L implantation d un environnement AVAN, Apporter Vos Appareils Numériques, dans les écoles francophones du Nouveau-Brunswick

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1 AVAN L implantation d un environnement AVAN, Apporter Vos Appareils Numériques, dans les écoles francophones du Nouveau-Brunswick Première édition publique Janvier 2015 Consortium francophone des services partagés en informatique, Districts scolaires francophones du Nouveau-Brunswick. Édouard Boccoz, Directeur. Collaboration de M. Jacques Cool, agent pédagogique et technopédagogue du Ministère de l Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick.

2 Table des matières Sommaire exécutif... 3 Préface... 4 Introduction... 5 Définition du concept... 6 Revue de quelques études et analyses pertinentes... 6 Les intérêts pédagogiques des initiatives AVAN Les autres intérêts des initiatives AVAN Les contraintes initiales La mise en œuvre des initiatives AVAN Les objectifs fondamentaux Les clientèles cibles Les conditions gagnantes Les options Les défis Sommaire des possibilités d'initiatives AVAN La place des initiatives AVAN dans la vision du système d éducation La feuille de route commune en TIC La recherche universitaire Conclusion et pistes immédiates d action

3 Sommaire exécutif Les initiatives AVAN se définissent par un dispositif pédagogique et organisationnel qui permet au personnel et aux élèves d utiliser leurs propres appareils électroniques mobiles à l école. Elles ont pour but principal d inviter les enseignants à s entreprendre dans leurs rôles et aux élèves dans leurs apprentissages, au même titre que le modèle d école communautaire entrepreneuriale, de labos technologiques mis à disposition, de programmes sportifs, culturels et artistiques complétant les activités pédagogiques de base. Somme toute, elles favorisent un accès équitable à des apprentissages responsabilisants. Elles présentent des intérêts secondaires comme des gains en productivité, budgétaires, et environnementaux. Les obstacles techniques propres à toute infrastructure informatique déjà en place, ainsi que les défis associés à la formation et à l accompagnement des éducateurs sont réels. Les couts initiaux de telles ambitions sont tout aussi conséquents quelque soit l option technique choisie. Ouvrir de nouvelles zones AVAN, soit l utilisation parallèle et sécuritaire des réseaux informatique existant semble la solution la plus facile à mettre en œuvre, mais l une des plus coûteuses à long terme. Les conditions gagnantes sont les suivantes : adoption et mise à jour des politiques pédagogiques et technologiques pertinentes, consultation et implication des clientèles concernées, sensibilisation voire éducation des utilisateurs à la notion de citoyenneté numérique, sélection et accompagnement du personnel motivé, adoption des méthodes et techniques de gestion de projets en équipe multidisciplinaire, suivi et évaluation des initiatives localisées. 3

4 Préface Depuis plusieurs mois, voire plus d un an, le modèle préconisé pour favoriser l utilisation des appareils numériques à l école est de permettre aux élèves d apporter leur propre appareil numérique. Apportez votre appareil numérique (AVAN) ou «Bring Your Own Device» (BYOD) s avère une solution de plus en plus populaire auprès des décideurs. Les raisons évoquées sont louables, mais qu en est-il des facteurs de réussite pour l intégration pédagogique de ces appareils? Le facteur économique semble être la solution la plus souvent évoquée tandis que le modèle technique semble être une solution simple à régler notamment en raison de l infrastructure déjà existante dans les écoles. Toutefois, je m interroge sur le modèle pédagogique encadrant l intégration de ces outils en classe. Qu avons-nous à proposer en matière d intégration pédagogique des appareils personnels? Si on ouvre les réseaux pour les appareils personnels, il faudra aussi songer à l ouverture des sites offrant les outils web tels que Google, Dropbox, etc et sortir du «carcan» Microsoft. Les appareils numériques personnels ne peuvent pas seulement être utilisés pour consulter un site, un dictionnaire en ligne et faire de la recherche sur Internet. Si après plus de 15 ans d effort, nous avons à peine démontré que l intégration des TIC était possible en ayant un modèle homogène, comment sera-t-il possible de le faire avec une diversité d appareils n ayant pas tous les mêmes fonctionnalités? M. Bernard Manzerolle 1, coordinateur et conférencier en TIC en éducation, District scolaire francophone Sud. 1 Suivez M. Bernard Manzerolle sur son blogue : 4

5 Introduction La valeur. Tout est question de valeur. Quelle soit nouvellement crée ou ajoutée, il s agit de comprendre que tout effort doit avoir un effet positif sur celle que l on offre à notre clientèle finale. L approche organisationnelle AVAN frappe à notre porte. Avant de foncer tête baissée dans cette avenue qui propose des avantages convaincants, il est important de s interroger sur la valeur de ces programmes. Comment servent-ils ultimement l intérêt de l élève? En quoi les résultats d apprentissage sont-ils améliorés? Quels est le prix à payer pour les obtenir? Quelles sont les chances de réussite ou le risque de ne pas atteindre les objectifs fixés? Finalement, sommes-nous prêts? Pour essayer de se frayer un chemin parmi ces incertitudes, la présente étude propose dans un premier temps une revue des principaux commentaires émis à ce sujet dans les milieux scolaires comme à l extérieur. Puis, les impacts pédagogiques et les intérêts que les programmes AVAN offrent seront présentés. Leurs désavantages suivront. Enfin, afin de prévoir une éventuelle implantation, toute une partie abordera les questions du choix des objectifs, des clientèles visées, des conditions de réussite et des défis relatifs à la mise en œuvre. La conclusion propose des pistes immédiates d action qui permettent de pousser cette réflexion par une observation réelle des effets et résultats, et éventuellement, d envisager une suite. Cette étude a été produite dans le but de s aligner avec les efforts actuels d évaluation de nos processus, d amélioration du rendement des investissements, et d atteinte de l excellence dans nos résultats et impacts. Elle se place dans le cadre spécifique des services informatiques offerts conjointement par les services du Ministère de l Éducation et du développement de la petite enfance (MEDPE) et des districts scolaires francophones (réunis sous la bannière du Consortium francophone des services partagés ou CFSPI) de la Province du Nouveau-Brunswick. Elle mérite d être complétée par des analyses plus précises de faisabilité, en ce qui concerne les aspects techniques (tests de capacité/rupture, compatibilité et sécurité) et pédagogiques (sondages des enseignants, besoins précis de formation et d accompagnement) de ces programmes. 5

