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1 action Le magazine d information de l Ordre des pharmaciens du Québec Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3 La Délégation Une collaboration qui mène loin Éditorial : PARTAGER L INFORMATION p. 4 Entretien avec Danielle Fagnan, directrice des services professionnels de l Ordre p. 10

2 Votre milieu de travail est exceptionnel? Dites-le! Le site web de l Ordre, idéal pour recruter un pharmacien Entrez en contact, à peu de frais, avec l ensemble des pharmaciens de la province. Un service rapide Votre offre d emploi sera publiée un maximum de 48 heures après réception, les jours ouvrables. La page «Offres d emploi», l une des plus consultées du site de l Ordre. Pour connaître les tarifs et les conditions, visitez le (section Pharmaciens/Offres d emploi). Pour publier une offre d emploi, contactez Martin Laverdure : , poste 308 ou, sans frais, au

3 Éditeur Ordre des pharmaciens du Québec 266, rue Notre-Dame ouest, bureau 301 Montréal (Québec) H2Y 1T6 Téléphone : Sans frais : Courriel : Rédactrice en chef Julie Villeneuve Coordonnateur François Guérard Collaborateurs à ce numéro M e Véronique Ardouin, Guylaine Bertrand, Lynda Chartrand, Danielle Fagnan, Diane Lamarre, Manon Lambert, Valérie Verville. Graphisme Révision linguistique Isabelle Roy Publicité Martin Laverdure, Communications publi-services inc. Téléphone : , poste 308 Poste publication Dépôt légal, 1 er trimestre 2012 Bibliothèque et Archives du Canada Bibliothèque et Archives nationales du Québec ISSSN Ordre des pharmaciens du Québec L Ordre des pharmaciens du Québec a pour mission de veiller à la protection du public en assurant la qualité des soins et des services pharmaceutiques offerts à la population et en faisant la promotion de l usage approprié des médicaments au sein de la société. Il regroupe plus de 8000 pharmaciens qui exercent notamment dans plus de 1700 pharmacies privées ainsi que dans les établissements publics de santé du Québec. Présidente du Conseil d administration Diane Lamarre Dans ce document, le genre masculin est utilisé comme générique, dans le seul but de ne pas alourdir le texte. La reproduction d extraits est autorisée pour usage à l interne seulement avec mention de la source. Toute reproduction partielle doit être fidèle au texte original. Toute autre demande de reproduction doit être adressée au Service des communications de l Ordre par écrit. Ce document est disponible en ligne au Éditorial Partager l information 4 Actualités Entretien avec Danielle Fagnan, directrice des services professionnels de l Ordre 10 La norme sur les préparations magistrales non stériles suscite l intérêt 13 Une pharmacie virtuelle pour mettre à jour ses compétences 16 L ordonnance collective pour le Diclectin fait des petits 16 Rupture d approvisionnement : des ressources sur le Web 17 Questions de pratique Comment exécuter une ordonnance vétérinaire? 20 Dossier La DVCC, un an après 6 info-déonto Les publicités portant sur le transfert ou le renouvellement d ordonnances 21 Comité à l ordre du jour Le comité de révision des plaintes 22 Actualités Lutte anti-tabac : deux pharmaciennes témoignent 14

4 Éditorial Par Diane Lamarre pharmacienne, M. Sc., Présidente Partager l information Dimanche dernier, je travaillais à la pharmacie et je savais qu une de mes patientes âgées était allée voir son médecin le vendredi précédent pour le suivi d une pneumonie. Je consulte son dossier et je vois qu elle a reçu un autre traitement de prednisone et d antibiotique. Ce sera son troisième en deux mois. Inquiète, je lui téléphone et elle me rassure en me confirmant qu elle a fait remplir ces deux ordonnances à l avance pour un éventuel épisode d infection car son pneumologue lui a remis un plan de soins. Un inconfort s installe car, selon le Dossier Santé Québec (DSQ), si elle était hospitalisée au cours des prochains jours, on présumerait d emblée qu elle est «actuellement» sous traitement avec ces deux médicaments. Pourquoi est-il si laborieux de «partager intelligemment» des données essentielles à la santé et à la sécurité des citoyens? En cette ère technologique où je suis informée en temps réel de chaque but compté par les Canadiens de Montréal, comment expliquer que je ne puisse avoir accès aux résultats des analyses de laboratoire prélevées il y a un mois chez mon patient? Comment expliquer qu un médecin de famille n obtienne le résumé de dossier de son patient qui a été hospitalisé que plusieurs jours, voire plusieurs semaines, plus tard? Comment concevoir qu un patient qui attend un résultat lui confirmant ou non qu il est atteint d un cancer se fasse dire «si vous n avez pas de nouvelles d ici trois à quatre semaines, c est que tout va bien»? Il y a urgence à ce que tous les professionnels communiquent entre eux efficacement avec le consentement du patient. Les patients sont d ailleurs souvent estomaqués d apprendre que ce n est pas déjà le cas. Le Dossier Santé Québec (DSQ) À terme, les informations du DSQ apporteront une valeur ajoutée incontestable pouvant même sauver des vies. Certaines zones de confusion demeurent toutefois et quand on parle de médicaments, l absence de précision peut être lourde de conséquences. Ainsi, les médicaments en attente dans un dossier de pharmacie n apparaissent pas dans le DSQ puisque seuls les médicaments servis seront partagés. Par ailleurs, comme pour ma patiente, dès qu un médicament a été acquis en pharmacie, il apparaît à son dossier même s il n est pas utilisé immédiatement. On essaie de faire un instrument à portée clinique avec une liste de médicaments facturés. C est mieux que rien et il faut que le DSQ s implante et soutienne enfin les soins aux malades, mais 20 ans après le projet de carte à puce de Rimouski (1992), on souhaiterait avoir une information partagée complète et sans équivoque. 4 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

