Discussion sur l Espagne avec des représentants communistes Discussion avec des représentants communistes

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1 2 Les procès de Moscou Les procès de Moscou m ébranlèrent. Comment était- ce possible? Zinoviev, le bras droit de Lénine? Et Kamenev? Je passais des nuits entières sans trouver le sommeil. Le jour, je ne pouvais souffler mot à personne. En proie au désespoir, j essayais en vain de ramener au même niveau les deux plateaux de la balance : les péchés du régime de Staline et une nouvelle vie pour la culture juive. Les plateaux n arrêtaient pas d osciller de haut en bas. Cette fois il ne s agissait pas d un péché, mais d un crime qui me glaçait de terreur. Pendant cette période je n avais plus de travail. Le numéro suivant de Birobidjan en construction était prêt. Ce devait être le dernier, car la direction avait décidé de l arrêter. C est alors qu en proie à l amertume et au désespoir que suscitaient en moi les procès de Moscou, j eus l idée de partir en Espagne. Je n étais pas capable de rompre avec le Parti. Les liens que j avais avec lui étaient trop compliqués, trop forts et si enracinés dans mon esprit que je ne pouvais m en débarrasser instantanément. J étais encore partisan du bolchevisme. Les Staline allaient et venaient, pensais- je, mais les fondements du bolchevisme, de la société sans classes sociales, de l économie et de la démocratie socialistes resteraient. Les procès de Moscou étaient un cauchemar, mais un cauchemar qui reposait sur une réalité saine. Le mauvais rêve passerait, tandis que la réalité perdurerait, elle qui était le soubassement d un monde nouveau. Prague était une ville trop tranquille à cette époque pour y vivre ces journées de désespoir. L eau bleue de la rivière, aux éclats chaleureux, serpentait entre les quais, et les toits des bâtiments gothiques étaient inondés de soleil. L ombre de l hitlérisme planait 19

2 MA GUERRE D ESPAGNE déjà sur l Europe, mais les habitants de Prague continuaient à flâner, le visage insouciant, dans ses ruelles magnifiques. Le temps coulait, lumineux et serein. Mais cette sérénité contrastait avec mes pensées noires. J étouffais littéralement, ne pouvant digérer la danse macabre de Moscou. Vu mon état psychologique d alors, la guerre civile qui venait d éclater en Espagne me donna une issue. Une lutte entre le fascisme et les forces de la liberté s y déroulait. Le monde se divisa bientôt en deux camps. Tout ce qui était vieux et réactionnaire se retrouva du côté de Franco. Ce qui était porteur de rêves et de liberté se rangea du côté de la République espagnole menacée. Je sentis la nécessité d être personnellement présent sur le sol espagnol, de participer moi- même au combat entre ces deux forces. Pourquoi? Afin d écraser le cri de mes doutes sur les champs de bataille. Je pensais que la guerre civile ne se limiterait pas à la presqu île ibérique. Là- bas ne se déciderait pas seulement le destin de la République espagnole. J y combattrais le danger naissant de l hitlérisme et, qui sait, la victoire de la République espagnole serait peut- être le début d une vague révolutionnaire, qui pourrait déferler sur l Europe et influencer le déroulement de la révolution en Union soviétique. Pendant des jours et des nuits je ruminais le projet de m enrôler en Espagne, et cette décision s affermissait peu à peu. Dans le fond et peut- être à son insu, le destin du prolétariat mondial, et le mien propre, dépendaient de l issue de la guerre civile espagnole Sans cette décision, les procès de Moscou m auraient certainement poussé dans les bras de la révolte. Secoué et moralement brisé, j aurais peut- être rompu avec le Parti et chuté dans un vide intégral, ce qui, après un tel dévouement fanatique, aurait ressemblé à une tombe. Il existait une autre possibilité. En tant qu immigré politique, je dépendais complètement des subsides du Parti. Si je m étais révolté, le Parti m aurait fait le même coup qu à des dizaines d autres «renégats» : il m aurait dénoncé comme espion à la police tchèque c est ce qu il a fait subir aux nombreux immigrés communistes allemands et je me serais retrouvé en prison.

3 3 Discussion sur l Espagne avec des représentants communistes Discussion avec des représentants communistes Ma décision de rejoindre les Brigades internationales communistes devint irrévocable. Je me rendis au siège du Parti communiste tchèque pour discuter avec mes amis de l appareil. Dans les vastes locaux du siège je rencontrai un vieux social- démocrate, l un des théoriciens les plus importants du Parti communiste de son pays, Bohumír Šmeral 1, et le rédacteur en chef de Rudé právo 2 (le journal du Comité central), Jan Šverma 3. Grand et un peu enveloppé, portant une épaisse moustache noire, Šmeral était assis derrière son bureau. En me voyant entrer, il me sourit amicalement. Il ressemblait au pharmacien d une petite bourgade de province ou à un avocat de deuxième ordre. Mais cette apparence était trompeuse et dissimulait une personnalité hors du commun. Šmeral était un des leaders du mouvement ouvrier tchèque. Il débordait d intelligence, de vivacité et sa réflexion était loin d être superficielle. Très cultivé, il était aussi ce qui est rare pour un homme politique fin connaisseur de la littérature mondiale et l un des meilleurs experts de la question nationale slave. Je le voyais fréquemment dans mon travail pour le Gezerd. Il m avouait souvent à regret : «Il y a malheureusement des idées antisémites au sein du Parti communiste. Certains tra- 1. Bohumír Šmeral ( ), leader social- démocrate, fut l un des fondateurs du Parti communiste de Tchécoslovaquie. Il fut également le premier rédacteur en chef du journal Rudé právo. 2. Journal fondé en Depuis 1921, il est l organe du Comité central du Parti communiste de Tchécoslovaquie. 3. Jan Šverma ( ), militant du Parti communiste de Tchécoslovaquie, rédacteur en chef de Rudé právo de 1936 à 1938, il est considéré comme un héros de la résistance anti nazie. 21

