TITRE PICARD 2/05/07 16:21 Page 1 MATANTEMMA

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2 TITRE PICARD 2/05/07 16:21 Page 2 MICHEL PICARD MATANTEMMA roman BUCHET CHASTEL

3 G3/400-D à la fin Page 6 Jeudi, 23. août :09 13 Buchet/Chastel, un département de Meta-Éditions, , rue des Canettes, Paris ISBN Tous droits de traduction, de reproduction et d adaptation réservés pour tous pays

4 G3/400-D à la fin Page 7 Jeudi, 23. août :09 13 «Ôtez toute chose que j y voie!» Paul Valéry, Monsieur Teste

5 G3/400-D à la fin Page 8 Jeudi, 23. août :09 13

6 G3/400-D à la fin Page 9 Jeudi, 23. août :09 13 I Lorsque Matantemma apprit qu elle allait être licenciée, elle assura très sincèrement à qui voulait l entendre : «Je vais enfin pouvoir faire mon ménage tranquillement.» On apprécia son esprit sarcastique et on admira sa philosophie. C était mal la connaître : avec une émouvante candeur, elle avait toujours été dépourvue d ironie. Éperdument désireuse de se bien conduire, elle riait toujours trop tôt en écoutant une histoire drôle. Elle prenait grand soin d éviter les dessins humoristiques et lorsque, sans ménagement, on lui en plaçait sous les yeux, souriait aussitôt de confiance, persuadée à l avance de n y rien comprendre et toujours confirmée dans ses craintes. Elle fit donc enfin, pour de bon, son ménage tranquillement, ce qui, peu à peu, occupa ses matinées entières. Levée la première, elle s y mettait sitôt le petit déjeuner avalé, avec une sorte d enthousiasme fougueux et pourtant appliqué, comme si les méandres de son parcours labyrinthique, toujours le même au centimètre près, devaient finalement la mener ce jour-là vers une sorte d imprévisible, merveilleuse, bouleversante récompense.

7 G3/400-D à la fin Page 10 Jeudi, 23. août : MATANTEMMA Bien entendu, elle débutait avec l aspirateur, qu il fallait sortir de son placard malcommode sous l escalier et brancher à la cuisine (c était la seule prise de courant sûre). Le tuyau souple pendait juste à côté dans la descente de cave, sur un support arrondi bricolé par Mononclandré. Emboîter l embout dans l appareil produisait un claquement sec, net et plein, jubilatoire, luxueux comme celui d une portière de voiture neuve. Matantemma commençait par le lino de la salle à manger, toujours plein de plumillons folâtres et vagabonds que la brosse idoine de l aspirateur (il y en avait cinq) traquait sans hâte, large et puissante comme un petit bulldozer domestique, et absorbait si vite qu elle semblait les rendre soudain invisibles. Cette puissance de nettoyage, d instantanée purification, avait quelque chose d enivrant ; il fallait se retenir pour ne pas aspirer exprès les bouts de papier tombés par hasard qui, très petits, fileraient dans le sac avec un réjouissant vrombissement frisé mais, trop gros, se colleraient à la brosse et la boucheraient, au risque d échauffer le moteur. Après le lino de la salle à manger, le carrelage de l entrée. Neuf ; mais déjà fendu : la fente, pourtant presque invisible, tourmentait tellement Matantemma qu elle s arrangeait pour ne jamais la regarder et tirait du pied machinalement, au passage, le second paillasson lorsqu il ne la recouvrait pas tout à fait assez. La brosse glissait si bien sur ce carrelage qu elle paraissait non seulement empressée mais animée d une volonté propre. Pour aspirer le salon, il fallait aller débrancher la prise, tirer l aspirateur sur la moquette, rebrancher le fil en ouvrant la porte de la cuisine. Mais aussi modifier la brosse : autre opération plaisante, consistant à appuyer du pied gauche

