RAPPORT INTERMEDIAIRE

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1 I.E.P de Rennes MASTER ISUR RAPPORT INTERMEDIAIRE Ville d Alger, ALGERIE Responsables de la Formation : Pablo DIAZ et Jean-Louis PERRAULT Promotion Addis Addis-Abeba Abeba Abeba Janvier 2007 Anne-Marie WIOLAND Nadia CHALAYE Isabelle LUCCHINI Rémi de BERCEGOL Bruno RICHARD Sylvie de LIMA Marie LE GAC Kamel BOUHMAD Erwan TOUTAIN Achille AHOYO

2 RESUME La présente étude se propose d évaluer les conditions économiques, juridiques, sociales et politiques de l Algérie et plus particulièrement de la ville d Alger. Il est ici question d établir des grilles de lecture afin d être à même d apprécier la sécurité des biens et des personnes, la capacité de paiement des débiteurs et la rentabilité des investissements dans ce pays. L Algérie présente une situation favorable dans plusieurs domaines, ce qui lui vaut une confiance grandissante sur la scène internationale. Cependant, la situation politico-sociale du pays reste instable du fait d un lourd passé historique et de récents événements tragiques. En effet, en l espace d un demi-siècle, les Algériens sont passés d une relation paternelle avec la France à une relation présentée comme «fraternelle», d une «presque-dictature» militaire à une démocratie «balbutiante», d une économie planifiée à une économie de marché, d une urbanisation laborieuse à une métropole d envergure continentale, voire régionale (au niveau du bassin méditerranéen). Mais, tout comme au théâtre, l envers du décor existe. Celui-ci est marqué par des paradoxes : on observe une hausse des prix et un taux de chômage élevé malgré les recettes amassées grâce à la manne pétrolière ; les manifestations de mécontentement de la population persistent malgré le retour à la paix civile et l amnistie. Apparaissent alors un certain nombre de questions qui revêtent une importance particulière puisqu elles renvoient clairement aux liens entre l économie et le politique et aux rapports entre l Algérie et ses partenaires extérieurs. 1

3 SOMMAIIRE Résumé... 1 Sommaire... 2 Chap. 1 : Présentation géographique de l Algérie Situation spatiale de l Algérie Contraintes et ressources de l espace naturel La spécificité de la dualité algérienne... 6 Chap. 2 : Histoire de l Algérie Une histoire cosmopolite dominée par huit siècles d arabisation L Algérie et la France «de Dunkerque à Tamanrasset» ( ) L Indépendance confisquée (de 1962 à nos jours) Demain l Algérie pour les Algériens? Chap.3 : Le système politico-administratif algérien: un système démocratiquement déficitaire? L organisation administrative de l Etat algérien La militarisation incontestable du système politico-administratif algérien La situation est-elle bloquée? : L Etat de droit non garanti comme lecture d une démocratie affaiblie : Le nouveau défi de l Algérie : la refondation de son Etat Chap.4 : Population, culture et société algériennes Radiographie de la démographie en Algérie Culture et société : connaître la première pour comprendre la seconde Chap. 5 : Economie de marché, Manne petrolière et secteur informel : un triptyque aux éléments solidaires D une économie planifiée à une économie de marché La nouvelle donne économique : entre rente et production Alger et l Algérie : Insertions régionales et mondiales Chap.6 : Urbanisation, armature urbaine et réseaux de communication L urbanisation en Algérie : phénomène ancien, ampleur nouvelle La répartition spatiale du fait urbain : «littoralisation», tentatives de rééquilibrage Armature urbaine et réseau de villes Une structure spatiale poly-nucléaire Un réseau de communication à vocation continentale et internationale Chap. 7 : Alger, les enjeux d une métropole en construction «Une réalité urbanistique et architecturale hybride» Les recompositions récentes de l urbanisation algéroise Les défis urbains de l Alger contemporain Alger au fil de ses plans d urbanisme ANNEXES Bibliographie

4 CHAP.. 1 : PRESENTATIION GEOGRAPHIIQUE DE L ALGERIIE Les caractéristiques actuelles de la société algérienne et de son espace s enracinent tout d abord dans la géographie. 1. Situation spatiale de l Algérie Si l Algérie appartient sans aucun doute à l ensemble du monde méditerranéen et araboislamique, elle s en démarque cependant par des spécificités qui lui sont propres. La carte suivante, en reprenant les principales constructions politiques actuelles, replace l Algérie dans un espace plus vaste. Carte 1 : Insertion spatiale de l'algérie Source : document réalisé par le Groupe à partir de la compilation de différents documents Enracinée dans le Maghreb : Le Maghreb, de par sa configuration physique de «gros bourrelet montagneux» (Cote, 1996) avancé dans la mer Méditerranée et de par son peuplement d origine berbère, est le premier espace dans lequel s insère l Algérie. Elle y tient une place centrale entre ses voisins marocains et tunisiens. Cet ensemble maghrébin s incarne dans le Grand Maghreb (Carte 1) qui englobe aussi la Mauritanie au Sud-Ouest et la Libye à l Est de l Algérie. Si ces 2 derniers pays n ont ni la même configuration géographique, ni la même histoire que les 3 premiers Etats maghrébins Maroc, Algérie, Tunisie-, c est néanmoins à travers cette entité que s insère l Algérie dans des ensembles plus vastes. 3

5 Adossée au continent africain : L intégration artificielle de la Mauritanie et de la Libye témoigne en effet d un enracinement plus large dans le continent africain. Par sa taille et son insertion «en pointe», l Algérie recouvre de son vaste territoire une large partie de l Afrique septentrionale. Cette inscription dans l espace africain se traduit d abord par les réalités physiques de désertification ou de faibles ressources en eau, puis par les relations politiques que l Algérie, pays membre de l Union Africaine (Carte 1), entretient par exemple avec les pays du Sahel au sujet du bornage des frontières 1 ou encore par la politique commune vis-à-vis des Touaregs du Mali et du Niger émigrés au Hoggar (région du désert saharien). En marge de l aire arabo-islamique : L Algérie, de par sa culture, fait aussi pleinement partie du monde arabo-islamique. S il est vrai qu elle s y cristallise -du fait de son appartenance à la Banque de Développement Islamique et à l Organisation de la Conférence Islamique (Carte 1)- sa situation marginale l en différencie par une double spécificité. A la différence du caractère multiconfessionnel du Proche-Orient, elle est entièrement musulmane et presque entièrement sunnite. De plus, si l islamisation a été totale, l arabisation est en revanche restée partielle du fait de l importance proportionnelle du peuplement berbère. Englobée dans le domaine méditerranéen : Du fait de son littoral de km 2 et de son importante avancée dans la Méditerranée, l Algérie s intègre également dans l espace méditerranéen. En effet, par delà la culture araboislamique, la profonde influence culturelle de cette mer est présente à travers des traits culturels communs au pourtour méditerranéen comme par exemple le mode d habitat à cour intérieure ou la place de la femme dans la société. Cependant, autant l on retrouve les caractéristiques écologiques de cet ensemble dans le Nord algérien -son régime climatique, son irrégularité pluviométrique, ses paysages du Nord du pays-, autant sa forte tonalité continentale dans l intérieur et sa forte tonalité aride dans le Sud l en démarquent physiquement. Un pays du Sud tourné vers le monde occidental : Par son faible niveau de vie, sa crise des services en réseaux ou sa situation sociale, l Algérie, pays émergent, est aussi partie intégrante de l espace européen par son histoire et sa proximité géographique 2. La permanence de la langue française et d un mode de vie largement occidentalisé -entretenu par le phénomène de l émigration- malgré une intense politique d arabisation, atteste de cette forte empreinte culturelle. Depuis une dizaine d années, l Algérie est membre du partenariat euro-méditerranéen (Carte 1), construction politique dont l ambition affichée est de créer un espace de paix et de stabilité entre les deux rives de la Méditerranée. 1 L Algérie ne fait pas partie de la Communauté des Etats sahélo-sahéliens. 2 L Europe n est qu à 800 km des grandes villes algériennes, soit une heure et demi d avion. 4

6 2. Contraintes et ressources de l espace naturel Sans impliquer pour autant un quelconque déterminisme, les hommes ont dû tenir compte des contraintes et des potentialités de l espace naturel. Description du relief : L organisation des grands traits du relief algérien est d une «régularité géométrique» (Reclus, 1886). Au Nord, l Atlas tellien ferme le pays sur la mer. Il est constitué de nappes empilées, généralement constituées de terrains meubles (marnes, argiles, flysch) soumis à l érosion. Au Sud, l Atlas saharien est sa réplique méridionale, en plus simple et plus ouverte, composée de roches résistantes (calcaires). Entre les deux s étale la large plate-forme des Hauts-Plateaux à environ mètres d altitude. Ils correspondent à un bâti rigide, enserré entre 2 chaînes plissées, portant une couverture de terrain sédimentaire. Enfin, plus au Sud de l Algérie, on débouche sur le large espace saharien, soutenu par le bouclier saharien. Carte 2 : Relief et climat Source : Réalisation Groupe Alger Autant la rigidité du socle saharien est à toute épreuve, autant la fragilité structurale de l Algérie du Nord est grande. Le Tell correspond en effet à la ligne d affrontement de la plaque africaine au Sud et de la plaque européenne au Nord. La première tend à se rapprocher de la seconde par un mouvement lent et continu (de l ordre de 1cm par an). Description du climat : La présence de chaînes montagneuses plaquées en avant du socle saharien arrête les précipitations venues du Nord, assèche et continentalise l intérieur. Mais cette aridité est à nuancer. L Algérie du Nord subit le balancement entre air saharien en été et air froid en hiver. Avec un climat méditerranéen, la façade littorale concentre la douceur thermique (entre 5 et 15 C en hiver, et 25 à 35 C en été) et les précipitations (supérieures à 6 00 mm par an). Les Hauts-Plateaux se caractérisent par un climat continental. Enfin, les températures augmentent rapidement (jusqu à 50 C) vers le Sahara. L irrégularité de ces climats (dans leurs températures, précipitations, durée d enneigement et de sirocco, etc.) constitue une faiblesse car malgré l existence de cycles courts et de cycles longs, aucune prévision n est vraiment possible et l Algérie subit inondations ou saisons sèches successives. 5

7 Ressources géologiques : Carte 3 : Ressources naturelles Le substrat géologique renferme des ressources du sous-sol très différenciées spatialement. Dans le domaine tellien, les gîtes métallifères (plomb, zinc, cuivre, fer) sont nombreux mais épuisés pour la plupart depuis l époque coloniale. Le domaine atlasique présente des gîtes moins nombreux mais de plus grande taille avec des minerais sédimentaires de fer et de phosphates. Quand au domaine saharien, il comporte des minerais rares, du fer, des hydrocarbures et des nappes aquifères. Dans le Bas-Sahara, l on rencontre à 3 200m de profondeur des hydrocarbures liquides et gazeux. L Algérie est au 4 e rang mondial pour ses ressources de pétrole, au 5 e pour ses réserves de gaz. Source : réalisée d après les données de l US Central Intelligence Agency Ressources agricoles : Les climats et la fertilité du sol permettent d une part au domaine tellien d être un immense verger avec des vignes et des cultures d agrumes, de végétaux et d olives, d autre part à la culture de céréales de se développer dans les Hautes Plaines. Cependant, cet espace cultivable ne recouvre que 3% de la surface de l Algérie, 12 % étant des zones de transhumance pour les troupeaux et 85% des déserts. 3. La spécificité de la dualité algérienne Le territoire algérien se caractérise par son étendue : km 2 (ce qui fait de l Algérie le 2 ème pays d Afrique pour sa superficie après le Soudan), et par la réunion de 2 grands ensembles géographiques distincts. Une dualité physique et humaine : La dualité algérienne s incarne à travers le «bourrelet» méditerranéen au Nord et le bouclier saharien au Sud. Tout oppose ces 2 aires : 2 domaines géologiques : au Nord, un «bourrelet montagneux» (Cote, 1996) accidenté, jeune et instable, au Sud, une vaste et rigide plate-forme saharienne (Carte 2) ; 2 mondes climatiques : au Nord un domaine méditerranéen, au Sud un domaine pleinement aride (Carte 4) ; 2 espaces humains : au Nord un domaine peuplé et urbanisé, au Sud un domaine désertique quasiment vide avec des densité de l ordre de 1hab/km 2 (Carte 4) 3 3 Sur ce thème, voir le chapitre «Population, culture et société algériennes» 6

8 Carte 4 : Répartition de la population en Algérie en 2001 Source : The World Gazetter. Une dualité d échelle : L opposition de traits physiques et humains entre l Algérie du Nord et le Sahara algérien se retrouve également dans de fortes différences d échelles. Alors que la 1 ère couvre environ Km 2, le 2 e s étend sur de Km 2. On peut dire que les espaces septentrionaux relèvent du 3 e ordre de grandeur (distances calculées en centaines de km), alors que les espaces méridionaux relèvent du 2 e ordre de grandeur (distances calculées en milliers de km) (Tricart, 1979). Les instruments cartographiques et photographiques nécessaires à ce pays ont été conçus en ce sens : les échelles utilisées couramment pour le Nord sont le 1/ ou 1/50 000, pour le Sud le 1/ ou 1/ Une opposition complémentaire : Cette opposition vigoureuse n empêche pas la complémentarité : la population est au Nord (Carte 4), la source de financement est au Sud (Carte 3). Le Sahara présente en effet pour le Nord des atouts économiques et géopolitiques : ses ressources du sous-sol : minerais rares dans les terrains anciens, hydrocarbures et eau dans les bassins sédimentaires ; son étendue : essais nucléaires et spatiaux des années 1960, terrain militaire et d internement aujourd hui. Depuis 4 décennies, les hydrocarbures constituent la richesse du pays. Il est même légitime de dire que c est le Sahara qui a payé le développement du Nord du pays. Inversement, le développement du territoire saharien n aurait été possible sans l appui de la partie septentrionale du pays, qui lui assure en retour les flux nécessaires à son fonctionnement (flux de personnel, de matières premières, de ravitaillement, d entreprises, de décisions politiques). 7

