Edme Serrurier. «Entrepreneur de la Manufacture Royalle des Terres d Angleterre Etablie a Paris» Christian de La Hubaudière Chantal Soudée Lacombe

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1 Edme Serrurier «Entrepreneur de la Manufacture Royalle des Terres d Angleterre Etablie a Paris» Christian de La Hubaudière Chantal Soudée Lacombe Tous ceux qui étudient la céramique française du xvi i i e s i è cle ren con trent un jour ou l autre le n om d Edme Serru ri er, tant son apport a été d é terminant dans son dom a i n e : il a été le prem i er fabricant en Fra n ce de ce qu on appell e improprement la faïence fine, et qu il faut en fait appeler «terres blanches», ce que ses contemporains nommaient «terres d Angleterre» en région parisienne, et «terre de pipe» en Lorraine 1. «Perso n n a ge très impo rt a n t» avait insisté Henry-Pierre Fourest,lorsqu au début des années , nous lui avi ons révélé l interven ti on du «Si eur Serru ri er» à Si n ceny. Dep u i s, a rti cles et o uvra ges se sont su cc é d é 2, con s ac rant la bell e production de Serrurier sous le terme général de terres du «Pon t - a u x - Ch o u x». Voici le fruit de quelques découvertes récentes sur la formation et la vie de ce faïencier heureux dans ses entrepris e s, car il fut bi en l un des ra res à s en ri chir en pratiquant la céramique Ses origines Il était issu d une famille de meu n i ers, r é p a rti s a utour de La Machine (Ni è vre ), au sud-est de Nevers. On les tro uve installés à Be a u m on t - Sa rdo ll e s, à Ch a m p vert, à Th i a n ge s, etc. et leu r ancêtre commun semble être un Esme, mort aux alentours de Celui qui nous intéresse a dû naître vers , et il apparaît en janvier 1704 aide-bedeau à Druy, où vit sa sœur Claudine, qui a épousé Philippe Bellevaux, marchand 3. Qui dit Bellevaux dit faïence. Dès le milieu du xvi i e s i è cl e, une Jeanne Bell evaux est l épo u s e d un maître faïencier de Nevers, Pierre Richard 4. Pu i s, en , G a bri el Bell eva u x, t a bell i on de Druy, place son jeune beau-frère et pupille Henry Trou apprenti faïencier à Nevers 5. Ce qui permet aux cousins Bell evaux d all er fra pper à la porte de la faïencerie de Saint-Cloud dont Henri Trou est devenu le maître en : y trava i ll ent Je a n Ba pti s te Bell eva u x, cité déjà marié en , et Louis Bell evaux qui meu rt à Sa i n t - Cloud en Il est possible qu Edme Serrurier ait commencé un appren ti s s a ge soit à Nevers, s oit même plu s près de Druy, à Dec i ze, où Gu i llaume Seg u i n, maître faïencier de Nevers a obtenu des échevins en 1701 la permission de s installer 7. Mais les lacunes et les destructions d archives de cette époque ne permettent pas d en avoir le cœur net. Sa période rouennaise, Hen ri Trou étant mort en , ses fils en core trop jeunes et Jean Ba pti s te Bell evaux en défaveur, c est non pas à Saint-Cloud, mais à Rouen qu Edme Serru ri er est envoyé pour trava i ll er. Il est cité en janvier 1705 à Saint-Sever, la paroisse des faïenciers, où il parraine, avec la grosse signature encore empruntée du jeune qui s applique, la fille de François Poisson, peintre en faïence qui rentre de Nevers et l a peut-être amené avec lui 8. Sa commère en l occurrence est une fille de Louis P é ri er, a utre pei n tre nevers oi s, prob a ble auteu r du pich et marqué «L. P.» et daté du 2 6 ju i ll et 1708, la plus ancienne pièce polychrome datée de Rouen (fig. 1). Si Serru ri er, en core ga r ç o n, est souvent ad m i s pour parra i n, c est qu il vit dans le clan de s Nevers ois de Ro u en, les Péri er, Mi et te, Bo u gi er, Le Gu ay, Del a h a i s, Bo u r goüin et autres De s p a tys, qui l ont adopté et lui accordent leur cauti on. A cet te époqu e, à Ro u en, les faïen c i ers nivern a i s ti en n ent le haut du pav é, l em prise de Nevers est en core très forte. Les jeunes Ro u ennais parten t n om breux s y form er et y résider, et ce, ju s qu a u x années

