METIERS. Les chemins de la qualité COMMISSAIRE ALAIN BEAUJARD. «La sûreté doit devenir un réflexe» page 10

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1 BATILA REVUE METIERS TECHNIQUE DE LA FFB NUMERO 5 JUIN 2006 GRAND TÉMOIN COMMISSAIRE ALAIN BEAUJARD «La sûreté doit devenir un réflexe» page 10 GROS ŒUVRE/STRUCTURE Ponts thermiques: l isolation par l intérieur atteint ses limites page 20 ENVELOPPE Accessibilité: les atouts des portes automatiques page 34 ÉQUIPEMENTS TECHNIQUES Solaire: une énergie d avenir pour l eau chaude sanitaire page 46 FINITIONS/AMÉNAGEMENT Acoustique: comprendre le bruit pour le réduire page 58 DOSSIER PAGE 13 QUALIFICATION CERTIFICATION Les chemins de la qualité

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3 S O M M A I R E B Â T I M É T I E R S ž R E V U E S E M E S T R I E L L E N U M É R O 5 J U I N PANORAMA Recrutement : les jeunes témoignent 4 Opération «un jeune, un jour, une entreprise» 5 Nouveau diagnostic de performance énergétique 5 e-bat : s approprier les nouvelles technologies de l information 6 La dimension «métier» au cœur des 24 heures du Bâtiment 6 Calepins de chantier: cinq nouveaux titres en Charpentes 21: nouvelle charte orientée «développement durable» 8 GRAND TÉMOIN Commissaire Alain Beaujard: «La sûreté doit devenir un réflexe» 10 INNOVATION Pompes à chaleur et capteurs solaires: un couple dans l air du temps 70 Petits chantiers: un mini-abri qui fait le maximum 72 Certificats d économies d énergie: démarrage difficile 72 Pôles de compétitivité: le Bâtiment partie prenante 73 D O S S I E R SÉCURITÉ Échafaudages: normes européennes et procédure de validation 74 Risque électrique: habilitation obligatoire pour les non électriciens 74 Décret «poussières de bois»: que faut-il faire pour s y conformer? 75 NORMALISATION Produits de construction: le point sur le marquage CE 76 Eurocodes: ne pas attendre pour s y référer 77 DTU: repères utiles 77 RÉGLEMENTATION Thermique: de nouvelles exigences dès cet été 78 Réglementation amiante: où en est-on? 79 ENVIRONNEMENT Traitement des déchets: l atout mobilité 80 GROS ŒUVRE/ STRUCTURE ENVELOPPE M É T I E R S Ponts thermiques: l isolation par l intérieur atteint ses limites 20 Démolition: un métier en profonde mutation 25 Dallage sans joints : la perfection de la glace 26 Construction métallique: les Eurocodes harmonisent les calculs 28 Entretien de façades: bien diagnostiquer pour bien ravaler 30 Méthodes de dimensionnement: une alternative au «tout sécuritaire» 32 Accessibilité: les atouts des portes automatiques 34 Métalliers: questions de sécurité 37 Toitures végétalisées: couverture très nature 38 Isolants minces réfléchissants: utiles mais délicats à manier 40 Plates-formes motorisées: un moteur de productivité sur les chantiers 42 Fermetures et protections solaires: marquage CE obligatoire 43 Verre: le nouveau DTU Couverture: le DTU amendé 45 QUALIFICATION CERTIFICATION LES CHEMINS DE LA QUALITÉ Page 13 ÉQUIPEMENTS TECHNIQUES 46 Solaire: une énergie d avenir pour l eau chaude sanitaire 46 Université de Limoges: le courant passe 50 Réseaux d eau: accompagner les propriétaires d immeubles dans la durée 52 Énergie: de nouveaux partenaires pour les installateurs 53 Éclairage: basse consommation, bas coûts d exploitation 54 Normalisation: révision de la norme NF C Chaudières à condensation: l âge de la maturité 56 Baromètre de l UCF: connaître ses marchés pour mieux vendre 57 DTU 24.1: travaux de fumisterie 57 Magazine édité par IT-FFB (Institut technique de la Fédération française du Bâtiment). 9 rue La Pérouse Paris cedex 16 - Tél Association déclarée Siret Code APE 913E ISSN Dépôt légal : juin 2006 Directeur de la publication : Christian Baffy Directeur de la rédaction : Georges Rigaud Comité de rédaction : Membres de la Fédération française du Bâtiment, de ses Fédérations départementales et régionales, de ses Unions et Syndicats de métiers Journalistes : Jean-Marc Brujaille, Christian Capitaine, Sophie Faure, Didier le Gorrec, François Salanne Conception et réalisation Idé: André Haillotte, Pierre Salanne, Nelly Hurlé, Caroline Palma, Nathalie Pilant, Alix Orbec Photogravure/Impression : Sphinx/Sib Tirage de ce numéro : exemplaires Illustration : Gilles Jouannet Photo de couverture : Matton. FINITIONS/ AMÉNAGEMENT 58 Acoustique: comprendre le bruit pour le réduire 58 Sols: le retour du linoléum 6 1 Façade polychrome en bord de mer 62 Glissance: enfin une norme française! 64 Déchets de peinture: les peintres veulent innover 66 Soliers moquettistes: susciter des vocations 67 Carrelages: les limites des documents commerciaux 68 JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 1

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5 É D I T O R I A L Porter haut la qualité de nos métiers Secteur de traditions, le Bâtiment ne cesse d évoluer pour répondre aux exigences croissantes aussi bien de son environnement que de ses clients. Ses entreprises, motivées par une recherche partagée de qualité, n ont de cesse de s adapter pour améliorer leurs compétences. C est pour donner aux maîtres d ouvrage et maîtres d œuvre le moyen d identifier celles-ci que la qualification a été créée. Véritable outil de reconnaissance, elle nous permet d afficher clairement nos capacités. L enjeu est suffisamment important pour que Bâtimétiers y consacre son dossier. L attention des entreprises se porte également sur l amélioration de la qualité des ouvrages et la prise en compte des préoccupations des utilisateurs, pour leur plus grande satisfaction. Pour réduire la consommation d énergie des bâtiments, elles explorent les solutions de traitement des ponts thermiques. Anticipant la flambée du prix de l énergie, elles mettent en œuvre de nouvelles techniques de production de chauffage, en particulier solaire thermique. En prenant en compte l acoustique ou en installant des portes automatiques, elles contribuent à répondre aux besoins de confort des usagers. Et que dire des toitures «vertes», des dallages «sans joints» ou du souci de réduire les déchets? Il suffit de parcourir Bâtimétiers pour comprendre que nos métiers sont en mouvement! Avec les 24 heures du Bâtiment les 20 et 21 octobre à Paris, la FFB marque sa volonté de rassembler toute la filière du Bâtiment au cours d un événement majeur. Son Village des métiers accueillera également le grand public : l occasion de lui faire découvrir des métiers en pleine mutation. E. GALVANI/FFB Jean Pierre Roche, président du Conseil des Professions de la Fédération française du Bâtiment JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 3

6 P A N O R A M A RECRUTEMENT Les jeunes témoignent Filmés en activité sur le chantier, de jeunes professionnels expliquent leur métier et leur parcours professionnel. Une façon séduisante pour les collégiens de découvrir la diversité des carrières et de s identifier à leurs aînés. Forts du succès du premier cédérom «clips métiers» (1), l ONISEP et la FFB ont réalisé une nouvelle série sur douze autres métiers (2). Ce second cédé rom est maintenant disponible, il s adresse en particulier aux chefs d entreprise qui interviennent dans les collèges. Comme le souligne l un d entre eux, «même lorsque leurs parents travaillent dans le Bâtiment, les jeunes n ont aucune idée de nos métiers. Ce qui est montré dans ces films permet d amorcer le dialogue: l utilisation des ordinateurs, des engins de levage, les conditions de travail, les salaires, les vacances Les témoignages d une couvreuse, d une carreleuse, d une tailleuse de pierre ou d une grutière ont parfois fait sourire les garçons, mais les jeunes filles ont découvert un monde qu elles croyaient inaccessible.» (1) Carreleuse, charpentier bois, couvreuse, installateur électricien, maçon, menuisier, miroitier, monteur en chauffage et climatisation, peintre, plâtrier, serrurier-métallier, solier-moquettiste. (2) Cordiste, démolisseur, enduiseur, façadier, étancheur, grutière, instal - lateur de stores et volets, technicien en climatisation, monteur d échafaudages, monteur levageur, staffeur orne - maniste, tailleuse de pierre. POUR EN SAVOIR PLUS Contactez la FFB de votre département. Les «clips métiers» sont également consultables sur et CORDISTE «Mon métier consiste à réaliser des travaux en accès difficile. L obsession c est d être toujours en sécurité. TECHNICIEN EN CLIMATISATION C est un métier dans lequel il faut être assez pointu dans plusieurs domaines: l électricité, l aéraulique, l hydraulique, la mécanique. Je me suis orienté vers le dépannage. On a un contact fort avec le client, c est une richesse.» «Fabriquer la structure du bâtiment, moi j aime bien. Ça paraît simple à l écran, mais il faut une grande maîtrise. MONTEUR LEVAGEUR J ai tout le temps cette question: c est pas trop dur comme métier? C est dur quand on ne le fait pas avec plaisir. Pour toute la partie physique, c est des gestes qu on apprend dès le départ!» TAILLEUSE DE PIERRE ONISEP/FFB 4 B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

