Journée de la mémoire de l Holocauste et de la prévention des crimes contre l Humanité

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Journée de la mémoire de l Holocauste et de la prévention des crimes contre l Humanité"

Transcription

1 Journée de la mémoire de l Holocauste et de la prévention des crimes contre l Humanité Lycée Français de Varsovie Dossier réalisé par A. Léonard, professeur d Histoire-Géographie.

2 I. Quelques données générales sur les camps et les ghettos Document 1 : Les principaux camps dans l Europe nazie et les 6 camps d extermination sur le territoire polonais Document 2 : Les victimes du nazisme Civils et prisonniers de guerre exterminés par les nazis Prisonniers soviétiques Détenus dans les camps de concentration Euthanasie des malades mentaux Tziganes Juifs * * D après Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d Europe, Paris, Fayard, Nombre de victimes juives réparties selon la cause du décès (selon R. Hilberg) Ghettos et privations Fusillades en dehors des camps Camps de la mort Autres camps Total D après Les Collections de l Histoire, octobre 1998, p. 40. Document 3 : Répartition des victimes juives du génocide par pays (dans les frontières de 1937)* - Europe de l Est : Pologne environ , Roumanie , Lituanie environ , Lettonie , Estonie URSS : plus de Europe centrale et balkanique : Hongrie plus de , Tchécoslovaquie , Allemagne environ , Yougoslavie , Grèce , Autriche environ Europe occidentale : Pays-Bas environ , France (au total, de mars 1942 à août 1944, Juifs seront déportés de France, dont enfants), Belgique , Italie (y compris Rhodes) 9 000, Luxembourg environ 1 000, Norvège environ Total général environ * D après Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d Europe, Fayard, 1988 et pour la Hongrie d après L Histoire, Le dossier Auschwitz, janvier 2005, p On notera qu ont été sauvés les Juifs de trois pays : le Danemark (où la quasi-totalité de la population juive personnes - a pu être transportée clandestinement en Suède), la Finlande et la Bulgarie (où l opposition des gouvernements, pourtant alliés de l Allemagne nazie, a arrêté la déportation des citoyens juifs vers les camps d extermination). Document 4 : Nombre de victimes dans les 6 camps d extermination Auschwitz-Birkenau : Treblinka : Belzec : Sobibor : Chelmno (Kulmhof) : Majdanek : D après L Histoire, Le dossier Auschwitz, janvier 2005, p.33 2

3 II. Auschwitz et le système concentrationnaire nazi. Une chronologie Fin février-avril : Création, souvent à l'initiative des SA, des premiers camps de concentration. 22 mars : Inauguration officielle de Dachau, près de Munich. Les premiers détenus arrivent le lendemain Janvier : D'abord édité en Suisse et en allemand, l'ouvrage de Wolfgang Langhoff, "Les soldats du marais. Sous la schlague des nazis. Treize mois de captivité dans les camps de concentration", est diffusé en France au cours de l'année mars : Loi rétablissant le service militaire obligatoire. Objecteurs de conscience, les Témoins de Jéhovah commencent à être envoyés de plus en plus nombreux dans les KL juin : Première déportation des Tziganes en caravanes depuis Berlin ; le 16 juillet, création d'un camp de Tziganes à Marzahn, à l'est de Berlin. 12 juillet : ouverture du camp de Sachsenhausen juillet : ouverture du camp de Buchenwald janvier : Circulaire interne de Himmler chargeant la Gestapo d'interner les "réfractaires au travail" mars : Entrée de la Wehrmacht en Autriche. Rafles et internements des opposants politiques et des Juifs en Autriche. Mai : ouverture du camp de Flossenburg. 1er juin : Heydrich ordonne d'effectuer des rafles contre les "asociaux" (mendiants, Tziganes, vagabonds, proxénètes, prostituées), qui sont internés en KL, notamment à Buchenwald. Août : ouverture du camp de Mauthausen. Automne : Débuts de la construction du KL de Ravensbrück par un kommando de Sachsenhausen. 14 octobre : Goering annonce une campagne d'aryanisation des biens juifs et d'internement des Juifs dans des camps de travail novembre : Nuit de Cristal, pogromes et terrible répression anti-juif en Allemagne, Autriche et dans les Sudètes : 200 synagogues détruites, 7500 magasins juifs pillés, hommes juifs déportés à Dachau, Buchenwald et Sachsenhausen mai : ouverture du camp de Ravensbruck. 29 juin : Un convoi de 440 enfants et femmes tziganes arrive à Ravensbrück 31 août : Des cadavres de détenus de Sachsenhausen revêtus d'uniformes militaires polonais sont utilisés dans la provocation de Gleiwitz, prétexte à l'agression contre la Pologne. 16 septembre : Eichmann propose d adjoindre des Tziganes à chaque convoi de Juifs. Début octobre : Décret de Hitler autorisant à "accorder une mort miséricordieuse aux malades jugés incurables" octobre : Premières déportations de Juifs d'autriche et du Protectorat vers la Pologne occupée. Fin octobre : Création d'un camp d'internement de Tziganes autrichiens à Leopoldskron, au sud de Salzbourg. 15 novembre : Début de la déportation de Polonais et Juifs du Wartheland vers le Gouvernement général décembre : Gazage de malades mentaux des asiles polonais de Tiegenhof et Kosten avec une chambre à gaz mobile Janvier : Premiers tests d'euthanasie effectués à Brandenburg : le monoxyde de carbone est choisi contre la morphine-scopolamine. 21 février : Himmler décide la création à Auschwitz d'un camp de "quarantaine" destiné aux Polonais de Silésie et du Gouvernement général. 1er avril : Himmler s accorde avec l'ahnerbe Stiftung (Fondation pour l'héritage Ancestral) pour étudier la biologie raciale dans les camps. 30 avril-1er mai : Le ghetto de "Litzmannstadt" (Lodz) est clôturé. Toute tentative d'évasion est passible de la peine de mort. 4 mai : Rudolf Höss, commandant adjoint de Sachsenhausen, est nommé commandant du KL d'auschwitz. Mai : Déportation de Tziganes allemands en Pologne. Ouverture du camp de Neuengamme. 30 mai : Lancement de l'aktion-franck visant "à détruire physiquement l'élite intellectuelle de la Pologne par des arrestations massives et sa déportation dans des camps de concentration". 14 juin : Arrivée à Auschwitz des 728 premiers internés polonais en provenance de Tarnow. 2 juillet : Premiers otages néerlandais envoyés à Buchenwald. Septembre : ouverture du camp de concentration de Breendonck en Belgique. 15 novembre : Le ghetto de Varsovie est clôturé par les SS. 23 novembre : Création d'un camp d'internement de Tsiganes à Lackenbach, dans le Burgenland janvier : Heydrich classe les KL en trois catégories par ordre croissant de sévérité : 1. Dachau, Sachsenhausen, Auschwitz; 2. Buchenwald, Flossenbürg, Neuengamme; 3. Mauthausen. Mars : Début des expériences de méthodes de stérilisation de masse sur "des femmes indignes de reproduire", notamment à Ravensbrück et Auschwitz. 20 mars : Le ghetto de Cracovie est clôturé. 6 avril : Un millier de déportés venant de Lublin arrive à Auschwitz. 21 avril : ouverture du camp de Natzwieler-Struthof, en France. Printemps : à Monowitz (Auschwitz III), début de la construction d une gigantesque usine de l IG Farben pour la fabrication de fuel et de caoutchouc. Mai : Création du premier camp de concentration en Croatie à Danica avec l'internement des Juifs de Zagreb. 22 mai : Himmler autorise le Service de Santé de la Luftwaffe à effectuer des expériences dans les camps. 3

4 Fin juillet : Himmler décide de créer un camp à Lublin pouvant dans un premier temps accueillir entre et prisonniers sur 516 hectares. 31 juillet : Goering mandate Heydrich pour qu'il se charge de la "solution globale" de la question juive et tzigane. Début août : Consulté par Himmler, le Dr Grawitz, chef du Service de Santé des SS, conseille la chambre à gaz comme méthode d'extermination massive. 24 août : L'euthanasie pratiquée sur les malades mentaux est officiellement suspendue : enfants handicapés, adultes, séniles, grabataires, délinquants sexuels, dans le Reich en , malades mentaux en Prusse orientale et Pologne en 1940 sont ainsi assassinés. Cette pratique se poursuit dans les KL, dans les établissements spécialisés d'enfants dans le Reich et à l'est. 5 novembre : ouverture du camp tzigane à l intérieur du ghetto de Lodz. Novembre : Premiers essais du camion à gaz de la section IID3 du RSHA à Sachsenhausen. Un camion est livré au centre de mise à mort en construction à Kulmhof (Chelmno). Automne : ouvertures des camps d extermination de Belzec et Auschwitz II (Birkenau). Décembre : Gazage des Juifs de Kharkov avec deux camions. Emission de Thomas Mann, à la BBC, dénonçant le massacre des Juifs par les nazis. 3 décembre : Premiers gazages homicides effectués sur des prisonniers de guerre soviétiques et des malades au block 11 d'auschwitz-i. 7-8 décembre : Début des exécutions de Juifs et de Tziganes dans des camions à gaz à Chelmno (Kulmhof) janvier : La conférence de Wannsee présidée par Heydrich décide «la solution finale de la question juive [ ] appliquée à environ 11 millions de personnes». La réalisation de la solution finale est confiée à Eichmann, du RSHA, le Quartier Général de la Sécurité Nationale. Janvier : Tous les Tziganes survivants du ghetto de Lodz sont transférés à Chelmno et gazés ; ceux du ghetto de Varsovie sont transférés à Treblinka. 25 janvier : Himmler annonce à l'ikl l'envoi de Juifs et Juives à Auschwitz. Mars : Débuts des exterminations de masse dans les 6 chambres à gaz des Bunkers I et II de Birkenau. Les premiers Juifs arrivent de Slovaquie et de Haute-Silésie. Premières expériences de la Section pour l'étude du typhus exanthématique et des virus de l'institut d'hygiène de la Waffen- SS à Buchenwald. Premières expériences sur le paludisme pratiquées sur les internés de Dachau. 26 mars : Création d'un camp de femmes à Auschwitz mars : Premier convoi de Juifs de France pour Auschwitz : Juifs, pour la moitié français de Compiègne et pour autre moitié apatrides de Drancy. 29 avril : Première déportation, depuis Brno, de Tziganes tchèques vers Auschwitz. 7 mai : Mise en route du centre d'extermination de Sobibor. Le Zyclon-B mis au point par la firme IG-Farben est utilisé dans les chambres à gaz à Sobibor. 19 mai : La Croatie décrète, après la Bulgarie, l arrestation systématique des Tziganes ; ils seront internés à Jasenovac. 11 juin : A Berlin, Eichmann organise la déportation massive des Juifs d'europe occidentale. Juin : Début de la construction du camp de Treblinka. 1er juillet : Radio-Londres (en français) dénonce la massacre des Juifs polonais ainsi que l'existence des chambres à gaz. 4 juillet : première mise en place d une «sélection» des Juifs à la descente du train à Auschwitz. 1er juillet-mi novembre : Première épidémie de typhus à Auschwitz ( morts). 15 juillet : Début des déportations des Juifs des Pays-Bas partant du camp de transit Westerbork vers Auschwitz et Sobibor. 23 juillet : Arrivée des premiers transports de Juifs, venant du ghetto de Varsovie, au centre d'extermination de Treblinka-II Juifs de Varsovie y sont déportés jusqu en septembre. Août : Déportations de Juifs de Croatie vers Auschwitz ; des Tziganes tchèques sont déportés vers les camps de Léty et d Hodonin. 8 août : Télégramme du représentant du Congrès juif mondial (Genève) en direction des Etats-Unis et du Royaume-Uni pour les informer de la «Solution finale» décidée par Hitler. 5 octobre : Himmler ordonne que tous les Juifs des KL du Reich soient transférés à Auschwitz et Lublin. 24 novembre : Le Département d'etat américain constate que 2 millions de Juifs ont été tués et qu'il existe un plan d'extermination. 10 décembre : Récurrence du typhus à Auschwitz. 16 décembre : Décret de Himmler ordonnant la déportation des Tziganes vers Auschwitz. Les premiers arrivent le 12 février janvier : Des Tziganes français sont transférés du camp de Poitiers vers Compiègne puis vers Sachsenhausen. 23 février : Ordre du commandant d'auschwitz généralisant la pratique du tatouage. D'autres camps adoptent le même principe. 26 février : Premier convoi de Tziganes à Birkenau. Fin février : A la suite de sa visite à Treblinka, Himmler donne l'ordre de vider les fosses communes et d'incinérer les cadavres. Mars : Les ghettos de Cracovie, Lemberg, Czestochowa, Bialystok, Minsk, Wilno, Riga sont liquidés Tziganes déportés de Bialystok sont gazés dès leur arrivée à Auschwitz. Printemps : Installation et mise en marche de 4 nouvelles installations homicides à Birkenau (Krematorium II, III, IV et V). Formation d'une organisation de résistance à Auschwitz. Déportation des Juifs des Balkans (Salonique notamment) vers Auschwitz. Début avril : Les SS commencent la liquidation du ghetto de Varsovie entraînant la révolte du ghetto. Avril : Début des expériences médicales sur les déportés d'auschwitz. Le camp de prisonniers de guerre de Bergen-Belsen devient un camp de concentration. 25 mai : 1000 Tziganes tchèques sont gazés en une seule journée à Auschwitz. Juin : Himmler ordonne la liquidation de tous les ghettos de Pologne et d'union Soviétique. 22 juin : Premiers gazages à Stutthof, dont sont victimes des Polonais et des Biélorusses. 15 août : Un KL est constitué à Varsovie pour déblayer les ruines de l'ancien ghetto. 23 septembre : Révolte des Juives envoyées à la chambre à gaz à Birkenau. Mi-octobre : Révolte au camp d'extermination de Sobibor. 16 octobre : Rafle du ghetto de Rome : un millier de Juifs déportés à Auschwitz, le octobre : Le synode de l'eglise évangélique de Vieille-Prusse condamne le meurtre des vieux, des malades et des races prétendument inférieures. 3 novembre : La plupart des prisonniers de Lublin venant du ghetto de Varsovie sont exécutés ( Juifs). 4