6 Définition du concept AVAN 2 : Apportez Vos Appareils Numériques réfère à un programme d activités ou initiative (certains experts parle d environnement éducatif, soit un dispositif pédagogique et organisationnel) qui permet au personnel et aux élèves d utiliser leurs propres appareils électroniques mobiles à l école ou dans les bureaux des districts. Les appareils mobiles désignent les tablettes Apple de toutes tailles ou celles fonctionnant avec l interface Android, les ordinateurs portables et assimilés (Netbook), les téléphones intelligents, les lecteurs de livres électroniques, et autres. Ne pas confondre un programme AVAN avec la mise en œuvre de «zones grises», réseaux parallèles mais fonctionnant avec les mêmes équipements que ceux utilisés pour les réseaux sécurisés déjà en place. Les deux types d initiatives sont à la fois indépendants et parfois complémentaires selon le cas de figure. Dans le cadre de cette étude, nous employons le pluriel pour caractériser ce concept, car il peut effectivement exister une multitude de programmes AVAN, suivant les initiateurs, les objectifs fixés, les clientèles ciblées, de l organisation des ressources, des champs d application, des principes de gestion et des règles d opérations de chaque district, écoles et équipes. Par exemple, deux programmes AVAN pourraient se différencier uniquement par la nécessité de faire appel ou non à une «zone grise». Revue de quelques études et analyses pertinentes 1. Une étude locale menée de 2009 à a démontré que la majorité des élèves (jusqu à 50 %) ont un appareil mobile personnel (ou familial) et que cela a un impact sur l engagement et la réussite en littératie et numératie de l élève. L emploi des appareils mobiles favorise la communication et la collaboration entre élèves, et répond à leurs besoins de publier/produire et d en recevoir une rétroaction. Résumé des recommandations : a. Les acteurs du système scolaire doivent faire la distinction entre les TIC et la technologie. Le personnel d une organisation qui maîtrise les TIC leur confère ainsi un rôle et un impact, donc des avantages et des inconvénients. La technologie est la somme des avancées techniques qui se concrétisent en outils améliorant la productivité. Les experts en technologie développent de nouveaux outils, les experts en TIC s en servent 2 Ce terme a été utilisé pour la première fois par Jacques Cool, Jean-Marie Gilliot et François Bocquet, dans le cadre du projet Open Sankoré, FR : https://storify.com/jmgilliot/avan en janvier Jacques Cool travaille à titre d Agent pédagogique au sein du Ministère de l Éducation et du développement de la petite enfance. Technopédagogue reconnu, il est souvent invité à partager son expertise lors de congrès de réputation internationale. 3 Mario Chiasson, ASD-E, My e-backpack, January

7 pour améliorer les résultats organisationnels. La question de la connaissance est importante pour les deux métiers, mais la formation ou l accompagnement l est plus encore pour les TIC. b. En matière de l organisation des services informatiques, le système scolaire doit passer un modèle organisationnel traditionnel dans lequel les décisions informatiques sont prises aux niveaux supérieurs, puis mises en œuvre dans le réseau des écoles et bureaux, à un modèle inversée, soit une définition concertée des besoins du terrain en premier, et ensuite une recherche de ressources informatiques y répondants au moindre coût. Il s agit de passer de l élaboration au niveau central de solutions générales à l organisation auxquels tout le monde doit se soumettre, à des solutions particulières et utiles pour les acteurs de l organisation en charge de livrer le service essentiel à l utilisateur final. Une redéfinition des rôles et responsabilité des équipes techniques leur permettant de partager leurs connaissances et expertises (rôle conseil), et aussi les accès à tous les TIC dont l organisation possède (droits d administrateur) avec le personnel éducatif. Le rôle de liaison des technopédagogues est essentiel à ce niveau-là afin de stimuler ensemble et par ricochet la créativité et engagement des enseignants. c. L implantation durable d un programme de mentorat en TIC pour accompagner le personnel éducatif. Les techniciens et les coordinateurs en TIC doivent aussi y collaborer. d. Une infrastructure de réseau sans fil stable et solide est nécessaire pour assurer que tous les acteurs du système scolaire soient connectés et accèdent à l Internet. Au minimum deux points d accès par classe sont nécessaires. Un tel coût supplémentaire pave le chemin de toutes initiatives futures, et éventuellement, de type AVAN. e. À L heure de la redéfinition des méthodes d apprentissage en salle de classe dans un monde plus connecté que jamais, les établissements d éducation doivent posséder un plan stratégique en TIC qui propose à la fois des mesures liées à l infrastructure informatique mais aussi des efforts de développement professionnel. Des investissements en temps et énergie sont nécessaires auprès du personnel enseignant, et aussi, dans des équipes de soutien informatique qui assure la survie et la réussite de ces plans. f. Nous sommes tous des apprenants éprouvant le besoin de communiquer, collaborer et partager ressources et connaissances au sein de nos communautés ou groupes d appartenance. Il est donc essentiel que l environnement de travail éducatif migre d un modèle de contrôle et de suivi à un modèle d échange et de partage permettant ainsi la suppression d une structure organisationnelle en silos. 7

