plan, entrées originales (événements, acteurs, lieux, œuvres d art), supports documentaires et productions graphiques : III. Auschwitz Auschwitz est aujourd hui le symbole de l extermination des Juifs d Europe et du système concentrationnaire nazi. Plus grand complexe construit durant la Seconde Guerre mondiale par le IIIe Reich, il se compose d un camp de travail, d un camp de concentration (depuis juin 1940) et d un camp d extermination où sont morts plus de un million de Juifs et de Ttsiganes venus de toute l Europe. L étude d extraits de la conférence de Wannsee (20 janvier 1942) permet de montrer que cette conférence constitue un tournant dans la politique nazie à l égard des juifs : la «solution finale» y est définie et son processus précisé. Il importe de mentionner les différents sens qui ont été donnés par les nazis au terme «solution finale» pour aboutir à celui de l élimination organisée et systématique des Juifs d Europe. Comme le rappelle Philippe Burin, la prise de décision a été progressive et cumulative tandis que le projet changeait d échelle. De régional, le génocide devient européen. Dans les mois qui suivent, Himmler modifie ses plans concernant Auschwitz. Une chronologie simple permet de montrer dans quel contexte militaire s inscrivent ses choix (manque de la maind oeuvre soviétique espérée lié à l échec de la guerre-éclair en Union soviétique alors que les besoins de l industrie allemande sont énormes). Auschwitz se voit alors attribuer deux fonctions : l assassinat des personnes considérées comme «inaptes» et la mise au travail jusqu à l exténuation mortelle des autres. Le complexe devient un instrument majeur de la politique d extermination des Juifs d Europe à partir du printemps 1942 avec la construction du plus grand centre de mise à mort (Auschwitz II-Birkenau). Il est l instrument technique du génocide, «monstrueuse machine à avilir et à tuer» (J.-P. Azéma). À l aide de cartes à l échelle européenne, on peut mettre en évidence les raisons pour lesquelles le site d Auschwitz a été choisi (bonne desserte ferroviaire au coeur d un réseau européen de voies ferrées, présence de nombreuses communautés juives en Europe orientale, isolement). L étude permet de revenir sur la définition du vocabulaire (camps de concentration, camps d extermination [ou centres de mise à mort]). L analyse des plans, de photographies aériennes montrent l étendue du complexe des camps d Auschwitz et doit s accompagner d une définition du vocabulaire (chambres à gaz, crématoires). À cette occasion, l analyse de témoignages de survivants et de bourreaux permet de décrire l organisation rationnelle de l horreur et le fonctionnement de l univers concentrationnaire. Le rôle d Auschwitz dans le génocide doit aussi être mis en évidence par le rappel du nombre de victimes (nombre des déportés, nombre et origine des victimes). En 1947, le site d Auschwitz-Birkenau devient un musée. Dépendant de l État polonais, il est cependant un enjeu mémoriel pluriel (mémoire polonaise qu il Activités, consignes et productions des élèves : Accompagnement 1 ère : «Il s agit d étudier la deuxième guerre mondiale, de son déclenchement à l arrêt des combats. Tout ne pouvant être traité avec la même précision, le programme a opéré des choix. La présentation des grandes phases de la guerre peut se faire à partir de cartes et d une chronologie évoquant la conquête hitlérienne en Europe et la conquête japonaise en Asie, l extension de 1941, le reflux de l Axe et la victoire des Alliés après le tournant de ; elle manifeste le caractère mondial du conflit. L étude de la politique nazie d extermination des Juifs et des Tziganes constitue un élément capital pour comprendre la nature du conflit et son importance dans l histoire contemporaine. Elle passe par le rappel de la distinction qui, au sein de l univers concentrationnaire, sépare camps de concentration et camps d extermination et par l analyse de ce qu est un génocide. Tous ces domaines ont fait l objet de nombreux travaux scientifiques ; ils exigent d être présentés avec une rigueur excluant toute approximation. Ces approches permettent de mettre à jour le caractère de guerre totale du conflit, marqué par l implication des populations civiles autant que des militaires, l importance des facteurs idéologiques, économiques et psychologiques, les phénomènes de collaboration et de résistance, les déportations, les massacres programmés massifs (Pologne, URSS) et la politique d extermination.» 16

