Maison de la Francité. Étincelles. Les meilleurs textes du concours

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1 Maison de la Francité Étincelles Les meilleurs textes du concours 2015

2 La Maison de la Francité remercie chaleureusement pour leur soutien : Avec le soutien de la Commission communautaire française, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, du Parlement francophone bruxellois et du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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4 Avec le soutien de la Commission communautaire française Dans la même collection : - Variations sur trois thèmes Textes lauréats des concours d écriture 2002, 2003 et L invention du siècle Les meilleurs textes du concours Le pays de mes rêves Les meilleurs textes du concours Mon histoire romaine Les meilleurs textes du concours Lutin au Québec. Une aventure du vingt-et-unième en Amérique du Nord Les meilleurs textes du concours La tête dans les étoiles Les meilleurs textes du concours Une rencontre africaine Les meilleurs textes du concours Je t appelle citadelle Les meilleurs textes du concours Si j étais magicien Les meilleurs textes du concours Destination ailleurs Les meilleurs textes du concours Prisonnier Les meilleurs textes du concours Maison de la Francité 2015

5 Étincelles Les meilleurs textes du concours 2015

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7 Préface Faire étinceller l écriture, ce langage intime et silencieux... Chaque année depuis 15 ans, la Maison de la Francité organise un concours de textes dans le but de motiver auprès d un large public l'expression personnelle en langue française. En 2015, l UNESCO, pour le thème de son «Année internationale», a choisi de célébrer la lumière et les nombreuses découvertes qui lui sont liées. S inscrivant dans cette initiative, la Maison de la Francité a choisi le thème «étincelles» pour son concours de textes. Cette thématique est finalement fort à propos pour un concours d écriture. L acte d écrire ne consiste-t-il pas à réveiller en nous les étincelles de notre imagination et de nos envies créatives? L acte d écrire n est-il pas aussi posé dans l espoir de faire naitre des étincelles dans le regard des personnes qui nous lisent? Des étincelles, cette année, il y en a eu de quoi allumer un formidable feu d artifice, puisque la Maison de la Francité a reçu en tout textes d auteurs de tous âges : cadets, juniors et adultes. Il s agit d un record absolu et absolument remarquable qui témoigne bien que l amour de l écriture et de la langue française est bien vivant dans notre pays. L ensemble des textes reçus représente un peu plus de pages, que les sélectionneurs de la Maison de la Francité ont dû lire avec attention et rigueur, dans le but de présenter au jury les 45 textes les plus intéressants. Le jury quant à lui en a établi le classement : un 7

8 véritable défi, où se côtoient subjectivité et objectivité, où se croisent passion et raison. Dans l édition de ce recueil, la Maison de la Francité a tenu à garder intacte la spontanéité des styles et de certaines expressions voulues par les auteurs. Nous avons cependant adapté les textes aux règles de la nouvelle orthographe. C est ainsi que, notamment, même si Jules Renard disait avec poésie que «l'accent circonflexe est l'hirondelle de l'écriture», nous avons supprimé les «chapeaux» au-dessus de certaines lettres et modifié certains autres détails encore. Nous espérons que cela ne troublera pas votre envol à la découverte des pages qui suivent. La Maison de la Francité vous souhaite une bonne lecture, en remerciant tous ceux qui ont apporté leur participation à ce concours de textes 2015 : les auteurs, les concepteurs, les organisateurs, les collaborateurs extérieurs, les sélectionneurs, les membres du jury et bien évidemment nos partenaires ainsi que la Commission communautaire française et la Fédération Wallonie-Bruxelles leur ministère, leur parlement et leur gouvernement. Ce concours a permis de nous rassembler dans un esprit d ouverture autour de la langue française, de sa richesse et de sa vitalité contemporaine. Initier ce partage fait partie des objectifs de la Maison de la Francité. Merci à tous de l avoir rendu possible. Ahmed MEDHOUNE Président du Conseil d Administration de la Maison de la Francité Donald GEORGE Directeur de la Maison de la Francité 8

