Jean Genet. Journal du voleur. Texte intégral

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1 Jean Genet Journal du voleur Texte intégral

2 Jeélll Genet Journal du voleur Je nomme violence une audace au repos amoureuse des périls. On la distingue dans un regard, une démarche, un sourire, et c'est en vous qu'elle produit les remous. Elle vous démonte. Cette violence est un calme qui vous agite. On dit quelquefois : «Un gars qui a de la gueule.» Les traits délicats de Pilorge étaient d'une violence extrême. Leur délicatesse surtout était violence. Goya. Les su r pr~ses du m1ro1r: L'homme au carcan (détail). Photo Gal limard- La photothèque. ISBN A !1()> catégorie J...

3 Jean Genet Journal du voleur Gallimard

4 @ Éditions Gallimtwtl, 1949.

5 Le Journal du Voleur est l'ouvrage le plus dlèbre Je Jean Genet. Il a inspiti à jean-paul Sartf'l! le texle que 110Ui : «N'est pas Narcisse qui flfui. Combien se pm&benl sur l'eau qui ny 110ien1 qu'une vague apparmce d'homme. Genet se 110# partout; les surfaces les plus males lui f'l!fiiioienl son image; mime &bez les aulm, il s'apetpjil d mel au jour du mime roup leur plus profond sem#. Le 1bbne inquiilanl du double, image, sosie, frire ennemi, se rdf'i1utle en Ioules ses œutlf'i!s. Cbatune d'elles a œne /trange propriéfl d'hf!! ellemime d le f'l!jlel d'elle-mime. Genet fail apparatm une foule grouillanle d touffue qui nous intrigue, nous lranspotte, d se ebange en Genet sous le rtgard Je Genet. «Dans le Journal du Voleur, le mythe du double a pris sa forme la plus rassuranle, la plus rommune, la plus naluf'l!lle : Genet y parle Je Genet sans intermldiaif'l!; il raamle sa vie, sa mism d sa gloif'l!, ses amours; il /ail l'bistoif'l! Je ses pmsles, 011 pourrait mjif'l! qu'il a, romme Montaigne, le projet bonhomme d familier Je se peindf'l!. Mais Genet n'est jamais familier, mime atjet soi. Bien sflr il dil loul. Toule la vtrill, rien que la flffrill : mais c'est la vtrill rame. Son autobiographie n'est pas une autobiographie, elle n'en a que l'apparmce : c'est une œmwgonie rame. Ses histoim ne son1 pas des histoires : elles flous passionnent d flous fascinent mais flous mjjiez qu'il flous raœntail des faits d f/ous flous apen:er.tez soudain qu'il flous Jiml des rites; s'il parle des mendiants pouilleux du «Baf't'Ï() Chino» c'est pour agiler sompl,_l des questions Je préslat~te d

6 d'hiquette : il en le Saint-SÎfMrl de œne Cour des Mi,.Mles. Ses Sllllfltnif'S ne Sllllf pas des SOfltlmif'S : ils SOflf extufs mais sacm; il paf'le de sa vie œmme un wangllisu, m Umoin lmerwïlll.. Si pounanf fjofis sat~n WÏf', à la joinfun, la ligne mina qui slpan le myfbe mwloppanf th myfbe mwloppl, fjofis J/çouflrim la vmfé, qui en mrible.»

7 à SARTRE au CASTOR

8 Le vêtement des forçats est rayé rose et blanc. Si, commandé par mon cœur l'univers où je me complais, je l'élus, ai-je le pouvoir au moins d'y découvrir les nombreux sens que jé veux : il existe donc un étroit rapport entre les fleurs et les bagnards. La fragilité, la délicatesse des premières sont de même nature que la brutale insensibilité des autres 1 Que j'aie à représenter un forçat - ou un criminel - je le parerai de tant de fleurs que lui-même disparaissant sous elles en deviendra une autre, géante, nouvelle. V ers ce qu'on nomme le mal, par amour j'ai poursuivi une aventure qui me conduisit en prison. S'ils ne sont pas toujours beaux, les hommes voués au mal possèdent les vertus viriles. D'eux-mêmes, ou par le choix fait pour eux d'un accident, ils s'enfoncent avec lucidité et sans plaintes dans un élément réprobateur, ignominieux, pareil à celui où, s'il est profond, l'amour précipite les êtres 2 Les jeux érotiques 1. Mon émoi c'est l'oscillation des unes aux autres. 2. Je parle de l'idéal forçat, de l'homme chez qui se rencontrent toutes les qualités de pwù. 9

9 découvrent un monde innommable que révèle le langage nocturne des amants. Un tel langage ne s'écrit pas. On le chuchote la nuit à l'oreille, d'une voix rauque. A l'au be on l'oublie. Niant les vertus de votre monde, les criminels désespérément acceptent d'organiser un univers interdit. Us acceptent d'y vivre. L'air y est nauséabond. : ils savent le respire~. Mais - les criminels sont loin de vous - comme dans l'amour ils s'écartent et m'écartent du monde et de ses lois. Le leur sent la sueur, le sperme et le sang. Enfin, à mon ame assoiffée et à mon corps il propose le dévouement. C'est parce qu'il possède ces conditions d'érotisme que je m'acharnai dans le mal. Mon aventure, par la révolte ni la revendication jamais commandée, jusqu'à ce jour ne sera qu'une longue pariade, chargéè, compliquée d'un lourd cérémonial érotique (cérémonies figuratives menant au bagne et l'annonçant). S'il est la sanction, à mes yeux aussi la justification, du crime le plus immonde, il sera le signe du plus extrême avilissement. Ce point définitif où conduit la réprobation des hommes me devait apparaître comme l'idéal endroit du plus pur accord amoureux, c'est-à-dire Je plus trouble où sont célébrées d'illustres noces de cendres. Les désirant chanter j'utilise ce que m'offre la fo~me de la plus exquise sensibilité naturelle, que suscite déjà le costume des forçats. Outre ses teintes, par sa rugosité, l'étoffe évoque certaines fleurs dont les pétales sont légèrement velus, détail suffisant pour qu'à l'idée de force et àe honte j'associe le plus naturellement p~écieux et fragile. Ce rapprochement, qui me renseigne sur moi, à un autre esprit ne s'im- IO