17 faut prendre garde de délégitimer, mémoire juive, mémoire communiste et résistante). Il devient également un lieu de mémoire, symbole de la politique génocidaire nazie et des souffrances vécues par les victimes. L impératif de se souvenir, présent dès la libération des camps, y est adressé aux jeunes générations.» I. UN VASTE COMPLEXE CONCENTRATIONNAIRE Constitué de trois camps : un camp de concentration principal d origine (Auschwitz I) ; le camp de Birkenau (Auschwitz II), presque entièrement consacré à l extermination à partir de 1942 ; enfin, le camp de Monowitz (Auschwitz III) dont les détenus travaillent dans le complexe industriel proche (usines de la Buna, appartenant à la firme I-G Farben). II. ÉLIMINATION IMMÉDIATE ET MORT LENTE Près d un million de Juifs, raflés et déportés depuis l Europe occupée, sont exterminées à Auschwitz. A partir de 1942, les nazis y appliquent la «solution finale». Le camp se dote d infrastructures vouées à l extermination de masse (chambres à gaz et crématoires). La majorité des déportés sont gazés dès leur arrivée dans le camp. Les autres meurent à cause des privations, de la dureté du travail forcé, ou des violences qui leurs sont infligées. À peine un dixième des Juifs déportés à Auschwitz ont survécu. III. UN LIEU DE MÉMOIRE Auschwitz est un lieu de mémoires multiples. Pour les Juifs, bien entendu, qui représentent la grande majorité des victimes de ce complexe concentrationnaire nazi. Le camp devient à la fin du XXe siècle le lieu le plus représentatif de la Shoah. Mais c est également un lieu de mémoire pour des populations non juives, qui y ont aussi trouvé la mort : Tsiganes, prisonniers de guerre soviétiques, Polonais, opposants politiques, etc. Conclusion et ouvertures possibles (questions à prévoir) : Evaluation cohérente en fonction des objectifs : 17

18 HC Les Français dans la Seconde guerre mondiale Approche scientifique Définition du sujet (termes et concepts liés, temps court et temps long, amplitude spatiale) : Approche didactique Insertion dans les programmes (avant, après) : Sources et muséographie : Ouvrages généraux : Azéma Jean-Pierre, Bédarida François (dir.), La France des années noires (2 tomes), Le Seuil, 2000, coll. «Points Histoire», 580 p., 632 p. Burrin Philippe, La France à l heure allemande, , Le Seuil, 1997, coll. «Points Histoire», 560 p. Laborie Pierre, L Opinion française sous Vichy, les Français et la crise d identité nationale, , Le Seuil, 2001, coll. «Points Histoire», 406 p. Peschanski Denis, La France des camps, l internement, , Gallimard, 2002, coll. «La Suite des temps», 560 p. Rousso Henry, Les Années noires, vivre sous l Occupation, Gallimard, 1992, coll. «Découvertes Histoire», 192 p. ALARY Éric, La Ligne de démarcation ( ), Paris : Perrin, VEILLON Dominique, Vivre et survivre en France, , Paris : Payot, Documentation Photographique et diapos : Revues : Vivre en France sous l'occupation, VEILLON Dominique, TDC, N 852 du 15 au 31 mars 2003 La Résistance, Ces Français du refus, BRUNO LEROUX, TDC, N 750, du 15 au 28 février 1998 Carte murale : Enjeux scientifiques (épistémologie, historiographie et renouvellement des savoirs, concepts, problématique) : Ecrire l histoire du quotidien Il existe un très grand nombre de journaux intimes, de notes, de carnets de guerre qui constituent un gisement inestimable pour comprendre de l intérieur ce quotidien de guerre (par exemple, le journal d une institutrice qui a consigne ce qu a été son existence dans le quartier de Montmartre de 1940 à 1945). Les rapports des préfets ou ceux de la gendarmerie, ainsi que les comptes rendus de nombreux fonctionnaires de services de ravitaillement permettent de suivre l état d esprit de la population. Le courrier saisi par la censure offre un autre éclairage. De même la presse nationale, qui renferme des indications ponctuelles (rations théoriques mensuelles), ou les magazines féminins, qui soulignent les difficultés des familles à travers les doléances des lectrices. Les caricatures nombreuses, les dessins publicitaires (chaussures à semelles de bois, voiture à gazogène) ou les photographies d époque ne doivent pas non plus être négligés. Des figures mythiques, un héroïsme au quotidien, un chef hautement charismatique : la légende de la Résistance a longtemps été entretenue sans être soumise à un examen critique rigoureux. Or l ouverture d archives porte un regard nouveau sur sa réalité sociologique : qui sont ces hommes et ces femmes qui, à différents titres et dans des circonstances très diverses, ont décidé de «résister»? Des pionniers de l an 40 aux conquérants de la Libération, une page entière de l histoire des Français est renouvelée depuis les années Les travaux des historiens portent un regard nouveau sur le phénomène de la