2 de Ma r g u eri te Louise Le Bo u ll en ger, é pouse séparée de Mi ch el Po tera t, d i te aussi «la dame De s m a re s» ou l une des «dames de Saint-Eti en n e», propri é t a i re de l en treprise depuis , p u i s a u près de celle qui lui a su cc é d é, sa nièce, Lo u i s e Le Bo u ll en ger, M m e de Vi ll eray. Pri m o, en 1729, i l a s s i s te au rem a ri a ge de la veuve de Fra n ç oi s Du m e s n i l, qui fut le f a cteur (d i recteu r) de M m e de Vi ll eray ; s ec u n do, il a séduit Ch a rl o t te Le Bo u ll en ger de Glagny, n i è ce et cousine germ a i n e de ces dames, et il va l épo u s er. A-t-il rem p l ac é Fra n ç ois Dumesnil à la manu f actu re Vi ll eray, avant de la qu i t ter à la fin de l année 1730? C est prob a bl e, au vu des qualités de ge s ti on et de directi on qu il manife s tera en su i te à Pa ri s. On imagine la form a ti on qu il re ç ut à Ro u en et à cet te époqu e, où riva l i s ent «les dames de Saint- Eti en n e» d abord, puis M m e de Vi ll eray, Je a n Gu i ll eb a u l t, Ni colas Fo u qu ay, Caussy et qu el qu e s 1. Rouen. Pichet «Vénus et l Amour endormis», d après O. Fialetti. Faïence de grand feu à décor polychrome. h. 16,5 cm, diam. base 9,5 cm. Sur le fond : Anno Dni/ 26me Juillet/ 1708 L.P. L encadrement et le paysage sont de l invention du faïencier. Rouen, musée de la Céramique (inv. 21). Musées de la Ville de Rouen, photographie Didier Tragin/Catherine Lancien. À l occasion d un voyage à Nevers en 1708, où les regi s tres sont plus ex p l i c i te s, on appren d qu Edme est «peintre en faïence» 9. À son retour à Ro u en,l acte su ivant le qu a l i fie de «Si eur Edmond Serru ri er» (avri l 1711), il prend de l i m port a n ce, accom p a gne ses com p a tri o tes à l autel, p a rraine et, en 1725, est l un des témoins sign a- t a i res de l abju ra ti on d un pro te s t a n t. Un e proc é du re en 1720 le fait app a ra î tre en m a rch a n d f ayen ci er i m portant des faïen ces de Nevers. Ma i s les aléas du tra n s port 10 du rent le dissu ader de con ti nu er dans cet te voi e. Il fig u re au rôle de la c a p i t a ti on de Sa i n t - Sever en 1722 : «le n(omm)é S erru ri er, pei n tre, rue St Ju l i en, 4» 11. Des ouvri ers, il est l un des plus impo s é s, sans do ute aussi parce qu il acc u ei lle son neveu Pierre Bell eva u x, orph el i n de dix-sept ans, p a rrain à Sa i n t - Sever cet te même a n n é e. Bi en form é, Bell evaux parti ra en su i te po u r Loc m a ria (Quimper ), où il épo u s era en 1731 la fill e du maître faïen c i er Pierre Bo u s qu et, et assu rera la de s cen d a n ce. Deux choses peuvent acc r é d i ter l hypo t h è s e qu Edme Serru ri er trava i lle depuis ses débuts dans la prem i è re manu f actu re Po tera t, d a bord aupr è s 2. Rouen. Sphère céleste sur support en trois parties. Faïence de grand feu à décor polychrome. h. 147 cm, l. 58, diam. 45 cm. Sur la sphère : A. ROÜEN/.1725./ PEINt. PAR/ PIERRE. CHAPEllE Plusieurs spécimens furent exécutés en 1725 et 1726, requérant les soins des meilleurs ouvriers de Mme de Villeray. Rouen, musée de la Céramique (inv. 403). Musées de la Ville de Rouen, photographie Didier Tragin/Catherine Lancien. 1 0 revue de la société des amis du musée nati onal de céra m i qu e

3 a utres Serru ri er con nut les débuts de la po lych rom i e, les essais de ro u ges (Denis Dori o t, ), l a pp l i c a ti on d or et de co u l eu rs au feu de réverb è re du ga n tois Jacobus Bon t é, cité en , l ex p l o s i on des décors rayonnants de «b rod eri e s», les «o cre s n i ell é s» et les morceaux de bravo u re tech n i que qu e f u rent les pièces de forme excepti on n ell e s, fon t a i- n e s, ch em i n é e s, bu s te s, s ph è re s, etc. ( fig. 2). Charlotte le Boullenger, dite Melle de Glagny, orph el i n e, n i è ce de M m e Mi ch el Po tera t, viva i t auprès d elle à la manufacture et la remplaçait 13, avec sa cousine Louise, lors de ses déplacements. Au mom ent du décès brutal à Pa ris de M me Poterat en novembre 1720, elle fut supplantée par Louise et son époux Ch a rles Le Coq de Vi ll eray qu i, dès l annon ce du décès «et ava n t même que Michel Poterat n en soit informé, se sont installés dans la maison principale de la manufacture» 14. Après des années de collaboration, et dans une atmosphère familiale quelque peu empoisonnée, voyant qu ils n ont aucun avenir à Rouen puisque les Villeray ont réussi à se maintenir à la tête de la manufacture, malgré le bon droit et les procès des héri ti ers majori t a i res qui meu rent les uns An toine Le Bo u ll en ger qui en po s s è de déjà troi s c i n qu i è m e s 1 6. Ce dern i er, en moura n t, va faire de sa sœur Anne Je a n n e, f utu re M m e Di on i s, l h é riti è re majori t a i re de la su cce s s i on en Paris, rue de Charenton La manufacture de faïence «Le Sr Edme Serru ri er, Bou rgeois de Pa ris y demeurant Grande rue du Faubourg St Antoine et Da m. elle Ma rie Charl ot te le Bou ll en ger de Gl a gny majeu re fille de deffunts Charles le Boullenger escuyer Sr de Glagny, chef de Gobelet de feu Mo n s i eur et de Da m. elle Anne Ga b ri elle de Mouÿ son épou se, d em eu rant ladite dam. elle de Gl a gny Grande rue du Fa u b ou rg St Ma rti n, paroisse Saint Laurent» signent leur contrat de mariage le 16 avril 