10 poserait pa.s, le mien ne peut l'éviter. J'offris donc aux bagnards ma tendresse, je les voulns nommer de noms charmants, désigner leurs crimes avec, par pudeur, la plus subtile métaphore (sous le vo.ile de quoi je n'eusse ignoré la somptueuse musculature du meurtrier, la violence de son sexe). N'est-ce par cette image que je préfère me les représenter à la Guyane : les plus forts, qui bandent, les pins «durs», voilés par le tulle de la moustiquaire? Et chaque fleur en moi dépose une si grave tristesse que toutes doivent signifier le chagrin, la mort. C'est donc en fonction du bagne que je recherchai l'amour. Chacune de mes passions me le fit espérer, entrevoir, m'offre des criminels, m'offre à eux ou m'invite au çrime. Cependant que j'écris ce livre les derniers forçats rentrent en France. Les journaux_nons l'annoncent. L'héritier des rois éprouve Wl vide pareil si.la république le prive du sacre. La fin du bagne nous empêche d'accéder avec notre conscience vive dans les régions mythiques souterraines. On nous a coupé le plus dramatique mouvement : notre exode, l'embarquement, la procession sur la mer, qui s'accomplissait tête basse. Le retour, cette même procession à rebours n'ont plus de sens. En moi-même la destruction du bagne correspond à une sorte de chatiment du chariment: on me chatre, on m'opère de l'infamie. Sans souci de décapiter nos rêves de leurs gloires on nous réveille avant terme. Les prisons centrales ont leur pouvoir : ce n'est pas le même. Il est mineur. La gdce élégante, un peu fléchie, en est bannie. L' atmosphère y est si lourde qu'on doit s'y traîner. On y rampe. Les centrales bandent plus roide, plus noir II

11 et sévère, la grave et lente agonie du bagne était, de l'abjection, tm épanouissement plus parfait 1 Enfin, maintenant gonflées de mâles méchants, les centrales en sont noires comme d'un sang chargé de gaz carbonique. Q'écris «noir~. Le costume des détenuscaptifs, captivité, prisonniers même, mots trop nobles pour nous nommer- me l'impose : il est de bure brune.) C'est vers elles qu'ira mon désir. Jè sais qu'une burlesque apparence souvent se manifeste au bagne ou en prison. Sur le socle massif et sonore des sabots la stature des punis est toujours un peu grêle. Bêtement leur silhouette se casse devant une brouette. En face d'un gâfe ils baissent la tête et tiennent dans la main la grande capeline de paille - qu~ornent les plus jeunes, je le voudrais, d'une rose volée accordée par le gâfe - ou un béret de bure brune. Us gardent une pose de misérable humilité. (Si on les bat, quelque chose en eux pourtant doit s'ériger : le lâche, le fourbe, la lâcheté, la fourberie sont - maintenus à l'état de plus dure, plus pure lâcheté et fourberie - durcis par une «trempe» comme le fer doux est durci par la trempe.) Ils s' obstinent dans la servilité, n'importe. Sans négliger ceux qui sont contrefaits, disloqués, c'est les plus beaux criminels qu'orne ma tendresse. - n a bien fallu, me dis-je, que le crime hésite I. Son abolition me prive à cc point qu'en moi-même et pour moi seul, secrètement, je recompose un bagne, plus méchant que celui de la Guyane. J'ajoute que des centrales on peut dire «à l'ombre». Le bagne est au soleil. C'est dans une lumière cruelle que tout se passe, ct je ne puis m'empêcher de la choisir comme signe de la lucidité. I2

12 longt~mps avant que d'obtenir la parfaite réussite qu'est Pilorge ou Ange Soleil. Pour les achever (le terme est cruel!} le concours de coïncidences nombreuses fut nécessaire : à la beauté de leur visage, à la force et à l'élégance de leur corps devaient s'ajouter leur goftt du crime, les circonstances qui font le criminel, la vigueur morale capable d'accepter un tel destin, enfin le chatiment, la cruauté de celui-ci, la qualité intrinsèque qui permet au criminel d'y resplendir, et sur tout cela d'obscures régions. Si le héros combat la nuit et la vainc, qu'il en reste sur lui des lambeaux. La même hésitation, la même cristallisation de bonheurs préside à la réussite d'un pur policier. Les uns et les autres je les chéris. Mais si j'aime leur crime c'est pour ce qu'il contient de châtiment, «de peine & (car je ne puis supposer qu'ils ne l'ont pas entrevue. L'un d'eux, l'ancien boxeur Ledoux, répondit en souriant aux inspecteurs : «Mes crimes c'est avant de les commettre que j'aurais pu les regretter») où je veux les accompagner afin que, de toutes façons, soient. comblées mes amours; Dans ce journal je ne veux pas dissimuler les autres raisons qui me firent voleur, la plus simple étant la nécessité de manger, toutefois dans mon choix n'entrèrent jamais la révolte, l'amertume, la colère ou quelque sentiment pareil. Avec un soin maniaque, «un soin jaloux ; je préparai mon aventure comme on dispose une couche, une chambre pour l'amour : j'ai bandé pour le crime.

13 Je nomme violence une audace au repos amoureuse des périls. On la distingue dans un regard, une démarche, un sourire, et c'est en vous qu'elle produit les remous. Elle vous démonte. Cette violence est un calme qui vous agite. On dit quelquefois : «Un gars qui a de la gueule. & Les traits délicats de Pilorge étaient d'une violence extrême. Leur. délicatesse surtout était violente. Violence du dessin de la main unique de Stilitano, immobile, simplement posée sur la table, et qui rendait inquiétant et dangereux le repos. J'ai travaillé avec des voleurs et des barbeaux dont l'autorité m'entraînait, mais peu se montrèrent vraiment audacieux quand celui qui le fut le plus - Guy - était sans violence. Stilitano, Pilorge, Michaelis étaient lâches. Et Java. D'eux, demeurassentils au repos, immobiles et souriants, s'échappait par les yeux, les naseaux, la bouche, le creux de la main, la braguette gonflée, sous le drap ou la toile ce brutal monticule du mollet, une colère radieuse et sombre, visible sous forme de buée. 14

14 Mais rien presque toujours ne la signale que l'absence des signes habituels. Le visage de René est d'abord charmant. La courbe en creux de son nez lui donne un air mutin, sauf qu'inquiète la pâleur plombée de sa figure inquiète. Ses yeux sont durs, ses gestes calmes et sûrs. Dans les tasses, il frappe avec tranquillité les pédés, il les fouille, les dévalise, quelquefois il leur donne, comme un coup de grâce, un coup de talon sur la gueule. Je ne l'aime pas mais son calme me dompte. Il opère, dans la nuit la plus troublante, au bord des pissotières, des pelouses, d~ bosquets, sous les arbres des Champs-Élysées, près des gares, à la porte Maillot, au Bois de Boulogne {toujours la nuit) avec un sérieux d'où le romantisme est exclu. Quand il rentre, à deux heures ou à trois heures du matin, je le sens approvisionné d'aventures. Chaque endroit de son corps, nocturne, y participa : ses mains, ses bras, ses jambes, sa nuque. Mais lui, ignorant. ces merveilles, il me les raconte dans un langage précis. De sa poche il sort les bagues, les alliances, les montres, butin de la soirée. Il les met dans un grand verre qui sera bientôt plein. Les pédés ne l'étonnent pas ni leurs habitudes : elles ne sont qu'afin de faciliter ses coups durs. Dans sa conversation, quand il est assis sur mon lit, mon oreille saisit des lambeaux d'aventures : «Un officier en caleçon à qui il dérobe le portefeuille 1 et qui, l'index pointé, lui intime : Sortez! «La réponse de René moqueur : «Tu te crois dans l'armée. «Un coup de poing qu'il donna trop fort, sur le crâne d'un I. U dit : «Je lui ai fait le feuille!» ' 15