Résistance en France et vont plus loin que les publications des décennies précédentes. Ils s attachent en particulier à cerner les rapports entre la Résistance et les Français : comment, partis de rien, les clandestins recrutent-ils et parviennent-ils à former des organisations couvrant tout le territoire? Quelles relations ces organisations entretiennent-elles avec la population? Autant d interrogations et de réponses qui dépassent l opposition simpliste entre une Résistance ultra-minoritaire et une masse de Français «attentistes» : si la Résistance organisée n a guère concerné plus d un pour cent de la population (les FPI seront à la Libération), elle n a pu se développer en qu avec le concours de communautés villageoises entières et l appui tacite d une large partie de la population. Enjeux didactiques (repères, notions et méthodes) : BO 1ere : «La France dans la Seconde Guerre mondiale L étude de la France, de l armistice à la Libération, permet d analyser le rôle du régime de Vichy, les différentes formes de collaboration, les composantes et l action de la Résistance intérieure et de la France libre.» BO 1 ère STG : «L année Au-delà de l'armistice, le choix entre acceptation, collaboration et résistance met en jeu les valeurs qui fondent la démocratie.» BO 3 e actuel : «Une place particulière est faite à l histoire de la France : analyse du régime de Vichy, rôle de la France libre et de la Résistance. Documents : Discours du Maréchal Pétain du 17 juin Appel du Général de Gaulle du 18 juin. Extraits du statut des juifs (1940). Témoignages sur la déportation et le génocide. Témoignages sur la Résistance.» BO futur 3e : «EFFONDREMENT ET REFONDATION RÉPUBLICAINE ( ) La défaite de 1940 entraîne le renversement de la IIIe République. Pétain et de Gaulle illustrent les deux attitudes devant la défaite militaire. On présente les conditions de l armistice et on explique le renversement de la République. 18

19 Plan, entrées originales (événements, acteurs, lieux, œuvres d art), supports documentaires et productions graphiques : Accompagnement 1 ère STG : «L année 1940 Dans un contexte de guerre où s affrontent militairement démocraties et totalitarismes européens, l année 1940 marque, pour la France, ébranlée par l exode et la défaite, une étape cruciale dans la lutte entre deux modèles politiques et idéologiques dont les valeurs sont opposées. Le 16 juin 1940, le maréchal Pétain, le vainqueur de Verdun, est nommé Président du Conseil après la démission de Paul Reynaud. Il conclut un armistice avec les Allemands, qui occupent plus de la moitié de la France, et installe son gouvernement à Vichy. Le 10 juillet, le Parlement accorde les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix contre 80 et 19 abstentions. Pétain prend en charge la rédaction d une nouvelle constitution, «Constitution de l État français», qui met fin à la République et instaure, sous la devise «Travail, Famille, Patrie», un État autoritaire, négation des principes républicains, qui va conduire une politique réactionnaire, antisémite, marquée par une collaboration active avec l Allemagne nazie. Le 18 juin, à Londres, le général de Gaulle lance, sur les ondes, un appel à la résistance contre l Allemagne. Son message sera rediffusé le lendemain et le texte en sera publié par les journaux encore libres du Sud de la France. Une résistance s organise peu à peu, enchevêtrement complexe de destinées, de réseaux et de motivations diverses mais qui est mobilisée autour des grandes valeurs qui fondent la démocratie.» I. Résister : les Français du refus LE TEMPS DES PIONNIERS Au lendemain de la défaite de 1940, le refus de la soumission est le fait de pionniers. Tel est bien le terme qui caractérise cette poignée de résistants éparpillés sur tout le territoire, qui doit littéralement inventer ses organisations comme ses formes d action. Aucun groupement existant (parti, syndicat, Église) ne met en effet ses structures au service de ceux qui «veulent faire quelque chose Le régime de Vichy, autoritaire et antisémite s engage dans la voie de la collaboration avec l Allemagne nazie. La politique du régime de Vichy et sa collaboration avec l Allemagne nazie sont présentées en s appuyant sur quelques exemples de ses décisions et de ses actes. En liaison avec la France libre, la Résistance intérieure lutte contre l occupant et porte les valeurs de la République. La Résistance est abordée à travers l exemple d un réseau, d un mouvement ou d un maquis. Une mise en perspective permet d expliquer la place de la France libre, ses liens avec la Résistance intérieure et le rôle qu elle a joué dans son unification. Connaître