Table ronde "Comment soutenir l'entreprenariat chez les jeunes?"

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1 Table ronde "Comment soutenir l'entreprenariat chez les jeunes?" Lundi 20 janvier 2014 Bureau International Jeunesse Conseil de la Jeunesse 0

2 Table des matières Introduction 2 1. Le Conseil de la Jeunesse et le Dialogue Structuré 2 2. Les résultats du sondage en ligne réalisé par le Conseil de la Jeunesse 3 3. L entreprenariat selon la Présidence grecque définition et commentaires 7 4. Les tables rondes 9 A) Les freins et les obstacles rencontrés par un jeune dans l élaboration d un projet 9 B) Développer l esprit d entreprendre chez les jeunes durant les études 10 C) Développer l esprit d entreprendre chez les jeunes en dehors de la sphère scolaire 12 D) Promouvoir l entreprenariat culturel ou de l entreprenariat ayant un impact social positif 15 Liens vers les sites web des participants 19 Liste des participants 20 1

3 Introduction Le lundi 20 janvier 2014 au Bureau International Jeunesse s est tenue une table-ronde sur le soutien à l entreprenariat des jeunes. Cette rencontre a été organisée dans le cadre du dialogue structurée européen et ses conclusions ont servi à alimenter la position de la jeunesse francophone belge en vue de la Conférence Jeunesse européenne qui aura lieu à Thessalonique en mars A cette occasion, nous avons réuni un panel d acteurs-clés travaillant au quotidien avec des jeunes afin de discuter, dans un premier temps, des freins et des leviers à l entreprenariat chez les jeunes. Dans un deuxième temps, nous avons abordé la question de la place des secteurs associatif et scolaire dans le soutien et l accompagnement d initiatives et de projets personnels et professionnels des jeunes. 1. Le Conseil de la Jeunesse et le Dialogue Structuré Le Conseil de la Jeunesse est l organe officiel d avis et porte-parole des jeunes francophones de Belgique. Son rôle est de faire participer les jeunes (16-30 ans) au processus démocratique, notamment en récoltant leur parole sur une série de thématiques qui touchent directement ou indirectement la jeunesse pour ensuite la relayer auprès du monde politique. C est dans cette optique que le Conseil de la Jeunesse est mandaté pour mettre en place le Dialogue Structuré au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Depuis 2009, l Europe a mis en place ce processus de Dialogue Structuré afin de promouvoir la citoyenneté active des jeunes et de leur permettre de faire entendre leur voix auprès des Etats membres et de la Commission européenne en donnant leur avis sur les politiques de jeunesse de l Union Européenne, qui les concernent directement. Le processus fonctionne par cycles de 18 mois, au long desquels trois pays assurent successivement la Présidence de l Union européenne. La thématique sur laquelle la jeunesse belge peut s exprimer actuellement est «l inclusion sociale des jeunes», et ce sont l Irlande, la Lituanie et la Grèce qui se succèdent à la Présidence de l Union européenne. Le dialogue structuré concrètement. En Belgique, 3 consultations ont lieu en parallèle : en Communauté flamande, en Fédération Wallonie-Bruxelles et en Communauté germanophone. Elles sont coordonnées par les groupes nationaux de travail qui rassemblent le Conseil de Jeunesse, les représentants du Ministère, des experts, des représentants des Agences nationales du programme «Jeunesse en action», des jeunes impliqués dans la consultation, des chercheurs... Pour la Belgique francophone, c est le Conseil de la jeunesse qui coordonne la consultation et le groupe national de travail. En fin de chaque consultation, les résultats sont compilés et envoyés au groupe de pilotage européen-european Steering Committee. Celui-ci rassemble des représentants des 3 présidences, la Commission et le Forum européen pour la Jeunesse. Une fois les consultations terminées et les résultats compilés, ceux-ci sont présentés lors de la Conférence européenne de jeunesse où les jeunes ont l occasion de discuter directement avec les représentants des Etats membres. Ensemble, ils s accordent sur des conclusions communes. Ces conclusions, résultat des discussions entre jeunes et décideurs politiques, sont prises en considération pour les décisions finales lors du Conseil des Ministres. 2

4 Enfin, les décisions sont confirmées par les Ministres des différents Etats membres, lors du Conseil des Ministres qui a lieu en fin de chaque présidence. Une fois les recommandations adoptées par le Conseil, il est de la responsabilité de chaque Etat membre de mettre en place ces décisions à travers leurs politiques nationales/régionales/locales. Les acteurs ayant mené les consultations mènent régulièrement des actions de lobby afin de s assurer que ce soit bien le cas. 2. Les résultats du sondage «L esprit d entreprendre chez les jeunes» Nous tenons à préciser que les résultats présentés ci-dessous ne sont pas issus d un sondage stricto sensu, mais qu il s agit plutôt d indicateurs de tendances nous permettant d alimenter les débats et de dégager des premières pistes de réflexion. 79 jeunes ont participé à ce sondage, dont 59,5% de filles contre 40,5% de garçons. Les sondés ont entre 16 et 35 ans avec une majorité des répondants qui a plus de 27 ans. En ce qui concerne la répartition géographique des répondants, nous constatons que celle-ci est variée: Eupen, Arlon, Charleroi, Mons, Namur, Brabant Wallon, Brabant Flamand, Bruxelles, Namur Enfin, 43% des sondés sont des employés et 28% sont étudiant(e)s. Nous constatons également que 42% des participants disent avoir déjà vécu une expérience entrepreneuriale, alors que 35% n ont jamais développé une idée ou un projet. Nous avons débuté ce sondage en posant la question de savoir ce qu il était nécessaire d avoir pour se lancer dans l'entreprenariat. Selon les réponses reçues, il semble que : 3