9 Une réunion territoriale du Sahara et du Nord Algérien relativement récente : Depuis près de 2 millénaires, les Etats maghrébins s intègrent autant vers la Méditerranée que vers le Sahara qui était considéré avant tout comme un espace de relations (liaisons transsahariennes). Tombant progressivement en désuétude, l intérêt de la colonisation française pour cet espace visait à l unité territoriale de ses possessions septentrionales (Maroc, Algérie, Tunisie) et celles d Afrique Noire. C est à l Algérie que fut rattachée la portion la plus vaste du Sahara parce qu elle était la première colonie française et la plus structurée. Paradoxalement, c est donc une décision coloniale qui a fait la fortune actuelle de l Algérie. La lutte armée des Algériens pour leur Indépendance coïncidant avec les premières découvertes des hydrocarbures, l une des grandes revendications des nationalistes a été le maintien des frontières coloniales. La Charte de l Organisation de l Unité Africaine (OUA) a d ailleurs décrété l intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Ainsi, méditerranéenne par son climat, africaine par son substrat, arabo-islamique par sa culture, occidentale par ses échanges économiques et son histoire récente, l Algérie combine tous ces éléments qui lui confèrent une originalité indéniable parmi les pays qui l entourent. 8

10 CHAP.. 2 : HIISTOIIRE DE L ALGERIIE 1. Une histoire cosmopolite dominée par huit siècles d arabisation Bien avant l arrivée des Français au XIX e siècle, l Afrique du Nord était le théâtre de grandes vagues d invasions qui ont forgé l identité multiculturelle du territoire et du peuple algériens. L Antiquité (de -XII e à -III e av J-C) : Durant cette période, les Numides, tribus berbères originaires du Moyen-Orient, peuplent la bande côtière de l actuel territoire algérien. Cultivateurs prospères, ils sont dirigés par des rois issus de dynasties berbères et entretiennent des liens commerciaux avec les Phéniciens qui étendent leur influence sur la Méditerranée grâce à de nombreux comptoirs sur les côtes Nord-africaines. Une succession d invasions (de -III e au XV e ) : A partir du III e siècle av J-C, les Romains prennent le contrôle de la Méditerranée. L Afrique du Nord devient la plus riche contrée agricole de l Occident. La domination romaine accroît considérablement le nombre de sédentaires puis apporte la christianisation qui demeure durant 5 siècles. Toutefois la civilisation romaine ne touche pas les tribus montagnardes hostiles du Maghreb. À partir de la seconde moitié du III e siècle, la décadence de la puissance militaire romaine permet l extension d insurrections berbères jusqu'à la chute de Rome en 410, prise par les Visigoths, peuple d origine germanique. En 439, les Vandales, cousins des Visigoths, envahissent l Afrique du Nord via l Espagne jusqu à Carthage où ils s installent pour un siècle. La fragile domination vandale, qui laisse se reconstituer les principautés berbères indépendantes, est ensuite battue par les troupes de l empereur de Constantinople (en 533). Mais les Byzantins ne reconquièrent que la partie orientale de l Algérie actuelle, le reste du pays étant abandonné. Les nouveaux occupants se heurtent à la même résistance berbère que leurs prédécesseurs. Affaiblis, les Byzantins ne peuvent empêcher les nouvelles invasions arabes, débutées en 647, et l avènement d une nouvelle religion associée à une nouvelle langue auxquelles les populations adhèrent. Pendant 8 siècles (de 650 à 1492), des dynasties berbères converties à l islam se succèdent. L islam parvient à réaliser l osmose entre la culture autochtone berbère et l éthique coranique qui l emporte sur les croyances païennes et donne la cohésion aux communautés berbères. Les Arabes réussissent à installer leur autorité sur l ensemble du territoire et se constituent en caste aristocratique dominante. En outre, ils détournent l ardeur belliqueuse des Berbères en les entraînant à la conquête de l Espagne. Du XIII e au XV e siècle, la région connaît une certaine prospérité économique et culturelle, renforcée par l arrivée des Morisques, musulmans espagnols et juifs chassés d Espagne après

11 Les Espagnols catholiques, qui ont réussi à bouter hors de leur territoire les musulmans, les poursuivent en Afrique pour prendre, jusqu en 1510, les villes d Oran, Bejaïa, Ténès, Mostaghanem, Cherchell et Dellys, mais buttent à Alger. Au cours des décennies suivantes se succèdent les batailles de résistances contre Charles Quint, roi d Espagne. La flotte catholique est repoussée définitivement aux portes d Alger en 1541 par Kheir Ed-Din, l un des frères Barberousse, corsaire nommé amiral en chef de la flotte ottomane par le sultan turc Soliman II le Magnifique. La Régence d Alger (du XVI e au XIX e ) : Avec l Empire ottoman, Alger et sa région côtière deviennent une province gérée par un pacha, ou dey*, qui a autorité sur 3 beys*, lesquels se partagent le reste du pays aux frontières fluctuantes. Après 1571, la Régence d Alger perd peu à peu le contact avec le sultanat et bénéficie aux XVII e et XVIII e siècles d une relative autonomie, lui permettant de gagner en richesse et en puissance, notamment maritime. Alger devient une ville de corsaires de habitants dont beaucoup, captifs ou affranchis, sont originaires des quatre coins de la Méditerranée. 2. L Algérie et la France «de Dunkerque à Tamanrasset» ( ) L assimilation d un territoire au détriment de sa population : En 1814, après la mort du bey Mohammed Ibn Othman, les Etats européens décident au Congrès de Vienne de reprendre le contrôle de la Méditerranée et d en débarrasser les pirates. Les Anglais et les Hollandais bombardent Alger en 1816 sans succès. Soucieuse d empêcher les Anglais de prendre trop de place en Méditerranée et prétextant de l offense du coup d éventail donné par le dey au consul de France pour le non paiement d une dette, Charles X annonce en 1830 un débarquement. Son successeur Louis Philippe veut d abord supprimer l autorité turque mais face à l Emir oranais Abdelkader voulant étendre son territoire vers l Est contre les envahisseurs chrétiens, le gouvernement français se prononce pour la conquête totale. La conquête du territoire de l Algérie, dont le terme n apparaît dans les textes officiels qu en 1838, se caractérise par une extermination massive estimée à un tiers de la population (1 million de morts) face à une résistance et de nombreuses révoltes notamment kabyles jusqu en Cette «première guerre d Algérie» est consolidée par une importante politique d expropriation des terres (1 million d hectares entre 1860 et 1918) au profit d une colonie de peuplement d Européens, les pieds-noirs, qui atteindront le nombre d un million à l Indépendance (pour 9 millions d Algériens de souche). Automatiquement naturalisés français, ils occupent les postes clefs de la structure économique et politique succédant aux Turcs car il n y a pas de classe dirigeante locale ni de bourgeoisie berbère. Ainsi, contrairement au Maroc et à la Tunisie qui deviennent des protectorats, la France rattache directement l Algérie à son organisation politico-administrative en 1881, constituée de 3 départements français (Alger, Oran, Constantine) qui s étendent au début du XX e siècle jusqu au massif saharien du Hoggar. Le traité de capitulation du bey d Alger stipule que la 10

12 France s engage à ne pas porter atteinte à la liberté des habitants et à leur religion. Ainsi dans un même pays coexistent deux populations aux cultures et statuts différents. Les «indigènes», régis par le «code de l indigénat», suivent la loi coranique et la justice leur est rendue selon la coutume coranique, ils ne sont pas tenus de suivre le Code civil. L acquisition de la nationalité française est pratiquement impossible dans les faits et a pour condition préalable le renoncement à leur religion et leurs coutumes, ce qui confère aux indigènes la condition de «sous citoyens». La formation d une «conscience algérienne» : Cette situation donne naissance en 1912 à la fondation du «Mouvement Algérien pour la Jeunesse» par l Emir Khaled et à l «Association des Etudiants Musulmans d Afrique du Nord». La tentative du Front Populaire avec le projet de loi Blum-Violette visant à accorder l égalité des droits entre tous les habitants d Algérie est rejetée par le Sénat en Il faut attendre les années 1940 et 1950 pour que soient créés des partis politiques algériens : le Parti populaire algérien, l Etoile Nord-africaine (en faveur de l indépendance avec l appui de la Gauche française), les Oulémas (défendent l identité culturelle), le Mouvement Jeune Algérien (réclame l égalité des droits et des statuts), le Parti communiste algérien (parti des membres du futur Front de Libération Nationale, FLN). Le 10 février 1943, Ferhat Abbas et 28 élus musulmans signent le Manifeste du peuple algérien réclamant l égale participation de tous les habitants à la vie publique ainsi qu une constitution propre et la reconnaissance de la langue arabe. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, plusieurs dizaines de milliers «d indigènes» participent à l effort de guerre pour libérer le territoire français du nazisme, en contrepartie d une reconnaissance d un droit à l autodétermination. Alger devient même en 1943 le siège du Gouvernement Provisoire de la République Française. A la signature de la capitulation allemande le 8 mai 1945, les Algériens fêtent en masse la victoire en brandissant dans plusieurs villes le drapeau algérien, notamment dans la région de Sétif, espérant enfin leur émancipation. Ils se heurtent à la répression sanglante : ce sont les Massacres de Sétif (de à morts suivant les sources). L inéluctable Indépendance? : Ce n est qu en 1954 que le «besoin de s organiser» débouche sur la création du Front de Libération Nationale (FLN) qui, le 1 er novembre, déclenche une série d attentats dans tout le pays. C est le début des «événements», la «seconde guerre d Algérie» pour laquelle la France décrète l état d urgence. Dans le fort courant d indépendantisme qui secoue le continent africain, la Conférence des «pays non alignés» de Bandoug (Indonésie) en avril 1955, apporte son soutien au peuple algérien et au FLN qui gagne encore une victoire diplomatique le 30 septembre en mettant la question algérienne à l ordre du jour de l Assemblée Générale des Nations Unies. L ONU adopte une résolution en janvier 1957 reconnaissant au peuple algérien le droit à l Indépendance. 11

13 Il ne reste plus au FLN qu à faire l unité des partis algériens autours de son nom avec l objectif unique de la lutte pour l Indépendance en se dotant d une véritable branche militaire, l Armée de Libération Nationale (ALN) (Congrès de la Soumman du 20 août 1956). Contrairement au Maroc et à la Tunisie qui sont passés par un processus de négociation leur permettant d accéder à l indépendance en 1956, le cas de l Algérie pose un problème à la France en particulier en raison de ses richesses (pétrole), ses investissements (bases d essais nucléaires) et de la forte opposition des Européens présents sur le territoire 4. Ainsi, en 1957, le Général Massu prend la tête de la Bataille d Alger et permet le démantèlement des réseaux urbains du FLN. L année suivante, les manifestations pour l Algérie française à Alger entraînent le retour du Général De Gaulle qui obtient les pleins pouvoirs de l Assemblée Nationale. Il promet de maintenir l Algérie française où les Musulmans seront des Français à part entière. Mais la guerre se durcit des deux cotés où exactions répondent à arrestations, tortures et exécutions sommaires. Le FLN débute même une campagne d attentats en métropole entraînant la mise en place par le Préfet Papon du couvre-feu pour les Nord-Africains parisiens. Le FLN crée un Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA) dirigé par Fehrat Abbas. Conscient de l isolement de la France face aux incohérences de sa politique coloniale et à une opinion publique troublée, De Gaulle, devenu 1er Président de la V e République le 28 septembre 1958, finit par reconnaître le droit des Algériens à l autodétermination. Pendant que des négociations s engagent avec le GPRA, le revirement de De Gaulle pousse les pieds-noirs qui se sont sentis trahis à ériger des barricades durant une semaine à Alger, du 24 au 31 janvier 1960, avec le soutien de la nouvelle Organisation de l Armée Secrète (OAS). Alors que le principe d autodétermination est finalement approuvé par référendum en France et en Algérie le 8 janvier 1961, un «quarteron» de généraux français soutenu par l OAS tente de prendre le pouvoir en Algérie. Le putsch échoue le 23 avril 1961 mais les attentats contre les autorités françaises et la population continuent jusqu en juin Les négociations aboutissent en mars 1962 à la signature des Accords d Evian puis au référendum sur l Indépendance en juillet 1962 A l Indépendance, près d un million de pieds-noirs quittent le pays en direction de l Europe. Les Harkis, Algériens collaborateurs de l Armée française qui parviennent à fuir, n obtiennent aucune reconnaissance de la France. Ceux qui restent en Algérie, considérés comme traîtres à la patrie, sont, pour la plupart, massacrés en Le bilan de la Guerre d Algérie, de part et d autre de la Méditerranée, est très lourd. En Algérie, le conflit a fait des centaines de milliers de morts (estimés à ), a provoqué le déplacement de millions de paysans et a déstructuré durablement l économie. En France, si les victimes ont été beaucoup moins nombreuses, le traumatisme n en a pas été moins puissant. Entre 1955 et 1962, toute une génération (1,3 million de soldats) s est trouvée embarquée dans une guerre dont elle ne comprenait pas les enjeux. La colonisation a participé à la déstructuration de la société algérienne (il ne reste que 750 étudiants sur les 9 millions d habitants). 4 Cf. discours de François Mitterrand, Ministre de l Intérieur de l époque «la seule négociation possible, c est la guerre» 12