et utiliser le repère suivant - Appel du général de Gaulle : 18 juin Régime de Vichy Fondation du Conseil National de la Résistance par J. Moulin : 1943 Raconter la défaite et expliquer ses conséquences, l armistice et la fin de la IIIe République Décrire - Quelques aspects de la politique du régime de Vichy révélateurs de son idéologie - La vie d un réseau, d un mouvement ou d un maquis en montrant les valeurs dont se réclament les hommes et les femmes de la Résistance.» Activités, consignes et productions des élèves : Accompagnement 1 ère : «L étude de la France dans la deuxième guerre mondiale relève d une exigence de rigueur, sans schématisme. Le pays est anéanti par sa défaite. Les Français, englués dans les difficultés de la vie matérielle quotidienne, tentent de s accommoder de l occupation ; mais cela n empêche ni un rejet massif de l occupant et de la collaboration, ni une désaffection croissante à l égard du gouvernement de Vichy. Ce régime, négation des principes républicains, attaché aux apparences de sa souveraineté mais pris dans l engrenage de la collaboration d État et des surenchères collaborationnistes, se met volontairement au service des exactions de l occupant. À ce choix, s opposent la résistance intérieure, minoritaire et diverse, et le général de Gaulle, avec la France libre, qui, d abord isolé, rallie une partie de l empire et impose l image d une France de la Libération rassemblée autour de lui et figurant dans le camp des vainqueurs.» Les résistants : où et qui? La Résistance se développe d abord dans les villes, sur les côtes et le long des voies ferroviaires. La sensibilité du monde rural au thème vichyste du retour à la terre et à son cléricalisme n explique pas le faible engagement des paysans dans les 19

20 » pour poursuivre la lutte. Les raisons en sont aujourd hui bien connues. D abord, Hitler choisit de ménager relativement la France, partiellement et bien moins durement occupée que la Pologne par exemple. Ensuite, Pétain met en œuvre un programme politique autoritaire quitte à pratiquer une collaboration d État avec le vainqueur. Enfin, un contexte exceptionnel permet au même Maréchal d anesthésier le patriotisme national au profit de ses objectifs. D une soudaineté inimaginable, la défaite a généré le sentiment d une faillite des élites républicaines, pleinement intériorisé par celles-ci. Le patriotisme du «vainqueur de Verdun» est, dans l été 40, le seul repère collectif qui demeure, et semble le dernier rempart provisoire contre l occupant. Dès lors, même si les Français se désintéressent dès 1941 de la Révolution nationale, la collaboration d État est encore interprétée comme un double jeu du Maréchal. Dans ces premiers temps, refuser d accepter la défaite est donc une décision individuelle. D autant plus difficile qu elle amène obligatoirement à désobéir au gouvernement légal, attitude contraire à toute la tradition civique forgée par l école républicaine. La lutte clandestine du Parti communiste français est, comme on sait, dirigée quasi exclusivement contre Vichy jusqu à la rupture du pacte germano-soviétique en juin Seuls certains services de l armée d armistice mènent une action collective contre l occupant, mais elle est en contradiction avec d autres bureaux qui, eux, arrêtent les agents anglais et ceux qui les aident. La révolte des «pionniers» les isole donc du reste des Français, sans que leur faible nombre leur permette de se regrouper avant longtemps. C est doublement vrai pour Charles de Gaulle, qui a choisi l exil londonien. Certes, il est le seul à opposer une alternative au pouvoir légal, au nom d une vision de la guerre mondiale à venir. Mais, toutes proportions gardées, la France libre peine autant à se développer à l extérieur que la Résistance en métropole : elle ne rallie qu une petite partie de l Empire et quelques dizaines de milliers de volontaires. Dans l Hexagone, l audience précoce des émissions de la BBC et l implantation de «réseaux» de renseignements précieux pour les Anglais sont des succès indéniables. Cependant la France libre ne peut y envoyer que quelques agents et se voit privée de tout contact avec les groupes métropolitains avant l automne À l aveuglette, elle tente de mobiliser l opinion, avec des résultats inégaux : à la réussite de la campagne des V succède l échec du «garde-à-vous» national de cinq minutes en octobre 1941, en hommage aux premiers otages fusillés. ROMPRE L ISOLEMENT Comme pour la France libre, le choix des actions à entreprendre est crucial en métropole. Encore faut-il déjà rencontrer quelques compatriotes partageant le même état d esprit : combien