LESPÉCIALISTE CURIEUX ET TENACES : ils font avancer la médecine LE MAGAZINE DE LA FÉDÉRATION DES MÉDECINS SPÉCIALISTES DU QUÉBEC

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1 LESPÉCIALISTE LE MAGAZINE DE LA FÉDÉRATION DES MÉDECINS SPÉCIALISTES DU QUÉBEC Vol. 15 Mars 2013 CURIEUX ET TENACES : ils font avancer la médecine AVANTAGES FISCAUX DU DON PLANIFIÉ Voir texte p. 34

2 Offre exclusive aux médecins spécialistes PUBLICITÉ PLEINE PAGE Une offre à la hauteur de votre réussite Desjardins est fier d être partenaire de la Fédération des médecins spécialistes du Québec et d offrir à ses membres une offre exclusive leur permettant de profiter, entre autres, des avantages suivants : Desjardins Forfait transactionnel complet à 125 $/année incluant : Jusqu à cinq comptes avec transactions illimitées, soit un compte principal avec une gamme complète d avantages, deux comptes additionnels en dollars CA, un compte en dollars US et un compte entreprise Une carte Visa* Desjardins OR Odyssée MD ou Platine, au choix, et une carte supplémentaire sur le même compte, incluant le programme de récompenses BONIDOLLARS MD Avec les BONIDOLLARS, c est comme vous voulez. En effet, vos BONIDOLLARS n expirent jamais et vous êtes libre de les échanger en tout temps contre des voyages, des billets de spectacle, des produits et des services financiers Desjardins et plus encore. N attendez plus! Rencontrez un conseiller en caisse ou un directeur de comptes dans un point de service Desjardins Entreprises et profitez de cette offre dès maintenant CAISSES desjardins.com/fmsq Détails et conditions sur desjardins.com/fmsq. * Visa / Fédération des caisses Desjardins du Québec, usager autorisé. MD Odyssée et BONIDOLLARS sont des marques déposées de la Fédération des caisses Desjardins du Québec.

3 Reconnaître et déclarer les effets indésirables graves et inattendus Santé Canada Aider à améliorer l utilisation sécuritaire des produits de santé pour vos patients en déclarant un effet indésirable à Santé Canada. Votre déclaration peut contribuer à identifier des effets indésirables graves ou rares qui n avaient pas été observés auparavant et modifier les renseignements sur l innocuité des produits. Il y a trois façons de déclarer : En ligne, à Par téléphone, au En complétant un formulaire de déclaration des effets indésirables et en l envoyant par courrier affranchi ou par télécopieur, au Pour être informé sur les mises à jour en matière d innocuité des produits de santé : Avis et retraits Fils RSS de MedEffet Canada Avis électronique MedEffet Bulletin canadien des effets indésirables Consultez MedEffet MC Canada Ensemble, nous pouvons améliorer l innocuité des produits de santé

4 Bouger, ça rapporte! Allégez le taux de votre marge de crédit hypothécaire de 0,5 %. MC Passez à RBC et perdez 0,5 % en un instant, et économisez. Nous assumerons même vos frais de transfert*. Passez à la marge de crédit Marge Proprio RBC à 3,5 % (taux préférentiel + 0,5 %). Vous pourriez économiser jusqu à $ en intérêts. Offrez-vous un taux santé dès aujourd hui. Visitez l une de nos succursales ou communiquez dès aujourd hui avec le conseiller en prêts hypothécaires RBC Banque Royale de votre région * Nous paierons les frais d assurance titres de base, les frais d ouverture de dossier et une seule fois les frais de quittance (jusqu à concurrence de 300 $). L offre exclut les frais sur remboursement anticipé que vous devrez peut-être payer. Le décaissement doit être d au moins $. Les économies sont fondées sur une marge de crédit garantie de $, les intérêts étant payés sur 10 ans, en comparant un taux d intérêt annuel de 3,5 % à un taux de 4,0 %. Le taux d intérêt fluctuera en fonction du taux préférentiel et est sujet à changement en tout temps sans préavis. Le taux entre en vigueur le 10 février Ce produit est offert par la Banque Royale du Canada sous réserve de ses critères de crédit standard. / MC Marque(s) de commerce de la Banque Royale du Canada. RBC et Banque Royale sont des marques déposées de la Banque Royale du Canada (03/2012)

5 SOMMAIRE Le Spécialiste est publié quatre fois par année par la Fédération des médecins spécialistes du Québec. COMITÉ ÉDITORIAL D r Bernard Bissonnette D r Raynald Ferland M e Sylvain Bellavance Nicole Pelletier, ARP Patricia Kéroack ÉDITRICE DÉLÉGUÉE Nicole Pelletier, ARP, directrice Affaires publiques et Communications RESPONSABLE DE L ÉDITION Patricia Kéroack, conseillère en communication RÉVISION Angèle L Heureux Isabelle Boucher GRAPHISME Dominic Armand PUBLICITÉ France Cadieux IMPRESSION Impart Litho TIRAGE exemplaires POUR NOUS JOINDRE RÉDACTION PUBLICITÉ magazinelespecialiste.com Fédération des médecins spécialistes du Québec 2, Complexe Desjardins, porte 3000 C.P. 216, succ. Desjardins Montréal (Québec) H5B 1G POSTE-PUBLICATION Contrat de vente DÉPÔT LÉGAL 1 er trimestre 2013 Bibliothèque nationale du Québec ISSN La Fédération des médecins spécialistes du Québec a pour mission de défendre et de promouvoir les intérêts des médecins spécialistes membres des associations affiliées, sur le plan économique, professionnel, scientifique et social. La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe les spécia lités suivantes : anatomopathologie ; anesthésiologie ; biochimie médicale ; cardiologie (adulte ou pédiatrique) ; chirurgie cardiaque ; chirurgie colorectale ; chirurgie générale ; chirurgie générale oncologique ; chirurgie générale pédia trique ; chirurgie orthopédique ; chirurgie plastique ; chirurgie thoracique ; chirurgie vasculaire ; dermatologie ; endocrinologie et métabolisme ; gastro-entérologie ; génétique médicale ; gériatrie ; hématologie ; hématologie/ oncologie pédiatrique ; immunologie clinique et allergie ; maladies infectieuses ; médecine communautaire ; médecine d urgence ; médecine d urgence pédiatrique ; médecine de l adolescence ; médecine de soins intensifs (adulte ou pédiatrique) ; médecine du travail ; médecine interne ; médecine maternelle et fœtale ; médecine néonatale et périnatale ; médecine nucléaire ; médecine physique et réadaptation ; microbiologie médicale ; néphrologie ; neurochirurgie ; neurologie ; neuropathologie ; obstétrique et gynécologie ; oncologie gynécologique ; oncologie médicale ; ophtalmologie ; oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervicofaciale ; pathologie générale ; pathologie hématologique ; pathologie judiciaire ; pédiatrie ; pneumologie (adulte ou pédiatrique) ; psychia trie ; radio-oncologie ; radiologie diagnostique ; rhumatologie et urologie. Toutes les annonces de produits pharmaceutiques sur ordonnance ont été approuvées par le Conseil consultatif de publicité pharmaceutique. Les articles portant signature n engagent que leur auteur. Tous droits réservés. Le contenu ne peut être reproduit sans l autorisation écrite de l éditeur. LES ANNONCEURS DE CETTE ÉDITION : Desjardins 2 Santé Canada 3 RBC Banque Royale 4 Financière des professionnels 6 Four Points Centre de congrès de Lévis 9 Congrès canadien sur la santé respiratoire 11 Telus 14 La Personnelle 20 Cardiologie interventionnelle 23 Sogemec Assurances 36 Groupe Conseil Multi-D 40 7 LE MOT DU PRÉSIDENT Des cycles et des hommes 8 LES ACTUALITÉS 10 QUESTION DE DROIT 11 EN MANCHETTES 15 LES GRANDS NOMS DE LA MÉDECINE AU QUÉBEC D r Guy Rouleau, neurogénéticien DOSSIER 17 CURIEUX ET TENACES : I FONT AVANCER LA MÉDECINE Au nom de l avancement de la médecine 18 Le gardien de la barrière 24 RHUMADATA, une création bien québécoise 26 Le scalpel réinventé 28 L approche ECHO DÉVELOPPEMENT PROFESSIONNEL CONTINU 34 SOGEMEC ASSURANCES 37 FINANCIÈRE DES PROFESSIONNE 38 WORD FROM THE PRESIDENT Of Cycles and Men 39 SERVICES AUX MEMBRES Avantages commerciaux 5