15 vieux.» «Celui qui s'évanouit quand René, brûlant, ouvre un tiroir qui contient une réserve d'ampoules de morphine.»«le pédé fauché qu'il oblige à s'agenouiller devant lui. >> Je suis attentif à ces récits. Ma vie d'anvers se fortifie, se continuant dans un corps plus ferme, selon des méthodes brutales. J' encourage René, je le conseille, il m'écoute. Je lui dis que jamais ilne parle le premier. - Laisse venir le gars, laisse-le tourner autour de toi.. Sois un peu étonné qu'il te propose l'amour. Sache avec qui feindre l'ignorance. Chaque nuit, quelques mots me renseignent. Mon imagination ne s'égare pas sur eux. Mon trouble semble naître de ce qu'en moi j'assume à la fois le rôle de victime et de criminel. En fait même, j'émets, je projette la nuit la victime et le criminel issus de moi, je les fais se rejoindre quelque part, et vers le matin mon émotion est grande en apprenant qu'il s'en fallut de peu que la victime reçoive la mort et le criminel le bagne ou la guillotine. Ainsi mon trou!:> le se prolonge-t-il jusqu'à cette région de moimême: la Guyane. Sans qu'ils le veulent les gestes de ces gosses, leurs destins, sont tumultueux. Leur âme supporte une violence qu'elle n'avait pas désirée. Elle la domestiquait. Ceux dont la violence est l'habituel climat sont simples en face d'eux-mêmes. Des mouvements qui composent cette vie rapide et dévastatrice chacun est simple, droit, net comme le trait d'un grand dessinateur - mais dans la rencontre de ces traits en mouvement éclate alors l'orage, la foudre qui les tùe ou me tue. Cependant, qu'est leur v10lence à côté de 16

16 la mienne qui fut d'accepter la leur, de la faire mienne, de la vouloir pour moi, de la capter, de l'utiliser, de me l'imposer, de la connaître, de la préméditer, d'en discerner et d'en assumer les périls? Mais qu'était la mienne, voulue et nécessaire à ma défense, à_ ma dureté, à ma rigueur, à côté de la violence qu'ils subissent comme une malédiction, montée d'un feu intérieur en même temps qu'une lumière extérieure qui les embrase et qui nous illumine? Nous savons que leurs aventures sont puériles. Eux-mêmes sont sots. Ils acceptent de tuer ou d'être tués pour une partie de cartes où l' advërsaire - ou eux-mêmes - trichaient. Pourtant, gdce à des gars pareils sont possiples les tragédies. Une telle dé6.nition - par tant d'exemples contraires - de la violence vous montre-t-elle que j'utiliserai les mots non afin qu'ils dépeignent mieux un événement ou son héros mais qu'ils vous instruisent sur moi-même. Pour me comprendre une complicité du lecteur sera nécessaire. :r outefois je l' avertirai dès que me fera mon lyrisme perdre pied. Stilitano était grand et fort. U marchait d'un pas à la fois souple et lourd, vif et lent, onduleux. n était leste. Une grande partie de sa puissance sur moi - et sur les filles du Barrio Chino - résidait dans ce crachat que Stilitano faisait aller d'une joue dans l'autre, et qu'il étirait quelquefois comme un voile devant sa bouche. «Mais où prend~il ce crachat, me disais-je, d'où le fait-il remonter, si lourd et blanc? Jamais les miens n'auront l'onctuosité ni la couleur du sien. Ils ne seront qu'une verrerie filée, transparente et fragile. n est donc naturel que fima- Joumal du voleur. a 17

17 gine ce que sera sa verge s'ill' enduit à mon intention d'une si belle matière, de cette toile d'araignée précieuse, tissu qu'en secret je nommais le voile du palais. Il portait une vieille casquette grise dont la visière était cassée. Qu'il la jette sur le plancher de notre chambre elle. était soudain le cadavre d'une pauvre perdrix à l'aile rognée, mais quand il s'en coiffait, un peu sur l'oreille, le bord opposé de la visière se relevait pour découvrir la plus glorieuse des mèches blondes. Parlerai-je de ses beaux yeux si clairs, modestement baissés - de Stilitano pourtant on pouvait dire : «Son maintien est immodeste» - sur quoi se refermaient des cils et des sourcils si blonds, si lumineux et si épais qu'ils établissaient l'ombre non du soir mais l'ombre du mal. Enfin que signifierait ce qui me bouleverse quand je vois dans le port par saccades, à petits coups, se développer et monter une voile avec peine au mât d'un bateau, en hésitant d'abord, puis résolument, si ces mouvements n'étaient le signe des mouvements mêmes de mon amour vers Stilitano? Je l'ai-connu à Barcelone. Il vivait parmi les mendiants, les voleurs, les tapettes et les filles. Il était beau, mais il reste à établir si tant de beauté il la dut à ma déchéance. Mes vêtements étaient sales et pitoyables. J'avais faim et froid. Voici l'epoque de ma vie la plus misérable L'Espagne alors était couverte de vermine, ses mendiants. Ils allaient de village en village, en Andalousie parce qu'elie est chaude, en Catalogne parce qu'elle est riche, mais tout le pays nous était favorable. Je fus donc un pou, avec la conscience de 18

18 l'etre. A Barcelone nous fréquentions surtout la calle Médioda et la calle Carmen. Nous couchions quelquefois six sur un lit sans draps et dès l'aube nous allions mendier sur les marchés. Nous quittions en bande le Barrio Chino et sur le Parallelo nous nous égrenions, un cabas au bras, car les ménagères nous donnaient plutôt un poireau ou un navet qu'un sou. A midi nous rentrions et avec la récolte nous faisions n6tre soupe. C'est les mœurs de la vermine que je vais décrire. A Barcelone je vis ces couples d'hommes où le plus amoureux disait à l'autre : - Ce matin je pt:etids le panier. Il prenai~ le cabas et sortait. Un jour Salvador m'arracha des mains doucement le panier et me dit : - Je vais mendier pour toi. Il neigeait. Il sortit dans la me glacée, couvert d'un veston déchiré, en loques- les poches étaient décousues et pendaient- d'une chemise sale et rigide. Son visage était pauvre et malheureux, sournois, pâle, et crasseux car nous n'osions nqus débarbouiller tant il faisait froid. Vers midi il revint avec les légu-,. mes et un peu. de graisse. Ici je signale déjà l'une de ces déchirures, terribles car je les provoquerai malgré le danger- qui m'ont révélé la beauté. Un immense amour - et fraternel - gonfla mon corps et m' emporta vers Salvador. Sorti un peu après lui de l'hôtel, je le voyais de loin qui implorait les femmes. Pour d'autres ou pour moi-meme ayant mendié déjà, je connaissais la formule : elle mêle la religion chrétienne à la charité; elle confond le pauvre avec Dieu; du cœur c'est une émanation si humble que je crois qu'elle parfume à la violette la huée légère et droite 19

