Compétitivité des entreprises françaises

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1 Compétitivité des entreprises françaises La compétitivité dépend en premier lieu de l évolution des coûts unitaires de production et des prix relatifs des biens exposés à la concurrence internationale. L amélioration depuis 10 ans de la compétitivité en termes de prix et de coûts des entreprises françaises a notamment permis à notre secteur industriel d enregistrer de bonnes performances à l exportation et de consolider ses parts de marché à l étranger. La «compétitivité produit» de la France apparaît également satisfaisante quant à la qualité des produits offerts ou la diversité des gammes proposées. Enfin, la vigueur des investissements directs à l étranger sur la seconde moitié des années 90 témoigne de la bonne santé financière de nos entreprises ainsi que de leur capacité à conquérir de nouveaux marchés et à acquérir une dimension internationale. 161

2 Graphique 1 Compétitivité-prix des principaux pays européens par rapport aux pays de l OCDE (produits manufacturés) Source : OCDE. Calculs : DP. Base 100 en Graphique 2 Compétitivité-coût des principaux pays européens par rapport aux pays de l OCDE (produits manufacturés) Source : OCDE. Calculs : DP. Base 100 en La compétitivité produit évolue de manière favorable C est le cas au regard de l évolution des prix et des coûts Les entreprises françaises ont accumulé des gains de compétitivité-prix substantiels au cours de la dernière décennie, tant par rapport à leurs partenaires des pays industrialisés que par rapport aux pays émergents : au cours des dix dernières années, l évolution des prix à l exportation des produits français est restée plus modérée que celle de nos partenaires de l OCDE (cf. graphiques 1 et 2). Notre compétitivité-prix à l exportation s est ainsi améliorée de plus de 15 % entre le premier semestre de 1990 et le premier semestre 2001 (cf. tableau 1 bis). Les exportateurs français ont également connu depuis dix ans une amélioration Allemagne 1S1990 1S1991 1S1992 1S1990 1S1991 1S1992 1S1993 1S1994 1S1995 1S1996 1S1997 1S1998 1S1999 1S2000 1S2001 France Italie Royaume-Uni 1S1993 1S1994 1S1995 1S1996 1S1997 1S1998 1S1999 1S2000 1S2001 Allemagne France Italie Royaume-Uni continue de leur compétitivité-coût, en raison d une évolution toujours modérée des coûts salariaux unitaires. Cette compétitivité-coût s est améliorée de 24 % sur la dernière décennie et le surcroît de compétitivité est de l ordre de 20 % à la mi-2001 en comparaison de la moyenne des 20 dernières années (cf. graphiques 1 et 2, tableau 1). La France bénéficie en particulier, sur les dernières années, d une évolution de ses coûts de production plus favorable que celle de ses principaux partenaires européens, notamment l Allemagne, l Italie et le Royaume-Uni. Sur l ensemble de la décennie 90, on observe, en revanche, que la compétitivitéprix ne s améliore pas autant que la compétitivité-coût, ce qui traduit un renforcement des marges chez les exportateurs français. Il apparaît plus précisément que les producteurs français ont consenti des efforts de marge importants à l exportation jusqu en 1995 avant de les reconstituer au cours des cinq dernières années. Les évolutions du taux de change effectif réel (TCER) (1) de la France indicateur de sa position compétitive vis-à-vis de l ensemble de ses partenaires commerciaux montrent également une amélioration de la compétitivité des entreprises françaises, en particulier vis-à-vis des pays émergents. À la fin 2000, le change réel se trouve ainsi déprécié de 15 % par rapport au niveau moyen que l on pouvait observer en comme au regard de l évolution des parts de marché mondiales et de la compétitivité hors-prix La progression de nos parts de marché relatives en volume témoigne de la bonne (1) Taux de change pondéré par la structure de la concurrence ressentie par nos exportateurs et corrigé des divergences d évolution des prix intérieurs. Cet indicateur couvre 42 partenaires commerciaux de la France. Une dépréciation est, toutes choses égales par ailleurs favorable à la compétitivité. 162

3 Évolution de la compétitivité-coût par rapport aux partenaires de l OCDE Tableau 1 (En %) 1 er semestre er semestre er semestre er semestre 2001 France 23,8 17,4 Allemagne 8,4 11,3 Italie 15,2-0,7 Royaume-Uni -22,4-12,1 Source : OCDE, calculs DP. Une hausse correspond à une amélioration de la compétitivité. Tableau 1 bis Évolution de la compétitivité-prix par rapport aux partenaires de l OCDE (En %) 1 er semestre er semestre er semestre er semestre 2001 France 15,3 8,5 Allemagne 3,4 4,7 Italie 3,5-4,3 Royaume-Uni -2,8-5,6 Source : OCDE, calculs DP. Une hausse correspond à une amélioration de la compétitivité. tenue de nos exportations (cf. graphique 3). Notre part de marché relative en volume est restée relativement stable depuis dix ans et progresse même modérément sur les cinq dernières années (cf. graphique 3). Parmi les principaux pays européens, la France est le seul pays à avoir maintenu sa part de marché relative en volume. La compétitivité des produits français n est pas déterminée uniquement par les prix, notamment dans le secteur des biens de consommation, mais aussi par d autres facteurs, liés à ce que l on a coutume d appeler la différentiation des produits ou compétitivité hors-prix. La compétitivité hors-prix recouvre des dimensions telles que la qualité, le nombre de variétés de produits au sein d une même gamme, l étendue des gammes offertes et le caractère innovant des biens offerts. Une enquête sur l image des produits européens, réalisée en 2001 par le Centre d Observation Économique (COE) de la Chambre de Commerce et d Industrie de Paris auprès d importateurs, témoigne de l amélioration de l image des produits français, en termes de qualité, d innovation, de notoriété des marques, de service commercial, de service à la clientèle et de délais de livraison (même si l amélioration sur ce dernier critère est moins prononcée). (cf. graphique 4). Au-delà des enquêtes, la qualité reste une notion difficile à mesurer. L analyse de la compétitivité par les prix s en ressent, 11,0 9,0 7,0 5,0 1S1990 1S1991 1S1992 1S1993 1S1994 1S1995 1S1996 1S1997 1S1998 1S1999 1S2000 1S2001 France Italie Royaume-Uni 21,0 16,0 11,0 6,0 Allemagne (échelle de droite) puisque des prix élevés peuvent aussi bien signaler des coûts trop importants que des produits de haute qualité. 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0-0,1-0,2-0,3 France Allemagne Belgique Royaume- Uni Italie Espagne Etats-Unis Japon Asie (hors Japon) * Remarque : 0 correspond à un score moyen. Graphique 3 Parts de marché en volume des principaux pays européens par rapport aux pays de l OCDE (manuf. en %) Graphique 4 L image des produits exportés Source : enquête du COE réalisée en 2001 auprès d importateurs de six pays européens. 163

