Les boissons, une énergie imperceptible?

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1 la lettre de l Institut Danone TRIBUNE Les boissons, une énergie imperceptible? Dr Marie-Laure Frelut DOSSIER La restauration scolaire : évolution et contraintes réglementaires Marie-Line HUC N 80 - Juillet 2006

2 TRIBUNE Les deux seuls liquides consommés par tous les mammifères sont le lait maternel et l eau. Leurs valeurs symboliques diffèrent : la douceur du lait contraste avec l ambiguïté de l eau qui sauve et noie. répondent aux besoins en énergie. Oui, mais... la sédentarité gagne du terrain. Les boissons sucrées ne seraient donc co-responsables de l épidémie d obésité que parce que la dépense d énergie est insuffisante. Le lait, aliment exclusif du nourrisson, est nourriture et boisson. Jusqu à six mois, celui-ci n a pas d autre besoin. Cette valeur change avec l âge : au goûter, chez l enfant, au petit-déjeuner chez l adulte, le lait devient boisson. Les cartes se brouillent : les jus de fruits, les infusions, certains sodas ont parfois commencé leurs carrières comme médicaments avant d atteindre une célébrité planétaire de boisson de l énergie. L histoire suit son cours à grand renfort de publicité. La consommation flambe. L eau disparaît de la table de certaines familles. L obésité augmente. Les questions surgissent, les études épidémiologiques tentent d y répondre : le verdict tombe. L excès de consommation de sodas et boissons sucrées est corrélé, chez les enfants, à une prise de poids excessive. Corrélation n est pas cause. Le débat s enflamme : la diminution de la consommation de ces boissons permet de stabiliser la prévalence de l obésité là où elle s accroît en l absence d intervention. Moins d énergie consommée mènerait donc à moins d énergie stockée : CQFD. Que disent les biologistes? Le stockage de glucides sous forme de lipides dans le tissu adipeux est une opération peu rentable. Les glucides LES BOISSONS, UNE ENERGIE IMPERCEPTIBLE? Laissons la parole aux physiologistes : la soif et l appétit sont régulés de façon différente. Une baisse du volume sanguin veineux stimule des barorécepteurs. Les peptides natriurétiques sécrétés déclenchent le besoin de boire de l eau. La régulation de l appétit implique de multiples systèmes de liaison périphériecerveau, complémentaires et pour partie redondants. La neuropsychologie et l imagerie cérébrale ouvrent des perspectives. La comparaison des réponses cérébrales à des boissons, des agents de texture et aux matières grasses, montre que les réponses sont différenciées dans leurs premières phases mais aboutissent dans l hypothalamus à une même zone de réponse aux satisfactions hédoniques. Les régulations de la soif et de l appétit diffèrent en conditions expérimentales pures. L analyse des mécanismes induits dans des situations mixtes reste à conduire. Au demeurant, l eau pure est LA boisson par excellence. Une calorie reste une calorie. Qui aurait pu en douter? Dr Marie-Laure Frelut AP-HP, Hôpital Saint Vincent de Paul, Paris & Centre thérapeutique pédiatrique, Margency.

3 DOSSIER La restauration scolaire : évolution et contraintes réglementaires En France, la restauration scolaire concerne un enfant sur deux. Elle a pour objectif de nourrir au mieux ces enfants. C'est pourquoi elle bénéficie d'une attention particulière de la part des pouvoirs publics. Cependant, plusieurs études ont mis en évidence certains excès d apports (lipides ou sucres simples) ou déficits (fruits, légumes, produits laitiers, viandes rouges ou poissons). Les enjeux économiques sont tels que les critères de densité nutritionnelle ont pu être sacrifiés ici ou là. Il est donc important de connaître et de diffuser les normes recommandées et les contraintes imposées par la réglementation. Marie-Line HUC Diététicienne libérale, Angoulême.