14 3. L Indépendance confisquée (de 1962 à nos jours) Les militaires écartent les politiques : Deux camps s opposent au sein du FLN au moment où l Algérie réalise son rêve d Indépendance. Le GPRA, formé à Tunis en 1958 et dirigé par Ben Khedda, s installe à Alger le 3 juillet 1962 mais se trouve écarté du pouvoir un mois plus tard par le «clan de Clemcen» formé de Ben Bella et du colonel Boumediene, chef d état major de l ALN. Le FLN, présidé par Ben Bella, devient parti unique d un pays désigné comme «République arabe, islamique et socialiste». Ben Bella mène une politique de nationalisation du commerce extérieur et des propriétés appartenant aux colons et met en place la réforme agraire avec un principe d autogestion (par le haut). Admise à l ONU, l Algérie jouit d une grande popularité auprès des nations africaines (Charte de l Organisation de l Union Africaine), et du Tiers-monde des «non alignés» avec le camp du nationalisme arabe de Nasser. Face à l aggravation de la situation économique, le colonel Boumediene s appuie sur l Armée pour déposer Ben Bella par un coup d Etat en juin Boumediene lance alors le pays dans un vaste programme d industrialisation, délaissant l agriculture qui dépend bientôt de l importation de produits alimentaires correspond à un tournant dans l économie par la nationalisation des sociétés pétrolières françaises, les oléoducs et le gaz naturel. Avant sa mort en 1978, Boumediene désigne son successeur, Chadli Bendjedid, émanant de l élite militaire du FLN réélu en 1984 et 1989, seul candidat en lice puisque le FLN est toujours parti unique. Le pays est en pleine stagnation voire en récession économique et sociale. La troisième guerre d Algérie ou «la sale guerre» : Le blocage de la société par un «Etat/Armée/Parti unique», la corruption et l affairisme, la chute du prix du pétrole (1986), le poids de la dette, les pénuries alimentaires aboutissent en octobre 1988 à une explosion sociale et de violentes émeutes de la jeunesse réprimées par l Armée Populaire. Chadli Bendjedid tente de réduire le rôle du FLN en annonçant le multipartisme, le droit de grève, l ouverture économique et souhaite cantonner l Armée à son rôle de défense. Ceci permet la création d un parti islamiste, le Front Islamique du Salut (FIS) qui, paradoxalement, représente pour le peuple une alternative de contestation face au régime et au blocage de la société. Il remporte en 1990 les élections municipales dans la majorité des grandes villes algériennes, puis, fin 1991, le premier tour des législatives. Le processus électoral démocratique est interrompu par l Armée qui «démissionne» le président Bendjedid en 1992 pour le remplacer par Mohammed Boudiaf. Celui-ci, cherchant à moraliser la vie politique en luttant contre la corruption, est assassiné 6 mois plus tard. C est le commencement d une décennie noire pour la population algérienne prise au piège dans une véritable guerre civile inexpliquée entre l Armée et le Groupe Islamique Armé (GIA), branche armée du FIS dissous. Nommé en 1994 à la tête du pays, le ministre de la Défense, Liamine Zéroual, ne parvient pas à ramener la paix dans le pays malgré la volonté des partis politiques qui se rencontrent à Rome. La violence s exporte même jusqu en France avec le détournement d un Airbus, des attentats dans le métro parisien, l assassinat des moines de Tibéhirine. En 1999, Abdelaziz 13

15 Bouteflika, ancien ministre des Affaires étrangères de Boumediene, est élu président, seul en lice après la défection des autres candidats qui protestent contre la fraude. Amnistie ou amnésie? : Les massacres se perpétuent mais, pour mettre fin au cercle vicieux de la violence, 6 mois après son élection, le Président Bouteflika fait voter par référendum une Loi de «Concorde civile» permettant d amnistier les islamistes armés. Ainsi, aucune commission d enquête, notamment de l ONU, ne peut être menée sur les massacres perpétués durant la dernière décennie malgré les révélations d ex-cadres de l Armée (Abdelkader Tigha, Habib Souaidia). Le bilan est estimé à morts, disparus et 2 millions de déplacés. La loi ne permet pas non plus aux victimes d obtenir réparation. Le brusque embrasement de la Kabylie en 2001, suite au meurtre d un lycéen dans une gendarmerie de Tizi-Ouzou, et la manifestation d un million de personnes à Alger permettent de détourner l attention sur le bilan de cette période et d inventer un nouvel ennemi. Le 11 septembre de cette même année fera le reste. En 2003, la France organise «l année de l Algérie». En 2004, Bouteflika est réélu et fait voter par référendum l année suivante «la charte pour la paix et la réconciliation nationale», un chapelet de mesures de clémence et de compensation sociale en faveur de à exterroristes et quelques dizaines de milliers de personnes représentatives des différentes catégories de victimes. Il s agit de mettre fin à toute récrimination, contestation, jugement en violation de la déclaration de l Assemblée Générale des Nations Unies. Les islamistes sont libérés et indemnisés, les généraux échappent au «syndrome Pinochet» craignant d être poursuivis devant la Cour pénale internationale. 4. Demain l Algérie pour les Algériens? L Algérie connaît actuellement une paix fragile. Le Président Bouteflika essaie de reconquérir l adhésion de sa population et de donner une image de pays moderne au regard de l Occident. Sur le plan des relations extérieures, l Algérie se tourne vers l Union du Maghreb Arabe. Créée en 1989, l UMA regroupe les 5 pays que sont l Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Mauritanie et la Lybie. A l origine, le Maroc et la Tunisie devaient être les moteurs de cette alliance politique, mais il s avère que tous les travaux entrepris sont bloqués à cause de la question géostratégique du Sahara occidental qui divise le pays depuis le retrait des Espagnols en Depuis le 11 septembre 2001, l Algérie entretient des relations avec les pays de l OTAN dans un cadre purement stratégique de lutte contre le terrorisme, renforçant la Déclaration de Barcelone de Pour le reste, ce sont des relations d ordre essentiellement économique. Depuis 2006, les investissements étrangers, la constitution d une nouvelle classe moyenne et diverses réformes semblent faire sortir le pays du chaos. Mais l Algérie a pris d énormes retards dans ses réformes vitales (banques, écoles, hôpitaux, services publics) et l explosion des petits et moyens commerces ne masquera pas longtemps le paradoxe d un pays aux richesses gigantesques mais peu redistribuées. Les généraux qui maîtrisent le jeu politique et économique accepteront-ils le partage? 14

16 CHAP..3 : LE SYSTEME POLIITIICO-ADMIINIISTRATIIF ALGERIIEN: UN SYSTEME DEMOCRATIIQUEMENT DEFIICIITAIIRE? La Constitution algérienne de 1996 affirme l Etat unitaire tout en prévoyant 2 collectivités territoriales. Elle présente cependant un paradoxe : elle est constitutionnellement l une des plus démocratique au monde alors qu en réalité, la démocratie est affaiblie du fait du non respect des Droits de l Homme sur le territoire algérien (Ménard, 2003) et de la militarisation du système politicoadministratif. Malgré la dichotomie entre la Constitution et les faits réels, actuellement, l Algérie tente de refonder son Etat autour des valeurs démocratiques et de la modernisation de l Administration Publique. 1. L organisation administrative de l Etat algérien Organisation institutionnelle du pouvoir central D après la Constitution de 1996, l Etat s organise en 3 pouvoirs : Figure 1 : Organisation institutionnelle de la République d Algérie État Pouvoir exécutif Pouvoir législatif Pouvoir judiciaire Président de la la République Gouvernement Assemblée Populaire Nationale Conseil de la la Nation Cour Suprême Conseil d État Tribunal des Conflits Source : Constitution Politique de la République d Algérie de 1996 Organisation administrative des collectivités territoriales : Malgré la confirmation constitutionnelle de l indivisibilité de la République, l article 15 de la Constitution organise la décentralisation autour de 2 collectivités territoriales, héritées du modèle colonial : la wilaya et la commune (Figure 2). 15

17 Figure 2 : Organigramme relatif à l'organisation administrative des collectivités territoriales Source : Loi de 1990 portant code des communes et Loi de 1990 portant code de la wilaya Tableau 1 : Répartition des compétences entre les communes et les wilayas Communes Wilayas Culture Déchets ménagers Développement économique Distribution énergie Eau, assainissement Education Espaces verts Etat civil Foncier, urbanisme Logement Maintien de l'ordre public Santé Services sociaux Sports et loisirs Transports urbains Voirie Source : 16

18 Tableau 2 : Les finances locales Recettes fiscales Recettes domaniales et patrimoniales Transferts de l Etat via le Fonds Commun des Collectivités Locales Communes - Impôt sur l eau, - Taxes funéraires - Taxes d assainissement - Droits de voirie, - Places et stationnement dans les foires, halles, marchés, plages, etc. - Subventions de fonctionnement ou exceptionnelles versées par le Fonds de Solidarité ou le Fonds de Garantie Wilayas - Recettes fiscales - Recettes liées au patrimoine - Subventions accordées par le Fonds de Solidarité de la Wilaya ou le Fonds de Garantie Source : fait à partir de Alger, une wilaya comme les autres? Au niveau communal, la ville d Alger présente un paradoxe : c est la seule ville au monde à ne pas être gérée par un maire. Au niveau régional, suite à l ordonnance de 2000, Alger a perdu son statut de Grand Gouvernorat d Alger et devient une wilaya. Le wali est chargé de représenter la capitale. Cependant, il apparaît toujours difficile de savoir qui gère réellement Alger. En effet, le Président de la République et les ministres peuvent encourager ou supprimer un projet et enclencher sa mise en œuvre sans consulter préalablement les collectivités territoriales. Carte 5 : Répartition des wilayas sur le territoire algérien Source : Mission Permanente d Algérie auprès des Nations Unies 17

19 2. La militarisation incontestable du système politico-administratif algérien A l Indépendance, le Gouvernement Provisoire souhaitait dissoudre l armée des maquis mais suite à la victoire militaire, elle est apparue comme la seule institution réellement organisée. Elle est donc devenue l Armée Nationale Populaire. Elle a instauré les premières institutions, et fait et défait les présidents de la République. Afin d asseoir sa légitimité, l Armée a fait appel à la «libération nationale», qui constitue le véritable facteur d unité et de cohésion de la société. Cependant, le pouvoir de l Armée n étant pas défini par la Constitution, elle n est soumise à aucune contrainte constitutionnelle. Au cours de la période du système du parti unique du FLN ( ), l Armée était supérieure au politique. En effet, elle définissait les stratégies et déterminait les intérêts à défendre lors des prises de décisions. Le parti approuvait ce qui était fait au niveau militaire. Malgré l adoption du multipartisme en 1989, cette tendance se poursuit en raison du manque de représentativité des partis et de l émergence de nouvelles pratiques telles que la manipulation, la répression et les représailles. Un pouvoir politique sous commandement : Le Commandement Militaire gère le système politique en choisissant le Président de la République avant son approbation par le peuple. La stratégie consiste à choisir un candidat qui ne dispose pas de soutien politique suffisant pour devenir autonome et qui ne menace pas le système. En 1999, Abdelaziz Bouteflika est apparu comme le seul candidat crédible aux yeux de l Armée en raison de son silence lors des émeutes de Il a souhaité conserver le titre de Ministre de la Défense qui représente la détention réelle du pouvoir en Algérie. Tous les Chefs d Etat qui ont essayé de devenir autonome vis-à-vis du Commandement Militaire tels que Ben Bella en 1965, Boudiaf en 1992 et Zeroual en 1998 ont été écartés du pouvoir. Dans un deuxième temps, le Commandement Militaire contrôle préalablement les nominations faites par le Président mais pas nécessairement celle du chef de gouvernement. Les réformes et les décisions prises par l Exécutif dépendent de l approbation de l Armée. Si celle-ci émet des réticences, le projet doit être supprimé ou mis en attente. L emprise du pouvoir par l Armée empêche tout fonctionnement démocratique du système. Un pouvoir administratif sous tutelle : L Armée contrôle l Administration et le processus de prise de décision par le biais de la Sécurité Militaire qui est devenue en 1990, la Direction Générale de la Prévention et de la Sécurité. Il s agit d un département de l Armée sous l autorité d un chef militaire. Elle n a pas de cadre légal : elle bénéficie de l impunité. Son rôle est d assurer la continuité du système, de garantir la sécurité en Algérie et d identifier les opposants au régime. 18

