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1 Le numérique Avril 2012

2 ö Saisine õ LE NUMÉRIQUE ö Commission spéciale õ Président Didier MÉCHINEAU Vice-Président Jean-Pierre MAZEL Rapporteur Jacques LÉPINARD

3 SOMMAIRE LE RAPPORT... 7 INTRODUCTION... 9 I) NTIC ET INTERNET A) LE CONTExTE DE DéPLOIEmENT ET L UTILIsATION AUjOURD hui EN FRANCE ET EN AUvERgNE ) Rappel historique a) Les prémices La mémoire Les chiffres L être artificiel b) L informatique moderne Les concepts Le premier calculateur électronique L évolution des composants électroniques L évolution des machines informatiques c) Internet Les navigateurs Les moteurs de recherche Le Web Le cloud computing ou «informatique dans les nuages» ) La problématique des infrastructures ) Équipement et usages des français a) L équipement en France b) Les usages en France Internet est utilisé quotidiennement Communiquer et chercher de l information Faire des achats Les problèmes avec internet Des disparités de 1 à 3 entre pays européens ) Équipement et usages en Auvergne a) L équipement b) Les usages ) Les fossés numériques a) Un fossé générationnel qui a pour résultat l exclusion des seniors b) Un fossé social mettant les personnes à bas revenus en difficulté : exclusion sociale et numérique vont souvent de pair c) Un fossé culturel, moins connu, mais aussi important d) La structure des ménages est un facteur secondaire déterminant : plus un ménage a d enfants, plus il a de chances d utiliser internet B) LE ChANgEmENT ET LA NOUvEAUTé APPORTés PAR LE NUméRIqUE ) Comment l internet transforme-t-il la façon dont on pense a) L internet a changé la façon dont nous décidons b) L internet est devenu un modèle de conception c) L internet nous empêche de le comprendre d) Pour le comprendre, il nous faut inventer une nouvelle science ) La question de l attention devient centrale a) L internet nous rend-il plus attentifs? b) L attention est l alphabétisme du XXI e siècle c) La technologie ne suffit pas : il faut améliorer les savoirs et les savoir-faire ) L internet a-t-il changé notre expérience personnelle et sociale? a) L internet affecte jusqu à notre Moi b) La question de l attention à l heure des interfaces du subconscient c) L internet change la façon dont on vit l expérience d) Le pouvoir de la conversation e) L internet permet une mondialisation intellectuelle f) L internet n a rien changé g) L internet peut tout changer ) Ce qu internet a changé dans notre rapport à la culture a) L avènement de la «culture de l écran» b) La désertion des ondes c) De la culture américaine

4 d) Des équipements culturels toujours aussi fréquentés e) La lecture : grande perdante de l enquête f) L accès à la culture : un effet générationnel et social? ) Lire en numérique sur le web a) L avènement du paradigme du «lecteur profond» b) Le changement de paradigme en cours : le «lecteur de surface» C) LA question DEs DONNéEs ) Données globales-sécurité globale a) L objet : la cyberdéfense b) Le lieu : le cyberespace c) Les menaces : les cyberattaques d) Les formes de cyberattaques ) Données personnelles et sécurité personnelle a) L exemple de Google, leader mondial du ciblage comportemental b) La vie privée est une monnaie c) Toutes vos télécommunications pourront être retenues contre vous d) L interface chaise-clavier D) LA PROBLémATIqUE DE LA mobilité ) Les services mobiles ) Nomadisme et mobilité ) Positionnement par rapport au web fixe ) Technologies de base du mobile a) Terminaux mobiles b) Réseaux sans-fil ) Technologies avancées (via capteurs) a) La géolocalisation b) Les technologies RFID c) Les codes-barres 2D d) La reconnaissance d images II) quels «BéNéFICEs/RIsqUEs» DU NUméRIqUE EN matière sociale? A) LEs TIC CONNECTéEs ET LEs PERsONNEs âgées AU DOmICILE ET/OU EN établissement D ACCUEIL ) La demande de prise en charge personnalisée ) Principaux besoins identifiés et bénéfices possibles a) Le maintien à domicile b) Le besoin de communication c) Le besoin de mobilité d) La stimulation des capacités ) L usage des technologies et les normes sociales ) Les questionnements nécessaires a) Choix et consentement b) Choix et assistance c) Indépendance - souhaitée par tous? d) Gérontechnologies et personnes atteintes de syndromes démentiels e) Surveiller ou alerter? f) Une amélioration mais par rapport à quoi? ) Risques B) LEs TIC CONNECTéEs ET LEs élèves EN établissement D ENsEIgNEmENT ET/OU AU DOmICILE ) Les usages dans les différentes situations d apprentissage a) L animation de la classe b) Les travaux pratiques c) Le travail personnel des élèves d) Le centre de documentation et d information (CDI) ) Eléments statistiques sur les usages a) Du côté des enseignants b) Du côté des élèves ) Le dispositif de l Espace Numérique de Travail - l ENT Auvergne a) Présentation de l ENT b) Chronologie du déploiement de l ENT Auvergne c) L ENT Auvergne en chiffres d) Principaux usages e) Nouveautés techniques survenues en f) Complémentarité de l ENT et des tableaux blancs interactifs (TBI) ) Les manuels numériques a) Définition b) Les fonctionnalités courantes des manuels numériques