19 du mendiant qui la prononce. Dans toute l'espagne on disait alors : -«PorDios. Sans l'entendre j'imaginais Salvador la murmurer devant tous les éventairc-.s, à toutes les ménagères. Je le surveillais comme le mac sa putain mais avec au cœur quelle tendresse. Ainsi l'espagne et ma vie de mendiant m'auront fait connaître les fastes de l'abjection, car il fallait beaucoup d'orgueil (c'est-à-dire d'amour) pour embellir ces personnages crasseux et méprisés. n me fallut beaucoup de talent. Il m'en vint peu à peu. S'il m"est impossible de vow en décrire le mécanisme au moins puis-je dire que lentement je me forçai à considérer cette vie misérable comme une nécessité voulue. Jamais je ne cherchai à faire d'elle autre chose que ce qu'elle était, je ne cherchai pas à la parer, à la masquer, mais au contraire je la voulus affirmer dans sa sordidité exacte, et les signes les plus sordides me devinrent signes de grandeur. Ce fut une consternation quand, en me fouillant après une rafle -je parle d'une scène qui précéda.celle par quoi débute ce livre - un soir, le policier étonné retira de ma poche, entre autres choses, un tube de vaseline. Sur lui on osa plaisanter puisqu'il contenait une vaseline goménolée. Tout le greffe pouvait, et moi-même parfois - doulourewement - rire aux éclats et se tordre à entendre ceci : - «Tu les prends par les narines?,. - «Risque pas de t'enrhumer, à ton homme tu lui foutrais la coqueluche.,. Dans un langage de gouape je traduis mal l'ironie méchante des formules espagnoles, éclatantes ou

20 empoisonnées. Il s'agissait d'un tube de vaseline dont l'une des extrémités était plmieurs fois retournée. C'est dire qu'il avait servi. Au milieu des objets élégants retirés de la poche des hommes pris dans cette rafle, il était le signe de l'abjection même, de celle qui se dissimule avec le plus grand soin, mais le signe encore d'une gclce secrète qui allait bientôt me sauver du mépris. Quand je fus enfermé en cellule, et dès que j'eus repris assez d'esprits pour surmonter le malheur de mon arrestation, l'image de ce tube de vaseline ne me quitta plus. Les policiers me l'avaient victorieusement montré puisqu'ils pouvaient par lui brandir leur vengeance, leur haine, leur mépris. Or _voici que ce misérable objet sale, dont la destination paraissait au monde - à cette délégation concentrée du mondç qu'est la police et d'abord. cette particulière réunion de policiers espagnols, sentant J'ail,.la sueur et l'huile mais cossus d'apparence, forts dans leur musculature et dans leur assurance morale - des plus viles, me devint extrêmement précieux. Contrairement à beaucoup d'objets que ma tendresse distingue, celui-ci ne fut point auréolé; il demeura. sur la table un petit tube de vaseline, en plomb gris, terne, brisé, livide, dont J'étonnante discrétion, et sa correspondance essentielle avec toutes les choses banales d'un greffe de prison (le banc, l'encrier, les règlements, la toise, l'odeur) m'eussent, par l'indifférence générale, désolé, si le contenu même de ce tube, à cause peut-être de son caractère onctueux, en évoquant.une lampe à huile ne m'eût fait songer i une veilleuse funéraire. {En le décrivant, je recrée ce petit objet, mais voici 21

21 qu'intervient une Image : sous un réverbère, clans une rue de la ville où j'écris, le visage blafard d'une petite vieille, un visage plat et rond comme la lune, très pâle, dont je ne saurais dire s'il était triste ou hypocrite. Elle m'aborda, me dit qu'elle était très pauvre et me demanda un peu d'argent. La douceur de ce visage de poisson-lune me renseigna tout de suite : la vieille sortait de prison. - C'est une voleuse, me dis-je. En m'éloignant d'elle une sorte de rêverie aiguë, vivant à l'intérieur de moi et non au bord de mon esprit, m'entraîna à penser que c'était peut-être ma mère que je venais de rencontrer. Je ne sais rien d'elle qui m'abandonna au berceau, mais j'espérai que c'était cette vieille voleuse qui mendiait la nuit. - Si c'était elle? me dis-je en m'éloignant de la vieille. Ah! Si c'était elle, j'irais la couvrir de fleurs, de glaïeuls et de roses, et de baisers! J'irais pleurer de tendresse sur les yeux de ce poisson-lune, sur cette face ronde et sotte! Et pourquoi, me disais-je encore, pourquoi y pleurer? n fallut peu de temps à mon esprit pour qu'il remplaçât ces marques habituelles de la tendresse par n'importe quel geste et même par les plus décriés, par les plus vils, que je chargeais de signifier autant que les baisers, ou les larmes, ou les fleurs. - Je me contenterais de baver sur elle, pensais-je, débordant d'amour. (Le mot glaïeul prononcé plus haut appela-t-ille mot glaviaux?) De baver sur ses cheveux ou de vomir dans ses mains. Mais je l'adorerais cette voleuse qui est ma mère.) Le tube de vaseline, dont la destination vous est

22 assez connue, aura fait surgir le visage de celle qui durant une rêverie se poursuivant le long des ruelles noires de la ville, fut la mère la plus chérie. Il m'avait servi à la préparation de tant de joies secrètes, dans des lieux dignes de sa discrète banalité, qu'il était devenu la condition de mon bonheur, comme mon mouchoir taché en était la preuve. Sur cette table c'était le pavillon qui disait aux légions invisibles mon triomphe sur les policiers. J'étais en cellule. Je savais que toute la nuit mon tube de vaseline serait exposé au méprjs :... l'inverse d'une Adoration Perpétuelle - d'un groupe de policiers beaux, forts, solides. Si forts que le plus faible en serrant à peine l'un contre l'autre les doigts pourrait en faire surgir, avec d'abord un léger pet, bref et sale, un lacet de gomme qui continuerait à sortir dans un silence ridicule. Cependant j'étais sfu: que ce chétif objet si humble leur tiendrait tête, par sa seule présence il saurait mettre dans tous ses états toute la police du monde, il attirerait sur soi les mépris, les haines, les rages blanches et muettes, un peu narquois peut-être - comme un héros de tragédie amusé d'attiser la colère des dieux - comme lui indestructible, fidèle à mon bonheur et fier. Je voudrais retrouver les mots les plus neufs de la langue française afin de le chanter. Mais j'eusse voulu aussi me battre pour lui, organiser des massacres en son honneur et pavoiser de rouge une campagne au crépuscule 1 De la beauté de son expression dépend la beauté I. Je me fusse en effet battu jusqu'au sang plutôt que renier ce ridicule ustensile.