5 janvier : 351 Tziganes sont déportés de Malines (Belgique) vers Auschwitz. 22 mars : Sachsenhausen est touché par les bombardements. Mars-avril : Début de l évacuation du camp de Lublin. 28 avril-8 juillet : Premières déportations de Juifs de Hongrie : vers Auschwitz. Mai : Une épidémie de Typhus éclate à Bergen-Belsen. 19 mai : 245 Tziganes des Pays-Bas sont déportés vers Auschwitz. Mai-juin : Arrivée massive de Juifs hongrois à Auschwitz. En 54 jours, 154 trains amènent de Hongrie hommes, femmes et enfants. Fin mai : Un rapport de deux déportés slovaques évadés d Auschwitz parvient à New York. En juin, Washington et Londres savent de façon certaine qu un million de Juifs ont déjà été assassinés à Birkenau et que des centaines de milliers de Juifs hongrois vont connaître le même sort. 28 juin : L'Armée rouge libère le KL de Vaivara. Début juillet : Début des expériences d'inoculation de la tuberculose à Neuengamme. 16 juillet : Radio-Londres dénonce la responsabilité de Vichy dans les déportations. 22 juillet : Dernière évacuation des prisonniers de Lublin, la veille de la libération du camp par les Soviétiques. 2 août : Liquidation du camp des Tziganes à Birkenau Tziganes sont déportés à Buchenwald où ils seront gazés. 18 août : Un dernier convoi d'un millier de déportés politiques quitte Compiègne à destination de l'allemagne. Août : Les survivants du ghetto de Łódż (dernier ghetto «liquidé») sont envoyés à Auschwitz. A cette époque, le camp compte environ détenus. Octobre : Himmler invite les détenus allemands des KL à se porter volontaire pour le front. 7 octobre : révolte du Sonderkommando à Auschwitz. 10 octobre : 800 enfants Tziganes sont transférés de Buchenwald à Auschwitz puis gazés. 3 novembre : Arrivée à Auschwitz du dernier convoi de Juifs (de Terezin). 8 novembre : début de la marche de la mort de Juifs de Budapest en Autriche. Novembre : Premiers procès à Lublin condamnant à mort 6 fonctionnaires du camp et début de la construction du musée. 26 novembre : Himmler ordonne d'arrêter les gazages et de détruire les crématoires d'auschwitz-birkenau. Décembre : Epidémie de typhus à Dachau. 1er décembre : Sur ordre de Himmler, un kommando est constitué en vue du démantèlement des chambres à gaz et des crématoires II et III d Auschwitz. 11 décembre : Dernière opération de gazage à Hartheim janvier : Le KL de Krakau-Plaszow (Pologne) est libéré par l'armée rouge. 17 janvier : Début du transfert des prisonniers d Auschwitz vers l Ouest : personnes sont mises sur les routes, par un froid polaire. 20 janvier : Les SS font sauter les crématoires II et III de Birkenau. 25 janvier : marche de la mort des prisonniers de Stutthof. 27 janvier : Les SS font sauter un dernier crématoire à Auschwitz. Le camp est libéré par le 1er Front d'ukraine de l'armée rouge. Les Soviétiques libèrent 4800 survivants, dont un unique Tzigane. 27 février : femmes sont évacuées de Ravensbrück. 3 mars : Evacuation des internés de Hinzert. 3 avril : Les évacuations commencent à Buchenwald. Du 8 avril au 7 mai, libération des camps de Buchenwald, Bergen-Belsen, Sachsenhausen, Flossenbug, Dachau, Ravensbruck et Mauthausen. 13 avril : Les SS quittent Bergen-Belsen, libéré par les Britanniques le 17 avril avril : Evacuation partielle de Sachsenhausen. 21 avril : Début des évacuations de Ravensbrück. 29 avril : Dernier gazage à Mauthausen. 30 avril : Libération du camp de Dachau, en Allemagne. 20 novembre : Le Tribunal militaire international installe ses assises à Nuremberg. Le verdict sera rendu le 1er octobre Certains fonctionnaires du camp de Lublin seront à nouveau jugés à Düsseldorf en Automne : Le camp d Auschwitz est fermé ; les prisonniers allemands et les collaborateurs sont libérés ou envoyés au Goulag juillet : Loi du Parlement polonais instituant le Musée d Etat d Auschwitz-Birkenau comme «monument du martyrologue et de la lutte du peuple polonais et des autres peuples» Inauguration à Birkenau du Monument international à la mémoire des victimes du fascisme Première exposition spécifique du génocide juif au Musée d Auschwitz juin : Visite du pape Jean-Paul II à Auschwitz, messe à Birkenau Inscription du camp au Patrimoine mondial de l Humanité de l UNESCO août : première exposition spécifique du génocide tzigane à Auschwitz janvier : cérémonies du 60è anniversaire et inauguration d une nouvelle exposition française associant davantage les organisations juives aux organisations de déportés de la Résistance. 5

6 III. Documents sur Auschwitz-Birkenau Document 5. Des estimations des victimes à Auschwitz-Birkenau : Sur les prisonniers environ, ont péri dans le camp dont : Juifs, à Polonais non-juifs, Tziganes prisonniers de guerre soviétiques à détenus d autres origines D après F. Piper, «The number of Victims», Auschwitz, t.iii, Musée d Etat d Auschwitz-Birkenau, 2000, pp Document 6 : choix de textes sur Auschwitz 1. Tri et gazage à Auschwitz Je dirigeai Auschwitz jusqu'au 1er décembre 1943 et estime qu'au moins deux millions cinq cent mille victimes furent exécutées et exterminées par le gaz, puis incinérées ; un demi-million au moins moururent de faim ou de maladie, soit un chiffre minimum de trois millions de morts. Ce qui représente environ 70 à 80 % de tous les déportés envoyés à Auschwitz. Les autres furent sélectionnés et employés au travail forcé dans les industries dépendant du camp. [...] À Auschwitz, deux médecins SS examinaient les arrivages de transports de prisonniers. Les prisonniers devaient passer devant l'un de ces médecins qui, à l'aide d'un signe, faisait connaître sa décision. Ceux qui étaient jugés aptes au travail étaient envoyés dans le camp 1 ; les autres, dirigés sur les lieux d'extermination. Les enfants en bas âge étaient exterminés sans exception, puisque du fait de leur âge, ils étaient incapables de travailler [...]. À Auschwitz nous nous efforçâmes de faire croire aux victimes qu'elles allaient subir une désinfection. Fréquemment les femmes cachaient leurs enfants sous leurs vêtements, mais dès que nous les découvrions, nous envoyions ces enfants dans les chambres à gaz. [ ] Ce qui importait avant tout, c'était de maintenir un calme aussi complet que possible pendant toute l'opération de l'arrivée et du déshabillage. Surtout pas de cris, pas d'agitation! Dans cette ambiance inhabituelle, les enfants en bas âge se mettaient en général à pleurnicher. Mais, après avoir été consolés parleur mère ou par les hommes du commando, ils se calmaient et s'en allaient vers les chambres à gaz, en jouant ou en se taquinant, un joujou dans les bras. J'ai parfois observé des femmes déjà conscientes de leur destin qui, une peur mortelle dans le regard, retrouvaient encore la force de plaisanter avec leurs enfants et de les rassurer. Lune d'elles s'approcha de moi en passant et chuchota, en me montrant les quatre enfants qui se tenaient gentiment par la main : "Comment pouvez-vous prendre la décision de tuer ces beaux petits enfants? Vous n'avez donc pas de cœur?" [ ] La solution définitive de la question juive signifiait l'extermination de tous les Juifs d'europe. En juin 1941, je reçus l'ordre d'organiser l'extermination à Auschwitz. Je me rendis à Treblinka pour étudier les méthodes d'extermination. Le commandant du camp me dit qu'il avait éliminé quatre-vingt mille détenus en six mois. Il s'occupait surtout des Juifs du ghetto de Varsovie. Il utilisait l'oxyde de carbone. Mais ses méthodes ne lui paraissaient pas très efficaces. Aussi, quand, j'aménageai le bâtiment d'extermination d'auschwitz, je choisis le «Zyklon B», acide prussique cristallisé, que nous faisions tomber dans une chambre de mort par un petit orifice. Selon les conditions atmosphériques, le gaz mettait de trois à quinze minutes pour faire effet. Nous savions que les victimes étaient mortes lorsqu'elles cessaient de crier. Nous attendions alors une demi-heure avant d'ouvrir les portes et de sortir les cadavres. Nos groupes spécialisés leur retiraient alors bagues, alliances ou dents en or. Nous apportâmes également une amélioration par rapport à Treblinka en aménageant des chambres à gaz pouvant contenir deux mille personnes à la fois, alors qu'à Treblinka leurs 10 chambres à gaz n'en contenaient chacune que deux cents. [ ] 1. Ils travaillaient jusqu'au moment où, devenus trop fragiles à cause des privations, ils étaient «sélectionnés» pour la chambre à gaz. R. HOESS, Le commandant d'auschwitz parle, La Découverte, (D après les dépositions du commandant du camp d'auschwitz [mai 1940 à décembre 1943] au procès de Nuremberg en avril 1946). 6

7 2. Les signes d'identité réglementaires à Auschwitz. Je suis donc resté dans un groupe de cent quatre-vingt-neuf hommes. Nous avons été emmenés au camp central, celui d'auschwitz. A l'entrée, nous sommes passés sous un portique portant l'inscription «Arbeit macht frei*». A notre passage aux bains, chacun d'entre nous a dû se faire tatouer un matricule et un triangle sur le bras gauche. Mon matricule, comme vous le voyez, est le Seuls étaient tatoués les prisonniers laissés provisoirement en vie pour les besoins du travail. De plus, tous devaient porter un signe distinctif sur le côté de la poitrine : les Juifs, un triangle rouge surmonté d'un triangle jaune de manière à former une étoile à six branches (signe remplacé plus tard par un triangle rouge marqué d'une bande jaune en sa partie supérieure) ; les Russes, un triangle noir; les prisonniers politiques, un triangle rouge; les droits communs, un vert. Se montrer sur le territoire du camp sans son signe distinctif ou bien le porter à un endroit non réglementaire signifiait s'exposer à une mort certaine. Le premier SS venu pouvait se saisir de vous, vous jeter à terre, vous donner des coups de pied au visage et à la poitrine, puis vous envoyer à la chambre à gaz. * «Le travail rend libre». Témoignage de M. Tsiroulnitski en 1945, extrait de V. Grossman, Le Livre noir, Actes Sud, L'extermination immédiate par gazage : Tout le monde est déjà rentré. Un ordre rauque retentit : «Que les SS et le commando spécial 1 quittent la salle». Ils sortent et se dénombrent. Les portes se referment et les lumières sont éteintes de dehors... Le sous-officier tient dans ses mains quatre boîtes en tôle verte. Il avance sur le gazon où, chaque trente mètres, de courtes cheminées en béton jaillissent de terre. Après s'être muni d'un masque à gaz, il enlève le couvercle de la cheminée, qui est également en béton. Il ouvre l'une des boîtes et déverse le contenu - une matière granulée mauve - dans l'ouverture de la cheminée. La matière déversée est du cyclon ou du chlore sous forme granulée qui produit du gaz aussitôt en contact avec l'air. Cette substance granulée tombe au fond de la cheminée sans s'éparpiller, et le gaz qu'elle produit s'échappe à travers les perforations et emplit au bout de quelques instants la pièce où les déportés sont entassés. En cinq minutes, il a tué tout le monde innocents [...]. C'est ainsi que cela se passe pour chaque convoi. V. Pozner, Descente aux enfers, récits de déportés et de SS d'auschwitz, Julliard, Le «Sonderkommando», composé uniquement de Juifs, était chargé des besognes relatives au gazage et à la crémation des cadavres. 4. Le travail à Auschwitz Jour après jour, les bâtiments s'élevaient et prenaient forme. Nous ne savions pas exactement ni pour qui, ni pour quoi nous faisions ces constructions et nous ne nous en souciions guère. Ce n'est qu'après la guerre que j'ai appris à quoi nous avions servi et pourquoi des milliers d'entre nous étaient morts à la tâche. A cette époque, la RAF accentuait ses attaques sur les centres industriels les plus importants d'allemagne. Pour échapper aux bombardements la grosse industrie allemande, les Krupp, I.G. Farben etc., décidèrent d'aller s'installer plus à l'est et la région autour d'auschwitz fut choisie pour de multiples raisons. Tout d'abord les mines de charbon de Silésie étaient mises à leur disposition. Ensuite, il y avait de l'eau à profusion et en dernier lieu une main-d'œuvre nombreuse exceptionnellement bon marché leur était offerte à proximité, bien gardée derrière les lignes à haute tension du camp. Le commandant Hoess était ravi de voir des industries s'implanter près de son domaine, il avait à cette époque des difficultés de trésorerie. Le budget qui lui était alloué pour faire tourner son camp était totalement insuffisant [...]. Une des façons de se débrouiller était de vendre à vil prix une main-d'œuvre à I.G. Farben, dont nous construisions les usines de caoutchouc synthétique à Buna. L'argent l'aida à faire tourner le camp, les conditions de travail étaient tellement épouvantables que la grande majorité des détenus qui y furent envoyés y moururent, faisant d'une pierre deux coups : améliorer son budget et le débarrasser de détenus. Que les détenus ne réussissent à survivre qu'un mois, deux, tout au plus, n'inquiétait nullement Hoess ni les administrateurs d'i.g. Farben, il y en avait suffisamment d'autres [...] pour les remplacer. Rudolf VRBA, Alan BESTIC, Je me suis évadé d Auschwitz, Ramsay,