1731 à Paris 17. Aucun proche de la famille, mais on remarque la présence inattendue de Louise Lorro t, veuve Ch a i llot et de son f i l s, et de Ca t h erine Elisabeth Ch a i llot épo u s e Lorro t, sa bell e - s œ u r, qui ti en n ent à Nevers la manufacture de «L image Notre-Dame» et sont a pp a rentés à l épouse de Jean Sa mu el Serru ri er, cousin d Edme et marchand dra p i er à Nevers. Contrat selon «la coutume de Paris» qui met en 3. Rouen. Plat ovale «blanc-brun», milieu du xviii e siècle. l. 49, l. 36 cm. Faïence de grand feu à décor de camaïeu bleu, revers en glaçure manganèse. Edme Serrurier dut faire ce type de faïence rue de Charenton avant Coll. particulière. Photographie J. J. Leturcq. après les autres, Edme Serrurier et Charlotte Le Boullenger décident de partir pour Paris. En mars , Ch a rl o t te, qui a hérité de 40 0 de ren tes du marquis de Mo u ÿ, s on paren t 1 5, ven d pour son cinquième indivis de l en trepri s e h é rité de sa tante, à son cousin germain Gu i ll a u m e commun les acquêts et conquêts à venir, avec en plus, un don mutuel immédiat du tiers de leurs bi ens propre s, et une don a ti on au su rvivant de l usufruit de tous les biens. Un préciput de et un douaire de consignés sur les biens du futur, montrent assez les fonds dont il dispose edme serru ri er 1 1

4 et qui vont s ajouter à ceux que vient de recevoir la fiancée. Dès ju i ll et 1731, to u chant à Ro u en le solde de s 6.000, Edme Serru ri er est dit installé «m a nu f a c- tu ri er de fayen ce dem eu rant à Pa ri s,f a u b ou rg Saint- An to i n e, rue de Charen to n» 18. Il a loué une fabri qu e au «9» de la ru e, m a i n tenant 48 («cour du Ch ê n e vert» actu ell e ). D une su perficie de plus de m 2, cet te longue bande de terrain coi n c é e en tre le mon a s t è re des Dames An glaises à l ouest et au su d, la rue de Ch a ren ton au nord, et le Sr Bern a rd à l est, com portait en deux co u rs. La prem i è re avec des corps de logis où les Serru ri er ont loué trois pièces et une cuisine, au prem i er é t a ge sur la rue de Ch a ren ton, et la secon de à la su i te avec un four de po ti er, de s b ou tiques ( a tel i ers ), h a n- ga rs et appen tis to ut auto u r, se terminant au fond en «m a ra i s» ( terrain de mara î- ch a ge ). To ut cela app a rten a i t en 1724 à un Sr Ca re s m e, m a ra î ch er, qui vivait là et louait «à divers pa rti c u l i ers». En produisant cert a i n e- m ent de la faïen ce bl a n che et pei n te à la façon de Ro u en, mais su rto ut, nous ra pporte un ouvri er témoin de cet te é poqu e 20, de la faïen ce brune ou plus prob a bl em en t du «bl a n c - bru n» (terre à feu) qui perm et à la fois la c u i s s on et le servi ce, Serru ri er fait fru cti fier l argent inve s ti. Ce produ i t, i n troduit par Paul Ca u s s y une vingtaine d années a u p a ravant à Ro u en, et qu i en fera la fortune par l export a ti on, ne peut qu ê tre ren t a bl e, f a bri qué à prox i- mité de la cl i entèle (fig. 3). La recon n a i s s a n ce vi ent vi te et c est «au Si eu r S eru ri er» que l associé du fon d a teur de la manuf actu re de Si n ceny en Picardie et l en trepren eur de b â ti m ents Be a u l i eu s ad re s s ent en pour ex perti s er les causes de l ef fon d rem ent des vo û tes de deux fo u rs neu fs 2 1. On peut su ppo s er que les essais de terres de Si n ceny ava i ent été réalisés chez lui en , et qu il avait aidé au rec rutem ent du pers onn el ro u ennais de Si n ceny en La manufacture des Terres d Angleterre On convi en d ra que cet te prem i è re produ cti on ne po uvait sati s f a i re l ex i gen ce profe s s i on n elle d un h omme qui avait con nu les som m ets de la faïen ce 4. Paris. «Pont-aux-Choux», milieu du xviii e siècle. Terre de pipe glaçurée. Ensemble de pièces présentées dans un argentier. Lyon, musée des Arts décoratifs. Musée des Arts décoratifs de Lyon. Photographie Pretto/Verrier. 1 2 revue de la société des amis du musée nati onal de céra m i qu e