9 Sélectionneurs - Henry LANDROIT Chroniqueur de langue, pédagogue et écrivain - Noëlle MICHEL Lectrice de la Compagnie de Lecteurs et d Auteurs - Michaël LANGELEZ Lecteur de la Compagnie de Lecteurs et d Auteurs - David BRANDERS Éditeur Jury Président : - Bernard TIRTIAUX Écrivain et maitre verrier Membres : - Isabelle BIELECKI Poète, romancière et dramaturge - Laurence GHIGNY Attachée culturelle à la Fédération Wallonie-Bruxelles - Claude LAJON Administrateur du Club Richelieu International Europe - Laurence ORTEGAT Auteure et présidente de la Compagnie de Lecteurs et d Auteurs - Serge de PATOUL Député francophone bruxellois - Rita POULIN Directrice des Communications et Affaires publiques à la Délégation générale du Québec 9

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11 Palmarès Catégorie «cadets» - 12 ans à 14 ans - 1 er prix M lle Marie-Louve BRUYAUX (d Enines) pour son texte Par-dessus le rebord de sa tasse de thé - 2 e prix M. Seelis VAN DER AUWERAERT (de Woluwé-Saint-Pierre) pour son texte Souvenirs - 3 e prix M lle Alexia DEHAES (de Schaerbeek) pour son texte Élémentaire, mon cher Klimt - 4 e prix M. Sacha VELIKOVIC (de Couillet) pour son texte Le journal d'un téléphone gréviste - 5 e prix M lle Clémentine SCHOLLAERT (de Lillois) pour son texte Votre dévouée fille - 6 e prix M lle Mélina MAGDELÉNAT (d Ixelles) pour son texte Naissance et renaissance 11

12 Palmarès Catégorie «juniors» - 15 ans à 17 ans - 1 er prix M lle Claire FRANCIS (de Wavre) pour son texte Grand frère - 2 e prix M lle Sarah MASSAY (de Liège) pour son texte Dans une chambre - 3 e prix M lle Gaëlle SIMON (de Vaux-sur-Sûre) pour son texte Dans la vie d'une allumette - 4 e prix ex-æquo M. Jean-François LOUVET (de Bruxelles) pour son texte Big-bang M lle Chiara PERDICHIZZI (d Uccle) pour son texte Le caprice des étincelles - 5 e prix M lle Céline MATURELI (de Schaerbeek) pour son texte Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de lumière - 6 e prix M. Cyril GOSSEAU (d Ixelles) pour son texte Décalage vers le rouge - 7 e prix M. Jean SERVAIS (de Forest) pour son texte Progrès de l'aube 12

13 Palmarès Catégorie «adultes» - 18 ans et plus - 1 er prix M me Françoise GUIOT (de Woluwé-Saint-Lambert) pour son texte Ma vie à pile ou face - 2 e prix M me Anne VERHAEREN (d Écaussines) pour son texte InstantaNés - 3 e prix M. Martin COENE (d Uccle) pour son texte Mamy - 4 e prix M. Guillaume LOHEST (de Leignon) pour son texte Le premier tweet de Prometeo - 5 e prix M lle Valentine DUHANT (de Jamioulx) pour son texte Joyeuses Pâques! - 6 e prix M me Patricia HARDY (de Forest) pour son texte Au troisième étage - 7 e prix M. Thibaut GROUY (d Auderghem) pour son texte Prédateur 13

14 - 8 e prix M me Savina LEE (d Ixelles) pour son texte L'angle mort - 9 e prix M. Michel BARBIER (de Marcinelle) pour son texte Petit matin - 10 e prix M me Nathalie FEREMANS (de Balatre) pour son texte L'aube revient quand même - 11 e prix au 13e prix M me Isabelle FABLE (de Molenbeek) pour son texte Étincelle dynamite ou dynamique M. Bruno MAREE (de Han-sur-Lesse) pour son texte Ceux qui ne font que passer M. Pierre PIROTTON (de Retinne) pour son texte Moucheur de chandelles - 14 e prix ex-æquo M. Joachim SOUDAN (d Ixelles) pour son texte Philippe et Anouk M me Régine NAULIN (de Woluwé-Saint-Pierre) pour son texte La découverte 14