5 c) Les fonctionnalités enrichies des manuels numériques d) Les fonctionnalités numériques avancées e) L accessibilité des manuels numériques f) L expérimentation «manuels numériques» menée par le Conseil régional d Auvergne ) Les bénéfices/risques de l utilisation des TIC dans les situations d apprentissage a) L amélioration des résultats b) Mettre en place un nouveau rapport au savoir c) Développer une pédagogie de la motivation d) Donner les outils du sens critique e) Dépasser l opposition entre technophobie et technolâtrie III) quels «BéNéFICEs/RIsqUEs» DU NUméRIqUE EN matière ENvIRONNEmENTALE? A) LEs POINTs visio-public ) Description ) Evaluation quantitative du dispositif et de l offre de services a) Répartition de la fréquentation b) Evolution de la fréquentation par services c) Répartition des communications par département et territoire d) Analyse par structure d implantation de la borne e) Approche qualitative du dispositif et de l offre de services ) Quels bénéfices/risques? B) LE TéLéTRAvAIL ) Définition ) Des bénéfices engendrés par le télétravail en matière environnementale a) Réduction des flux papier b) Réduction des déplacements et des émissions de CO ) qui restent encore difficilement mesurables ) Les freins au développement du télétravail a) Principaux freins de nature juridique et politique b) Principaux freins de nature culturelle et sociale c) Principaux freins liés à l équipement et à la technologie d) Principaux freins liés à l organisation et au management ) Risques en matière sociale a) La peur du risque de fausses déclarations d accidents de travail et sur le non-respect des clauses du contrat de travail et/ou du Code du travail b) Les possibles abus des employeurs peuvent porter sur le non-respect des dispositions de l ANI. 121 c) De possibles abus peuvent provenir de l intrusion de l employeur dans la vie privée de son salarié d) Les possibles «abus partagés» par les employeurs et les employés sont souvent liés à des arrangements amiables et informels ) Bénéfices possibles en matière sociale a) Réduire le stress généré par les transports b) Mieux s organiser et mieux concilier vie familiale et professionnelle c) Flexibilité des horaires d) Récupérer du pouvoir d achat e) Mieux se concentrer sur des tâches exigeantes f) Réduire le stress au travail g) Gagner en reconnaissance C) UN AUTRE DIsPOsITIF RégIONAL : LA CENTRALE DE mobilité ) La centrale de mobilité ) Bénéfices risques de l utilisation d un système d information multimodale a) Bénéfices b) La question de l utilisation des données collectées c) Facteurs limitants L AvIs LEs INTERvENTIONs LEs ANNExEs Annexe 1 : Liste de la Commission Spéciale Annexe 2 : Liste des personnes auditionnées Annexe 3 : Bibliographie Annexe 4 : Liste des sigles Annexe 5 : Glossaire

6 ö LE RAPPORT õ 7

7 Le Rapport INTRODUCTION Le Conseil régional a voté en juin 2011 le Schéma Directeur Territorial d Aménagement Numérique (SDTAN) portant sur les infrastructures à mettre en place en application de la loi relative à la lutte contre la fracture numérique du 17 décembre 2009, le CESER s est prononcé sur ce document le 15 juin 2011 dans son «Avis sur le Projet de Décision Modificative n 1 au Budget Primitif 2011 de la Région». La saisine du CESER par le Président SOUCHON du 22 avril 2011 indique que l enjeu, pour la Région, est de faciliter l appropriation et l usage des outils numériques par l ensemble des citoyens. Pour la Région, il apparaît donc nécessaire que les pouvoirs publics s associent pour mener, en complémentarité des acteurs privés, une politique conjointe de promotion du numérique et c est bien dans cette perspective globale que la région Auvergne conçoit sa politique de développement des usages numériques notamment parce que Internet constitue un moyen fort de répondre aux contraintes de notre territoire rural. Parmi les dimensions mises en avant par l économiste Joseph E. Stiglitz pour appréhender le progrès social, quelques unes sont directement impactées par Internet, notamment la santé, l éducation, le lien social et l environnement, domaines sur lesquels interviennent les politiques numériques régionales. Ainsi le Président demande au CESER son avis sur les liens entre le numérique et l économie d aujourd hui et de demain, tant sur le plan des usages que sur celui des retombées, avec un focus sur l e-environnement, l e-santé et l e-social. La Commission spéciale s est installée le 20 juin 2011 et les auditions commencent sans tarder le 11 juillet 2011 avec Mme Sophie ROGNON en charge de la Mission développement numérique et de Mme Evelyne LEROY, Chargée de mission. L objectif de cette audition était de préciser le périmètre de nos travaux qui apparaissait bien vaste alors que le rendu, en session plénière, était envisagé pour avril 2012, ce qui conduit à terminer les auditions fin décembre Des échanges grâce aux techniques numériques nomades ont permis fin juillet, après validation par le Président de la Région, de mieux cerner la demande. Ainsi il a été convenu que les impacts du numérique en matière de développement économique ont déjà été mesurés et qu il convenait de centrer l étude sur l intégration et le développement du numérique tant sur le plan environnemental que social par une analyse d opportunités et de risques. L économie numérique se trouve ainsi exclue du champ de réflexion ; la question de la télémédecine à proprement parler n est pas non plus incluse dans le périmètre de l étude. Par ailleurs, il a été convenu par la Commission spéciale que le sujet des infrastructures ne serait pas ici directement abordé pour lui-même, mais seulement en ce qu il peut influencer les usages qui restent la problématique centrale retenue pour ce travail. 9