8 G3/400-D à la fin Page 11 Jeudi, 23. août :09 13 MATANTEMMA 11 sur un petit levier pour le faire basculer, avec le beau bruit sourd d un enclenchement parfait. Cependant passer l aspirateur ne procurait en fin de compte à Matantemma qu un plaisir insuffisant, ambigu. D abord la crainte d érafler les plinthes avec la brosse, ou le bas des chambranles avec le tuyau annelé, dont s entendait parfois le raclement affreux lorsqu elle tirait l appareil avec insouciance, était devenue chez elle une véritable angoisse. Et puis il ne s agissait que d un ménage grossier, ou du moins d une simple étape préparatoire. Faire la poussière représentait bien entendu une tâche beaucoup plus gratifiante, surtout au salon. La maison était un ancien café et ne comportait, à l origine, qu une seule pièce par étage, assez grande, certes, à deux fenêtres, flanquée, en bas, d une entrée et de la montée d escalier (une échelle de meunier fort raide), en haut, d une sorte de large palier fermé, ouvrant sur la chambre et conduisant vers le grenier. Toutefois un appentis complétait sur l arrière la salle, peut-être dès le début ; des petits bâtiments sans prétention, simples calougettes, s y étaient ensuite successivement ajoutés, empiétant sur le jardin. La cour ménagée entre l appentis primitif et le mur mitoyen avait été couverte, transformée en véranda, puis en salle à manger si bien qu il avait fallu déplacer les cabinets, qui s y trouvaient jusqu alors, dans la première des calougettes, une sorte d office désormais élevé au rang de salle de bains. Le palier fermé du haut, où il était possible de placer un lit étroit, avait servi de chambre à Matantemma toute son enfance ; après son mariage, elle avait simplement échangé sa chambre contre celle de sa mère, une veuve qui allait vivre en compagnie du jeune ménage de

9 G3/400-D à la fin Page 12 Jeudi, 23. août : MATANTEMMA longues années. Aucun projet d ensemble n avait donc présidé à l aménagement de cette maison, pas plus d ailleurs qu à celui des maisons voisines, toutes encombrées, elles aussi, côté jardin, de constructions multiples additionnées, accotées les unes aux autres, imbriquées, parfois empilées, disparates de tailles, de teintes, de matériaux : cuisines neuves, salles de bains, réserves, locaux pour outils de jardin, bûchers, clapiers, barbecues... En revanche la façade en briques de celle-ci, côté rue, arborait un air bourgeois parfaitement fallacieux, avec son muret et sa grille, son jardinet aux hortensias, son perron surmonté d une marquise, la pierre des encadrements de fenêtres et des chaînages, son toit d ardoises. Les cinq fenêtres et la porte d entrée étaient presque neuves. Le bois exotique, passé tous les ans au Bondex, et surtout les petits carreaux à l ancienne leur donnaient grande allure (dommage seulement que le menuisier eût omis de proposer, dans une rue si passante, des doubles vitres). Mais Matantemma gardait un souvenir horrifié des travaux : de la poussière blanchâtre s était insinuée partout dans la maison, jusqu au fond des placards et des tiroirs de cuisine, à l intérieur des chaussures sur leur étagère. Elle en avait pleuré «Je ne saurai jamais ravoir ma moquette!», «Je n arriverai jamais à rapproprier la maison!» Encore heureux qu il n eût pas plu! Car elle redoutait, jusqu à l obsession, qu on vienne piétiner, laisser des traces, «faire des saletés partout». Aussi multipliait-elle les paillassons à chaque issue. Un grand, dehors, sur le perron, à l abri de la marquise ; un deuxième dedans, tout aussi grand, latéral et perpendiculaire à la porte d entrée, puisqu elle ouvrait vers l intérieur ; un troisième, de taille moyenne, un peu plus loin dans le vestibule. Quiconque