en sont réduits, pour longtemps, à des réactions individuelles, par nature limitées : lacération d affiches, diffusion hasardeuse de tracts...? Les premiers rebelles organisés sont souvent des individus au passé militant : catholiques de gauche, syndicalistes, socialistes. Mais les relations antérieures ne suffisent pas à élargir les «cercles». Leur développement tient surtout à leur capacité à mener des actions jugées «rentables» pour eux-mêmes. Ce n est pas un hasard si les premières chaînes de solidarité se constituent dans le Nord et l Est pour faire passer en zone libre les prisonniers de guerre en transit vers l Allemagne. De même le contact avec «Londres» reste le souci primordial de bien des résistants : les petits groupes qui collectent des renseignements, formés de militaires ou de cadres civils, mentent souvent à leurs recrues en leur assurant qu ils l ont déjà. Si certains cercles arrivent à se raccrocher à un réseau français libre ou anglais, la plupart, isolés, tâtonnent, essaient de diversifier leurs actions. La plupart de ceux qui se développent de façon autonome, et qui deviendront les «mouvements», expérimentent le puissant pouvoir de recrutement d un journal clandestin : tout un chacun peut devenir diffuseur, la prise de risque est perçue comme modérée et, en recréant des collectivités soudées par le simple souci du patriotisme, le journal attire les «sympathisants». A contrario, en zone occupée, le choix de la lutte armée par le Parti communiste à l été 1941 paraît irréaliste et l isole pour longtemps. L ÉMERGENCE DES GRANDS «MOUVEMENTS» Fin 1941, trois groupes ont réussi en zone Sud, où les risques sont moindres, à faire paraître régulièrement un journal à plusieurs milliers d exemplaires sur plusieurs régions : Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur. Leur réussite va faire prendre un tournant à la Résistance, du fait de phénomènes dont il faut bien saisir mouvements et réseaux. Les formes d action menées par les premiers résistants sont plutôt à prendre en compte pour comprendre le caractère urbain de la lutte : le renseignement (les troupes allemandes sont concentrées en ville), la propagande (plus facile à fabriquer et à diffuser anonymement en milieu urbain), les filières d évasion. Les premiers organisateurs sont généralement issus des classes supérieures : journalistes, universitaires, militaires de la haute ou moyenne bourgeoisie. Mais ils recrutent dans les classes moyennes, toujours selon une logique fonctionnelle : les professions permettant de fréquents déplacements (commerçants, artisans, employés des postes et des chemins de fer) sont particulièrement sollicitées. En 1943, en raison du refus du STO, la Résistance s étend sur tout le territoire. Le monde rural s engage surtout à la frange de la Résistance organisée. Il aide occasionnellement les maquis, selon une forme d action qui convient aussi le mieux à la culture paysanne : l entraide individuelle. C est aussi à cette date que le monde ouvrier entre massivement en résistance. Visé par les réquisitions de main-d œuvre, il est sollicité par les mouvements pour des actions qui appartiennent à sa culture politique (manifestations, grèves) ou qui emploient ses capacités professionnelles (sabotage dans les usines), et adopte plus volontiers l action violente, plus proche de son horizon culturel. Si toutes les catégories sociales ont été représentées dans la Résistance, elles ne l ont donc pas été toutes en même temps. Le brassage social aussi a été relatif, chaque mouvement ayant une certaine homogénéité sociale : l engagement massif des ouvriers, en particulier, est lié au Front national, d obédience communiste. Les «dissidents» de la France libre Parmi les FFL (Forces françaises libres), la moitié se sont évadés de métropole par les côtes ou les Pyrénées, d où parmi eux une prédominance de Bretons et de gens du Sud-Ouest. Les passages les plus nombreux ont eu lieu durant les périodes où se rodait le dispositif allemand, au second semestre 1940, et dans les mois suivant l invasion de la zone Sud. Les FFL sont souvent jeunes et célibataires : les trois quarts ont moins de trente ans, plus d un quart sont lycéens ou étudiants. Passer à la «dissidence» est en effet plus problématique pour ceux qui sont en charge d une famille, et doivent de surcroît les exposer à d éventuelles représailles. Les plus âgés, et la plupart des officiers, ont rallié avec leur unité l Angleterre ou l Empire. Au début, comme en métropole, la plupart des volontaires rejettent les élites républicaines jugées responsables de la 20

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