4 MA GUERRE D ESPAGNE vailleurs tchèques regardent un Juif militant ou sympathisant comme une vache à traire qui donne des aumônes substantielles au Parti. Leur esprit est trop étroit pour comprendre que les travailleurs juifs ont constitué l avant- garde de la révolution en Russie et que les intellectuels juifs sont le noyau de tout mouvement révolutionnaire.» Šmeral, pour avoir longtemps séjourné à Moscou, était membre de la délégation tchèque auprès du Komintern 1. En revenant de Moscou il fonda le groupe parlementaire communiste. Grâce à son talent d orateur et à son envergure intellectuelle il jouissait d une grande influence parmi les travailleurs tchèques. Il fut de nouveau rappelé à Moscou quand le Parti adopta la ligne radicale de gauche sous la direction de Ruth Fischer et de Maslow 2. Cette fois Šmeral en revint en 1933 et fut nommé à la direction de la Société des amis de la Russie soviétique. Le Gezerd était l une des sections de cette société. Pour cette raison, nous nous voyions souvent et discutions des heures durant sur des thèmes juifs. C était le seul leader communiste en Tchécoslovaquie à connaître la culture juive. La deuxième personne qui se trouvait à ce moment dans les locaux du siège du Parti communiste était le rédacteur en chef de Rudé právo, Šverma. Il était aussi grand, mais maigre, un Slave représentatif : une épaisse chevelure blonde, des yeux clairs et chaleureux. Sa carrière était étroitement liée à sa visite dans «la ville sainte» de la révolution mondiale, Moscou. Il s y maria avec la veuve du célèbre «général rouge» Max Hoelz 3 qui, selon des rumeurs, 1. Komintern ou Internationale communiste ou III e Internationale, créée sous l impulsion de Lénine en 1919, à Moscou. Elle regroupa les partis communistes ayant rompu avec les partis socialistes de la II e Internationale. 2. Ruth Fischer ( ), pseudonyme d Elfriede Eisler, communiste germano- autrichienne, membre du Comité exécutif du Komintern. Elle fut le leader de l aile gauche du KPD avec son mari Arkadij Maslow, pseudonyme d Isaac Efimovitch Tchemerinsky ( ), et députée du Reichstag. Elle est exclue du KPD en Max Hoelz ( ) organisa des groupes armés révolutionnaires en Saxe, après 1920, contre les corps francs. Il vécut en URSS à partir de Exclu du Parti communiste en 1933, il mourut mystérieusement noyé, à Gorki, la même année. 22

5 DISCUSSION AVEC DES REPRÉSENTANTS COMMUNISTES avait été éliminé par la police secrète russe. Šverma était membre du Comité central et député au Parlement tchèque. Il lisait toujours ma revue Birobidjan en construction avec intérêt et en traduisait souvent quelques articles dans Rudé právo. Plus tard, en 1938, je rencontrai Šverma en Espagne, où il fut envoyé en tant que représentant tchèque auprès des Brigades internationales. Mais je parlerai de notre conversation très révélatrice un peu plus loin. Šverma mourut lors de l occupation nazie. Il fut très actif dans la Résistance. Son nom fut souvent évoqué lors du procès de Slánský 1 que l on accusait d être responsable de sa mort. Au moment où j entrai dans le local, les deux hommes étaient absorbés par une discussion. À l expression de mon visage, ils se rendirent vite compte que ma visite était exceptionnelle. En me saluant, Šmeral retint ma main plus longtemps que d habitude et m annonça d une voix solennelle : Camarade Stein, je vois que vous êtes venu nous communiquer une nouvelle peu ordinaire. Oui, répondis- je, j ai décidé de m engager comme combattant en Espagne. L information les impressionna. Ils échangèrent des regards et Šverma me demanda : Pourquoi si brusquement? Et que deviendra le travail que vous faites chez nous? L Espagne est actuellement plus importante que la Tchécoslovaquie, surtout pour le travail juif dont je m occupe ici. Šmeral ressentit l amertume de mes paroles : Je comprends, dit- il, que votre travail ici ne soit pas toujours gratifiant. Le travailleur tchèque n a pas encore compris l importance de la contribution révolutionnaire juive. Mais vous ne devez pas agir sous l effet d une déception manifeste. Qui d entre nous n a pas été obligé d avaler quelques couleuvres? Ma décision, leur dis- je, n a aucun rapport avec un succès ou une déception. Je sens tout simplement que je dois être en Espagne 1. Rudolf Slánský ( ), pseudonyme de Rudolf Salzmann, secrétaire général du Parti communiste tchécoslovaque. Il fut exécuté à l issue du procès de Prague. 23