5 Il est primordial d avoir: - De la créativité et des idées - De la confiance en soi Il faut beaucoup de: - Bon réseau de connaissances à activer - Une bonne formation théorique en économie/management/gestion - Des proches qui peuvent vous soutenir Il faut un peu de: - D expérience en développement et gestion de projets - D argent Pour d autres sondés, il faut aussi: des tuyaux, être prêt à prendre le risque, des associés compétents, de la motivation et de l'ambition, ne pas compter ses heures de travail, un cadre économique au sein de la société qui permet à chacun d'entreprendre. Suite à cette question, il nous semblait intéressant de savoir, de manière générale, ce qu il faudrait faire pour favoriser l'esprit d'entreprendre chez les jeunes. Nous avons proposé une série de mesures à mettre en place et nous avons demandé aux sondés de classer ces mesures de la plus prioritaire à la moins prioritaire. Voici le résultat du classement : 1) Mieux informer les jeunes de ce qui existe pour les soutenir dans leurs projets 2) Proposer plus d'aides financières pour lancer leur propre projet 3) Sensibiliser à l esprit d entreprendre dès l école secondaire 4) Valoriser le statut de l entrepreneur au niveau de la sécurité sociale 5) Rendre l entreprenariat plus «sexy» notamment à travers les médias 6) Sensibiliser à l esprit d entreprendre dès l école primaire Pour d autres sondés, il est également important de valoriser la créativité et de laisser plus d'espace pour que les jeunes s'expriment, notamment artistiquement. Nous avons également posé la question des freins ou obstacles que les jeunes entrepreneurs rencontrent le plus souvent dans l élaboration de leur projet. Selon les sondés, les obstacles rencontrés sont : Un manque de financement Pas assez d'info accessible (notamment des opportunités proposées) Pas assez de confiance en soi ou en son projet Un manque de formation La précipitation vs la pérennité du projet Un manque d'accompagnement et de soutien Une perte de motivation La confiance des investisseurs difficile à gagner Des démarches administratives laborieuses et une complexité des mécanismes Les taxes et l'etat Comme indiqué dans l introduction, nous voulions, lors de cette table-ronde, aborder la question de la place des secteurs associatif et scolaire dans le soutien et l accompagnement de projets/initiatives personnelles et professionnelles des jeunes. C est pourquoi, il nous a semblé intéressant de demander aux sondés comment développer l'esprit d'entreprendre 4

6 chez les jeunes durant leurs études. Nous leur avons demandé de nous donner, si possible, des pistes concrètes ou mesures à mettre en place. Des réponses obtenues, nous pouvons observer différents besoins ou attentes : a) Besoin d information: - Proposer des séances d'information (en partenariat avec les associations étudiantes) - Informer des dispositifs d'aide à la création d'entreprise - Expliquer les démarches administratives (Mutuelle, démarches d'emprunt ) - Créer un site qui renseigne les activités régionales pour les jeunes - Trouver des informations auprès de VDAB/ACTIRIS/FOREM et les agences intérim b) Besoin de soutien et conseils: - Mettre en place un weekend portes ouvertes avec des professionnels afin que les jeunes puissent prendre conscience des difficultés et reçoivent des conseils pour se lancer - Lancer un salon de l'entrepreneuriat - Présenter des exemples de réussite en organisant notamment des rencontres avec des jeunes entrepreneurs qui ont réussi ou échoué. - Accompagner tout au long de la réalisation de projet - Proposer des formations gratuites C) Attentes au sein de l école secondaire: - Proposer des projets à mettre en place (ex : projets solidaires Oxfam, journal de l'école ) - Développer des expériences de mini-entreprises, de concours au sein de l école - Travailler sur l'imagination et la confiance en soi - Travailler davantage en interdisciplinarité et par projets - Mettre une option "entreprendre" dans le cursus Ensuite, nous leur avons posé la question de savoir comment développer l'esprit d'entreprendre chez les jeunes en dehors du cadre scolaire. Pour les sondés, il semble important de faire connaitre les organisations de jeunesse et maison de jeunes qui proposent aux jeunes de développer des projets afin de favoriser la participation à des activités de groupe et stimuler les activités extra-scolaires. Dans le même ordre d idées, il faudrait inciter les jeunes à prendre part à des activités de bénévolat/volontariat et/ou projets collectifs. Enfin, un constat global est que les jeunes ont besoin d un soutien financier pour développer un projet ou initiative personnelle. Un soutien financier au niveau communal pourrait être une mesure intéressante à mettre en place. Dans la suite de notre sondage, nous désirions savoir si, selon les sondés, la promotion de l entreprenariat pouvait être un bon moyen pour favoriser l inclusion sociale des jeunes c est-à-dire le fait qu ils soient considérés comme des membres à part entière de la société, qu ils y participent pleinement. La grande majorité des participants était d accord avec ce fait. Nous leur avons ensuite demandé d expliquer pourquoi cela favorisait l inclusion sociale des jeunes. 5