5 5. Paris. «Pont-aux-Choux». Huilier rocaille, milieu du xviii e siècle. Terre de pipe glaçurée. Les «carafes» étaient en verre. l. 25,3 cm. Collection privée. P h o togra phie Ch ri s tian Ma i re. ro u en n a i s e. C est po u rqu oi Edme Serru ri er dut acc u ei llir avec joie la propo s i ti on de Cl a u de Hu m bert Géri n, en difficulté à Vi n cen n e s, où il est p ayé ju s que en mars , d h é ber ger dans ses a tel i ers la fabri c a ti on de terre bl a n che façon An gl eterre dont Gérin était l inven teu r. L a f f a i re s em ble en bonne voie dès 1 742, d a te à laqu ell e Serru ri er ren o uvelle son pers on n el et rec rute à Ro u en plu s i eu rs ouvri ers, dont l excell ent to u r- n eur et mouleu r / m odel eur Ni colas Ju l i en Bell eja m be, en core en po s te en L a s s oc i a ti on of fic i elle se fit en septem bre , une fois le privil è ge de dix ans sur six lieues autour de Pa ris obtenu par Géri n,a s s orti d une perm i s s i on de ven d re dans to ut le roya u m e. Les frères Du bois s é t a i ent joi n t s à leur ami Géri n, et le Si eur Mi gn on, ri che marchand de bois «à la provi s i on de Pa ri s», vint ajouter en décem bre aux de Serru ri er. Les péri p é ties sont con nu e s ; dès , Serru ri er et Mi gn on re s tent seuls maîtres de l en treprise et du privi l è ge. Ils ont en main un magn i fique matéri a u, simple à obtenir et d une plasticité perm et t a n t tous les décors roc a i lles en vog u e, un su b s ti tut écon om i que de la porcel a i n e : il va immédiatem en t tro uver sa cl i en t è l e. On cite le ch i f f re incroya ble de 250 o uvri ers en , avec Géri n, resté deux ans et demi à leur tête, les frères Gilles et Robert Du boi s, Jacques Ch a pelle tous céra m i s tes de prem i er plan. G é rin avoue même, qu oi que ru i n é par ses essais mais impéniten t, y avoir «en co re fait pl u s i eu rs exp é ri en ces tou chant la po rcel a i n e»! 2 4. Dans le même tem p s, Serru ri er est marguill i er de la paroisse Ste Ma r g u eri te et rend ses com ptes en ju i ll et Puis il favorise le mari a ge d une peti te cousine de 1 7 a n s, fille de son cousin Jean Sa mu el Serru ri er de Nevers, avec son associé Mi gn on. Un con trat étant passé en ja nvi er , Edme et sa fem m e, convaincus de n avoir jamais d en f a n t,m ettent dans la corbei lle de la mari é e,p lus «u n trou s se a u, m eu bles meu bl a n t s, l i n ge s, h a rd e s, bijou x et autres ef fets d une va l eur de », et don n en t aux futu rs époux le bénéfice total de leur su cce s- s i on, s en réservant seu l em ent l usu f ruit leur vi e du ra n t 2 5. Par là même, M m e Serru ri er déshéri te to ute la parentèle Le Bo u ll en ger. Le 24 s eptem bre 1 747, elle meu rt, et Edme est si m a l ade qu il est rec u ei lli et soi gné par le march a n d - m erc i er Bell a n ger, rue Sa i n t - An toi n e, tandis qu e l i nven t a i re débute sans lui (3 0 s eptem bre ). Il a n é a n m oins pris la pr é c a uti on de faire venir un su b- s ti tut pour l absen ce des héri ti ers ro u en n a i s, «M m e Di o n i s» en parti c u l i er. Mais ce sont les proc é du ri ers Le Coq de Vi ll eray qu i, par proc u ra ti on du 2 7 s eptem bre, font arr ê ter l inven t a i re, d i s a n t que Serru ri er «a affe cté de cach er le décès de sa femme à ses pr é so m pti fs héri ti ers dans l inten ti o n sans dou te de faire pro c é d er furtivem ent à l inven t a i re des ef fets qu il lui pl a i ra décl a rer, ce que les su ppl i a n t s sou p ç o n n ent être déjà co m m en c é»! Ils ign oren t en core la don a ti on aux Mi gn on Cet inven t a i re, repris le 6 octobre et terminé le 1 9 d é cem bre, e s t une mine de ren s ei gn em en t s. Di s ons seu l em ent qu e la manu f actu re a maintenant deux fo u rs et un troisième «non ach ev é», n eu f to u rs, moules de plâtre, que dans les magasins (plus de p i è ce s ), l a t h é i è re «à côte s» est dite «vi eux mod è l e», qu on y c i te des pièces «bl a n ch e s», des pièces «brod é e s», qu el ques pièces «pei n te s», et les plus récen te s, celles qu on défo u rn e, s ont les pièces «fleu ri e s». Serru ri er n a b a n donne aux Mi gn on que les ef fet s edme serru ri er 1 3

6 pers on n els de sa fem m e, pour une va l eur de De 1743 à 1747, on con s t a te un exc é dent de recet te de 4.376, à com p a rer au go u f f re que repr é s en te Vi n cennes au même mom en t 26 ( fig. 4 et 5). Le su ccès est là, les con tref acteu rs aussi: p a s s é s rue de Ch a ren ton, Be a u fil s, mais su rto ut Jacqu e s Ch a pelle met tent à profit leur con n a i s s a n ce «de s terres d An gl eterre» pour su s c i ter la con c u rren ce à Pa ri s, Mon tereau et à Lu n é vi ll e. Serru ri er et Mi gn on se défen den t. Un nouvel arrêt en novembre 1748 porte le privi l è ge à 20 ans et accorde le ti tre convoité de «m a nu f a ctu re royale des Terres de Fra n ce à l imitation de celle d An gl eterre», avec le po uvoir de démolir les fo u rs et atel i ers des con tref acteu rs, de détru i re leu rs produits ill i c i te s, a i n s i que de saisir les pièces de même natu re import é e s d An gl eterre, ce qui sera obtenu plu s i eu rs foi s. Bi en protégés mais dans la limite des six lieu e