6 MA GUERRE D ESPAGNE au moment où une lutte décisive avec le fascisme s y déroule. C est une question non seulement de conviction, mais avant tout de tempérament. Il va de soi que je ne leur fis part ni de mes doutes ni de mes nuits blanches. Nous abordâmes un autre sujet, celui des événements majeurs en Europe : l expansion rapide de l hitlérisme, l occupation de la Sarre, le danger d annexion de l Autriche et les combats en Espagne. Personne ne souffla mot des événements dramatiques qui venaient de se dérouler en Russie soviétique, les procès de Moscou et les liquidations de masse. Deux autres leaders communistes tchèques entrèrent dans la pièce Karl Kreibich et Joseph Lenz. Kreibich avait une longue barbe noire et des yeux rêveurs. C était un des premiers révolutionnaires des Sudètes 1. Il avait l apparence d un artiste et, en le connaissant mieux, on se rendait compte qu il avait effectivement une grande sensibilité créatrice. Ses qualités artistiques étaient étroitement liées à un travail révolutionnaire acharné. Il avait un goût très développé dans tous les domaines de l art et il était rédacteur en chef de Die Rote Fahne, l héritier du premier organe socialdémocrate Der Reichenberger Vorwärts. Il écrivait souvent des essais sur la littérature, qu il connaissait bien. C était un homme de cœur, très sympathique. En ce qui concerne la ligne politique, il commit de gros «péchés», pour lesquels il fut liquidé à l époque du procès Slánský. Au début de la révolution d Octobre il était déjà partisan de Trotsky (sa nature artistique était plus attirée par la personnalité haute en couleur de ce dernier que par celle de Lénine, sec et surtout doué de sens pratique). En parlant des deux leaders d Octobre, il se référait à «Trotsky et Lénine», et non à «Lénine et Trotsky», comme le voulait le rite «orthodoxe» du Parti. On passait des heures à discuter de Sholem- Aleykhem et de Peretz qu il avait connu à l époque où il était membre du Sénat tchèque et le 1. La Région des Sudètes est une région historique d Europe centrale, faisant partie de la République tchèque actuelle, et dont la population était majoritairement allemande. Région industrialisée (usines Škoda), elle fut annexée en 1938 par Hitler suite aux Accords de Munich. 24

7 DISCUSSION AVEC DES REPRÉSENTANTS COMMUNISTES principal intellectuel du groupe allemand du Parti communiste tchécoslovaque. Kreibich survécut à quelques purges et liquidations dans le Parti, car il possédait deux qualités qui lui permettaient de naviguer en évitant les écueils. D abord, il pouvait rapidement s adapter à des conditions nouvelles, ensuite (qualité plus notable encore) il avait une aptitude extraordinaire à se taire. Il choisissait ses mots avec attention, mais en fin de compte ses qualités ne lui sauvèrent pas la vie. La quatrième personne présente était Lenz, l auteur de l Histoire de la révolution russe. Il avait aussi une apparence slave typique, tout en étant d origine juive. Il parlait toujours en faisant très attention et en traitant tous les sujets du point de vue «marxiste- léniniste». C était le seul parmi les communistes d origine juive à s intéresser vraiment à mon travail de propagande pour l autonomie au Birobidjan. Il était corédacteur de Die Rote Fahne et publiait aussi des brochures en tchèque et en allemand. Kreibich et Lenz apprirent que je voulais partir en Espagne et étaient unanimes à dire que je ne devais pas le faire. Votre présence est nécessaire ici, si vous partez, le travail que vous faites ici devra s arrêter totalement. En ce qui concerne le travail, dis- je en ne cachant pas mon ironie, vous devez savoir que la revue Birobidjan en construction ne sort plus. C était une allusion aux machinations en sous- main de certains communistes juifs (y compris de Slánský et Schwartz) qui avaient obtenu l arrêt de la revue. Mais Lenz voyait la chose sous un autre angle : Vous pensez que vous serez utile en Espagne? Là- bas on a besoin d hommes qui ont de gros muscles et, vous, vous êtes un homme réfléchi Tout à coup Šverma devint sérieux : Votre départ doit être approuvé par le Parti. Vous ne pouvez pas partir de votre propre chef, vous devez avoir l autorisation et les contacts nécessaires. Je savais que je devais notifier mon départ au Parti. Après la 25

8 MA GUERRE D ESPAGNE liquidation de la revue je travaillais au MOPR 1, une organisation communiste d aide aux prisonniers politiques. Je voyageais, faisant des conférences dans les provinces juives : Moukatcheve, Berehove, Oujhorod 2. Auprès des autorités, j étais un journaliste travaillant pour le journal new- yorkais Morgn frayheyt 3, et j avais une carte de presse de ce journal avec la signature de M. Olgin. Avec une certaine aversion, j allai le lendemain voir le chef du MOPR. Son nom était Arno. Il était petit, encore jeune, un visage slave ouvert et des yeux sympathiques, animés par une camaraderie intime. Il essaya de me dissuader, en évoquant les mêmes arguments que Lenz : Tu es trop faible physiquement. Ici tu feras beaucoup plus, intellectuellement, que physiquement, là- bas. On doit servir la révolution avec ce que l on a de mieux, et l aptitude à la bagarre n est pas ton fort. À cela il ajouta avec un clin d œil : Ta présence ici est plus utile que jamais. Face à l afflux massif d immigrés, le MOPR a besoin de grosses sommes d argent, et personne n en donne autant que nos sympathisants juifs Je lui répondis que ma décision était ferme, que le travail au MOPR pourrait être fait par quelqu un d autre, et que je devais partir en Espagne, car c était là mon désir le plus profond. Voyant qu il n y avait rien à faire, il dit finalement : Je vois que rien ne te fera changer d avis. Mais je ne peux pas te donner l autorisation de partir, tu dois la demander à Il cita un nom dont je ne me souviens plus maintenant. C était le véritable contrôleur du Parti. J allai lui rendre visite. L accueil fut glacial, même hostile. 1. En russe «Mejdunarodnaia organizatsia pomostchi bortsam revoliu tsii» ou Secours rouge international (SRI), association «d aide et de solidarité internationale aux combattants de la Révolution» affiliée au Komintern. 2. Villes en Transcarpatie, en Ukraine, faisant partie de la Galicie. 3. Frayheyt, puis Morgn frayheyt («Liberté», «Liberté du matin»), quotidien communiste new- yorkais de langue yiddish, fondé en 1922 par Shakhno Epshteyn et Morris Winchev sky, avec pour objectif d être un forum de prose et de poésie moderne. David Bergelson, Lamed Shapiro, Moyshe Nadir et d autres y collaborèrent. Ses rédacteurs en chef furent Shakhno Epshteyn et Moyshe Olgin. 26