7 Selon les sondés, entreprendre permet aux jeunes de montrer qu ils comptent et qu ils ont leur mot à dire dans la société. De plus, créer soi-même apporte une certaine satisfaction et valorise le jeune qui lance son projet ou son initiative. Mais encore, entreprendre nécessite de se débrouiller, de lancer des démarches, de contacter des personnes, de travailler et de se mettre en réseau favorisant ainsi l inclusion. En développant son projet, le jeune utilise ses compétences, gagne en autonomie et cela contribue à son propre développement ou à celui de sa communauté en créant de l emploi. Le jeune prend alors conscience d être un acteur de notre société. Enfin, promouvoir l entreprenariat auprès des jeunes permet de donner une image positive de la jeunesse, une image d une jeunesse créative, qui a des idées et est capable de les porter et développer. 6

8 3. L entreprenariat selon la Présidence grecque Afin de faciliter notre processus de consultation et de dialogue entre les jeunes et les politiques, la Présidence grecque nous a envoyé une note cadre définissant le rôle de l entreprenariat dans l amélioration de l inclusion sociale des jeunes. Nous avons également confronté les participants à notre table-ronde avec cette définition et nous leur avons proposé de donner des éléments qui compléteraient la définition proposée. La présidence grecque a choisi d utiliser la définition donnée par Eurostat qui définit «les travailleurs indépendants, les entrepreneurs comme toute personne qui travaille dans sa propre affaire, cabinet professionnel ou exploitation agricole dont le but est de faire profit» 1. «Comme les définitions varient d un pays à l autre, les personnes qui sont des travailleurs indépendants peuvent être des personnes qui emploient d autres personnes mais aussi des personnes qui travaillent seules. L entreprenariat n est pas seulement une forme d emploi mais c est aussi un état d esprit permettant aux jeunes d utiliser leurs compétences, de gagner de l autonomie et de contribuer à leur propre développement ou à celui de leur communauté. L entreprenariat qui a pour but d avoir un impact social, peut aider les jeunes à gagner leur autonomie et encourager leur inclusion sociale et, de par ce fait, peut contribuer à la société de manière plus large. L entreprenariat des jeunes offre un potentiel considérable pour les jeunes. Cependant, comparé à d autres régions, les Européens sont bien moins engagés dans des activités entrepreneuriales et les taux d entreprenariat parmi les jeunes sont les plus bas. Encourager l entreprenariat est particulièrement important pour faire face aux défis liés aux taux alarmant de chômage des jeunes dans la plupart des Etats Membres. L entreprenariat et le travail d indépendant offrent des pistes pour les jeunes pour sortir du chômage.» De plus, la Présidence grecque complète la définition de base par «l entreprenariat fait référence à une capacité individuelle de changer des idées en actions. Cela soutient les individus dans leur vie quotidienne à la maison et en société ainsi que dans un environnement professionnel. Cela les rend alertes au contexte dans lequel ils opèrent et cela les prépare mieux à saisir des opportunités 2. Les challenges actuels, les restrictions et les opportunités en Europe augmentent le besoin d entreprenariat qui chercherait à générer une valeur économique mais aussi produirait un capital social et servirait les intérêts de la communauté. L entreprenariat social en soi, quand il promeut et met en lumière les ressources culturelles (par exemple, les sites historiques et monuments, les traditions et coutumes, l art contemporain, la créativité en utilisant de nouvelles technologies) apporte une nouvelle sorte de mentalité de business innovant, attirant les investisseurs, les touristes, et créant en fin de compte de l emploi pour les jeunes et renforçant ainsi la cohésion sociale». Par rapport à ces définitions de base et au contexte défini par la Présidence grecque, les participants à notre table-ronde sur l entreprenariat s accordent sur plusieurs points d attention concernant cette définition : 1) Le profit n est pas qu économique, il peut être social et avoir des retombées positives pour la communauté. C est d ailleurs le point positif de la définition proposée par la 1 Eurostat, "Labour force survey: Methods and definitions, 2001 Edition", European Commission: Focus on young people and entrepreneurship Youth in Action European good practice projects

9 présidence grecque, celle-ci ne se centre pas uniquement sur la notion de croissance et de PIB. 2) L entreprenariat n est pas une réponse magique à la crise économique et au taux de chômage croissant, il s agit d une mesure parmi d autres. 3) L entreprenariat est une mise en projet, une capacité individuelle de passer des idées à l action ou de rêves à des projets. Il permet à la personne de gagner en autonomie, de se réaliser personnellement et professionnellement et créer ou auto-créer de l emploi. La question est de savoir si tous les projets doivent être soutenus? 4) L entreprenariat est aussi un état d esprit individuel et/ou collectif, collaboratif. C est l idée d entreprendre sa vie et d utiliser des capacités transversales. C est également l idée d une énergie qui se concrétise en projet. 5) La notion d entreprendre est différente de la notion d entreprise. Par exemple, dans le secteur associatif (dont la jeunesse fait partie) on parlera plus d entreprenariat. De plus, on peut être entrepreneur tout en étant salarié. 6) L entreprenariat répond à une demande, un besoin, un manque, une problématique, à des attentes locales et/ou volonté d innovation/croissance 8