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17 Textes des lauréats cadets - Marie-Louve BRUYAUX Par-dessus le rebord de sa tasse de thé - Seelis VAN DER AUWERAERT Souvenirs - Alexia DEHAES Élémentaire, mon cher Klimt 17

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19 Marie-Louve BRUYAUX Par-dessus le rebord de sa tasse de thé Il voit le monde par-dessus le rebord d une tasse de thé. Chaque jour, il le passe à observer le monde une tasse de thé à la main. Chaque jour la même routine. Il se lève à 7 h 02, en veillant à ce que ce soit du pied droit. Il se débarbouille avec un gant de toilette bleu ciel, il s habille avec une chemise blanche et un pantalon rouge, il boit son bol de lait et mange sa tartine de confiture à la fraise, sort à 7h33 et emprunte la même rue menant au petit café du coin. Il s assied à la même table que d habitude, celle de la terrasse qui a la meilleure vue sur la rue, qu il fasse beau, qu il pleuve ou qu il grêle et observe tout ce qui l entoure. Il observe la petite fille du boulanger qui se rend en classe, il observe la mère qui se promène avec son enfant, il observe les pères qui sortent de chez eux en jurant à cause de l heure qui avance et s engouffrent dans leur voiture. Il observe tout ça en se délectant de tout ce qui varie de la veille. Puis le soir, il paye son thé à la menthe, en veillant à laisser un pourboire à la gentille serveuse, et rentre à 18 h 04. Une fois chez lui, il s assied à son bureau et note tout ce qu il vu de changé durant la journée. Il commence toujours par écrire sur une feuille lignée qui il est, pour être sûr de ne pas l oublier : Je me nomme Philippe Clerens, Je suis écrivain et, durant ma longue carrière qui dure depuis vingt-quatre ans, je n ai écrit que trois livres. Comme ces mots ne seront jamais connus que par moi seul, je pense pouvoir dire qu ils ont tous les trois été de véritables chefs-d œuvre. Ayant été chacun vendus à plus de quatre 19

20 millions d exemplaires et traduits dans la quasi-totalité des langues du monde. Mon nom est connu dans le monde entier et, si ma photo n apparaissait pas à la fin de mes livres, je crois que personne ne connaitrait mon visage n ayant jamais désiré monter sur un plateau TV ou faire quoi que ce soit pour me montrer. Je ne vis que pour l écriture et mon unique objectif est de n écrire que ce qui me plait. Dans ma carrière, je n ai réussi qu à trois reprises à produire quelque chose qui me plaisait et venait du cœur. Mon dernier ouvrage est celui que j ai le plus aimé. En fait, c est le personnage qui m a plu. L histoire était plutôt simple mais ce qui a fait la richesse du livre, c était son héroïne si bien décrite et si attachante qu on ne pouvait s empêcher de l aimer. Elle s appelait Anna, n avait que huit ans et portait généralement une robe rouge à pois blancs et deux jolies nattes terminées par des nœuds écarlates. Durant toute la durée de cette aventure que fut l écriture de son histoire, je goutai pour la première fois de ma vie à autre chose que la solitude. Je ne lâchais plus ma plume et je me mis à aimer mon héroïne comme ma propre fille. Une fois mon livre fini et édité, je me mis à dépérir. Alors que tous mes lecteurs vantaient la richesse de mon personnage et la qualité de mon style, moi, je pleurais le départ de mon personnage comme on pleure un proche décédé. À partir de ce moment, je me mis à répéter chaque jour qui passait les mêmes gestes avec la même exactitude que ceux que j avais exécutés le jour où mon Anna était apparue pour la première fois dans mon esprit. Je me lève à la même heure et de la même manière, je me lave avec un gant de toilette de la même couleur, je m habille avec des vêtements identiques, je mets la même quantité de lait dans mon bol et de confiture sur ma tartine, et je sors exactement à la même heure que ce jour-là. J attends désespérément depuis quatre ans de retrouver l étincelle, c est ainsi que j appelle l inspiration qui s empare de moi quand je décèle un 20