9 DISCUSSION AVEC DES REPRÉSENTANTS COMMUNISTES C était un Tchèque petit et gros. Il avait des yeux froids qui s insinuaient au fond de votre âme comme des pattes d araignée. Il avait l air d un boucher avec son visage rond et gras et ses poches sous les yeux. Il dévisageait son interlocuteur comme si celui- ci se trouvait sur le banc des accusés. Je me présentai et lui dis que je voulais m enrôler dans les Brigades internationales. Il resta assis, rigide et figé, telle une statue de glace. Seuls ses yeux me transperçaient comme des couteaux ardents. Finalement il me demanda de lui retracer ma vie, de ma naissance à ce jour, sans omettre le moindre détail, sur mes parents, sur les raisons qui m avaient poussé à rejoindre le Parti. J éprouvais le curieux sentiment d être un criminel. Il était devant moi, immobile, figé, me scrutant de ses yeux gris chassieux. Je parlais à contrecœur, avec un sentiment de répugnance. Il ne m interrompit pas, ni d un mot ni d un signe de tête. On avait l impression qu il pensait : «Vas- y, baratine- moi encore, de toute façon je n en crois pas un mot» À la fin de mon monologue il me toisa soudain de son regard cadavérique et me demanda : Si vous voulez partir en Espagne, pourquoi êtes- vous venu chez moi? Vous ne savez pas que le Parti communiste fonctionne dans la légalité et n a le droit de s occuper d aucune activité en Espagne? C était un refus catégorique, presque brutal. Le Parti n avait rien à voir avec cela, et je m étais trompé d adresse. Je me levai, résigné, m apprêtant à partir, quand il se leva soudain lui aussi et me tapa sur l épaule : Soudruhu, camarade, malgré tes origines petites- bourgeoises, j espère que dans les combats en Espagne tu auras l occasion de démontrer ton esprit révolutionnaire communiste. Ensuite il ajouta, me prenant pour confident : Tu comprends que le recrutement pour l Espagne ne peut se faire dans des instances officielles du Parti. Il me parlait cette fois d un ton aimable et même amical. Mais je n arrivais pas à oublier son regard. Il me demanda de me rendre le lendemain à midi au square, à côté de la gare de Wilson. Là- bas un jeune homme blond me contacterait pour me communiquer les consignes et les modalités pratiques du voyage. 27

10 MA GUERRE D ESPAGNE Je lui demandai : Comment me reconnaîtra- t-il? Vous êtes naïf. Ne savez- vous pas que nous avons dans nos tiroirs des informations sur chaque camarade et sur les émigrés politiques en particulier? Oui, l appareil du Parti fonctionnait avec la plus grande précision. Dans ce domaine, on pouvait lui faire confiance. Je le saluai et partis enthousiasmé. La difficulté majeure pour me rendre en Espagne venait d être surmontée. Grâce à l acceptation du Parti, presque tous les problèmes étaient réglés. Maintenant il fallait résoudre les questions techniques, le passage des frontières. Mais l appareil du Parti s en chargerait, je pouvais être tranquille. Le jour suivant, par une froide journée de février, les rues de Prague étaient couvertes d une neige étincelante qui les rendait semblables à des rivières de diamant. Le ciel était d un bleu estival, mais le soleil diffusait une lumière froide et éclatante. La ville entière était habillée de blanc, on devait fermer les yeux pour ne pas être ébloui par cette luminosité. Je m assis sur le banc que l on m avait indiqué, dans un petit square près de la gare de Vienne. Après avoir jeté un coup d œil sur l horloge, je constatai que la grosse aiguille s était arrêtée sur le chiffre douze. Une sonnerie métallique retentit dans l air gelé. Il était midi pile. Au moment précis où l aiguille des minutes toucha le douze quelqu un me tapa sur l épaule : Camarade Minsky? «Minsky» était mon pseudonyme. En relevant ma tête, je vis un jeune homme blond au visage étonnamment délicat. La délicatesse et la finesse de ses traits faisaient penser au héros du roman d Oscar Wilde Le Portrait de Dorian Gray. Je savais que c était le messager du Parti, mais je fis semblant d être étonné : Qui êtes- vous? Il me regarda un instant de ses yeux tendres et sympathiques et me dit doucement : Vous êtes le camarade Minsky, je dois vous contacter à propos de l Espagne. Une minute plus tard nous bavardions comme de vieilles connaissances. C était un étudiant issu de la bourgeoisie, vêtu avec 28