8 Le Rapport Conseil Économique, Social et Environnemental de la Région d Auvergne Enfin, il faut préciser à ce stade que, dans ce travail, les TIC seront étudiées non pas prises isolément et pour elles-mêmes mais en conjonction avec l utilisation connectée, le plus souvent par l utilisation d Internet, de ces mêmes technologies. Ainsi, au delà d une problématique strictement TIC, la première partie de ce travail s attachera principalement à décrire les changements apportés par la connexion au réseau de ces technologies ; les deuxième et troisième parties du travail tenteront de présenter une approche «bénéfices/risques» de l utilisation de ces TIC connectées en matière sociale et environnementale ; la quatrième et dernière partie sera constituée de l Avis du CESER contenant les préconisations. 10

9 Le Rapport I) NTIC ET INTERNET Cette expression de «nouvelles technologies de l information et de la communication» (NTIC), peut sembler aujourd hui anachronique mais est encore pourtant assez largement utilisée. En effet, on peut se demander ce qu il y a de nouveau dans des technologies dont les bases remontent aux années 1970 tant aujourd hui il n en est plus fait mention pour le TGV (qui date de 1981), le téléphone mobile (1997) ou l euro (2001)? Si cette terminologie perdure, n est ce pas justement que ces TIC sont restées «nouvelles» (NTIC) du fait qu elles ont introduit des nouveautés que peu d humains ont été capables d adopter rapidement? Par immobilisme, par méconnaissance parfois, et par peur souvent 1. Ces difficultés perdurent encore aujourd hui à des degrés divers et dans des publics très variés. Avant de s intéresser aux changements apportés par l utilisation des TIC connectées, sera présenté ci-dessous le contexte de déploiement et d utilisation aujourd hui en France et en Auvergne. A) Le contexte de déploiement et l utilisation aujourd hui en France et en Auvergne Un rapide rappel historique permet de resituer le cadre du déploiement de ces technologies et des idées qui y ont conduit au cours du temps. 1) Rappel historique a) Les prémices Il est difficile de mettre un point de départ à une histoire de l informatique 2. Quelle que soit la «machine» à laquelle on fera référence, on arrivera toujours à trouver un automate qui lui aura précédé. Ce qu il faut en tout cas retenir, c est que l ordinateur n est pas sorti un beau jour d un garage californien ou d un laboratoire militaire. Il a été pensé depuis le XVII e siècle et rêvé depuis bien plus longtemps encore. En allant très vite, on peut dire que l humanité cherchait depuis longtemps à atteindre ces trois buts : posséder une mémoire infaillible, augmenter ses possibilités en calcul et créer un être artificiel. 1 - Source : FAURIE Ch., «Ce qu'internet a changé», janvier 2012, disponible à l adresse suivante : 2 - Sources : ;http://www-ipst.u-strasbg.fr/pat/internet/histinfo/rfprj.htm et 11

10 Le Rapport Conseil Économique, Social et Environnemental de la Région d Auvergne 1 - La mémoire Philippe Breton 1 fait remonter le rêve d ordinateur à la Grèce du V e siècle avant J.-C., dans un environnement de traditions orales où les poètes déclament des mythes en les modifiant à chaque nouvelle inspiration. Simonide de Céos avait la réputation de déclamer des odes toujours de la même manière. Convié à la table d un puissant, il commet l erreur de dédier son poème à Castor et Pollux et non au maître des lieux. Vexé, celui-ci le chasse. Simonide s en va et le plafond s écroule sur les convives. Rappelé en hâte, pour reconnaître les corps, il identifie chacun grâce à la place qu il avait à table. Les «Arts de la mémoire» naissent ainsi, en identifiant les corps des morts pour permettre un souvenir éternel. Il est intéressant de noter que les Grecs avaient inventé une technique mnémotechnique qui consistait à associer à chacune des idées une image mentale située dans un espace architectural imaginaire. De manière comparable, à Rome, avec la construction métaphorique de la maison, de la rue puis de la ville, Cicéron affirmait retenir plusieurs milliers de phrases dans son agglomération mentale. Au Moyen-Âge, la mémoire va devenir une véritable discipline mentale. Moins risquée que l écriture, la mnémotechnique va permettre de conserver ce qu on n ose pas écrire ou diffuser. Léonard de Vinci, Galilée, Pascal et bien d autres auront recours à l art de la mémoire pour faire avancer leurs travaux. 2 - Les chiffres Si l humanité n a pas toujours écrit, elle a eu besoin très tôt de dénombrer, de mesurer et enfin de calculer. Très vite les possibilités humaines ont été battues en brèche par les besoins en calcul. Et l humanité n a eu de cesse de tenter de seconder ses propres capacités en inventant des techniques opératoires, des outils et finalement des machines. Vers 1623, Wilhem Schickard ( ) de l université de Tübingen construit l horloge à calcul : une machine à roues dentées qui «calcule à partir de nombres donnés d une manière instantanée et automatique, car elle ajoute et retranche, multiplie et divise». Malheureusement, la machine de Schickard est détruite dans un incendie. Il est donc probable que le clermontois Blaise Pascal ( ) n en ait pas entendu parler quand il passe pour l inventeur de la première machine à calculer avec la Pascaline en 1641 pour laquelle il écrit : «La machine arithmétique fait des effets qui approchent plus de la pensée que tout ce que font les animaux : mais elle ne fait rien qui puisse faire dire qu elle a de la volonté, comme les animaux.» Gottfried Wilhem Leibnitz ( ) perfectionna cette machine en S il a agi par conviction scientifique, il était aussi animé d un souci économique : «Il est indigne d hommes éminents de perdre des heures comme esclaves dans le travail de calcul qui pourrait sûrement être confié à n importe qui, si des machines étaient utilisées». 1 - BRETON P., Une histoire de l informatique, 1990, Seuil. 12