s a utour de Pa ri s, ils envi s a gent alors le tra n s fert de la manu f actu re et son agra n d i s s em en t. E n ju i n 1749, ils ach è tent pour la vi ei lle mais on de la «Chasse Dauph i n e» 27, va s te propri é t é formant l angle nord des rues Sa i n t - S é b a s ti en et de la Con tre s c a rpe (Am el o t ), en face du Pont aux C h ou x, l a b a t tent et la font recon s tru i re à usage i n du s tri el. E lle est dotée de qu a tre fo u rs, p lus un à r é verb è re et d une distri buti on ra ti on n elle des circ u i t s. Les travaux du rent si lon g temps qu en avri l 1751, on trava i lle to u j o u rs rue de Ch a ren ton 28. Dans l interva ll e, le rem a ri a ge d Edme Serru ri er avec Ma rie Cl a u de Serru ri er, 23 a n s, sœur aînée de M m e Mi gn on, a bo u l eversé la don n e. Le con tra t, passé le 20 août 1749 à Nevers 29, est établi en pr é- s en ce des parents de la futu re, Jean Sa mu el Serru ri er, m a rchand de draps et de soi e, a n c i en é ch evin et ju ge con sul de Nevers, et de Dame An toi n et te Dhéré, de la paroisse St-Ari gl e, de sa sœur Ma rie et de son frère Gu i ll a u m e 30, qui sera m a nu f actu ri er de faïen ce à Nevers en tre 1767 et 1772 et que du Broc de Sega n ge croyait être fil s d E d m e. F i g u rent aussi on cles et co u s i n s, p a rm i l e s qu els Jean Serru ri er, orf è vre, les Perrony, l e s Peti t, Ma rie Vi a ll et veuve de Louis Cu s tode, de la m a nu f actu re de «l Autru ch e». On retro uve les Lorro t - Ch a i llot de «l Im a ge No tre - D a m e», l e s Ch a i ll o t - Du bois et «Lorrot veuve Pri s ye», accomp a gnant Pri s ye de Ch a zelles de «la Fleur de lys». Par sa mère, de s cen d a n te des Petit et de s Fa u l qu i er, l é pouse est app a rentée aux maître s f a ï en c i ers Peti t, Lorro t, Fa u l qu i er, Be a u doi n, Mi ll o t, Pri s ye de Ch a zell e s, Lem a i s tre, Ch a i ll o t, Cu s tode, Sa b a t ti ny et plus tard Perrony et Ch a m pron d, to utes familles ayant tenu en tre le xvi i e et le x i x e s i è cl e s, par interva lles et avec de s fortunes divers e s, les manu f actu res de l Autru ch e, Lefebvre - Pa n s eron, le Logis St-Geor ges/le Bo ut du Mon de, l Im a ge No tre - D a m e, la Croix d Or/le L i on d Or/la Fleur de lys, et plus tard la manu f actu re Con rade / Ch a m prond et Ch a n tem erl e 3 1 Ce con trat est éton n a n t : a utant le pr é c é den t rel evait de l assistance mutu ell e, a utant celu i - c i est établi presque en sens unique. Mis à part un préciput de 6.000, tous les autres avantages sont au seul profit de la futu re, pr é voyant même ses con d i ti ons fin a n c i è res lors de son veuva ge et le devenir de ces biens à son remariage. Pour couronner le tout, Edme lui fait donation irrévocable entre vifs de tous ses biens propres, au cas où il n y aurait plus d en f a n t. Le mari a ge rel i gi eu x est célébré à St-Laurent de Nevers le 31 août 32. Ce mari a ge et les naissances qui s en su iven t provoqu ent la bro u i lle en tre les deux co u p l e s : i l n est plus qu e s ti on pour les Mi gn on d héri ter d E d m e. On peut pen s er qu ils récl a m ent l hérit a ge de la prem i è re épouse Serru ri er, s on mari perdant le bénéfice de l usu f ruit par son rem a- ri a ge? La guerre est décl a r é e.e lle va du rer dix ans. Le prem i er enfant Serru ri er est-il décédé jeu n e, ou s a git-il d An toine Fra n ç ois Th é odore, fils aîné âgé «d envi ron dix ans» au décès de son père en avril ? Serru ri er obti ent le 1 8 avril de s é poux Mi gn on un «co n sen tem ent que dans le cas où l ed. S erru ri er décéderait avant eu x, la femme du d. S erru ri er si elle a des enfants de son mari a ge sera a s so ciée et repr é sen tera son mary irr é vo c a bl em en t pour un ti ers, et sans en f a n t s, elle aura lad. tot a l i t é du bénéfice et des produits sous la co n d i ti o n expre s se du tra n s po rt de lad. Ma nu f a ctu re (a l ors) rue de Charen ton dans la maison du Pont aux C h ou x» 3 4. Une proc é du re est en gagée devant le L i eutenant de po l i ce de Pa ris au su j et de l ad m i- n i s tra ti on de leur manu f actu re 3 5. Cet te péri ode est d i f ficile pour la famill e, qui voit néanmoins l arrivée d une fill e, Ma rie Cl a u de Gen evi è ve, vers Paris. Société Serrurier-Mignon, Pont aux Choux, Les allées et venues entre Vincennes et la manufacture des Terres de France continuent, de nombreux ouvri ers passant d une fabri que à l autre, et favorisant de discrets échanges qui inquiètent les diri geants de la manu f actu re de porcel a i n e. 1 4 revue de la société des amis du musée nati onal de céra m i qu e