7 P A N O R A M A «UN JEUNE, UN JOUR, UNE ENTREPRISE» Opération séduction réussie La deuxième édition de l opération «Un jeune, un jour, une entreprise», organisée le 4 avril 2006, a fait l unanimité. Près de jeunes ont passé la journée dans entreprises de toutes tailles. L occasion pour eux de partager avec les chefs d entreprise leurs attentes et de découvrir le monde du Bâtiment et ses carrières. Le programme était chargé: rencontre avec les collaborateurs et les clients, visites d ateliers, de chantiers ou de show - rooms, rendez-vous avec des fournisseurs «La fin de la journée est arrivée beaucoup trop vite!» regrette François, chef d entreprise en Loire- Atlantique, qui a accueilli avec beaucoup d enthousiasme le jeune Pierre. Organisée à l initiative de la FFB, cette journée était l opportunité pour ces stagiaires d un jour de découvrir le Bâtiment sous un angle concret, loin des bancs de l école. L occasion aussi de se sentir plus impliqués. «Le fait de voir la réalité, c est ce qu il y a de mieux. Comme ça je sais comment c est, je découvre et je sais à quoi m attendre» confiait Arthur, élève de 3 ème à Nancy. L authenticité: c est bien ce que recherchent les jeunes, demandeurs d expériences concrètes, et c est aussi l attitude des chefs d entreprise. «J avais prévu initialement d amener mon stagiaire au restaurant, raconte François, et puis je me suis dit que je tricherais un peu en faisant ça, parce que j y vais rarement. Alors j ai fait comme d habitude: nous avons mangé dans le petit réfectoire aménagé dans l atelier, et ce n était pas mauvais!» Jacqueline, chef d entreprise dans la Sarthe, souligne pour sa part la spontanéité du dialogue : «Mon jeune était très ouvert et aussi bavard que moi Ce qui m a permis de lui parler largement du métier, y compris des rémunérations, de lui faire visiter un cabinet d architecture et de le laisser échanger avec les techniciens» Opération réussie, donc, à en juger par la conclusion du jeune Pierre à l adresse de son tuteur d un jour: «Merci d avoir partagé avec moi votre journée. Vous êtes passionné par ce que vous faites, c est beau, et j ai vu que dans le Bâtiment, vous êtes vraiment solidaires entre vous» PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE Nouveau diagnostic à partir du 1 er juillet Le nouveau dispositif de diagnostic de performance énergétique des bâtiments entrera en application pour toutes les ventes de bâtiments neufs ou existants dès le 1 er juillet 2006, et à partir du 1 er juillet 2007 pour ceux proposés à la location. Si les décrets et arrêtés d application sont toujours en cours d examen, le contenu de ce diagnostic est déjà déterminé. Parmi les éléments du nouveau dispositif : un descriptif du bâtiment, la quantité annuelle d énergie consommée ou estimée conventionnellement, les frais correspondants et la quantité de gaz à effet de serre (GES) liée à cette consommation, le classement du bâtiment de A (excellent) à G (très mauvais) sur deux échelles (une étiquette énergétique et une étiquette «climat» représentative des émissions de X. DE BARBEYRAC/FFB DRÔME AGENDA 2006 DU 15 AU 17 JUIN 2006 SALON DES ÉNERGIES RENOUVELABLES, Paris 4 e édition du salon dédié à un marché en pleine expansion. 6 ET 7 OCTOBRE 2006 COULISSES DU BATIMENT Dans toute la France, des centaines d entreprises ouvrent leurs chantiers au grand public et en particulier aux jeunes (4 e édition). 12 OCTOBRE 2006 ÉTATS GÉNÉRAUX DU BOIS DANS LA CONSTRUCTION, Angers 20 OCTOBRE 2006 LES 24 HEURES DU BATIMENT, Paris Des milliers d entrepreneurs, artisans, compagnons et jeunes en formation sont attendus pour la «fête des métiers» organisées au Palais Omnisports de Paris-Bercy. DU 14 AU 17 NOVEMBRE 2006 EQUIP BAIE, Paris Salon international de la fermeture, de la fenêtre et de la protection solaire. DU 15 AU 17 NOVEMBRE 2006 ECOBUILDING PERFORMANCE, Paris Salon de la performance énergétique et du développement durable des bâtiments. OLYMPIADES DES MÉTIERS: POURQUOI PAS VOUS? Les 39 e Olympiades internationales des Métiers se dérouleront du 14 au 18 novembre 2007 au Japon. Cette compétition est ouverte aux jeunes apprentis, écoliers mais aussi salariés nés après Les sélections régionales auront lieu entre novembre 2006 et janvier La composition de l équipe de France sera connue à l issue des finales nationales, le 1 er avril Pour y participer, consultez la FFB de votre département. GES), et des recommandations visant à améliorer la performance énergétique du bien. Réalisée par un diagnostiqueur ayant reçu une formation qui sera à terme certifiée par un organisme accrédité, cette étude restera à la charge du propriétaire. JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 5

8 P A N O R A M A e-bat S approprier les nouvelles technologies de l information La FFB a initié le projet e-bat dans le but d amener les artisans et entreprises du Bâtiment à s approprier les bénéfices concrets des nouvelles technologies de l information et de la communication internet, outils bureautiques et informatiques Les premiers travaux, réalisés avec des entreprises de Seine-et-Marne, ont permis d identifier l ensemble des services du futur portail e-bat, actuellement en cours de développement. Testé fin juin 2006 auprès de 60 entreprises pilotes, cet outil en ligne devra pouvoir s adapter aux besoins de chacun tout en restant à la pointe de la technologie. L étude et le développement d outils de formation, d assistance et de conseil sont les conditions nécessaires à la réussite d e-bat. Une nouvelle phase d étude a donc été initiée dans le Loiret, afin d identifier les besoins et les contraintes en la matière. e-bat tiendra compte de l ensemble de ces données de terrain afin d aider les entreprises à optimiser la gestion. Les services proposés dans le cadre d e-bat (plateforme de gestion, assistance et accompagnement en ligne, formation et information ) seront autant de leviers mis à la disposition des entreprises de Bâtiment pour mieux gérer, mieux communiquer et mieux construire, en développant leur compétitivité. La dimension «métier» au cœur des 24 heures du Bâtiment LE GROS ŒUVRE BÂTIT SON AVENIR L étude prospective de la FFB «Bâtiment 2015» (1) avait dégagé les grandes tendances d évolution du monde du Bâtiment et les possibles ruptures, à l horizon d une dizaine d années. L UMGO-FFB a souhaité aller plus loin et réfléchir à l avenir des entreprises de maçonnerie et de gros œuvre. Cette première déclinaison «métier» de l étude Bâtiment 2015 a été lancée début 2006 et confiée à un groupe d une quinzaine d entrepreneurs. Résultats attendus fin (1) Cf le dossier de Bâtimétiers n 3 (juin 2005), page 13. Pour les 29 Unions et Syndicats de métiers de la FFB, la dimension «métier» ne saurait être absente d un événement aussi exceptionnel que les 24 heures du Bâtiment. Aussi emprunterat-elle de multiples voies. D abord, un numéro de Bâtimétiers «spécial 24 heures du Bâtiment», sur une centaine de pages, donnera plus largement la parole aux partenai- res industriels qui accompagnent au quotidien les entreprises tant à l atelier que sur les chantiers. Ensuite, plusieurs colloques tout au long de la journée du 20 octobre permettront d aborder certaines des grandes problématiques techniques et métiers; ce sera le cas notamment du colloque sur l énergie, qui mettra l accent sur l offre globale d amélioration énergétique des bâtiments existants. Enfin, l ouverture au grand public et l accueil d un public de jeunes trouveront toute leur place aux abords du palais omnisports de Paris- Bercy, dans le «Village des métiers», ouvert sur deux jours les 20 et 21 octobre. Une occasion à saisir pour faire se rencontrer des professionnels du Bâtiment et des jeunes à qui tous auront à cœur de montrer comment leurs métiers se conjuguent avec la modernité, les technologies les plus avancées et la protection de l environnement. Créateurs d espace de vie, les métiers du Bâtiment donnent du sens à la vie. AQC: BILAN ET PERSPECTIVES «Qualité: progressons ensemble»: c est sous ce titre rassembleur que l Agence Qualité Construction (AQC), qui réunit tous les grands acteurs du Bâtiment, vient de publier un bilan de la décennie Tous les efforts réalisés durant cette période sont recensés et des pistes de progrès identifiées. L objectif ambitieux de l AQC est en effet de réduire de 30% la sinistralité en 6 ans objectif fortement appuyé par la FFB, qui en a été l initiateur. Encore faut-il, pour mesurer les progrès accomplis, savoir de quelle situation on part. C est chose faite avec cet état des lieux. POUR EN SAVOIR PLUS AQC, tél.: B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