11 Le Rapport A partir de 1840, en s inspirant du métier à tisser Jacquard ( ), Charles Babbage ( ), un grand mathématicien anglais, inventa la machine à différences qu on peut considérer être le premier ordinateur mécanique. Il fut rejoint par Ada Lovelace pour la mise au point de l étape suivante, la machine analytique qui n a malheureusement jamais fonctionné. Pour sa part, Ada Lovelace ( ) a écrit une suite d instructions permettant à cette machine de calculer les nombres de la suite de Bernoulli. Ce canevas est considéré aujourd hui comme le premier algorithme. 3 - L être artificiel Les mythes concernant les créatures artificielles sont nombreux et se retrouvent dans de nombreuses cultures : statues animées par les Dieux, Golem dans la mystique juive, etc. On apprend dans les Confessions de S t Augustin que le philosophe scolastique bavarois Albertus Magnus ( ) aurait travaillé pendant trente ans sur une «tête parlante» qui pouvait répondre à des questions et résoudre des problèmes. La nouvelle conception des êtres humains développée au XVII e et XVIII e siècle en France par Descartes ( ) et surtout La Mettrie ( ) permet de décrire les êtres humains comme des automates. Descartes avait d ailleurs construit un lui-même qu il appelait sa fille Francine, en souvenir de la fille qu il avait perdue. En 1738, le joueur de flûte de Vaucanson rencontre un immense succès. D autres automates, parmi lesquels le Canard Digérateur, vont confirmer sa renommée comme bio-mécanicien, c est-à-dire quelqu un capable de simuler les fonctions vitales à l aide de mécaniques. En effet, le canard était capable de manger et de déféquer : le public était émerveillé par cette machine capable de digérer, principe universel que l alchimie supposait être à l origine de nombreux phénomènes naturels et vivants. b) L informatique moderne L informatique largement diffusée aujourd hui résulte de plusieurs avancées conceptuelles et technologiques. 1 - Les concepts En 1936, Alan TURING propose un concept qui permettrait à une machine d interpréter un code et donc d effectuer des calculs de type différents, mais ce qu on appelle la machine de Turing n est alors qu un modèle théorique qui sera, néanmoins, la base du développement informatique. En 1945, John von NEUMANN définit les structures des ordinateurs à «programme enregistré» dans un rapport sur le futur ordinateur EDVAC (Electronic Discrete Variable Automatic Computer). L architecture de Von Neumann, qui est encore d usage dans les ordinateurs actuels, est composée d une unité centrale ou processeur qui séquence les différentes étapes du traitement et d unités périphériques assurant les calculs, la mémorisation et la gestion des entrées-sorties du système. 13

12 Le Rapport Conseil Économique, Social et Environnemental de la Région d Auvergne Le mot «informatique» sera créé en 1962 par Philippe DREYFUS pour désigner la nouvelle discipline scientifique et technique : littéralement, l automatique (-matique) de l information (infor-) et donc l automatisation du traitement de l information. D un point de vue technologique les évolutions sont exponentielles. 2 - Le premier calculateur électronique En 1946, l ENIAC (Electronic Numerical Integrator And Computer), le premier ordinateur programmable est présenté à l université de Pennsylvanie. Il n utilise pas les dernières avancées théoriques car le traitement mis en œuvre dépend du câblage physique entre les composants. La machine pèse 30 tonnes, comprend tubes électroniques, 1500 relais et consomme 174 kw ; c est le premier calculateur à base d éléments électroniques. L ENIAC pouvait réaliser 5000 additions, 350 multiplications ou 50 divisions par seconde! 3 - L évolution des composants électroniques En 1947, trois ingénieurs des laboratoires Bell, John Bardeen, Walter Brattain et William Schockley, qui obtiendront le prix Nobel de physique en 1956, inventent le transistor. Le dispositif permet de détecter et d amplifier les courants électriques. En 1959, un brevet protège la réalisation de circuits intégrés, c est-à-dire la possibilité de graver plusieurs transistors sur une plaquette de silicium. Cette intégration n a pas cessée, aujourd hui les circuits les plus complexes comprennent près de 1 milliard de transistor. En 1971 est commercialisé, par INTEL, le premier microprocesseur qui est la première unité centrale intégrée, elle remplace les premières unités centrales à semiconducteurs réalisées avec des transistors et des composants discrets. Les mémoires à semi-conducteurs connaissent un développement exponentiel de leur capacité, au point qu aujourd hui toute la musique de Mozart tient sur une clé USB! C est le vrai point de départ des solutions numériques pour le traitement de l information. 4 - L évolution des machines informatiques En 1951 est commercialisé l UNIVAC utilisant les transistors et mettant en œuvre les théories de TURING et de Von NEUMANN. Tout d abord se développe de grands systèmes centralisés pour les besoins de l industrie et des services, puis des miniordinateurs (par ex le PDP8) contribuent à une plus large diffusion dans ces secteurs. En 1971, Macintosh commercialise l Apple I pour un public passionné par ces nouvelles technologies. En 1981, IBM lance l ordinateur personnel -le PC (personal computer)- avec une architecture standardisée garantissant une compatibilité ascendante et permettant une large diffusion, l ordinateur est désormais accessible aux particuliers. Par ailleurs les logiciels (OS ou operating system) assurant le fonctionnant de base de la machine se développent. Les applications nécessitent des logiciels spécifiques à chaque domaine. 14