21 geste, un mot, ou un regard venant d un inconnu et qui, comme pour ses prédécesseurs, me permettra de retrouver le bonheur en créant un futur roman. Je la guette mais je doute qu elle revienne. Après ce travail, il allait se coucher pour sombrer dans un sommeil sans rêves. Ce matin-là ne semblait pas différer des autres jours d été. Le soleil brillait et les enfants jouaient sur le trottoir, ne prêtant même plus attention à la célébrité assise à son habituelle table du café. Il arrivait encore que, de temps en temps, une personne de passage s arrête pour lui demander s il était bien Philippe Clerens, le célèbre écrivain. Que voulez-vous, on imagine toujours une personne comme lui dans une grande villa plutôt qu attablé au petit café du coin. C est pour cette raison qu il ne fut pas surpris d entendre une voix d enfant lui demander : Excusez-moi, vous êtes bien l écrivain Clerens? Il se retourna pour assouvir la curiosité de l enfant quand il se figea net! La petite fille qui se tenait devant lui ressemblait en tout point au personnage qu il chérissait tant. Pas seulement au niveau de la description faite dans son roman mais également comme elle lui apparaissait dans sa tête. Elle avait de longs cheveux noirs qu elle ramenait devant ses épaules en deux tresses, une petite robe rouge à pois blancs et de petits souliers cirés noirs. Ses yeux avaient la couleur de l océan et pétillaient de malice et, sur son nez fin et ses pommettes, se répandaient une multitude de tâches de rousseur. Sa fine petite bouche semblait faite pour sourire et ses joues étaient légèrement rosées. Elle était menue et serrait contre 21

22 elle un gros livre. La pauvre enfant semblait terrorisée! L écrivain finit par articuler : Oui, c est bien moi. Veux-tu que je te signe un autographe, ma petite? Non, répondit-elle d une voix enfantine sortie tout droit de l esprit de l auteur, je voudrais autre chose. Qu quoi donc? C est assez compliqué. Puis-je m assoir? Il se leva et prit une chaise à la table d à côté. Une fois installée, elle se lança : Tout d abord, laissez-moi me présenter. Je me nomme Anna, je devrais avoir douze ans mais j en parais huit. En entendant ça, l écrivain faillit s étrangler mais la petite continua : Il y a quatre ans, on m a retrouvée endormie en plein milieu d une route. Je semblais n avoir rien subi de grave sauf qu à mon réveil je ne me souvenais plus de rien, à part de mon prénom, Anna. Comme personne ne me connaissait et ne pouvait dire qui étaient mes parents, je fus adoptée. Après un an et demi, mon médecin déplora que je ne grandisse pas. Me croyant atteinte d une grave maladie, mes parents me retirèrent de l école et me firent passer toutes sortes de tests pour tenter de comprendre quelle était la cause de ma non-croissance. Ces tests ne dévoilant aucun résultat, ils décidèrent de me garder à la maison pour surveiller mon développement. Ce fut pendant cette longue période à rester cloitrée chez moi que je finis par démêler mes 22