4 DOSSIER FOCUS La restauration scolaire joue, entre autres, un rôle d une importance primordiale : éduquer le goût des enfants. Qu'elle est difficile la question de l éducation au goût, ainsi que l'écrivait Jacques Puisais! L école peut offrir quelques chemins pour permettre aux enfants de s épanouir mieux à travers ce qu ils mangent, de développer en eux le goût pour en faire des êtres ouverts à toutes les autres cultures. Aux adultes de leur apprendre à développer ce potentiel si riche, à eux ensuite d'en jouer. UN PEU D HISTOIRE Les premières cantines pour enfants sont apparues au milieu du XIX ème siècle. Les repas collectifs se pratiquent alors selon des modalités laissées à l initiative des parents et des enseignants. Progressivement, les communes accordent des aides alimentaires aux enfants nécessiteux. Le repas des enfants est composé de pain, de lait ou d un plat unique venant de la maison et réchauffé sur le poêle de l école ; ou encore d une soupe chaude et épaisse préparée à partir de produits de la ferme donnés à l école. Les repas sont pris dans la salle de classe en hiver, dans la cour ou sous le préau, en été. Les instituteurs organisent et surveillent les repas. Il n est pas rare qu on les accompagne d un verre de vin. Seuls les plus petits n ont pas droit à ce verre! À la fin du XIX ème siècle, les lois de Jules Ferry rendent l école obligatoire. Se développent alors les cantines scolaires, conçues comme une œuvre de charité assurant un apport minimal à des enfants carencés. Elles sont créées et gérées par l'école ou la commune sans aucune intervention de l État. En 1936 seulement, la construction ou l aménagement d un réfectoire dans chaque école devient obligatoire. Il faudra attendre les années 50 pour que l environnement du repas pris à l école évolue. Aujourd hui, la restauration scolaire n est pas obligatoirement de la compétence des communes, mais depuis les années 60, elle n a cessé de se développer pour devenir l un des premiers services publics locaux : un enfant sur deux déjeune à la cantine. Dans les écoles primaires, les communes ont recours aux services municipaux ou à une société de restauration privée. Quant aux collèges et lycées, établissements placés sous la responsabilité des Conseils Généraux et Régionaux, ils gèrent directement la préparation des repas consommés sur place. 4

5 Objectif Nutrition - La restauration scolaire : évolution et contraintes réglementaires LA RESTAURATION SCOLAIRE EN CHIFFRES Restauration scolaire municipale : écoles maternelles et élémentaires structures de préparation (40 % de sous-traitance) 330 millions de repas servis en Estimation du budget denrée par convive : 1,30 Euros Restauration dans le secondaire : 7820 collèges et lycées publics 6000 structures de préparation (4 % de sous-traitance) 500 millions de repas servis en Estimation du budget denrée par convive : 1,80 Euros. Enseignement privé : 5300 écoles primaires, 2600 écoles secondaires, 1500 établissements professionnels, 1700 établissements supérieurs structures de préparation (58 % de sous-traitance) 200 millions de repas servis en Estimation du budget denrée par convive : 2,03 Euros. Données Gira Food Service ÉVOLUTION DU RÔLE DE LA RESTAURATION SCOLAIRE En 1971, l Éducation nationale rédige la première circulaire concernant la restauration scolaire : elle reste très centrée sur la lutte contre la dénutrition. Depuis, plusieurs textes ont été publiés. La circulaire relative à la composition des repas et à la sécurité des aliments (BOEN spécial n 9 du 28 juin 2001). Cosignée par huit ministres, elle traite des besoins nutritionnels des enfants et adolescents et énonce des recommandations pour garantir l équilibre alimentaire ; elle instaure l école comme l un des lieux de l éducation nutritionnelle et de l éducation au goût ; elle rappelle que l obligation de sécurité est l un des fondements du droit alimentaire et décline les démarches à mettre en place pour la garantir. La note de service de la Direction Générale de l Alimentation relative à l élaboration de préparations culinaires dans les classes (janvier 2002) traite, plus particulièrement, de la sécurité des aliments lors de goûters organisés par les parents d'élèves, anniversaires d'enfants, fêtes de fin d'année, etc. La circulaire n relative à l accueil en collectivité des enfants et des adolescents atteints de troubles de la santé évoluant sur une longue période (BOEN n 34 du 18 septembre 2003). Elle a pour but d'harmoniser les conditions d'accueil en collectivité des enfants atteints de maladie chronique, d'allergie et d'intolérance alimentaire (Encadré 1). La circulaire n relative à la santé des élèves dans le cadre du programme quinquennal de prévention et d éducation (BOEN n 46 du 11 décembre 2003) préconise des mesures concrètes dans le domaine de la prévention du surpoids et de l obésité. En particulier, elle recommande l installation de fontaines à eau réfrigérée dans les établissements scolaires en concertation avec les collectivités territoriales concernées. 5