5 Éditorial Les pharmaciens, tant en établissement de santé qu en officine, tentent tant bien que mal de répondre à la fois aux besoins manifestes de la population et aux lacunes technologiques et organisationnelles du système de santé. Les demandes sont nombreuses et souvent ambiguës : listes de médicaments, transmissions de profils, formulaires de represcription, bilans comparatifs de médicaments, dossiers pharmacologiques abrégés représentent autant d appellations pour partager l information sur la thérapie médicamenteuse de nos patients. Un vocabulaire commun et précis s impose. La définition de partage comporte non seulement la notion de donner mais aussi celle de recevoir. Les pharmaciens donnent l exemple et sont, je dirais, les premiers à «partager» non seulement dans le DSQ mais également par d autres moyens. L accès à des résultats de laboratoire et aux plans de soins de nos patients aidera à la convergence des messages et à la contribution des pharmaciens à de meilleurs soins aux patients. au Québec n en est qu à ses balbutiements alors que dans plusieurs autres pays, il est intégré au quotidien des professionnels depuis longtemps. Il faut participer activement à cette première étape en mettant l intérêt du patient en premier. Ensemble, nous devons répondre à notre devoir de diligence envers nos patients et prévoir des modalités de référence et de communication. La Loi 41 diminuera les communications à des fins administratives qui étaient souvent, avec raison, sources d irritation pour les médecins et redonnera la place qui convient à des contacts et à des corridors de services planifiés dont le seul but sera vraiment d améliorer les soins de nos patients. Le partage d information retrouvera alors tout son sens. Nos instruments informatiques devront évoluer à la fois pour accueillir ces données et pour nous permettre de transmettre des données fiables. On peut faire le parallèle avec l arrivée du dossier-patient en pharmacie il y a plus de 30 ans. Ce qui semblait irréaliste et gruge-temps est devenu un instrument d efficience et de protection du public. Travailler sans dossier-patient est tout simplement inconcevable en Les pharmaciens ont fait preuve d une sage anticipation en intégrant rapidement ces technologies dans leur pratique, ce qui leur permet aujourd hui d aider les autres professionnels de la santé et la population toute entière. Le partage d information

6 Dossier La DVCC, un an après De plus en plus de pharmacies implantent la délégation de la vérification contenant-contenu (DVCC) au Québec. Et l on commence à en tirer des enseignements. La pratique pharmaceutique évolue et, pour exercer pleinement les nouvelles activités si attendues du public, de nombreux pharmaciens entreprendront d en déléguer d autres, de nature technique. «Pas le choix, lance la pharmacienne Nathalie Bédard, coordonnatrice des services professionnels au Groupe Hébert Ferlatte à Québec. Pour nous rendre plus disponibles aux patients, nous devrons cesser de vérifier nous-mêmes le contenu de 450 piluliers par semaine!» Un an après sa publication, la Norme sur la délégation de la vérification contenant-contenu en pharmacie est plus pertinente que jamais. Et pas seulement dans le contexte de la modification de la Loi sur la pharmacie, qui permettra bientôt aux pharmaciens d exercer six nouvelles activités. Les médecins de famille étant plus difficiles d accès pour un grand nombre de gens, les pharmaciens communautaires 6 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

7 Dossier sont de plus en plus sollicités. Sans oublier que le travail de distribution de médicaments s alourdit, en raison du vieillissement de la population. La DVCC fait donc partie des solutions à envisager pour permettre au pharmacien de consacrer plus de temps à la prestation des soins et services pharmaceutiques et de faire un meilleur usage de son expertise pharmacothérapeutique. D autant plus que la DVCC contribue à augmenter la sécurité pour les patients. «Les études démontrent que, dans cette tâche, parce que placés dans un contexte différent, les assistants techniques en pharmacie font moins d erreurs que les pharmaciens», indique la pharmacienne Guylaine Bertrand, coordonnatrice de pratique professionnelle à l Ordre et référence en matière de DVCC. «Le pharmacien peut être interrompu dans sa vérification, et une erreur peut malencontreusement se glisser lorsqu il reprend la tâche. L ATP, pour sa part, est moins distrait par les autres activités de la pharmacie.» Mais déléguer une tâche essentielle comme la vérification contenant-contenu requiert l implantation d une procédure rigoureuse, explique Guylaine Bertrand. «Les pharmacies communautaires ne sont pas habituées à cela. C est un processus qui nécessite réflexion et souvent une réorganisation du travail». D où l importance de s inspirer de ceux qui ont tenté l expérience. Une vue d ensemble de cette nouvelle pratique commence à se dessiner. Guylaine Bertrand, en accompagnant de nombreux pharmaciens dans leur parcours de mise en application de la DVCC, a pu colliger les expériences des pionniers et tirer des enseignements pouvant servir aux autres. Elles ont implanté la délégation de la vérification contenant-contenu Yvonne Khamla, pharmacienne propriétaire à Saint-Eustache «J ai décidé d implanter la DVCC en avril dernier en raison du fort volume de pilulier à préparer dans ma pharmacie. Nous avons dû travailler fort pour mettre en place notre protocole. Nous avions la chance d avoir une chef technicienne cumulant plus de 15 ans d expérience pour assurer le rôle de délégataire. Une étudiante en pharmacie en stage durant quatre semaines a également travaillé à temps plein sur le développement du projet. L Ordre a été une ressource importante pour vérifier l ensemble du processus. En septembre, mes collègues pharmaciens et moi ne vérifiions plus que 20 % des piluliers. Les heures libérées sont accordées au suivi des patients. Tous y gagnent : les patients obtiennent un meilleur service et notre travail de pharmacien devient plus motivant.» Nathalie Bédard, coordonnatrice des services professionnels au Groupe Hébert Ferlatte «Notre groupe compte 18 pharmacies dans la région de Québec, des Bois-Francs et de la Beauce et, jusqu à maintenant, la DVCC a été mise en place dans sept d entre elles. À ce jour, 10 assistants-techniques œuvrant au sein des pharmacies du groupe se sont qualifiés et pratiquent la délégation des piluliers dans leur quotidien en pharmacie. Nous considérons la formation et la certification comme la clé du succès de la DVCC. Nous avons développé un système de qualification rigoureux. Les candidats doivent réussir quatre étapes de certification, allant de l identification des médicaments à la vérification de piluliers dans lesquels nous avons volontairement glissé quelques erreurs. Une re-certification annuelle est nécessaire afin de s assurer du maintien de la compétence. Dans la pharmacie communautaire de l avenir, j envisage deux façons de travailler. La distribution de médicaments sera de plus en plus déléguée à des techniciens compétents. Les pharmaciens, quant à eux, consacreront la plus grande partie de leur temps au suivi clinique. En Beauce, un projet pilote visant à élargir la délégation des actes de nature technique à l ensemble de la chaîne de travail est déjà en place et prouve la pertinence de continuer à miser sur la collaboration encore plus étroite de nos assistants-techniques.» 7 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