6 * Membre - Fonds canadien de protection des épargnants FÉDÉRATION DES MÉDECINS SPÉCIALISTES DU QUÉBEC * Montréal Québec Sherbrooke

7 LE MOT DU PRÉSIDENT D R GAÉTAN BARRETTE Des cycles et des hommes Les plus vieux d entre nous se souviennent de l arrivée de l assurance-hospitalisation, qui ne couvrait alors que les soins hospitaliers, puis celle de l assurance maladie universelle. Ils se rappellent aussi du contexte et surtout du climat de haute tension dans lesquels l assurance maladie est née. Même en faisant abstraction de la crise d octobre 1970, qui a accéléré les choses, il n en demeure pas moins que ce régime public est né pour le moins dans la contestation, sinon dans la crainte de la part de la communauté médicale, tant des généralistes que des spécialistes d alors. Pourtant, ce sentiment se dissipera très rapidement et plus personne, sauf peut-être de rarissimes récalcitrants, ne mettra en cause ce régime ou ne proposera de revenir en arrière. Bien sûr, sous un régime imposant un lien direct et incontournable entre l État-payeur et les médecins pourvoyeurs, s ensuivit un cadre de négociation particulier, en ce sens que les médecins gardaient alors, et encore aujourd hui, leur statut de professionnels, donc une autonomie bien réelle. L histoire allait alors s écrire : cette relation devant en être une soit de collaboration, soit d opposition. À cet égard, on peut conclure raisonnablement que les dix à quinze premières années furent sereines en tout et pour tout. Cependant, le ciel commença ensuite à s assombrir insidieusement. En effet, il est facile de démontrer comment, par exemple, sur l aspect de la rémunération, l écart avec la moyenne de nos collègues canadiens a commencé à se creuser inexorablement jusqu en 2006, où nous avons enfin pu renverser la vapeur. Mais il y a eu plus. En effet, l État a aussi pris dans cette même période une nouvelle tangente, celle du contrôle des dépenses par le contrôle de l offre. Le point culminant de cette approche aura été sans contredit la période des années Une longue décennie où, toujours dans l esprit de contrôler résolument l offre, on assistera à la conjugaison historique de la mise à la retraite d un grand nombre de médecins et d infirmières et de la diminution du nombre d entrées en médecine. C était l époque du fameux «déficit zéro». Évidemment, il fût atteint! Mais à quel prix! C était sans compter les grandes avancées cliniques, pharmacologiques et technologiques naissantes qui allaient s avérer génératrices d un accroissement important de la demande - le tout dans un contexte de vieillissement de la population se révélant de plus en plus exigeante. Avec raison, d ailleurs. Donc, une décennie sombre. S en est suivi une autre décennie, celle des années 2000, pas beaucoup plus glorieuse, durant laquelle tout un chacun tentera de faire pour le mieux avec les moyens du bord, toujours insuffisants. Pour compenser les décisions des années 1990, il a été décidé d augmenter massivement le nombre d entrées en faculté de médecine. Certains investissements significatifs sont aussi faits du côté de la technologie, mais peu du côté des infrastructures, pourtant essentielles en termes de capacité si l on veut que le système puisse suffire à la demande. Encore en 2013, on ressent ce désir plus ou moins avoué de l État de vouloir contrôler ses dépenses par le contrôle de l offre. Ce qui nous mène à aujourd hui. Où en sommes-nous? On le voit, l histoire de notre système de santé, comme celle de la société ou du monde des affaires, se décline par «cycles», plus ou moins heureux selon le cas. Il n y a probablement là rien de surprenant. Mais nous croyons que nous sommes en ce moment au début d un autre «cycle». Sera-t-il favorable? Ça dépend. C est une question de vision. Mais aussi de décision. Et quel est le moteur de ce changement de cycle? L effectif médical. Peu d observateurs réalisent le changement qui s opère actuellement. En effet, nous maintenons qu il y a assez de médecins au Québec pour livrer les soins nécessaires à la population. Notre propos s applique aussi pour la première ligne; nous ne commenterons pas Mais pour la médecine spécialisée, on peut affirmer plus que jamais qu on nous tient en laisse. Oui, il serait possible d avoir beaucoup moins d attente si nous disposions des ressources appropriées. Par contre, le pire (ou le meilleur) reste à venir, et cela dépendra de ce que l on fera des immenses cohortes entrées en faculté durant les années 2000 et qui commencent à arriver en pratique. Par exemple, à la FMSQ, nous avions atteint «le fond du baril» il y a trois ans. Jusqu alors, la variation annuelle du nombre net de médecins cotisants (donc actifs) était quasi nulle, voire négative! Depuis, elle est positive et de plus en plus grande. Cette année, nous avons près de 300 médecins de plus (au net), et ce nombre ne peut aller qu en augmentant dans les prochaines années, étant donné que les cohortes les plus nombreuses ne font que commencer à diplômer. Plusieurs questions méritent alors et d être posées et d obtenir des réponses maintenant. Par exemple, nous sommes, à ce jour, plus de spécialistes, croyons-nous en avoir besoin de plus de dans 10 ans? Si oui - ce qui signifie implicitement que l État juge alors qu il faudra donner plus de soins -, où est la planification pour augmenter la capacité du réseau et ainsi permettre à ce plus grand nombre de médecins de servir la population? Si non, serait-ce le moment de diminuer le nombre d entrées en faculté? D imposer un ratio hommes-femmes à l entrée? Voilà donc une infime partie d une nécessaire réflexion. Bien d autres questions demeurent Mais la question fondamentale est celle-ci : En ce début de «cycle», y a-t-il vraiment une réflexion, et les bonnes décisions se prendront-elles? Nous y reviendrons. Syndicalement vôtre! 7