10 G3/400-D à la fin Page 13 Jeudi, 23. août :09 13 MATANTEMMA 13 passait le seuil se voyait fixé non au visage mais aux pieds, avec une insistance telle qu il les essuyait sur chacun des paillassons, avec empressement, application, et une sourde inquiétude qui tenait de la culpabilité. Lorsque, exceptionnellement, elle attendait quelque visite, elle épiait avec une attention anxieuse la météo à la télé et à la radio, allait tapoter plusieurs fois dans la journée le baromètre : «Tu vas voir qu il pleuvra justement ce jour-là : la maison va être belle, tiens!» Mais, bien entendu, la discipline valait avant tout pour Mononclandré et pour elle. Ils s astreignaient, arrivant par l arrière, depuis le garage, qui fermait le jardin et donnait sur la rue du dessus, à s essuyer quatre fois les semelles : une fois sur les mailles du grattoir métallique au bas de l allée, une deuxième sur le large paillasson disposé devant la porte de la cuisine, une troisième sur l étroit qui en recouvrait exactement le seuil surélevé, et une quatrième dans la cuisine elle-même, sous la marche de la porte-fenêtre ; là, ils se déchaussaient, enfilaient avec plaisir leurs pantoufles et allaient aussitôt ranger leurs souliers sur l étagère dans la descente de cave. Il y avait aussi des paillassons, cela va de soi, devant et derrière la portefenêtre de la salle à manger (puis de la véranda, lorsqu ils commirent l erreur de lui en adjoindre une). Malgré tant de précautions, Matantemma se désespérait de découvrir sans cesse des traces noirâtres sur son carrelage, des plumillons partout sur son lino, des marques de doigts au bord des portes : «Regarde! Je n invente pas, quand même!», «Je me demande par où ça passe» Dehors, des forces mauvaises exerçaient sur la maison une formidable et terrifiante pression, profitaient du moindre interstice pour s y infiltrer. «Mon chiffon est tout noir : de la suie! Je ne te mens pas,

11 G3/400-D à la fin Page 14 Jeudi, 23. août : MATANTEMMA regarde!» Portes et fenêtres pourtant étaient soigneusement calfeutrées. Matantemma avait confectionné de ses mains, elle qui se prétendait nulle en couture, un long basset de tissu brun rembourré qu elle avait punaisé au bas de la porte d entrée. La saleté pénétrait malgré tout. Les fenêtres cependant demeuraient fermées, même en été, même la nuit, en dépit de ce qu on lui avait enseigné au Cours ménager et que d ailleurs elle pensait sur la nécessité d aérer. Par la canicule, toutefois, elle tolérait quelque ouverture sur le jardin l aprèsmidi mais la chaleur accumulée manifestait alors une mauvaise volonté incontestable, demeurait sur place, immobile, tassée, hargneuse, jusqu à ce que Mononclandré créât un courant d air en ouvrant sur la rue. Matantemma supportait la situation un moment, les dents serrées, dans un malaise grandissant et bientôt, à la lettre, insupportable : elle finissait par se précipiter pour refermer la fenêtre. L hiver, au moins, on est bien chez soi. Elle associait au mot «pollution» des images et surtout des émotions d autant plus angoissantes qu elles étaient confuses. Ce qu elle avait appris du gazole et du tabac la rendait frénétiquement intolérante aux propriétaires de diesels et aux fumeurs. «Regarde-moi ce camion : sa fumée est toute bleue! Ça va rentrer dans la maison, tu peux être sûr!» Certaines odeurs lui paraissaient déceler, révéler, de terribles dangers. Elle reniflait : «Tu ne trouves pas que ça sent les gaz d échappement jusqu ici?» L invisibilité du mal surtout l épouvantait. Les mouches, par exemple, on sait que c est sale, que ça s est posé n importe où, de préférence sur des excréments. Elle en avait des frissons de répulsion lorsqu une de ces malheureuses s introduisait dans la maison, et avait tout essayé pour