23 sentiments et impressions. En effet, il me semblait que tout en moi était comme figé. J aurais dû dépérir à rester ainsi enfermée mais non, je restais parfaitement la même. Rien chez moi n évoluait. Et un jour, pour l anniversaire de mes onze ans, mes parents m offrirent un livre, votre livre, celui qui porte pour titre Anna, mon étincelle. C était en effet le nom qu il avait donné à son dernier roman. En l honneur de cette inspiration qui lui avait permis d écrire ses histoires. Il écoutait Anna sans réfléchir ou tenter de comprendre comment elle pouvait se tenir là devant lui, il se contentait de l écouter et d assimiler tout ce qu elle disait. Il ne put s empêcher de noter qu elle s exprimait comme une adulte malgré son air enfantin. Exactement comme l Anna qu il avait créée. Je lus votre livre avec une attention toute particulière puisque l héroïne me ressemblait en tout point. Pas seulement dans le physique et le caractère mais aussi dans l attitude et les habitudes. Sans parler du fait que sa robe fétiche était exactement la même que celle dans laquelle j avais été retrouvée évanouie. Plus je lisais, plus je me mis à croire que vous aviez écrit ce livre en me prenant pour modèle. Vous deviez certainement me connaitre. Cela devint une certitude quand, à la fin de l histoire, je vis votre photo et que le premier mot qui sortit de ma bouche fut «papa». Alors voilà, si je suis ici c est pour vous demander si, par hasard, je ne serais pas votre fille? Il n en croyait pas ses oreilles, tout cela était tellement insensé mais, malgré cela, une théorie invraisemblable se mit à germer dans son esprit et, au lieu de lui répondre, il lui tendit la fameuse feuille qu il écrivait tous les soirs. Elle la lut avec attention et le fixa le regard plein de questions. 23

24 Il lui demanda donc : Est-ce que, comme mon Anna, tu as toujours sur toi ton journal dans lequel tu écris ta vie? Ou oui. Dans ce cas, cela ne te dérangerais pas de me le confier et de revenir dans deux jours? N Non. Mais pourquoi? Tu verras, dit-il avec un sourire malicieux. Anna lui laissa donc son journal et repartit dans l incompréhension la plus totale. L écrivain, quant à lui, savait exactement ce qui lui restait à faire. Pour aider l enfant, il devait d abord savoir pourquoi elle l avait rejoint dans la réalité. Tous les habitants du quartier furent bien surpris de ne pas le voir à sa table pendant une journée et demie et qu il apparaisse l après-midi suivant une liasse de papiers à la main. Ils furent encore plus surpris de voir une petite fille avec des nattes noires l y rejoindre en courant. Elle s assit devant lui et lui dit : Je me souviens de tout, d absolument tout! Comment c est possible? Il m a suffi d écrire en quelques pages la vie que tu as menée ces quatre dernières années, en veillant à utiliser le même style que celui que j avais utilisé pour écrire le début de ton histoire et en pensant à rajouter que tu finissais par retrouver tes souvenirs. Mais maintenant qu ils sont revenus, peux-tu me dire comment tu as fait pour sortir du livre? 24

25 Eh bien en fait, c est grâce à vous. Vous m aviez faite tellement réelle que je vivais vraiment tout ce que vous écriviez. Mais, à la fin de mon aventure, j étais perdue et comme je ne pouvais mourir puisque vous ne m aviez pas écrit de fin, je suis inconsciemment sortie du livre pour pouvoir continuer à évoluer. Mais tu ne pouvais pas grandir ni te développer puisque je ne l avais pas décrit. Exactement, mais maintenant, s il vous plait, remettez-vous à écrire mes histoires car, comme je suis maintenant, je ne vis plus vraiment. J existe mais je ne vis plus. Et, à partir de ce jour, l auteur n eut de cesse d écrire. Il avait compris que désormais son étincelle était et resterait toujours son Anna. Peu à peu, il reprit vie. Et chaque nuit dans ses rêves apparaissait une enfant qui, avec les années, fut de moins en moins une enfant et qui l appelait «papa». C est ainsi que Philippe Clerens trouva enfin le bonheur. 25

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27 Seelis VAN DER AUWERAERT Souvenirs Une femme entra dans la chambre. Qui était-ce? Je n avais aucune idée. Alors Marc, comment était ta journée?, me demanda-t-elle. J essayais de formuler une réponse, mais les mots ne me venaient pas à l esprit. J essayais de me rappeler ce que j avais fait durant la journée, mais je ne me souvenais de rien. Je me contentais donc de hocher la tête. La femme me regarda d un air triste, comme si je lui faisais de la peine. Désolée, je n avais pas réfléchi avant de poser la question, dit-elle. Il me faut toujours un moment pour m habituer aux patients après les vacances. Tu m as beaucoup manqué d ailleurs. En entendant le mot «vacances», j eus une espèce de déclic. Je sentais l odeur salée de la mer, dont les vagues fluctuaient à mes pieds. Le vent tiède ébouriffait mes cheveux. Le ciel était d un bleu foncé, sans aucun nuage. Je regardais l horizon, là où l eau se confondait avec le ciel. Marc, tout va bien? 27