8 2. Fiche de projet Accès Internet pour appareils électroniques personnels réalisé par la DECLT en 2012, en lien avec des documents internes en référence et aussi un sondage réalisé en 2011 par la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants 4. Résumé des recommandations : a. Une coopération est nécessaire (voire une symbiose) entre les équipes informatiques central et celles affectées au service d aide directe aux clients pour la mise en œuvre de telles activités. b. L implication de tout le personnel éducatif concerné et des parents (concrétisée par la signature d une reconnaissance de règles d utilisation et engagement), voire une véritable sensibilisation des parents à l intérêt pédagogique (journées classe-ouverte) peut augmenter les chances de succès d un tel programme. c. De la formation et de l accompagnement ciblés sur l intégration pédagogique des TIC des enseignants associés à des sessions de discussion et de partage, le tout à l aide des coordinateurs TIC, est inévitable 5. d. Pour des questions d opinion et de débat publics, il est primordial de trouver des solutions pour assurer l équité d accès aux TIC entre tous les élèves. Des solutions sont déjà envisageables telles que démontrer aux parents les impacts de ce type de programme sur les apprentissages, de fournir des portables/appareils mobiles supplémentaires dans les classes participantes en fonction du manque (achat ou via le programme Ordinateurs pour école), et aussi d adopter une pédagogie flexible et diversifiée (tous les élèves ne font pas la même activité en même temps, créer des groupes de travail, d organiser les apprentissages par atelier en rotation, etc.). e. Le défi de la classe numérique. L arrivée d une diversité d équipements personnels soulève à nouveau le défi classique de la gestion de la classe. L utilisation de l environnement numérique d apprentissage D2L, des méthodes de pédagogie inversée, ainsi que la formulation et l application de consignes strictes d utilisation des TIC à la fois dans la classe et le reste de l école sont quelques pistes envisageables pour y répondre. 3. Rapport d activité d un programme d intégration des appareils mobiles suivi d un programme AVAN implanté dans un district scolaire Note de l auteur : développer ces activités en ligne serait pertinent à condition de choisir le meilleur outil. 6 How to Launch a Successful BYOD Program (2012) : 8

9 Situé dans la région de Houston au Texas, Katy Independent School District sert élèves répartis dans 56 écoles. 83 langues différentes sont parlées et un tiers des élèves proviennent de milieux défavorisés. En 2009, un plan de 3 ans portant sur l utilisation des outils du Web 2.0 (sites de partage et de collaboration) a été mis en place. La démarche suivie : a. Le premier objectif fut de sensibiliser les participants à leur comportement public dans l univers numérique. Le concept de citoyenneté numérique a été aussi présenté et diffusé. b. Une stratégie d intégration des équipements mobiles dans l apprentissage, en précisant que les équipements mobiles doivent s inscrire dans un plan éducatif et non l inverse a été développé en parallèle. La consigne de ne pas essayer de forcer l adoption des nouvelles technologies dans les vieilles habitudes éducatives a été émise. c. Le district a implanté cette méthode d apprentissage graduellement dès appareils mobiles ont été distribués en premier à des élèves de 5 ième année. Puis un an plus tard, l initiative a été étendue à 11 autres écoles et 1700 appareils ont été remis aux élèves. d. Après l arrivée de ces équipements, l AVAN est tout naturellement l étape suivante toute naturelle. À la fin de la 3 ième année du plan, le district constate par sondage que 77 % des élèves apportent leurs propres appareils, dont 54 % des téléphones intelligents. 33% des répondants au sondage parmi les enseignants affirment utiliser leur propre équipement personnel dans le cadre de leur enseignement. Et 46% ferait plus s ils en possédaient. Résumé des recommandations : a. L intégration des TIC en général et des appareils mobiles personnels en particuliers doit se faire de manière réfléchie. b. Le rôle de l enseignant se voit transformé. Celui-ci ne peut plus simplement transférer la connaissance ou le savoir-faire mais doit accompagner l apprenant. La dynamique de classe évolue aussi. L enseignant se déplace et surveille les progrès ou l avancement des élèves dans l exécution de leur tâche. En retour, les élèves sont souvent ravis de montrer ce qu ils ont appris ou tout simplement comment ils ont résolu un problème. 9

10 c. Ces outils ne sont pas applicables à toutes les matières 7. Ils sont parfaits pour la navigation Internet, les maths et les sciences, mais les ordinateurs portables et l écriture sur papier restent toujours nécessaires dans d autres disciplines. d. En majorité, les participants à de tels programmes sont soucieux de l aspect équitable du programme, que cela soit entre enseignants ou entre les élèves. Pour remédier à ce problème d accès aux TIC, le travail en équipe des élèves est une solution éventuelle qui encourage obligatoirement la collaboration et développe également d autres valeurs telles que le partage et le sacrifice. e. L adoption de règles strictes d utilisation des TIC est inévitable. 4. Sommaire visuel d une revue d articles 8 faite de l entreprise Trustwave spécialisée dans la sécurité informatique. Constats : a. 1,2 milliard de téléphones intelligents seront achetés dans les 5 prochaines années. b. 137 millions d IPad sont en circulation dans le monde, ce nombre doublera d ici 5 ans. c. 75 % des entreprises permettent à leurs employées d apporter leurs appareils personnels au travail. En 2014, ce pourcentage passera à 90 %. d. 92 % des données échangées par les applications Android et 100 % des applications Apple ne sont pas cryptés. e. Le risque d atteinte à la sécurité des applications Android est de 87.5 %. f. Les virus et autres logiciels espions et destructeurs sur les applications Android ont augmentés de 400 % en g. 90 % des utilisateurs des applications Android ne font pas de mise à jour de leur système d exploitation. h. 50 % des propriétaires d appareil mobile le prêtent, 37 % n ont pas activé le système de sécurité de leur appareil, 48 % se branchent sur des réseaux non sécurisés et 55 % utilisent leur téléphone personnel pour le travail, notamment pour la gestion de leurs courriels. i. 39 % des entreprises qui ont adoptés des programmes AVAN n ont pas suffisamment de fonds pour implanter des politiques de sécurité révisées. 41 % n ont pas de règles formelles encadrant leurs programmes AVAN. j. 51 % des entreprises ont connu des problèmes de sécurité informatique suivant l adoption de programmes AVAN et seulement 26 % en ont interdit l accès aux données organisationnelles. 7 Certains commentateurs de ce rapport ont exprimé leur désaccord face à cette conclusion, en précisant que le référentiel pédagogique employé dans le cadre de ce projet est appelé à évoluer. 8 The High Cost of BYOD (2013), Sarah Brown, https://www.trustwave.com/trustednews/2013/04/infographic-the-highcost-byod#sthash.dgrkamj2.dpbs 10