12 G3/400-D à la fin Page 15 Jeudi, 23. août :09 13 MATANTEMMA 15 les exterminer. Une tapette dans chaque pièce : mais ramasser le petit cadavre en bouillie la dégoûtait et, surtout, il risquait de laisser des traces sales. Le bon vieux papier tue-mouches accroché à la suspension : cependant la minuscule agonie vibrante des petites bêtes semblait cruelle, et d ailleurs tout aussi répugnante. «À la Saint-Crépin, les cordonniers mangent toutes les mouches» : admettons ; mais le pauvre Crépin a disparu du calendrier ; comment patienter tout l automne jusqu à une fête dont on ignorait la date, désormais? Aussi s était-elle résolue à utiliser des bombes d insecticide, dont elle se servait avec une ferveur telle qu on en éternuait, un goût sucré dans la bouche : «C est nous, ou les mouches, que tu veux asphyxier?» lui demandait Mononclandré en toussant Mais les mouches, au moins, on les voit. Et, dans une certaine mesure, la poussière également. Voilà pourquoi l ôter était la partie du ménage qu elle préférait. Elle la recueillait, indubitable, flagrante, sur un chiffon doux spécial qu elle repliait plusieurs fois pour l y piéger puis, enfilant ses socques au passage, allait secouer dans le jardin, assez loin de la maison pour qu elle n y revolât pas. Depuis peu, elle avait découvert un chiffon «microfibres spécial ménage» à l efficacité merveilleuse («Restez zen! Gagnez des cadeaux Anti-stress, par tirage au sort!» proclamait l emballage). Au début de son mariage, elle employait, comme sa mère, un plumeau, et avait dû souffrir les remarques ironiques de Mononclandré qui, travaillant d équipe, avait pu l observer un matin : «Mais enfin, où crois-tu qu elle va, ta poussière? Tu ne fais que la déplacer!» Non sans récriminer, elle s était rendue à sa logique. Elle l ôtait donc, allait la jeter. Mais il y en avait toujours. Cette perpétuelle présence de

13 G3/400-D à la fin Page 16 Jeudi, 23. août : MATANTEMMA la poussière tenait de l auto-régénération : la poussière poussait, en effet, toute seule, proliférait spontanément, obstinément, concrétisant la pollution avec la douce impalpabilité du mal. (À moins que On disait, drôle d expression, tout de même, «faire la poussière». Comme si on la suscitait, la créait soi-même, en somme ) Matantemma «passait le chiffon» avec un sérieux quasi sacramentel, le visage grave, fermé, tout absorbée dans sa mission purificatrice, au point d oublier si elle avait déjà épousseté tel meuble ou tel bibelot, mais aussi de se laisser aller parfois à chantonner, bouche fermée, animée d une allégresse modeste, d une timide exultation, comme un enfant soulagé d avoir avoué enfin un vieux mensonge. Suivant chaque jour un parcours identique, avec les mêmes regards, les mêmes gestes, comme si elle accomplissait un rituel ou un mini-pèlerinage, elle s aperçut une fois, par hasard, ayant dû se baisser pour vérifier s il n y avait pas, là, une petite tache sur la moquette, qu elle n avait jamais pensé à passer le chiffon sur le tuyau du chauffage central au-dessous du radiateur. Une petite fourrure grise le veloutait tout du long. Sans qu elle pût s expliquer cela, et d ailleurs sans le chercher, elle éprouva simultanément une horreur intense, presque sacrée, et une espèce de jubilation sacrilège. Elle contempla un instant le scandale, sans songer à rien, plongée dans un trouble extrême. Ce fut ensuite le plaisir simple, joyeux et pur du nettoyage : d abord le microfibres (il faudrait le mettre au sale aussitôt), puis l éponge avec de l Ajax, puis plusieurs rinçages. Elle n avait pu s empêcher, l après-midi, de s incliner plusieurs fois pour contempler l irréprochable tuyau.