23 d'un acte moral. Dire qu'il est beau décide déjà qu'il le sera. Reste à le prouver. S'en chargent les images, c'est-à-dire les correspondances avec les magnificences du mande physique. L'acte est beau s'il provoque, et dans notre gorge fait découvrir, le chant. Quelquefois la conscience avec laquelle nous aurons pensé un acte réputé vil, la puissance d'expression qui doit le signifier, nous forcent au chant. C'est qu'elle est belle si la trahison nous fait chanter. Trahir les voleurs ne serait pas seulement me retrouver dans le monde moral, pensais-je, mais encore me retrouver dans la pédérastie. Devenant fort, je suis mon propre dieu. Je dicte. Appliqué aux hommes le mot de beauté m'indique la qualité harmonieuse d'un visage et d'un corps à quoi s'ajoute parfois la gdce virile. La beauté alors s'accompagne de mouvements magnifiques, dominateurs, souverains. Nous imaginons que des attitudes morales très particulières les déterminent, et par la culture en nous-m,êmes de telles vertus nous espérons à nos pauvres visages, à nos corps malades accorder cette vigueur que naturellement possèdent nos amants. Hélas, ces vertus qu'euxmêmes ne possèdent jamais sont notre faiblesse. Maintenant que j'écris je songe à mes amants. Je les voudrais enduits de ma vaseline, de cette douce matière, un peu menthée; je voudrais que baignent leurs muscles dans cette délicate transparence sans quoi leurs plus chers attributs sont moins beaux. Quand un membre est enlevé, m'apprend-on, celui qui reste devient plus fort. Dans le sexe de Stilitano j'espérais que la vigueur de son bras coupé s'était ramassée. J'imaginai longtemps un membre 24

24 solide, matraqueur, capable du pire toupet, encore que d'abord m'intriguât ce que Stilitano me permettait d'en connaître : le seul pli, mais curieusement. précis sur la jambe gauche, de son pantalon de toile bleue. Peut-être ce détail eût-il moins hanté mes rêves si, à tous moments, Stilitano n'y eût porté sa tp.ain gauche, et s'il n'eût, à la manière des dames qui font la révérence, indiquant le pli, avec les ongles délicatement pincé l'étoffe. Je ne crois pas qu'il perdît jamais son sang-froid, mais en face de moi il était particulièrement calme. Avec un léger sourire impertinent, mais négligemment, il me regardait l'adorer. Je sais qu'il m'aimera. Avant qu'il ne franchît, son panier à la main, 1a porte de notre hôtel, j'étais si ému que dans la rue j'embrassai Salvador, mais il m'écarta : - Tu es fou! On va nous prendre pour des maricanas! Il parlait assez bien le français qu'il avait appris dans la campagne de Perpignan où il allait faire les vendanges. Blessé, je m'écartai de lui. Son visage était violet. Il avait la, teinte des choux qu'on arrache l'hiver. Salvador ne sourit pas. Il était choqué. - (( c est bien la peine, dut-il penser, que je me sois levé tôt pour mendier dans la neige. Jean ne sait pas se tenir.» Ses cheveux étaient hirsutes et mouillés. Derrière la vitre, des visages nous regardaient, car le bas de l'hôtel était occupé par la grande salle d'un café donnant sur la rue, et qu'il fallait traverser pour monter aux chambres. Salvador torcha de sa manche son visage et entra. J'hésitai. J'entrai à mon tour. J'avais 25

25 vingt ans. Si elle possède la limpidité d'une larme pourquoi la goutte hésitant au bord d'une narine ne la boirais-je pas avec la même ferveur? J'étais pour cela assez entrainé dans la réhabilitation de l'ignoble. Sans la crainte de révolter Salvador je l'eusse fait dans le café. Lui, cependant, il renifla, et je devinai qu'il avalait sa morve. Le panier au bras, traversant les mendiants et les frappes, il se dirigea vers la cuisine. Il me précédait. - Qu'est-ce que t'as? dis- je. - Tu te fuis remarquer; - Qu'est-ce qu'il y a de mal? ~ On s'embrasse pas comme ça, sur les trottoirs. Ce soir, si tu vejjx... Il dit tout cela avec une moue sans gdce et le même dédain. Je n'avais voulu que lui témoigner ma g~atitude, le réchauffer avec ma pauvre tendresse. - Mais qu'est-ce que t'as cru? Quelqu'un le bouscula sans s'excuser, me séparant de lui. Je ne le sui~is pas à la cuisine. Je m'approchai d'un banc où, près du poêle, une place était vide. Je m'inquiétais peu de savoir par quelle méthode, encore qu'éperdu de beauté vigoureuse, je saurais me rendre amoureux de ce mendiant pouilleux et laid, malmené des moins hardis, m'éprendre de ses fesses anguleuses... et si par malheur il avait un sexe magnifique? Le Barrio Chino était alors une sorte de repaire peuplé moins d'espagnols que d'étrangers qui tous étaient des voyous pouilleux. Nous étions quelquefois vêtus de chemises de soie vert amande ou jonquille, chaussés d'espadrilles usées, et notre chevelure plaquée paraissait vernie à craquer. Nous n'avions

26 pas de chefs mais plutôt des directeurs. Te suis incapable d'expliquer comment ils le devenaient. Probablement était-ce par une suite d'opérations heureuses dans la vente de nos tristes butins. Ils s'occupaient de nos affaires et nous indiquaient les coups, sur quoi ils prélevaient-une. part raisonnable. Nous ne formions pas des bandes plus oil moins bien organisées, mais dans ce vaste désordre sale, au milieu d'un quartier puant l'huile, l'urine et la merde, quelques hommes perdus s'en remettaient à un autre plus habile. Tant de pouillerie scintillait de la jeunesse de beaucoup d'entre nous, et de cet éclat plus mystérieux de quelques-uns qui étincelaient vraiment, ces gosses dont le corps, le regard et les gestes'sont chargés d'un magnétisme qui fait de nous leur objet. C'est ainsi que je fus par l'un d'eux foudroyé. Pour mieux parler de Stilitano, le mancho(, j'attendrai quelques pages. Que l'on sache d'abord qu'il n'était orné d'aucutie vertu chrétienne. Tout son éclat, sa pu~ce, avaient leur source entre ses jambes. Sa verge, et ce qui la complète, tout l'appareil était si beau que je le ne puis nommer qu'organe générateur. Il était mort, croyiez-vous, car il s'émouvait rarement, et lentement : il veillait. Il élaborait dans la nuit d'une braguette bien boutonnée, encore qu'elle le H1t par une seule niain. cette luminosité dont resplendira son porteur. Mes amours avec Salvador durèrent six mois. Elles ne furent pas les plus grisantes mais les plus fécondes. J'avais réussi à aimer le corps malingre, le visage gris, la barbe rare et ridiculement plantée. Salvador prenait soin de moi, mais la nuit, à la bougie, je recherchais dans' les coutures de son pantalon les poux, nos