11 DISCUSSION AVEC DES REPRÉSENTANTS COMMUNISTES une élégance presque excessive : un costume neuf, des chaussures vernies neuves, une cravate de soie éblouissante. Il vit que sa tenue avait retenu mon attention. En faisant ce genre de travail on doit être très strict du point de vue de la clandestinité. Il sortit de sa poche un paquet soigneusement fermé et me le remit. Dedans vous avez l argent qui vous servira non seulement pour le voyage et les papiers, mais aussi pour vous vêtir. Il m indiqua le meilleur endroit pour se procurer le nécessaire et ajouta, avec une attention quasi paternelle : Ne faites pas d économies sur les repas ou la boisson. Vous devez arriver en Espagne en pleine forme. En me quittant il me serra très fort la main et me regarda, chaleureusement, comme si nous étions frères. Je vous souhaite, dit- il, beaucoup de bonheur et de succès. J espère que vous allez faire une carrière d officier Avant de partir je lui donnai mon passeport afin que le Parti me procure les visas nécessaires : autrichien, suisse et français. Il me demanda de me rendre le lendemain à dix- huit heures à un autre endroit, rue de Paris, où un camarade que je connaissais m apporterait le passeport et les visas. Le lendemain, au crépuscule, j étais à l heure à l endroit indiqué. La neige prenait une couleur rougeâtre au coucher du soleil. Dès mon arrivée un jeune homme s approcha. C était un travailleur tchèque du mouvement communiste à Brno que je connaissais bien. Contrairement à l étudiant de la veille il n observait pas les règles de la clandestinité. Il me proposa d aller boire une bière dans une brasserie, où il s enorgueillit de participer au recrutement pour l Espagne, au sein d un appareil créé à cette fin. On s assit à une table et on commanda des chopes mousseuses de Pilzener ainsi que du saucisson sec. Il me rendit mon passeport déjà muni de visas et me dit, l air un peu ramenard : Bonne route, et ne pensez pas que nous nous voyons pour la dernière fois. Quand j aurai fini de m occuper de choses importantes, je partirai aussi en Espagne. Au revoir et à bientôt, à Madrid. Le même jour, je m achetai une paire de chaussures vernies, un imperméable et une élégante valise de cuir. J avais l intention 29

12 MA GUERRE D ESPAGNE d obéir tout de suite aux consignes strictes du commissaire politique, mais malgré cela je décidai de dire au revoir à mes camarades du siège du Parti. À la rédaction de Die Rote Fahne je saluai chaleureusement mes camarades Kreibich et Lenz. Le rédacteur en chef de Rudé právo, Šverma, rédigeait l éditorial du lendemain. En me voyant il me fit signe d attendre. Il finit l article très vite et nous passâmes une bonne heure à discuter en bons copains. Je dis «en bons copains» pour ce qui concernait les sujets personnels, car, pour la politique, nous nous sommes bien gardés, tous deux, d en parler. La Russie vivait alors les purges sanglantes qui firent des centaines de milliers de victimes. Staline avait aussi à son actif une grosse responsabilité dans la défaite de la classe ouvrière en Allemagne et dans la montée de l hitlérisme. Mais aucun de nous n en parla. Notre intimité était très prudente. Quant à moi, je partais en Espagne, afin de retrouver mon équilibre sur les champs de bataille, tandis que lui, Šverma, qui sait ce qu il pensait de cette période pendant laquelle la Russie gisait sous la botte de la police secrète? Nous nous sommes dit au revoir chaleureusement, les larmes aux yeux. Le lendemain matin, je pris le train rapide de 7 heures Prague- Vienne- Zurich- Paris. J avais une place en seconde. Un luxe supplémentaire sur l autel de la clandestinité. Le train traversait la campagne enneigée. D immenses champs se déroulaient des deux côtés de la voie ferrée, et parfois on voyait apparaître des maisons plus ou moins enfouies sous la neige. Des montagnes impressionnantes à l horizon se fondaient avec le ciel en une masse bleu et blanc. Le trajet dura plus de vingt- quatre heures. Les gardes frontières palpaient mon passeport, vérifiaient les visas, concluant que tout allait bien. En regardant ma valise reluisante et mes vêtements flambant neufs, personne n aurait pensé que j étais un combattant clandestin qui se rendait en Espagne pour participer à la guerre civile, en violation de la neutralité des pays démocratiques. Le lendemain, à midi, le train s arrêta dans une grande gare enfumée, la gare de l Est. J étais à Paris.

13 4 À Paris! Je suis incorporé dans le groupe polonais Cette journée d hiver parisien était saturée par un brouillard froid. De nombreux bus et voitures se bousculaient boulevard Magenta, aux abords de la gare. La foule inondait les trottoirs. On était abasourdi par le vacarme de cette gigantesque métropole. J appelai un taxi, lui donnai l adresse de mon cousin, un émigré politique autrichien. Le chauffeur était un Français typique, un personnage de film, un petit brun, avec une casquette bleu marine à visière vernie. À chaque instant il tournait la tête dans ma direction pour faire des observations. Comme je ne comprenais pas un mot de français, je lui faisais oui de la tête. Les rues ressemblaient à une fourmilière. Nous passâmes place de la République, devant sa statue majestueuse. Mon taxi manœuvrait habilement au milieu d un flot de voitures, puis il prit un autre boulevard et, après avoir dépassé quelques jolies ruelles apparemment tranquilles, nous nous arrêtâmes rue des Francs- Bourgeois. Chez mon cousin je ne trouvais que sa fille de dix- huit ans, au visage sympathique et accueillant, qui baragouinait le yiddish avec un accent étranger. Son père n était pas là. Il vendait des articles de confection au marché et faisait les foires de province. Au début je ne racontais pas à la jeune fille pourquoi j étais venu à Paris. Je lui demandais seulement de me conduire à une certaine adresse. Elle réagit immédiatement : Aha! Dans cette réaction, il y avait le triomphe d avoir rapidement deviné un secret et l étonnement devant l identité de son dépositaire. Elle s assit face à moi et, me regardant droit dans les yeux, me déclara dans son yiddish francisé et un peu comique : 31