8 5. Les Tziganes à Birkenau Dans le camp de Birkenau vivaient des familles tziganes. Les hommes, les femmes et les enfants n'avaient pas été séparés et ils ne travaillaient pas à l'extérieur. La vie n'était pas très agréable, ils n'avaient pas une nourriture très abondante, mais ils survivaient sans connaître le travail forcé et les coups. Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1944, des camions vinrent les chercher. De nombreux SS en armes rassemblèrent tout le monde. Depuis le temps que les Tziganes voyaient les exterminations journalières des Juifs qui arrivaient sur la rampe, ils eurent vite fait de comprendre que leur tour était arrivé. C'est alors qu'il y eut de scènes déchirantes : les enfants pleuraient, les femmes avaient des crises de nerf, les SS vociféraient comme ils savaient le faire en frappant avec leurs matraques, les chiens hurlaient : ce fut une nuit infernale. Au petit matin, le camp était vide et les Tziganes avaient été tous exterminés. Ils étaient dans l'ensemble de nationalité allemande. Aux yeux des Nazis, ils avaient commis le crime impardonnable d'être tziganes. Témoignage cité dans J. Manson (dir.), Leçons des ténèbres, Plon, Les expériences médicales Le docteur Mengele m'a prise pour faire des expériences. Trois fois on m'a pris du sang pour les soldats. Je recevais alors un peu de lait et un petit morceau de pain avec du saucisson. Puis le docteur Mengele m'a inoculé la malaria. Pendant huit semaines, je suis restée entre la vie et la mort ; il m'était aussi venu une infection au visage. J'étais maigre, toute en os, on ne voyait plus mes yeux. Je n'étais qu'une plaie, à cause de la dysenterie. Mes cuisses étaient des plaies béantes, en raison du manque de soins. J'étais dans la baraque des mourants, avec un de mes oncles. Les filles m'ont prises dans leurs bras et m'ont emmenée dans un autre block. Ceux qui sont restés ont été livrés au crématoire peu de temps après. La femme de Barono a réussi à mettre de côté deux pains blancs qui, au camp gitan, étaient réservés aux tout petits enfants. Avec cela, le docteur s'est procuré dans l'autre camp une piqûre qui était destinée aux chevaux. Et j'ai été guérie. Extrait des mémoires de Barbara Richter. Citée dans Le Monde gitan, L'évacuation des Juifs des camps de la mort de la Pologne vers l'allemagne, pendant l'hiver L'auteur, témoin de l'événement, est un déporté politique à Buchenwald. C'était le dernier hiver de cette guerre-là. [...] Les Allemands étaient bousculés par une grande offensive soviétique qui déferlait à travers la Pologne et ils évacuaient, quand il en avaient le temps, les déportés qu'ils avaient rassemblés dans les camps de Pologne. [...] Nous avons vu arriver au fil des jours et des semaines ces convois d'évacués. [...] Les Juifs de Pologne étaient entassés dans des wagons de marchandises, près de deux cents par wagon, et ils avaient voyagé pendant des jours et des jours, sans manger et sans boire, dans le froid de cet hiver-là qui a été le plus froid de cette guerre là. A la gare du camp, quand on ouvrait les portes coulissantes des wagons, rien ne bougeait, la plupart des Juifs étaient morts debout, morts de froid, morts de faim et il fallait décharger les wagons comme s'ils avaient transporté du bois par exemple, et les cadavres tombaient tout raides sur le quai de la gare, on les y entassait, pour les conduire ensuite par camions entiers, directement au crématoire. Jorge SEMPRUN, Le Grand Voyage, Gallimard, «Je suis revenue d'entre les morts». Et je suis revenue. Ainsi vous ne saviez pas, vous, qu'on revient de là-bas. On revient de là-bas et même de plus loin. Je reviens d'un autre monde dans ce monde que je n'avais pas quitté et je ne sais lequel est vrai ditesmoi suis-je revenue de l'autre monde? Pour moi je suis encore là-bas et je meurs là-bas chaque jour un peu plus je remeurs la mort de tous ceux qui sont morts et je ne sais plus lequel est vrai du monde-là! de l'autre monde là-bas maintenant je ne sais plus quand je rêve et quand je ne rêve pas. [...] Je suis revenue d'entre les morts et j'ai cru que cela me donnait le droit de parler aux autres et quand je me suis retrouvée en face d'eux je n'ai rien eu à leur dire parce que j'avais appris là-bas qu'on ne peut pas parler aux autres. C. Delbo [déportée en 1943 à Auschwitz et transférée en 1944 à Ravensbrück], Une connaissance inutile, éd. de Minuit,

9 Document 7. Témoignage d'un rescapé, Primo Levi, Si c est un homme, R. Laffont, 1947 puis additif de 1976 constitué de réponses aux questions de lycéens, rééd. Pocket, L'auteur, Primo Levi, est un ingénieur juif italien, déporté à Auschwitz en janvier 1944, à l'âge de 24 ans. La déshumanisation : L'empire concentrationnaire d'auschwitz comprenait non pas un, mais une quarantaine de Lager 1 ; le camp d'auschwitz proprement dit, édifié à la périphérie de la petite ville du même nom (en polonais Oswiecim) pouvait contenir environ vingt mille prisonniers et constituait en quelque sorte la capitale administrative de cette agglomération; venait ensuite le Lager (ou plus exactement les Lager, de trois à cinq selon le moment) de Birkenau, qui alla jusqu'à contenir soixante mille prisonniers, dont quarante mille femmes, et où étaient installés les fours crématoires et les chambres à gaz; et enfin un nombre toujours variable de camps de travail, situés parfois à des centaines de kilomètres de la «capitale». C'est dans la pratique routinière des camps d'extermination que la haine et le mépris instillés par la propagande nazie trouvent leur plein accomplissement. Là en effet, il ne s'agit plus seulement de mort, mais d'une foule de détails maniaques et symboliques, visant tous à prouver que les Juifs, les Tziganes et les Slaves ne sont que bétail, boue, ordure. Qu'on pense à l'opération de tatouage d'auschwitz, par laquelle on marquait les hommes comme des boeufs, au voyage dans des wagons à bestiaux qu'on n'ouvrait jamais afin d'obliger les déportés (hommes, femmes, enfants!) à rester des jours entiers au milieu de leurs propres excréments, au numéro matricule à la place du nom, au fait qu'on ne distribuait pas de cuillère (alors que les entrepôts d'auschwitz, à la libération, en contenaient des quintaux), les prisonniers étant censés laper leur soupe comme des chiens; qu'on pense enfin à l'exploitation infâme des cadavres, traités comme une quelconque matière première propre à fournir l'or des dents, les cheveux pour en faire du tissu, les cendres pour servir d'engrais, aux hommes et aux femmes ravalés au rang de cobayes sur lesquels on expérimentait des médicaments avant de les supprimer. (...) On a inventé au cours des siècles des morts plus cruelles, mais aucune n'a jamais été aussi lourde de mépris et de haine. 1. Lager : camp La «sélection immédiate» : Et brusquement ce fut le dénouement. La portière s'ouvrit avec fracas, l'obscurité retentit d'ordres hurlés dans une langue étrangère [...]. Nous découvrîmes un large quai, éclairé par des projecteurs. Quelqu'un traduisit les ordres : il fallait descendre avec les bagages et les déposer le long du train. [...] Tous s'affairaient autour des bagages, se cherchaient, s'interpellaient, mais timidement, à mi-voix. Une dizaine de SS, plantés sur leurs jambes écartées, se tenaient à distance, l'air indifférent. À un moment donné ils s'approchèrent, et sans élever la voix, le visage impassible, ils se mirent à interroger certains d'entre nous en les prenant à part, rapidement: «Quel âge? En bonne santé ou malade?» et selon la réponse, ils nous indiquaient deux directions différentes. [...] Là où nous nous attendions à quelque chose de terrible, d'apocalyptique, nous trouvions, apparemment, de simples agents de police. C'était à la fois déconcertant et désarmant. Quelqu'un osa s'inquiéter des bagages : ils lui dirent «bagages, après» ; un autre ne voulait pas quitter sa femme : ils lui dirent «après, de nouveau ensemble» ; beaucoup de mères refusaient de se séparer de leurs enfants : ils leur dirent «bon, bon, rester avec enfants». [...] En moins de dix minutes, je me trouvai faire partie du groupe des hommes valides. Ce qu'il advint des autres, femmes, enfants, vieillards, il nous fut impossible alors de le savoir : la nuit les engloutit purement et simplement. 9

10 La visite chez le docteur : Nous entrons. Le Doktor Panwitz est seul ; Alex [ ] lui parle à mi-voix: «... un Italien, déjà à moitié kaputt. Er sagt er ist chemiker» («Il dit qu'il est chimiste») [ ]. Panwitz est grand, maigre, blond. Il a les yeux, les cheveux et le nez conformes à ceux que tout Allemand se doit d'avoir, et il siège, terrible, derrière un bureau. [.] Quand il eut fini d'écrire, il leva les yeux sur moi et me regarda. Depuis ce jour, j'ai pensé bien des fois et de bien des façons au Doktor Panwitz. Je me suis demandé ce qui pouvait bien se passer à l'intérieur de cet homme [...]. Car son regard ne fut pas celui d'un homme à un autre homme ; et si je pouvais expliquer à fond la nature de ce regard comme à travers la vitre d'un aquarium entre deux êtres appartenant à deux mondes différents, j'aurais expliqué du même coup l'essence de la folie du Troisième Reich [...]. Le cerveau qui commandait à ces yeux bleus et à ces mains soignées disait clairement : «Ce quelque chose que j'ai là devant moi, appartient à une espèce qu'il importe sans nul doute de supprimer. Mais, dans le cas présent, il convient de s'assurer qu'il ne renferme pas quelque élément utilisable.» Une sinistre nouvelle «Peut-être pourrons-nous survivre aux maladies et échapper aux sélections, peut-être même résister au travail et à la faim qui nous consument? [...] Nous avons voyagé jusqu'ici dans les wagons plombés, nous avons vu nos femmes et nos enfants partir pour le néant; et nous, devenus esclaves, nous avons fait cent fois le parcours monotone de la bête au travail, morts à nous-mêmes avant de mourir à la vie, anonymement. Nous ne reviendrons pas. Personne ne sortira d'ici, qui pourrait porter au monde, avec le signe imprimé dans sa chair, la sinistre nouvelle de ce que l'homme, à Auschwitz, a pu faire d'un autre homme.» Le devoir de mémoire Vous qui vivez en toute quiétude Bien au chaud dans vos maisons, Vous qui trouvez le soir en rentrant La table mise et des visages amis, Considérez si c'est un homme Que celui qui peine dans la boue, Qui ne connaît pas de repos, Qui se bat pour un quignon de pain, Qui meurt pour un oui pour un non. Considérez si c'est une femme Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux, Et jusqu'à la force de se souvenir, Les yeux vides et le sein froid Comme une grenouille en hiver. N'oubliez pas que cela fut, Non, ne l'oubliez pas : Gravez ces mots dans votre cœur. Pensez-y chez vous, dans la rue, En vous couchant, en vous levant ; Répétez-les à vos enfants. Ou que votre maison s'écroule, Que la maladie vous accable, Que vos enfants se détournent de vous. 10