27 familiers. Les poux nous habitaient. A nos vêtements ils donnaient une animation, une présence qui, disparues, font qu'ils sont morts. Nous aimions savoir -et sentir- pulluler les bêtes translucides qui, sans être apprivoisées, étaient si bien à nous que le pou d'un autre que de nous deux nous dégoûtait. Nous les chassions mais avec l'espoir que dans la journée les lentes auraient éclos. Avec nos ongles nous les écrasions sans dégoût et sans haine. Nous n'en jetions pas le cadavre - ou dépouille - à la voirie, nous le laissions choir, sanglant de notre sang, dans notre linge débraillé. Les poux étaient le seul signe de notre prospérité, de l'envers même de la prospérité, mais il était logique qu'en faisant à notre état opérer un rétablissement qui le justifiât, nous justifiions du même coup le signe de cet état. Devenus aussi utiles pour la connaissance de notre amenuisement que les bijotix pour la connaissance de ce qu'on nomme le triomphe, les. poux étaient précieux. Nous en avions à la fois honte et gloire. J'ai longtemps vécu dans une chambre sans fenêtres qu'un vasistas donnant sur le corridor, où le soir cinq petits visages, cruels et tendres, souriants ou crispés par l'ankylose d'une posture difficile, mouillés de sueurs, recherchaient ces insectes de la vertu de qui nous participions. Il était bien que je fusse l'amant du plus pauvre et du plus laid au fond de talit de misère. Pour cela je connus un état privilégié. J'eus du mal, mais chaque victoire obtenue - mes mains crasseuses orgueilleusement exposées m'aidaient à exposer orgueilleusement ma barbe et mes cheveux longs,.. me donnait de la force - ou de la faiblesse, et c'est ici la même chose -pour la 28

28 victoire suivante qui dans vbtre langage prendrait naturellement le nom de déchéance. Toutefois l'éclat, la lumière étant nécessaires à notre vie, avions-nous dans cette ombre un rayon de soleil traversant la vitre et sa crasse, nous avions le verglas, le givre, car ces éléments, s'ils indiquent les calamités. évoquent des joies dont le signe, détaché dans notre chambre, nous suffisait : de Noël et des fêtes du Réveillon nous ne connaissions que ce qui les accompagne toujours et qui les rend plus douces aux fêteurs : le gel. La culture des plaies, par les m.endiants, c'est aussi le moyen pour eux d'avoir un peu d'argent - de quoi vivre- mais s'ils y furent amenés par une veulerie dans la misère, l'orgueil qu'il y faut pour se soutenir hors du mépris est une vertu virile : comme un roc un fleuve, l'orgueil perce et divise le mépris, le crève. Entrant davàntage dans l'abjection, l'orgueil sera plus fort (si ce mendiant c'est moi-même) quand j'aurai la science - -force ou.faiblesse - de profiter d'un tel destin. Il faut, à mesure que cette lèpre me gagne, que je la gagne et que je gagne. Deviendrai-je donc de plus en plus ignoble, de plus en plus un objet de dégollt, jusqu'au point final qui est je ne sais quoi encore mais qui doit être commandé par une recherche esthétique autant que morale. La lèpre, à quoi je compare notre état, provoquerait, dit-on, une irritation des tissus, le malade se gratte : il bande. Dans un érotisme solitaire la lèpre se console et chante son mal. La misère nous érigeait. A travers l'espagne nous promenions une magnificence secrète, voilée, sans arrogance. Nos gestes étaient de plus en plus humbles, de plus en plus éteints à mesure que plus

29 intense la braise d'humilité qui nous faisait vivre. Ainsi mon talent se développait de donner un sens sublime à une apparence aussi pauvre. Qe ne parle pas encore de talent littéraire.) Ce m'aura été une très utile discipline, et qui me permet de tendrement sourire encore aux plus humbles parmi les détritus, qu' Üs soient humains ou matériels, et jusqu'aux vomissures, jusqu'à la salive que je laisse baver sur le visage de ma mère, jusqu'à vos excréments. Je conserverai en moi-même l'idée de moi-même mendiant; Je me voulus semblable à cette femme qui, à l'abri des gens, chez elle conserva sa fille, une sorte de monstre hideux, difforme, grognant et marchant à quatre pattes, stupide et blanc. En accouchant, son désespoir fut tel sans doute qu'il devint l'essence même de sa vie. Elle décida d'aimer ce monstre, d'aimer la laideur sortie de son ventre où elle s'était élaborée, et de l'ériger dévotieusement. C'est en elle-même qu'elle ordonna un reposoir où elle conservait l'idée de, monstre. Avec des soins dévots, des mains douces malgré le cal des besognes quotidiennes, avec l'acharnement volontaire des désespérés elle s'opposa au monde, au monde elle opposa le monstre qui prit les proportions du monde et sa puissance. C'est à partir de lui que s'ordonnèrent de nouveaùx principes, sans cesse combattus par les forces du monde qui venaient se heurter à elle mais s'arrêtaient aux murs de sa demeure où sa fille était enfermée 1 1. Par les journaux j'appris qu'après quarante ans de dévouement cette mère arrosa d'essence - ou de pétrole - sa fille endormie, puis toute la maison et mit le feu. 30

30 Mais, car U fallait voler quelquefois, nous connaissions aussi les beautés claires, terrestres, de l'audace. Avant qu'on ne s'endormît, le chef, le cavalier nous conseillait. Avec de faux papiers, par exemple, nous allions à différents consulats afin d'être rapatriés. Le consul, attendri ou agacé par nos plaintes et notre misère, notre crasse, nous donnait un billet de chemin de fer pour un poste frontière. Notre chefle revendait à la gare de Barcelone. Il nous indiquait aussi les vols à commettre dans les églises - ce que n'osaient les Espagnols - ou dans les villas élégantes, enfin c'est lui-même qui nous amenait les matelots anglais ou. hollandais à qui nous devions nous prostituer pour quelques pesetas. Ainsi parfois nous volions et chaque cambriolage nous faisait un instant respirer à la surface. Une veille d'armes précède chaque expédition nocturne. La nervosité que provoquent la peur, l'angoisse quelquefois, facilit.e un état voisin des dispositions religieuses. Alors j'ai tendance à interpréter le moindre accident. Les èhoses deviennent signe de chance. Je veux charmer les puissances inconnues de qui me semble dépendre la réussite de l'aventure. Or je cherche à les charmer par des. actes moraux, par la charité d'abord : je donne mieux et plus aux mendiants, je cède aux vieillards ma place, je m'efface devant eux, j'aide les aveugles à traverser les rues, etc. Ainsi ai-je l'air de reconnaître au vol présider un dieu à qui Le monstre (la fille) succomba. Des flammes on retira la vieille (7S ans) et elle fut sauvée, c'est-à...dire qu'elle comparut en cour d'assises. 31