13 Le Rapport En 1984, avec le Macintosh, Apple fait une nouvelle percée en diffusant la souris et l interface graphique. L ordinateur n est plus un outil de spécialiste mais un ordinateur pour tous. Microsoft Windows sort en 1985, c est un environnement graphique mais il faut attendre sa version 3 en 1990 pour qu il rencontre un réel succès. Un jeune étudiant finlandais nommé Linus Torvalds crée en 1991 un système d exploitation appelé Linux qui est considéré comme une alternative aux systèmes propriétaires, en particulier à Microsoft Windows qui est aujourd hui la plate-forme la plus utilisée. c) Internet Le premier pas fut fait en 1969 avec le projet ARPANET lancé par l Advanced Research Projects Agency (ARPA) une des agences du département de la défense américaine. L idée est de permettre à l armée et aux organismes de recherche de mettre en commun leurs informations. La structure d ARPANET est volontairement distribuée (plusieurs serveurs en différents endroits qui gèrent chacun une partie de la distribution de l information). Dans le contexte de guerre froide, l idée est de garantir l échange d information, même en cas de destruction d un ou plusieurs nœuds du réseau. En 1973, la Defense Advanced Project Agency lance un nouveau projet dénommé Internetting Project. Le principe est d étudier les modalités de connexion de plusieurs réseaux. Mais pour que l interconnexion soit efficace, il faut disposer d un protocole d échange standardisé d informations. En 1974, l élaboration du TCP/IP (Transmission Control Protocol/Internet Protocol) constitue une étape fondamentale qui peut être considérée comme la véritable première naissance d Internet tel que nous le connaissons aujourd hui. Il a été mis au point par Robert Kahn et Vinton Cerf. TCP/IP est toujours utilisé et permet l échange d informations quel que soit le format du fichier et quel que soit l ordinateur impliqué dans le transfert. En 1985, la National Science Foundation (NSF) crée son propre réseau, NSFNET, permettant aux universités américaines de se connecter à distance à cinq supercalculateurs. De plus, NSFNET est interconnecté avec ARPANET. Cette date est doublement significative. D abord elle marque la prise en compte par l administration américaine de l intérêt que peut représenter pour l enseignement et la recherche une interconnexion d ordinateurs. Ensuite, elle correspond à une appropriation du concept d Internet par les universitaires. Au CERN (Centre d Etudes et de Recherche Nucléaire) de Genève, Tim Berners-Lee conçoit en 1990 un protocole permettant de naviguer sur des serveurs d information en hypertexte (technique qui existait déjà dans l univers Macintosh). C est la naissance du concept de World Wide Web, un chaînage d informations présentes sur différents serveurs n importe où dans le monde Bien que reposent sur des solutions techniques et une architecture différente, l apparition dans notre pays en 1982 du Minitel (dont les services s arrêteront définitivement en juin 2012) représenta une forme de première pédagogie de la future utilisation des réseaux et des TIC connectées. 15

14 Le Rapport Conseil Économique, Social et Environnemental de la Région d Auvergne 1 - Les navigateurs Jusque là, Internet est encore un outil pour spécialistes, scientifiques, professionnels. Il manquait une application conviviale pour qu il puisse faire la conquête du grand public. Elle fut mise au point en 1993 par Marc Andreessen et s appelle Mosaic. C est un logiciel particulièrement convivial permettant de naviguer sur le Web (et d accéder aux autres fonctionnalités d Internet). Il est possibled afficher sur une même page du texte et des images. Peu de temps après, Marc Andreessen et Jim Clark reprennent les principes de Mosaic et développent un meilleur logiciel de navigation au sein d une nouvelle société : Netscape Communications. L interface graphique de Mosaic devint rapidement plus populaire que Gopher, autre solution qui à l époque était essentiellement du texte, et le web devint l utilisation préférée d Internet. Mosaic fut supplanté en 1994 par Netscape Navigator, qui devint en quelques mois le navigateur le plus populaire au monde. Depuis, la concurrence avec Internet Explorer de Microsoft l a évincé. Des anciens de Netscape développèrent Mozilla puis Firefox. Les deux principaux navigateurs actuels sont Firefox et Internet Explorer, même si on note la présence d autres acteurs dont, par exemple, Safari, Opera ou Chrome. En France, on peut dater de 1994, date d apparition du premier fournisseur d accès français (FranceNet), le début de l essor de l utilisation de ces technologies 2 - Les moteurs de recherche Avec le développement du Web, des moteurs de recherche et des répertoires Internet furent créés pour permettre de trouver des informations parmi les pages Web. Le premier moteur de recherche sur Internet permettant de chercher dans le corps des pages Web fut WebCrawler en Avant lui, les recherches ne s effectuaient que sur les titres des pages. Un autre moteur de recherche fut créé en 1993 en tant que projet universitaire : Lycos. Il était alors un des premiers succès commerciaux. En janvier 1999, Google référençait plus de 60 millions de pages, 1000 milliards en 2008 et la croissance continue depuis, même si la vraie avancée ne se fit pas tant en termes de taille de base de données, que sur le classement en degré de pertinence, les méthodes avec lesquelles les moteurs de recherche essayent d ordonner les résultats de telle sorte que le meilleur soit en premier. Ces algorithmes de classification n ont pas cessé de s améliorer depuis 1996, lorsque cela devint critique à cause de la croissance rapide de la toile qui rendit toute recherche fastidieuse par le nombre important de résultats renvoyés. En 2006, les méthodes d ordonnancement sont plus importantes que jamais, étant donné que parcourir une liste entière de résultats est non seulement peu commode mais humainement impossible, en effet les pages traitant de sujets populaires apparaissent sur la toile trop vite pour que n importe qui puisse les lire toutes. La méthode PageRank de Google pour l ordonnancement des résultats est celle qui a reçu les meilleures critiques, cependant tous les grands moteurs de recherche affinent continuellement leurs méthodes afin d améliorer le classement des résultats. 16