6 DOSSIER LE PLAN D ACCUEIL INDIVIDUALISÉ (PAI) À l'école, les enfants atteints d'une allergie alimentaire sévère bénéficient de la mise en place d'un projet d'accueil individualisé, établi à la demande des parents, par le chef d'établissement, en concertation avec le médecin de l'éducation nationale et à partir des besoins thérapeutiques précisés par l'allergologue (circulaire n du 8 septembre 2003 et loi d'orientation du 10 juillet 1989 revue le 23 avril 2005). Le projet définit les adaptations à apporter à la scolarité de l'élève. La prise en charge est tributaire des possibilités de la restauration scolaire. En effet, elle ne peut pas toujours assurer une éviction totale du ou des aliments impliqués dans les allergies alimentaires. L'étiquetage des produits finis est incomplet. Les contaminations d'un produit fini avec l'aliment allergisant sont difficiles à contrôler. De plus, certains enfants peuvent présenter une réaction allergique à l'ingestion d'une quantité infime d'aliments. La sévérité d'une allergie alimentaire, l'impossibilité d'effectuer un régime d'éviction conduit à proposer la prise des paniers-repas, préparés et apportés par leurs parents (circulaire n du 25 juin 2001). En pratique, ce repas est stocké dans un emballage hermétique au nom et à la classe de l'enfant, puis déposé dans le réfrigérateur scolaire, toujours étiqueté au nom de l'enfant allergique. ENCADRÉ 1 La lettre de l Éducation nationale du 25 mars 2004, adressée aux recteurs, aux inspecteurs et aux directeurs, définit les principes généraux qui doivent présider à la collation en milieu scolaire. LES RECOMMANDATIONS NUTRITIONNELLES Le GPEM/DA (Groupe Permanent d Étude des Marchés des Denrées Alimentaires) dépend de la direction des affaires juridiques du ministère de l Économie, des Finances et de l Industrie. Il a pour fonction d établir les règles techniques nécessaires à la commande publique de denrées alimentaires et de restauration. En matière de restauration scolaire, le GPEM/DA a établi une recommandation pour l élaboration des cahiers des charges des contrats de restauration collective. Elle s applique également aux collectivités en régie directe. Objectifs de la recommandation : Diminuer les apports lipidiques, en limitant la fréquence : - des entrées riches en graisses (sauce mayonnaise, charcuterie, pâtisseries salées), - des produits frits ou préfrits (panés, frites, rissolés, beignets), - des pâtisseries riches en graisses, - des plats riches en graisses, dont le rapport protides sur lipides (P/L) est inférieur à 1 (saucisses, feuilletés, quiches, farces, etc.). Augmenter les apports en calcium en assurant une place réelle aux fromages et produits laitiers frais riches en calcium. 6