7 6. Paris? Pont-aux-Choux? vers Plateau quadrilobé. Terre de pipe émaillée, dite «blanc fin», décor polychrome au feu de réverbère et dorure. l. 44 cm, l. 33 cm. (Anc. coll. Papillon, Paris 1932 n o 2547). Attribué à Sceaux ou à la Lorraine entre 1760 et 1790, ce beau plateau en qualité fine qui rappelle les décors de Vincennes de 1745 à 1752, ne peut avoir été exécuté beaucoup plus tard que la décennie Saint-Omer, musée de l Hôtel Sandelin (inv ). Musées de Saint-Omer, photographie Claude Thériez. Ai n s i, le pei n tre Ca i llat est soupçonné d avoi r vendu à Bellejambe, probablement chef d atelier de Serrurier, des couleurs de Vincennes.On pense qu elles partent pour Tournai 36. Mais ne s en eston pas servi au Pont-aux-Choux (fig. 6)? Après cinq procès et des let tres de re s c i s i on a n nulant le con s en tem ent de 1 751, obtenues par Mi gn on en mai , une tra n s acti on passée par devant notaires le 21 ju i ll et a bo utit à la dissoluti on de la société et à l abandon par les Serru ri er de tous leu rs droi t s, en éch a n ge de , don t en plu s i eu rs termes portant intérêts et par forme de pot de vi n, p aya ble au 1 er ju i ll et Le com pte n y est pas! Si ce pri x de pot de vi n, redit plus loi n, est ju s te, il faut retenir Mi gn on dem eu re seul maître à bord. Il faudra encore une sentence arbitrale rendue à Paris en mars 1760 pour régler certaines contestations. Au décès d Edme, il reste à toucher entre le pot de vin, le reliquat du principal et ses intérêts, Sa fin dans la Sarthe À Loc m a ri a, le gen d re de Pierre Bell eva u x, P i erre Cl é m ent Ca u s s y, devenu veu f, m et en ven te la f a ï en cerie de ses en f a n t s, par autori s a ti on du Pa rl em ent de Rennes en date du 2 2 août , et pour cela requ i ert l accord de la paren t è l e. Ai n s i, i l con t acte Edme Serru ri er dont il décl a re: «son avi s est d autant plus intéressant qu il est lui-même m a nu f a ctu ri er de fayen cerie à Pa ri s» 3 8. A ceci pr è s qu il vi ent to ut ju s te de qu i t ter la capitale et le m é ti er, pour se reti rer à Saint Jean de la Mo t te, pr è s de La Flèch e. P i erre Cl é m ent Caussy le retro uve et edme serru ri er 1 5

8 7. La Suze (Sarthe). Château de la Fuÿe, état actuel. Cliché A. Dolbeau, Le Mans. il sem ble que l arri è re - gra n d - on cle des mineu rs se d é p l ace à Loc m a ria pour mieux mesu rer ses con s ei l s. Edme Serru ri er fait établir le proj et d affiche par le notaire de La Flèche en décem bre Mais à cet te date, il suit déjà une affaire qui le fera ch a n ger de dom i c i l e : les propri é t a i res du m a n oir de la Fu ÿ e, à La Su ze, s ont cri blés de dettes et vont être saisis. Edme est ren s ei gné par Ren é Fra n ç ois Sa u qu a i re des Plante s, un ami avocat au Pa rl em ent de Pa ri s, porte - m a n teau de Madame la D a u ph i n e, s ei gn eur de la paroisse de Sa i n t - Je a n - du Boi s, près de La Su ze. Muni de la proc u ra ti on des époux Serru ri er, Sa u qu a i re s a rra n ge avec les c r é a n c i ers et ach è te les bi ens en mars po u r L ami re ç oit qu el ques terres bord a n t s on dom a i n e, tandis que les Serru ri er, devenu s «bo u r geois de la Fu ÿ e», l o u ent les terres agri coles et ne con s ervent pour eux que le manoir et le p a rc qui l en to u re. Il s a git d une bâtisse simple et ru s ti que d un seul niveau («ferme et maisons de la f u ÿ e»,é c rivait Serru ri er ), qui se mire dans l eau de la Sa rt h e. P lus tard, le vi eux manoir devint ch â- teau par l ad j on cti on d un étage et de deux ailes, coiffés d un su perbe toit à lu c a rn e s, tel que nous le voyons aujourd hui (fig. 7). C est dans ce lieu paisible qu a près avoir rédigé s on te s t a m ent le 1 7 m a rs, Edme s é teint le 2 2 avri l On peut esti m er qu il approche 75 a n s. Ci n q pr ê tres le portent en terre le len dem a i n, ainsi qu u n m a rch a n d, f utur tuteur su brogé aux mineu rs, l a veuve étant leur tutri ce pri n c i p a l e 4 1. L i nven t a i re a près décès détaille la va i s s elle tant ro u ennaise qu e p a ri s i en n e, emplissant de nom breux meu bles (voi r l i s te en annexe ), et recense p a p i ers et 2 regi s t- re s, t é m oins d une vie bi en rem p l i e. L acti f de la su cce s s i on se mon te à , le passif à An toine «Serru ri er de la Fu ÿ e» et sa sœur Ma ri e Cl a u de ne con s erveront aucun lien avec la faïen ce. L un et l autre vivront dans le milieu des notabl e s de l ad m i n i s tra ti on roya l e, An toine à La Flèch e, ga rdant le ch â teau de la Fu ÿ e, Ma rie Cl a u