11 Les intérêts pédagogiques des initiatives AVAN L amélioration de l accessibilité et de l utilisation des TIC en salle de classe est la conséquence immédiate la plus évidente de la mise en œuvre de programmes AVAN. Peu de recherche n est disponible au sujet de l impact des programmes AVAN sur les apprentissages et leur amélioration, alors que les TIC en ont clairement au niveau primaire au niveau des compétences numériques et à titre d incitatif aux apprentissages 9. De leur côté, les impacts pédagogiques spécifiques des programmes AVAN sont multiples, que cela soit auprès des élèves, des enseignants ou bien des communautés servies par les écoles. 1. Impacts auprès des élèves : a. Si l on considère l approche pédagogique habituelle, soit la transmission du savoir et du savoir-faire de l enseignant à l apprenant, celle-ci est améliorée dans sa forme par le truchement des supports informatiques. Les vidéos, l Internet, les simulations, les animations et autres applications/logiciels explicatifs ou d approche ludique tel que l emploi de TBI rendent enthousiastes leurs utilisateurs. L apprentissage traditionnel en est plus intéressant voire divertissant. Prenant un rôle plus actif dans leurs apprentissages, les élèves consomment et assimilent mieux la matière. Ils passent d une position de simples consommateurs de matière à celle de constructeurs de savoirs et créateurs de tous ce qui leur est possible. On parle d un effet assimilateur des TIC chez l élève. Pour autant, il n est pas garanti qu ils sachent mettre en pratique ce qui a été montré, même de manière plus stimulante. Ainsi l erreur la plus commune est de croire que toute belle démonstration interactive supprime la nécessité de faire des mises en situation, des travaux pratiques ou tout simplement des exercices. Les cohortes actuelles d étudiants de niveau postsecondaire sont très sensibles au fait de diffuser les connaissances sous cette forme et le demandent sans relâche. b. D autre part, lorsque l on considère l approche pédagogique selon laquelle les élèves participent activement à la recherche et à la diffusion de la connaissance, les programmes AVAN sont logiquement désignés pour cela. En effet, les TIC offre la double possibilité d accès à l information (qui reste à filtrer ou critiquer à l aide de l enseignant), mais aussi et surtout, de collaborer et produire. La question du développement du «savoir-publier» se rajouter dès lors à celle du savoir, savoir-faire et du savoir-être, selon Jacques Cool. Les TIC sont aujourd hui la solution principale pour répondre aux besoins naturels d expression créative des élèves. Auparavant, ces besoins passaient par des activités d apprentissage obligatoires comme la lecture et la rédaction en français et littérature par exemple, et 9 Le projet de recherche COMPÉTICA piloté par la Faculté des sciences de l Éducation de l Université de Moncton s intéressent particulièrement à l intérêt des TIC et au développement des compétences numériques en éducation : 11

12 d autres complémentaires, telles que celle d exploiter une radio communautaire, faire des ateliers de sciences et technologies, ou bien de participer à des groupes de musique. c. De nos jours, toutes ces activités sont réalisables non seulement à moindre coût en fournitures, et avec moins de ressources humaines d organisation et d encadrement. Avec les programmes AVAN, les élèves découvrent leurs propres outils d apprentissage et d épanouissement personnel, et ce, simultanément 10. Les frontières nationales sont supprimées, l ouverture sur le monde, la découverte de soi et celles des autres sont maintenant de simples reflexes pour celles et ceux qui utilisent habilement les TIC. d. Les programmes AVAN aide à lever la barrière séparant la vie personnelle et collective rendant ainsi les élèves plus confortables quand il s agit d utiliser les TIC en classe. Ils peuvent poursuivre leurs activités scolaires à l extérieur de l école. Ainsi le concept AVAN fonctionne dans les deux sens : «les équipements personnels se rendent dans les lieux publics, le bien public se rend à la maison». Par contre les risques de distraction restent non négligeables, tout comme les possibilités d oubli de l outil et des périphériques à la maison ou ailleurs. Quant aux risques de plagiat et de vol, il est difficile de le prévoir une quelconque évolution, le vol commun étant généralement le résultat de l exacerbation des différences et des inégalités sociales, et le plagiat pouvant être modulé par des méthodes d évaluation adaptées. e. L impact des TIC sur l engagement et sur le succès en découlant des élèves en littératie et en numératie a aussi été présenté plus haut. Les élèves s engagent activement dans leurs apprentissages car ils développent un sentiment de contrôle par le choix et la maîtrise de l outil de transfert de la connaissance. 2. Impacts auprès du personnel enseignant : a. Tous les enseignants soucieux de différenciation pédagogique et d inclusion scolaire y trouvent leur compte. Ces outils leur permettent de mettre en œuvre plus facilement, rapidement et efficacement des activités adaptées à chaque cas ou groupe d élèves. D autre part, les défis de gestion de la classe numérique et de la diversité des équipements que soulèvent les programmes AVAN forcent finalement les pédagogues à la différenciation et offrent une opportunité incontournable d inclusion scolaire, qu elle soit numérique ou traditionnelle (élèves en difficultés, en rattrapage, ou avec des besoins spéciaux). Il leur faut pour cela des méthodes et techniques de travail adaptées et d accompagnement, conditions gagnantes abordées plus loin dans ce texte. 10 Lire à ce sujet : (Harold Jarche) et (George Couros) 12

13 b. Les programmes AVAN permettent aussi de diffuser plus de cours en ligne et ainsi d élargir l offre de formation ou d apprentissage afin de pallier à une trop faible demande pour des cours réguliers dans une même école, ou pour y répondre quand celle-ci est plus importante mais dispersée dans toutes les écoles de la province. Là encore, les cours en ligne répondent parfaitement au besoin de collaborer et de produire chez les élèves, à distance, et la plupart du temps avec leurs pairs connus ou pas. Ces programmes sont encore plus pertinents lorsque l enseignant régulier ou celui des cours en ligne choisit de travailler avec le modèle de classe inversée. «La zone grise m'a permise d'utiliser plus facilement les outils Apple. Par exemple, au début de l'année, il était difficile de se rendre sur TweckDeck et Twitter avec le portable Mac. Twitter est un réseau social très utilisé dans ma classe. Via la zone grise de l école, et toujours depuis mon Mac, il est aussi plus facile d'avoir accès à mon compte itunes pour le projet des ipod Touch de ma classe. La zone grise me permet aussi d'avoir accès à Dropbox. Cet outil web m'est indispensable afin de pouvoir partager des ressources avec des enseignants francophones hors N.-B.». c. Tout comme les élèves, les enseignants sont plus confortables en classe avec les TIC une fois leurs propres outils maîtrisés, et aussi, lorsqu ils possèdent le temps pour développer les apprentissages désirés avec ce support. D autre part, les outils web habituellement indisponibles sur les réseaux après un filtrage automatisé et difficilement adaptable au gré des besoins changeants, deviennent accessibles via les zones grises, comme le précise dans l encadré Mme Manon Richardson, enseignante de 2 ième année à l École Camille Vautour de Saint-Antoine 11. d. Le risque de mode passagère et l effet de nouveauté sont bien présents si nous considérons les TIC du moment comme une simple simulation qui en attend toujours une subséquente différente ou plus forte. Par contre, les améliorations techniques, telles que la mobilité et connectivité, les qualités graphiques et les fonctions tactiles des produits actuels marquent un tournant historique suffisamment révolutionnaire pour en être une source de renouvellement pédagogique. 11 Suivez Mme Manon Richardson sur son blogue : et sur 13