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10 P A N O R A M A CALEPINS DE CHANTIER Cinq nouveaux titres en 2006 La collection des Calepins de chantier est en passe de devenir un «best seller» du 1 er semestre 2006, avec plus de exemplaires diffusés en quelques mois. Dorénavant collection de référence, les Calepins de chantier reçoivent Trois ans après le lancement de Menuiseries 21, la FFB-CMP (1) a présenté Charpentes 21 à l occasion de Batimat Cette charte comporte trois volets. Tout d abord, la qualité technique: Socotec doit vérifier la conformité de l entreprise avec une quinzaine de points (dimensionnement des charpentes, etc.). La deuxième partie porte sur l aspect environnemental, à travers des engagements de progrès (recyclage des déchets de chantier ), dont la mise en œuvre est mesurée par des indicateurs. Enfin, la charte inclut l évaluation des conditions de sécurité, qui doit être un accueil unanime de la part de la profession mais aussi d experts reconnus. C est le signe qu ils correspondent à un vrai besoin chez ceux qui mettent en œuvre sur les chantiers. La collection va s enrichir de cinq nouveaux CHARPENTES 21 Nouvelle charte orientée «développement durable» réalisée par l OPPBTP (2). Pour les entreprises qui y adhèrent (14 ont entamé la démarche), Charpentes 21 apporte un surcroît de visibilité. Une plaquette est en cours de réalisation pour soutenir cette démarche. Sur le fond, cette charte répond à une attente du marché, en particulier de titres au cours de l année 2006: les parquets et planchers en bois; les ouvrages en béton armé; les chéneaux, noues et évacuations des eaux pluviales; les ouvrages en plaques de parement en plâtre; les sols souples collés. Grâce au financement apporté par le Plan Europe (1), vous pouvez profiter de cette première édition gratuite. (1) cf Bâtimétiers n 3, p 73. POUR EN SAVOIR PLUS Contactez la FFB de votre département la part des collectivités qui intègrent de plus en plus la dimension du développement durable dans leurs projets de construction. (1) FFB-CMP: Fédération françai se du Bâtiment de charpente, menuiserie, parquets. (2) OPPBTP: Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics. L; MERCIER/FFB FONDATION BÂTIMENT ÉNERGIE: PREMIER APPEL À PROJETS Créée par Arcelor, EDF, Gaz de France et Lafarge à l'initiative de l'ademe et du CSTB, la fondation Bâtiment Énergie finance des opérations de recherche s'inscrivant dans l'objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre. Il s'agit d'aider à la réduction des consommations d'énergie et d'inciter à recourir davantage aux énergies renouvelables. Le thème du premier appel à projets, qui s'est clos le 12 décembre 2005, était de proposer des solutions globales d'amélioration énergétique des maisons individuelles existantes. Sur les trente et un dossiers reçus et soumis au jury réuni le 17 février dernier, sept projets ont été retenus. CONSTRUCTION BOIS: LE LIMOUSIN S ENGAGE Le Limousin a été la première région à signer, le 12 avril dernier, une Charte Bois Construction Environnement. Résultat d une collaboration exemplaire entre le Conseil régional et la FFB Limousin, cette charte associe une trentaine de partenaires et traduit leur volonté de favoriser le développement du bois dans la construction, aussi bien pour les ouvrages publics que privés. Elle propose dans ce but de mettre en place des actions transversales déclinées par cibles (maîtres d ouvrages publics et privés, maîtres d œuvre, entreprises, établissements d enseignement, grand public) dans les domaines de la communication, de la formation, de la recherche, de l innovation et de la technologie. Parmi les actions en cours: le référencement de 30 entreprises limousines sur le site Une cinquantaine d autres doivent les rejoindre d ici l été. POUR EN SAVOIR PLUS FFB-CMP (Fédération f rançaise du Bâtiment charpente, menuiserie, parquets), tél.: B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

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12 G R A N D T É M O I N LA SÛRETÉ DOIT DEVENIR UN REFLEXE UN ENTRETIEN AVEC LE COMMISSAIRE ALAIN BEAUJARD Responsable du service information-sécurité à la préfecture de police de Paris, Alain Beaujard est le spécialiste français de la sûreté des grands équipements publics. Le «risque malveillance» sera de plus en plus pris en compte dans la démarche de conception-construction des bâtiments publics comme privés, sur fond de renforcement des contraintes réglementaires, explique-t-il, conseils à l appui. Vous êtes le spécialiste français de la «prévention situationnelle». Quel est précisément le champ de cette discipline? Elle recouvre l ensemble des moyens permettant de prévenir la malveillance sous toutes ses formes, depuis le vandalisme jusqu au terrorisme en passant par les violences urbaines. Cet objectif de prévention implique d aborder la question de la sûreté dès la conception d un bâtiment et même dès la réflexion préa - lable à un projet d urbanisme. Il s agit d analyser tous les risques qu un acte de malveillance est susceptible de générer pour un site et surtout pour ses occupants, puis d élaborer à partir de cette analyse les solutions de mise en sécurité du site. A l échelle de la collectivité, la prévention situationnelle fait partie intégrante des missions de l Etat, garant de l ordre public et de la sécurité des populations. Cette mission a pris une dimension nouvelle avec le développement du terrorisme, en particulier depuis le 11 septembre La prévention situationnelle s est fortement développée ces dernières années aux Etats-Unis où cette discipline est née il y a environ vingt ans et la plupart des pays intègrent aujourd hui ces problématiques dans leurs politiques de sécurité publique. Quel est précisément le rôle du service information-sécurité que vous dirigez au sein de la préfecture de police de Paris? Le cœur de notre mission, c est de contribuer à la sûreté des bâtiments publics situés dans la capitale. Nous intervenons en particulier dans le cadre des nouveaux projets comme nous l avons fait récemment, par exemple, pour le musée du quai Branly, ou pour le projet de village olympique dans le XVII e arrondissement. Notre rôle est d élaborer la typologie de toutes les attaques dont une cible c est-à-dire un bâtiment dans 90 % des cas peut être l objet, et de conseiller les maîtres d ouvrage publics sur les moyens de les prévenir. Depuis la création de notre service en 1982, nous avons réalisé ainsi plus de 700 études techniques sur des bâtiments publics. Dans le prolongement de cette mission, nous participons aussi aux travaux de normalisation en matière de sûreté des bâtiments, notamment au sein du Comité européen de normalisation. L Europe a beaucoup avancé dans ce domaine au cours des dernières années, avec l adoption de normes et de spécifications techniques concernant en particulier les écoles, les stations-service, la protection contre les véhicules béliers, les équipements de transport public. Enfin et nous rejoignons ici le terrain des entreprises de Bâtiment, notre rôle est de contribuer à la diffusion d une culture de la sûreté auprès des divers acteurs du secteur de la construction. Nous préparons ainsi un guide méthodologique à destination des maîtres d ouvrages publics et privés, afin de les sensibiliser à ces enjeux. Quel message adressez-vous en particulier aux entrepreneurs du Bâtiment? Je voudrais tout d abord leur dire qu ils doivent se familiariser avec la notion de sûreté, car elle va prendre de plus en plus d importance dans la conception et la réalisation des bâtiments. Certes, aujourd hui, ce sont surtout les grands projets publics qui sont concernés. Mais demain, de nombreux types de bâtiments immeubles de bureaux, équipements collectifs, bâtiments résidentiels le seront aussi. L évolution de la normalisation européenne va clairement dans ce sens. Elle se traduira demain par des procédures et obligations qui influenceront les façons de construire. Je fais souvent la comparaison avec la prévention incendie: on s achemine aujourd hui vers un traitement du risque malveillance comparable, par sa mé - thodologie et son niveau de précision, au traitement du risque incendie. Comment mettre en pratique cette approche du risque malveillance? En intégrant peu à peu le réflexe sûreté dans les différents gestes de construction. Par exemple: veiller à installer une caméra de vidéosurveillance hors de portée de la main humaine, mettre les câbles principaux sous goulottes blindées, installer les bouches d air 10 B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