14 G3/400-D à la fin Page 17 Jeudi, 23. août :09 13 MATANTEMMA 17 Épousseter les surfaces planes procurait une satisfaction certaine, mais un peu fruste : c était vrai pourtant qu «on voyait ce qu on faisait». En revanche débarrasser de leur poussière les feuilles des plantes vertes et surtout tous ces objets qui décoraient, par exemple, la cheminée des nïauds, il fallait en convenir non seulement exigeait l essentiel du temps passé au ménage mais réjouissait le cœur et l âme. À chaque bibelot correspondaient un savoir-faire et un plaisir particulier. Non sans mélange, certes. Le beau petit vase de cristal vert était un peu ébréché : bien sûr, Matantemma le tournait pour que cela ne se vît pas, mais l éclat brillant et coupant de la blessure écorchait, chaque matin, sa sensibilité, presque sa pudeur. Elle n avait jamais réussi à ravoir complètement le gros chaudron de cuivre rouge bosselé découvert sous terre dans le jardin (vide, hélas) et suspendu sous la cheminée postiche, au centre de l arcade parfaite édifiée par Mononclandré. Quant à la pendulette ancienne aux colonnettes compliquées, Matantemma ne l aimait guère, peut-être parce que c était un héritage de ses beaux-parents, comme la salle à manger Henri II qu elle n aimait pas davantage d ailleurs, et pour la même raison : trop difficile à nettoyer. Mais c était tout de même une espèce de jouissance de glisser son chiffon à l intérieur de ce dispositif complexe, autour et entre les colonnettes, qui pivotaient légèrement, d en enfoncer la pointe avec l index puis d aller le tirer parderrière ; il fallait forcer un peu ; freiné par le frottement, le chiffon résistait juste assez pour susciter dans la main, le bras, une sensation curieuse, troublante, pas désagréable quoique presque obscène.

15 G3/400-D à la fin Page 18 Jeudi, 23. août : MATANTEMMA La caresse propitiatoire et appropriative du chiffon apprivoisait les choses. Les choses, ça vous regarde, dans un silence infini, terrible, accusateur. Il faut les tenir à l œil, les discipliner. Comme sa mère, Matantemma savait maintenant y parvenir. En quittant chaque pièce, elle s en assurait avec sévérité, allait parfois rajuster d un doigt les plis des rideaux, disposer les chaises à distances égales de la table, parachever la symétrie des nïauds sur la cheminée ou l inutile mais décorative coiffeuse, vérifier que le dessus-de-lit était bien tiré, d une planitude rigoureuse (car, bien entendu, elle montait faire l étage tous les jours aussi les mansardes : une ou deux fois la semaine seulement). Et, par-dessus son épaule, à travers ses yeux, toujours, le fantôme de sa mère contrôlait, supervisait son inspection. La relative monotonie de ces besognes, leur infinie répétition, paraissaient posséder un pouvoir profondément rassurant, presque hypnotique. Elles représentaient en quelque sorte pour Matantemma une indispensable nourriture de base, dont elle n eût pu se passer sans péril en tout cas sans une insoutenable angoisse. Il y avait également de petits desserts, des gâteries : les délicieuses exceptions des tâches à périodicité plus large. Peigner, par exemple, les franges du tapis de la chambre avec le peigne de métal à grosses dents rangé dans le tiroir de la coiffeuse ; cela allait pourtant toujours trop vite et ne procurait qu un plaisir rudimentaire. «Faire les cuivres» : le vieux chaudron bosselé, mais aussi toute une batterie de casseroles à manche de laiton suspendues au mur de la cuisine, dont on ne se servait jamais de peur du vert-de-gris. Nettoyer l «argenterie», c est-à-dire une