10 4. Les Tables rondes A) Les freins et les obstacles rencontrés par un jeune dans l élaboration d un projet Lors de cette table-ronde, les participants ont identifié différents freins ou obstacles le plus souvent rencontrés par un jeune dans l élaboration d un projet. - La nécessité d avoir des pré-requis avant de se lancer (par exemple avoir des connaissances de gestion de base). - La complexité administrative qui est à la fois liée à l activité (réglementation, normes) mais aussi au statut. - Le coaching ou le suivi du projet est parfois trop générique, il n est pas assez engagé sur du long-terme. Il aide plutôt à développer un pré-projet. - Le manque de confiance en soi. La culture d entreprendre n est pas assez développée dans les mentalités ou notre environnement sociétal. - Les aides pour entreprendre semblent insuffisantes. Les dispositifs ou aides à l emploi ne semblent destinés qu aux employés ou sont méconnues. - Etre indépendant semble plus risqué qu être employé ou ouvrier surtout par rapport au droit social. - Il n y a pas de porte-paroles des auto-entrepreneurs. Il existe l UCM mais le public visé n est pas le même. - Il n y a pas assez de passerelles ou structures pour passer d un statut employéindépendant et vice-versa. - Il est difficile de se constituer un réseau, des partenariats - Le financement de départ n est possible qu avec un partage de la richesse. Une régulation et une limite à l infini est nécessaire, ce qui permettra une redistribution du travail. - Un manque de reconnaissance du statut et de l apport ajouté par l entrepreneur 9

11 B. Développer l esprit d entreprendre durant les études La question de départ posée aux participants est de savoir s il faut développer l esprit d entreprendre en dehors de la sphère scolaire? Si oui, comment concrètement? Si non, pourquoi? Les réponses obtenues sont assez variées et il n y a pas de consensus autour de cette question. Un changement de mentalité Certains participants se demandent si c est bien le rôle de l école de développer l esprit d entreprendre et s il y a une place suffisante pour cela dans le cursus. D autres indiquent qu avant tout, un changement de mentalité à l école est à opérer. L école développe, via son système de cotation/classement un esprit de compétition entre les élèves afin d atteindre un résultat sous peine d être recalé. Avant de pousser à se développer individuellement, l école devrait favoriser le développement d un esprit collectif, de respect de l autre et de son environnement. Une dynamique de collaboration et solidarité devrait être enseignée. Mais encore, des participants insistent sur le changement de perception des entrepreneurs. L image de l entrepreneur d aujourd hui n est plus celle d un homme au gros cigare. On forme dans les universités et Hautes écoles des managers et non plus des leaders. De plus, il ne faut plus avoir peur ou honte de l échec, l échec peut être formateur. Développer le plaisir de créer collectivement Entreprendre doit rester un plaisir, pour ce faire, un espace ludique et d expression devrait prendre place au sein de l école. De plus, il y a différentes manière de sensibiliser : formellement et non-formellement. Il existe, par exemple, des initiatives du type Schola qui proposent des activités ou projets collectifs à mener au sein des écoles (cours de yoga par exemple). Il y a aussi les projets de mini-entreprises qui sont mis en place ou d autres projets favorisant l esprit de collaboration et de coopération. Boost Your Talent propose des projets de ce type, liés notamment à la nature et l environnement. L ASE propose également des programmes de stimulation à l esprit d entreprendre en Région wallonne et Impulse fait de même en Région Bruxelloise. Il s agit de pédagogie entreprenante/activée. Le but est d ouvrir à l entreprenariat, aux champs des possibles. Néanmoins, plus d information concernant ce type d initiatives et une meilleure communication doivent être mises en place dans les structures scolaires. Développer l esprit d entreprendre pourrait même commencer au niveau de l école primaire. A ce niveau, certains jeunes ne sont pas encore en situation de décrochage scolaire et il est possible de leur montrer qu ils peuvent faire des choses ensemble comme organiser un souper. Néanmoins, stimuler les compétences entrepreneuriales ou ce qu on appelle les soft skills dès le primaire n est pas l unique démarche à adopter. Une vision transversale et un enseignement interdisciplinaire Quand il est question de développer l esprit d entreprendre, on a généralement tendance à se focaliser sur les écoles de gestion ou management. Or, il y a une volonté de travailler sur une vision plus transversale au sein du système scolaire en développant, par exemple, l esprit d entreprendre dans des écoles d art. Certaines écoles proposent d ailleurs des projets collectifs (mémoire à plusieurs, projet associatif type Oxfam). 10

12 Mettre en relation les acteurs Un autre point important dans la stimulation à l esprit d entreprendre est la mise en relation des différents acteurs : écoles - secteur associatif institutions - entreprises. Il est important de créer des synergies entre les écoles, les associations, les entreprises et créer des ponts entre ces acteurs. De plus, il est aussi nécessaire de former les enseignants et d impliquer les parents. L idée d avoir un mentorat ou de travailler en binôme a également été évoquée dans la discussion. 11