14 3. Autres impacts individuels, communautaires et sociétaux : a. Comme nous considérons déjà que les TIC rendus plus accessibles avec des programmes AVAN mobilisent plus les élèves, il devient inévitable que ces outils participent non seulement à la construction identitaire indispensable dans nos milieux minoritaires par les possibilités de création, d expression et de diffusion, mais aussi et surtout, en tant qu élément central du concept d entreprenariat individuel dans le parcours éducatif et professionnel de l élève. En effet comme précisé plus haut, l engagement de l élève amélioré par l appropriation de la connaissance à un outil qu il maîtrise et qui le simule. Il s inscrit pleinement dans le concept de «s entreprendre pour apprendre». Les programmes AVAN améliorent aussi la préparation des élèves à leur vie personnelle et professionnelle, tout simplement en favorisant l acquisition des compétences nécessaires, connues comme les «compétences du 21 ième siècle». «Le système scolaire d'aujourd'hui doit éduquer et guider les jeunes sur le web afin qu'ils soient des internautes avertis. La zone grise permet cela». Mme Manon Richardson b. Dernier impact, l option d apporter sous certaines conditions les outils numériques individuels ou associatifs à l école permet aux visiteurs de s en servir pour apprendre, faire apprendre, communiquer et contribuer au bien commun. Et pourquoi parler de de Marketing éducatif des écoles? Les autres intérêts des initiatives AVAN 1. Des gains en productivité : a. La liberté d utilisation engendrée chez l utilisateur augmente sensiblement sa productivité grâce à une créativité retrouvée ou encouragée, et surtout par l extension des heures de travail en dehors du cadre temporel et spatial habituel ou réglementaire. Tout en considérant les impacts de l amincissement de la frontière entre la vie privée et professionnel ou bien toute recherche de l équilibre vie-travail, il est rapporté que le personnel trouve plus de plaisir à travailler au bureau ou à la maison avec ses propres outils, choisis par lui-même, leur permettant de créer à moindre effort un pont entre leur vie professionnelle et vie personnelle. La productivité des employés est aussi améliorée car les outils sont maîtrisés le plus souvent avant leur première utilisation, tout comme la recherche d information et les mises à jour. 14

15 b. Les outils personnels apportés à l école ou au bureau sont généralement récents, permettant ainsi une mise à jour technologique habituellement impossible avec les équipements mis à disposition par l employeur, qui eux, ont une durée de vie utile plus longue. c. Les appareils personnels s ajoutent aux autres déjà fournis par le système scolaire, du moins pendant les premières années d existence du programme. C est une bonne nouvelle en tant qu extension de la gamme d outils disponibles, et une moins bonne pour la multiplicité des supports et les défis de gestion engendrés. Une substitution totale semble irréaliste à moins d un changement profond des approches et méthodes de traitement informatisé de l information organisationnelle en générale et de la connaissance dispensée dans les écoles en particulier. d. La pression sur les ressources de l employeur se réduit car ses efforts de planification, de préparation et d exécution des achats et de la maintenance des outils informatiques tentent à se limiter voir à disparaitre. Ne plus avoir les soucis du choix de plateforme, de l obsolescence des équipements, et de la recherche des solutions techniques les plus utiles à l accomplissement de la mission permet à l organisation de les réaffecter selon les autres priorités. 2. Des enjeux budgétaires : Cette partie est volontairement peu développée alors l impact budgétaire dépend de la structure de cout et des options d investissement propres à chaque organisation. a. Les équipements : Les programmes AVAN permettent d externaliser les coûts d acquisition, de mise à jour et de maintenance de certains équipements informatiques. Des programmes AVAN pourraient limiter les efforts futurs de renouvellement d une partie de ces outils sous certaines conditions. Des économies en fournitures pour des activités éducatives en soutien des apprentissages officiels tels que les radios communautaires, les groupes de musique et ateliers de technologies sont donc possibles. b. Les ressources humaines : L impact sur les coûts en ressources humaine est mitigé. D un côté, il est logique qu un nombre d équipements diminuant s accompagne d une réduction graduelle du nombre de spécialistes en charge de leur préparation et entretien. Pour cela, certaines conditions doivent être réunies. En effet, encore faut-il que la préparation et l entretien des outils personnels soient exclus des programmes AVAN et que la baisse en question du nombre d appareils par technicien soit aussi importante que l augmentation naturelle des nouveaux mis en circulation chaque année. En outre, il est tout aussi certain que ces mêmes ressources nouvellement libérées soient nécessaires pour aider à la formation individuelle des 15