13 extérieures à des endroits inaccessibles, savoir quand et comment placer des barreaux, arasés ou non au niveau de la croisée A un niveau plus sophistiqué, on va voir se développer des équipements comme les systèmes d arrêt automatique ou d inversion des centrales d air (risque chimique), les contrôles d accès par biométrie (reconnaissance humaine) notamment pour les ascenseurs, les vitrages spéciaux, la vidéosurveillance avec analyse des images (pour identifier des situations anormales) Au plan de la conception, on peut imaginer aussi qu un nombre croissant de bâtiments seront construits en plaçant les fonctions essentielles dans une platine centrale, mieux protégée, ou que l architecture intérieure d immeubles d entreprises sera conçue de manière à sécuriser les pièces les plus stratégiques. Commissaire divisionnaire au cabinet du préfet de police de Paris, Alain Beaujard y dirige le service information-sécurité. Entré dans l administration en 1974, après avoir débuté sa carrière à l Unesco et à Air France, il a travaillé durant neuf ans à la direction de la Police judiciaire, en exerçant diverses responsabilités opérationnelles à Paris (commissariat de la Goutte d or, brigade territoriale Pigalle-Clichy, commissariat de police judiciaire du 13 e arrondissement, brigade de protection des mineurs) et en Ile-de-France (chef-adjoint de la brigade territoriale de Seine-Saint-Denis), avant de créer en 1982 le service information-sécurité. V. LELOUP Quel rôle imaginez-vous pour la FFB dans cette démarche? Nous travaillons déjà ensemble depuis de nombreuses années. Les réflexions de la FFB ont nourri notamment les travaux de normalisation européens, et contribué à faire valoir la vision française ce qui est essentiel si l on veut que les procédés et produits issus des normes en cours d élaboration soient pleinement adaptés à nos méthodes et pratiques de construction. Aujourd hui, avec la montée en puissance des préoccupations et des spécifications réglementaires liées à la sûreté, la FFB a un rôle majeur à jouer: elle est la mieux placée pour sensibiliser et accompagner les entreprises sur ce terrain, notamment en développant des outils d analyse des risques et des supports opérationnels qui guident les professionnels dans l appropriation de la démarche et des bonnes pratiques de sûreté. JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 11

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15 D O S S I E R QUALIFICATION CERTIFICATION Les chemins de la qualité Être un bon professionnel du Bâtiment est indispensable, mais peut-être pas suffisant pour réussir aujourd hui. Il faut aussi pouvoir le justifier vis-à-vis des maîtres d ouvrage, des maîtres d œuvre, des clients finaux. Qualification, certification, marque NF Service Bâtiment Les entreprises ont à leur disposition différents outils pour attester de leurs compétences mais aussi pour améliorer leur organisation et donc leur productivité et la satisfaction de leurs clients. C omment identifier les savoir-faire d entreprises que l on ne connaît pas? Comment déterminer celles qui seront aptes à rendre les services qu on attend d elles? Les maîtres d œuvre chargés de la reconstruction du pays après la Seconde Guerre mondiale étaient déjà confrontés à ce problème. Ils ont trouvé la solution en créant en 1949 l organisme Qualibat et la marque de qualification correspondante prolongée à partir de 1955 par Qualifelec dans le domaine électrique. De nos jours, la multiplication des entreprises du Bâtiment et leur capacité à intervenir sur l ensemble du territoire rend la qualification d autant JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 13

16 D O S S I E R QUALIFICATION ET CERTIFICATION plus utile. La qualification s affirme comme le repère dont le marché a besoin, par le sérieux de ses critères d attribution et l impartialité de l organisme habilité à la délivrer: l association Qualibat, qui réunit des représentants des acteurs de la construction architectes, entreprises, organismes publics, maîtres d ouvrage, désignés dans le respect de l équilibre paritaire, sous la présidence d un haut fonctionnaire de l Etat. Qualibat est devenu une référence incontournable. Sa notoriété s appuie sur le logo en forme de pyramide, sur des actions de communication récurrentes et sur le site où sont répertoriées toutes les entreprises qualifiées. Une qualification, pour quoi faire? Etre qualifié, c est apporter la preuve, via un organisme indépendant, que l on maîtrise un savoir-faire. C est un moyen de le faire savoir aux maîtres d ouvrage et de créer avec eux des relations de confiance souvent synonymes d activité récurrente. La qualification est reconnue par les différents intervenants du secteur de la construction, comme le montrent les exemples des nombreux syndics qui en ont fait un critère de sélection, et des assureurs qui consentent des tarifs préférentiels aux entreprises qualifiées (voir encadrés). Etre qualifié, c est décider d être transparent pour son client, de jouer «cartes sur table» en lui apportant la preuve qu on est à jour, administrativement, fiscalement, que l on est au point techniquement. La qualification, en sanctionnant une compétence professionnelle, s adresse de manière équitable à tous les «candidats» : on voit par exemple des petites entreprises qualifiées pour des savoir-faire spécialisés, voire très pointus, tandis que de plus grandes structures le sont dans des domaines plus courants. Il existe plus de 400 référentiels de qualification Qualibat, réunis dans une nomenclature qui évolue pour s adapter aux mutations des métiers. Qualifelec attribue de son côté une trentaine de qualifications divisées en cinq spécialités électrotechnique, électrothermie, antenne, éclairage public, courants faibles auxquelles viendra s ajouter une sixième (maintenance courants forts) en juin Début 2006, on comptait en France entreprises qualifiées Qualibat, et 8000 qualifiées Qualifelec. Qualification, mode d emploi La qualification est attribuée par une commission Qualibat après examen d un dossier en trois volets: administratif (existence juridique de l entreprise, assurance en cours de validité, respect LE POINT DE VUE DE L ENTREPRENEUR «Une démarche naturelle» BENOÎT LOISON, PRÉSIDENT DE LA SAS LOISON, À ARMENTIÈRES (NORD) Notre entreprise de métallerie, qui emploie 200 personnes, est qualifiée depuis de nombreuses années en charpente métallique, en métallerie de technicité supérieure et en fabrication et pose de menuiserie aluminium et acier. Pour moi, il s agit avant tout d une reconnaissance officielle de notre savoir-faire et de notre niveau de compétence technique, qui nous permet de répondre aux appels d offres et d accéder à un certain nombre de marchés publics et privés. Nous sommes engagés aujourd hui auprès de Certibat dans une démarche de triple certification qualité, sécurité et environnement. Il s agit pour nous d un investissement sur l avenir, car nous pensons que ce genre de démarche sera un jour obligatoire. La certification permet aussi de définir un projet d entreprise : à travers la mise à niveau et la formation des personnels, tout le monde progresse et prend sa part de responsabilité dans la marche de l entreprise. La qualité ne doit pas être une préoccupation ponctuelle, elle doit accompagner la vie de l entreprise au jour le jour, et devenir une démarche naturelle. 14 B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