13 C) Développer l esprit d entreprendre chez les jeunes en dehors de la sphère scolaire Faut-il développer l esprit d entreprendre en dehors de la sphère scolaire? Si oui, comment concrètement? Si non, pourquoi? De manière générale, tous les participants au débat à cette table étaient plutôt en faveur de cette proposition. Avec toutefois quelques nuances : - Ne pas parler en termes d obligation, mais la notion d esprit d entreprendre est à travailler avec les jeunes. - Cela dépend ce que l on entend par «entreprendre» : est-on plutôt dans un contexte de favoriser l esprit de projet de manière générale, ou de développer des entreprises au sens marchand. Dans le cadre de ce débat, on était plutôt dans la première définition. D ailleurs, on peut considérer l esprit d entreprise comme un sous-ensemble de l esprit d entreprendre. L un des participants a insisté sur le fait que générer de l argent n est pas égal à générer du profit Selon lui, une réconciliation doit se faire autour du terme «esprit d entreprendre» : il faut comprendre par là une énergie qu on a en nous qui doit, à un moment, se télescoper avec un projet et une opportunité. Tout le monde ne va pas concrétiser ses projets évidemment. - Un des participants soulève un problème que pose, selon lui, cet esprit: dans le contexte économique et environnemental actuel, il n est pas bon d encourager les jeunes à toujours vouloir plus, à vouloir réaliser tous leurs rêves. Il faut pouvoir développer ses projets, mais aussi savoir se limiter. - Une autre dimension débattue au sein de ce groupe a été la notion de solidarité. Selon de nombreux participants, chacun peut avoir son projet, mais l on doit aussi respecter les projets des autres. Il faut éviter de promouvoir l individualisme, mais plutôt viser le collectif. Dans cette optique, la promotion de l entreprenariat social est une piste à développer. - D autres participants posaient la question suivante : est-ce une nécessité de toujours faire quelque chose? L idée n est pas de forcer les jeunes à se lancer dans des projets! C est uniquement si un jeune a une envie de faire quelque chose qu il faut pouvoir répondre à cette envie (fournir des informations, un soutien, etc.). Or, le milieu associatif n a pas toujours les moyens (humains, financiers, temps, etc.) pour y répondre. Promouvoir une vision transversale Selon la plupart des participants, si l on veut développer l esprit d entreprendre chez les jeunes, il faut le faire via des partenariats entre les acteurs de leurs différents milieux de vie (école, activités para scolaires, etc.). En ce sens, tous les participants ont insisté sur la nécessité d une une mise en réseau de l ensemble des acteurs qui soit plus cohérente et conséquente. Que chaque jeune puisse développer ses compétences à travers une méthode qui lui convienne. D ailleurs, on peut développer l esprit d entreprendre dans un aspect de sa vie, et l appliquer ensuite aux autres aspects. Plus généralement, la formation doit d ailleurs être promue tout au long de la vie, et pas uniquement dans la sphère scolaire. Manque d information? Au mieux, le jeune est dans une démarche active et cherche de l info, mais il y a aussi l aspect passif : tous les jeunes devraient avoir une information de base sur l esprit d entreprendre. L avoir en soi pour pouvoir éventuellement l activer à un moment. Les acteurs de terrain constatent qu il n est pas facile de toucher les jeunes en dehors du cadre scolaire, souvent ce sont déjà des plus sensibilisés, qui veulent faire des choses, qui viennent vers les associations. Il est assez rare que des jeunes viennent spontanément vers elles, et c est dur «d aller les chercher» 12

14 Cette information devrait être centralisée et accessible, car il existe pas mal de programmes pour développer l esprit d entreprendre, mais ils ne sont peut-être pas encore assez connus Même au sein de chaque secteur les acteurs ne connaissent pas tout ce qui existe Les participants insistaient aussi sur le fait qu il faudrait informer les travailleurs (animateurs, éducateurs, etc.) du milieu associatif et du secteur jeunesse (en particulier le personnel des centre d information) et les former afin qu ils puissent renvoyer les jeunes qui sont intéressés à développer un projet vers les structures de soutien adéquates. Les participants constatent que, pour le moment, la sensibilisation à l esprit d entreprendre avec une stratégie vise surtout le milieu scolaire. Il y a moins vers milieu associatif, souvent parce que ce milieu se rebelle contre cela. Il faudrait donc faire un travail de sensibilisation auprès de ce secteur pour expliquer ce qu est l esprit d entreprendre. Développer l esprit d entreprendre sans le savoir Les participants constatent une incompréhension au niveau du vocabulaire entre le monde «économique» et le monde associatif. Dans le secteur jeunesse et l enseignement le mot «entreprendre» va être pris comme «entreprise», «profit», etc. Il a des connotations plutôt négatives. Par contre, si par «esprit d entreprendre» on entend «mener des projets», c est le quotidien des OJ et MJ! Dans le quotidien, ce sont les faits, mais ce n est pas verbalisé! Dans l associatif, on fait souvent de l entreprenariat et on promeut l esprit d entreprendre au quotidien, mais sans le savoir. Se mettre ensemble, avoir des idées, les formuler, développer leur confiance, développer un projet, etc. sont tous des éléments constitutifs de l entreprenariat. Outre les freins «psychologiques» déjà évoqués plus haut (réticence par rapport aux connotations négatives de l entreprenariat), d autres éléments rendent apparemment le secteur associatif peu réceptif aux tentatives d organisations qui veulent y promouvoir l esprit d entreprendre : manque de temps, manque de moyens (humains, financiers, etc.), manque de formation par rapport à cette thématique, etc. Certains participants, qui travaillent dans ces organisations ont d ailleurs fait part des difficultés qu ils avaient rencontrées à trouver des «entrées», ou au minimum des oreilles attentives, dans le secteur associatif pour promouvoir les outils qu ils avaient créés. Quel public-cible? Comme déjà évoqué plus haut, lorsque l on parle du développement de l esprit d entreprendre chez les jeunes dans le milieu extra-scolaire, l on pense prioritairement au secteur associatif et au secteur jeunesse (ASBL, OJ, MJ, AMO, etc.) et à des méthodes d éducation non-formelle. Selon de nombreux participants, le rôle à jouer par ce secteur est important, surtout pour les jeunes qui sont allergiques à l école et à ses méthodes: il faut qu ils puissent trouver ailleurs des opportunités et des occasions de développer leur confiance en eux. Le contexte est très différent : les temps d accompagnement sont totalement autres, on n est pas évalué, on n a pas de points, il n y a pas de sanctions. Cela change le contexte de travail. Attention, il ne faut pas non plus se décharger de la mission de l école sur l associatif, l éducation non formelle n est pas un «palliatif», c est une autre manière de 13