16 utilisateurs, aux dépannages des employés utilisant des systèmes incompatibles avec leurs outils personnels (Winécole), et au développement et à l entretien des réseaux qui devront supporter le tout. Il est aussi possible que les anciens équipements soient recyclés et fournis à d autres utilisateurs non prioritaires. En définitive, pour faire des gains en ressources humaines, il faudrait limiter le renouvellement de certains parcs informatiques et considérer les programmes AVAN comme une des rares options d entrée de nouveaux appareils. 3. Un choix environnemental. Éviter toute duplication des outils et ainsi limiter les activités liées à leur gestion, tout comme le chevauchement entre les équipes du Ministère et des districts peut réduire notre empreinte environnementale. Il en est tout aussi vrai si les impressions diminuent et si les manuels scolaires traditionnels et les livres de bibliothèques scolaires peuvent être utilisés sous leur forme électronique, sans compter l avantage en matière de poids supporté par les élèves et l espace d entreposage et de manipulation. Les contraintes initiales 1. Des considérations techniques et légales : a. Une connexion sans fil est nécessaire à l Internet via des réseaux publics ou privé (comme les «zones AVAN») tels que ceux offerts et gérés par la Province via les services de soutien informatiques du Ministère. L augmentation du nombre d appareils branchés va exercer une pression à la fois sur les capacités techniques des réseaux mais aussi sur les équipes en charge. Des coûts supplémentaires matériels et en ressources humaines pourraient être engendrés, ou à défaut, des tâches essentielles sacrifiées. Dans le cas de programmes AVAN nécessitant la mise en œuvre de «zones grises», cette contrainte s en retrouve amplifiée. Il est possible de trouver le point de rupture de l infrastructure actuelle ou de déterminer les coûts totaux nécessaires pour lever cette nouvelle pression en demandant une étude spécifique à l équipe informatique du Ministère. b. L incompatibilité apparente des appareils mobiles de type tablette et téléphones intelligents Apple et Android avec l infrastructure centrale 12 qui sert seulement le système d exploitation Microsoft est bien réelle. Cet obstacle n arrête pas totalement la mise en œuvre des programmes AVAN, mais peut en limiter sérieusement les possibilités de communication et d emploi de certains outils fonctionnant par ailleurs à l extérieur des écoles et bureaux. Cette 12 Les réseaux informatiques utilisés par les écoles et districts (dont les points d accès, la distribution des adresses IP, le filtrage des communications, l identification et l autorisation des utilisateurs) sont gérés centralement. Unique en Amérique du nord, cette organisation offre ainsi des réseaux sécurisés et fiables mais engendre aussi une perte de flexibilité dans leur accès et emploi par les utilisateurs finaux. 16

17 contrainte est la source de frustration et de découragement constatée la plus importante chez le personnel utilisateur. À l heure actuelle, l une des rares solutions réside dans l utilisation d outils présentant une interface de navigation sur l Internet, soit les Wikis, les courriels, et les autres alternatives aux produits Office de Microsoft. En général, l adoption de ce type d appareil mobile se fait selon un plan précis. Il s agirait d élaborer de manière concertée ou d obtenir une «feuille de route des appareils mobiles» adaptée à notre système scolaire. c. L utilisation de systèmes ou d applications fournies par le système scolaire, tels que le système Winécole et son remplaçant MonAccès, et les applications maisons développées par le CFSPI, pose le problème de leur incompatibilité avec les tablettes et les téléphones intelligents en général. Nous risquons ainsi de voir une duplication d équipement au lieu d une substitution espérée, ce qui engendre, comme décrit précédemment, une pression sur l infrastructure et sur les ressources humaines informatiques, et de la frustration chez les utilisateurs. De nos jours, il est possible de modifier certaines applications existantes et de créer les prochaines sous une forme mobile. Une fois de plus, cette orientation nécessite de faire des choix déchirant si les ressources disponibles n augmentent pas ou de considérer ces investissements dans le coût total de déploiement de programmes AVAN. Là encore, les spécialistes informatiques du Ministère peuvent préciser les outils de travail actuels incompatibles avec les appareils mobiles. Cette démarche s intégrerait parfaitement dans la feuille de route précédemment proposée. d. La question de l utilisation et du partage des licences acquises par les Ministère ou les districts sur des appareils personnels se pose également. Avons-nous le droit légalement d y installer des logiciels acquis institutionnellement? Nos fournisseurs ont-ils déjà pris ce tournant AVAN dans leur conception de la propriété intellectuelle et développé des approches ou services le permettant? Serait-il le temps d adopter plus de logiciels libres. 2. Des considérations financières : Cette partie est volontairement peu développée alors l impact budgétaire dépend de la structure de cout et des options d investissement propres à chaque organisation. 17

18 La mise en œuvre des initiatives AVAN Afin de proposer une mise en œuvre des initiatives AVAN réalistes, nous devons définir en premier nos objectifs, clientèles cibles, les conditions gagnantes. Ensuite, viennent les options et les défis en découlant. 1. Les objectifs fondamentaux : a. Adopter les méthodes et outils pour soutenir les apprentissages et la préparation aux études supérieures ou au marché du travail (ou l aspect vie-carrière de la formation de chaque élève). b. Répondre à la nécessité d apprendre, de développer une pensée critique, de faire preuve de créativité, de résoudre des problèmes, de bien communiquer, de publier et collaborer. Le système scolaire dans son ensemble, que cela soit au niveau ministériel, des districts, des écoles et des enseignants et leurs divers soutiens, doit trouver les moyens, méthodes et outils pour les atteindre. Les TIC et leur utilisation en général, et les programmes AVAN en particulier, en sont un exemple. 2. Les clientèles cibles : Parmi tous les individus présents quotidiennement dans les écoles, certains groupes peuvent bénéficier plus que d autres des avantages de programmes AVAN. a. Le personnel enseignant sélectionné ou qui y auront accès (directions d école, enseignant(e)s, assistant(e)s en éducation, préposé(e)s aux bibliothèques, agents pédagogiques et coordinateurs(rices) associé(e)s). b. Les groupes d élèves sélectionnés ou qui y auront accès. c. Des groupes mixtes composés de ceux énumérés aux points a et b. Un encadré présenté à la page suivante présente sommairement l option de programmes AVAN destinés aux enseignants. 18