16 G3/400-D à la fin Page 19 Jeudi, 23. août :09 13 MATANTEMMA 19 immense cuillère portant les initiales de ses beaux-parents, les dessus de brosses et de flacons d une garniture de coiffeuse aussi inutilisée que celle-ci (cadeau de mariage typé par la mode du début des années soixante) et les deux ronds de serviette (cadeaux de naissance, datant cette fois, non moins visiblement, de l immédiat avant-guerre). Les produits pour les cuivres et l argenterie puaient à tel point qu il fallait se résoudre à ouvrir les fenêtres vingt bonnes minutes après usage ; ils salissaient tant que Matantemma non seulement enfilait des gants de plastique jetables mais gardait en réserve à cet exclusif usage une vieille toile cirée (qu elle mettait aussitôt après dans la machine à laver) : cependant elle goûtait l odeur violente comme un signe de puissance, et acceptait les traînées noires comme preuves d efficacité. Elle utilisait un liquide spécial, cher mais économique car il en fallait très peu, pour ses bijoux. À savoir : l aigue-marine de sa mère (bague trop large pour elle mais dont elle différait toujours l ajustement à sa taille) ; un pendentif en améthyste, cadeau de Mononclandré pour leurs quarante ans de mariage ; les boucles d oreilles en opale de sa première communion ; plusieurs gourmettes ou chaînes anciennes plaquées or ; deux médailles identiques de la Vierge, d or véritable et d émail bleu (une à sa sœur morte, l autre à elle). Bien qu elle le sût enfantin, elle goûtait toujours le même plaisir à embrasser d un seul regard tous ses trésors reluisants de propreté. Faire les vitres était toutefois, de ces desserts, celui qu elle préférait et cela d autant plus qu elle pensait l avoir mérité : il lui avait fallu des années (depuis sa retraite forcée, en somme) pour découvrir enfin la bonne manière de procéder, ou plutôt les bons instruments. Elle avait d abord, comme

17 G3/400-D à la fin Page 20 Jeudi, 23. août : MATANTEMMA tout le monde, utilisé ces vaporisateurs de plastique effilés remplis d un liquide bleu se targuant de sa triple action : antipoussière, anti-pollution, anti-pluie Une mousse est projetée sur la vitre, un peu de bleu coule lentement, il faut l essuyer assez vite, on repasse un chiffon non pelucheux bien sec, et ça y est. Hélas, le moindre rayon de soleil direct révèle un invraisemblable barbouillage de traces irisées. Elle écouta ensuite Mononclandré qui lui conseilla de procéder comme les laveurs de carreaux à l usine : une éponge, du produit à vaisselle, on rince, on essuie avec une raclette de caoutchouc : impeccable! Mais elle ne savait pas se servir correctement de la raclette, sans doute, car tous les passages se voyaient. Comment n être pas de mauvaise humeur? Ce n était pas sa faute, elle procédait comme on le lui avait dit : elle ne put s empêcher d en vouloir sourdement à Mononclandré. Heureusement, dans un des supermarchés à bas prix, Lidl, Leader Price, etc., qui remplaçaient peu à peu en ville les anciens magasins, elle découvrit, parmi des articles de pure camelote, véritables cacailles, une fabuleuse chamoisette microfibres «spécial vitres» («dégraisse même sans détergent»!) «Viens voir!» criait-elle à Mononclandré, où qu il fût et quoi qu il fît : bon public, et d ailleurs désireux de reprendre rapidement ses occupations, il admirait aussitôt la limpidité merveilleuse du verre, si grande qu on doutait de son existence, comme dans les films où la caméra montre des personnages à travers un pare-brise invisible, hors quelques brillances opportunes. Toutefois, les petits carreaux, c est bien joli, ça sort de l ordinaire, ça fait chic et distingué. Mais, en comptant ceux des portes intérieures, ingénieusement modifiées par Mononclandré, il y en avait exactement deux cent soixante-douze,