8 LES ACTUALITÉS Sur la scène politique DU CÔTÉ DE L ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC Même si l Assemblée nationale reprenait officiellement ses travaux le 12 février dernier, l étude des crédits budgétaires a accaparé l ensemble des commissions parlementaires du 4 au 19 février. Sur les 200 heures consacrées à l étude des crédits des différents ministères, 20 heures ont été consacrées à la Santé et aux Services sociaux, à la demande, des partis d opposition. En ce qui concerne le menu législatif, aucun projet de loi n avait encore été déposé au moment d écrire ces lignes. On peut cependant s attendre à ce que le ministre de la Santé dépose un projet de loi visant la création de l assurance autonomie et que le ministre de la Justice donne suite au rapport du comité de juristes experts, présidé par M e Jean-Pierre Ménard, sur la mise en œuvre juridique des recommandations de la Commission spéciale de l Assemblée nationale sur la question de mourir dans la dignité. Plus de détails suivront dans notre édition de juin. DU CÔTÉ DE LA CHAMBRE DES COMMUNES Bien que la motion M-312, présentée par le député d arrière-ban Stephen Woodworth, ait été défaite en Chambre, il reste qu une autre tentative d ouvrir le dossier sur la recriminalisation de l avortement semble se profiler à Ottawa. C est en mars que doit avoir lieu le vote portant sur la motion M-408, présentée le 26 septembre 2012 par le député conservateur de Langley (Colombie-Britannique), Mark Warawa, qui demande «que la Chambre condamne la discrimination exercée contre les femmes au moyen d avortements sexo-sélectifs». VICTOIRE POUR LES DERMATOLOGISTES! Le projet de loi n o 74 Loi visant à prévenir les cancers de la peau causés par le bronzage artificiel est entré en vigueur le 11 février. Cette loi représente un véritable couronnement soulignant plus de 25 années d efforts continus de sensibilisation publique et gouvernementale par l Association des dermatologistes du Québec (ADQ). Déjà, en 1988, l ancien président de l ADQ, D r Pierre Ricard, a été le premier à demander une réglementation des salons de bronzage auprès de Mme Thérèse Lavoie-Roux, alors ministre de la Santé et des Services sociaux dans le gouvernement de Robert Bourassa, qui lui-même, en 1996, a succombé à un cancer de la peau. Par la suite, c est D r Joël Claveau, très actif au sein de l Association, qui a pris le relais et qui a travaillé sans relâche avec les différents partenaires, tels que la Société canadienne du cancer et l Institut national de santé publique, afin que cette loi puisse enfin voir le jour. La Loi interdit la vente de services de bronzage artificiel aux jeunes de moins de 18 ans. Elle permet également la mise sur pied d un registre québécois des commerces offrant des services de bronzage artificiel. Finalement, elle restreint les pratiques publicitaires des salons de bronzage. Nouvellement sur Facebook L année 2013 apporte son lot de nouveautés dont l arrivée de quelques-unes des associations médicales affiliées à la FMSQ dans l univers des médias sociaux. Rappelons que Le Spécialiste a publié un dossier sur le Web 2.0, dans son édition de décembre L ASSOCIATION DES NEUROLOGUES DU QUÉBEC Créée et gérée par le président de l Association, D r J. Marc Girard, cette page, qui au 15 janvier 2013, contenait déjà plus d une centaine d interventions, se veut un outil d information très complet sur les actualités neurologiques dans le monde. Ainsi, on y trouve des hyperliens vers des nouvelles, des résumés succincts d études nouvellement publiées ou des commentaires personnels ayant trait à l avancement de la neurologie dans le monde. LA FMSQ BIEN PRÉSENTE SUR INTERNET ESPACE SÉCURISÉ POUR LES MEMBRES fmsq.org L ASSOCIATION DES SPÉCIALISTES EN CHIRURGIE PLASTIQUE ET ESTHÉTIQUE DU QUÉBEC Entièrement gérée par la directrice de l ASCPEQ, cette page est un outil de communication pour les membres de l Association. Ainsi, les informations relatives à des sessions de formation particulières, des ateliers de développement professionnel continu ou des informations générales destinées aux membres s y retrouvent. SUIVEZ-NOUS ÉGALEMENT SUR

9 LES ACTUALITÉS Cancer du sein L importance de l observation La Fédération des médecins spécialistes du Québec a donné son appui à la Fondation du cancer du sein du Québec, qui vient de lancer une vaste campagne d éducation visant à outiller les femmes de manière à ce qu elles puissent connaître et reconnaître les signes de cancer du sein, et à les inciter à consulter sans tarder. La détection précoce d un cancer peut faire une différence quand on pense entre autres : que 7 % des femmes découvrent elles-mêmes leur cancer du sein, simplement en s observant ; qu un grand nombre de femmes âgées de 40 à 50 ans consultent pour une anomalie qu elles ont détectée elles-mêmes ; que 20 % des cancers du sein surviennent avant 50 ans et qu il n existe pas de programmes de dépistage systématique pour ce groupe d âge ; GUIDE D OBSERVATION DES SEINS PASSEZ À L ACTION ET APPRENEZ À VOUS CONNAÎTRE. DÉCELEZ ET SIGNALEZ À VOTRE MÉDECIN TOUT CHANGEMENT PERSISTANT ET RÉCENT. EN CAS DE DOUTE, CONSULTEZ! QUOI OBSERVER : que plusieurs femmes croient encore que la douleur est le premier signe du cancer du sein, alors que c en est rarement le cas. MÊME SI CETTE CAMPAGNE VISE LES FEMMES, LE CANCER DU SEIN AFFECTE AUSSI LES HOMMES. CHAQUE ANNÉE, DES DIZAINES D HOMMES SONT DIAGNOSTIQUÉS ET 25 % D ENTRE EUX EN DÉCÈDENT. OBSERVATION DE LA PEAU Peau d orange Épaississement Changement de coloration Rougeur couvrant au moins le tiers du sein Formation de fossettes, de petits creux ou de plissements Sensation de chaleur localisée Ulcération ou plaie Nouvelle veine plus apparente Rétraction de la peau OBSERVATION DU SEIN Changement du volume ou de la forme du sein Changement d un sein par rapport à l autre Déformation Masse (bosse) visible ou palpée au niveau du sein ou de l aisselle Inflammation du sein ou du bras OBSERVATION DU MAMELON Changement d apparence Écoulement spontané Inversion Déviation Eczéma persistant ou ulcération SOUTIEN ET INFORMATION #250 C ette nouvelle campagne vise à sensibiliser les Québécoises à l importance d observer régulièrement leurs seins, à les encourager à discuter avec leur médecin de l examen clinique et, enfin, à les inviter à participer en grand nombre au Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS). Les femmes sont invitées à visiter le site observationdesseins.org pour obtenir plus d informations sur les pratiques de santé du sein, la liste complète des signes à observer, ou pour s inscrire au programme de rappel mensuel mis sur pied par la Fondation. En plus de promouvoir la santé du sein par l éducation et la sensibilisation, la Fondation finance la recherche d ici et facilite le soutien aux personnes touchées par le cancer du sein en mettant à la disposition des femmes des services gratuits de soutien et d information, accessibles en téléphonant au , poste 250 ou par courriel à Cette campagne ne peut se faire seule. Les médecins sont dans une position privilégiée pour rejoindre le plus de femmes possible et leur transmettre le message. Du matériel d information sera mis à la disposition des professionnels de la santé, dont des affiches pour bureaux et salles d attente ainsi que des dépliants. Un formulaire vous permettant de commander ce matériel est mis à votre disposition. Vous pouvez obtenir ce formulaire en envoyant un courriel à Four Points Centre de congrès de Lévis 9