20 Pour faciliter son action, elle se divise en Bureaux de Sécurité et de Prévention présents dans l ensemble des institutions qui définissent la stratégie du pouvoir et dans les organisations d informations et de regroupement. Ses méthodes d action sont l infiltration, l espionnage, la manipulation et l intimidation. La Sécurité Militaire est également au cœur du processus de prise de décision. Elle est chargée de rédiger un rapport sur l Administration qui est transmis à des cellules d analyse. Ces dernières doivent élaborer une étude destinée au Commandement Militaire à partir de laquelle il prendra la décision. La situation est-elle bloquée? : Afin de modifier cette structure du pouvoir, Benchikh 5 (2003) préconise l établissement d un dialogue avec l Armée pour redéfinir son rôle au sein de l Etat et dissoudre la Sécurité Militaire qui est l une des causes principales du blocage des institutions. De plus, le recrutement de l Armée peut également faciliter ce changement; les nouveaux recrutés sont les jeunes Algériens qui ont vécu l injustice sociale et le blocage de l Etat et qui, par conséquent, souhaitent une nouvelle société et un nouvel Etat. Enfin, en Algérie, l un des problèmes majeurs reste la forte pression de l islamisme politique qui promeut l Etat islamique et la Charia comme loi fondamentale. Cette menace justifie l emprise du pouvoir par l Armée. Le changement paraît difficile, notamment à court terme. 3. L Etat de droit non garanti comme lecture d une démocratie affaiblie : L Etat de droit est l un des piliers fondamentaux de la démocratie. Toutefois, depuis 1992, les violations se sont accrues et sont réalisées par les forces publiques, les milices et les groupes armés. L Etat tente de relativiser cette situation en invoquant l état d urgence qui autorise la violation des Droits de l Homme pendant la durée du décret. Les principales violations des Droits de l Homme en Algérie sont l insécurité de la population, le dysfonctionnement de la justice, la pratique de la détention secrète et de la torture réalisées à l encontre des opposants au régime, les disparitions, le manque de garantie de la liberté de presse et d expression et la dégradation des conditions de vie (Ménard, 2003). Comme l indique Madjid Benchikh, «les Etats autoritaires ont souvent les Constitutions les plus démocratiques». Cette analyse confirme l idée d une démocratie affaiblie. 5 Ancien doyen de la Faculté de droit d Alger, il est aujourd hui Professeur à la l Université de Cergy-Pontoise. 19

21 4. Le nouveau défi de l Algérie : la refondation de son Etat A la recherche d une réelle démocratie au sein d un régime autoritaire : ο De la monopolisation du champ politique à l ouverture démocratique : Le champ politique a longtemps été fermé et monopolisé par le FLN. En 1962, l'algérie a opté pour le système du parti unique afin d'unir le peuple. Dans les faits, ce système était le seul qui permettait à l Armée de conserver le pouvoir. Les principales conséquences ont été l'absence de société civile, d'opposition politique et de représentation politique de la société algérienne. Les émeutes de 1988 constituent un véritable tournant du champ politique concrétisé par l adoption du multipartisme sous la présidence de Chadli Bendjedid. Les nouveaux partis s'expriment plus facilement suite à l'ouverture du champ journalistique. Cependant, la capacité de mobilisation des nouveaux partis reste faible et beaucoup ont disparu suite à la difficulté de s établir face à la peur et à la violence. ο Analyse du champ politique : - Jusqu au second mandat d Abdelaziz Bouteflika, l analyse du champ politique avait tendance à confirmer l idée d une démocratie affaiblie : - La démocratie ne peut s'instaurer que dans un contexte de paix, or, la paix en Algérie n est pas acquise. - La légitimité politique se justifie toujours par la «libération nationale». - Malgré les élections locales transparentes en 2000, la manipulation des élections persiste dans le champ politique. - Les problèmes fondamentaux tels que le chômage, le logement, la santé ou l éducation ne sont pas traités. - Seul le Front des Forces Socialistes constitue une réelle opposition. - L Etat dirige les médias publics, les imprimeries et les mannes publicitaires. - La population reste exclue du schéma de prise de décision. La transition démocratique en Algérie est une étape difficile. Pour la redynamiser, le gouvernement recherche l instauration d un climat de sécurité et de confiance au sein de la société. La nécessaire modernisation de l Administration Publique en Algérie La conception de l Administration Publique en Algérie, héritée du modèle colonial, est liée à celle de l Etat. L Administration est centralisée et relève d un formalisme excessif qui entrave le bon fonctionnement du système. L immobilisme de l Administration s explique essentiellement par le conflit de compétences entre les institution, l absence de consensus sur le degré de décentralisation à adopter, la corruption au sein de la fonction publique, la crainte d une remise en cause du système et l exclusion du citoyen du système administratif. Suite à ce constat et à l émergence du concept de «bonne gouvernance», le Président de la République A.Bouteflika a nommé en 2000 un Comité de réformes des structures et des missions de l Etat. Ce comité était chargé d identifier les facteurs modernisateurs de 20

22 l Administration Publique; l objectif ultime étant d élaborer une réforme administrative permettant l acquisition d un système administratif efficace, stable et transparent. Les principaux facteurs identifiés sont : Le nouveau rôle du citoyen: le citoyen doit être intégré à la gestion des affaires publiques par le biais de la démocratie locale et de la participation à l exercice du pourvoir. Afin de valoriser son statut et de renouer avec sa confiance, il est prévu l élaboration d une «charte régissant les rapports entre l Administration et les administrés». La modernisation de la fonction publique: l objectif est de professionnaliser la fonction publique autour de la loyauté, de la neutralité et de l intégrité à partir de l élaboration d une charte relative aux droits et obligations des fonctionnaires. Afin d améliorer le fonctionnement du service public, le recrutement doit se diversifier et la fonction publique doit se flexibiliser. L efficacité et la modernisation de l Etat : suite aux nouvelles techniques de gestion, des organes de régulation et de contrôle doivent vérifier la concurrence sur le marché et l égalité entre les différents acteurs. L Etat doit se moderniser en devenant régulateur. De plus, la réforme devra envisager de nouvelles institutions aptes à évaluer les politiques publiques. L approfondissement de la décentralisation : la réforme administrative devra définir clairement les secteurs stratégiques et les compétences des institutions étatiques et décentralisées. Cependant, cette réforme devra également inclure la mise en place des mécanismes de communication et d analyse suffisamment important pour favoriser la coordination de l action publique. Il reste encore beaucoup à faire afin de mener à bien la modernisation de l Administration Publique en Algérie. Néanmoins, depuis sa deuxième mandature, le Président Bouteflika a impulsé un esprit de réformes qui devrait permettre au pays de sortir de l emprise des militaires. 21

23 CHAP..4 : POPULATIION,, CULTURE ET SOCIIETE ALGERIIENNES 1. Radiographie de la démographie en Algérie Données démographiques : un schéma de fin de transition démographique : ο L'explosion démographique de l'après-colonisation a retardé la fin de la transition L'Algérie compte presque 33 millions d'habitants en 2006 (Tableau 3). La population (de 3 millions en 1830 à l'arrivée des français) a cru de plus de 10 fois en moins de 2 siècles. Puis, lors de la décolonisation, l'algérie a connu un niveau de croissance parmi les plus élevés au monde, une véritable explosion démographique. Depuis 1962, le taux d accroissement dépasse continuellement les 3% du fait d une forte natalité (avoisinant les 40 jusqu en 1985) associée à la baisse de la mortalité (amorcée à partir de 1920 dans les pays du Maghreb). Cependant, un net fléchissement de l accroissement annuel a lieu depuis le milieu des années 1980, lequel s'est accentué la décennie suivante, cette baisse structurelle montre que l Algérie est aujourd hui à un stade avancé de fin de transition démographique. Tableau 3 : Indicateurs démographiques de l'algérie en 2006 Caractéristiques Population totale Algérie 2006 (estimations) millions Taux d accroissement 1,22% Taux de Natalité 17,14 Taux de Mortalité 4,61 Taux de Fécondité 1,89 enfant / femme Mortalité Infantile 29,87 Espérance de Vie 73,26 ans (71,68 hommes, 74,92 femmes) Source : CIA Factbook ο Structure par âge : la jeunesse de la population La principale caractéristique de la population algérienne est sa jeunesse. L'âge moyen est de 24,9 ans. La population en âge de travailler (15-64 ans) représente plus de 67% de la population totale, tandis que les personnes de 65 ans et plus comptent pour moins de 5%. Cette donnée a des incidences sur le cadre de vie, (rareté de certains biens et services sur le marché, insuffisance de l offre tant agricole qu industrielle, pressions sur les possibilités d emploi). 22

24 Figure 3 : Evolution de la pyramide des âges Source : ONS ο Le fort déséquilibre de la population sur le territoire caché par une densité globale faible La densité de population à l échelle nationale (13,4 hab/km 2 en 2003) ne reflète pas les disparités territoriales qui existent. La très faible densité des régions du Sud saharien (1,04 hab/km 2 ), due aux caractéristiques physiques et climatiques de cette région, contraste avec la forte concentration urbaine de la région Tellienne (jusqu à 245 hab/km 2 en 1998). Le fort taux d urbanisation et surtout sa rapide augmentation (de 3,3 millions d'urbains en 1960 à 18,7 millions en 2003) expliquent le déséquilibre de la répartition démographique sur le territoire. ο Migrations : les flux persistent malgré leur ralentissement (solde négatif -0,35 ) De par leur nombre, les ans (10,1 millions en 2000, 12,8 en 2010 et 13,7 en 2020) 6, connaîtront dans les années à venir une forte concurrence sur le marché du travail, leur mobilité sera plus grande, entraînant un fort potentiel migratoire. En moyenne Algériens émigreraient en France chaque année tandis que retraités retourneraient en Algérie. 0,8 million d Algériens résident à l'étranger. L émigration des Algériens a connu ces dernières années un ralentissement important. Les flux d'immigration, eux, viennent d'afrique Sub-Saharienne. L'Algérie est le pays de transit de nombreux migrants venus du Mali, du Sénégal, de la République du Congo et du Nigeria, malgré la faiblesse de réseaux de passeurs 7. Les migrants originaires de l Afrique sub-saharienne présents en Algérie se concentrent près de la frontière algéro-marocaine ou des enclaves espagnoles (Ceuta, Melilla), en attente de traverser la Méditerranée (4 870 personnes en situation irrégulière arrêtées en 2003). Des conditions de vie révélatrices des crises socio-économiques du pays : ο La consommation des ménages à la lumière d indicateurs révélateurs La consommation des ménages en Algérie a été de milliards Dinars (32,25 milliards d' ) en 2004, soit en moyenne Dinars (676 ) par habitant, la consommation ayant augmenté de 6 Source : document «Maghreb : Emigration, Immigration, Migration de transit?», du site de l iussp (Union Internationale pour l Etude Scientifique de la Population (http://iussp2005.princeton.edu/)) 7 La population de la ville de Tamanrasset, située à l extrême Sud du Sahara algérien, point d entrée de la migration subsaharienne, est passée de personnes en 1966 à en 1998, dont subsahariens. 23

25 plus de 13% par rapport à Cette évolution notable à prix courants cache la stagnation de la consommation réelle, expliquée par l évolution des prix. L augmentation des revenus n a pas entraîné de hausse du niveau de vie. La part prédominante des dépenses est consacrée à la consommation alimentaire (58,22% du budget familial). Le Ramadan est l'une des principales périodes de dépenses pour les ménages algériens, essentiellement en alimentation et habillement. Les dépenses sont de l ordre de 23,6% pour le logement, 16,45% pour le transport et la communication et 15,9% pour la santé (à noter aussi que 68,2% des ménages ont contracté des emprunts et 15,1% possèdent des comptes d épargne). Les marchés, y compris informels, jouent un grand rôle dans l approvisionnement quotidien des ménages, les réseaux de distribution modernes sont inexistants. Les modes de consommation en Algérie tendent à évoluer mais les dépenses des ménages, toutes catégories sociales confondues, restent encore contraintes par le poids des dépenses alimentaires et celles liées au logement 9. ο Marché du travail La population active (10,15 millions de personnes) se répartit de la façon suivante: 14% travaillent dans l agriculture, 13,4% dans l industrie, 10% dans la construction et les travaux publics, 14,6% dans le commerce, 32% dans le gouvernement tandis que 16% sont classés dans la catégorie «autres», selon les estimations de la CIA en 2003 (à noter aussi une caractéristique du marché du travail algérien, l importance de l économie informelle (catégorie «autres»), laquelle concernerait environ 1,5 million de personnes) 10. Le taux de chômage est en baisse mais reste important (15,3% en 2005 contre 17,4% en 2004). Cependant, la part des chômeurs de moins de 30 ans, elle, augmente (75% en 2005 contre 73% en 2004) 11. L écart des revenus est lui aussi significatif, de fortes disparités socioprofessionnelles existent, 10% des ménages les plus favorisés concentrent le tiers des dépenses et les 30% les plus favorisés plus de 60%. La répartition inégale du revenu national est telle que moins de 20% des habitants détiennent un peu plus de 50% des richesses du pays. ο Indicateurs de pauvreté L'IDH 12 est de 0,722 en Cet indice place l'algérie au 103 ème rang. La population vivant en deçà du seuil de pauvreté alimentaire (moins de calories quotidiennes) amorce une tendance à la baisse depuis 1995, passant de 5,7% à 3,1% pour atteindre 1,9% en En termes absolus, le nombre de pauvres en Algérie est passé de 1,6 million en 1995 à en 2000 pour arriver à personnes en Ces chiffres sont à nuancer, notamment en les comparant à ceux établis par des organismes internationaux car selon une étude faite par le CENEAP et le PNUD 14, 11% des ménages algériens sont pauvres. 8 Source : 9 Ce qui confirme la baisse des revenus évoquée, puisque, selon la loi de Ernest Engel «la part de l alimentation dans le budget croit au fur et à mesure que le revenu baisse». 10 Organisation Internationale du Travail 11 Source : ONS Algérie 12 L IDH est l'indicateur de développement humain mis au point par l ONU, il est calculé à partir de 3 critères : le niveau d alphabétisation, le PIB par habitant et l espérance de vie 13 Source : Site de la République d Algérie 14 Le soir d Algérie : 10/10/