18 G3/400-D à la fin Page 21 Jeudi, 23. août :09 13 MATANTEMMA 21 soit cinq cent quarante-quatre faces, et deux mille cent soixante-seize coins à curer, en faisant tourniller plusieurs fois la pointe de l index fourrée dans le tissu. De quoi, tout de même, exténuer l enthousiasme le plus sincère. D ailleurs point de récompense, finalement, point de trésor à la fin du parcours. À tout prendre, le ménage, qu il fût quotidien ou même exceptionnel, ne procurait pas à Matantemma un bonheur véritable. Stoïcienne sans le savoir, elle se contentait plutôt, en l occurrence, d une absence de malheur. Son ménage lui permettait moins d acquérir du mérite, bien qu elle attirât là-dessus l attention par des remarques où se mêlaient inquiétude, provocation, amertume et fierté, que de ne pas gravement démériter. C était une entreprise conjuratoire. De plus, ou pour cela, précisément, certaines tâches l épuisaient, surtout ces derniers temps. Dépoussiérer, par exemple, les stores à lamelles de la nouvelle véranda, la suspension compliquée du salon, le dessus des livres de France Loisirs qui y occupaient une petite bibliothèque. Ou monter l aspirateur pour nettoyer les mansardes surtout après que Mononclandré eut acheté son ordinateur, transformé la première en bureau et mis des fils partout «Je ne comprends pas comment la matinée a passé : c est comme si je n avais rien fait J ai pourtant rendu du mal, je t assure : je ne sais plus me bouger» Elle glissait souvent, maintenant, d une brève allégresse d habitude à l épuisement, à l abattement. Les recommencements, la répétition de l identique, de l identique, de l identique, sont par nature infernaux. Mais elle n avait pas le choix. Je ne suis pas passée là, ah oui, là non plus, et derrière la porte, est-ce que j ai aspiré, ça n en finit

19 G3/400-D à la fin Page 22 Jeudi, 23. août : MATANTEMMA plus, j ai mal dans le dos, il reste encore à relaver ma cuisine, à sortir le linge de la machine, à l étendre, il faut que je commence mon repassage, il faut il faut Sa vie était remplie de menues obligations démesurées, de minuscules corvées disproportionnées, auxquelles il lui était rigoureusement impossible de se soustraire Au moins n était-elle pas de ces sans-allure qui traînent au lit, laissent aller leur ménage et ouvrent des boîtes pour leur mari! La représentation qu elle se faisait d elle-même requérait sans trêve un incontestable héroïsme, ce qui l eût bien surprise si on le lui avait dit. En revanche, que l entretien de la maison occupât une telle place dans son emploi du temps, ses préoccupations, ses angoisses même, lui paraissait si naturel qu elle n eût jamais songé à s en étonner. Non qu elle fût capable d éprouver cette jouissance naïve, incrédule, émerveillée, de posséder cette maison si connue ce que, paradoxalement, Mononclandré pouvait faire, posant à plat la main sur la rampe de chêne ou l écorce des arbres fruitiers, appréciant çà et là ses innombrables bricolages. Sans qu elle l eût jamais formulé clairement, sa maison lui semblait avec évidence une extension de sa personne. Tout comme, peut-être, elle était un produit de la maison. En une sorte d échange des rôles vécu comme un devoir sacré (peut-être aussi comme une revanche), elle réenfantait chaque jour magiquement autour d elle ce qui avait été si longtemps la demeure de sa mère, de même que celle-ci avait autrefois formé en soi la petite fille qu il lui semblait si souvent être encore. Le temps s abolissait brusquement. Des odeurs ressuscitaient des présences fulgurantes, énigmatiques, découplées de toute image, étouffées dans le coton d un

20 G3/400-D à la fin Page 23 Jeudi, 23. août :09 13 MATANTEMMA 23 silence absolu. Quelques sons également, tel le klaxon du marchand de glaces au début de l été, identique à celui qui, naguère, faisait déjà sortir des maisons les enfants du quartier, comme autant de petites souris fascinées par une flûte enchantée. La vue elle-même feignait parfois de se prêter au jeu, esquissant, juste au-delà du regard mais en deçà de l hallucination, lorsque Matantemma pénétrait dans la cuisine l esprit ailleurs, la silhouette familière de sa mère lui tournant le dos, s affairant devant l ancienne cuisinière, ou assise, un peu tassée, cacochyme, dans l embrasure de la porte-fenêtre, en train de confectionner au crochet ses éternels petits tapis. Escamotant la durée et brouillant les époques, l illusion rouvrait l épicerie d en face, où sa mère avait travaillé vers la fin de sa vie, avant d être vaincue par la maladie. Une mémoire sélective impitoyable restituait la moindre intonation de phrases définitives, au poids de plomb toujours aussi insupportable : «On ne monte pas dans sa chambre durant la journée : tu vas froisser le dessus-de-lit», «Mets tes chaussons, voyons : tu vas encore tout cochonner!», «Les enfants, c est ingrat!» ou le si terrible : «Ah! Tu me feras mourir!» Cette relation quasi fusionnelle avec la maison expliquait son incapacité à la quitter, ne fût-ce que le temps d un weekend. Elle avait toujours refusé obstinément de partir en vacances et justifiait sa position par les arguments les plus hétéroclites, avec une mauvaise foi candide : on allait les cambrioler, taguer la maison, la squatter ; un orage inonderait les mansardes, occasionnerait des courts-circuits qui mettraient le feu Elle se resserrait, se lovait chez elle ; mais y bougeant, insatisfaite, cherchant sa place comme un insomniaque dans ses draps moites, ou plutôt comme un chien affairé, fébrile,