8 Dossier Voici ses cinq principaux conseils à qui voudrait lancer le chantier de la DVCC : 1. Le pharmacien propriétaire (ou le pharmacien que le propriétaire aura désigné au soutien) doit superviser l opération. L implantation de la DVCC est une opération complexe qui fait appel à des qualités de gestionnaire. Le recours à des consultants en développement de processus peut rendre la tâche plus facile. Mais d abord faut-il que le travail dans la pharmacie soit bien organisé. L erreur à éviter est de laisser agir un consultant les yeux fermés. La DVCC n est pas un prêt-à-porter. Elle doit être adaptée, entre autres, à l espace physique de la pharmacie, à son personnel et à son achalandage. Ultimement, c est le pharmacien, et non le consultant, qui est responsable d une distribution de médicaments sécuritaire. 2 Toute l équipe doit adhérer au programme. Dans une équipe où un pharmacien serait réticent à appliquer la DVCC, un autre peut-il le faire uniquement pendant son quart de travail? La réponse est non. Le processus doit être uniformisé à l ensemble de la pharmacie. Deux systèmes d organisation du travail dans un seul endroit créeraient une confusion qui hausserait le risque d erreurs. Avant de lancer le programme, il faut bien communiquer son intention à toute l équipe, présenter les avantages de ce changement par exemple, un travail plus valorisant pour les pharmaciens ET les ATP, rédiger des descriptions de tâches claires et s assurer que tous rament dans la même direction en faisant signer à chacun un formulaire d engagement. 3 Le personnel technique doit être sélectionné avec soin. Vérifier des dizaines de piluliers par jour n est pas fait pour tous. Il faut bien connaître les médicaments, être vigilant, minutieux, rigoureux et responsable. Une personne ayant ce profil doit se trouver au sein de l équipe pour que la DVCC soit un succès. Le technicien pressenti pour devenir délégataire devra être formé et évalué correctement. Les consultants peuvent aider à ce chapitre. Un exemple de plan de formation est aussi offert dans la norme, que l on trouve sur le site Web de l Ordre. 4 Les procédures doivent être écrites et détaillées. Un nouvel employé qui intègre l équipe, qu il soit technicien ou pharmacien, doit pouvoir consulter un document détaillant chaque étape de la vérification et les rôles de chacun. On s assure ainsi de la pérennité de la démarche, même après le départ d un pharmacien, et surtout, que l acte de vérification est toujours fait de la même façon. 5 Le contrôle de la qualité doit être constant. Cette étape est primordiale puisque la confiance du pharmacien envers la DVCC passe par le contrôle de la qualité. La plupart des pharmaciens vérifient 100 % du travail du délégataire au cours des quatre à huit premières semaines d implantation. Ensuite, après certaines corrections, ils arrivent à une vérification d un échantillon de 10 % à 20 % du travail. Pour être efficace, nous disent les lois de la statistique, ce contrôle ne doit pas se faire sous forme de blitz tous les piluliers d une journée, mais à petites doses (un pilulier sur cinq, par exemple) de façon continue dans le temps. Et il doit être aléatoire. Il ne faut pas, par exemple, effectuer le contrôle uniquement le vendredi. Il convient également d établir un registre pour noter les erreurs survenues. Celles qui sont récurrentes pourront ainsi être détectées et une correction pourra être apportée au processus. Ce registre doit inclure autant les erreurs détectées par la personne qui vérifie le travail que par la personne qui effectuera le contrôle de qualité. La DVCC n est pas faite pour tous les pharmaciens, constate Guylaine Bertrand. Un besoin doit se faire sentir. Une bonne organisation du travail dans la pharmacie est nécessaire. Et l équipe doit être motivée et mature. Ces éléments en place, la DVCC devrait être un succès, croit-elle. «Le projet n est pas facile. Mais ceux qui l ont implanté disent qu ils ne reviendraient pas en arrière», conclue-t-elle. 8 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

9 Dossier Quelles activités Peuvent être déléguées en pharmacie? Seules les activités de nature technique, c est-àdire celles qui n impliquent pas le jugement professionnel du pharmacien peuvent être déléguées. La vérification contenant-contenu, la collecte des données selon un formulaire développé par le pharmacien et la saisie des données au dossier en sont des exemples. Selon la norme sur la délégation en pharmacie, les tâches techniques peuvent être déléguées s il y a : Élaboration et implantation d une politique et de procédures Formation du personnel Évaluation des compétences Mise en place d un programme de contrôle de qualité Peut-on être tenu responsable professionnellement d une erreur commise lors de la DVCC? Certains pharmaciens hésitent toujours à implanter la DVCC de crainte d être tenus responsables professionnellement des erreurs pouvant être commises par les assistants techniques lors de cette vérification. Il est important de savoir que l erreur d un pharmacien ou d un assistant technique n entraînera pas automatiquement le dépôt d une plainte disciplinaire contre un pharmacien. En effet, l erreur n est pas une infraction déontologique. Seule la négligence d un pharmacien, dans l exercice de sa profession, peut mener au dépôt d une plainte disciplinaire. Or, l erreur n est pas synonyme de négligence. Ainsi, ce sont les circonstances propres à chaque événement qui détermineront s il s agit d une erreur ou d une négligence. Pour plus d information, consultez la question 4 de la section «Pharmaciens/Ma pratique/info-déonto» du site Web de l Ordre. Responsabilité professionnelle amenée devant un tribunal civil Compte tenu que le pharmacien est responsable professionnellement de ses actes, il doit posséder une assurance et informer son patient et son assureur en cas d erreur. Si une faute est commise, le patient, pour être dédommagé, a le fardeau de prouver la faute, le préjudice et le lien de causalité entre les deux. Au Québec, afin que le professionnel soit en mesure d offrir réparation en cas de faute, il doit souscrire à une assurance responsabilité professionnelle. Dans le cas où une erreur est commise par un assistant technique dans le cadre de la délégation en pharmacie et que cela se traduit par une poursuite, l assurance professionnelle de l employeur (pharmacien propriétaire, société de pharmaciens ou établissement de santé) prendra en charge le montant de la réclamation si le tribunal considère l assistanttechnique responsable de l erreur commise. 9 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