11 Document 8. Témoignage d'une rescapée, Ida Grinspan, adolescente juive, âgée de 14 ans en janvier 1944, est arrêtée en France et déportée au camp d'auschwitz. Figurant parmi les rares rescapés, plus de cinquante ans après, elle témoigne dans un livreinterview (Ida Grinspan, Bertrand Poirot-Delpech, J'ai pas pleuré, Robert Laffont, Paris, 2002.) 1. Ida Grinspan avant et après Auschwitz 2. L'arrestation par les gendarmes français le 30 janvier 1944 Alice 1 a ouvert la porte sur la cour. Les gendarmes 2 lui disent qu'ils ont ordre de m'arrêter. Elle proteste : «Vous n'allez pas emmener cette gamine, c'est impossible!» L'un des gendarmes insiste : «On a des ordres, et si on ne la trouve pas on prend votre mari!» Alice arrive dans ma chambre. Elle me dit: «Les gendarmes sont là, on vient t'arrêter!» Pendant une fraction de seconde, j'ai pensé que je pourrai me sauver en sautant par la fenêtre de la cour, que les voisins m'auraient tous recueillie. Mais Alice a ajouté: «Ils disent que s'ils ne te trouvent pas, ils prendront Paul». Je n'avais plus qu'à me préparer. Je devais emporter quelques affaires de rechange et des provisions pour trois jours. (...) Avez-vous alors un vague pressentiment de ce qui vous attend? Je ne sais pas. J'imagine quand même la déportation, puisque ma mère n'a pas donné de nouvelles après son arrestation un an et demi plus tôt. Mais on n'a pas idée des camps. C'est seulement à Drancy 3 qu'on me fera espérer que je vais retrouver ma mère. Tout ce que je sais, c'est qu'on m'arrête alors que je n'ai rien fait, uniquement parce que je suis juive. (...) J'ai pas pleuré. Je suis terrifiée, bien sûr, mais je garde ma peur pour moi. Pas question de leur faire cadeau de mes larmes. 1. Alice a pris Ida en pension au début de la guerre, quand les parents de celle-ci ont voulu la mettre à l'abri des bombardements et des privations. 2. Les autorités françaises ont collaboré avec les nazis en organisant des rafles et des déportations. 3. Drancy est une ville de la banlieue parisienne où les Juifs étaient détenus dans un camp avant leur départ pour Auschwitz. 11

12 3. Le «transport» vers Auschwitz Celui-ci a eu lieu le 10 février Tôt le matin, les mille cinq cents détenus désignés pour le convoi 68 ont été regroupés, comptés, et poussés par les gendarmes dans les autobus de la TCRP 1. Nous sommes conduits à la gare de Bobigny et livrés aux Allemands qui nous précipitent brutalement dans les wagons à bestiaux. (...) Nous sommes le 13 février On est dimanche. C'était l'habitude : départ de Drancy le jeudi et arrivée le dimanche. Quand le train s'arrête, c'est une délivrance. «Enfin!» soupire-t-on. J'ajoute intérieurement : «Ça y est, je vais voir maman!». (...) Première sensation : un vacarme d'enfer, où se mêlaient le verrouillage des portes, les ordres hurlés - Schnell! Raus! 2 - les aboiements des chiens, les cris des familles séparées. (...) Le SS a ordonné dans un mauvais français que celles qui ne pouvaient pas marcher montent dans les camions et que les autres attendent sur le quai. (...) Je me suis tout de suite jointe à celles qui allaient continuer à pied. Le SS ne m'a pas questionnée sur mon âge, et il ne l'a pas deviné. Je faisais plutôt seize ans (...). Heureusement, car à quatorze ans, j'aurais dû suivre ceux que l'on supprimait dès l'arrivée! Je fais donc partie des soixante et une femmes sélectionnées pour entrer dans le camp. Vingt-quatre d'entre nous survivront. Cela s'explique par le fait que nous étions en (...) Les sept cent cinquantequatre femmes montées dans les camions ont été gazées tout de suite avec les enfants. 1. Transports en commun de la région parisienne. 2. «Vite! Dehors!» 4. Une tentative d'évasion Un soir d'août 1944, l'appel s'éternise. Les surveillantes SS n'en finissent pas de compter et recompter nos rangs. Une panique s'est emparée d'elles. La raison de cet affolement nous est enfin connue : «C'est Mala qui manque!» Nous exultons. Il nous semble que si Mala a réussi à s'évader, elle avertira le monde entier de ce que nous subissons, et on viendra nous délivrer! Nous n'imaginions pas que les grands de ce monde «savaient». (...) Trois ou quatre semaines après son évasion, toujours à l'appel du soir, nous découvrons qu'une potence a été dressée sur la place. Un SS est posté à côté. Des gardiens amènent Mala. Cette apparition nous apprend qu'elle a été reprise. Mala sort une lame dissimulée dans ses vêtements et commence à s'entailler l'arrière du poignet. Le SS essaie de lui arracher la lame. Elle le gifle et s'adresse à nous en criant : «Courage, c'est bientôt la fin!» Aussitôt, d'autres gardes accourent et la rouent de coups. Mala mourra dans la charrette qui l'emportera vers le crématoire. (...) Les derniers instants de Mala sont restés dans toutes les mémoires comme un symbole de courage. (... ) Autre drame dans le drame : tandis qu'arrivaient en masse les Juifs hongrois, en juillet-août 1944, les Tsiganes parqués en famille près des crématoires de Birkenau (plus de vingt mille) ont tous été gazés en une nuit! 12

13 Document 9. Cartes et plans du camp 1. Carte du réseau terrestre et maritime. 2. Plan général du camp 13

14 3. Plan du camp d Auschwitz I 4. Plan du camp d Auschwitz II 14

15 Sites internet sur la déportation et les camps de détenus Informations générales Sur Auschwitz Site sur les enfants cachés pendant la Guerre Sur les archives britanniques (RAF) 15

16 DOSSIER LA LITTERATURE ET LES CAMPS. ECRIRE APRES AUSCHWITZ. Magazine littéraire n 438 Janvier 2005 «Chaque rescapé a rapporté son camp avec lui» (Micheline Maurel, Un Camp très ordinaire) «Après Auschwitz, écrire un poème est barbare, et la connaissance exprimant pourquoi il est devenu aujourd hui impossible d écrire des poèmes en subit aussi la corrosion.» (T. W. Adorno, Critique de la culture et société) «Auschwitz! Auschwitz! Ô syllabes sanglantes!» (Aragon, Le Musée Grévin) Le 27 janvier 1945, Auschwitz, le principal camp d extermination nazi, était définitivement libéré. Sur les ruines d un temps barbare, une littérature allait naître, non sans hésitations et angoisses. Écrivains, philosophes, poètes témoignent tous avec une voix singulière de l expérience concentrationnaire sous le nazisme. Expérience de déshumanisation distincte du Goulag et autres camps de servitude puisqu elle culmine en une entreprise d anéantissement unique dans l Histoire : le génocide contre les Juifs, la Shoah. Comment écrire et penser après Auschwitz? Entre le silence et la nécessité de raconter, de Primo Levi à Imre Kertész, du récit au roman, les visages d une littérature en lutte avec l indicible. Marqué à jamais par la déportation de ses parents et par son propre internement dans un camp de travail, Paul Celan, le poète de la Fugue de la mort se refusa à nommer plus longuement l horreur, plaçant son œuvre au cœur du silence et des décombres du langage. L exemple de Celan illustre la difficulté de la littérature à témoigner de l expérience concentrationnaire. Revenus de l enfer, les rescapés des camps ont été déchirés entre l urgence de témoigner et le souci d oublier, d effacer, de taire. «Après Auschwitz, écrire un poème est barbare», disait Adorno. Mais les mots sont tenaces, et beaucoup de survivants ont choisi de se faire enfin entendre. «La littérature, quelque passion que nous mettions à la nier, permet de sauver de l oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l indifférence absolue», écrit Vila-Matas à propos de Primo Levi. Face au mal, le nihilisme n est plus de mise. La littérature des camps est née de cette obstination à vouloir nommer l innommable. Souvent même, comme le remarque l auteur de La Trêve, les déportés n ont survécu que dans l espoir de raconter plus tard leur tragédie. Il est des formules, fondées ou non, qui sont comme vouées à hanter longtemps la mémoire de ceux qui les ont entendues. Ainsi d une réflexion du grand Theodor Adorno. Il a pensé qu après Auschwitz, l art et plus particulièrement la poésie apparaissait inconcevable. Comme plus à faire, ni même à envisager. Sur un tout autre plan, Wittgenstein ne proclamait-il pas que «ce dont on ne peut parler, il faut le taire»? Mais il avait bien pris garde de souligner, au préalable, qu il y avait «assurément de l inexprimable» et même que «celui-ci se montre». Il est significatif que ces deux grands penseurs soient, par la suite, revenus sur ces affirmations catégoriques. Des ex-locataires du monde concentrationnaire ont pris très vite le parti d en parler. D autres ont pris tout leur temps. Paul Celan, poète roumain qui se suicidera à Paris, a choisi l allemand, la langue du bourreau, pour s exprimer et ne plus rien exprimer qu à partir d Auschwitz. La mort immense tirée de la nuit et du brouillard. «Lait noir de l aube, nous te buvons la nuit / Nous te buvons midi la mort est un maître venu d Allemagne» (Pavot et mémoire). Dès 1947, Primo Levi a soutenu que la nécessité de survivre et celle de porter témoignage se situaient sur un seul et même plan : «J ai écrit tout de suite, dès mon retour. Tout ce que j ai vu et entendu, il fallait m en libérer. De plus, sur le plan moral, civil et politique, témoigner était un devoir.» Mais se libérer, lui, il n a pas réussi à le faire. Puisque lui aussi s est suicidé. Avec retard. (Mais plutôt que de suicide, ne devrait-on pas plutôt parler, dans ce cas, d assassinats différés? Paul Celan, Primo Levi, Jean Améry, Bruno Bettelheim ont-ils vraiment, eux-mêmes, mis fin à leurs jours? Ne serait-ce pas, plutôt, qu il arrive parfois et ne serait-ce pas la logique même? qu on ne se remette jamais de la déportation? Que celle-ci ne renvoie au monde des épargnés que des naufragés en sursis?) Ce devoir de mémoire, dont on nous rebat les oreilles, aujourd hui, avec raison, mais aussi un peu à tort et à travers, ne serait-ce pas ainsi Primo Levi qui l aurait programmé, avec une certaine force de l évidence? SOMMAIRE Ils ont nommé l innommable par Pierre Mertens Chronologie par Lionel Richard Les camps de concentration et la Shoah par Annette Wieviorka Les artistes dans les camps : Boris Taslitzky Theodor W. Adorno : La culture est-elle morte à Auschwitz? par Lionel Richard Les poètes face aux camps par Lionel Richard Les artistes dans les camps : Zoran Music De l horreur à la littérature par Yves Stalloni Jorge Semprun : le grand voyage de la mémoire propos recueillis par Gérard de Cortanze Vient de paraître : Ecrire, lire, se souvenir par Thomas Reignier David Rousset, le bilan concentrationnaire par Lionel Richard Robert Antelme, l unité indivisible de l humanité par Thomas Reignier Tadeusz Borowski : l horreur au quotidien par Lionel Richard Primo Levi, en deçà du bien et du mal par Thomas Reignier Jean Cayrol, les temps obscurs sont toujours là par Lionel Richard Boris Pahor, visions d épouvante par Gérard-Georges Lemaire Imre Kertész, de l enfer au néant par Minh Tran Huy Les artistes dans les camps : Zber 1945, Lutetia, entretien avec François Nourissier et Bertrand Poirot- Delpech propos recueillis par Pierre Assouline Le roman du Lutetia par Lionel Richard Le passage à la fiction par Lionel Richard Penser Auschwitz après la guerre par Enzo Traverso Bettelheim, Federn, Stern : psychanalystes et témoins par Catherine Clément Représenter la Shoah? par David Rabouin Bandes dessinées : entre réalisme et symbolisme par Clara Dupont- Monod Jeunesse : paroles des camps par Michèle Kahn 16

17 L'HISTOIRE N Janvier 2005 Dossier spécial : Auschwitz Depuis vingt ans, la mémoire du génocide des Juifs s est imposée avec une force sans précédent. Auschwitz en est devenu le terrifiant symbole. Les dimensions monstrueuses de cette usine de mort ont été peu à peu dévoilées. Elles dépassent l entendement. Les questions que soulève cette barbarie continuent de nourrir la recherche : que savait-on? Qu a-t-on fait pour l empêcher? Comment transmettre la connaissance de ces crimes? Il y a soixante ans, le 27 janvier 1945, la première patrouille soviétique pénètre dans le complexe d Auschwitz, d où ont été évacués une dizaine de jours plus tôt déportés exténués, entraînés par leurs bourreaux dans une impitoyable «marche de la mort». Auschwitz est devenu un musée, mais la vérité sur le camp d extermination a mis plusieurs décennies à être connue et reconnue. Quelle vérité? Qu Auschwitz fut la plus grande usine de mort de la Solution finale, la plus grande des machines mises en place pour en finir avec les Juifs et les Tziganes. Longtemps, dans le bloc soviétique tout comme à l Ouest, on a voulu ignorer la spécificité du génocide. Les «déportés raciaux» furent confondus avec les «déportés politiques». Dans les Izvestia du 8 mai 1945 paraît un «rapport de la commission extraordinaire pour la constatation des atrocités commises par les envahisseurs allemands fascistes et leurs complices». Tout y est dit de la cruauté des exterminations : «Le camp d Auschwitz laisse loin derrière lui tout ce que l on connaissait jusqu ici des «camps de la mort» allemands.» Tout y était dit, sauf qu un mot était d un bout à l autre ignoré celui de «Juif». En Occident, l occultation de la Shoah fut le fait de tous : les communistes refusant de faire des catégories parmi les martyrs de la résistance au «fascisme» ; le gouvernement souhaitant effacer les divisions des années noires et ressouder l unité nationale. Les Juifs eux-mêmes étaient peu désireux de manifester publiquement une «distinction» qui leur avait coûté si cher pendant la guerre et voulaient par-dessus tout redevenir des citoyens français comme les autres. Un curieux consensus. Le «devoir de mémoire» a stimulé la demande d histoire. Il a fallu beaucoup de temps, un certain nombre d événements (du procès Eichmann à la chute du mur de Berlin), et le travail des historiens, pour que la vérité émerge peu à peu de la confusion. Les entreprises du négationnisme, encouragées par le conflit israélopalestinien, ont tenté de l obscurcir. Mais les «assassins de la mémoire» (Pierre Vidal-Naquet) ne sont jamais parvenus à escamoter une nouvelle fois la réalité du crime sans nom perpétré par le nazisme. Notre dossier revient sur cette tragédie, à laquelle nous avons déjà consacré de nombreux articles. Cette fois avec un éclairage nouveau : le cheminement de la mémoire. SOMMAIRE Le plus grand centre de mise à mort, WIEVIORKA Anette Fallait-il bombarder Auschwitz?, KASPI André Les Polonais et l extermination des Juifs, SZUREK Jean-Charles Comment la Shoah est entrée dans l histoire, WIEVIORKA Anette «Nuit et brouillard» Récit d un tournage, LINDEPERG Sylvie «Le négationnisme est une parole de haine» (entretien), ROUSSO Henry Naissance d un musée, WIEVIORKA Anette 17