14 MA GUERRE D ESPAGNE Vous ne devez rien me cacher. Je comprends pourquoi vous êtes venu. Vous vous êtes fait recruter pour l Espagne. Devant mon regard incrédule, elle m attrapa par la manche : Soyez tranquille, vous ne devez pas avoir peur, je suis des vôtres, une camarade. Cela voulait dire, un membre du Parti. Je n avais aucune raison de ne pas la croire, mais je me comportais tout de même avec réserve. Je lui demandais de nouveau de m accompagner à travers le labyrinthe des rues que je ne connaissais pas, et elle le fit avec joie. Le même après- midi nous nous dirigeâmes vers la station de métro la plus proche. Après être passés par un casse- tête chinois d escaliers et de couloirs, nous nous retrouvâmes sur le banc d une rame du métro qui nous emmena à l autre bout de la ville. Remontés à la surface, je vis que le quartier était très différent du précédent : une foule dense de travailleurs mal vêtus et des immeubles sombres et décrépis. Des cafés et des restaurants exhalaient l odeur d une nourriture de pauvres. Après avoir longé quelques pâtés de maisons, nous arrivâmes devant un grand immeuble grouillant de monde, les locaux des syndicats. Un planton, un Français, nous demanda ce qui nous amenait. Ma jeune nièce lui expliqua que je cherchais la section tchèque, et l homme, auquel elle se présenta évidemment comme une camarade du Parti, abandonna sa raideur officielle, et, en souriant, lui indiqua un escalier à l intérieur du bâtiment. Un jeune Tchèque était assis près de la porte menant à un bureau. C était quelqu un que j avais bien connu. Les formalités ne furent pas longues, et je me retrouvai face à un jeune homme assis derrière un bureau vert. Je me présentai, racontant d où j étais et comment le Parti m avait envoyé ici. Il me toisa du regard, des pieds à la tête. Visiblement, mon apparence ne l avait pas convaincu à cent pour cent de ma nationalité tchèque. Vous êtes tchèque, slovaque ou ruthène? Je compris son hésitation et lui répondis avec un léger sourire : Je suis membre du Parti communiste tchèque, mais je suis émigré politique de Galicie orientale en Pologne. C est étrange, s étonna- t-il, d habitude les émigrés politiques 32

15 À PARIS! JE SUIS INCORPORÉ DANS LE GROUPE POLONAIS ont leurs propres cellules et n entrent pas dans les cellules du Parti communiste tchèque. Cela s est passé différemment dans mon cas. Je dirigeais la section du Gezerd dans la branche des «Amis de la Russie soviétique». Il comprit immédiatement. Après m avoir posé encore quelques questions formalités inévitables de la procédure de recrutement, il m avisa que tout était en règle, puis tout à coup me demanda : À quel groupe voulez- vous appartenir : le tchèque, le polonais ou l ukrainien? Quelle est la différence? Je pense, dit- il, qu il serait mieux de vous inscrire dans le groupe polonais, car vous en parlez évidemment la langue. Vous avez raison, il serait plus pratique pour moi d appartenir au groupe polonais, mais je dois vous dire que je n ai jamais été membre du PC de ce pays, seulement du KPZU, un parti d Ukraine orientale. Cela ne fait rien, les Ukrainiens qui arrivent en Espagne sont aussi affectés à la brigade Dombrowski ou au bataillon Mickiewicz. Les formalités principales achevées, il pressa un bouton et demanda que l on convoque le camarade Alex du groupe polonais. Un instant plus tard, Alex fit son apparition dans la pièce. Bien qu il fût blond avec de grands yeux bleus, je compris tout de suite qu il était juif. Il me salua d une façon solennelle, un peu comique : Cześć towarzyszu 1! Venez avec moi, je vais tout vous expliquer. C était un jeune étudiant de Varsovie, issu d une famille aisée. Ici, à Paris, il était émigré politique et étudiait à la Sorbonne. Il était responsable de la section polonaise, car il connaissait bien d autres langues. Son tchèque était clair, presque parfait, il parlait aussi espagnol et français, en plus, bien sûr, de ses deux langues maternelles. Il prenait très au sérieux le rôle majeur qu on lui avait confié, et avait un air un peu pompeux qui ne collait absolument pas avec son âge. Il me donna l adresse d un petit hôtel, à quelques pas du centre du recrutement. Il me dit qu en principe j avais le droit d habiter où je voulais, mais que ce serait tout de même plus sûr de descendre dans ce petit hôtel dont le propriétaire était membre du PCF, et où l on ne devait pas faire de déclaration 1. «Honneur camarade!» en polonais. 33