4 Les études récentes consacrées à la spécialisation des échanges au sein de l Union européenne (2) laissent penser que la France dispose de solides avantages dans les produits de haute et moyenne gammes. Il semble que l Allemagne et la France se soient orientées principalement vers une concurrence par la qualité, alors que les entreprises espagnoles et italiennes s illustrent davantage par la compétitivité de leurs prix. Cette analyse confirme en particulier que la France tire une part notable de son avantage comparatif des produits haut de gamme ou innovants. Elle bénéficie de larges avantages en termes de qualité dans les secteurs de l agro-alimentaire, de l habillement, mais également dans des secteurs de haute technologie (aérospatiale, industrie pharmaceutique). La réalisation de l Union économique et monétaire modifie le jeu de la concurrence Avec l avènement de l euro, ce sont près de 60 % de nos échanges qui ne subissent plus les fluctuations des parités bilatérales. Désormais, la compétitivité-prix de nos échanges intra-européens devient extrêmement sensible au différentiel d inflations nationales comme aux écarts de coûts de production. En outre, l euro va accroître le degré de concurrence et réduira la segmentation du Marché Unique, en favorisant la transparence des prix et la réduction des coûts de transaction. Il encouragera donc la convergence des niveaux de prix des biens. Dans ce nouveau contexte européen, les prix industriels d un pays pourront encore plus difficilement s écarter de ceux de la concurrence de manière significative. De plus, l accroissement de la concurrence incitera les entreprises à différencier davantage leurs produits. Ces évolutions auront alors comme conséquence de restreindre la portée des indicateurs de compétitivitéprix. Des prix en ligne avec la concurrence pourront en effet masquer un dérapage des coûts que les entreprises cherchent à compenser en comprimant leurs marges ou, à l inverse, des gains substantiels de compétitivité hors-prix. En l occurrence, depuis la mise en place de l euro, le 1 er janvier 1999, les coûts de production français et allemands ont évolué plus favorablement que les coûts italiens (3). L analyse de la compétitivité au sein de la zone euro nécessite donc de porter une attention toute particulière à l évolution des coûts de production et à la profitabilité de nos ventes, comme à l étendue des gammes et à la qualité des produits. Des investissements directs à l étranger qui manifestent la bonne santé des grandes entreprises françaises Les investissements directs à l étranger (IDE) (4) sont aujourd hui le deuxième pilier de la globalisation et représentent un facteur important d internationalisation de nos entreprises. Ils ont fait preuve d un fort dynamisme au cours des trois dernières années. ce dynamisme observé depuis l avènement de (2) En particulier, les études du CEPII (Centre d études prospectives et d informations internationales) : Fontagné, Freudenberg, Ünal-Kesenci (1995) ; Freudenberg, Ünal-Kesenci (1996) ; Fontagné, Freudenberg, Péridy (1997). (3) Baisse de 3 % et de 1 % des coûts de production allemands et français entre le 1er semestre 1999 et le 1 er semestre 2001, hausse de 1,7 % des coûts italiens. (4) Selon la définition du FMI, l investisseur doit exercer une influence significative sur la gestion de l entreprise, à savoir détenir au moins 10 % des actions ordinaires ou des droits de vote (ou l équivalent). 164

5 la zone euro, ainsi que l importance des opérations de fusions-acquisitions (qui expliquent en 1999 et 2000 une partie des progressions exceptionnelles des IDE), laissent penser que le phénomène reflète non pas une fuite des capitaux mais un mouvement d intégration européenne croissante, notamment dans les secteurs bancaire et des nouvelles technologies. Il correspondrait à la volonté des entreprises françaises de mobiliser des synergies en Europe et de constituer des groupes d envergure internationale. En effet, les investissements à l étranger ne sont généralement pas réalisés au détriment de l investissement sur le territoire national. Ils répondent à des stratégies industrielles internationales et constituent un investissement productif favorable à l activité nationale. La progression concomitante des investissements directs à l étranger et des exportations au cours des dernières années illustre bien l effet d entraînement exercé par les IDE sur les exportations et, par conséquent, sur la croissance de l activité en France. En outre, bon nombre d activités de services n ont généralement d autre possibilité que d implanter des filiales à l étranger si elles souhaitent conquérir de nouveaux marché. À ce titre, on ne peut que se réjouir des vives progressions des investissements directs en matières de services aux entreprises ou encore de services financiers. Enfin, les investissements français à l étranger sont source de revenus, à court, moyen et long terme, par le biais des dividendes versés par les filiales à la maison mère. 165

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