18 Semaine du jeudi 13 janvier n Dossier Le 27 janvier, chefs d Etat et de gouvernement commémoreront le 60e anniversaire de la découverte du camp d extermination d Auschwitz par les troupes soviétiques, et Jacques Chirac inaugurera la nouvelle exposition du pavillon français. Notre monde demeure hanté par le souvenir de ce qui restera comme le plus grand crime de tous les temps. Et les historiens ne cessent d interroger documents et témoins pour tenter de comprendre l inconcevable. Dans un dossier spécial, le Nouvel Observateur fait le point sur ce que l on sait aujourd hui de la Shoah. Dans une interview, Annette Wieviorka explique Auschwitz, sa spécificité et la prise de conscience du reste du monde à la libération du camp. L hebdomadaire présente également cinq visages de la France déportée. L historien Ian Kershaw revient sur l histoire de la solution finale : Quand la décision de la solution finale a-t-elle été prise? Par qui? Etait-ce un projet prémédité de longue date? Qui savait? Les Alliés auraient-ils pu arrêter le génocide? Simone Veil raconte qu au retour des camps «on ne voulait pas nous entendre» et revient sur le «devoir de mémoire». Le psychiatre Boris Cyrulnik n était qu un enfant quand ses parents ont été raflés à Bordeaux et ont disparu à Auschwitz. Lui-même arrêté, il a réussi à s enfuir. Soixante ans après, cette expérience continue de nourrir sa réflexion sur le nazisme et sur la nature humaine. 18

19 Interview de deux spécialistes Le Nouvel Observateur. Le 27 janvier 1945, les Soviétiques libèrent Auschwitz. Qu y trouvent-ils? Annette Wieviorka. Le terme de «libération» est impropre. Des avant-gardes de l Armée rouge découvrent par hasard ce camp, qu ils ne cherchaient pas. Ils y trouvent quelques milliers de survivants, que les nazis ont abandonnés sur place parce qu ils n étaient pas en état de marcher. Les autres ont été évacués à la mi-janvier vers d autres camps, lors de ce qu ils nommeront eux-mêmes les «marches de la mort». La guerre continuait. Il fallait transférer ailleurs la force de travail que représentaient les déportés «aptes au travail». N. O. A Auschwitz ne restent donc que des mourants... A. Wieviorka personnes environ, dans le camp central Auschwitz-I et la nébuleuse de camps environnants, dont 400 déportés de France, dans un état effrayant. Les Soviétiques n ont rien prévu pour les prendre en charge. Ils doivent improviser. N. O. Réalisent-ils à ce moment ce qui s est passé à Auschwitz? A. Wieviorka. Pas clairement. Ils trouvent des baraques, des monceaux d objets vêtements, valises, prothèses, les ruines des crématoires. Une commission d enquête met au jour des archives, les plans des chambres à gaz, les boîtes de zyklon B. Les Soviétiques comprennent la fonction d extermination des chambres à gaz. Mais ils refusent de voir, ou de dire, que c était des juifs qu on tuait, parce que juifs. Et pour employer un mot d aujourd hui, ils ne «médiatisent» pas cette découverte. Quelques articles paraissent dans la presse russe. Auschwitz ne fait pas les gros titres. N. O. Et ailleurs dans le monde? A. Wieviorka. Pas davantage. N. O. Même en France? A. Wieviorka. Oui. Les esprits sont ailleurs. En août-septembre 1944, l essentiel du territoire national est libéré. Mais on compte près de 2 millions d «absents», comme les nomme le ministre Henri Frenay: prisonniers de guerre, requis du STO et, très minoritairement, déportés pour faits de résistance ou «raciaux», comme on désigne à l époque les juifs. Dans les plans de rapatriement, rien de particulier n est préparé pour le retour des déportés. On n imagine pas que beaucoup sont des mourants. N. O. Dans la France d alors, quand on parle des déportés, on pense surtout aux résistants et aux politiques. Plutôt à Buchenwald ou à Dachau qu à Auschwitz. Sous le vocable de «camps de la mort», on confond camps de concentration et camps d extermination, captivité et élimination. Pourquoi cette cécité? A. Wieviorka. D abord, les déportés de la Résistance qui reviennent sont infiniment plus nombreux (40000 environ, pour seulement 2500 juifs). Certains sont des personnalités du monde politique d avantguerre ou font partie des élites de la République; ils écrivent, interviennent dans la vie publique, créent des associations. C est Christian Pineau, Claude Bourdet, Marcel Paul, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Edmond Michelet Les survivants juifs sont le plus souvent des petites gens, tailleurs, casquettiers, parfois très jeunes, et confrontés à une absolue détresse: leurs familles ont été décimées, leurs maigres biens pillés, leurs logements occupés Ils n ont guère de moyens de se faire entendre. Dans notre société moderne, la parole des victimes est sacrée, la souffrance individuelle doit s exprimer. Ce n était pas le cas en La parole appartenait aux représentants d associations structurées. Et l heure était à la célébration des héros de la Résistance. D autre part, les déportés de France ont été rapatriés plusieurs mois après la libération d Auschwitz, venant de Buchenwald pour la plupart, y compris les juifs qui avaient survécu aux «marches de la mort». N. O. Et c est de Buchenwald que viennent les premières images de déportés faméliques en pyjama rayé qui vont fixer l image du déporté, faisant écran à la réalité de l extermination. Car ceux qu on menait à la chambre à gaz d Auschwitz étaient en pleine santé et n ont jamais porté le pyjama A. Wieviorka. Absolument. Ce brouillage sera encore renforcé par les images de Bergen-Belsen les bulldozers poussant des monceaux de cadavres, que l on retrouve en 1956 dans «Nuit et Brouillard», d Alain Resnais, présentées à tort comme des images de l extermination. Or l extermination, ce n est pas cela: ce sont des femmes, des vieillards, des enfants, des gens ordinaires, gros ou maigres, vêtus normalement, qu on trie à la descente du train et dont la plupart sont aussitôt assassinés. N. O. Comment la vérité historique de l extermination va-t-elle peu à peu ressortir de cette vision brouillée de l après-guerre? A. Wieviorka. C est avec le procès Eichmann, en 1961, ce «Nuremberg du peuple juif», comme disait Ben Gourion, qu émerge dans l opinion publique la conscience du génocide. Les rares travaux historiques menés jusque-là, grâce à la masse de documents rendus publics au moment de Nuremberg, ont eu peu d écho. Le sort des juifs n est au centre ni du procès de Nuremberg ni de ceux de la collaboration en 19

20 France. A partir du procès Eichmann, l idée s impose que les juifs ont subi un sort particulier. C est à ce moment, par exemple, que Raul Hilberg trouve enfin un éditeur pour sa thèse, «la Destruction des juifs d Europe». Le second événement déterminant, c est la guerre des Six-Jours, en Elle est vécue par les juifs, en Israël et en diaspora, comme la possibilité d un second Auschwitz dans la même génération, ramenant au premier plan une mémoire qui avait été mise de côté. N. O. Vous voulez dire que les juifs eux-mêmes avaient refoulé Auschwitz? A. Wieviorka. Refoulement n est pas le mot. Le souvenir a toujours été présent dans les familles. Mais c était une affaire privée. Dans l après-guerre, la communauté juive elle-même ne met pas l accent sur les temps de la persécution et de l extermination. Les responsables communautaires s occupent activement de la réintégration, de la restitution des biens. La mémoire n est pas un enjeu. Cela explique le choc du procès Eichmann, qui se propage et va gagner la France. L action de Serge Klarsfeld est ici décisive, mais le temps rend aussi les choses audibles. La mémoire d Auschwitz, portée par des acteurs juifs, pénètre dans l espace public à la fin des années Quand Robert Paxton publie «la France de Vichy», en 1973, les esprits ont changé: l opinion publique est prête à l accueillir. Mais il faudra encore une dizaine d années pour que la Shoah soit placée au centre de la réflexion sur la Seconde Guerre mondiale et pour qu Auschwitz devienne ce qu il est pour nous: le nom servant à désigner globalement la solution finale. N. O. Sur le silence des juifs dans les années d après-guerre, deux points de vue s opposent. Les uns disent: ayant été mis à part dans les persécutions, ils refusaient d être mis à part dans le deuil. D autres, avec Simone Veil, soutien-nent que si on n a pas entendu la souffrance des juifs, c est qu on ne voulait pas l entendre A. Wieviorka. Les deux ne s excluent pas. Dans la sphère privée, les familles endeuillées répugnent à entendre le récit des souffrances. Dans la sphère publique, les juifs ne sont pas les «bons» déportés. Ils n ont pas été des résistants. Mais il est vrai aussi que les juifs de 1945 souhaitent majoritairement s intégrer à nouveau dans la France républicaine, une France qu ils ne mettent pas en accusation. Le silence sur la persécution est donc largement consensuel. N. O. Le retour de mémoire est donc lié au début de la réflexion et de l interpellation sur le rôle de l Etat français. A. Wieviorka. Oui et non. Ces mouvements de mémoire sont transnationaux. On retrouve les mêmes rythmes en France, aux Etats-Unis, en Israël. Mais les modalités sont nationales. En France, c est l interrogation sur les responsabilités propres de Vichy. N. O. Sous l impulsion de Serge Klarsfeld, les enfants de déportés deviennent des «militants de la mémoire»; ils demandent des comptes A. Wieviorka. Et ils obtiennent beaucoup. Au niveau judiciaire, ce sont les procès Barbie, Touvier et Papon: un responsable régional de la Gestapo, un milicien, un représentant de l Etat vichyste. Au niveau politique et symbolique, c est une succession de pétitions et de manifestations exigeant de Mitterrand un acte de repentance. Il refuse, mais il institue la «journée à la mémoire des victimes de l Etat français» (16 juillet), inaugure un monument à l emplacement du Vel d Hiv, la Maison d Izieu Il fait tout cela à contretemps, et peut-être à contrecœur, mais enfin il le fait. Cependant, il n a pas de mots forts. Les mots forts sont ceux de Jacques Chirac, le 16 juillet 1995, reconnaissant, dans un discours d une grande hauteur, que la France a envers ceux qui ne sont pas revenus d Auschwitz «une dette imprescriptible». Et l on arrive au troisième volet: la réparation matérielle. C est la mission Mattéoli, la reprise des indemnisations sous l égide de la commission Pierre Drai, enfin la création de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, présidée par Simone Veil. Ainsi, aux niveaux judiciaire, symbolique et matériel, les comptes entre les juifs et la France sont désormais apurés. N. O. Le choix d Auschwitz comme symbole de la Shoah était-il le bon? Auschwitz n était pas seulement, selon l expression de Hilberg, un «centre de mise à mort»: c était aussi un complexe industriel, un camp pour droit-commun, prisonniers de guerre russes, résistants polonais, etc. Si l on voulait désigner la solution finale dans son absolue singularité A. Wieviorka. C était Belzec, évidemment, exclusivement voué à l extermination. Mais il y a très peu d archives sur Belzec, quasiment pas de survivants, donc de témoins. Le lieu a été rasé, des arbres très vite replantés. Comment concevoir un lieu de mémoire quand il y a si peu de traces? Auschwitz est à la fois le camp où il y a eu le plus de victimes autour d un million de morts et paradoxalement de survivants, et celui où se «lit» le mieux le projet génocidaire nazi. N. O. C est-à-dire l utilisation du système concentrationnaire à des fins génocidaires A. Wieviorka. Auschwitz, en effet, c est d abord un des nombreux camps de concentration créés par les nazis, en Allemagne, puis dans les territoires annexés, afin d y interner les opposants et «indésirables» de toutes sortes. Il entre en service le 14 juin En mars 1941, Himmler, visitant Auschwitz, décide la création, à Birkenau, d un immense camp destiné à recevoir des prisonniers de guerre soviétiques, et la construction à Monowitz, à quelques kilomètres, d une usine de caoutchouc synthétique (Buna, en allemand, nom que retiendront les déportés). C est seulement au printemps 1942 qu il devient le lieu de la 20

Le bilan humain et politique de la seconde guerre mondiale.