28 J étais de nouveau dans la chambre aux murs blancs. La femme s était assise dans le vieux canapé rouge en face de moi. De nouveau, je n arrivais qu à hocher la tête. Elle me souriait, versant du thé dans une belle tasse en porcelaine. Elle y mit ensuite du sucre, remuant le tout avec une petite cuillère. Tout en me tendant la tasse, elle me dit d un ton paisible : Je suis allée au Japon pendant dix jours. Selon ta femme, vous y êtes allés il y a quinze ans. C est triste que tu ne puisses plus te souvenir du voyage. Le Japon est vraiment un endroit magnifique. La culture y est complètement différente de la nôtre et le climat y est très agréable! Je m en souviens, lui dis-je. Les yeux bleus de la femme s écarquillaient elle ne me croyait pas. À Tokyo, il y a des buildings aussi hauts que les nuages. Les rues y sont propres, malgré une foule immense qui s y déplace constamment. De grands écrans illuminent la ville la nuit, les couleurs changeant rapidement comme les lumières d une discothèque. Quand il pleut, des parapluies transparents forment une grande masse au-dessus des têtes des gens. Les voitures y sont la plupart du temps petites, avec un capot très court. Aussi, la ville la ville Les mots m échappaient. Ils repartaient aussi vite qu ils m étaient venus. Je n arrivais plus à continuer mon histoire. Je ne me souvenais plus de la suite. Marc? Je regardais la femme. Je n avais toujours aucune idée de qui elle 28

29 était. Elle était blonde, assez grande, avec des jambes très fines. Ses yeux d un bleu très vif ressortaient de son visage parsemé de taches de rousseur. Ses habits avaient quelque chose de médical. Elle portait un polo assez moulant, en dessous duquel elle avait un pantalon blanc lui aussi. Une petite carte plastifiée, accrochée à son veston juste au-dessus de son sein droit, attira mon attention : «Myriam Genet - La Tour - Centre pour personnes atteintes de la maladie d Alzheimer». Alzheimer. Ce nom me disait quelque chose. Un déclic. M. Moens, sachez que je ne suis pas là pour vous rassurer avec du blabla inutile. Je vais donc aller droit au but, me disait le Dr Mossad. Mon cœur battait de plus en plus vite. Vous êtes atteint de la maladie d Alzheimer. J avalai ma salive. Ce que je craignais le plus venait d être confirmé. Je me tournai vers ma femme et je voyais des larmes couler sur ses joues. Très bien, M. Mossad, dis-je en me tournant vers le docteur. Les mots sortirent de ma bouche d un ton sec et monotone. J essayais de cacher le fait que cette nouvelle m effrayait, me dévastait. Bientôt je ne saurai plus ce que j ai fait la veille. Plus tard, je ne me rappellerai plus mes années d études, puis je n arriverai plus à reconnaitre ma femme ni mes enfants. Finalement, parler deviendra difficile, vu que mon vocabulaire deviendra de plus en plus petit. Mon cœur battait très vite, trop vite même je ressentais une douleur légère 29