17 des obligations sociales et fiscales), financier (chiffre d affaires), et technique ce troisième volet attestant de la compétence en termes de métier, à travers une description des moyens en matériel et personnel, une liste des chantiers réalisés et un compte rendu de trois chantiers de référence comportant un avis des maîtres d œuvre. Les commissions d attribution se réunissent au niveau soit départe mental (pour attribuer des qualifications de technicité courante), soit régional (pour les qualifications plus complexes), soit national (pour les qualifications de technicité supérieure ou exceptionnelle). La qualification est attribuée actuellement pour une durée de cinq ans, avec un contrôle annuel sur le volet administratif du dossier; à l issue des cinq ans, un dossier complet doit être reconduit. La qualification peut être attribuée à titre probatoire, pendant deux ans, pour les entreprises qui sont en cours de création et peuvent justifier d une expérience et d un encadrement technique. Le fonctionnement de Qualifelec, organisme de qualification dédié au secteur de l installation électrique, est voisin de celui de Qualibat, à deux variantes près: les attributions sont centralisées par une commission nationale uni - que (les dossiers étant examinés préalablement par une commission régionale); les dossiers de candidatures ne requièrent pas CARTE D IDENTIFICATION BÂTIMENT : UN PREMIER PAS VERS LA QUALIFICATION Pascal Lodé dirige l entreprise de carrelage Lodé à Pouliguen (Loire-Atlantique), qui emploie dix compagnons. Il voit dans la qualification le moyen de faire reconnaître le sérieux de son entreprise : «Je suis un défenseur des règles de l art, exigeant sur la qualité avec mes compagnons. Je suis satisfait quand nous n avons pas à intervenir en service après-vente, et quand nous avons un retour positif de nos clients.» Mais, dans l impossibilité immédiate de constituer l ensemble du dossier de qualification, il a demandé à bénéficier de la Carte d Identification Bâtiment, octroyée par Qualibat pour une durée de quatre ans. Il a dû pour cela fournir les pièces administratives justifiant de son activité et s engager à obtenir la qualification dans ce délai. «Nous prenons maintenant des photos de nos chantiers, et nous complétons notre dossier avec des comptes rendus de maîtres d ouvrage et d architectes», ajoute-t-il. A quand la qualification? «Le plus tôt sera le mieux.» de volet financier mais, pour évaluer les capacités d exécution des entreprises, Qualifelec les classifie selon leur effectif. La qualification est attribuée pour une durée de quatre ans, avec une révision du volet administratif du dossier tous les deux ans. Être qualifié, c est apporter la preuve, via un organisme indépendant, que l on maîtrise un savoir-faire. LE POINT DE VUE DE L ARCHITECTE «Les entreprises que nous faisons travailler sont toutes qualifiées» PATRICK VACHER, CABINET NMP VACHER & ASSOCIÉS, COURBEVOIE (HAUTS-DE-SEINE) Notre cabinet d architecture travaille essentiellement dans les secteurs de la santé, du logement et des équipements publics. Pour les programmes que nous réalisons, qui sont en général importants, nous ne faisons travailler que des entreprises qualifiées ou certifiées. Dans nos appels d offres, les qualifications que nous demandons sont spécifiées, ce qui écarte les entreprises non qualifiées. Mais il nous arrive d inciter certaines d entre elles à à entreprendre la démarche, si elles souhaitent par la suite travailler avec nous. Les entreprises générales avec qui nous contractons emploient elles aussi des entreprises qualifiées, ce qui fait que nous sommes réunis par une exigence commune. En tant qu architectes, nous avons un devoir de conseil envers notre client maître d ouvrage, qui nous pousse à aller vers les entreprises qui offrent le plus de garanties : la qualification et la certification sont pour nous le signe d entreprises en quête de qualité notamment en ce qui concerne le respect des délais et des coûts et sur lesquelles nous pouvons compter. Déjà proches, les fonctionnements de Qualibat et Qualifelec vont converger encore avec l entrée en vigueur de la nouvelle norme NF X50-091, qui définit les conditions de fonctionnement des organismes de qualification: une opportunité pour accroître la confiance des utilisateurs. Les qualifications Qualibat seront attribuées pour quatre ans et non plus cinq, on stipulera dorénavant leur date de validité sur les certificats remis aux entreprises, et la révision des qualifications Qualifelec ne sera plus biennale mais annuelle. Cette norme permettra aux organismes de qualification d être accrédités par le Cofrac (Comité français d accréditation) sur la base de ce référentiel commun. Certification : être mieux organisé, et donc plus rentable Optimiser son organisation et donc sa rentabilité, pérenniser son activité par la maîtrise des risques Voilà des objectifs tournés non seulement vers le client à la recherche de qualité, mais aussi vers le fonctionnement interne de l entreprise. On entre ici dans le domaine de la certification du «système de management de la qualité», notamment selon la norme ISO 9001 version Les entreprises du Bâtiment (mais aussi de toute la filière construction) peuvent aujourd hui se faire certifier non seulement dans le domaine de la qualité (normes ISO 9001), mais aussi de l environnement (ISO 14001) et JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 15

18 CTBH 10 Pare pluie Lattage 23/40 D O S S I E R QUALIFICATION ET CERTIFICATION Les étapes de la qualité LA QUALIFICATION QUALIFICATION Bardage 22 mm horizontal Grille de ventilation alu perforée Ventilation OSSATURE DES MURS EXTÉRIEURS Ossature 97 Isolant 100 mm QUALIFICATION VOLET ADMINISTRATIF VOLET TECHNIQUE BA 13 Source: Socopa Dossier de candidature CIB de qualification, elle doit Carte d'identification Bâtiment Carte d'identification Bâtiment La Carte d'identification Bâtiment est une opportunité d'accéder progressivement à la qualification. Obtenue en remplissant l équivalent du volet administratif du dossier être transformée en qualification dans un délai maximum de 4 ans. VOLET ADMINISTRATIF ET FINANCIER Cette première partie du dossier de qualification rassemble les informations générales sur l'entreprise (extrait K bis, inscription au RM, CV du responsable légal, effectif, moyens matériels et locaux ) et permet de démontrer qu'elle est en règle de ses obligations (assurance en cours de validité, DADS, affiliation à la Caisse des Congés Payés ) VOLET TECHNIQUE Cette seconde partie du dossier de qualification atteste des compétences de l'entreprise. Elle contient notamment une liste des chantiers et un compterendu de trois chantiers de référence avec attestation du maître d'ouvrage, du maître d'œuvre ou du bureau de contrôle. EXAMEN PAR LA COMMISSION La commission, composée paritairement de représentants des acteurs de la construction (entreprises, maîtres d ouvrage, architectes, bureaux d'études...) se réunit pour examiner le dossier présenté.

19 ATTRIBUTION DE LA QUALIFICATION QUALIBAT La commission départementale, régionale ou nationale - en fonction du degré de spécialisation du domaine - attribue ou non la qualification pour une durée de 5 ans après examen du dossier fourni. La qualification peut être attribuée à titre probatoire pour une durée de 2 ans aux entreprises en cours de création pouvant justifier d'une expérience antérieure et d'un encadrement technique ATTRIBUTION DE LA QUALIFICATION QUALIFELEC La commission nationale attribue ou non la qualification pour une durée de 4 ans après examen du dossier fourni. La qualification peut être attribuée à titre probatoire pour une durée d'un an aux entreprises en activité depuis moins d'un an et ne pouvant fournir les références justifiant de leurs compétences professionnelles. LA CERTIFICATION ISO 9001 ENGAGEMENT QUALITÉ Les entreprises titulaires d'une qualification peuvent s'engager dans un premier niveau de certification, l'engagement Qualité. Délivré par Qualibat, il comporte certains chapitres de la norme ISO 9001 (pour celles qui sont qualifiées par Qualifelec, ce premier niveau est appelé Satisfaction du client). MAITRISE QUALITÉ Les entreprises titulaires d'une qualification peuvent s'engager dans un second niveau de certification, la Maîtrise Qualité. Délivrée par Qualibat, elle intègre des chapitres supplémentaires de la norme ISO 9001 (pour celles qui sont qualifiées par Qualifelec, ce second niveau est appelé Management). La certification du système de management de la qualité selon la norme ISO 9001 s'obtient à l'issue d'un audit réalisé dans l'entreprise par un organisme certificateur. Les entreprises peuvent s'adresser à des organismes généralistes (Afaq-Afnor Certification, BVQI ) ou à l'organisme qui est né de la volonté des professionnels du secteur : Certibat. NF SERVICE BÂTIMENT Cette marque, dont le secrétariat technique est assuré par Qualibat, permet aux entreprises du Bâtiment de faire certifier leur service - accueil du client, prise de rendez-vous, fourniture d'un devis dans le respect des délais - à l'issue d'un audit. C'est un moyen d'améliorer la satisfaction des clients. NF SERVICE BÂTIMENT: UN OUTIL DE SATISFACTION Les entreprises peuvent aujourd hui faire certifier la qualité de leur service grâce à la marque NF Service Bâtiment, qui s adresse aux marchés privés. Cette marque, dont le secrétariat technique est assuré par Qualibat, s obtient après la mise en place dans l entreprise des exigences de la norme NF P accueil du client, prise de rendezvous, fourniture d un devis dans le respect des délais, réalisation des travaux dans le respect du lieu et de ses occupants... validée par un audit. C est un outil qui permet de progresser dans plusieurs domaines : amélioration de la satisfaction des clients et de la réputation de l entreprise. de la sécurité (OSHAS 18001). A l arrivée des normes ISO en France en 1994, Qualibat a souhaité proposer aux entreprises du Bâtiment déjà qualifiées des outils de certification qui leur soient adaptés: les modules d «Engagement qualité» et de «Maîtrise qualité» ont été créés, comportant chacun une partie des exigences de la norme ISO Mais le rôle d accompagnement et de conseil joué dans ce cadre par Qualibat est incompatible avec le statut d organisme certificateur, ce qui a motivé la création de Certibat. Créé en 2003 et dédié au secteur du Bâtiment, Certibat complète l éventail d organismes certificateurs déjà existants (Afaq-Afnor Certification, BVQI ). La démarche de certification se décompose en trois grandes étapes : mise en place par l entreprise (avec l aide éventuelle d un con - sultant) d un système de management de la qualité adapté à ses besoins; audit de ce système par l organisme certificateur; attribution de la certification, JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 17