10 Actualités Entretien avec Danielle Fagnan, directrice des services professionnels de l Ordre Cap sur le patient Les grands projets lancés par la Direction des services professionnels (DSP) au cours des derniers mois annoncent des changements pour les pharmaciens. La publication des Standards de pratique et l entrée en vigueur du programme de surveillance demandent aux pharmaciens d adapter leur pratique aux nouvelles réalités. Danielle Fagnan, directrice de la DSP, explique les raisons de ces changements. Qu est-ce qui justifie ces changements dans la pratique demandés par l Ordre? Le monde de la pharmacie a beaucoup évolué dans la dernière décennie. Pas seulement au Québec, mais partout en Occident. Le médicament est à la base de nombreux traitements médicaux. Toutefois, les thérapies médicamenteuses sont de plus en plus complexes et les risques et conséquences des erreurs, de plus en plus grands. La surveillance de la thérapie médicamenteuse, qui était une des nouvelles activités réservées des pharmaciens dans la Loi 90, devient donc cruciale pour la sécurité des patients. Effectuer cette surveillance pour maximiser la probabilité d obtenir l effet thérapeutique souhaité, faire en sorte que les patients adhèrent à leur traitement et consigner les interventions à leur dossier doivent devenir des pratiques courantes en pharmacie. C est une question de responsabilité et de prévention. Toutes nos actions visent la même cible : l acquisition d une pratique davantage centrée vers le patient et donnant aux pharmaciens non seulement la responsabilité de surveillance mais aussi les moyens de la réaliser. C est exactement ce que permet la Loi 41, ce qui rend notre démarche d autant plus pertinente. Pouvez-vous expliquer les grandes lignes de cette démarche? Nous avons d abord décidé de communiquer clairement aux pharmaciens ce que l on attendait d eux. Nous avons donc publié à la fin 2010 les Standards de pratique, qui sont au cœur de toutes nos actions. Puis, nous avons amorcé, près d un an plus tard, le nouveau programme de surveillance, basé sur ces standards. Puisque cinq ans sont prévus pour la pleine atteinte des standards, nous ne nous attendons pas à ce que la pratique des pharmaciens soit leur parfait reflet à ce moment-ci. Nous voulons que les pharmaciens travaillent à l adoption de ces standards, les intégrant à leur fonctionnement quotidien. La norme sur les préparations magistrales non stériles, pour sa part, répond à un besoin de sécurité. L individualisation des thérapies en fonction des besoins des patients fait en sorte que ce type de préparations redevient populaire en pharmacie. Et ni une compagnie pharmaceutique, ni Santé Canada n intervient dans la conception du produit. Le pharmacien est donc le seul responsable du contrôle de la qualité. Voilà pourquoi nous devions encadrer cette pratique par une norme : pour protéger les patients mais aussi les pharmaciens et leur personnel technique. Ici aussi, nous laissons aux pharmaciens du temps deux ans pour l implanter. Établir des politiques et des procédures prend du temps. Et le temps manque en pharmacie C est vrai. Mais en instaurant des politiques et des procédures, on peut déléguer des activités de nature technique qui consomment beaucoup de temps comme la vérification contenant-contenu. Pour gagner du temps, il faut donc en investir au début. Faire l effort de détailler comment fonctionne sa pharmacie, quelles en sont les règles, de sorte que chacun connaisse son rôle dans la chaîne de 10 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

11 Actualités Une des préoccupations de certains pharmaciens résidait dans la réalisation d un plan de prise en charge des patients (PPCP). Nous les avons entendus et avons donc élaboré différents modèles disponibles sur le site Web de l Ordre. On trouve également d autres outils liés au développement professionnel sur le site. Le questionnaire d auto-inspection et le plan d atteinte des standards permettent au pharmacien d initier une réflexion sur les changements à intégrer à sa pratique et d établir des priorités. Il est à noter que les pharmaciens inspectés ne sont pas sélectionnés pour l inspection sur la base de la complétion de ces deux outils qui sont, d abord et avant tout, destinés à soutenir le développement professionnel des pharmaciens. D autres ressources s ajouteront dans les mois à venir. L Ordre envisage de développer, par exemple, un programme de mentorat. Des pharmaciens qui ont réorganisé leur pratique pourront présenter leur milieu aux autres et partager leurs bons coups. travail et le circuit du médicament, et éliminer les étapes inutiles est essentiel, surtout lorsque la pharmacie grossit et que plusieurs personnes travaillent au laboratoire en même temps. Les spécialistes en organisation du travail et des processus diraient même que cela peut améliorer la productivité des pharmacies. En déléguant et en automatisant par l utilisation d un robot ou de logiciels, le pharmacien peut dégager le temps nécessaire pour faire des consultations avec ses patients, intervenir auprès du médecin, rédiger des opinions pharmaceutiques tout en étant confiant dans son processus de distribution des médicaments. N est-ce pas justement pour faire ce travail gratifiant que nous avons choisi cette profession? Où sont les ressources pour aider les pharmaciens à effectuer ces changements? Nous sommes conscients que les exigences et les attentes de l Ordre évoluent, tout comme l environnement de pratique. Dans ce contexte, notre priorité est d accompagner les pharmaciens à chaque étape de ce cheminement, d offrir de l encadrement et des outils. Nous avons mis sur pied à la DSP un service d accompagnement pour soutenir les pharmaciens. Ce service procède entre autres au développement d outils de pratique en soutien aux normes, dont des canevas de politiques et procédures. «Notre priorité est d accompagner les pharmaciens à chaque étape de leur cheminement, d offrir de l encadrement et des outils.» Les normes et les lignes directrices qui émanent de la DSP doivent elles être appliquées à la lettre? Une norme ou une ligne directrice n a pas la portée juridique d un règlement ou d une loi. Une norme, c est un ensemble de règles fonctionnelles ou techniques relatives à des processus ou à leurs résultats. Elle est établie par un consensus qui résulte de l expérience et de l expertise. Elle sert à encadrer et à guider la pratique, à établir quelles sont les règles de l art. Par exemple, dans la norme sur les préparations magistrales non stériles, on demande aux pharmaciens de porter des gants et un masque afin de préparer des médicaments. C est une simple question de logique : depuis longtemps, les restaurants appliquent des règles d hygiène semblables! Peut-on vraiment appliquer des standards moindres lorsqu il est question de préparation de médicaments? 11 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