7 Objectif Nutrition - La restauration scolaire : évolution et contraintes réglementaires Augmenter les apports en fer : en servant viandes rouges et poissons et en limitant les préparations (hachis, farces ) contenant une faible portion de matière dite noble. Augmenter les apports en fibres et vitamines : en proposant crudités, légumes et fruits, et légumes cuits en accompagnement du plat protidique. Validation de la qualité nutritionnelle des menus : Le GPEM/DA propose de vérifier la pertinence des choix en comparant les fréquences de service des plats à des fréquences recommandées maximales (produits et recettes riches en graisses) ou minima- les (produits et recettes de bonne densité nutritionnelle). Le suivi des recommandations doit permettre de garantir la bonne qualité nutritionnelle des repas servis. Les contrôles portent sur les menus, les fréquences et les produits servis. Contrôle sur les menus : doivent y figurer : la date, la dénomination précise de chacun des plats servis, avec des explications complémentaires, si nécessaire. Contrôle sur les fréquences : le prestataire doit pouvoir fournir la preuve que les fréquences par catégorie d aliments sont respectées au minimum pour 20 repas successifs suivant le tableau récapitulatif (Encadré 2). Contrôle sur les produits : le prestataire doit pouvoir fournir les fiches techniques des produits livrés comportant au minimum, la liste des ingrédients, le poids et les valeurs nutritionnelles (pour 100 g ou par portion) des produits livrés. Les valeurs nutritionnelles demandées sont : - Pour tous les produits : les teneurs en protéines et lipides exprimées par portion et pour 100 g. - Pour les produits laitiers frais et les fromages : les teneurs en calcium exprimées par portion et pour 100 g. L'AVIS DE L AFSSA SUR LES COLLATIONS MATINALES En milieu scolaire, compte tenu de l augmentation de l incidence de l obésité, la collation matinale n'a rien de systématique, ni d'obligatoire. L Afssa recommande même sa suppression. Cependant, certaines situations spécifiques peuvent nécessiter une distribution d aliments : enfants qui n ont pas pris de petit déjeuner, ou qui en ont pris un très tôt et/ou très pauvre. Dans ces cas, la collation sera proposée si possible lors de l arrivée des enfants à l école, et au minimum deux heures avant le déjeuner, et devra présenter les caractéristiques décrites pour le petit déjeuner. Les boissons ou aliments représenteront une offre alimentaire diversifiée favorisant une liberté de choix, en privilégiant l'eau, les purs jus de fruits, le lait ou les produits laitiers demi-écrémés, le pain, les céréales non sucrées, et en évitant les produits à forte densité énergétique riches en sucre et matières grasses (biscuits, céréales sucrées, viennoiseries, sodas ). Avec, chaque fois que possible, des dégustations de fruits. 7

8 DOSSIER Exemple de menus types conformes à la recommandation nutrition du GPEM/DA LUNDI MARDI MERCREDI JEUDI VENDREDI Entrée Tomate ciboulette Betteraves échalotes Salade de pâtes et mimolette Salade verte Saucisson à l'ail Plat Rôti de veau Sauté de porc à l'ananas Escalope de volaille mexicaine Hachis Parmentier Filet de poisson niçoise Garniture Carottes braisées Riz créole Brocolis persillés - Haricots verts Produits laitiers Port Salut Chèvre Petits suisses Saint-Nectaire AOC Raclette Dessert Crème caramel Fruit de saison Fruit de saison Compote de pommes vanillée Banane ENCADRÉ 2 LES RÈGLES D'HYGIÈNE Dans l attente de la publication des arrêtés complémentaires précisant les dispositions de la nouvelle réglementation européenne désignée sous la dénomination Paquet Hygiène, les règles d hygiène applicables aux établissements de restauration collective à caractère social sont énoncées dans l arrêté du 29 septembre 1997 (J.O du 23 octobre 1997). Le texte impose une obligation de résultat davantage qu une obligation de moyens. Ses directives concernent : L implantation, l'aménagement et l'équipement des locaux : - Ils permettent un séquencement des opérations dans le temps. Les opérations relevant du secteur "sale" (réception, stockages amont, légumerie, plonge, évacuation des déchets) doivent être séparées des opérations relevant du secteur "propre" (préparations froides, cuissons, dressage, distribution, stockage des denrées prêtes à consommer, stockage vaisselle propre). - Les capacités de stockage correspondent au niveau de production de l établissement, et les enceintes réfrigérées assurent une conservation aux températures réglementaires. Les équipements : - Les matériaux utilisés dans la construction et dans les équipements sont étanches, et permettent un nettoyage et une désinfection efficaces. - Des vestiaires sont mis à la disposition de l équipe de cuisine, ainsi que des sanitaires équipés des fournitures d hygiène et des postes lave-mains en nombre suffisant. - Un plan de nettoyage et de désinfection complet est établi. Le personnel : - Le personnel doit respecter une hygiène corporelle rigoureuse, être en bonne santé (visite médicale annuelle obligatoire) et suivre, chaque année, une formation en hygiène alimentaire. L hygiène des opérations portant sur les denrées alimentaires : 8