15 Le Rapport Il n en reste pas moins que la position aujourd hui hégémonique détenue par Google en matière de moteur de recherches ne va pas sans poser de problème 1. On peut voir ci-dessous, à titre d illustration, la répartition des utilisations de moteur de recherche en 2008 dans notre pays 2 (la part de Google a encore augmenté depuis). Utilisation des moteurs de recherche en France en 2008 Le World Wide Web a répandu une culture de la publication personnelle et aussi coopérative. Du récit au jour le jour d un blog, à la mise en ligne de photos sur Flickr, en passant par l encyclopédie libre de Wikipedia tout est le résultat de la facilité grandissante de création d un site Internet public. De plus, les communications via Internet ont été facilitées par l apparition de services téléphoniques VOIP 3 tels que Skype. La demande d accessibilité à des contenus à complexité de plus en plus grande a conduit à la mise à disposition sur la toile de médias de toutes formes, comprenant ceux que l on trouvait au format traditionnel (journaux, radio, télévision et films). La structure poste à poste d Internet, plus connue sous le dénominatif anglais de Peer-to-Peer, abrégé P2P, a aussi influencé les théories sociales et économiques de la propriété intellectuelle, essentiellement en permettant la montée en puissance du transfert de fichiers. La tendance depuis 2004 est l apparition d applications web 2.0 pour lesquelles l internaute joue un rôle participatif. 3 - Le Web 2.0 Avec l apparition du Web 2.0 de nouvelles formes de sites Internet sont apparus. Les sites où l on échange principalement avec ses proches sont les réseaux sociaux. 1 - Source : Article «Polémique sur la neutralité du moteur de recherche de Google», Le Monde du 17 janvier Source : 3 - La voix sur IP, ou «VoIP» pour Voice over IP, est une technique qui permet de communiquer par la voix sur des réseaux compatibles IP, qu'il s'agisse de réseaux privés ou d'internet (on peut «téléphoner sur Internet»). 17

16 Le Rapport Conseil Économique, Social et Environnemental de la Région d Auvergne Selon une définition commune 1, les réseaux sociaux sont des applications Internet, généralement sous forme de sites Web, qui permettent de relier amis, relations professionnelles ou visiteurs, d échanger messages et documents, de participer à des communautés en ligne plus ou moins informelles. Les généralistes les plus connus sont Facebook et Twitter qui sont aujourd hui les plus utilisés dans la sphère personnelle et Viadeo ou LinkedIn dans la sphère professionnelle. D autres réseaux spécialisés et participatifs existent comme FlickR pour la publication de photos par exemple. On peut retenir de cela que l individu d aujourd hui peut devenir acteur de l information et non plus simple spectateur à travers le Web 2.0 qui englobe l ensemble des techniques qui vont permettre à ces utilisateurs de collaborer, de se regrouper, de s exprimer et de trouver une information pertinente sur le web. Le terme qui définit une collaboration entre usagers est le «User Generated Contents» ou «contenus générés par les utilisateurs». Ce sont des contenus de nature variée créés ou partagés par les internautes : vidéo, audio, photos, blogs, sites personnels, wiki, podcasts. Chacun est donc à même de créer du contenu et de le diffuser directement à un moindre coût parmi les autres utilisateurs. Ce terme est aussi générique et englobe d autres notions importantes comme les wikis ou blogs, supports de cette diffusion. Ainsi, l Internet qui, à ses débuts, n avait qu un rôle informatif et passif, a vu ce rapport se modifier grâce à ces contenus générés par les utilisateurs et a révolutionné au sens large de la relation des usagers vis à vis de l information. 4 - Le cloud computing ou «informatique dans les nuages» Dernière mutation en date, on parle aujourd hui de l évolution vers le «cloud computing». Cet anglicisme désigne l exploitation de ressources informatiques distantes permettant d exploiter des services en ligne à la demande. Le cloud computing est un concept qui consiste à déporter sur des serveurs distants des stockages et des traitements informatiques traditionnellement localisés sur des serveurs locaux ou sur le poste de l utilisateur. Plus précisément selon le NIST (National Institute of Standards and Technology), le cloud computing est l accès via le réseau, à la demande et en libre-service à des ressources informatiques virtualisées et mutualisées 2. Bien que l anglicisme cloud computing soit largement utilisé en français, on rencontre également les francisations informatique virtuelle, informatique dans les nuages, informatique en nuage, informatique dématérialisée, ou encore infonuagique. En France, la commission générale de terminologie et de néologie précise que l informatique en nuage est une forme particulière de gérance de l informatique, puisque l emplacement des données dans le nuage n est pas porté à la connaissance des clients. 1 - Source : 2 - Compilation de définitions recensées sur wikipédia. 18