20 D O S S I E R QUALIFICATION ET CERTIFICATION LE POINT DE VUE DU SYNDIC «Une protection contre certains risques» ANTHONY CARLE, PRÉSIDENT DU CABINET ATRIUM GESTION, PARIS 8 E Nous avons décidé de fidéliser nos fournisseurs par la signature d une charte de partenariat baptisée Edelweiss. Dans le cadre de cette charte, nous leur demandons de nous fournir notamment chaque année leurs qualifications professionnelles. La qualification Qualibat est pour nous un moyen de connaître précisément les compétences de l entreprise, et de nous prémunir contre certains risques : il arrive que des administrateurs de biens soient condamnés pour travail dissimulé, ou que leur assurance ne garantisse pas un sinistre s il s avère que l entreprise responsable n était pas qualifiée pour les travaux demandés. La qualification permet d écarter ce genre de mésaventure. Nous privilégions aussi les entreprises certifiées, car elles se montrent souvent plus performantes dans la fourniture des devis, le respect des délais et la facturation, ce qui nous permet une gestion plus rigoureuse. Notre cabinet est d ailleurs lui aussi certifié. LE POINT DE VUE DE L ASSUREUR «Nos tarifs prennent en compte la qualification des entreprises» EMMANUEL EDOU, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA SMABTP L assureur a un rôle à jouer pour favoriser la prise en compte de la qualité par tous les acteurs et à tous les stades de la construction. C est pourquoi nos principaux contrats d assurance (responsabilité décennale des entreprises et des maîtres d œuvre) prennent en compte depuis de nombreuses années, dans leurs grilles tarifaires, les qualifications professionnelles délivrées par des organismes tels que Qualibat ou Qualifelec, qui sont pour nous la base de la qualité. A la SMABTP, qui est le leader dans le domaine de l assurance construction en France, le tarif de base est un tarif applicable aux entreprises qualifiées, qui représentent d ailleurs la majorité de nos sociétaires. Si une entreprise n est pas qualifiée pour l activité à assurer, elle se verra appliquer une surprime de l ordre de 25 % par rapport au tarif «qualifié» correspondant. La certification, quant à elle, n influe pas pour le moment sur nos tarifs, car son impact reste difficilement mesurable. Mais c est une démarche que nous encourageons et qui peut influer dans notre décision d assurer ou non tel maître d ouvrage ou telle entreprise. La SMABTP est convaincue que la valorisation et la promotion des acteurs compétents permettront d améliorer la qualité des ouvrages et de diminuer la sinistralité, pour le plus grand profit du client final. Être certifié, c est optimiser son organisation et sa rentabilité, réduire les malfaçons et pérenniser son activité. assortie d éventuelles réserves à corriger par l entreprise candidate. Il est important de considérer que l audit est avant tout un outil de progrès, un regard extérieur porté sur l entreprise pour améliorer ses pratiques. Un regard régulièrement renouvelé: la certification est attribuée pour une durée de trois ans, avec audit annuel (tous les 18 mois pour les paliers «Engagement» et «Maîtrise de la qualité»). Au total, 1000 entreprises de bâtiment sont aujourd hui certifiées Qualibat, dont les deux tiers au niveau «Engagement qualité». Par ail - leurs, 300 sont certifiées ISO Si elle a un coût, la certification est surtout un outil au service de l entreprise. Il ne s agit pas d un lourd processus administratif car, pour être pertinent, le système de management de la qualité doit être bâti en réponse aux besoins de chaque entreprise. En identifiant les risques liés à son activité, et les pratiques propres à les prévenir, l entreprise est mieux organisée et réduit d autant les malfaçons, oublis et négligences qui génèrent de la non qualité et au final coûtent cher. La qualification, en permettant à l entreprise d apporter la preuve de sa compétence, et la certification, qui lui permet d améliorer son fonctionnement, sont bien deux démarches complémentaires en faveur de la qualité. POUR EN SAVOIR PLUS Qualibat, tél.: Qualifelec, tél.: Certibat, tél.: Afaq Afnor Certification, tél.: BVQI, tél.: B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

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22 GROS ŒUVRE/STRUCTURE PONTSTHERMIQUESL ISO PARL INTÉRIEURATTEINT Le renforcement des exigences réglementaires impose aux professionnels du gros œuvre d améliorer les performances thermiques du bâti. La réponse passe notamment par le traitement des ponts thermiques des planchers et dallages. Tour d horizon des procédés disponibles sur le marché. KP1 1 Les préoccupations liées aux performances thermiques du bâti ont pris corps dans les années 1970 avec les politiques d économies d énergie, sur fond de crise pétrolière. On a cru alors trouver la parade avec l isolation thermique par l intérieur, grâce à un isolant posé derrière une contre-cloison, puis des complexes de doublage plaque de plâtre plus isolants. On a en fait donné naissance aux ponts thermiques. De quoi s agit-il? Le pont thermique désigne une partie de l enveloppe d un bâtiment où la résistance thermique, par ailleurs uniforme, est affaiblie, à cause de la pénétration de l enveloppe par des matériaux à conductivité thermique différente, d un changement local de l épaisseur de matériau ou d une liaison entre parois, ou encore en raison d une conjonction de ces différents facteurs. On parlera ici de ponts thermiques ou déperditions linéi ques, exprimées par le coefficient en W/m.K (par opposition aux déperditions surfaciques qui sont liées aux murs, planchers, dallages et baies). Le cas le plus courant de pont thermique est créé par la liaison d un plancher (ou d un refend) avec un mur extérieur, en cas d iso lation thermique par l intérieur (voir schéma p. 21). DE KYOTO À LA RT 2005 Avec la signature du protocole de Kyoto en 1994, les États signataires (dont la France) se sont engagés à réduire par paliers suc- SCHÖCK 3 20 B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