9 Objectif Nutrition - La restauration scolaire : évolution et contraintes réglementaires - Les préparations froides (entrées, fromages ou laitages, desserts) sont stockées au froid, après fabrication, sans délai et jusqu au moment de leur consommation. - Les préparations chaudes (plats de viande et garnitures) sont maintenues à une température supérieure à 63 C de la fin de cuisson jusqu au moment du service. Pour certaines recettes (rôtis de viande rouge, par exemple) une tolérance est possible (température inférieure), mais une analyse de risque spécifique doit être établie. - Les viandes hachées en collectivité sont strictement encadrées, car le hachage constitue un risque de contamination important. - Le travail des œufs en coquille n est pas interdit mais il représente un risque certain de contamination en bactéries pathogènes ; de nombreuses collectivités ont choisi de les supprimer. Les fournisseurs de la collectivité doivent être agréés. Des dérogations sont possibles pour permettre l achat local, mais les fournisseurs doivent alors faire une demande de dérogation aux services vétérinaires départementaux. Des autocontrôles sont mis en place par l établissement. Ils portent sur la qualité des matières premières, sur la qualité des préparations en cours de fabrication et sur les produits finis. Des plats témoins doivent être conservés durant 5 jours à l issue de la dernière remise au consommateur. Ils constituent le dispositif de veille sanitaire en cas d intoxication alimentaire. Les directions départementales des services vétérinaires (DDSV) assurent le contrôle du respect de la réglementation. Elles peuvent sanctionner les établissements non respectueux et ordonner la fermeture d'une cuisine non conforme. Le décret du 22 décembre 2002 rend obligatoire l affichage de l origine de la viande bovine. La note de service d août 2005 concerne la traçabilité des aliments. Toutes les informations sur l origine des produits doivent être conservées. CONCLUSION Les adultes de la communauté éducative, parents, enseignants, personnels des écoles, détiennent une responsabilité majeure à l égard de l enfant : lui apprendre à bien se nourrir. Depuis les premières cantines, le chemin parcouru est immense. Cependant, les nombreux textes existants n'ont qu'un statut de recommandation. Le Conseil National de l Alimentation encourage donc l élaboration d une loicadre visant à instituer une obligation de résultat. Ce serait l'aboutissement indispensable d'une évolution qui n'a cessé d'aller dans le bon sens. BIBLIOGRAPHIE Puisais J., Le goût chez l enfant : l apprentissage en famille, Éd. Flammarion, 1999 ; 187 pages. Ministère de l Éducation nationale et de la Recherche, Circulaire n Ministère de l Éducation nationale et de la Recherche, Circulaire n Ministère de la Jeunesse, de l Éducation nationale et de la Recherche, Lettre du 25 mars