10 QUESTION DE DROIT PAR M E SYLVAIN BELLAVANCE Directeur, Affaires juridiques et Négociation FMSQ Frais accessoires Une problématique perpétuelle Au moment d écrire ces lignes, la question des frais accessoires réclamés aux patients dans les cliniques médicales fait à nouveau la nouvelle dans les médias. 10 Le 4 février, le ministre Hébert a annoncé qu il entendait mettre fin à la facturation abusive de frais accessoires aux patients, et ce, en s assurant que les frais pour les médicaments et agents anesthésiques utilisés dans les cliniques médicales soient plutôt assumés par le régime public d assurance médicaments. Encore une fois, comme ce fut le cas par le passé, la problématique des frais accessoires fait l objet d un mauvais diagnostic et le traitement proposé est, de surcroît, inapproprié. Le mauvais diagnostic découle du fait que l on mette l accent uniquement sur les frais réclamés aux patients pour les médicaments et agents anesthésiques. D emblée, la démesure semble flagrante et le médecin qui facture 300 $ pour des médicaments qui en valent 10 $ apparaît ici à l image publique comme un brigand. Malheureusement, la problématique des frais accessoires ne se résume pas à ces seuls frais et la Fédération a tôt fait de corriger cette perception en précisant que cette facturation vise plutôt à couvrir les nombreuses dépenses d opération des cliniques médicales et qui sont nécessaires afin d assurer la prestation des services aux patients. La solution ne réside donc pas dans la couverture de ces frais par le régime d assurance médicaments. Il importe plutôt que le gouvernement prenne une orientation définitive quant à la couverture des services dispensés dans les cliniques médicales. À cet égard, la Fédération répète depuis des années que le gouvernement doit choisir entre les deux avenues suivantes : 1. Soit qu il décide que tous les services requis au point de vue médical et dispensés par des médecins en cliniques médicales constituent des services assurés. Dans ce cas, il est impératif de négocier la mise en place d une tarification raisonnable de ces services afin de couvrir les frais d opération de ces cliniques. Le patient n a alors aucuns frais à assumer. 2. Soit qu il décide que les services rendus en cliniques médicales ne sont pas entièrement assurés. Dans cette éventualité, les citoyens doivent être informés que le coût de ces services n est pas complètement couvert par le système public et que les médecins qui les dispensent peuvent réclamer une contribution des patients. La problématique actuelle découle du fait que tous les gouvernements qui se sont succédé ont voulu ménager la chèvre et le chou. Ils n ont pas voulu financer les frais techniques des services dispensés dans les cliniques médicales en raison de l investissement monétaire important que cela pourrait comporter. D un autre côté, ils n ont pas voulu clairement indiquer que ces frais devaient être acquittés par le patient puisqu il s agit là d une avenue non rentable politiquement. Le médecin fait donc face au dilemme suivant : ou bien il ne dispense pas certains services en clinique médicale, ce qui nuit à l accessibilité aux soins pour les patients, ou bien il favorise cette accessibilité en demandant aux patients de financer une partie des coûts d opérations de la clinique, au risque de se le faire reprocher par la suite. Cette situation est intenable pour les médecins spécialistes, lesquels sont formés pour dispenser des soins aux patients. Voilà pourquoi la Fédération martèle depuis des années qu il est important de régler définitivement la problématique des soins dispensés dans les cliniques médicales. En 2007, le gouvernement a finalement convenu de mandater un comité d étude, présidé par M. Jean-Pierre Chicoine afin d examiner la question. Le 1 er octobre 2007, le comité a remis son rapport au ministre de la Santé. Les trois premiers constats de ce rapport sont les suivants : «Premièrement, la facturation «hors-norme» de certains frais accessoires reflète un manque de revenus pour couvrir les frais de fonctionnement du cabinet privé. «Deuxièmement, on assiste à une érosion de la viabilité économique des cabinets privés, érosion qui se poursuivra si des changements importants ne sont pas apportés à leur financement. «Troisièmement, en termes d accessibilité, une érosion continue de l activité des cabinets privés aurait un effet dévastateur. ( )» Le comité conclut en émettant une recommandation générale à l effet qu il faut redonner aux cliniques médicales «une vitalité et un attrait qui leur permettront de maintenir et d améliorer leur contribution à l accessibilité aux services de santé». Parmi ces recommandations spécifiques, le comité indique la nécessité «de majorer la composante technique pour les services actuellement dispensés en cabinet», «d indexer cette composante technique annuellement» et «d identifier par la suite de nouveaux actes pouvant être dispensés plus efficacement en cabinet et ainsi favoriser l accessibilité». La situation est donc sans équivoque. La problématique des frais accessoires a déjà fait l objet d un diagnostic adéquat et les pistes de traitement ont été identifiées. Il est inutile de refaire l analyse ou de mettre en place des solutions incomplètes. La Fédération propose de décider une fois pour toutes des orientations à prendre. Si la décision est prise d assurer les services, et ce, au bienfait de tous les patients, il importe d assurer un financement viable des frais techniques dans les cliniques médicales. À défaut, on ne peut reprocher aux médecins de continuer à trouver les moyens pour faire en sorte que les patients québécois puissent avoir accès aux services qui leurs sont nécessaires.

11 EN MANCHETTES PRIX ET RÉCOMPENSES ASSOCIATION DES MÉDECINS MICROBIOLOGISTES INFECTIOLOGUES DU QUÉBEC D re Marie Gourdeau, microbiologiste infectiologue à l Hôpital de l Enfant-Jésus de Québec, a reçu le prix Louis-Pasteur pour souligner sa contribution exceptionnelle à l avancement de la profession. Ce prix est remis tous les deux ans lors du congrès annuel. ASSOCIATION DES GASTRO-ENTÉROLOGUES DU QUÉBEC D r Raymond Bourdages, gastroentérologue à l Hôtel-Dieu de Lévis, a reçu le prix André-Viallet, le plus prestigieux prix remis par l AGEQ. Ce prix est remis à un spécialiste qui a contribué à mieux faire connaître la gastro-entérologie au Québec et qui s est distingué soit par l ensemble de son travail scientifique, soit par l ensemble de son travail au sein de l Association ou encore par un acte, un travail exceptionnel reconnu par ses pairs. ASSOCIATION D ORTHOPÉDIE DU QUÉBEC Le prix Laval-Leclerc 2012 a été remis cette année à D r Hubert Labelle, chirurgien orthopédiste au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. ASSOCIATION D OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE ET DE CHIRURGIE CERVICO-FACIALE DU QUÉBEC Un nouveau prix a été créé cette année par l Association pour souligner l implication et le dévouement d un spécialiste pour sa spécialité médicale. Le premier récipiendaire du prix est D r Raynald Ferland, du Centre hospitalier de l Université Laval. SOCIÉTÉ CANADIENNE DE MÉDECINE INTERNE D r René Roux, interniste à l Hôpital Sainte- Croix de Drummondville, a reçu le prix William Osler. Ce prix hommage est remis annuellement à un spécialiste ayant fait preuve d excellence en médecine interne générale, que ce soit en pratique clinique, en recherche, en éducation médicale continue ou en contribuant à l avancement de la spécialité médicale ou à la promotion de la santé. PRIX DU COLLÈGE ROYAL DES MÉDECINS ET CHIRURGIENS DU CANADA D r Stanley Nattel, cardiologue et directeur du programme de recherche en électrophysiologie au Centre de recherche de l Institut de Cardiologie de Montréal est l un des trois médecins ayant reçu le prix du professeur invité en recherche médicale du Collège royal pour l année Congrès canadien sur la santé respiratoire 2013 À inscrire à votre agenda! Centre des congrès de Québec Ville de Québec (Québec) avril 2013 Pour tous les détails du programme et pour s inscrire, visitez le site En collaboration avec 11