12 Actualités Néanmoins, un pharmacien peut utiliser d autres moyens que ceux décrits dans une norme si sa démarche est basée sur des données objectives, qu elle est logique et que les objectifs visés par la norme sont atteints. Toutefois, en cas de plainte disciplinaire, celui-ci devra convaincre le conseil de discipline qu il a pratiqué selon les règles de l art. Il est certain que lorsqu il applique une norme de l Ordre, le pharmacien doit tenir compte du contexte et exercer son jugement professionnel. Toutes nos actions visent la même cible : l acquisition d une pratique davantage centrée vers le patient. Il est aussi important pour le pharmacien de documenter ce qu il fait c est une mesure de gestion de risques. Si un incident ou un accident se produit, il pourra ainsi retracer qui a fait quoi. L erreur n est pas une infraction déontologique mais la négligence, oui. En l absence de documentation, d un œil extérieur, on pourrait juger qu il s agit de négligence. Réorganiser sa pratique est une démarche de longue haleine. Par où faut-il commencer? La première chose à faire est de prendre connaissance des Standards de pratique. Ensuite, nous invitons les pharmaciens à prendre du temps pour analyser leur pratique. Voir quels sont les points à améliorer en fonction des standards. Cette réflexion faite, il faudra établir des priorités quel est le premier changement que j instaure? et un échéancier. Puis, il faut foncer. Des questions surgiront inévitablement et l Ordre est là pour y répondre. Nous sommes là pour aider. Pour toute question, commentaire ou suggestion, veuillez communiquer avec la DSP à au ou, sans frais, au «Mes tarifs de groupe m ont permis d économiser beaucoup.» Mireille Baron Cliente satisfaite depuis 2003 Des soumissions qui font jaser. Chez TD Assurance Meloche Monnex, nous connaissons l importance d économiser autant que possible. En tant que professionnel de la santé, vous pourriez profiter de tarifs avantageux sur vos assurances habitation et auto et d autres privilèges exclusifs 1. Vous bénéficierez également d une excellente protection et d un service exceptionnel. Demandez une soumission en ligne au ou téléphonez au Lundi au vendredi, de 8 h à 20 h Samedi, de 9 h à 16 h Le programme d assurances habitation et auto de TD Assurance Meloche Monnex est souscrit par SÉCURITÉ NATIONALE COMPAGNIE D ASSURANCE. Le programme est distribué par Meloche Monnex assurance et services financiers inc. au Québec et par Meloche Monnex services financiers inc. dans le reste du Canada. En raison des lois provinciales, notre programme d assurance auto n est pas offert en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Saskatchewan. 1 Certaines conditions et restrictions s appliquent. MD/ Le logo TD et les autres marques de commerce sont la propriété de La Banque Toronto-Dominion ou d une filiale en propriété exclusive au Canada et(ou) dans d autres pays. 10-MM _MMI.FR opq (6.5x4.4375).indd 1 12 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro :18 AM

13 Actualités Crédit photo : Stéphane Côté La norme sur les préparations magistrales non stériles suscite l intérêt Le 11 janvier, plus de 200 pharmaciens se sont réunis à l hôtel Hyatt Regency de Montréal pour assister au lancement de la norme sur les préparations magistrales non stériles. Six des dix membres du groupe de travail qui ont participé à l élaboration de la norme ont monté sur scène pour présenter les catégories de la norme et répondre aux questions ayant été les plus fréquemment demandées par les pharmaciens sur le terrain. D autres experts ont participé à ce lancement. Le D r Grégoire Leclair, chercheur et professeur en technologie pharmaceutique à la Faculté de pharmacie de l Université de Montréal, en a expliqué les grandes lignes. Sylvie Bédard, conseillère en santé et sécurité du travail à l Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales, a pour sa part dévoilé le Tableau des risques identifiés pour les ingrédients, un outil en ligne qu elle a conçu pour les pharmaciens. La soirée était animée par Danielle Fagnan, directrice des services professionnels de l Ordre. Rappelons que vous disposez de deux ans pour appliquer cette norme, qui vise la protection des patients et des préparateurs. Ses standards s appuient sur une revue exhaustive de la littérature récente, notamment les normes actuellement en vigueur ailleurs dans le monde. Une webdiffusion annulée, mais une vidéo disponible en ligne La soirée devait être diffusée en direct sur le Web mais un microprocesseur en surchauffe a forcé l annulation de l émission. L Ordre a été d autant plus déçu et désolé de cet incident que plus de pharmaciens étaient à l écoute. Cette participation massive a au moins permis de réaliser l intérêt des pharmaciens pour la webdiffusion, qui permet à tous d assister aux événements de l Ordre peu importe le lieu de pratique. Les nombreux messages d encouragement reçus dans les jours suivant l événement ont confirmé cet intérêt, et l Ordre entend répéter l expérience. Toutes les présentations du lancement peuvent être visionnées dans l espace vidéo du site de l Ordre. Au moment d écrire ces lignes, plus de 580 pharmaciens ont regardé la vidéo. Ceux qui le font peuvent obtenir deux unités de formation continue après avoir répondu à un bref questionnaire, accessible sur la page des vidéos. Cinq membres du groupe de travail ayant participé à l élaboration de la norme ont répondu aux questions des pharmaciens. De gauche à droite : Jean-Philippe Gentès, Andrée Néron, Guy Bertrand, Martine Grondin et Marise Quirion. Les pharmaciens disposent de deux ans pour appliquer cette norme la norme sur les préparations magistrales non stériles en pharmacie, son échéancier d application et le Tableau des risques identifiés pour les ingrédients sont disponibles au dans la section «Publications» (sélectionnez «Normes de pratique et lignes directrices»). La vidéo complète du lancement est accessible dans l espace vidéo du site (sélectionnez «L Ordre», puis «Espace vidéo»). Pour toute question sur la norme, veuillez communiquer avec la DSP à au ou, sans frais, au L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