15 s exprimer, se former! L Etat devrait prendre cela en compte. La société est complexe, l école ne peut pas tout. Mais ça n empêche pas de l interpeler. Certains soulignaient qu il y a une pédagogie à développer, qu elle n est pas encore formalisée. Il faut trouver les bons outils, pas des outils scolaires, pour se mettre en décalage par rapport au trajet traditionnel (école-emploi), proposer autre chose. La question a été posée de savoir s il faudrait viser prioritairement les jeunes en décrochage? Ce public est-il trop en décalage? Faut-il venir auprès d eux avec cette idée d esprit d entreprendre? Il faut surtout faire attention, parce que c est un public déjà fragile, il ne faut pas faire pire que bien, il faut de toute façon accentuer l accompagnement. Le contexte belge, comme toujours compliqué L un des participants a soulevé le fait que beaucoup d efforts étaient faits au niveau de l Union européenne pour favoriser l esprit d entreprendre, mais qu il faudrait que cela suive au niveau national : assouplir la législation, harmoniser les statuts, éviter les incohérences entre différents niveaux de pouvoir. La dispersion des moyens et la multiplication des niveaux sont quelque chose de typique en Belgique. Cela pose d ailleurs des problèmes issus de la multiplication des structures sur le terrain : différentes missions, différents financements, etc. Parfois leurs activités respectives se télescopent. Il faudrait urgemment recréer des liens entre les différents Décrets et structures. Quelques pistes concrètes issues de l expérience des différents acteurs présents autour de la table - Développer un concours pour toucher un maximum de jeunes. Ex Besace : veulent proposer un concours de projets pour favoriser l esprit d entreprendre. - Exemple du Québec : «Défi entreprenariat Jeunesse» : créer toute une série d initiatives dans l enseignement à tous les niveaux. Les écoles recevaient des subsides pour cela, c était médiatisé, il y avait une émulation. Impliquer les élèves, les parents, les profs, les élus politiques locaux. - Programme Entre chok du BIJ. - ASE : esprit d entreprendre : attitudes (confiance en soi, créativité, sens des responsabilités, esprit d équipe, persévérance, esprit d initiative) à développer. On se rend compte que pour les développer, on a des outils, on donne des bourses. Derrière tout ça il y a toujours des projets de jeunes. On veut des gens qui soient bien dans leur peau. Les outils et bourses fonctionnent bien, surtout dans les zones en difficultés. Mais pas assez connus. - Outils développés par Boost your talent - Programmes de volontariat international/promotion de projets de jeunes financés par l UE, par exemple le Service Volontaire Européen - Emission Starter sur la RTBF 14