12 EN MANCHETTES PRIX ET RÉCOMPENSES (SUITE) Photo : umcgill.ca Photo : umcgill.ca HOMMAGE DU FACULTY CLUB DE L UNIVERSITÉ MCGILL Peu de temps avant de prendre une retraite bien méritée, le Faculty Club de l Université McGill a tenu à souligner la contribution exceptionnelle de D r Jean-Jacques Dufour, ORL au CHUM - Notre-Dame et associé à l Hôpital général juif de Montréal pendant 20 ans. D r Dufour a été initiateur d une équipe interdisciplinaire composée de chirurgiens ORL et de neurochirurgiens, notamment pour l exérèse microchirurgicale des tumeurs de l angle ponto-cérébelleux. Cette collaboration a propulsé l équipe comme l une des plus performantes au Canada, lui permettant de publier ses résultats de travaux partout dans le monde. MÉDAILLE DU JUBILÉ DE DIAMANT DE LA REINE ÉLISABETH II Depuis la dernière parution du magazine, d autres récipiendaires de la Médaille du jubilé ont été annoncés. Se sont ajoutés à la liste : D r Gaston Ostiguy, pneumologue à l Institut thoracique de Montréal et pionnier de la lutte au tabagisme et D r Ernesto L. Schiffrin, interniste à l Hôpital général juif de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l hypertension. PRIX DE LA FONDATION POUR LA RECHERCHE EN SANTÉ D r Charles Scriver, généticien et professeur à l Université McGill, a reçu la Médaille d honneur pour souligner sa contribution à l avancement des connaissances et de l innovation en sciences. D r Scriver a été, dans les années 1970, un initiateur et ardent défenseur de l ajout de la vitamine D dans le lait. Depuis, les résultats ont démontré que cet ajout a permis de réduire l apparition du rachitisme chez les enfants, passant de plus de cas par an à presque rien. UN HONNEUR EN ATTIRE UN AUTRE La Société canadienne de rythmologie a remis son premier Annual Achievement Award à D r Denis Roy, cardiologue à l Institut de Cardiologie de Montréal (ICM) et pionnier de l électrophysiologie interventionnelle au Canada. Pour souligner ce prix ainsi que sa carrière exceptionnelle, D r Roy a été nommé Personnalité de la semaine par La Presse et Radio-Canada; un honneur qu il a partagé avec toute l équipe de l ICM. GRANDS PRIX SIRIUS DU CHU DE QUÉBEC Pour une huitième année, le CHU de Québec a récompensé l apport de ceux qui font avancer l organisation. Cette année, quelques médecins spécialistes ont été honorés. Il s agit de : D r Jacques Blanchet, pédiatre, et D r Patrick Daigneault, pneumologue, ont reçu le prix Services cliniques pour leur apport concernant les interventions en physiothérapie pour le nourrisson souffrant de bronchiolite aiguë. D r Yves Fradet, urologue et éminent chercheur, a reçu le prix Recherche clinique pour ses travaux sur les nouveaux marqueurs pronostiques et l approche personnalisée du cancer de la prostate. HOMMAGE À DEUX GRANDS QUI NOUS ONT QUITTÉS Deux médecins spécialistes de renom sont décédés au cours des derniers mois. Il s agit de D r Jacques Papillon, chirurgien plasticien et esthétique et fondateur du Centre des grands brûlés du CHUM - Hôtel-Dieu de Montréal (D r Papillon a été notre Grand nom de la médecine au Québec en septembre 2009) ainsi que D r Jean-Mario Giroux, dermatologue et pionnier de la dermato-pathologie au CHUM - Hôtel-Dieu. 12 Prix et bourses du CQDPCM 2013 EXPLORONS, INNOVONS ET PARTAGEONS! Prix de la recherche Prix de l innovation pédagogique Bourses de recherche en développement professionnel continu Pour participer, consultez notre site au Date de clôture : le 1 er mai 2013 Le Spécialiste salue le travail acharné de ces deux grands de la médecine spécialisée au Québec et leur apport à l avancement de leur science médicale. GOOD NEWS! Our website is now available in English. Have a look at fmsq.org

13 EN MANCHETTES UN ÉVÉNEMENT MARQUANT! L Association des allergologues et immunologues du Québec (AAIQ) a souligné en grand ses 25 ans d activité. Lors de la rencontre annuelle, les membres ayant plus de 25 et de 45 années de pratique ont été honorés. 25 ans 25 ans et plus D r Pierre-Michel Bédard, D r Jose Calles, D r André Caron, D r Zave Chad, D r Yves Charbonneau, D re Francine Cloutier- Marchand, D r David Copeland, D r Jaime Del Carpio, D r Guérin Dorval, D re Michèle Dugal, D r Jacques Hébert, D r Marek Rola-Pleszcynski, D r Edmond Shahin, D r Emil Skamene, D r Peter Small, D r Jan I. Schulz, D r Irving B. Schonfeld, D r Jean-Paul St-Pierre, D r David Thomson et D r Lorne Umemoto. 45 ans et plus D r Herbert Blumer, D r Phil Gold, D r Andrzej Gutkowski, D re Christine Lejtenyi et D r John Weisnagel. Place à vos projets Docteurs, vous avez décidé de grimper l Himalaya au bénéfice d une cause qui vous est chère? Vous tiendrez un rôle dans une pièce de théâtre ou à l opéra? Vous venez de terminer une formation dans une sphère d activité autre que la médecine? Vous exposez vos dernières créations dans une galerie d art? Faites-lenous savoir! Nous aimons avoir de vos nouvelles et les transmettre à l ensemble de vos collègues. Envoyez-nous un courriel à Vendredi 15 novembre 2013 Palais des congrès de Montréal À L AGENDA QUELQUES THÉMATIQUES EN PRÉPARATION : Alzheimer Chirurgiens et AnesThésiologisTes : PArTenAires obligés Tumeurs de la base du Crâne : ConTroverses et nouveautés infections en gastroentérologie Troubles du sommeil CessATion TAbAgique Détails à suivre APRÈS LES GRANDS FROIDS, LES GRANDES CHALEURS Il est grand temps de passer à la saison estivale et de troquer vos pelles et vos manteaux pour vos meilleurs fers et vos chaussures de golf. Vous aurez compris que nous vous invitons à la prochaine édition du Tournoi de golf des fédérations médicales au profit de la Fondation du Programme d aide aux médecins du Québec. Réservez immédiatement la date du 29 juillet 2013 à votre agenda. Cette huitième édition sera la journée idéale pour échanger avec vos collègues! Les formulaires d inscription seront disponibles sous peu sur le portail de la FMSQ (fmsq.org). Rappelons que le tournoi affiche complet rapidement, d où l urgence de vous inscrire rapidement. Plusieurs options de commandites sont disponibles. Pour obtenir tous les détails quant aux possibilités et à leurs tarifs, contactez madame Hoda Sayegh au , poste 279 ou par courriel au 13

14 Nouveau partenariat TELUS-FMSQ pour vos communications mobiles. TELUS et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) sont fiers de vous annoncer leur nouvelle entente de service. Cette entente propose plusieurs avantages dont l accès au réseau 4G, le plus étendu et le plus rapide* au Québec, qui permet l itinérance dans plus de 200 pays. Ces avantages permettront d augmenter la productivité et l efficacité des membres. De plus, une grille de tarification concurrentielle vous est offerte. Forfait iphone Forfait d appels locaux Tarif mensuel 25 $ Minutes incluses 250 Messagerie textuelle illimitée incluse Appels entrants illimités (locaux) inclus Appels locaux entre abonnés TELUS illimités inclus Appels locaux illimités en soirée (dès 18 h) et le week-end inclus Forfait de transmission de données Tarif mensuel 30 $ Obtenez un forfait ipad flexible à partir de 5 $ /mois incluant 10 Mo de transmission de données. Transmission de données incluse (sur iphone et Android) 6 Go D autres forfaits et types d appareils sont disponibles. Des conditions s appliquent. Pour connaître les détails ou pour commander, veuillez communiquer avec un représentant TELUS au Nous croyons que cette nouvelle entente saura répondre parfaitement à vos besoins en matière de téléphonie mobile, en plus de vous faire bénéficier des ressources technologiques et des services-conseils de TELUS. * Selon une comparaison des réseaux HSPA/HSPA+ nationaux : «le plus rapide» selon les vitesses de transmission de données testées dans des grands centres urbains du pays; «le plus étendu» selon la couverture géographique et la population desservie. TELUS se réserve le droit de retirer ou de modifier cette offre en tout temps et sans préavis. Vous devez vous procurer le ipad auprès d un détaillant autorisé pour profiter de ce forfait. TELUS et le logo TELUS sont des marques de commerce utilisées avec l autorisation de TELUS Corporation. Apple, le logo Apple, iphone et ipad sont des marques de commerce d Apple Inc TELUS.