26 L IPH-1 15 (Indice de Pauvreté Humaine), de 21,3%, place l'algérie au 48 ème rang sur les 103 pays en développement considérés. Même si la pauvreté en Algérie est surtout rurale, le taux d'occupation de logement (5,43 en 2004) illustre la promiscuité dans laquelle sont contraintes de vivre les familles face à la crise de l'habitat en milieu urbain. ο Les Algériens inégaux devant les systèmes de santé et d'éducation La couverture sanitaire en Algérie (1 médecin et 1,93 lit pour 1000 habitants en 2005) connaît de fortes disparités entre les grandes villes côtières et l intérieur du pays en terme d accès aux soins et de qualité des services aux patients. Le taux de mortalité infantile est de 40 à 60 % plus élevé dans les wilayas de l intérieur et le taux de mortalité maternelle pratiquement trois fois plus élevé dans les wilayas du Sud que dans celles du Nord. Les disparités concernent également les ressources humaines : 73% des médecins spécialistes sont concentrés dans 13 wilayas du pays, près de 15 wilayas ne disposent d aucun pédiatre ou obstétricien (MSPRH 2002, Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière). Le niveau d'alphabétisation est de 70% de la population totale en 2003 (78,8% pour les hommes, 61% pour les femmes). Depuis 1962, la scolarité est gratuite et obligatoire de 6 à 16 ans, le cycle dit «fondamental» est de 9 ans (6 ans d'école élémentaire, 3 ans de collège). Malgré la réforme du système éducatif de 2003, la «déperdition scolaire» (les élèves ayant quitté le circuit scolaire) concerne élèves selon une étude du Conseil National Economique et Social algérien. Les diplômes sont dévalorisés du fait du chômage des jeunes (34,3% des ans) et des difficultés d'accès à un emploi bien rémunéré. 2. Culture et société : connaître la première pour comprendre la seconde A la croisée des chemins : arabité, islamité, berbérité ο «L arabe est ma langue, l Algérie est mon pays, l islam est ma religion» 16 Carte 6: L'Arabe et le Berbère en Algérie 99% des Algériens sont Arabes-Berbères, moins de 1% Européens, presque tous les Algériens sont Berbères d'origine. Les Berbères furent convertis à l'islam suite à l invasion des Arabes au VII siècl e. Pour reprendre les termes de Benjamin Stora, «L histoire profonde de l Algérie, par delà le heurt des tribus, tient surtout à l action décisive de l islam. L arabisation progressive du pays berbère [ ] a donné à l Algérie une personnalité incontestablement orientale» (Stora, 1991). Source : 15 L'IPH est un indicateur comprenant 3 éléments: le déficit en termes de longévité (pourcentage d'individus risquant de mourir avant l'âge de 40 ans), le déficit en termes d'instruction (taux l'analphabétisme des adultes), les déficits en termes de conditions de vie (accès aux services de santé, à l'eau potable, pourcentage d'enfants de moins de 5 ans victimes de malnutrition). 16 Ce slogan des scouts musulmans est une clé pour comprendre la complexité et la richesse culturelle du pays. 25

27 Aujourd hui, environ 72% des Algériens sont arabophones, 27,4% berbérophones, l utilisation de ces deux langues révèlent la "non-uniformité" du peuple algérien. ο Quand la minorité ne veux plus être silencieuse : le réveil des Berbères L histoire des Berbères, populations originelles d Afrique du Nord, remonte à plus de ans av-jc. Les bastions de la Berbérie sont l Atlas, le Rif, l Ouarsenis et les Kabylies. De 1980 à 2001, d'un printemps à l'autre, les revendications berbères ont soulevé un problème resté lattent. - Avril 1980, a lieu le Printemps berbère (revendications identitaires, manifestations), durement réprimé. Il résulte de la résurgence du fait identitaire berbère des années Première manifestation publique berbériste en Afrique du Nord, il est à l origine d une génération de jeunes militants qui crée le «Mouvement culturel berbère» (MCB) , l'ouverture au multipartisme laisse naître le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) issu du MCB, la question berbère s insère alors dans l espace social et politique. Le 28 Mai 1995, un Haut Commissariat à l Amazighité (HCA) est instauré, le berbère est désormais enseigné à l'école , le Printemps Noir, recrudescence de tensions en Kabylie, fait plus de cent morts et des milliers de blessés (affrontements entre jeunes et forces de l ordre, grèves, routes barrées, édifices publics incendiés). La répression étatique est intense. L Algérie (et le Maroc) sont en butte à une puissante contestation berbère avril 2002, le berbère est déclaré langue nationale (révision constitutionnelle de l article 3bis) mais ceci renforce le mécontentement de la mouvance berbériste souhaitant que le berbère devienne langue officielle au même titre que l arabe. Famille, religion et espace public : le dedans hermétique au dehors : ο La famille clanique, le sens de la communauté et l'importance de la parentèle L après colonisation a donné lieu à l'exode rural, l anonymat (propre au mode de vie citadin) a bouleversé l organisation de la famille patriarcale. Même si les femmes décident aujourd'hui beaucoup plus qu'auparavant (achats, gestion domestique), l'imaginaire patriarcal régit encore les relations sociales. On est toujours dans un système clanique où la parenté structure la conception du lien. Le chef de ménage tient le rôle de pourvoyeur et de responsable de la famille. Les femmes n accèdent à ce statut qu en cas de veuvage, de divorce, d absence ou d infirmité du mari. ο L'espace public codifié explique son islamisation Les différents «dehors» déterminent des seuils et une accessibilité différente liée au degré d anonymat. La rue (zanka) est connotée négativement, lieu de tous les dangers pour les femmes où s exprime la virilité exacerbée. Le quartier (houma) dans l organisation spatiale de la ville est garant de l'ordre social à dimension de solidarité et d entraide, régit par un code de l honneur rigoureux. Le résident s'y sent chez lui et se permet des comportements qu on jugerait inciviques, marque d'une appropriation légitime selon lui (match de foot dans la rue, déchargement de marchandises sur le trottoir, etc.) 26

28 L'ambivalence de l espace public : Les Algériens oscillent entre prise en charge et abandon. Attitudes passives ou actes pervers quand l'espace est considéré comme n étant pas celui de la houma. La dichotomie entre «espace du dedans» (dakhel) et «espace du dehors» (barra) se retrouve dans les pratiques spatiales à l échelle des villes. Les espaces publics eux même sont hiérarchisés avec différents niveaux, il n y a pas un «dehors» exclusif mais des «dehors» hétérogènes. L Islam et l'imbrication politique/religieux : L'Islam est religion d'etat (article 2, Chapitre1 er de la Constitution). Les fondements des valeurs islamiques sont la solidarité familiale, le respect des parents et l'autorité du chef de famille. L Islam politique vient contrer la peur du désordre urbain, gérer la collectivité nationale comme une communauté familiale, son but est d'étendre l'ordre familial à toute la société, vue comme une grande famille qui doit être régie par la morale religieuse, obéissant aux règles de la culture patriarcale. L'islamisation est l'imposition de l ordre moral dans la rue, né dans les villes pour compenser la disparition du contrôle social informel des communautés locales. ο La condition féminine scellée par le code de la famille La place de la femme est liée aux évolutions sociales et politiques du pays. Le discours tenu sur les femmes contraste avec leur condition de vie. Malgré quelques nominations féminines à des postes clés en politique, on ne compte que 18% de femmes actives en Freinées par un «plafond de verre» résistant, leur activité professionnelle est connotée négativement (sauf pour des professions telles que médecin, avocate...). Le 9 juin 1984, le Code de la famille (loi d inspiration religieuse) fut adopté par l Assemblée Populaire Nationale. Toujours en vigueur, ce texte pose le présupposé de l infériorité de la femme. Il régit toutes les relations entre les membres de la famille (art. 1). Les rapports dans le couple sont hiérarchisés, le mari est «chef de famille», «l épouse est tenue d obéir et de lui accorder des égards» (art. 39). La polygamie est autorisée (art. 8) 18. Basé sur la Charia, ce Code s oppose à l article 29 de la Constitution reconnaissant l égalité entre les femmes et les hommes. En 2005, 52 amendements amènent la révision tant attendue et réclamée. Les changements concernent notamment les articles liés au mariage et au divorce. 17 Article de Algérie Presse Service (APS) du 27/10/ Art. 8. «Il est permis de contracter mariage avec plus d une épouse dans les limites de la chari a si le motif est justifié, les conditions et l intention d équité réunies et, après information préalable des précédente et future épouses. L une et l autre peuvent intenter une action judiciaire contre le conjoint en cas de loi ou demander le divorce en cas d absence de consentement.» 27

29 CHAP.. 5 : ECONOMIIE DE MARCHE,, MANNE PETROLIIERE ET SECTEUR IINFORMEL : UN TRIIPTYQUE AUX ELEMENTS SOLIIDAIIRES 1. D une économie planifiée à une économie de marché L expérience algérienne de libéralisation est à replacer dans la perspective historique en ce qu elle découle de l abandon de la stratégie algérienne de développement. Cette libéralisation économique se présente comme une modalité de transition à l économie de marché à partir d un système d économie rentière. Limites de l économie rentière et planifiée ο Le système de planification : fondement et portée Après son indépendance, l Algérie a placé l autosuffisance au centre de sa stratégie économique. Elle a pour cela mis l accent sur l industrialisation tous azimuts, qu il s agisse de l industrie lourde (sidérurgie, mécanique) ou de secteurs de transformation (textile, agroalimentaire, médicaments) au détriment de l agriculture. L économie algérienne est alors principalement marquée par la nationalisation des secteurs clés de l économie (minier, bancaire, hydrocarbures, ) et la création d entreprises publiques ainsi que la mise en place d un processus de planification centralisée. Ce dernier se propose l idéal de construction d une société socialiste. On voit se succéder un certain nombre de plans 19 avec une évolution dans leur intensité, leurs objectifs et leur mode d exécution. ο L agriculture face aux réformes et à leurs échecs L Algérie produit moins de la moitié de ses besoins en produits agricoles et utilise les hydrocarbures pour régler sa facture alimentaire qui augmente d année en année. L agriculture algérienne a connu trois grands chocs : - En 1971, la révolution agraire voit les propriétaires terriens algériens expropriés de leurs terres et de leurs plantations fruitières au profit du Fonds National de la Révolution Agraire (FNRA). Cette révolution vise l indépendance alimentaire mais les produits agricoles (et en particulier le lait concentré) font cruellement défaut. - En 1982, la révolution agraire est abandonnée en tant que philosophie de relance de l agriculture et on observe un retour au système des domaines autogérés, les Domaines Agricoles Socialistes (DAS). - En 1987, au plus fort des manifestations des agriculteurs expropriés qui demandaient leurs terres, le gouvernement met en place les Exploitations Agricoles Collectives (EAC), un autre projet collectiviste voué à l échec. 19 Plan triennal de , plan quadriennal de et et plan quinquennal de

30 A partir de la fin des années 1980, ces choix ont été progressivement remis en cause, l importance des importations et la dépendance vis-à-vis de l extérieur étant explicitement reconnues. ο L épreuve du contre choc pétrolier de 1986 Commencée en 1984, la crise économique algérienne a été aggravée dès 1986 par les chutes des prix du pétrole et du dollar qui ont réduit les revenus des exportations, fondées à 95% sur les hydrocarbures. L Algérie s oriente alors vers l emprunt extérieur et montre ainsi la dépendance et la fragilité de son économie. Cette crise a eu le mérite de mettre en évidence de façon définitive les dysfonctionnements de l économie planifiée telle qu elle était conçue et de s orienter vers les réformes structurelles. De l économie d endettement à l économie sous ajustement : vrais problèmes et fausses solutions ο L ajustement structurel : application et résultats Au début des années 1990; l endettement du pays s étant aggravé, l État se tourne donc vers le financement extérieur. En 10 ans ( ), 4 accords de confirmation ont été négociés avec le Fonds Monétaire International (FMI) dont un accord de rééchelonnement de la dette signé avec le Club de Paris et le Club de Londres. Celui-ci s accompagne d un Programme d Ajustement Structurel (PAS) dont l application par l Algérie est strictement contrôlée par le FMI, la Banque mondiale (BIRD) et l Union Européenne (UE). Étalé sur une période de 3 ans, d avril 1994 à décembre 1997, il a pour objectif de remédier aux déséquilibres de la balance des paiements fortement affectée par la chute des cours des hydrocarbures et du poids de la dette extérieure. Les principaux résultats macro-économiques du PAS sont les suivants : le P.I.B : après avoir régressé de 2% en 1993 et de 1% en 1994, il affiche un taux de croissance de 4,2% en l inflation : après avoir atteint 39% en 1994, elle est tombée à 6% en les réserves de change : elles sont passées de 1,5 million de dollars (M$) en 1993 à 8 M$ en fin 1997, soit l équivalent de 8 mois d importations. le ratio du service de la dette extérieure : il a été ramené de 83% en 1993 à 30% en le système de prix : il est désormais fondé sur le marché, le contrôle des prix et les subventions généralisées ayant été abolis. A l issue de son application, le PAS a produit des effets récessifs qui ont touché certains secteurs dont celui de l industrie. En revanche, les seules industries ayant enregistré une croissance régulière sont les branches de l énergie et des hydrocarbures. ο Consolidation des équilibres macroéconomiques : Programmes de soutien à la croissance Depuis 1999, l Algérie bénéficie d un boom pétrolier continu qui génère un montant sans précédent de recettes pour l État. Après le Programme de Soutien à la Relance Economique (PSRE) de 7 milliards de dollars (Mds $) mis en œuvre en , le gouvernement se propose de stimuler la croissance grâce à un Programme Complémentaire de Soutien à la Croissance 29