14 Actualités Julie Racicot, pharmacienne à l Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. 2 Annik Thériault, pharmacienne communautaire de Montréal. Lutte anti-tabac : deux pharmaciennes témoignent La Semaine québécoise pour un avenir sans tabac 2012, qui a eu lieu du 15 au 21 janvier, était une belle occasion pour l Ordre de montrer comment, en tant que pharmacien, vous pouvez faire toute une différence auprès de vos patients fumeurs. En effet, votre contribution n est pas négligeable quand on considère que le tabagisme demeure la première cause de mortalité évitable au Québec. De plus, comme le souligne le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS), un fumeur sur deux décédera des suites de sa consommation de tabac. Les tentatives d arrêt tabagique chez les fumeurs ont également diminué de 13 points de pourcentage comparativement à il y a 10 ans. Il est donc nécessaire de continuer la lutte anti-tabac et, en tant que pharmacien, vous avez un rôle important à jouer en ce sens. Lors de la Semaine québécoise pour un avenir sans tabac, l Ordre a diffusé deux capsules vidéo ayant pour titre Cessation tabagique Les pharmaciens, présents pour vous. Julie Racicot, pharmacienne à l Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, et Annik Thériault, pharmacienne communautaire de Montréal, ont accepté de participer à ce projet. L Ordre tient d ailleurs à les remercier chaleureusement pour leur contribution. Dans ces deux vidéos, ces pharmaciennes abordent le tabagisme, ses effets et surtout, ce qu elles font en tant que professionnelles de la santé pour aider leurs patients à cesser de fumer. Annik Thériault dresse un portrait général de la situation, explique les effets de la nicotine, les étapes par lesquelles passent les fumeurs et la démarche qu elle entreprend auprès d eux. Elle raconte que tout part de la volonté du patient : «J essaie de voir, avec mon patient fumeur, quelle est sa raison pour cesser de fumer. Souvent, les gens ont envie de cesser pour les autres, ce qui n est pas toujours une bonne raison. Il faut cesser pour soi. Il faut aussi que leur raison les aide à garder la route de la cessation tabagique. Si c est le cas, on est sur la bonne voie.» Annik Thériault prend le temps de discuter avec ses patients fumeurs et d établir avec eux, s ils le désirent, un plan pour arrêter de fumer. Quant à Julie Racicot, elle constate chaque jour les effets du tabagisme. En effet, les problèmes de santé traités à l Institut sont pour la plupart liés à la consommation de tabac. Dans la vidéo, on apprend entre autres que 85 % des cancers du poumon sont causés par le tabagisme, même chose pour les maladies pulmonaires obstructives 14 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

15 Actualités chroniques. Julie Racicot témoigne également de l importance d intervenir auprès d un patient fumeur : «Lorsque je vois un patient fumeur à l hôpital, c est certain que je vais intervenir. Les études disent qu une consultation par un professionnel de la santé qui dure trois minutes a été démontrée efficace comme aide à la cessation tabagique. Je prends donc toujours trois minutes pour parler du tabagisme ou de la cessation tabagique avec un fumeur.» Les impacts de l arrêt tabagique sont majeurs. Julie Racicot donne d ailleurs un exemple en abordant le cas d un patient dont elle est bien fière du cheminement! Les études disent qu une consultation par un professionnel de la santé qui dure trois minutes a été démontrée efficace comme aide à la cessation tabagique. Ces vidéos sont accessibles sur le site Web de l Ordre, dans l Espace vidéo, ou encore sur le canal YouTube de l Ordre : N hésitez pas à les diffuser! Énoncé de position sur le tabagisme L Ordre a adopté, avec six autres ordres professionnels et l Institut national de santé publique du Québec, un énoncé de position ayant pour titre Le tabagisme, un fléau de santé publique des professionnels de la santé engagés. Cet énoncé de position reconnaît l importance, pour les professionnels de la santé : de saisir toutes les occasions pour motiver les fumeurs à prendre la décision de cesser de fumer ; d intervenir auprès des fumeurs même si le temps disponible n est que de trois à cinq minutes ; de considérer les patients et clients fumeurs comme des partenaires actifs dans le processus d abandon du tabac ; d avoir des connaissances à jour en participant aux activités de formation sur le counseling en abandon du tabagisme ; d utiliser les outils d aide à la pratique disponibles. L Ordre vous invite à consulter cet énoncé de position, accessible sur le site Web de l Ordre, dans la section «Publications/Mémoires et énoncés de position/positions conjointes». Formation en ligne pour les pharmaciens et les autres professionnels de la santé OFFRE d introduction! 10 % de rabais avec le code PH0210 Utilisez le code lors de votre achat en ligne. Approche globale de gestion de la douleur chronique Les nouveautés en fibromyalgie Tout sur l analgésie et les interactions La gestion du patient difficile Cette activité de formation continue a été accréditée par l OPQ qui accordera 6 UFC aux pharmaciens qui l auront complétée avec succès. algo md Approche globale de gestion de la douleur chronique Pub_horizontale_6,5x2,1875_v2.indd :55:39 15 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