23 LATION SES LIMITES 4 WIENERBERGER 2 RECTOR QU EST-CE QU UN PONT THERMIQUE EXTERIEUR INTERIEUR Pont thermique PERTE DE CHALEUR Pont thermique cessifs leurs émissions de gaz à effet de serre, considérés comme un facteur du réchauffement climatique. Les déperditions thermiques des bâtiments faisaient partie des points concernés par ce texte. À la suite d une directive européenne, la réglementation thermique 2000 (RT 2000) est entrée en vigueur. Une première mouture rapidement renforcée par la RT 2005, qui durcit les exigences d environ 15 %. La publication de l arrêté correspondant est attendue mi Elle sera applicable pour tous les permis de construire à compter du 1 er septembre Et les choses n en resteront pas là: un nouveau renforcement des exigences 1 et 2 LES RUPTEURS THERMIQUES INDUSTRIELS permettent de limiter significativement les déperditions thermiques qui se manifestent en about de plancher. Les solutions présentées ici s appliquent à la maison individuelle, qu elles soient en bloc béton ou en terre cuite. 3 POUR LES DALLES BÉTON avec ou sans balcon, le rupteur est noyé dans le béton et sa partie isolante est en continuité avec l isolation qui se situe au-dessus et en dessous de la dalle, dans le cas d isolation thermique par l intérieur. 4 IL EXISTE TROIS TYPES D ISOLATION THERMIQUE: par l intérieur (ITI); par l extérieur (ITE); répartie (ITR). Cette dernière ne nécessite pas d isolant complémentaire. est prévu à l horizon 2008, avant l arrivée de la RT 2010 qui ira encore plus loin. Enfin, signalons aussi l entrée en vigueur des diagnostics de performance énergétique, obligatoires pour la cession d un bien immobilier à partir du 1 er juillet Dans ce contexte, le traitement des ponts thermiques devient un enjeu majeur. De fait, ils représentent à eux seuls 20 % des déperditions thermiques d une maison d habitation. PLUSIEURS PROCÉDÉS DE LUTTE Les procédés de lutte contre les ponts thermiques ne visent pas à les éradiquer, mais à les contenir dans certaines limites; dans l état actuel de la réglementation, la valeur garde-fou a été fixée à = 0,65 W/m.K. La réduction de ces phénomènes joue aussi un rôle positif contre les pathologies du bâti, notamment du béton. À l intérieur, cela signifie la suppression des points froids, et par là-même la suppression sur les plafonds des «fantômes», condensations, voire moisissures. Côté extérieur, on se débarrasse aussi des «fantômes» sur les enduits et des fissurations. Avant de présenter les solutions permettant de traiter les ponts thermiques, il est nécessaire de rappeler qu il existe trois types d isolation pour les murs: tout d abord la plus courante en France, l isolation thermique par l intérieur (ITI); en second lieu l isolation thermique répartie (ITR), de type monomur; enfin, l isolation thermique par l extérieur (ITE), largement utilisée pour la rénovation des grands ensembles. Les différents procédés présentés ici sont classés selon leur fréquence d emploi sur le marché, JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 21

24 GROS ŒUVRE/STRUCTURE du plus au moins courant. Dès maintenant, une question se pose: quelles seront les exigences de la RT 2010, et comment y faire face? Devant le renforcement attendu des exigences, le mur français avec isolation thermique par l intérieur, bien qu il soit aujourd hui dominant, est aussi le procédé le moins performant. Attention cependant : le traitement des ponts thermiques est nécessaire, mais il n est pas suffisant pour se mettre en conformité avec la RT Il faut pour cela que tous les garde-fous soient respectés, et que la consommation en énergie primaire du bâtiment (Cep) soit inférieure à la consommation dite de référence (Cefréf) indiquée dans la réglementation. Seule une étude thermique peut le confirmer. Le maître d ouvrage est tenu de la fournir au plus tard à l achèvement des travaux. Le bon sens commande cependant de la réaliser avant qu ils soient entamés, afin de pouvoir y inclure, en plus du traitement des ponts thermiques, celui des autres causes de déperdition de chaleur. POUR EN SAVOIR PLUS UMGO-FFB, Union de la Maçonnerie et du Gros œuvre, tél.: LES SOLUTIONS D ISOLATION THERMIQUE PAR L INTÉRIEUR 1 SOLUTION «A MINIMA» La solution «a minima» destinée au système poutrelles et hourdis (schéma 1). Ce procédé consiste à disposer un tiers d entrevous de polystyrène en rive, mais pas en about. Cette solution peut être qualifiée d «a minima», dans la mesure où elle permet d obtenir un moyen de 0,54 W/m.K, et qu elle est une alternative à l utilisation de rupteurs industriels, certes plus performants, mais plus coûteux! Les rupteurs thermiques industriels (schéma 2). Ce sont des solutions très performantes, en particulier pour les planchers en béton et les immeubles collectifs entièrement en béton. Appliqués en périphérie du plancher, ces produits en polystyrène moulé s intercalent entre la poutrelle et la maçonnerie, en rive et en about, avant le coulage du béton. Ils permettent d obtenir des remarquables, qui s échelonnent de 0,28 à 0,11 W/m.K. Attention toutefois à bien prendre en compte le surcoût de construction lié à ces «isorupteurs» ou autres «thermorupteurs» ; il peut se révéler important. Les prédalles (schéma 3). Ce procédé, adapté aux logements collectifs ou individuels, consiste à mettre en œuvre des prédalles de fabrication industrielle équipées en usine de dispositifs brevetés des sortes de boîtes destinés à recevoir sur le chantier des éléments isolants. Ces derniers, d une hauteur égale à l épaisseur de la dalle de compression, et disposés en continuité de l isolation intérieure, permettent d obtenir une rupture efficace des ponts thermiques, et un cœfficient qui varie entre 0,63 et 0,54 W/m.K. Suite p. 24 PONTS THERMIQUES ET DALLAGES Sur la question des ponts thermiques liés aux dallages, deux cas de figure peuvent se présenter. Les dallages désolidarisés ne posent pas de problème s ils sont conformes au DTU On pourra alors traiter le pont thermique avec un isolant en bêche qui va assurer la continuité thermique avec l isolation intérieure. En revanche, les dallages solidarisés exigent le coulage d une chape désolidarisée qui fait office d isolant périphérique. 2 RUPTEUR THERMIQUE INDUSTRIEL 3 SUR UN PLANCHER AVEC PREDALLE LE RUPTEUR 3 EST PRÉDALLE NOYÉ DANS LE BETON 22 B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

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26 GROS ŒUVRE/STRUCTURE LES SOLUTIONS D ISOLATION THERMIQUE RÉPARTIE OU PAR L EXTÉRIEUR Le Monomur (isolation thermique répartie: schéma 4). Ce procédé, qui fait appel à une maçonnerie à joints minces en terre cuite ou en béton cellulaire, se révèle particulièrement performant dans le traitement des ponts thermiques. Les monomurs de forte épaisseur permettent d obtenir des coefficients com pris entre 0,2 et 0,1 W/m.K (par exemple, un mur de 37,5 cm d épaisseur + isolant d about de dalle de 7 cm permet d obtenir un de 0,14 W/m.K). PSE (polystyrène expansé) ou 4 laine en isolation thermique extérieure (schéma 5). Ce procédé, qui consiste à envelopper le bâtiment par l extérieur avec une couche de matériau à base de polystyrène ou de laine, est le plus performant du marché. Avec un inférieur à 0,1 W/m.K, il supprime presque totalement les ponts thermiques. Aujourd hui peu utilisé en France, contrairement à la pratique d autres pays européens, il devrait s imposer à l avenir et doit être dès aujourd - hui privilégié, en particulier en réhabilitation. EXEMPLE MONOMUR DE MONOMUR (ISOLATION (ISOLATION THERMIQUE THERMIQUE RÉPARTIE) UMGO-FFB QU ELLE SOIT EN TERRE CUITE OU EN BÉTON CELLULAIRE, l isolation thermique répartie est particulièrement performante. «LE MONOMUR EST SAIN ET PERFORMANT TECHNIQUEMENT» Interview de Béatrice Brégère, entreprise de maçonnerie Bernard Bruno à Meursault (Côte d Or) Vous utilisez la technique du monomur. Pour quelles raisons? La terre cuite ou la pierre permettent les échanges thermiques avec l extérieur, d où un air qui est très sain à l intérieur de l habitat. Dans notre région, où nous intervenons notamment sur des bâtiments viticoles, et dans la rénovation de patrimoine ancien, nos clients sont sensibles à cet aspect naturel. La seule difficulté est de les convaincre de l intérêt du surcoût lié à ces techniques. 5 PSE OU OU LAINE LAINE EN ISOLATION EN ISOLATION THERMIQUE THERMIQUE EXTÉRIEURE EXTÉRIEURE Le monomur est aussi très performant sur le plan de l isolation thermique Nous obtenons en effet une très bonne isolation surfacique avec un monomur d au moins 37,5 cm d épaisseur, sans avoir besoin d ajouter un isolant intérieur. Un simple enduit suffit, un corps d enduit à la chaux étant appliqué à l extérieur. En ce qui concerne les ponts thermiques, on obtient un coefficient de 0,3 à 0,15 W/m.K, selon le type de monomur et la présence ou non d un isolant en about. Comment vous situez-vous par rapport aux futures RT 2005 et RT 2010? Nos performances actuelles en matière de lutte contre les ponts thermiques sont largement au-delà de celles exigées par la RT 2005, dont le seuil maximum est 0,65W/m.K, mais nous savons qu il faudra s améliorer pour répondre aux futures réglementations. Nous pensons que les solutions viendront aussi des industriels. 24 B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