31 Economique (PCSCE) de dépenses publiques couvrant la période d une valeur de 60 Mds $ (étendu à 120 Mds $). Celui-ci devrait faciliter l atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en particulier pour éradiquer la pauvreté. 2. La nouvelle donne économique : entre rente et production Grâce à une conjoncture pétrolière très avantageuse, l Algérie connaît aujourd hui une situation économique extrêmement favorable tant sur le plan interne qu au niveau externe, malgré la persistance de fragilités structurelles. On s intéressera ici à l évolution des indicateurs économiques et financiers durant les cinq dernières années. Principaux indicateurs économiques et financiers : ο Indicateurs internes : Une croissance soutenue et stable PIB (Mds USD) PIB HH (Mds USD) 54,8 36,0 57,1 38,0 68,0 44,0 85,0 53,0 101,4 55,4 PIB par habitant (USD) PIB par secteur (2004) Primaire : 12,7 % Secondaire : 73,5 % Tertiaire : 13,8 % 8% Agriculture 30% Hydrocarbures 30% Industrie HH HH Construction Services 19% 7% 6% Autres services PNB par habitant (USD) (2003 PPA) 6107 Taux de croissance réel du PIB (%) 2,1 4,0 6,8 5,2 5,3 Taux d inflation (moyenne annuelle, %) 4,2 1,4 2,6 3,6 1,6 Taux d inflation (en glissement, %) 7,6-1,5 3,9 2,0 -- Solde budgétaire global (Mds USD) -0,98 0,37-14,3-17,0-18,6 Solde budgétaire HH (Mds USD) -11,9-11,1 33,0 31,0 33,7 Déficit budgétaire HH / PIB HH (%) 32,5 29,0 33,0 31,0 33,7 Source : FMI Le PIB a quasiment doublé en 5 ans avec une part du PIB Hors Hydrocarbures (HH) qui est en constante diminution. Cependant, la politique budgétaire expansionniste orchestrée depuis 2001 autour du PSRE puis du PCSC contribue à augmenter la part des secteurs HH dans la croissance. Le taux de croissance a quant à lui connu une amélioration constante ces dernières années, passant de 2,1 % en 2001 à 5,3 % en 2005, avec un pic à 6,8% en Malgré la présence de surliquidités liée en grande partie à l abondance de ressources pétrolières, l inflation est maîtrisée grâce au strict contrôle exercé par la Banque d Algérie. En effet, Le taux d inflation en moyenne annuelle reste contenu sous la barre des 5% depuis

32 pétrolières. Enfin, le solde budgétaire reste largement excédentaire grâce à l abondance des recettes ο Indicateurs externes : Des variables dopées par l envolée des cours du pétrole Balance commerciale, FAB/FAB (Mds USD) - Exportations, FAB (Mds USD) - Importations, FAB (Mds USD) 9,6 19,1 9,5 6,7 18,7 12,0 11,1 24,5 13,3 14,2 32,2 18,0 26,8 46,4 19,6 Solde commercial / PIB (%) 17,5 11,7 16,3 16,7 26,4 Balance courante (Mds USD) 7,1 4,4 8,8 11,1 21,8 Solde du compte de capital (Mds USD), dont - Emprunts à MLT - Emprunts à CT et ajustements -0,9-0,81-0,06-0,7-0,35-0,36-1,4-0,76-0,61-1,9-1,61-0,26-4,8-1,95-2,83 Solde courant / PIB (%) 13,0 7,7 12,9 14,5 21,5 Solde de la balance des paiements (Mds USD) 6,2 3,7 7,5 9,3 16,9 Solde des paiements / PIB (%) 11,3 6,5 11,0 17,1 16,7 Réserves totales (Mds USD) (en mois d importations n+1 (fob)) 18,0 18,1 23,1 19,1 Investissements Direct Etranger (Mds USD 2005) 3 32,9 24,3 43,1 23,7 56,2 27,9 Source : Banque d Algérie Composition de la dette Dette publique interne (Mds USD) 14,0 13,6 14,3 13,8 12,7 Dette publique interne / PIB (%) 25,5 24,3 21,7 16,6 14,5 Dette publique extérieure (Mds USD) 18,0 18,1 18,7 17,3 16,3 Dette publique extérieure / PIB (%) 32,8 32,3 28,3 21,0 18,6 Total Engagements de l Etat (Mds USD) ,3 33,0 29,0 Dette globale extérieure à M&LT (Mds USD) 22,3 22,5 23,2 21,4 16,6 Dette globale extérieure / PIB (%) 40,7 40,3 35,0 27,1 16,4 Service de la dette / Exportations (%) 22,8 22,6 17,9 16,1 12,1 Sources : FMI, Banque d Algérie Les exportations du pays sont essentiellement constituées d hydrocarbures, avec plus de 98% du volume global, les exportations hors hydrocarbures demeurant encore très marginales. Les importations sont quant à elle dominées par les biens d équipements industriels et agricoles et les produits alimentaires. Parallèlement, les autorités monétaires du pays mènent une politique de change conservatrice : le système de change est régi par une gestion administrée de la parité du Dinar. Poursuivant l objectif principal de maîtrise de l inflation, malgré une nette amélioration des termes de l échange, la Banque Centrale maintient un taux de change nominal sous-évalué, et protège ainsi, dans un contexte de renforcement de la concurrence internationale, le secteur productif local. Cette aisance financière a dans le même temps permis de réduire fortement le service de la dette dont le niveau est passé de 22,8 % en 2001 à 12,1 % en Après l annulation de la dette 31

33 russe début 2006 (4,7 Mds $) en échange de contrats commerciaux, l Algérie a remboursé par anticipation les 850 millions de dollars dus aux banques du Club de Londres et la quasi-totalité de ses dettes bilatérales vis-à-vis des pays membres du Club de Paris (6,7 Mds $). La dette publique algérienne est de 4,7 Mds $ (4 Mds $ de dette commerciale des entreprises et 700 millions $ de dette de l État au 16 décembre 2006). Classée 4 ème dans la région MEDA 20, l Algérie a attiré, en 2005, 1993 projets d Investissements Directs Etrangers (IDE) pour une valeur totale estimée à 3 milliards de dollars. Cependant, ces IDE concernent principalement le domaine de l énergie, ce qui ne permet pas une réelle diversification de l économie. L économie voilée de l Algérie : vers une intégration de l économie informelle : ο Caractéristiques du secteur informel algérien L'économie informelle occupe en Algérie une place importante dans la société. Elle est une réponse aux restructurations et aux politiques adoptées par le gouvernement et se décline essentiellement en 3 composantes : le commerce illégal ou «trabendo» 21 : les marchés informels représentent 13% des commerçants inscrits au registre du commerce 22 ; le change illégal : les ressortissants algériens transfèrent chaque année vers leur pays d'origine quelque 1,5 milliard d'euros, essentiellement par des voies informelles 23 ; la contrefaçon : les produits les plus touchés sont les cosmétiques (35%), les vêtements et chaussures (30%), et les appareils électriques et électroniques (12%) 24 Les marchés parallèles, d abord pris en main par les migrants puis par les spéculateurs algériens, s organisent de part et d autre de la Méditerranée sous forme de réseaux plus ou moins ouverts. ο Une logique d adaptation et de régularisation Dans la perspective de l adhésion de l Algérie à l Organisation Mondiale du Commerce (OMC), d importantes mesures ont été prises concernant la lutte contre l économie informelle. Deux mesures récentes sont particulièrement importantes (datant respectivement d août 2005 et de septembre 2006) : - Le Gouvernement a l intention de régulariser les commerçants illégaux en leur accordant des registres de commerce. Le but étant principalement de lutter contre les fraudes, l importation illégale et la vente sans facture. - Le Gouvernement a gelé l obligation d utilisation des chèques pour les transactions importantes (supérieures à Dinars). Ce dernier prévoit un mouvement naturel vers les 20 Programme de coopération du partenariat euro-méditerranéen 21 Terme apparu dans les années 1980 qui désigne ce qui a attrait au marché parallèle, à la contrebande ou au petit commerce. 22 Source : algerie-dz.com 23 Source : Jeune Afrique, 16 décembre Source : mission économique de l ambassade de France en Algérie. 32

34 moyens de paiement scripturaux et le recul des paiements en espèces, au fur et à mesure que le commerce informel intègrera l économie réelle. Cette stratégie est due au poids de l informel dans l économie du pays. Au lieu d affronter le problème, les autorités ont opté pour la souplesse, en attendant que les acteurs de l économie informelle s adaptent et surtout en attendant l achèvement de la réforme bancaire et financière. 3. Alger et l Algérie : Insertions régionales et mondiales Relations économiques bilatérales et multilatérales L Algérie présente des relations privilégiées avec la France puisqu elle est son premier client au Maghreb. En effet, près d une centaine d entreprises françaises opère aujourd hui sur le marché algérien, employant quelques personnes. Par ailleurs, les 3 premiers pays clients de l Algérie en 2005 sont les Etats-Unis (23,57% des exportations), l Italie (15,66%) et l Espagne (11,24%) alors que les 3 premiers pays fournisseurs sont la France (22,14% des importations), l Italie (7,47%) et l Allemagne (6,68%). Il faut toutefois noter l arrivée de la Chine qui devient pour le mois de novembre 2006 le 2 e fournisseur de l Algérie avec un volume de 172 Mds $. Dans un souci d insertion dans la scène internationale, l Algérie a développé des accords multilatéraux dont les principaux sont : l accord d association avec l Union Européenne : entré en vigueur en septembre 2005, son application progressive demeure ralentie pour des raisons politiques, notamment en ce qui concerne l abandon des barrières douanières. l adhésion à l OMC : en cours de négociation, la conclusion de l accord prévue en Alger : premier pôle économique du pays Disposant d une place boursière (apparue en 1990 dans le cadre des réformes économiques engagées dès 1988) et du port le plus important du pays (regroupant 30% de la main d œuvre du secteur industriel), Alger se présente comme le premier pôle économique algérien. 33

35 CHAP..6 : URBANIISATIION,, ARMATURE URBAIINE ET RESEAUX DE COMMUNIICATIION L Algérie compte aujourd hui près de 19 millions de citadins. Elle n a franchi que récemment le cap de la population à majorité urbaine : en 1991 le pourcentage de sa population urbaine était de 50,5%, il est de 59% aujourd hui. L urbanisation n est pas un phénomène nouveau dans l histoire de l Algérie. Cependant, elle a connu au cours des dernières décennies une accélération sans précédent qui s est accompagnée d une réorganisation de l espace algérien tant au niveau de la répartition des agglomérations et de leurs populations, qu au niveau de la définition des réseaux de communication. 1. L urbanisation en Algérie : phénomène ancien, ampleur nouvelle Processus historique de l urbanisation algérienne : ο Aux origines de l urbanisation : L urbanisation en Algérie est un phénomène ancien par ses racines puisque les civilisations romaine puis islamique furent à base citadine (Côte, 1996). Cependant, à la veille de la colonisation, la population urbaine en Algérie n était estimée qu à 5% 25. Les Algériens étaient alors globalement répartis entre nomades, semi-nomades et sédentaires. Ces derniers habitaient majoritairement dans les zones rurales. Les villes constituaient le fief de citadins considérés comme l élite de la société. ο Un phénomène limité aux populations européennes La guerre coloniale a provoqué un processus migratoire qui a touché principalement les villes, lesquelles ont perdu une grande partie de leur population. L urbanisation est longtemps restée de faible ampleur. Selon la Statistique générale de l Algérie, la population urbaine représentait 15,6% de la population totale en Les villes étaient davantage habitées par les Européens (68,6% de la population urbaine), que par les Algériens de souche. ο Exode rural et urbanisation de la population «indigène» au début du XXe siècle : Entre 1886 et 1926, la population autochtone a connu des fluctuations relativement fortes, mais à partir de 1926 elle s est caractérisée par une croissance continue et les villes 26 se sont progressivement peuplées d Algériens. A partir des années 1930, la crise économique et la poussée démographique ont déclenché un exode rural important. En sont apparus à Alger et à Constantine les premiers bidonvilles. 25 Contre 7-8% au Maroc et 12-13% en Tunisie 26 Créations coloniales dans la majorité des cas. 34