16 MA GUERRE D ESPAGNE aux autorités. La France fermait les yeux sur l activité de recrutement pour l Espagne (ce qui allait à l encontre de sa politique de neutralité), mais on ne devait tout de même pas exagérer. Il me donna aussi l adresse d un petit restaurant à côté. Comme vous le voyez, dit- il, tout est à proximité. Nous vous conseillons d ailleurs de ne pas trop vous éloigner, car le départ des combattants espagnols n a pas encore été décidé mais peut avoir lieu à tout instant. Nous souhaitons que vous repassiez toutes les deux heures à l hôtel, on peut y recevoir l ordre de se présenter immédiatement à l endroit du départ. Au début il avait une attitude très formelle et solennelle, mais quand il s aperçut finalement que ce cinéma ne m impressionnait pas, il perdit son affectation et commença à parler avec l enthousiasme de sa jeunesse. Ne perdez pas votre temps. Profitez de votre passage à Paris, c est une ville magnifique. N oubliez pas le Louvre, les galeries d art, les grands musées, l Opéra, les théâtres. Rappelez- vous aussi que les Parisiennes sont les plus belles filles au monde. Cela ne fait rien, vous partez en Espagne pour prendre part à des combats acharnés, vous pouvez quand même goûter aux plaisirs de l existence Tout en parlant, il se transforma en fils de bourgeois et oublia «la mission révolutionnaire» dont il avait été investi. Il m accompagna à l hôtel et repartit aussitôt. C était un petit hôtel typique des quartiers pauvres de Paris qui abritait des travailleurs et des marchands ambulants. Côté rue se trouvait un petit café avec un comptoir et deux ou trois petites tables près du mur. Derrière le comptoir, un homme et sa femme, les propriétaires de l hôtel, comme on en trouve par milliers dans les cafés parisiens. La patronne me conduisit au deuxième étage par un escalier dont les marches gémissantes soulignaient l aspect vétuste du lieu. Nous nous retrouvâmes dans la pénombre, devant une porte. La propriétaire l ouvrit avec une clé grinçante, et nous entrâmes dans la chambre. Il y avait une petite table métallique appuyée contre une armoire de couleur marron ou noire, un lavabo à côté de la fenêtre et un objet que je voyais pour la première fois, un élément indispensable du mobilier hôtelier parisien : un bidet, une bassine en faïence pour se laver. La patronne était très sympathique. Elle me fit savoir que c était 34

17 À PARIS! JE SUIS INCORPORÉ DANS LE GROUPE POLONAIS la plus belle chambre de l hôtel, car ceux qui allaient en Espagne étaient les bienvenus chez elle. Je la remerciai avec le seul mot français que je connaissais à l époque («merci») et, après avoir posé mon petit bagage sur le lit, je descendis au restaurant. Deux tables dans ce petit local bondé étaient réservées aux volontaires espagnols. Je m assis à l une d elles, recouverte de papier huileux, et, à ma grande joie, j y croisai un ami, que j avais connu à l époque où je militais en Galicie. Ce grand garçon aux épaules larges et osseuses et aux gros bras très puissants, un militant dévoué, était l un des plus actifs dans le mouvement. Son corps portait la marque des coups infligés par la police polonaise dans les nombreuses prisons où il avait passé des années. Les épreuves ne l avaient pas privé de son humour. C était un type très joyeux, aux yeux brillants, qui souriait sans cesse. Nous nous saluâmes chaleureusement. Il me dit que le Parti menait en Pologne une campagne de recrutement auprès de ses membres. Il était venu ici clandestinement et avait dû franchir illégalement les frontières. En Suisse il s était fait arrêter et mettre en prison. Cela s appelait prison, mais en réalité c était une pension avec un lit propre, comme dans les meilleurs hôtels, et des repas merveilleux. Si seulement il pouvait y avoir les mêmes conditions dans les hôtels parisiens! En le libérant, la police suisse lui donna quelques francs et le conduisit aux abords de la frontière française. Trois jours passèrent avant que l on nous convoque pour partir. Durant ce laps de temps je profitai pleinement de la capitale française. Je marchais le long de boulevards magnifiques, visitais les ruelles romantiques du vieux Montmartre, les maisonnettes remarquables du Pletsl 1, fréquentais les cafés des artistes à Montparnasse, visitais le quartier des prostituées à Pigalle. Au troisième jour, alors que nous étions au restaurant, le camarade Alex entra. Il me prit à part pour me demander d être le jour même à neuf heures du soir à la gare de Lyon. Il ajouta que je ne devais en parler à personne. Vous êtes, me dit- il, une des rares personnes choisies pour partir en bateau via Marseille à Barcelone. Les autres doivent traverser la frontière à Perpignan. Il me passa un 1. Nom yiddish du quartier juif du Marais. 35

18 MA GUERRE D ESPAGNE peu d argent pour que je fasse mes dernières courses : des rasoirs, des sous- vêtements, un canif et, surtout, des cigarettes. À la gare, je devais acheter un billet pour le rapide Paris- Marseille. Ensuite il devait me récupérer à un endroit convenu pour m emmener au train. À mon retour à l hôtel, l après- midi, je fis ma valise sans oublier ma couverture de laine. À huit heures et demie je pris un taxi pour la gare de Lyon. Il faisait déjà nuit et les lampadaires électriques dispensaient une lueur mystérieuse sur les rues enneigées. À travers les vitres fermées de la voiture, j entendais le brouhaha d une ville animée. J étais collé à la fenêtre, observant la vie de la cité qui se dévoilait à mes regards. Je retrouvai Alex à la gare. Il me fit signe de le suivre et nous sommes montés dans le même wagon. Tout au long du trajet nous n avons pas échangé un mot. Le train traversait des étendues sombres et le bruit des roues nous endormait. Nous arrivâmes à Marseille au milieu de la journée. Deux hommes nous attendaient sur le quai. Ils saluèrent Alex et lui glissèrent un mot à l oreille. Un instant plus tard ils envoyèrent deux autres jeunes gens et une jeune fille à ma rencontre. Les deux garçons avaient l air «intello». Plus tard j appris que l un d entre eux était un Juif venant d Allemagne, l autre, de Pologne. La fille, qui devait avoir entre dix- neuf et vingt ans, était assez laide. Elle semblait, de plus, aigrie et un peu prétentieuse. Tous trois venaient de Palestine où ils vivaient dans des kibboutz, et s étaient portés volontaires pour l Espagne. Une minute plus tard un taxi arriva devant la gare, s arrêtant pile devant nous. De loin Alex me fit un signe d adieu de la tête et m indiqua que nous devions monter dans le taxi. Le chauffeur était un des nôtres. Il savait qu il ne devait poser aucune question. Il ouvrit la portière et d un geste nous invita à prendre place. Ensuite il referma la portière, fit demi- tour et s éloigna rapidement de la gare. Mes camarades de taxi parlaient un hébreu truffé de fautes. Un des deux jeunes avait rejoint la Palestine, faisant partie de l Aliyah dite de Hitler. La fille était une kibboutznik éprouvée, membre du Parti communiste de Palestine, Mifleget Poalim Sotsialistim 1, dont 1. Parti socialiste ouvrier, fondé par une fraction des Poalei Zion de gauche, devenu Parti communiste juif en