27 DÉMOLITION Un métier en profonde mutation Réglementation plus astreignante et nouveaux matériels transforment profondément les métiers de la démolition. Les techniques de déconstruction et de grignotage permettent de faire face à de nouvelles exigences en matière de tri et de recyclage. Démolir de façon technique, réfléchie, sélective. Dans cette optique, on a vu apparaître ces dernières années des matériels nouveaux adaptés aux différents types d intervention. Ainsi, pour répondre aux impératifs de la réhabilitation, un marché en développement, les professionnels disposent désormais de mini-engins (minipelles, mini-chargeuses ), d un poids variant de 800 kg à 7t, équipés de pinces à béton, de cisailles à ferraille ou de pinces à trier. Ils permettent d accompagner une démolition manuelle, en tra- vaillant à l intérieur des bâtiments que l on veut remettre à neuf tout en conservant leur structure. Les engins d abattage mécanisé ont eux aussi fait de gros progrès: les démolisseurs peuvent faire appel à une large gamme de pelles hydrauliques équipées de divers outils: pince à béton, cisaille à ferraille, broyeur à béton Les modèles courants ont des bras de 10 à 25 m de longueur. Les plus performants atteignent jusqu à 60 m, pour pouvoir travailler sur les immeubles de grande hauteur. Signalons aussi le développement des brise-roches hydrauliques ainsi PLASSNET que des pinces ouvrant à plus de 2 m, qui peuvent opérer jusqu aux fondations. DÉCONSTRUIRE POUR RECYCLER Si l on excepte la technique de l explosif (réservée à la démolition de grands ouvrages), la démolition s apparente de plus en plus à de la déconstruction ou du grignotage. «Aujourd hui, il n est pas intéressant de faire tomber des morceaux entiers de bâtiments, qui génèrent un amas de déchets difficile à gérer», explique Daniel Prigent, P-DG de Plassnet, une entreprise de démolition implantée à Pontault-Combault (Seineet-Marne). «Pour réaliser une évacuation des déchets efficace, il est beaucoup plus rentable de les découper en tronçons de dimensions adaptées au transport vers les sites de recyclage.» Les débris une fois à terre, de nouveaux outils comme les pinces à tri ou les électroaimants permettent de réaliser un tri efficace des différents matériaux de construction, notamment le béton et les mé - taux. La gestion des déchets de démolition inertes, DIB ou DIS (dangereux: amiante, etc.), ces derniers restant propriété inaliénable du maître d ouvrage conduit les entreprises de démolition à fournir la traçabilité des déchets par catégorie. De même, pour les déchets inertes, il est recommandé de fournir des bordereaux de suivi. Depuis 2002, il n est plus permis de déposer en décharge que les déchets ultimes, c est-à-dire ceux qui ne peuvent être ni recyclés ni valorisés. On a donc vu se mettre en place ces dernières années dans les départements des plans de gestion des déchets du BTP, qui mettent à la disposition des entreprises, des filières de recyclage économiquement intéressantes : les déchets sont envoyés gratuitement sur les centres de recyclage, en particulier pour le béton, tandis qu il faut payer pour les diriger vers un centre d enfouissement. Certains matériaux peuvent même être revendus. «L entrepreneur de démolition d aujourd hui ne se contente plus de démolir, mais s intéresse à l après-démolition. Pour être compétitif, il doit établir le coût de sa prestation en intégrant un transport et un recyclage des déchets optimisés. Il est devenu un gestionnaire des dé - chets», commente Daniel Prigent. La traçabilité demandée par les maîtres d ouvrage représente un véritable changement culturel pour les entreprises de démolition. Il arrive même, notamment dans le cadre de chantiers haute qualité environnementale (HQE), que les exigences dépassent les seuls impératifs du recyclage pour intégrer une maîtrise des nuisances sonores ou une limitation de la production de poussière liée à la démolition. POUR EN SAVOIR PLUS SNED-FFB - Syndicat national des entreprises de démolition, tél.: JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 25

28 GROS ŒUVRE/STRUCTURE 26 B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

29 DALLAGE SANS JOINTS La perfection de la glace Nul ne chaussera ses patins pour y exécuter une figure de style. Pourtant la comparaison avec une patinoire vient immédiatement à l esprit Le dallage sans joints réalisé l été dernier au Logiparc Toussieu par l entreprise SIB Bordas de Ternay (Rhône) fait immédiatement penser à la surface impeccablement plane et «sans couture» d une piste de patinage. La demande du client avait tout d un programme im - posé: ce dallage industriel devait supporter la charge énorme de 8,75t par pied, pour optimiser le stockage des marchandises de ce site de logistique. PLANIMÉTRIE RECORD Il devait aussi respecter une planimétrie record (3 mm) pour autoriser un stockage de grande hauteur. Il devait enfin créer une structure évolutive qui laisse toute latitude pour réorganiser l ordonnancement des racks en fonction des clients successifs, tout en optimisant le déplacement des chariots élévateurs. Pour Didier Meggiolaro, dirigeant de SIB Bordas, la solution s est imposée d elle-même: un dallage sans joints. Une étude, demandée au cabinet Sigma Béton de l Isle-d Abeau (Isère), a permis de trouver la formule d un béton adéquat, comprenant un fort dosage de fibres métalliques (45 kg au m 3 ), et au retrait minimisé. Son utilisation a permis de diviser la surface totale du site (plus de m 2 ) en seulement dix dalles géantes, d environ 2300 m 2 chacune, soit 48 m sur 48 m. Mais sa mise en œuvre s est révélée un véritable tour de force: «Pour chacune des dalles, nous avons dû couler un volume de béton de 450m 3 en un temps très court et sous une forte chaleur de 28 C, raconte le chef d entreprise. Chaque jour pendant dix jours, de 5 heures à 11 heures du matin, 75 camions toupies de 8 m 3 se sont succédé pour alimenter le chantier.» Les fortes contraintes d exploitation ont justifié une étude du terrain sur toute la profondeur des couches impactées, à l instar des dispositions prises dans le DTU 13.3 déjà applicable. A l arrivée, un dallage qui génère une grande liberté d exploitation pour le client: les racks pourront être reconfigurés à volonté, et les joints, réduits au minimum et protégés par les pièces d acier, ne demanderont aucun entretien. Les chariots y évolueront sans contrainte avec la liberté des patineurs. LE CHANTIER EN BREF Entreprise: SIB Bordas (Ternay, Rhône). Surface de dallage totale: plus de m 2. Surface de chaque dalle: 2300 m 2 environ. Planimétrie: 3 mm. Charge imposée: 8,75 t par pied. Dosage en fibres métalliques du béton: 45 kg/m 3. Dimensionnement: règle ITBTP. SIB BORDAS JUIN 2006 B Â T I M É T I E R S 27

30 GROS ŒUVRE/STRUCTURE 1 CONSTRUCTION MÉTALLIQUE Les Eurocodes harmonisent les calculs Les spécifications nationales sur les matériaux vont céder la place aux normes européennes. Mais cette harmonisation des règles techniques ne simplifiera pas forcément la tâche des constructeurs et des bureaux d études. MAS & ROUX, ARCHITECTES/RFR ET TROUVIN-GROUPE SNC LAVALIN, BET Quelle est la finalité des Eurocodes? Être des normes européennes de conception, de dimensionnement et de justification des structures de bâtiment et de génie civil, établissant un ensemble de règles techniques unifiées à travers l Europe (ils s appliquent donc à tous les types de construction de tous types de matériaux). Les Eurocodes sont au nombre de dix, et chacun d eux concerne soit un aspect spécifique de la conception (bases de calcul, actions sur les structures, calcul géotechnique, résistance aux séismes), soit un type particulier de construction (calcul des structures en béton, en acier, en bois...) (1). Chaque Eurocode est divisé en parties. Ainsi, l Eurocode 3, «calcul des structures en acier», en compte dix-huit traitant chacune d un aspect de la construction métallique : règles générales, feu, 2 éléments minces, inox, voilement des plaques, coques, flexion des plaques, mais aussi ponts, tours et mâts, cheminées, silos Le progrès permis par les Eurocodes apparaît ainsi clairement: ils simplifient l usage des normes, en réunissant dans un document unique l ensemble des règles de construction relatives à un matériau en vigueur en Europe des règles qui étaient jusqu alors dispersées dans plusieurs textes. Prenons l exemple des chemins CABINET-JAILLET-ROUBY 28 B Â T I M É T I E R S JUIN 2006

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