10 REVUE DE PRESSE Prévenir et dépister le surpoids infantile Dynamics of early childhood overweight. Salsberry P.J., Reagan P.B., Pediatrics 2005 ; 116 : Le surpoids infantile est une pathologie multifactorielle dépendant de facteurs génétiques, biologiques, sociaux et environnementaux. Un certain nombre d études l'ont associé au surpoids maternel avant et pendant la grossesse, au tabagisme pendant la grossesse, au poids de naissance et au mode d allaitement. L étude analysée ici visait à préciser le processus dynamique par lequel ces facteurs favorisants induisent un surpoids infantile jusqu'à l âge de 7 ans. Les auteurs ont utilisé les données de la National Longitudinal Survey of Youth s Child Mother file, qui a suivi depuis 1979 plus de jeunes femmes, puis de 1986 à 1996 les enfants de ces femmes. Pour les besoins de l étude, les enfants devaient pouvoir être examinés entre 24 et 47 mois d âge (T1), puis entre 48 et 71 mois d âge (T2), et enfin entre 72 et 95 mois (T3). Furent inclus enfants ayant assisté aux trois visites et dont les caractéristiques maternelles et d allaitement étaient connues. Le surpoids était défini comme un IMC > 95 e percentile. Parmi ces 3022 enfants, 53 % étaient Caucasiens, 27 % Noirs, et 20 % Hispaniques ; 53 % avaient été allaités au sein. Parmi les mères, 29 % avaient fumé pendant la grossesse. Avant leur grossesse, 8 % de mères étaient en sous-poids, 19 % en surpoids, et 10 % étaient obèses. Le pourcentage d enfants en surpoids était, selon la race, de 10 à 22 % en T1, de 11 à 17 % en T2, et de 10 à 15 % en T3. Il était toujours significativement plus faible chez les Caucasiens. Le surpoids infantile précoce était associé à la race, à l obésité maternelle avant la grossesse, au tabagisme pendant la grossesse et au fait d être né après Les facteurs gestationnels et périnataux influençant le risque de surpoids chez l enfant n ont pas qu une action initiale : ils semblent intervenir aux âges plus tardifs, le surpoids tardif semblant, avant tout, résulter d un surpoids précoce ; la tendance initiale, au surpoids ou à un poids normal, se prolonge ensuite. Ces données longitudinales suggèrent trois conséquences pratiques : Avant une grossesse, les femmes obèses doivent maigrir et les femmes tabagiques arrêter de fumer. Les enfants nés avec des facteurs de risque de surpoids doivent voir leur poids immédiatement surveillé. Le dépistage d un surpoids doit se faire avant l âge de 2 ans : si l enfant a, alors, un poids normal, il a peu de risque de passer en surpoids après. Si l enfant est déjà en surpoids, il est grand temps d agir. 10