36 La dynamique urbaine post-indépendante : ο Accélération de la croissance urbaine dans la deuxième moitié du XX e siècle : En 1954, le taux d urbanisation du pays était de plus de 25%. La décennie de la guerre a brusquement accéléré le processus. L insécurité et les regroupements de populations rurales ont concouru à la venue en nombre de ruraux dans les villes, principalement des «indigènes». Après un tassement consécutif à l immédiat après-guerre, le départ des Européens et les efforts du socialisme étatique sur les secteurs secondaire et tertiaire ont favorisé une urbanisation rapide. Le taux d urbanisation s est élevé à plus de 30% en Cependant la période inter-censitaire , environ 1,7 million de ruraux sont partis en ville 28. ο Vers un modèle de la transition urbaine L urbanisation en Algérie est donc essentiellement le fait des 50 dernières années (Figure 4). Suite au recensement de 1998, on a constaté une persistance de la croissance de la population urbaine, à des taux supérieurs à la croissance naturelle. Aujourd hui, 3 Algériens sur 5 vivent dans des agglomérations urbaines. Toutefois, cette urbanisation se fait à un rythme moindre. Si l on se réfère au modèle de la transition urbaine de Braudelle, l Algérie est dans la période terminale de la phase d accélération de la croissance urbaine. Millions d'habitants Figure 4: Evolution de la population totale, par strate, de 1926 à Population urbaine Population rurale Population totale Années Source : données des différents recensements 2. La répartition spatiale du fait urbain : «littoralisation» et tentatives de rééquilibrage L évolution du semis urbain : une «littoralisation» adaptée à l économie coloniale ο La situation pré-coloniale : quelques villes disséminées sur l ensemble du territoire Jusqu au XIX e siècle, l Algérie était un pays à dominante rurale, qui comptait une vingtaine de villes disséminées sur l ensemble du territoire de la Régence. Les plus peuplées étaient celles qui étaient sièges du pouvoir politique des beys (Alger, Oran, Constantine, Médéa) ainsi que l ancienne capitale des Zyannides, Tlemcen. D autres villes plus petites avaient cependant un rôle actif par rapport à leurs campagnes Taux qui n aurait dû être atteint qu en 1986 selon la tendance antérieure. 28 Un tel rythme de croissance urbaine s explique également par le croît naturel qui a été de l ordre de 3% par an pendant 20 ans. 29 Elles constituaient des centres de pouvoirs, lieux d échanges commerciaux, sièges des grandes familles. 35

37 ο Le développement des grands centres urbains au Nord durant la période coloniale L arrivée des Européens en 1830 a profondément bouleversé la répartition spatiale de la population, puisqu elle a conduit à une «littoralisation» qui a marqué durablement l organisation de l espace algérien. Les villes du littoral 30 ont vu leur population multipliée par 10 en un siècle, alors que la population totale du pays n a été multipliée que par 3. En 1954, le maillage du réseau urbain était relativement dense au Nord (où se concentraient déjà les 4 plus grandes villes, Alger, Oran, Constantine et Annaba), plus lâche dans la région des Hauts-Plateaux (où les distances et les faiblesses de densités de population ne contribuaient pas à assurer une bonne répartition spatiale des agglomérations urbaines). Au Sud, les quelques villes (Biskra, Ghardaïa et Bechar) s organisaient en fonction des contraintes physiques, de la disponibilité des ressources en eau et des axes de communication issus du grand commerce transsaharien. Vers un rééquilibrage dans la répartition spatiale des agglomérations Les politiques adoptées par les autorités de l Algérie indépendante ont d abord prolongé les tendances caractérisant le système urbain hérité de la colonisation en renforçant la concentration des activités et des agglomérations sur le littoral. Mais conscient des déséquilibres territoriaux, l Etat a adopté des mesures visant un rééquilibrage en faveur du Sahara et de la zone des Hauts-Plateaux et une densification du système urbain à l échelle régionale et nationale. ο Le développement de l industrie pétrolière au Nord du Sahara : En 1954, le Sahara ne regroupait qu une dizaine d agglomérations dont la taille ne dépassait pas les habitants. En 1998, on observe un véritable réseau d agglomérations urbaines qui regroupe 8 fois plus d agglomérations, dont 6 de plus de habitants (Tableau 4). Hormis Béchar, toutes sont situées au Nord-Est du Sahara à proximité des champs pétroliers. Le semis urbain est plus dense dans cette zone que dans le reste du Sahara, du fait du développement de l industrie pétrolière. ο La stratégie des Hauts-Plateaux : Dans la zone intermédiaire du pays, le nombre d agglomérations urbaines de plus de habitants a été multiplié par 12 entre 1954 et 1998 (Tableau 4). Cette région a bénéficié d importants investissements et des programmes publics réalisés dans le cadre de la politique d «industriesindustrialisantes» des années Celle-ci prévoyait une «option Hauts-Plateaux» visant à réduire la pression démographique exercée sur le littoral et à redéployer la population, les activités et les infrastructures vers les zones steppiques et les hautes plaines. Mais les réformes économiques engagées au début des années 1990, l arrêt des investissements publics et la privatisation des entreprises dans cette région en voie de désindustrialisation ont conduit à une relance du mouvement migratoire vers les villes du littoral. 30 Dotées de l ensemble des infrastructures, ces villes servaient de ports d exportation des produits agricoles et des matières premières et lieux d implantation des premières unités industrielles 36

38 Tableau 4: Répartition des agglomérations de plus de habitants Dernièrement, le Président Bouteflika a relancé l idée de cette «option Hauts-Plateaux» en la qualifiant d «impératif pour la profondeur stratégique» 31 du pays. ο La politique de villes nouvelles : La création de villes nouvelles s inscrit également dans le cadre de la politique nationale d aménagement et de développement durable du territoire, en vue des rééquilibrages territoriaux. Le Schéma National d Aménagement du Territoire (SNAT) prévoit l opportunité de création de villes nouvelles et en détermine les fonctions et la localisation en relation avec l organisation et le développement des grandes infrastructures et services publics arrêtés par les schémas sectoriels. La création de villes nouvelles ne peut intervenir que dans les régions des Hauts Plateaux et du Sud 32. Malgré les déséquilibres qui perdurent, le fait urbain est devenu ubiquiste en Algérie. Il a gagné les montagnes, les Steppes et le Sahara. Mais toutes les villes n ont pas le même poids et n entretiennent pas les mêmes liens entre elles. 3. Armature urbaine et réseau de villes : La hiérarchie urbaine : un système macrocéphale atténué par des politiques de promotion administrative et économique La forme de la hiérarchie urbaine représentée sur un graphique rang-taille s est relativement conservée au cours des 50 dernières années (Figure 5) ; elle est cependant caractérisée par un léger renforcement de l agglomération d Alger sur les villes de rang immédiatement inférieur et par un rééquilibrage du système vers le bas avec l apparition et le développement d un plus grand nombre de petites et moyennes unités (Figure 6). 31 L Algérie veut peupler ses zones semi-arides pour soulager le littoral, 29 octobre 2006, AFP 32 Cependant, à titre exceptionnel, elle peut intervenir dans les régions du Nord en vue de réduire la pression sur les grandes villes. 37

39 Figure 5 : Evolution de la distribution rang-taille des agglomérations de plus de habitants ( ) Figure 6: Répartition des agglomérations selon leur taille Loi de Zipf 1998 Source : L Espace Géographique 2003/4 Source : Villes en parallèles n ο Métropoles nationales et régionales : Alger, ville de rang 1, est actuellement la seule agglomération de plus d 1 million d habitants. Globalement, le caractère primatial de la capitale s est renforcé (Figure 6) : après l Indépendance, elle a affirmé son emprise sur le territoire national par une forte centralisation politique et administrative 33. Il n en a pas été de même pour les métropoles régionales (Oran, Constantine et Annaba) qui ont vu leur assise territoriale se réduire suite aux réformes administratives. La déconcentration des sociétés nationales et des organismes publics a amené, en 1982, à multiplier dans chaque wilaya antennes et agences et les métropoles ont perdu certaines fonctions au profit de villes de rang inférieur. ο Promotion des villes moyennes et rôle des petites villes : Carte 7 : Croissance des agglomérations de plus de habitants entre 1987 et 1998 Un urbain sur 4 réside dans l une des 4 plus grandes agglomérations, alors qu ils étaient presque un sur 2 il y a 50 ans. Ceci s explique par l expansion des agglomérations moyennes et petites (Tableau 4). Lors des différents découpages administratifs, les villes de plus de habitants ont été promues chefs-lieux de wilaya et ont été dotées en équipements afférents à cette fonction 1. Elles ont également profité des politiques industrialistes. Source : ONS 1987, Il est à noter que comparé à l armature urbaine des pays voisins, le poids de l agglomération d Alger dans le système urbain algérien semble relativement moins grand que celui de Tunis et Casablanca. 38

40 Les agglomérations de moins de habitants ont supporté une part importante de la croissance urbaine des 2 dernières décennies, notamment les villes de moins de habitants (Tableau 4). Certaines ont profité des politiques urbaines mises en œuvre pour freiner la croissance des quatre grandes agglomérations dont le tissu était saturé. Une partie de leur croissance s est reportée soit sur des villes nouvelles, soit sur de petites agglomérations proches des capitales régionales. D autres ont profité de la promotion de la ville moyenne de leur région à une fonction supérieure (chef-lieu de wilaya, complexe industriel) pour s affirmer comme capitale locale de leur bassin agricole ou de leur vallée. (Carte 7) 4. Une structure spatiale poly-nucléaire La conjugaison des promotions industrielles et administratives a provoqué une vaste redistribution des poids de chaque strate à l intérieur du réseau urbain : rôle accru de la capitale devenue centre unique de décision, recul des métropoles régionales, émergence des villes moyennes. Les villes établissent entre elles des relations de dépendance ou de commandement qui dessinent des attractions urbaines. Ces attractions présentent deux traits majeurs : d une part elles apparaissent relativement hiérarchisées, toute ville constituant un maillon entre des centres plus petits et une agglomération plus grande. D autre part le pays s organise en une structure polynucléaire, c est-à-dire en 3 sous-réseaux bien individualisés, avec chacun sa spécificité (Carte 8). Le sous-réseau Est : c est le plus régulier et le plus hiérarchisé, chaque sous-groupe (Sétif, Batna, Jijel, etc.) se rattachant à la ville centre qu est Constantine 34. Le sous-réseau Ouest : Il s organise autour de la ville d Oran, avec pour relais les villes de Mostaganem, Mascara, Sidi-Bel-Abbès, Tlemcen. Il est également bien hiérarchisé, mais présente des phénomènes de court-circuitage : Béchar ou El-Bayadh se rattachent directement à Oran en sautant le niveau intermédiaire (Tlemcen ou Saïda), à cause du poids des distances 35. Le sous-réseau Centre : Il traduit l omni-présence d Alger, qui domine directement tout son arrière-pays, en ayant effacé toute velléité de relais intermédiaires 36. La majeure partie du Sahara se rattache à ce sous-réseau. Toutes ces villes, grandes ou petites, comportent aujourd hui de nouvelles formes de territorialisation. De nouveaux rapports à l espace sont apparus, concrétisés par exemple par l étoile de routes qu elles animent quotidiennement autour d elles. 34 Annaba a une position un peu particulière, car elle commande son propre espace le long de la frontière, mais pour certains aspects se rattache à Constantine. 35 Vue le fort kilométrage parcouru pour se rendre à ces centres, les Algériens préfèrent aller jusqu à Oran où ils trouvent des services de niveaux encore supérieur. 36 Blida, 5 e ville du pays par sa population, ne joue guère de rôle dans cet ensemble. 39

41 Carte 8 : Les attractions urbaines Source : Cote, M (1996), L Algérie espace et société, éd. Masson & Armand Colin, Paris 5. Un réseau de communication à vocation continentale et internationale Le réseau routier : km de routes assurent près de 90% du volume des échanges. Ceci reflète la prédominance du mode de transport routier par rapport aux autres modes 37. Carte 9 : Schéma directeur routier national Les études du Schéma directeur routier national , élaboré par le Ministère des travaux publics, s'inscrivent dans le Schéma National d'aménagement du Territoire. La nécessité de disposer à moyen et long terme d'un réseau adapté, dont les principaux axes structurants sont constitués par 4 catégories de route, sans omettre l'axe stratégique africain qui est la route transsaharienne, est considérée comme vitale. Source : Ministère algérien des Travaux publics 37 Routes Nationales (R.N) : km, Chemins de wilayas (C.W) : km, Chemins Communaux (C.C) : km, Ouvrages d Art (O.A) : O.A. 40

42 L'Autoroute Est-Ouest : d'une longueur de km, elle assurera la liaison entre Annaba et Tlemcen, avec la desserte des principaux pôles en touchant directement 24 wilayate. En outre, les autres pôles de développement, situés sur la côte et dans la zone des Hauts-Plateaux, seront desservis par les raccordements de l'autoroute Est-Ouest au réseau principal, notamment par les pénétrantes Nord-Sud. L'autoroute Est-Ouest s'intègre dans le grand projet régional de l'autoroute maghrébine, avec un linéaire de km et dont la réalisation a été retenue par les pays de l'u.m.a. Les rocades autoroutières des Hauts-Plateaux : ce projet devrait satisfaire les besoins en transport routier dans la zone des Hauts-Plateaux et contribuer à la fixation des populations qui y résident. Les rocades autoroutières d Alger : l'accroissement des agglomérations périurbaines et l'intensité du trafic font que l'actuel réseau routier a atteint ses limites de saturation. Face à cet état de fait, la réalisation des 2 e, 3 e, et 4 e rocades autoroutières, qui partent respectivement de Zéralda à Boudouaou, de Tipaza à Bordj Menaiel et de Khemis Miliana à Bordj Bou Arréridj, est devenue une nécessité incontournable. Carte 10 : 2 e, 3 e et 4 e rocades autoroutières Source : Ministère algérien des Travaux publics Les pénétrantes Nord-Sud : il s'agit d'aménager les principaux axes routiers Nord-Sud, pour assurer la liaison entre l'autoroute Est-Ouest et la rocade autoroutière des Hauts-Plateaux et de canaliser vers celles-ci les flux routiers le plus rapidement possible. La route Transsaharienne (RTS) : entamée depuis 1970, la RTS, au delà des échanges culturels et humains, a une dimension économique. Elle vise à désenclaver les vastes régions sahariennes et prévoit de lier les capitales du continent, de contribuer à l intégration économique et sociale de l Afrique, et d offrir aux pays privés de façade maritime une possibilité de réduction des coûts de transport grâce à l acheminement rapide des marchandises vers les ports 38. Réseau Ferroviaire : Le réseau ferroviaire s étend sur près de km 39 et est doté de plus de 200 gares situées surtout dans le Nord. Le transport ferroviaire couvre 9,4% du trafic total de marchandises et 32% du trafic de voyageurs. Confié à une entreprise publique, la SNTF 40, il a souffert de problèmes de gestion et de son manque de souplesse face aux nécessités nouvelles de l économie. Cependant, la voie 38 Sur les km de RTS, seuls km ont été réalisés dont plus de la moitié se situent sur le territoire algérien (2 410 km Alger-Tamanrasset, frontière avec le Niger) km de voies normales, 1055 km de voies étroites, 305 km de voies doubles, 299 km de voies électrifiées. 40 Société Nationale de Transport Ferroviaire 41