30 au niveau de ma poitrine. Tu es étrange aujourd hui, Marc, me dit la femme en polo blanc, Myriam. Tu es sûr que tout va bien? Un moment tu es présent, l autre tu deviens absent. Mais tes yeux sont plus vifs lorsque tu ne m écoutes pas. Des souvenirs C est tout ce que j avais à dire. Je me levai pour me diriger vers les toilettes. J avais soif. J ouvris le robinet et je vis le filet d eau augmenter doucement en puissance. Le filet devenait un jet, puis une petite cascade. Des gouttes d eau giclaient jusqu à mon visage. Je réajustai la puissance en tournant le robinet, puis je formai un bol avec mes deux mains. L eau le remplit rapidement, une partie s écoulant entre mes doigts. Je buvais le liquide froid, bol par bol, puis je m éclaboussais le visage d un grand geste des mains. Je levai les yeux vers le miroir. Derrière moi, Myriam se tenait dans l ouverture de la porte. Elle me fixait de ses yeux bleus. Elle observait intensément le reflet de mon visage. Dis-moi Marc, ces souvenirs dont tu parles, ils sont comment? Je me tournai lentement vers la femme, essayant de construire une phrase cohérente dans ma tête. Les mots me venaient difficilement mais, après un petit bout de temps, j avais une phrase correcte. Je lui répondis : Ils me viennent de temps en temps. Souvent après un mot ou un bout de texte. Ils sont clairs, mais furtifs. J ai l impression de disparaitre 30

31 dans un monde à part. Quand ils disparaissent, je ne me souviens plus de ce que j ai vu. Je me souviens juste d une sensation de joie immense. Myriam sourit d un sourire magnifique. Quelqu un frappa à la porte. Elle se tourna et commença à marcher vers l entrée de la chambre, se déhanchant légèrement. Myriam ouvrit la porte et une autre femme entra. Celle-ci n était pas du Centre : elle portait un long manteau beige et des chaussures à talons en cuir noir. Ah, bonjour Myriam!, dit-elle. Les vacances se sont bien passées? Oui, elles étaient excellentes. Le repos m a fait du bien!, répondit Myriam. C est vrai que vous le méritez vraiment ce repos. Marc va bien? Myriam se tourna en souriant, me désigna d un geste de la main et dit : Comme vous pouvez voir, il est en excellente forme! Je souriais chaleureusement à la femme, examinant son visage. Elle devait être dans sa cinquantaine et avait des yeux brun foncé en amande. Ses cheveux roux retombaient en grandes boucles sur ses épaules. Son nez, petit et fin, se trouvait à une distance parfaite de ses lèvres rouge pâle. Quand la femme me vit, un grand sourire illumina son visage et elle se précipita pour me donner un câlin. Son corps dégageait une odeur envoutante que je reconnaissais. Je me trouvais de nouveau au bord de la mer, couché sur un grand linge, sous un parasol rouge et blanc. La mer se trouvait à quelques pas de la chaise et je voyais le reflet du soleil étinceler dans les vagues. À côté de moi, ma femme lisait un magazine, couchée sur le côté. Je contemplais son corps magnifique. De mes yeux, je suivais la ligne de ses pieds, passant par ses cuisses, son derrière arrondi, puis le creux léger de sa taille, finissant par ses épaules, que recouvraient de longues 31

32 mèches rousses. Je m approchai doucement d elle, l embrassant sur la nuque. Une odeur douce et sucrée remplit mes narines. Isabelle. La femme rousse fit un pas soudain en arrière. Myriam était derrière elle, les yeux grands ouverts, l air incrédule. M Marc?, me dit la femme rousse d un ton hésitant. Isabelle! Le nom sortit de ma bouche avec force. Isabelle rit, des larmes se formant dans ses yeux. Très vite, les gouttes devinrent trop lourdes et coulèrent le long de ses joues. Elle m étreignit, son rire était interrompu par des sanglots irréguliers. Marc Ça fait si longtemps, me dit-elle doucement. Je la serrai dans mes bras, déposant un long baiser dans le creux de son épaule. Je sentais à mon tour des larmes tièdes couler sur ma joue. J avais reconnu ma femme. 32