31 sont agréables les actions morales. Ces tentatives pour lancer un filet hasardeux où se laissera capturer le dieu dont je ne sais rien m'.épuisent, m'énervent, favorisent encore cet état religieux. A l'acte de voler elles communiquent la gravité d'un acte rituel. Il s'accomplira vraiment au cœur des ténèbres auxquelles s'ajoute qu'il le soit plutôt la nuit, durant le sommeil des gens, dans un endroit clos, et soimême peut-être masqué de noir. La marche sur la pointe des pieds, le silence, l'invisibilité dont nous avons besoin même en plein jour, les mains à tâtons organisant dans l'ombre des gestes d'une complication, d'une précaution insolite - tourner la simple poignée d'une porte nécessite une multitude de mouvements dont chacun a l'éclat d'une facette de bijou -(découvrant de l'or il me semble l'avoir déterré: j'ai fouillé des continents, des îles océaniennes; les nègres m'entourent, de leurs piques empoisonnées ils menacent mon corps sans défense, mais, la vertu de l'or agissant, une grande vigueur me terrasse ou m'exalte, les piques s'abaissent, les nègres me reconnaissent et je suis. de la tribu) - la prudence, la voix chuchotée, l'oreille dressée, la présence invisible et nerveuse du complice et la compréhension du moindre signe de lui, tout nous ramasse en nous-mêmes, nous tasse, fait de nous une boule de présence que décrit si bien le mot de Guy : - «On se sent vivre. & Mais en moi-même cette présence totale qui se transforme en une bombe d'une puissance que je crois terrible, donne à l'acte une gravité, une unicité terminale - le cambriolage au moment qu'on k

32 fait est toujours le dernier, non que r on pense n'en plus faire après celui-là, on ne pense pas, mais qu'un tel rassemblement de soi ne peut avoir lieu (non dans la vie, il nous conduirait, poussé davantage, hors d'elle)- et cette unicité d'un acte qui se développe Qa rose sa corolle) en gestes conscients, sûrs de leur efficacité, de leur fragilité et pourtant de la violence qu'ils donnent à cet acte, bi accorde encore ici la valeur d'un rite religieux. Souvent même je le dédie à quelqu'un. Le premier Stilitano eut le bénéfice d'un tel hommage. Je crois que c'est par lui que je fus initié, c'est-à-dire que la hantise de son corps m' empêcha de flancher. A sa beauté, à son impudeur tranquille, je dédiai mes premiers vols. A la singularité aussi de ce manchot magnifique dont la main, coupée au ras du poignet, pourrissait quelque part, sous un marronnier, me dit-il, dans une forêt d'europe centrale. Pendant le vol mon corps est exposé. Je le sais de tous xnes gestes scintiller. Le monde est attentif à ma réussite s'il désire ma culbute. Je paierai cher une erreur, mais que l'erreur je la rattrape il me semble qu'il y aura de la joie dans la demeure du Père. Ou bien je tombe, et de malheurs en malheurs c'est le bagne. Mais alors les sauvages, inévitablement le bagnard qui risquait «la Belle» les rencontrera par le procédé que, plus haut, décrit en raccourci mon aventure intime. Traversant la forêt vierge, s~il trouve un placer que gardent d'anciennes tribus, il sera tué par elles ou sauvé. C'est par un chemin bien long que je choisis de rejoindre la vie primitive. n me faut d'abord la condamnation de ma race. Salvador ne me valut aucune fierté. S'il dérobait, joumill du voleur. 3 33

33 c'étaient de menus objets à une devanture. Le soir, dans les cafés où nous nous entassions, entre les plus, beaux, il se glissait tristement. Cette vie l'épuisait. Quand je rentrais j'avais la honte de le trouver accroupi, tassé sur lui-même, sur un banc, serrant autour de ses épaules la couverture de coton vert et jaune avec laquelle les jours de bise il sortait mendier. Il avait aussi un vieux châle de laine noire que je refusais de mettre. En effet, si mon esprit supportait, désirait même l'humilité, jeune et violent mon corps refusait l'humiliation. Salvador parlait d'une voix brève et triste :. - Tu veux qu'on rentre en France? On travaillera à la campagne,. Je disais non.. Il ne comprenait pas mon dégo1it - non ma haine ~ de la France, ni que mon aventure si, géographiquement elle s'arrêtait à Barcelone s'y devait poursuivre profondément, de plus en plus profondément, dans les régions de moi-même les plus reculées. - Mais je travaillerai tout seul. Tu te promèneras. -Non. Je le laissais à son banc, à sa morne pauvreté. Près du poêle ou du comptoir j'allais fumer les mégots que j'avais glanés dans la journée, auprès d'un jeune Andalou méprisant dont le chandail de laine blanche et sale exagérait le torse et les biceps. Après s'être frotté les mains l'une contre l'autre, comme le font les vieilla.rds, Salvador quittait son banc. Il allait à la cuisine commune préparer une soupe et mettre un poisson sur le gril. Une fois il me proposa de descendre à Huelva pour y faire la cueillette des 34

34 oranges. C'èst un soir qu'il avait rèçu tant d'humiliations, tant de rebuffades en mendiant pour moi, qu'il osa me reprocher de réussir si mal à la Criolla. - Ma parole, quand tu lèves un client, c'est toi qui dois le payer, me dit-il. Nous nous disputimes devant le patron qui voulut nous mettre à la porte de l'hôtel. Salvador et moi, nous décidimes donc de voler le lendemain deux couvertures et de nous cacher dans un train de marchandises allant vers le sud. Mais je fus si habile que le soir même je rapportai la pèlerine d'un carabinier. En passant près des docks où ils montent la garde, l'ùn d'e\oc m'avait appelé. Je fis ce qu'il exigeait, dans la guérite. Peut-être, sans oser me le dire, voulut-il ensuite se laver à une home-fontaine; il me laissa seul un instant et je me sauvai avec sa grande pèlerine de drap noir. Je m'en enveloppai pour revenir à l'hôtel, et je connus le bonheur de l' équivoque, non encore la joie de la trahison, mais déjà la confusion s'établissait, insidieuse, qui me ferait nier les oppositions fondamentales. En ouvrant la porte du café je vis Salvador. C'était le plus triste des mendiants. Son visage avait la qualité de la sciure de bois et.presque sa matière, dont le plancher du café était/ recouvert. Immédiatement je reconnus Stilitano, debout au milieu des joueurs de ronda. Nos regards se rencontrèrent. Le sien s'attarda sur moi qui rougis. J'enlevai la pèlerine noire et tout de suite on la marchanda. Sans y prendre part encore, Stilitano regardait le marché lamentable. - Faites vite, si vous la voulez. Décidez-vous. Le carabinier va sûrement me chercher, dis-je. 3S

