La révolution agricole en marche

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1 Janvier N 10 Investir Au Cameroun GRANDS CHANTIERS AGRICULTURE ENERGIE MINES INDUSTRIE SERVICES FINANCE La révolution agricole en marche P 4-11 Le gouvernement satisfait des travaux de construction de la centrale à gaz de Kribi Paul Biya pour une redéfinition des APE P 16 P 30 Un nouveau départ pour Camair-Co P 20

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3 Au Sommaire 8 La diaspora invitée à participer au développement de la filière café-cacao 20 Un nouveau départ pour Camair-Co INVESTIR AU CAMEROUN Editeur Mediamania Sàrl 19 rue de Veyrier 1227 Carouge/Genève - Suisse Directrice de la publication Yasmine BAHRI-DOMON 25 La BDEAC va lancer un emprunt obligataire de 70 milliards FCFA en 2013 Rédaction Agence Ecofin, Ayissi Le Beau, Beaugas-Orain Djoyum, Mamadou CISSÉ, Muriel Edjo. Opérateur Séquence Media SA Maquette : Jérémie FLAUX, Réalisation web : Christian ZANARDI, Corrections : Xavier MICHEL Régie publicitaire Mediamania Sarl, Genève Benjamin FLAUX Tél Au Cameroun Tél Impression Rotimpres, Aiguaviva, Espagne Gratuit Ne peut être vendu 27 En 2013, la BEAC prévoit un taux de croissance de 5,8% en zone Cemac Janvier 2013 / N 10-3-

4 Agriculture Paul Biya veut mettre en œuvre une «révolution agricole» Maintenant que la «bataille de l énergie» est bien engagée, Paul Biya en appelle à la mise en œuvre d une «révolution agricole pour faire de ce secteur un des piliers de notre développement». Cultures vivrières, élevages, cultures de transformation ou d exportation devront désormais figurer parmi les priorités du gouvernement, dont le chef de l Etat attend la mise en œuvre d une «révolution agricole». Il est vrai que, si le potentiel agricole du Cameroun est important, les défis à relever pour faire du pays Robert Fabre, président de la Compagnie fruitière de Marseille. une véritable puissance agricole ne le sont pas moins. Les prix du manioc et de la plupart des produits alimentaires ne cessent de grimper, la production de maïs en 2012 a été décevante, et le secteur du cacao est montré du doigt du fait de la trop faible qualité de sa production. Espoir pour la production bananière Le chef de l Etat, Paul Biya, a reçu en audience, en fin d année 2012, en son palais à Yaoundé, Robert Fabre, président de la Compagnie fruitière de Marseille. Ce dernier annonce sa volonté de développer la production bananière camerounaise : «Face à la concurrence accrue que nous allons avoir sur les marchés européens pour la production de la banane et par rapport à nos concurrents latino-américains, il faut faire des efforts pour développer la capacité de production du Cameroun, pour maintenir et développer l emploi», a déclaré l industriel français. Ce dernier a par ailleurs indiqué qu il «faut diminuer le coût de production de la banane camerounaise, parce qu en temps de crise, il faut répondre au besoin du consommateur de pouvoir avoir accès à des produits moins chers». Doubler la production de maïs dans les deux ans La production de maïs a déçu en Elle se situe finalement à 1,6 million de tonnes (Mt), alors qu on attendait des volumes de l ordre de 1,8 à 2 Mt en raison des conditions climatiques favorables et de l extension des espaces cultivables. Toutefois, elle pourrait doubler et atteindre 3 Mt au cours des deux prochaines années, d après les estimations du Programme national d appui à la filière maïs (PNAFM). Ce doublement serait le fait de nouvelles méthodes culturales, et sur- -4- Janvier 2013 / N 10