16 D) Promouvoir l entreprenariat culturel ou de l entreprenariat ayant un impact social positif 1. Jeunes et entreprenariat social et culturel Dans les milieux défavorisés (logements sociaux etc.) : la notion de culture passe assez mal, elle reste fort ancrée à l école. Le social, c est encore pire. Beaucoup de jeunes qui portent un projet d entreprise ont une envie de social et de culturel. La vision de l entrepreneur qui «ne fait que travailler au noir et remplir ses poches» est dépassée. Il y a beaucoup de clichés : sur les entrepreneurs, sur les fonctionnaires, mais aussi sur les entreprises sociales (des asbl font plus de bénéfices que certaines entreprises ). 2. Entreprenariat et travail socioculturel (MJ-OJ) Projets et entreprenariat : Bernard Devos parlait dans une publication des «apaches des parkings». On peut mobiliser ces jeunes sur des projets de solidarité envers d autres, plutôt que de les considérer comme un groupe à aider et avec lequel se montrer solidaire. Il s est lancé dans l opération thermos avec ces jeunes : cela a fait d eux des jeunes solidaires et des entrepreneurs (organiser la récolte de vivres, faire de la soupe ). Dans ce cas, on produit de la solidarité plutôt que la recevoir. Les associations de jeunesse peuvent être des points pivot, qui peuvent accompagner les jeunes dans ce type de projets. Comment trouver des financements pour les projets jeunes? Ils ne sauraient pas faire les démarches par eux-mêmes. Défaut d information? Dans l accompagnement des projets, on n a pas toujours la démarche «jeune jeune entrepreneur» (car on peut être jeune entrepreneur à 65 ans). La notion de projet est au centre de la stratégie des MJ OJ (secteur socioculturel). Sensibilisation à l entreprenariat Il existe un statut d étudiant entrepreneur, mais souvent orienté vers les filières universitaires. Les jeunes dans les filières business qui sont visés par ces programmes : est-ce qu ils n auraient quand même pas créé leur entreprise? La sensibilisation à l entreprenariat est tournée vers les écoles et pas les autres structures. Il faut faire un travail vers le secteur associatif : Les Jeunes Entreprises pourraient sortir du cadre scolaire et aller en MJ. Mais souvent, quand on arrive dans l associatif, on se retrouve face à une fin de non recevoir (peur d instrumentalisation). Comment promouvoir l entreprenariat dans les structures en contact avec les jeunes comme les MJ? Ils ont peu de temps disponible pour être spécialistes de ces thématiques. Possibilité de faire des partenariats, par exemple avec des structures d accompagnement, mais il ne faut pas juste se limiter à faire de la promo vers les structures d accompagnement. Les plus volontaires y vont, s y inscrivent et disparaissent de la MJ : ils ne sont plus sur le terrain et il n y a pas effet boule de neige. Il faut pouvoir établir des partenariats égaux, pas uniquement fournisseurs de jeunes. L entreprise n est pas l objectif premier des MJ, mais l entreprenariat pourrait s y retrouver. Il faut également faire correspondre les jargons : mettre en place un projet, c est de l entreprenariat. 15

17 3. Entreprenariat culturel Un concept difficile à intégrer Dans la tête des gens : culture et entreprenariat ne sont pas corrélés. Entreprenariat culturel : ce n est pas évident car cela en contradiction avec des modèles. Qu est-ce que l entreprenariat culturel : festivals? Kinepolis? Des gens qui lancent des projets hybrides? Exemple de la librairie/salon de thé ou de la salle d expositions/café : ce qui va faire vivre, c est la partie horeca, mais l objectif est la diffusion culturelle. Une librairie seule ou un salon de thé seul pourraient ne pas marcher, c est la combinaison des deux qui apporte une plus-value. Mais il faut rester créatif et réfléchir à faire évoluer le concept pour que l entreprise tienne (sinon d autres enseignes peuvent le faire avec d autres moyens). L entreprenariat ne peut pas être une solution à tous les problèmes du secteur culturel : un artiste veut créer et n a pas envie de tout ce qui est paperasserie. Mais comment vivre de son art? On ne valorise pas assez l impact du secteur culturel et artistique sur les autres franges de la société. On va tuer tous les artistes belges. Impact de ce que fait un artiste sur d autres franges de la société. Ce n est pas assez valorisé. Question des statuts Chez les artistes, il y a beaucoup de demandeurs d emplois, ou au noir. Ils essaient d avoir un statut. Est-ce qu on identifie l entrepreneur culturel à Smart, au fait d être indépendant? Il y a des franges de la création qui sont complètement oubliés. Les artistes doivent travailler sur plusieurs statuts (serveur, prof, vendre des œuvres ). Mais c est le cas pour tous de faire des choses multiples, le problème est que dans le cas des artistes, cela correspond à divers statuts. Smart existe parce que le système ne va pas. Le statut d artiste : les décideurs n ont pas du tout intégré les acteurs dans la réflexion quand aux conditions pour l obtenir. En France, c est facile d accéder au statut, mais il faut valoriser régulièrement son activité pour pouvoir continuer à en bénéficier. En Belgique, à la limite, on l obtient quand on n en a plus besoin! Ils ont peut-être ouvert à trop de gens au départ? Le système scolaire pousse à la compétitivité et à l individualisme. Dans le secteur culturel, ce sont souvent des personnes qui sont dans l individualisme (mon art, ma vision) mais pour pouvoir développer des modèles viables, ils doivent se mettre en coopératives. Cependant, ils ne peuvent pas être administrateurs s ils sont chômeurs. On revient au problème du statut. Question de la formation En sortant de l enseignement après une 7ème professionnelle, on a l accès à la profession, mais a-t-on les compétences? Faire une facture, ça s apprend. L IFAPME propose une formation accélérée en gestion de 144h : on a alors des notions en suffisance pour comprendre. Il faut s entourer de compétences, d autant plus chez des artistes qui ont peut-être moins de facilité avec l administratif et les chiffres. Par exemple, un comptable spécialisé dans la matière dans laquelle on s inscrit. Rien de plus intéressant que la formation sur le terrain, avec des acteurs de terrain. Quand on a une idée de création, on suit des cours différemment car on est en projet. Exemple du serrurier qui vient suivre une formation comme chef d entreprise dans le cadre d une reconversion et se retrouve avec des jeunes casé là par des projets d activation : la motivation n est pas la même. Initiatives existantes Des choses se mettent en place autour de la mode et du design : une nouvelle coopérative va débuter, hébergée par La lustrerie et Mad, afin de permettre à des artistes sans statut ou avec statut d artiste de tester leur projet et de voir s ils peuvent créer leur 16