15 LES GRANDS NOMS DE LA MÉDECINE AU QUÉBEC PAR PATRICIA KÉROACK Trouver le «pourquoi» : une véritable obsession! Le nom de Guy Rouleau est devenu synonyme de l excellence de la recherche médicale et scientifique et sa réputation dépasse largement le Québec. D r Rouleau a été maintes fois primé et décoré pour ses travaux en neurogénétique : il a récemment reçu le prix Wilder-Penfield 2012 (Prix du Québec) et cumule d autres distinctions, notamment le prix Genesis (BIOQuébec), le prix Henry-Friesen (Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada), le prix Léo-Parizeau (ACFAS), le prix Michael Smith (Instituts de recherche en santé du Canada), le prix Margolese en neuroscience (Université de Colombie-Britannique) et il a été décoré du grade de chevalier au sein de l Ordre du Québec, pour n en nommer que quelques-uns. Guy Rouleau, natif de Vanier en banlieue d Ottawa, dit lui-même que, jeune, il était plutôt calme, posé, studieux et passionné par ses jeux de chimie, probablement le prélude à une carrière scientifique. Mais son père était médecin de famille à Ottawa. Pas étonnant donc, de voir que les études médicales ont primé dans la famille Rouleau (son frère aîné est cardiologue). Aimant les sciences de la santé, il choisit la médecine comme porte d entrée vers la recherche biomédicale, malgré l avis de ses professeurs qui le voyaient plutôt devenir médecin d abord, pour bifurquer vers la recherche ensuite, conseils qu il suivra plus tard. Diplômé de médecine de l Université d Ottawa à l âge de 22 ans, Guy Rouleau arrive à l Hôpital général de Montréal pour suivre une formation en médecine interne, puis en neurologie à l Institut neurologique de Montréal. Son cheminement étudiant est normal bien que les horaires chargés et un mode de vie irrégulier lui aient causé de multiples migraines. Son intérêt pour la neurologie n est probablement pas étranger au fait qu il ait voulu mieux comprendre la source et les raisons de ses problèmes. Il choisit la ville de Boston pour faire un fellowship en neurologie (Massachussetts General Hospital) où, parallèlement, il décroche un Ph. D. en génétique de l Université de Harvard. À la fin de sa formation médicale, il décide de s établir à Montréal et de fonder une famille dans un milieu francophone, et c est à McGill qu il établit sa première pratique médicale clinique, de recherche et d enseignement. Bien que neurologue, c est en génétique que D r Rouleau a effectué la majorité de ses travaux de recherche, ayant obtenu un certificat de génétique lors de la création de cette dernière spécialité médicale. «Je faisais beaucoup de génétique neurologique; les résidents qui passaient par ma clinique aimaient cela parce qu ils voyaient un autre aspect clinique de la neurologie», confie-t-il. Ce passage aura certainement amené de nouveaux spécialistes en neurogénétique. LA RECHERCHE : ÉLÉMENT-CLÉ DE SA CARRIÈRE Guy Rouleau a toujours voulu comprendre. Ainsi, à la question «pourquoi», peut découler une multitude de facteurs menant à une réponse, celle qui permet de résoudre l interrogation. La génétique s est avérée une voie toute naturelle pour parvenir à expliquer plusieurs maladies neurologiques ayant une histoire familiale. C est aussi le cas pour plusieurs maladies rares qui ne trouvent d explications que par cette avenue. Photo : Prix du Québec scientifiques D R guy rouleau Neurogénéticien D r Rouleau aime bien se remémorer chaque projet de recherche, les hypothèses et les résultats publiés. Il se souvient particulièrement de son tout premier contrat de recherche obtenu lors de ses études en médecine à Ottawa. Sous la responsabilité de la biochimiste Jean Himms-Hagen, son travail consistait à approfondir le rôle de la créatine phospho kinase (CPK) des mitochondries du muscle ainsi que des gras bruns comme éléments de résistance et d adaptation au froid. Pendant tout un été, il isola des mitochondries pour étudier les diverses propriétés physiques et pour comprendre le phénomène de phosphorylation oxydative. Enfin, son rêve de jeunesse prenait forme. La publication d une première étude à laquelle il avait collaboré remonte au début des années 1980, lors de son passage en dermatologie. Cette étude portait sur le traitement du psoriasis en situation ambulatoire. Depuis, ce sont près de 600 études, articles et chapitres de livres qui ont été publiés avec son nom comme auteur principal ou de contribution. Ses travaux de recherche ont permis de mettre à jour, de découvrir ou d expliquer une multitude de pathologies. Ainsi, dès le début des années 1990, D r Rouleau fait la découverte de deux gènes importants : le gène de la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Lou Gherig) et le gène de la neurofibromatose de type 2. Ce dernier gène permet, à lui seul, d expliquer les particularités des shawnnomes et la moitié des méningiomes chez l être humain. Selon D r Rouleau, «cette connaissance est primordiale quant au développement de toutes les tumeurs bénignes du cerveau, mais, puisqu elles sont dans une boîte fermée, elles sont loin d être bénignes». Pour ces deux découvertes et puisqu il était un scientifique qui présentait un très grand potentiel pour le futur, la Société Radio-Canada l a nommé Scientifique de l année en

16 LES GRANDS NOMS DE LA MÉDECINE AU QUÉBEC 16 INCURSION SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE Au début de 1990, en France, l Association française contre les myopathies et le Centre d études du polymorphisme humain mettent conjointement sur pied le Généthon, une organisation qui, à l aide d une importante activité de collecte de fonds, a réussi à créer un institut de recherche à la fine pointe de la technologie, rassemblant un véritable dream team de chercheurs en génomique : «ce fut une véritable secousse positive pour la génétique puisque, durant cette période, l on a pu effectuer les premiers séquençages du génome humain.» Les travaux scientifiques effectués à ce centre ont considérablement fait avancer les connaissances, ouvrant la voie à de nouveaux traitements médicaux. Puisqu il a été membre du conseil scientifique de l organisme devenu leader mondial de la génomique, la carrière de D r Rouleau a été propulsée sur la scène internationale. TOUT AU LONG DE SA CARRIÈRE, D R ROULEAU A IDENTIFIÉ UNE VINGTAINE DE GÈNES RESPONSABLES DE MALADIES D ORDRES PSYCHIATRIQUES ET NEUROLOGIQUES EN TANT QUE CHERCHEUR FONDAMENTAL ET CLINICIEN. SA PRATIQUE CLINIQUE EXTERNE FUT PRINCIPALEMENT AXÉE VERS LES DIVERSES MALADIES GÉNÉTIQUES DU CERVEAU Ces avancées technologiques ont permis à notre grand nom de poursuivre sur de multiples avenues de recherche jusqu alors inexploitées ou encore inespérées à cause des coûts astronomiques ou des difficultés matérielles. Tout au long de sa carrière, D r Rouleau a identifié une vingtaine de gènes responsables de maladies d ordres psychiatriques et neurologiques en tant que chercheur fondamental et clinicien. Sa pratique clinique externe fut principalement axée vers les diverses maladies génétiques du cerveau telles les ataxies, les paraplégies spastiques et les neurofibromatoses, notamment à cause de ses projets de recherches. LABORATOIRES ET DÉVELOPPEMENTS COMMERCIAUX Pour mener à terme les nombreux projets de recherche qu il a en tête, D r Rouleau a su s entourer des meilleurs équipiers : ainsi, en 1989, il fonde, dès son retour de fellowship, son laboratoire de recherche, aujourd hui composé d une quarantaine de personnes tout aussi passionnées que lui. Les travaux menés au laboratoire sont principalement liés aux maladies neurodéveloppementales ou neurodégénératives. Son laboratoire est annexé ou affilié en fonction de ses activités cliniques. En 2004, après un passage de 15 années à l Hôpital général de Montréal, il crée le Centre d excellence en neuroscience de l Université de Montréal (CENUM) et y intègre son laboratoire au CHUM. Depuis le début de cette année, il est retourné à McGill pour prendre la direction de l Institut neurologique de Montréal. Pendant de nombreuses années, D r Rouleau s est également occupé de voir à la commercialisation possible de certains tests génétiques ou de traitements développés par ses recherches. Avec deux collègues, il fonde en 1997 RGS Genome, un laboratoire privé qui fut vendu quelques années plus tard à Xenon Génétics. D r Rouleau a conservé un poste à la direction de cette entreprise jusqu en 2003 : les tests d un médicament qu il a développé sont actuellement en phase 2. Puis, il participe à la création d Emerillon Therapeutics ainsi qu au démarrage d autres projets. «Je suis certain, qu avant ma retraite, un des médicaments que j aurai développés, sera commercialisé», nous dit-il. Par définition, la recherche est un travail de longue haleine et nécessite un solide soutien financier; seuls les projets qui disposent des fonds nécessaires sont viables. D r Rouleau estime avoir réussi à obtenir plusieurs dizaines de millions de dollars de subvention pour mener à bien ses projets de recherche. Mais trouver des fonds est parfois tout aussi exigeant que la recherche elle-même. Guy Rouleau souhaite voir une amélioration des conditions de recherche qui permettrait de pouvoir s attarder sans problème aux vrais motifs de la recherche : trouver des solutions viables qui aideront les gens. Pour y arriver, le chercheur estime qu il faut miser sur l applicabilité de la recherche en soi. Il souhaite voir cliniciens et fondamentalistes s unir et travailler de concert sur des travaux qui auront une portée concrète auprès de la population. Malheureusement, dit-il, il n est pas rare de voir que l un et l autre travaillent sur un même problème, en silo. Une mise en commun des données permettrait d avancer et de trouver de nouvelles pistes. «On a tout avantage à rallier les chercheurs autour de grandes thématiques et de les faire travailler de concert», nous dit-il avec conviction. Le séquençage du génome aura été la pierre angulaire de son travail. En 2005, avec une subvention de 17 millions de dollars, il commence à faire du séquençage à grande échelle. Les investissements requis pour mettre en place les technologies et les premières applications ont coûté cher, mais les coûts diminuent avec l avancement des connaissances et de la technologie. On peut déjà espérer voir le jour où l on pourra séquencer des génomes entiers dans le bureau du médecin pendant l examen médical. L HOMME AVANT SA SCIENCE Guy Rouleau n est pas seulement un homme de science. C est aussi un grand humaniste, un père et un grand-père attentionné (il a cinq enfants et une première petite-fille). Il est passionné de sports nautiques et profite de chaque instant possible pour aller se ressourcer sur l eau, que ce soit à proximité de Montréal ou dans le Sud. Il conseille à ses enfants de faire ce qu ils aiment avant tout et surtout d être passionnés par ce qu ils font. Un sage conseil qu il a su lui-même mettre en pratique tout au long de sa carrière. En regardant en arrière, D r Rouleau est satisfait de tout le chemin parcouru. Ses plus grandes fiertés sont toujours ses dernières trouvailles. Même s il est fier de toutes ses découvertes, elles sont déjà choses du passé pour lui : l important reste ce qu il fait aujourd hui et ce qui viendra après. Ses travaux actuels portent sur l autisme, la schizophrénie et les maladies neurodégénératives. La carrière de D r Rouleau est loin d être terminée, car il a encore une multitude de projets sur la table!