5 Agriculture tout de l usage des semences améliorées. En outre, le Ministère de l agriculture et du développement rural (Minader) encourage la création des Groupements d initiatives communes (GIC) afin de faciliter la distribution des semences améliorées, qui favorisent l amélioration de la production. Ces cinq dernières années, quelque 60 milliards FCFA ont été mobilisés pour l acquisition des semences, permettant de doper la production et de réduire la demande. La sousproduction actuelle serait à l origine de la hausse des prix constatée sur le marché, puisque le kilo de maïs est passé ces derniers jours de 150 à 200 francs CFA, soit une hausse de 33%. Doubler la production de riz d ici 2015 Le riz, qui est devenu la denrée alimentaire la plus consommée au Cameroun, est essentiellement importé. La production camerounaise de la Semry est essentiellement exportée vers le Nigeria, qui dispose de davantage de décortiqueuses. Selon le Premier ministre camerounais, les moyens ont été planifiés pour changer cet état de fait et faire passer la production camerounaise de riz de tonnes aujourd hui à tonnes d ici Booster la transformation locale du coton Afriland First Bank, Ecobank et la SCB, trois institutions bancaires camerounaises, viennent d accorder un crédit de 5 milliards FCFA à la Cotonnière Industrielle du Cameroun (CICAM), entreprise publique camerounaise spécialisée dans la transformation du coton. La convention de ce prêt garanti par l Etat du Cameroun a été signée le 26 décembre dernier à Yaoundé, en présence du ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, et de M me Yao Aïssatou, directrice générale de la Société nationale des investissements (SNI), bras armé de l Etat du Cameroun en matière d investissements. Ce crédit octroyé à la CICAM va Janvier 2013 / N 10-5-

6 Agriculture permettre à cette société publique de rénover ses machines pour booster sa capacité de transformation du coton en la portant à 6500 tonnes par an, contre 3000 tonnes actuellement. Flambée des prix sur les marchés du Cameroun Le Ministère camerounais de l agriculture, comme c est le cas depuis quelques mois, a publié le 10 janvier 2013 dans le quotidien gouvernemental sa mercuriale des prix des produits viviers dans les marchés camerounais. Selon le commentaire qui accompagne cette grille, «cette semaine a été marquée par la raréfaction des stocks de certains produits de grande consommation (plantain, manioc, igname et pomme de terre) dans les marchés urbains et périurbains après les fêtes de Noël et de Nouvel An. Cette situation a engendré la persistance des prix à la hausse, similaire à celle de la semaine dernière (soit de 18 à 33%). Par contre, la tendance des prix est à la baisse dans les marchés ruraux (soit 2 à 25%)». Comme a pu le constater l agence Ecofin sur les marchés de la capitale camerounaise, la bouteille d un litre d huile de palme s arrache à 1000 FCFA par endroits, contre les 600 FCFA d antan, provoquant des opérations de vente promotionnelles impulsées par le Ministère du commerce. Le sac d oignons de 50 kg est passé de 25 à FCFA, la faute, selon les commerçants, aux inondations qui ont ravagé les zones de production du Nord Cameroun cette année. Cette augmentation généralisée des prix avait été annoncée au terme d un comité de politique monétaire de la BEAC tenu le 21 novembre 2012 à Malabo, en Guinée équatoriale. Assise au cours de laquelle il avait été constaté que le taux d inflation atteindrait 3,6% au mois de décembre, dépassant ainsi la norme de 3% admise dans la zone Cemac, dont le Cameroun fait partie. Même le manioc est devenu trop cher : le sac de 50 kg, qui revenait jadis à 3500 FCFA, est désormais cédé à 8000 FCFA, soit une hausse de plus de 100%. C est pratiquement la même proportion pour l augmentation du prix sur le sac de 100 kg, cédé à FCFA actuellement, contre 7500 FCFA par le passé. A l unisson, les commerçants justifient cette hausse des prix par la rudesse du climat, qui n a pas rendu possible de bonnes récoltes, et par l augmentation des coûts du transport. Produire un cacao de meilleure qualité La cote du cacao camerounais est en baisse sur le marché mondial. Selon Omer Gatien Malédy, secrétaire exécutif du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC), «aujourd hui, le cacao camerounais est en décote de 40 livres par quintal, soit 400 FCFA de moins sur le prix du kilogramme, qui est d environ 1400 FCFA». Dans le but de sensibiliser les producteurs à ce problème majeur, une opération coup de poing a été