43 ferrée ne paraît pas reléguée au second rôle. Un vaste programme a été élaboré et devrait structurer le réseau et faire passer la part du trafic ferroviaire de 20% à 40% du trafic de marchandises. Réseau aérien : L avion occupe en Algérie une place importante. La double volonté d assurer au pays une forte présence sur la scène internationale et de réduire les distances intérieures d un territoire vaste, a conduit à le doter d un réseau d aéroports, d une grande entreprise à monopole (Air Algérie) et d une tarification favorable au trafic interne. Le développement du tourisme saharien génère actuellement l établissement de lignes directes reliant les grandes villes européennes (Paris, Frankfort, Rome) aux grandes villes du Sud (Ghardaïa, Tamanrasset, Djanet). Carte 11 L Algérien dispose de 53 plates formes aéroportuaires dont 33 aérodromes ouverts à la circulation aérienne civile, 12 de classe internationale et 21 à usages nationaux ou régionaux du Sud. La wilaya de Ghardaïa s est dernièrement dotée d une nouvelle piste de mètres sur 70 lui permettant d éradiquer l isolement de certaines wilayas du Sud. Source : Ministère algérien des Travaux publics Réseau maritime La part du trafic portuaire en Algérie est également exceptionnelle, mais moins dans la vie quotidienne des habitants que dans la nécessité de l économie. Car l Algérie ne pourrait pas fonctionner sans les exportations de ses hydrocarbures, ni les importations de produits agricoles et semi-finis. Les ports constituent donc le poumon de son économie et leurs activités font office de baromètre de celle-ci. Les principaux ports ont été créés à l époque coloniale, à partir de sites précoloniaux. Sur km de côte, l Algérie dispose de 40 ports, dont 13 assurant environ 80 millions de tonnes de trafic (les ¾ en hydrocarbures). Alger, avec 7 millions de tonnes (Mt), concentre 40% du trafic et reste le grand port redistributeur sur tout le territoire, épaulé par Annaba (4 Mt) et Oran (3 Mt). On note également 26 ports et abris de pêche (dont 6 à l intérieur des ports de commerce) et un port de plaisance (Sidi Fredj). 42

44 CHAP.. 7 : ALGER,, LES ENJEUX D UNE METROPOLE EN CONSTRUCTIION 1. Alger, «une réalité urbanistique et architecturale hybride» Fruit d une histoire plurielle et tourmentée, Alger offre des visages multiples. Elle présente «une réalité urbanistique et architecturale hybride» (B.Boudiaf). L urbanisation algéroise s est déroulée en vagues successives. Les différents modèles urbains appliqués étaient destinés à asseoir la «centralité» de la capitale, à mettre en scène le pouvoir. Aujourd hui Alger doit répondre à des dysfonctionnements qui sont en partie hérités de son histoire, et en partie dus à des problématiques spécifiquement contemporaines. Aux origines de la ville : la Casbah ο Rayonnement et déclin d une capitale turco-mauresque Ville traditionnelle, la Casbah d Alger tient son nom de la citadelle ottomane édifiée à partir de Ceinte de remparts au cours du XVIe siècle, elle constituait le centre administratif et religieux de la Régence d Alger. Siège des corsaires qui rançonnaient les navires européens en Méditerranée occidentale, Alger devint une ville prospère et marchande et la Casbah, une des médinas les plus florissantes de la Méditerranée. En 1716, la médina fut ravagée par un tremblement de terre. Elle fut reconstruite et atteignit sa forme définitive au début du XIXe siècle. Eloignée des circuits commerciaux mondiaux qui se déplacèrent dans l Atlantique, la Casbah ne comptait plus que habitants quand elle fut prise par les Français. ο Morphologie d Alger : une ville à deux visages La Casbah forme un triangle dont le sommet est la citadelle située sur les hauteurs et dont la base est située sur le front de mer. Abritant plusieurs palais, la citadelle constituait le centre du pouvoir politique. Les quartiers sont à la base de l organisation de la Médina. Son système viaire peut être apparenté au modèle de l arbre. Le choc colonial, Alger capitale européenne : A partir de 1830 la ville devint le centre du pouvoir colonial. Cette «centralité», d abord militaire ( ), ensuite politique et économique ( ), induisit de nombreux bouleversements urbains. ο Alger, centre militaire de l occupation française de l Algérie : La ville coloniale se construisit sur le front de mer et constituait le premier centre administratif et financier «moderne». La première réalisation des urbanistes du génie militaire à Alger fut la création de la Place du gouvernement, dans la partie basse de la Casbah. Le centre 43

45 algérien fut symboliquement remplacé par le centre colonial. Les rues Bab El-Oued et Bab Azoun qui formaient l axe Nord-Sud de la ville, furent ensuite élargies. La bipolarité originaire d Alger se maintint mais évolua, la ville basse, littorale, étant investie par les Européens, tandis que les autochtones demeuraient dans la ville haute. ο Alger, capitale européenne. A partir de la III e République, l urbanisme colonial à Alger prit une dimension plus politique et la ville fut régie par le gouvernement civil. Il s agissait d accompagner l essor économique et démographique d Alger et d en faire le fleuron du colonialisme français. A partir de cette époque la ville s industrialisa et devint un véritable foyer de peuplement européen, complété par l arrivée de nombreux migrants ruraux algériens 41. Un urbanisme fonctionnel se fit jour, sur le modèle de ce qui se réalisait à Paris. Afin de répondre aux impératifs d hygiène et de circulation, de grands boulevards furent tracés et le tramway fit son apparition. Le chemin de fer fut introduit reliant Alger aux grandes villes du littoral. La construction de la gare à l Est de la Casbah encouragea l implantation industrielle dans cette zone. Celle-ci s accompagna de la construction d un habitat de classes moyennes destiné aux ouvriers européens. Parallèlement, les hauteurs d Alger furent investies par les colons qui édifièrent des bâtiments publics à vocation centrale et un habitat pour classes aisées. Le centre administratif se déplaça du front de mer vers les limites continentales de la ville. Dès les années 1930, le centre d Alger ressemblait en tous points à celui d une capitale européenne. Seule la Casbah, patrimoine protégé, démarquait Alger de ses consœurs européennes. ο Ségrégation spatiale et ethnique. La composition ethnique d Alger se modifia par la suite en faveur des Algériens de souche. Alors que la ville comptait deux tiers d Européens en 1936, la population algérienne devint majoritaire dès les années Le centre ville européen, ayant accès aux réseaux de transport, d eau et d électricité, était encerclé par des quartiers algériens, dépossédés de la symbolique urbaine propre à la Médina traditionnelle. L éclatement urbain de l Alger post-colonial. ο Urbanisation planifiée versus spontanée A partir de 1962 la politique de planification économique et d industrialisation mise en place par le nouvel Etat algérien entraîna une forte accélération de l exode rural et une urbanisation frénétique. Cette urbanisation se réalisa selon 2 modèles, celui d une urbanisation planifiée : changement de statut foncier de terrains agricoles en terrains urbanisables et construction de grands ensembles d habitat collectif e celui d une urbanisation spontanée et illégale, laquelle s accéléra 41 Alors que la Casbah ne comptait que habitants en 1830, Alger atteignit habitants en 1896 et devient la 4 ème ville française en 1936 avec habitants. 44

46 dans les années Ces deux modèles contribuèrent à l éclatement urbain d Alger qui devint une ville fragmentée dont l étalement semblait infini. ο Phasage historique des stratégies d appropriation de l espace urbain La substitution : la bourgeoisie arabe (commerçants) quitta la Casbah et les quartiers algériens de la proche périphérie pour réinvestir le centre colonial délaissé par les Européens. La densification : les migrants ruraux investirent à leur tour la Casbah et les anciens quartiers algériens de la proche périphérie. Un phénomène classique de ruralisation et de paupérisation des quartiers traditionnels du centre et des faubourgs se produisit. Leur densité augmente considérablement et ces quartiers sont rapidement congestionnés. Le «recasement» : confrontés à la crise du logement, les pouvoirs publics décidèrent de poursuivre la «politique de recasement» entamée par les Français. Des grands ensembles d habitat collectifs furent érigés dans l urgence, entraînant une défiguration et une perte d identité urbaine de la capitale algérienne. De mauvaise qualité, mal entretenus, non adaptés au mode de vie de leurs habitants 42, ils devinrent vite le réceptacle d une marginalité sociale, économique et spatiale. Le désengagement de l Etat : à partir des années 1970, la construction de logements collectifs fut délaissée par l Etat ruiné par la crise pétrolière de Les coopératives immobilières et l auto-construction furent favorisées Les parcelles cédées sur le patrimoine foncier public sont très grandes (d une moyenne de 400 mètres carrés) et l urbanisation se poursuit sur un mode extensif. Ces nouveaux lotissements, peu denses et consommateurs d espaces sont mal intégrés et forment souvent des poches de marginalité sociale et économique. La prolifération : à cette urbanisation mal maîtrisée s ajouta une urbanisation spontanée très développée qui renforça l éclatement urbain. Les terrains publics furent investis par les migrants ruraux, souvent par l intermédiaire de lotisseurs peu scrupuleux, et se transformèrent en vastes zones d habitat auto-construit et précaire, au mépris de toute réglementation. L espace urbain illégal fut de plus, par essence, non intégré à la ville, car créé en dehors de toute planification. 2. Les recompositions récentes de l urbanisation algéroise De l agglomération à la région urbaine, une redéfinition de l espace algérois : D un point de vue géographique, différentes définitions coexistent. On parle d «agglomération algéroise» (environ 1 5O habitants), d «aire urbaine» (environ habitants) ou encore de «bassin algérois» ( habitants). Ces différentes définitions rendent difficile une délimitation administrative. Les frontières de la wilaya ont étés très fluctuantes.le gouvernorat du Grand Alger en 1997 étendit largement les limites de la wilaya d Alger dans l optique d un étalement urbain futur. 42 Édifiés sur le modèle des logements collectifs destinés aux ouvriers occidentaux, ils hébergent principalement des migrants ruraux chassés de leur bidonville détruit. 45

47 Carte 12 : Evolution administrative de la wilaya d'alger Source : «Les trois âges de la villa algérienne» Bouzid Boudiaf, Villes en parallèle n 36-3 Actuellement la wilaya d Alger regroupe 13 circonscriptions et 57 communes. Carte 13 : Délimitation de l extension urbaine au sein de la wilaya d Alger Légende: Hypercentre Limites de la wilaya Tâche urbaine Routes Source : carte schématique élaborée à partir d une image Google Earth, les informations représentées sont issues de la carte simplifiée d occupation des sols et de l image satellite haute définition, placées en annexe 46

48 La wilaya d Alger, comporte des zones urbanises centrales et périphériques mais également des zones rurale. Elle nous apparaît comme un espace de réflexion et d action adapté aux enjeux d Alger (Carte 14) Carte 14 : Centralité et périphéries de la wilaya d Alger Source : Etude du groupement BURGEAP-ME2I-TTI production Hydro environnement pour la wilaya d Alger Une dynamique spatiale dictée par le marché : la bulle spéculative immobilière. Les années 1990 voient la libéralisation des marchés foncier et immobilier jusqu alors contrôlés par les communes. ο La libéralisation du marché foncier : Propriétaires fonciers et promoteurs immobiliers deviennent les acteurs principaux de l urbanisation algéroise. Les instruments d urbanisme, créés pour une gestion dirigiste du foncier, deviennent inadaptés. Face à cette situation, on assiste à un renoncement de l Etat et des collectivités dans le contrôle de l urbanisation. Une nouvelle législation est adoptée afin de mettre en place un urbanisme flexible encourageant les investisseurs et les constructeurs. Un processus de «verticalisation» des constructions et de densification de l habitat apparaît, encouragé par la recherche de rentabilité foncière et immobilière des investisseurs. Malgré la hausse du stock de logements, la demande n est pas satisfaite, une grande partie de la population ne pouvant répondre aux prix exorbitants entraînés par la privatisation. De nombreux logements restent vides et la norme de la production de l habitat demeure l auto-construction sur des terrains indûment appropriés. Ce phénomène est renforcé par l explosion d un marché foncier informel aux mains de promoteurs véreux qui distribuent des terrains publics et deviennent de véritables lotisseurs. A force de corruption et de trafic d influence, ils obtiennent parfois la légalisation des nouvelles constructions. Ils sont des acteurs à part entière de la production de l espace urbain à Alger. Conséquences de la libéralisation, on assiste au développement d une bulle spéculative foncière et immobilière entraînant une urbanisation anarchique, favorisant l étalement urbain et 47

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