16 Actualités De gauche à droite : Caroline Prud Homme, Marie-Pierre Émond et Karolane Paquin. Crédit photo : Université Laval Une pharmacie virtuelle pour mettre à jour ses compétences L Université Laval offre en ligne, depuis le printemps dernier, son Programme d intervention virtuelle en pharmacie, une formation multimédia qui tente de récréer le plus fidèlement possible l expérience du travail en officine. Dans le premier module, des patients, une ATP et un stagiaire, joués par des acteurs, gravitent autour du pharmacien qui doit intervenir dans diverses situations cliniques liées à l hypertension artérielle. Des experts, dont le pharmacien Luc Poirier de la clinique d hypertension du Centre hospitalier universitaire de Québec, analysent ensuite cette intervention. Les décisions du pharmacien peuvent même modifier l état d un patient, qui peut revisiter la pharmacie au cours de cette formation d une durée moyenne de sept heures. Trois autres modules, portant sur trois catégories de patients adolescents, adultes et personnes âgées, sont en préparation. «Outre les interventions cliniques, nous voulons intégrer d autres aspects du travail quotidien du pharmacien relatifs entre autres à la gestion, à la déontologie et à l éthique», dit la pharmacienne Stéphanie Mercier, responsable du programme. Cette formation payante est accréditée par l Ordre et permet d obtenir sept unités de formation continue. Pour un avant-goût, on peut visionner une vidéo de démonstration au https://pharmacievirtuelle.pha.ulaval.ca. L ordonnance collective pour le Diclectin fait des petits Grâce à trois jeunes pharmaciennes de Gatineau, les femmes enceintes de l Outaouais peuvent désormais amorcer un traitement pour la gestion des nausées avant le début de leur suivi de grossesse. Après un an et demi de travail, Caroline Prud homme, Karolane Paquin et Marie-Pierre Émond ont obtenu les signatures de l ensemble des médecins accoucheurs du CSSS de Gatineau et de nombreux médecins de famille de la région. Les ordonnances collectives qui donnent également accès à l acide folique et aux multivitamines sont en vigueur depuis le 26 janvier. C est une conférence de la pharmacienne Isabelle Tremblay, lors de la Tournée régionale d information de l Ordre à l automne 2010, qui a inspiré les trois collègues. Isabelle Tremblay a initié la première ordonnance collective du genre au Saguenay Lac-Saint-Jean, ce qui lui a valu l an dernier le Prix Hippocrate, qui souligne l interdisciplinarité entre médecins et pharmaciens. «Le fait qu Isabelle Tremblay ait défriché le terrain nous a beaucoup aidées», dit Marie-Pierre Émond, l une des instigatrices du projet. Les trois pharmaciennes ont appliqué ses méthodes, comme de travailler en collaboration avec un médecin de la communauté. En étant la première signataire de l ordonnance collective, D re Johanne Duval, médecin accoucheur, leur a fourni un appui de taille. Comment rejoindre pharmaciens, étudiants en pharmacie et les partenaires de l Ordre? Annoncez ici! Communications publi-services inc. Martin Laverdure , poste L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

17 Avis Ruptures d approvisionnement : des ressources sur le Web L information sur les pénuries de médicaments s est améliorée depuis la fin de L Association canadienne du médicament générique (ACMG) et les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada (Rx&D, qui représente les fabricants de médicaments de marque) publient maintenant sur le Web des listes de médicaments en rupture d approvisionnement. Cette information, recueillie chez les membres de ces deux associations, est accessible sur les sites de l Unité de recherche en pratique pharmaceutique du CHU Sainte-Justine et de la Faculté de pharmacie de l Université de la Saskatchewan. L Ordre, de son côté, poursuit ses démarches dans ce dossier en collaboration avec le Collège des médecins du Québec, l Association québécoise des pharmaciens propriétaires et l Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. Conscient de l importance et de l ampleur du problème, le comité a réalisé une série de consultations en décembre et janvier afin de présenter ses recommandations préliminaires aux groupes concernés. Sous peu, un rapport apportant des solutions à ce problème sera publié. D ici là, vous trouverez, inséré dans ce numéro, un algorithme qui décrit la démarche du pharmacien en cas de rupture. Cet algorithme sera aussi présenté aux médecins afin de les sensibiliser aux actions que les pharmaciens posent lorsqu un médicament n est plus disponible. AVIS DE RADIATION PROVISOIRE IMMÉDIATE Dossier : Prenez avis que le 24 octobre 2011, le conseil de discipline de l Ordre des pharmaciens du Québec a prononcé la radiation provisoire du tableau de l Ordre de M. Guy Beaulieu (numéro de membre 3828), exerçant la profession de pharmacien, jusqu à décision finale sur la plainte disciplinaire portée contre lui. M. Guy Beaulieu est accusé d avoir commis des infractions à la loi et aux règlements de l Ordre des pharmaciens du Québec tel qu il appert de la plainte déposée au greffe de discipline en même temps que la requête en radiation provisoire. Les actes reprochés ont notamment trait à : Avoir laissé son établissement accessible au public alors que des services pharmaceutiques ont été rendus par des commis sans le contrôle et la surveillance constante d un pharmacien ; Avoir fait des réclamations illégales à la Régie de l assurance maladie du Québec ; Avoir inscrit de faux renseignements dans des dossiers patients ; Avoir trompé le syndic de l Ordre des pharmaciens du Québec ; Avoir exercé la pharmacie alors que son droit d exercice avait été suspendu ; Avoir été négligent. Le conseil de discipline a prononcé la radiation provisoire immédiate du tableau de l Ordre des pharmaciens du Québec de M. Guy Beaulieu lors de l audition du 24 octobre 2011, laquelle est exécutoire à compter de cette date, nonobstant appel. M. Guy Beaulieu a donc été radié provisoirement du tableau de l Ordre le 24 octobre 2011, et ce, jusqu à décision finale sur la plainte disciplinaire portée contre lui. Montréal, ce 29 décembre 2011 Geneviève Richard Secrétaire du conseil de discipline 17 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