menée par la CICC le 27 décembre dernier pour combattre le séchage du cacao sur le bitume, pratique à laquelle s adonnent les producteurs vivant aux abords de l axe routier Yaoundé-Ntonga. A cette occasion, 1000 kg de cacao séchés sur le bitume ont été saisis dans les localités de Bafia (région du Centre) et de Ntonga (région de l Ouest). «C est une tournée de sensibilisation musclée qui vise à montrer à la communauté internationale que nous avons pris des mesures pour éradiquer les mauvaises pratiques dans la filière cacao-café», a déclaré Omer Gatien Malédy. Il était grand temps de réagir : «2000 tonnes de cacao camerounais ont été refoulées des ports européens parce que sentant la fumée. -6- Janvier 2013 / N 10

7 Agriculture production du cacao au Cameroun, du fait des réalités climatiques qui imposent la récolte du cacao en saison des pluies, le cacao est généralement séché soit sur le bitume, ce qui est interdit, soit au feu, sur des séchoirs traditionnels, ce qui lui donne une odeur de fumet. Franklin Ngoni Ikome Njie confirmé au poste de DG de la CDC Celui qui a acheté [ce cacao] est en train de perdre au moins trois milliards FCFA. La situation est bien grave», a annoncé, ce 10 janvier 2013, André Bélébeni, président de l Association nationale des producteurs de cacao et de café (ANPCC). Cette sortie médiatique du président de l ANPCC fait suite à la décote que subit en ce moment le cacao camerounais sur le marché international, à cause de sa mauvaise qualité. Laquelle est principalement due aux conditions de séchage. Dans le Sud-Ouest, l un des bassins de Décès du directeur général de Pamol Obi-Okpun Wanobi Osang, directeur général de Pamol, une société agroalimentaire camerounaise spécialisée dans la production et la commercialisation de l huile de palme, est décédé le 28 décembre dernier dans sa chambre d hôtel à Limbé (Sud-Ouest), au terme d un conseil d administration de cette entreprise. Pamol dispose de plantations dans les localités de Lobe et Ekondo Titi dans la région du chef traditionnel dans le civil, Obi-Okpun Wanobi Osang, qui est DG de Pamol depuis 2005, ne conduira pas à son terme les projets d extension des plantations de Pamol dans la localité d Ekondo Nene, mais surtout dans la presqu île de Bakassi, territoire dont la paternité a été reconnue au Cameroun par la Cour internationale de justice de La Haye après plus d une décennie de conflit avec le Nigeria. Le défunt DG de Pamol laisse également sur sa table un projet de construction d une savonnerie, un investissement de 500 millions FCFA, apprend-on. Par décret présidentiel, Franklin Ngoni Ikome Njie a été confirmé au poste de directeur général de la Cameroon Developpement Corporation (CDC). Franklin Ngoni Ikome Njie, ancien directeur technique de la CDC, occupait déjà le poste de DG par intérim de cette société d Etat depuis le 8 juin dernier, date de l évacuation sanitaire précipitée vers l Afrique du Sud de Henri Ndjalla Quain, l ancien DG, finalement décédé le 13 décembre Leader de l agroalimentaire camerounais, la CDC, qui est sur la liste des entreprises camerounaises à privatiser, produit et exporte l hévéa, la banane et l huile de palme grâce à de vastes plantations dans la région du Sud-Ouest du pays. La CDC est surtout le premier employeur privé du Cameroun, et le second employeur du pays, de manière globale, après l Etat. Janvier 2013 / N 10-7-

8 Agriculture La diaspora invitée à participer au développement de la filière café-cacao L Ambassade du Cameroun à Paris accueillait ce mercredi le directeur général de l Office national du café et du cacao (ONCC), Michael Ndoping, qui a, tour à tour, invité la diaspora à venir investir dans les filières, souligné l avenir des produits du terroir camerounais, et évoqué l impact de la nouvelle législation européenne sur le cadmium et la réglementation de l Ohada, qui fera la place belle aux coopératives face aux GIC, ceci en Investir au Cameroun : Quel est l objectif de votre venue ici à Paris? Michael Ndoping : Nous avons été un pays producteur