17 DOSSIER CURIEUX ET TENACES : ils font avancer la médecine Léonard de Vinci a grandement fait avancer les connaissances sur l anatomie humaine, et l Homme de Vitruve en est l expression figurative la plus éloquente. L HOMME DE VITRUVE Quatre doigts font une paume, et quatre paumes font un pied, six paumes font un coude : quatre coudes font la hauteur d un homme. Et quatre coudes font un double pas, et vingt-quatre paumes font un homme ; et il a utilisé ces mesures dans ses constructions. Si vous ouvrez les jambes de façon à abaisser votre hauteur d un quatorzième, et si vous étendez vos bras de façon que le bout de vos doigts soit au niveau du sommet de votre tête, vous devez savoir que le centre de vos membres étendus sera au nombril, et que l espace entre vos jambes sera un triangle équilatéral. La longueur des bras étendus d un homme est égale à sa hauteur. Depuis la racine des cheveux jusqu au bas du menton, il y a un dixième de la hauteur d un homme. Depuis le bas du menton jusqu au sommet de la tête, un huitième. Depuis le haut de la poitrine jusqu au sommet de la tête, un sixième ; depuis le haut de la poitrine jusqu à la racine de cheveux, un septième. Depuis les tétons jusqu au sommet de la tête, un quart de la hauteur de l homme. La plus grande largeur des épaules est contenue dans le quart d un homme. Depuis le coude jusqu au bout de la main, un quart. Depuis le coude jusqu à l aisselle, un huitième. Certains cas médicaux sont très complexes, d autres sont très rares. Il arrive qu une seule personne dans le monde, un seul médecin, puisse prodiguer les soins nécessaires à ces cas particuliers. Et de ces cas uniques, il y en a au Québec. Qui sont ces médecins qui détiennent une telle expertise, ceux qui sont les seuls à s intéresser à une condition spécifique ou, à l instar de Léonard de Vinci, ceux qui font avancer les connaissances scientifiques? Le Spécialiste a parlé à quelques-uns d entre eux, tout en étant convaincu que le Québec en compte plusieurs autres. Qu est-ce qui les incitent à poursuivre dans cette voie médicale, une voie souvent inconnue, qu eux seuls connaissent, puisqu ils l ont défrichée et pavée de leurs connaissances? La main complète est un dixième de l homme. Le début des parties génitales est au milieu. Le pied est un septième de l homme. Depuis la plante du pied jusqu en dessous du genou, un quart de l homme. Depuis sous le genou jusqu au début des parties génitales, un quart de l homme. La distance du bas du menton au nez, et des racines des cheveux aux sourcils est la même, ainsi que l oreille : un tiers du visage. Tiré de : Léonard de Vinci, traduction de Vitruve, De l architecture. 17