Le bilan humain et politique de la seconde guerre mondiale. Le bilan humain et politique de la seconde guerre mondiale. Le bilan pour les Alliés et pour l'axe. Les archives de la Solution Finale: Des Ghettos à Auschwitz ou Treblinka. Des juifs envoyés sous escorte

Plus en détail

La politique d'extermination nazie. Les ghettos

La politique d'extermination nazie. Les ghettos La politique d'extermination nazie Les ghettos Le regroupement des Juifs dans les ghettos (ici : le ghetto de Varsovie) Vivre dans le ghetto de Varsovie Les plus pauvres ne pouvaient se protéger du froid

Plus en détail

Introduction à la Shoah

Introduction à la Shoah Introduction à la Shoah Des Juifs de la Ruthénie subcarpatique sont soumis à une sélection sur l aire de transit à Auschwitz-Birkenau. (Photo : Musée du Mémorial de l Holocauste aux États-Unis, offerte

Plus en détail

I) La politique nazie d extermination

I) La politique nazie d extermination I) La politique nazie d extermination La Seconde guerre mondiale a été marquée par l extermination de 10 millions de personnes par les nazis. Les Juifs en particulier ont été les victimes d un génocide

Plus en détail

Auschwitz : visite d'un lieu de mémoire

Auschwitz : visite d'un lieu de mémoire Auschwitz : visite d'un lieu de mémoire En ce Mercredi 12 février2014, nous, élèves de 2ndes de l'enseignement défense du lycée de Barral de Castres, avons vécu une expérience mémorable. Avec nos professeurs,

Plus en détail

Sommaire. Introduction. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Paris. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Drancy.

Sommaire. Introduction. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Paris. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Drancy. Visite du 23 Janvier 2014 Sommaire Introduction. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Paris. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Drancy. Conclusion. Introduction Jeudi

Plus en détail

HISTOIRE DES ARTS. Prob: Comment l artiste, David Olère, a-t-il représenté l horreur des camps de la mort et la situation des femmes juives déportées?

HISTOIRE DES ARTS. Prob: Comment l artiste, David Olère, a-t-il représenté l horreur des camps de la mort et la situation des femmes juives déportées? HISTOIRE DES ARTS Prob: Comment l artiste, David Olère, a-t-il représenté l horreur des camps de la mort et la situation des femmes juives déportées? Etude du tableau de David Olère réalisé en 1950 : Les

Plus en détail

Identifier l antisémitisme et le racisme

Identifier l antisémitisme et le racisme 47 29 ANNExE A2 Identifier l antisémitisme et le racisme Glossaire sur l Holocauste Exemple de représentation graphique Coupons de mots reliés à l Holocauste Glossaire de l élève Centre commémoratif de

Plus en détail

9, rue Littré, 24000 PÉRIGUEUX 05.53.03.33.33 cg24.educatif.archives@dordogne.fr Service éducatif des Archives départementales de la Dordogne 2009

9, rue Littré, 24000 PÉRIGUEUX 05.53.03.33.33 cg24.educatif.archives@dordogne.fr Service éducatif des Archives départementales de la Dordogne 2009 Service éducatif des Archives Départementales de la Dordogne. Livret pédagogique d accompagnement de l exposition «une famille juive dans la tourmente de Strasbourg à Périgueux 1939-1944» Cycle 3 9, rue

Plus en détail

Chap. 5 : la 2 nd guerre mondiale : une guerre d anéantissement Pourquoi parle-t-on de la 2 nd guerre mondiale comme d une guerre d anéantissement

Chap. 5 : la 2 nd guerre mondiale : une guerre d anéantissement Pourquoi parle-t-on de la 2 nd guerre mondiale comme d une guerre d anéantissement Chap. 5 : la 2 nd guerre mondiale : une guerre d anéantissement Pourquoi parle-t-on de la 2 nd guerre mondiale comme d une guerre d anéantissement Chanson : Nuit et brouillard de Jean Ferrat http://www.youtube.com/watch?v=94yoxycqo6s

Plus en détail

III. Comment les nazis ont-ils organisé ces deux génocides?

III. Comment les nazis ont-ils organisé ces deux génocides? III. Comment les nazis ont-ils organisé ces deux génocides? Dans les régions occupées par l URSS, des divisions SS les Einsatzgruppen) massacrent systématiquement les Juifs à partir de 1941. Ils sont gazés

Plus en détail

L'Holocauste. Table des matières. L Holocauste : aperçu

L'Holocauste. Table des matières. L Holocauste : aperçu L'Holocauste Table des matières The Holocaust: Theme Overview 1 Objets personnels Helena Zaleska 2 Auschwitz-Birkenau, 1944 3 Étoile de David 4 Gobelet de métal 5 Chaussure d enfant 6 L Holocauste : aperçu

Plus en détail

... 1945 : EN PARCOURANT LE MUSÉE... GUIDE DE VISITE INTRODUCTION AU MUSÉE

... 1945 : EN PARCOURANT LE MUSÉE... GUIDE DE VISITE INTRODUCTION AU MUSÉE EN PARCOURANT LE MUSÉE... 1945 : LIBÉRATION DES CAMPS ET DÉCOUVERTE DE L UNIVERS CONCENTRATIONNAIRE ; CRIME CONTRE L HUMANITÉ ET GÉNOCIDE OCCUPATION RÉSISTANCE DÉPORTATION LIBÉRATION GUERRE 1939-1945 GUIDE

Plus en détail

1 ère partie - Avant la libération, le contexte historique

1 ère partie - Avant la libération, le contexte historique A l'est - En janvier 1944, débute l'offensive soviétique qui entraîne la retraite de la Wehrmarcht de ses alliés. En juillet 1944, l'armée rouge, désormais supérieure en effectifs et en armements, pénètre

Plus en détail

Les phases de la Seconde Guerre mondiale

Les phases de la Seconde Guerre mondiale Les phases de la Seconde Guerre mondiale Les phases de la Seconde Guerre mondiale Les phases de la Seconde Guerre mondiale Les phases de la Seconde Guerre mondiale Le monde en 1942 La politique antisémite

Plus en détail

Chronologie du système concentrationnaire nazi (1933-1945)

Chronologie du système concentrationnaire nazi (1933-1945) LES MESURES ANTI-JUIVES. LE GÉNOCIDE Le sort des juifs de France «Les négociations avec le gouvernement français ont donné les résultats suivants. L ensemble des Juifs de France sont tenus prêts à notre

Plus en détail

Auschwitz!... Que faire après?

Auschwitz!... Que faire après? Auschwitz!... Que faire après? L exposition «Auschwitz!... Que faire après?» n a pas pour objectif d expliquer le fonctionnement du système d extermination nazi mais de permettre une réflexion sur la mémoire

Plus en détail

Document 7. 13. Pourquoi ce discours de 1995 marque-t-il un moment important?

Document 7. 13. Pourquoi ce discours de 1995 marque-t-il un moment important? Pages 77-78. Passage en italique. «Je crois devoir attirer votre attention sur le fait qu en exécution des ordres reçus du commandeur des SS, les arrestations ont été opérées uniquement par la police française

Plus en détail

LE GHETTO DE VARSOVIE

LE GHETTO DE VARSOVIE LA SECONDE GUERRE MONDIALE LE GHETTO DE VARSOVIE Gaumont Pathé archives, collection Pathé Les documents d archives Pathé nous transportent dans une actualité devenue, aujourd hui, de l histoire. Ces fragments

Plus en détail

Dans nos classes. La Résistance et la Déportation dans les manuels. Classe de troisième. Les leçons : Collection. Auteurs (sous la direction de)

Dans nos classes. La Résistance et la Déportation dans les manuels. Classe de troisième. Les leçons : Collection. Auteurs (sous la direction de) Dans nos classes La Résistance et la Déportation dans les manuels Classe de troisième Les leçons : Belin, avril 2003. Eric Chaudron, Remy Knafou. Leçons La 2 guerre mondiale. * Les grandes phases de la

Plus en détail

Notre voyage-mémoire à Auschwitz-Birkenau (Pologne)

Notre voyage-mémoire à Auschwitz-Birkenau (Pologne) jeudi 16 janvier 2014 Dans le cadre de la journée «Études et mémoire», organisée chaque année par le Conseil général du Rhône, dix élèves du collège sont partis à Auschwitz-Birkenau le 16 janvier 2014.

Plus en détail

Chronologie comparée de la Shoah

Chronologie comparée de la Shoah Chronologie comparée de la Shoah Cadre général Le sort des Juifs en Europe En France 1933 1933 1933 30 janvier : Adolf Hitler chancelier 1 avril : journée de boycott des magasins juifs 7 avril : révocation

Plus en détail

MAUS par Art SPIEGELMAN

MAUS par Art SPIEGELMAN HISTOIRE DES ARTS MAUS par Art SPIEGELMAN I. IDENTIFIER ET PRESENTER L ŒUVRE L œuvre présentée ici est une bande-dessinée intitulée Maus, l intégrale, un survivant raconte réalisée par Art Spiegelman en

Plus en détail

La seconde guerre mondiale, une guerre d anéantissement

La seconde guerre mondiale, une guerre d anéantissement Première Sa Evaluation Histoire La seconde guerre mondiale, une guerre d anéantissement Sujet classique mais attention à ne pas tomber dans un récit chronologique du conflit, ce qui serait horssujet. Réfléchir

Plus en détail

Journée de la mémoire de l Holocauste et de la prévention des crimes contre l Humanité

Journée de la mémoire de l Holocauste et de la prévention des crimes contre l Humanité Journée de la mémoire de l Holocauste et de la prévention des crimes contre l Humanité Lycée Français de Varsovie Dossier réalisé par A. Léonard, professeur d Histoire-Géographie. «Il y a soixante ans,

Plus en détail

LECTURE. Lecture et analyse de la page intérieure de titre et de l illustration qui l accompagne.

LECTURE. Lecture et analyse de la page intérieure de titre et de l illustration qui l accompagne. Séance 1 : Travail sur la 1 ère et la 4 ème de couverture, mise en évidence d un récit encadré et lecture/analyse du récit cadre. Objectifs : - lire et analyser la 1 ère et la 4 ème de couverture, le récit

Plus en détail

Les camps de concentration et d extermination nazis : quelle organisation spatiale? L exemple d Auschwitz. DIAPO I :

Les camps de concentration et d extermination nazis : quelle organisation spatiale? L exemple d Auschwitz. DIAPO I : Les camps de concentration et d extermination nazis : quelle organisation spatiale? L exemple d Auschwitz. DIAPO I : Les camps de concentration et d extermination nazis : quelle organisation spatiale?

Plus en détail

La seconde guerre mondiale

La seconde guerre mondiale CM2 Découverte du monde Histoire Compétences : La violence du XXe siècle : les deux conflits mondiaux La seconde guerre mondiale - À partir de l étude de cartes et de documents statistiques, comprendre

Plus en détail

Les dernières lettres de Marie Jelen

Les dernières lettres de Marie Jelen Les dernières lettres de Jelen Histoire de Jelen Jelen a dix ans lorsqu elle est arrêtée avec sa mère, le 16 juillet 1942, lors de la rafle du Vel d Hiv. Sa famille était juive, d origine polonaise. Elle

Plus en détail

La Seconde Guerre mondiale : guerre d anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes.

La Seconde Guerre mondiale : guerre d anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes. Première S, histoire LMA, 2011-2012 Thème 2 La guerre au XXe siècle Question 1 Guerres mondiales et espoirs de paix Cours 2 La Seconde Guerre mondiale : guerre d anéantissement et génocide des Juifs et

Plus en détail

1er sept. 1939 Les troupes allemandes... C'est le début de la Seconde Guerre mondiale.