17 Le Rapport Les utilisateurs ou les entreprises ne sont plus gérants de leurs serveurs informatiques mais peuvent ainsi accéder de manière évolutive à de nombreux services en ligne sans avoir à gérer l infrastructure sous-jacente, souvent complexe. Les applications et les données ne se trouvent plus sur l ordinateur local, mais métaphoriquement parlant dans un nuage («cloud») composé d un certain nombre de serveurs distants interconnectés au moyen d une excellente bande passante indispensable à la fluidité du système. L accès au service se fait par une application standard facilement disponible, la plupart du temps un navigateur Web. 2) La problématique des infrastructures Même s il a été convenu par la Commission spéciale chargée de cette étude que le sujet des infrastructures ne serait pas directement abordé pour lui-même, ou seulement en ce qu il peut influencer les usages qui restent la problématique centrale retenue pour ce travail, il est indispensable de présenter rapidement l état de la question autour ce thème des infrastructures tant il est vrai qu il ne saurait y avoir de TIC connectées si les supports physiques de ces connexions n existaient pas. Il ne sera pas fait ici état des différences techniques entre RTC, ADSL, fibre optique, Internet par satellite qui sont toutes des possibilités pour se connecter à Internet, il faut simplement retenir qu existent avec elles de nombreuses techniques offrant un débit plus ou moins élevé ; les usages qui peuvent ensuite ou non être faits sont pour partie dépendants de ce débit. Un point particulier sera néanmoins consacré à la fibre optique qui est l infrastructure privilégiée dans le SDTAN du Conseil régional d Auvergne. Le Schéma Directeur Territorial de l Aménagement Numérique (SDTAN), tel qu instauré par la Loi relative à la lutte contre la fracture numérique du 17 décembre 2009, dresse un diagnostic de la couverture en haut et en très haut débit de l Auvergne pour les professionnels ainsi que pour le grand public 1. Il décrit par ailleurs les actions entreprises et à engager sur le territoire auvergnat en vue de favoriser le déploiement du Haut et du Très Haut Débit en concertation étroite avec les opérateurs privés et en cohérence avec les Réseaux d Initiative Publique existants en Auvergne et plus largement dans le Massif Central. Le SDTAN Auvergne s inscrit dans le cadre de la circulaire du Premier Ministre en date du 30 juillet 2009 et du Programme National Très Haut Débit en date du 14 juin Ce dernier fixe un objectif de 100 % de la population française desservie en Très Haut Débit à horizon 2025 (avec un point de passage intermédiaire de 70 % de la population desservie en 2020). Il est assorti de financements spécifiques (le Fonds pour la Société Numérique (FSN) dans un premier temps et le Fonds d Aménagement Numérique du Territoire (FANT) ultérieurement). Le SDTAN Auvergne prend également en considération les nombreuses décisions et recommandations qui ont été publiées par l ARCEP. 1 - Source : SDTAN-Compilation : pp

18 Le Rapport Conseil Économique, Social et Environnemental de la Région d Auvergne Le SDTAN est le fruit de deux ans et demi d un travail de concertation associant le Conseil régional, l État, les quatre Départements et les six Communautés d Agglomération de l Auvergne avec le soutien de la Caisse des Dépôts et Consignations ainsi que de l Europe. Forts d une première initiative publique régionale associant la Région et les quatre Départements de l Auvergne avec le soutien de l Etat et de l Europe en vue de la résorption des zones non desservies par le haut débit, ces mêmes acteurs rejoints par les 6 communautés d agglomération de l Auvergne avaient souhaité engager dès 2008 les études en vue du déploiement du très haut débit. L objectif fixé était de garantir une action cohérente en vue d un aménagement équilibré de l ensemble du territoire en évitant une fracture numérique. Le SDTAN Auvergne, qui est issu de ces études et qui est porté par le Conseil régional Auvergne conformément aux principes de l article L du Code Général des Collectivités Territoriales, a été approuvé par les Assemblées délibérantes des 11 collectivités réunies entre mai et juillet Il est notamment accessible via le site Internet de l ARCEP. Il a vocation a être largement diffusé et partagé avec l ensemble des acteurs publics auvergnats au premier rang desquels les communes et les EPCI ainsi que les gestionnaires d infrastructures et de réseaux, notamment ceux intervenant par délégation des collectivités. Il permettra également de poursuivre les échanges indispensables avec la sphère privée, naturellement avec les opérateurs de communications électroniques et plus largement les acteurs pouvant avoir un impact sur l aménagement numérique (par exemple les promoteurs, bailleurs, syndics, etc.). Si l éligibilité à 512 Kb/s est atteinte à 100 % depuis 2009 suite à l action combinée du contrat de partenariat Auvergne Haut Débit (déploiement achevé fin mars 2009) et du dispositif de financement des paraboles satellite par le Conseil régional et les quatre Conseils généraux auvergnats, les besoins des utilisateurs continuent d augmenter rapidement : Les entreprises, les administrations : Intranet, Extranet, transfert fichiers, multisites, temps réel, besoins de sécurité et de fiabilité accrus, symétrie des flux, Le grand public : triple-play multipostes, jeux en ligne, télétravail, télémédecine (maintien à domicile, hospitalisation à domicile), formation à distance, e-commerce... Le SDTAN auvergnat est fondé sur le principe du «bon débit au bon moment au bon endroit» dans un souci de cohérence notamment avec les grands schémas de développement (SRDE, SRPA, PRDF, SRADDT, Agenda 21, etc.) et d équilibre des territoires pour garantir leur attractivité et leur compétitivité. A cette fin, il prévoit un certain nombre d actions ci-après listées et décrites dans la version intégrale du SDTAN Auvergne : Suivre de près les déploiements effectifs des opérateurs privés : un comité de suivi des intentions d investissement des opérateurs est spécifiquement instauré et concerne le périmètre des 6 Communautés d Agglomération et des communes de Riom et Saint-Flour ; 20