18 PAR PATRICIA KÉROACK Au nom de l avancement de la médecine Derrière toute avancée médicale, il y a toujours un visionnaire ou une équipe qui réussissent à transposer et à introduire les nouvelles connaissances dans la pratique clinique. Ils sont les premiers, souvent les seuls, à bénéficier d un rare ou d un coûteux appareillage, les seuls à avoir développé une expertise de traitement, ils peuvent aussi être les seuls à s intéresser à des cas médicaux rares. Le Québec peut être fier d avoir en ses rangs de tels médecins spécialistes. Les innovations médicales des deux derniers siècles déclassent en productivité tout ce qui a été effectué depuis l histoire de l humanité 1. La science a fait des pas de géants et tout porte à croire qu il en sera ainsi dans le futur. D ailleurs, les tendances laissent déjà présager que les avancées scientifiques seront à vitesse exponentielle si l on prend en considération les développements récents en robotique, en génomique et en nanotechnologie. La science médicale bénéficie de l apport de ceux et de celles qui veillent à la santé de leurs patients. L évolution de la science passe aussi par le patient qui force son avancement. Avec l arrivée de l Internet, des médias sociaux et de la démocratisation des informations, les connaissances sont mises à la disposition de tous. Les patients sont maintenant très nombreux à demander des soins disponibles ici ou en expérimentation ailleurs dans le monde. Ces avancées, bien qu elles ne semblent pas avoir de limites, ont un coût. Si l expérimentation coûte cher en investissement monétaire, en immobilisation, en ressources de tous types, il peut se passer plusieurs années avant que la technique ne soit devenue «rentable». L arrimage médicoadministratif est souvent une contrainte majeure dans notre organisation actuelle. LES PREMIERS SONT TOUJOURS CEUX DONT ON SE SOUVIENT, CEUX QUI OBTIENNENT LES RECONNAISSANCES ET LES HONNEURS. I SONT CEUX DONT LE NOM POURRA FIGURER DANS LES LIVRES D HISTOIRE. Selon le directeur de l Office de développement professionnel à la FMSQ, D r Sam J. Daniel, «les congrès scientifiques sont d excellents moyens de voir et d apprécier les projets en cours. Plusieurs universités, surtout aux États-Unis, réussissent à obtenir des sommes importantes pour la recherche. Ces universités, pour s assurer de la pérennité des subventions, doivent démontrer leur capacité à livrer la marchandise pour rester parmi les leaders en termes de développement, de résultats et de projets novateurs. La compétition, c est sain, pourvu que des ressources ne soient pas gaspillées pour faire et refaire des choses qui existent déjà, juste pour publier. La bonne compétition permet de faire avancer les connaissances, les façons de faire et c est souhaitable.» DEUX DÉFIS DE TAILLE : L ÉMC ET LE REMPLACEMENT Quand un médecin est seul à effectuer une procédure, comment peut-il s améliorer autrement que par ses études de cas et révisions de dossiers? Tous les médecins interviewés nous ont avoué être appelés à publier leurs résultats de recherche. Plusieurs donnent également des conférences partout au monde, dans les congrès médicaux. Les contacts continus avec des collègues du monde entier permettent de remettre en question les connaissances acquises, de poser de nouvelles questions ou de tenter de trouver une réponse à une nouvelle interrogation. Même lorsqu ils ne sont que quelques-uns à effectuer une nouvelle procédure, il est fréquent de voir les médecins se consulter avant de procéder à une nouvelle expérimentation et, par la suite, s échanger les notes post-intervention. Ce sont les avantages des cercles très restreints. 18 COURSE AU SAVOIR? Comme dans toutes les sphères scientifiques, la médecine est au centre d une véritable compétition : la course au savoir. Qui sera le premier à réussir là où tout le monde a échoué jusqu ici? Qui annoncera la découverte d une molécule novatrice, d un traitement expérimental, d une percée ou d une avancée révolutionnaire? Si le signal de départ n est jamais donné, la course, elle, est toujours présente. Les premiers sont toujours ceux dont on se souvient, ceux qui obtiennent les reconnaissances et les honneurs. Ils sont ceux dont le nom pourra figurer dans les livres d histoire. La majorité des cas évoqués précédemment concernait des patients et des chirurgies électives, mais quand vient le temps de prendre des vacances, qui prend en charge les patients de ces médecins «experts»? Les médecins travaillent souvent en équipes multidisciplinaires ; les techniques sont démontrées ou enseignées à leurs confrères qui les secondent ou les assistent au bloc opératoire. La plupart des médecins profitent aussi du passage des résidents pour leur transmettre les connaissances de cette pratique. Certains sont même allés continuer ces enseignements lors de fellowship et reviendront poursuivre avec l équipe en place. 1 Road to Medical Innovation and Access : from a rear-view mirror, Global Health Histories Seminar Series, Juillet Organisation mondiale de la santé. Disponible au

19 CURIEUX ET TENACES : ils font avancer la médecine ÊTRE PRÉCURSEURS L ENTÊTEMENT QUI PORTE FRUIT Confronté à l incapacité d aider un patient qui présentait une insuffisance intestinale chronique, mais dont la condition n exigeait pas une hospitalisation, en 1976, un chirurgien de la région de la Capitale-Nationale, D r Roch Lapointe, a tout mis en œuvre pour permettre à son patient de recevoir les soins requis à domicile. C est lors d une conférence internationale qu il apprend qu une technique d alimentation parentérale à domicile a été mise au point en 1968, à Philadelphie, et que certains établissements, dont un à Toronto, entreprennent de rares essais. D r Lapointe est convaincu que c est la seule solution disponible pour son patient et veut savoir comment l exécuter. Il se bute à une série de refus administratifs, médicaux et organisationnels ; pire, aucun pharmacien n a les capacités techniques pour préparer les solutions injectables nécessaires comprenant les doses personnalisées d acides aminés, de glucose et de lipides. À force d entêtement et de représentations aux divers paliers de décision, D r Lapointe réussit à obtenir la permission d aller directement à Toronto avec son patient. Il y apprendra la technique pour poursuivre ce type d intervention au Québec. Depuis cette période, l alimentation parentérale à domicile est disponible au Québec. UNE AFFAIRE D ÉQUIPE Il y a 25 ans, une équipe œuvrant avec les grossesses à risques élevés du Centre hospitalier Sainte-Justine s intéresse aux nouveau-nés de mères atteintes du VIH. D r Marc Boucher, périnatalogiste et gynécologue obstétricien, ainsi que trois autres médecins spécialistes (un microbiologiste, un pédiatre immunologue-infectiologue et un épidémiologiste) veulent trouver comment empêcher la transmission verticale du virus de la mère vers l enfant. Il se rappelle qu au début la majorité des gens, y compris des médecins, craignaient le SIDA. Peu de solutions étaient disponibles pour ces femmes qui, trop souvent, étaient ostracisées : lorsqu enceintes, personne ne voulait les aider. Pour D r Boucher, c était tout le contraire ; ces femmes, il voulait trouver comment les aider. Les recherches menées partout au monde n étaient que balbutiements quant au moyen de bloquer la transmission du virus de la mère à l enfant. D r Boucher décide alors de tout mettre en œuvre pour ces patientes. «Avec le développement de technologies et de nouveaux médicaments, on a pu offrir une alternative à ces femmes. Nous étions les premiers et voulions réussir à tout prix. Notre équipe a tout donné, si bien que nous avons, à ce jour, la plus grosse cohorte de couples mère-enfant (800 couples) au Canada sans transmission de virus», dit-il, fier de ce franc succès. L équipe a testé et mis en application une thérapie composée d antiviraux. Depuis mars 1994, les femmes enceintes reçoivent un traitement pendant une période de huit semaines en antepartum. Les travaux de l équipe de D r Boucher ont ouvert la voie à une meilleure prise en charge tant de la femme enceinte porteuse du virus que de son enfant. Aujourd hui, forts de l expertise unique développée par D r Boucher et son équipe, d autres centres hospitaliers offrent les mêmes soins aux femmes enceintes. UNE SOLUTION INNOVANTE D r Ismail El-Hamamsy, chirurgien cardiaque à l Institut de Cardiologie de Montréal (ICM) est le premier et l un des seuls à effectuer la procédure de Ross chez l adulte, une opération faite pour les personnes présentant un problème de la valve aortique. L opération consiste à remplacer la valve défectueuse par sa propre valve pulmonaire. Selon D r El-Hamamsy, les avantages de cette procédure chirurgicale sont multiples pour le patient : «Cela permet d avoir une valve qui est la sienne, qui est vivante et qui ressemble à une valve aortique native en position aortique. La procédure est surtout faite chez les jeunes.» En effet, D r El-Hamamsy a démontré dans une étude publiée dans le Lancet que la survie à long terme des jeunes patients qui ont eu une procédure de Ross est équivalente à celle de la population générale. Les bénéfices nets sont bien réels. Outre la survie à long terme, les complications sont minimes et la qualité de vie de ces patients est grandement améliorée puisqu il n y a aucun besoin de recourir à des anticoagulants ou à toute autre médication particulière à long terme. Alors, au lieu d utiliser des valves métalliques ou biologiques, pourquoi cette procédure n est-elle pas plus répandue? D r El-Hamamsy explique que la procédure est beaucoup plus difficile et exigeante qu une procédure normale de remplacement. «Il faut être très à l aise avec cette procédure. J ai fait mon fellowship en Angleterre avec le plus grand spécialiste en la matière. J ai passé quatre années à bien développer cette procédure. À mon retour, j ai mis sur pied le programme à l ICM et, aujourd hui, près d une soixantaine de patients ont été opérés avec succès.» Le programme de chirurgie de Ross ouvert à l ICM est parmi les plus importants au monde tant pour le volume de procédures réalisées que pour les travaux de recherche qui y sont effectués. Moins de 50 chirurgiens sont habiletés à effectuer cette procédure dans le monde. Au Canada, trois l effectuent, un centre est à Toronto, l autre, à Québec. D r El-Hamamsy est souvent appelé à aller assister un collègue ailleurs dans le monde lorsque celui-ci veut implanter une telle procédure. 19

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