pendant très longtemps et nous pensons qu il est temps que nous passions à l étape de la transformation et de la consommation locale. Pendant des années, nous avons exporté le «bulk», mais les spécialistes nous disent que le Cameroun dispose de variétés qui peuvent permettre d avoir du café et du cacao de terroir. C est cette voie que nous voulons exploiter, et c est pour cela que nous sommes aujourd hui à Paris dans le cadre de la recherche de partenariats. Pendant des années, nos producteurs sont restés à un niveau artisanal. Aujourd hui, nous sommes à la recherche de chocolatiers qui voudront faire des chocolats spécifiques, d origine Cameroun, avec des variétés du terroir. Dans les zones où un cacao présente des qualités spécifiques, qu on puisse avoir du chocolat typique ou atypique d une région donnée du Cameroun. «Les spécialistes nous disent que le Cameroun dispose de variétés qui peuvent permettre d avoir du café et du cacao de terroir. C est cette voie que nous voulons exploiter, et c est pour cela que nous sommes aujourd hui à Paris.» Les expériences ont montré que c est faisable. Donc si nous avons des amis ici qui veulent se lancer dans ce créneau, nous les attendons à bras ouverts au Cameroun. IC : Quel est le rôle de la diaspora? Michael Ndoping : La diaspora joue un très grand rôle dans tout ce qu on fait au Cameroun. Elle peut servir d exemple, mais aussi de promoteur. Nous avons, ici à Paris, des Camerounais qui ont des moyens, et beaucoup d entre eux sont issus de familles de zones caféières ou cacaoyères. S ils venaient apporter le plus qu ils ont ici, ensemble nous pourrions changer la vie de nos parents qui sont restés dans nos campagnes. Donc nous comptons beaucoup sur la diaspora. IC : Quel est l objectif des distributeurs à café et produits chocolatés que vous avez initiés? Michael Ndoping : C est un accessoire qui a été lancé par le ministre du Commerce et l ONCC. Nous avons commencé au Cameroun avec les universités et dans les gares routières. Nous avons poursuivi en Europe dans les ambassades, et nous allons étendre le processus au fur et à mesure que nos moyens nous le permettent. L idée est que tous les visiteurs dans nos ambassades dégustent un café d origine Cameroun. IC : Quel est l enjeu pour le Cameroun de la nouvelle réglementation européenne en matière de cacao, qui entrera en vigueur en 2013? Michael Ndoping : L Union européenne est en train de mettre en place de nouvelles directives sur le cadmium, les métaux lourds qui sont dans le cacao, car c est un produit cancérigène. Au Cameroun, nous avons fait des premiers tests qui ont montré que les fèves d origine Cameroun ne contiennent -8- Janvier 2013 / N 10

9 Agriculture pas de cadmium. Mais nous restons très attentifs, car parfois cela ne provient pas de la fève en tant que telle, mais des moyens de traitement et du transport. Donc nous voulons nous assurer que chaque fève ou grain de café qui sort du Cameroun est exempt de métaux lourds et de cadmium. IC : La réglementation de l Ohada est également en cours de révision, car l Ohada ne reconnaît pas les Groupes d initiatives communes (GIC). Quelles incidences cela va-t-il avoir sur les filières café et cacao? Michael Ndoping : Nous allons essayer de réorganiser les groupements de producteurs, car au Cameroun ce sont des petits planteurs qui interviennent dans le café et le cacao. Tant qu ils ne fonctionnent pas en coopératives ou en groupes, ils n ont pas assez de force de négociation vis-à-vis des acheteurs. Jusqu à maintenant, ils fonctionnaient en GIC, qui sont des groupes informels. Or, la loi Ohada insiste pour qu il s agisse de coopératives Manu Dibango est venu prêter main forte au directeur général de l Office national du café et du cacao (ONCC), Michael Ndoping, pour mobiliser la diaspora. qui soient conformes à des directives bien claires, que ce soit des assemblées générales, la tenue d une comptabilité, des modes de gestion standardisés ; cela permet au producteur de pouvoir non seulement gagner sur tout ce qui est service, mais aussi de mieux vendre. Donc la nouvelle réglementation sera la bienvenue, mais ce ne sera pas facile car les gens ont pris des habitudes de travailler dans des groupements informels. Mais nous allons nous y mettre. C est une loi et il faudra l appliquer en Janvier 2013 / N 10-9-