de à La Fert é - Bern a rd. Leur mère, un an après le décès de s on mari,é po u s era Sa u qu a i re des Plante s, l ami de la famill e, à qui elle don n era deux fil s. Ainsi fut la vie d Edme Serrurier qui pressentit l importance et le succès de la terre blanche et l i n troduisit d une façon arti s ti que en Fra n ce. Après lui, et en peu d années, la France vit s établir du nord au sud une multitude de fabriques, dont certaines all a i ent devenir les fleu rons de l industrie du xix e siècle. Il ne nous re s te qu un regret: c est qu a près avoi r con nu, c ô toy é, vu trava i ll er tant de grands arti s te s de la céra m i que du xvi i i e s i è cl e, visité tant de m a nu f actu re s, avoir été témoin de tant de rech erch e s, de déco uverte s, de réussite s, d é ch ec s, de trah i s on s, de lut tes d intérêt aussi, Edme Serru ri er ne nous ait pas laissé ses souven i rs Les auteu rs rem erci ent très vivem ent Me sd a m e s R é gine de Gu i ll ebon et Ta m a ra Pr é a u d, ainsi que Mo n s i eur Chri s tian Ma i re, de leu rs pr é ci eux co n sei l s. Ch ri s tian de la Hu b a u d i è re, i n s ti tuteu r Chantal Soudée Lacom be, diplômée de l École du Lo uvre 1 6 revue de la société des amis du musée nati onal de céra m i qu e

9 A n n exe I nven ta i re après décès d Edme Serru ri er - 1 lot de pots de grès et autres terres grossières tant fêlés que cassés, 40 sols. - 1 poêle de faïence garni de fer avec ses tuyaux, fontaine domestique doublée de plomb avec 3 robinets de métal de composition, soupières dont 2 de terre d Angleterre, une autre de pareille terre fêlée, et une fayence aussi fêlée, un plat et les couvercles, terrine avec son couvercle et son plat, une écuelle à lait avec son couvercle de terre d Angleterre, assiettes de terre d Angl. fêlées et recousues, plats d entrée de pareille terre défectueux, petits plats carrés, 2 compotiers, 1 saladier fêlé, le tout de terre d Angleterre de rebut, 50 s. - 2 jattes à sucre dont une sans couvercle, 3 salières et 11 autres pièces le tout dépareillé de terre d Angl. défectueuse, rebut compositions de fayance et un huilier de même avec 2 carafes de verre, 40 s. - 2 ja t te s, 6 plats tant ronds qu ova l e s, 1 s a u c i è re avec son plateau et une théière, le to ut en terre d Angleterre, et la meilleure partie en rebut, carafes de verre de diverses tailles, 2 compotiers, 2 petits flacons de verre, douzaines de verres tant grands que petits et 7 goblets de verre et cristal, 6. - une fontaine de terre d Angleterre avec sa cuvette cassée, estimée comme de rebut, dz? d assiettes de fayance de Rouen, s. - 5 compotiers (idem) dont 1 cassé et recousu, jatte à soupe, 2 petits plats d entrée, le tout ovale, 2 grands plats ronds et 4 moindres, de même, le tout de fayance de Rouen, saladiers dont un cassé, 2 sucriers, 2 salières, 2 seaux à bouteilles de même fayance, le tout, tasses à café avec leu rs souco u pe s, 2 corbei ll e s, 1 f rom a ger et 1 2 peti tes pièce s, le to ut de terre d Angleterre partie en rebut, dz de pots à confiture en fayance et en verre, broc de terre d Angleterre et 6 autres pièces à divers usages, de différentes fayances et terres, pièces de figures de garniture de cheminée dépareillées et de peu de valeur, comme rebut, plat à soupe et 1 douzaine de pots ou cruches de grosse terre, pot à oille avec son plat et 2 terrines avec leurs plats en terre d Angleterre, plat à bouilly, 4 plats d entrée et 4 de hors-d œuvre de terre d Angleterre, grand plat de rôty, 2 moyens et 2 plus petits, plats carrés aussi de terre d Angleterre, 100 s. - 1 saucière, 1 moutardier avec sa charnière d argent et 4 salières, même terre, saladiers de diverses grandeurs, nature de terre d Angleterre et un huilier de même, garni de ses deux carafes de verre, corbeilles de diverses grandeurs, compotiers avec deux jattes à sucre même terre d Angleterre, dz d assiettes de terre d Angleterre, seaux à bouteilles, 2 autres à demi-bouteilles et 12 seaux à verres, pots à jus même terre d Angleterre, tasses à café, 12 soucoupes avec un cabaret de bois d ébène, 1 pot à sucre, 1 théière et 1 pot au lait, le tout de terre d Angleterre, cuvette avec son couvercle, 1 pot à l eau avec sa jatte, le tout en terre d Angleterre, demi-tasses à café en porcelaine avec leurs soucoupes, 1 écuelle de porcelaine avec son couvercle et son plat, 1 goblet au lait avec son couvercle et son plat de fayance de Sceaux, un cigne et autre pièce de terre d Angleterre, 8. edme serru ri er 1 7