33 Alexia DEHAES Élémentaire, mon cher Klimt Tant d heures de préparation, un travail demandant une énorme dose de précision, tout ça parce qu une idée aussi folle que complexe avait germé dans mon esprit. Je ne suis pourtant pas du genre à réaliser toutes les petites folies qui me passent par la tête mais, cette fois, c était différent; cette idée s était enracinée dans mon esprit jusqu à devenir une obsession que je ne pouvais supprimer de mes pensées. Elle revenait sans cesse me hanter et la tentation de la réaliser était devenue trop forte Le déclic s était produit le jour où une cliente était venue dans mon atelier pour récupérer un de ses anciens tableaux que je venais de restaurer. Elle avait l air assez contente de mon travail lorsque je lui remis son tableau, elle me remercia et me dit : Si j avais un talent tel que le vôtre, je ne perdrais pas mon temps au-dessus de ces vieilles œuvres. Pourquoi ne tentez-vous pas quelque chose de différent? Il est vrai que je possédais un don en peinture que je souhaitais exploiter de manière plus prestigieuse. Tenter quelque chose de différent. Cette idée me torturait l esprit depuis des jours, depuis cette petite étincelle et, pour une fois, j avais fini par céder et par me lancer dans un projet. Le but de celui-ci était 33

34 uniquement de transformer ma routine quotidienne en y ajoutant un grain de folie. J étais désormais au centre de l action, assis dans cet atelier sur une chaise en bois très inconfortable, parmi des spécialistes. Un de ces experts me jeta un coup d œil suspicieux, pendant que les autres analysaient mon travail. Je ne cessais de me dire que, sans cette cliente, je ne serais pas assis dans cet atelier mais bien dans le mien (où les chaises étaient d ailleurs nettement plus confortables). J avais réalisé mon projet le plus fou, uniquement grâce à cette phrase (qui semblait d ailleurs tout juste sortie d une pub pour une nouvelle voiture) : «Tentez quelque chose de différent.» Une voix m extirpa de mes pensées : Tout à l air en ordre monsieur, cependant nous ne comprenons toujours pas certains éléments, me dit l homme assis à côté de moi. Je n écoutais plus; je paniquai tout d un coup, quelque chose clochaitil? Avais-je commis une erreur? J avais pourtant tout revu dans les moindres détails. J étais en train de paniquer, il fallait que je me ressaisisse au plus vite sinon ils allaient percevoir mon angoisse. Je m entendis lui répondre d une voix mal assurée : Ah, très bien. Euh que souhaitez-vous savoir exactement? Pouvez-vous nous réexpliquer encore une fois toute l histoire depuis le début? 34

35 Tout réexpliquer? Je me sentis un peu mieux, c était mon moment préféré, celui que j avais tant préparé et que je connaissais par cœur. Je ne pouvais pas leur dire la vérité bien entendu, c était même hors de question, alors je récitai mon texte (de manière très professionnelle bien sûr). Je travaille toujours en procédant de la même manière : je fixe un rendez-vous à mon client, je note sur une fiche les aspects à améliorer et également ses coordonnées pour pouvoir le recontacter lorsque mon travail est terminé, commençai-je à réciter. Poursuivez!, dit un homme à ma gauche, d un ton impatient. Un jour, un homme est arrivé à l improviste dans mon atelier, me donnant un tableau qui, selon lui, avait une grande valeur au sein de sa famille et qu il voulait que je rénove. J ai procédé comme d habitude, en ne notant cependant que son nom et son prénom; le reste, m avaitil dit, ne servirait à rien. Je voulais le recontacter pour avoir plus de détails sur les éléments qu il souhaitait que je retravaille, mais il n était plus jamais réapparu, et j ai découvert plus tard que le nom qu il m avait laissé n était pas le sien mais celui d un apiculteur de la région. J avais donc un tableau dans mon atelier qui ne valait même pas la peine d être amélioré puisque je ne savais pas à qui il appartenait. Je n y avais plus touché depuis ce jour-là, et ce n est qu hier, en me penchant sur cette toile, que j ai réalisé qu elle possédait une grande valeur, terminai-je de manière presque théâtrale. Je finissais vraiment par y prendre gout, trop même La femme en face de moi me lança agressivement : 35

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