19 Est-ce possible d implanter un programme AVAN afin de remplacer l offre de portable destinée aux enseignants? Sur le plan technique, le personnel ne pourra pas accéder à certains systèmes et applications existantes sous leur forme actuelle. Il faudra les transformer en version mobile et développer les nouvelles selon ce critère, dans un souci d assurer une comptabilité minimale. Cette dernière représente déjà un problème, étant donné que les outils informatiques ne sont pas tous pleinement fonctionnels sur l infrastructure centrale en place. Aussi, la question des risques d atteinte à la sécurité informatique des données de l organisation devrait être réglée. Ceci est possible avec les «zones grises» qui engendrent des coûts importants de mise en œuvre, ou bien en révisant l organisation et l accessibilité des données sur les réseaux déjà en place. Par ailleurs, les économies prévues par l absence de soutien technique sur les appareils personnels contraignent les utilisateurs à l assurer eux-mêmes avec leurs moyens. Or, bien que les tablettes et téléphones intelligents demandent peu d entretien et de réparation, les portables peuvent donner bien des difficultés au commun des mortels. Par contre, il n est pas réaliste de croire à une réduction de l intervention humaine spécialisé : même avec l obligation de posséder des compétences technologiques, les outils et les méthodes en constante évolution forcent l accompagnement sinon l assistance technologique. Par contre, il est aussi possible de croire que l utilisateur prendra d avantage soin de son propre appareil. La question épineuse de l équité des moyens individuels ne se règle pas facilement. Sur le plan moral, l employeur ne peut pas obliger son personnel à se doter de ses propres outils de travail ou même de favoriser un type plutôt qu un autre sans raisons objectives et valables. La solution, une approche par étape qui pourrait en premier lieu offrir à des groupes d employés identifiés et le désirant, la possibilité de participer à un programme taillé sur mesure, puis de l étendre progressivement au reste du personnel selon la demande. Afin de la stimuler, il faudrait garantir des moyens informatiques pouvant palier rapidement à toute incompatibilité ou problème technique soudain, et aux ressources d intervention individuelles limitées. C est finalement mettre à disposition des portables recyclés ou des ordinateurs de bureau (moins cher via notre partenariat avec le programme Ordinateurs pour écoles), et du soutien technique humain nouvellement dégagé par l abandon du service dédié aux portables des enseignants. 3. Les conditions gagnantes : Quelque soit le nombre, l importance ou la forme que prendraient les programmes AVAN s ils étaient mise en place dans les écoles du Nouveau-Brunswick, les conditions gagnantes suivantes devraient être réunies : a. La condition gagnante la plus importante est celle de ne pas considérer un seul modèle de programme AVAN comme solution unique s appliquant à toutes les classes, groupes d élèves et d employés, écoles ainsi qu à leurs visiteurs et locataires. Chaque programme doit être fait sur mesure. b. L adoption ou la mise à jour de politiques centrales en matière d accès et d utilisation des technologies de l information et de communication est obligatoire. S en suivrait une actualisation nécessaire des niveaux officiels de services offerts en matière d acquisition, déploiement, soutien et d entretien des outils. 19

20 c. Une démarche de sensibilisation à la notion d identité numérique et de citoyenneté numérique des élèves et du personnel est nécessaire. Elle se traduirait par la définition et la communication des droits, responsabilités et des mesures correctives applicables aux utilisateurs et à l employeur. La rédaction et mise en vigueur de codes de vie propres aux écoles, districts ou aux programmes AVAN en seraient une belle application. Un milieu numérique propice à l apprentissage doit être encouragé. Le besoin d'éducation en la matière s'étend bien au-delà des murs de l'école. d. La formation des enseignants est la pierre angulaire de ces initiatives. Que cela soit sous forme collective (plan d amélioration de l école) ou individuelle (plan de développement personnel inclus dans une évaluation annuelle; l engagement de l enseignant dans une démarche individuelle numérique et informelle serait bien plus efficace dès le début de sa formation universitaire), plusieurs champs de connaissance et de savoir-faire liés à l intégration pédagogique des TIC sont nécessaires : gestion de projet numérique pédagogique, fonctionnement et utilisation pédagogique des outils, la gestion de la classe et de la différence (soit la différenciation numérique), la didactique numérique spécifique à chaque matière, la gestion temporelle et organisation spatiale de la classe 13 (environnement physique d apprentissage), la conception, ainsi que la mise en œuvre d un environnement d apprentissage dans lequel l élève s entreprend pour apprendre. L accompagnement des initiateurs de projet TIC incluant un volet AVAN devrait faire l objet d une attention particulière. Pour cela et par exemple, la formation des agents technopédagogiques disciplinaires et directions peut-être une solution. De telles formations peuvent aussi être organisées de concert avec des partenaires institutionnels (Ministère, universités et collège) et professionnels (associations, groupes de recherche informels). Une sélection, valorisation et un soutien des champions locaux en TIC faciliteraient aussi cette intégration pédagogique. Il est important d insister sur la nécessité d engagement volontaire des participants dans une démarche d appropriation alors que les ressources sont qu en à elles, importantes. Le format de communauté d apprentissage incluant nécessairement le leadership de l école ou du groupe local d école est particulièrement bien adapté. e. Il est indispensable d adopter chez tous les initiateurs de programmes AVAN des méthodes et techniques de gestion de projet en définissant clairement les objectifs, cibles, impacts et résultats pédagogiques attendus, les ressources humaines, matériels et financières (tels que l emploi de «zones grises» partielles ou pas), les autorisations nécessaires, les règles d accès et d utilisation conformes aux politiques d utilisation des TIC de la Province et des districts, ainsi que le processus de reddition de compte. 13 La disposition de la classe doit se faire aussi en fonction des contraintes liées aux infrastructures de transfert de données et électriques (câblage, emplacement des points d accès et des sources électriques). 20