19 À PARIS! JE SUIS INCORPORÉ DANS LE GROUPE POLONAIS les Juifs du monde entier utilisaient juste les premiers caractères, MPS. Les membres de ce Parti étaient qualifiés de «mops» 1. Avec sa mine aigrie et son regard antipathique cette fille ressemblait curieusement à un carlin. Le chauffeur louvoya habilement dans les rues de Marseille avant d arriver dans le quartier portuaire, où la mer n était pas encore visible. Il y avait d énormes entrepôts, des rues encombrées de caisses et de bourriches. Des camions circulaient en tous sens, et les cafés étaient fréquentés par une foule de dockers, de matelots de nationalités différentes, gros et osseux, arborant des couvre- chefs bizarres et multicolores. Notre taxi fit un élégant virage dans une rue adjacente puis s arrêta face à un grand restaurant, près d un portail en fonte menant au port. Notre chauffeur nous fit signe de descendre et d attendre à l intérieur. Il faisait des allers et retours, ramenant à chaque voyage un «contingent» d «Espagnols». Dans la journée, il convoya de nombreux jeunes de nationalités différentes, dont quinze Américains, en majorité des Juifs, membres du Parti communiste. Le reste était composé de matelots, vraisemblablement des gars à la dérive. Nous restâmes des heures dans ce restaurant, mangeant et somnolant, nous laissant aller. Je fus attiré par le groupe de jeunes Juifs des États- Unis. Je leur montrai mon accréditation auprès du journal communiste yiddish new- yorkais et la signature d Olgin les impressionna fortement. Ils avaient du respect pour moi, et, à l aide de leur pauvre yiddish américanisé, me firent part de l enthousiasme qu ils avaient de partir en Espagne «combattre pour la cause prolétarienne». Ils allaient faire la révolution comme de véritables touristes, très bien équipés, les poches emplies de cigarettes et de chocolat. Ils emportaient avec eux les meilleures couvertures de laine, des vêtements de qualité, d élégants couteaux de poche mécaniques, des rasoirs, des produits cosmétiques. Tout ce bel attirail était flambant neuf. Quelques- uns possédaient des lorgnettes et des appareils photo. Tous ces garçons, extrêmement sympathiques et dévoués, étaient de fichus idéalistes, à tel point que l on n avait pas l impression qu ils s apprêtaient à mener des combats acharnés et sanglants, mais qu ils partaient en balade. 1. En yiddish, mops signifie «carlin», une race de chien. 37

20 MA GUERRE D ESPAGNE Nous nous liâmes d amitié immédiatement. Ils étaient impressionnés, non seulement par mon accréditation, mais aussi par mon yiddish «littéraire» et ma manière d élucider les problèmes politiques. Ils m invitèrent à me joindre à leur groupe. Il importait peu que je ne parle pas anglais et que je ne puisse communiquer avec les autres Américains, eux, les Juifs, allaient nous servir d interprètes. Ils comptaient traduire chaque mot de ce que je dirais. Ce faisant, un de ces jeunes se pencha sur moi et me dit, en regardant les matelots : Au sein de notre groupe il y a des individus franchement malhonnêtes. Je ne comprends pas comment on a pu les admettre ici et pourquoi on doit les avoir en Espagne. Ils sont issus de la pègre. Certains ont un passé criminel. Je conçois que leurs gros muscles et leur audace puissent être utiles, mais est- ce que vous pensez que l on peut faire la révolution avec les mains sales? Je leur expliquai que je ne pouvais pas me joindre au groupe américain car je faisais déjà partie du groupe polonais, mais je promis de leur faire des conférences sur des sujets politiques variés au cours de notre traversée et je tins promesse. Plus tard, sur le bateau, je leur fis des exposés en yiddish, veillant à ne pas employer de mots compliqués. L un d eux prit des notes et les traduisit en anglais aux matelots aux bras tatoués. À la suite de l arrivée, au restaurant, de nouveaux volontaires, l un des organisateurs nous divisa en groupes selon notre nationalité et désigna un responsable pour chacun. En ce qui me concerne, pendant toute la journée, je suis resté le seul «Polonais». Le soir seulement, le chauffeur en ramena deux autres, jeunes, mais cette fois il ne s agissait pas de «Polonais de la foi de Moïse», mais de vrais «aryens» «certifiés». L un d entre eux était un mineur du Nord de la France, un garçon sympathique au regard sérieux qui s appelait Franek. Sa foi profonde et son fanatisme faisaient penser aux premiers apôtres chrétiens. Il parlait avec une franchise surprenante. Il donnait l impression d être incapable de dire quoi que ce soit déviant même d un iota de la vérité. Au moment de faire connaissance il m avoua immédiatement que bien qu étant bolchevik à cent pour cent, il ne se sentait toutefois pas affranchi d un certain antisémitisme. Ce sentiment avait 38

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