1er sept. 1939 Les troupes allemandes... C'est le début de la Seconde Guerre mondiale. Le contexte historique : la France pendant la Seconde Guerre mondiale Complétez la chronologie suivante. Vous pouvez vous référer au site http://www.e-chronologie.org/monde/ww2.php 1er sept. 1939 Les troupes

Plus en détail

Brevet Blanc d'histoire Géographie Education Civique Mardi 17 Avril 2012

Brevet Blanc d'histoire Géographie Education Civique Mardi 17 Avril 2012 Brevet Blanc d'histoire Géographie Education Civique Mardi 17 Avril 2012 (Rappel : la maîtrise de la langue (orthographe et expression écrite) est notée sur 4 points) Pour la première partie, le candidat

Plus en détail

Glossaire 3 : 3 Ressources :

Glossaire 3 : 3 Ressources : Le vocabulaire concernant l extermination des Juifs d Europe par les nazis Le régime nazi a, de 1941 à 1945, mis en œuvre sa décision planifiée de destruction des populations juives d Europe. L objectif

Plus en détail

Chapitre 4 LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Chapitre 4 LA SECONDE GUERRE MONDIALE Chapitre 4 LA SECONDE GUERRE MONDIALE Pourquoi la Seconde guerre mondiale est-elle une guerre d anéantissement? I. Un affrontement planétaire A. Les grandes phases de la guerre ...................... 1

Plus en détail

Auschwitz : Ne jamais oublier

Auschwitz : Ne jamais oublier Auschwitz : Ne jamais oublier Oswiecim n'évoque pas grand chose hors de Pologne. Cette petite ville située à moins de 100 km à l'ouest de Cracovie est pourtant connue dans le monde entier, une notoriété

Plus en détail

Voyage d étude à Auschwitz Jeudi 7 mars 2013 1BP 3.2 CFA Charles Pointet

Voyage d étude à Auschwitz Jeudi 7 mars 2013 1BP 3.2 CFA Charles Pointet Voyage d étude à Auschwitz Jeudi 7 mars 2013 1BP 3.2 CFA Charles Pointet Sommaire 1 ère Partie : notre journée du 7 mars Auschwitz II Birkenau Auschwitz I La présence juive à Thann La déportation et l

Plus en détail

Dossier de presse. Exposition «Les Juifs de Corrèze dans la Shoah»

Dossier de presse. Exposition «Les Juifs de Corrèze dans la Shoah» Exposition «Les Juifs de Corrèze dans la Shoah» Dossier de presse Reprenant et complétant l exposition «Les Juifs de France dans la Shoah», réalisée en 2012 par l ONAC et le Mémorial de la Shoah, cette

Plus en détail

CORRIGE DU LIVRET THEMATIQUE NIVEAU 3 ème

CORRIGE DU LIVRET THEMATIQUE NIVEAU 3 ème CORRIGE DU LIVRET THEMATIQUE NIVEAU 3 ème LE NAZISME (1933-1945) DU TRAITE DE VERSAILLES A L ARRIVEE D HITLER AU POUVOIR PAGES 4-5 Comment Mussolini, nouveau dirigeant de l Italie est-il mis en valeur

Plus en détail

Juifs de Salonique en 1917

Juifs de Salonique en 1917 Témoignage de Mada adame ATTAS-DECALO Nous avons rencontré Madame Estelle DECALO, Estelle ATTAS de son nom de jeune fille, à son domicile de la rue de Grézan à Nîmes, le 9 juin 2009. Âgée de 88 ans, Madame

Plus en détail

Communiqué de presse. Les Voies de la Liberté. Exposition temporaire 2015 Mémorial National de la Prison de Montluc

Communiqué de presse. Les Voies de la Liberté. Exposition temporaire 2015 Mémorial National de la Prison de Montluc Exposition temporaire 2015 Mémorial National de la Prison de Montluc Les Voies de la Liberté Du 15 septembre 2015 au 28 mai 2016 Communiqué de presse Mémorial de la Shoah, CDLV82017 Le Mémorial En 2009,

Plus en détail

A u t e u r : P e r s o n n a g e s :

A u t e u r : P e r s o n n a g e s : Damien L. 3éme1 Auteur : Anne Frank Livre de poche. Edition Définitive. Personnages : - Anne Frank - Mr Otto Frank ou Pim : son père - Mme Frank ou Edith Hollander : sa mère - Margot : sa soeur - Mr Van

Plus en détail

Il est de notre devoir de rappeler ce que fut l une des plus effroyables et honteuses pages de notre Histoire. La

Il est de notre devoir de rappeler ce que fut l une des plus effroyables et honteuses pages de notre Histoire. La Discours de Frédérik BERNARD, Maire de Poissy Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation - dimanche 24 avril 2011 - Monsieur le Député (présence non confirmée), Monsieur le Vice-Président

Plus en détail

La IIe Guerre mondiale, une guerre d anéantissement et génocides Introduction : «radicalisation de la violence» une guerre d anéantissement

La IIe Guerre mondiale, une guerre d anéantissement et génocides Introduction : «radicalisation de la violence» une guerre d anéantissement H2.1 : Guerres mondiales et espoirs de paix. La II e Guerre mondiale, une guerre d anéantissement et génocides. Introduction : Si la 1 ère guerre mondiale fut la première guerre totale, la 2 ème GM, par

Plus en détail

Régulièrement tu arrives à Paris et puis le soir, tu te rends compte que tu as laissé ta brosse à dents à Berlin

Régulièrement tu arrives à Paris et puis le soir, tu te rends compte que tu as laissé ta brosse à dents à Berlin Une interview avec la direction de l'ofaj, Max Claudet et Eva Sabine Kuntz Régulièrement tu arrives à Paris et puis le soir, tu te rends compte que tu as laissé ta brosse à dents à Berlin Le Grand méchant

Plus en détail

Présentation du DVD Une petite fille privilégiée Un témoignage de Francine Christophe Une histoire dans l Histoire

Présentation du DVD Une petite fille privilégiée Un témoignage de Francine Christophe Une histoire dans l Histoire Présentation du DVD Une petite fille privilégiée Un témoignage de Francine Christophe Une histoire dans l Histoire Ce témoignage de Francine Christophe, expérience douloureuse d une partie de sa vie, «croise»

Plus en détail

Sans communication, la guerre n'est pas possible

Sans communication, la guerre n'est pas possible 1 Sans communication, la guerre n'est pas possible Les Grands méchants loups sont allés au musée de la Communication de Berlin et ont parlé à Thomas Jander et Jutta Scherm. Ils ont eu la chance de pouvoir

Plus en détail

Les étapes de l'extermination des Juifs et des Tziganes dans les camps d'extermination

Les étapes de l'extermination des Juifs et des Tziganes dans les camps d'extermination Les étapes de l'extermination des Juifs et des Tziganes dans les camps d'extermination Tâche complexe : à l aide du dossier et du site Internet proposé ci-dessous, présentez les étapes suivies par les

Plus en détail

Le cahier de Susi Fiche pédagogique École CP CE1 CE2 CM1 CM2

Le cahier de Susi Fiche pédagogique École CP CE1 CE2 CM1 CM2 Supports Documentaire Le cahier de Susi, de Guillaume Ribot, en intégralité à l exception du prologue, et les documents d archives intégrés au DVD. Fac-similé du Cahier de Susi et présentation de Guillaume

Plus en détail

Projet «Création littéraire»

Projet «Création littéraire» Projet «Création littéraire» Ce projet vise principalement à développer les compétences écrites des élèves et à stimuler chez eux la création littéraire. Il est destiné à un public adolescent francophone

Plus en détail

Histoire Leçon 15 La marche vers la guerre ( 1938 / 1939) Dates : 1936 : remilitarisation de la Rhénanie 1938 : Anschluss de l Autriche

Histoire Leçon 15 La marche vers la guerre ( 1938 / 1939) Dates : 1936 : remilitarisation de la Rhénanie 1938 : Anschluss de l Autriche Histoire Leçon 15 La marche vers la guerre ( 1938 / 1939) 1936 : remilitarisation de la Rhénanie 1938 : Anschluss de l Autriche Septembre 1939 : début de la deuxième guerre mondiale Anschluss : annexion

Plus en détail

CHAPITRE 2 La Seconde Guerre mondiale : Guerre d anéantissement et génocide des juifs et des Tziganes.

CHAPITRE 2 La Seconde Guerre mondiale : Guerre d anéantissement et génocide des juifs et des Tziganes. CHAPITRE 2 La Seconde Guerre mondiale : Guerre d anéantissement et génocide des juifs et des Tziganes. INTRODUCTION ET RAPPELS Comme la Première Guerre mondiale, la seconde est une Guerre Totale qui implique

Plus en détail

LA SHOAH. Document du Mémorial de la Shoah. 2007

LA SHOAH. Document du Mémorial de la Shoah. 2007 LA SHOAH Document du Mémorial de la Shoah. 2007 Au cours de la Seconde Guerre mondiale, 5 à 6 millions de Juifs européens ont été assassinés par l Allemagne nazie et ses complices. Le nombre des victimes,

Plus en détail

MESNIL-AMAR Jacqueline née PERQUEL (1909-1987)

MESNIL-AMAR Jacqueline née PERQUEL (1909-1987) 1 MESNIL-AMAR Jacqueline née PERQUEL (1909-1987) 1) Le témoin : Le témoin se nomme Jacqueline Perquel (nom de jeune fille). Elle est née le 23 avril 1909 à Paris. Elle est issue d une famille juive d origine

Plus en détail

Le musée d Auschwitz revisité. Dossier. JEAN-CHARLES SZUREK Institut des Sciences sociales du politique, Université de Paris Ouest Nanterre-La Défense

Le musée d Auschwitz revisité. Dossier. JEAN-CHARLES SZUREK Institut des Sciences sociales du politique, Université de Paris Ouest Nanterre-La Défense Le musée d Auschwitz revisité JEAN-CHARLES SZUREK Institut des Sciences sociales du politique, Université de Paris Ouest Nanterre-La Défense Depuis 1989, le musée d Auschwitz a bien changé. En octobre

Plus en détail

Dr Marcel Tenenbaum rescapé de la Shoah

Dr Marcel Tenenbaum rescapé de la Shoah D ix questions à Dr Marcel Tenenbaum rescapé de la Shoah La Caserne Dossin en bref... La Caserne Dossin est située à Malines en Belgique. C est à cet endroit que l on regroupa les Juifs de ce pays avant

Plus en détail

Révision de l ombudsman du texte sur le camp d extermination nazi de Sobibor en Pologne, diffusé au Téléjournal le 30 novembre 2009.

Révision de l ombudsman du texte sur le camp d extermination nazi de Sobibor en Pologne, diffusé au Téléjournal le 30 novembre 2009. Révision de l ombudsman du texte sur le camp d extermination nazi de Sobibor en Pologne, diffusé au Téléjournal le 30 novembre 2009. SOMMAIRE Un plaignant estime que le Téléjournal du 30 novembre a commis

Plus en détail

De l Etat français à la IVème République (1940-1946)

De l Etat français à la IVème République (1940-1946) De l Etat français à la IVème République (1940-1946) Introduction : Présentation de la défaite : -En juin 1940, la chute de la IIIème République (1875-1940) accompagne la déroute militaire. -Le 10 juillet

Plus en détail

DISCOURS MADAME SIMONE VEIL. Présidente de la FONDATION POUR LA MEMOIRE DE LA SHOAH

DISCOURS MADAME SIMONE VEIL. Présidente de la FONDATION POUR LA MEMOIRE DE LA SHOAH DISCOURS DE MADAME SIMONE VEIL Présidente de la FONDATION POUR LA MEMOIRE DE LA SHOAH Athènes, le 30 janvier 2006 Journée nationale à la mémoire des héros et des martyrs de l Holocauste en Grèce Monsieur

Plus en détail

CONCOURS DE LA RÉSISTANCE ET DE LA DÉPORTATION 2 005

CONCOURS DE LA RÉSISTANCE ET DE LA DÉPORTATION 2 005 CONCOURS DE LA RÉSISTANCE ET DE LA DÉPORTATION 2 005 Le Comité creusois du concours de la Résistance et de la Déportation se propose, cette année encore, de vous aider à préparer le concours dont le thème

Plus en détail

contes licencieux des provinces de france

contes licencieux des provinces de france Jean Quatorze-Coups Tout près d ici, vivait il y a déjà longtemps une veuve dont le fils était chasse-marée, autrement dit, domestique dans un moulin. Jean c était le nom du jeune homme avait vingt-quatre

Plus en détail

IZIEU, LA MEMOIRE D UN GENOCIDE. EXPOSITION PRESENTEE PAR LES ELEVES DE 1 SMS B LYCEE GENEVIEVE DE GAULLE ANTHONIOZ.

IZIEU, LA MEMOIRE D UN GENOCIDE. EXPOSITION PRESENTEE PAR LES ELEVES DE 1 SMS B LYCEE GENEVIEVE DE GAULLE ANTHONIOZ. IZIEU, LA MEMOIRE D UN GENOCIDE. EXPOSITION PRESENTEE PAR LES ELEVES DE 1 SMS B LYCEE GENEVIEVE DE GAULLE ANTHONIOZ. Projet et exposition réalisés avec la collaboration étroite de la Maison d Izieu, Mémorial

Plus en détail

Le premier visage fait le dernier voyage. Amir Hassan

Le premier visage fait le dernier voyage. Amir Hassan Le premier visage fait le dernier voyage Amir Hassan 3 e prix Je me souviens de mon père quand j étais petite. Il me parlait toujours de la Palestine, il disait : «C est un pays volé par des occupants

Plus en détail

Voici une partie de la vie de Mr François Clémot, né le 5 avril 1911, à Beaupréau.