21 f. Une équipe multidisciplinaire recevrait pour évaluation les demandes de projet technopédagogique soumis via un simple formulaire électronique. Cette équipe serait composée par exemple de mentors/coordinateurs en TIC, techniciens, et des agents pédagogiques ou de pairs (autres enseignants expérimentés tels que les «champions» en TIC de l école ou de la communauté d école concernée). La notion d autorisation ne doit pas être uniquement considérée comme un laissez-passer accordé par une entité supérieure, mais belle et bien comme un service qui guide, conseille et aussi engage les membres de l équipe à accompagner les initiateurs dans leur nouvelle aventure, et aussi, à mettre leurs propres ressources à disposition. g. Un plan d intervention auprès des coupables (différenciés qu il s agisse d employés, d élèves ou de visiteurs), des victimes, et des médias est un moyen adéquat pour modeler des comportements exemplaires et contrôler les dommages en cas d abus, de non-respect des règles d utilisation des TIC, d impact sur la personne et sur les équipements et les infrastructures de données. h. La gestion efficace et concertée des comptes Itunes, d achats groupés d applications, et d acquisition et de gestion des licences faciliterait toute mise en œuvre. Le district anglophone Sud-est a déjà mis en place une procédure d autorisation, d achat et de gestion de l implantation concertée de toute nouvelle technologie, en particulier, des appareils mobiles. Jacques Cool résume bien ce qu il nous faut faire dans l encart ci-dessous : «Tout aussi important (et même davantage, à mon humble avis) est le référentiel de déploiement et d'utilisation d'un cadre AVAN pour l'apprentissage (des élèves, des enseignants, des dirigeants, des parents) : - Mise en place de balises d'usage (politiques d'usage approprié, conditions, révocation, etc.) - INSISTER sur les types d'usage à favoriser : tout est dans la tâche. - Donc, il faut ÉDUQUER aux usages judicieux dans un contexte AVAN. Avec tout le respect que j'ai pour les enseignants d'ici, nous sommes loin, très loin, de voir des usages pédagogiques positifs du mobile en classe, sauf quelques rares exceptions, dans le modèle pédagogique dominant dans nos écoles. Les projets de l École communautaire entrepreneuriale et autres projets engageants sont une piste encourageante. - Pour y arriver, il faut un plan, des stratégies, des outils, des grilles, de l'accompagnement, de l'ouverture, du beau risque, de l'engagement, des traces laissées en ligne soulignant les bons coups, le droit d'apprendre de nos erreurs, du courage. Heureusement que ce ne sont pas des roues à inventer ici : Je vois plein de choses à cet effet, de près et de loin. - Deux conditions sine qua non pour y arriver : 1. que les pédagogues et responsables de réseau informatique travaillent ENSEMBLE, avec confiance en l'autre. 2. Formation (sous multiples formes) des enseignants. Nos jeunes nous attendent à l'autre bout.». 21

22 4. Les options : Il est important d encourager les acteurs centraux de ces programmes à s engager dans ces avenues. Utiliser les TIC, c est aussi s attendre à un défaut de fonctionnement, donc de risquer d obtenir un échec ou des résultats inférieurs aux attentes. Pour les réduire, deux options de mise en œuvre spécifique à notre contexte scolaire se présentent : a. La première option serait d encourager le développement (façonner) une culture numérique générale. Après avoir défini et communiqué les rôles et responsabilités des équipes impliquées (Ministère, districts, communautés d écoles ou groupes scolaires et écoles), le Ministère se positionnerait officiellement sur l école numérique et les programmes AVAN spécifiquement, notamment par l adoption ou l actualisation de ses politiques pertinentes. De leurs côtés, les districts prépareraient une politique spécifique sur les finalités, et un plan d action sur l intégration pédagogique des TIC précisant le rôle des coordinateurs en TIC et le processus de mise en œuvre structuré de programmes AVAN dans les communautés et les écoles. Cette démarche représente somme toute un appui majeur à une priorité éducative en particulier, vraisemblablement au détriment d autres. Par contre, elle permettrait le passage d une culture de soutien informatique en silo en une culture de service à la clientèle de l ensemble des acteurs. Par exemple, Ministère et districts développeraient la même vision qui mènerait, par exemple, à un partage et la collaboration entre les pédagogues et les équipes techniques (déjà amorcée), et concrètement, de lever certaines restrictions d utilisation (révision de l octroi des droits d administrateur, des politiques ministérielles pertinentes, et des filtres de contenu WEB et autres certificats d authentification). Une fois les fondements d une telle vision installés de façon durable, les efforts présentés dans la deuxième option n en découleront que plus naturellement, et les résultats attendus plus facilement. Mais développer aussi les deux options de façon concomitante assurerait de plus grandes chances de réussite, car bien souvent, le temps réduit les ardeurs si la pratique ne suit pas immédiatement. b. La deuxième option se concrétise par une mise en œuvre immédiate d une gestion locale intégrée de projet dont le pivot central est le coordinateur en TIC. Ce dernier membre d une équipe introduite précédemment orchestrait non seulement les demandes de programmes AVAN venant des dirigeants ou des enseignants, mais aussi comme on le présume, toutes les autres initiatives TIC. Pour cela, il est important de «sécuriser» les postes de coordinateurs en TIC des districts, en leur donnant, si possible, un statut permanent. Il est aussi possible de partager cette ressource entre les districts, et autres secteurs. 22

23 5. Les défis : Des défis se rajoutent aux contraintes initiales déjà présentées. Des solutions existent pour certaines mais d autres contraintes nouvellement soulevées avec l arrivée des programmes AVAN n en bénéficient pas encore. De leur côté, les conditions gagnantes peuvent être réunies avec les efforts nécessaires et adaptés. Mais les défis relatifs à la mise en œuvre des programmes AVAN demandent un engagement, une volonté et de nouvelles ressources à la fois humaines, matérielles et conceptuelles (penser autrement, s organiser différemment). a. Le défi de la sécurité informatique Le problème de la sécurité des données et des réseaux se révèle rapidement avec la mise en œuvre de programmes AVAN. Le risque de fuite de données ou de brèche malveillante dans les réseaux et systèmes n est pas nul. Une étude approfondie est nécessaire pour préciser ce risque et décider de l accepter ou pas, compte-tenu des protections possibles, telles que l acceptation formelle de règles d utilisation des TIC et la signature d un consentement, et les autres filtres techniques, mesures d authentification et restrictions d accès. Bien que celle-ci puisse être réalisée à l interne, des firmes spécialisées sont régulièrement sollicitées pour cela. b. L équité Ouvrir les écoles, bureaux et réseaux aux appareils personnels renvoie naturellement les décideurs et participants aux questions de l accès équitable aux outils, du rôle du privé dans le système scolaire, et les confronte aussi à l opinion publique. De simples réponses d existent pas, seule la consultation, la prise du pouls des groupes cibles pour juger de leur maturité relative à ces sujets permet de réduire ces possibilités de réaction. 23

24 6. Sommaire des possibilités d initiatives AVAN : a. Voici dans le tableau suivant en deux volets l éventail des possibilités de programmes AVAN dans les écoles francophones du Nouveau-Brunswick : 24

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