10 Agriculture L usine de montage de tracteurs d Ebolowa sera livrée en mai 2013 La société Immobiliare, adjudicataire du marché de construction d une usine de montage de tracteurs indiens de marque Sonalika dans la ville d Ebolowa, dans la région du Sud du Cameroun, a annoncé le 9 janvier dernier au cours d une visite de journalistes sur le site de construction de l usine que l infrastructure sera livrée en mai 2013, puisqu elle a déjà été construite à 86%. Reste seulement «à construire la cabine de peinture. C est la dernière pièce qui manque au puzzle», a déclaré à la presse Cyriaque Atangana, le chef du chantier. Mécanisation de l agriculture Cette usine, dont la construction est financée par le gouvernement camerounais, qui veut encourager la mécanisation de l agriculture, a été au centre d un scandale en 2011, année initialement prévue pour la livraison du chantier. En effet, cette année-là, une centaine de tracteurs montés pendant la phase de test avaient été abandonnés dans la broussaille, sous les intempéries, à cause Après les fêtes de fin d année et alors que certaines denrées de grande consommation comme le plantain, le poulet et le poisson continuent d afficher des prix à la hausse, le prix du kilogramme de la viande de bœuf, lui, a légèrement fléchi. Ainsi, a pu constater l agence Ecofin sur place, le kg de viande avec os est cédé à 2500 FCFA, contre 2700 FCFA pendant les fêtes de fin d année (baisse de de l arrêt des travaux de construction des hangars devant les abriter. La société Immobiliare avait alors accusé le gouvernement de n avoir pu débloquer l argent nécessaire à la poursuite des travaux. Une descente du ministre de l Economie sur le terrain avait conduit à un premier déblocage de 300 millions FCFA, suivi d autres mises à disposition de financements qui ont finalement concouru à l achèvement, en cours, des travaux. L usine devrait avoir une capacité de montage de 1000 tracteurs, selon les prévisions du gouvernement. Baisse du prix de la viande de bœuf dans les marchés du Cameroun 200 FCFA, environ 10%), tandis que la même quantité de viande sans os est vendue à 3000 FCFA, contre 3500 FCFA à fin décembre, soit une réduction de 500 FCFA. Une baisse des prix que les commerçants expliquent par la baisse de la demande, après la période faste des fêtes de fin d année. Sodecoton lutte contre l exportation frauduleuse de soja vers le Nigeria Frédéric Tsamba, responsable de la Société de Développement du Coton, en service dans le département du Mayo Tsanaga, dans la région de l Extrême-Nord du Cameroun, a révélé lors d une visite du préfet de ce département les 8 et 9 janvier derniers que sur les 1600 tonnes de soja attendues par la Sodecoton en 2012 dans le cadre du Programme de diversification de ses activités, l entreprise parapublique n a reçu qu à peine 100 tonnes. Le gros de la production ayant été exporté vers le Nigeria, de manière frauduleuse, par les producteurs locaux, selon le quotidien gouvernemental camerounais Cameroon Tribune. Pourtant, cette production de soja n est rendue possible que grâce aux appuis financiers et aux intrants que la Sodecoton accorde aux producteurs, comme c est le cas pour le coton. En contrepartie, renseigne-t-on à la Société de Développement du Coton, la production devrait être exclusivement vendue à la Sodecoton. Cependant, explique un producteur à l agence Ecofin, les producteurs, après avoir reçu les appuis de la Sodecoton, préfèrent exporter leurs produits vers le Nigeria, où les prix d achat seraient plus intéressants. Il y a quelques années, le même phénomène avait été observé sur la production du coton, et l implication des pouvoirs publics camerounais avait permis d y mettre un terme Janvier 2013 / N 10