18 Pour faire court Bienvenue Nous souhaitons la bienvenue à nos 33 nouveaux collègues pharmaciens. Aboulehaf, Priscilla Alaoui, Hicham 2 Arsenault, Pascale Beauchamp, Annie Beaulieu, Mélissa Bédard, Véronique 3 Chadi, Maxime 6 Cormier, Jean-Luc Côté, Gabrielle Couture,Guillaume 8 Djennaoui, Aniss 9 Jabbary, Maryam Leclerc, Andréanne Morneau-Lachapelle, Adrianne 11 Pelchat, Marie-Eve 12 Pharand, Pier-Luc Picard, Anne-Marie 14 Robert-Tremblay, Alexandre 9 10 Smoragiewicz, Karine Bergeron, Jean-Philippe Bergevin, Luc 4 Bertozzi, Kristen 5 Ferland, Martine Forgues, Caroline Francis, Ramy Gagnon, Pascale Giguère, Jean-François Hadji, Lina Vaillancourt, Marie-Andrée Villemure, Lysanne Bigdeli-Azari, Ghilda Brassard, Marie-Eve Zomparelli, Rocky L Ordre désire publier les photos de ses nouveaux membres. Si vous avez obtenu votre permis de pratique après le 23 janvier 2012, envoyez-nous votre photo à 18 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

19 Un nouvel espace vidéo dans le site Web de l Ordre Le site Web de l Ordre a maintenant son Espace vidéo, où sont regroupées à un seul et même endroit toutes les vidéos ayant été produites par l Ordre. Vous y trouverez, entre autres, le lancement de la norme sur les préparations magistrales non stériles, la première capsule «Pratiques inspirées», ainsi que les vidéos de la Semaine québécoise pour un avenir sans tabac et de la campagne «Pour le mieux». L Ordre est conscient que, pour certains pharmaciens, l accès à ces vidéos à partir du travail est impossible, le site YouTube ayant été bloqué dans plusieurs établissements de santé. Pour le moment, héberger nos vidéos à partir de YouTube est l unique solution viable pour l Ordre. Mais nous nous pencherons sur des solutions alternatives au cours des prochains mois. Pour accéder à l espace vidéo, deux chemins sont possibles : par l icône Espace vidéo en page d accueil, ou par le menu du haut via L Ordre/Espace vidéo. Troisième session de formation La surveillance de la thérapie médicamenteuse et les analyses de laboratoire Un impact positif sur le bien-être de vos patients À votre agenda! Le 12 mars prochain dès 8 h 30, nous vous invitons à visiter le site pour vous inscrire. En primeur, voici le calendrier des séances qui vous parviendra par la poste sous peu. Mercredi 11 avril Brossard Alt Hôtel Mardi 17 avril Laval Hôtel Hilton Laval Mardi 24 avril Montréal Hôtel Holiday Inn Midtown Mercredi 25 avril Sherbrooke Hôtel Delta Sherbrooke Mardi 8 mai Lévis Centre de Congrès de Lévis, Four Points by Sheraton Lévis Mardi 15 mai Montréal Hôtel Holiday Inn Midtown Mercredi 16 mai Lachenaie Campus de Terrebonne, Université de Montréal Mercredi 23 mai Saint-Hyacinthe Hôtel des Seigneurs Mardi 29 mai Victoriaville Hôtel Le Victorin Mercredi 30 mai Blainville Hôtel Le Mirage Mardi 5 juin Saint-Jean-Sur-Richelieu Hôtel Relais Gouverneur Mardi 12 juin Québec Hôtel Universel Mercredi 20 juin Matane Quality Inn & Suites Matane Bon visionnement! Pour tout renseignement, contactez Catherine Dubois, responsable de la formation continue au ou au Comité exécutif 14 mars et 25 avril Conseil d administration 16 mai 19 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

20 Questions de pratique Direction des services professionnels Comment exécuter une ordonnance vétérinaire? Au Québec, deux professionnels peuvent légalement préparer des médicaments destinés aux animaux : les pharmaciens et les vétérinaires. Les ruptures de stock forcent toutefois de nombreux vétérinaires à s adresser aux pharmacies pour obtenir des médicaments difficilement accessibles dans leur réseau d approvisionnement traditionnel. Voici des étapes à respecter sur réception d une ordonnance vétérinaire : 1) S assurer que l ordonnance reçue est valide en vertu du Règlement sur les ordonnances des médecins vétérinaires (voir l extrait ci-contre). 2) Ouvrir un dossier pour l animal ou le troupeau d animaux distinct de celui du propriétaire. (Inscrire le nom de l animal comme prénom suivi du nom du propriétaire comme nom de famille, par exemple : Fido XXX. La même règle est applicable aux troupeaux d animaux, par exemple : Troupeau-vaches XXX.) 3) Effectuer une collecte de données afin d avoir les détails nécessaires au choix du médicament et au calcul de la dose, comme l espèce de l animal, sa race et son sexe. Dans le cas de médicaments combinés, vérifier l ingrédient sur lequel la dose a été calculée. Le choix de cet ingrédient peut varier selon l espèce et la race de l animal, par exemple dans le cas du triméthoprime (TMP)- sulfaméthoxazole (SMX), on calculera la dose sur le TMP pour un cheval et sur le SMX pour un chien. 4) Valider l ordonnance en tenant compte de toutes les informations recueillies et en consultant des références valides, notamment : Veterinary Drug Handbook, Le guide thérapeutique vétérinaire, Le manuel vétérinaire Merck et le site du Distributeur pancanadien de produits et services dédiés aux vétérinaires (www.cdmv.com). 5) Noter toutes les informations obtenues et les interventions effectuées au dossier de l animal. Les préparations qui contiennent des ingrédients destinés uniquement aux animaux et qui ne peuvent pas être consommés par les humains doivent être effectuées dans un local distinct de celui des préparations pour les humains afin d éviter toute contamination croisée. Ne pas hésiter à communiquer avec le vétérinaire-prescripteur au besoin. Avec les préparations de médicaments destinées aux animaux, les pharmaciens et les vétérinaires doivent saisir l occasion de bâtir une collaboration interprofessionnelle solide permettant d assurer un exercice professionnel de qualité basé sur la communication. 20 L interaction Mars-avril 2012 Volume 1 Numéro 3

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