Voici une partie de la vie de Mr François Clémot, né le 5 avril 1911, à Beaupréau. Voici une partie de la vie de Mr François Clémot, né le 5 avril 1911, à Beaupréau. François et sa sœur Renée furent faits "Pupilles de la Nation" le 20 juin 1919 par décision du tribunal de Cholet. Leur

Plus en détail

27 Janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'holocauste

27 Janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'holocauste 27 Janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'holocauste "Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli" (Elie Wiesel) Quand ils ont arrêté les communistes,

Plus en détail

LE GENOCIDE EXTREME : L EXTERMINATION DES JUIFS D EUROPE

LE GENOCIDE EXTREME : L EXTERMINATION DES JUIFS D EUROPE Lycée cantonal de Porrentruy Examens de baccalauréat 2005 Option complémentaire HISTOIRE Examen écrit : Étude de documents LE GENOCIDE EXTREME : L EXTERMINATION DES JUIFS D EUROPE Consignes - Analysez,

Plus en détail

Guide des expositions temporaires. Service Educatif Édition 2015

Guide des expositions temporaires. Service Educatif Édition 2015 Guide des expositions temporaires Service Educatif Édition 2015 Résistance et Monde rural en Zone interdite 1940-1944 Le Musée de la Résistance de Bondues Le musée a pour vocation de transmettre ce que

Plus en détail

1942-2012 LA SHOAH, 70 APRÈS

1942-2012 LA SHOAH, 70 APRÈS AUSCHWITZ EICHMANN 1942-2012 LA SHOAH, 70 APRÈS SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 NOVEMBRE 2012 En janvier 1942, Adolphe Hitler décide, lors de la conférence de Wansee, de mettre en application ce qu il appelle «la

Plus en détail

Trois cheveux pour épouser Philomène

Trois cheveux pour épouser Philomène Trois cheveux pour épouser Philomène Autrefois, il y avait un homme qui était Chef. Etant Chef, il avait mis au monde une fille. Cette fille était vraiment très belle. La fille avait grandi et on l avait

Plus en détail

Je m appelle Arlette et j ai survécu à Auschwitz

Je m appelle Arlette et j ai survécu à Auschwitz Je m appelle Arlette et j ai survécu à Auschwitz 5 10 15 20 1. L histoire de Mala Mala était une prisonnière belge, d origine polonaise, et parce qu elle parlait couramment allemand et polonais, elle avait

Plus en détail

Analyse d une planche de bande dessinée

Analyse d une planche de bande dessinée Analyse d une planche de bande dessinée Titre de la B.D. : Thèmes : Date de Parution :. Auteur :. Lecture et compréhension de la planche p.26 et 27 du tome 2 : Pourquoi les souris sont-elles soulagées

Plus en détail

Cauchemar. Première vision

Cauchemar. Première vision Première vision Cauchemar Je prenais mon déjeuner lorsque j entendis ma mère s exclamer : «Dépêche-toi, on va être en retard, chéri! -J arrive, je finis de préparer la valise! cria mon père.» Moi, je me

Plus en détail

Dossier VI. Le XX ème siècle et le monde actuel (1 ère partie) Questions appelant des réponses concises

Dossier VI. Le XX ème siècle et le monde actuel (1 ère partie) Questions appelant des réponses concises 1 Dossier VI Le XX ème siècle et le monde actuel (1 ère partie) Questions appelant des réponses concises A/ Les guerres au XX ème siècle 1 La Première Guerre mondiale (la «Grande Guerre») a) Quelles sont

Plus en détail

MÉMOIRES TSIGANES, L AUTRE GÉNOCIDE

MÉMOIRES TSIGANES, L AUTRE GÉNOCIDE films en classe documentaire H I S T O I R E MÉMOIRES TSIGANES, L AUTRE GÉNOCIDE Les Tsiganes dans l Europe de la Seconde Guerre mondiale films en classe HISTOIRE Sommaire Présentation du documentaire...

Plus en détail

«Nous avions huit vaches et cent poules»

«Nous avions huit vaches et cent poules» «Nous avions huit vaches et cent poules» Portrait Mme HINSCHBERGER Marie Et si on vous demandait de vous présenter «J ai perdu ma maman à l âge de 3 ans et 8 mois. Elle a eu une grippe et une pneumonie.

Plus en détail

spécifique lié aux notions étudiées.

spécifique lié aux notions étudiées. Compétences du socle commun : Programmes de 2008 : Identifier les principales périodes de l histoire en les situant dans l ordre chronologique et en les caractérisant simplement, par le recours à des récits

Plus en détail

Les Juifs de France dans la Shoah

Les Juifs de France dans la Shoah Exposition 23 novembre 2012 3 février 2013 au Musée des Armes de Tulle Les Juifs de France dans la Shoah Dossier de presse Jeunes femmes sur les grands Boulevards. Paris, juin 1942. BNF, fonds SAFARA.

Plus en détail

H 6. La Seconde Guerre Mondiale (1939-1945)

H 6. La Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) H 6. La Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) En 1939, débute le conflit le plus meurtrier de l'histoire, la 2 nde Guerre Mondiale. Ce fut une vraie guerre mondiale et idéologique qui mobilisa l'ensemble

Plus en détail

Corrigé du Brevet blanc janvier 2008. Partie histoire : La Shoah Etude de documents

Corrigé du Brevet blanc janvier 2008. Partie histoire : La Shoah Etude de documents Corrigé du Brevet blanc janvier 2008 Partie histoire : La Shoah Etude de documents Doc.1 : P.V de la conférence de Wannsee, tenue à Berlin en 1942, et réunissant secrètement la haute hiérarchie nazie.

Plus en détail

Voyage de mémoire à Auschwitz

Voyage de mémoire à Auschwitz Voyage de mémoire à Auschwitz Pour sensibiliser les jeunes générations aux horreurs commises par les nazis j ai, dans le cadre du cours de morale et à la demande des élèves de S7Nea organisé, un voyage

Plus en détail

C était la guerre des tranchées

C était la guerre des tranchées C était la guerre des tranchées Jacques Tardi Format 23,2 x 30,5 cm 128 pages C et album consacré, comme son titre l indique, à la vie dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale est constitué

Plus en détail

Mémoire vive des convois des «45.000» et «31.000» d'auschwitz-birkenau

Mémoire vive des convois des «45.000» et «31.000» d'auschwitz-birkenau Archives départementales du Val-de-Marne Mémoire vive des convois des «45.000» et «31.000» d'auschwitz-birkenau Témoignages de déportés et/ou de leur famille : enregistrements filmés 1996-1999 4AV 380-403

Plus en détail

Les assassins de la mémoire : l Holocauste et le révisionnisme historique

Les assassins de la mémoire : l Holocauste et le révisionnisme historique www.gersi.umontreal.ca LES CHRONIQUES DU GERSI volume 1 numéro 2 (mars 2005) Les assassins de la mémoire : l Holocauste et le révisionnisme historique Le soixantième anniversaire de la libération d Auschwitz

Plus en détail

Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare.

Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare. Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare. Je venais d arriver à Hanovre par le train de onze heures. À Düsseldorf j avais passé plus de trois semaines chez un homme de quarante

Plus en détail

DOSSIER DE PRESENTATION Ministère d État Centre de documentation et de recherche sur l Enrôlement forcé

DOSSIER DE PRESENTATION Ministère d État Centre de documentation et de recherche sur l Enrôlement forcé DOSSIER DE PRESENTATION Ministère d État Centre de documentation et de recherche sur l Enrôlement forcé 1 www.secondeguerremondiale.public.lu 1. Comment l exposition est-elle née? Au début il y eut 18

Plus en détail

Thème 3 : La Seconde Guerre mondiale, une guerre d anéantissement (1939-1945)

Thème 3 : La Seconde Guerre mondiale, une guerre d anéantissement (1939-1945) Proposition de mise en œuvre des nouveaux programmes d histoire-géographie en 3 ème 2 ème partie : guerres mondiales et régimes totalitaires (1914-1945) Thème 3 : La Seconde Guerre mondiale, une guerre

Plus en détail

Où et quand cette photo a-t-elle été prise? Comment le devinez-vous?

Où et quand cette photo a-t-elle été prise? Comment le devinez-vous? Les textes de l exposition «Dictature et démocratie» et le questionnaire pédagogique sont assez longs. Nous vous conseillons donc de répartir les fiches de travail entre vos élèves et de mettre les réponses

Plus en détail

John Bonhomme 2, rue de paris 50010 Austerlitz Royaume-Uni. Mr le gardien du zoo d Amazonie Au fond de la jungle 01010 Animalia Brésil

John Bonhomme 2, rue de paris 50010 Austerlitz Royaume-Uni. Mr le gardien du zoo d Amazonie Au fond de la jungle 01010 Animalia Brésil John Bonhomme 2, rue de paris 50010 Austerlitz Royaume-Uni Austerlitz, Mercredi 26 Novembre Mr le gardien du zoo d Amazonie Au fond de la jungle 01010 Animalia Brésil Bonjour, J ai trouvé un après-midi

Plus en détail

AUSCHWITZ!... QUE FAIRE APRÈS?

AUSCHWITZ!... QUE FAIRE APRÈS? AUSCHWITZ!... QUE FAIRE APRÈS? Une réflexion photographique sur la transmission de l Histoire et de la Mémoire de la Shoah par Paul Klensch 1. COMMENT L EXPOSITION EST-ELLE NÉE? Au début il y eut 18 clichés

Plus en détail

Enfant soldat. Mon plus grand rêve, c est de devenir soldat. Je les trouve tellement courageux, et tellement élégants dans leur uniforme!

Enfant soldat. Mon plus grand rêve, c est de devenir soldat. Je les trouve tellement courageux, et tellement élégants dans leur uniforme! Enfant soldat Mon plus grand rêve, c est de devenir soldat. Je les trouve tellement courageux, et tellement élégants dans leur uniforme! Un jour que je marche dans la rue, je tombe en arrêt : devant moi,

Plus en détail

CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE

CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE 1/ en 1804 2/ le second empire 3/JULES FERRY 4/régime de Vichy : 1940/1944 La collaboration caractérise ce régime. Par exemple, la milice française

Plus en détail

Nous vous souhaitons une agréable visite!

Nous vous souhaitons une agréable visite! Ce questionnaire est un outil d aide à la visite proposé par le service des publics du CHRD et destiné à favoriser une découverte active de l exposition par les élèves dans le cadre d une visite libre.

Plus en détail

27 janvier 2015 Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l Humanité

27 janvier 2015 Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l Humanité Monsieur le Maire, Eric LEJOINDRE Mesdames et Messieurs Les enseignants et représentants de l Education Nationale Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants d associations patriotiques Mesdames

Plus en détail

VOYAGE D ÉTUDE À BERLIN. BERLIN DANS L HISTOIRE DU XXème SIÈCLE, DU TOTALITARISME NAZI À LA GUERRE FROIDE

VOYAGE D ÉTUDE À BERLIN. BERLIN DANS L HISTOIRE DU XXème SIÈCLE, DU TOTALITARISME NAZI À LA GUERRE FROIDE VOYAGE D ÉTUDE À BERLIN BERLIN DANS L HISTOIRE DU XXème SIÈCLE, DU TOTALITARISME NAZI À LA GUERRE FROIDE Dimanche 29 Mars à vendredi 3 Avril 2015 CLASSES DE 1 ère S1 et 1 ère S2 Professeurs accompagnateurs

Plus en détail

La 1 ère Guerre mondiale

La 1 ère Guerre mondiale CM2 La 1 ère Guerre mondiale Histoire L Epoque contemporaine Objectifs notionnels : o o o -Prendre conscience de l ampleur du conflit -Comprendre la notion de guerre mondiale - Comprendre les conséquences

Plus en détail

Jour 3 : Annecy/Lyon/Vassieux-en-Vercors

Jour 3 : Annecy/Lyon/Vassieux-en-Vercors Jour 3 : Annecy/Lyon/Vassieux-en-Vercors Nous quitterons Annecy vers 7h45 pour nous rendre à Lyon. La visite du Mémorial de Montluc est prévue à 10h30. Si nous ne sommes pas retardés lors du trajet, nous

Plus en détail

Souvenir de la nuit du 4 1

Souvenir de la nuit du 4 1 SUJET COMPLET NOUVEAU BREVET 2 : SOUVENIR DE LA NUIT DU 4 1 / 5 Souvenir de la nuit du 4 1 Conforme aux nouvelles dispositions de l épreuve du nouveau brevet des collèges [...] Est-ce que ce n est pas

Plus en détail

BREVET DES COLLÈGES SÉRIE PROFESSIONNELLE ÉPREUVE D ENTRAÎNEMENT ÉPREUVE DE FRANÇAIS

BREVET DES COLLÈGES SÉRIE PROFESSIONNELLE ÉPREUVE D ENTRAÎNEMENT ÉPREUVE DE FRANÇAIS ACADÉMIE DE STRASBOURG COLLÈGE FRANÇOIS TRUFFAUT CLASSE DE 3 e Entreprise BREVET DES COLLÈGES SÉRIE PROFESSIONNELLE ÉPREUVE D ENTRAÎNEMENT ÉPREUVE DE FRANÇAIS TEXTE D ÉTUDE Alex, un adolescent sans histoire,

Plus en détail

«Qui est donc responsable du déclenchement de la deuxième guerre Mondiale?»

«Qui est donc responsable du déclenchement de la deuxième guerre Mondiale?» «Qui est donc responsable du déclenchement de la deuxième guerre Mondiale?» Michael Jabara Carley Professeur au département d histoire de l Université de Montréal, auteur de 1939: l'alliance de la dernière

Plus en détail

Concours national de la Résistance et de la Déportation (2014-2015) Des adolescents revenus de l enfer : Henri Borlant, Simone Jacob et Thomas Geve

Concours national de la Résistance et de la Déportation (2014-2015) Des adolescents revenus de l enfer : Henri Borlant, Simone Jacob et Thomas Geve Concours national de la Résistance et de la Déportation (2014-2015) Des adolescents revenus de l enfer : Henri Borlant, Simone Jacob et Thomas Geve «La libération des camps nazis, le retour et l accueil

Plus en détail

Qu'est-ce qu'on gagne?

Qu'est-ce qu'on gagne? Qu'est-ce qu'on gagne? Un couple au train de vie aisé rencontre un homme travailleur précaire et une femme plombier qui vie en marge et travaille seulement quand elle a besoin d'un peu d'argent. Durée

Plus en détail