11 REVUE DE PRESSE Pronostic de l anorexie mentale après un suivi de 12 ans Twelve-year course and outcome predictors of anorexia nervosa. Fichter M.M., Quadflieg N., Hedlund S. Int J Eat Disord 2006; 39 : L évolution de l anorexie mentale à long terme varie selon les études, faisant état d une chronicité plus ou moins sévère, avec une mortalité élevée. C est donc une pathologie grave. Une équipe de médecins allemands a suivi un échantillon de 103 patientes pendant 12 ans afin de mieux en cerner le pronostic. Ces patientes avaient été hospitalisées environ 4 mois (118,6 ± 49 j) dans une clinique. Leur moyenne d âge au moment de l hospitalisation était de 24,9 ± 6,7 ans, l âge moyen au début de l anorexie étant de 18,5 ± 6,4 ans. Le suivi à 2 ans, 6 ans et 12 ans a permis de mesurer différents items et d évaluer l état clinique, psychique et social des patientes. L'indice de masse corporelle (IMC en kg / (m) 2 ) au moment de l admission était de 14,3 ± 1,6 et de 15,5 ± 1,6 à la sortie de la clinique. À 2 ans, il montait à 17,2 ± 3,4 puis 18,1 ± 2,8 à 6 ans, et 18,5 ± 2,9 au bout de 12 ans. En moyenne 37 % avaient un IMC < 18 et 63 % > 18. Le score mesuré évaluait tant les critères physiques, psychologiques que sociaux. Au bout de 12 ans, seulement un quart des patientes (27,5 %) avaient une vie normale. 25,3 % un score intermédiaire, 39,5 % un mauvais score et 7,7 % étaient décédées! 12 ans après, 19 % étaient toujours anorexiques et 9,5 % boulimiques avec vomissements ; 19 % avaient des troubles non spécifiques. Au total, plus de la moitié avaient toujours des troubles du comportement alimentaire. La sévérité de la pathologie et la durée étaient des facteurs aggravants. Le pronostic à long terme des troubles du comportement alimentaire reste donc très défavorable. Il importe de dépister et de traiter ces troubles le plus tôt possible afin d en éviter la chronicisation et l évolution morbide. Objectif Nutrition, La Lettre de l Institut Danone Directeur de la publication : Pr Jean Navarro, AP/HP, Paris. Rédacteur en chef : Dr Jean-Laurent Le Quintrec, Hôpital Ste-Périne, AP/HP, Paris. Rédactrice en chef adjointe : Sandrine Piredda, Danone France, Paris. Secrétaire de rédaction : Amandine de Francqueville, Danone France, Paris. Comité de rédaction : Dr Brigitte Boucher, Paris ; Pr Pierre Bourlioux, Faculté de Pharmacie, Paris ; Pr Frédéric Gottrand, CHU Lille ; M. Saadi Lahlou, Paris ; Pr Fernand Lamisse, Tours ; Dr Martine Pellae, Hôpital Bichat, AP/HP, Paris ; Pr Daniel Rigaud, CHU Le Bocage, Dijon. Conception-réalisation : PolyPrint Agence - Baton Rouge 20/22 rue Labrouste Paris. Chef d édition : Jean-Charles Fauque. Photogravure/Impression : Diamant Graphic. Dépôt légal : 4 e trimestre Nº ISSN : X. 11

12 LES NOUVELLES DE L INSTITUT DANONE GOÛTE, AU MOINS! Lauréat du Prix Matty Chiva 2005, le manuscrit de Maïa Brami devient un livre disponible en librairie Goûte, au moins! est un album plein de fraîcheur et d humour. L'auteur, Maïa Brami, journaliste et animatrice d ateliers d écriture, a eu l idée de donner la parole à des héros appréciés des enfants. Ils se font ambassadeurs de l éveil à la découverte alimentaire : les plats proposés par maman, les soupes, les légumes, font partie de la vie et de ses richesses. Premier Prix Matty Chiva Album Jeunesse décerné par l'institut Danone, cet ouvrage édité par Circonflexe, est disponible en librairie. Le Prix Matty Chiva de l Institut Danone récompense des initiatives pédagogiques menées auprès des 3-10 ans et destinées à favoriser l éveil des papilles et l éducation au goût. Depuis 2004, le Prix Matty Chiva de l Institut Danone a récompensé différents types d'actions mettant l'accent sur la diversité des saveurs, le plaisir de manger et la découverte des aliments. Les lauréats ont vu leur démarche pédagogique mise en forme et publiée sur le site Internet de l Institut Danone, à la disposition de tous. Pour en savoir plus : Créé en 1991, l Institut Danone rassemble des scientifiques, des médecins et des personnalités du monde de la nutrition. Il a pour mission : - d encourager la recherche dans le domaine de la Nutrition ; - d informer et de former les professionnels de santé sur tous les sujets liés à l alimentation ; - de participer, par des actions d éducation et d information, à l amélioration de l alimentation de l ensemble de la population. L Institut Danone est une association régie par la loi de juillet Ses publications ne contiennent aucune information à caractère commercial , boulevard Victor-Hugo Saint-Ouen Cedex -

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