11 Agriculture Encore trop de déficits de production agricole, selon Yaouba Abdoulaye palm, de Pamol, des Fermes suisses ; des pénuries récurrentes de gaz domestique alors que le pays dispose d une raffinerie Le ministre Yaouba Abdoulaye a fait cette déclaration le 15 janvier dernier à Yaoundé lors de la cérémonie d installation des responsables du programme agropole, qui vise à doper les productions animale et végétale, notamment dans les zones rurales du pays. A ces responsables installés dans leur fonction, La production caféière camerounaise en hausse de près de tonnes «Le Cameroun connaît d énormes déficits de production malgré les atouts indéniables dont il dispose.» La phrase est de Yaouba Abdoulaye, le ministre délégué auprès du ministre de l Economie, qui a étayé son propos par quelques exemples : tonnes de riz importées chaque année alors que la Société de Modernisation de la Riziculture de Yagoua (SEMRY) ne produit qu à peine tonnes ; des importations de plus de 50% des poissons consommés au Cameroun ; tonnes de maïs produites localement contre une demande qui représente le double de cette production ; tonnes d huile de palme importées chaque année pour pallier les déficits de la Soca- le ministre délégué à l Economie a instruit l installation et la mise en fonctionnement d au moins dix unités agropoles dans les six mois à venir. Selon un communiqué du ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, rendu public le 17 janvier 2013 et annonçant le lancement officiel de la campagne caféière , la production camerounaise a augmenté au cours de la dernière campagne. Selon cet officiel, la production pour la campagne écoulée est estimée à tonnes, contre tonnes une campagne plus tôt. Ce qui dévoile une hausse de la production de près de tonnes. Dans les faits, la campagne caféière a démarré le 1 er octobre 2012 pour la variété arabica, et le 1 er décembre 2012 pour la variété robusta. Janvier 2013 / N

12 Mines L Etat veut régulariser l exploitation informelle de l or à Djoum Le coordonnateur du Cadre d appui et de promotion de l artisanat minier (Capam), Paul Ntep Gwet, a annoncé l installation à Djoum, ville minière du Sud camerounais, d une brigade minière composée de gendarmes. Cette équipe aura pour mission principale, a-t-on appris, de combattre la vente clandestine de l or produite dans la localité de Djoum en canalisant la production dans le circuit de vente formel, encadré par le Capam, programme gouvernemental financé sur fonds PPTE et placé sous la tutelle du Ministère camerounais des mines et de l industrie. Selon les chiffres du Capam, 90% des 100 tonnes d or Un important stock d or dérobé dans une société minière au Cameroun Selon les quotidiens camerounais Mutations et Le Jour, un important stock d or a été dérobé par des bandits lourdement armés ayant attaqué dans la nuit du 29 au 30 décembre dernier la société chinoise Mindou Sàrl, qui exploite l or dans la ville de Bétaré Oya, dans la région de l Est du Cameroun. Le butin, annoncent les deux journaux qui citent des sources policières locales, représentait la production «d or d une semaine» de cette société. produites au Cameroun sont vendus aux trafiquants qui écument les zones de production. Constituer des réserves Le Capam, dont l objectif est également d asseoir la mécanisation de l exploitation de l or au Cameroun, et qui a déjà installé des brigades minières dans pratiquement toutes les localités minières de l Est, a lancé l année dernière le projet «Gold». Celui-ci vise à acheter de l or aux artisans afin de permettre à l Etat du Cameroun de constituer des réserves d or à la Banque des Etats de l Afrique centrale (BEAC). Vers l exploitation du gisement de fer de Lobé, à Kribi Une étude de préfaisabilité de l exploitation du gisement de fer de Lobé, dans la ville de Kribi, au sud du Cameroun, a été présentée au gouvernement camerounais Un ouvrier de Sinosteel, en Chine. par l entreprise chinoise Sinosteel Cam SA. Selon Fang Gao, le chargé des Relations publiques de cette entreprise chinoise, ce