18 entreprise. Un des objectifs est de valoriser le métier d artiste. Ils ont un statut temporaire dans la coopérative en vue d être entrepreneur. Autre initiative : Jobyourself. Projets FEDER : mettre en évidence plusieurs filières dont des industries créatives. A liège, il y a les Ateliers d Art Contemporain qui accompagnent les artistes (arts plastiques) avec une démarche plus entrepreneuriale, mais ce n est pas évident. Artists project : asbl qui aide les artistes à vendre leurs projets créatifs, à trouver les bons relais. Job in design : s occupe de créateurs, stylistes. 4. Entreprenariat social Les jeunes ne vont pas spontanément vers l entreprenariat social ou socialement responsable. Ils le font à travers des exemples. En formation chez Group One, ils présentent les contraintes et les enjeux du DD comme une source de créativité et d opportunités de marché, et d une possibilité de travailler avec des valeurs et donc de réalisation de soi. Il y a un mur entre l entreprenariat et l entreprenariat social. Il y a des objections du secteur non-marchand contre la libéralisation. La politique soi-disant transparente des marchés publics est un leurre. On peut dire la même chose sur les subventions. Qu est-ce qu un entrepreneur social? Parfois, des entrepreneurs sociaux font moins que d autres qui ne se disent pas sociaux. Il faut mettre des cadres clairs : un dividende de 2% est acceptable, mais pas un dividende de 10%, par exemple. Dynamique de marché : je veux entreprendre, mais pas dans une ambiance de profit, de concurrence ou d individualisme. Pourtant, c est la réalité, il faut la dépasser. Le secteur public en se libéralisant s éloigne de l entreprenariat social. Exemple de BPost : la poste est de venue rentable en termes de dividendes, mais c est une catastrophe au niveau social (les coûts sociaux ont été externalisés : mises au chômage et pour ceux qui travaillent encore, stress au travail). On déconstruit les acquis sociaux à l extrême. Il est normal que quelqu un ait envie d avoir un emploi stable, un salaire correct Le problème est qu ABInbev fasse 6G de bénéfice. Le scandale est que les chercheurs subventionnés en R&D, lancent ensuite une spin-off dont ils sont actionnaires, en PPP avec des multinationales, et les dividendes partent à l étranger : il faut que ces investissements reviennent vers l économie locale. 90% de l économie wallonne, ce sont les PME. 5. L entreprenariat, solution miracle? L UE dit que l entreprenariat est la solution? Ce n est pas le cas. Le discours européen dit «tous créateurs d entreprise», mais on ne va pas transformer tout le monde en entrepreneur. On évacue le problème économique structurel de manque d emplois. C est un problème global. La question est «Comment va-t-on développer l entreprenariat?». Quel type d entreprenariat développer? On va vers un modèle anglo-saxon ultra-libertaire (préavis de 3 jours ). Des sociétés comme Microstart permettent de régulariser le travail existant, ce n est pas un stimulateur de nouvelles entreprises. 10 à 15 % sont prêts à se lancer dans l entreprise : cela ne résout pas les questions du chômage, mais il faut les soutenir. L initiative privée va amener de l innovation : l initiative publique et les statuts rigidifient. Si on prend l iphone : les plus grandes découvertes viennent du domaine public. Le privé n est pas plus dynamique que le public. 17

19 A Bruxelles, il y a 25% de chômage : un coiffeur, c est un indépendant, mais il ne doit pas pouvoir bien parler comme Steve Jobs! Il faut juste qu il fasse bien son métier. Dans le marketing de l entreprenariat, on est fort sur le modèle de la start-up. Chez IFAPME, on forme des artisans (fleuristes, boulangers, coiffeurs ), il y a peu de startups. Mais il faut être créatif, innovant, sinon ces professions vont au plantage à cause de la concurrence des grandes entreprises. Il y a de la place dans les secteurs dits «basiques». Les grosses réussites mises en avant, c est dans le secteur IT. Mais réussir, c est quoi? Ce n est pas qu accumuler de l argent. Beaucoup d entrepreneurs n ont pas pour objectif d être riches, ils veulent juste subvenir à leurs besoins, en articulant leur passion au fait de pouvoir en vivre. Arrêter de dire qu il faut 80h de travail par semaine : il y a plein d indépendants qui travaillent moins. Mais il faut se dire que dans les premières années, il faut mordre sur sa chique. Mon travail, j ai envie de le faire bien : ça marche aussi quand on est salarié. On peut travailler avec l envie de faire aboutir quelque chose, même si on est fonctionnaire. 18

20 Liens web des participants Agence de Stimulation économique Rapport Entreprenariat _mef_version_def.pdf Agence Bruxelloise pour l entreprise Impulse LA Besace Le Conseil de la Jeunesse Groupe ONE Cathy Simon Consulting Ashoka Belgique Zoom Jeunes Job In Promo Jeunes Foxi.be Sida SOS Saw B Bruxelles J Collectif des femmes de LLN L Harmonium 19

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