10 N ote s 1 Mo u s s et Je a n - Luc et Degen Ul ri ke. Le tr è fle et la bri n- dille, deux décors sur les terres de pipe de Septfontaines au XVIII e et au début du xix e siècle. Contribution de Jacques G. Pei f fer : «La terre de pipe est-elle une faïen ce? Con f u s i on histori qu e, problème de sémanti que ou de technique?». Luxembourg, 2002, p Hosotte-Reynaud, Marie Antoinette. La manufacture de Pon t - a u x - Choux ( ). Pa ris et Ile-de-Fra n ce, Mémoires. Paris, t. XVI-XVII, , p Plinval de Guillebon, Régine de. Les Céramistes du faubourg Saint-Antoine avant Bulletin de la Société de l Histoire de Paris et de l Ile-de-France, 117 e année, Paris, 1992, p Le Duc, Geneviève. Paris, rue de Charenton. Une manufacture royale de «terre d Angleterre», Revue de Sèvres, n o 2, 1993, p Plinval de Guillebon, Régine de. Faïence et Porcelaine de Paris, xviii e -xix e siècles. Dijon, Faton, 1995, p Arch. dép. Nièvre. Reg. par. Druy, 5 Mi 18/ Broc de Segange, Louis du. La Faïence, les faïenciers et les émailleurs de Nevers. Nevers, 1863, p Arch. dép. Nièvre. Defrance, not. à Nevers, 9 août Apprentissage d Henri Trou chez Jehan de la Collancelle, maître faïencier de la Croix d Or ( 1668). 6 Le Du c, G en evi è ve, P l i nval de Gu i ll ebon, R é gine de, Soudée Lacombe, Chantal. Contribution à l étude de la manufacture de faïence et de porcelaine de Saint-Cloud pendant ses cinqu a n te prem i è res années. Kera m i k Freunde der Schweiz/Bulletin de la Société des amis suisses de la céramique. N o 105, mars 1991, p Ro s en, Je a n. ( Di r. ). Fa ï en ceries fra n ç a i ses du Gra n d - Es t. Inven t a i re. Bou rgo gn e - C h a m pa gn e - Ard en n e. xiv e - xix e siècle. Paris, 2001, p Arch. dép. Seine-Maritime, 5 Mi 2074, 4 janvier Du Broc de Segange, op. cit. 10 Arch.dép. Nièvre. 2 B 12. Registres du consulat de la ville de Nevers, 1 er juillet Arch. d é p. Sei n e - Ma ri ti m e. C 32 3, c a p i t a ti on de la paroisse Saint-Sever en Peut - ê tre le même homme que celui cité à Borde a u x ( Bon te ou Ron te ), m ort en mars Lem erre, Ma r g u eri te. O uvri ers ro u ennais dans les faïen ceries du Sud-Ouest de la France au xviii e s. Archistra, Toulouse, n o 3, juin 1972, p Pasquier, Jacqueline du. Faïences de Bordeaux et du Sud- Ouest. Collections du musée des Arts décoratifs. Bordeaux, 1991, p Dans l inventaire de M me Poterat, il est dit que Melle de Glagny avait pris en gage des meubles du Sr. Chapelle. Lemerre, Marguerite. Les Chapelle, peintres en faïence de Rouen. Mémoire Ecole du Louvre, Arch.dép. Seine- Maritime, F idem. 15 A. D. Seine-Maritime. 2 E 7/81, 18 juillet idem 2 E 7/80, 16 mars Arch. Nat., Min. Cent. des Not., étude CXII, 669, 16 avril Voir note Pa ri s. «Travail des Limite s» de M m e Jeanne Pro ute a u. Arch. Nat., Q 1* , f o 25 r o, 26 r o, 14 déc. 1724, et Q 1* , f o 39. Nous remercions Régine de Guillebon de nous avoir fourni ces informations. 20 Arch. Na t., Y Proc è s - verbaux d en qu ê te dans le conflit Mignon/Chapelle. 21 Arch. Nat., Min. Cent. des Not.,étude III. 397 bis. 11 juillet Pr é a u d, Ta m a ra, Al bi s, An toine d. La Po rcelaine de Vincennes. Paris, Biro, Plinval de Guillebon, 1995, op. cit. p Préaud, d Albis, 1991, op. cit. p Arch. Na t., Mi n. Cen t. des No t., é tu de XXV I I I, 29 6, 1 6 ja nv Les époux Serru ri er font don a ti on de to u s leurs biens aux époux Mignon,sous réserve d usufruit et de diverses clauses (et pas seulement Edme à Madeleine Serrurier, comme l a écrit M me Hosotte-Reynaud). 26 Arch. Nat., Min. Cent. des Not., étude LXXXVII, 981, 30 sept Arch. Nat., Adjudication Y 2817, 14 juin Arch. Nat., X 4B Arch. Dép. Nièvre. Me Boury, not., Guillaume Serrurier, o 1726, beau-frère d Edme Serrurier et d Adrien Pierre Mignon, est cité en 1767 à la fabrique «Ch a n tem erl e», trava i llant avec son futur be a u - p è re Claude Roux de Chaignault ( 1768). Il épouse Gabrielle Roux le 7 fév Il est ensuite dit «maître de la Verrerie Royale» en oct. 1773, et marchand en Arch. Nièvre. Fa ï en c i ers : f i ches Serru ri er. Mon t a gn on, G a bri el. «Histoire des Fayenciers de Nevers et de leurs fabriques de 1585 à nos jours». Nevers, Montagnon, 1987, op. cit. 32 Arch. Nièvre. 4 E 194/ août Arch. dép. Sarthe 4 E XVI, juin Voir note Voir note Préaud, d Albis, 1991, op. cit., p Arch. Na t., Mi n. Cen t. des No t., é t. XXXV I I I, 4 50, 21 juillet Arch. D é p. F i n i s t è re, Bre s t. 1 8 B 7, do s s i er Fa ï en c i ers, vente de idem 40 Arch. Nat., Min. Cent. des Not.,étude CXXII, 711, 14 mars Arch. D é p. Sa rt h e. Regi s tres paroissiaux de La Su ze, 1 Mi 831 R revue de la société des amis du musée nati onal de céra m i qu e

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