35 Les joueurs se pr~sèrent un peu. On était habitué à de telles raisons. Quand une bousculade m'eut rapproché de lui, Stilitano me dit en français : - Tu es Parisien? - Oui. Pourquoi? -Pour rien. Encore que ce fût lui qui m'ait interpellé, je connus, en répondant, la nature presque désespérée du geste qu'ose l'inverti 's'il aborde un jeune homme. Pour masquer mon trouble j'avais le prétexte d'être essoufflé, j'avais la précipitation de l'instant: n dit : - Tu t'es bien défendu. Je savais que cet éloge était un adroit calcul, mais au milieu des mendiants que Stilitano U'ignorais encore son nom) était beau! L'un de ses bras, dont l'extrémité avait un énorme pansement, était replié sur sa poitrine, comme s'il l'eût porté en écharpe, mais. je savais que la main y manquait. Stilitano n'était un habitué ni du café. de l'hôtel ni même de la calle. - Et à moi, la pèlerine, tu me la fais combien? - Tu me la paieras? -Pourquoi pas? - Avec quoi? -Tu as peur? -D'où tues? - Serbe.. Je reviens de la Légion. Je suis déserteur. Je fus allégé. Dé~t. L'émotion fit en moi un vide que vint combler le soùvenir d'une scène nuptiale. Dans un bal où les soldats dansaient entre eux, je regardais leur valse. Il me parut alors que l'invisibilité de deux légionnaires devint totale. Par l'émoi

36 ils furent escamotés. Si dès le début de «Ramona leur danse fut chaste, le demeura t-elle quand ils s'épousèrent en échangeant sous nos yeux un sourire comme on échange une bague... A toutes les injonctions d'un invisible clergé la Légion répondait oui. Chacun d'eux était à la fois le couple voilé de tulle et revêtu d'uri uniforme de parade (buffleterie blanche, fourragère écarlate et verte). Ils échangeaient en hésitant leur mâle tendresse et leur modestie d'épouse. Pour maintenir l'émoi sur une extrême pointe ils firent plus légère leur danse et plus lente, cependant que lelll's virilités, engourdies par la fatigue d'une longue marche; derrière une barricade de toile rugueuse se menaçaient, se défiaient sans prudence. Les Visières de cuir verni de leur képi s' entrecognèrent à petits coups. Je me savais dominé par Stilitano. Je voulus ruser : - Ça ne prouve pas que tu peux payer. - Fais-moi confiance. Un Visage si dur, un corps si bien découplé me demandaient de leur faire confiance 1 Salvador nous regardait. ll savait notre accord et que déjà nous avions décidé sa perte, son abandon. Féroce et pur j'étais le lieu d'une féerie qui se renouvelait. La valse cessant les deux soldats se désenlacèrent. Et chacune de ces deux moitiés d'un bloc solennel et étourdi, hésita, se mit en marche, heureuse d'échapper à l'invisibilité, et chagrine, vers qudque fille pour la valse suivante. - Je te donne deux jours pour me la payer, disje. J'ai besoin de fric. Moi aussi j'étais à la Légion. Et j'ai déserté. Comme toi 37

37 - Ça sera fait. Je lui tendis la pèlerine. Il la prit de sa main unique et me la rendit. Souriant mais impérieux il dit : - Roule-la. Et narquois il ajouta : «En attendant de m'en rouler un.» On connaît l'expression : «Rouler un patin.» Je ne bronchai pas et fis ce qu'il me disait. La pèlerine disparut aussitôt dans une des cachettes du patron. Peut-être ce simple vol avait-il donné à mon visage un peu d'éclat, ou simplement Stilitano voulut-il se montrer gentil, il me dit encore : -Tu me payes un verre? A un ancien de Bel- Ab bès? Un verre de vin coiîtait deux sous. J'en avais quatre dans la poche mais je les devais à Salvador qui nous regardait. - Je suis fauché, dit Stilitano, fièrement. Les joueurs' de cartes. formaient de nouveaux groupes qui un instant nous séparèrent de Salvador. Je murmurai entre les dents : - J'ai quatre sous et je vais te les passer en douce, mais c'est toi qui vas payer. Stilitano sourit. J'étais perdu. Nous nous assîmes à une table. Déjà il avait commencé à parler de la Légion quand, me fixant, il s'interrompit. - Mais, j'ai l'impres.sion de t'avoir déjà vu. Moi, j'en avais gardé le souvenir. Je dus me retenir à d'invisibles agrès, j'aurais roucoulé. Les mots n'eussent pas seulement, ni le ton de ma voix, exprimé ma ferveur; je n'eusse pas seulement chanté; c'est vraiment l'appel du plus amoureux des gibiers que ma gorge eût lancé. Peut-être mon

38 cou se fût-il hérissé de plumes blanches. Une catastrophe est toujours possible. La métamorphose nous guette. La panique me protégea. J'ai vécu dans la peur des métamorphoses. C'est afin de rendre sensible au lecteur en reconnaissant l'amour sur moi fondre - ce n'est pas la seule rhétorique qui exige la comparaison : comme. un gerfaut - la plus exquise des frayeurs que j'emploie l'idée de la tourterelle. Ce qu'alors j'éprouvai je l'ignore, mais il me suffit d'évoquer l'apparition de Stilitano pour que ma détresse aussitôt se traduise aujourd'hui par un rapport d'oiseau cruel à victime. (Si je ne- sentais mon cou se gonfler d'une tendre roucoulade j'eusse plutôt parlé d'un rouge-gorge.) Une curieuse bête apparaîtrait si chacune de mes émotions devenait l'animal qu'elle suscite : la colère gronde sous mon. col de cobra, le niême cobra gonfle ce que je n'ose nommer, ma cavalerie, mes carrousels naissent de mon insolence... D'une tourterelle je ne conservai qu'un enrouement que remarqua Stilitano. Je toussai. Derrière le Parallelo il y avait un terrain vague où les voyous jouaient aux cartes. (Le Parallelo est une avenue de Barcelone parallèle aux célèbres Ramblas. Entre ces deux voies, très larges, une multitude de rues étroites, obscures et sales forment le Barrio Chino.) Accroupis ils organisaient des jeux, disposaient les cartes sur un carré d'étoffe ou dans la poussière. Un jeune gitan tenait l'une des parties.et j'y vins risquer les quelques sous que j'avais dans la poche. Je ne suis pas joueur. Les riches casinos ne m' at_tirent pas. L'atmosphère édairée par les lustres 39

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