21 G3/400-D à la fin Page 24 Jeudi, 23. août : MATANTEMMA qui paraît incapable, tournant sur lui-même, le museau suivant la queue, se levant et se recouchant sans cesse, de trouver une bonne position de repos. Du reste, lorsqu elle faisait les carreaux, elle regardait la vitre, non à travers. Chez elle, elle se sentait bien, prétendait-elle. Ou plutôt elle ne se sentait bien que chez elle. Matantemma ne s appelait pas Emma, mais Éliane. Emma avait été le prénom de sa grand-mère maternelle, Éliane celui de sa sœur aînée. L une et l autre étaient mortes peu avant sa naissance, Éliane d une méningite foudroyante qui l avait tuée en vingt-quatre heures. Sentant peut-être confusément qu Éliane serait trop difficile à porter, la petite avait soudain opté pour Emma vers cinq-six ans et, par son obstination farouche, obtenu peu à peu qu on la désignât toujours ainsi. Cependant il lui arrivait de dire quelquefois, avec un sourire hésitant, qu elle n avait pas de nom du tout : si, comme toutes les femmes, ses patronymes appartenaient à son père puis à son mari, ses prénoms étaient ceux de sa grand-mère ou de sa petite sœur morte. L image incertaine de sa singularité lui parvenait comme à travers des profondeurs marines aux transparences mouvantes, troublées, trompeuses, et l importance exagérée qu elle accordait au qu en-dira-t-on s expliquait autant par le besoin de cerner grâce aux yeux des autres cette image que par la façon de penser de la petite ville. C était une femme de taille moyenne, de corpulence moyenne. Une brune, que le moindre rayon de soleil hâlait : à la teinturerie (qu elle appelait le «magasin»), il lui suffisait au printemps d attendre les clients sur le pas de la porte pour avoir le visage et les jambes plus bronzés que les vacanciers.

22 G3/400-D à la fin Page 25 Jeudi, 23. août :09 13 MATANTEMMA 25 Ses cheveux, qu elle se coupait elle-même tous les mois, mèche par mèche, variaient dans les nuances de blond, selon la teinture du moment, passant du «vénitien» presque carotte au «platine» quasi blanc. Mais ils étaient toujours bouclés, comme par fidélité à la frisure de caniche imposée pour la première communion, et qu une photo encadrée rappelait impartialement, accrochée dans un coin de la chambre. Raides de nature pourtant, et donc (mais personne n aurait pu justifier ce jugement esthétique) d une qualité inférieure. Aussi, puisant dans une vieille boîte à chaussures dissimulée à la salle de bains sur le dessus de l armoire, Matantemma les enroulait-elle chaque soir soigneusement autour de bigoudis : longtemps des rouleaux de plastique hérissés comme des cactus, sur lesquels, fakir impavide, elle parvenait à dormir ; puis des cylindres de mousse munis de pinces rabattables, à l apparence moins redoutable Comme elle les conservait pour faire le ménage, ils lui faisaient une couronne volumineuse et barbare, à laquelle l humble robe de chambre bleu pâle en Courtelle ne retirait rien de son émouvante dignité.

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