gisement de fer, plus connu sous la dénomination des «mamelles de Kribi», a une capacité de production de 4 millions de tonnes pour une durée de 25 ans. Au cours de cette cérémonie, le secrétaire d Etat camerounais aux Mines a rappelé à l entreprise chinoise que le Code minier camerounais impose aux exploitants miniers la transformation de 15% au moins de la production. Au début de l année 2012, ce sont 8 kg d or qui avaient été emportés par des bandits qui avaient attaqué la société C&K Mining, toujours dans la ville de Bétaré Oya, dans laquelle s est intensifiée l activité d extraction d or depuis 2007, année au cours le laquelle le gouvernement camerounais avait lancé l opération de sauvetage de 13 tonnes d or menacées d ennoiement par les travaux de construction du barrage de Lom Pangar. Troisième gisement camerounais Le gisement de fer de Lobé est le troisième dont l exploitation est projetée, après les gisements de fer de Mbalam, dans l Est du Cameroun, qui est à cheval entre le Cameroun et la République du Congo, et celui de Nkout, dans la région du Sud, présenté comme étant la plus importante réserve de fer du Cameroun. C est depuis 2008 que la société chinoise Sinosteel Cam SA s intéresse au gisement de fer de Lobé Janvier 2013 / N 10

13 Mines Première exportation de diamants camerounais avec plus de 600 carats 617 carats de diamants camerounais ont été exportés mercredi 16 janvier 2013 par C ank K Mining, l entreprise coréenne qui détient depuis décembre 2010 le seul permis d exploitation de diamants et substances connexes au Cameroun, à Mobilong, dans la région de l Est. Ce mercredi, C and K Mining a officiellement reçu du ministre des Industries, des Mines et du Développement technologique, Emmanuel Bonde, le premier certificat national de Kimberley du pays, qui lui permet d exporter le diamant camerounais et de le vendre sur le marché international. Le pays a déjà la possibilité d exporter ses diamants, car le Cameroun a été admis dans le club des pays membres du processus de Kimberley en août Choung Sung Hee, la représentante du chairman de C and K Mining, toute émue après la réception de ce certificat, a confié à Ecofin : «Aujourd hui nous sommes prêts à exporter 617 carats de diamants. Mais nous avons les capacités d exporter 6000 carats par mois.» Cette quantité de diamants (617 carats), qui a été évaluée par les experts camerounais, va rapporter, d après Jean Kisito Mvogo, le secrétaire national du processus de Kimberley, près de 73 millions de francs CFA au Trésor public, soit 8% représentant la taxe ad valorem et 2% pour la taxe de sortie. Interrogé sur les montants à percevoir à l avenir par le Trésor camerounais, Jean Kisito Mvogo explique qu il est difficile de faire une évaluation. «Il n y a pas une corrélation rapide à faire entre les quantités et les valeurs des diamants, comme c est le cas avec l or. Parce que l évaluation du diamant est complexe et demande de regarder la couleur, les formes, les impuretés, la transparence, le carat qui est le poids, le carat étant le cinquième du gramme, etc. Ce sont des données extrêmement techniques. Quel que soit mon plaisir de vous faire plaisir en donnant un montant, je ne saurais vous répondre», a-t-il répondu. Quantité et qualité Le secrétaire national du processus de Kimberley rassure cependant que le Cameroun va évaluer toutes les quantités de diamants de son sous-sol. «Nous avons un point focal sur le site de Mobilong qui veille 24h/24 sur les quantités et la qualité des diamants qui sortent du site. Nous confrontons ces données avec ceux qui nous parviennent au Secrétariat national du processus de Kimberley, c est en ce moment que nous évaluons la valeur marchande», explique-t-il. Le ministre en charge des Mines a affirmé durant cette rencontre que la traçabilité et la certification qui fondent le processus de Kimberley seront bientôt appliquées aux autres minerais qu exporte le Cameroun. Il se félicite déjà de la plus-value que les diamants vont apporter au Trésor public camerounais. «L Etat, qui