19 Le Rapport Expérimenter le FTTH (Fiber To The Home - fibre optique au domicile) en zone moyennement dense (Issoire) : l objectif de l expérimentation vise à mettre en œuvre, en condition réelle tout en restant à une échelle géographique limitée, les pré requis techniques et économiques du déploiement d un réseau FTTH construit par la puissance publique et mutualisé entre les opérateurs privés dans une zone qualifiée de moyennement dense et où le secteur privé n a pas annoncé d intention de d investissement ; Aider à la réflexion des collectivités territoriales dans l opportunité de pose d infrastructures dans le cadre de travaux programmés et anticiper les impacts du SDTAN dans l élaboration des documents d urbanisme (SCOT, PLU, cartes communales, etc.), dans les règlements de voierie, etc. Lancer une procédure de consultation permettant de déployer progressivement le Haut et le Très Haut Débit sur le territoire auvergnat en complément de l initiative privée (intentions d investissement) et engager les réflexions quant à la future structure de portage du Réseau d Initiative Publique (RIP). Dans ce cadre, le SDTAN Auvergne a défini le périmètre pour le futur RIP autour des deux axes suivants : Axe 1 : «Offres professionnelles à Très Haut Débit» Déployer le Très Haut Débit dans les zones où il n est pas encore disponible (40 ZAE priorisées par les partenaires sur 36 communes), Renforcer la concurrence sur les zones où il est disponible à tarif élevé (68 ZAE priorisées par les partenaires sur 39 communes). Fibrer les sites prioritaires (Éducation, Enseignement, Santé, entreprises hors ZAE.). Les déploiements publics prévus au titre de l axe 1 dans le cadre du présent SDTAN ne concerneront pas le périmètre de Clermont Communauté étant donné l existence d une Délégation de Service Public ayant le même objet. Axe 2 «THD grand public» Améliorer les réseaux Haut et Très Haut Débit pour passer au plus vite de 59 % des lignes aujourd hui éligibles au triple play multipostes (Internet, téléphonie et TV sur le même accès) à 100 % toutes technologies confondues : en privilégiant autant que possible la fibre optique au domicile (FTTH) au minimum pour 70 % de la population en 2025 (78 % dans les modélisations actuelles du SDTAN dans l hypothèse d une réalisation totale des intentions d investissement des opérateurs privés) ; en garantissant, au plus tard à l issue de la phase 1 ( ), l accès de tous les foyers auvergnats à un débit minimum de 2 Mb/s. Favoriser le développement de la concurrence pour étendre la couverture réelle des services Triple-Play et diversifier le choix des offres à destination du grand public. La couverture Haut et Très Haut Débit visée en complémentarité secteur privé / secteur public à l échelle de l Auvergne dans l hypothèse d une défaillance de 10 % des opérateurs par rapport à leurs intentions d investissement. 21

20 Le Rapport Conseil Économique, Social et Environnemental de la Région d Auvergne Le tableau ci-dessous montre le phasage retenu Il est à noter que lors de la cérémonie des vœux de l ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes), le 18 janvier 2012, Eric Besson, Ministre chargé de l Economie numérique, a annoncé que l Etat allait soutenir les projets de réseaux d initiative publique (RIP) de cinq premiers départements, pour un montant total de 50 millions d euros. Cette mesure est prise dans le cadre de l ouverture du guichet unique de 900 millions d euros prévu pour soutenir le démarrage des projets. Les départements en question sont la Manche, qui recevra jusqu à 15 millions d euros, et les quatre départements d Auvergne, l Allier, le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme, qui recevront jusqu à 35 millions d euros. Le ministre a par ailleurs rappelé que son objectif pour 2012 était de faire bénéficier douze départements ou régions de ce soutien 1. 3) Équipement et usages des français a) L équipement en France Afin de décrire l équipement numérique de nos concitoyens, il sera fait ici appel aux résultats de l étude de l INSEE «Deux ménages sur trois disposent d internet chez eux» parue en mars Un peu plus de 64 % des ménages déclarent avoir un accès à Internet à leur domicile en 2010 contre 56 % en 2008 et seulement 12 % en Lorsque le ménage a Internet à domicile, son accès est neuf fois sur dix un accès haut débit. Les plus jeunes sont les plus équipés: le taux d équipement, égal ou supérieur à 75 % jusqu à 60 ans, tombe sous les 50 % entre60 et 74 ans et n est plus que de 8 % à partir de 75 ans (voir le tableau ci-après). 1 - Source : 2 - Source INSEE Première n 1340, «Deux ménages sur trois disposent d internet chez eux», mars 2011, pp

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