est propriétaire des sous-sols, travaille avec les meilleurs acteurs du moment. Qu ils soient Camerounais ou étrangers. Actuellement, pour le diamant, c est avec C and K Mining, une société coréenne. Ce n est pas la nationalité qui nous intéresse, mais c est le respect des critères imposés par le processus de Kimberley», a-t-il affirmé. La société Cameroon and Korean Mining, en abrégé C and K Mining, est la première société autorisée à exploiter le diamant camerounais. Elle est détenue à 10% par le Capam (Cadre d appui et de promotion de l artisanat minier), à 10% par l Etat du Cameroun, à 10% par les nationaux et à 70% par la partie coréenne, notamment la Koko Enterprise. Les réserves diamantifères du Cameroun n ont pas encore été clairement évaluées. Mais d après Jean Kisito Mvogo, le Cameroun dispose d un potentiel artisanal de cinq millions de carats et peut produire de manière artisanale 5000 carats par an. BOD Janvier 2013 / N

14 Energie tonnes métriques de gaz et m 3 de carburant à importer en 2013 Le président de la commission ad hoc chargée des importations des produits pétroliers au Cameroun, Ibrahim Talba Malla, par ailleurs directeur général de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), a rendu public le programme d importation de ces produits pour la période allant du 1 er janvier au 31 décembre Pénuries répétées de gaz domestique Selon le document dont l agence Ecofin a pris connaissance, les importations totales de gaz domestique, techniquement appelé gaz de pétrole liquéfié (GPL), sont estimées à tonnes métriques (TM) et représentent, selon le communiqué, «71% de la consommation nationale». Le reste de la demande devant, en principe, être satisfaite par les livraisons de la Société nationale de raffinage (Sonara). Le Cameroun fait généralement face à des pénuries répétées de gaz domestique, à cause des retards observés dans la livraison des cargaisons commandées et de la faiblesse des capacités de stockage estimées à quatre jours, selon des confidences crédibles au Ministère du commerce. Cette fois-ci, le communiqué de M. Talba Malla informe que la société publique Tradex va mettre en place, tout au long du premier trimestre 2013, «un bateau stockeur de TM devant sécuriser les approvisionnements de ce trimestre». Approvisionnement en carburant Alors que certaines stations-service de la capitale camerounaise se plaignaient encore en fin de semaine dernière des difficultés d approvisionnement en carburant, un communiqué de presse publié mardi 8 janvier 2013 annonçait que le Cameroun, à partir du 7 janvier dernier, et ce jusqu au 31 décembre 2013, a lancé une opération d importation de « m 3, représentant le déficit sur les prévisions de livraison du marché national qu effectuera la Sonara, dont m 3 d essence super et m 3 de gasoil». A en croire le communiqué susmentionné signé par Ibrahim Talba Malla, «ce programme des importations, susceptible de modifications, La nouvelle Sonara, qui naîtra après un investissement global de 200 milliards FCFA, pourra raffiner le pétrole brut produit localement. ne prend pas en compte le déficit des stocks de sécurité de m 3 de super et de m 3 de gasoil». Producteur de pétrole Pays producteur de pétrole ( barils par jour selon la SNH, Société nationale des hydrocarbures) et propriétaire d une raffinerie (Sonara), le Cameroun reste importateur de pétrole brut et de produits pétroliers finis, à cause, d une part, de la qualité de son pétrole lourd que ne peut raffiner la Sonara, et d autre part des limites techniques de sa raffinerie, qui est en pleine modernisation de ses équipements depuis quelques années. La nouvelle Sonara, qui naîtra après un investissement global de 200 milliards FCFA, pourra alors, soutiennent les experts, raffiner le pétrole brut produit localement et provoquer ainsi une baisse des prix des produits pétroliers à la pompe, lesquels subissent encore l influence de la fluctuation des cours à l international. ALB -14- Janvier 2013 / N 10

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